TARAKLI Imene
TARAKLI Imene
Département d’Electronique
Mémoire de projet de fin d’études
pour l’obtention du diplôme d’ingénieur d’état en Electronique
Composition du Jury :
ENP 2020
RÉPUBLIQUE ALGÉRIENNE DÉMOCRATIQUE ET POPULAIRE
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Ecole Nationale Polytechnique
Département d’Electronique
Mémoire de projet de fin d’études
pour l’obtention du diplôme d’ingénieur d’état en Electronique
Composition du Jury :
ENP 2020
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Abstract
This thesis’ aim is the design of an application that is dedicated to the time-frequency analy-
sis of EEG signals. The developped tool enables the vizualisation and preprocess of these signals
in the temporal domain and their evaluation in the time-frequency domain using the quadratic
time-frequency distributions calculated from a library that was implemented during this project.
Using the support vector machine (SVM) along with time-frequency features, we were able to
classify EEG signals into two classes : background and seizure.
Résumé
Ce mémoire a pour objectif la conception d’une application dédiée à l’analyse temps-fréquence
des signaux EEG. L’outil développé permet de visualiser et de prétraiter ces signaux dans le
domaine temporel et de les évaluer dans le domaine temps-fréquence en utilisant les distribu-
tions temps-fréquence quadratiques calculées à partir d’une bibliothèque implémentée durant ce
projet. Une classification avec la méthode de machine à vecteurs de support (SVM), basée sur
des descripteurs temps fréquence, a permis ensuite de classer les signaux EEG en deux classes :
activité de fond et convulsion.
J’exprime aussi tout mon respect et ma gratitude aux membres du jury d’avoir accep-
ter de sacrifier de leurs temps pour évaluer ma modeste contribution.
Je souhaite à cette occasion remercier tous mes professeurs depuis le primaire et par-
ticulièrement ceux de l’Ecole Nationale Polytechnique, pour leur engagement, encourage-
ment, disponibilité et soutien tout au long de ces années. J’espère que l’aboutissement de
ce projet de fin d’études récompensera une partie de leur travail.
Je n’oublie naturellement pas mes camardes. Merci pour tous ces échanges et moments
agréables passés ensemble.
Et enfin, merci à tous ceux qui m’ont soutenu et accompagné durant la réalisation de
ce projet.
Dédicaces
A mes chers parents, pour leur amour, leurs prières et leur soutien infaillible tout au
long de ces années. Puisse ce travail être à la hauteur de vos sacrifices.
A ma soeur Nesrine, pour la complicité et l’entente qui nous unissent, merci d’être
toujours là à mes côtés.
A mon beau-frère Fayçal, pour ses encouragements et son soutien moral tout au long de
ces années.
A ma nièce Leïla, qu’il me tarde de rencontrer, pour m’avoir apporté bonheur et joie
dans les périodes les plus stressantes de ce projet.
A mes chers amis de l’Ecole Nationale Polytechnique pour toutes les épreuves que nous
avons relevées et les moments heureux que nous avons partagés.
Introduction 13
1 L’électroencéphalographie 15
1.1 Principe de l’EEG . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2 Système d’acquisition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.2.1 Electrodes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.2.2 Amplification . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.2.3 Filtrage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.2.4 Numérisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.3 L’EEG comme outil de pronostic et de diagnostic . . . . . . . . . . . . . . 21
1.4 Analyse du signal EEG . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.4.1 Caractéristiques du signal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.4.2 Importance de l’analyse temps-fréquence du signal . . . . . . . . . . 22
2 L’analyse Temps-Fréquence 24
2.1 L’outil temps-fréquence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.1.1 Transformée de Fourier à Court Terme et Spectogramme . . . . . . 24
2.1.2 Classe quadratique des DTF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.2 Application en neurosciences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.2.1 Choix des distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.2.2 Exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3 Conception de l’interface graphique 34
3.1 Etat de l’art . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.2 Spécifications des besoins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.3 Choix de l’architecture et de la programmation . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.4 Utilisation de l’outil UML . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
Conclusion générale 67
A Expressions des descripteurs 69
A.1 Moments de Hu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
A.2 Descripteurs de Harlick . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
B Guide d’utilisation 73
B.1 Interface d’accueil . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
B.2 Prétraitement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
B.3 Représentation temps-fréquence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
B.4 Atlas EEG . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
Bibliographie 82
Table des figures
BD B-distribution.
FI fréquences instantanées.
MVC modèle-vue-contrôleur.
TF transformée de Fourier.
Une solution à cela est l’utilisation de l’analyse temps-fréquence qui permet d’éva-
luer les signaux EEG dans le domaine conjoint temps-fréquence. Les distributions temps-
fréquence quadratiques sont particulièrement bénéfiques, car ayant de hautes résolutions,
elles permettent de caractériser diverses activités neurologiques et de les distinguer aussi
bien de manière visuelle qu’automatique. Bien qu’offrant de réels avantages, l’analyse
temps-fréquence reste conditionnée par le nombre réduit d’outils informatiques permet-
tant son exploitation ; les logiciels offrant cette option sont souvent chers et nécessitent
une connaissance préalable en programmation.
13
— Le premier chapitre fournit des généralités sur l’électroencéphalographie et met en
avant les caractéristiques des signaux EEG.
— Le chapitre suivant expose une définition de l’analyse temps-fréquence, plus parti-
culièrement des distributions temps-fréquence quadratiques, et décrit des exemples
de son application dans le domaine des neurosciences.
— Le chapitre 3 est dédié à la conception de l’application en fournissant le cahier de
charge du projet et le modèle architectural utilisé pour sa réalisation.
— Dans le chapitre 4, il est question de la réalisation du projet. Les étapes de dé-
veloppement d’une libraire temps-fréquence ainsi que les différentes interfaces de
l’application y sont exposées. Un exemple est ensuite donné pour illustrer l’utili-
sation de l’application.
— Le dernier chapitre présente les outils nécessaires à l’aide au diagnostic en utilisant
une classification des signaux EEG.
— Enfin, une conclusion générale sera donnée ainsi que quelques perspectives.
14
Chapitre 1
L’électroencéphalographie
Des électrodes, placées généralement sur le cuir chevelu, permettent de mesurer cette
activité électrique. Elle est ensuite amplifiée et représentée sous forme d’un tracé appelé
15
Figure 1.1: Structure d’un neurone (à gauche) et d’une synapse (à droite) [1]
électroencéphalogramme (EEG).
La figure 1.4 schématise la chaîne d’acquisition des EEG. Dans ce qui suit, chaque
étape sera expliquée.
16
Figure 1.3: Signaux EEG normaux et anormaux : sommeil actif (AS : Active Sleep),
sommeil passif (QS : Quiet Sleep) et suppression des salves (BS : Burst Suppression) [3]
1.2.1 Electrodes
L’emplacement des électrodes sur la tête doit être conforme à des méthodes standards.
Parmi celles les plus utilisées se trouve le système international 10-20. Les «10» et «20»
décrivent la distance entre les électrodes voisines comme 10 ou 20 pour cent de la distance
totale droite-gauche ou avant-arrière du crâne. La figure 1.6 montre l’emplacement des
électrodes dans ce système. Les lettres sont utilisées pour identifier le lobe (A = Auri-
17
culaire ; F = Frontale ; T = Temporale ; C = Centrale ; P = Pariétale ; O = Occipitale)
tandis que les chiffres correspondent à la position de l’hémisphère (chiffres impairs = hé-
misphère gauche, chiffres pairs = hémisphère droit) [5].
(a) (b)
Figure 1.7: Convention de polarité : (a) Fp2 plus négative que F8, (b) F8 plus négative
que Fp2 [6]
18
1. Montage unipolaire :
Différentes électrodes sont connectées à l’entrée 1 tandis qu’une référence commune
est reliée à l’entrée 2 (figure 1.8).
2. Montage bipolaire :
Différentes électrodes sont connectées aux entrées 1 et 2 pour chaque série d’élec-
trodes longitudinale ou transversale(figure 1.9).
1.2.2 Amplification
Les signaux EEG ont de faibles amplitudes (1-100 µV ). Le moindre bruit introduit par
le reste du système d’acquisition peut l’affecter de manière considérable, il est donc néces-
saire de l’amplifier. Dans le cas des électrodes actives, utilisées généralement en sciences
cognitives, cette amplification est déjà réalisée au niveau de la tête, lors de l’enregistre-
ment. Dans le domaine clinique, il est plus commun d’utiliser des électrodes passives et
donc de recourir à un dispositif d’amplification externe.
1.2.3 Filtrage
Les signaux EEG transportent des informations dans une bande passante comprise
entre 0,5 Hz et 80 Hz. Il s’agit des rythmes cérébraux delta (0,5 - 4 Hz), thêta (4 - 8 Hz),
19
(a) (b)
Les fréquences très basses doivent également être supprimées afin d’éliminer l’offset
et les composantes continues des signaux EEG. Pour cela, un filtre passe-haut, d’une fré-
quence de coupure avoisinant les 0.5 Hz, est utilisé.
1.2.4 Numérisation
20
1.3 L’EEG comme outil de pronostic et de diagnostic
L’EEG est un signal complexe représentant l’activité électrique du cerveau sur une
période de temps. La figure 1.10a montre un exemple d’un signal EEG comme fonction
du temps. L’analyse de pareille fonction s’appelle l’analyse temporelle.
On remarque que dans ce signal, certaines formes d’ondes se répètent ; il est pseudo-
périodique. Des informations fréquentielles peuvent être alors extraites en appliquant la
transformée de Fourier (TF) sur un signal x(t) (Eq. 1.1), il s’agit de l’analyse fréquentielle.
La figure 1.10b montre la distribution fréquentiel du signal précédent.
Z ∞
X(f ) = x(t)e−j2πf t df (1.1)
−∞
21
(a) (b)
Figure 1.10: Signal EEG d’un nouveau-né : (a) représentation temporelle, (b) représen-
tation fréquentielle.
fréquentiel variant dans le temps. La plupart des signaux issus du monde réel ne sont pas
stationnaires, y compris les signaux EEG dont le contenu spectral varie en réponse aux
stimuli internes et externes. Les analyses temporelles et fréquentielles ne donnent que des
informations limitées et ne suffisent donc pas pour décrire entièrement ce type de signal.
Cette propriété motive de plus en plus les chercheurs à traiter et analyser les signaux
biomédicaux à l’aide des DTF afin de dévoiler toutes les caractéristiques du signal. Ce
présent travail a pour objectif de fournir à ces chercheurs un outil leur permettant d’ex-
ploiter de manière simple les distributions temps-fréquence pour caractériser les différents
modèles d’EEG.
22
Figure 1.11: Représentation temps-fréquence du signal EEG d’un nouveau-né.
23
Chapitre 2
L’analyse Temps-Fréquence
Pour évaluer la distribution énergétique d’un signal dans le domaine conjoint temps-
fréquence, plusieurs méthodes d’analyse temps-fréquence (ATF) furent développées :
Afin de localiser l’information spectrale dans le temps, il suffit d’effectuer une transition
de l’analyse spectrale stationnaire (Eq. (1.1)) vers une analyse spectrale variante dans le
temps. Une solution à cela est de multiplier le signal par une fenêtre temporelle centrée
en un temps t et de calculer sa transformée de Fourier. Pour une définition plus aiguisée,
cette procédure est refaite sur l’ensemble des points temporels (Eq. (2.1)). Cette méthode
est connue sous le nom de la Transformée de Fourier à court terme (TFCT) [9].
Z ∞
Fs (t, f ) = s(τ )w(t − τ )e−j2πf τ dτ (2.1)
−∞
Z ∞ 2
S(t, f ) = s(τ )w(t − τ )e−j2πf τ dτ (2.2)
−∞
24
De l’Eq 2.2, il est évident que pour avoir une bonne résolution temporelle, la taille de la
fenêtre w(t) doit être la plus petite possible. Cela a pour effet la dégradation de la résolu-
tion fréquentielle, une conséquence du principe d’incertitude d’Heisenberg (∆t∆f ≥ 1/4π,
∆t et ∆f représentant les résolutions en temps et en fréquence, respectivement). Il est
donc nécessaire de trouver un compromis entre ces deux résolutions pour pouvoir utiliser
de façon efficace le spectogramme.
La distribution de Wigner-Ville d’un signal réel s(t) est définie comme suit [9] :
Z ∞
τ ∗ τ −j2πf τ
Wz (t, f ) = z t+ z t− e dτ (2.3)
−∞ 2 2
où z(t) est le signal analytique associé à s(t).
Le signal analytique z(t) est un signal complexe ne contenant que des fréquences
positives. Le signal s(t) étant réel, sa TF possède une symétrie Hermitienne (Eq. 2.4), il
possède donc des fréquences négatives et positives.
S(−f ) = S ∗ (f ) (2.4)
Le signal analytique z(t) du signal réel s(t) est obtenu en appliquant la transformée
de Hilbert :
1
z(t) = s(t) + j s(t) ∗ (2.5)
πt
où ∗ représente la convolution temporelle qui définit la transformée de Hilbert, H[s(t)] =
1
= s(t − τ )dτ .
R 1
s(t) ∗ πt πτ
25
L’inconvénient majeur de la DWV est la présence de des termes d’interférence, appe-
lés en anglais cross-terms, pour les signaux possédant plusieurs composantes. Si x(t) =
x1 (t) + x2 (t), alors la distribution de Wigner-Ville est la suivante :
Wx (t, f ) = Wx1 (t, f ) + Wx2 (t, f ) + Wx1 ,x2 (t, f ) + Wx2 ,x1 (t, f )
où Wx1 ,x2 (t, f ) et Wx2 ,x1 (t, f ) sont des termes d’interférences qui représentent de fausses
manifestations d’énergies.
Ce phénomène est mis en avant par la figure 2.1 qui représente la DWV d’une somme
de deux signaux modulés linéairement en fréquence (en anglais linear-frequency modu-
lation LFM) d’intervalles de fréquence 0.1-0.2 et 0.3-0.4 Hz. Des termes d’interférences
apparaissent dans l’intervalle 0.2-0.3 Hz.
En théorie, un signal à durée fini possède une largeur de bande en fréquence infinie. Du
fait des moyens d’acquisition, les signaux ont une énergie finie pour une durée de temps
26
T finie et une largeur de bande de fréquence B finie. Pour garder les mêmes propriétés
théoriques des signaux, on définit une classe de signaux appelés signaux asymptotiques
pour lesquels le produit TB » 1. En pratique, on accepte en général un produit TB> 10.
Le signal à durée finie est obtenu en multipliant le signal par une fenêtre de durée
finie g(t). Cela revient à convoluer, dans le domaine fréquentiel, Wz (t, f ) avec G(f ) =
F {g(t)}.
t→f
La largeur de bande finie est quant à elle obtenue en multipliant le spectre fréquentiel
par une fenêtre de largeur de bande finie H(f ). Ce qui revient, cette fois-ci à convoluer,
dans le domaine temporel, Wz (t, f ) avec h(t) = F −1
{H(f )}.
f →t
En combinant les effets des fenêtrages de g(t) dans le temps et H(f ) en fréquence,
l’expression suivante est obtenue :
où ρz (t, f ) est la représentation temps-fréquence du signal z(t), G(f ) et h(t) sont des
fonctions paires et ∗ et ∗ représentent respectivement les convolutions dans le domaine
t f
temporel et le domaine fréquentiel.
où γ(t, f ) est une fonction paire, pas forcément séparable, représentant les limitations
finies du signal dans les domaines temporel et fréquentiel et ∗∗ est la convolution bi-
tf
Z ∞ Z ∞ Z ∞
τ ∗ τ −j2πf τ
ρz (t, f ) = ej2πν(u−t) g(ν, τ )z u + z u− e dνdudτ (2.8)
−∞ −∞ −∞ 2 2
27
où g(ν, τ ), connue comme le filtre noyau de la DTF, est la transformée de Fourier 2D
de γ(t, f ).
Les filtres noyaux sont généralement conçus de manière à réduire les termes d’interfé-
rences en évitant le plus possible de compromettre les résolutions du signal.
L’expression des DTFQ ayant une formulation unifiées dans plusieurs domaines de
représentation, il est possible de l’exprimer dans le domaine temps-retard :
Z ∞
τ ∗ τ
RZ (t, τ ) = G(t − u, τ )z u + z u− du
−∞ 2 2 (2.9)
= G(t, τ ) ∗ Kz (t, τ )
où :Kz (t, τ ) est appelée Fonction d’autocorrélation instantanée (FAI) et G(t, τ ) est le
noyau temps-retard.
τ ∗ τ
K(t, τ ) = z t + z t− (2.10)
2 2
G(t, τ ) = F −1
[g(ν, τ )] (2.11)
ν→t
Pour implémenter les DTF, une version discrète de l’Eq. (2.9) est utilisée :
ρz [n, k] = DFT G[n, m] ∗ (Kz [n, m]) (2.12)
m→k n
Le tableau 2.1 montre les filtres noyaux les plus courants dans la littérature dans le
domaine continu et discret [9]-[15].
28
Nom G(t, τ ) G[n, m]
DWV δ(t) h
δ[n] i
Born-Jordan (BJ) 1
|2ατ |
rect 2ατ
t 1
4|αm|
rect n
4αm
√ √
−π 2 σn2
Choi-Williams (CW) πσ −π 2 σt2 /τ 2
|τ |
e πσ
exp 2 ∗ ∗[sinc n sinc m]
h2|m| 4m i
Zhao-Atlas-Marks (ZAM) w(τ ) rect 2τt/a w[m] rect 4m an
∗ ∗[sinc n sinc m]
β
|2m|
B-distribution (BD) |τ | cosh
β −2β
t cosh2 n
∗ sinc m
−2β −2β
Modified B-distribution (MBD) R ∞ cosh
cosh −2β
ξdξ
t Pcosh −2β
cosh
n
n
−∞ n
cosh−2β t |Γ(α+jπτ )|2 −2β
n |Γ(α+jπτ )|2
Extended modified B-distribution (EMBD) ∞
J−∞ cosh−2β
ξdξ Γ2 (α)
Pcosh
cosh−2β n Γ2 (α)
n
1 γ 1
+γ C +1
t +τ <1 (n2 +m2 )(B/M )2 −1 (n2 + m2 ) (B/M )2 < 1
Cheriet-Belouchrani Distribution (CBD) t2 +τ 2 −1 2 2 e
2
e
0 sinon
0 sinon
Parmi les DTFQ citées précédemment, trois sont "séparables". Il s’agit de : Modified
B-distribution, Extended modified B-distribution et Cheriet-Belouchrani Distribution.
Après sélection des DTFQ, il faut s’assurer que ces distributions caractérisent, avec
précision, la signature temps-fréquences des signaux électrophysiologiques.
Des études antérieures sur l’analyse visuelle des signaux EEG ont montré que ces si-
gnaux peuvent être divisés en deux catégories : 1) signaux composés de pointes et de
sinusoïdes [17] ; 2) signaux composés de chirps d’amplitudes variantes [18].
Type du signal
Expérience 1 Simulation d’un signal composé de sinusoïdes et de pointes.
Expérience 2 Signal EEG réel composé de sinusoïdes et de pointes.
Expérience 3 Simulation d’un signal composé de chirps d’amplitudes variantes
Expérience 4 Signal EEG réel composé de chirps d’amplitudes variantes
29
Les résultats de ces expériences ont montré que les distributions quadratiques les
plus adéquates aux signaux EEG sont : MB-distirbution, EMB-distriution et CB-
distribution. Elles seront donc utilisées dans le suite de ce projet.
La DWV, bien que ne donnant pas de bons résultats visuellement, sera aussi exploitée
car en plus d’être l’une des DTF les plus utilisées dans plusieurs applications réelles, des
études [19], [20] montrent que la présence de cross-terms dans cette distribution pourrait
renforcer les performances de classification.
(a) (b)
(c) (d)
Figure 2.2: Analyse temps-fréquence d’un signal composé de sinusoïdes et de pointes. (a)
EMBD (α = 0.2, β = 0.1), (b) CBD (c=0.01, D=0.075, E=0.075), (c) WVD (d) référence
[16]
.
30
2.2.2 Exemple
Une des modalités clés du signal physiologique du nouveau-né est l’EEG. Il peut être
considéré comme un processus de bruit coloré avec des périodes distinctes de modula-
tion d’amplitude (AM) qui dénotent différents états d’activité cérébrale [3]. La figure 2.3
montre la RTF de ces différents états.
1. Sommeil profond :
Il est défini comme un processus de bruit coloré modulé par une sinusoïde variante
dans le temps. Ceci est représenté dans le domaine (t, f) comme une concentration
périodique d’activité à haute énergie, suivie d’une activité à faible énergie. Ce mo-
dèle est analogue aux prématurés.
2. Sommeil léger :
Onde thêtas (4-8 Hz) et delta (0,5-4 Hz) avec une activité irrégulière entremêlée,
représenté dans le domaine (t,f) comme processus de bruit coloré avec une colora-
tion spectrale suivant une loi de puissance inverse.
4. Convulsion néonatale :
31
Evénement caractérisé par l’apparition de formes d’onde soudaines, répétitives, évo-
lutives et stéréotypées qui ont un début, un milieu et une fin définis, et durent au
moins 10 s. En ATF, elle est représentée par une composante principale, décrivant
un chirp dont l’amplitude varie lentement, entourée de crêtes sous-harmoniques.
Figure 2.3: Représentation temps-fréquence de signaux EEG de nouveaux nés. (a) Som-
meil profond.(b) Sommeil léger. (c) Suppression des salves. (d) Convulsion avec chirp
linéaire décroissante. (e) Convulsion avec chirp linéaire croissante. (f) Convulsion com-
plexe avec chirp linéaire par morceau [3].
Bien que les DELP soient dites périodiques, la période entre les décharges peut varier
considérablement dans le temps. Elles sont donc de nature non stationnaire. Il est très
difficile d’estimer les différentes périodes du signal en raison de l’amplitude relativement
élevée de l’activité background de l’EEG qui masque les pointes des DELP.
32
Une solution consiste à accroître l’amplitude des pointes en appliquant l’opérateur de
Teager-Kaiser sur le signal discret s[n] (Eq. (2.13)).
ηz [n, k] = exp F {Rzm [n, m]l[m]} (2.14)
m→k
où : Rz [n, m] est la DTF du signal analytique z[n] associé à y[n] et l[m] est un filtre
passe-bas.
33
Chapitre 3
Dans le chapitre précédent, les DTFQ se sont révélées être très efficaces en termes
de résolution et de précision dans l’analyse et la caractérisation des signaux non station-
naires et/ou multicomposants. Leur utilisation dans le domaine des neurosciences est très
prometteuse mais reste restreinte car elle nécessite souvent une bonne expertise en pro-
grammation ou l’utilisation d’un logiciel commercial assez coûteux. Dans ce chapitre, nous
verrons les étapes de conception d’une interface graphique open-source dédiée à l’analyse
temps-fréquence des signaux EEG.
EEGLab est une interface, développée sous Matlab, simple mais fonctionnelle. Son
application cible est orientée vers le prétraitement des enregistrements et l’analyse en
34
Figure 3.1: Nombre de citations par année des outils logiciels [21]
composantes indépendantes[22]. FieldTrip est une boîte à outils de Matlab riche et puis-
sante qui offre la plus large gamme de fonctionnalités, mais sans interface graphique ;
son utilisation nécessite de bonnes compétences en programmation [23]. Brainstorm est
une application de haut niveau développée sous Matlab et Java. En cours de développe-
ment, elle offre moins de fonctionnalités que FieldTrip ; mais d’un autre côté, son interface
intuitive, ses puissants outils de visualisation et la structure de sa base de données per-
mettent à l’utilisateur de travailler aisément [24]. MNE est une bibliothèque compilée
en C comprenant un ensemble de fonctions indépendantes, facilement implémentable et
principalement orientées vers le prétraitement des enregistrements et l’estimation de la
source. Une implémentation de cette bibliothèque est également disponible sous Python
(MNE-Python)[25].
Ces outils sont des programmes généralistes pour l’analyse des données EEG. Bien
que certains offrent la possibilité d’effectuer l’analyse temps-fréquence, cette dernière ne
repose essentiellement que sur la décomposition en ondelettes et l’analyse de Fourier.
35
3.2 Spécifications des besoins
1. Le modèle :
Il contient les données manipulées par le programme, assure leur gestion et garantit
leur intégrité.
Dans ce projet, trois structures de base de données sont nécessaires. Elles sont
citées dans le tableau 3.1.
36
Base de données Détails
Base de données EEG Signaux EEG entrés par l’utilisateur.
Base de données Atlas Signaux EEG issus de différentes activités cérébrales.
Base de données DTF DTF des signaux EEG entrés par l’utilisateur.
Pour structurer les variables de l’application, à savoir les signaux EEG, une classe
est définie dans le modèle. Elle est schématisée dans la figure 3.2.
2. La vue :
Elle permet de créer l’interface avec l’utilisateur. Dans ce projet, la partie vue
comprend les éléments suivants :
Son rôle consiste aussi à recevoir les actions de l’utilisateur (sélection, clic,...) et
de les envoyer vers le contrôleur à travers des fonctions callback.
3. Le contrôleur :
La figure 3.3 montre les interactions du modèle MVC. Pour une implémentation plus
optimale, la version passive de cette architecture a été utilisée (figure 3.4).
37
Figure 3.3: Interactions de l’architecture MVC
L’un des diagrammes les plus parlant de l’UML est le diagramme de séquences. Il
décrit l’interaction des éléments du système entre eux.
38
Ce projet contient quatre cas d’utilisations : "Représentation temporelle du signal",
"Prétraitement", "Représentation temps-fréquence" et "Accès à l’atlas EEG". Les figures
3.5, 3.6, 3.7 et 3.8 montrent les diagrammes de séquences de chaque utilisation.
39
Figure 3.5: Diagramme de séquence "Représentation temporelle du signal"
Figure 3.6: Diagramme de séquence "Prétraitement"
41
Figure 3.7: Diagramme de séquence "Représentation temps-fréquence"
42
Chapitre 4
Après avoir décrit notre système d’un point de vue conceptuel, nous verrons dans ce
présent chapitre l’implémentation de l’application. Il s’agit de la création et de la mise
en œuvre des différents programmes, interfaces, et bases de données et de la présentation
des fonctionnalités et des outils utilisés pour la réaliser.
Ils existent plusieurs langages de programmation dédiés au calcul scientifique, les plus
performants selon la littérature sont Matlab et Python.
En neurosciences, la figure 3.1 montre que 90 % des citations utilisent des outils déve-
loppés sous Matlab. Une des raisons derrière cela est la maturité et la stabilité actuelles
de Matlab dans ce domaine résultant et de ses vastes fonctions prédéfinies.
43
Matlab Python
Logiciel propriétaire et closed-source. Logiciel Open-source.
Licence assez coûteuse et toolboxs facturées en plus. IDE, packages et extensions gratuits.
Exclusivité et dépendance de Mathworks. Intégrité des codes.
Portabilité restreinte. Portabilité sur Windows, Linux, and OS X.
Parmi les outils offerts sous cet environnement pour le développement d’interfaces
graphiques se trouve Tkinter ; un module de base intégré dans Python. Il s’agit d’un
module simple et facile à utiliser et bien qu’il offre des widgets peu esthétiques, il permet
de réaliser des interfaces épurées, répondant au cahier de charge précédemment cité.
Il a été établi que Python est un puissant outil pour le calcul scientifique, notamment
en traitement du signal. Il en reste néanmoins que l’analyse temps-fréquence est peu dé-
veloppée sous cet environnement.
L’API principal de Python permettant l’ATF est Scipy. Ce module, généralement uti-
lisé pour le traitement du signal, permet entre autres la décomposition en ondelettes et
le calcul de la STFT du signal [27]. Il ne permet toutefois pas le calcul des distributions
temps-fréquence quadratiques sur lesquels ce présent projet est basé.
44
4.2.1 Optimisation des algorithmes
L’algorithme suivi pour le calcul des QTFD est schématisé dans la figure 4.1. L’opti-
misation de chaque partie est ensuite expliquée.
Signal analytique
2X(f ) if 0 ≤ f ≤ FS /2
Z(f ) = X(f ) if f = 0 (4.2)
0 if − FS /2 ≤ f ≤ 0
45
Fonction d’autocorrélation instantanée
Cette étape revient à la multiplication matricielle du noyau filtre G[n, m] avec la FAI
Kz [n, m]. Comme les noyaux des distributions choisies présentent une symétrie aussi bien
dans le domaine échelle que temporel, cela réduit considérablement les besoins aussi bien
en calcul qu’en mémoire.
Calcul de la FFT
Pour optimiser cette étape, la longueur du signal doit-être une puissance de 2. Cela
est fait en appliquant le zero-padding à la FAI filtrée (Kz [n, m] ~ G[n, m]).
n
Sous python, il est possible d’implémenter ces algorithmes DTFQ de trois manière
différente :
— écrire l’intégralité des codes sous Python,
— utiliser l’extension Cython,
— écrire la bibliothèque en C puis utiliser Ctypes comme fonction wrapper.
Les trois cas de figure ont été considérés. Le tableau 4.2 montre le temps d’exécution
de chaque méthode pour la calcul de la distribution de Wigner-Ville pour un signal EEG
d’une durée de 30s avec une fréquence d’échantillonage de 256 Hz.
46
Méthode Python Cython Ctypes
Temps d’exécution (s) 15.64 6.30 0.06
Bien que le déploiement sur Python soit facile ne nécessitant qu’un petit nombre de
lignes, il était attendu que le temps d’exécution de l’algorithme soit important du fait
des caractéristiques du langage interprété et de la présence de nombreuses boucles dans
le code.
Cython est une extension du langage C dans Python, elle permet donc de bénéficier de
la puissance des deux langages. Cette fois ci, le langage C fut utilisé pour la parcours des
itérations. Cela a permis d’avoir une exécution deux fois plus rapide mais ne s’approchant
pas du temps-réel spécifié dans les besoins.
Jusqu’à maintenant, cinq distributions sont implémentées sous cette librairie : DWV,
BD, MBD, EMBD et CBD.
4.2.3 Visualisation
Il était nécessaire de fournir dans cette librairie un outil de visualisation des DTF cal-
culées. Ces représentations doivent avoir de bonnes résolutions temporelle et fréquentielle
pour permettre une classification visuelle des DTF.
47
La fonction développée consiste à tracer, pour chaque point temporel, l’amplitude de
la DTF sur toute la bande fréquentielle. Cela a été fait en utilisant l’outil LineCollection
de la librairie Matplotlib et a permis d’avoir une image texturée du signal.
48
4.3.1 Représentation temporelle
Pour l’instant, seuls les fichiers EDF 1 sont pris en compte. Ils sont traités par le pa-
ckage MNE-python qui permet d’extraire les données et les informations sur le fichier.
Ces derniers sont ensuite sauvegardés dans un dictionnaire comme instance de la classe
EEG (figure 3.2) et restent accessibles à l’utilisateur tout au long de l’exécution de l’ap-
plication. Concernant la représentation temporelle, elle est obtenue en traçant l’ensemble
des signaux des canaux sur toute la durée d’enregistrement en utilisant encore une fois la
fonction LineCollection de Matplotlib.
1. European Data Format est un format de fichier informatique destiné au stockage de données mé-
dicales ou biologiques organisées en séries temporelles
49
4.3.2 Prétraitement
50
4.3.3 Représentation temps-fréquence
Les distributions sont par la suite calculées et visualisées en ayant recours à la librairie
temps-fréquence développée durant ce projet (figure 4.6). Il est possible de parcourir ces
distributions sur tout le temps d’enregistrement en choisissant la taille de la fenêtre et
une résolution temporelle adéquate.
Il est possible de sauvegarder la DTF obtenue, tout en l’annotant, dans une base de
données SQLlite qui pourrait par la suite être utilisée pour une classification.
51
4.3.4 Atlas EEG
Afin de poser un diagnostic, les médecins ont recours à un examen EEG mais il est
souvent difficile de détecter les piques épileptiques sur l’encéphalogramme.
52
filtrage.
(a) (b)
Figure 4.8: EEG d’un nouveau-né : (a) avant filtrage et (b) après filtrage.
On peut ensuite visualiser les signaux filtrés sur toute la durée de l’enregistrement.
Dans le domaine temporel, il est difficile de détecter les convulsions d’un nouveau-né
visuellement. La figure 4.9 montre les représentations temporelles obtenues durant une
activité de fond et d’une convulsion néonatale.
(a) (b)
Figure 4.9: Représentation temporelle de l’EEG d’un nouveau-né : (a) activité de fond
et (b) Convulsion.
53
(a)
(b)
Figure 4.10: RTF de l’EEG d’un nouveau-né : (a) activité de fond et (b) Convulsion
.
54
Chapitre 5
L’histogramme des EEG varie de classe en classe. Afin de caractériser leurs différentes
fonctions de répartition, divers outils statistiques sont utilisés. Les formules de ces des-
cripteurs pour un signal réel x[n] sont données dans le tableau 5.1 [34].
Descripteur Expression
Moyenne m(t) = N1 n x[n]
P
P 2
Variance 2
σ(t) = 1
N n x[n] − m(t)
P 3
Coefficient d’asymétrie γ(t) = 1
3
N σ(t) n x[n] − m(t)
P 4
Kurtosis k(t) = 1
4
N σ(t) n x[n] − m(t)
σ(t)
Coefficient de variation x c(t) = m(t)
55
Dans le domaine fréquentiel, il est possible de distinguer des signaux dont le spectre
diffère en les caractérisant par des grandeurs spectrales. Nous citerons : le flux spectral,
qui mesure le taux de variation du contenu spectral d’un signal dans le temps, l’entropie
spectrale, qui évalue le degré d’imprévu de la distribution dans le domaine fréquentiel
et l’entropie de Wiener qui permet de mesurer la largeur et l’uniformité du spectre de
puissance. Les expressions de ces descripteurs sont données dans le tableau 5.2 où :
Zx [k] est la TF du signal analytique z[n] associé au signal réel x[n].
Descripteur Expression
PM/2
Flux spectral FL(f ) = k=1 |Zr [k] − Zr−1 [k]|
Entropie spectrale SE(f ) = − Mk=1 Zx [k] log2 Zx [k]
P
M −1
( P |Z [k]|)
QM
Entropie de Wiener SF(f ) = M k=1 x
M
k=1
|Zx [k]|
Descripteur Expression
Moyenne m(t,f ) = N1M n k ρz [n, k]
P P
P P 2
Variance 2
σ(t,f ) =
1
NM n k ρz [n, k] − m(t,f )
P P 3
Coefficient d’asymétrie γ(t,f ) = 1
3
N M σ(t,f n k ρz [n, k] − m(t,f )
)
P P 4
Kurtosis k(t,f ) = 1
4
N M σ(t,f ) n k ρ z [n, k] − m (t,f )
σ(t,f )
Coefficient de variation c(t,f ) = m(t,f )
Flux spectral FL(t,f ) = N k=1 |ρz [n +l, k + m] − ρ z [n, k]
P −l PM −m
n=1
α
Entropie spectrale RE(t,f ) = 1−α 1
log2 N M P ρP
z [n,k]
P P
n=1 k=1 ρ [n,k]
n k z
NM
|ρz [n,k]|
Entropie de Wiener SF(t,f ) = M N ΠP
n ΠkP
ρz [n,k]
n k
56
5.1.3 Descripteurs d’images
Les DTF sont une représentation de la répartition de l’énergie dans le plan temps-
fréquence, résultant en une distribution 2D de d’énergie qui peut être perçue comme une
image. En conséquence, des techniques basées sur le traitement d’image peuvent ensuite
être utilisées pour localiser et extraire des caractéristiques de ces distributions.
Cette section présente les caractéristiques extraites des images temps-fréquence ; elle
comprend trois types de descripteurs souvent cités dans la littérature : (1) descripteurs
géométriques, (2) descripteurs à modèle binaire local et (3) descripteurs de Harlick.
Descripteurs géométriques
1 si ρ[n, k] > T
(
B[n, k] = (5.1)
0 autrement
L’image binaire est composée donc de deux parties : (i) l’arrière plan de l’image B0 [n, k]
où le signal n’a pas d’énergie (B[n, k] = 0) et (ii) l’avant plan de l’image où il y a mani-
festation de l’énergie (B[n, k] = 1).
Il est d’autant plus intéressant de choisir un seuil adaptatif. Une manière de le faire est
d’initier le seuil T à la moyenne de l’image ρ[n, k]. A partir de cette image, deux matrices
sont générées K et L.
K, de moyenne m1, ne contient que les valeurs de ρ[n, k] supérieurs à T . Les autres
éléments sont mis à 0. De même, L, de moyenne m2, ne contient que les éléments de
ρ[n, k] inférieurs à T , le reste de la matrice étant également mis à 0.
Le seuil adaptatif de l’image ρ[n, k] est la moyenne de m1 et m2.
57
l segments non-coïncidables constituant les l objets de cet avant plan. L’image binarisée
peut être alors décrite comme union de l’arrière plan avec ces l segments :
Figure 5.1: Principe de la 8-connectivité : Les pixels sont connectés si leurs bords ou
coins se touchent. Deux pixels adjacents font partie du même objet s’ils sont tous les deux
activés et connectés le long de la direction horizontale, verticale ou diagonale.
n k
58
qui est converti en valeur décimale pour obtenir la nouvelle valeur du pixel central (voir
figure 5.2).
i=0
En réitérant cette opération sur l’ensemble des pixels de la distribution, une nouvelle
matrice est obtenue . A partir de cette dernière, l’histogramme sur 256 niveaux de gris
est utilisé comme paramètre de caractérisation.
Descripteurs de Harlick
Des descripteurs de texture peuvent aussi être extraits à partir de la matrice de co-
occurrence de l’image. Cette dernière consiste à quantifier la texture d’une image comme
distribution de paires de pixels co-occurrentes à une distance et un angle donnés.
Pour une DTF discrète ρz [n, k] et pour un décalage (∆n , ∆k ) dépendant à la fois de
la distance D et l’angle θ entre les pairs de pixels voisins, la matrice de co-occurrence est
définie comme suit [31] :
N X
M
1 si ρz [n, k] = i et ρz [n + ∆n , k + ∆k ] = j
(
Cρz ,(∆n ,∆k ) [i, j] = (5.5)
X
n=1 k=1
0 ailleurs
Dans ce travail, le paramètre de distance D est mis à 8 tandis que l’angle θ varie de 0
à 135 degrés d’un pas de 45 degrés avec une quantification de 256 niveaux de gris.
59
Il en résultera donc quatre matrices de co-occurrences. A partir de chaque matrice,
14 descripteurs de Harlick Hi , caractérisant la texture de l’image, sont calculés. Leurs
expressions sont données en annexe.
Dans ce travail, il a été jugé plus opportun d’utiliser les machines à vecteurs de
support (en anglais support vector machine SVM) pour les raisons suivantes :
— Leur grande précision de prédiction avec de petite base de données.
— Leur efficience avec des données aussi bien linéaires que non-linéaires.
— Leur faible consommation de mémoire car seul un sous-ensemble de points (appelé
vecteurs de support) est utilisé pour la prise de décision.
D’un point de vue théorique, les SVM sont des algorithmes d’apprentissage automa-
tique supervisé qui séparent les observations en deux classes. Cela est fait en construisant,
dans un espace de haute dimension, un hyperplan permettant de séparer les données et
de maximiser la distance, appelée marge, entre ces classes. Seuls les points se trouvant à
la frontières des classes sont utilisés, ce sont les vecteurs de support. La figure 5.3 illustre
cette technique, H étant l’hyperplan séparateur.
Pour une séparation linéaire, les données de chaque classe doivent se trouver d’un seul
coté de l’hyperplan dont l’équation est :
~ +b=0
~ ·X
ω (5.6)
où : ω
~ est la normale de l’hyperplan, b est une constante et X
~ définit les points ap-
60
Figure 5.3: Principe du SVM [37].
partenant à l’hyperplan.
Pour une donnée d’entraînement Xi de classe yi , une des deux inégalités doit être
satisfaite :
~ i + b ≥ +1, yi = +1
~ ·X
ω (5.7)
~ i + b ≤ −1, yi = −1
~ ·X
ω (5.8)
f (X) = sign ~ + b
~i · X (5.9)
X
αi y i X
Xi ∈SV
Les données réelles n’étant pas toujours linéaires, il est parfois impossible de trouver
un hyperplan linéaire permettant la séparation des classes. Une solution à cela est de
reconsidérer le problème dans un espace de dimension supérieure voire infinie, il s’agit de
l’astuce du noyau (voir figure 5.4) . La fonction de décision devient donc :
f (X) = sign ~ + b
~i · X (5.10)
X
αi y i K X
Xi ∈SV
où : K X ~ est une fonction noyau.
~i · X
Plusieurs types de noyaux existent. Le plus populaire, et celui utilisé dans ce travail,
est la fonction de base radiale (radial base function en anglais (RBF)). Etant flexible,
il permet de modéliser des fonctions complexes donnant donc de bons résultats pour la
61
Figure 5.4: Astuce du noyau [38].
2
~ −X
X ~i
K X ~ = exp
~i · X −
(5.11)
2σ 2
Pour reprendre l’exemple du chapitre 4, les descripteurs précédemment cités sont uti-
lisés pour la détection des convulsions néonatales en classifiant le signal en deux classes :
(i) activité de fond et (ii) convulsion. Le modèle de classification est schématisé dans la
figure 5.5.
62
signaux possèdent deux annotations : activité de fond et convulsion. Ils ont été étiqueté
par un neurologue spécialisé en pédiatrie du Royal Children’s Hospital, Brisbane, Austra-
lie.
Cette base de données fut ensuite divisée en deux parties de manière aléatoire mais
uniforme : la partie apprentissage (70%) et la partie test (30%).
Les DTFQ calculées à partir des signaux de la base de données sont les suivantes :
DWV, EMBD (α = 0.045, β = 0.045) et CBD (c = 1, D = 0.04, E = 0.04) constituant la
base de données finale.
Avant de discuter des résultats obtenus, il est essentiel de définir des outils permettant
l’évaluation du modèle de classification.
La matrice de confusion est une matrice qui permet d’évaluer la qualité de classifi-
cation d’un système. Les colonnes correspondent aux classes réelles tandis que les lignes
correspondent aux classes estimées (voir tableau 5.4).
A partir de cette matrice, il est possible de définir d’autres outils pour évaluer la clas-
sification :
63
•Sensibilité : elle représente le nombre de convulsions détectées sur l’ensemble des
convulsions de la base de données.
sen = VP
V P +F N
pres = VP
V P +F P
1
f1 = 2 1 1
+
précision sensitivité
Dans un premier temps, la classification a été effectuée en utilisant les outils statis-
tiques sur le signal (descripteurs temporels et fréquentiels) et sur les DTFQ (descripteurs
temps-fréquence).
Le tableau 5.5 résume les différents résultats obtenus. Il est clair que la classification
dans le domaine conjoint temps-fréquence donne une meilleure performance que la classifi-
cation dans les domaines temporel et fréquentiel. Les descripteurs temporels et fréquentiels
ne permettent pas une bonne caractérisation du signal à cause de la non-stationnarité de
ce dernier. L’utilisation des descripteurs temps-fréquence a permis d’améliorer la précision
de la classification jusqu’à 44%.
Descripteurs statistiques
sen (%) pres (%) f1-score (%)
signal 47.00 47.00 47.00
DWV 76.00 77.00 75.00
EMBD 91.00 91.00 91.00
CBD 86.00 86.00 86.00
64
5.3.4 Comparaison de la classification à l’aide des descripteurs
d’image
Dans un second temps, la classification s’est faite en utilisant les descripteurs d’images
sur les distributions temps-fréquence. Le tableau 5.6 montre les résultats obtenus. A pre-
mière vue, il est évident que le descripteur LBP donne de meilleurs performances pour
l’ensemble des distributions. Il est suivi de près par les descripteurs de Harlick. Tout deux
sont utilisés pour la caractérisation de texture, l’information spatiale caractérise donc bien
les distributions temps-fréquences.
Descripteurs d’images
Harlick Hu LBP
TFD sen(%) pres(%) f1-s (%) sen (%) pres (%) f1-s (%) sen (%) pres (%) f1-s (%)
DWV 79.00 79.00 79.00 60.00 61.00 60.00 99.00 99.00 99.00
EMBD 71.00 71.00 71.00 78.00 78.00 78.00 99.00 99.00 99.00
CBD 74.00 76.00 74.00 62.00 62.00 62.00 96.00 96.00 96.00
Les résultats de la section précédente ont montré que le descripteur LBP donne une
très bonne performance sur l’ensemble des distributions, le même modèle sera donc utilisé
pour la classification des distribuions de l’interface.
Pour cela, une autre version de l’application, permettant de classifier les distributions,
a été développée. Dans cette version, le descripteur LBP est extrait après calcul de la
distribution. Le modèle de classification est ensuite utilisé pour prédire la classe du signal.
Ainsi, en visualisant la RTF obtenu, l’utilisateur pourra aussi avoir accès au résultat de
la prédiction (figure 5.6), ce qui pourrait l’aider pour établir le diagnostic.
65
Figure 5.6: Prédiction des convulsions.
66
Conclusion générale
Enfin, une méthodologie de classification des signaux EEG est décrite en utilisant la
méthode SVM et des descripteurs statistiques et ceux issus du traitement d’image. Cette
classification est par la suite ajoutée à l’interface pour l’aide au diagnostic des convulsions
néonatales.
Plusieurs améliorations pourront être mise en place dans les prochaines recherches pour
améliorer la performance de l’application. L’objectif principal est d’enrichir l’Atlas EEG
avec tout type d’activités cérébrales. Il sera aussi important d’acquérir plus de signaux
67
pour ainsi avoir une plus grande base de données d’entraînement et pouvoir étendre la
classification à diverses classes.
68
Annexe A
A.1 Moments de Hu
n k
où : n = m10
m00
et k = m01
m00
sont les cordonnées du barycentre de l’image.
µpq
ηpq = (A.2)
µγ00
où : γ = p+q
2
+ 1 et p, q = 2, 3, . . ..
Depuis l’Eq.(A.2), sept moments invariants à la rotation peuvent être tirés, c’est les
moments de Hu [36] :
69
φ1 = η20 + η02 (A.3)
Les six premiers moments sont invariants à toute transformations d’images quant au
septième, il change de signe pour une réflexion de l’image.
Pour une matrice de co-occurence C[i, j], 14 descripteurs de Harlick sont extraits.
i=1 j=1
2. Contrast :
L−1 XL L
H2 = l2 (A.13)
X X
cij
l=0 i=1 j=1,|i−j|=l
3. Corrélation :
j=1 (ij)cij
PL PL
i=1 − µn µk
H3 = (A.14)
σn σk
70
où : µn , µk , σn , et σk représentent les moyennes et les écart-types le long des axes
temporel et fréquentiel.
i=1 j=1
i=2
i=2
9. Entropie :
L X
L
H9 = − cij log cij (A.20)
X
i=1 j=1
l=0
71
11. Différence d’entropie :
L−1
H11 = − cx−y,i log cx−y,i (A.22)
X
l=0
HXY − HXY 1
H12 = (A.23)
max{HX, HY }
cik cjk
où : Q(i, j) =
PL
k=1 cx,i iy,k
72
Annexe B
Guide d’utilisation
Il est possible de naviguer sur les pages de l’application en cliquant sur le nom de
la page voulue depuis le barre de menu. Il est aussi possible de quitter l’application en
cliquant sur "Exit" (figure B.2).
73
B.1 Interface d’accueil
Pour charger un fichier, il suffit de cliquer sur "Load". Une fenêtre de dialogue s’ouvre
alors permettant de parcourir les fichiers de l’ordinateur pour choisir un fichier EDF. Les
noms des fichiers choisis apparaissent alors dans la liste se trouvant à gauche de l’interface.
Pour sélectionner un fichier, il suffit de double-cliquer sur son nom depuis la liste des
fichiers se trouvant sur la gauche de l’interface. En faisant cela, les informations du fichier
ainsi que le tracé temporel des données s’affichent (figure B.3).
•Manipulation du tracé :
74
la taille de la fenêtre en seconde dans la case du milieu puis utilise les flèches :
— ">" : avancer dans le temps.
— "<" : reculer dans le temps.
— "«" : aller au début de l’enregistrement.
— "»" : aller à la fin de l’enregistrement.
Il est aussi possible de zoomer et sauvegarder le tracé d’une fenêtre en utilisant les
outils de la figure B.5.
B.2 Prétraitement
Dans la page "Représentation temporelle", il est possible de cliquer sur le bouton "Pre-
processing" pour prétraiter les signaux du fichier sélectionné. Cela fait, une fenêtre de
dialogue s’ouvre comme le montre la figure B.6.
Les fréquences de coupures doivent être introduite en Hz. Trois types de filtre peuvent
être crées, selon les fréquences données :
— Filtre passe-bas : en mettant Lowcut à 0.
— Filtre passe-haut : en mettant Highcut à 0.
— Filtre passe-bande : en donnant deux valeurs non-nulles à Lowcut et Highcut.
La liste des canaux du fichier sélectionné s’affiche dans la fenêtre. Il est possible d’en
supprimer quelque uns en les sélectionnant et en cliquant sur "Drop".
75
Figure B.6: Interface de prétraitement.
Pour sauvegarder le fichier pré-traité, il est possible d’écraser l’ancien fichier ou d’en
créer un autre, cela se fait en cochant la case "Overwrite file". Dans le cas où l’utilisateur
ne coche pas la case, un nouveau fichier apparaît dans liste.
•Sélection du signal :
En cliquant sur "Select signal" à la gauche de l’interface, une liste déroulante s’ouvre
contant les noms des canaux du fichier précédemment sélectionné. L’utilisateur doit choi-
sir un canal (ou la moyenne de tous les canaux) dont il veut calculer la distribution.
76
Figure B.7: Interface représentation temps-fréquence.
En cliquant sur "Select distribution", une autre liste déroulante contenant les distribu-
tions implémentées dans l’application (à savoir WVD, MBD, EMBD et CBD) apparaît.
L’utilisateur devra choisir la distribution ainsi que ses paramètres en les entrant manuel-
lement ou en utilisant les sliders fournis comme le montre la figure B.8.
77
•Visualisation de la représentation temps-fréquence :
•Sauvegrade de la distribtuion :
Il est possible d’enregistrer la distribution obtenue dans une base de données SQL tout
en lui attribuant une classe (Seizure : convulsion, Background : activté de fond ou Other :
autre).
78
B.4 Atlas EEG
79
Bibliographie
[1] F. SEDEL et O. LYON-CAEN, Le Cerveau Pour les Nuls, sér. Pour les nuls.
edi8, 2010, isbn : 9782754021784. adresse : [Link]
JN5EBHUQLpgC.
[2] S. Sanei et J. Chambers, “Introduction to EEG”, in EEG Signal Processing. John
Wiley Sons, Ltd, 2013, chap. 1, p. 1-34, isbn : 9780470511923. doi : 10.1002/
9780470511923.ch1. eprint : [Link]
1002/9780470511923.ch1. adresse : [Link]
abs/10.1002/9780470511923.ch1.
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