La TRAINE
Voilà bien une technique fortement décrié par le passé et qui semblait trouver
un intérêt sportif que dans la pêche au large. J’ai pratiqué la traîne pendant 3
années au Costa Rica, une pêche uniquement axée sur le vif pour capturer les
poissons coqs. Donc pas de leurre en action. Recherche très technique et qui passe
par le biais d’un sondeur et d’une observation accrue. Un jeu de plombées ponctué
de stops. De la traîne lente. C’est vrai qu’en tant que skipper je me suis éclaté
mais pour les pêcheurs cela avait également un côté prospection bien sympathique.
J’ai aimé et il faut dire que dans le contexte de cette Amérique Centrale ça s’y
prêtait particulièrement bien. La traîne classique, au leurre, pour les poissons
côtiers, ce n’est pas mon truc. Je suis avant tout un pêcheur au lancer. Par contre
le grand large m’attire toujours et les heures passées à traquer les marlins, voiliers
et thons sont parmi mes plus belles stratégies de pêche. Il faut de l’intuition, de
l’observation et s’aider de l’électronique actuelle. J’aime les données qui sont
simples, de l’eau à perte de vue et la recherche d’un poisson ! Et puis dans cette
technique la récompense est souvent de taille…
Matos & remarques :
Pour les cannes je n’ai jamais eu de marques uniques, j’ai pêché avec toutes
sortes de cannes et je leur demande uniquement d’être à la hauteur. Cela passe
par des poulies ou des anneaux de qualité pour éviter d’abîmer le Nylon. J’ai
toujours eu une nette préférence pour les cannes courtes et pour la pêche debout.
C’est plus logique en tout cas ! Par contre côté moulinet j’ai vu les limites de
certaines mécaniques. Par exemple les Penn Inter sont magnifiques si le bateau ne
prend pas des vagues à longueur de trajet. J’ai souvent skippé des petits bateaux.
Si pour le choix sportif c’est passionnant, pour le confort c’est une autre histoire !
Et des vagues, j’en ai mangé... Les Penn Inter supporte très mal cette ambiance
humide et les freins perdent leur fiabilité. Donc je me suis orienté sur les Shimano
Tiagra et je ne l’ai jamais regretté ! J’ai d’ailleurs un des premiers 80 arrivé en
France, il est toujours là, mais très fatigué ! J’adore le Finn Nor, il demande de
l’entretien mais la qualité de sa mécanique est un plaisir. Pour les petits
moulinets, les Shimano TLD m’ont largement soutenu. Quand aux antiques Penn
Sénator, ils ne correspondent pas à la traîne mais sont toujours de bons moulinets
pour la calée.
Le Nylon, je préfère mettre le prix et avoir de la qualité. Une semaine de pêche
au large est parfois réussie sur un seul poisson, un splendide marlin. Et ce n’est pas
en bagarre qu’il va falloir commencer à douter. L’inspection du fil, des noeuds et
des montages est une clé de la réussite. Côté leurres, j’utilise un peu de tout, j’ai
un faible pour les têtes courtes et biseautées, celles qui dégagent de grosses
gerbes. Elles attirent, elles provoquent, les marlins aiment ! Je fabrique
personnellement mes montages, je suis très exigeant sur le résultat final et sur le
bon positionnement des deux hameçons.
Baudrier de cuisses, harnais de rein et la bagarre peut commencer ! Mais
attention, l’attente peut être longue...
Le marlin bleu est le roi du grand large. Ce poisson est fait pour la pêche au
leurre, contrairement à son cousin le marlin noir. Pour les uns c’est une pêche
d’attente, presque fastidieuse. Pour les autres c’est une recherche
passionnante qui n’a pas de temps mort de la première minute à la dernière.
L’observation est importante, dans ce monde d’eau, sans véritable repère
visuel, le moindre obstacle, une branche, un oiseau, un courant peut attirer un
tel prédateur. Sous le même bout de bois, au Costa Rica, j’ai capturé 4 marlins
bleus et j’en ai décroché 3 autres le même jour ! La côte n’était plus visible, le
sondeur était depuis longtemps décroché et c’est d’avoir aperçu cette petite
épave flottante qui m’a offert cette journée extraordinaire. Une anecdotes qui
m’est arrivé plusieurs fois, pas un hasard !