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DS 6

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Lycée Pierre de Fermat 2022/2023

MPSI Devoir surveillé

Devoir surveillé n◦6


Sujet donné le samedi 11 février 2023, 4h. L’usage de la calculatrice n’est pas autorisé.
La notation tiendra particulièrement compte de la qualité de la rédaction, la précision des raisonnements
et l’énoncé des formules utilisées. Les réponses aux questions seront numérotées et séparées par un trait
horizontal. Les résultats essentiels devront être encadrés ou soulignés.

BON TRAVAIL

————————————————————–

Congruences sur les rationnels et applications arithmétiques


Dans tout le problème, p désigne un nombre premier supérieur ou égal à 3 et, pour (a, b) ∈ Z2 , a ≡ b [p]
désigne la relation de congruence modulo p sur les entiers relatifs.
L’objet de ce problème est de définir une relation de congruence sur les nombres rationnels puis d’établir des règles
de manipulation de cette relation de congruence afin de l’utiliser pour prouver des résultats arithmétiques.

I Préliminaires
Les deux questions suivantes sont indépendantes et les résultats qu’elles proposent d’établir pourront être admis
pour traiter la partie II.
I.1. (a) Soit x ∈ Q. Montrer qu’il existe un unique couple (N, D) ∈ Z × N∗ tel que

N
x= et N ∧D =1 .
D
Dans la suite du problème, on notera N (x) et D(x) l’unique couple solution du problème ci-dessus.
N (x)
La fraction est appelée le représentant irréductible de x.
D(x)
N (x) N (y)
(b) Soient x = et y = les représentants irréductibles des deux rationnels x et y.
D(x) D(y)
Montrer que, si d ∈ N est un diviseur commun à N (x) et N (y), alors d et D(x)D(y) sont premiers entre eux
et d divise N (x + y).
I.2. (a) Soit k ∈ [[1, p − 1]].
i. En utilisant une relation de Bezout, montrer qu’il existe un entier relatif u tel que uk ≡ 1 [p].
ii. Notons alors r le reste de la division euclidienne de u par p. Montrer que rk ≡ 1[p] et que r est l’unique
h ∈ Z tel que hk ≡ 1 [p] et h ∈ [[1, p − 1]].

[[1, p − 1]] → [[1, p − 1]]


(b) Les justifications précédentes permettent donc de définir Ip .
k 7→ r
i. Expliciter I5 .
ii. Montrer que l’application Ip est une permutation de [[1, p − 1]] (c’est-à-dire une bijection de [[1, p − 1]]
dans [[1, p − 1]]).
iii. Formuler, dans le cadre de l’anneau Z/pZ, le résultat qui vient d’être établi concernant ses éléments
inversibles.

1
II Congruences sur les rationnels
Soient k un entier naturel non nul et p un nombre premier fixés.

On considère sur Q la relation binaire R suivante : x ∈ Q est en relation avec y ∈ Q si pk divise N (x − y) (le
numérateur du représentant irréductible de x − y).
II.1. Montrer que R est une relation d’équivalence sur Q.
On notera désormais x ≡Q y [pk ] l’assertion xRy.

II.2. Caractériser (ce qui signifie donner un énoncé équivalent) à l’aide de la relation de divisibilité habituelle sur Z,
les assertions
— a ≡Q b [pk ] lorsque (a, b) ∈ Z2 ,
— x ≡Q 0 [pk ] lorsque x ∈ Q.
II.3. Soient (x, y, x′ , y ′ ) ∈ Q4 tels que x ≡Q y [pk ] et x′ ≡Q y ′ [pk ].
Montrer que x + x′ ≡Q y + y ′ [pk ].
II.4. Soient (x, y) ∈ Q2 tels que x ≡Q y [pk ] et z ∈ Q.
A-t-on nécessairement xz ≡Q yz [pk ] ?
Donner une condition portant sur D(z) et montrer qu’elle suffit pour établir xz ≡Q yz [pk ].

III Applications arithmétiques


On note Sp−1 le nombre rationnel
p−1
X 1 Ap
Sp−1 = =
k=1
k Bp
où l’on a posé Ap = N (Sp−1 ) et Bp = D(Sp−1 ).
III.1. Donner les représentants irréductibles de Sp−1 pour p = 3, p = 5 et dans chaque cas donner la valeur de la plus
grande puissance de p divisant Ap .
p−1
X 1 pV
III.2. (a) Justifier que Sp−1 = puis montrer qu’il existe V ∈ N tel que 2Sp−1 = .
k=1
p−k (p − 1)!
(b) En déduire que p divise Ap et p ∧ Bp = 1 (résultat dû à Waring (1782)).
III.3. Montrer que, pour tout s ∈ [[1, p − 1]],  
1 p
p ≡Q 1+ [p2 ]
1− s s
et en déduire que
p−1  
X1 p
Sp−1 ≡Q − 1+ [p2 ]
s=1
s s
puis
p−1
X 1 2
2Sp−1 ≡Q −p 2
[p ]
s=1
s

III.4. Soit k ∈ [[1, p − 1]] et h = I(k) où I est l’application définie dans la partie I (préliminaires).
1 1
Montrer que ≡Q h [p] et 2 ≡Q h2 [p].
k k
III.5. Conclure en établissant que, si p est un nombre premier supérieur ou égal à 5, alors p2 divise Ap . Ce résultat est
connu sous le nom du théorème de Wolstenholme.

2
Anneau Zα
Dans tout le problème, on considère le polynôme P = X 2 + bX + c, unitaire, à coefficients entiers (c’est-à-dire
(b, c) ∈ Z2 ) et de discriminant ∆ = b2 − 4c < 0.

I Structure d’anneau sur Zα


I.1. On note α et β les racines de P sur C.
(a) Montrer que α + β et α × β sont des nombres entiers dont on donnera les valeurs.
(b) Prouver que β = α et exprimer la valeur de |α| en fonction de c. (Pourquoi c est-il nécessairement positif ?)
On note Zα l’ensemble {p + αq | (p, q) ∈ Z2 }.
I.2. (a) Montrer que (Zα , +, ×) est un anneau commutatif.
(b) Montrer que pour tout (p, q, p′ , q ′ ) ∈ Z4 , on a l’équivalence :
p + αq = p′ + αq ′ ⇐⇒ [p = p′ et q = q ′ ]
(c) On note Gα = {z ∈ Zα | ∃ z ′ ∈ Zα , tel que z × z ′ = 1}. Pourquoi Gα est-il un groupe (on précisera vis-à-vis
de quelle loi) ?

II Suite récurrente
!
0 1
On considère dans cette partie la matrice N = .
−c −b
II.1. Montrer que P (N ) = 0.
II.2. Soit m ∈ N. On note respectivement Qm et Rm le quotient et le reste de la division euclidienne de X m par P
dans C[X].
αm − αm ααm − ααm
(a) Montrer que Rm = X+ .
α−α α−α
(b) En déduire une expression de N m en fonction de N , I2 , α, α et m.
II.3. L’expression précédente est-elle vraie pour m ∈ Z ?
On considère la suite u définie par (u0 , u1 ) ∈ Z2 et, pour tout n ∈ N,

un+2 = −bun+1 − cun


!
un
On pose, pour tout n ∈ N, Xn = .
un+1
II.4. (a) Montrer que, pour tout n ∈ N, Xn = N n X0 .
(b) En déduire, pour tout n ∈ N, une expression explicite de un en fonction de α, α, u0 , u1 et n.
II.5. Étude d’une suite particulière. Nous considérons désormais la suite u définie par

u0 = 0 , u1 = 1 , ∀n ∈ N , un+2 = −2un+1 − 3un

ce qui correspond au cas particulier de l’étude précédente pour b = 2 et c = 3.


1  √ 
(a) Montrer que, pour tout n ∈ N, un = √ Im (−1 + i 2)n .
2
n
!
X n k−1 √ k−1
(b) En déduire que, pour tout n ∈ N, un = (−1)n−k (−1) 2 2 .
k=1
k
k≡1 [2]

(c) Étude des termes d’indices un nombre premier. Soit p un nombre premier supérieur ou égal à 3.
p−1
i. Établir que up ≡ (−2) 2 [p]. On justifiera soigneusement tout résultat utilisé.
ii. Montrer que up est une racine de X 2 − 1 dans Z/pZ. Quelle est la forme factorisée de X 2 − 1 dans le
corps Z/pZ ? Que peut-on en déduire concernant la congruence de up modulo p ?
(d) Étude des termes d’indices une puissance de 2. Notons v la suite définie par

v0 = 1 , v1 = −1 , ∀n ∈ N , vn+2 = −2vn+1 − 3vn

ce qui correspond, comme pour la suite u, au cas particulier de l’étude précédente pour b = 2 et c = 3.

3
αn + αn
i. Montrer que ∀n ∈ N , vn = où α est une racine du trinôme X 2 + 2X + 3.
2
ii. En reconnaissant une identité remarquable, déterminer, pour tout n ∈ N, une relation simple entre u2n+1 ,
u2n et v2n .
iii. En déduire, par récurrence, que u2n ≡ 0 [2n ] pour tout n ∈ N.

III Corps Q[N ]


Cette partie est consacrée à l’étude de l’ensemble Q[N ] = {Q(N ) | Q ∈ Q[X]} où N est la matrice introduite dans
la partie II.
III.1. Montrer que Q[N ] = {sN + tI2 | (s, t) ∈ Q2 }.
Pour l’inclusion directe, on pourra utiliser le résultat de la question II.2.
III.2. En déduire que Q[N ] est un sous-anneau commutatif de M2 (Q).
III.3. Cette question propose l’étude d’un exemple qui sera généralisée dans la question suivante.
(a) Effectuer explicitement la division euclidienne de P = X 2 + bX + c par X + 2.
(b) En évaluant en −2, justifier que le reste est non nul.
(c) En déduire que N + 2I2 est une matrice inversible dans Q[N ] et préciser son inverse.
III.4. (a) Soient (s, t) ∈ Q2 tels que s 6= 0. Posons M = sN + tI2 .
Prouver l’existence de M ′ ∈ Q[N ] telle que M M ′ = M ′ M = I2 .
(b) À l’aide de la question précédente, montrer que Q[N ] est un corps.

4
Correction
Congruences sur les rationnels et applications arithmétiques
Dans tout le problème, p désigne un nombre premier supérieur ou égal à 3 et, pour (a, b) ∈ Z2 , a ≡ b [p]
désigne la relation de congruence modulo p sur les entiers relatifs.
L’objet de ce problème est de définir une relation de congruence sur les nombres rationnels puis d’établir des règles
de manipulation de cette relation de congruence afin de l’utiliser pour prouver des résultats arithmétiques.

I Préliminaires
Les deux questions suivantes sont indépendantes et les résultats qu’elles proposent d’établir pourront être admis
pour traiter la partie II.
I.1. (a) Soit x ∈ Q. Montrer qu’il existe un unique couple (N, D) ∈ Z × N∗ tel que

N
x= et N ∧D =1 .
D
Dans la suite du problème, on notera N (x) et D(x) l’unique couple solution du problème ci-dessus.
N (x)
La fraction est appelée le représentant irréductible de x.
D(x)
a
Par définition de Q, il existe (a, b) ∈ Z × Z∗ tel que x = .
b
Notons δ = a ∧ b,
alors il existe a′ , b′ ∈ Z × Z∗ tel que a = δa′ et b = δb′ avec a′ ∧ b′ = 1.
Prenons alors D = b′ et N = a′ si b > 0 ou D = −b′ et N = −a′ si b < 0.
N
On a alors x = avec N ∧ D = 1 et D ∈ N∗ .
D
Reste à montrer l’unicité.
N1 N2
Si x = = avec N1 ∧ D1 = N2 ∧ D2 = 1 et D1 , D2 ∈ N∗ ,
D1 D2
alors D2 N1 = D1 N2 , donc D1 divise D2 N1 . Or N1 ∧ D1 = 1, donc d’après le lemme de Gauss D1 |D2 .
pour des raisons symétriques : D2 |D1 . Ainsi D1 et D2 sont associés dans Z.
Autrement écrit : il existe λ ∈ {−1, 1} tel que D1 = λD2 .
Mais D1 , D2 ∈ N, donc λ = 1 et D1 = D2 et par suite N1 = N2 .

N
Pour tout x ∈ Q, il existe un unique couple (N, D) ∈ Z × N∗ tel que x = et N ∧ D = 1.
D

N (x) N (y)
(b) Soient x = et y = les représentants irréductibles des deux rationnels x et y.
D(x) D(y)
Montrer que, si d ∈ N est un diviseur commun à N (x) et N (y), alors d et D(x)D(y) sont premiers entre eux
et d divise N (x + y).

Supposons que d ∧ D(x)D(y) 6= 1. Soit p un diviseur premier de d ∧ D(x)D(y) (il existe bien !).
Comme p est premier, p divise D(x) ou p divise D(y).
Sans perte de généralité (SPDG), on peut supposer p divise D(y) (respectivement D(x)).
Alors, par transitivité de la divisibilité, p divise d donc N (x) et N (y).
Ainsi, p divise D(y) et p divise N (y) (resp. D(x) et N (x)).
Ainsi p|D(y) ∧ N (y) = 1 (resp. p|D(x ∧ N (x) = 1).
Ceci est impossible pour un nombre premier. Donc

d ∧ D(x)D(y) = 1

D(y)N (x) + D(x)N (y)


Puis x + y = .
D(x)D(y)
On a vu que N (x + y) est la fraction irréductible qui définit x + y, donc tout numérateur de x + y est un
multiple de N (x + y).
Ainsi avec δ = [D(y)N (x) + D(x)N (y)] ∧ [D(x)D(y)] ∈ Z on a : δ × N (x + y) = D(y)N (x) + D(x)N (y).

1
Puis d divise N (x) et N (y) donc toute combinaison linéaire de ces nombres,
ainsi d divise D(y)N (x) + D(x)N (y) et donc d divise δ × N (x + y).
Or si on note t = δ ∧ d, t divise δ donc D(x)D(y) (puisque PGCD),
donc t divise d ∧ D(x)D(y) = 1, donc t = 1.
On applique alors le lemme de Gauss :

d divise N (x + y).

I.2. (a) Soit k ∈ [[1, p − 1]].


i. En utilisant une relation de Bezout, montrer qu’il existe un entier relatif u tel que uk ≡ 1 [p].

p est un nombre premier, il est donc en particulier avec tous les nombres qu’il ne divise pas,
c’est le cas de tous les nombres de [[1, p − 1]]. Ainsi p ∧ k = 1.
On peut appliquer une relation de Bézout : ∃ u, v ∈ Z tel que uk + vp = 1.
Si l’on passe cette relation modulo p, on trouve :

∃ u ∈ Z tel que uk ≡ 1[p]

ii. Notons alors r le reste de la division euclidienne de u par p. Montrer que rk ≡ 1[p] et que r est l’unique
h ∈ Z tel que hk ≡ 1 [p] et h ∈ [[1, p − 1]].

Il existe donc q ∈ Z tel que u = pq + r, donc u ≡ r[p].


On a donc, par stabilité des produits modulo p :

1 ≡ uk ≡ rk [p]

Soit h ∈ [[1, p − 1]] tel que hk ≡ 1[p], alors hk ≡ rk[p]. Donc p|hk − rk = (h − r)k
Or p ∧ k = 1 (déjà vu), donc p|h − r.
Or 1 − (p − 1) 6 h − r 6 (p − 1) − 1, donc h − r ∈ [[−p + 2, p − 2]] ∩ pZ = {0}.

Ainsi h = r. r est unique dans [[1, p − 1]].

[[1, p − 1]] → [[1, p − 1]]


(b) Les justifications précédentes permettent donc de définir Ip .
k 7→ r
i. Expliciter I5 .

1 × 1 ≡ 1[5], 2 × 3 = 6 ≡ 1[5] et 4 × 4 = 16 ≡ 1[5]. Donc




 1 7→ 1

 2 7 → 3
I5 :

 3 → 7 2


4 → 7 4

ii. Montrer que l’application Ip est une permutation de [[1, p − 1]] (c’est-à-dire une bijection de [[1, p − 1]]
dans [[1, p − 1]]).

Notons que Ip est une application définie d’un ensemble E dans lui-même, de cardinal fini. Donc, il
suffirait de montrer que Ip est injective ou Ip est surjective pour pouvoir affirmer directement que Ip est
bijective.
Néanmoins, nous allons montrer ici que Ip est surjective puis injective donc bijective.
Soit r ∈ [[1, p − 1]]. Soit k = Ip (r). On a donc k ∈ [[1, p − 1]],
et r × k = r × Ip (r) ≡ 1[p], donc Ip (k) = r. Et Ip est surjective de [[1, p − 1]] sur [[1, p − 1]].
Soient k1 , k2 de [[1, p − 1]] tels que Ip (k1 ) = Ip (k2 ) := r.

2
alors k1 r ≡ k2 r ≡ 1[p], donc p|(k1 − k2 )r donc p|k1 − k2 car p ∧ r = 1 (r ∈ [[1, p − 1]]).
Et comme précédemment : k1 − k2 ∈ [[−p + 2, p − 2]] ∩ pZ = {0}, donc k1 = k2 , et Ip est injective.

Ip est une permutation de [[1, p − 1]].

iii. Formuler, dans le cadre de l’anneau Z/pZ, le résultat qui vient d’être établi concernant ses éléments
inversibles.

On note u, la classe de u pour la relation d’équivalence de la congruence modulo p.


On a vu dans le cours que pour tout r, k ∈ Z, r × k = r×k.
Et, le neutre de l’anneau (Z/pZ, +, ×) est 1.
On a donc avec les questions précédentes :

∀ o ∈ Z/pZ \ {0}, ∃ u, r ∈ [[1, p − 1]] tels que o = u et o×r = ur = 1 = r×o

Ainsi, on vient de montrer que

(Z/pZ)× := {Les éléments inversibles de Z/pZ} = Z/pZ \ {0}.

De plus, l’application I correspond, sur (Z/pZ)× , à l’application qui à tout élément associe son symétrique
multiplicatif donc
l’inversion est une permutation du groupe((Z/pZ)× , ×).

II Congruences sur les rationnels


Soient k un entier naturel non nul et p un nombre premier fixés.

On considère sur Q la relation binaire R suivante : x ∈ Q est en relation avec y ∈ Q si pk divise N (x − y) (le
numérateur du représentant irréductible de x − y).
II.1. Montrer que R est une relation d’équivalence sur Q.

• Pour tout x ∈ Q, N (x − x) = 0 et pk |0. Donc xRx.


Ainsi R est réflexif.

• Soient x, y ∈ Q tel que xRy. Alors pk |N(x − y).


−N (x − y)
Puis y − x = −(x − y) = . Or dans cet écriture, D ∈ N et −N ∧ D = 1,
D(x − y)
il s’agit donc de l’écriture unique de la première partie.
On peut identifier : N (y − x) = −N (y − x) et donc pk |N (y − x).
Ainsi yRx.
On a démontré que R est symétrique.

• Soient x, y, z ∈ Q tel que xRy et yRz. Alors pk |N(x − y) et pk |N (y − z).


Puis x − z = (x − y) + (y − z). On peut appliquer la réponse à la question 1.(b). avec d ← pk , x ← x − y et
y ← y − z.
alors pk |N (x − z). Ainsi xRz.
On a démontré que R est transitif.

R est une relation d’équivalence sur Q.

On notera désormais x ≡Q y [pk ] l’assertion xRy.

3
II.2. Caractériser (ce qui signifie donner un énoncé équivalent) à l’aide de la relation de divisibilité habituelle sur Z,
les assertions
— a ≡Q b [pk ] lorsque (a, b) ∈ Z2 ,
— x ≡Q 0 [pk ] lorsque x ∈ Q.

a−b
Dans le cas où a, b ∈ Z, alors l’écriture irréductible de a − b est a − b = .
1
Donc N (a − b) = a − b. Ainsi

a ≡Q b [pk ] lorsque (a, b) ∈ Z2 ⇐⇒ pk |a − b.

Si x ∈ Q, alors N (x − 0) = N (x) (et D(x − 0) = D(x)), et donc

x ≡Q 0 [pk ] lorsque x ∈ Q ⇐⇒ pk |N (x).

II.3. Soient (x, y, x′ , y ′ ) ∈ Q4 tels que x ≡Q y [pk ] et x′ ≡Q y ′ [pk ].


Montrer que x + x′ ≡Q y + y ′ [pk ].

On peut le faire en deux temps : x + x′ ≡Q y + x′ ≡Q y + y ′ [pk ]. On peut aussi le faire directement. . .


Supposons donc que x ≡Q y [pk ] et x′ ≡Q y ′ [pk ],
Donc pk |N (x − y) et pk |N (x′ − y ′ ).
On peut encore appliquer la réponse à la question 1.(b). avec d ← pk , x ← x − y et y ← x′ − y ′ .
On a alors pk |N ((x − y) + (x′ − y ′ )) = N ((x + x′ ) − (y + y ′ )).

Ainsi x + x′ ≡Q y + y ′ [pk ].

II.4. Soient (x, y) ∈ Q2 tels que x ≡Q y [pk ] et z ∈ Q.


A-t-on nécessairement xz ≡Q yz [pk ] ?
Donner une condition portant sur D(z) et montrer qu’elle suffit pour établir xz ≡Q yz [pk ].

Si y = pk + x (avec x, y ∈ Q), alors x ≡Q y[pk ].


1
Puis si z = , alors xz − yz = xz − pk z − xz = pk−1 et donc xz 6≡Q yz[pk ].
p
Ainsi, on n’a pas nécessairement xz ≡Q yz [pk ].

Il faut visiblement que p ∧ D(z) = 1 (même si on n’a pas démontrer que cette condition est nécessaire).
Montrons que cette condition est suffisante. Supposons donc que p ∧ D(z) = 1
N (x − y)N (z)
Notons que xz − yz = (x − y)z = .
D(x − y)D(z)
Cette écriture n’est a priori par la forme irréductible.
Notons λ = [N (x − y)N (z)] ∧ [D(x − y)D(z)].
Alors, en simplifiant par λ, on obtient la forme irréductible donc N (x − y)N (z) = λ × N (xz − yz) et
D(x − y)D(z) = λ × D(xz − yz).
Si p|λ, alors p|D(x − y)D(z) (car c’est un PGCD).
Or d’après notre condition : p ∧ D(z) = 1, on a donc (Lemme de Gauss) : p|D(x − y).
N (x − y)
mais pk |N (x − y) et donc on a p|N (x − y) et p|D(x − y) et donc non irréductible.
D(x − y)
Ceci est impossible donc p ne divise pas λ. p étant premier : p ∧ λ = 1.
On enfin pk ∧ λ = 1. Or pk |N (x − y)N (z) = λN (xz − yz),
donc d’après le lemme de Gauss : pk |N (xz − yz) et donc xz ≡Q yz[pk ].

Soient (x, y) ∈ Q2 tels que x ≡Q y [pk ] et z ∈ Q. Si p ∧ D(z) = 1, alors xz ≡Q yz[pk ].

4
III Applications arithmétiques
On note Sp−1 le nombre rationnel
p−1
X 1 Ap
Sp−1 = =
k=1
k Bp
où l’on a posé Ap = N (Sp−1 ) et Bp = D(Sp−1 ).
III.1. Donner les représentants irréductibles de Sp−1 pour p = 3, p = 5 et dans chaque cas donner la valeur de la plus
grande puissance de p divisant Ap .

Pour p = 3, il faut faire le calcul jusqu’à k = 2 :

1 3
S2 = 1 + = donc A3 = N (S2 ) = 3 et B3 = N (S2 ) = 2
2 2

car la fraction obtenue est irréductible. Pour p = 5, il faut faire le calcul jusqu’à k = 4 :

1 1 1 12 + 6 + 4 + 3 25
S2 = 1 + + + = = donc A5 = N (S5 ) = 25 et B5 = N (S5 ) = 12
2 3 4 12 12

car la fraction obtenue est irréductible.

La plus grande puissance de 3 qui divise A3 est 3. La plus grande puissance de 5 qui divise A5 est 52 .

p−1
X 1 pV
III.2. (a) Justifier que Sp−1 = puis montrer qu’il existe V ∈ N tel que 2Sp−1 = .
k=1
p−k (p − 1)!

Il s’agit de faire un changement de variable h = p−k ⇔ p−h. On a k = 1 ⇐⇒ h = p−1 et k = p−1 ⇐⇒ h = 1

p−1 p−1
X1 X 1
Sp−1 = =
k=1
k h=1 p − h

Et donc, en additionnant deux fois cette même somme (avec deux écritures différentes) :
p−1 p−1 p−1 p−1
X 1 X 1 X (p − k) + k X 1
2Sp−1 = + = =p
k=1
k k=1
p − k k=1
k(p − k) k=1
k(p − k)

Puis, comme pour tout k ∈ [[1, p − 1]], k et p − k sont dans le produit qui définit (p − 1)!,
il existe ap ∈ N tel que (p − 1)! = ap × k(p − k).
p−1 p−1
X ap p X
2Sp−1 =p = ak
k=1
(p − 1)! (p − 1)! k=1
| {z }
=V

pV
Il existe V ∈ N tel que 2Sp−1 = .
(p − 1)!

(b) En déduire que p divise Ap et p ∧ Bp = 1 (résultat dû à Waring (1782)).

Ainsi pV = 2Sp−1 (p − 1)! donc pBp V = 2Ap (p − 1)!.


Donc p|2Ap (p − 1)! Or p ∧ k = 1, pour tout k ∈ [[1, p − 1]]. Donc d’après un corollaire du lemme de Gauss :
p ∧ 2(p − 1)! = 1.
Puis d’après le lemme de Gauss :
p ∧ Ap = 1 et donc p ∧ Bp = 1
Ap
sinon la fraction ne serait pas irréductible.
Bp

5
III.3. Montrer que, pour tout s ∈ [[1, p − 1]],  
1 p
p ≡Q 1 + [p2 ]
1− s s
et en déduire que
p−1  
X 1 p
Sp−1 ≡Q − 1+ [p2 ]
s=1
s s
puis
p−1
X 1 2
2Sp−1 ≡Q −p 2
[p ]
s=1
s

Soit s ∈ [[1, p − 1]].


 
1 p s s+p s2 − (s2 − p2 ) p2
p − 1+ = − = =
1− s s s−p s s(s − p) s(s − p)
Or on obtient ici la fraction irréductible car si δ = p2 ∧ s(s − p),
alors δ|p2 donc δ|p et donc δ = 1 ou δ = p ;
cette dernière hypothèse est impossible car p|s(s − p) calors que s et s − p ∈ [[1, p − 1]] et p premier.
 !
1 p
Donc p2 = N − 1+ et donc
1 − ps s
 
1 p
p ≡Q 1+ [p2 ]
1− s s

Puis :
p−1 p−1 p−1
X 1 X 1 X −1 1
Sp−1 = = p  = p
s=1
p − s s=1 s s −1 s=1
s 1− s
Puis par addition des congruences et la question précédente :
p−1  
X −1 p
Sp−1 ≡Q 1+ [p2 ]
s=1
s s

p−1
X 1
On additionne alors Sp−1 = :
s=1
s
   p−1
1 p X 1
2Sp−1 ≡Q 1− 1+ ≡Q −p [p2 ]
s s s=1
s2

III.4. Soit k ∈ [[1, p − 1]] et h = I(k) où I est l’application définie dans la partie I (préliminaires).
1 1
Montrer que ≡Q h [p] et 2 ≡Q h2 [p].
k k
1 1 − kh
On a vu que h × k ≡ 1[p], donc −h= .
k k
Même si cette fraction n’est peut-être pas la fraction irréductible, on a p ∧ k = 1 (k ∈ [[1, p − 1]]), et p|1 − kh.
1
Donc en simplifiant numérateur et dénominateur de cette fraction par λ = (1−kh)∧k, on a toujours p|N ( −h).
k
1
Ainsi ≡Q h[p].
k
1 2 1 − k2 h2 (1 − kh)(1 + kh)
De même − h = = .
k2 k k
Même si cette fraction n’est pas la fraction irréductible, on a p ∧ k = 1 (k ∈ [[1, p − 1]]), et p|1 − kh.
1
Donc en simplifiant cette fraction par λ = (1 − k2 h2 ) ∧ k, on a toujours p|N ( 2 − h2 ).
k
1
Ainsi ≡Q h2 [p].
k2

6
III.5. Conclure en établissant que, si p est un nombre premier supérieur ou égal à 5, alors p2 divise Ap . Ce résultat est
connu sous le nom du théorème de Wolstenholme.

Supposons que p soit un nombre premier supérieur ou égal à 5.


1
D’après la question précédente, pour tout s ∈ [[1, p − 1]], 2 ≡Q (I(s))2 [p].
s
X X (p − 1)p(2p − 1)
Puis par bijectivité de I de [[1, p − 1]] sur [[1, p − 1]], I(s)2 = k2 = .
s∈[[1,p−1]] k∈[[1,p−1]]
6
p−1
X 1
Donc ≡Q 0[p] car 6 ∧ p = 1 (à ne pas oublier ! !) puisque p > 5.
s=1
s2
p−1
X 1
Ainsi p 2
≡Q 0[p2 ]. Donc 2Sp−1 ≡Q 0[p2 ]. Donc :
s=1
s

p2 |Ap

Anneau Zα
Dans tout le problème, on considère le polynôme P = X 2 + bX + c, unitaire, à coefficients entiers (c’est-à-dire
(b, c) ∈ Z2 ) et de discriminant ∆ = b2 − 4c < 0.

I Structure d’anneau sur Zα


I.1. P étant de degré 2, il est scindé dans C et admet donc deux racines (non nécessairement distinctes a priori) que
l’on note α et β.
(a) Montrer que α + β et α × β sont des nombres entiers dont on donnera les valeurs.

P est unitaire de degré 2 dans C[X] et scindé de racines α et β donc sa forme factorisée est

P = 1
|{z} ×(X − α)(X − β) = X 2 − (α + β)X + αβ
P unitaire
or P = X 2 + bX + c et deux polynômes sont égaux si et seulement si ils ont les mêmes coefficients donc

α + β = −b ∈ Z et αβ = c ∈ Z.

(b) Prouver que β = α et exprimer la valeur de |α| en fonction de c. (Pourquoi c est-il nécessairement positif ?)

P est à coefficients réels donc

P (α) = α2 + bα + c = α2 + bα + c = α2 + bα + c =
|{z} α2 + bα + c = P (α)
(b, c) ∈ R2

or α est racine de P donc P (α) = P (α) = 0 = 0 donc α est aussi racine de P .


De plus, le discriminant de P est strictement négatif donc P n’a aucune racine réelle,
donc α 6= α, or P a deux racines qui sont α et β

donc β = α.
On en déduit, d’après la question précédente que c = αβ = αα = |α|2
donc c > 0,
puis en prenant la racine carrée, puisque |α| > 0,

|α| = c.
Rmq : on a vu que c > 0, si c = 0, alors ∆ = b2 − 4c = b2 > 0 ce qui est une contradiction donc c > 0.

7
On note Zα l’ensemble {p + αq | (p, q) ∈ Z2 }.
I.2. (a) Montrer que (Zα , +, ×) est un anneau commutatif.

⋆ Zα ⊂ C et (C, +, ×) est un anneau de référence (c’est même un corps !).


⋆ 1 = |{z}
1 + |{z}
0 ×α donc Zα 6= ∅ et contient le neutre multiplicatif de l’anneau C.
∈Z ∈Z
⋆ Soient (z, z ′ ) ∈ Z2α fixés quelconques.
Il existe (p, q, p′ , q ′ ) ∈ Z4 tels que z = p + αq et z = p′ + αq ′ .
D’une part,
z − z ′ = (p − p′ ) +α (q − q ′ ) donc z − z ′ ∈ Zα .
| {z } | {z }
∈Z ∈Z
D’autre part, en utilisant que α est racine de P (donc α2 + bα + c = 0 ⇐⇒ α2 = −bα − c),
zz ′ = pp′ + αqp′ + αpq ′ + α2 qq ′ = (pp′ − cqq ′ ) +α (qp′ + pq ′ − bqq ′ ) donc zz ′ ∈ Zα .
| {z } | {z }
∈Z ∈Z
car c ∈ Z car b ∈ Z
Ainsi, Zα est un sous-anneau de l’anneau commutatif (C, +, ×) , donc un anneau commutatif pour les lois induites.

(b) Montrer que pour tout (p, q, p′ , q ′ ) ∈ Z4 , on a l’équivalence : p + αq = p′ + αq ′ ⇐⇒ [p = p′ et q = q ′ ]

⋆ Le sens réciproque de l’équivalence est immédiat : si p = p′ et q = q ′ , alors p + αq = p′ + αq ′ .


⋆ Supposons que p + αq = p′ + αq ′ .
En prenant la partie réelle et la partie imaginaire, on obtient, puisque (p, q) ∈ R2 ,
p + qRe(α) = p′ + q ′ Re(α) (∗) et qIm(α) = q ′ Im(α) (∗∗)

La théorie du discriminant qui permet de calculer les racines complexes d’un trinôme du second degré à
coefficients réels donne comme racines de P :
p p
b |∆| b |∆|
− −i et − −i
2 2 2 2
q
où ∆ = b2 − 4c < 0 donc |∆| =
6 0.
p
|∆|
Puisque α est l’une de ces deux racines, |Im(α)| = ,
2′
donc Im(α) 6= 0 si bien que l’égalité (∗∗) donne q = q puis en reportant dans (∗) on obtient p = p′ .
Ainsi, p + αq = p′ + αq ′ ⇐⇒ [p = p′ et q = q ′ .

(c) On note Gα = {z ∈ Zα | ∃ z ′ ∈ Zα , tel que z × z ′ = 1}. Pourquoi Gα est-il un groupe (on précisera vis-à-vis
de quelle loi) ?

L’anneau Zα étant commutatif, la définition de l’ensemble Gα montre qu’il s’agit des éléments de cet an-
neau symétrisables pour la loi multiplicative de l’anneau (aussi appelés éléments inversibles de l’anneau),
or nous savons que les éléments inversibles d’un anneau constituent, pour la loi multiplicative, un groupe.
Ainsi, (Gα , ×) est un groupe.

II Suite récurrente
!
0 1
On considère dans cette partie la matrice N = .
−c −b
II.1. Montrer que P (N ) = 0.
!
2 −c −b
Le calcul donne N = donc
bc −c + b2
! ! ! !
−c −b 0 b c 0 0 0
P (N ) = N 2 + bN + cI2 = + + =
bc −c + b2 −bc −b2 0 c 0 0

8
Ainsi, P (N ) = 0.

II.2. Soit m ∈ N. On note respectivement Qm et Rm le quotient et le reste de la division euclidienne de X m par P


dans C[X].
αm − αm ααm − ααm
(a) Montrer que Rm = X+ .
α−α α−α
Compte tenu de la définition de Qm et Rm :

X m = P Q m + Rm et deg Rm < deg P = 2

Par conséquent, Rm est de degré inférieur ou égal à 1 si bien que

∃(am , bm ) ∈ C2 : Rm = am X + bm

d’où
X m = P Qm + am X + bm
Prenons l’image de la relation ci-dessus par les morphismes d’évaluation en α et en α pour obtenir
( (
αm = P (α)Qm (α) + am α + bm αm = am α + bm (1)
αm = P (α)Qm (α) + am α + bm |⇐⇒
{z } αm = am α + bm (2)
α et α sont racines de P
En effectuant la différence (1) − (2) des deux équations, on obtient

(α − α)am = αm − αm
αm − αm
or α 6= α (car α est complexe non réelle) donc am = . En effectuant la combinaison α(1) − α(2) des
α−α
deux équations, on obtient
ααm − ααm = (α − α)bm
ααm − ααm
d’où bm = .
α−α
αm − αm ααm − ααm
Ainsi, Rm = X+ .
α−α α−α

(b) En déduire une expression de N m en fonction de N , I2 , α, α et m.

Prenons l’image de la relation polynomiale dans C[X] :

X m = P Qm + am X + bm

par le morphisme d’évaluation en N (morphisme d’anneaux de l’anneau C[X] dans l’anneau M2 (C)) :

Nm = P (N ) Qm (N ) + am N + bm I2
| {z }
= 0 quest. II.1

αm − αm ααm − ααm
Ainsi, N m = N+ I2 .
α−α α−α

II.3. L’expression précédente est-elle vraie pour m ∈ Z ?

• La relation P (N ) = 0, qui est N 2 + bN + cI2 = 0 donne N (N + bI2 ) = −cI2 d’où, puisque c 6= 0 (car c > 0),
 
1 b
N − N − I2 = I2
c c
 
1 b
or les matrices N et − N − I2 commutent donc
c c
1 b
N est inversible et N −1 = − N − I2 .
c c

9
• Prouvons le résultat par récurrence en considérant la propriété P(·) définie pour tout n ∈ N par
α−n − α−n αα−n − αα−n
P(n) : « N −n = N+ I2 ».
α−α α−α
⋆ Pour n = 0, la formule établie dans la question précédente est valide donc P(0) est vraie.
1 b
⋆ Pour n = 1, d’une part N −1 = − N − I2 ,
c c
et d’autre part
α−1 − α−1 −1 α1 − α1 1 1 αα−1 − αα−1 1 α2 − α2 1 b
= =− =− et = = (α + α) = −
α−α αα α − α αα c α−α αα α − α c c
si bien que
α−1 − α−1 αα−1 − αα−1 1 b
N+ I2 = − N − I2 = N −1
α−α α−α c c
donc P(1) est vraie.
⋆ Soit n ∈ N fixé quelconque tel que P(n) est vraie.
α−n − α−n αα−n − αα−n
Posons λ = et µ = de sorte que la véracité de P(n) donne N −n = λN + µI2 .
α−α α−α
1 b
Alors, sachant que N −1 = − N − I2 ,
c c
   
1 b λ µ λb b
N −(n+1)
=N −1
×N −n
= − N − I2 (λN + µI2 ) = − N 2 + − − N − µI2
c c c c c c
or N 2 = −bN − cI2 donc
     
µ λb λb b µ bµ
N −(n+1)
= − − + N + − µ + λ I2 = − N + λ − I2
c c c c c c
D’une part, puisque c = αα,
µ 1 αα−n − αα−n α−n−1 − α−n−1 α−(n+1) − α−(n+1)
− =− =− =
c αα α−α α−α α−α
et d’autre part, puisque −b = α + α,
bµ α−n − α−n α+α (αα−n − αα−n ) α−n − α−n + (α + α)(α−n−1 − α−n−1 ) αα−n−1 − αα−n−1
λ− = + αα = =
c α−α α−α α−α α−α
donc  
µ bµ α−(n+1) − α−(n+1) αα−(n+1) − αα−(n+1)
N =− N + λ−
−(n+1)
I2 = N+ I2
c c α−α α−α
ce qui établit P(n + 1).
Ainsi, l’expression précédente est vraie pour m ∈ Z.

On considère la suite u définie par (u0 , u1 ) ∈ Z2 et, pour tout n ∈ N,


un+2 = −bun+1 − cun
!
un
On pose, pour tout n ∈ N, Xn = .
un+1
II.4. (a) Montrer que, pour tout n ∈ N, Xn = N n X0 .

Considérons la propriété P(·) définie pour tout n ∈ N par


P(n) : « Xn = N n X0 ».
⋆ Par définition, N 0 = I2 donc N 0 X0 = X0 si bien que P(0) est vraie.
⋆ Soit n ∈ N fixé quelconque tel que P(n) est vraie.
Par associativité du produit matriciel,
! ! ! !
n+1 n 0 1 un 0 × un + 1 × un+1 un+1
N X0 = N (N X0 ) = N Xn = = = = Xn+1
| {z } −c −b un+1 −c × un − b × un+1 un+2
P(n) vraie
donc P(n + 1) est vraie.

10
Ainsi, pour tout n ∈ N, Xn = N n X0 .

(b) En déduire, pour tout n ∈ N, une expression explicite de un en fonction de α, α, u0 , u1 et n.

Soit n ∈ N fixé quelconque.


Détaillons l’expression de N n qui se déduit de la formule établie dans la question II.2(b) :
 ααn − ααn αn − αn 
! !
αn − αn 0 1 ααn − ααn 1 0 α n− α n α−α n
Nn = + =
 
α−α −c −b α−α 0 1 α −α ααn − ααn α − αn 
−c −b
α−α α−α α−α
donc
 ααn − ααn αn − αn   
! ! ααn − ααn αn − αn
un α n− α n α−α n u0 u0 + u1 
= Xn = N n X0 =  =
 
α −α ααn − ααn α − αn  α−α α−α
un+1 −c −b u1 ...
α−α α−α α−α

ααn − ααn αn − αn
Ainsi, ∀n ∈ N, un = u0 + u1 .
α−α α−α

II.5. Étude d’une suite particulière. Nous considérons désormais la suite u définie par

u0 = 0 , u1 = 1 , ∀n ∈ N , un+2 = −2un+1 − 3un

ce qui correspond au cas particulier de l’étude précédente pour b = 2 et c = 3.


1  √ 
(a) Montrer que, pour tout n ∈ N, un = √ Im (−1 + i 2)n .
2
Appliquons la formule établie dans la question II.4(b) pour

α = −1 + i 2 , u0 = 0 , u1 = 1
√ √
ce qui est possible car le discriminant de P = X 2 + 2X + 3 est ∆ = −8 = (2i 2)2 si bien que −1 + i 2 en
est une racine d’où
= 2iIm(αm )
z }| {
αm − αm 2iIm(αm ) 1  √ 
∀n ∈ N , un = √ √ = √ = √ Im (−1 + i 2)n
(−1 + i 2) − (−1 − i 2) 2i 2 2

1  √ 
Ainsi, ∀n ∈ N, un = √ Im (−1 + i 2)n .
2
n
!
X n k−1 √ k−1
(b) En déduire que, pour tout n ∈ N, un = (−1)n−k (−1) 2 2 .
k=1
k
k≡1 [2]

En développant avec la formule du binôme de Newton,


n
!
√ X n √ k
(−1 + i 2)n = (−1)n−k ik 2
k=0
k
n
! n
!
X n √ k X n √ k
= (−1)n−k ik 2 + (−1)n−k ik 2
k=0
k k=0
k
k≡0 [2] k≡1 [2]
| {z }
n
!
X n √ √ k−1
= (−1)n−k i 2 × ik−1 2 car k = 0 est pair donc exclu
k=1
k
k≡1 [2]

n
! n
!
X n k √ k−1 √ X n k−1 √
= (−1)n−k (i2 ) 2 2 + i 2 (−1)n−k (i2 ) 2 ( 2)k−1
k=0
k k=1
k
k≡0 [2] k≡1 [2]
| {z } | {z }
∈ R car i2 = −1 k−1
ce qui a un sens car k ≡ 1[2] ⇒ ∈Z
2

11
donc, d’après la question précédente,
1  √ 
un = √ Im (−1 + i 2)n
2
n
!
1 √ X n k−1 √ k−1
= √ × 2 (−1)n−k (−1) 2 2
2 k=1
k
k≡1 [2]

n
!
X n k−1 √ k−1
Ainsi, ∀n ∈ N, un = (−1)n−k (−1) 2 2 .
k=1
k
k≡1 [2]

(c) Étude des termes d’indices un nombre premier. Soit p un nombre premier supérieur ou égal à 3.
p−1
i. Établir que up ≡ (−2) 2 [p]. On justifiera soigneusement tout résultat utilisé.

D’après l’expression obtenue dans la question précédente appliquée pour n ← p,


p !
X p k−1 k−1 √ k−1 k−1
up = (−1)p−k (−1) 2 2 2 car 2 =2 2

k=1
k
k≡1 [2]
! p−1 !
p p−1 p−1 X p k−1 k−1
= (−1)p−p (−1) 2 2 2 + (−1)p−k (−1) 2 2 2 car p premier > 3 donc p ≡ 1 [2]
p k=1
k
k≡1 [2]

p−1 !
p−1 X p k−1 k−1
= (−2) 2 + (−1)p−k (−1) 2 2 2

k=1
k | {z }
k≡1 [2] | {z } ∈Z
≡ 0 [p]
!
p
En effet, pour tout i ∈ [[1, p − 1]], p | car
i
! !
p p! p (p − 1)! p p−1
= = × =
i i!(p − i)! i (i − 1)!(p − 1) − (i − 1))! i i−1
! ! !
p−1 p p
donc p =i donc p | i ,
i−1 i i
| {z } | {z }
∈Z ∈Z
or p ∧ i = 1 (car p premier et p ne divise pas i car i ∈ [[1,!p − 1]]),
p
donc le théorème de Gauss permet d’affirmer que p | .
i
p−1
Ainsi, up ≡ (−2) 2 [p].

ii. Montrer que up est une racine de X 2 − 1 dans Z/pZ. Quelle est la forme factorisée de X 2 − 1 dans le
corps Z/pZ ? Que peut-on en déduire concernant la congruence de up modulo p ?
p−1
• Puisque, d’après la question précédente, up ≡ (−2) 2 [p], on a
p−1
u2p ≡ ((−2) 2 )2 [p] ≡ (−2)p−1 [p]

or p est premier et p ∧ (−2) = p ∧ 2 = 1 (car deux nombres premiers distincts sont premiers entre
eux) donc le petit théorème de Fermat donne

(−2)p−1 ≡ 1 [p]

donc, par transitivité de la congruence modulo p,

u2p ≡ 1 [p] ce qui se reformule de manière équivalente en up 2 = 1

Ainsi, up est une racine de X 2 − 1 dans Z/pZ.

12
• ⋆ 12 ≡ 1 [p] et (p − 1)2 ≡ (−1)2 [p] ≡ (−1)2 ≡ 1 [p] donc 1 et p − 1 sont deux racines distinctes (car
p > 3 donc 0 6 1 < p − 1 donc 1 et p − 1 sont deux représentants distincts dans le système [[0, p − 1]]
de représentants des classes modulo p) de X 2 − 1 dans Z/pZ,
⋆ X 2 − 1 est de degré 2,
⋆ X 2 − 1 est unitaire,
donc X 2 − 1 n’a pas d’autres racines, ces deux racines sont simples et sa forme factorisée est

X 2 − 1 = (X − 1)(X − p − 1) = (X − 1)(X + 1)

• D’après les deux points précédents, up est une racine de X 2 − 1 dans Z/pZ et les racines de X 2 − 1
dans ce corps sont {1, −1} donc
up ≡ 1 [p] ou up ≡ −1 [p]

(d) Étude des termes d’indices une puissance de 2. Notons v la suite définie par

v0 = 1 , v1 = −1 , ∀n ∈ N , vn+2 = −2vn+1 − 3vn

ce qui correspond, comme pour la suite u, au cas particulier de l’étude précédente pour b = 2 et c = 3.
αn + αn
i. Montrer que ∀n ∈ N , vn = où α est une racine du trinôme X 2 + 2X + 3.
2
Appliquons la formule établie dans la question II.4(b) pour

α = −1 + i 2 , u0 = 1 , u1 = −1

ααn − ααn αn − αn
∀n ∈ N , vn = −
α−α α−α
ααn − ααn − αn + αn
=
α−α
(α + 1)αn − (α + 1)αn √ √ √
= or α + 1 = i 2, α + 1 = −i 2 et α − α = 2iIm(α) = 2i 2
α−α
αn + αn
=
2
αn + αn
Ainsi, ∀n ∈ N, vn = .
2

ii. En reconnaissant une identité remarquable, déterminer, pour tout n ∈ N, une relation simple entre u2n+1 ,
u2n et v2n .

Rappelons l’expression explicite de un en fonction de n et α qui se déduit directement de la ques-


tion II.4(b) :
αn − αn
∀n ∈ N , un =
α−α
Observons alors que, pour tout n ∈ N,
n+1 n+1 n n n n n n
α2 − α2 (α2 )2 − (α2 )2 (α2 − α2 )(α2 + α2 )
u2n+1 = = = = u2n × 2v2n
α−α α−α α−α
Ainsi, ∀n ∈ N, u2n+1 = u2n × 2v2n .

iii. En déduire, par récurrence, que u2n ≡ 0 [2n ] pour tout n ∈ N.

Notons tout d’abord qu’une récurrence immédiate à partir de la propriété de récurrence définie pour tout
n ∈ N par
Q(n) : « un ∈ Z et un+1 ∈ Z, vn ∈ Z et vn+1 ∈ Z ».
permet d’une part de justifier que la question a bien un sens (car la suite u est à valeurs entières) et
d’autre part que la suite v est également à valeurs entières.
Considérons la propriété P(·) définie pour tout n ∈ N par

P(n) : « u2n ≡ 0 [2n ] ».

13
⋆ u1 = 1 donc u20 ≡ 1 [1] ≡ 0 [1] ≡ 0 [20 ] donc P(0) est vraie.
⋆ (pour le plaisir, inutile dans une rédaction définitive)
u2 = −2u1 − 3u0 = −2 donc u2 ≡ −2 [2] ≡ 0 [2] ≡ 0 [21 ] donc P(1) est vraie.
⋆ Soit n ∈ N fixé quelconque tel que P(n) est vraie.
La véracité de P(n) donne 2n | u2n ,
donc 2 × 2n | 2u2n ,
si bien que 2n+1 | u2n × 2v2n car v2n ∈ Z,
or, en reprenant la relation établie dans la question précédente u2n+1 = u2n × 2v2n ,
donc 2n+1 | u2n+1 ce qui prouve P(n + 1).
Ainsi, ∀n ∈ N, u2n ≡ 0 [2n ].

III Corps Q[N ]


Cette partie est consacrée à l’étude de l’ensemble Q[N ] = {Q(N ) | Q ∈ Q[X]} où N est la matrice introduite dans
la partie II.
III.1. Montrer que Q[N ] = {sN + tI2 | (s, t) ∈ Q2 }.
Pour l’inclusion directe, on pourra utiliser le résultat de la question II.2.

⋆ Soient (s, t) ∈ Q2 fixés quelconques.


Posons Q = sX + t ∈ Q[X].
Par définition de Q[N ], sN + tI2 = Q(N ) ∈ Q[N ].
Par conséquent, {sN + tI2 | (s, t) ∈ Q2 } ⊂ Q[N ].
⋆ Soit M ∈ Q[N ] fixé quelconque.
Il existe Q ∈ Q[X] : M = Q(N ).
— Méthode 1. Nous avons vu dans la question II.2 que toutes les puissances entières de N s’expriment
comme des combinaisons linéaires de I2 et N . Par conséquent, puisque M est une combinaison linéaire
de puissances de N , alors M est une combinaison linéaire de combinaisons linéaires de I2 et N , donc c’est
une combinaison linéaire de I2 et N .
L’argument proposé ci-dessus est incomplet : il ne faut pas seulement justifier que M est une combinaison
linéaire de I2 et N , il faut aussi prouver que les coefficients d’une telle combinaison linéaire peuvent être
choisis rationnels et compte tenu de la formule établie dans la question II.2, cela n’a rien d’évident : les
coefficients dont l’expression est explicitée sont a priori complexes. Néanmoins, dans la question II.2, la
division euclidienne de X m par P , qu’elle soit effectuée dans C[X] ou dans Q[X] possède le même reste
et le même quotient. En effet, notons respectivement Qˆm et Rˆm le quotient et le reste de la division
euclidienne de X m par P dans Q[X]. Alors
(Qˆm , Rˆm ) ∈ Q[X]2 , X m = Qˆm P + Rˆm et deg Rˆm < deg P
donc, par unicité du quotient et du reste de la division euclidienne de X m par P dans C[X],
Qm = Qˆm et Rm = Rˆm
Ainsi, Rm ∈ Q[X] si bien que les coefficients des expressions des puissances de N écrites comme com-
binaisons linéaires de I2 et N sont rationnels de sorte que M peut s’obtenir comme une combinaison
linéaire à coefficients rationnels de I2 et N .
— Méthode 2.
Effectuons la division euclidienne de Q par P dans Q[X] :
∃(A, B) ∈ Q[X]2 : Q = AP + B et deg B < deg P = 2
Puisque deg B 6 1, ∃(s, t) ∈ Q2 : B = sX + t de sorte qu’en prenant l’image de l’égalité polynomiale
Q = AP + sX + t
par le morphisme d’évaluation en N (morphisme d’anneaux de l’anneau Q[X] dans l’anneau M2 (Q)) :
Q(N ) = A(N ) × P (N ) +sN + tI2
| {z }
=0
donc Q(N ) = sN + tI2 .
Par conséquent, Q[N ] ⊂ {sN + tI2 | (s, t) ∈ Q2 }.

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Ainsi, Q[N ] = {sN + tI2 | (s, t) ∈ Q2 }.

III.2. En déduire que Q[N ] est un sous-anneau commutatif de M2 (Q).

⋆ Q[N ] ⊂ M2 (Q) et (M2 (Q), +, ×) est un anneau de référence (attention, il n’est pas commutatif).
⋆ I2 = |{z} 1 .I2 donc Q[N ] 6= ∅ et contient le neutre multiplicatif de l’anneau M2 (Q).
0 + |{z}
∈Q ∈Q
⋆ Soient (M, M ) ∈ Q[N ]2 fixés quelconques.

Il existe (s, t, s′ , t′ ) ∈ Q4 tels que M = sN + tI2 et M ′ = s′ N + t′ I2 .


D’une part,
M − M ′ = (s − s′ ) + (t − t′ ) I2 donc M − M ′ ∈ Q[N ].
| {z } | {z }
∈Q ∈Q
2
D’autre part, en utilisant que P (N ) = 0 ⇐⇒ N = −bN − cI2 ,

M M ′ = ss′ N 2 + stN + ts′ N + tt′ I2 = (st′ + ts′ − bss′ ) N + (tt′ − css′ ) I2 donc M M ′ ∈ Q[N ].
| {z } | {z }
∈Q ∈Z
car c ∈ Q car b ∈ Q

⋆ Attention, l’anneau M2 (Q) n’est pas commutatif donc, contrairement à la question I.2(a), la commutativité
n’est pas héritée de l’anneau ambiant. Dans l’expression obtenue ci-dessus pour M M ′ , on observe que t et t′
d’une part, s et s′ d’autre part jouent des rôles symétriques si bien que M ′ M possède exactement la même
expression d’où M M ′ = M ′ M , ce qui prouve la commutativité de la loi multiplicative sur Q[N ].
Ainsi, Q[N ] est un sous-anneau commutatif de M2 (Q).

III.3. Cette question propose l’étude d’un exemple qui sera généralisée dans la question suivante.
(a) Effectuer explicitement la division euclidienne de P = X 2 + bX + c par X + 2.

En posant la division euclidienne, on trouve


P = X 2 + bX + c = (X + 2)(X + b − 2) + c − 2b + 4.

(b) En évaluant en −2, justifier que le reste est non nul.

Si l’on prend l’image de l’identité ci-dessus par le morphisme d’évaluation en −2, on obtient

P (−2) = (−2 + 2)(−2 + b − 2) + c − 2b + 4 = c − 2b + 4


| {z }
=0
or les racines de P sont complexes non réelles (car ∆ < 0)
donc le reste de la division, qui vaut P (−2) = c − 2b + 4 est non nul.

(c) En déduire que N + 2I2 est une matrice inversible dans Q[N ] et préciser son inverse.

Prenons l’image de l’identité

X 2 + bX + c = (X + 2)(X + b − 2) + c − 2b + 4

par le morphisme d’évaluation en N , on obtient

P (N ) = (N + 2I2 )(N + (b − 2)I2 ) + (c − 2b + 4)I2


| {z }
=0
or c − 2b + 4 6= 0 d’après la question précédente d’où
1
(N + 2I2 )(N + (b − 2)I2 ) = (2b − c − 4)I2 donc (N + 2I2 ) × (N + (b − 2)I2 ) = I2
2b − c − 4

15
1
De plus, N + 2I2 et (N + (b − 2)I2 ) commutent (elles appartiennent à Q[N ] qui est un anneau
2b − c − 4
1 (b − 2)
commutatif) donc N + 2I2 est inversible et son inverse est N+ I2 ∈ Q[N ].
2b
|
− c
{z
− 4
}
2b
|
−{zc − 4}
∈Q
∈Q
1 (b − 2)
Ainsi, N + 2I2 est une matrice inversible dans Q[N ] d’inverse N+ I2 .
2b − c − 4 2b − c − 4

III.4. (a) Soient (s, t) ∈ Q2 tels que s 6= 0. Posons M = sN + tI2 .


Prouver l’existence de M ′ ∈ Q[N ] telle que M M ′ = M ′ M = I2 .

Notons respectivement Q et R le quotient et le reste de la division euclidienne de P = X 2 + bX + c par


sX + t.
Par définition de la division euclidienne,

P = (sX + t)Q + R et deg R < deg(sX + t) = 1 (s 6= 0)

donc R est un polynôme constant : ∃r ∈ Q : R = r.


t
Prenons l’image de la division euclidienne ci-dessus par le morphisme d’évaluation en − :
s
       
t t t t
P − = −s × +t Q − +r donc r = P −
s s s s
| {z }
=0
or les racines de P sont complexes non réelles (car ∆ < 0),
donc le reste r de la division est non nul.
Prenons l’image de la division euclidienne ci-dessus par le morphisme d’évaluation en N :

P (N ) = (sN + tI2 )Q(N ) + rI2


| {z }
=0
donc  
1
−rI2 = (sN + tI2 )Q(N ) donc (sN + tI2 ) − Q(N ) = I2
r
1
Or (sN + tI2 ) et − Q(N ) commutent (elles appartiennent à Q[N ] qui est un anneau commutatif) donc
r
1 1
sN + tI2 est inversible et son inverse est − Q(N ) ∈ Q[N ] (évaluation en N de − Q ∈ Q[X]).
r r
Ainsi, sN + tI2 est une matrice inversible dans l’anneau Q[N ].

(b) À l’aide de la question précédente, montrer que Q[N ] est un corps.

⋆ (Q[N ], +, ×) est un anneau commutatif d’après la question III.2.


⋆ Soit M ∈ Q[N ] fixée quelconque telle que M 6= 0.
Compte tenu de la description de Q[N ] établie dans la question III.1, il existe (s, t) ∈ Q2 : M = sN + tI2 .
— Si s 6= 0, alors nous avons établi dans la question III.4(a) que M est un élément inversible de l’anneau
Q[N ].
1
— Sinon, s = 0 donc M = tI2 , or M 6= 0 donc t 6= 0 si bien que la matrice I2 existe et vérifie
t
1
M × I2 = I2
t
1 1
De plus, M et I2 commutent et I2 ∈ Q[N ] donc M est un élément inversible de l’anneau Q[N ].
t t
Ainsi, tout élément non nul de Q[N ] est inversible dans l’anneau Q[N ].
Ainsi, Q[N ] est un corps.

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