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Gamma Euler

Le document traite de la constante d'Euler et de ses propriétés à travers l'étude de séries numériques et d'intégrales. Il présente des approches pour démontrer la convergence de certaines séries et intégrales, ainsi que des représentations intégrales de la constante. Enfin, il aborde des méthodes pour calculer une valeur approchée de la constante d'Euler et des séries convergentes associées.

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Gamma Euler

Le document traite de la constante d'Euler et de ses propriétés à travers l'étude de séries numériques et d'intégrales. Il présente des approches pour démontrer la convergence de certaines séries et intégrales, ainsi que des représentations intégrales de la constante. Enfin, il aborde des méthodes pour calculer une valeur approchée de la constante d'Euler et des séries convergentes associées.

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My Ismail Mamouni

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Préparation aux Concours (CNC-CCP)
Prépas MP
Séries Numériques
Préambule .

Introduction

Soit (an )n∈N∗ la suite réelle définie par :


Z n+1
1 dt
an = − .
n n t
On étudie la série de terme général an . On montre qu’elle est convergente et on donne dif-
férentes représentations de sa somme, notée γ, et appelée Constante d’Euler. Pour cela on
commence par étudier la suite (Sn )n∈N∗ définie par :
n n Z n+1 n
X X 1 dt X 1
Sn = ap = − = − ln(n + 1).
p 1 t p
p=1 p=1 p=1

On s’intéresse également à la suite (Hn )n∈N définie par H0 = 0 et pour tout entier n > 1,
n
X 1
Hn = .
p
p=1

PARTIE I : Première approche de la constante d’Euler


Z p+1
∗ dt
1) Soit p ∈ N . En encadrant l’intégrale , montrer que
p t
1 1
0 6 ap 6 − .
p p+1

2) En déduire que la suite (Sn )n∈N∗ est majorée, puis qu’elle est convergente et que sa limite γ
appartient à l’intervalle [0, 1] .
3) Vérifier que pour tout p ∈ N∗ on a :
Z 1
1 t
ap = dt,
p 0 t+p
puis montrer que pour tout entier p > 2 on a :
   
1 1 1 1 1 1
− 6 ap 6 − .
2 p p+1 2 p−1 p

4) En déduire un encadrement de Sm − Sn pour m et n des entiers vérifiant m > n > 1. Puis


montrer que pour tout entier n > 1 on a :
1 1
6 γ − Sn 6 .
2n + 2 2n
5) Conclure qu’on a le développement asymptotique suivant pour la suite (Hn )n∈N∗ :
 
1 1
Hn = ln n + γ + +o .
n→∞ 2n n

1
6) Pour tout n ∈ N∗ on pose Tn = Sn + . Montrer que
2n + 2
1
0 6 γ − Tn 6 .
2n(n + 1)

7) Déterminer un entier n ∈ N∗ pour lequel Tn est une valeur approchée de γ à 10−2 près.
Donner alors un encadrement de γ à 10−2 près.

1
PARTIE II : Deux représentations intégrales de la constante d’Euler

Soit I un intervalle non vide de R, borné ou non et soit f : I −→ R une fonction continue par
morceaux. On dira que f est intégrable sur I si l’intégrale impropre de f sur I est absolument
convergente.

P admettra le résultat suivant : Soit I un intervalle non vide de R, borné ou non et soit
On
un une série de fonctions réelles positives,
P définies, continues par morceaux et intégrables
sur l’intervalle I. Si la série de fonctions un converge simplement sur I vers une fonction
PR +∞
P
continue par morceaux et si la série numérique I un converge, alors, la fonction somme un
n=0
est intégrable sur I et on a :
+∞ +∞ Z
Z !
X X
un = un
I n=0 n=0 I

1) Dans cette question, on se propose de démontrer la convergence de l’intégrale :


Z +∞  
−t 1 1
e − dt.
0 1 − e−t t

a) Montrer que les deux intégrales suivantes sont convergentes :

e−t
Z +∞ Z +∞ −t
e
−t
dt et dt.
1 1−e 1 t

1 1
b) Déterminer la limite de − quand t → 0+ .
1 − e−t t
c) Conclure.
2) Dans cette question on se propose de démontrer que si a et b sont deux réels strictement
e−at − e−bt
positifs, alors la fonction t 7→ est intégrable sur ]0, +∞[ et que
t
Z +∞ −at
e − e−bt b
dt = ln .
0 t a
Soient x et y deux réels strictement positifs.
a) Démontrer que :
y
e−at − e−bt bx
e−t by
e−t
Z Z Z
dt = dt − dt.
x t ax t ay t
b) Montrer que pour a 6 b on a pour tout réel z > 0 :
bz
e−t
Z
−bz b b
e ln 6 dt 6 e−az ln
a az t a

c) Montrer que
+∞
e−at − e−bt
Z
b
dt = ln .
0 t a
3) Une première représentation intégrale de la constante d’Euler.

a) Démontrer que pour pour tout réel t > 0 on a :


+∞ +∞
!
1 X 1 X e−nt − e−(n+1)t
−t
= e−nt et = .
1−e t t
n=0 n=0

2
b) En déduire que pour pour tout réel t > 0 on a :
+∞
!
e−(n+1)t − e−(n+2)t
 
1 1 X
e−t −t
− = e−(n+1)t − .
1−e t t
n=0

c) Démontrer que pour tout réel t > 0, on a :

1 − e−t
> 0. 1−
t
Z +∞  
−t 1 1
d) Retrouver alors la convergence de l’intégrale e −t
− dt et démontrer
0 1−e t
l’égalité : Z +∞  
−t 1 1
γ= e −t
− dt.
0 1−e t
4) Une deuxième représentation intégrale de la constante d’Euler.
Soit y un réel strictement positif.
+∞
e−t
Z
a) Calculer dt, puis déduire que
y 1 − e−t
+∞
e−t
 Z 
lim ln y + dt = 0.
y→0+ y 1 − e−t

b) Démontrer que :
+∞
e−t y +∞
e−t
Z Z   Z
−t 1 1
γ+ dt = e − dt + dt.
y t 0 1 − e−t t y 1 − e−t

c) En déduire que :
+∞
e−t
 Z 
lim γ + ln y + dt = 0.
y→0+ y t

d) Démontrer que la fonction t 7→ e−t ln t


est intégrable sur ]0, +∞[ et que :
Z +∞  Z +∞ −t 
−t −y e
e ln tdt = lim e ln y + dt .
0 y→0+ y t

e) Conclure alors que : Z +∞


γ=− e−t ln t dt.
0

PARTIE III : Pour une valeur approchée de la constante d’Euler

1) a) Démontrer l’égalité suivante :

e−t e−t
Z 1  Z +∞
1
− dt = dt.
0 t 1 − e−t 1 1 − e−t

(Indication : on pourra calculer chacune des deux intégrales).

3
b) En utilisant l’égalité obtenue en II.3)d), démontrer que :

1 − e−t
Z 1 Z +∞ −t
e
γ= dt − dt.
0 t 1 t
+∞
X Hk
2) Soit F la fonction définie par F (x) = xk .
k!
k=0
k
X 1
(On rappelle que H0 = 0 et pour k > 1, Hk = .)
p
p=1

a) Montrer que F est définie et dérivable sur R.


b) Démontrer que pour tout réel x > 0 on a :
1 x
F 0 (x) − F (x) = (e − 1).
x
c) Montrer alors que pour tout réel x > 0 on a :

1 − e−t
Z x
x
F (x) = e dt.
0 t

3) Déduire des questions précédentes que pour tout réel x > 0 on a :


Z +∞ −t
e
γ + ln x = e−x F (x) − dt.
x t

4) Soit un entier n > 1 et soit un entier a > 2. Montrer que :


+∞ +∞   √  
X Hk k nan+1 X 1 k a n e an
n 6 6 √ .
k! (an)! a a − 1 2πa a
k=an+1 k=0

√  n n
(Indication : on pourra admettre et utiliser l’inégalité : n! > 2πn pour tout n ∈ N.
e
)

5) En déduire que pour tout entier n > 1 on a :


an √
−n
X Hk k a e−n n  e an e−n
γ + ln n − e n 6 √ + .
k! a − 1 2πa a n
k=0

6) Décrire une méthode permettant le calcul d’une valeur approchée de γ à 10−10 près. (On ne
demande pas le calcul d’une telle valeur approchée.)

PARTIE IV : La constante d’Euler somme de la série de Vacca (1910)

Pour tout entier p > 0, on pose :


 
2p+1
X−1 (−1)k
vp = p  .
k
k=2p

1) a) En séparant les termes d’indices pairs et ceux d’indices impairs dans l’expression de vp ,
montrer que pour tout entier p > 1 on a :
2p+1
X−1 1
vp = p(σp−1 − σp ) où σp = .
h
h=2p

4
b) En déduire que pour tout entier n > 1 on a :
n
X n−1
X
vp = σp − nσn .
p=1 p=0

c) Montrerque pour tout entier n > 1 on a :

n−1
X 1
σp = H2n − .
2n
p=0

d) En utilisant le développement asymptotique de Hn , obtenu en I. 5), conclure que la série


de terme général vp est convergente et qu’on a :
+∞
X
vp = γ.
p=1

2) On pose, pour tout n ∈ N∗ ,


blog2 nc
un = (−1)n
n
où log2 désigne la fonction logarithme en base 2 et bxc désigne la partie entière du réel x.

a) Expliquer pourquoi le critère spécial des séries alternées ne permet pas de montrer la
convergence de la série de terme général un .
b) Soit n un entier naturel et soit m un entier tel que : 2n+1 6 m < 2n+2 . Montrer que
m
X (−1)k 1
6 n,
n+1
k 2
k=2

puis en déduire que :


m
X n+1
uk 6 .
2n
k=2n+1

c) Soit n un entier naturel et soit m un entier tel que : 2n+1 6 m < 2n+2 . Montrer que
m
X n
X n
uk = vp + O
2n
k=1 p=0

et en déduire que la série de terme général un converge et que l’on a :


+∞
X
un = γ.
n=1

3) On pose pour tout entier naturel n :


+∞
X (−1)k
rn = .
n
k
k=2

a) Montrer que la série de terme général rn est absolument convergente.

5
b) Exprimer vk en fonction de k, rk et rk+1 . Montrer ensuite que
n
X n
X
vk = rk − nrn+1 .
k=1 k=1

Conclure que :  
+∞ +∞ +∞ +∞
!
X X (−1)k X X j
(−1) 
γ= = 
n
k 2n + j
n=1 k=2 n=1 j=0

PARTIE V : La formule de Gosper (1972)

Dans cette partie on désigne par F le R-espace vectoriel des suites réelles indexées par N. Si
x = (xk )k∈N est un élément de F, on notera aussi x [k] le terme xk de la suite x. On considère
l’endomorphisme ∆ de F défini par :

∀ x ∈ F, ∀ k ∈ N, ∆ (x) [k] = x [k] − x [k + 1] .

Pour n ∈ N∗ , on note ∆n l’endomorphisme de F obtenu en composant ∆ avec lui même n fois


et on pose ∆0 = IdF .  
n
Pour tout entier n ∈ N et pour tout entier p ∈ [0, n], désigne le coefficient binômial :
p
 
n n!
=
p p!(n − p)!
1) Démontrer que pour tout n ∈ N, pour tout x ∈ F et pour tout k ∈ N on a :
n  
p n
X
n
∆ (x) [k] = (−1) xp+k .
p
p=0

(Indication : écrire ∆ = IdF −T où T est l’endomorphisme de F défini, pour tout x ∈ F et


pour tout k ∈ N, par : T (x)[k] = x[k + 1].)

2) Soit (up )p∈N une suite réelle convergente et de limite `. On se propose de montrer que :
n  
1 X n
lim up = `.
n→∞ 2n p
p=0

n
!
p
a) Soit p ∈ N. Montrer que la suite converge vers 0.
2n
n>p
b) On suppose dans cette question ` = 0. Montrer que
n  
1 X n
lim up = 0.
n→∞ 2n p
p=0

(Indication : On pourra utiliser l’égalité suivante :


n   k   n  
1 X n 1 X n 1 X n
up = n up + n up
2n p 2 p 2 p
p=0 p=0 p=k+1

et, étant donnée un réel ε > 0, choisir un entier k suffisamment grand pour que l’on ait
n  
1 X n ε
n
up < .)
2 p 2
p=k+1

6
c) Conclure pour le cas général où ` est quelconque.

3) Dans cette question, on se propose de démontrer la propriété suivante : Soit x = (xk )k∈N ∈ F.
∆n (x) [0]
(−1)k xk converge, alors, la série de terme général
P
Si la série converge et on a :
2n+1
+∞ +∞
X X ∆n (x) [0]
(−1)k xk = .
2n+1
k=0 n=0

On pose, pour tout N ∈ N :


N N
X X ∆n (x) [0]
UN = (−1)k xk et VN = .
2n+1
k=0 n=0

a) Démontrer que
N  
1 X N +1
VN = Uq .
2N +1 q+1
q=0

(on pourra observer que pour tout k ∈ N, (−1)k xk = Uk − Uk−1 , avec, par convention,
U−1 = 0).
∆n (x) [0]
b) En déduire que la série de terme général converge et que :
2n+1
+∞ +∞
X ∆n (x) [0] X
= (−1)k xk .
2n+1
n=0 k=0

4) On considère dans cette question un entier n > 1 ainsi que la suite x = (xj )j∈N définie par :

1
xj = .
2n + j

a) Montrer que pour tout entier m > 0 on a :


1 1
∆m (x) [0] = 2n +m
.
2n m

Indication : On pourra admettre et utiliser le résultat suivant : Pour m, n ∈ N on a :


Z 1
m!n!
xn (1 − x)m dx =
0 (m + n + 1)!

b) En déduire que :
+∞ X
+∞
X 1 1
γ= n +m .
2m+n+1 2 m
n=1 m=0

c) Conclure que la constante d’Euler peut s’écrire :


+∞ p−1
1 X 1 X 1
γ= + .
2 2p+1 2p−k +k
p=2 k=1 k

7
CORRIGÉ DM N°

Partie I : Première approche de la constante d’Euler

1 1 1 1
. La fonction t 7→ est décroissante sur [p, p + 1] donc ∀t ∈ [p, p + 1] , ¶ ¶ .
t p+1 t p
Z p+1 Z p+1
1 dt 1 1 dt 1
En intégrant cette inégalité entre p et p+1 , on obtient : ¶ ¶ soit − ¶ − ¶−
p+1 p
t p p p
t p + 1
et finalement
Z p+1
1 dt 1 1
0 ¶ ap = − ¶ −
p p
t p p+1

. • En additionnant les inégalités précédents pour p variant de 1 à n , on obtient


n n  
X X 1 1 1
0¶ ap ¶ − = 1− ¶1
p=1 p=1
p p+1 n+1

Donc la suite (Sn ) est majorée.


• Sn+1 − Sn = an+1 ¾ 0 donc la suite (Sn ) est croissante ; étant majorée, elle converge, vers une limite
notée γ .
• De l’encadrement 0 ¶ Sn ¶ 1 trouvé ci-dessus, on déduit immédiatement 0 ¶ γ ¶ 1 .
Z p+1 Z 1
1 dt 1 du
. a p = − = − en faisant le changement de variable t = u + p .
p p
t p 0
u+ p
Z 1  Z 1
1 p 1 u
D’où a p = 1− du = du .
p 0
u+ p p 0
u+ p
1 1 1
Pour u ∈ [0, 1] , ¶ ¶ donc, d’après le calcul ci-dessus :
p+1 u+ p p
Z 1 Z 1
1 1 1 1
· · u du ¶ a p ¶ · · u du
p p+1 0
p p 0

d’où, pour p ¾ 2 :    
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
− ¶ ap ¶ ¶ = −
2 p p+1 2 p2 2 p(p − 1) 2 p−1 p

m
X n
X m
X
. Soient m et n des entiers tels que m > n ¾ 1 . Alors Sm − Sn = ap − ap = a p donc d’après
p=1 p=1 p=n+1
l’encadrement précédent :
m   m  
1 X 1 1 1 X 1 1
− ¶ Sm − Sn ¶ −
2 p=n+1
p p+1 2 p=n+1
p−1 p

d’où après télescopage :


   
1 1 1 1 1 1
− ¶ Sm − Sn ¶ −
2 n+1 m+1 2 n m
et, en faisant tendre m vers +∞ :
1 1
¶ γ − Sn ¶
2(n + 1) 2n

. Pour tout entier n ¾ 1 , Hn = Sn + ln(n + 1) donc


   
1 1 1 1 1
Hn − ln n − γ − = Sn − γ − + ln 1 + = Sn − γ + +O
2n 2n n n→∞ 2n n2
en utilisant le développement limité ln(1 + x) = x + O(x 2 ) .
x→0
Or, d’après l’inégalité précédente :
 
1 1 1 1 1
0 ¶ Sn − γ + ¶ − =
2n 2 n n+1 2n(n + 1)
 
1 1
ce qui montre que Sn − γ + = O , d’où finalement :
2n n→∞ n2
 
1 1
Hn = ln n + γ + +O .
n→∞ 2n n2

. Il suffit de reprendre l’inégalité trouvée à la question  !


1
. Pour n = 7 , l’inégalité précédente donne 0 ¶ γ − Tn ¶ < 10−2 , donc T7 convient.
112
1487
On trouve T7 = − 3 ∗ ln(2) ≈ 0.575915601 alors que γ ≈ 0.57721566490153286061 .
560

Partie II : Deux représentations intégrales de la constante d’Euler


e−t
. a) • Soit f : t 7→ . f est continue et à valeurs positives sur [1, +∞[ ; quand t → +∞ , on
1 − e−t
a lim e −t
= 0 donc f (t) ∼ e−t ; puisque t 7→ e−t est intégrable sur [1, +∞[ (fonction de
t→+∞ t→+∞
référence), il en est de même de f .
e−t
• Soit g : t 7→ . g est continue et à valeurs positives sur [1, +∞[ ; puisque t ¾ 1 , on a
t
g(t) ¶ e , et, puisque t 7→ e−t est intégrable sur [1, +∞[ , il en est de même de g .
−t

1 1 e−t − 1 + t x2
b) − = . Or, en utilisant le développement limité e x = 1 + x + + o(x 2 ) , on a
1 − e−t t t(1 − e−t ) x→0 2
t2
e−t − 1 + t ∼
t→0 2
et t(1 − e−t ) ∼ t 2
t→0

donc
1 1 1
lim −t
.− =
t→01−e t 2
 
1 1
c) La fonction ϕ : t 7→ e −t
− est continue sur ]0, +∞[ et, d’après la question précédente,
1 − e−t t
Z1
elle se prolonge en une fonction continue sur [0, +∞[ . Donc l’intégrale ϕ existe.
0
D’après la question a), ϕ est somme de deux fonctions intégrables sur [1, +∞[ ; elle est donc
également intégrable sur [1, +∞[ .
Z +∞  
1 1
En conclusion, l’intégrale e−t − dt existe.
0
1 − e−t t

. a) Soient x, y deux réels strictement positifs.


Z y Z ay
e−u e−at
En effectuant le changement de variable u = at , on a dt = du et, de même,
x
t ax
u
Z y −bt Z b y −u
e e
dt = du .
x
t bx
u
Donc
Z y −at Z a y −u Z b y −u
e − e−bt e e
dt = du − du
x
t ax
u bx
u
Z bx −u Z a y −u Z a y −u Z b y −u
e e e e
= du + du − du − du (relation de Chasles)
ax
u bx
u bx
u ay
u
Z bx −u Z b y −u
e e
= du − du
ax
u ay
u
b) On suppose ici a ¶ b et z > 0 .
On a donc : ∀t ∈ [az, bz], e−bz ¶ e−t ¶ e−az , d’où en intégrant (les bornes sont dans le bons sens !),
Z bz Z bz Z bz
−bz
dt e−t −az
dt
e ¶ ¶e
az
t az
t az
t
Z bz
dt b
ce qui donne, compte tenu de = ln bz − ln az = ln :
az
t a
Z bz
b e−t b
e −bz
ln ¶ ¶ e−az ln
a az
t a

c) • Il résulte de l’encadrement trouvé ci-dessus, et du théorème d’encadrement des limites, que


Z bz −t
e b
lim+ = ln .
z→0
az
t a
e−t
• La fonction t 7→ étant intégrable sur [1, +∞[ , on peut écrire
t
Z by Z by Z ay
! Z +∞ Z +∞
e−u e−u e−u e−u e−u
lim du = lim du − du = du − du = 0
y→+∞
ay
u y→+∞
1
u 1
u 1
u 1
u

• Donc :
Z +∞ Z y Z bx Z by
e−at − e−bt e−at − e−bt e−u e−u b
dt = lim+ dt = lim+ du − lim du = ln
0
t x→0
x
t x→0
ax
u y→+∞
ay
u a
y→+∞

. Une première représentation intégrale de la constante d’Euler


+∞
X X 1
a) • On sait d’après le cours que, si q < 1 , la série q n converge et que qn = .
n=0
1−q
+∞ +∞
1 X X
Puisque t > 0 , 0 < e−t < 1 donc = (e−t )n = e−nt .
1 − e−t n=0 n=0
• Par télescopage :
‚ Œ !
+∞ +∞ +∞
X e−nt − e−(n+1)t 1 X
−nt
X
−(n+1)t
1
= e − e =
n=0
t t n=0 n=0
t

b) On en déduit :
  +∞ +∞
‚ Œ +∞
‚ Œ
−t
1 1 X X e−nt − e−(n+1)t X e−(n+1)t − e−(n+2)t
e − = e−t e−nt − e−t = e−(n+1)t −
1 − e−t t n=0 n=0
t n=0
t

c) La fonction t 7→ e−t étant convexe, sa courbe représentative est située au-dessus de ses tangentes,
en particulier au-dessus de sa tangente au point d’abscisse t = 0 , qui a pour équation t 7→ 1 − t .
1 − e−t
Ainsi, pour tout t réel, e−t ¾ 1 − t soit 1 − e−t ¶ t , et, pour t > 0 , on en déduit ¶ 1 ou
t
1 − e−t
encore 1 − ¾0 .
t
 
1 1 e−(n+1)t − e−(n+2)t
d) Pour t > 0 , posons f (t) = e−t − , et, pour tout n ∈ N , un (t) = e−(n+1)t − .
1 − e−t t t
Vérifions alors les hypothèses du théorème d’intégration terme à terme obligeamment rappelé par
l’énoncé :
• Les fonctions un sont évidemment continues sur R∗+ .
e−(n+1)t − e−(n+2)t
• D’après les résultats de la question II., avec a = n+1 et b = n+2 , la fonction t 7→
Z +∞ −(n+1)t t
−(n+2)t
e − e n + 2
est intégrable sur R∗+ et dt = ln .
0
t n+1
Z +∞
1
La fonction t 7→ e −(n+1)t
est elle aussi intégrable sur R+ et e−(n+1)t dt = .
0
n+1
Z +∞

1 n+2
Donc, pour tout n ∈ N , un est intégrable sur R+ et un = − ln .
0
n+1 n+1
X 1 n+2
 X1 n+1
 X
• La série − ln a même nature, et même somme, que la série − ln = an ,
n¾0
n+1 n+1 n¾1
n n n¾1
donc converge et a pour somme γ .
X
• Enfin, la question II..b assure la convergence simple sur R∗+ de la série de fonctions un vers
f , qui est bien continue sur R∗+ .Le théorème d’intégration terme à terme assure alors que f est
Z +∞ +∞ Z +∞ +∞
X X

intégrable sur R+ et que f = un = an = γ soit :
0 n=0 0 n=1
Z +∞  
1 1
γ= e−t − dt .
0
1 − e−t t

. Une deuxième représentation intégrale de la constante d’Euler

a) y est un réel strictement positif. Ce qui a été fait à la question II. assure l’existence de l’intégrale
Z +∞
e−t
dt .Le changement de variable u = e−t , qui est un C 1 -difféomorphisme de [ y, +∞[
y
1 − e−t
sur ]0, e− y ] donne alors :
Z +∞ Z 0 Z e− y
e−t u 1 du
dt = − du = = − ln(1 − e− y )
y
1 − e−t e− y
1−u u 0
1−u

Z +∞ ‚ Œ
e−t 1 − e− y
donc ln y + dt = − ln qui tend vers 0 quand y tend vers 0+ , puisque
y
1 − e−t y
1 − e− y ∼ y.
y→0

b) Le résultat de II..d donne


Z +∞  
1 1
γ= e−t − dt
0
1 − e−t t
Z y   Z +∞  
−t
1 1 1 1
= e − dt + e−t − dt
0
1 − e−t t y
1 − e−t t
Z y   Z +∞ Z +∞
1 1 e−t e−t
= e−t −t
− dt + −t
dt − dt
0
1−e t y
1−e y
t

(on a le droit de séparer ces trois intégrales, puisqu’elles convergent, en vertu de II. !). On en
déduit :
Z +∞ −t Z y   Z +∞
e −t
1 1 e−t
γ+ dt = e − dt + dt
y
t 0
1 − e−t t y
1 − e−t
Z +∞ Z y   Z +∞
e−t 1 1 e−t
c) Donc γ + ln y + dt = e −t
− dt + ln y + dt
y
t 0
1 − e−t t y
1 − e−t
| {z } | {z }
tend vers  quand y→0 car c’est l’intégrale tend vers  quand y→0
d’une fonction prolongeable par continuité en  d’après II..a
tend vers 0 quand y → 0+ .
d) • La fonction f : t 7→ e−t ln t est continue sur ]0, +∞[ .
Z 1
• f est de signe constant sur ]0, 1] , et f (t) ∼ ln t ; puisque ln t dt existe (intégrale de
t→0+ 0
Z1
référence), il en résulte que f existe.
0
  Z +∞
2
1 dt
• lim t f (t) = 0 (croissances comparées) donc f (t) = o ; puisque existe, il en
t→+∞ t→∞ t2 1
t2
Z +∞ Z +∞
est de même de f = f .
1 1
En conclusion, f est intégrable sur ]0, 1] et sur [1, +∞[ , donc sur R∗+ .
Soient alors x, y deux réels strictement positifs tels que y < x . On a, en intégrant par parties :
Z x Z x −t Z x −t
−t
 −t x e −y −x
e
e ln t dt = −e ln t y + dt = e ln y − e ln x + dt
y y
t y
t

e−t
et, puisque t 7→ est intégrable sur [ y, +∞[ , on en tire, en faisant tendre x vers +∞ :
t
Z +∞ Z +∞
e−t
e−t ln t dt = e− y ln y + dt
y y
t

et enfin, puisque t 7→ e−t ln t est intégrable sur ]0, +∞[ :


Z +∞ Z +∞ −t !
−t −y
e
e ln t dt = lim+ e ln y + dt .
0
y→0
y
t

e) D’après les résultats des questions c) et d) :


Z +∞ Z +∞
!
e−t
e−t ln t dt = lim+ (e− y − 1) ln y + ln y + dt = lim+ (e− y − 1) ln y − γ = −γ
0
y→0
y
t y→0

puisque (e− y − 1) ln y ∼ y ln y . Ainsi :


y→0+
Z +∞
γ=− e−t ln t dt .
0

Partie III : Pour une valeur approchée de la constante d’Euler


Z +∞
e−t
. a) • On avait trouvé, en II.A.a, pour tout réel y > 0 , dt = − ln(1 − e− y ) ,
y
1 − e−t
Z +∞
e−t
donc dt = − ln(1 − e−1 ) .
1
1 − e−t
• Soit x ∈]0, 1] . Le changement de variable u = e−t donne
Z 1‚ Œ Z e−1   Z e−1  
1 e−t −1 u du 1 1
− dt = − = + − du
x
t 1 − e−t 1−u u e−x
e−x
u ln u 1 − u
ln u
 e−1
= ln |ln u| − ln(1 − u) e−x
 x ‹
= − ln − ln(1 − e−1 )
1 − e−x
Z 1‚ Œ
 x ‹ 1 e−t
Puisque lim+ ln = 0 , on en déduit − dt = − ln(1 − e−1 ) et, finale-
x→0 1 − e−x 0
t 1 − e −t

ment :
Z 1‚ Œ Z +∞
1 e−t e−t
− −t
dt = −t
dt = − ln(1 − e−1 ) .
0
t 1 − e 1
1 − e
b) D’après II..d :
Z +∞   Z 1   Z +∞  
−t
1 1 −t
1 1 −t
1 1
γ= e − dt = e − dt + e − dt
0
1 − e−t t 0
1 − e−t t 1
1 − e−t t

Donc, en utilisant la question précédente (toutes les intégrales écrites sont bien convergentes !) :
Z 1   Z +∞ Z +∞
−t
1 1 e−t e−t
γ= e − dt + dt − dt
0
1 − e−t t 1
1 − e−t 1
t
Z1   Z 1‚ Œ Z +∞
−t
1 1 1 e−t e−t
= e − dt + − dt − dt
0
1 − e−t t 0
t 1 − e−t 1
t
Z1 Z +∞
1 − e−t e−t
= dt − dt
0
t 1
t

ce qui est le résultat demandé.


+∞
X H k
. a) x k est une série entière. Pour déterminer son rayon de convergence, on peut utiliser la règle
k=0
k!
de d’Alembert pour les séries numériques. Si x 6= 0 ,

Hk+1
x k+1
(k + 1)! Hk+1 |x|
Hk k
= −−−→ 0
Hk k + 1 k→+∞
puisque Hk ∼
k→∞
ln k
x
k!
ce qui prouve que le rayon de convergence de cette série entière est +∞ . D’après les théorèmes du
cours, on peut conclure :
+∞
X H k
F(x) = x k est de classe C ∞ sur R .
k=0
k!

b) Les théorèmes du cours sur les séries entières permettent de dériver cette série terme à terme donc
+∞ +∞
X Hk X H k
F′ (x) − F(x) = x k−1 − xk
k=1
(k − 1)! k=0
k!
+∞ +∞
X Hk X Hk−1
= x k−1 − x k−1
k=1
(k − 1)! k=1
(k − 1)!
+∞ +∞ k−1
X Hk − Hk−1 X x
= x k−1 =
k=1
(k − 1)! k=1
k!

1
puisque Hk − Hk−1 = pour tout k ¾ 1 . En comparant avec le développement en série entière de
k
+∞ k
X x 1
exp : e x = , on a bien, pour x 6= 0 : F′ (x) − F(x) = (e x − 1) .
k=0
k! x

c) On résout alors l’équation différentielle ci-dessus par la méthode de variations de Z la constante. En


x
1 1 − e−t
posant F(x) = e x ϕ(x) pour tout x > 0 , on obtient ϕ ′ (x) = (e x − 1) , d’où ϕ(x) = dt+cst e .
x 0
t
Puisque ϕ(0) = F(0) = , la constante est nulle et l’on obtient bien :
Z x
1 − e−t
∀x > 0 , F(x) = e x
dt .
0
t
. Pour tout x > 0 :
Z +∞ Z x Z +∞
e−t dt e−t
γ + ln x + dt = γ + + dt
x
t 1
t x
t
Z 1 Z +∞ Z x Z +∞
1 − e−t e−t dt e−t
= dt − dt + + dt (d’après III..b)
0
t 1
t 1
t x
t
Z1 Z +∞ Z x Z x Z +∞
1 − e−t e−t 1 − e−t e−t e−t
= dt − dt + dt + dt + dt
0
t 1
t 1
t 1
t x
t
Z x
1 − e−t
= dt
0
t

ce qui donne bien, compte tenu de la question précédente :


Z +∞ −t
e
γ + ln x = e−x F(x) − dt .
x
t

k
X 1
. Puisque, pour k ¾ 1 , Hk = , on a Hk ¶ k donc
p=1
p

+∞ +∞ +∞ +∞ +∞  k
X Hk k
X nk X nan+1+k an+1
X nk an+1
X (an)k 1
n ¶ = =n =n
k=an+1
k! k=an+1
(k − 1)! k=0
(an + k)! k=0
(an + k)! k=0
(an + k)! a

(an)k 1 X 1
et, puisque, pour tout entier k ¾ 0 , ¶ et que la série géométrique converge (car
(an + k)! (an)! ak
a ¾ 2 ), on obtient la première inégalité demandée :
+∞ +∞  k
X Hk nan+1 X 1
nk ¶
k=an+1
k! (an)! k=0
a

 an ‹an +∞  k
p X 1 1 a
En utilisant l’indication de l’énoncé, on a (an)! ¾ 2πan ; on a aussi = 1
= ,
e k=0
a 1− a−1
a
et, en remplaçant dans l’inégalité précédente, on trouve :
+∞ p  ‹an
X Hk nan+1  e ‹an
k
a a n e
n ¶ p = p
k=an+1
k! a − 1 2πan an a − 1 2πa a

. D’après III., pour tout n ∈ N∗ ,


Z +∞ +∞ Z +∞
−n
e−t −n
X H k k
e−t
γ + ln n = e F(n) − dt = e n − dt
n
t k=0
k! n
t

donc Z
an +∞ +∞
−n
X H k k −n
X Hk k
e−t
γ + ln n − e n =e n − dt
k=0
k! k=an+1
k! n
t

d’où
an +∞ Z +∞ p Z +∞
−n
X H k −n
X Hk e−t e−n n  e ‹an 1a
γ + ln n − e n k
¶e k
n + dt ¶ p + e−t dt
k=0
k! k=an+1
k! n
t a − 1 2πa a n n
| {z }
=e−n

ce qui est le résultat demandé.

e p
 e ‹an e−n
. Pour a ¾ 3 , < 1 , et le terme e−n n est vite négligeable devant !
a a n
an
X H k
On peut donc considérer que l’erreur commise en approchant γ par l’expression e−n nk − ln n
k=0
k!
e−n
est à peu près égale à . Pour avoir une erreur inférieure à 10−10 , il faut donc choisir n = 21
n
e−21
( ≈ 3, 6 10−11 ).
21
Dans ce cas, pour minimiser le
p nombre de termes à calculer, autant prendre a = 3 ; d’ailleurs, pour a = 3
a e−n n  e ‹an
et n = 21 , le terme p est approximativement égal à 2, 4 10−12 , ce qui confirme que la
a − 1 2πa a
valeur de a n’a finalement pas d’importance pour le calcul d’erreur !
63
X H k
Une valeur approchée de γ sera donc e−21 21k − ln 21 . Bien sûr, pour le cacul de cette somme, on
k=0
k!
nk+1 nk n
ne calculera pas séparément n et k! , mais on utilisera la relation de récurrence
k
= · .
(k + 1)! k! k + 1
Bien que non demandé, voici le programme Maple© correspondant :

approx := proc (a, n)


local H, k, S, nk;
S := ;
H := .;
nk := n;
for k to a*n do
S := S+H*nk;
H := H+/(k+);
nk := nk*n/(k+)
end do;
RETURN(evalf(exp(-n)*S-ln(n)))
end proc;

> Digits := ; approx(, ); evalf(gamma);

.
.

Partie IV : La constante d’Euler somme de la série de Vacca


. a) Pour tout entier p ¾ 1 :

2 p+1
X−1 2 p+1
X−1 2 p+1
X−1
vp (−1)k 1 1
= = −
p k=2 p
k k=2 p
k k=2 p
k
k pair k impair
 
p+1 p+1 p+1
2X−1 2 X−1 1 2 X−1 1 
1  
= − − 
k=2 p
k  k=2p k k=2 p
k
k pair k pair

2 p+1
X−2 2 p+1
X−1
1 1
=2 −
k=2 p
k k=2 p
k
k pair
p
2X −1 2 p+1
X−1
1 1
=2 − = σ p−1 − σ p
2k k=2 p
k
k=2 p−1

b) Donc
n
X n
X n
X n−1
X n
X n−1
X n−1
X
vp = pσ p−1 − pσ p = (p + 1)σ p − pσ p = [(p + 1) − p]σ p − nσn = σ p − nσn
p=1 p=1 p=1 p=0 p=1 p=0 p=0
c) Pour n ¾ 1 :
n−1 n−1 2 p+1
X−1 1 n
2X −1
X X 1 1
σp = = = H2 n −
p=0 p=0 h=2 p
h h=0
h 2n
d) On a donc
n n−1
X X 1 1 1
σn = σp − σ p = H2n+1 − − H2 n + = H2n+1 − H2n +
p=0 p=0
2n+1 2n 2n+1
d’où
n n−1
X X 1 1 1 
vp = σ p − nσn = H2n − n
− nσn = H2n − n
− n H2n+1 − H2n +
p=1 p=0
2 2 2n+1
En utilisant le développement asymptotique de H2n obtenu en I., on en déduit :
n    
X 1 1 1  1 1  1 1 
vp = ln(2n ) + γ + n+1 + o − − n ln(2 n+1
) + γ + − ln(2 n
) + γ + + o +
p=1
2 2n 2n 2n+2 2n+1 2n 2n+1
n n‹
= γ + n+2 + o
2 2n
Xn
donc lim vp = γ . Ainsi :
n→+∞
p=1

+∞
X
La série de terme général vp converge et vp = γ .
p=1

⌊log2 n⌋
. a) On ne peut pas appliquer ici le critère spécial sur les séries alternées car la suite n 7→ n’est
n
⌊log2 x⌋
pas décroissante. Voici d’ailleurs le graphe de la fonction x 7→ :
x

b) • Soit n ∈ N et m ∈ N tel que 2n+1 ¶ m < 2n+2 .


(−1)k
La série de terme général vérifie le critère spécial des séries alternées. En particulier, elle
k
+∞
X (−1)k 1
est convergente, et si on pose Rn = , on sait que Rn ¶ .
k=n+1
k n + 1
m m
X (−1)k X (−1)k
Or on a = R2n+1 −1 − Rm donc ¶ R2n+1 −1 + Rm ce qui donne
k k
k=2n+1 k=2n+1
m
X (−1)k 1 1 1 1 1
¶ + ¶ + =
k 2n+1 m+1 2n+1 2n+1 2n
k=2n+1
• Pour k entier tel que 2n+1 ¶ k < 2n+2 , on a n + 1 ¶ log2 k < n + 2 donc ⌊log2 k⌋ = n + 1 .
m m m
X X (−1)k X (−1)k
Par suite uk = ⌊log2 k⌋ = (n + 1) et l’inégalité précédente donne
k k
k=2n+1 k=2n+1 k=2n+1
immédiatement :
m
X n+1
uk ¶ .
2n
k=2n+1

c) • Soit n ∈ N et m ∈ N tel que 2n+1 ¶ m < 2n+2 .


Alors
m
X 2n+1
X−1 m
X
uk = uk + uk
k=1 k=1 k=2n+1
n
X m
X
= vp + uk
p=0 k=2n+1

m m n‹ m n n‹
X n+1 X X X
et, puisque uk ¶ , on a bien uk = O i.e uk = vp + O .
2n 2n p=0
2n
k=2n+1 k=2n+1 k=1

• Pour tout entier ¾ 1 , il existe un et une seul entier n tel que 2n+1 ¶ m < 2n+2 : c’est
n
X
n = ⌊log2 m⌋−1 . Donc, quand m tend vers +∞ , il en est de même de n ; puisque lim vp = γ ,
n→+∞
p=0
m
X
il résulte immédiatement de la relation précédente que lim uk existe et vaut γ , c’est-à-dire :
m→∞
k=1

+∞
X
La série de terme général un converge et un = γ .
n=1

1
. a) D’après le critère spécial sur les séries alternées (majoration du reste), on sait que rn ¶ n . La
2
1 1
série de terme général n est une série géométrique de raison , donc converge. Par comparaison
2 2
de série à termes positifs, on en déduit :
La série de terme général rn converge, i.e la série de terme général rn est absolument convergente.

b) • La relation vk = k(rk − rk+1 ) est immédiate.


• On additionne ensuite ces relations pour k variant de 1 à n , et, exactement comme dans IV..b,
Xn Xn
on trouve facilement : vk = rk − nrn+1 .
k=1 k=1

1
• De l’inégalité rn+1 ¶ n+1
, on déduit lim nrn+1 = 0 .
2 n→∞
+∞
X +∞
X
La relation précédente prouve donc, en faisant tendre n vers +∞ , que rn = vk = γ , ce qui
n=1 k=1
peut aussi s’écrire :
!
+∞ +∞
X X (−1)k
γ= .
n=1 k=2n
k

Partie V : La formule de Gosper

. On reprend les notations et l’indication de l’énoncé. Dans l’anneau L (F ) , puisque IdF et T commutent,
on peut utiliser la formule du binôme. On a donc
n  
X n p
∆n = (IdF − T)n = (−1) p T
p=0
p
Or, par récurrence immédiate sur p , il est facile de vérifier que, pour tout p ∈ N , pour tout x ∈ F et tout
k ∈ N , on a T p (x)[k] = x[k + p] . On aura donc bien, pour tout x ∈ F et tout k ∈ N :
n  
X
p
n
n
∆ (x)[k] = (−1) x[k + p] .
p=0
p

. Rem : il s’agit dans cette question de démontrer le théorème de Césaro dans un cas particulier...
  n
n n(n − 1) · · · (n − p + 1) np p 1 np
a) Pour n ¾ p ,
p
=
p!

n→+∞ p!
donc n ∼
2 n→+∞ p! 2n
, qui tend vers 0 quand n
tend vers +∞ (croissances comparées).
b) Soit ǫ > 0 . Puisque la suite (un ) tend vers 0 , par définition de la limite, il existe un entier k tel que,
ǫ
pour tout p ¾ k + 1 , on ait u p < .
2
On aura alors, pour n ¾ k + 1 :

n   n   n   n  
1 X n 1 X n ǫ 1 X n ǫ 1 X n ǫ
n
up ¶ n
up < · n
¶ · n
=
2 p=k+1
p 2 p=k+1
p 2 2 p=k+1
p 2 2 p=0
p 2

n  
X n
(puisque = (1 + 1)n = 2n ).
p=0
p
k  
1 X n
D’autre part, d’après la question précédente, l’entier k étant fixé comme ci-dessus, on a lim up = 0
n→+∞ 2n p=0
p
(somme finie de termes qui tendent vers 0 ) donc il existe un entier n0 , que l’on peut supposer
k  
1 X n ǫ
¾ k + 1 , tel que, pour tout entier n ¾ n0 on ait n up < .
2 p=0 p 2

Finalement, en utilisant l’égalité gentiment fournie par l’énoncé, on obtient, pour n ¾ n0 :

n   k   n  
1 X n 1 X n 1 X n ǫ ǫ
up ¶ up + up < + =ǫ
2n p=0
p 2n p=0
p 2n p=k+1
p 2 2

ce qui montre, par définition de la limite, que


n  
1 X n
lim up = 0 .
n→+∞ 2n p
p=0

c) Dans le cas où la suite (un ) tend vers ℓ , posons vn = un − ℓ . D’après le résultat précédent,
n  
1 X n
lim vp = 0 .
n→+∞ 2n p
p=0
Mais
 
n   n   n   n   n  
1 X n 1 X n 1 X n 1 X n 1 X n
vp = (u p − ℓ) = up −   ℓ= n up − ℓ
2n p=0
p 2n p=0
p 2n p=0
p 2n p=0 p 2 p=0 p

n   n  
1 X n 1 X n
donc lim vp = 0 implique : lim up = ℓ .
n→+∞ 2n p=0
p n→+∞ 2n p=0
p

. a) En utilisant le résultat de la question V. et l’indication de l’énoncé, on a


N N n  
X ∆n (x)[0] X 1 X n
VN = = (−1) p x p
n=0
2n + 1 n=0
2n+1 p=0
p
N n  
X 1 X n
= (U p − U p−1 )
n=0
2n+1 p=0
p
 
N n   n  
X 1  X n X n 

= n+1
 U p − U p−1  (car U−1 = 0)
n=0
2  p=0
p  p 
p=0

p=1
 
n
N n   
n−1
    
X 1  X n X n  n
=  Up − U p  (en posant
 = 0)
n=0
2n+1  p=0 p p=0
p+1 n+1

N n    
X 1 X n n
= Up −
2n+1 p=0
n=0
p p+1
 
N N     
X X 1 n n 0¶n¶N 0¶ p¶N
=  −  Up car ⇐⇒
2 n+1 p p + 1 0¶p¶n p¶n¶N
p=0 n=p

donc pour prouver la formule de l’énoncé, il suffit de prouver que


N      
X 1 n n 1 N+1
∀p ∈ N , ∀N ¾ p , − =
n=p
2n+1 p p+1 2N+1 p+1

ce qui se fait facilement par récurrence sur N :


   
1 p 1 p+1
• L’égalité est vérifiée pour N = p , car elle s’écrit alors = .
2 p+1 p 2 p+1 p+1
• Supposons l’égalité réalisée au rang N . Alors,
N+1     N        
X 1 n n X 1 n n 1 N+1 N+1
− = − + −
n=p
2n+1 p p+1 n=p
2n+1 p p+1 2N+2 p p+1
     
1 N+1 1 N+1 1 N+1
= N+1 + N+2 − N+2 (avec l’hyp. de réc.)
2 p+1 2 p 2 p+1
   
1 N+1 1 N+1
= N+2 + N+2
2 p+1 2 p
 
1 N+2
= N+2 (d’après la formule du triangle de Pascal)
2 p+1
ce qui est bien le résultat voulu à l’ordre N + 1 , et achève la démonstration.
+∞
X
b) On a supposé que la série de terme général (−1)k x k converge. Notons S = (−1)k x k . On a donc
k=0
lim UN = S .
N→+∞
On a alors, d’après la relation précédente, et en utilisant le résultat de V..c, lim VN = S . Cela
N→+∞
∆n (x)[0]
revient à dire que la série de terme général converge et a pour somme S , soit :
2n + 1
+∞ +∞
X ∆n (x)[0] X
= (−1)k x k .
n=0
2n + 1 k=0

X ∆n (x)[0] X
Rem : la série (−1)k x k . Ces deux séries ont
s’appelle la transformée d’Euler de la série
2n + 1
même somme, mais la série tranformée converge en général beaucoup plus vite que la série initiale !

. a) • Rem : le résultat admis se démontre facilement par récurrence :


Z1
Notons In , m = x n (1 − x)m dx , pour n, m ∈ N .
0
Une intégration par parties donne :
Z 1 – ™1 Z 1
n+1 m n+1
(1 − x)m+1 n+1 n+1
In+1,m = x (1 − x) dx = −x + x n (1 − x)m+1 dx = In,m+1
0
m+1 0
m+1 0
m+1

d’où l’on tire par une récurrence facile :

n! n! m!n!
In,m = I0,m+n = =
(m + 1) · · · (m + n) (m + 1) · · · (m + n)(m + n + 1) (m + n + 1)!

m  
X
p
m 1
• En utilisant le résultat de la question V., on a ∆ (x)[0] = m
(−1) n
.
p=0
p 2 +p
Z 1
1 n
+p−1
En écrivant que = x2 dx , et par linéarité de l’intégrale on obtient :
2n +p 0

Z 1 m    Z1 
m   
X m n n
X m p
∆m (x)[0] =  (−1) p x 2 +p−1  dx = x 2 −1  (−1) p x  dx
0 p=0
p 0 p=0
p

soit Z 1
m n
−1
(2n − 1)!m! 1 1
∆ (x)[0] = x2 (1 − x)m dx = I2n −1,m = n
= n 2n +m
0
(2 + m)! 2
m

 
+∞
X +∞
X
b) On reprend le résultat de IV..b, qui peut s’écrire : γ =  (−1) j x j  , donc, d’après V..b,
n=1 j=0
!
+∞ +∞
X X ∆m (x)[0]
γ= , et enfin, en remplaçant à l’aide du calcul précédent :
n=1 m=0
2m + 1
!
+∞ +∞
X X 1 1
γ= 2n +m
.
n=1 m=0
2n+m+1
m
!
+∞ +∞ +∞
1 1 1 X 1 1 1 X X 1 1
c) Pour m = 0 , on a 2n +m
= et = donc γ = + 2n +m
ce
2n+m+1 2n+1 n=1
2n+1 2 2 n=1 m=1
2n+m+1
m m
qui peut s’écrire
+∞ X +∞ +∞ p−1
1 X 1 1 1 X 1 X 1 1 X 1 X 1
γ= + n+m+1 2n +m
= + p+1 2n +m
= + p+1 2 p−m +m
2 p=2 n+m=p
2 2 p=2
2 n+m=p
2 p=2
2 m=1
m m m
n¾1,m¾1 n¾1,m¾1

Rem : Cette série converge très rapidement. Par exemple, en calculant pour p variant de 2 à 100 , on
trouve une précision de l’ordre de 10−30 .

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