MINISTERE DE L’AGRICULTURE REPUBLIQUE DU MALI
-=-=-=-=-=-=-=- -=-=-=-=-=-=-=-
SECRETARIAT GENERAL Un Peuple-Un But-Une Foi
-=-=-=-=-=-=-=-=- -=-=-=-=-=-=-=-
POLITIQUE NATIONALE SEMENCIERE
DU MALI (PNS-Mali)
Sommaire
SIGLES ET ABREVIATIONS
AOPP : Association des Organisations Professionnelles Paysannes
ASSEMA : Association des Semenciers du Mali
CDB : Convention sur la Diversité Biologique
CEDEAO : Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest
CILSS : Comité Inter-Etat de Lutte contre la Sécheresse au Sahel
CIPV : Convention Internationale pour la Protection des Végétaux
CNOP : Coordination Nationale des Organisations Paysannes
CNS : Comité National des Semences
CNSOV : Comité National des Semences d’Origine Végétale
COAEV : Catalogue Ouest Africain des Espèces et Variétés Végétales
COASP-Mali : Comité Ouest Africain des Semences Paysannes - Mali
COV : Certificat d’Obtention Végétale
CPS/SDR : Cellule de Planification et de Statistiques du Secteur du Développement Rural
DAA : Droit à l’Alimentation Adéquate
DLCP : Division Législation et Contrôle Phytosanitaire
DNA : Direction Nationale de l’Agriculture
DNCCS : Direction Nationale du Contrôle et de la certification des semences
DOV : Droit d’Obtention Végétale
EAF : Exploitation Agricole Familiale
EPA : Établissement Public à caractère Administratif
FAO : Food and Agriculture Organisation (Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et
l’Alimentation)
FNAA : Fonds National d’Appui à l’Agriculture
FNAS : Fond National d’Appui au Secteur Semencier
IER : Institut d’Economie Rurale
IMF : Institutions de Microfinance
INSTAT : Institut National de Statistiques
ISTA : Association Internationale d’Essais de Semences ou International Seed Testing Association
LABOSEM : Laboratoire des semences
LOA : Loi d’Orientation Agricole
OAPI : Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle
ODD : Objectif du Développement Durable
UEMOA : Union Économique et Monétaire d’Afrique de l’Ouest
OVM : Organisme Vivant Modifié
OMD : Objectif du Millénaire pour le Développement
ONG : Organisation Non-Gouvernementale
PAFISEM : Projet d’Appui à la Filière Semencière
PDA : Politique de Développement Agricole
PIB : Produit Intérieur Brut
PIBA : Produit Intérieur Brut Annuel
PNISA : Plan National d’Investissement dans le Secteur Agricole
PNSA : Programme National de Sécurité Alimentaire
PNSAN : Programme Nationale de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle
PNS- Mali : Politique Nationale Semencière du Mali
PNS : Plan National Semencier
PNG : Politique Nationale Genre du Mali
TIRPAA : Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et
l’Agriculture
SPG : Système Participatif de Garantie
SNP : Semences Normes et Paysans
SSN : Service Semencier National
GLOSSAIRE
AGROECOLOGIE PAYSANNE : intégration d’idées et de méthodes provenant de divers
secteurs de l’Agriculture1 basés sur les savoirs, les pratiques, et connaissances paysannes,
dynamiques, adaptées aux conditions des territoires. C’est aussi un mouvement social visant à faire
émerger une agriculture ancrée dans les territoires, écologique, productive, nourricière, sociale,
rémunératrice, et maîtrisée par les paysans et les paysannes. La vision et les principes de
l’agroécologie paysanne sont définis dans le manifeste de Nyéléni.
AGRICULTEUR–MULTIPLICATEUR : Catégorie d’agriculteurs spécialisés dans la
multiplication des semences du système conventionnel
CATALOGUE DES ESPECES ET VARIETES : Document officiel qui contient la liste de toutes
les espèces et les variétés homologuées.
CATALOGUE OUEST AFRICAIN DES ESPECES ET VARIETES VEGETALES ou
COAEV : Catalogue des espèces et variétés végétales commun aux Etats membres.
Catégories de semences dans le système semencier conventionnel : Des générations successives
de semences obtenues à partir de la souche. La classification suivante est de rigueur.
Souche Pré base Base Reproduction 1 Reproduction 2 R3, R4, …
- Semences de souche (G0) : Terme utilisé pour désigner la semence utilisée au semis pour la
production d'une nouvelle génération
- Semences de pré-base : Génération G1, G2, G3 de semences se situant entre le matériel
parental et précédant les semences de base.
- Semences de base (G4) : Semence issue de semence de pré-base et qui a été produite selon les
règles de sélection conservatrice généralement admises pour la variété et qui est destinée à la
production de semences certifiées ;
- Semences de reproduction R1 : Elle est issue de la semence de base et constitue la semence
certifiée de première reproduction (SCR1).
- Semences de reproduction R2 : Elle est issue de la R1 et constitue la semence certifiée de
deuxième reproduction (SCR2).
CERTIFICAT PHYTOSANITAIRE : Document conforme aux modèles préconisés par la
Convention Internationale pour la Protection des Végétaux (CIPV).
CERTIFICATION dans le système conventionnel : Aboutissement d’un processus de contrôle de
qualité des semences au champ et au laboratoire, permettant de s’assurer que les semences sont
conformes aux normes minimales de pureté variétale fondées sur la filiation généalogique et sur un
système de sélection conservatrice de leurs caractéristiques variétales, selon les dispositions des
règlements techniques en vigueur. Elle est matérialisée par l’apposition d’un label ou certificat ;
CERTIFICATION dans le système semencier paysan: Aboutissement des mécanismes de suivi
et d’autocontrôle mis en place par les paysan-ne-s eux-mêmes, pour l’assurance qualité des
semences notamment la qualité sanitaire, germinative et agronomique. Ces mécanismes peuvent
être formalisés volontairement par un code de conduite ou un système participatif de garantie initiés
par des organisations, communautés ou autres collectifs paysans qui gèrent de façon dynamique les
semences paysannes et garantissent la qualité de leurs semences paysannes par des règles qui
respectent les critères fixés collectivement tenant compte des us et coutumes des communautés ;
1
Agriculture : agriculture, élevage, pêche, foresterie
CHAMP SEMENCIER : Portion de terrain consacrée à la production ou à la multiplication des
semences d’une variété donnée dans le système conventionnel.
COMMERCIALISATION : La vente, la détention en vue de la vente, l'offre de vente et toute
cession, toute fourniture ou tout transfert, en vue d'une exploitation commerciale, de semences ou
de plants.
CONDITIONNEMENT DES SEMENCES : Opération par laquelle les semences sont séchées,
nettoyées, triées et emballées pour éviter leur dégradation physique, chimique ou biologique et
faciliter leur manutention.
CONTRAT DE MULTIPLICATION : Convention écrite qui lie des agriculteurs-multiplicateurs
à des producteurs de semences agréés par les services compétents.
CONTROLE DE QUALITE du système conventionnel : ensemble d’activités menées par les
services compétents visant à vérifier que la pureté variétale ou génétique des semences, leur état
physiologique ou sanitaire ainsi que les normes technologiques sont conformes aux règlements
techniques en vigueur dans les Etats membres de l’espace CEDEAO.
CONTROLEUR SEMENCIER : Dans le système semencier conventionnel, technicien chargé
d’inspecter les cultures sur pied afin de s’assurer que l’implantation et la conduite des parcelles de
multiplication de semences s’effectuent conformément aux règlements techniques en vigueur dans
les Etats membres.
DECLARATION DE CULTURE : Document ou formulaire à remplir par les personnes
physiques ou morales inscrites sur la liste des producteurs semenciers.
DISTRIBUTEUR DE SEMENCES : Toute personne physique ou morale, autre que le producteur
de semences, qui commercialise des semences, en qualité de grossiste, demi-grossiste ou détaillant.
DIVERSITE BIOLOGIQUE : Variabilité des organismes vivants de toute origine y compris,
entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes
écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces
ainsi que celle des écosystèmes.
ECHANTILLON DE SEMENCES : Portion représentative d’un lot de semences prélevée suivant
les règlements techniques en vigueur.
ECHANTILLONNAGE : Ensemble d’opérations consistant à prélever un échantillon suivant un
processus donné.
EMBALLAGE : Tout récipient, notamment sacs, sachets, boîtes, en matériaux divers tels que
coton, papier, aluminium, polyéthylène, dans lequel les semences sont conditionnées.
ESPECE : Ensemble d’individus qui se distinguent par un certain nombre de caractères communs
et qui sont interféconds entre eux.
ESPECES VEGETALES : Toutes spéculations agricoles, toutes essences forestières et toutes
plantes ornementales ou horticoles ;
ESSAI OU TEST DE GERMINATION : Essai réalisé en laboratoire, visant à observer que
l’apparition d’une plantule et son développement jusqu’au stade où l’aspect de ses organes
essentiels indiquent qu’elle aurait été ou non capable de donner ultérieurement une plante normale
dans des conditions favorables de pleine terre.
TEST DE GERMINATION EN MILIEU PAYSAN : Sur substrat accessible au niveau paysan
(compost, sable…) réalisé selon les critères et les taux validés (à savoir sur 10 graines au moins 8 à
10 germent)
ETAT SANITAIRE DES SEMENCES : Situation se rapportant à la présence ou non de maladies
causées notamment par les champignons, les bactéries, les virus ainsi que de parasites tels que les
insectes, les acariens et les nématodes.
ETIQUETTE : Document présentant de manière visible et lisible, les informations précises
permettant l’identification et la traçabilité de la semence.
EXPLOITANT-E AGRICOLE (LOI N°2011-040/DU 15 JUILLET 2011 : Le chapitre I (Art
1)du titre II (articles 11 à 26) de la loi d’orientation Agricole LOA est consacré aux exploitations et
exploitants agricoles. L’exploitation agricole est une unité de production dans laquelle l’exploitant
et ses associés mettent en œuvre un système de production Agricole (Article 2). Les exploitations
agricoles se divisent en deux catégories, l’exploitation agricole familiale et l’entreprise agricole.
L’exploitation Agricole familiale est constituée d’une ou de plusieurs membres unis par des liens de
parenté ou des us et coutumes et exploitant en commun les facteurs de production en vue de générer
des ressources sous la direction d’un des membres, désignée chef exploitation, qu’il soit de sexe
masculin ou féminin (SECTION II Art 614.). Sont reconnus comme exerçant un métier Agricole,
notamment les agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, exploitants forestiers (Art 415) ». Ces différentes
catégories de métiers sont désignées et reconnues dans les conventions internationales, notamment
l’UNDROP, par le concept « paysan/paysannes » tel que défini au glossaire.
FACULTE GERMINATIVE : Capacité de germination d’un lot de semences évaluée en
calculant, dans le lot de semences considérées, le pourcentage de graines qui germent en conditions
normalisées dans un temps donné.
GENERATION : Filiation dans les descendances successives.
HOMOLOGATION des variétés : Procédure par laquelle les variétés candidates à l’inscription
sont homologuées pour être inscrites au catalogue national, sur la base de leurs performances, des
informations relatives à leur description et des résultats des essais effectués tant au champ qu’en
station.
LOT DE SEMENCES : Quantité définie et identifiable par un numéro de semences homogènes en
ce qui concerne notamment l’identité et la pureté variétale ou génétique, la pureté spécifique, la
faculté germinative et le taux d’humidité.
MAINTENEUR : Personne ou organisation responsable du maintien d’une variété figurant sur le
Catalogue national, susceptible d’être admise à la certification, s’assurant que la variété reste fidèle
au type.
NORMES : Eléments de référence permettant d’apprécier la qualité d’une semence.
OBTENTEUR : Personne physique ou morale qui a créé ou qui a découvert et mis au point une
variété nouvelle.
ORGANISME GENETIQUEMENT MODIFIE : organismes issus des biotechnologies qui ne
respectent pas les barrières naturelles de la physiologie de la reproduction ou de la recombinaison
des organismes vivants.
ORGANISME PRIVE AGREE : Toute institution privée habilitée par l’Etat membre à assurer les
activités de contrôle et de certification.
ORIGINE DU LOT : Lieu de production d’un lot de semences, tels que le pays, la ville, le village
ou toute autre localité pertinente.
PARCELLE SEMENCIERE : Portion de terrain d’un seul tenant, comportant un ou plusieurs
champs de semences.
PAYSAN : Toute personne qui a − ou qui cherche à avoir seul, ou en association avec d’autres ou
au sein d’une communauté − comme occupation une production agricole à petite échelle de
subsistance et/ou destinée au marché, qui s’appuie largement, mais pas nécessairement de manière
exclusive, sur la main-d’œuvre de la famille ou du ménage et d’autres formes non monétaires
d’organisation du travail, et qui a un lien spécial de dépendance et de rattachement à la terre. Le
terme « paysan » s’applique aussi à toute personne ayant comme occupation l’élevage, le
pastoralisme, la pêche, la sylviculture, la chasse ou la cueillette, l’artisanat lie à l’agriculture ou une
activité connexe dans une zone rurale.2
2
Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et travailleurs en milieu rural
PERMIS D’IMPORTATION : Un document officiel attestant de l’avis technique favorable à
l’importation d’un lot de semences conforme aux exigences phytosanitaires du pays importateur.
PERMIS D’EXPORTATION : Un document officiel attestant de l’avis technique favorable à
l’exportation d’un lot de semences conforme aux exigences phytosanitaires du pays destinataire.
PLANTE ADVENTICE : Plante indésirable ou mauvaise herbe dans une culture.
PLANT : Jeune sujet végétal, bouture de tiges, de feuilles ou de racine, greffons et marcottes
destinés à la production de plantes.
PRODUCTEUR DE SEMENCES : toute personne physique ou morale régulièrement identifiées 3
par les services compétents du Ministère chargé de l’Agriculture ;
PRODUCTEUR-DISTRIBUTEUR DE SEMENCES : Personne physique ou morale
spécialisée dans la production de semences identifiés par les services compétents du Ministère
chargé de l’Agriculture et qui s’adonne à la commercialisation de semences, en qualité de
grossiste, demi-grossiste ou détaillant.
PURETE SPECIFIQUE : Proportion de la culture requise dans un lot de semences. Les
impuretés peuvent être des matières inertes, des semences de mauvaises herbes, des semences
endommagées et des semences d’autres cultures.
PURETE VARIETALE OU GENETIQUE : Proportion, au champ, de plantes conformes au
standard de la variété. Proportion, au laboratoire, de la variété considérée dans un lot de
semences.
REGLEMENT TECHNIQUE : Document énonçant les caractéristiques d’un produit ou les
procédés et méthodes de production s’y rapportant, y compris les dispositions administratives qui
s’y appliquent, dont le respect est obligatoire. Il peut aussi traiter en partie ou en totalité de
terminologie, de symbole, ou de prescriptions en matière d’emballage de marquage ou
d’étiquetage, pour un produit, un service, un procédé ou une méthode de production donnés.
SELECTIONNEUR : Personne physique ou morale qui fait de la conservation, maintenance ou
de l’amélioration des plantes en vue de mettre au point de nouvelles variétés.
SEMENCE : tout Matériel ou organe végétal ou partie d’organe végétal tels que, graine,
bouture, bulbe, greffon, rhizome, tubercule, embryon, susceptible de reproduire un individu.
SEMENCE DE PRE-BASE : Génération G1, G2, G3 de semences se situant entre le matériel
parental et précédant les semences de base. La production de semence de pré base est assurée
directement par l’obtenteur de la variété ou son mandataire.
SEMENCE DE BASE (G4) : Semence issue de semence de pré-base et qui a été produite sous
la responsabilité du mainteneur selon les règles de sélection conservatrice généralement admises
pour la variété et qui est destinée à la production de semences certifiées.
SEMENCES CERTIFIEES : Toutes semences issues du processus de certification ;
SEMENCES DE QUALITE DECLAREE OU STANDARD : Semences produites par un
producteur agréé, selon les procédures établies par la réglementation et ayant fait l’objet de contrôle
de conformité avec les standards minima de l’espèce concernée.
AUTRES CATEGORIES DE SEMENCES : Il s’agit de semences de variétés encore non
inscrites au catalogue officiel, ou se situant à un stade intermédiaire du processus de contrôle. Les
semences de variétés en cours d’étude destinées à la reproduction (semences de pré base ou de
base), de variétés en cours d’étude ne peuvent être certifiées avant l’inscription de la variété.
SEMENCE D’ADVENTICE : Semence de plantes indésirables ou mauvaises herbes dans une
culture.
3
Dans le système conventionnel : le producteur est enregistré et agréé ; Dans le système semencier paysan : le code de
conduite ou SPG est reconnu par l’Etat.
SEMENCES PAYSANNES : semences, y compris les plants, sélectionnées et multipliées par les
paysans dans les terroirs, au sein des systèmes semenciers paysans, avec des méthodes paysannes
non transgressives de la cellule végétale et qui sont à la portée de l'utilisateur final. Incluant les
semences traditionnelles et locales, les semences paysannes sont librement mises en circulation
dans le respect des règles collectives définies selon les us et coutumes par les paysans, les
communautés ou les collectifs qui les font vivre.
SEMENCES DE FERME : terme utilisé dans certains textes internationaux pour désigner les
semences de variétés homologuées, et le cas échéant, protégées par des droits d’obtention végétale
reproduites par le paysan dans son champ.
SEMENCES DE VARIETE d’HYBRIDES : Les semences de variétés hybrides sont des
semences de plantes issues d'un croisement entre deux parents différents.
SEMENCES REPRODUCTIBLES : Toutes catégories de semences qu’on peut reproduire et
ressemer.
SERVICE OFFICIEL DE CONTROLE ET DE CERTIFICATION : Service ou organisme
national chargé du contrôle et de la certification des semences.
SOUVERAINETE ALIMENTAIRE : Droit pour un Etat de définir et de mettre en œuvre une
politique agricole et alimentaire autonome garantissant une agriculture durable basée sur les
productions locales et la responsabilisation des producteurs qui disposent, à cet effet, de moyens
appropriés, notamment terre, eau, crédit, marchés.
SOUVERAINETE SEMENCIERE : La souveraineté semencière est une dimension de la
souveraineté alimentaire. C’est le droit pour un peuple à maintenir, contrôler, protéger leurs propres
semences et systèmes semenciers paysans et connaissances paysannes associées.
STOCKAGE DES SEMENCES : Conservation des semences dans un magasin ou un entrepôt
dans des conditions adéquates de température et d’humidité.
SYSTEME PARTICIPATIF DE GARANTIE : Les systèmes participatifs de garantie (SPG)
sont des systèmes d'assurance-qualité ancrés localement. Ils regroupent des organisations et des
fonctionnements qui unissent leurs efforts pour offrir aux consommateurs ou usagers une forme
alternative de garantie . Principe et éléments d’un SPG :
- Vision commune : une organisation, un collectif local, avec des liens de proximité et des
principes et valeurs communes
- Confiance, horizontalité, transparence :
Engagement signé des paysans (par exemple une charte, un protocole)
Des règles définies collectivement avec la définition de critères de qualité adaptés
Des mécanismes de vérification avec un système de gestion des procédures documenté
et des conséquences claires en cas de non) respect
Un label ou logo
- Participation, processus d’apprentissage :
SYSTEME SEMENCIER CONVENTIONNEL : Système semencier qui met en circulation les
semences homologuées, avec un processus de production de semences certifiées de la sélection et
maintenance par la recherche, à l’utilisation des semences R2 par les paysans, en passant par la
production de pré-base, base et R1 par des opérateurs privés.
SYSTEME SEMENCIER PAYSAN : Système semencier qui gère la diversité de semences avec
les savoirs, les connaissances et les pratiques paysannes. Il est régi par des règles collectives
développées par les paysans, selon les us et les coutumes et de façon dynamique et évolutive, qui
garantissent la qualité, notamment agronomique, sanitaire, nutritive et culinaire. Il met en
circulation (partage, échange, don, vente, etc.) les semences paysannes, ainsi que toute autre
semence de ferme. Ce système inclus les droits collectifs des paysans d’utiliser, de conserver,
d’échanger et de vendre leurs semences, le droit à la protection des connaissances, innovations et
pratiques paysannes associées aux semences et aux ressources génétiques, le droit de participer à la
prise de décision concernant les questions semencières, et de participer équitablement au partage
des bénéfices issus de l’utilisation des ressources génétiques et des informations associées.
TRAITEMENT PHYTOSANITAIRE: Application de molécules organiques ou molécules
chimiques de synthèse sur les semences en vue de leur protection contre les maladies et les
parasites
VARIETES VEGETALES : Un ensemble d’individus cultivés qui se distinguent par des
caractères morphologiques, physiologiques, cytologiques, chimiques ou autres significatifs pour
l’agriculture, la sylviculture, l’horticulture et qui après multiplication ou reconstitution conservent
leurs caractères distinctifs.
RESUME EXECUTIF
I. CONTEXTE
Actualiser avec la revue sectorielle conjointe du Mali (DNA, IER, CPS, ASSEMA) au
Mercredi 16 avril 2025
Vaste pays du Sahel, le Mali a une économie à faible revenu, peu diversifiée et exposée aux
fluctuations des matières premières.
Le taux d'extrême pauvreté de 47,2 % entre 2011 et 2015 du fait de la crise sécuritaire, est descendu
à 42,3 % en 2019 grâce aux exceptionnelles productions agricoles depuis 2014. Les crises sanitaire,
sécuritaire, sociale, et politique de 2020 ont entraîné une augmentation de 5% de la pauvreté. Les
zones rurales du sud à forte densité démographique concentrent les 90% de pauvreté du pays.
L’économie malienne repose, pour l’essentiel, sur le secteur rural dont les activités sont soumises à
la récurrence des aléas climatiques et à divers autres contraintes conjoncturelles et structurelles,
auxquelles s’ajoute un contexte économique international difficile en raison de la flambée des prix à
l’importation des denrées alimentaires de base. L’augmentation conséquente des prix des produits
locaux de grande consommation qui en résulte a durement affecté le pouvoir d’achat des
populations, plus particulièrement, celles des zones rurales. La plus grande partie de la population
du Mali vit en dessous du seuil de pauvreté, le pays reste ainsi sous la menace continue des crises
alimentaires. Ce risque est d’autant plus élevé compte tenu de la situation sécuritaire dans plusieurs
zones du pays.
L’économie malienne est entrée en récession en 2020, avec un PIB réel estimé à -1,6%, traduisant
les effets adverses de la pandémie et de la crise sociopolitique ainsi que la faible performance
agricole. Une reprise a cependant été amorcée début 2021 dans certains secteurs clés de l’économie
en lien avec les services et l’agriculture.
Importateur de pétrole et exportateur d’or, le pays a connu une amélioration des termes de change
en 2020 grâce à la baisse des cours du brut et de l’appréciation du prix de l’or. Ceci, combiné à la
baisse de la demande des importations, a permis de réduire le déficit du compte courant, malgré le
recul des transferts des migrants et autres flux financiers extérieurs.
Le plan de riposte pour contenir la crise socio-économique de la COVID-19 a entraîné une hausse
des dépenses budgétaires en 2020, faisant passer le déficit public à 5,4% du PIB. La reprise
observée début 2021 devrait se traduire par une hausse des recettes fiscales, mais les pressions sur
les dépenses salariales vont contribuer à stabiliser le déficit public en 2021.
Le constat majeur est que l’amélioration de la croissance économique n'a pas empêché l'incidence
de la pauvreté de demeurer encore élevée.
La contribution du secteur Agricole à la stabilité économique et sociale du pays est capitale de par
son rôle central dans l’économie nationale, dans la création d’emplois et d’activités génératrices de
revenus, ainsi que dans la sécurité et la souveraineté alimentaire et l’amélioration du cadre de vie
des populations. En effet, le secteur agricole emploie près de 80% des actifs du pays et contribue
pour 23% à la balance commerciale. Dans la formation du PIBA, sur la même période, les céréales
sèches (mils, sorgho, maïs, fonio) ont représenté en moyenne 43%, suivies par l’élevage 23%, le riz
13% et le coton 3%. En terme nominal, le secteur primaire a enregistré en moyenne une croissance
réelle positive de 10,3% sur la période 2006-2016 (Faostat, 2018)
Pour booster durablement son secteur agricole, le Mali a élaboré des programmes structurants,
notamment le Programme National d’Intensification du Secteur Agricole (PNISA), la Politique de
Développement Agricole (PDA) et la création prochaine du Fonds National d’Appui à l’Agriculture
(FNAA). Ces instruments vont être renforcés par la Politique Nationale de Sécurité Alimentaire et
Nutritionnelle (PNSAN) dans sa mise en œuvre. Le Mali entend s’attaquer résolument aux défis que
sont la modernisation de son sous-secteur semencier qui constitue, avec la maitrise de l’eau, la
locomotive de la transformation structurelle du secteur agricole. La structuration et la modernisation
du sous-secteur semencier se feront sur fond de redéfinition de la politique semencière et de
l’élaboration d’un Plan semencier destiné à opérationnaliser la nouvelle politique semencière dans
le domaine de production végétale.
Des initiatives importantes ont été prises ou sont en cours et toutes visent au développement durable
du sous- secteur semencier national. Il s’agit notamment de : (i) l’élaboration et l’adoption des
textes juridiques et réglementaires pour renforcer la gouvernance du sous-secteur semencier ; (ii) la
mise en place du Comité National des Semences et plants (CNS) qui a remplacé le Comité National
des Semences d’Origine Végétale (CNSOV); (iii) l’élaboration d'un catalogue national des espèces
et variétés ; (iv) la professionnalisation et le renforcement des capacités des acteurs semenciers dans
la production, le conditionnement et la distribution des semences (v) la création d’un réseau
national de professionnels semenciers regroupés au sein de l’AOPP et de l’ASSEMA, (vi) un début
de structuration du système semencier paysan (Vii) la création d’un cadre de concertation multi-
acteurs pour la protection et la reconnaissance des systèmes semenciers paysans « SNP ».
La mise en œuvre du PAFISEM avait déjà permis de poser les premiers jalons de la structuration du
sous-secteur semencier national. Ce projet avait contribué à renforcer les capacités du Service
Semencier National, permettant ainsi au sous-secteur de bénéficier d’investissements structurants
importants et de mettre en place des coopératives semencières gérées par des paysans. Malgré les
efforts notables du PAFISEM, des dysfonctionnements et contraintes persistants continuent à peser
sur le bon fonctionnement du système semencier national.
Sur la base de l’ensemble des constats et conclusion du « Diagnostic du sous-secteur semencier »,
un document de développement du secteur national des semences et plants a été élaboré, document
intitulé « Politique Nationale Semencière du MALI ».
Le présent document de politique semencière traite de tous les domaines du sous-secteur semencier
ayant une dimension stratégique et significative.
Le tableau ci-dessous donne une indication des données de base sur le Mali :
Données 1990 2000 2010 2020
Données générales
Population totale (millions) 8.45 10.95 15.05 20.25
Croissance Population (annuelle %) 1.8 2.8 3.2 3.0
Superficie totale (km2) (mille) 1 241 238 1 241 238 1 241 238 1 241 238
Densité Population 6.9 9.0 12.3 16.6
Ratio de pauvre au niveau national (% de
population) .. 50.9 45.4 41.9
Economie
PNB (actuel US$) (milliards) 2.68 2.96 10.69 17.47
Croissance PNB (annuelle %) -2.5 -0.1 5.3 -1.2
Inflation, déflateur PIB (% annuel) 7.6 -0.6 4.4 0.5
Valeur ajoutée Agriculture, foresterie et pêche
(% PNB) 37 33 33 36
Valeur ajoutée Industrie (incluant la
construction) (% PNB) 16 22 23 21
Exportation des marchandises et services (% of
PNB) 16 22 23 29
Importations des marchandises et services (%
PNB) 31 33 35 36
Source : Banque Mondiale, 2021
II. JUSTIFICATION
2.1. FONDEMENTS DE LA PNS-Mali
2.1.1. Fondements Juridiques (Actualisation conseiller juridique)
La présente politique semencière prend sa source dans un certain nombre de documents juridiques
et stratégiques dont entre autres :
La Constitution du Mali, promulguée le 22 Juillet 2023 consacre de façon très explicite les
mêmes droits à toutes les maliennes et à tous les maliens sans aucune distinction. Cet axe
fondamental donne le droit à toute citoyenne et à tout citoyen d’accéder aux ressources
productives et de reproduction mais aussi le devoir de protéger lesdites ressources contre
différentes formes de spoliations. La semence est l’une des ressources importantes pour la
production. Sa bonne gestion est un devoir pour toutes et pour tous ;
Décret N°94-447/P-RM du 28 Décembre 1994, portant ratification de la convention cadre
sur les changements climatiques, signée le 12 juin 1992 à Rio de Janeiro ;
Loi N° 01-020 du 31 décembre 2001 relative aux pollutions et nuisances qui fixe les
principes fondamentaux du contrôle des pollutions et des nuisances ;
Loi N°06-045 du 05 Septembre 2006 portant Loi d’Orientation Agricole du Mali
(LOA) promulguée en 2006 constitue une base légale de l’organisation de la gestion de la
production et des échanges de semences au Mali. Ce document juridique d’orientation a
préconisé l’élaboration d’une politique semencière. De l’article 103 à 114, plusieurs
dispositions sont prises pour assurer la souveraineté semencière du pays. L’article 106 de la
LOA stipule que : « Les organismes spécialisés de recherche Agricole, notamment les
instituts et les centres de recherche et les Institutions de formation universitaire ainsi que
les grandes écoles de formation Agricole conduisent, pour le compte de l'Etat, les missions
de recherche présentant un enjeu de souveraineté nationale ». Quant à l’article 107, il
insiste sur la nécessité d’orienter la recherche sur les semences vers la protection de la
biodiversité en ce termes : « Les institutions de recherche publiques ou privées, les centres
de recherche, les chercheurs et les enseignants chercheurs sont tenus, dans le cadre de
leurs activités, au respect strict des mesures de protection de la biodiversité et de la
biosécurité nationales » ;
La Loi N°08-042 du 01 Décembre 2008, relative à la sécurité en Biotechnologie en
République du Mali réglemente l’importation, l'exportation, le transit, l’utilisation confinée,
la libération ou la mise sur le marché de tout Organisme Génétiquement Modifié (OGM)
qu'il soit destiné à être libéré dans l'environnement ou utilisé comme denrée alimentaire,
aliment pour bétail ou produit de transformation, ou d'un produit dérivé d'organisme
génétiquement modifié ;
La Loi N°10-032 du 12 Juillet 2010, relative aux semences d’origine végétale et le décret
N°428 P/RM du 9 Août 2010 fixant les modalités d’application de la loi relative aux
semences d’origine végétale constituent deux autres outils du fondement juridique de la
présente politique. Entre autres, cette loi reconnait dans son préambule les « semences
traditionnelles » comme « le patrimoine national » de tous les maliens. Elle reconnait les
semences paysannes et les protège contre la biopiraterie.
La Loi N°10-028 du 12 Juillet 2010 déterminant les principes de gestion des ressources
du domaine forestier national du Mali reconnaît la diversité des zones agroécologiques
du Mali et la nécessité d’avoir des approches différenciées mais cohérentes pour un
développement durable du pays ;
La Politique Nationale Genre du Mali (PNG/Mali) de 2011 a quant à elle donné des
indications pour prendre en compte les dimensions genres spécifiques d’accès aux
ressources semencières. Il s’agit là de l’accès équitable aux ressources semencières pour
assurer la production partout dans le pays ;
Loi n°2014-042-AN-RM du 25 août 2014, autorisant ratification du protocole de Nagoya
sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages
découlant de leur utilisation relatif à la convention sur la diversité biologique, adopte à
Nagoya (japon), le 29 octobre 2010 ;
Ordonnance n°2015-028/P-RM du 23 septembre 2015 autorisant la ratification du
protocole additionnel de Nagoya-Kuala Lumpur sur la responsabilité et la réparation, relatif
au protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques, adopte par la
conférence des parties réunies à Nagoya (japon), le 15 octobre 2010) ;
Décret N°2016–0721/P-RM Du 15 Septembre 2016, portant Renforcement de la résilience
aux Changements Climatiques.
Ces différents documents légaux constituent les fondements juridiques de la mise en place d’une
politique cohérente de gestion des ressources semencières végétales du Mali dans un contexte
marqué entre autres par la mainmise de certaines entreprises sur les ressources génétiques du monde
pour des enjeux économiques et financiers.
Au niveau international,
la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) sur l’utilisation durable des ressources
biologiques qui dans son article 8j, préserve et maintient les connaissances, innovations et
pratiques des communautés autochtones et locales et encourage le partage équitable des
avantages découlant de l'utilisation de ces connaissances, innovations et pratiques,
le Protocole de Cartagena du 19 Avril 2001 sur la biosécurité,
le Protocole de Nagoya du 29 Octobre 2010 sur l’accès aux ressources génétiques et le
partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation, relatif à la convention
sur la diversité biologique ;
le Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Agriculture et
l’alimentation (TIRPAA) en son article 9 reconnait les droits collectifs des paysans
d’utiliser, de conserver, d’échanger et de vendre leurs semences, le droit à la protection
efficaces des connaissances, innovations et pratiques paysannes associées aux semences et
aux ressources phytogénétiques, le droit à la participation et le droit de participer
équitablement au partage des avantages.
la Déclaration des Nations Unies sur le Droits des Paysans et autres travailleurs vivant
en milieu rural, en son article 19 reconnait les droits collectifs des paysans d’utiliser, de
conserver, d’échanger et de vendre leurs semences, le droit à la protection efficaces des
connaissances, innovations et pratiques paysannes associées aux semences et aux ressources
phytogénétiques, le droit à la participation et le droit de participer équitablement au partage
des avantages.
Et le Droit à l’Alimentation Adéquate (DAA) sont entre autres certains instruments
internationaux que le Mali a ratifiés ;
Ce qui lui donne des obligations qui doivent être prises en compte dans le cadre de cette politique et
les cadres juridiques en découlant.
2.1.2. Fondements Politiques
L’élaboration de la politique semencière du Mali en prélude à la Loi semencière est un engagement
des autorités au plus haut niveau de l’Etat. Depuis la promulgation de la LOA par le Président de la
République du Mali, il s’est engagé au sein du Conseil Supérieur de l’Agriculture à favoriser avec
l’accompagnement du gouvernement l’élaboration des différents documents et textes devant
compléter ce texte juridique. La politique semencière fait partie des engagements pris.
Faire le lien avec la vision 20 Soixante trois
2.1.3. Fondements économiques (IER, CPS, DNA, CNOP, AOPP,
ASSEMA) à étoffer même date
Le Mali est un pays à vocation Agricole. Son économie repose essentiellement sur les activités
agro-sylvo-pastorales et halieutiques qui emploient la très grande majorité des populations.
L’Agriculture constitue dès lors (i) un métier de stabilisation sociale, (ii) une sphère de création de
la richesse matérielle et immatérielle malgré sa complexité et (iii) un enjeu pour le développement
socio-économique du pays.
La semence est l’une des ressources productives convoitées par différents acteurs notamment les
grandes entreprises privées. Sa régulation s’avère donc nécessaire pour assurer la souveraineté
alimentaire préconisée dans la LOA et pour reconnaitre et protéger les droits collectifs des paysans.
III. ORIENTATIONS DE LA POLITIQUE
3.1. LES PRINCIPES DIRECTEURS ET LES VALEURS DE REFERENCES DE
LA PSNM
Conformément à la Loi d’Orientation Agricole (LOA), l’État reconnait que le secteur semencier
national repose sur le système semencier paysan et le système semencier conventionnel.
Dans les différents documents de diagnostic sur les systèmes semenciers, l’Etat reconnait que les
systèmes semenciers paysans génèrent la majorité (entre 75 au minimum et 80% selon les études) 4
des semences et plants des espèces cultivées et non cultivées au Mali. Ils assurent la diversité des
systèmes agricoles et alimentaires liés aux identités culturelles des communautés et des terroirs.
Il réaffirme que la biodiversité agricole et sa gestion dynamique par les paysans et les paysannes
sont fondamentales pour des modes de productions durables comme l’agroécologie paysanne et
permettent, notamment, de résister et de s’adapter au changement climatique.
L’article 51 de la Loi d’Orientation Agricole prévoit la souveraineté alimentaire comme la ligne
directrice de la politique de développement Agricole du pays. Ainsi, l’État reconnait les
contributions passées, présentes et futures des paysans et paysannes du Mali dans la conservation,
l'amélioration et la mise à disposition des ressources phytogénétiques agricoles et alimentaires
nécessaires à l’atteinte de cette souveraineté. Les systèmes semenciers paysans sont reconnus et
soutenus afin de permettre aux paysans de maintenir, d’améliorer et d’utiliser de façon durable les
ressources phytogénétiques et les connaissances et innovations paysannes associées.
En partant de ces différentes affirmations, les principes de valeurs de la présente politique
semencières s’adossent à celles prônées par la Loi d’Orientation Agricole (LOA). Ces principes de
valeurs sont au nombre de sept (7) que sont :
4
Exemples : Etude PAFISEM 2007 (80%), Etude sécurité semencière région Mopti USC 2018 (75-80%)
Principe de valeur 1 : Le respect de l’équité entre hommes et femmes, entre riches et pauvres,
entre communautés des différentes zones géographiques, en toute circonstance pour l’accès et la
souveraineté semencière ;
Principe de valeur 2 : Responsabilité de chaque acteur et de tous les acteurs en fonction de leurs
capacités et de leurs compétences ;
Principe de valeur 3 : Solidarité entre les citoyennes/citoyens pour l’accès équitable et sécurisé
aux semences dans le pays ;
Principe de valeur 4 : Partenariat fécond entre l’ensemble des acteurs semenciers au bénéfice des
EAF en priorité et des autres acteurs semenciers tout en assurant la participation effective des
organisations de paysan.ne.s qui contribuent à la conservation, l'utilisation durable et la mise en
valeur de la biodiversité agricole;
Principe de valeur 5 : La subsidiarité dans la responsabilisation des différents acteurs en faisant
faire par le niveau local tout ce qu’il est capable de faire dans une logique de territorialité
(décentralisation et de déconcentration) des systèmes semenciers ;
Principe de valeur 6 : La complémentarité entre les acteurs dans le respect mutuel ;
Principe de valeur 7 : Le respect de la progressivité dans la mise en œuvre de la politique dans
l’optique de respecter les rythmes de changements des politiques et des pratiques sociétales et
culturelles.
Ces principes de valeurs guideront les lignes de conduite de l’ensemble des actions à mener dans le
cadre de la mise en œuvre de la Politique semencière du Mali.
3.2. VISION DE LA PNSM
En prenant en compte les engagements contenus dans la LOA et en se fondant sur la configuration
des systèmes semenciers du Mali et la volonté des acteurs, la vision de la PNSM est libellée comme
suit :
« Une souveraineté semencière réalisée au Mali, basée sur la conservation et l’utilisation
durable de la biodiversité, permettant aux Exploitant-e-s Agricoles, et autres acteurs semenciers
nationaux de disposer de façon équitable et durable des semences diversifiées 5 en qualité et en
quantité dans l’optique de contribuer à la souveraineté alimentaire du pays conformément aux
orientations de la LOA ».
Cette vision en cohérence avec l’ensemble des textes relatifs au développement Agricole du Mali
orientera toutes les autres dispositions de la politique semencière.
IV. OBJECTIFS
4.1. OBJECTIF GENERAL
L’objectif général de la politique est de garantir durablement aux Exploitant-e-s Agricoles,
la disponibilité, l’accessibilité à des semences diversifiées, reproductibles, en qualité et en
quantité suffisantes dans le respect de leurs droits.
4.2. OBJECTIFS SPECIFIQUES
Ils sont au nombre de six (06):
Objectif spécifique 1 : renforcer le cadre législatif et réglementaire régissant le système semencier
national : conventionnel et paysan.
Objectif spécifique 2 : promouvoir l’utilisation et la gestion durable de la biodiversité végétale dans
le cadre de l’agro-écologie paysanne;
5
Entendre ici diversité intra et inter espèces
Objectif spécifique 3 : reconnaître les systèmes semenciers paysans et mettre en œuvre les droits
des paysans aux semences ;
Objectif spécifique 4 : promouvoir et soutenir les deux composantes (conventionnelle et paysanne)
du système semencier national et renforcer les capacités des acteurs semenciers nationaux ;
Objectif spécifique 5 : assurer un soutien adéquat aux deux composantes du système semencier
national;
Objectif spécifique 6 : assurer le financement durable du développement du système semencier
national.
V. STRATEGIES
Le Gouvernement mettra en place un environnement institutionnel et réglementaire incitatif. Il
garantira l’investissement et l’action du secteur privé national tout en sécurisant les droits collectifs
des paysans sur leurs semences. Ce qui permettra d’accélérer l’évolution du système semencier
national afin d’atteindre la souveraineté semencière.
La politique semencière nationale, en plus de l’amélioration du cadre général d’action, intègre un
ensemble de mesures capables de renforcer les deux composantes du système semencier national.
Elle sera encadrée par les lois et règlements qui régissent le secteur agricole notamment par la Loi
d’Orientation Agricole (LOA).
Pour assurer la mise en œuvre de cette politique, le DECRET N°2019-0757/P-RM du 30 septembre
2019,portant mise en place du comité national des semences sera actualisé en vue d’une
participation effective des organisations paysannes et la prise en compte des systèmes semenciers
paysans en tenant compte des propositions du cadre multi-acteurs Semences Normes et Paysans.
Conformément à sa mission suivant l’ordonnance n°91-52P/CTSP, le Service Semencier
National assurera la mise en œuvre de la politique nationale semencière. Il a la charge
d’élaborer des plans d’actions annuels qui seront suivis et évalués régulièrement pour
mesurer les avancées de l’état de mise en œuvre.
La Direction Nationale de l’Agriculture assurera la coordination des activités.
Six axes constituent les orientations stratégiques permettant l’élaboration du plan d’actions de la
PNSM :
Axe stratégique 1 : renforcement du cadre législatif et règlementaire du système semencier
national et de ses deux composantes (système paysan et système conventionnel)
AXE STRATEGIQUE 2 : RENFORCEMENT DU CADRE INSTITUTIONNEL ET ORGANISATIONNEL DU SYSTEME
SEMENCIER NATIONAL
AXE STRATEGIQUE 3 : RECONNAISSANCE DU SYSTEME SEMENCIER PAYSAN
AXE STRATEGIE 4 : PROMOTION ET SOUTIEN AUX DEUX COMPOSANTES DU
SYSTEME SEMENCIER NATIONAL
AXE STRATEGIQUE 5: ASSURER LE FINANCEMENT DURABLE DU
DEVELOPPEMENT DU SYSTEME SEMENCIER NATIONAL
.
AXE STRATEGIQUE 6 : RENFORCEMENT DES CAPACITES DES DIFFERENTS
ACTEURS DU SYSTEME SEMENCIER NATIONAL
VI. ACTIONS A REALISER
Axe stratégique 1 : renforcement du cadre législatif et réglementaire du système semencier
national et de ses deux composantes (système paysan et système conventionnel)
Plusieurs actions seront menées, entre autres, la mise en cohérence des cadres juridiques relatifs aux
deux composantes du système semencier national :
La relecture de la Loi Semencière Nationale et de ses textes d’application pour y intégrer la
reconnaissance et la protection des systèmes semenciers paysans (y compris les droits des
paysan-ne-s) conformément aux engagements internationaux et à la présente politique ;
L’élaboration et la validation, au besoin, de nouveaux textes d’application de la Loi
semencière relue ;
AXE STRATEGIQUE 2 : RENFORCEMENT DU CADRE INSTITUTIONNEL ET ORGANISATIONNEL DU SYSTEME
SEMENCIER NATIONAL
Les actions suivantes seront mises en œuvre à travers :
La mise en cohérence du dispositif institutionnel avec la politique semencière ;
L’appui au fonctionnement de l’organe en charge de l’animation du dispositif
institutionnel ;
La mise en place et le soutien au fonctionnement des structures décentralisées du dispositif
institutionnel ;
Le suivi et l’évaluation du dispositif institutionnel.
AXE STRATEGIQUE 3 : RECONNAISSANCE DU SYSTEME SEMENCIER PAYSAN
Les actions suivantes seront mises en œuvre:
La mise en place de mécanismes, notamment des mesures juridiques et législatives, pour la
réalisation des droits collectifs des paysans.
Il s’agit de permettre aux paysans et paysannes :
- de conserver, d’utiliser, d’échanger et de vendre les semences paysannes et les
semences de ferme,
- de leur accorder le droit de participer à la prise de décision,
- de prévoir les mécanismes de consentement préalable libre et éclairé pour tout accès
aux semences paysannes qu’ils/elles gèrent, aux connaissances traditionnelles et aux
informations génétiques associées,
- de les protéger contre l’appropriation illégale par tout droit de propriété intellectuelle
exclusif,
- et d’assurer le partage équitable des avantages issus de l’utilisation des semences
paysannes, connaissances paysannes et informations génétiques associées obtenues avec leur
accord.
La reconnaissance de mécanismes fonctionnels d’autocontrôle mis en place par les paysan-ne-s
eux-mêmes pour assurer la qualité des semences (notamment sanitaire, germinative et
agronomique) pour leur mise en circulation (y compris la vente) dans le respect de leurs critères
et de leurs règles définis collectivement par les communautés paysannes. Ces mécanismes
peuvent être volontairement matérialisés par un code de conduite ou un système participatif de
garantie.
AXE STRATEGIE 4 : PROMOTION ET SOUTIEN AUX DEUX COMPOSANTES DU
SYSTEME SEMENCIER NATIONAL
Promotion et soutien à la composante système semencier paysan :
Le financement des équipements et aménagements pour la production, la conservation et la
valorisation des semences paysannes en agroécologie paysanne ;
L’appui aux mécanismes volontaires participatifs de garantie et d’assurance de suivi de la
qualité des semences paysannes issues du système semencier paysan pour leur mise en
circulation, y compris leur vente.
L’appui aux organisations paysannes, communautés et collectifs qui gèrent de façon
dynamique les semences paysannes en agroécologie paysanne, dans l’organisation
d’espaces d’innovation, de formation, de transmission de savoirs et savoir-faire paysans et
de mise en circulation des semences paysannes tels que, entre autres : les foires et fêtes des
semences paysannes, les cases vivantes des semences paysannes ou banques
communautaires de semences paysannes…
L’appui à l’élaboration de registres communautaires de variétés paysannes gérées par les
collectifs et la communauté, tout en assurant les mécanismes garantissant la protection
efficace des connaissances sur les semences, innovations et pratiques paysannes et
connaissances associées aux semences et aux ressources génétiques. Ces registres restent
facultatifs et ne devront en aucun cas limiter les droits des paysan.ne.s. Leur contenu restera
au contrôle de la communauté paysanne.
L’accompagnement et le soutien à des initiatives de recherche paysanne et le renforcement
des capacités techniques des paysans chercheurs conformément aux dispositifs de la LOA
tout en assurant les mécanismes garantissant la protection efficace des connaissances et
innovations paysannes associées ;
Promotion et soutien à la composante du système semencier conventionnel
- Le soutien à la sélection et au développement de variétés adaptées aux besoins des EAF dans
un contexte de changements climatiques et de production durable et la vulgarisation de l’offre
variétale ;
- La planification de la production des semences selon les besoins des exploitations agricoles ;
- Le renforcement des capacités techniques et financières des producteurs en production et
conditionnement de semence;
- L’équipement et le renforcement des laboratoires de semences existants, la création et
l’équipement de laboratoires de semences décentralisés (régionaux) ;
- L’appui à la mise en place d’espaces de vente d’intrants agricoles à caractères coopératifs au
profit des paysans ;
- La création d’un réseau de distributeurs agréés de semences certifiées des organisations de
producteurs.
AXE STRATEGIQUE 5: ASSURER LE FINANCEMENT DURABLE DU
DEVELOPPEMENT DU SYSTEME SEMENCIER NATIONAL
IL s’agira entre autres de mettre en place des actions de :
Mobilisation des ressources internes à travers le FNAA pour un financement public en
priorité de la recherche agricole répondant aux besoins des EAF ;
Mise en place et de fonctionnement d’un mécanisme de mobilisation des ressources issues
du fonds de partage des avantages liés à l’utilisation durable des ressources phytogénétiques
pour l’agriculture et l’alimentation.
Mise en place d’un mécanisme de taxation sur les opérateurs qui mettent en distribution des
semences non reproductibles sous droits de licence ;
Suivi et évaluation de la mobilisation des ressources.
AXE STRATEGIQUE 6 : RENFORCEMENT DES CAPACITES DES DIFFERENTS
ACTEURS DU SYSTEME SEMENCIER NATIONAL
Les actions seront autour de :
L’élaboration d’un plan de formation pour les différentes familles d’acteurs semenciers
selon les priorités définis par les familles d’acteurs elle-même ;
La formation des formateurs ;
Le suivi et l’évaluation du plan de formation ;
La capitalisation des résultats obtenus du plan de formation.
VII. MOYENS DE MISE EN ŒUVRE
VII.1. mécanismes de financement
Un fonds National d’appui au secteur semencier FNAS sera mis en place.
Ce fonds d’appui sera orienté selon les priorités définies suite à une concertation de tous les acteurs
notamment le CNS et le cadre de concertation SNP sur les systèmes semenciers paysans. Il sera
destiné à soutenir l’ensemble des activités semencières, en considérant les deux composantes du
système semencier national : paysan et conventionnel.
Ce fonds sera alimenté par différents mécanismes :
-
- Le FNAA en son guichet 1 développement Agricole. En plus des sources d’alimentation
spécifiées au niveau du FNAA, d’autres sources pourront alimenter son guichet 1 pour soutenir
notamment la production de semences de qualité, la conservation la gestion et l’utilisation durable
de la biodiversité végétale dans les exploitations agricoles familiales conformément aux articles 5 et
6 du TIRPAA :
- Les recettes tirées du système d’homologation et de certification des semences ;
- L’apport des filières de cultures industrielles ;
- La collecte du partage des bénéfices issus de l’utilisation des ressources phytogénétiques du
patrimoine national versées au système multilatéral du TIRPAA collectées sur le territoire national
avec l’accord des autorités nationales, après le consentement écrit libre et éclairé pris en
connaissance de cause des communautés locales concernées garantissant leur droit de toujours
utiliser, échanger ou vendre leurs semences ;
- Le prélèvement d’un pourcentage sur la taxation des semences importées non librement
reproductibles sous droits de licence : L’État mettra en place un système de taxation des bénéfices
des entreprises issues de la commercialisation des semences non librement reproductibles et sous
droits de licence.
7.2. AUTRES TYPES DE FONDS ET DE FINANCEMENT
7.2.1. Fonds de garantie
Le fonds de garantie du FNAA (Guichet 3) sera utilisé pour garantir les crédits des opérations des
producteurs et vendeurs de semences des deux composantes du système semencier.
D’autres types de fonds de garantie qui respectent les règles de fonctionnement du fonds de garantie
du FNAA, peuvent être utilisés comme autre opportunité de financement des opérations liées aux
semences.
Ce fonds, déposé dans des banques commerciales, peut-être sous-traité avec des IMF. Les
coopératives ou mutuelles de crédit vont ainsi intervenir comme des structures de refinancement des
activités des opérateurs semenciers.
7.2.2. Facilités fiscales
Des mesures fiscales, douanières et financières seront prises dans le sens de (i) l’exonération des
taxes d’importation des équipements et fournitures nécessaires au développement et à
l’amélioration des capacités opérationnelles des acteurs semenciers ; (ii) des prêts à des taux
bonifiés conformément aux dispositions de la LOA.
7.2.3. Banques et institutions de microfinances
Les banques et institutions de microfinances, doivent faciliter l’accès aux crédits à taux
bonifiés pour les activités en amont et en aval de production semencière.
7.2.4 Mécanismes communautaires d’autofinancement
Les mécanismes communautaires d’autofinancement, notamment les associations
villageoises d’épargne et de crédit, seront promus et soutenus.
7.2.5 Guichet 2 « Risques et Calamités » du FNAA
Le guichet 2 du FNAA doit assurer un traitement différencié de l’assurance récolte aux titres des
semences. Une partie du guichet 2 du FNAA servira au mécanisme de reconstitution du Stock
national de sécurité de semences, en tenant compte de la décentralisation.
VIII. SUIVI-EVALUATION à retravailler (CPS/SDR)
Le Suivi-Evaluation sera assuré par la Cellule de Planification et de Statistiques du Secteur du
Développement Rural (CPS/SDR).
La CPS/SDR, en partenariat avec tous les acteurs semenciers, en assurant notamment la
participation effective des paysan-ne-s qui gèrent la biodiversité agricole, mettra en place une base
de données actualisée et harmonisée sur les deux composantes du système semencier national,
pour permettre un suivi efficace des activités.
Le pilotage du système doit toujours avoir à l’esprit de recentrer les programmes semenciers sur
ses objectifs de base et ses deux composantes.
Le dispositif de suivi-évaluation devra travailler dans un cadre de large partenariat avec tous les
acteurs du système semencier. La CPS/SDR doit évaluer, suivre régulièrement le niveau
d’articulation et de cohérence du sous-secteur semencier avec les dispositions de la LOA,
l’articulation du système semencier national avec les principes de politique et de stratégie qui
gouvernent le secteur agricole.
ANNEXES
IX. CODE DE CONDUITE EN SITUATION D’URGENCE
L’Etat mettra en place un Stock National de Sécurité de Semences approvisionné en priorité par des
semences provenant des deux composantes du système semencier national. Ce stock sera le recours
prioritaire en cas de crise.
En effet, les situations de crise sont devenues récurrentes et diverses, elles peuvent être causées par:
(i) et la détérioration des conditions climatiques marquée par des cycles de sécheresse et/ou des
inondations, phénomènes préjudiciables à la production agricole, (ii) l’impact des mauvaises
conditions phytosanitaires en plus des invasions d’insectes ou acridiennes, de la divagation des
animaux qui relèvent tous de phénomènes dévastateurs de la production agricole (ii) les conflits
politico militaires et l’insécurité grandissante et de plus en plus aigüe qui touchent quatre des six
pays de la sous-région. Les populations affectées par les crises, reçoivent de l’Etat et des institutions
humanitaires dont la FAO et les ONGS, des aides humanitaires sous forme d’intrants agricoles
(semences) et petits matériels agricoles adaptés à leurs besoins, maîtrisables et maîtrisés.
L’Etat et ses partenaires au développement, se mobilisent aussi pour lutter contre les crises en
mettant en œuvre des programmes et opérations d’aide d’urgence sous forme de distribution de
rations alimentaires et d’intrants agricoles, particulièrement des semences adaptées aux besoins des
exploitantes et exploitants Agricoles. L’aide semencière constitue le mécanisme le plus utilisé pour
appuyer la relance de la production des petites exploitations. Les semences distribuées dans le cadre
des aides sont le plus souvent mobilisées et livrées sans un contrôle préalable de la qualité. Les lots
de semences reçus, peuvent souvent être atteints par une probable érosion génétique, des maladies
cryptogamiques et bien d’autres contaminations génétiques.
Il est impératif que cette aide soit mieux organisée, il ne s’agit pas seulement de mobiliser et de
distribuer des stocks de semences ; il ne faut surtout pas que cet appui produise les effets contraires
aux objectifs de départ, et surtout éviter de développer chez le producteur une attitude d’assisté et
perturber les systèmes de production en agissant négativement sur la structure des filières et la
dynamique du système semencier national. Il faudra s’assurer que l’aide en semences n’aura pas
comme résultat, une déstructuration et une profonde déstabilisation du sous-secteur semencier. A
cet effet, l’Etat, ses partenaires de l’aide, les producteurs doivent s’accorder sur les principes
fondateurs des opérations d’aide en semences et les mécanismes de mise en œuvre de ces
opérations. Vu la diversité des interventions dans les programmes d’urgence en semences, il est
nécessaire qu’un consensus fort puisse être trouvé et instaurer, ce consensus se fait sur la base d’un
CODE DE CONDUITE. Ce code permettra d’optimiser les initiatives et de réduire les risques que
ces interventions pourraient engendrer.
Le Code de conduite est destiné à réguler les interventions, à renforcer les synergies et la
complémentarité entre les programmes.
Le code devra élaborer des stratégies pour soutenir les communautés paysannes à recréer leurs
systèmes semenciers dans les cas où elles auraient perdu leurs semences à cause d’une situation
d'urgence.
Le Code de conduite sera : (i) un ensemble de procédures traitant du cadre institutionnel,
organisationnel et réglementaire, de la sécurité semencière, de la qualité des semences distribuées,
des modalités d’approvisionnement et de distribution des semences, de l’accompagnement
technique des bénéficiaires des aides ; il permet d’anticiper sur les crises en lieu et place d’un
accompagnement, (ii) multidimensionnel et s’appuie sur des fondements institutionnels et
juridiques tout en se projetant à travers des principes et procédures opérationnelles.
X. RISQUES A CONSIDERER DANS LA MISE EN ŒUVRE DE LA POLITIQUE
Les risques majeurs auxquels la PNS/Mali peut faire face sont entre autres :
Des risques politiques :
Les dissensions entre les différents partis politiques au Parlement lors de l’adoption de politique ou
l’acceptation du budget de mise en œuvre du plan d’actions.
Des risques liés au financement :
La non disponibilité des ressources financières pour la mise en œuvre des actions.
Les risques liés à l’insécurité dans certaines zones agro-écologiques :
Insécurité dans certaines zones du pays pouvant entraver la mise en œuvre de la politique sur
l’ensemble du territoire.
Les risques liés aux variations climatiques et risques environnementaux :
Des changements brusques dans les conditions climatiques du pays qui peuvent perturber les
systèmes e production des semences dans le pays
Déstructuration des systèmes semenciers paysans et des équilibres écologiques par l’introduction de
nouvelles biotechnologies incontrôlées.
Tableau d’analyse des risques liés à la politique semencière du Mali
RISQUES PROBABILITE MANIFESTATIONS MESURES DE
GESTION DES
RISQUES
Risques politiques FAIBLE Remise en cause du texte Mieux informer et
par certains partis sensibiliser l’ensemble
politiques des acteurs politiques
sur les enjeux de la
politique semencière
Risques liés au MOYEN Niveau faible du Assurer le
financement du plan financement des actions financement public du
d’actions de la Incohérence dans le plan d’actions en
politique dispositif de financement priorité tel que stipuler
dans l’article 108 de la
des actions
LOA.
Déséquilibre du
financement des deux Diversifier les sources
composantes du système de financement de la
politique tout en
semencier
prenant en compte les
Ingérence de certains enjeux de pouvoir
acteurs semenciers entre les acteurs.
internationaux dans la
réorientation des priorités Mettre en place un
mécanisme rigoureux
Corruption de contrôle/gestion
des ressources.
Risques liés à ELEVE Impossibilité/difficultés à Accélérer la mise en
l’insécurité dans assurer l’activité de place du Stock
certaines zones agro- production. Semencier National
écologiques du Mali Perte de certaines constitué en priorité
de semences
semences paysannes
paysannes les plus
Contaminations utilisées dans le pays.
génétiques incontrôlées
Favoriser la mise en
et/ou irréversibles
place des dispositifs
d’échanges et de
partage des semences
paysannes.
Mieux financer les
deux systèmes
semenciers reconnus.
Avoir un système
biosécurité efficace
qui tient compte du
risque d’introduction
des nouvelles
Biotechnologies avec
beaucoup
d’incertitudes et
d’inconvénients.
Risques liés aux ELEVE Impossibilité/difficultés à Consolider le système
variations climatiques assurer l’activité de semencier paysan
production. dans l’agro-écologie
Perte de certaines paysanne à mieux de
prendre en compte la
semences paysannes.
variabilité climatique.
Problème de mutation
Mieux soutenir le
des semences
financement de la
Difficultés d’adaptation recherche
des semences. conventionnelle pour
la production de
semences mieux
adaptées à la
variabilité climatique
et qui sont des biens
publics disponibles
pour tous les maliens
et toutes les maliennes
sans restriction
comme le stipule la
LOA