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Etude Des Marées Dans Le Fleuve Casamance: Résumé

L'étude des marées dans le fleuve Casamance révèle que l'onde de marée remonte jusqu'à 200 km de l'embouchure, avec une diminution rapide de l'amplitude des ondes semi-diurnes, tandis que les ondes semi-mensuelles et annuelles restent constantes. Les variations de niveau de la mer sont influencées par des facteurs astronomiques et météorologiques, et la partie maritime du fleuve présente des caractéristiques hydrauliques complexes. Dix stations de marégraphie ont été installées pour analyser ces phénomènes, bien que des incidents aient affecté le fonctionnement des appareils.

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Etude Des Marées Dans Le Fleuve Casamance: Résumé

L'étude des marées dans le fleuve Casamance révèle que l'onde de marée remonte jusqu'à 200 km de l'embouchure, avec une diminution rapide de l'amplitude des ondes semi-diurnes, tandis que les ondes semi-mensuelles et annuelles restent constantes. Les variations de niveau de la mer sont influencées par des facteurs astronomiques et météorologiques, et la partie maritime du fleuve présente des caractéristiques hydrauliques complexes. Dix stations de marégraphie ont été installées pour analyser ces phénomènes, bien que des incidents aient affecté le fonctionnement des appareils.

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Etude des marées

dans le fleuve Casamance


YVESBRUNET-MORET
Ingénieur hydrologue de 1’O.R.S.T.O.M.

Résumé
L’onde de la marée remonte dans le fleuve Casamancejusqu’à P~LISde 200 km de son embouchure. L’étude de la
propagation de la marée pendant deux années consécutives a montré que l’amplitude des ondes semi-diurnes s’amortis-
sait rapidement en remontant vers l’amont mais que les amplitudes des ondes semi-mensuelleset annuelles restaient pres-
que constantes et importantes tout le long du fleuve.

1. Généralités Le phénomène des marées est dû au principe de la gravitation universelle: la


cause des marées réside dans l’attraction exercée sur les molécules d’eau des océans
théoriques par la lune et par le soleil, seuls astres à considérer en raison de leur proximité ou
de leur masse. Les périodicités que l’on trouve dans les marées proviennent des
1.1. Principe mouvements apparents de la lune et du soleil par rapport à la terre.
Les composantes de l’onde marée en un point d’une côte océanique ont donc des
périodes bien définies par l’astronomie, qui sont les mêmes pour tous les points du
globe terrestre, mais les amplitudes de chacune de ces composantes dépendent d’une
part de la latitude du point considéré, d’autre part desconfigurations desfonds marins
au voisinage du point.
On distingue :
- une onde annuelle et une onde semi-annuelle, dues au mouvement du soleil
en déclinaison;
- des ondes mensuelles, ou à peu près mensuelles, et des ondes semi-mensuelles,
ou à peu près, dues aux mouvements en déclinaison et en phase de la lune;
- des ondes diurnes, ou à peu près journalières, et des ondes semi-diurnes,
dues à la rotation de la terre sur elle-même. Dans le cas de propagation par
faibles profondeurs, ces ondes entraînent l’apparition de leurs harmoniques
tiers-diurne, quart-diurne, etc.

3
On considère aussi l’existence d’ondes extra-astronomiques dues aux conditions
météorologiques : dans le cas de la côte de Casamance il existe probablement nne
onde annuelle due aux déplacements à peu près réguliers des grandes zones cyclo-
niques et anti-cycloniques d’Afrique et de l’Océan Atlantique.

1.2. Ondes Compost?es Les ondes de plus fortes amplitudes le long d’une côte sont en général les ondes
semi-diurnes et diurnes. Elles se composent pour former les marées hautes et basses,
les différences de périodes entraînant des inégalités dans les amplitudes des marées
journalières : par exemple, à Diogué, ont été enregistrées les .hauteurs à l’échelle des
marées basses et hautes:

Date Hauteurs(cm)
~--~
31 décembre 1967 NL 3s 159 33 175
1”‘janvier 1968 33 152 172
7 PQ . 149 55 1380 68
8 = 13s 72 130 73

1.3. Variations accidentelles A ces variations régulières du niveau de la mer, qui peuvent faire l’objet d’une
prédiction précise pour une pression barométrique de 1 015 mb, s’ajoutent des
variations accidentelles dues aux variations de la pression atmosphérique (une hausse
de pression de 10 mb provoque une baisse du niveau de la mer de 10 cm, une baisse
de pression provoque une hausse du niveau) et aux violents coups de vents de durées
assez longues (qui peuvent provoquer des variations de niveau de plusieurs déci-
mètres, et même supérieures au mètre, sur quelques marées successives).

1.4. Partie maritime d’un flerrvd L’onde marée qui se produit devant l’embouchure d’un fleuve donne naissance
à une onde dérivée qui remonte le fleuve vers l’amont. Il s’agit alors d’un phénomène
hydraulique beaucoup plus complexe que celui de la marée qui est à son origine,
car le débit fluvial, la pente et la forme du lit interviennent.
On appelle partie maritime d’un fleuve celle qui s’étend de l’embouchure jusqu’au
point où les plus fortes marées, pendant les Périodes d’étiage du débit fluvial, cessent
de se faire sentir.

1.5. Propagation tltéo~iqa~ En assimilant l’onde marée pénétrant dans le fleuve à une onde de translation,
de 1‘onde marée semi-diwn$ sa vitesse de propagation est dans une section donnée: .dg (H + h) - u (vitesse
maximale possible,

avec g: intensité de la pesanteur,


H: profondeur moyenne dans la section pour h = 0,
h: hauteur de l’onde,
u: vitesse moyenne dans la section, du débit d’eau douce.

4
On voit d’après cette formule, que la vitesse de propagation de l’onde marée
(qui n’est pas la vitesse du courant de marée) est maximale à marée haute et minimale
à marée basse, d’où une déformation systématique de l’onde qui perd la forme
quasi-sinusoïdale qu’elle avait à l’embouchure (cf. fig. 1). En principe la durée du
montant diminue, celle du perdant augmente lorsqu’on va vers l’amont.
L’amplitude de la marée diminue en principe lorsque l’onde remonte vers l’amont:
car cette amplitude est proportionnelle à la racine carrée de l’énergie que possède
l’onde et qui diminue par frottement pendant sa translation. Cependant un resserre-
ment des rives peut provoquer localement des amplitudes de marées supérieures
à celles qui s’observent dans le bassin élargi à l’aval.

1.6. Prépondérance du jasant Les courants qui s’observent dans la partie maritime d’un fleuve sont les résultats
des courants variables qui accompagnent l’onde marée et du courant dû au débit
fluvial. La prépondérance du jusant (vers l’aval) sur le flot (vers l’amont) augmente
avec la diminution de l’amplitude de la marée, jusqu’à un point, variable en position
suivant l’importance du débit fluvial, en amont duquel il ne subsiste que du jusant
d’intensité variable avec l’heure de la marée. Tant qu’on observe la renverse des
courants, le flot s’établit toujours après le moment de la marée basse et dure, pour
une onde marée déterminée, de moins en moins longtemps lorsqu’elle remonte le
fleuve, si bien que le jusant qui, vers l’embouchure, s’établissait après le moment
de l’étale de marée haute, arrive en amont à s’établir avant même cette étale.

La partie maritime du fleuve Casamance s’étend de son embouchure à Diana-


2. Stations Malari sur le fleuve lui-même soit sur 217 km et sur son affluent principal le Son-
de marégraphie grougrou jusqu’à Diaroumé (à 86 km du confluent et 184 km de l’embouchure).
Dans cette partie le fleuve est en fait une ria ennoyée par la transgression flan-
en CASAMANCE drienne. La vallée avait été surcreusée dans les formations sabla-argileuses du
23. Casantance maritime Continental Terminal lorsque le niveau océanique était beaucoup plus bas, ce qui
explique la largeur du lit. Après I’ennoyage s’est produite une sédimentation impor-
tante lors d’épisodesplus pluvieux que maintenant car à l’heure actuelle les transports
solides du fleuve proprement dit et de ses affluents semblent peu abondants.
Entre Diogue (à l’embouchure) et Ziguinchor il n’y a pas eu seulement comble-
ment par alluvions fluviales mais aussi par apports de sables amenéspar le courant
qui vient du Nord: cette zone est parcourue par de multiples marigots bordés de
palétuviers, anastomosés en laissant des îles de toutes tailles et entretenus par les
courants de marée.

2.2. htallation des Il y a eu 10 marégraphes installés pour l’étude de la marée:


marégraphes 7 sur le bief maritime du fleuve Casamanceet
3 sur le bief maritime de son affluent le Songrougrou,
chacun équipé d’un limnigraphe OTT X, réduction l/lO, rotation 8 jours, monté
sur cheminée en tôle avec plaque de fond anti-batillage; d’une échelle limnimétrique
en tôle émaillée entourée d’un cadre anti-batillage en contre-plaqué passé au basi-

5
uli..................111.1.

I
* ..+
+ \
* \
I
0 : /i IJJ .-e-k. -7c---
\I
\7

6
Iéum; d’une borne OU d’un repère sur terrain stable. dont le téton est rattaché à
l’échelle par nivellement.
Ces marégraphes ont été installés aux stations suivantes:
- Sur le fleuve proprement dit, en allant vers l’amont:
Station de Diogué, à l’embouchure, en RD (120 34’ N, 16045’ W):
Marégraphe mis en route le 14 décembre 1967. Arrêts fréquents par vols de pièces
dont le lecteur d’échelle ne peut rendre compte qu’après un délai de plusieurs mois
faute de moyens de communication avec Ziguinchor. Dernier arrêt le 11 juillet 1968
par vol du flotteur. Station abandonnée ensuite car trop difficile à surveiller faute
de moyen de transport adéquat.
Pas de borne, ni de rattachement possible de l’échelle au nivellement IGN.
Station de Ziguiuchor en RG (12O35’ N, 160 16’ W) à 63 km de Diogué:
Marégraphe mis en route le 13 juin 1967,
Repère à la cote 2,985 d’après le macaron no 64 (2,668 IGN),
Zéro de l’échelle à la cote 0,600 IGN.
Station de Baganha en RG (120 37’ N, 16003’ W) à 24 km de Ziguinchor:
Marégraphe mis en route le 29 septembre 1967, arrêté le 31 octobre 1969,
Borne à la cote 1,470 IGN d’après le macaron no 75 (18,594 IGN)?
Zéro de l’échelle à la cote 0,397 IGN.
Station de Kaour en RG (120 35’ N, 150 54’ W) à 19 km de Baganha:
Marégraphe mis en route le 8 octobre 1967, arrêté le 30 octobre 1969,
Borne à la cote 1,619 IGN d’aprés le macaron no 81 (11,798 IGN),
Zéro de l’échelle à la cote 0,589 IGN.
Station d’Hamdalaye en RG (12O33’ N, 150 40’ W) à 35 km de Kaour :
Marégraphe mis en route le 20 juin 1967, arrêté le 30 octobre 1969,
Borne à la cote 2,420 IGN d’après le macaron no 87 (15,093 IGN),
Zéro de l’échelle à la cote 0,780 IGN.
Station de Sefa en RD (120 47’ N, 150 33’ W) à 36 km d’Hamdalaye:
Marégraphe mis en route le 14 août 1967, arrêté le 5 novembre 1969,
Repère à la cote 2,556 IGN d’après le macaron no 143 (18,541 IGN),
Zéro de l’échelle à la cote 0,011 IGN.
Station de Diana-Malari en RD (12O51’ N, 15015’ W) à 40 km de Sefa:
Marégraphe mis en route le 12 juin 1967, arrêté le 18 octobre 1969,
Borne à la cote 1,820 IGN d’après le macaron no 105 (6,195 IGN),-
Zéro de l’échelle à la cote.O, IGN.
- Sur le Songrougrou, en allant vers l’amont:
S tatiort de Mamassoum en RD (12O50’ N, 150 59’ W) à 30 km de Baganha:
Marégraphe mis en, route ‘le 8 novembre 1967, arrêté le 11 novembre 1969,
Borne non rattachée (bornes IGN trop éloignées),
Zéro de l’échelle à 1,170 sous le téton de la borne.
Station de Bona en RD, (120 57’ N, 150 50’ W) à 32 km de Marsassoum:
Marégraphe mis en route le 10 novembre 1967, arrêté le 6 novembre 1969,

7
Borne à la cote 2,914 TGN d’après le macaron no 44 (2,914 IGN),
Zéro de l’échelle à la cote 0,944 IGN.
Station de Diaroumé en RG (12O59’ N, 150 37’ W) à 35 km de Bona:
Marégraphe mis en route le 9 novembre 1967, arrêté le 29 octobre 1969,
Repère à la cote 3,246 IGN d’après le macaron no 38 (39,260 IGN),
Zéro de l’échelle à la cote 0,873 IGN.

Fig. 1 - Enregistrements journaliers

2.3 Fonctiouuentent D’une façon générale les appareils ont bien fonctionné. Il y a à signaler, d’une
part, les menus incidents: ruptures de mines d’enregistrement, envasement de che-
minées, heurts de vedettes sur l’appareil de Ziguinchor, destruction et vols de caches
an&batillage, d’autre part, l’impossibilité d’exploiter un marégraphe à Diogué,
et le mauvais fonctionnement de l’appareil de Diaroumé.

Nous n’avions pas l’intention de faire l’analyse harmonique des ondes compo-
3. Dépouillements santes à l’aide d’un ordinateur, ce qui aurait conduit au dépouillement heure par
des: heure de près de 240 mois d’enregistrements (soit 7 200 cartes de données à perforer)
enregistrements, pour déterminer le coefficient et le déphasage dans un développement de FOURIER
de chacune des ondes de période connue et de ses harmoniques.
11est difficile de déterminer avec précision le moment de la marée haute sur les
3.1. Hauteur de mark!
enregistrements journaliers des stations en amont du confluent Casamance-Son-
grougrou, et encore plus difficile de déterminer cette heure sur des enregistrements
hebdomadaires.
Nous nous sommes donc contenté de dépouiller les marégrammes en hauteur
de marée basse et de marée haute.
3.2. Nivea,u moyen journalier Comme nous connaissions a priori l’existence d’ondes de moyenne et de longue
durée, plus ou moins masquées sur les enregistrements par les ondes semi-diurnes,
nous avons cherché à les déterminer en éliminant les ondes de périodes inférieures
à celles du groupe étudié.
Quelques enregistrements en temps de rotation de 32 heures ont été effectués à
toutes les stations (sauf Diogué). Nous les avons planimétrées entre marées basses
consécutives(les heures des maréesbassessont relativement plus faciles à déterminer)
et avons vérifié qu’en moyenne, à chaque station, au centimètre près par défaut ou
par excès suivant les jours, le niveau moyen journalier (plus exactement le niveau
moyen compris entre trois marées bassesconsécutives, ce qui correspond à un laps
de temps moyen de 24 h 50 mn, double de la période de l’onde semi-diurne lunaire
qui est l’onde d’amplitude prépondérante) pouvait s’écrire :
1/4 (1/2 hauteur première marée basse + hauteur marée haute suivante + hau-
teur marée basse suivante + hauteur marée haute suivante + 1/2 hauteur marée
basse suivante).

3.3. Valeur nzoJ~enne Pour simplifier, nous avons choisi ,comme niveau moyen journalier, éliminant
les composantes diurnes, semi-diurnes et leur harmoniques, la valeur moyenne des
quatre hauteurs de marées du jour calendaire, en prenant la première marée du
jour suivant pour compléter dans le cas où il n’y a que trois marées dans le jour
calendaire.
Pour éliminer les composantes mensuelles et semi-mensuellesnous avons établi
les moyennes mobiles de 29 jours consécutifs (une lunaison) centrées sur les 4, 15
et 25 de chaque mois.

Les ondes de périodes inférieures ou égales au mois ayant été éliminées comme
4. Marée annuelle expliqué ci-dessus, il apparaît une forte marée annuelle à toutes les stations. Elle
et semi-annuelle dart’ aussi exister à Diogué, mais nous ne pouvons l’y déterminer faute d’enregistre-
ments assez longs. ’
4.1. Dissymétrie Cette marée a la même allure pour toutes les stations et sur la figure 2 nous avons
représentéles variations des moyennes des moyennes mobiles de 29 jours des stations
de Ziguinchor, Baganha. Kaour, Hamdalaye, Sefa, Marsassoum et Bona, car même
à Sefa et à Bona, les débits fluviaux sont relativement très faibles par rapports aux
débits de marée.
Elle est très dissymétrique: minimum en janvier-février, maximum en septembre-
octobre et résulte de la combinaison de l’onde solaire annuelle et de l’onde météo-
rologique annuelle avec une onde solaire semi-annuelle d’amplitude moins impor-
tante, compliquée de quelques variations aléatoires.
L’amplitude de la marée annuelle résultante varie relativement peu. La figure 3
montre les variations de cette amplitude en 1968 et en 1969 (amplitude annuelle
des moyennes mensuelles) en fonction de la distance à Ziguinchor.

9
~.
r
1
1%

2!L
JASONOJ

1967 .- 1
F M A
11L1i

1968
JJASONOJ

1’
fM MJJASONOJFMA

1969
-__. ~. !
-- _.~----~--
i
1970

Fig. 2 - MARÉE ANNUELLE

PL NL PCI
.
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20 ~
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-- :
28

février : mars 1969

Fig. 4 - MARÉE SEMI-MENSUELLE

4.2. Niveau moyen ’ On peut définir un niveau moyen annuel comme moyenne des niveaux moyens
journaliers de 365jours consécutifs ou comme moyenne des niveaux moyens mensuels
de 12 mois chsécutifs, c’est ce que nous avons fait sur la figure 2 où nous avons
reporté la moyenne mobile de 12 mois consécutifs.

10
(1) -Amplitude annuelle des moyennes mensuelles en 1968
(2) -Amplitude annuelle des moyennes mensuelles en 1969
(3) _Amplitude annuelle des moyennes journalières (moyenne 1968-1969, les valeurs de 1969
étant en moyenne supérieures de 3cm à celles de 1968 .)
(4) -Amplitude annuelle maximale [entre pius basse BM et plus haute PM ) moyenne de 1968-69,
les.valeurs de 1969 étant en moyenne supérieures de lcm à celles de 1968.
(5) -Amplitude maximale enregistrée (entre,en fait,plus basse BM de 1968 et plus forte
PM de 1969)

100

75

50.

25.

Echelle des distances lcm = 10 km


Fig. 3
En fait le niveau moyen ainsi défini montre les mêmes variations concomitantes
et de mêmes amplitudes à toutes les stations, l’amplitude étant de 6 cm. NOUSpen-
sons que ces variations interannuelles du niveau moyen sont d’un caractère surtout
aléatoire, car on rencontre des variations du même type et du même ordre de gran-
deur sur toutes les mers du globe. Seule une faible part de ces variations pourrait
s’expliquer par des ondes astronomiques de longues périodes: révolution de périgée
lunaire (8,86 ans) du nœud ascendant lunaire (18,6 ans voisine du saros de 18,03 ans).
Quoi qu’il en soit, le niveau moyen pour deux ans d’observations s’établit comme
suit aux stations:

Ziguinchor Baganha Kaour Hamdalaye Sefa Diana-Malari Marsassoum Bona Diaroumé

Cote IGN du zéro de l’échelle (m) 0,600 0,397 0,589 0,780 0,011 0,240 0,944 0,873
Niveau moyen en hauteur échelle
(4 0,57 0,56 0,45 0,36 1,15 0,86 0,52 0,37 0,52
Niveau moyen en cote IGN (m) 1.17 0.96 1,04 1,14 1,16 1,20 1,31 1,39

Le niveau moyen à Diana-Malari n’est pas très précis, car il est basé sur des
comparaisons, avec les autres stations, des niveaux moyens de décembre à juillet,
la crue fluviale modifiant trop les niveaux du mois d’août à novembre.
Le niveau moyen à Diaroumé n’est pas très précis à cause des incidents de fonc-
tionnement de l’enregistreur en 1969.

4.3 Anomalies consfatées La cote IGN du niveau moyen à Ziguinchor nous a vite semblé extraordinaire
par rapport aux cotes des niveaux moyens aux autres stations, si bien que allers
et retours de rattachement des échelles aux bornes IGN ont été multipliés en 1967,
1968 et 1969 à Ziguinchor, Hamdalaye et Diana-Malari (seules stations pour les-
quelles le macaron IGN est à moins de 10 km de l’échelle) à titre de vérification.
NOUS n’osons rien conclure sur l’évolution de la cote du niveau moyen en fonction
de la distance à Ziguinchor> oh les plus bassesmarées bassesenregistrées sont à la
cote 0,60 m IGN, alors que les plus hautes marées hautes à Diogué, les mêmes
jours, ne semblent pas atteindre une hauteur de 0,6 m au-dessus du niveau moyen
interannuel de la mer (ce niveau moyen étant la définition du zéro du nivellement
IGN). Il semblerait que le nivellement homologué par 1’IGN pour la Casamance
comporte des erreurs qui expliqueraient les anomalies constatées.

5. Marée d’uneUn forte


simple regard sur les enregistrements hebdomadaires montre l’existence
marée semi-mensuelle. Elle se produit de la même façon à toutes les
mensuel16 stations, et se manifeste aussi à Diogué où d’après les quatre mois d’enregistrements
et semi-mensuelk! 4ueNous
nous avons, elle serait un peu plus forte qu’en amont.
donnons en figure 4 un exemple de marée semi-mensuelle. Cette courbe
a été établie en moyennant chaquejour l’ensemble des hauteurs journalières moyennes
5.1. Forte marée semi-mensuel&
des stations de Ziguinchor, Baganha, Kaour, Hamdalaye, Sefa, Marsassoum et Bona.

12
Nous avons reporté sur ce graphique et à la même échelle, la variation du niveau
moyen de 29 jours consécutifs déjà représenté sur la figure 2.
L’amplitude d’une marée semi-mensuelle varie relativement peu en remontant
le fleuve. Sa vitesse de translation est difficile à mettre en évidence. Il semble qu’elle
mette un jour pour aller de Ziguinchor à Diana-Malari.
L’inégalité mensuelle de la marée semi-mensuelle est très importante, car cette
marée est due à une combinaison d’ondes de périodes comprises entre 13,7 et 14,7
jours et entre 27,3 et 29,5 jours. Il est rare que les deux marées d’un même mois
soient d’égales amplitudes, et même l’une d’elles peut quasiment disparaître.

5.2. Parficularités La marée semi-mensuellen’a jamais disparu à Diaroumé. Elle a disparu à Diana-
Malari de fin août à fin octobre 1967 et du début d’août au début d’octobre 1969
(hauteurs supérieures à 125 cm à l’échelle), mais s’est conservée pendant toute la
saison des hautes eaux fluviales de 1968, avec une faible atténuation (hauteur maxi-
male à l’échelle 115 cm en 1968).

5.3. Amplitude Pour étudier l’amplitude de la marée semi-mensuelle nous avons tenu compte
à chaque station de l’évolution de la marée annuelle, mais nous ne nous sommes
intéressés qu’à la plus forte des’deux marées de chaque mois.
La figure 5 résume nos conclusions à ce sujet. 11est remarquable que les amplitudes
maximales de la marée semi-mensuelle soient, de Ziguinchor à Sefa ou à Diaroumé,
presque identiques aux amplitudes de la marée annuelle en 1969 et que l’amplitude
minimale de la plus forte marée semi-mensuelle de chaque mois soit de 10 cm à
toutes les stations.
En 1968 et 1969 les amplitudes maximales de la marée semi-mensuelle se sont
produites pendant la marée basse de l’onde annuelle.

La marée semi-diurne s’impose à l’observation superficielle car sa courte période


6. Marée diurne masque les marées de périodes plus longues. Elle est en fait affectée d’une inégalité
et semi-diurne diurne qui est importante en Casamance.
Cette marée est due à une combinaison d’ondes de périodes allant de 23,l à
6.1. Inégalité diurne 25,8 heures et de leurs harmoniques, les composantesprincipales de cette onde marée
étant, par ordre d’importance théorique: la lunaire moyenne (12,42 h), la déclina-
tionnelle luni-solaire (23,93 h), la solaire moyenne (12,00 h), la lunaire principale
(25, 82 h), l’elliptique moyenne (12,65 h).
La marée semi-diurne enregistrée à Diogué montre une forte inégalité diurne
qui se conserve dans la partie maritime du fleuve; si bien qu’à Diaroumé une marée
peut disparaître (assezexceptionnellement) par égalité de hauteur d’une marée haute
et de la marée bassesuivante (ou inversement). Cela se produit aussi à Diana-Malari
où de plus les deux marées disparaissent lorsque la hauteur à l’échelle est de l’ordre
de 100 cm.

13
Amplitude maximale
Amplitude moyenne
Amplitude minimale
de la plus forte, par mois, des deux marées semi mensuelles

.50 *

150 -0

10(

Amplitude maximale
AmpMude lllOye”“e
Amplitude minimale
des marées semi dunes

5c
.

Echelle des distancer fcm = 10 km

Fig. 5 et 6

6.2. Amplitude « brutes » Nous avons étudié les amplitudes « brutes » des marées semi-diurnes, sans faire
entre marées basseset hautes consécutives de corrections pour évolution entre-temps
des marées semi-mensuelles.
La figure 6 résume l’étude des amplitudes des marées semi-diurnes: les points
correspondant à Diogué sont peu précis car basés sur un nombre insuffisant d’en-
registrements.
Nous représentons sur cette figure, en fonction de la distance à Ziguinchor, les
amplitudes maximales constatées de la marée semi-diurne, son amplitude moyenne

14
et son amplitude minimale constatée: ces trois amplitudes décroissent de Ziguinchor
vers 1”amont.
En 1968 et en 1969 les amplitudes maximales de la marée semi-diurne se sont
produites pendant la marée basse de l’onde annuelle.

6.3. Propagation observée Les enregistrements en rotation de 32 heures, dont nous avons déjà signalé
de l’onde semi-diurne l’exploitation, ont permis de déterminer les durées de propagation. Le tableau
ci-dessousrésume les observations :

-
Diogué Ziguinchor Baganha Kaour Hamdalaye Sefa Diana-Malari Marsassoum Bona Diaroumé

Distance à Ziguinchor
en aval (km) 63
en amont (km) 24 43 78 114 154 54 86 121
Heures des marées
en avance/Ziguinchor 3h 15
en retard/Ziguinchor 1 h 50 4 h 05 7h15 lOh40 18h 4h35 7h45 12 h
Durées moyennes
du perdant 6h20 6h30 6h30 6h50 6h25 6h30 6h30 6h05
du montant 6 h 05 5 h 55 5 h 55 5h35 6hOO 5 h 55 5h55 6h20

aEn fait les valeurs données ci-dessus pour les décalageshoraires des marées par
rapport à Ziguinchor sont des valeurs moyennes. Elles correspondent à des vitesses
de propagation de l’onde marée de 19,5 km/h entre Diogué et Ziguinchor (1 600
km/h environ dans l’océan), de 13 km/h entre Ziguinchor et Baganha, de 10 km/h
entre Baganha et Sefa ou Bona, de quelques km/h avant Diana-Malari ou Diaroumé.
Les durées moyennes du perdant et du montant sont très imprécises sauf pour
Diogué et Ziguinchor. Pour les autres stations ce sont des ordres de grandeur, l’heure
de la marée haute étant très mal définie.

6.4. Vives eaux et mortes eaux Les jours de vives eaux sont ceux où les amplitudes des marées sont nettement
supérieures à l’amplitude moyenne et adviennent en même temps que la nouvelle
lune ou la pleine lune. Les jours de mortes eaux sont ceux ou les amplitudes des
marées sont nettement inférieures à l’amplitude moyenne, et correspondent au
premier ou au dernier quartier.
Sur les côtes.océaniquesles différences entre les amplitudes de vives et de mortes
eaux sont très importantes (cf. par. 1.2. hauteurs de marées à Diogué).
Sur la figure 7 nous avons reporté quelques moyennes journalières d’amplitudes
des maréesà Ziguinchor et à Baganha: on y voit bien les vives eaux de la pleine lune
et les mortes eaux du premier quartier, les vives eaux de la nouvelle lune et les mortes
eaux du dernier quartier sont moins bien marquées. La différence relative entre les
amplitudes de mortes eaux et de vives eaux est presque aussi forte à Ziguinchor
qu’à Diogué. Elle est déjà bien atténuée à Baganha et diminue encore, surtout en
valeur absolue, en allant vers l’amont.
j- PL

Ziguinchor

Baganha

février 1 mars 1969


I
Fig. 7 - Amplitudesjournalièresmoyennes

Aucune des ondes marées composéesque nous avons étudiées n’est réellement
7. Amplitudes symétrique, mais leurs amplitudes totales se répartissent, à très peu près, également
maximales vers le haut et vers le bas du niveau moyen correspondant, ainsi!
Pour l’onde annuelle de 1968 (cf. fig. 2) niveau moyen de 1968 à - 06 cm,
possibles -
minimum à - 18,5 cm, soit 12,5 cm sous le niveau moyen, maximum à + 05,5 cm
de variation soit Il,5 cm au-dessus du niveau moyen;
Pour l’onde semi-mensuelle de fin mars 1969 (cf. fig. 4) niveau- moyen
de niveau -
mensuel (du 25 mars) à - 06,5 cm, maximum de la marée à + 06,5 cm, soit 13 cm
au-dessusdu niveau moyen, minimum à - 18,5 cm, soit 12 cm sous le niveau moyen.
Nous avons une collection suffisante de marées semi-diurnes à chaque station .
pour pouvoir penser que leurs amplitudes maximales possibles ne sont pas supérieures
à 1,05 fois les valeurs maximales de la figure 6 (en amont de Ziguinchor).
Et nous avons une collection suffisante de marées semi-mensuelles pour penser
que leurs amplitudes maximales possibles à chaque station ne peuvent dépasser
1,l fois les valeurs maximales de la figure 5.
Mais la variation de l’amplitude de la marée annuelle semble relativement
importante, ainsi que la variation du niveau moyen annuel, si bien que l’amplitude
maximale entre le niveau de la plus basse marée basse possible et le niveau de la
plus haute marée haute possible n’est pas connue. Ce fait est illustré par la figure 3
oi1 nous avons reporté, d’une part, la moyenne des amplitudes maximales annuelles
(de 1968 et 1969),d’autre part, les amplitudes maximales relevées(entre la plus basse

16
marée basse de 1968 et la plus haute marée haute de 1969), cette deuxième courbe
étant 10 cm au-dessus de la Premiere. 11 est à noter que ces dernières amplitudes
se répartissent à très peu près (0 à 2 cm) de part et d’autre des niveaux moyens du
paragraphe 4.2.
On peut penser que ces amplitudes maximales relevées ne seront qu’exception-
nellement dépassées,et de peu.

8. Extrémités Les maréesannuelles, semi-mensuelleset senti-diurnes semblent toujours remonter


jusqu’à Diaroumé. Il est vrai qu’en 1968 et en 1969 le Songrougrou n’a pas eu de
’ amont du bief forte crue fluviale.
maritime La marée semi-diurne ne doit pas remonter beaucoup plus loin que le pont de
Diaroumé. La rivière est en effet encombrée sur toute sa largeur d’une végétation
aquatique très dense qui forme un seuil de très faible profondeur. Nous ne savons
8.1. Cas de Diaroumé
pas jusqu’où peuvent remonter la marée semi-mensuelle et la marée annuelle.

8.2. Cas de Diana Malari A l’étiage les trois sortes de marées atteignent Diana-Malari, la marée semi-
diurne pouvant atteindre au maximum 5 cm. A la crue fluviale, cette marée disparaît
de même que la marée semi-mensuelle si la crue est assezforte. et la marée haute de
l’onde annuelle se produit en même temps que la crue.
Nous ne savons pas jusqu’où peuvent remonter ces ondes marées, en tout cas
elles n’atteignent pas Kolda à 52 km en amont de Diana-Malari. A Kolda le niveau
d’étiage s’est abaisséjusqu’à la cote 1,79 IGN en juin 1968 et juin 1969, et 1,75 en
mai 1970. Aux mêmes dates les niveaux moyens journaliers à Diana-Malari étaient
respectivement de 1,16 IGN et 1,14.
Les cotes maximales relevées à Diana-Malari et à Kolda sont:
Diana-Malari : 7 octobre 1967: 1,84 IGN Kolda: 5 octobre 1967: 5,34 IGN
10 octobre 1968: 1,39 IGN 6 octobre 1968: 4,27 IGN
* 10 septembre 1969: 2,37 IGN 5 septembre 1969: 6,57 IGN
II est remarquable que la très .forte crue de septembre 1969 à Kolda (pluie du
3 septembre, supérieure à 200 mm, qui a fait monter le niveau de 2,7 m en quelques
heures) ne se soit répercutée qu’à Diana Malari. A Sefa et à toutes les stations en
aval, le niveau moyen journalier maximal de 1969 a été atteint le ler septembre,
comme sur les stations de Songrougrou dont le bassin fluvial n’avait été que très
peu arrosé le 3 septembre.

Il est fréquent que les aversesde la saison des pluies soient précédéespar un fort
9. Seiches coup de vent du secteur Est. Ces coups de vent provoquent des seiches: oscillations
en massede l’eau d’un bassin. Ce phénomène ne s’est malheureusement pas produit
au cours des enregistrementsjournaliers, et nous ne le trouvons que sur les enregis-
trements hebdomadaires, ce qui rend difficile l’estimation de la période d’oscillation.

17
A Ziguinchor les seichesles plus fortes enregistréesont eu une amplitude maximale
de 5 cm avec des périodes de quelques minutes.
A Baganha: amplitude maximale 5 cm, période de l’ordre de 20 minutes;
A Kaour: amplitude maximale 12 cm, période de l’ordre de 40 minutes;
A Hamdalaye: amplitude maximale 20 cm, période d’une heure, amortissement
en 6 heures;
A Sefa: amplitude maximale 5 cm, période de l’ordre de 40 minutes;
A Marsassoum: amplitude maximale 10 cm, période de l’ordre de 40 minutes;
A Bona: amplitude maximale 15 cm, période de l’ordre de 50 minutes; amortis-
sement en 5 heures;
A Diana-Malari et à Diaroumé il n’y a pas eu de seichesenregistrées.

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