LA FAISABILITE DE TRANSFERTS MONETAIRES EN
SITUATION D’URGENCE, UNE ETAPE CLE DE LA
PROGRAMMATION EN TRANSFERTS MONETAIRES
" Tant que nous n’appliquons pas la même analyse et les mêmes mesures
de contrôle aux transferts monétaires et aux distributions en nature, nous
n’aurons pas d’évidence comparable sur les risques associés à chaque
modalité (ciblage, l’impact sur la cohésion sociale, la fraude et la diversion,
la violence entre les différentes parties prenantes ; le staff, les autorités
locales, les groupes armés, les bénéficiaires). Et sans cette analyse
comparative nous risquons de prendre de mauvaises décisions
programmatiques et d’exposer nos bénéficiaires à d’autres types de
risques”. Nathalie Cissokho, CALP
Final Assignment /Mémoire / Trabajo final:
Name of the assignment
Solicited by KALU Institute - Humanitarian Aid Studies Centre
Date 30 Janvier 2020
Authors Abel RAMADI
Supervisor Karin Michotte
Superviseur Zandra Muñoz Barrera
LA FAISABILITE DE TRANSFERTS MONETAIRES EN SITUATION D’URGENCE, UNE ETAPE CLE DE LA PROGRAMMATION EN TRANSFERTS MONETAIRES 2/20
CONTENTS
1 LICENCE ET AUTRES DECLARATIONS 3
1.1 LICENCE 3
1.2 DECLARATION DE L’AUTEUR 3
1.3 CONTRIBUTIONS DE TIERS 3
1.4 DECLARATION CONCERNANT LES SECTIONS DE CE MEMOIRE AYANT ETE UTILISEES DANS LE BUT
DE VALIDER UN AUTRE PROGRAMME D’ETUDES 4
1.5 PUBLICATIONS DONT VOUS ETES L’AUTEUR, INTEGREES DANS CE MEMOIRE 4
1.6 REMERCIEMENTS 4
1.7 DEDICACE 4
2 INFORMATIONS RELATIVES A CE DOCUMENT 4
2.1 CATEGORIES 4
2.2 L’AUTEUR 4
2.3 RESUME 5
3 INTRODUCTION ET AVANT-PROPOS 5
3.1 INTRODUCTION 5
3.2 OBJECTIFS DE RECHERCHE ET QUESTIONS PRINCIPALES 5
3.3 PERTINENCE DE L’ETUDE 6
3.4 PORTEE DE L’ETUDE / VALEUR AJOUTEE 6
3.5 LIMITES DE L’ETUDE 6
3.6 CONCEPTION DE LA RECHERCHE ET METHODOLOGIE 6
4 RESULTATS DE LA RECHERCHE 7
4.1 POURQUOI UNE ETUDE DE FAISABILITE DES TRANSFERTS MONETAIRES ? 7
4.2 LES MARCHES, SOCLES DE LA PROGRAMMATION EN TRANSFERTS MONETAIRES ? 8
4.3 L’ANALYSE DES RISQUES 9
4.4 CALCUL DE LA VALEUR DU TRANSFERT 11
4.5 CHOIX DE LA MODALITE ET MECANISME DE DECAISSEMENT 14
4.6 PARTICULARITE ENTRE LES TRANSFERTS MONETAIRES HUMANITAIRE ET LES TRANSFERTS
SOCIAUX 15
4.7 EXEMPLE D’UN OUTIL D’ETUDE DE FAISABILITE 15
4.8 PROPOSITION D’OUTILS POUR LES ETUDES DE FAISABILITE 17
5 CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS (OU MESSAGE PRINCIPAL) 18
6 ANNEXES 19
6.1 LISTE DES ACRONYMES 19
6.2 SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE 19
LA FAISABILITE DE TRANSFERTS MONETAIRES EN SITUATION D’URGENCE, UNE ETAPE CLE DE LA PROGRAMMATION EN TRANSFERTS MONETAIRES 3/20
1 Licence et autres déclarations
1.1 Licence
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1.2 Déclaration de l’auteur
Cette œuvre est le fruit d’un travail dont je déclare être l’auteur, et ne contient aucun
document ayant été publié ou élaboré par un tiers, en dehors d’extraits de textes dûment
référencés.
Les contributions d’autres auteurs à ce document sont clairement identifiées. Elles
incluent : l’assistance statistique, le format des enquêtes et sondages, l’analyse de
données, l’utilisation de certaines procédures techniques, ainsi que tout autre travail de
recherche original utilisé ou mentionné.
Le contenu de ce mémoire est le résultat de mes propres efforts et ne comporte aucun
paragraphe conséquent ayant été précédemment soumis à des examinateurs dans le
cadre d’un autre programme d’études. Je déclare avoir clairement identifié la présence de
telles sections le cas échéant.
Je déclare avoir élaboré ce devoir sous une Licence Creative Commons. Un exemplaire
électronique de mon mémoire est disponible en téléchargement depuis la page web de
l’Institut.
1.3 Contributions de tiers
Ce travail est le résultat des recherches personnelles sanctionnant la fin d’études pour
validation du programme de master en coopération internationale et aide humanitaire.
LA FAISABILITE DE TRANSFERTS MONETAIRES EN SITUATION D’URGENCE, UNE ETAPE CLE DE LA PROGRAMMATION EN TRANSFERTS MONETAIRES 4/20
1.4 Déclaration concernant les sections de ce mémoire ayant été
utilisées dans le but de valider un autre programme d’études
Aucune section de ce mémoire n’a été utilisé pour valider un autre programme. Toutefois,
je me réserve le droit de faire référence et de cités une partie où paragraphe de ce
mémoire en cas de besoin et comme auteur dudit document.
1.5 Publications dont vous êtes l’auteur, intégrées dans ce mémoire
Aucune autre publication dont je suis l’auteur n’a été intégrée dans ce mémoire.
1.6 Remerciements
Je voudrais exprimer mes sincères remerciements à toutes les personnes m’ont
soutenues et accompagner dans ces travaux particulièrement les leads des cash working
group des différents hubs de coordination humanitaire de la RDC et les membres du CWG
national. Je remercie tout aussi particulièrement Karin Michotte pour son
accompagnement éclairé.
1.7 Dédicace
A ma famille bien-aimée qui a toujours cru en moi et m’a donné des ailes pour finaliser
toutes mes entreprises !
A Dieu le Père Tout Puissant qui a préservé mes ailes chaque fois j’essayerai de voler
plus haut !
2 Informations relatives à ce document
2.1 Catégories
Pays Type de Sujet Institutions Langue
documents
République Étude de cas Renforcement des Aide humanitaire Croix Rouge Français
Démocratique du capacités Aide Publique au ONU
Congo Coordination Développement CWG
Gestion de projet
Recherche
Formation
2.2 L’auteur
Abel Ramadi (22 Octobre 1982) est titulaire d’un diplôme d’ingénieur
des travaux du développement rural obtenu à l’institut universitaire des
sciences agronomiques et de l’environnement, actuel université de
Sarh au Tchad. Il a commencé sa carrière humanitaire dans l’ONG
Islamic Relief Worldwide-UK, à l’est du Tchad où il a géré le
programme d’urgence dans une douzaine de camps de personnes
déplacées internes et faciliter la transition et la mise en place d’un
programme de réhabilitation. Après une carrière nationale au sein du
Programme Alimentaire Mondial (PAM) au Tchad, Abel rejoindra
l’équipe du PAM en République Démocratique du Congo comme
Chargé de Programme au bureau de Bukavu puis comme Chef de Bureau d’Uvira puis
Chef de Bureau du Kasaï pour gérer l’urgence complexe résultant du conflit interethnique
de 2016. Depuis Juillet 2019, Abel Ramadi travaille pour l’UNICEF comme spécialiste
LA FAISABILITE DE TRANSFERTS MONETAIRES EN SITUATION D’URGENCE, UNE ETAPE CLE DE LA PROGRAMMATION EN TRANSFERTS MONETAIRES 5/20
programme dans la section politique sociale et évaluation, poste qu’il occupe jusqu’à ce
jour.
2.3 Résumé
L’objectif de cette recherche est de faire l’inventaire des méthodes et outils d’étude de
faisabilité des transferts monétaires en RDC. Nous allons faire rapidement l’historique des
transferts monétaires en RDC puis situer les analyses de faisabilité dans le cycle des
programmes de transferts monétaires avant de répertorier les méthodes et outils utilisés
par les organisations pour décider de mettre en œuvre un programme de transfert
monétaire. Ensuite, nous essayerons de proposer quelques outils les plus pertinents aux
organisations désireuses de faire une telle analyse.
Mots-Clés : Faisabilité, Evaluations multisectorielles, Transferts monétaires, Cash
Working group, Panier de dépenses minimales, analyse de risque, cout efficacité-
efficience.
3 Introduction et avant-propos
3.1 Introduction
Les transferts monétaires deviennent de plus en plus une modalité prisée par les
bénéficiaires et les bailleurs compte tenu des avantages évidents de dignité, de choix
qu’ils offrent aux bénéficiaires, de leurs valeurs ajoutées sur l’économie locale voire
régionale et souvent du cout efficacité-efficience. Depuis quelques années, les
humanitaires en République Démocratique du Congo adoptent de plus en plus cette
modalité pour apporter une réponse d’urgence mais aussi dans le cadre des filets sociaux
de protection. L’une des étapes cruciales qui semblent occultées est l’étude de faisabilité
et la gamme d’analyses faite pendant cette phase. L’analyse de la faisabilité est une étape
importante du projet car elle permet de récolter et de traiter les informations qui vont
orienter la formulation du projet. Les évaluations faites pendant cette phase reposent sur
une collecte de données primaires et secondaires et impliquent une descente sur le terrain
et une bonne coordination avec les autres acteurs. Les répercussions d’une mauvaise
pratique d’une organisation dans le domaine des transferts monétaires impactant
l’ensemble des intervenants et les communautés dans la zone concernée, parfois au-delà,
nous nous proposons de faire un inventaire des pratiques en la matière en RDC pour
proposer des pistes de solutions et outiller, dans la mesure du possible, les humanitaires à
mettre en œuvre des programmes de transferts monétaires exempts sinon ayant des
répercussions perverses contrôlables.
3.2 Objectifs de recherche et questions principales
La faisabilité de transferts monétaires en situation d’urgence, une étape clé des PTM. De
plus en plus d’organisations humanitaires adoptent les transferts monétaires comme
modalité d’assistance aux personnes vulnérables. En Afrique francophone, les expertises
sont non uniformément reparties et certains pays sont plus avancés que d’autres. Le
besoin de renforcement de capacité reste évident. Certaines institutions comme le CALP
contribue à cet effort de renforcement de capacité. Le gap demeure quant à comment se
prendre pour mettre en œuvre une intervention suivant la modalité transfert monétaire
surtout pour les petites organisations et les ONGs locales notamment. Je me propose de
faire le tour du sujet grâce à une revue documentaire et proposer des outils sur base de
mes expériences capitalisées.
L’absence d’outils prêts à l’utilisation, le faible capacité d’analyse des petites organisations
conduisent à des prises de décisions erronées quant à la faisabilité des programmes de
LA FAISABILITE DE TRANSFERTS MONETAIRES EN SITUATION D’URGENCE, UNE ETAPE CLE DE LA PROGRAMMATION EN TRANSFERTS MONETAIRES 6/20
transferts monétaires en situation d’urgence. Des outils de collecte de données assorties
d’une matrice d’analyse adéquate et d’un arbre de décision auront l’avantage de faciliter la
communauté humanitaire et d’orienter la prise de décision relative à la mise en œuvre des
transferts monétaires en situation d’urgence. L’intérêt de la communauté humanitaire et
des bailleurs vis-à-vis des programmes de transferts monétaires n’est plus à démontrer
compte tenu de la valeur ajoutée évidente de cette modalité. Beaucoup de littérature
existe sur le sujet mais les outils appropriés et contextualisés sont plus limités. Les efforts
pour mettre à la disposition des praticiens doivent continuer et ce mémoire n’est qu’une
étape dans ce processus.
3.3 Pertinence de l’étude
Ayant personnellement expérimenté le manque d’outils pour l’étude de faisabilité des
transferts monétaires, il est très probable qu’un tel outil soit rapidement approprié par les
humanitaires et adapté aux différents contextes. Pour garantir une meilleure appropriation,
l’outil pourra être mise sur une base de données ouvertes en ligne (open data kit) de type
kobo ou ona. La mise à disposition d’un tel outil va permettre une meilleure dissémination
des bonnes pratiques en termes de systématisation des études de faisabilité préliminaire
indispensable à la mise en œuvre de toute intervention basée sur les marchés et garantira
en même temps le partage.
3.4 Portée de l’étude / Valeur ajoutée
Ayant personnellement expérimenté le manque d’outils pour l’étude de faisabilité des
transferts monétaires, il est très probable qu’un tel outil soit rapidement approprié par les
humanitaires et adapté aux différents contextes. Pour garantir une meilleure appropriation,
l’outil pourra être mise sur une base de données ouvertes en ligne (open data kit) de type
kobo ou ona. Cette étape interviendra plus tard si l’outil proposé est adopté par une
organisation ou les membres d’un Cash Working Group. En effet, la mise à disposition
d’un tel outil va permettre une meilleure dissémination des bonnes pratiques en termes de
systématisation des études de faisabilité, préliminaire indispensable à la mise en œuvre
de toute intervention basée sur les marchés et garantira en même temps le partage.
3.5 Limites de l’étude
Nous avons utilisé une combinaison de techniques d’investigation (entretien semi-
structuré, entretien avec des informateurs clés et focus group, revue documentaire sans
pour collecter les informations nécessaires à cette étude. Le manque de temps et la faible
disponibilité de certaines personnes ou groupes de personnes n’a pas permis
d’approfondir tous les aspects du sujet comme nous l’aurons souhaité. De plus, certaines
organisations continuent d’éprouver des réserves à partager leur rapport et autres outils
par soucis de concurrence ou manque d’habitude. Nous avons eu accès qu’au document
dument partagé avec le CWG national et accessible à tous les membres du groupe de
travail. Finalement, la diversité des niveaux des interlocuteurs dans les différents hubs :
certains plus à jour sur le sujet que d’autres, ce qui a enrichi différemment les débats en
fonction des hubs doit aussi être considérée comme une limite à cette étude.
3.6 Conception de la recherche et méthodologie
Notre travail a été réalisé suivant la méthodologie de qualitative et nous nous sommes
servis d’un ensemble de techniques d’investigation ordinaires. Les données ont collecté à
travers les groupes de travail du cash au niveau national et provincial. Des groupes de
discussions avec quelques informateurs clés ont organisés dans les hubs les plus
importants et avec les organisations ayant le plus grand volume d’opération de transfert
LA FAISABILITE DE TRANSFERTS MONETAIRES EN SITUATION D’URGENCE, UNE ETAPE CLE DE LA PROGRAMMATION EN TRANSFERTS MONETAIRES 7/20
monétaire en République Démocratique du Congo. Une revue de la littérature relative à la
faisabilité des transferts monétaires dans différents contextes de la RDC a été faite. Les
informations seront ventilées par type d’intervention, par secteur et par province. Nous
n’avons donc fait de collecte de données primaires. Certaines organisations ayant un
volume important d’activités de transfert monétaires seront approchées.
Les questions que nous nous sommes posées lors de cette recherche sont les suivantes :
Les acteurs humanitaires et de développement font-ils des études de faisabilité avant de
commencer les programmes de transferts monétaires ? Les outils utilisés pour faire cette
étude de faisabilité sont-ils harmonisés ? Y a-t-il une mutualisation des ressources pour
entreprendre de telles analyses ? Qui joue le leadership pour une harmonisation des
approches et une vulgarisation des résultats des études ?
4 Résultats de la recherche
4.1 Pourquoi une étude de faisabilité des transferts monétaires ?
L’étude de faisabilité procède par revue documentaire et discussion avec les informateurs
clés. Dans certains cas et quand le temps et les ressources le permettent, il est
nécessaire d’avoir des discussions avec un échantillon de ménages pour certains aspects
spécifiques notamment les informations relatives à la sécurité alimentaire, l’hygiène et
assainissement et la sécurité tels que perçus par les ménages L’analyse des marchés se
fait souvent à cette étape (micro-assessment) et permet d’avoir une meilleure
compréhension du système des marchés. Des questionnaires et guide de discussion sont
ainsi nécessaires pour conduire cet exercice de façon harmonieuse. L’étude de faisabilité
vise à s’assurer que les préconditions sont réunies pour effectuer une programmation en
transferts monétaires. Il est important de s’assurer que l’intervention permettra de
répondre à une privation, que des personnes vulnérables vont bénéficier de l’intervention
et acceptent les modalités et les mécanismes d’assistance qui leur sont proposés. De
plus, les données récoltées sur les marchées permettent de faire une analyse sur leur
performance, les rôles des acteurs du marché et la capacité du marché à répondre à la
demande générée par l’intervention en cash. L’analyse concerne aussi les capacités
opérationnelles des partenaires qui seront impliqués dans l’intervention. L’analyse de la
faisabilité doit permettre de répondre à des questions clés comme la fréquence à laquelle
on doit faire le transfert, les risques éventuels et les mesures de mitigations pour les
atténuer. L’analyse de la faisabilité doit permettre de répondre à des questions clés
comme la fréquence à laquelle le transfert doit être fait, les risques éventuels et les
mesures de mitigations pour les atténuer. Finalement, l’analyse de faisabilité doit aboutir à
une conclusion pour décider du mécanisme la plus efficace et la plus efficiente pour
atteindre le groupe de personne ciblée.
L’étude de faisabilité est un condensé de plusieurs évaluations conduites pour aider à la
formulation du programme. Elle permet d’évaluer les besoins et les préférences des
communautés, le fonctionnement des marchés, les acteurs en présence, les risques
potentiels. Dans le modèle du cycle de projet en 7 phases proposées par le CALP dans
l’outil de qualité du programme, l’analyse de la situation est la deuxième étape et l’analyse
de la réponse est la 3ème étape du cycle du projet. Vous trouverez plus de détail sur cet
outil du CALP en cliquant ici. Les études de faisabilités permettent ainsi de fédérer les
intervenants et les communautés autour d’un objectif commun à travers une implication
des communautés et la coordination avec les autres acteurs pour éviter une duplication de
rôle.
LA FAISABILITE DE TRANSFERTS MONETAIRES EN SITUATION D’URGENCE, UNE ETAPE CLE DE LA PROGRAMMATION EN TRANSFERTS MONETAIRES 8/20
Nos recherches nous ont permis de conclure qu’à part le HCR et le PAM et certaines
ONGs de l’est de la RDC, les intervenants en transferts monétaires accordent très peu ou
pas d’importance aux études de faisabilité. Beaucoup d’ONGs ont mis en œuvre des
projets utilisant la modalité transferts monétaires en se référant aux études conduites par
les deux agences dans des zones voisines.
L’analyse de la faisabilité part de la ségrégation des taches au sein de l’organisation. Bien
que l’exercice soit conduit par la section programme en charge des évaluations, chaque
section fonctionnelle y joue un rôle important. Des checklists spécifiques sont donc
nécessaires et une bonne répartition des taches devraient permettre à l’équipe de finaliser
l’exercice en pas plus de 7 jours. Il est possible, en fonction des ressources, de contracter
une structure ayant l’expertise requise pour conduire un tel exercice.
Le rapport de l’analyse de faisabilité doit être assez précis pour permettre aux décideurs
de :
• Comprendre le contexte de la zone d’intervention (vulnérabilité et autres aspects
socio-économiques, cadre légal, et sécurité)
• Cartographie des systèmes et performances des marchés
• Le fonctionnement des institutions de microfinances et de téléphones mobiles
• Les risques et les mesures de mitigations
• Le bien-fondé du choix du mécanisme d’intervention. Il est souvent développé un
arbre de décision à cet effet.
• Détermination de la valeur du transfert
• Choix de la modalité et du mécanisme du transfert : l’arbre de décision
Figure 1 : Aspects suivis lors de l’analyse de la faisabilité
4.2 Les marchés, socles de la programmation en transferts
monétaires ?
Les transferts monétaires sont des interventions essentiellement basées sur les marchés.
La compréhension du système des marchés permet d’éviter d’accentuer des effets
LA FAISABILITE DE TRANSFERTS MONETAIRES EN SITUATION D’URGENCE, UNE ETAPE CLE DE LA PROGRAMMATION EN TRANSFERTS MONETAIRES 9/20
pervers de l’intervention susceptibles de distordre voire d’avoir un impact négatif sur la vie
des communautés. Il est essentiel de maitriser la chaine d’approvisionnement des
principaux produits sur les marchés d’intérêts, les acteurs impliqués, la disponibilité des
produits et la fluctuation des prix en fonction de la saisonnalité et de l’environnement
socio-économique et politique régional. Les performances des marchés en lien avec
d’autres aspects opérationnels et sécuritaires conditionnement la taille de l’intervention, le
mécanisme de transfert et la fréquence des transferts. Dans certains contextes, les
acteurs sont amenés à agir sur les marchés pour atténuer de possibles distorsions et
éviter ainsi une détérioration des termes de l’échanges. La stimulation des marchés passe
par des interventions directes en fournissant aux bénéficiaires des moyens pour se
procurer des articles sur les marchés grâce à des coupons de valeur ou du cash ou à
travers une amélioration du système notamment de l’environnement du marché ou des
infrastructures et des services. Les interventions basées sur les marchés ont poussé les
acteurs à s’intéresser aux marchés lors des évaluations, y compris lors des évaluations
multisectorielles rapides.
Des questionnaires standards et/ou guide de discussion sont souvent mis à la disposition
des équipes d’évaluations pour s’assurer que les données collectées puissent fournir des
informations recherchées. L’analyse de la réponse comprend l’analyse des marchés,
l’analyse des vulnérabilités et privations, les acteurs en présence et les options de
réponse et mécanismes les plus efficaces et efficients pour faire le transfert aux
personnes ciblées. Un outil communément utilisé est l’arbre de décision qui oriente sur les
options de réponse suivant les informations collectées et le choix du mécanisme adéquat
et efficient et ayant des risques raisonnables. Les évaluations procèdent par 1) collecte de
données secondaires auprès d’informations clés ou lors des focus group ; ou par revue
documentaires ou par 2) collecte de données primaires au sein des ménages ou individus.
Les données collectées seront traitées puis analyses et les résultats vont orienter la prise
de décision.
Malheureusement, beaucoup d’acteurs conduisent des évaluations pour aboutir à des
résultats prédéfinis. Le rapport d’étude de la faisabilité est plus un outil pour convaincre les
bailleurs et autres parties prenantes que le cash est faisable et non un outil qui oriente une
prise de décision crédible.
4.3 L’analyse des risques
L’une des taches clés conduites pendant l’étude de la faisabilité des transferts monétaires
est l’analyse des risques. Il y a différente théorie quant à la définition, les enjeux et la
manière de gérer les risques. Suivant que nous soyons décideurs/bailleurs, médecin,
commerçants, banquiers, agriculteurs, chacun(e) définit le risque sa façon mais toutes les
définitions font appel à la notion de probabilité et d’enjeu ou opportunité. Le risque est
associé dans le langage vulgaire à un obstacle potentiel, à une contingence indésirée, à
un aléa, un fragilité/vulnérabilité. Aucune action n’est totalement exempte de risques. Il
faut donc mettre en place des procédures pour gérer les risques. La gestion des risques
se fait en 5 étapes et commence par la connaissance du risque, la hiérarchisation du
risque afin de le traiter en fonction de ce et de mettre en place des mesures de contrôle et
de suivi. Ensuite, il est fréquent de nommer un gestionnaire de risque pour capitaliser les
leçons tirées. La gestion de risques est un processus itératif qui se déroule tout au long du
cycle du projet. La matrice des risques est continuellement suivie au cours des différentes
phases du projet et les mesures adéquates sont prises et mises à jour au fur et à mesure
en fonction de la nécessité. Le but ultime de l’exercice est d’éviter de produire des effets
pervers non souhaités pour les communautés et les bénéficiaires.
LA FAISABILITE DE TRANSFERTS MONETAIRES EN SITUATION D’URGENCE, UNE ETAPE CLE DE LA PROGRAMMATION EN TRANSFERTS MONETAIRES 10/20
La matrice de gestion de risques la plus utilisée se présent comme un tableau 12 colonnes
qui catégorisent les types de risques ainsi que leur description, donne les causes et les
effets du risque, fait une estimation du risque et ressort les actions et mesures de
mitigation.
Conventionnellement, il y a 4 catégories de risques
• Risque stratégique : Comme son nom l’indique, ce type de risque est lié à
l’incapacité de l’organisation à innover, à mettre sur place des procédures, le
positionnement de l’organisation vis-à-vis des donateurs et par rapport aux autres
institutions et pays ; la capacité à comprendre le contexte des interventions.
• Risque financier : Risque lié aux prix et la gestion des actifs et autres ressources.
• Risque opérationnel : Le risque programmatique est celui directement associé à
l’intervention.
• Risque judiciaire : risque de voir un intermédiaire ou un fidéicommissaire ne pas
protéger de façon optimale les intérêts d'un bénéficiaire.
Pour mettre en œuvre une programmation en transferts monétaires exempte de risques
associés, il est important de conduire une évaluation de risques sérieuse à tous les
niveaux afin de déterminer les maillons de la chaine et les sections les plus à risques.
Il faudra cependant convenir que la plupart des craintes et hésitations à faire des
transferts monétaires à l’échelle relève plus du mythe que de la réalité. La FAO et
l’UNICEF ont développé la planche ci-dessous qui ressort les mythes et les réalités sur les
risques associés aux transferts monétaires.
Figure 2 : Risques associés aux transferts monétaires, mythes et réalités
LA FAISABILITE DE TRANSFERTS MONETAIRES EN SITUATION D’URGENCE, UNE ETAPE CLE DE LA PROGRAMMATION EN TRANSFERTS MONETAIRES 11/20
4.4 Calcul de la valeur du transfert
La gamme des informations collectées pendant l’étude de faisabilité permet de déterminer
en autres la valeur à transférer et la fréquence du transfert. Différents outils sont
disponibles mais de plus en plus, les organisations optent pour le MEB, le panier de
dépenses minimum, plus approprié pour les transferts à usage multiple. Le PAM définit le
MEB « comme ce dont un ménage a besoin pour satisfaire ses besoins de base, sur une
base régulière ou saisonnière, et son coût moyen. Ce seuil monétaire est appelé seuil de
pauvreté. Les ménages dont les dépenses sont inférieures au seuil de pauvreté sont
définis comme pauvres. L'approche des coûts des besoins de base, ou la création d'un
MEB, est relativement nouvelle dans les contextes humanitaires ; cependant, c'est depuis
longtemps le moyen le plus courant de construire des seuils de pauvreté nationaux. Il
existe donc souvent une expérience nationale sur laquelle s'appuyer ». En RDC, cette
expérience est en construction : le CWG de la RDC est en train d’élaborer son MEB et les
consultations sont en cours pour sortir un MEB consensuel d’ici mi-2020. En attendant,
certains clusters à l’instar du cluster sécurité alimentaire ont développé des MEB qui sont
utilisés par certaines organisations membres du cluster.
NRC a répertorié les différentes méthodes utilisées jusqu’à là pour déterminer la valeur du
transfert. Nous reprenons leur tableau ci-dessous :
Tableau 1 : Analyse comparative des méthodes utilisées pour déterminer le montant
des transferts monétaires dans des environnements opérationnels humanitaires
Approche/Méthode Facteurs clés pris en compte Exemples
d'utilisation
contextuelle
1 Approche globale • Fournit des informations sur le • Contextes marqués
d'économie des revenu des ménages : revenu, par des situations à
ménages (HEA) épargne, avoirs, modes de évolution lente ou
consommation alimentaire et non des situations
alimentaire, accès, pauvreté et prolongées où les
richesse. problèmes d'accès
• Permet d'adapter le montant de sont inexistants ou
l’assistance monétaire en fonction limités.
des ménages individuels ou des
groupes de ménages ayant une
économie similaire.
2 Analyse des déficits • Fournit une vue d’ensemble des • Nord de la Syrie
suivant l'approche déficits en termes de besoins.
HEA suivie de • Évaluation rapide du marché
l’analyse de marché
examinant les prix des articles clés
(pas une HEA
globale) et la dynamique du marché.
3 Contenu de la ration • Prend le prix d'un aliment standard • Catastrophes
converti en valeur sur le marché local. naturelles
(en utilisant 2 100 à • Utilise NutVal pour garantir la prise • Réfugiés et déplacés
2 400 kcal par
en compte de la valeur des macros internes
personne)
et des micronutriments. • Le Nigeria a ajouté
LA FAISABILITE DE TRANSFERTS MONETAIRES EN SITUATION D’URGENCE, UNE ETAPE CLE DE LA PROGRAMMATION EN TRANSFERTS MONETAIRES 12/20
une majoration de 15
%
4 Taux forfaitaire • Suggère un montant en dollars • Non divulgué pour
initial compris entre 50 et 200 dollars en protéger la
fonction de l'ampleur des besoins, confidentialité des
des entretiens avec les opérateurs, personnes
des taux de rémunération. interrogées
• Tient également compte de
l’appétence des donateurs, du
nombre de versements, du type de
crise, du volume de travail, des
salaires mensuels, et des filets
sociaux de sécurité.
5 Panier de dépenses • Données sur les dépenses • Somalie
minimum minimales des ménages pour la • Liban
(MEB)/panier de couverture régulière ou saisonnière
dépenses • Jordanie
des besoins de base.
spécifique (montant • Népal
moyen) • Les paniers de dépenses
minimums représentent les besoins • Yémen
des ménages et non le montant
des transferts monétaires. Un
pourcentage de sécurité est
souvent ajouté au montant du
panier de dépenses minimum.
• L’utilisation de montants moyens
est courante parmi les acteurs.
• Les interventions spécifiques aux
secteurs alimentaire et non
alimentaire peuvent utiliser
uniquement la partie pertinente du
panier de dépenses minimum pour
définir le montant des transferts
monétaires.
6 Montant moyen du • Collecte de données sur les prix et • Nord de la Syrie
panier de dépenses la disponibilité d'une sélection de • Irak
minimum de survie produits alimentaires et non
(SMEB) • Liban
alimentaires essentiels.
• Articles essentiels sélectionnés en
fonction de ce qui est généralement
disponible, vendu et utilisé par un
ménage syrien moyen.
• L’accord sur ce qui est considéré
LA FAISABILITE DE TRANSFERTS MONETAIRES EN SITUATION D’URGENCE, UNE ETAPE CLE DE LA PROGRAMMATION EN TRANSFERTS MONETAIRES 13/20
comme « essentiel » dépend du
contexte, par ex., loyer, santé et
remboursement de dettes.
7 Valeur idéale de • Identification sectorielle individuelle • Syrie régionale
paquet ou de panier des articles pertinents pour (agriculture turque)
ou approche répondre aux besoins sectoriels. • Protection et
sectorielle suivie
• L’accent est souvent mis sur les résilience des
d'une analyse de
marché apports contribuant aux moyens de réfugiés/déplacés
subsistance ou au logement (par internes
exemple, des articles agricoles ou • Liban
du matériel de construction d’abris
• Népal
basés sur un devis quantitatif) et
non sur des produits
alimentaires/non alimentaires de
base.
• Identification d'un paquet idéal en
fonction des prix locaux.
8 Disponibilité du • Les interventions sont déterminées • Syrie régionale
budget en fonction de l'approvisionnement (Turquie)
(le financement) et non en fonction • Contexte non défini
des besoins. (raisons de
• Le ciblage à base communautaire confidentialité/sécurit
est le plus efficace (lorsque l’accès é)
est extrêmement limité). • Crises prolongées
• Relèvement
9 Montant du filet • Montant de l’assistance monétaire • Yémen
social de sécurité défini en fonction du montant • Nigeria
du gouvernement donné par le gouvernement au titre
• Populations réfugiées
des paiements pour les filets
sociaux de sécurité.
10 Taux fixe imposé • Taux fixe défini par le • Népal
par le gouvernement pour les • Nigeria (pour certains
gouvernement interventions humanitaires en groupes cibles)
transferts monétaires.
• Philippines
• Ne permet pas nécessairement
• Niger
d'atteindre les objectifs des
interventions • Haïti
Source: NRC, Determining the Value of Cash Grants in Remote Access Areas
LA FAISABILITE DE TRANSFERTS MONETAIRES EN SITUATION D’URGENCE, UNE ETAPE CLE DE LA PROGRAMMATION EN TRANSFERTS MONETAIRES 14/20
4.5 Choix de la modalité et mécanisme de décaissement
Les résultats des analyses faites à partir des informations collectées lors de l’étude de la
faisabilité détermine la modalité et le mécanisme de transfert. Ce choix repose sur les
quatre E, préconditions pour faire des transferts monétaires :
1. Economie : il s’agit de s’interroger sur l’accessibilité et la disponibilité des produits
d’intérêt sur les marchés. L’existence de marché physique ne garantit pas
forcement une circulation des biens et services et une capacité des marchés à
répondre à une demande accrue que pourrait générer le PTM. La saisonnalité
pourrait aussi influencer sur les prix et générer une inflation à certaines périodes de
l’année.
2. Efficacité : la programmation en transferts monétaires pourra-t-il permettre
d’atteindre les objectifs du programme ? les ressources disponibles permettront-
elles de générer les performances attendues ?
3. Efficience : Quel est le mécanisme de livraison le plus approprié ?
4. Equité : quelle est la préférence des bénéficiaires ? quelle est la modalité et le
mécanisme d’assistance susceptible de ne pas créer des incidents de protection
pour les bénéficiaires (Do no harm) ? Quels pourraient être l’impact des PTM sur
les marchés ?
Figure 3 : Evaluation des mécanismes de transferts
Evaluation des mecanismes de transfert
Décision sur le mecanisme de transfert
Ponderation Assistance en Coupon Coupon Compte Cash
Cash direct
(1 à 3) nature papier electronique bancaire electronique
Marché: Accès & Disponibilté 3 3 2 2 3 3 3
Economie
Circulation des biens & services 2 2 2 2 2 3 5
Comparaison de coûts 2 3 3 2 3 2 3
Efficience
Delai de mise en œuvre 1 2 4 2 2 3 3
Adéquation aux objectifs 3 2 2 2 4 3 3
Efficacité Capacité organisationnelle 2 2 4 3 2 4 3
Financement et appropriation 2 2 2 3 3 3 2
Preferences des bénéficiaires 2 2 2 2 2 3 3
Equité
Protection- Do no harm 3 2 4 3 3 4 3
Impact sur le marché local 3 2 2 3 2 3 2
51 60 56 62 72 68
Pour obtenir l’arbre de décision ci-dessous, il faudra dans un premier temps attribuer une
pondération allant de 1à 3 à tous les paramètres liés aux 4 quatre dimensions,
préconditions des transferts monétaires, 3 étant la pondération la plus élevée. Il faudra
ensuite pondérer chaque mécanisme de transfert en lien avec ses paramètres suivant un
score allant de 1à 5, où 5 est le score le plus élevé. L’arbre de décision ci-dessous est
automatiquement généré.
Figure 4 : Arbre de décision, choix du mécanisme de transfert
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4.6 Particularité entre les transferts monétaires humanitaire et les
transferts sociaux
Les transferts monétaires en situation d’urgence sont faits par les organisations
humanitaires pour permettre aux personnes affectées par les crises de subvenir à leurs
besoins de base et reconstruire leurs moyens de subsistances. Ils sont souvent mis en
œuvre par les organisations humanitaires avec des fournisseurs de services financiers
sans ou avec une implication souvent limitée des services de l’état hôte.
A la différence, les transferts sociaux reposent plus sur les services et les systèmes mis
en place par le gouvernemental du pays hôte pour gérer le risque social. Les transferts
sociaux sont compris comme des mécanismes de prévention pour éviter la matérialisation
du risque, pour réduire l’impact du choc sur les communautés affectées ou susceptibles
d’être affectées. La gestion du risque social, dans un système de protection social vient
compléter l’aide sociale, plus assimilable à l’humanitaire car composé de l’ensemble des
dispositifs légaux et règlementaires pour assister les personnes nécessiteuses.
Humanitaires et services sociaux gagneront à utiliser un même registre pour augmenter
l’impact des transferts sociaux dans des communautés ciblées et pour rendre
interventions plus compréhensibles pour les communautés bénéficiaires et plus
efficientes. Agir de cette façon sera, pour les humanitaires s’aligner sur les priorités du
gouvernement et mutualiser les ressources. En effet, la gratuité des soins primaires, de
l’éducation pour ne citer que ces deux aspects tombent sous l’exemption des frais de
santé et de scolarisation et les autres distributions de nourriture et d’autres kits et les
programmes à haute intensité de la main d’œuvre pour la création ou la réhabilitation
d’infrastructures ou d’actifs productifs sont autant de filets sociaux qui peuvent être
capitalisés par les services sociaux du gouvernement.
Les études de faisabilité de transferts monétaires d’urgence devraient dans ce cas se
poser la question de savoir en quoi le cash humanitaire peut être complémentaire aux
filets sociaux existants et comment le gouvernement peut à terme s’approprier le
programme et le rendre régulier ou le fondre dans les programmes de filets sociaux
existants ou à venir. En RDC, cette question tombe sous le sens par manque d’un registre
social universel.
4.7 Exemple d’un outil d’étude de faisabilité
Plusieurs outils existent actuellement et peuvent être utilisés en fonction du besoin et du
contexte. USAID a financé IRC pour développer un outil appelé « Safer Cash Toolkit ». Le
Safer Cash Toolkit, est conçu pour capturer la quantité minimale d'informations liées à la
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protection dans les situations d'urgence pour garantir que les organisations peuvent
prendre des décisions éclairées sur la façon de concevoir, mettre en œuvre et ajuster les
programmes CVA sur le terrain pour prévenir et minimiser nuire. Le Safer Cash Toolkit est
un ensemble de trois outils et des conseils supplémentaires pour :
1) Sensibiliser et comprendre les risques potentiels de protection et les personnes les plus
touchées par ces risques grâce à une formation du personnel ;
2) S'assurer que les programmes monétaires collectent et utilisent systématiquement des
données basées sur les risques potentiels pour la population cible pour éclairer la
conception du programme ;
3) Surveillez les risques et, si possible, effectuez des ajustements dans le cycle de
programme en cours ou apprenez pour le cycle de programme suivant.
« La boîte à outils est divisée en 3 ensembles d'outils et accompagne la note d'orientation.
Elle est conçue pour garantir que la quantité minimale d'informations est collectée, au
niveau de la mise en œuvre, analysée et utilisée pour éclairer la prise de décision afin de
garantir que l'argent est utilisé en toute sécurité. Cela ne doit pas être considéré comme
un ensemble autonome d'outils, plutôt comme une banque de questions à inclure dans les
outils existants et avec des conseils associés pour analyser les données collectées. La
table des matières ci-dessous renvoie aux différents outils, ils sont répartis en 3
catégories, (1) Évaluation / Vérification, (2) Analyse des risques, (3) Suivi. Les outils 1 et 3
sont des banques de questions à utiliser dans les outils existants et l'outil 2 peut être
utilisé tel quel ou incorporé dans les outils existants. De plus, un ensemble d'exemples
d'analyse est fourni pour guider les équipes de mise en œuvre lorsqu'il n'existe aucun
format ou modèle préexistant pour le faire. "
Figure 5 : Mercy Corps propose un arbre de décision
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Il existe différents arbres de décision développés par les humanitaires pour aider à une
bonne prise de décision. Mais tous ont la limite de ne pas pouvoir expliquer pourquoi oui
ou non.
Le CICR/ IFRC dispose d’un site où on peut trouver des outils pour les transferts
monétaires y compris les études de faisabilité préliminaires. N’étant pas membre de la
coordination humanitaire en RDC par son mandat, les outils du CICR ne sont donc pas
directement disponibles pour les membres du CWGn. La Boîte à outils pour les transferts
monétaires du CICR peut être trouvée ici.
4.8 Proposition d’outils pour les études de faisabilité
Nous proposons l’outil en attachement pour les études de faisabilité. Cet outil est destiné
aux organisations ayant l'intention de conduire des études de faisabilité pour mettre en
œuvre des programmes de transferts monétaires dans des situations d'urgence. L'outil est
composé de quatre feuilles.
1. Questionnaire d’étude de faisabilité : la feuille questionnaire étude contient des
questionnaires basiques utiles lors d'une étude de faisabilité. Le questionnaire est
plutôt un guide de discussion permettant de collecter des informations clés sur les
préconditions nécessaires à la mise en place de transferts monétaires. Vous
remplirez autant de guide de discussion suivant l'échantillon que vous aurez défini.
Mais de façon générale, le nombre de guide de décision rempli correspond plus ou
moins au nombre de marchés physiques, au nombre de point de décaissement
potentiel, à la particularité entre les différentes zones. Vous remplirez autant
d'informations qu'il y a de différence entre les zones.
2. Arbre de décision : La feuille arbre de décision se remplit de retour de terrain, une
fois que les informations utiles ont été récoltées sur le terrain. Vous attribuerez une
pondération allant de 1à 3 à tous les paramètres liés aux 4 quatre dimensions,
préconditions des transferts monétaires, 3 étant la pondération la plus élevée. Il
faudra ensuite pondérer chaque mécanisme de transfert en lien avec ses
paramètres suivant un score allant de 1à 5, où 5 est le score le plus élevé.
3. Couts par mécanisme : Vous utiliserez des informations programmatiques pour
remplir la feuille "Couts par mécanisme". Cette feuille se rempli d'autant mieux que
vous aurez des informations opérationnelles complètes sur la chaine
d'approvisionnement, le cout liés aux contrats avec les partenaires de mise en
œuvre, les fournisseurs de services financiers ou téléphoniques et les couts de
gestion administratifs pertinents spécifiquement liés au mécanisme.
4. Matrice de risques : le remplissage peut commencer par la description du risque
(Colonne D) et les causes et effets du risque (colonne E) qui vous orienteront plus
aisément sur le choix de la catégorie du risque (colonne B) et le type de risque
(colonne C). Pour estimer le risque, choisissez les valeurs pour la probabilité
(colonne F) et l'impact (colonne G) entre 1 et 5 ; 5 étant le score le plus élevé. La
sévérité du risque se calcule automatiquement. Veuillez proposer des délais
réalistes pour la mise en œuvre des mesures de mitigation (colonne J). Il faut noter
que le remplissage de la matrice de risques est un exercice qui implique toutes les
sections et unités fonctionnelles.
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Outil Etude de
faisabilité TM
5 Conclusion et recommandations (ou message principal)
Il existe différente pratique en termes d’études de faisabilité des programmes de transferts
monétaires en RDC. Le niveau et la qualité des documents trouvés varient d’une
organisation à une autre, les organisations nationales étant à la traine. On note aussi un
manque d’harmonisation des outils et des pratiques dans les différents hubs humanitaires.
Les organisations opérant dans les deux Kivu semblent avoir une meilleure connaissance
des interventions basées sur le marché de façon générale et de l’étude de faisabilité des
transferts monétaires en particulier.
La faiblesse constatée relève certainement du fait que les transferts monétaires n’ont été
vraiment adoptées par les organisations en RDC que très récemment (2014-2016) et les
groupes de travail sur le cash n’ont été mis sur pied qu’en 2017. Très peu de personnes
ont été formés et il y a une certaine ignorance des prérequis et mécanismes de transferts
monétaires. De plus, la compétition pour les ressources fait que les organisations
partagent très peu entre elles les bonnes pratiques et technologies liées aux programmes
de transferts monétaires. Jusqu’en 2016, et même jusqu’en 2019, seules quelques rares
organisations ont du personnel dédié au programme de transferts monétaires. La plupart
des chargés de programmes de transferts monétaires dans différentes organisations n’ont
pas bénéficiés d’une formation formelle sur le sujet ou ont une pratique limitée de ce type
de programmes. Le faible nombre de documents et outils enregistrés lors de la recherche
est donc liée à une pratique très peu répandue des transferts monétaires. Par ailleurs, le
changement d’outil de détermination de la valeur du transfert et l’adoption des transferts
monétaires à usage multiple au détriment des transferts sectoriels ont embrouillé un tant
soit peu les praticiens des transferts monétaires. En effet, le panier des dépenses
minimum est en constitution et chaque organisation et parfois au sein d’une même
organisation, chaque secteur, utilise ce qu’il pense être le MEB (Panier de dépenses
minimum).
Toutefois, les agences des Nations Unies comme le PAM, le HCR ont de bonnes
pratiques au niveau mondial voir en République Démocratique du Congo. Aussi, nous
proposons alternativement l’arbre de décision proposée par le HCR afin pour décider si les
transferts monétaires sont faisables ou non. Je propose aussi un arbre de décision inspiré
de l’outil « Omega tool » du PAM pour analyser les quatre E (Economie, Efficacité,
Efficience, et Equité) qui doivent toujours être étudiés avant de décider de faire un
programme de transfert monétaire. Enfin, afin, sans prétention, je propose un
questionnaire sommaire d’étude de faisabilité et un format d’analyse de risques qui
pourraient servir dans lors des études de faisabilité de programme de transfert monétaire.
Afin de rendre ces outils accessibles à tous, je mets ces outils sous dans un même
classeur Excel à toutes fins utiles.
Au niveau global, le CALP a mis à la disposition des humanitaire plusieurs outils et
méthodes pour mettre en œuvre des transferts monétaires plus surs. Mais la plupart de
ces outils restent en Anglais et cela semble limiter leur utilisation par les humanitaires
francophones. Il existe cependant beaucoup de documents qui orientent sur la manière de
conduire une étude de marché, faire une analyse de besoin des ménages, une analyse
des risques etc. Il manque autant des outils prêts à l’utilisation mis à disposition de la
communauté humanitaire francophone. Un effort d’harmonisation des outils au niveau des
pays voir des régions permettre aux petites organisations de gagner en efficacité et à la
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communauté humanitaire toute entière d’être plus consistante et efficiente et redevable
vis-à-vis des vulnérables qu’elle assiste mais aussi des bailleurs qui donnent les
ressources et qui n’ont de cesse de demander une harmonisation des approches et une
mutualisation des ressources.
Il est aussi apparu lors de nos recherches qu’il existe une gamme de documents relatifs
au cash humanitaire mais très peu de documents et d’outils sur les transferts sociaux en
situation post-crise ou de développement. La mise en place du triple nexus Paix-
Humanitaire-Développement apparait comme une lueur qui permettra de lier l’urgence au
développement et consolider la paix qui est fragile dans la plupart des zones en RDC.
En définitive, la communauté humanitaire en RDC et partout ailleurs gagnera à continuer
les efforts de partage d’informations et d’évidences sur les programmations en transferts
monétaires qui contribuera à maintenir les organisations ayant des capacités limitées
comme la plupart des ONG nationales dans la cordée pour faire des transferts monétaires
qui ne nuisent pas aux communautés et aux bénéficiaires auxquels le programme est
destiné.
6 Annexes
6.1 Liste des acronymes
CALP: Cash Learning Partnership
CWGn: Cash Working Group national
CWGp: Cash Working Group provincial
HCR: High Commissioner for Refugees -Agence des Nations Unies pour les réfugiés
HEA: Household Economy Analysis
IRC: international rescue Committee
Kcal: kilo calorie
MAFA: Macro Financial Assessment
MEB : Minimum Expenditure Basket- Panier de Dépenses Minimum
MIFA: Micro Financial Assessment
NRC: Norwegian refugee Council
ONG : Organisation Non Gouvernementale
PAM : Programme Alimentaire Mondial
PBS : Personnes à Besoins Spécifiques
RDC : République Démocratique du Congo
UNICEF: United Nations Children's Fund
6.2 Sources et bibliographie
[Link]
working-group
[Link]
Response analysis and response choice in food security crises-a roadmap
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NutVal
CICR_Liste de CICR_Feuille de
route
controle de la faisabilité despour l'analyse
transferts des solutions d'interventions
monétaires