Comptabilité analytique
Chapitre: Le traitement des charges directes
L’incorporation des frais aux coûts ne se fait pas de la même façon. En effet, on distingue
deux catégories de charges : directes et indirectes. Cette distinction est fondamentale dans la
mesure où elle commande les modalités du traitement des coûts. Nous traiterons dans ce qui
suit deux catégories de charges directes : les matières et la main d’œuvre directe.
Section 1 : Les matières : suivi en quantité et en valeur
La détermination du prix de revient commence par la mesure des charges de matières,
c.-à-d. la valeur des biens achetés par l’entreprise à l’extérieur, stockés par elle en vue de la
fabrication ou de la vente.
L’évaluation des stocks
Les marchandises ou matières achetées au cours d’une période ne sont pas forcément
toutes immédiatement vendues ou utilisées. Par ailleurs, lorsque la vente est précédée d’une
transformation, les produits obtenus ne vont pas directement à la vente, du moins pendant la
période où ils ont été transformés. Que l’activité soit industrielle ou commerciale, l’opération
de stockage est souvent nécessaire, même pour les entreprises qui travaillent sur commande.
Dans ces conditions, il importe de suivre, en quantité et en valeur, les entrées et les sorties des
différents éléments qui constituent les stocks de l’entreprise, tout au long de son exploitation,
et d’évaluer les existants en fin de période.
Schéma de la hiérarchie des coûts
A Pr Di
pp od str
ro Coût Stock de uc coût de Stock de ib coût
Matières vi d’achat matières ti production produits ut de revient
si on io
on n
ne
m
Pour déterminer le coût de production d’un produit, il est nécessaire de connaître le
coût des matières consommées, ce qui implique la connaissance :
- des mouvements (entrée, sorties) de stock en quantités ;
- des valeurs des entrées et des sorties de stock.
1-1) Stocks : définition et classification
1-1-1) Définition :
Les stocks sont constitués par l’ensemble des biens qui interviennent dans le cycle
d’exploitation de l’entreprise pour être :
soit vendus en l’état ou au terme d’un processus de production à venir ou en
cours ;
soit consommés au premier usage.
1-1-2) Classification :
On peut distinguer deux catégories : les produits fabriqués et les produits achetés.
Produits achetés :
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- Les marchandises : représentent tous les biens que l’entreprise achète pour les
revendre en l’état, sans transformation ni intégration à d’autres biens produits.
- Les matières premières : sont des objets, matières ou fournitures acquis par
l’entreprise et destinés à être incorporés aux produits fabriqués ou traités.
- Les matières et fournitures consommables : sont constituées par tous les biens,
matières ou fournitures acquis par l’entreprise, qui concourent par leur consommation
au premier usage ou rapidement d’une manière indirecte à la fabrication, au traitement
ou à l’exploitation sans entrer dans la composition des produits fabriqués.
- Les emballages : sont les produits ou marchandises livrés à la clientèle en même temps
que leur contenu. Ils englobent tous les objets employés dans le conditionnement de ce
qui est livré aux clients.
Produits fabriqués :
- Produits finis : produits fabriqués et prêt à être vendus.
- Produits semi-œuvrés : produits intermédiaires qui ont atteint un stade déterminé de
fabrication et qui sont disponibles pour des transformations ultérieures. On les appelle
aussi produits semi-finis, car ils peuvent aussi faire l’objet de vente en l’état à des
clients les incorporant dans leur production.
- Produits ou travaux en cours : produits ou travaux en voie de formation ou de
transformation et qui ne sont pas en magasin. Ces produits se trouvent en général sur
les lieux de fabrication.
- Déchets et rebus : résidus ou rebuts de toute nature, non utilisables dans le processus
de fabrication. Ils peuvent être stockés en attente de la vente ou être recyclés par
l’entreprise, comme ils peuvent l’être en attente de leur évacuation lorsqu’ils sont sans
valeur.
- Les pièces de rechange et petit matériel et outillage : ils sont généralement classés en
immobilisations. Cependant, quand ils sont de faible valeur ils peuvent être stockés.
1-2) Suivi en quantité : Inventaire des stocks
Dans tous les cas la gestion des stocks ne dispense pas d’en faire l’inventaire au moins
une fois par an. L’inventaire physique avant l’arrêté des résultats annuels étant une obligation
légale.
L’évaluation des consommations constitue un élément majeur de l’évaluation des
coûts. La mesure du niveau de consommation passe inévitablement par l’inventaire des stocks
et par l’évaluation du coût des entrées en stock.
Consommation = stock initial + coûts des entrées en stocks - stock final
Deux modalités d’inventaires des stocks sont envisageables :
L’inventaire intermittent : qui est un comptage physique des stocks, intervenant une ou
plusieurs fois au cours d’un exercice. Cette méthode est celle retenue par la comptabilité
générale et par l’Administration fiscale. Cette méthode a l’avantage de la précision et présente
l’inconvénient d’un suivi médiocre des stocks.
L’inventaire permanent : ou inventaire comptable qui correspond à un suivi constant des
stocks grâce à la mise en place de procédures d’enregistrement des entrées et des sorties de
stocks afin de connaître à tout moment le niveau de l’existant.
Pour chaque matière ou produit stockés, on tient une fiche sur laquelle on porte au fur
et à mesure les entrées et les sorties en précisant leur destination pour savoir quel coût est
concerné.
Cette valorisation présente l’avantage d’un suivi permanent de l’existant, elle a
l’inconvénient de l’approximation, en effet, les omissions, les destructions ou vols ne pourront
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Comptabilité analytique
être suivis. Il faudra donc, en fin de période corriger les résultats des différences d’inventaires
constatées entre inventaire permanent et inventaire intermittent le seul suffisamment précis.
La CG peut se satisfaire de l’inventaire physique, qui a lieu en une fois le dernier jour
de la période et au moins une fois par an à la date d’arrêté du bilan. En CA, la tenue de
l’inventaire permanent est essentielle pour déterminer le coût des matières constituant un des
éléments essentiels du coût des produits ou des commandes.
L’inventaire permanent des stocks ne peut être efficace que grâce à une procédure
administrative extrêmement rigoureuse. Cette tâche aujourd’hui est largement facilitée par
l’utilisation de micro-ordinateurs et de tableurs. L’obligation de documents écrits est une
condition sine qua non de minimisation des risques d’erreurs. Parmi ces documents trois
méritent d’être cités : les bons de réception, les bons de sorties et les feuilles de stocks.
1-3) Suivi en valeur
La valorisation monétaire des stocks et donc, des consommations, pose des problèmes
délicats liés à la valorisation des entrées en stocks d’une part, et des sorties de stocks d’autre
part.
1-3-1) Valorisation des quantités entrées en stocks
Deux cas sont à considérer.
a) Produits achetés : la valorisation des quantités entrées en stocks se fait au coût d’achat.
Coût d’achat = prix d’achat + charges directes + charges indirectes d’approvisionnement
b) Produits fabriqués : la valorisation des quantités entrées en stocks se fait au coût de
production
Coût de production = coût d’achat des matières et fournitures consommées
+ charges directes + charges indirectes de production
Remarque : on reviendra dans un chapitre ultérieur sur l’application de ces formules.
1-3-2) Valorisation des quantités sorties de stocks
Les sorties de stocks devraient normalement être évaluées au même prix que celui qui
leur a été appliqué à l’entrée.
Le problème est facile à résoudre si chaque entée est individualisée dans le stock.
Mais, le plus souvent lorsqu’il s’agit d’une même matière première le stock est constitué par
les entrées faites à des prix différents, sans qu’il soit possible d’individualiser les lots entrés.
Pour évaluer les sorties, différentes méthodes sont alors envisagées.
A) Méthode du coût moyen
a) Méthode du coût moyen unitaire pondéré (CMUP)
Le coût unitaire de sorties de stocks à la date de l’inventaire est égal à la moyenne des
derniers coûts d’entrée observés sur la durée d’écoulement du dit stock. Cette moyenne des
derniers coûts est pondérée par les quantités entrées.
La formule générale donnant le CMUP est :
Stock initial en valeur + entrées en stocks en valeurs
CMUP =
Stock initial en quantités + entrées en quantités
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n
Pi Qi
i=1
=
n
Qi
i=1
Avec: - q1, q2, ....... qn désignent les quantités entrées en stock
- p1, p2, …..pn désignent les prix unitaires correspondant
Le CMUP est calculé une fois en fin de période.
Exemple :
La société commerciale « LATIFI » a réalisé les opérations suivantes au cours du mois de
juin. Etablir la fiche de stocks.
1- 6 : stock : 3000 articles à 105 dh l’un.
4 – 6 : bon de sortie n° 14 : 1700 articles.
12- 6 : bon d’entrée n° 3 : 5000 articles à 108 dh l’un.
17 – 6 : bon de sortie n° 15 : 2000 articles.
20 – 6 : bon de sortie n° 16 : 1500 articles.
26 – 6 : bon d’entrée n° 4 : 3000 articles à 112 dh l’un.
Fiche de stock selon la méthode du CMUP en fin de période
Date Numéros Entrées Sorties Stock
bons Quantit Prix Montant Quantité Prix Montan Quantité Prix Montant
é unitaire unitaire t unitaire
1 - 6 Stock 3000 105 315000 3000 105 315000
initial
4 - 6 BS n° 14 1700 108,27 184059 1300
12 - 6 BE n° 3 5000 108 540000 6300
17- 6 BS n° 15 2000 108,27 216540 4300
20 - 6 BS n° 16 1500 108,27 162405 2800
26 - 6 BE n° 4 3000 112 336000 5800
Total 11000 108,27 1191000 5200 108,27 563004 5800 108,27 627996
(a)
(a) = 119100 - 563004 puisqu’on a retenu 2 chiffres après la virgule.
SF = SI + entrées - consommations.
Exemple n° 2 :
Entreprise MEUBLCO vous présente les données pour l’évaluation des mouvements de stock
de tubes dont voici les détails pour le mois de juin :
Stock initial : 6500m à 3,2dh le m.
3/6 : bon de réception n°3 : 70000m au prix d’achat de 3,00dh.
4/6 : bon de sortie n°10: 50000m.
10/6 : bon de réception n°4 : 40000m au prix d’achat de 3,10dh.
12/6 : bon de sortie n°11 : 65000m.
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20/6 : bon de réception n°5 : 50000m au prix d’achat de 3,24dh.
22/6 : bon de sortie n°12 : 44000m.
TAF : pour établir les fiches de stocks selon les différentes possibilités d’évaluation, tenez
compte de frais d’achat de 0,25dh par mètre de tube.
N.B : Arrondir à 3 décimales pour le calcul des moyennes.
Solution :
Evaluation des sorties au coût moyen unitaire pondéré en fin de période
Date Elément Q Pu M Date Elément Q Pu M
1/6 SI 6500 3,2 20800 4/6 S10 50000 3,344 167200
3/6 Entrée 3 70000 3,25* 227500 12/6 S11 65000 3,344 217360
10/6 E4 40000 3,35* 134000 22/6 S12 44000 3,344 147136
20/6 E5 50000 3,49* 174500
30/6 SF 7500 25104
TOTAL 166500 3,344 556800 TOTAL 166500 3,344 556800
* : N.B Cout d’entrées = px d’achat + frais sur achat (0,25)
b) Méthode du coût moyen pondéré après chaque entrée
Appelée aussi méthode du coût moyen pondéré immédiat. Dans ce cas on calcul le
CMP après chaque entrée en stock. Entre deux entrées, toutes les sorties sont évaluées au
dernier coût moyen pondéré.
Le calcul est opéré à chaque nouvelle entrée, le coût unitaire ainsi déterminé étant
utilisé pour valoriser les sorties jusqu’à l’entrée suivante.
Le coût unitaire d’entrée du stock final à l’inventaire est ainsi celui obtenu après la
dernière entrée.
Stock précédent en valeur + entrée en stocks en valeur
CMUP =
Stock précédent en quantité + entrée en quantité
Application : exemple de l’entreprise « LATIFI ».
Date Numéros Entrées Sorties Stock
bons Quantité Prix Montant Quantité Prix Montant Quantité Prix Montant
unitaire unitaire unitaire
1-6 Stock 3000 105 315000 3000 105 315000
initial
4-6 BS n°14 1700 105 178500 1300 105 136500
12 -6 BE n° 3 5000 108 540000 6300 107,3809 676500
17- 6 BS n°15 2000 107,3809 214761,80 4300 107,3809 461738,20
(a)
20 - 6 BS n°16 1500 107,38,09 161071,35 2800 107,3809 300666,85
(b)
26 - 6 BE n° 4 3000 112 336000 5800 109,7701 636666,85
Total 11000 1191000 5200 554333,15 5800 109,7701 636666,85
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Comptabilité analytique
(a) : 676500 – 214761,80
(b) : 461738,2 – 161071,35
Application à MEUBLCO Evaluation des sorties au coût moyen unitaire pondéré après
chaque entrée
Date Elément E S SF
Q Pu M Q Pu M Q Pu M
1/6 SI 6500 3,2 20800 6500 3,2 20800
3/6 Entrée 3 70000 3,25* 227500 76500 3,246 248300
4/6 S10 50000 3,246 162300 26500 8600 0
10/6 E4 40000 3,35 134000 66500 3,308 220000
12/6 S11 65000 3,308 215020 1500 4980
20/6 E5 50000 3,49 174500 51500 3,485 179480
22/6 S12 44000 3,485 153340 7500 26140
Total 166500 556800 159000 530660 7500 3,485 26140
Calcul du CMUP :
stock précédent en valeur +nouvelle entrée en valeur 20800+227500 248300
3/6 : = = =
Stock précédent en quantité + nouvelle entrée enQté 6500+70000 76500
3,246
86000+134000
10/6 : = 3,308
26500+ 40000
179480
20/6 : =3,485
51500
c) Méthodes de l’épuisement de lots
Ces méthodes consistent à retenir comme coût de sortie les coûts exacts d’entrée pris dans un
certain ordre et non pas une moyenne. Cet ordre est comptable.
On distingue les méthodes suivantes :
- Méthode du premier entré- premier sorti (PEPS ou FIFO en anglais first in-first out)
Les sorties sont considérées comme s’effectuant dans l’ordre des entrées. Les sorties de stock
sont ainsi valorisées aux coûts les plus anciens. Le premier article sorti est le premier entré.
Dès lors, le stock final est évalué aux coûts d’entrée les plus récents.
Les sorties sont faites en tenant compte des coûts d’achat des premières entrées.
Lorsqu’un lot est épuisé, les sorties se feront à partir du lot suivant.
Application : entreprise LATIFI
Date Numéros Entrées Sorties Stock
bons Quantité Prix Montant Quantité Prix Montant Quantité Prix Montant
unitaire unitaire unitaire
1-6 Stock 3000 105 315000 3000 105 315000
initial
4- 6 BS n° 14 1700 105 178500 1300 105 136500
12 - 6 BE n° 3 5000 108 540000 1300 105 136500
6
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5000 108 540000
17- 6 BS n° 15 1300 105 136500
700 108 75600 4300 108 464400
20 - 6 BS n° 16 1500 108 162000 2800 108 302400
26 – 6 BE n° 4 3000 112 336000 2800 108 302400
3000 112 336000
28 2800 108
600 112 2400
Total 11000 108,27 1191000 5200 552600 5800 638400
Application à MEUBLCO : Le compte de stock en évaluant les sorties suivant la méthode
du PEPS.
Date Elément E S SF
Q Pu M Q Pu M Q Pu M
1/6 SI L1 : 6500 3,2 20800 L1 : 6500 3,2 20800
3/6 Entrée 3 L2 : 70000 3,25* 227500 L1 : 6500 3,2 20800
L2 : 70000 3,25 227500
4/6 S10 L1 : 6500 3,2 20800 L1 épuisé
L2 :43500 3,25 141375 L2 : 26500 3,25 86125
10/6 E4 L3 : 40000 3,35 134000 L2 : 26500 3,25 86125
L3 : 40000 3,35 134000
12/6 S11 L2 : 26500 3,25 86125 L2 épuisé
L3 : 38500 3,35 128975 L3 : 1500 3,35 5025
20/6 E5 L4 : 50000 3,49 174500 L3 : 1500 3,35 5025
L4 : 50000 3,49 174500
22/6 S12 L3 : 1500 3,35 5025 L3 épuisé
L4 : 42500 3,49 148325 L4 : 7500 3,49 26175
Total 166500 556800 159000 530625 L4 : 7500 3,49 26175
- Méthode du dernier entré- premier sorti (DEPS ou LIFO last in first out en anglais)
Cette méthode applique l’hypothèse inverse de la méthode FIFO. Les sorties se feront
d’après les entrées les plus récentes. Le cas de matières stockées en tas dans un dépôt. Par
conséquent, le stock final restant sera évalué automatiquement sur la base du coût d’entrée des
marchandises les plus anciennes.
Application : entreprise LATIFI
Date Numéros Entrées Sorties Stock
bons Quantité Prix Montant Quantité Prix Montant Quantité Prix Montant
unitaire unitaire unitaire
1-6 Stock 3000 105 315000 3000 105 315000
initial
4- 6 BS n° 14 1700 105 178500 1300 105 136500
12 - 6 BE n° 3 5000 108 540000 1300 105 136500
5000 108 540000
17- 6 BS n° 15 2000 108 216000 1300 105 136500
3000 108 324000
20 - 6 BS n° 16 1500 108 162000 1300 105 136500
1500 108 162000
26 - 6 BE n° 4 3000 112 336000 1300 105 136500
1500 108 162000
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Comptabilité analytique
3000 112 336000
Total 11000 1191000 5200 556500 5800 634500
Application à MEUBLCO Le compte de stock en évaluant les sorties suivant la méthode
du DEPS.
Date Elément E S SF
Q Pu M Q Pu M Q Pu M
1/6 SI L1 : 6500 3,2 20800 L1 : 6500 3,2 20800
3/6 Entrée L2 : 70000 3,25* 227500 L1 : 6500 3,2 20800
3 L2 : 70000 3,25 227500
4/6 S10 L2 : 3,25 162500 L1 : 6500 3,2 20800
50000 L2 : 20000 3,25 65000
10/6 E4 L3 : 40000 3,35 134000 L1 : 6500 3,2 20800
L2 : 20000 3,25 65000
L3 : 40000 3,35 134000
12/6 S11 L3 : L1 : 1500 3,2 4800
40000 L2 : épuisé
L2 : L3 : épuisé
20000
L1 : 5000
20/6 E5 L4 : 50000 3,49 174500 L1 : 1500 3,2 4800
L4 : 50000 3,49 174500
22/6 S12 L4 : 3,49 153560 L1 : 1500 3,2 4800
44000 L4 : 6000 3,49 20940
Total 166500 556800 159000 531060 7500 25740
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Comptabilité analytique
- Méthode du coût de remplacement :
Egalement connue sous le nom de méthode des coûts théoriques ou méthode NIFO
(next in, first out). Les sorties de stock sont systématiquement valorisées au cours de
réapprovisionnement du jour ou au coût estimé de la prochaine commande.
Lorsqu’on veut que les coûts suivent très rapidement les variations de cours des
matières, on évalue parfois les sorties à une valeur de remplacement qui peut être le prochain
prix. Il s’agit d’un coût théorique pour l’entreprise. Il en résulte une différence
d’incorporation sur matières.
Par exemple : on peut supposer pour l’exemple de l’entreprise LATIFI un coût de sortie
de 107, alors on aura :
- Sortie du 4 - 6 : 1700 x 107 = 181900
- Sortie du 17 – 6 : 2000 x 107 = 214000
- Sortie du 20 – 6 : 1500 x 107 = 106500
- Total des sorties : 5200 x 107 = 556400
- Méthode du coût préétabli ou coût standard
L’entreprise peut recourir au coût standard, qui est calculé en fonction d’une analyse à
la fois technique et économique. Ce procédé permet en même temps un contrôle de gestion.
Les sorties de stocks sont systématiquement valorisées à un coût préétabli. Ce coût est fixé
pour l’ensemble de la période. Ce coût est déterminé en intégrant à la fois les résultats passés,
mais aussi les objectifs que se fixe l’entreprise, ainsi qu’à un certain degré d’aléa.
1-4) Différences de traitement comptable sur matière
Ces différences de traitement comptable sont de deux types :
Différences d’inventaire constatées liées aux modes d’inventaire retenus c’à d
inventaire intermittent ou physique et inventaire permanent ;
Différences d’incorporation sur matières résultant de certaines méthodes de
valorisation des stocks, méthode du coût approché en particulier.
a) Différences d’incorporation sur matières
Lorsqu’on utilise des coûts théoriques ou coûts approchés, en fin de période une
correction est opérée pour rétablir globalement l’évaluation du stock au coût réel. Il en résulte
alors une différence d’incorporation appelée différence d’incorporation sur matières.
Différence d’incorporation = stock final au coût approché – stock final au coût réel
Application à l’exemple de l’entreprise « LATIFI » :
Date Numéros Entrées Sorties Stock
bons Quantité Prix Montant Quantité Prix Montant Quantité Prix Montant
unitaire unitaire unitaire
1-6 Stock 3000 105 315000 3000 105 315000
initial
4- 6 BS n° 14 1700 107 181900 1300 133100
12 - 6 BE n° 3 5000 108 540000 6300 673100
17- 6 BS n° 15 2000 107 214000 4300 459100
20 - 6 BS n° 16 1500 107 160500 2800 298600
26 – 6 BE n° 4 3000 112 336000 5800 620000
30-6 correction 7996 5800 108,27 627996
(a) : stock final au coût approché = 5800 à 634600
9
Comptabilité analytique
stock final au coût réel = 5800 à 627996
Différence d’incorporation = + 6604.
b) Différences d’inventaire
La tenue de l’inventaire comptable permanent ne dispense pas de l’inventaire
physique. La comparaison des stocks réels et des quantités telles qu’elles résultent des
comptes de stocks peut faire apparaître des différences d’inventaire. Ces différences,
valorisées au coût du stock final théorique, permettent la mise à jour des comptes de stocks.
Elles constituent des différences de traitement comptable.
Des différences quantitatives peuvent apparaître notamment lors de l’inventaire de fin
d’exercice par exemple lorsque des produits ont été détruis ou ont disparu.
Différence d’inventaire = Stock réel – Stock théorique
Si :
Stock réel stock théorique différence d’inventaire favorable
Stock réel stock théorique différence d’inventaire défavorable
Application 1:
Supposons que l’inventaire physique permet de constater pour l’entreprise « LATIFI » un
stock réel de 5700 articles, soit un manque de 100 articles par rapport aux données des fiches
de stocks.
En prenant pour base l’évaluation au CMUP en fin de période, la perte est de :
100 x 108,27 = 10827 dh.
Le compte de stock présenté précédemment se poursuit comme suit :
Date Libellé Entrées Sorties stock
Q PU M Q PU M Q PU M
5800 108,27 627996
30-6 Différences 100 108,27 10827 5900 108,27
d’inventaire
(BONI)
Application 2:
L’entreprise « SALMI » utilise deux matières M et N.
Stocks et mouvements Matière M Matière N
- stock au 1/1/2001 5000 kg à 20 dh / kg 3200 kg à 14 dh l’un
- achats du mois janvier 7500 kg à 22 dh/kg 4800 kg pour 72000 dh
2001 (entrées)
- consommations du 9400 kg 5100 kg
mois janvier (sorties)
- stock réel au 3098 kg 2901 kg
31/1/2001
Compte d’inventaire permanent matière M
Désignation Q PU M Désignation Q PU M
SI 5000 20 100000 Sorties 9400 21,20 199280
Entrées 7500 22 165000 SF réel 3098 21,20 65677,60
Différence d’inventaire 2 21,20 42,40
(mali ou manquant)
Total 12500 21,20 265000 Total 12500 21,20 265000
SF théorique en quantité = SI + E - S
= 5000 + 7500 - 9400 = 3100
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Comptabilité analytique
On a : SF réel SF théorique mali
3098 3100
Compte d’inventaire permanent matière N
Désignation Q PU M Désignation Q PU M
SI 3200 14 44800 Sorties 5100 14,60 74460
Entrées 4800 15 72000 SF réel 2901 14,60 72354,6
8000 14,60 116800
Différence d’inventaire 1 14,60 14,60
(boni ou excédent)
Total 8001 14,6 116814,6 Total 8001 14,6 116814,60
SF théorique = 3200 +4800 – 5100 = 2900
SF réel (2901) SF théorique (2900)
Section 2 : Les charges directes de main d’œuvre
Les salaires constituent une part importante du coût de production. On ne peut
concevoir une entreprise sans personnel, ne serait-ce que l’exploitant seul. Dans les
entreprises industrielles, le calcul des frais de personnel est encore plus complexe pour
plusieurs raisons entre autres :
- les rémunérations sont variées (à l’heure, aux pièces, au mois…) ;
- opérations nombreuses nécessitant des frais de main d’œuvre directes mais aussi
indirects dans certains cas.
Donc, comment déterminer la part de frais de main d’œuvre directe (MOD) qui s’incorpore à
tel produit en fonction du travail qui a été consacré ? Plusieurs problèmes se posent. Mais,
l’entreprise doit disposer d’une structure qui lui permette de connaître l’affectation précise de
chaque ouvrier. La détermination et le contrôle de son temps de travail, le contrôle de sa
production.
Comme pour la consommation des matières, la détermination du coût des salaires
nécessite le contrôle du temps de travail et l’évaluation des frais de personnel (valeur du
travail).
2-1) Le contrôle du temps de travail
L’enregistrement exact des temps de travail est nécessaire :
- pour connaître le montant de la rémunération de l’ouvrier ;
- pour affecter les dépenses du personnel aux prix de revient intéressés.
Le contrôle des temps de présence peut s’effectuer de plusieurs façon, par exemple : par
appel nominal à l’entrée et à la sortie, ou par jetons, ou par l’utilisation de cartes de pointage
que l’ouvrier introduit dans une horloge enregistreuse qui imprime sur la carte son heure
d’arrivée et son heure de sortie.
La MOD doit être affectée aux coûts des produits en fonction du temps de travail.
Chaque ouvrier possède un document (bon de travail ou feuille de pointage sur lesquels il
inscrit notamment le produit sur lequel il a travaillé et le temps passé.
Ce document visé par le chef d’équipe, permet de calculer le total des heures de la
semaine. A partir des feuilles de pointage, il est possible d’établir des fiches de MOD une par
produit.
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Comptabilité analytique
Exemple 1 :
On a relevé sur les bons de travail, les renseignements suivants relatifs à la réalisation de 3
commandes.
Ouvrier N° commande Temps passé en heure
A 2 8
B 3 5
C 3 12
A 1 9
B 2 7
C 1 14
A 3 6
B 1 10
C 2 5
Présenter le tableau unique permettant de déterminer quel a été le temps de travail de chaque
ouvrier et le temps nécessaire à la réalisation de chaque commande.
Solution :
L’ensemble des bons de travail peut être présenté sous la forme d’un tableau à entrée double,
dont la dernière ligne donnera les totaux pour chaque ouvrier, et la dernière colonne le
nombre d’heures pour chaque commande.
Ouvrier A B C Total (nombre d’heures par
Commande commande
1 9 10 14 33 h
2 8 7 5 20 h
3 6 5 12 23 h
Total (nombre 23 h 22 h 31 h 76 h
d’heures par ouvrier)
Exemple 2 : Fiches de main d’œuvre et de feuilles de pointage
Pointage Semaine du : 3 / 9 / 01 au 8 / 9 / 01
Section : n° 2 Nom : Salmi
Equipe : ………. Matricule : 005
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Comptabilité analytique
Commande Produit N° L M Me J V S Total
pièce
A 8 8 8 8 3 35
C 6 6
Pointage Semaine du : 3 / 9 / 01 au 8 / 9 / 01
Section : n° 2 Nom : Zaim
Equipe : ………. Matricule : 007
Commande Produit N° L M Me J V S Total
pièce
B 8 8 16
C 8 8 7 23
Pointage Semaine du : 3 / 9 / 01 au 8 / 9 / 01
Section : n° 2 Nom : Hamid
Equipe : ………. Matricule : 003
Commande Produit N° L M Me J V S Total
pièce
A 8 8 16
B 8 8
C 8 7 15
Fiche de main d’œuvre
Produit : A
Date Ouvrier Temps passé Taux horaire Montant
3 / 9 / 01 au Salmi 35 15 525
8 / 9 / 01 Hamid 16 15 240
Total 51 15 765
Fiche de main d’œuvre
Produit : C
Date Ouvrier Temps passé Taux horaire Montant
3 / 9 / 01 au Salmi 6 15
8 / 9 / 01 Zaim 23 15
Hamid 15 15
Total 44 15
2 – 1) Coût du travail
La difficulté réside dans la mesure exacte des charges de personnel liées à la présence dans
l’entreprise d’un salarié pendant une période donnée. En effet outre la rémunération
effectivement payée pendant la période, il doit être tenu compte : des charges sociales et des
charges connexes aux salaires (aide à la construction, taxe à la formation, congés payés,…
etc.). Ces informations sont fournies par la comptabilité générale.
L’ensemble des charges calculées pour un salarié, ou une catégorie de salariés, divisé par le
nombre d’heures productives donne le coût horaire de l’heure productive.
RESUME :
En résumé pour affecter les charges de MOD il convient :
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Comptabilité analytique
De saisir les temps de travail aussi bien que leur destination c.à.d. quel produit ou
commande sont concernés ?
Déterminer le coût de l’unité de travail
1)Saisie des temps de travail et leur destination
Dans ce sens il est important de faire la distinction entre différentes notions de temps :
Le temps payé
Le temps de présence
Le temps d’activité
Le temps productif
Absences
rémunérées
Temps morts
Temps payé
Temps de Temps d’activité
présence Temps d’activité non affectables
Temps productif
Absences rémunérées : exp : pour cause de maladie, pour une formation, congés…
Temps morts : déplacement dans l’entreprise, pauses légales. Le temps mort peut être
inévitable ou évitable c’est le cas d’une panne accidentelle d’une chaîne de fabrication
Temps d’activité affectable exp : pour la réparation, le nettoyage ou le réglage des machines
Temps de présence = Temps payé – Absences rémunérées
Temps de présence : Heures théoriquement disponibles pour les activités productives
Temps payé heures effectivement payées
Temps d’activité = Temps de présence - Temps morts
Temps d’activité : Temps réellement disponible pour les activités de production
Temps productif = Temps d’activité - Temps d’activité non
Affectable
Temps productif : consacré réellement à des activités de production et par conséquent
affectables aux produits ou commandes
2)Détermination du coût de l’unité de temps de travail
Coût de la MOD = Temps productif x Coût de l’unité de temps
Coût total = Rémunérations + Charges sociales
Coût horaire = Coût total / Nombre d’heures productives
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