ECOLE POLYTECHNIQUE-ESPCI-ENS CONCOURS D’ADMISSION 2023
Épreuves orales d’Anglais, Filières MP, MPI et PC
Statistiques
La moyenne des 384 candidats français de la filière MP est de 11,46/20 avec un écart-type de 3,76.
La moyenne des 37 candidats français de la filière MPI est de 11,59/20 avec un écart-type de 3,60.
La moyenne des 481 candidats français de la filière PC est de 11,59/20 avec un écart-type de 3,30.
Format de l’épreuve
Pour rappel, les candidats bénéficient de 30 minutes de préparation pendant lesquelles ils
visionnent une vidéo extraite d’émissions télévisées, de débats, de bulletins d’information ou
encore de documentaires. La longueur du document se situe entre 4 et 6 minutes et son
contenu porte sur des sujets variés : thèmes d’actualité politique, économique, sociale,
culturelle, scientifique, documentaires (voir les vidéos mises en ligne).
Les candidats visionnent le document sur une tablette dont ils ont le contrôle. Ils peuvent
interrompre la vidéo à leur guise. Nous les encourageons à prêter attention aux images, au
format proposé, à la construction de la séquence visionnée et éventuellement au ton employé,
éléments qui peuvent se révéler pertinents pour une meilleure compréhension et trouver leur
place dans la restitution ou le commentaire si une analyse en est faite.
L’épreuve dure 20 minutes. Elle consiste à faire une restitution précise et structurée du
document, accompagnée d’un commentaire construit autour d’une problématique. S’ensuit un
échange avec les deux examinateurs. Le jury interrompt les candidats qui dépassent 10
minutes de temps de parole afin de ménager un temps d’échange suffisant. Quand les
candidats sont invités à conclure, ils doivent le faire rapidement, sans chercher à développer
de nouveaux exemples. Les chronomètres ou montres permettant une meilleure gestion du
temps sont autorisés et même conseillés.
Restitution
L’exercice consiste à trouver le juste équilibre entre extraction des idées principales et
restitution des données pertinentes précises (chiffres, dates, fonction et propos des personnes
interviewées). Dans l’entretien, le jury vérifie les données jugées incontournables, dont
certaines peuvent provenir de témoignages ; il convient donc de ne pas se contenter d’un
survol de certaines parties de la vidéo au motif qu’il s’agit simplement d’exemples.
Les meilleures restitutions ont dégagé et reformulé clairement les enjeux de la vidéo en
hiérarchisant les informations de façon pertinente et en s’appuyant sur des données précises
quand elles étaient présentes (chiffres et statistiques, dates, qualité des intervenants,
arguments avancés, biais idéologique ou politique, etc.).
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Une grande attention est requise lors du visionnage et nous répétons qu’il est conseillé de
prendre des notes sur les éléments clés de la vidéo, les propos des intervenants, ainsi que
dates, lieux et statistiques le cas échéant. Il n’est pas admissible que des expressions comme I
don’t remember, I didn’t write it down se multiplient lorsque le jury demande des précisions
importantes sur la vidéo qui vient d’être étudiée.
Une introduction contextualisant la vidéo est appréciable si elle est bien ciblée mais elle doit
être très brève car il est recommandé que le résumé n’excède pas 5 minutes. Un résumé de
seulement 2 minutes est généralement le signe que l’exercice n’a pas été bien réalisé.
Commentaire
Comme pour la restitution, tout ce qui permet de suivre aisément la démonstration des
candidats est apprécié – annonce rapide de plan, jalons clairs, transitions soulignées et
logiques, par exemple.
Le sujet du commentaire doit avoir un lien explicité avec les questions soulevées par la vidéo.
Il convient d’adopter une approche problématisée. Il est recommandé aux candidats d’éviter
les débats moraux de type « les pour et les contre », les affirmations vagues, et les généralités,
surtout lorsqu’il s’agit de sujets de société tels que le racisme, l’avortement ou le changement
climatique. Les candidats ne sont pas là pour discuter de ces questions en soi mais pour les
analyser dans les contextes qui sont ceux de la société britannique, américaine ou plus
généralement anglophone. En outre, sur des sujets aussi complexes, il est rappelé que le jury
n’attend pas de solutions définitives mais plutôt des pistes de réflexion et des propos nuancés
sur des questions souvent complexes. Par ailleurs, le jury encourage les candidats à faire
preuve d'esprit critique scientifique sur les vidéos de vulgarisation si elles leur semblent peu
ou mal étayées.
Dans le résumé comme dans le commentaire, le plus important est d’être clair et précis. Il est
essentiel de préciser les sujets “they”, “it” par exemple. De même, il faut préciser les
localisations : parlez-vous des pays industrialisés, des pays anglophones, des Etats-Unis ou de
la Grande Bretagne ? Congress, Senate, Parliament ne sont pas des termes interchangeables.
Discussion
Cette partie de l’épreuve vise à évaluer l’aisance et la spontanéité avec lesquelles les
candidats s’expriment et à leur permettre de préciser leur compréhension de la vidéo ou les
idées développées en commentaire. Une demande de précision de la part du jury doit être
perçue comme une invitation à mieux développer un argument, ou à montrer qu’on a en
réalité bien compris certains aspects de la vidéo que la restitution se serait contentée de
survoler. Certains candidats, se rendant compte qu’ils avaient mal compris un élément
important de la vidéo, ont ainsi pu rectifier leur approche et faire preuve d’une bonne capacité
à intégrer de nouvelles perspectives sur un sujet. Dans cette perspective, répéter « As I said »
n’est pas la meilleure stratégie.
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Toute prise de position bien argumentée et bien développée est valorisée et le jury est
toujours bienveillant, même s’il rappelle parfois certains candidats à plus de rigueur et de
précision dans le choix des mots et expressions employées. Une langue précise permet de
faire sens et d’exprimer une pensée claire ; une profusion d’expressions idiomatiques, en
revanche, peut finir par rendre le propos inintelligible. Le jury cette année a apprécié les
efforts des candidats qui ont privilégié une langue claire et précise s’appuyant sur un lexique
diversifié.
De manière générale, les candidats doivent considérer que la vidéo n’est pas prétexte à une
conversation informelle à bâtons rompus. Il importe en effet de ne pas confondre discussion
et conversation : l’épreuve reste un exercice académique. Il convient d’adopter un registre de
langue adapté et les règles de politesse d’usage : what ? ou même un simple coup de menton
ne peuvent se substituer à Could you say that again, please ? ou I’m sorry, I didn’t quite
catch what you said...ou I’m not sure I understand the word X ?
Qualité de la langue
Le jury attend un débit dynamique, ni trop rapide ni trop lent, et une élocution claire.
Il s’agit d’une épreuve orale, et tout ce qui peut rendre la communication aisée est à
exploiter : contact visuel, écoute et prise en compte des suggestions, toujours faites dans le
but de permettre aux candidats de préciser leur pensée.
Grammaire
Des problèmes dans l’emploi des temps, des accords et de la modalité sont à déplorer. Les
événements passés se racontent au passé s’ils sont repérés dans le temps par « last week »,
« two years ago », etc., et non au present perfect.
Le passif n’est pas toujours maîtrisé, ce qui amène à des confusions ou des non-sens.
Les emplois de since et for posent des problèmes récurrents.
L’emploi du gérondif et de l’infinitif pose souvent problème : confusion entre to stop to do et
to stop doing, par exemple.
La conjugaison des verbes irréguliers les plus courants doit être sue sans hésitation (par
exemple sell ; break ; choose ; cost ; teach ; broadcast).
Attention à la distinction entre les pronoms relatifs which (pour une chose) et who (pour une
personne).
Il faut également veiller à utiliser la bonne préposition dans le groupe verbal, par exemple : to
depend ON ; to talk ABOUT ; to rely ON, to focus ON, to be responsible FOR.
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Lexique
Les gallicismes qui émaillent le discours de certains candidats peuvent être sources
d’incompréhension de la part du jury, surtout s’ils se multiplient (N.B. : le signe * précède les
barbarismes résultant d’une confusion entre le vocabulaire français et anglais). *benefic,
*influent, *sensibilisation/sensibilize, *a problematic, *to product, a *politic, *scholar
furniture, *a discover, sont quelques exemples de mots qui n’existent pas en anglais.
Si des confusions lexicales s’accumulent (engine/motor ; threat/threaten ; grow/growth/grow
up ; increase/grow ; to be implied/to be involved ; economic/economical ; school fees/
*scholar fees ; politics/politicians/policy ne sont pas synonymes ; high school et higher
education non plus), ou des confusions d’ordre grammatical (nom/adjectif), comme
pride/proud, la présentation faite par les candidats peut devenir impossible à comprendre.
Le jury s'attend à ce que le vocabulaire scientifique élémentaire soit maîtrisé. Savoir
dire « une expérience », « un scientifique », « la recherche », « des chercheurs », est un
minimum. On peut ajouter à cette liste des termes courants dans la presse ces dernières
années, et un peu plus techniques, comme microchips ou circuit boards.
Les principales autres sources d’erreurs récurrentes sont les suivantes :
-lecture et/ou restitution de chiffres erronées et vocabulaire afférent (to collapse, plummet,
skyrocket, increase, etc) ; le jury attend des candidats qu’ils sachent relever et redire
correctement les données chiffrées.
-les noms indénombrables (information, furniture, equipment, damage, evidence, etc.)
-les articles the/Ø (Ø Brexit, Ø growth, Ø climate change, the UK, the US, the cinema).
Phonétique et Phonologie
La phonologie et la phonétique sont des traits essentiels de la langue anglaise. Les ignorer ne
peut que rendre la communication très difficile : une intonation trop monocorde ou
systématiquement ascendante, des accents toniques systématiquement déplacés ou des
phonèmes déformés peuvent l’entraver. Une façon efficace de se préparer lors du visionnage
est de noter la prononciation et l’accentuation des mots clés et / ou des noms propres dès la
première phase d’écoute du document vidéo.
On retrouve parmi les erreurs les plus fréquentes :
• déplacements de l’accent lexical (noté ici en lettres capitales pour plus de clarté) :
disˈCover, ˈTOtally ˌopporˈTUnity, parˈTIcular ˈINterested/ ˈINteresting , deˈVElop,
oc’CUR, ‘FOcus, etc.
• réalisation des voyelles :
- La terminaison en « -al » (comme dans political, identical, mathematical) se prononce /əl/.
- La terminaison « -age » se prononce /ɪdʒ/ : language, passage, image : /ˈlæŋgwɪdʒ/,
/ˈpæsɪdʒ/, /ˈɪmɪdʒ/, par exemple.
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- Des problèmes de confusion entre graphie et phonie persistent :
- sur la lettre « a », qui se prononce /eɪ/ dans racism, race, patience, nation ; /æ/ dans
passionate, national ; /ə/ dans arrest ; /ɛə/ dans parent ;
- Sur les lettres « i » et « y » : /ɪ/ dans study, video, promise, analysis et determine, engineer ;
/aɪ/ dans compromise, analyse, migrant et idea ;
- Sur la lettre « o » : /ɒ/ dans document et knowledge, /ǝʊ/ pour know, hope, cope, notice,
focus, chosen ;
- Sur la lettre « u » : /ʌ/ dans study, mais /ʊ/ dans put et push ;
- Sur des combinaisons de lettres : /ɔ:/ dans saw, law, author, floor, door ; /aʊ/ pour now,
allow, how.
- Voyelles brèves et voyelles longues : de nombreux candidats ne respectent pas les voyelles
longues, ce qui amène à des confusions de sens. Il faut distinguer notamment entre /i:/ et /ɪ/,
et donc entre feel et fill, leave et live, read et rid, reach et rich, teen et tin.
- Déformation des sons voyelles prêtant à confusion : walk/work ; world/word ; sour/sewer ;
fellow/failure, lesson/listen, tone/town, wear/were, heading/adding, funded/founded,
heart/hurt
• Problèmes liés aux consonnes
- Le « h » graphique anglais : cette consonne est prononcée en anglais, sauf dans les
mots suivants : honest, hour, heir et honour et leurs dérivés ; les ajouts ou les
oublis de « h » sont également source de confusion de sens : add/had ; it/hit ;
eat/heat, end/hand, earth/hearth, hold/old sont les plus courants.
- Prononciation du « s » : il est essentiel de réaliser le « s » final. À défaut, l’énoncé produit
est grammaticalement inadmissible.
Il faut donc penser :
- au /s/ de la 3ème personne du singulier,
- au /s/ du pluriel des noms dénombrables,
- au /s/ du génitif.
- Prononciation du « th » : ce phonème est très courant en anglais. Maitriser ses différentes
prononciations /ð/ et /θ/ est incontournable pour garantir la précision de la prononciation :
breath/breathe, sink/think, thin/tin, this et these, etc.
- Quelques consonnes peuvent être muettes : le « w » de whole, sword, answer ; le « p » de
psychological ; le « b » de doubt et debt, le « l » de talk, walk, could et would.
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Toutes ces caractéristiques essentielles de la langue anglaise doivent faire l’objet d’un travail
rigoureux et c’est à ce prix que les meilleurs candidats ont su proposer des restitutions
précises et bien structurées suivies de commentaires personnels clairs témoignant très souvent
d’une curiosité intellectuelle appréciée.
Dans leur grande majorité, les candidats ont montré qu’ils s’étaient bien préparés à cette
épreuve exigeante. Nous les en félicitons.