Résumé de l’unité 4 : génétique des populations
2BSVTF – 2BSMF
Proposé par prof Khadija Zekrite
I/ Génétique des populations : définition et objectifs.
La génétique des populations s’intéresse de la transmission des caractères héréditaires à
partir de croisements non contrôlés, qui surgissent entre de nombreux parents au sien
d’une même population.
La génétique des populations vise les objectifs suivants
- Le calcul des fréquences des allèles, des génotypes et des phénotypes pour
constituer une idée claire sur la structure génétique d’une population.
- Prévoir théoriquement la structure d’une population au fil des générations.
- L’étude des facteurs susceptibles de modifier la structure génique d’une population.
II/ Notion d’espèce et population naturelle
Espèce : Plusieurs critères sont utilisés pour définir une espèce :
- Le critère de ressemblance morphologique, mais ce critère rencontre des problèmes,
en effet quelques individus présentent de grandes différences morphologiques malgré
leur appartenance à la même espèce.
- Les critères écologiques : habitat, régime alimentaire…
- Le critère génétique et biochimique : Les individus de la même espèce partagent les
mêmes gènes et des molécules semblables.
- Le critère d’interfécondité : deux individus de la même espèce sont capables de se
reproduire entre eux et donner une descendance viable et fertile (féconde) sur plusieurs
générations.
C’est la dernière définition qui est la plus admise de nos jours et qui tient compte du
concept biologique, cette définition a été énoncé la première fois par le chercheur Ernst
Mayr en 1942.
Une population naturelle est un ensemble d’individus appartenant à la même espèce,
vivant sur un territoire plus ou moins bien limité par des barrières géographiques ou
écologiques. Les individus de la même population interagissent entre eux au moment de
la reproduction. La notion de population fait donc appel à des critères d'ordres spatiaux,
temporels et génétiques.
La population est une structure dynamique caractérisée par :
- Un flux des individus: entrée de nouveaux individus (naissances, migration d’individus de
la même espèce vers la population concernée), perte d’individus: mortalité, migration de
certains individus de la population vers d’autres territoires.
- La mutations, la sélection naturelle, la dérive génétique (ou génique).
0 Résumé de la génétique des populations – proposé par prof Khadija Zekrite
III/ Notion du pool génique et calcul des fréquences réelles alléliques et
génotypiques d’une population
Pool génique : c’est l’ensemble des allèles qui se trouvent sur les locus des gènes
des chromosomes de tous les individus de la population. Le pool génique se
caractérise par sa continuité et son évolution au cours des générations, et aussi
par sa variabilité sous l’influence de certains facteurs naturels.
Comment Calculer les fréquences observée des phénotype?
- On symbolise la fréquence par la lettre f. la valeur de f est comprise entre
0 et 1.
- On calcule la fréquence des différents phénotypes par la relation suivante :
f[A] = Nombre d’individus porteurs du phénotype [A]
Effectif total de la population N
f[A] : désigne la fréquence du phénotype [A]
Rappel : Si l’allèle A est dominant : nombre[A] = nombre (AA) + nombre (Aa)
f[A] + f[a] = 1
Comment Calculer les fréquences génotypiques observée ?
f(AA) = Nombre d’individus porteurs du génotype (AA)
Effectif total de la population N
f(AA) : désigne la fréquence du génotype AA.
On note f(AA) = D (individus homozygotes porteur du caractère dominant)
f(aa) = R (individus homozygotes porteur du caractère récessif)
f(Aa) = H (individus hétérozygotes)
D+H+R=1
Comment Calculer les fréquences génotypiques observée ?
On calcule la fréquence des allèles : par l’application du théorème des
probabilités composées. La fréquence de l’allèle A peut être définie comme la
probabilité de tirer cet allèle au hasard dans la population, ce qui suppose d’abord
de tirer un individu, puis l’un de ses deux allèles :
f (A) = p = (D x 1) + (H x ½) + (R x 0) = D + H/2
f (a) = q = (D x 0) + (H x ½) + (R x 1) = R + H/2
avec : f(A) : fréquence de l’allèle dominant A, on note cette fréquence p
f(a) : fréquence de l’allèle récessif a, on note cette fréquence q
p+q=1
En règle générale :
Nombre d'individus homozygotes pour cet allèle 1 Nombre d'individus hétérozygotes pour cet allèle
Fréquence d'un allèle = + x
Effectif total de la population 2 Effectif total de la population
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IV/ Population idéale ou équilibrée ou théorique :
La population théorique-idéale est équilibrée, elle se définit par les caractéristiques
suivantes :
Population d’organismes diploïdes à reproduction sexuée et sans chevauchement
entre les générations (pas de croisements entre individus de générations différentes).
Effectif de la population infini (très grand nombre).
Rencontre aléatoire entre les mâles et les femelles (Panmixie) et rencontre aléatoire
entre les gamètes mâles et les gamètes femelles lors de la fécondation (Pangamie)
Absence des facteurs d’évolution de la population : migration, sélection et
mutations.
II/ La loi de Hardy-Weinberg
La théorie de la loi de Hardy – weinbeg s’applique sur les populations théoriques
idéales qui n’évoluent pas. Selon cette loi :
Les fréquences alléliques et génotypiques ne changent pas avec le temps.
On détermine les fréquences théoriques des génotypes à partir des fréquences
des allèles. Dans le cas d'un gène di-allélique, où p est la fréquence de l’allèle
dominant A et q la fréquence de l’allèle récessif a,
Si le gène est autosomal, on adopte une relation simple qui correspond au
développement du binôme (p+q)2 :
f(AA) + f(Aa) + f(aa) = (p+q)2 = 1 f(AA) = p2
f(Aa) = 2pq
= p2 + 2pq + q2 = 1 f(aa) = q2
Si le gène est lié au sexe,
On adopte la même relation précédente chez les femelles
f(XAXA) + f(XAXa) + f(XaXa) = (p+q)2 = 1 f(XAXA) = p2
p2 + 2pq + q2 = 1 f(XAXa) = 2pq
=
f(XaXa) = q2
Chez les mâles, la fréquence des génotypes est égale à la fréquence des
allèles : f(XAY) = p
f(XaY) = q
L’écart entre les effectifs génotypiques théoriques et les effectifs génotypiques
observés permet de juger si la population est équilibrée ou pas :
* Si cet écart est négligeable, on dit que la population est théorique équilibrée et
par conséquent elle répond à la loi de Hardy- Weinberg.
* Si cet écart est important, on dit que la population n’est pas équilibrée et par
conséquent elle n’obéit pas à la loi de Hardy- Weinberg.
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V/ Les facteurs de variabblité des populations naturelles
La loi de Hardy Weinberg décrit une population qui n’évolue pas. Or dans la population
réelle naturelle, l’action des mutations, de la sélection naturelle, de la dérive génique et
de la migration provoquent le changement de la fréquence des allèles et par conséquent
l’évolution de la population.
1/ Les mutations : الطفرات
Les mutations sont des modifications qui peuvent affecter :
La séquence d’un gène, on les appelle mutations ponctuelles, la fonction du gène
est alors altérée ou modifiée (mutation faux sens ou non-sens). Ces mutations sont
classées en 3 catégories : les mutations par substitution, les mutations par additions et les
mutations par délétion.
Les chromosomes, on les appelle mutations chromosomiques, elles se manifestent
soit par addition, délétion ou translocation d’un fragment de chromosomes ou d’un
chromosome entier, soit par duplication ou inversion d’un fragment de chromosome ou
même une duplication du nombre de chromosomes.
Les mutations sont le processus de base par lequel des allèles nouveaux naissent par
modification d’allèles préexistant, Cette addition d’allèles provoque le changement des
fréquences allélique, génotypique et celle des phénotypes. Les mutations sont donc la
source de la variabilité et de l’évolution génétique des populations اث
مصدر التنوع والتطور الور ي
للساكنات
2/ La sélection naturelle : االنتقاء الطبيع
La sélection naturelle est un mécanisme qui s'applique à la population, et non pas à
l'individu. Elle a lieu lorsque l’environnement (nourriture disponible, prédateurs,
compétiteurs, climat, pollutions, relief, etc.) donne pour des individus portants un
phénotype donné plus de chance de survie et de succès reproductif par rapport à un
autre phénotype. La sélection est dite positive pour les individus les plus favorisés dans ce
milieu et négative pour les individus les moins aptes à survivre ou à se reproduire.
Le groupe d’individus sélectionné positivement transmet ses allèles d’une manière
préférentielle au fil des générations, par conséquents la fréquence de ces allèles
augmente par rapport aux allèles les moins favorisés qui diminuent, par conséquent la
structure génétique de la population se trouve modifiée en favorisant le maintien du
phénotype le mieux adapté à l’environnement.
Exemple : Effet de la sélection naturelle dans une région industrielle polluée (arbres sombres)
sur la fréquence d’un allèle dominant (C) codant Fréquence des allèles
pour la couleur noir d’un papillon et sur l’allèle Allèle C
01
(c) codant pour la couleur claire de ce même 0,8
papillon. 0,6
0,4
Dans cette région polluée, les papillons clairs sont 0,2 Allèle c
facilement repérables par les oiseaux prédateurs 0
1848 1868 1888 1908 1928 1948
et donc plus exposées à la prédation ce qui Années
provoque la diminution de leur effectif et donc ces allèles (c) sont moins transmis aux générations
suivantes ce qui conduit à une diminution qui tend vers une extinction اندثارde ces allèles.
Inversement dans l’environnement rural non pollué.
3 Résumé de la génétique des populations – proposé par prof Khadija Zekrite
On distingue trois types de sélections naturelle selon les phénotypes favorisés dans un
milieu : directionnelle, stabilisante et divergente.
Fréquence Fréquence Fréquence Fréquence
Population d'origine Sélection directionnelle Sélection stabilisante Sélection divergente
La courbe en Elimination des Elimination des Elimination des
pointillée représente phénotypes qui se
la population phénotypes qui se phénotypes qui se
d'origne avant la trouvent à l'une des trouvent aux deux trouvent au centre
sélection extrémités extrémités
2/ La migration : الهجرة
La migration d’individus entre les populations crée une circulation et un échange
d’allèles entre elles, ce qui entraine une modification des fréquences alléliques et par
conséquent le pool génique des populations se trouve enrichi ou appauvri.
Le model de la migration unidirectionnelle conduit à la modification de la structure
génique de la population d’accueil qui évolue vers la structure génétique de la population
mère, alors que cette dernière reste en équilibre, protégée par son grand effectif.
Exemple de migration selon le model unidirectionnel "continent - île"
Population mère Population d'accueil
Continent île
f(A)= pm= 0,7 N individus
f(a)= qm= 0,3
Aa Fréquence des allèles avant la migration (G0)
Fréquence des allèles avant la migration (G0) AA
aa AA Aa
f(A)= p0 = 0,7 Aa Aa AA n immigrants aa f(A)= p0 = D + H/2 = 2/10 + 1/2 x 4/10 = 0,4
AA aa Aa aa
AA AA f(a)= q0 = R + H/2 = 4/10 + 1/2 x 4/10 = 0,6
f(a)= q0 = 0,3 AA Aa
Aa AA
aa AA AA Aa
Pas de changement Aa AA aa Changement
AA AA
aa AA Aa Aa
AA
aa AA Aa
Fréquence des allèles après la migration (G1) AA Aa AA aa
Fréquence des allèles après la migration (G1)
AA AA aa aa
f(A)= p1 = 0,7 Aa Aa f(A)= p1 = D + H/2 = 5/14 + 1/2 x 5/14 = 0,53
AA Aa Aa AA Aa
AA f(a)= q1 = R + H/2 = 4/14 + 1/2 x 5/14 = 0,47
f(a)= q1 = 0,3 Aa K.Zekrite.doc
Quant au modèle de la migration multidirectionnelle, les différences alléliques entre
les populations en échange diminuent et tendent vers une structure génétique commune,
le polymorphisme génique augmente et la variabilité génétique entre les populations
disparait.
4 Résumé de la génétique des populations – proposé par prof Khadija Zekrite
Exemple de migration multidirectionnelle entre les iles d’un archipel أرخبيل
1
f(A) =p
1
0,8
1
5 2 0,6
2
0,4
3
iles 4
0,2
5 Générations
4 3 migration 0
0 10 20 30 40 50
4/ La dérive génétique (ou génique) : االنحراف الجين
La dérive génétique correspond aux fluctuations aléatoires تقلبات عشوائيةde la
fréquence d’un allèle neutre (ou un génotype ou un phénotype neutre) au fil des
générations, entraînant une diminution du polymorphisme génétique au sein d'une
population indépendamment des mutations, de la sélection naturelle et des migrations.
En raison de son caractère aléatoire, la dérive génétique est donc un phénomène
imprévisible.
La dérive génétique se produit d’une façon plus marquée dans les populations de
petite taille.
Influence de la dérive génétique sur la structure génétique des populations de petite taille.
Fréquence d'un allèle neutre (a)
Fixation de l'allèle (a) dans la population (1)
01
Population P1
Population P2
0,5
Population P3
Générations
0
0 10 20 30 40 50
Disparition de l'allèle (a) dans la population (3)
Les deux causes de la dérive génétique sont :
- Le goulot d’étranglement (ou goulet d’étranglement): فعل تضيق عنق الزجاجة
correspond à un épisode de réduction sévère d’une population mère (suite à une
épidémie, sècheresse, catastrophe naturelle…), aléatoirement, quelques allèles neutres
se trouvent moins représenté que d’autres dans la population. Les survivants se
reproduisent exclusivement entre eux, ce qui conduit à une perte de ces allèles au fil des
générations.
5 Résumé de la génétique des populations – proposé par prof Khadija Zekrite
- L’effet fondateur : الفعل المؤسسse produit lorsqu'un sous-groupe d'une population
s'isole d’une manière aléatoire du groupe principal et fonde une nouvelle population.
L'effet fondateur se traduit également par une faible diversité génétique de départ.
Fig (a): Goulot d'étranglement: Fig (b): Effet fondateur
Une population peut traverser occasionnellement Un groupe restreint de migrants d’une population
des périodes durant lesquelles seul un petit d’origine peut avoir une composition génétique très
nombre d'individus survie. Il se produit un goulot différente de celle de la composition d’origine
d'étranglement qui est à l’origine d’une nouvelle malgré son tirage aléatoire. Il en résulte un groupe
diversité génétique. fondateur qui est à l’origine d’une nouvelle divers
migrants
fondateurs
échantillonage
Survivants
aléatoire d'un
petit groupe Population des
migrants à la
Population Régression de la Population à la Population d'origine à génération suivante
ancestrale taille de la génération suivante
population grand effectif
Individus portants des allèles neutres
Individus portants des allèles neutres
هللا الموفق
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