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Yvain FP Web

Le document présente une fiche pédagogique sur 'Yvain ou le Chevalier au lion', mettant en avant les combats, intrigues et l'univers médiéval captivant du roman. Il propose des séances d'enseignement pour explorer la vie au Moyen Âge, la découverte du roman, et des activités autour des thèmes de la quête, du courage et de l'amitié. L'édition vise à rendre le texte original plus accessible aux jeunes lecteurs tout en maintenant son essence.

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Le document présente une fiche pédagogique sur 'Yvain ou le Chevalier au lion', mettant en avant les combats, intrigues et l'univers médiéval captivant du roman. Il propose des séances d'enseignement pour explorer la vie au Moyen Âge, la découverte du roman, et des activités autour des thèmes de la quête, du courage et de l'amitié. L'édition vise à rendre le texte original plus accessible aux jeunes lecteurs tout en maintenant son essence.

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FICHE YVAIN OU LE

IQUE CHEVALIER AU LION


PÉDAGOG
€–

✔ «
« '
' ?
✔ G «

« Combats spectaculaires, intrigues


amoureuses et amicales, rebondissements
merveilleux, univers médiéval fascinant :
ce roman a tous les atouts pour tenir son
»
lectorat en haleine.
Astrid Chauvineau,
agrégée de lettres modernes

Sommaire
2
3
6
15

Yvain ou le Chevalier au lion | 1


é g g
Selon l’historien Michel Pastoureau, Yvain serait le chevalier
de la Table ronde préféré des lecteurs du Moyen Âge. Et pour
cause ! Combats spectaculaires – pensons à l’incroyable piège
de la porte –, intrigues amoureuses et amicales, complexité psy-
chologique du personnage – citons l’épisode de la folie –, rebon-
dissements merveilleux – fontaine et anneaux magiques, entre
autres –, ou encore univers médiéval fascinant par ses codes et
ses traditions : ce roman a tous les atouts pour tenir son lectorat
en haleine.
Le texte réécrit de cette édition reste fidèle à l’original, mais
devient plus accessible à de jeunes amatrices et amateurs de
romans de chevalerie. Grâce à des tournures de phrases plus
fluides et modernes, les aventures de notre héros et des person-
nages qu’il croise sont faciles à suivre et laissent place aux fris-
sons et au rire.

2 | Étonnants Classiques
I T é
Problématique : Yvain, un héros pas comme les autres ?

Séance Supports Objectifs Activités


– « –
Â


« œ –

Â
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Yvain ou le Chevalier au lion | 3


Séance Supports Objectifs Activités
– –

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Séance Supports Objectifs Activités
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Yvain ou le Chevalier au lion | 5


II é é

Séance 1 : la vie au Moyen Âge


→ œ
→ « Â
→ «
→ «


1. Pour commencer la séquence et préparer les élèves à ce
voyage dans le temps, on pourra leur projeter un « Mini doc »
produit par la Bibliothèque nationale de France : https://
vimeo.com/618107867, disponible également en QR code
dans l’édition.
On commentera oralement les représentations visuelles pré-
sentes dans ce documentaire ainsi que les informations
marquantes.
Reprise : les premiers châteaux sont des enceintes circulaires
et des palais. Dès la fin du Xe siècle, pour assurer la sécurité de
ses habitants, les fortifications se multiplient autour et à l’inté-
rieur des châteaux. On voit apparaître des palissades en bois,
des haies d’épineux, ou encore des fossés remplis d’eau. Au
XIIe siècle, on observe des constructions en pierre : des donjons
carrés, puis des tours circulaires ou polygonales. Aux XIIe et
XIIIe siècles, les châteaux s’agrandissent : ils accueillent un vil-
lage ou même parfois une ville, entourée d’une enceinte.
2. Après avoir lu la section « La vie au Moyen Âge » (p. 13-15)
en classe ou à la maison, on proposera aux élèves une activité
de recherche en ligne.
Consigne : à l’aide de cette vidéo : https://vimeo.com/
618114367, vous expliquerez quelles sont les constructions qui
apparaissent autour et dans les châteaux du Moyen Âge.
Reprise : de nouvelles constructions apparaissent : des cha-
pelles, des ateliers, des lieux de stockage, des chenils et des écu-
ries. Les habitants quittent les donjons pour vivre dans des logis.

6 | Étonnants Classiques
3. Exposés en groupe. On pourra proposer aux élèves d’effec-
tuer une recherche et de préparer une présentation des lieux
médiévaux encore visibles aujourd’hui sur le territoire français.
Exemples :
– La cité de Carcassonne ;
– La cité de Provins ;
– La cité épiscopale d’Albi ;
– Le château de Suscinio ;
– Le Mont-Saint-Michel ;
– La forteresse de Fougères ;
– Le château de Vincennes.
4. En guise de synthèse, on demandera aux élèves de répondre
aux questions de l’encadré « À mon tour ! » (p. 15).


Pour parachever ce tour d’horizon de l’univers médiéval, on
proposera aux élèves un exercice sur le vocabulaire du système
féodal et sur l’armure des chevaliers, en s’appuyant sur la ques-
tion 1 de la section « Les personnages du roman » (p. 138) et
sur le schéma à compléter « Les mots des chevaliers » (p. 34).

Séance 2 : découverte et lecture


du roman
→ à
œ

→ Â

→ « œ
→ « ?
→ œ
→ «

→ «
→ « à

Yvain ou le Chevalier au lion | 7



Afin de préparer la lecture autonome et de susciter l’envie de
découvrir l’œuvre, on pourra réaliser les activités proposées
dans la section « J’entre dans l’œuvre » (p. 8-9) qui porte sur le
choix de couverture et sur un document iconographique.

➤A
Avant de lancer la lecture autonome de l’œuvre, on pourra
faire écouter à la classe un extrait du prologue du roman, en
langue originale, disponible en QR code dans l’édition (p. 36).
« Incompréhensible », « bizarre » : on recueillera les premières
impressions avant d’échanger autour de l’histoire de la langue
française. Pour aller plus loin dans cette initiation à l’ancien
français, on pourra reproduire les premiers vers du roman en
version originale à partir du lien ci-dessous, et s’amuser à les
traduire : https://essentiels.bnf.fr/fr/audio/12910a6b-40f3-
4f3b-b0c3-440d24b0e18e-prologue-yvain-ou-chevalier-lion.
Pour évoquer la figure de Chrétien de Troyes dans son
contexte culturel, on proposera aux élèves de lire les sections
« Une rencontre entre plusieurs genres littéraires » (p. 16-18) et
« L’avènement d’un mythe » (p. 20-21) avant de répondre aux
questions des encadrés « À mon tour ! ».

➤A
Pour guider la découverte du roman et vérifier la compréhen-
sion littérale de l’œuvre, on proposera aux élèves d’effectuer les
jeux présents dans le dossier au fil de leur lecture.


Une fois la lecture effectuée à l’aide de la fiche de lecture
(p. 159-160), en classe, on demandera aux élèves de répondre
aux questions de compréhension de la section « Les personnages
du roman » (p. 138).

8 | Étonnants Classiques
Séance 3 : en quête de vengeance



De « Ma parole ! » (l. 222, p. 44) à la fin, « honteux ou glo-
rieux » (p. 46).
Pour préparer la séance à la maison, on demandera aux élèves
de lire l’extrait et de répondre aux questions « Premières impres-
sions » pour vérifier leur compréhension du passage.
Après une relecture orale de l’extrait prise en charge par
l’enseignant·e ou par un·e élève (dans ce cas, il faudra que la
lecture orale ait été préparée à la maison), on effectuera ce pre-
mier commentaire littéraire lors d’une séance de deux heures, les
élèves répondant aux questions seul·e·s ou par petits groupes.

Séance 4 : le départ pour l’aventure,


un motif récurrent
→ É œ

➤G
Après cette première étude de texte, on pourra évoquer avec les
élèves les termes de « quête » et d’« aventure » qui caractérisent le
début d’un roman de chevalerie. On se reportera au tableau « La
dynamique du roman d’aventures », aux pages 27-28.
Pour l’étude de ce groupement de textes, on divisera la classe
en trois ensembles qui prendront chacun en charge l’un des
extraits. La mise en commun sera ensuite collective.


Après ce travail effectué en groupes, on s’appuiera sur l’enca-
dré « Je compare » (p. 146) pour établir une synthèse collective.

Yvain ou le Chevalier au lion | 9


Séance 5 : le courage, valeur centrale
des héros… et des héroïnes ?


→ «

→ É à
« !
Dans les romans de Chrétien de Troyes, le fait que les cheva-
liers n’aient jamais peur est mis en avant. Il est difficile
aujourd’hui de promouvoir cette valeur virile sans la question-
ner avec les élèves. Plus généralement, cette séance pourra être
l’occasion d’une prise de recul par rapport à la surreprésentation
des personnages masculins dans les romans de chevalerie, et
plus généralement, d’aventures.


À l’aide des photogrammes en versos de couverture et page
157, les élèves répondront aux questions des pages 156 et 157.

➤É à
À l’aide d’une recherche en ligne, les élèves pourront écouter
plusieurs fois si nécessaire cette pastille radiophonique, diffusée
sur France Culture, « Pourquoi les héros n’ont-ils pas peur ? » :
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-pour-
quoi-du-comment-philo/pourquoi-les-heros-n-ont-ils-pas-peur-
7961435.
Les élèves répondront ensuite aux questions présentes à la
page 158.

➤ :«

À l’aide des réponses à l’exercice précédent et d’un travail de
réflexion préparatoire, on distribuera des rôles aux élèves afin

10 | Étonnants Classiques
de mener un rapide débat autour de cette question : « Les
romans de chevalerie sont-ils sexistes ? »
Quelques éléments pour préparer ou animer la discussion :
– Contexte historique et social du Moyen Âge : la condition
féminine ;
– Le rôle des personnages féminins dans le roman ;
– Le test de Bechdel pour évoquer la sous-représentation fémi-
nine dans une œuvre ;
– Qui sont les superhéroïnes connues ? Comment sont-elles
représentées ?
– Imaginez un roman de chevalerie avec un personnage prin-
cipal féminin ;
– En quoi la diversité de représentations est-elle importante ?

Séance 6 : la figure du lion dans


le roman et dans l’imaginaire médiéval

→ à



→ «


À l’aide de l’image reproduite à la page 155 et grâce à une
recherche internet, on commentera avec les élèves les différentes
représentations du lion dans l’iconographie médiévale. On en
profitera pour vérifier oralement la compréhension de la lecture
de la section « Histoire des arts » (p. 154-155) et de l’encadré
« Je retiens ! » (p. 144) en insistant sur ces trois aspects : place
du lion dans l’imaginaire européen, son importance au Moyen
Âge, la question de l’anthropomorphisme.

Yvain ou le Chevalier au lion | 11



Chapitre 8 en entier, de « Yvain cheminait au cœur de la
forêt » (p. 89) à « le lion veillant sur son sommeil » (p. 90).
Pour préparer la séance à la maison, on demandera aux élèves
de lire l’extrait et de répondre aux questions « Premières impres-
sions » pour vérifier leur compréhension du passage.
Après une relecture orale de l’extrait prise en charge par
l’enseignant·e ou par un·e élève (dans ce cas, il faudra que la
lecture orale ait été préparée à la maison), on effectuera ce com-
mentaire littéraire lors d’une séance de deux heures, les élèves
répondant aux questions seul·e·s ou par petits groupes.

Séance 7 : une histoire d’amitié


→ à à

➤ à
À l’aide de l’encadré « Lecture à voix haute » (p. 144), on pro-
posera aux élèves de préparer cette interprétation orale en
amont de la séance. Selon l’intérêt de la classe, on pourra même
envisager une mise en voix et en gestes, avec quelques acces-
soires, par différents groupes d’élèves. Cette activité pourra être
menée sous une forme théâtrale ou être enregistrée à la maison
sous forme de vidéo, par exemple.


Chapitre 14, de « Le combat continua » (p. 122, l. 104), à
« l’approbation de tout le monde » (p. 125, l. 183-184).
Pour préparer la séance à la maison, on demandera aux élèves
de lire l’extrait et de répondre aux questions « Premières impres-
sions » pour vérifier leur compréhension du passage.
Après une relecture orale de l’extrait prise en charge par
l’enseignant.e ou par un·e élève (dans ce cas, il faudra que la

12 | Étonnants Classiques
lecture orale ait été préparée à la maison), on effectuera ce pre-
mier commentaire littéraire lors d’une séance de deux heures, les
élèves répondant aux questions seul·e·s ou par petits groupes.

Séance 8 : inventer une scène de combat


→ É
œ
→ « !
On s’appuiera sur les trois lectures guidées pour proposer aux
élèves un exercice d’écriture d’invention autour de la scène de
combat. Cette activité pourra donner lieu à une évaluation de
fin de séquence.
Consigne : à votre tour, écrivez une scène de combat. Dans
un premier temps, vous inventerez un ennemi (réel ou imagi-
naire) que notre chevalier devra affronter pour la raison de votre
choix. Vous décrirez précisément cet adversaire, puis vous ferez
le récit de la bataille en donnant un maximum de détails sur les
actions des combattants et sur leurs accessoires (tenues, armes,
etc.).
Votre récit sera au présent de l’indicatif et à la troisième per-
sonne du singulier et du pluriel. Vous pourrez débuter ainsi :
« Alors qu’Yvain parcourt la forêt sur son cheval… ».
Le + : si vous vous sentez à l’aise avec cet exercice d’invention,
vous pouvez même imaginer un piège, à l’image de celui de la
porte du château d’Esclados le Roux, pour ajouter un rebondis-
sement à votre récit.
Critères d’évaluation :
– On valorisera l’attention portée aux détails des actions des
combattants et de leurs accessoires, et notamment les copies qui
réinvestissent le vocabulaire acquis durant la séquence ;
– On valorisera les copies qui ménagent une tension drama-
tique et qui maîtrisent la construction narrative de la scène ;
– On valorisera la maîtrise du présent de l’indicatif ;
– On pourra attribuer un bonus aux copies qui font preuve
d’inventivité et qui présentent un piège, à l’instar de celui de
la porte.

Yvain ou le Chevalier au lion | 13


G ’
’ ’

« Y

Séance 9 : bilan de la séquence


→ fi
«

À l’issue de cette séquence, on proposera aux élèves de


répondre à la problématique : « Yvain, un héros pas comme les
autres ? » On en profitera pour insister sur les points suivants,
en s’appuyant sur les sections correspondantes :
– Les valeurs attendues d’un héros/chevalier (voir « On ne
naît pas chevalier, on le devient » (p. 14-15) et le tableau « La
dynamique du roman d’aventures » (p. 27-28).

14 | Étonnants Classiques
– La trajectoire du personnage et les étapes du roman de che-
valerie/d’aventures, le récit initiatique (voir « Les raisons d’un
succès médiéval » (p. 24-26) et le tableau « La dynamique du
roman d’aventures » (p. 27-28).
– Le rôle des personnages secondaires : adjuvants et opposants
(voir « Les protagonistes du roman de chevalerie », p. 29-31).
Cette synthèse pourra prendre la forme d’un texte à trous à
compléter par les élèves, ou encore d’une carte mentale comme
celle proposée à la page 32-33.

III gé
Découvrir le contexte
➤J œ
J’observe la couverture : une scène de combat acharné
1. D’après l’illustration, on devine qu’il s’agit d’un roman de
chevalerie. En effet, l’un des personnages porte une armure
typique d’un chevalier du Moyen Âge et la scène représentée est
une scène de combat.
2. Yvain est le personnage qui a la tête découverte. On peut
le reconnaître car à côté de lui se tient un lion. Or, grâce au titre,
on sait que notre héros est surnommé le « chevalier au lion ».
3. Les différents personnages sont représentés en pleine action,
dans des attitudes combatives. Yvain tient son épée en l’air, prêt à
frapper, tandis qu’il se protège des coups avec son écu. Les trois
démons ont eux aussi l’air déchaîné, comme en témoignent leur
posture et la forme choisie pour leur bouche. Enfin, le lion est aussi
dessiné dans une position très agressive, puisqu’il tient dans sa
gueule le bras de l’un des ennemis d’Yvain.
Le chevalier au lion en action
4. Entre l’illustration de couverture et l’enluminure, on peut
observer au moins deux points communs :
– les deux représentent une scène de combat acharné : en
effet, on observe des coups échangés sur l’enluminure et les per-
sonnages sont représentés en armure, sur leurs chevaux de
bataille ;

Yvain ou le Chevalier au lion | 15


– le lion est aussi présent sur l’enluminure : il est d’ailleurs
dans la même attitude que sur l’illustration de couverture, en
train d’attaquer l’un des combattants.
5. Lorsque l’on observe attentivement les deux représenta-
tions du lion, on peut noter des différences. Sur l’enluminure, le
lion paraît très petit si on le compare à la taille des chevaux ou
même des hommes. On a presque l’impression que ses propor-
tions correspondent à celle d’un chien. Au contraire, sur l’illus-
tration de couverture, l’animal est massif et terrifiant. Sa crinière
est aussi plus réaliste. Même si le lion est très représenté au
Moyen Âge, on peut imaginer que la connaissance de l’animal
est moins précise qu’aujourd’hui.
6. L’armoirie du chevalier en bleu, observable sur son écu et
sur le caparaçon de son cheval, représente un lion. Grâce au
titre, on peut en déduire qu’il s’agit d’Yvain.

➤ Â
À mon tour ! (p. 15)
a. Les villes sont construites à proximité des châteaux pour
des raisons de sécurité, pour être mieux protégées en cas
d’attaque.
b. Les paysans paient une taxe pour pouvoir utiliser ce que
l’on appelle des « banalités », à savoir le four, le moulin, ou
encore le pressoir, qui appartiennent au châtelain.
c. Les activités féminines au Moyen Âge sont entièrement
axées sur la sphère domestique : intendance, éducation des
enfants ou encore « travaux d’aiguille ».
d. Il faut prouver sa valeur guerrière et ses qualités morales.


À mon tour ! (p. 18)
a. Les trois genres qui prédominent sont la poésie courtoise,
la chanson de geste et les lais.
b. Les deux mécènes sont Marie de France et Philippe de
Flandre.

16 | Étonnants Classiques
Découvrir l’œuvre


À mon tour ! (p. 23)
a. Non, Chrétien de Troyes n’a pas inventé la légende arthu-
rienne. Elle existe déjà sous forme orale et apparaît dans des lais
à partir du XIIe siècle.
b. Les autres chevaliers de la même génération qu’Yvain sont
Lancelot, Gauvain, Perceval et Tristan.
c. Chrétien de Troyes écrit en ancien français.
À mon tour ! (p. 24)
Pour la définition du « chevalier errant », on peut également
se reporter à l’encart « Je compare ! » (p. 146) et la réponse pro-
posée plus loin dans cette fiche.


De haut en bas : heaume, armure, écu, épée, éperons.

Avez-vous bien lu ?


H
E
R
C P I N
A E T
L C R E N E A U X
O M G
G I K E U
R F O R E T
E O E
N N
A T
N A
D E S T R I E R
N
A N N E A U

Yvain ou le Chevalier au lion | 17



1. Voici le bon ordre du récit :
d. Yvain part à la recherche de la fontaine merveilleuse et du
mystérieux chevalier.
e. Yvain tue Esclados le Roux et se retrouve enfermé après
être tombé dans le piège de la porte.
g. Yvain rencontre Lunete, une jeune fille qu’il a secourue par
le passé, et qui l’aide à se protéger de ceux qui sont à sa pour-
suite, en le rendant invisible.
a. Yvain épouse Laudine mais repart à l’aventure.
h. Yvain sauve un lion, blessé par un serpent.
i. Yvain affronte Harpin, le géant de la Montagne.
c. Yvain sauve Lunete qui, accusée à tort, risque le bûcher.
b. Yvain combat deux démons afin de quitter le château de
Noire Épine et de délivrer les jeunes filles prises en otage.
f. Yvain se bat contre Gauvain, sans savoir que c’est lui, pour
défendre les intérêts d’une jeune fille déshéritée.
2.
« On ne peut empêcher le fumier de puer, ni les Yvain, au sujet de Laudine.
taons de piquer, ni les bourdons de bourdonner,
ni [le nom a été coupé] de dire des injures ! »
(p. 38)
« De telle façon qu’il ne peut être de plus grand Calogrenant, au sujet du paysan,
amour, de telle façon que mon cœur ne peut gardien des taureaux sauvages.
s’éloigner de vous et qu’il ne vous quitte jamais,
de telle façon que je ne puis avoir d’autre
pensée, de telle façon que je me donne
entièrement à vous, de telle façon que, si tel est
votre plaisir, je veux à l’instant vivre ou mourir
pour vous. » (p. 69)
« Il se faisait passer pour un amant fidèle, alors Les spectateurs de la bataille contre le
qu’il était perfide, fourbe et voleur. L’ami comte Alier et ses hommes, au sujet
s’empare du cœur de celle qui l’aime sans en d’Yvain.
devenir le voleur ; au contraire, il en devient le
gardien. Les hypocrites, eux, luttent pour voler
des cœurs dont ils ne prennent pas soin. » (p. 80)
« Quelle force ! Comme il fait plier ses ennemis, Lunete, s’adressant à Laudine.
comme il les attaque vaillamment ! Il s’élance au
milieu d’eux comme un lion parmi des daims
lorsque sa faim le tenaille. » (p. 86)
« Chat rassasié est d’humeur joyeuse. » (p. 45) Yvain, s’adressant à Laudine.
« [I]l avait un visage large et plat, des yeux de Calogrenant, au sujet du sénéchal
chouette, un nez de chat, une bouche fendue Keu.
comme la gueule d’un loup, de grandes dents
jaunes et pointues comme un sanglier. » (p. 40)
« Tous vos chevaliers, vous le savez bien, n’ont Keu, au sujet d’Yvain.
pas plus de vaillance qu’une femme de
chambre. » (p. 61)
« Je souffre pour ses beaux cheveux, qui sont La messagère de Laudine, au sujet
plus éclatants que l’or fin. » (p. 59) d’Yvain.

1. Le classement est le suivant : écuyer – sénéchal – vavas-
seur – chevalier – seigneur – baron – comte – roi.
2. Un comte : le comte Alier ; un écuyer : celui qui apporte à
Yvain son cheval avant son départ pour la fontaine mer-
veilleuse ; le roi : Arthur ; un seigneur : en épousant Laudine,
Yvain devient le seigneur de son château ; un vavasseur : celui
qui accueille Calogrenant après sa défaite contre le chevalier
mystérieux de la fontaine ; un sénéchal : Keu ; un chevalier :
Yvain, Gauvain, ou encore Esclados le Roux ; un baron : celui
qui est la victime du géant Harpin de la Montagne.
3. Les principaux personnages qui viennent en aide au cheva-
lier Yvain au cours du roman sont :
– Lunete : elle aide Yvain à se cacher lorsqu’il est prisonnier
dans le château d’Esclados le Roux, en lui prêtant son anneau
magique. Plus tard, c’est aussi grâce à elle qu’Yvain épouse Lau-
dine, puis se réconcilie avec elle ;
– Le lion : fidèle à Yvain qui lui a sauvé la vie, le lion inter-
vient dans plusieurs combats pour défendre son maître ;
– L’ermite : lorsqu’Yvain sombre dans la folie et vit quelque
temps dans la forêt, l’ermite lui donne du pain en échange du
gibier que le chevalier dépose devant sa porte ;
– Les demoiselles et la dame qui trouvent Yvain dans la forêt :
elles le transportent au château de la dame de Noroison et
l’aident à guérir, à retrouver ses esprits ainsi qu’une apparence
normale.
4. Voici le fonctionnement du piège de la porte : lorsqu’un
ennemi passe à un emplacement précis du sol, une porte suspen-
due et aiguisée comme une lame tombe sur le sol. Ainsi, elle
fonctionne comme un couperet. Dans le cas d’Yvain, la porte
tombe juste derrière lui et coupe son cheval en deux.
5. Pour convaincre sa maîtresse d’épouser Yvain, Lunete lui
explique qu’elle a besoin du meilleur chevalier pour défendre
son château. Comme Yvain a vaincu celui que Laudine consi-
dère comme le plus vaillant des hommes, c’est donc qu’il est
particulièrement doué pour le maniement des armes et pourra
la défendre.

Yvain ou le Chevalier au lion | 19


6. Il affronte et vainc le comte Alier qui menace le château de
la dame de Noroison.
7. Gauvain n’a pas pu défendre sa famille car il est occupé à
essayer de délivrer la reine Guenièvre qui a été victime d’un
enlèvement.
8. Ceux qui s’aventurent au château de Noire Épine sont obli-
gés d’affronter les démons et de les vaincre s’ils veulent pou-
voir repartir.
9. Pour départager les sœurs ennemies, le roi Arthur tend un
piège à la sœur aînée lorsqu’il demande : « Où est la demoiselle
qui a chassé sa sœur de ses terres et l’a déshéritée par la force
et sans la moindre pitié ? » Lorsque cette dernière se désigne,
elle est immédiatement reconnue coupable.
10.
I E L
S U
F A C N
R L C E G
L A T A O T A
A H D M E U
U U O T V
D R S E A
I A I
T N L N
C A D E T T E I
H A R P I N E
D E M O N S R
C A L O G R E N A N T
Bonus : FONTAINE

20 | Étonnants Classiques
Questions de compréhension
et d’interprétation (p. 140-146)

Premières impressions
a. Le roi Arthur a réuni sa cour à l’occasion de la fête de la
Pentecôte. En effet, il est fréquent dans les récits arthuriens que
les chevaliers de la Table ronde se réunissent au printemps pour
évoquer les aventures à venir.
b. En quête d’aventures comme tout bon chevalier, Calogre-
nant s’est rendu à la fontaine merveilleuse. Alors qu’il déclenche
une terrible tempête, il voit surgir un chevalier mystérieux. Il
sort vaincu du combat, ce qui suscite en lui un sentiment de
honte, qui perdure au moment où il fait le récit de cette més-
aventure.
De vives réactions au récit de Calogrenant
1. Yvain traite Calogrenant de fou pour lui avoir caché toute
cette histoire. Il ne le pense pas vraiment et s’excuse d’ailleurs
(« je vous prie de ne pas vous en fâcher », p. 44, l. 226-227). En
réalité, il veut dire qu’il aurait voulu que Calogrenant lui en
parle pour pouvoir le venger plus tôt. Il s’agit d’un signe d’affec-
tion envers son cousin germain.
2. Les paroles et l’attitude du sénéchal Keu sont très sour-
noises. Il est ironique : « Faites-nous savoir quand vous partirez,
car nous aimerions vous accompagner sur le chemin de votre
martyre. » (l. 233-235) Soit il se moque de la réaction excessive
d’Yvain, soit il évoque son éventuelle défaite mais, dans tous les
cas, il est insultant.
3. La reine joue un rôle de témoin et de modératrice. Par
exemple, c’est elle qui temporise les interventions sournoises de
Keu contre les autres chevaliers. À l’inverse, c’est elle qui
demande à Calogrenant de poursuivre son récit alors que, hon-
teux, il aurait préféré se taire.
L’arrivée du roi et la levée des troupes
4. Tous les chevaliers se lèvent à l’arrivée du roi.

Yvain ou le Chevalier au lion | 21


5. Il décide de se rendre à cette fontaine merveilleuse dans un
délai de quinze jours.
6. Le fait que le roi parte pour l’aventure, sans avoir peur
d’affronter un danger, prouve son courage et son respect des
valeurs chevaleresques. Ainsi, il ne peut que susciter l’admira-
tion de sa cour.
La détermination d’Yvain
7. Voici les éléments du texte qui insistent sur l’isolement
d’Yvain :
– La syntaxe et l’emploi des virgules, qui marquent le
contraste entre Yvain et le reste du groupe : « Au milieu de ceux
qui se réjouissaient, Yvain, lui, fut contrarié » (p. 46, l. 260-
261) ;
– Une formule explicite : « [I]l ne voulait pas être accompa-
gné » (l. 265) ;
– Le fait qu’Yvain agisse en cachette : « Mais il ne voulait rien
en dire. L’affaire devait rester secrète » (l. 272-273).
8. Yvain ne veut pas attendre car il veut affronter lui-même le
mystérieux chevalier. Or il sait que, s’il part en même temps
que les autres chevaliers, d’autres pourraient obtenir le droit de
combattre avant lui, comme Keu ou Gauvain.
9. Voici les éléments du texte qui montrent qu’Yvain agit le
plus rapidement possible : « Il résolut de ne pas attendre plus
longtemps » (l. 264-265), « [i]l décida de partir sur-le-champ »
(l. 265-266). Il doit se dépêcher car les chevaliers se mettront
en route dans un délai de quinze jours.
Étude de la langue : les valeurs du conditionnel présent
(p. 141)
a. Les verbes au conditionnel présent des lignes 266 à 271
sont : « verrait » (l. 268), « trouverait » (l. 270), « ferait » (l. 272).
b. Dans ce passage, l’emploi du conditionnel présent exprime
une action future dans un contexte passé. En effet, il s’agit de la
résolution d’Yvain (il décide de ce qu’il va faire ; il imagine et
se projette dans des aventures merveilleuses) au sein d’un récit
qui est au passé simple.

22 | Étonnants Classiques

Premières impressions
a. Yvain est alerté sur la présence d’un danger lorsqu’il entend
« un cri de douleur perçant » (p. 89, l. 2).
b. Dans une clairière, il découvre un serpent qui tient un lion
par la queue.
Un chevalier à la rescousse
1. Les termes qui appartiennent au champ lexical du feu sont :
« brûler », « flamme », « ardente » (l. 5). Ils se rapportent tous au
serpent, ce qui peut paraître étonnant pour un lectorat contem-
porain : les serpents ne crachent pas de feu. Aussi, on comprend
que le serpent médiéval se rapproche d’une figure de dragon.
On pourra montrer aux élèves une miniature où le chevalier Per-
ceval combat un dragon, pourtant appelé « serpent » dans le
manuscrit : https://essentiels.bnf.fr/fr/image/6395a07d-50ee-
44b7-a947-b57194d1b3d0-perceval-combattant-dragon-1.
2. Pour prouver qu’Yvain a été très réactif, on peut relever :
« Yvain ne perdit pas une minute » (l. 5-6) et « [r]apidement »
(l. 6), ou encore la phrase interrogative très brève « Mais lequel
aider ? » (l. 6), qui reflète l’urgence de sa prise de décision.
3. Yvain se protège des flammes à l’aide de son bouclier et
parvient à trancher le corps du serpent en deux, grâce à son
épée, puis le met « en pièces » (l. 13), c’est-à-dire qu’il le coupe
en petits morceaux. Non, le lion n’est pas indemne : « Hélas, il
fut obligé de couper aussi le bout de la queue du lion à laquelle
la tête du serpent était accrochée » (l. 13-15).
Le lion, un compagnon fidèle
4. Alors qu’Yvain pense que le lion va l’attaquer, celui-ci lui
témoigne sa reconnaissance pour lui avoir sauvé la vie.
5. Les deux phrases de cet extrait qui permettent d’expliquer
le titre du roman, Yvain ou le Chevalier au lion, sont : « Jamais
plus il ne le quittera. Il l’accompagnera partout pour le servir et
le protéger » (p. 90, l. 27-28).
6. Les gestes du lion permettent d’affirmer qu’il se soumet à
Yvain : il tend ses pattes et incline son visage, puis s’agenouille.

Yvain ou le Chevalier au lion | 23


Le sauvage et le civilisé
7. Le fait que le lion sente la présence de bêtes nous rappelle
sa nature sauvage. Il est habitué à devoir chasser pour se nourrir.
8. On observe qu’il modère son instinct sauvage pour Yvain :
il interroge d’abord le chevalier pour savoir s’il peut partir en
chasse ; ensuite, une fois le gibier attrapé, il donne à Yvain la
préséance sur la nourriture.
9. L’image du lion veillant sur le sommeil d’Yvain est parti-
culièrement touchante. On pourrait qualifier cette attitude
d’humaine, voire paternelle/maternelle (comme un parent
veillant sur le sommeil de son enfant).
Étude de la langue : les valeurs du présent de l’indicatif
« Mais lequel aider ? Rapidement, il fut évident qu’il allait
porter secours au lion, car il faut toujours combattre les serpents
qui sont venimeux et perfides. »
a. Voir les verbes soulignés.
b. Il s’agit ici du présent de vérité générale, qui insiste sur les
préjugés attachés à la figure du serpent dans le bestiaire
médiéval.


Premières impressions
a. Ce combat intervient à la fin du roman. Alors que deux
sœurs se déchirent pour un héritage, il est décidé que leurs inté-
rêts respectifs seront défendus par des chevaliers lors d’un duel.
L’aînée, qui refuse à sa cadette sa part d’héritage, a choisi Gau-
vain. La cadette est représentée par Yvain.
b. Les chevaliers restent anonymes, car les sœurs ne dévoilent
pas leur identité. La cadette, par exemple, introduit Yvain en ces
termes : « [c]e généreux chevalier de bonne naissance » (p. 121,
l. 51). On sait aussi que Gauvain a été maintenu caché jusqu’au
jour du combat par la sœur aînée. Il s’agit sans doute de ména-
ger un effet de surprise pour l’adversaire.
c. Non, ce n’est pas la première fois qu’Yvain n’est pas identi-
fié par le reste de la cour : lorsque le roi Arthur se rend à la
fontaine merveilleuse au chapitre 5, c’est Yvain, devenu le sei-
gneur des lieux par son mariage avec Laudine, qui se présente

24 | Étonnants Classiques
pour défendre son territoire. Il affronte Keu et sort vainqueur du
combat, avant de révéler son identité.
Une lutte d’égal à égal
1. La description du piteux état physique des combattants
prouvent que la lutte a été rude : « [l]es deux chevaliers avaient
les bras épuisés et le corps douloureux » (p. 122, l. 108-109),
« [l]eur sang coulait, chaud et ruisselant » (l. 110).
2. Aucun des deux chevaliers n’a d’ascendant sur son adver-
saire. Le texte insiste justement sur cet équilibre des forces en
présence : « Personne ne pouvait dire lequel avait le dessus sur
l’autre » (l. 104-105), « ils avaient finalement trouvé leur égal »
(p. 123, l. 112-113).
3. D’après le texte, Yvain et Gauvain sont « étonnés » de trou-
ver un combattant qui leur résiste, tant ils font partie des
meilleurs chevaliers du royaume ; ils sont aussi « admiratifs »
(p. 122, l. 106) devant un tel adversaire.
Une scène de retrouvailles
4. Lorsque son adversaire lui annonce qu’il s’appelle Gau-
vain, Yvain jette son épée, descend de cheval et devient rouge
de colère. On peut imaginer qu’il est furieux de comprendre
qu’il aurait pu tuer son meilleur ami.
5. Voici la phrase qui constitue une véritable déclaration
d’amitié d’Yvain à Gauvain : « Je suis Yvain, qui a pour vous
plus d’amitié que personne au monde, car j’ai reçu de vous la
preuve d’une amitié constante et des témoignages d’honneur
dans toutes les cours » (p. 124, l. 140-143).
6. L’émotion des deux amis est palpable. On a évoqué plus
haut la réaction de colère d’Yvain lorsqu’il comprend qu’il
aurait pu tuer son ami. On peut aussi citer l’embrassade des
deux chevaliers qui se « jet[tent] dans les bras l’un de l’autre »
(l. 155).
L’amitié au cœur des valeurs chevaleresques
7. Les spectateurs du combat, qui ne connaissent pas encore
l’identité des deux chevaliers, sont pour le moins surpris de voir
ces deux adversaires acharnés tomber dans les bras l’un de
l’autre : « Les voyant se faire des démonstrations d’amitié, [le roi

Yvain ou le Chevalier au lion | 25


et les barons] s’interrogèrent : qui étaient donc ces adversaires
qui s’enlaçaient ? » (p. 124, l. 157-159).
8. Les chevaliers se battent pour savoir qui a gagné le combat.
Contrairement à ce que l’on aurait pu attendre d’un duel ordi-
naire, ils ne cherchent pas être déclarés vainqueurs ; bien au
contraire, chacun des deux amis veut se déclarer vaincu afin de
laisser à l’autre l’honneur de la victoire, ce qui est à la fois drôle
et touchant.
9. Le roi les interrompt, car il n’a aucune envie que l’un ou
l’autre soit déclaré vaincu : il en va de l’honneur des chevaliers
de la Table ronde. Par ailleurs, il veut aussi protéger cette belle
amitié. Alors il tend un piège à la sœur aînée, afin qu’elle se
déclare coupable malgré elle, pour pouvoir rendre la justice lui-
même.
Étude de la langue : les valeurs de l’imparfait de l’indicatif
a. Voici le passage du début de l’extrait (p. 122-123, l. 104-
111) où les verbes sont conjugués à l’imparfait de l’indicatif :
« Personne ne pouvait dire lequel avait le dessus sur l’autre.
Les deux chevaliers eux-mêmes étaient étonnés et admiratifs, au
point de vouloir connaître l’identité de celui qui résistait avec
tant d’acharnement.
Le jour commençait à céder la place à la nuit. Les deux cheva-
liers avaient les bras épuisés et le corps douloureux. Leur sang
coulait, chaud et ruisselant, sous leur haubert. »
b. Dans le contexte, l’emploi de l’imparfait de l’indicatif peut
avoir plusieurs valeurs. Tout d’abord, il a valeur de description
dans un contexte passé puisque nous sommes dans un récit au
passé simple et que le narrateur nous donne des détails.
Il a aussi valeur d’action de second plan dans le passé, dans
le sens où le narrateur dresse un bilan de la situation avant de
revenir au récit au passé simple. Ainsi, ce passage d’arrière-plan
permet de mieux mettre en valeur le retour à la situation pré-
sente dans le passé : « Ils voulurent faire une pause » (l. 110-
111) et au dialogue qui va suivre.
Je compare (p. 146)
On peut remarquer que les débuts de roman de Chrétien de
Troyes sont marqués par l’appel de l’aventure. Dans chacune de

26 | Étonnants Classiques
ses œuvres, le héros se met en mouvement dans les premières
pages. En réalité, il s’agit d’une disposition attendue chez un
chevalier. On parle d’ailleurs de « chevalier errant » pour évo-
quer cette capacité à cheminer seul, en quête d’aventures, dans
le but d’éprouver sa valeur guerrière.

Groupement de textes : l’appel


de l’aventure (p. 148-153)
➤ : É É

1. Les termes ou expressions qui se rapportent au sentiment


de honte sont : « Votre gloire s’en trouve amoindrie » (p. 148,
l. 2-3), « ils se gaussent de vous » (l. 5-6), « on vous méprise »
(l. 8). D’après ceux qui se moquent de lui, Érec devrait se sentir
honteux, car il a oublié ses missions de chevalier au profit de
son mariage.
2. La description détaillée et précise de l’armure et de l’équi-
pement du chevalier insiste tout d’abord sur sa noblesse mais,
surtout, nous montre à quel point Érec est à nouveau disposé
à combattre.

➤ :

1. La première réaction de Gauvain est de vouloir se lancer à


la poursuite de la reine et de son ravisseur. L’une des premières
missions des chevaliers est en effet de venir en aide aux per-
sonnes en danger.
2. On comprend que le sénéchal Keu, qui avait négocié auprès
du roi pour accompagner la reine, n’a pas été à la hauteur de
l’affrontement contre le ravisseur : son cheval n’a plus de cava-
lier et ses attaches ont été rompues.

➤ :

1. Perceval est frappé par la « beauté et [la] grandeur » (p. 152,


l. 14) de l’équipement des chevaliers : tout d’abord, le grand

Yvain ou le Chevalier au lion | 27


bruit provoqué par la chevauchée des hommes en habit de
combat l’a beaucoup impressionné ; ensuite, il est sensible à
l’éclat et aux couleurs chatoyantes des différents éléments de
l’armure des chevaliers. On comprend qu’il est au comble de
l’admiration.
2. Au début de l’extrait, on remarque que Perceval sait parfai-
tement utiliser les armes, il est décrit comme « habile à manier
ses javelots » (p. 151, l. 1). Aussi, on note qu’il est courageux
lorsque le chef des chevaliers s’approche de lui : « Je n’ai pas
peur, fit le jeune homme » (p. 152, l. 17). Ces deux qualités sont
décisives pour faire un bon chevalier, ce que Perceval ne tardera
pas à devenir.

Histoire des arts (p. 154-157)



1. Les deux personnages ne paraissent pas aussi héroïques
que les chevaliers de la Table ronde. Tout d’abord, ils sont repré-
sentés en sous-vêtements, loin de la description précise des
riches armures des chevaliers que l’on peut lire dans les romans
de Chrétien de Troyes. Ensuite, cette séquence du film insiste sur
une idée reçue concernant le Moyen Âge, le manque d’hygiène
corporelle : il n’y a qu’à regarder la couleur de l’eau du bain...
2.
– Le singe est le roi des animaux, depuis la Bible jusqu’aux
fables de La Fontaine.
FAUX. Il s’agit du lion.
– Les chevaliers, comme les superhéros, portent un costume
spécifique.
VRAI.
– Dans la littérature du Moyen Âge, des chevaliers peuvent
être des femmes.
FAUX.
3.
– Je porte une cape noire et je défends la ville de Gotham. Je
suis… BATMAN.
– Je chevauche un cheval blanc et je suis prêt à tout pour
défendre la reine que j’aime. Je suis… LANCELOT.

28 | Étonnants Classiques
– Mon arme fétiche est un lasso indestructible. Je suis…
WONDERWOMAN.

Éducation aux médias et à l’information


(p. 158)
➤« !»
1. Selon le journaliste, pour les enfants et surtout pour les
petits garçons : être courageux, c’est ne pas avoir peur.
2. La photographie qui illustre l’émission a été choisie pour
questionner son auditeur : il s’agit d’une petite fille, d’apparence
asiatique, qui porte une cape et un masque de superhéros
(superhéroïne ?). Or il est clair que les héros et les superhéros
sont majoritairement masculins et blancs. Cette image est inté-
ressante puisque, comme l’indique le journaliste dès le début de
l’émission, la question de la valorisation du courage et celle de
la représentation des héros sont liées au genre.
3. Voici les héros de fiction évoqués dans l’émission : les héros
de bandes dessinées, de mangas, ou encore de comics (comme
Superman ou Superwoman). Les héros, comme les chevaliers,
font preuve de « bravoure », de « courage », de « vertu », sont
capables d’« affronter la mort » et de « susciter l’admiration ».
4. D’après le philosophe Bergson, la « sérénité du héros »,
c’est d’affronter le danger sans même y penser. Pas besoin de
muscles, car il se bat pour quelque chose au point de ne plus
voir le danger. Cela correspond parfaitement au personnage
d’Yvain, qui se jette dans les combats sans même prendre la
mesure du danger, lorsqu’il s’agit de venir en aide à des person-
nages en difficulté, de venger l’honneur de son cousin Calogre-
nant, de défendre Lunete menacée ou encore de délivrer les
jeunes filles prises en otage.

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