DS 6
DS 6
BON TRAVAIL
————————————————————–
I Préliminaires
Les deux questions suivantes sont indépendantes et les résultats qu’elles proposent d’établir pourront être admis
pour traiter la partie II.
I.1. (a) Soit x ∈ Q. Montrer qu’il existe un unique couple (N, D) ∈ Z × N∗ tel que
N
x= et N ∧D =1 .
D
Dans la suite du problème, on notera N (x) et D(x) l’unique couple solution du problème ci-dessus.
N (x)
La fraction est appelée le représentant irréductible de x.
D(x)
N (x) N (y)
(b) Soient x = et y = les représentants irréductibles des deux rationnels x et y.
D(x) D(y)
Montrer que, si d ∈ N est un diviseur commun à N (x) et N (y), alors d et D(x)D(y) sont premiers entre eux
et d divise N (x + y).
I.2. (a) Soit k ∈ [[1, p − 1]].
i. En utilisant une relation de Bezout, montrer qu’il existe un entier relatif u tel que uk ≡ 1 [p].
ii. Notons alors r le reste de la division euclidienne de u par p. Montrer que rk ≡ 1[p] et que r est l’unique
h ∈ Z tel que hk ≡ 1 [p] et h ∈ [[1, p − 1]].
1
II Congruences sur les rationnels
Soient k un entier naturel non nul et p un nombre premier fixés.
On considère sur Q la relation binaire R suivante : x ∈ Q est en relation avec y ∈ Q si pk divise N (x − y) (le
numérateur du représentant irréductible de x − y).
II.1. Montrer que R est une relation d’équivalence sur Q.
On notera désormais x ≡Q y [pk ] l’assertion xRy.
II.2. Caractériser (ce qui signifie donner un énoncé équivalent) à l’aide de la relation de divisibilité habituelle sur Z,
les assertions
— a ≡Q b [pk ] lorsque (a, b) ∈ Z2 ,
— x ≡Q 0 [pk ] lorsque x ∈ Q.
II.3. Soient (x, y, x′ , y ′ ) ∈ Q4 tels que x ≡Q y [pk ] et x′ ≡Q y ′ [pk ].
Montrer que x + x′ ≡Q y + y ′ [pk ].
II.4. Soient (x, y) ∈ Q2 tels que x ≡Q y [pk ] et z ∈ Q.
A-t-on nécessairement xz ≡Q yz [pk ] ?
Donner une condition portant sur D(z) et montrer qu’elle suffit pour établir xz ≡Q yz [pk ].
III.4. Soit k ∈ [[1, p − 1]] et h = I(k) où I est l’application définie dans la partie I (préliminaires).
1 1
Montrer que ≡Q h [p] et 2 ≡Q h2 [p].
k k
III.5. Conclure en établissant que, si p est un nombre premier supérieur ou égal à 5, alors p2 divise Ap . Ce résultat est
connu sous le nom du théorème de Wolstenholme.
2
Anneau Zα
Dans tout le problème, on considère le polynôme P = X 2 + bX + c, unitaire, à coefficients entiers (c’est-à-dire
(b, c) ∈ Z2 ) et de discriminant ∆ = b2 − 4c < 0.
II Suite récurrente
!
0 1
On considère dans cette partie la matrice N = .
−c −b
II.1. Montrer que P (N ) = 0.
II.2. Soit m ∈ N. On note respectivement Qm et Rm le quotient et le reste de la division euclidienne de X m par P
dans C[X].
αm − αm ααm − ααm
(a) Montrer que Rm = X+ .
α−α α−α
(b) En déduire une expression de N m en fonction de N , I2 , α, α et m.
II.3. L’expression précédente est-elle vraie pour m ∈ Z ?
On considère la suite u définie par (u0 , u1 ) ∈ Z2 et, pour tout n ∈ N,
(c) Étude des termes d’indices un nombre premier. Soit p un nombre premier supérieur ou égal à 3.
p−1
i. Établir que up ≡ (−2) 2 [p]. On justifiera soigneusement tout résultat utilisé.
ii. Montrer que up est une racine de X 2 − 1 dans Z/pZ. Quelle est la forme factorisée de X 2 − 1 dans le
corps Z/pZ ? Que peut-on en déduire concernant la congruence de up modulo p ?
(d) Étude des termes d’indices une puissance de 2. Notons v la suite définie par
ce qui correspond, comme pour la suite u, au cas particulier de l’étude précédente pour b = 2 et c = 3.
3
αn + αn
i. Montrer que ∀n ∈ N , vn = où α est une racine du trinôme X 2 + 2X + 3.
2
ii. En reconnaissant une identité remarquable, déterminer, pour tout n ∈ N, une relation simple entre u2n+1 ,
u2n et v2n .
iii. En déduire, par récurrence, que u2n ≡ 0 [2n ] pour tout n ∈ N.
4
Correction
Congruences sur les rationnels et applications arithmétiques
Dans tout le problème, p désigne un nombre premier supérieur ou égal à 3 et, pour (a, b) ∈ Z2 , a ≡ b [p]
désigne la relation de congruence modulo p sur les entiers relatifs.
L’objet de ce problème est de définir une relation de congruence sur les nombres rationnels puis d’établir des règles
de manipulation de cette relation de congruence afin de l’utiliser pour prouver des résultats arithmétiques.
I Préliminaires
Les deux questions suivantes sont indépendantes et les résultats qu’elles proposent d’établir pourront être admis
pour traiter la partie II.
I.1. (a) Soit x ∈ Q. Montrer qu’il existe un unique couple (N, D) ∈ Z × N∗ tel que
N
x= et N ∧D =1 .
D
Dans la suite du problème, on notera N (x) et D(x) l’unique couple solution du problème ci-dessus.
N (x)
La fraction est appelée le représentant irréductible de x.
D(x)
a
Par définition de Q, il existe (a, b) ∈ Z × Z∗ tel que x = .
b
Notons δ = a ∧ b,
alors il existe a′ , b′ ∈ Z × Z∗ tel que a = δa′ et b = δb′ avec a′ ∧ b′ = 1.
Prenons alors D = b′ et N = a′ si b > 0 ou D = −b′ et N = −a′ si b < 0.
N
On a alors x = avec N ∧ D = 1 et D ∈ N∗ .
D
Reste à montrer l’unicité.
N1 N2
Si x = = avec N1 ∧ D1 = N2 ∧ D2 = 1 et D1 , D2 ∈ N∗ ,
D1 D2
alors D2 N1 = D1 N2 , donc D1 divise D2 N1 . Or N1 ∧ D1 = 1, donc d’après le lemme de Gauss D1 |D2 .
pour des raisons symétriques : D2 |D1 . Ainsi D1 et D2 sont associés dans Z.
Autrement écrit : il existe λ ∈ {−1, 1} tel que D1 = λD2 .
Mais D1 , D2 ∈ N, donc λ = 1 et D1 = D2 et par suite N1 = N2 .
N
Pour tout x ∈ Q, il existe un unique couple (N, D) ∈ Z × N∗ tel que x = et N ∧ D = 1.
D
N (x) N (y)
(b) Soient x = et y = les représentants irréductibles des deux rationnels x et y.
D(x) D(y)
Montrer que, si d ∈ N est un diviseur commun à N (x) et N (y), alors d et D(x)D(y) sont premiers entre eux
et d divise N (x + y).
Supposons que d ∧ D(x)D(y) 6= 1. Soit p un diviseur premier de d ∧ D(x)D(y) (il existe bien !).
Comme p est premier, p divise D(x) ou p divise D(y).
Sans perte de généralité (SPDG), on peut supposer p divise D(y) (respectivement D(x)).
Alors, par transitivité de la divisibilité, p divise d donc N (x) et N (y).
Ainsi, p divise D(y) et p divise N (y) (resp. D(x) et N (x)).
Ainsi p|D(y) ∧ N (y) = 1 (resp. p|D(x ∧ N (x) = 1).
Ceci est impossible pour un nombre premier. Donc
d ∧ D(x)D(y) = 1
1
Puis d divise N (x) et N (y) donc toute combinaison linéaire de ces nombres,
ainsi d divise D(y)N (x) + D(x)N (y) et donc d divise δ × N (x + y).
Or si on note t = δ ∧ d, t divise δ donc D(x)D(y) (puisque PGCD),
donc t divise d ∧ D(x)D(y) = 1, donc t = 1.
On applique alors le lemme de Gauss :
d divise N (x + y).
p est un nombre premier, il est donc en particulier avec tous les nombres qu’il ne divise pas,
c’est le cas de tous les nombres de [[1, p − 1]]. Ainsi p ∧ k = 1.
On peut appliquer une relation de Bézout : ∃ u, v ∈ Z tel que uk + vp = 1.
Si l’on passe cette relation modulo p, on trouve :
ii. Notons alors r le reste de la division euclidienne de u par p. Montrer que rk ≡ 1[p] et que r est l’unique
h ∈ Z tel que hk ≡ 1 [p] et h ∈ [[1, p − 1]].
1 ≡ uk ≡ rk [p]
Soit h ∈ [[1, p − 1]] tel que hk ≡ 1[p], alors hk ≡ rk[p]. Donc p|hk − rk = (h − r)k
Or p ∧ k = 1 (déjà vu), donc p|h − r.
Or 1 − (p − 1) 6 h − r 6 (p − 1) − 1, donc h − r ∈ [[−p + 2, p − 2]] ∩ pZ = {0}.
ii. Montrer que l’application Ip est une permutation de [[1, p − 1]] (c’est-à-dire une bijection de [[1, p − 1]]
dans [[1, p − 1]]).
Notons que Ip est une application définie d’un ensemble E dans lui-même, de cardinal fini. Donc, il
suffirait de montrer que Ip est injective ou Ip est surjective pour pouvoir affirmer directement que Ip est
bijective.
Néanmoins, nous allons montrer ici que Ip est surjective puis injective donc bijective.
Soit r ∈ [[1, p − 1]]. Soit k = Ip (r). On a donc k ∈ [[1, p − 1]],
et r × k = r × Ip (r) ≡ 1[p], donc Ip (k) = r. Et Ip est surjective de [[1, p − 1]] sur [[1, p − 1]].
Soient k1 , k2 de [[1, p − 1]] tels que Ip (k1 ) = Ip (k2 ) := r.
2
alors k1 r ≡ k2 r ≡ 1[p], donc p|(k1 − k2 )r donc p|k1 − k2 car p ∧ r = 1 (r ∈ [[1, p − 1]]).
Et comme précédemment : k1 − k2 ∈ [[−p + 2, p − 2]] ∩ pZ = {0}, donc k1 = k2 , et Ip est injective.
iii. Formuler, dans le cadre de l’anneau Z/pZ, le résultat qui vient d’être établi concernant ses éléments
inversibles.
De plus, l’application I correspond, sur (Z/pZ)× , à l’application qui à tout élément associe son symétrique
multiplicatif donc
l’inversion est une permutation du groupe((Z/pZ)× , ×).
On considère sur Q la relation binaire R suivante : x ∈ Q est en relation avec y ∈ Q si pk divise N (x − y) (le
numérateur du représentant irréductible de x − y).
II.1. Montrer que R est une relation d’équivalence sur Q.
3
II.2. Caractériser (ce qui signifie donner un énoncé équivalent) à l’aide de la relation de divisibilité habituelle sur Z,
les assertions
— a ≡Q b [pk ] lorsque (a, b) ∈ Z2 ,
— x ≡Q 0 [pk ] lorsque x ∈ Q.
a−b
Dans le cas où a, b ∈ Z, alors l’écriture irréductible de a − b est a − b = .
1
Donc N (a − b) = a − b. Ainsi
Ainsi x + x′ ≡Q y + y ′ [pk ].
Il faut visiblement que p ∧ D(z) = 1 (même si on n’a pas démontrer que cette condition est nécessaire).
Montrons que cette condition est suffisante. Supposons donc que p ∧ D(z) = 1
N (x − y)N (z)
Notons que xz − yz = (x − y)z = .
D(x − y)D(z)
Cette écriture n’est a priori par la forme irréductible.
Notons λ = [N (x − y)N (z)] ∧ [D(x − y)D(z)].
Alors, en simplifiant par λ, on obtient la forme irréductible donc N (x − y)N (z) = λ × N (xz − yz) et
D(x − y)D(z) = λ × D(xz − yz).
Si p|λ, alors p|D(x − y)D(z) (car c’est un PGCD).
Or d’après notre condition : p ∧ D(z) = 1, on a donc (Lemme de Gauss) : p|D(x − y).
N (x − y)
mais pk |N (x − y) et donc on a p|N (x − y) et p|D(x − y) et donc non irréductible.
D(x − y)
Ceci est impossible donc p ne divise pas λ. p étant premier : p ∧ λ = 1.
On enfin pk ∧ λ = 1. Or pk |N (x − y)N (z) = λN (xz − yz),
donc d’après le lemme de Gauss : pk |N (xz − yz) et donc xz ≡Q yz[pk ].
4
III Applications arithmétiques
On note Sp−1 le nombre rationnel
p−1
X 1 Ap
Sp−1 = =
k=1
k Bp
où l’on a posé Ap = N (Sp−1 ) et Bp = D(Sp−1 ).
III.1. Donner les représentants irréductibles de Sp−1 pour p = 3, p = 5 et dans chaque cas donner la valeur de la plus
grande puissance de p divisant Ap .
1 3
S2 = 1 + = donc A3 = N (S2 ) = 3 et B3 = N (S2 ) = 2
2 2
car la fraction obtenue est irréductible. Pour p = 5, il faut faire le calcul jusqu’à k = 4 :
1 1 1 12 + 6 + 4 + 3 25
S2 = 1 + + + = = donc A5 = N (S5 ) = 25 et B5 = N (S5 ) = 12
2 3 4 12 12
La plus grande puissance de 3 qui divise A3 est 3. La plus grande puissance de 5 qui divise A5 est 52 .
p−1
X 1 pV
III.2. (a) Justifier que Sp−1 = puis montrer qu’il existe V ∈ N tel que 2Sp−1 = .
k=1
p−k (p − 1)!
p−1 p−1
X1 X 1
Sp−1 = =
k=1
k h=1 p − h
Et donc, en additionnant deux fois cette même somme (avec deux écritures différentes) :
p−1 p−1 p−1 p−1
X 1 X 1 X (p − k) + k X 1
2Sp−1 = + = =p
k=1
k k=1
p − k k=1
k(p − k) k=1
k(p − k)
Puis, comme pour tout k ∈ [[1, p − 1]], k et p − k sont dans le produit qui définit (p − 1)!,
il existe ap ∈ N tel que (p − 1)! = ap × k(p − k).
p−1 p−1
X ap p X
2Sp−1 =p = ak
k=1
(p − 1)! (p − 1)! k=1
| {z }
=V
pV
Il existe V ∈ N tel que 2Sp−1 = .
(p − 1)!
5
III.3. Montrer que, pour tout s ∈ [[1, p − 1]],
1 p
p ≡Q 1 + [p2 ]
1− s s
et en déduire que
p−1
X 1 p
Sp−1 ≡Q − 1+ [p2 ]
s=1
s s
puis
p−1
X 1 2
2Sp−1 ≡Q −p 2
[p ]
s=1
s
Puis :
p−1 p−1 p−1
X 1 X 1 X −1 1
Sp−1 = = p = p
s=1
p − s s=1 s s −1 s=1
s 1− s
Puis par addition des congruences et la question précédente :
p−1
X −1 p
Sp−1 ≡Q 1+ [p2 ]
s=1
s s
p−1
X 1
On additionne alors Sp−1 = :
s=1
s
p−1
1 p X 1
2Sp−1 ≡Q 1− 1+ ≡Q −p [p2 ]
s s s=1
s2
III.4. Soit k ∈ [[1, p − 1]] et h = I(k) où I est l’application définie dans la partie I (préliminaires).
1 1
Montrer que ≡Q h [p] et 2 ≡Q h2 [p].
k k
1 1 − kh
On a vu que h × k ≡ 1[p], donc −h= .
k k
Même si cette fraction n’est peut-être pas la fraction irréductible, on a p ∧ k = 1 (k ∈ [[1, p − 1]]), et p|1 − kh.
1
Donc en simplifiant numérateur et dénominateur de cette fraction par λ = (1−kh)∧k, on a toujours p|N ( −h).
k
1
Ainsi ≡Q h[p].
k
1 2 1 − k2 h2 (1 − kh)(1 + kh)
De même − h = = .
k2 k k
Même si cette fraction n’est pas la fraction irréductible, on a p ∧ k = 1 (k ∈ [[1, p − 1]]), et p|1 − kh.
1
Donc en simplifiant cette fraction par λ = (1 − k2 h2 ) ∧ k, on a toujours p|N ( 2 − h2 ).
k
1
Ainsi ≡Q h2 [p].
k2
6
III.5. Conclure en établissant que, si p est un nombre premier supérieur ou égal à 5, alors p2 divise Ap . Ce résultat est
connu sous le nom du théorème de Wolstenholme.
p2 |Ap
Anneau Zα
Dans tout le problème, on considère le polynôme P = X 2 + bX + c, unitaire, à coefficients entiers (c’est-à-dire
(b, c) ∈ Z2 ) et de discriminant ∆ = b2 − 4c < 0.
P est unitaire de degré 2 dans C[X] et scindé de racines α et β donc sa forme factorisée est
P = 1
|{z} ×(X − α)(X − β) = X 2 − (α + β)X + αβ
P unitaire
or P = X 2 + bX + c et deux polynômes sont égaux si et seulement si ils ont les mêmes coefficients donc
α + β = −b ∈ Z et αβ = c ∈ Z.
(b) Prouver que β = α et exprimer la valeur de |α| en fonction de c. (Pourquoi c est-il nécessairement positif ?)
P (α) = α2 + bα + c = α2 + bα + c = α2 + bα + c =
|{z} α2 + bα + c = P (α)
(b, c) ∈ R2
donc β = α.
On en déduit, d’après la question précédente que c = αβ = αα = |α|2
donc c > 0,
puis en prenant la racine carrée, puisque |α| > 0,
√
|α| = c.
Rmq : on a vu que c > 0, si c = 0, alors ∆ = b2 − 4c = b2 > 0 ce qui est une contradiction donc c > 0.
7
On note Zα l’ensemble {p + αq | (p, q) ∈ Z2 }.
I.2. (a) Montrer que (Zα , +, ×) est un anneau commutatif.
La théorie du discriminant qui permet de calculer les racines complexes d’un trinôme du second degré à
coefficients réels donne comme racines de P :
p p
b |∆| b |∆|
− −i et − −i
2 2 2 2
q
où ∆ = b2 − 4c < 0 donc |∆| =
6 0.
p
|∆|
Puisque α est l’une de ces deux racines, |Im(α)| = ,
2′
donc Im(α) 6= 0 si bien que l’égalité (∗∗) donne q = q puis en reportant dans (∗) on obtient p = p′ .
Ainsi, p + αq = p′ + αq ′ ⇐⇒ [p = p′ et q = q ′ .
(c) On note Gα = {z ∈ Zα | ∃ z ′ ∈ Zα , tel que z × z ′ = 1}. Pourquoi Gα est-il un groupe (on précisera vis-à-vis
de quelle loi) ?
L’anneau Zα étant commutatif, la définition de l’ensemble Gα montre qu’il s’agit des éléments de cet an-
neau symétrisables pour la loi multiplicative de l’anneau (aussi appelés éléments inversibles de l’anneau),
or nous savons que les éléments inversibles d’un anneau constituent, pour la loi multiplicative, un groupe.
Ainsi, (Gα , ×) est un groupe.
II Suite récurrente
!
0 1
On considère dans cette partie la matrice N = .
−c −b
II.1. Montrer que P (N ) = 0.
!
2 −c −b
Le calcul donne N = donc
bc −c + b2
! ! ! !
−c −b 0 b c 0 0 0
P (N ) = N 2 + bN + cI2 = + + =
bc −c + b2 −bc −b2 0 c 0 0
8
Ainsi, P (N ) = 0.
∃(am , bm ) ∈ C2 : Rm = am X + bm
d’où
X m = P Qm + am X + bm
Prenons l’image de la relation ci-dessus par les morphismes d’évaluation en α et en α pour obtenir
( (
αm = P (α)Qm (α) + am α + bm αm = am α + bm (1)
αm = P (α)Qm (α) + am α + bm |⇐⇒
{z } αm = am α + bm (2)
α et α sont racines de P
En effectuant la différence (1) − (2) des deux équations, on obtient
(α − α)am = αm − αm
αm − αm
or α 6= α (car α est complexe non réelle) donc am = . En effectuant la combinaison α(1) − α(2) des
α−α
deux équations, on obtient
ααm − ααm = (α − α)bm
ααm − ααm
d’où bm = .
α−α
αm − αm ααm − ααm
Ainsi, Rm = X+ .
α−α α−α
X m = P Qm + am X + bm
par le morphisme d’évaluation en N (morphisme d’anneaux de l’anneau C[X] dans l’anneau M2 (C)) :
Nm = P (N ) Qm (N ) + am N + bm I2
| {z }
= 0 quest. II.1
αm − αm ααm − ααm
Ainsi, N m = N+ I2 .
α−α α−α
• La relation P (N ) = 0, qui est N 2 + bN + cI2 = 0 donne N (N + bI2 ) = −cI2 d’où, puisque c 6= 0 (car c > 0),
1 b
N − N − I2 = I2
c c
1 b
or les matrices N et − N − I2 commutent donc
c c
1 b
N est inversible et N −1 = − N − I2 .
c c
9
• Prouvons le résultat par récurrence en considérant la propriété P(·) définie pour tout n ∈ N par
α−n − α−n αα−n − αα−n
P(n) : « N −n = N+ I2 ».
α−α α−α
⋆ Pour n = 0, la formule établie dans la question précédente est valide donc P(0) est vraie.
1 b
⋆ Pour n = 1, d’une part N −1 = − N − I2 ,
c c
et d’autre part
α−1 − α−1 −1 α1 − α1 1 1 αα−1 − αα−1 1 α2 − α2 1 b
= =− =− et = = (α + α) = −
α−α αα α − α αα c α−α αα α − α c c
si bien que
α−1 − α−1 αα−1 − αα−1 1 b
N+ I2 = − N − I2 = N −1
α−α α−α c c
donc P(1) est vraie.
⋆ Soit n ∈ N fixé quelconque tel que P(n) est vraie.
α−n − α−n αα−n − αα−n
Posons λ = et µ = de sorte que la véracité de P(n) donne N −n = λN + µI2 .
α−α α−α
1 b
Alors, sachant que N −1 = − N − I2 ,
c c
1 b λ µ λb b
N −(n+1)
=N −1
×N −n
= − N − I2 (λN + µI2 ) = − N 2 + − − N − µI2
c c c c c c
or N 2 = −bN − cI2 donc
µ λb λb b µ bµ
N −(n+1)
= − − + N + − µ + λ I2 = − N + λ − I2
c c c c c c
D’une part, puisque c = αα,
µ 1 αα−n − αα−n α−n−1 − α−n−1 α−(n+1) − α−(n+1)
− =− =− =
c αα α−α α−α α−α
et d’autre part, puisque −b = α + α,
bµ α−n − α−n α+α (αα−n − αα−n ) α−n − α−n + (α + α)(α−n−1 − α−n−1 ) αα−n−1 − αα−n−1
λ− = + αα = =
c α−α α−α α−α α−α
donc
µ bµ α−(n+1) − α−(n+1) αα−(n+1) − αα−(n+1)
N =− N + λ−
−(n+1)
I2 = N+ I2
c c α−α α−α
ce qui établit P(n + 1).
Ainsi, l’expression précédente est vraie pour m ∈ Z.
10
Ainsi, pour tout n ∈ N, Xn = N n X0 .
ααn − ααn αn − αn
Ainsi, ∀n ∈ N, un = u0 + u1 .
α−α α−α
II.5. Étude d’une suite particulière. Nous considérons désormais la suite u définie par
1 √
Ainsi, ∀n ∈ N, un = √ Im (−1 + i 2)n .
2
n
!
X n k−1 √ k−1
(b) En déduire que, pour tout n ∈ N, un = (−1)n−k (−1) 2 2 .
k=1
k
k≡1 [2]
n
! n
!
X n k √ k−1 √ X n k−1 √
= (−1)n−k (i2 ) 2 2 + i 2 (−1)n−k (i2 ) 2 ( 2)k−1
k=0
k k=1
k
k≡0 [2] k≡1 [2]
| {z } | {z }
∈ R car i2 = −1 k−1
ce qui a un sens car k ≡ 1[2] ⇒ ∈Z
2
11
donc, d’après la question précédente,
1 √
un = √ Im (−1 + i 2)n
2
n
!
1 √ X n k−1 √ k−1
= √ × 2 (−1)n−k (−1) 2 2
2 k=1
k
k≡1 [2]
n
!
X n k−1 √ k−1
Ainsi, ∀n ∈ N, un = (−1)n−k (−1) 2 2 .
k=1
k
k≡1 [2]
(c) Étude des termes d’indices un nombre premier. Soit p un nombre premier supérieur ou égal à 3.
p−1
i. Établir que up ≡ (−2) 2 [p]. On justifiera soigneusement tout résultat utilisé.
k=1
k
k≡1 [2]
! p−1 !
p p−1 p−1 X p k−1 k−1
= (−1)p−p (−1) 2 2 2 + (−1)p−k (−1) 2 2 2 car p premier > 3 donc p ≡ 1 [2]
p k=1
k
k≡1 [2]
p−1 !
p−1 X p k−1 k−1
= (−2) 2 + (−1)p−k (−1) 2 2 2
k=1
k | {z }
k≡1 [2] | {z } ∈Z
≡ 0 [p]
!
p
En effet, pour tout i ∈ [[1, p − 1]], p | car
i
! !
p p! p (p − 1)! p p−1
= = × =
i i!(p − i)! i (i − 1)!(p − 1) − (i − 1))! i i−1
! ! !
p−1 p p
donc p =i donc p | i ,
i−1 i i
| {z } | {z }
∈Z ∈Z
or p ∧ i = 1 (car p premier et p ne divise pas i car i ∈ [[1,!p − 1]]),
p
donc le théorème de Gauss permet d’affirmer que p | .
i
p−1
Ainsi, up ≡ (−2) 2 [p].
ii. Montrer que up est une racine de X 2 − 1 dans Z/pZ. Quelle est la forme factorisée de X 2 − 1 dans le
corps Z/pZ ? Que peut-on en déduire concernant la congruence de up modulo p ?
p−1
• Puisque, d’après la question précédente, up ≡ (−2) 2 [p], on a
p−1
u2p ≡ ((−2) 2 )2 [p] ≡ (−2)p−1 [p]
or p est premier et p ∧ (−2) = p ∧ 2 = 1 (car deux nombres premiers distincts sont premiers entre
eux) donc le petit théorème de Fermat donne
(−2)p−1 ≡ 1 [p]
12
• ⋆ 12 ≡ 1 [p] et (p − 1)2 ≡ (−1)2 [p] ≡ (−1)2 ≡ 1 [p] donc 1 et p − 1 sont deux racines distinctes (car
p > 3 donc 0 6 1 < p − 1 donc 1 et p − 1 sont deux représentants distincts dans le système [[0, p − 1]]
de représentants des classes modulo p) de X 2 − 1 dans Z/pZ,
⋆ X 2 − 1 est de degré 2,
⋆ X 2 − 1 est unitaire,
donc X 2 − 1 n’a pas d’autres racines, ces deux racines sont simples et sa forme factorisée est
X 2 − 1 = (X − 1)(X − p − 1) = (X − 1)(X + 1)
• D’après les deux points précédents, up est une racine de X 2 − 1 dans Z/pZ et les racines de X 2 − 1
dans ce corps sont {1, −1} donc
up ≡ 1 [p] ou up ≡ −1 [p]
(d) Étude des termes d’indices une puissance de 2. Notons v la suite définie par
ce qui correspond, comme pour la suite u, au cas particulier de l’étude précédente pour b = 2 et c = 3.
αn + αn
i. Montrer que ∀n ∈ N , vn = où α est une racine du trinôme X 2 + 2X + 3.
2
Appliquons la formule établie dans la question II.4(b) pour
√
α = −1 + i 2 , u0 = 1 , u1 = −1
ααn − ααn αn − αn
∀n ∈ N , vn = −
α−α α−α
ααn − ααn − αn + αn
=
α−α
(α + 1)αn − (α + 1)αn √ √ √
= or α + 1 = i 2, α + 1 = −i 2 et α − α = 2iIm(α) = 2i 2
α−α
αn + αn
=
2
αn + αn
Ainsi, ∀n ∈ N, vn = .
2
ii. En reconnaissant une identité remarquable, déterminer, pour tout n ∈ N, une relation simple entre u2n+1 ,
u2n et v2n .
Notons tout d’abord qu’une récurrence immédiate à partir de la propriété de récurrence définie pour tout
n ∈ N par
Q(n) : « un ∈ Z et un+1 ∈ Z, vn ∈ Z et vn+1 ∈ Z ».
permet d’une part de justifier que la question a bien un sens (car la suite u est à valeurs entières) et
d’autre part que la suite v est également à valeurs entières.
Considérons la propriété P(·) définie pour tout n ∈ N par
13
⋆ u1 = 1 donc u20 ≡ 1 [1] ≡ 0 [1] ≡ 0 [20 ] donc P(0) est vraie.
⋆ (pour le plaisir, inutile dans une rédaction définitive)
u2 = −2u1 − 3u0 = −2 donc u2 ≡ −2 [2] ≡ 0 [2] ≡ 0 [21 ] donc P(1) est vraie.
⋆ Soit n ∈ N fixé quelconque tel que P(n) est vraie.
La véracité de P(n) donne 2n | u2n ,
donc 2 × 2n | 2u2n ,
si bien que 2n+1 | u2n × 2v2n car v2n ∈ Z,
or, en reprenant la relation établie dans la question précédente u2n+1 = u2n × 2v2n ,
donc 2n+1 | u2n+1 ce qui prouve P(n + 1).
Ainsi, ∀n ∈ N, u2n ≡ 0 [2n ].
14
Ainsi, Q[N ] = {sN + tI2 | (s, t) ∈ Q2 }.
⋆ Q[N ] ⊂ M2 (Q) et (M2 (Q), +, ×) est un anneau de référence (attention, il n’est pas commutatif).
⋆ I2 = |{z} 1 .I2 donc Q[N ] 6= ∅ et contient le neutre multiplicatif de l’anneau M2 (Q).
0 + |{z}
∈Q ∈Q
⋆ Soient (M, M ) ∈ Q[N ]2 fixés quelconques.
′
M M ′ = ss′ N 2 + stN + ts′ N + tt′ I2 = (st′ + ts′ − bss′ ) N + (tt′ − css′ ) I2 donc M M ′ ∈ Q[N ].
| {z } | {z }
∈Q ∈Z
car c ∈ Q car b ∈ Q
⋆ Attention, l’anneau M2 (Q) n’est pas commutatif donc, contrairement à la question I.2(a), la commutativité
n’est pas héritée de l’anneau ambiant. Dans l’expression obtenue ci-dessus pour M M ′ , on observe que t et t′
d’une part, s et s′ d’autre part jouent des rôles symétriques si bien que M ′ M possède exactement la même
expression d’où M M ′ = M ′ M , ce qui prouve la commutativité de la loi multiplicative sur Q[N ].
Ainsi, Q[N ] est un sous-anneau commutatif de M2 (Q).
III.3. Cette question propose l’étude d’un exemple qui sera généralisée dans la question suivante.
(a) Effectuer explicitement la division euclidienne de P = X 2 + bX + c par X + 2.
Si l’on prend l’image de l’identité ci-dessus par le morphisme d’évaluation en −2, on obtient
(c) En déduire que N + 2I2 est une matrice inversible dans Q[N ] et préciser son inverse.
X 2 + bX + c = (X + 2)(X + b − 2) + c − 2b + 4
15
1
De plus, N + 2I2 et (N + (b − 2)I2 ) commutent (elles appartiennent à Q[N ] qui est un anneau
2b − c − 4
1 (b − 2)
commutatif) donc N + 2I2 est inversible et son inverse est N+ I2 ∈ Q[N ].
2b
|
− c
{z
− 4
}
2b
|
−{zc − 4}
∈Q
∈Q
1 (b − 2)
Ainsi, N + 2I2 est une matrice inversible dans Q[N ] d’inverse N+ I2 .
2b − c − 4 2b − c − 4
16