BACCALAURÉAT GÉNÉRAL
SESSION 2017
SCIENCES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES
ÉPREUVE DU MARDI 20 JUIN 2017
SÉRIE : ES
DURÉE DE L'ÉPREUVE : 4 heures + 1 heure – COEFFICIENT : 7 + 2
L'usage de la calculatrice est strictement interdit.
Dès que ce sujet vous sera remis, assurez-vous qu'il est complet.
Ce sujet comporte 16 pages numérotées de 1/16 à 16/16.
Pour l’enseignement obligatoire, le candidat traitera au choix soit la dissertation,
s’appuyant sur un dossier documentaire, soit l’épreuve composée.
Pour l’enseignement de spécialité, le candidat traitera au choix l’un des deux
sujets de la spécialité pour laquelle il est inscrit :
- Sciences sociales et politiques, pages numérotées de 11/16 à 13/16.
- Economie approfondie, pages numérotées de 14/16 à 16/16.
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Dissertation s’appuyant sur un dossier documentaire
Il est demandé au candidat :
- de répondre à la question posée par le sujet ;
- de construire une argumentation à partir d'une problématique qu'il devra élaborer ;
- de mobiliser des connaissances et des informations pertinentes pour traiter le sujet, notamment
celles figurant dans le dossier ;
- de rédiger, en utilisant le vocabulaire économique et social spécifique et approprié à la question,
en organisant le développement sous la forme d'un plan cohérent qui ménage l'équilibre des
parties.
Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.
SUJET
Ce sujet comporte quatre documents.
Les instances d’intégration sont-elles toujours source de cohésion sociale ?
DOCUMENT 1
Formes d'emploi dans l'emploi total (en %)
CDD(1) et Intérimaires Apprentis CDI(2) Non Ensemble
contrats salariés
saisonniers
1984 3,6 0,4 0,7 76,8 18,4 100
1985 4,3 0,4 0,8 76,8 17,7 100
1994 6,7 0,7 0,7 76,9 14,9 100
1995 7,6 1,0 0,7 76,2 14,4 100
2004 8,0 1,9 1,1 78,2 10,8 100
2005 8,1 2,1 1,3 77,6 10,9 100
2008 8,4 2,1 1,3 77,6 10,6 100
2009 8,3 1,7 1,4 77,7 10,9 100
2010 8,6 1,8 1,4 76,7 11,5 100
2011 8,5 2,1 1,4 76,3 11,6 100
2012 8,6 2,0 1,5 76,5 11,4 100
2013 8,5 2,0 1,6 76,7 11,3 100
2014 8,6 2,1 1,4 76,4 11,5 100
Champ : France métropolitaine, personnes de 15 ans et plus ayant un emploi au sens du
Bureau international du Travail.
Source : INSEE, 2016.
(1)
CDD : contrat de travail à durée déterminée.
(2)
CDI : contrat de travail à durée indéterminée.
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DOCUMENT 2
Les relations au travail
« Votre travail vous permet-il de faire de nombreuses rencontres et d’avoir de
nombreux échanges avec les autres ? » (en %)
Oui Non
Sexe
. Homme 84 16
. Femme 81 19
Âge
. 18 - 24 ans 81 19
. 25 - 39 ans 84 16
. 40 - 59 ans 82 18
Profession - Catégorie sociale
. Indépendant 82 18
. Cadre et profession intellectuelle supérieure 91 9
. Profession intermédiaire 90 10
. Employé 78 22
. Ouvrier 73 27
Ensemble de la population 83 17
Champ : actifs occupés.
Source : CREDOC, Enquête « Conditions de vie et Aspirations », début 2013.
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DOCUMENT 3
Depuis quelques décennies, la société française est marquée par de profondes
mutations des structures familiales.
[…] Les couples, mariés ou non, sont affectés par des séparations de plus en plus
fréquentes : environ une union sur trois, voire une sur deux en région parisienne,
s'achève aujourd'hui par une rupture.
Il en résulte un accroissement considérable du nombre de familles monoparentales(1),
alors que pendant longtemps celles-ci n'avaient représenté qu'une faible proportion de
l'ensemble des familles, la monoparentalité étant autrefois pour l'essentiel issue du
veuvage. En 1999, […] on dénombrait 1,5 million de familles monoparentales, soit plus
du double qu'au début des années 1960. Près d'une famille sur cinq était une famille
monoparentale et 15 % des enfants, c'est-à-dire 2,4 millions au total, vivaient au sein
d'une telle famille.
Ce développement de la monoparentalité va de pair avec la multiplication des
recompositions familiales […]. En 1999, la France comptait plus de 700 000 familles
recomposées(2), soit 8 % de l'ensemble des familles, ce qui représente une hausse de
près de 10 % par rapport au précédent recensement de 1990. 1,5 million d'enfants
vivaient alors dans une famille recomposée, soit 8,7 % des enfants.
Source : Familles monoparentales, familles recomposées : un défi pour la société française,
Gisèle GAUTIER, Rapport d'activité du Sénat, 2006.
(1)
famille monoparentale : adulte vivant seul avec des enfants.
(2)
famille recomposée : un couple d'adultes, mariés ou non, et au moins un enfant né d'une
union précédente de l'un des conjoints.
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DOCUMENT 4
Taux de chômage selon le diplôme (en %)
%
18
16
14
12
10
0
2003 2010 2014
Année
Brevet des collèges, CEP(1) ou sans diplôme
Baccalauréat, CAP ou BEP(2)
Bac + 2
Diplôme supérieur à Bac + 2
Ensemble
Note : données en moyenne annuelle.
Champ : France métropolitaine, actifs de 15 ans ou plus.
Source : Tableaux de l’économie française, INSEE, 2016.
(1)
CEP : certificat d’études primaires.
(2)
CAP : certificat d’aptitude professionnelle ; BEP : brevet d’études professionnelles.
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Épreuve composée
Cette épreuve comprend trois parties :
1 – Pour la partie 1 (Mobilisation des connaissances), il est demandé au candidat de répondre aux
questions en faisant appel à ses connaissances personnelles dans le cadre du programme de
l’enseignement obligatoire.
2 – Pour la partie 2 (Étude d’un document), il est demandé au candidat de répondre à la question en
adoptant une démarche méthodologique rigoureuse de présentation du document, de collecte et de
traitement de l’information.
3 – Pour la partie 3 (Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire), il est demandé au candidat
de traiter le sujet :
- en développant un raisonnement ;
- en exploitant les documents du dossier ;
- en faisant appel à ses connaissances personnelles ;
- en composant une introduction, un développement, une conclusion.
II sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.
Première partie : Mobilisation des connaissances
1. En quoi l’analyse des classes sociales de Max Weber se distingue-t-elle de celle de
Karl Marx ? (3 points)
2. Présentez deux limites écologiques auxquelles se heurte la croissance économique.
(3 points)
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Deuxième partie : Étude d’un document (4 points)
Vous présenterez ce document puis vous caractériserez les inégalités de salaire qu’il
met en évidence.
Distribution du revenu salarial(1) annuel par sexe ou catégorie
socioprofessionnelle sur l'ensemble des salariés en 2011 (en euros courants)
Sexe Catégorie socioprofessionnelle
Professions Ensemble
Femmes Hommes Cadres(2) Employés Ouvriers
intermédiaires
D1 (1er décile) 1 890 2 970 11 180 6 040 1 450 1 910 2 340
D9 (9ème décile) 30 540 40 110 66 230 34 230 23 580 24 660 35 320
D9/D1 (rapport
16,1 13,5 5,9 5,7 16,2 12,9 15,1
interdécile)
Moyenne 16 720 22 550 39 190 22 310 13 290 14 820 19 710
Champ : France métropolitaine, ensemble des salariés hors salariés agricoles, salariés des
particuliers-employeurs et apprentis-stagiaires.
Source : INSEE, 2016.
(1)
Le revenu salarial correspond à la somme des salaires perçus par un individu au cours
d'une année donnée, nets de toutes cotisations sociales.
(2)
Cadres, y compris chefs d’entreprise salariés.
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Troisième partie : Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire
(10 points)
Cette partie comporte trois documents.
Sujet : À l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous
montrerez que les choix de localisation des firmes multinationales répondent à
différentes logiques.
DOCUMENT 1
Divers facteurs déterminent la décision d’IDE(1). La firme ne s’engage pas si elle n’a
pas conscience de détenir des avantages compétitifs spécifiques […].
Quant aux pays où elle est susceptible de s’implanter, ils doivent présenter des
avantages comparatifs.
Du côté de la demande, il s’agit de la taille ou de la richesse (fort revenu par tête) du
marché, de sa croissance et de sa composition par produits, reflétant des disparités
internationales dans les préférences des consommateurs. Cela n’explique pas
pourquoi cette demande est satisfaite par l’IDE plutôt que par l’exportation. Des
barrières à l’entrée(2) du marché étranger peuvent alors déterminer l’IDE […]. L’IDE est
aussi considéré comme un moyen d’économiser les coûts de transport liés à
l’exportation. Valable pour les produits lourds à faible valeur unitaire, l’argument
s’amenuise avec la baisse continue des coûts de transport. L’IDE diversifie les risques
entre plusieurs marchés intérieurs. […]
Du côté de l’offre, l’IDE est déterminé par des avantages de coût de production.
Source : Les multinationales globales, Wladimir ANDREFF, 2003.
(1)
Investissement direct à l'étranger : création d'un lieu de production à l'étranger ou acquisition
d’au moins 10 % d'une entreprise située à l'étranger.
(2)
Ici, les barrières à l’entrée sont les obstacles à la concurrence que peut rencontrer une
entreprise pour pénétrer sur un marché, comme les droits de douane.
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DOCUMENT 2
Pourquoi les entreprises allemandes continuent-elles à exporter depuis leur base
nationale, alors que les autres grands constructeurs continentaux délocalisent de plus
en plus, et pour certains deviennent importateurs nets de véhicules ? […]
La productivité du personnel (valeur ajoutée/personne occupée) a progressé très
fortement en Allemagne sur la période 2000-2008. En Italie, elle a également
progressé mais beaucoup plus lentement, alors qu’en France, elle a régressé. […] Au
total, sur la période, la part des charges de personnel dans la valeur ajoutée baisse
dans la filière automobile allemande alors qu’elle augmente en Italie et surtout en
France, d’où une forte dégradation de la compétitivité de l’industrie automobile en
France. […]
La préférence des constructeurs français pour des stratégies d’internationalisation via
les IDE(1) s’explique donc en partie par la dégradation des conditions de production en
France, ce qui conduit ces constructeurs à produire des véhicules dans les pays de
l’Est, pour ensuite les réimporter en France. […]
La stratégie de délocalisation semble plus adaptée pour des entreprises qui
investissent moins en R&D(2) et qui ont ainsi un positionnement en moyen et bas de
gamme, comme c’est le cas pour les entreprises automobiles françaises et italiennes.
Cette tendance à la délocalisation a été renforcée par une évolution très défavorable
des conditions de production domestique en termes de coût. Ces évolutions
conduisent les constructeurs à rechercher de nouvelles zones de production, et ce
d’autant plus que la part des coûts de production dans le prix final est bien plus élevée
en ce qui concerne les véhicules d’entrée de gamme(3).
Source : « Les déterminants des stratégies internationales des constructeurs automobiles
européens : exportation ou investissements directs à l’étranger ? », Pierre BUIGUES, Denis
LACOSTE, Maurice SAIAS, Annales des Mines - Gérer et comprendre, 2015.
(1)
Investissement direct à l'étranger : création d'un lieu de production à l'étranger ou acquisition
d’au moins 10% d'une entreprise située à l'étranger.
(2)
R&D : recherche et développement.
(3)
Entrée de gamme : version la moins chère d’un modèle de véhicule.
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DOCUMENT 3
Répartition des flux d'investissement direct à l'étranger (IDE(1)) par région
(en % des flux mondiaux)
Entrées d’IDE Sorties d’IDE
2000 2005 2010 2015 2000 2005 2010 2015
Economies en
17,1 34,9 45,0 43,4 7,6 13,5 25,7 25,6
développement(2)
Economies en
0,4 3,2 4,6 2,0 0,3 2,2 3,6 2,1
transition(3)
Economies
82,5 61,9 50,4 54,6 92,1 84,3 70,7 72,3
développées(4)
Monde 100 100 100 100 100 100 100 100
Source : D’après CNUCED, 2016.
(1)
Investissement direct à l'étranger : création d'un lieu de production à l'étranger ou acquisition
d’au moins 10 % d'une entreprise située à l'étranger.
(2)
Economies en développement dont : Chine, Inde, Maroc, Mexique…
(3)
Économies en transition dont : Fédération de Russie, Ukraine, Albanie, Géorgie, Serbie…
(4)
Économies développées dont : France, Allemagne, États-Unis, Japon, Australie…
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ENSEIGNEMENT DE SPÉCIALITÉ
Sciences sociales et politiques
Il est demandé au candidat de répondre à la question posée par le sujet :
- en construisant une argumentation ;
- en exploitant le ou les documents du dossier ;
- en faisant appel à ses connaissances personnelles.
II sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.
Le candidat traitera au choix, soit le sujet A, soit le sujet B.
SUJET A
Ce sujet comporte deux documents.
Pourquoi la parité entre femmes et hommes en politique est-elle difficile à
atteindre ?
DOCUMENT 1
Part des femmes parmi les élus des principales assemblées politiques
En % Avant les lois de parité (*) Après les lois de parité
Assemblée Nationale 18,5 % (2007) 26,9 % (2012)
Sénat 22,1 % (2011) 22,3 % (2014)
Conseils régionaux
- Présidence 7,7% (2010) 17,6 % (2015)
- Conseiller(e)s 48 % (2010) 47,8 % (2015)
Conseils départementaux
- Présidence 5 % (2011) 9,9 % (2015)
-Conseiller(e)s 13,8 % (2011) 50 % (2015)
Conseils municipaux
- Maires 13,8 % (2008) 16 % (2014)
-Conseiller(e)s 35 % (2008) 40,3 % (2014)
Source : Ministère de l'Intérieur, 2015.
(*)
lois de parité : lois instaurées afin de favoriser l’égale représentation politique des femmes
et des hommes.
Note : les dates indiquées entre parenthèses correspondent à la dernière élection, avant ou
après les lois de parité.
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DOCUMENT 2
Les moindres marges de manœuvre, les manques ou les silences du texte de la loi
sur la parité ont été exploités par la plupart des partis politiques pour préserver les
positions détenues par des hommes. Les assemblées paritaires (ou presque) sont en
effet aujourd'hui celles où la loi est strictement contraignante […] tandis que les autres
restent des bastions* masculins […]. Ce sont bien les stratégies d'investiture ou de
placement des candidats par les partis politiques qui construisent ce champ politique
[...] où la présence des femmes ne semble être tolérée que dans des assemblées
mineures ou faiblement valorisées […]. Aux élections législatives de 2007, les petits
partis politiques […] ont respecté la parité des candidatures (ne pouvant
vraisemblablement se permettre d'amputer le montant de leur financement public) […].
Les usages de la loi ont traduit […] une fixation de la féminité autour de « qualités »
stéréotypées (sens du concret, écoute, dévouement…). […] Les femmes apparaissent
toujours en « défaut de » (compétence, autorité...) ou en « excès de » (nerfs,
émotivité...). Elles peinent de fait à habiter de manière adéquate des rôles qui ont été
définis et longtemps incarnés par des hommes.
Source : « Au-delà de la parité », Catherine ACHIN, Mouvements, 2012.
*
Bastion : ici domaine réservé.
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ENSEIGNEMENT DE SPÉCIALITÉ
Sciences sociales et politiques
SUJET B
Ce sujet comporte un document.
Vous montrerez qu’il existe une diversité de répertoires d’action politique.
DOCUMENT
Quelques chiffres témoignent, dans les pays démocratiques, de la faiblesse de la
participation : 1 % des citoyens détient une fonction politique, 2 à 4% participent à des
campagnes électorales, environ 10 % prennent contact avec des hommes politiques
pour des problèmes d’intérêt collectif, autant versent des fonds à des organisations ou
assistent à des meetings, 2 à 30 % appartiennent à un parti. Notons que la participation
protestataire ne mobilise en moyenne que 10 % des citoyens (pour manifester), les
autres activités dépassant rarement le chiffre de 2 % (grève sauvage, boycott,
occupation de locaux, etc.).
À côté de ces activités qui relèvent de la sphère publique, celles qui concernent la vie
privée sont plus nombreuses : 20 à 40 % discutent politique, 50 % suivent les
informations politiques dans les médias, 30 à 50 % manifestent un intérêt pour la
politique et de 50 à 70 % pour les élections. Au regard de ces chiffres, seul le vote
engage la participation de plus de la moitié des citoyens tandis qu’un tiers est
apathique ou passif. […]
Ce phénomène n’est cependant pas nouveau. Que l’on songe à la démocratie
athénienne aux Ve et IVe siècles : le peuple athénien a non seulement le droit de voter
mais aussi le devoir. Seule une partie du corps civique assiste pourtant effectivement
aux séances de l’Ecclésia*, prenant les décisions importantes. En pratique, sur les
6.000 votants, une minorité de gens intéressés aux affaires de la Cité participe aux
séances, les autres préférant vaquer à leurs occupations journalières.
Source : Science politique, Dominique CHAGNOLLAUD, 2010.
* Ecclésia : assemblée du peuple citoyen.
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ENSEIGNEMENT DE SPÉCIALITÉ
Économie approfondie
Il est demandé au candidat de répondre à la question posée par le sujet :
- en construisant une argumentation ;
- en exploitant le ou les documents du dossier ;
- en faisant appel à ses connaissances personnelles.
II sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la
présentation.
Le candidat traitera au choix, soit le sujet A, soit le sujet B.
SUJET A
Ce sujet comporte deux documents.
À quelles difficultés est confronté le financement de la protection sociale en
France ? Vous pourrez privilégier le cas du système de santé.
DOCUMENT 1
Le système français d’assurance-maladie est bien connu. Il repose sur une prise en
charge publique partielle complétée éventuellement par le recours à une assurance
privée ou à une mutuelle. [...]
En présence d’aléa moral, il est optimal pour l’assureur de laisser une partie des
dommages à la charge de l’assuré. En effet, c’est la seule façon pour inciter ce dernier
à implémenter(1) les actions qui permettraient de réduire le risque. S’il était assuré à
100 %, il n’aurait aucun intérêt à les mettre en œuvre. Dans le cadre de l’assurance-
maladie, cela signifierait un recours excessif au système de soins [...]. Mais ceci n’est
plus le cas si le contrat d’assurance stipule qu’une partie des dommages reste à la
charge de l’assuré ; dans ce cas il est incité à réduire ses risques. [...] Cependant, si
le patient trouve une autre compagnie d’assurance prête à prendre en charge son
ticket modérateur(2), il aura intérêt à cumuler ce contrat complémentaire avec son
contrat initial. Le cumul des deux contrats réduit évidemment ses incitations à réduire
ses risques.
Source : « Réflexions sur l'organisation du système de santé », Gilles SAINT-PAUL,
Conseil d'analyse économique, 2012.
(1)
Implémenter : ici, mettre en œuvre.
(2)
Ticket modérateur : part restant à la charge de l'assuré.
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DOCUMENT 2
Dépense de santé(1) (en euros) remboursée par habitant selon l’âge, en 2008,
en France
Hôpital
Soins de ville(2)
Source : « Vieillissement, longévité et assurance maladie », Haut conseil pour l’avenir de
l’assurance maladie, 2010.
(1)
Dépense de santé remboursée par l’assurance maladie obligatoire (comprenant les soins
hospitaliers et les soins de ville), avant remboursement par l’assurance maladie
complémentaire.
(2)
Soins effectués en cabinet de ville, dispensaires, centre de soins ou lors de consultations
externes.
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ENSEIGNEMENT DE SPÉCIALITÉ
Économie approfondie
SUJET B
Ce sujet comporte un document.
Comment les barrières à l'entrée permettent-elles aux entreprises d'exercer un
pouvoir de marché ?
DOCUMENT
Des barrières à l’entrée persistent donc sur les marchés bancaires qui empêchent
l’entrée des banques les plus efficientes(1) sur les marchés étrangers et par
conséquent préviennent l’augmentation de la concurrence sur les marchés bancaires
européens. Les coûts de changement de banque [...] peuvent constituer ces barrières
à l’entrée. Il existe en effet pour les consommateurs de services bancaires des coûts
à changer de banque (coûts de transaction de fermeture des comptes, coûts en termes
de confiance à changer d’interlocuteur bancaire). La relation de clientèle banque-
emprunteur est l’une de ces barrières à l’entrée. En effet, [...] une banque qui consent
un prêt à un emprunteur en apprend plus sur les caractéristiques de cet emprunteur
que les autres banques. Elle acquiert donc un avantage comparatif d’information
qu’elle peut exploiter ultérieurement. L’existence de ce pouvoir de marché
informationnel constitue ainsi une entrave à la libre concurrence : elle peut permettre
à des banques en place de prévenir l’entrée de banques plus efficientes et ce, d’autant
plus que les banques en place auront constitué une clientèle importante.
[…] Les banques extraient une rente de monopole(2) sur leurs anciens clients à plus
faible risque de défaillance car elles savent, contrairement à leurs concurrentes, que
ces emprunteurs sont moins risqués que la moyenne. Elles peuvent par conséquent
leur proposer des taux sur les crédits inférieurs à ceux de la concurrence, mais
néanmoins supérieurs à ceux qu’elles devraient leur tarifer compte tenu du plus faible
risque de défaillance de ces clients.
Source : « Le rôle de la relation de clientèle comme barrière à l'entrée sur les marchés
bancaires », Laurent WEILL, Revue économique, 2002.
(1)
Efficientes : ici, synonyme de performantes.
(2)
Rente de monopole : profit lié à une situation de monopole.
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