Institut universitaire SIANTOU
Département du génie électrique
Licence professionnelle
Filières : Automatisme industrielle et Ingénierie électrique
Contenu de l’unité d’enseignement
Chapitre 1 : Les enjeux d’un système QSSE
• La notion de système de management
• Les objectifs du système de management QSSE
• Qu’appelle- t-on système intégré ?
• Les objectifs d’un système intégré
• Avantages d’un système intégré 8
• Qui sont les acteurs d’un management QSSE ?
• Quel est l’intérêt de construire une cartographie des acteurs ?
• À qui bénéficie le système QSSE ?
• Qui peut impacter le système de management ?
• Qui sont les acteurs du système de management QSSE ?
• Zoom sur quelques interlocuteurs
• Clarifier les responsabilités
Chapitre 2 : Les référentiels et la règlementation QSSE
• Les différents niveaux de réglementation
• La réglementation en santé- sécurité
• La réglementation en matière d’environnement
• La structure du code de l’environnement
• Les principaux textes du code de l’environnement
• Les autres thématiques du code de l’environnement
• La réglementation en qualité
• Les principaux référentiels en QSSE et la certification
• L’ISO 9001 en qualité
• L’ISO 14001 en Environnement
• Le référentiel OHSAS 18001 en Santé et Sécurité
• Principales exigences des deux systèmes ISO 14001 et OHSAS 18001 (aujourd’hui ISO
45001 :2018)
• Correspondance entre les spécifications OHSAS 18001,
• L’ISO 14001 : 2018 et l’ISO 9001 : 2015
• La certification
Chapitre 3 : Construire un système QSSE
Les 16 principes clés d’un management QSSE
• Principe 1 : Garder résolument en vue le triple challenge visé
• Principe 2 : S’appuyer sur les 5 socles de la démarche du système de management
• Principe 3 : Une construction de haut en bas
• Principe 4 : Accepter de ne pas construire seul le système QSSE
• Principe 5 : Valider chaque objectif QSSE
• Principes 6 : Prévention et amélioration, deux modes de construction qui se complètent
• Principe 7 : La qualité, la santé-sécurité et l’environnement sont des actes de management
• Principe 8 : Le QSSE dès la conception
• Principe 9 : Travailler en collaboration étroite avec les fournisseurs
• Principe 10 : Aider le personnel à bien faire
• Principe 11 : Utiliser les référentiels ISO comme des guides
• Principe 12 : Développer l’approche processus
• Principe 13 : Déployer les principes de retour d’expérience et les méthodes de résolution de
problème
• Principe 14 : Les réunions minutes sur le terrain
• Principe 15 : Valoriser les réussites
• Principe 16 : Se positionner comme chef de projet
• Les étapes de construction d’un système de management QSSE
• La logique du PDCA re visitée
• Communication et participation au cœur de la démarche
• La communication
• La participation de chacun
Chapitre 4 : Le rôle du responsable QSSE
• Quelles sont les missions du responsable QSSE ?
• Quelle est la finalité de ce métier ?
• À quoi sait- on qu’un responsable QSSE fait bien son travail ?
• Ses missions principales
• Quelles sont les compétences nécessaires à la tenue du poste ?
• Des compétences techniques
• Des qualités personnelles clés
• Quel avenir pour un responsable QSSE ?
• De la qualité au QSSE
• Du QSSE au développement durable
• Par où commencer sa prise de fonction ?
• Les 5 bons réflexes
Chapitre 5 : Évaluation des risques en QSSE
• Comment mener une évaluation des risques professionnels (EVRP) santé- sécurité au travail ?
• Phase 1/5 La préparation de l’EVRP
• Phase 2/5 La réalisation de l’EVRP : identification et hiérarchisation des risques
• Phases 3/5 et 4/5 L’exploitation de l’EVRP et la réévaluation
• Phase 5/5 La mise à jour de l’EVRP
• Réaliser une analyse environnementale
• L’Analyse Environnementale Initiale (AEI) : boucle d’efficacité d’ISO 14001
• La méthode de l’AEI
• La méthode AMDEC pour identifier les risques
• Qu’est-ce que l’AMDEC ?
• Comment réaliser une AMDEC-processus ?
• Exploiter une analyse de risques QSSE
• La cartographie des risques
• Agir sur la protection et la prévention
Chapitre 6 : Engager une démarche d’amélioration continue
• De la prévention à l’amélioration
• Raisonner en deux étapes
• Une politique d’amélioration continue
• Se fixer des objectifs d’amélioration
• Formaliser son programme d’amélioration
• L’écoute des clients et des parties intéressées
• Les trois niveaux d’écoute des clients
• L’analyse qualitative des besoins : écoute proactive
• L’analyse quantitative de la mesure de satisfaction : écoute active
• Répondre aux réclamations des clients et parties prenantes : l’écoute réactive
• La mesure des coûts de non qualité
• La notion de COQ (coût d’obtention de la qualité)
• Améliorer son bilan énergétique
• Effectuer des diagnostics de performance énergétique
• Bilan carbone et bilan de gaz à effet de serre (BEGES)
• Suivre les résultats avec un tableau de bord QSSE
• L’intérêt du tableau de bord
• Les principaux indicateurs QSSE
• La mise en forme d’un tableau de bord
• Engager des actions correctives au quotidien : la résolution de problème
• Un peu de vocabulaire
• Être rigoureux sur la méthode de résolution de problème
• Démontrer l’efficacité de son système de management
Chapitre 7 : Les 4 qualités du responsable QSSE
• Savoir convaincre et communiquer son enthousiasme
• De l’adhésion à l’action
• Être convaincu avant tout et tenir compte de son public
• Construire son argumentaire
• Savoir s’affirmer sans agressivité
• Les 4 attitudes défensives
• Auto- diagnostic : évaluez-vous
• Aller vers l’affirmation de soi
• Savoir prendre les bonnes décisions
• Les décisions auxquelles est confronté le manager QSSE
• Le processus de prise de décision
• Au- delà de la décision, la mise en œuvre
• Se remettre en cause
• Adopter le langage de l’entreprise
• Le langage financier de l’entreprise
• Les bons réflexes
Chapitre 1 : Les enjeux d’un système QSSE
Les questions auxquelles répond ce chapitre :
❖ À quoi sert un système de management QSSE ?
❖ Qu’appelle- t-on « système intégré » ?
❖ Qui sont les acteurs de la démarche ?
❖ Quel est le rôle d’un responsable QSSE ?
❖ Comment mesure- t-on l’efficacité d’un système QSSE ?
1- Les enjeux d’un système QSSE
À quoi sert un système de management ?
La notion de système de management
Un système de management, qu’il porte sur la qualité, la santé-sécurité o u l’environnement, est une
des dimensions du management global de l’entreprise qui assure la conduite efficace des activités et la
recherche de performance. Cela induit :
✓ La définition d’objectifs à atteindre,
✓ L’identification, la planification et la mise en œuvre des moyens pour atteindre ces
objectifs,
✓ La réalisation des actions de mesure pour vérifier l’atteinte des objectifs,
✓ Le déclenchement des activités de pilotage pour ajuster et réagir si besoin.
Le système de management repose sur une structure organisationnelle au sein de laquelle sont définies
des responsabilités et des pratiques. Il est décrit dans un manuel de management et au travers de
procédures. Chaque système fonctionne avec des valeurs spécifiques en ligne avec celles de l’entreprise.
Sa dynamique dépend de l’importance allouée par la direction.
Figure 1.1. Les composantes d’un système de management
Bien sûr, pour être efficace, les systèmes de management se doivent d’être cohérents entre eux et
portent chacun la stratégie d’entreprise.
L’objet de cette unité d’enseignement est de mettre en évidence le système de management QSSE, celui qui
va gérer les trois dimensions Qualité, Santé- Sécurité et Environnement. Un système de management intégré,
ou SMI, est un système qui permet le pilotage de ces trois domaines au sein d’un même organisme, de manière
unique.
Les objectifs du système de management QSSE
Dans un premier temps, nous allons réduire volontairement à 4 les objectifs d’un système de management
QSSE.
1- La conformité à la réglementation QSSE et d’éventuels référentiels choisis par l’entreprise.
2- La conformité des produits et services aux attentes des clients.
3- La santé- sécurité du personnel au travail.
4- La réduction des impacts environnementaux de l’entreprise.
Ces 4 objectifs sont associés à celui, plus global, de rentabilité et de compétitivité de l’entreprise. Cette
dynamique se déploie par le biais de deux logiques : celle de la maîtrise des risques et de l’amélioration
continue.
Figure 1.2. Les objectifs d’un système de management QSSE
Abordons maintenant ces différentes finalités.
• La conformité à la réglementation QSSE
C’est l’un des principaux enjeux d’un système QSSE : garantir la conformité à la réglementation. Cette
réglementation, très riche, couvre à la fois :
✓ La réglementation qualité associée au produit fabriqué et/ou aux modes de production ;
✓ La réglementation environnementale qui s’applique à la fois par branche d’activité sectorielle
et, de manière transversale, à tout type d’entreprise.
✓ Cet aspect va impacter à la fois les éléments qui rentrent dans la composition d’un produit ou
service, mais également les procédés de fabrication ;
✓ La réglementation santé-sécurité des salariés, regroupée notamment dans le code du travail, qui
impose à l’employeur de prévenir les risques d’exposition de ses salariés en agissant le plus en
amont possible sur l’environnement de travail.
Dans le terme « réglementation » nous intégrons ici les dimensions d’exigences légales et
réglementaires, qui seront développées plus loin. L’enjeu réglementaire est crucial. La démarche QSSE se
base sur ce principe fondamental.
• La conformité aux attentes clients
Nous abordons ici le domaine de la qualité qui a pour objectif d’organiser l’entreprise afin de fournir au
client un produit conforme à ses attentes « du premier coup, à tous les coups, au moindre coût ». Il s’agit de
concentrer la dynamique de l’entreprise pour comprendre les attentes de ses clients et mettre en place les
meilleures pratiques pour y répondre. Nous visons la satisfaction des clients qui assure l’optimisation du
capital client de l’entreprise. Au- delà des contrôles produit, le système de management qualité travaille sur
les bonnes pratiques qui assurent l’anticipation des non conformités.
• La santé et la sécurité du personnel
La protection de la santé et de la sécurité au travail des salariés est devenue aujourd’hui incontournable
dans les entreprises et les collectivités. La démarche vise à identifier les dangers auxquels peuvent être
confrontés les collaborateurs et qui pourraient altérer leur santé mentale ou physique. Les dangers, nous le
verrons plus loin, peuvent être d’origine matérielle (liés aux machines, aux moyens utilisés), associés aux
conditions de travail (température, bruit, luminosité), aux modes de travail, mais également à l’air,
organisation même des activités et aux modes de managements. Plus globalement, cette réflexion santé-
sécurité va s’appliquer également à toute personne présente sur le lieu de travail (contrat à durée déterminée,
stagiaires, intérimaires, visiteurs, entreprises extérieures).
• Le respect de l’environnement
La maturité des entreprises a beaucoup évolué depuis des années même si de tout temps des réflexions ont
été engagées sur les interactions entre l’état de santé des hommes et leur environnement.
Les usines, et plus globalement les entreprises, se préoccupent des impacts de leur activité sur
l’environnement. Il s’agit pour elles de relever un triple défi : limiter les conséquences de leur production au
quotidien, prévenir les risques en cas de situation anormale, et enfin, réduire la consommation des ressources
naturelles non renouvelables.
Nous sommes ici dans le cadre d’une démarche qui combine 4 dimensions interagissant entre elles, dans une
logique de conformité réglementaire.
Figure 1.3. Les quatre dimensions d’un système de management QSSE
2- Qu’appelle- t-on système intégré ?
2.1. Les objectifs d’un système intégré
Un système de management intégré, au sein d’une entreprise, déploie des actions coordonnées pour
atteindre des objectifs prédéfinis. Ainsi, le système de management est l’organisation, la structure qui
dynamise la démarche et va assurer de manière cohérente :
- La satisfaction des clients, par la conformité des produits ;
- La santé- sécurité du personnel aux postes de travail ;
- Le respect de l’environnement (milieu dans lequel se situe l’entreprise, qui inclut les ressources
naturelles).
Ceci dans une logique permanente de rentabilité. L’intégration consiste donc à viser une organisation qui
regroupe et coordonne les éléments constitutifs d’un système qualité, d’un système santé-sécurité et d’un
système environnement. Il ne s’agit pas de fonctionner au cas par cas, tantôt en qualité, tantôt en
environnement ou en sécurité, mais de travailler avec le souci permanent de relever les trois challenges de
manière coordonnée.
Il s’agit de travailler de manière globale, sans perdre de vue les expertises nécessaires aux trois axes clés.
Ainsi, on peut parfois travailler sur des axes de manière cloisonnée sur un domaine spécifique, en recherchant
au final une gestion globale.
Figure 1.4 Le management intégré QSSE
Cela amène, par exemple, à utiliser un seul manuel QSSE pour décrire le management global, à
construire un seul tableau de bord QSSE, sans pour autant se priver du travail d’un expert qualité, santé-
sécurité et/ou environnement sur le terrain.
Deux axes clés de travail
Les deux impératifs auxquels va être lié le système de management sont, rappelons- le :
- La maîtrise des risques qualité, santé- sécurité, environnement,
- L’amélioration continue des performances QSSE.
Ces deux fondamentaux induisent un système qui rassure et engage l’entreprise dans une dynamique
de progrès.
Avantages d’un système intégré
Construire un système global qui va traiter à la fois de la qualité, de la santé-sécurité et de
l’environnement, a de multiples avantages.
Figure 1.5 Avantages d’un système de management intégré
Économie des coûts de fonctionnement
Les trois systèmes de management, quand ils sont construits indépendamment et managés de manière
cloisonnée, coûtent plus cher qu’un seul système car ils induisent des éléments redondants. Un système de
management intégré permet de diminuer notamment les coûts de structure, les coûts des audits internes et
externes (de certification …), les coûts de gestion des documents spécifiques, etc.
Synergie des trois systèmes
Cette approche tient en une formule mathématique « magique » : 1+1+1 = 4 ! Les trois systèmes se
complètent et s’enrichissent mutuellement. Des outils spécifiques sont déployés, les dispositions prises pour
qu’un système fonctionne bien sont capitalisées… Un système intégré évite également les redondances
notamment documentaires (trois instructions différentes pour la qualité, la santé-sécurité et
L’environnement pour un même opérateur, trois séquences d’intégration successives pour un nouvel
embauché…).