Cours D'économie
Cours D'économie
Objectifs du cours:
Programme:
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Chapitre 1 : Introduction à l’économie : Objet, Définition et Méthodes
de la science économique
Introduction
La science économique se développe réellement à partie du 18ème siècle, elle est considérée
comme une science jeune. Le terme sciences économiques insiste sur le caractère
scientifique de la théorie. C’est une science dans la mesure où elle emploie des techniques
de calcul et d’analyse empruntées à d’autres sciences (mathématiques, statistiques…) et des
méthodes dont la cohérence interne peut faire l’objet de vérifications logiques. L’économie
étudie la forme avec laquelle les individus et la société effectuent les choix et les décisions
pour que les ressources disponibles, toujours rares, puissent contribuer de la meilleure
forme à satisfaire les besoins individuels et collectifs de la société. La discipline économique
a eu depuis ses débuts plusieurs objets et par conséquent plusieurs définitions.
L’objet de l’économie consistait alors à apporter des réponses aux questions suivantes :
Cette définition est retenue par certains économistes du 18ème et du 19ème siècle. Ainsi
[Link], considéré comme le père fondateur de la discipline économique moderne, intitulait
son livre principal en 1776 « Recherche sur les causes de la richesse des nations ».
Jean B. Say, économiste français du début du 19ème siècle définit l’économie politique en
écrivant dans son « Traité d’économie politique » :
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Ici, richesse est entendue comme richesse matérielle. D’après cette conception, seuls les
biens matériels peuvent conserver la valeur.
Mais on voit immédiatement l’insuffisance d’une telle définition dans la mesure où elle ne
retient pas dans son champ une importance partie de l’activité économique qualifiée par
l’économiste australien Colin Clark de « tertiaire » et qui comprend les activités des banques,
des assurances, de commerce, de tourisme…
Un nouveau critère est alors introduit pour définir la richesse en tant que : « ensemble des
biens et services utiles et rares pouvant faire l’objet d’une appropriation et possédant une
valeur d’échange ».
Par suite est économique tout (et seulement) ce qui peut se traduire par un prix. Cette
conception devient insuffisante car l’activité économique, tout en se développement,
nécessite de plus en plus une intervention de l’état qui devient acteur au sein des économies
en assurant une production non marchande de biens publics tels les services de santé,
d’éducation, d’infrastructures… Ces biens n’ont pas de prix et leur étude a donné naissance à
ce qu’on appelle l’économie publique (seconde moitié du 20ème siècle).
Si un individu veut obtenir un salaire (aspect matériel de son activité) et des loisirs (aspect
immatériel) et sachant que :
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Déjà les classiques (Malthus, Ricardo, Say) étaient conscients de problème de la rareté mais
ce sont essentiellement des auteurs néoclassiques (Walras, Robbins, Hicks, Samuelson) qui
ont essayé de délimiter l’objet de l’Economique à partir du constat de la rareté.
La rareté signifie une situation de non-abondance de ressources telle que pour satisfaire les
besoins en biens et services, il faut dépenser un effort de travail ou consentir des sacrifices.
En conséquence de la rareté, [Link] affirme que toute société, quelque soit son
régime politique, quelque soit son niveau de développement économique, doit apporter une
réponse à trois problèmes économiques fondamentaux :
Dans les réponses à apporter aux trois questions soulevées par [Link], on remarque
que, dans chaque cas, on est amené à faire des choix. Puisque les ressources sont rares, les
choix doivent être efficaces. Choisir est un comportement économique.
« L’économie est la science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre
les fins et les moyens rares à usage alternatif »
Les fins (Ce sont des données et l’économiste n’a pas à juger si elle sont bonnes ou
mauvaises : elles se basent sur l’échelle d’estimation des différents sujets économiques, ce
qui implique que les individus rangent leur préférences selon un certain ordre ) que nous
poursuivons, sont multiples alors que le temps et les moyens pour les réaliser sont non
seulement limités mais peuvent avoir des usages alternatifs ( alternatif : un moyen peut être
utilisé à des fins différentes : par exemple, le bois peut servir à la fabrication de meubles ou
à nous chauffer…).
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Maintenant que l’objet de l’économie politique est précisé dans le cadre de cette approche,
nous pouvons nous pencher sur les méthodes adoptées, ce qui nous permettra de savoir si
l’économie politique peut avoir le statut de science.
Pour que l’économie soit une science, il faut qu’elle soit une interprétation de la réalité,
cherchant à découvrir des lois qu’on vérifie par l’expérimentation.
a) Définition
La méthode, c’est l’ensemble des démarches adoptées par l’économiste pour élaborer des
lois économiques qui permettent de rentre compte du fonctionnement d’une réalité
économico-sociale.
La déduction est une démarche qui consiste à déduire des conclusions à partir de prémisses
(argument de départ d’un raisonnement). C’est un raisonnement logique permettant
d’aboutir à des conclusions à partir d’une ou de plusieurs hypothèses. L’induction consiste à
partir de cas particuliers pour parvenir à des conclusions générales.
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- L’élaboration d’une ou de plusieurs hypothèses (déduites du réel qu’on cherche à
interpréter).
- L’élaboration de lois à la suite d’un raisonnement causal, où sont recherchées les
relations entre les phénomènes : la loi ainsi élaborée, articulée à d’autres lois et
concepts, donne naissance à une théorie qui doit être vérifiée pour avoir le caractère
scientifique.
- La vérification de la théorie est indispensable car il faut confronter les enseignements
de la théorie aux faits, c'est-à-dire la réalité : si la théorie explique cette réalité, elle
est acceptée provisoirement sinon elle est rejetée (utilisation de l’outil statistique, de
l’économétrie…).
Les implications sont inévitables dans la mesure, où à partir de postulats, les conséquences
qui s’en suivent ont le caractère de nécessité.
Les lois économiques, ayant le caractère inévitable, ont une valeur prédictive comme le sont
les lois scientifiques.
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Le schéma suivant résume cette démarche :
Processus de déduction
Hypothèses
Les implications sont inévitables dans la mesure, où à partir de postulats, les conséquences
qui s’en suivent ont le caractère de nécessité.
Les lois économiques, ayant le caractère inévitable, ont une valeur prédictive comme le sont
les lois scientifiques.
La science économique s’est dotée d’une analyse et d’un cadre théorique ainsi que d’une
recherche et démarche empirique. La théorie emploie un raisonnement abstrait à même de
tirer des conclusions à partir d’hypothèse initiale, la recherche empirique quant à elle est de
la nature inductive. Ces deux démarches sont concurrentielles dans le sens où la théorie
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constitue un fil conducteur à l’étude empirique alors que cette dernière permet de vérifier la
véracité des postulats.
Chaque théorie s’articule autour de trois composantes, les données, les variables et les
hypothèses et ses conclusions sont toujours ou conditionnelles.
L’analyse économique fait appel aux lois de la logique d’où l’usage fréquent de
raisonnements mathématiques. Les mathématiques fournissent à l’économiste une panoplie
d’outils souvent utiles et plus expressifs qui permettent de traduire des opérations dans un
langage universel. C’est ainsi que les fonctions mathématiques sont toujours sous jacent à la
plupart des fonctions et théories économiques.
Soit une situation dans un pays caractérisée par un grand effort en matière d’exportation
(les journaux en parlent et les discours officiels font de l’exportation l’élément moteur de la
croissance) ; c’est la réalité et l’économiste essaie de la comprendre.
Ainsi il retrace une évolution globale des exportations, X, et l’évolution du produit global, Y ;
ensuite, il fera le rapport des exportations et du produit global, X/Y. C’est une image
simplifiée du lien possible entre deux grandeurs.
Pour comprendre la nature de ce lien, l’économiste avance une hypothèse qui consiste à
admettre que l’activité productive dans le secteur exportateur est plus efficace que le
secteur non exportateur.
La première est plus élevée que la seconde (étude de données statistiques sur le produit et
l’emploi).
Nous en déduisons que la productivité du secteur exportateur a, de par les liens entre les
différents secteurs au sein d’une économie, une influence positive sur la productivité du
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secteur non exportateur. De telle sorte, et c’est une déduction, que la productivité de
l’ensemble de l’économie II, est influencée de façon favorable par l’exportation. De là, plus
un pays est ouvert (degré d’ouverture indiqué ici par X⁄Y), plus sa productivité est élevée.
D’où la loi suivante : « La productivité croît à mesure que les marchés s’élargissent ».
Nous vérifions si cette théorie est vraie ou non. On peut pour cela construire un modèle
économétrique qui lie l’évolution du produit global sur une longue période à celle des
éléments qui contribuent à sa formation. Ces éléments sont d’une part les facteurs de
production capital, K et travail, L, et d’autre part les exportations d’où
Y = F (K, L, X)
Le test statistique de cette relation nous permet de saisir les contributions respectives de
chaque élément. S’il montre que la contribution des exportations est relativement plus
importante que celle des autres facteurs, alors la théorie est acceptable car celle nous
permet de savoir comment la croissance du pays s’est faite.
La tentative de Robbins et des tenants de l’approche par les lois naturelles consiste à donner
un objet à l’économie, à proposer une méthode et à conclure que l’économie politique est
une science obéissant à des lois naturelles et universelles, lois de fonctionnement des
sociétés qui s’imposent à tout et que les hommes ne peuvent changer (elles ne se limitent ni
à des conditions de temps ni à des conditions de lieu).
II-1 : La macro-économie
Le préfixe « macro » signifie grand et la macro-économie signifie l’économie des grandes masses.
Le macro-économiste s’intéresse à des problèmes globaux tels que la production totale, l’emploi
et le chômage totaux, le niveau général des prix et son taux de variation, le taux de croissance
économique…
La macro-économie mesure l’activité économique globale et procède par une analyse à deux
niveaux :
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Elle poursuit les objectifs suivants :
II-2 La micro-économie
Le préfixe « micro » signifie petit, et la micro-économie est l’analyse économique qui se situe
au niveau des petites unités. Elle a pour fondement le comportement d’optimisation
d’unités individuelles, telles que les ménages et les firmes. Elle traite dans le détail les
décisions individuelles portant sur des biens et des services particuliers et essaie de
reproduire le raisonnement de l’individu dans la société (supposé rationnel).
La micro-économie montre alors que le comportement rationnel des individus bien informés
fait apparaitre pour l’ensemble de l’économie un état d’équilibre optimal de l’offre et de la
demande.
Ce comportement résulte à la fois de la diversité des fins, des besoins, de la rareté des
ressources, de l’usage alternatif et ses dernières.
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Le consommateur et le producteur adapte un comportement de maximisation sous
contrainte. Le premier maximise la satisfaction sous contrainte de revenus alors que le
deuxième maximise sa production (minimise ces coûts) sous contrainte de coût (sous
contrainte d’un niveau désiré).
L’agent économique, qu’il soit producteur ou consommateur est supposé être toujours
représentatif, il adopte sous l’hypothèse de la rationalité le même comportement
d’optimisation.
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Chapitre 2 : Introduction à la micro-économie : Les mécanismes du
marché
D’abord, on suppose que les agents économiques sont rationnels. En effet, les agents
économiques sont confrontés à plusieurs choix possibles de biens et de quantités d’un même
bien. Certains ne sont pas réalisables, car leurs ressources ne leur permettent pas de les
atteindre. D’autres sont par contre réalisables, mais ne leur permettent pas de réaliser
nécessairement leur objectifs. Dans la mesure où ils sont rationnels, ils effectueront les
meilleurs choix qui leur permettent d’optimiser (maximiser) la satisfaction de leur besoins, dans
les limites des ressources disponibles.
Etant donné son revenu, et les prix des différents biens, il doit choisir de façon optimale
comment dépenser son revenu ou allouer ses ressources rares entre les différents biens à
consommer afin de tirer le maximum de satisfaction ou d’utilité. Il aura atteint alors ses
objectifs.
L’étudiant est aussi un agent économique rationnel. En effet, dans la mesure où il ne travaille
pas généralement en Tunisie, il perçoit tous les mois un argent de poche et⁄ ou une bourse, qui
représentent sa contrainte de ressources. Il fait également face à plusieurs choix possibles de
biens : voiture, moto, livres, cahiers, stylos, CD, CD-Rom, cassettes, cigarettes, vêtements, etc.
Etant donné les ressources dont il dispose tous les mois, et les prix des différents biens qu’on
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vient de nommer, il doit allouer son budget de manière a choisir les quantités de chaque bien
qui maximisent sa satisfaction. De par ce comportement rationnel, il aura atteint son objectif.
Noter que certains biens, tels que voiture et moto, ne sont pas réalisables pour certains
étudiants, bien qu’ils soient désirés. Ils ne les achètent pas, car ils ne sont pas accessibles par le
revenu dont ils disposent.
Le principe de rationalité suppose donc que chaque agent économique ait des objectifs bien
déterminés (maximiser l’utilité ou le profit) que la démarche micro-économique prend comme
point de départ. Elle ne s’interroge pas sur ce qui a déterminé ces objectifs, mais elle analyse
comment les individus ou les organisations agissent pour les atteindre de façon optimale. Par
exemple, on ne se demande pas pourquoi tel individu a une préférence pour les boissons
alcoolisées et on ne porte pas de jugement sur ses préférences, mais on fait ce constat et on
analyse comment il alloue ses ressources entre les boissons alcoolisées et d’autres biens
disponibles.
La deuxième hypothèse fondamentale concerne les modalités avec lesquelles les agents
économiques s’efforcent d’atteindre leurs objectifs. Dans le fonctionnement des sociétés, les
agents économiques peuvent atteindre leurs objectifs de plusieurs manières. Par exemple, ils
peuvent atteindre leurs objectifs par la contrainte, la persuasion, ou même de façon illégale. A
l’inverse l’analyse micro-économique s’intéresse à la manière dont (ou comment) les individus
réalisent leurs objectifs à travers l’échange marchand. Le concept de marché est donc au cœur
de l’analyse micro-économique.
Le marché est défini ici comme le mécanisme qui organise la confrontation des offres et des
demandes pour un certain type de bien ou de service et qui conduit à la détermination d’un prix.
L’objectif des offreurs est d’avoir le prix le plus élevé, tandis que les demandeurs cherchent à
avoir le prix le moins élevé. Ces deux objectifs sont contradictoires et la transaction n’aura lieu
que si les offreurs et les demandeurs se mettent d’accord sur un prix. A ce prix, l’échange est
volontaire et mutuellement avantageux. C’est ce caractère d’avantage réciproque qui fonde
l’échange marchant par opposition avec d’autres types de relations comme le vol ou le don.
Toute analyse micro-économique repose ainsi sur deux types d’axiomes. Les axiomes qui
définissent les objectifs prêtés aux agents et les axiomes qui décrivent l’organisation des
marchés et le cadre institutionnel dans lequel se développent les échanges. Cette méthode
s’oppose à la démarche macro-économique. En effet, la macro-économie explique comment se
déterminent des quantités agrégées à l’échelle nationale telles que la production, la
consommation, l’investissement et des indices globaux tels que le taux de chômage, le taux
d’inflation. En macro-économie la diversité des comportements et des objectifs est
systématiquement gommée par l’usage du concept d’agent représentatif.
La micro-économie, par ailleurs est à la fois une science positive (ou explicative) et normative.
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Comme science positive, la micro-économie rend compte des comportements des agents et de
l’interaction de ces comportements. Le point de départ de l’analyse micro-économique, c’est
l’explication du comportement des agents économiques : comment les agents économiques
déterminent-ils leurs actions en fonction des signaux que leur envoie le marché ? Ces signaux
sont donnés généralement par le prix.
Les choix d’un consommateur dépendent ainsi des prix multiples des différents biens dont il
peut à priori envisager l’acquisition, des ressources financières présente et future.
De même, les décisions d’embauche ou d’investissements d’une entreprise dépendent des prix
d’achat et de vente auxquels elle peut acheter des matières premières ou de vendre ses
produits et du caractère plus ou moins limité de ses débouchés. Elles dépendent aussi du taux
de salaire horaire qui détermine le coût salarial ou des conditions auxquelles elle peut obtenir
un crédit pour fiancer l’achat d’un nouvel équipement.
Comme science normative, la micro-économie étudie les modalités les plus favorables pour
organiser la production, la distribution et la consommation des biens et services. Cet aspect
normatif de l’analyse micro-économique s’applique en premier lieu au fonctionnement et à
l’organisation des marchés, du double point de vue de l’efficacité dans l’allocation des
ressources et de l’équité dans la distribution des richesses. Une économie de marché utilise-t-
elle efficacement les ressources productives disponibles ou induit-elle au contraire des
inefficacités et des gaspillages ? Dans ce cas faut-il réglementer le fonctionnement du marché ?
Comment les préoccupations d’équité doivent-elles interférer avec le souci de l’efficacité dans
l’organisation des échanges ? Les concepts de l’analyse micro-économique sont
vraisemblablement les plus appropriées pour répondre à ces questions.
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de construire un pont ou un hôpital, les décisions prises ne sont pas toujours évaluables en
termes de rentabilité. Il faut cependant définir des critères permettant de juger de leur
opportunité.
Le marché d’un bien ou d’un service réalise la confrontation de l’offre et de la demande d’un
bien ou service et conduit à la détermination d’un prix d’équilibre auquel aura lieu la transaction.
Notre objectif consiste à déterminer et à étudier les propriétés de l’équilibre du marché. Nous
commencerons donc par étudier les caractéristiques de la demande, ensuite celles de l’offre
pour enfin mettre en évidence les mécanismes qui aboutissent à l’équilibre du marché.
L’équilibre du marché sera ensuite soumis à des chocs exogènes, dont on analysera les
conséquences.
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Chapitre 3 : La demande, l’offre et le prix
Le prix du bien en question: Plus le prix d’un bien est élevé, plus la quantité
maximale que le consommateur désire acheter de ce bien est faible, toutes choses étant
égales par ailleurs. La demande individuelle du consommateur peut être ainsi exprimée par
une relation fonctionnelle qui indique la quantité maximale du bien que le consommateur
désire acheter à un instant donné pour différentes valeurs positives du prix.
D’autres facteurs, autres que le prix d’un bien expliquent toutefois la demande individuelle
du consommateur pour ce même bien. L’analyse micro-économique retient les principaux
déterminants suivants :
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Le revenu : Le revenu du consommateur a un effet sur les quantités demandées d’un
bien. En général, si le revenu augmente, alors les quantités demandées augmentent, toutes
choses étant égales par ailleurs, ou si le revenu diminue, les quantités demandées diminuent,
toutes choses étant égale par ailleurs. Néanmoins, nous allons voir plus tard qu’il y a des
exceptions, c'est-à-dire des cas où lorsque le revenu augmente, la demande diminue.
Les prix des autres biens : Les prix de beaucoup d’autres biens exercent un effet sur
la demande d’un bien donné. De façon sommaire, la théorie économique opère la
classification suivante :
a. Les biens dont les prix n’affectent pas les quantités demandées d’un bien donné
s’appellent des biens indépendants. C’est comme le lait, et les postes de télévisions.
Si le prix du lait change, la demande de télévision reste inchangée.
b. Les biens qui permettent de satisfaire à peu près les mêmes besoins que le bien en
question s’appellent des biens substituts. C’est comme le lait de vache liquide, et le
lait en poudre pour bébés. Si le prix du lait en poudre augmente, les mamans vont
substituer le lait de vache au lait en poudre ; les deux biens sont substituts. La
quantité de lait en poudre va par conséquent diminuer au profit du lait de vache qui
augmente. Le même raisonnement tient pour le thé et le café.
c. Les biens complémentaires, qui sont censés être utilisés conjointement avec le bien
en question pour satisfaire le même besoin. Exemple, le sucre, le café et le lait sont
complémentaires pour les personnes qui ne désirent boire que du café au lait sucré.
Ces trois biens ne sont pas complémentaires par exemple pour les personnes qui ont
une préférence pour le lait pur sans sucre et sans café. Un autre exemple de biens
complémentaires, c’est l’essence et les voitures. On ne peut pas faire rouler une
voiture sans essence. Si le prix d’un des biens complémentaires augmente, sa
demande diminue et celles de tous les biens complémentaires également. Ainsi
l’augmentation du prix d’essence, diminue la consommation de l’essence et
l’utilisation de voiture.
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moment contentons nous de considérer que le gout du consommateur est une variable
qualitative qui exerce un effet sur la demande d’un bien.
Supposons en plus que la fonction f est linéaire et qu’elle s’écrit de la manière suivante :
Où a, b, c, d et e sont des scalaires positifs. Elle indique que lorsque pi augmente, la demande
de l’individu z notée xdiz diminue, toutes choses étant égale par ailleurs, c’est-à-dire ps, pc , Rz
restent inchangés.
Devant les difficultés liées à la manipulation des fonctions à plusieurs variables et afin
d’isoler l’effet du changement de prix d’un bien sur sa demande, il faut fixer ou considérer
comme exogène les autres variables influençant le demande c’est-à-dire le prix des biens
substituts et compléments ainsi que le revenu, c’est l’hypothèse toutes choses étant égale
par ailleurs. Ainsi, la fonction de demande individuelle du bien i par le consommateur z
devient fonction du prix de ce bien, étant donné le prix des autres biens et le revenu.
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maximale demandée d’un bien et différentes valeurs possibles de son propre prix. Plus le
prix augment, plus la quantité maximale demandée diminue, toutes choses étant égales par
ailleurs.
Prenons pour les besoins de l’illustration l’exemple d’une fonction de demande linéaire qui a
la forme suivante :
xdiz = a - bpi
xdiz = 0 si pi ≥ a ⁄ b
- Si le prix est nul, la quantité maximale que le consommateur souhaite acheter est xdiz =a
Avant de tracer la courbe de demande, il faut déterminer s’il a lieu le prix de réserve et la
quantité de saturation.
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Représentation graphique de la fonction de demande linéaire
Tout point de la courbe indique une combinaison particulière prix – quantité maximale
désirée. Si le prix du bien change, il y a un déplacement le long de la courbe de demande
individuelle et la quantité maximale demandée change aussi en sens inverse.
1.2.1 Définition
Chaque individu se présente sur le marché avec une fonction de demande individuelle, qui
exprime ses désirs. Toutes les demandes individuelles s’additionnent pour constituer la
demande du marché. Une distinction doit ainsi être faite entre les demandes individuelles et
la demande du marché. Une distinction doit ainsi être faite entre les demandes individuelles
et la demande du marché.
La demande du marché d’un bien est la somme des demandes individuelles de ce même
bien. Supposons qu’il y a N individus, la demande du marché du bien i notée XDi est égale à :
�
XDi= �=1
��i z
Cette définition met clairement en évidence le point de vue selon lequel le comportement
collectif ne peut être obtenu qu’à partir du comportement individuel.
La détermination analytique de la demande du marché distingue deux cas selon que les
consommateurs sont identiques ou non.
1er cas : Lorsque les consommateurs sont identiques, c'est-à-dire ils ont les mêmes
fonctions individuelles ou encore prix de réserve, alors la demande du marché pour le bien i
est égale au nombre de consommateurs N du bien i multiplié par la demande individuelle
représentative.
XDi= N x xdi z
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Où xdi = xdiz . Ce cas trivial est tel que, du point de vue de la représentation graphique, la
courbe de demande du marché coupe la courbe de demande individuelle au point passant
par le prix de réserve , et l’axe des abscisses au point où le prix est nul. Le cas des demandes
individuelles identiques est un cas hypothétique parce que la réalité soutient que les
comportements des individus sont hétérogènes. Toutefois, lorsque l’information exogène
permet de diviser les N consommateurs en sous-groupes homogènes, l’hypothèse de
demandes individuelles identiques à l’intérieur de chaque sous-groupe peut être soutenue
d’où le deuxième cas.
2ème cas : les demandes individuelles sont différentes : Ce cas correspond à des individus
parfaitement distingués du point de vue du prix de réserve et ⁄ ou de la quantité de
saturation. Le degré désirabilité d’un produit est différent d’un individu à un autre. Les uns
peuvent vouloir payer un prix élevé pour ne pas se passer du bien, tandis que d’autre ne
sont pas prêts à payer un prix élevé.
Considérons une société fictive composée de deux individus, leur demande est
respectivement égale à :
xd1 = 12 -2pi
xd2= 8-pi
L’individu 1 n’est pas prêt à acheter le bien i, si son prix est supérieur à 6. Tandis que
l’individu 2 n’est pas prêt à acheter le bien i, si son prix est supérieur à 8. Par suit lorsque le
prix est supérieur à 8, la demande des deux individus est nulle et la demande du marché est
également nulle. Mais, lorsque le prix est compris entre 6 et 8, la demande de l’individu 1 est
nulle et celle de l’individu 2 est positive, alors la demande du marché est confondue avec
celle de l’individu 2. Enfin, lorsque le prix est inférieur à 6, les deux individus expriment une
demande positive pour le bien i, et la demande du marché est la somme des deux demandes
individuelles. La demande du marché s’écrit comme suit :
Xdi = 0 si pi≥8
Xdi= 8-pi si 6 ≤ pi≤8
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Lorsque les individus n’ont pas la même demande individuelle ou le même prix de réserve, la
demande du marché présente un (ou des coudes). Dans le cas général, lorsqu’on a une
société dont le nombre d’individus est assez élevé, la demande du marché obtenue par
agrégation de demandes individuelles linéaires apparait comme une fonction linéaire par
morceaux ; chaque morceau correspond à l’accessibilité d’un individu donné à la
consommation du bien.
Apres avoir survolé les caractéristiques de la demande, nous allons voir qu’en est-il pour
l’offre.
La quantité offerte d’un bien exprime la réaction du producteur à un signal sur les prix. Le
producteur est capable d’indiquer la quantité maximale qu’il désire offrir, au cours d’une
période donnée, aussitôt qu’il reçoit une information sur le prix du bien qu’il veut produire.
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Tout comme la quantité demandée, il s’agit bien de la quantité qu’il souhaite produire et pas
nécessairement qu’il va effectivement produire. On retrouve donc la distinction entre l’offre
notionnelle qui reste au niveau des intentions et l’offre effective qui est une concrétisation
de ces intentions.
L’offre individuelle d’un bien correspond à une relation fonctionnelle qui indique la quantité
maximale que le producteur est disposé à offrir, pendant une période de temps, pour
différentes valeurs possibles du prix du bien. Plus la valeur du prix est élevée, plus la
quantité offerte est élevée, toutes choses étant égales par ailleurs.
La quantité maximale offerte par le producteur dépend également d’autre facteurs, autres
que le prix d’offre. En effet, l’offre du bien dépend :
Prix des autres biens : Les prix des autres biens ont un effet sur l’offre du bien en question
parce qu’ils obligent le producteur à reconsidérer la profitabilité de son activité. En effet, si
le prix d’un autre bien augmente, le producteur pourrait être tenté de transférer ses
ressources productives pour produire le bien dont le prix a augmenté, dans la mesure où il
considère que sa production est plus profitable. Cela donne à une baisse de la quantité
produite du bien dont le prix relatif a diminué. L’effet croisé est tel que, si le prix d’un autre
bien augmente, alors la quantité offerte du bien en question diminue et inversement. Il est
important de souligner que l’effet croisé implique une mobilité des ressources productives
entre les différentes activités sans cout additionnel. Or la réalité est telle que les machines
sont spécifiques à une activité de production donnée. Des machines dans le textile ne
peuvent pas servir dans l’industrie chimique. Toutefois, une manière de transférer les
ressources serait de vendre la firme en bourse par transfert d’action, mais encore faut-il que
la bourse soit développée. Par ailleurs, la mobilité des ressources est envisageable mais elle
implique un coût de transfert. C’est le cas de la transformation d’un salon de coiffure en un
magasin de prêt à porter moyennant des dépenses d’aménagement. La reconsidérait des
conditions de profitabilité doivent tenir compte des coûts de transfert. L’effet croisé ne sera
pertinent que lorsque la variation du prix de l’autre bien sera suffisante pour éponger le coût
additionnel dû au transfert des ressources.
Les prix des facteurs de production : Les prix des facteurs de production ont un effet sur
l’offre du bien par l’intermédiaire des coûts de production. Si ces derniers sont élevés, le
profit va être plus faible.
D’une façon générale, le prix d’un bien est perçu par le producteur comme un coût unitaire
de production plus une marge. Si le coût unitaire augmente, la marge bénéficiaire va baisser.
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Ainsi, si le prix d’un facteur de production augmente, alors la quantité offerte du bien
diminue et inversement.
L’effet de la variation du prix d’un facteur de production est d’autant plus important que le
producteur utilise intensivement ce facteur de production. Par exemple, une augmentation
du prix du carburant est plus ressentie par une entreprise de transport que par un cabinet
d’architecture.
Le prix propre d’un bien pj, les prix des autres biens pi (j ≠i), la technologie notée T, les prix
de facteurs pf représentent ainsi les principaux déterminants directs et indirects de l’offre
individuelle de la firme f du bien i notée xsif. Cette dernière est une fonction à plusieurs
variables.
Elle est croissante avec le prix propre du bien, car le producteur cherche toujours à avoir le
prix le plus élevé et décroissante avec le prix d’offre des autre biens j ainsi que les prix des
facteurs.
Afin d’étudier l’offre d’un bien i, on tient généralement compte du prix de ce même bien
seulement, on supposant inchangées les autres déterminants de l’offre. C’est l’hypothèse
toutes choses étant égales par ailleurs. Ainsi, l’offre d’un bien i est croissant avec le prix de
ce bien, toutes choses étant égales par ailleurs.
Retenons à des fins d’illustration, une fonction d’offre linéaire qui a la forme suivante :
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Où h et k sont deux réels positifs. On remarquera que :
- L’offre est non-nulle si le prix pi > h/k . Elle est nulle si le prix pi≤h/k. Si le prix de vente est
inférieur à un certain niveau, l’activité de production n’est pas intéressante.
-Il n’y a pas de limite supérieure à la production. Tant que le prix augmente, le producteur
est disposé à accroître les quantités qu’il offre.
1er cas : Si les firmes sont identiques, c'est-à-dire lorsqu’elles ont des offres individuelles
identiques ou encore lorsque le prix au-dessous duquel elles n’offrent pas le bien est le
même, l’offre du marché est égale l’offre d’une firme individuelle multipliée par l’effectif des
firmes offrant le bien i, soit :
XSi= M x xsi f
Contrairement à la demande, supposer que les offreurs sont tous identiques est plus
plausible dans la mesure où ils ont accès à la même technologie, ce qui laisse peu de place à
l’hétérogénéité.
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2ème cas : Supposons qu’il y a deux firmes hétérogènes et que vous avez les deux courbes
d’offres individuelles suivantes :
Dans le cas général, l’agrégation d’offres individuelles linéaires donne lieu à une offre du
marché linéaire par morceaux ; chaque morceau correspond à l’accessibilité d’un producteur
à l’offre du bien.
Notons au passage que les déterminants de l’offre globale sont les mêmes que les
déterminants de l’offre individuelles. Cependant, il faut tenir compte de l’effet de l’effectif
des producteurs du bien, de leur taille et du degré de diffusion de la technologie.
26
3.1. Définition de marché d’un bien
Si l’on doit définir le marché d’un bien, celui-ci consiste en un réseau de transmission
d’informations relatives à l’échange de ce bien. C’est une institution qui réalise la
confrontation entre l’offre et la demande. Il peut s’agir d’un souk, c'est-à-dire un endroit
géographique de rencontre entre les offreurs et les demandeurs du bien en question,
comme il peut s’agir d’une organisation complexe mais fiable au regard des conditions de
l’échange du produit. Dans ce cas les offreurs et les demandeurs ne sont pas nécessairement
en contact physique entre eux.
Les sens courant du terme marché évoque un endroit donné et un jour particulier de la
semaine où les offreurs d’un bien donné s’amènent avec leurs quantités respectives et les
demandeurs viennent munis de leurs ressources financières. Les quantités s’échangent à la
criée, au plus offrant.
27
3.2. Equilibre du marché
3.2.1. Définition : L’équilibre du marché est une combinaison prix-quantité
globale (pE , XE ) qui se déterminent conjointement lorsque la demande
globale est égale à l’offre globale.
Le prix d’équilibre permet d’affecter les ressources (ou quantités) disponibles. Ceux qui
ont un prix de réserve inférieur au prix d’équilibre ne vont pas acheter le bien, et ceux
qui ont un prix de réserve supérieur au prix d’équilibre vont réaliser un gain, car ils
étaient prêts à payer pour la même quantité d’équilibre un prix plus élevé. Les
producteurs qui ne sont pas prêt à vendre au prix d’équilibre s’abstiendront d’offrir le
bien. L’échange volontaire est le principe dominant de l’organisation du marché.
28
prix qu’il est disposé à payer (le prix de réserve, p1 pour acquérir q1, p2 pour acquérir q2…..),
sa dépense totale sera égale à p1q1+p2q2+p3q3+…..pnqn, qui est égale à l’aire (0q*Epm).
pm
2
3
E
q*
Q
1 2 3 4 q* 5
La différence entre ces deux aires s’appelle Surplus du consommateur (p*Epm). Autrement
dit, le surplus du consommateur est égal à l’aire comprise entre la courbe de la demande et
b. Le surplus du producteur
Pour offrir q*, le producteur exige le prix p*. s’il vend chaque unité le même prix, sa recette
sera égale à p*q* qui correspond à l’aire (0q*Ep*). Si le producteur vend chaque unité à part,
c’est à dire au prix correspondant , sa recette totale sera égale à p1q1+p2q2+p3q3+…..pnqn,
correspondant à l’aire (0q*EF). La différence (FEp*) est le surplus du producteur.
SP
P *
F q*
2
29
P
pm E
2
1
F
Q
1 2 q*
La fonction d’offre du bien i a pour fonction XSi = constante. La constante peut être égale à 1,
ou 2, ou 3,…, ou N.
Le cas opposé est celui où la courbe d’offre est complètement horizontale. Si un secteur
d’activité a une courbe d’offre parfaitement horizontale ou parfaitement élastique, il offre
n’importe quelle quantité désirée d’un bien à un prix constant. Dans ce cas le prix d’équilibre
30
est déterminé par les conditions d’offre tandis que la quantité d’équilibre est déterminée
par la courbe de demande. La courbe d’offre a pour équation pi = constante.
La courbe de demande peut être également une droite verticale ou inélastique, cela veut
dire que quelque soit le prix d’équilibre la demande reste inchangée. C’est le cas des
cigarettes pour les fumeurs et l’essence pour les conducteurs de voiture. Dans ce cas la
quantité d’équilibre est déterminée par les conditions de demande et le prix d’équilibre est
déterminé par les conditions d’offre.
Enfin, le dernier cas est celui d’une courbe de demande horizontale ou parfaitement
élastique. A un prix donné, les consommateurs sont prêts à demander n’importe quelle
quantité. Le prix d’équilibre est alors déterminé par les conditions de demande, tandis que la
quantité d’équilibre est déterminée par les conditions de l’offre. Un bien dont la demande
est une courbe horizontale est un bien qui a beaucoup de substituts.
31
3.3 Modification de l’équilibre du marché (statique comparative)
L’équilibre du marché est déterminé dans le plan qui relie les quantités totales maximales
demandées et offertes d’un bien i au prix de ce même bien i. l’équilibre change s’il y a un
déplacement de la courbe de demande du marché, ou s’il y a un déplacement de la courbe
d’offre du marché, ou s’il y a un déplacement simultanée des courbes d’offre et de demande
du marché. Les déplacements des courbes de demande et ⁄ ou d’offre sont expliqués soit par
des changements des déterminants de la demande et ⁄ ou de l’offre autres que le prix
propre du bien, soit par l’introduction des taxes dans l’économie.
De même, la courbe d’offre du marché est tracée dans le plan reliant la quantité et le prix
propre de ce bien. Lorsque le prix de ce bien augmente ; il y a un accroissement de la
quantité maximale offerte, toutes choses étant égales par ailleurs, et lorsque le prix diminue,
32
il y a une diminution de la quantité maximale offerte de ce bien, toutes choses étant égales
par ailleurs. A chaque fois que le prix d’un bien change, il y a un changement de la quantité
offerte dans le même sens, toutes choses étant égales par ailleurs, et un déplacement le
long de la courbe d’offre du marché.
Un déplacement parallèle à droite de la courbe de demande dans le plan (Xi , pi) indique une
augmentation du revenu, du prix du bien substitut et ⁄ ou une diminution du prix du bien
complément. Ce déplacement fait état à la capacité d’acquérir une quantité plus élevée du
bien tout en payant le même prix qu’avant le déplacement ou bien la disposition à payer un
prix plus élevé pour acheter la même quantité initialement. Les déplacements à droite
donnent lieu à un prix de réserve et à une quantité de saturation plus élevés.
Des déplacements parallèles à gauche sont également envisageables et les sens de variation
sont inversés.
Il est très important de noter que dans ce nouvel équilibre, obtenu suite à un déplacement à
droite de la courbe de demande dû à un croissement du revenu ou du prix du bien substitut
ou à une diminution du prix du bien complément, il y a à la fois un accroissement de la
quantité demandée et du prix. On est tenté de dire que la loi de la demande n’est pas
vérifiée, puisque suite à l’augmentation du prix il y a eu un accroissement de la demande
plutôt qu’une baisse de la demande. Ceci est faux, rappelons que la loi de la demande
stipule que la demande diminue, lorsque le prix augmente toutes choses étant égales par
33
ailleurs. Or, ici le revenu a changé donc on n’a pas respecté la condition toutes chose étant
égales par ailleurs.
Un déplacement parallèle à droite de la courbe d’offre s’obtient suite à une diminution des
prix des facteurs et ⁄ ou une diminution du prix des autres biens et ⁄ ou l’entrée de nouvelles
firmes et ⁄ ou changement favorable de la technologie. Inversement, pour un déplacement
parallèle à gauche de la courbe d’offre.
En matière de taxation, le point fondamental est que dès qu’une taxe est présente sur un
marché, on doit prendre en considération deus prix : le prix que le demandeur paie (pd) et le
prix que l’offreur reçoit (ps) ou encore le prix toutes taxes comprises (pttc) et le prix hors-
taxes (pht). La différence entre ces deux prix-le prix de demande et le prix de l’offre-est
égale au montant de la taxe.
On peut prélever différents types de taxes selon l’assiette et selon le barème de taxation. Du
côté de l’assiette on distingue la consommation et la production d’une part et le revenu
(salaire, dividende, rentes) d’autre part. Ce qui nous intéresse, c’est la taxe assise sur la
consommation (demande) et la production (offre) d’un bien donné. Du côté du barème de
taxation, on distingue :
34
[Link] taxe d’accise ou spécifique ou unitaire : c’est une taxe d’un montant donné imposée sur
chaque unité vendue indépendamment de son prix. Par exemple le timbre fiscal de 45 DT
que tout résident tunisien doit payer pour sortir du pays. Le montant de la taxe affecte tout
voyageur indépendamment du prix du billet d’avion ou de bateau. La taxe spécifique frappe
le tabac, l’alcool,…
Si on note t la taxe unitaire, le prix toutes taxes comprises pttc=pht+t ou encore pd=ps+t.
[Link] taxe ad valorem ou taxe proportionnelle à la valeur, est une taxe qui affecte le prix de
vente ou d’achat d’un bien. Exemple, la TVA taxe à la valeur ajoutée. Si t est une taxe ad-
valorem, le prix toutes taxes comprises pttc=pht(1+t) ou encore pd=ps(1+t).
[Link] taxe forfaitaire est une taxe d’un montant donné indépendante du prix et de la
quantité. Par exemple, la patente pour les activités commerciales et artisanales.
[Link] taxe sur les bénéfices est une taxe sur les profits que réalisent la firme, elle frappe le
résultat net de chaque exercice.
Les deux premiers types de taxes ont un effet direct sur le prix et quantité, alors que les
derniers sont déconnectes des combinaisons prix-quantité. On se limitera alors aux deux
premier types de taxes, en notant au passage que les subventions de même type (c'est-à-
dire spécifique ou ad-valorem) sont des taxes négatives. Si on note s la subvention, elle est
égale à s=-t.
Considérons l’impact sur un marché quand on prélève une taxe à l’unité. Supposons tout
d’abord que l’offreur soit obligé de collecter la taxe pour le compte de l’Etat, comme dans le
cas de la TVA. La quantité offerte dépend dès lors du montant que l’offreur reçoit
effectivement après avoir payé la taxe à l’Etat, c'est-à-dire du prix de l’offre, tandis que la
quantité demandée dépend du prix de la demande, c'est-à-dire du montant que le
demandeur paie. Le montant que l’offreur reçoit est égal au montant que le demandeur paie
moins la taxe. Notons, XD et XS respectivement la demande et l’offre du marché. La
demande du marché s’exprime en fonction du prix de la demande et l’offre du marché
s’exprime en fonction du prix de l’offre et le lien entre le prix de la demande et le prix de
l’offre se fait en fonction de la taxe.
XD(pd) = XS(ps)
pd – t = ps
En substituant la deuxième équation dans la première, nous obtenons la condition
d’équilibre :
35
Alternativement, nous pouvons transformer la deuxième équation pour obtenir pd = ps + t
et après substitution on obtient :
XD(ps + t) = XS(ps)
Ces deux méthodes sont correctes ; vous pouvez utiliser l’une ou l’autre selon le cas
particulier que vous considérez pour déterminer la quantité d’équilibre et le prix pd et ps.
Toutefois, l’introduction d’une taxe induit un déplacement de la courbe de demande ou de
l’offre selon qui va collecter la taxe pour le compte de l’Etat. Considérons de cas de la TVA,
celle-ci est collectée par les vendeurs. Lorsque vous achetez les différents biens, vous payez
un prix T.T.C. Donc la transaction a lieu au prix T.T.C, et le prix de la demande pd est
équivalent au prix T.T.C. On a déjà dit que la transaction n’a lieu qu’au prix d’équilibre, par
conséquent le prix d’équilibre c’est le prix de la demande et c’est le prix T.T.C. lorsqu’on
calcule l’équilibre du marché en présence d’une taxe ou subvention et que celle-ci est
collectée par le vendeur, il faut exprimer les fonctions d’offre et de demande en fonction des
prix T.T.C ou des prix de la demande. On a ainsi :
XD(pd) = XS(pd – t)
qui est plus juste. Ceci implique que la courbe de demande reste inchangée, tandis que la
courbe d’offre se déplace, puisque sa pente a changé. Dans le cas d’une taxe, la courbe
d’offre se déplace vers le haut à gauche (Nord - West). Ceci induit un accroissement du prix
payé par les demandeurs de pd0 à pd1, une diminution du prix reçu par les producteurs de
ps0 à ps1 et une baisse de la quantité échangée. Même si les consommateurs ont l’impression
d’être les seuls à payer le TVA, celle-ci est en réalité supportée à la fois par les producteurs
et les consommateurs.
36
Si ce sont les consommateurs qui sont redevables de l’impôt à l’Etat. Exemple, en Tunisie
lorsque vous achetez une maison, vous la payez hors-taxe ensuite vous allez au trésor public
pour payez la taxe. Donc, le prix de la transaction c’est le prix hors-taxe ou prix de l’offre. Il
faut ainsi exprimer les fonctions d’offre et demande en fonction du prix hors-taxe ou prix
d’offre, lorsque ce sont les demandeurs qui collectent la taxe. On utilise ainsi, plutôt :
XD(ps + t) = XS(ps),
pour calculer l’équilibre. La taxe dans ce cas, induit un déplacement de la fonction de
demande vers le bas, puisque sa pente a changé, tandis que la fonction d’offre ne se déplace
pas, puisque sa pente est restée la même. Dans ce cas également, la taxe est supportée par
les offreurs et les demandeurs.
En général, une taxe augment le prix payé par les demandeurs et diminue le prix reçu par les
offreurs. La mesure dans laquelle une taxe peut être transférée dépend dès lors des
caractéristiques de la demande et l’offre.
4 - 1 - La taxation:
4.2 La subvention
La subvention constitue une action pour soutenir la consommation d'un bien donné en
permettant à un effectif plus élevé de la population d'accéder à la consommation de ce
produit ou bien d'en acquérir une quantité plus élevée.
4 - 3 - Le prix plafond:
Cette intervention prend la forme d'une action autoritaire qui fixe un prix maximum p., au
delà duquel l'échange sera interdit.. En effet lorsque la pénurie fait son apparition suite à
des problèmes d'approvisionnement ou suite à des difficultés de production, l'offre de ces
biens baisse considérablement en se déplaçant à gauche et le prix d'équilibre sera
excessivement élevé.
Si le prix plafond est supérieur au prix du marché, cette intervention n'aura aucun effet
parce que l'échange suivant le prix du marché est légal.
En revanche, si le prix plafond est inférieur au prix du marché alors il va y avoir un excès de
demande.
4 - 4 - Le prix plancher:
Il s'agit d'une intervention symétrique à la précédente. Elle prend la forme d'une action
autoritaire qui fixe un prix minimum, pi, en dessous duquel l'échange sera interdit.
Si le prix plancher est inférieur au prix du marché alors cette intervention reste sans effet
puisque l'échange suivant le prix du marché est légal. En revanche, si le prix plancher est
supérieur au prix du marché, cette intervention donne lieu à un excès d'offre (Q, – Qd).
38
Chapitre 4 : La théorie Economique du consommateur
La théorie économique du consommateur est très simple. Les économistes supposent que
les consommateurs choisissent le meilleur panier de biens parmi ceux qu’ils sont capables
d’acquérir, étant donné leur moyens. Pour donner un contenu à cette théorie, il convient de
définir avec précision ce que signifie les expressions « le meilleur » et « ceux qu’ils sont
capables d’acquérir étant donné leurs moyens ».
Nous commencerons par préciser ce qu’on entend par « ce qu’il y a de meilleur », ensuite
nous allons définir ce que veut dire « ce qu’ils peuvent acquérir ».
On suppose donc que notre panier de consommation est composé de deux biens 1 et 2, que
x1 représente la quantité de bien 1 et x2 la quantité de bien 2. Le panier de consommation
complet sera noté X et représenté par la combinaison (x1, x2).
Nous supposons que face à deux paniers de consommation quelconque des deux biens 1 et
2, notés (x1, x2) et (y1, y2), le consommateur est capable de les classer en fonction de leur
attrait respectif, càd il est capable de déterminer si l’un des deux paniers est strictement
meilleur que l’autre ou s’il est indifférent entre les deux.
Ainsi si le panier (x1, x2) est strictement préféré au panier (y1, y2), càd le panier (x1, x2) est
choisi plutôt que (y1, y2), on notera (x1, x2) > (y1, y2).
Si le consommateur est indifférent entre les deux paniers de biens 1 et 2, nous écrivons (x1,
x2) ˷̴ (y1, y2). L’indifférence signifie que le consommateur atteint exactement le même
niveau de satisfaction qu’il consomme le panier (x1, x2) ou le panier (y1, y2).
Si le consommateur préfère ou est indifférent entre les deux paniers, nous disons qu’il
préfère faiblement (x1, x2) à (y1, y2), et nous écrivons (x1, x2) ≥ (y1, y2).
Les relations de préférence stricte, de préférence faible et d’indifférence ne sont pas des
concepts indépendants. En effet, si (x1, x2) ≥ (y1, y2) et (y1, y2) ≥ (x1, x2), nous pouvons
conclure que (x1, x2) (y1, y2). En d’autres termes, si le consommateur estime que(x1, x2) est
au-moins aussi bien que (y1, y2) et que (y1, y2) est au-moins aussi bien que (x1, x2), alors le
consommateur doit être indifférent entre les deux paniers de biens.
39
De même si (x1, x2) ≥ (y1, y2), mais on sait qu’on n’a pas (x1, x2) (y1, y2), nous pouvons
conclure que (x1, x2) > (y1, y2). Cela signifie simplement que l’individu estime que (x1, x2) est
au-moins aussi bien que (y1, y2) mais qu’il n’est pas indifférent entre les deux paniers, alors il
estime nécessairement que (x1, x2) est strictement préféré à (y1, y2).
Nous posons donc les trois hypothèses suivantes concernant les relations de préférence.
H1. La relation de préférence est une relation complète : cela suppose que toute paire
quelconque de paniers peut être comparée. Càd que pour tout panier X et tout panier Y, on
a soit (x1, x2) ≥ (y1, y2), soit (y1, y2) ≥ (x1, x2), soit encore ces deux relations simultanément
auquel cas le consommateur est indifférent entre les deux paniers.
H2. La relation de préférence est transitive : Si (x1, x2) ≥ (y1, y2) et (y1, y2) ≥ (z1, z2), alors (x1,
x2) ≥ (z1, z2). En d’autres termes, si le consommateur estime que X est au-moins aussi
désirable que Y et que Y est au-moins aussi désirable que Z, alors il estime que X est au-
moins aussi désirable que Z.
Tandis que les deux premières hypothèses sont évidentes, la troisième est plus
problématique. Il n’est pas évident qu’il s’agisse là d’une propriété que les préférences
devraient nécessairement avoir. Cette hypothèse est logique, mais il est difficile de savoir si
la transitivité correspond raisonnablement à la façon dont les individus se comportent. Que
penser d’une personne qui prétend préférer X à Y et Y à Z et en même temps déclarer
préférer Z à X ? Cela paraît étrange. Plus fondamentalement, comment ce consommateur se
comporterait-il s’il était confronté à des choix entre les trois paniers X, Y, Z ? Il lui serait
difficile de choisir le panier qu’il préfère par ce que, quel que soit le panier choisi, il y en
aurait toujours un autre qu’il préfère. Si nous voulons construire une théorie dans laquelle
les individus choisissent « ce qu’il y a de meilleur », les préférences doivent satisfaire
l’hypothèse de transitivité. Car si les préférences ne sont pas transitives, nous pouvons avoir
un ensemble de paniers parmi lesquels il n’y a pas de panier préféré.
40
Considérons la figure ci-dessous, où l’axe des abscisses représente la consommation du bien
1 et l’axe des ordonnées la consommation du bien 2.
Prenons un panier quelconque (x1, x2), la zone en gris représente l’ensemble des paniers
faiblement préférés à (x1, x2). Les paniers sur la frontière de cet ensemble --- les paniers pour
lesquels le consommateur est exactement indifférent par rapport à (x1, x2) --- constituent la
courbe d’indifférence. La courbe d’indifférence passant par un panier donné est composée
de tous les paniers qui laissent le consommateur indifférent à ce panier initial.
Lorsqu’on utilise les courbes d’indifférence pour décrire les préférences, ces courbes ne
représentent que l’ensemble de paniers entre lesquels l’individu est indifférent et elles
n’indiquent pas quels sont les paniers préférés et quels sont ceux qui sont moins désirables.
Les courbes d’indifférence constituent une façon de décrire les préférences. Afin de
respecter l’hypothèse de transitivité, deux courbes d’indifférence correspondant à des
niveaux de satisfaction différents ne peuvent pas se croiser.
Tout d’abord, on suppose que l’individu préfère consommer toujours plus que moins ; c'est-
à-dire que tous les biens sont des biens désirables. Plus précisément, si (x1, x2) est un panier
de biens et (y1, y2), un autre panier avec au moins autant de chacun des deux biens et
strictement plus d’un des deux, alors (y1, y2) > (x1, x2). Cette hypothèse est parfois connue
sous le nom de « monotonicité des préférence ». La monotonicité des préférences implique
que les courbes d’indifférence ont une pente négative. Si nous partons d’un panier initial (x1,
x2) et nous nous dirigeons vers une position vis-à-vis de laquelle le consommateur est
indifférent, nous devons nous déplacer soit vers la droite et le bas, soit vers le haut à gauche.
Les courbes d’indifférence doivent avoir une pente négative.
41
Nous allons supposer ensuite que les paniers intermédiaires sont préférés aux paniers
extrêmes : Si nous prenons deux paniers de biens (y1, y2) et (x1, x2) sur la même courbe
d’indifférence, c'est-à-dire (x1, x2) ̴ (y1, y2), et que nous considérons une moyenne pondérée
de ces deux paniers, avec t, le facteur de pondération, est compris entre 0 et 1, alors on a :
pour tout facteur de pondération t compris entre zéro et un. Cette moyenne pondérée des
deux paniers donne un poids t au panier X et un poids (1-t) au panier Y. la distance entre X et
le panier moyen correspond à une fraction t de la distance séparant X et Y. Ceci implique que
l’ensemble des paniers faiblement préférés à (x1, x2) est un ensemble convexe.
Un ensemble convexe a la propriété suivante : pour toute paire de point appartenant à cet
ensemble, le segment de droite qui relie ces deux points est entièrement inclus dans
l’ensemble. On suppose que les préférences normales sont convexes parce que la plupart
des biens sont consommés ensemble, le consommateur préfère diversifier sa consommation
et consommer une certaine quantité des deux biens, plutôt que de se spécialiser dans la
consommation d’un seul des deux biens.
Le taux marginal de substitution du bien 1 au bien 2 est définie comme l’opposé de la pente
de la courbe d’indifférence et il est égale à Δx2 ⁄ Δx1 (>0). La TMS, qui est ici positif par
convention mesure le taux auquel le consommateur accepte de substituer le bien 1 au bien
2, afin de garder le même niveau de satisfaction et rester sur la même courbe d’indifférence.
42
Si on l’écrit comme suit :
Mais il faut faire attention, car le TMS mesure la quantité de bien 2 que vous êtes disposé à
payer pour une augmentation marginale du bien1. La quantité que vous devez payer dans la
réalité pour une consommation supplémentaire donnée du bien 1 peut être différente du
montant que vous êtes disposé à payer. Ce que vous devez payer dépend du prix du bien en
question, tandis que ce que vous êtes disposé à payer ne dépend pas du prix mais est
déterminé par vos préférences.
2. L’utilité
Une fonction d’utilité U est une façon d’attribuer une valeur numérique aux différents
paniers de biens de consommation de telle sorte que les paniers les plus désirables reçoivent
des valeurs supérieures à ceux qui le sont moins. Ainsi (x1, x2) > (y1, y2) si seulement si
U(x1, x2) > U (y1, y2).
La valeur de la fonction d’utilité n’est intéressante que dans la mesure où elle permet de
classer les différents paniers ; la grandeur de l’écart entre les niveaux d’utilité correspondant
43
à deux paniers différent n’a aucune importance. Dans la mesure où on ne se préoccupe que
du classement de l’ordre des différents paniers on dit que l’utilité est un concept ordinal.
Panier U1 U2 U3
A 3 17 -1
B 2 10 -2
C 1 0,002 -3
Trois façons différentes d’attribuer des niveaux d’utilité
Ce tableau présente plusieurs façons d’attribuer des niveaux d’utilité à trois paniers de biens
A, B et C. Chacune établit le même classement entre les paniers. Dans cet exemple, le
consommateur préfère A à B et B à C. nous avons trois fonctions d’utilité qui décrivent les
mêmes préférences puisqu’elles attribuent toutes une valeur plus élevée à A qu’à B et à B
qu’à C.
Comme seuil classement des paniers imposé, il existe une infinité de façons d’attribuer des
niveaux d’utilité aux différents paniers de biens. Toute transformation monotone croissante
f d’une fonction d’utilité U, transforme chaque nombre U en un nombre f (U) de telle sorte
que le classement entre les nombres soit respecté, c'est-à-dire que U1 > U2 implique
∆f f (U1) – f (U2)
F (U1) > f (U2) et ∆� = U1 − U2
>0
Noter que lorsqu’on attribue une signification de la valeur du niveau d’utilité à l’écart entre
les niveaux d’utilité associés à deux paniers de biens, on se place au niveau de la théorie de
l’utilité cardinale. De ce point de vue il est important de savoir si on préfère un panier X deux
ou trois fois plus qu’un panier Y. Toutefois pour savoir quel panier est choisi, nous avons
besoin uniquement de savoir lequel est préféré, lequel a l’utilité la plus élevée ; connaître la
grandeur de l’écart n’apporte rien à l’étude des choix. On se limitera par conséquent à une
conception ordinale de l’utilité.
44
est égale à une constante. En termes mathématiques, l’ensemble des points (x1, x2) tels que
U (x1, x2) est égale à une constante, s’appelle courbe de niveau et pour différentes valeurs de
la constante on obtient une carte de courbes d’indifférence.
Considérons les courbes d’indifférence représentées par la fonction d’utilité U (x1, x2) = x1 x2.
Nous savons qu’une courbe d’indifférence est simplement l’ensemble des valeurs x1 et x2
telles que k = x1x2 pour une constante k donnée. En exprimant x2 en fonction de x1 nous
voyons qu’une courbe d’indifférence est définie par la formule suivante :
k
x2 = x1
Considérons maintenant la fonction d’utilité v (x1, x2)= x12 x22. On peut vérifier que :
La fonction d’utilité v(x1, x2) est donc simplement le carré de la fonction d’utilité u(x1, x2).
Puisque u(x1, x2) ne peut pas être négatif, v(x1, x2) est une transformation monotone de la
fonction d’utilité u(x1, x2). Donc la fonction d’utilité v(x1, x2) doit avoir exactement les mêmes
courbes d’indifférence que u(x1, x2). Toutefois les valeurs associés aux courbes d’indifférence
sont différentes, ainsi l’ensemble des paniers correspondant à v (x1, x2) = 9 est exactement le
même que celui correspondant à u(x1, x2) =3. La fonction d’utilité v(x1, x2) décrit exactement
les mêmes préférences que u(x1, x2) puisqu’elle classe tous les paniers dans le même ordre.
45
où a et b sont positifs. Les courbes d’indifférence ont dans ce cas une pente constante égale
– a ⁄b.
La fonction d’utilité v (x1, x2) = (ax1 + bx2)2 = (ax1)2 + 2abx1x2 + (bx2)2 représente également les
préférences dans le cas des substituts parfaits. Elle est une transformation monotone de la
fonction u (x1, x2).
�12 �2 �1
�
�� �
≤ �
Les paramètres a et b sont positifs, ils indiquent les proportions dans lesquelles les biens
sont consommés. La courbe d’indifférence a une allure en L.
Cela signifie que toutes les courbes d’indifférence sont obtenues simplement par un
déplacement vertical et parallèle d’une seule courbe d’indifférence. Il s’en suit que
l’équation d’une courbe d’indifférence a la forme x2 = k – v (x2) avec une constante k
différente pour chaque courbe d’indifférence et la fonction d’utilité correspondante est u(x1,
x2) = k = v(x1) + x2. Des valeurs plus élevées de k donnent des courbes d’indifférence
supérieures.
46
La fonction d’utilité u est linéaire par rapport au bien 2, mais éventuellement non linéaire
par rapport au bien 1 ; d’où le nom d’utilité quasi-linéaire.
où c et d sont des nombres positifs qui décrivent les préférences du consommateur. Les
courbes d’indifférence Cobb-Douglas correspondent exactement aux belles courbes
d’indifférence monotones et convexes, que nous avons qualifiées de normales.
�
Si on pose� = �+� , on obtient :
Cela signifie que nous pouvons toujours prendre une transformation monotone de la
fonction d’utilité Cobb-Douglas qui rende la somme des exposants égale à l’unité.
La fonction d’utilité Cobb-Douglas peut donc être écrite sous diverses formes ; il est utile
d’apprendre à les reconnaître car ce type de préférence est très souvent utilisé dans les
exemples.
47
2.2. L’utilité marginale
Considérons un individu qui consomme un panier de biens (x1, x2). Quelle est la variation
d’utilité de cet individu s’il reçoit un peu plus de bien 1 ? La variation de l’utilité d’un individu
suite à la variation de la consommation du bien 1 d’une unité s’appelle « utilité marginale »
du bien 1. Nous la notons Um1 et nous la définissons sous la forme d’un ratio :
∆� � ��+∆�� , � −�(�� , �� )
U�� =
∆��
= ∆��
�
qui mesure le taux de variation de l’utilité ΔU découlant d’une petite variation de la quantité
de bien 1 Δx1, pour une quantité du bien 2 maintenue constante.
Cette définition implique que pour calculer la variation de l’utilité consécutive à une petite
variation de la consommation de bien 1, nous pouvons tout simplement multiplier la
variation de la consommation par l’utilité marginale du bien 1 :
ΔU = Um1Δx1
Lorsque la fonction d’utilité est continue, l’utilité marginale du bien 1 n’est autre que la
dérivée partielle de la fonction d’utilité par rapport à la quantité consommée du bien 1,
puisque la quantité consommée du bien 2 est maintenue constante.
��(�� ,�� )
Um1 = ���
L’utilité marginale du bien 2, Um2, est définie de façon similaire : c’est la variation de l’utilité
suite à une variation de la quantité consommée du bien 2, en maintenant fixe la quantité
consommée du bien 1 :
ΔU = Um2Δx2
Lorsque la fonction d’utilité est continue, l’utilité marginale du bien 2 n’est autre que la
dérivée partielle de la fonction l’utilité par rapport à la quantité consommée du bien 2,
puisque la quantité consommée du bien 1 est maintenue constante.
��(�� ,�� )
Um2 = ���
Il est important de réaliser que la valeur de l’utilité marginale dépend de la valeur de l’utilité
ou encore de la mesure particulière adoptée pour l’utilité. Si nous multiplions l’utilité par 2,
48
l’utilité marginale sera également multipliée par 2. Cela implique que l’utilité marginale n’a
en elle-même aucun contenu comportemental. Comment calculer l’utilité marginale à
partie des comportements de choix du consommateur ? En fait ce n’est pas possible. Les
comportements de choix ne fournissent une information que sur la façon dont un
consommateur classe les différents paniers. L’utilité marginale dépend de la fonction
d’utilité particulière adoptée pour traduire le classement des préférences. Sa valeur n’a pas
de signification particulière. Toutefois, elle peut être utilisée pour calculer le taux marginal
de substitution qui a un contenu comportemental.
L’utilité marginale associée à une fonction d’utilité d’allure normale est positive, car plus on
augmente la quantité consommée d’un bien, plus l’utilité augmente. Par ailleurs, elle est
décroissante, car au fur et à mesure qu’on augmente la consommation du bien, le
supplément d’utilité diminue.
Cette interprétation nous donne une façon simple de calculer le TMS. Considérons une
variation de la consommation de chaque bien (Δx1, Δx2) qui maintienne l’utilité constante,
c'est-à-dire un changement dans la consommation qui corresponde à un déplacement le
long de la courbe d’indifférence. Nous devons donc avoir :
Um1Δx1 + Um2Δx2 = ΔU = 0
Lorsque nous avons une fonction d’utilité U(x1, x2) continue, et que nous différentions par
rapport à x1 et x2, nous obtenons :
��(�� ,�� ) ��(�� ,�� )
dU = ���
dx1 + ���
dx2
49
Le TMS peut être mesuré en observant le comportement effectif de l’individu ; il s’agit en
fait du taux d’échange pour lequel l’individu est indifférent entre l’échange et le statu quo.
Tandis que la valeur de l’utilité marginale est dépendante de la valeur de l’utilité, le TMS qui
est le rapport des utilités marginales, est indépendant de la transformation particulière de la
fonction d’utilité choisie.
Ce que nous avons vu plus haut examine comment le consommateur détermine ce qui est
préférable pou lui. Toutefois, ce qui est préférable ou désirable n’est pas toujours réalisable,
car le consommateur a une contrainte de budget.
3. La contrainte budgétaire
L’ensemble de paniers qu’un consommateur peut (et non pas désire) acquérir est donné par
la contrainte budgétaire.
Nous supposons qu’il existe une certaine gamme de biens parmi lesquels le consommateur
peut choisir, mais pour la facilité de l’exposé et de la représentation graphique on considère
qu’il y a deux biens 1 et 2.
Le panier de biens du consommateur sera représenté par (x1, x2). Il s’agit d’une liste de
quantités de biens 1 et 2 que le consommateur décide d’acheter. Si nous observons les prix
des deux biens (p1, p2), ainsi que le montant total R que le consommateur peut dépenser, la
contrainte budgétaire peut s’écrire de la façon suivante :
P1x1 + p2x2 ≤ R
p1x1 est la somme d’argent que le consommateur dépense pour le bien 1 et p2x2 est la
somme d’argent que le consommateur dépense en bien composite 2. La contrainte
budgétaire signifie que le montant que le consommateur dépense pour les deux biens ne
peut pas excéder le budget total dont il dispose. Les paniers accessibles au consommateur
sont ceux dont le coût est inférieur à R. Nous appelons l’ensemble des paniers accessible
pour des prix (p1, p2) et un revenu R donnés, l’ensemble budgétaire du consommateur.
La droite de budget est l’ensemble des paniers de biens (x1, x2) qui coûtent exactement R :
P1x1 + p2x2 = R
Ce sont les paniers qui absorbent complètement le revenu du consommateur. Nous pouvons
transformer la droite de budget pour obtenir l’expression suivante :
50
� �
x2 = � - �� x1
� �
�1 �
C’est l’équation d’une droite de pente - �2
, ayant une ordonnée à l’origine égale à �2
. Cette
équation nous donne le nombre d’unité de bien 2 que le consommateur peut acquérir pour
satisfaire exactement la contrainte budgétaire s’il consommait x1 unités du bien 1.
Etant donné les prix des biens 1 et 2 et le revenu R ; on trace la droite budgétaire dans le plan
(x1, x2).
51
Un accroissement exogène du revenu augmente l’ordonnée à l’origine mais n’affecte pas la
pente de la droite. Dès lors cet accroissement de revenu se traduit par un déplacement
parallèle et vers le haut de la droite de budget.
Une augmentation du prix p1, le prix p2 et le revenu restant inchangés, ne modifie pas
l’ordonnée à l’origine mais la pente de la droite est plus forte puisque p1 ⁄ p2 s’accroît,
l’abscisse à l’origine se déplace vers la gauche et la droite de budget pivote à l’intérieur :
Si les deux prix augmentent dans la même proportion, ceci équivaut à réduire le revenu dans
cette même proportion et on observe un déplacement parallèle vers le bas de la contrainte
budgétaire. Par conséquent, si nous multiplions tous les prix et le revenu par la même
proportion, la droite de budget reste inchangée.
Dans le cas d’une taxe forfaitaire, le gouvernement prélève un montant fixe, indépendamment
du comportement de l’individu. Une taxe forfaitaire implique un déplacement parallèle, vers le
bas de la droite de budget, puisque le revenu du consommateur diminue.
52
4. L’équilibre du consommateur
Le consommateur a des désirs exprimés par la fonction d’utilité, qu’il ne peut pas toujours
réaliser car il a une contrainte de ressources financières. Dans cette section, nous allons voir
comment le consommateur alloue ses ressources entre les différents biens de façon
optimale, afin de maximiser sa satisfaction.
Nous traçons dans un même plan l’ensemble budgétaire et plusieurs courbes d’indifférence
d’un consommateur. Nous cherchons à identifier ensuite dans l’ensemble budgétaire le
panier situé sur la courbe d’indifférence la plus élevée. Les préférences étant normales,
c'est-à-dire le consommateur préfère toujours consommer plus, nous pouvons limiter notre
attention aux paniers situés sur la droite de budget de gauche à droite, nous atteignons des
courbes d’indifférence de plus en plus élevée. Nous nous arrêtons lorsque nous atteignons la
courbe d’indifférence la plus élevée qui ne fait que toucher la droite de budget au point (x1,
x2).
53
donc son revenu et tous les autres paniers se trouvant sous celle ci. Mais il doit choisir entre les paniers cités
auparavant.
Les paniers A et B, se trouvent sur la même courbe d’indifférence, donc ils procurent la même satisfaction et
avec cette consommation il épuise son revenu. D’autres parts, il
peut aussi consommer les paniers C et D, se trouvant sur une
autre courbe d’indifférence et procurant un niveau de
satisfaction supérieur. Logiquement il va préférer consommer
ces deux paniers C et D au lieu des paniers A et B. Mais en contre
partie il ne peut pas consommer un panier se trouvant sur une
autre courbe d’indifférence et procurant une utilité U4, car son
revenu ne permet pas d’accéder à ce panier. Le consommateur
va donc consommer un panier se trouvant sur sa droite
budgétaire et qui lui procure le maximum de satisfaction. Ce
panier est ce lui de la tangence de la droite budgétaire avec la
courbe d’indifférence et dans ce graphique est le panier E (q1*, q2*). Ce panier est le panier d’équilibre pour le
consommateur.
dq1 p
2 U 2' dq1 p2
dq 2 p1 or TMS 2 ,donc TMS 2
R p q p q U 1' dq 2 1 1 p1
1 1 2 2
En définitive l’équilibre du consommateur est caractérisé par
U 2' p2 U 2' U 1'
TMS 2 / 1 '
U1 p1 p2 p1
R p q p q
1 1 2 2
MAX U q1 ,q 2
(le consommateur doit épuiser son revenu)
Sous la contra int e R p1 q1 p 2 q 2
L U q1 , q 2 '
U p
U 1'
q 0 p1 0 1 1
q1 p 1
1
L U q1 , q 2 ' U 2'
CPO 0 p 2 0 U 2 p 2
q 2 q 2 p2
L 0 R p q p q 0 R p1 q 2 p 2 q 2 0
1 1 2 2
54
U 1' U 2' U' p
On a donc ou 1' 1 TMS1 / 2 et R p1q1 p2 q2
p1 p2 U2 p2
La demande d’un produit est sous la dépendance de nombreux facteurs socio-économiques (prix
du produit, prix des produits substituables, revenu des ménages, habitudes de consommation,
mode de vie,…).
Représentation graphique
La courbe de demande en fonction du prix, représentée par le graphique ci-dessous, traduit la
relation qui existe entre le prix et la quantité demandée. Pour cela il faut considérer que seul le
prix agit sur la demande, les autres facteurs de variation (revenu, population…) restant stables.
P = prix de marché
Quand le prix du produit diminue sa demande augmente et inversement. Cette fonction devrait
être représentée avec la quantité en ordonnée, mais, dans la plupart des ouvrages d’économie,
on représente la courbe de demande en mettant les prix en ordonnées et les quantités en
abscisses.
55
Remarque : généralement la demande est une fonction décroissante de la variable prix. Mais
dans un certains cas, les quantités demandées augmentent lorsque les prix augmentent ; c’est en
particulier le cas en période de pénurie ou de crainte par les consommateurs d’une période de
pénurie.
Comme généralement une diminution des prix entraîne une augmentation de la demande et
qu’inversement une augmentation des prix entraîne une diminution de la demande, le
coefficient d’élasticité (ep) est négatif.
Exemple
Quel est le ep pour un produit dont la baisse de 1 % du prix provoque une augmentation des
quantités demandées de 2 % ?
+ �%
ep = − �% = -2
∆�� ⁄��
Coefficient d’élasticité croisée =
∆�� ⁄��
56
1er cas : A et B produits substituables ou concurrents ; le coefficient d’élasticité croisée est positif
(>0). Le produit A, dont le prix reste stable, voit sa demande augmenter, tandis que le produit B,
dont le prix augmente, voit sa demande diminuer. La demande du produit A se substitue à la
demande du produit B.
2ème cas : A et B produits complémentaires ; le coefficient d’élasticité croisée est négatif (<0). Le
produit A, dont le prix reste stable, voit sa demande qui diminue, tandis que le produit B, dont le
prix augmente, voit aussi sa demande qui diminue. La demande du produit A évolue dans le
même sens que celle du produit B.
Exemple
Si une augmentation de 10% du prix de la viande de bœuf provoque une augmentation de 2 % de
la demande de viande de porc, quel est le coefficient d’élasticité croisée ?
P0 = prix de volailles
King, économiste anglais du 17ème siècle, a observé qu’au-delà d’une certaine quantité (Q1),
l’augmentation des quantités produites par les producteurs agricoles entraînait une diminution
de la recette totale de ces producteurs.
57
Au 20ème siècle les recherches de J. Milhau et [Link] sur différents produits agricoles
(notamment le marché viticole), ont montré que la production se situait au-delà du volume Q1
(correspondant au maximum de recette) et que ces produits subissaient l’effet King.
Il est la conséquence de l’inélasticité de la demande pour de nombreux produits agricoles (ep >
-1). Au-delà de Q1, il y a diminution de la recette des agriculteurs car la baisse relative des prix
est supérieure à l’augmentation relative des quantités.
R1 = 100 × 1 D = 100 D
R2 = 88 F
+ 10 %
ep = − 20 % = -0,5 donc supérieur à -1
- à différents moments, la structure des dépenses d’un ménage dont le revenu augmente ;
- au même moment, la structure des dépenses de ménages ayant des revenus différents.
∆�⁄�
er = ��⁄�
�� ⁄�
ec = �� ⁄�
La consommation totale est alors utilisée comme indicateur de revenu des ménages. On peut
donc considérer que l’élasticité par rapport à la consommation totale est équivalente à
l’élasticité par rapport au revenu.
59
L’élasticité revenu de la demande
Pour mesurer l’impact d’une variation du revenu sur la variation de la demande d’un bien i, on
compare le pourcentage de ces deux variations. Le rapport de la variation proportionnelle de la
consommation d’un bien divisée par la variation proportionnelle du revenu est appelé
l’élasticité-revenu de la demande. En absence d’informations sur le revenu, il est possible de
considérer l’évolution des dépenses totales de consommation, généralement fournies par les
enquêtes de budget.
Les élasticités-revenu sont utilisées pour distinguer les différents types de biens inférieurs ou de
base, normaux et de luxe ou supérieurs, comme le synthétise le tableau suivant :
L’élasticité-revenu est généralement positive, à l’exception des biens inférieurs pour lesquels
suite à une augmentation du revenu leur consommation diminue.
60
Chapitre 5 : La théorie de la production et des coûts
Pour produire un bien, une entreprise a besoin d’utiliser des inputs ; qui sont généralement
classés en trois catégories : le travail, le capital et les matières premières.
Les quantités d’inputs à acheter et d’outputs à produire sont choisies de sorte que l’entreprise
maximise son profit. Celui-ci représente la différence entre les recettes totales de ventes du bien
produit et les dépenses totales en inputs ou le coût total de production.
On suppose que l’entreprise ne décide que de la quantité à produire et des inputs à acheter, les
prix des inputs et le prix de vente de son produit sont donnés pour elle, car ils sont déterminés
sur des marchés régis par les règles de concurrence pure et parfaite et sur lesquels elle n’a
aucune influence.
Notons que les combinaisons d’inputs ne sont pas choisies de façon arbitraire, mais elles sont
limitées par les contraintes technologiques auxquelles font face les firmes. En effet, seules
certaines combinaisons d’inputs permettent de produire une quantité donnée d’output.
L’entreprise doit donc se limiter à des plans de production techniquement réalisables. La façon la
plus simple de décrire les plans de production réalisables consiste à dresser la liste de toutes les
combinaisons d’inputs et d’outputs qui sont techniquement possibles. L’ensemble de ces
combinaisons d’inputs et d’outputs qui sont techniquement possibles. L’ensemble de ces
combinaisons est appelé un ensemble de production. L’ensemble de production diffère selon
qu’on se situe dans le court terme ou dans le long terme. En économie, le court terme est tel que
certains facteurs de production sont fixes tandis que d’autre sont variables. Pour accroître la
production, on ne peut agir que sur les inputs variables. A long terme tous les inputs sont
variables.
61
La production totale à court terme correspond à la quantité produite pour différentes valeurs
possibles du facteur variable. Elle est parfaitement décrite par une fonction de production de
court terme de la forme :
Y = F (�)�=�
La forme générale d’une fonction de production à court terme peut être illustrée par le
graphique suivant :
L’allure de la courbe représentative du produit total rend compte des considérations suivantes :
2) Au fur et à mesure que la quantité de travail augmente, le capital étant fixe à court terme,
2.a) Le produit total ou la production totale connaît une phase d’accélération, c'est-à-dire une
croissance de la production totale plus élevée que la croissance du travail ou facteur variable.
Cette phase prend fin lorsque la quantité de travail engagée est égale à�.
2.b) La production totale connaît ensuite une phase de freinage, c'est-à-dire une croissance
moins proportionnelle que celle du travail.
2.c) La production totale atteint un maximum lorsque l’effectif des travailleurs engagés atteint
Lmax. Au-delà de ce seuil, la production diminue lorsque l’effectif des travailleurs augment.
62
La production par travailleur ou produit moyen, qui correspond à la production par unité
de travail engagée. Elle est notée PML, et elle est égale à :
PML = Production totale ⁄ effectif des travailleurs = Y ⁄ L
Il s’agit d’une grandeur moyenne, qu’on appelle productivité moyenne. Elle exprime la
contribution moyenne de chaque travailleur à la production.
Le produit marginal ou productivité marginale du travail qui correspond au supplément
d’output par unité additionnelle de travail, le capital étant constant. Elle est notée PmL,
où L indique le facteur dont on calcule le produit marginal, et elle est égale à :
� ��
PmL = � (ou encore �� si y est continue)
La production marginale correspond à la production supplémentaire qui résulte du
recrutement de la dernière unité de travail, le capital étant constant.
Lorsqu’on augmente le travail, tout en maintenant constant le capital, l’output total augmente.
Par conséquent, la productivité marginale est positive. Toutefois, on s’attend à ce que l’output
augmente à un taux décroissant. Donc, la productivité marginale d’un facteur diminue à mesure
que la quantité utilisée de ca facteur augmente, l’autre facteur étant constant.
Nous appelons cela, la loi des rendements marginaux décroissants. Il est important de souligner
que la loi des rendements marginaux décroissants ne s’applique que lorsque tous les autres
inputs sont maintenue constants.
PMK = Y ⁄K
PML = Y ⁄L = a – b L
PmL = dY⁄dL = a – 2 b L
Si on décrive la productivité marginale par rapport à L, on trouve que cette dérivée est égale à :
- 2 (négative). Donc, la productivité marginale du travail est décroissante.
Pour un niveau donné du facteur travail, par exemple L0, la productivité marginale correspond à
la pente de la tangente à la courbe de la production totale au point (L0, Y0) et la productivité
moyenne correspond à la pente de la droite qui part de l’origine et passe par le point (L0, Y0).
63
Ces définitions donnent lieu aux considérations suivantes :
La productivité marginale commence par croître, atteint son maximum pour L = � (c'est-à-
dire au point d’inflexion de la courbe du produit total). Elle décroît au-delà de ce seuil en
restant positive pour L < Lmax. Ensuite, pour L = Lmax, la productivité marginale est nulle et
au-delà de ce seuil la productivité marginale devient négative.
La productivité moyenne commence par croître. Elle atteint un maximum pour L = L*. Au-
delà de ce seuil, elle devient décroissante tout en étant toujours positive. La droite qui
passe par l’origine et par le point (L*, Y*) est tangente à la courbe de la productivité
moyenne. Cela implique que la productivité moyenne est égale à la productivité
marginale, lorsque la productivité moyenne est maximale.
Le graphique suivant illustre les différentes propriétés des productivités moyenne et marginale
évoquées ci-dessus :
On remarque que :
PML < PmL lorsque la productivité moyenne est croissante et sa dérivée première est
positive.
PML > PmL lorsque la productivité moyenne est décroissante et sa dérivée première est
négative.
PML = PmL lorsque la productivité moyenne est constante et sa dérivée première est
nulle.
64
Pour démontrer ces trois dernières propriétés, on dérive la productivité moyenne du travail par
rapport au travail.
PML = Y ⁄ L
dPML = (1 ⁄ L) dY – (Y ⁄ L2) dL
Si PmL > PML, alors dPML ⁄ dL > 0 et la productivité moyenne est croissante avec le travail.
Si PmL < PML, alors dPML ⁄ dL < 0 et la productivité moyenne est décroissante avec le travail.
Si PmL = PML, alors dPML ⁄ dL = 0 et la productivité moyenne est constante.
L’idée est que si la contribution à la production de la dernière unité recrutée est supérieure à la
production moyenne de l’effectif déjà existant, alors la productivité moyenne calculée en tenant
compte de la contribution de cette dernière unité à la production est supérieure à la productivité
moyenne calculée sans tenir compte de cette dernière contribution, ce qui accroît la productivité
moyenne.
Les courbes représentatives des productivités moyenne et marginale et celle du produit total
permettent d’effectuer la décomposition par zone suivante :
65
travail dans la phase I et d’autre part, il n’est pas question d’envisager une activité
de production dans la phase III, car une unité supplémentaire de travail implique
une réduction de la production.
2. La théorie de la production à long terme
Dans le cadre d’un horizon de décision de long terme, tous les facteurs de production sont
variables et mobiles. Les principales raisons pour une firme d’abandonner la logique de court
terme tiennent au fait qu’une firme peut substituer un facteur de production par un autre, suite
au changement des prix des facteurs. Lorsque la firme peut ajuster tous ses facteurs de
production, elle peut maximiser son profit en choisissant la combinaison idéale des deux facteurs.
Considérons une activité de production qui combine deux facteurs de production, le travail et le
capital. A long terme, l’organisation de la production suppose une décision sur la proportion des
facteurs de production et une décision sue les quantités engagées des facteurs.
Une carte d’isoquant est une juxtaposition de plusieurs isoquants dans un même plan.
L’isoquant a une pente négative, cela veut dire que pour produire un même niveau de
production, si le producteur décide d’augmenter la quantité engagée d’un facteur, il doit
diminuer la quantité engagée de l’autre facteur de production.
L’isoquant est convexe, cela veut dire que plus un facteur de production devient
relativement rare, plus la substitution d’une même quantité de ce facteur de production
nécessite une quantité plus grande de l’autre facteur.
Les isoquants ne se coupent pas, en effet, le processus de production distingué par la
fonction de production est un processus techniquement efficace. A cet égard, si une
même combinaison (K, L) donne lieu à deux niveaux de production différents, le plus
faible niveau sera techniquement moins efficace.
66
2.2. Le taux marginal de substitution technique (TMST)
Supposons que la firme opère en un point donné de l’isoquant et qu’elle envisage d’accroître la
quantité de travail qu’elle utilise. Quelle est la quantité de capital à laquelle elle doit renoncer
pour être capable de produire la même quantité d’output ? Cette quantité correspond
exactement à la pente de l’isoquant et le TMST est l’opposé de cette pente. Le TMST mesure le
taux auquel la firme doit substituer un input par l’autre tout en maintenant constante la quantité
de production.
Pour obtenir une expression du TMST, considérons une variation des quantités de facteurs L et K
telle que la production reste constante. La différentiation totale de la fonction de production
Y = f (K, L), nous permet d’écrire :
dY = �f (K,L) ⁄ �L dL + �f (K, L) ⁄ �K dK
= �Y ⁄ �L dL + ��⁄ �� dK
= PmL dL + PmK dK
Dans le mesure où le niveau de production doit rester contant, lors du calcul du TMST, dY doit
être égal à zéro. Ceci implique :
67
Le TMST est positif et décroissant. Cela veut dire qu’à mesure qu’on remplace le travail par du
capital, le travail devient abondant et le capital devient rare. Alors, la quantité de capital à
laquelle on est disposé à renoncer diminue au fur et à mesure que celui-ci devient rare.
1er cas, la production augmente dans la même proportion que celle des facteurs, càd
d’une proportion t. Si nous augmentons le niveau de tous les facteurs de production
d’une certaine proportion t et que la production augmente dans cette même proportion t,
alors on dit que les rendements d’échelle sont constants. On a :
Y’ = f (t * K, t * L) = t * f (K, L) = t * Y
Des rendements d’échelle constants signifient que l’entreprise est capable de reproduire le
même niveau de production, si elle dispose du double, du triple des facteurs de production.
Notons, qu’il est parfaitement possible qu’une technologie soit caractérisée à la fois par des
rendements d’échelle constants et une productivité marginale décroissante pour chaque facteur.
Car, les rendements d’échelle correspondent à ce qui se passe lorsqu’on augmente tous les
facteurs de production tandis que la productivité marginale décroissante correspond à une
situation dans laquelle on augmente un des facteurs, les autres étant maintenus constants.
2ème cas : Si on augmente tous les facteurs d’une même proportion t, avec t > 1, et qua la
production est multipliée par une proportion supérieur à t, alors on dit que les
rendements d’échelle sont croissants. Mathématiquement, des rendements d’échelle
croissants signifient que :
Y’ = f (t* K, t*L) > t*f (K, L)
Ou encore, Y’ > t*Y
Ou encore, Y’ – t*Y > 0
Ou encore, Y’ ⁄ t*Y > 1
3 cas : Lorsqu’on augmente tous les facteurs d’une même proportion t, avec t > 1, et
ème
que la production est multipliée par une proportion inférieure à t, alors on dit que les
rendements d’échelle sont décroissants. Mathématiquement, des rendements d’échelle
décroissants signifient que :
Y’ = f (t* K, t*L) < t*f (K, L)
Ou encore, Y’ < t*Y
Ou encore, Y’ – t*Y < 0
Ou encore, Y’ ⁄ t*Y < 1
68
Exemple : étudier la nature des rendements d’échelle pour les fonctions de production
suivantes :
Pour étudier la nature des rendements d’échelle, il suffit de multiplier tous les facteurs par une
proportion t > 1 ensuite comparer la nouvelle production avec l’ancienne. Ainsi, pour le premier
cas nous avons :
Y’ ⁄ tY = tα+β+γ-1
Le signe de ce rapport peut être supérieur, inférieur ou égale à 1, selon que α+β+γ-1 est
supérieur, inférieur ou égale à 0, pour t > 1.
Si α+β+γ-1 > 0 → α+β+γ > 1 → Y’ ⁄ t Y > 1 → les rendements d’échelle sont croissants.
Si α+β+γ-1 < 0 → α+β+γ < 1 → Y’ ⁄ t Y < 1 → les rendements d’échelle sont décroissants.
dY = PmL dL + PmK dK
dY ⁄ Y = PmL ⁄ Y dL + PmK ⁄ Y dK
Ou encore :
�� ��� � �� ��� � ��
�
= � �
+ � �
69
�� �� �� �� ��
�
= ��� + ���
� � � �
Dans la mesure où on multiplie tous les inputs dans une même proportion,
3. L’équilibre du producteur
Dans les sections précédentes nous avons exprimé comment représenter les choix techniques
auxquels la firme est confrontée à court et long terme. Dans cette section, nous allons présenter
un modèle analysant la façon dont l’entreprise choisit la quantité optimale qu’elle produit et la
méthode de production (càd combinaison des facteurs) qu’elle adopte pour maximiser son profit,
qui est défini par la différence entre la recette totale des ventes de la quantité produite et les
dépenses totales en inputs.
La maximisation du profit diffère selon l’horizon temporel. A court terme, certains facteurs sont
fixes. L’entreprise est alors obligée d’utiliser certains facteurs de production même si elle décide
de ne rien produire. Il est dès lors possible que l’entreprise réalise des profits négatifs à court
terme, car elle doit rémunérer ses facteurs fixes même si elle ne produit rien. Exemple : si une
entreprise a un contrat de location de long terme pour un bâtiment, elle doit payer le loyer au
cours de chaque période même si elle décide de fermer ses portes. A long terme, la firme ne
réalise pas de profits négatifs, car dès que ses recettes des ventes sont inférieures à ses coûts de
production elle peut quitter le marché sans coût.
Y = f (�, L) = F (L)
Le problème de maximisation du profit � auquel la firme est confrontée, peut dès lors s’écrire
comme suit :
��� � = p f (�, L) – w L – r �
�
70
La condition nécessaire de maximisation du profit à court terme est elle que:
�� (�, �) �� (�, �)
�
��
-w=0 → �
��
= �
càd la valeur de la productivité marginale du travail doit être égale au taux de salaire. Ou si nous
réécrivons la condition nécessaire de premier ordre, nous obtenons :
�� (� , �) �
PmL = ��
=� →
càd la productivité marginale physique du travail est égale au salaire réel w/p. La résolution de
cette équation nous donne la demande de travail de court terme qui maximise le profit de court
terme :
L = f (w, p),
celle-ci est fonction du taux de salaire et du prix du bien.
��� � = p f (K, L) – w L – r K
�, �
La condition nécessaire de maximisation du profit qui définit les quantités optimales de K et de L est:
�� (�, �) �
=
�� �
�� (�, �) �
=
�� �
A l’équilibre, la valeur de la productivité marginale de chaque facteur doit être égale à son prix.
La résolution de ce système de deux équations à deux inconnues K et L nous donne les fonctions
de demande des facteurs qui dépendent du prix du bien et des inputs.
L = L (w, r, p)
K = K (w, r, p)
A long terme, l’équilibre du producteur peut également être défini comme une combinaison (K, L)
qui permet soit de réaliser le niveau de production le plus élevé, étant donné un niveau de
dépense donné, soit de réaliser un niveau de production donné au coût le plus faible. Ceci
donne deux programmes qui caractérisent de la même façon la combinaison d’équilibre (K, L).
71
1er programme : La maximisation du profit passe par la maximisation de la production pour un
niveau de dépense donné.
Pour maximiser son profit, la firme doit choisir le niveau de production Y étant donné CT ou
encore :
72
Afin de résoudre ce programme d’optimisation sous contrainte, on écrit le lagrangien:
Les conditions nécessaires de maximisation du lagrangien sont telles que : ��/�� = ��/�� =
��/�� = 0. Ce qui nous donne le système de trois équations à trois inconnues suivant :
�� (�, �)/�� − �� =0
�� (�, �)/�� − �� = 0
�� = � � + � �
CT = w L + r K
La résolution de ce système de deux équations à deux inconnues nous donne les fonctions de
demande des facteurs en fonction de w, r, et CT.
K = K (w, r, CT)
L = L (w, r, CT)
A l’équilibre, le producteur choisit K et L qui réalisent le niveau de production le plus élevé, étant
donné le niveau de dépenses, en égalisant le TMST au rapport des prix des facteurs.
Exercice : on a une fonction de production de type Cobb-Douglas : Y = K L, les prix des facteurs de
production sont w = r = 1 et le producteur dispose de 10 u.m. pour acheter les inputs. Ici, le
producteur est contraint par les dépenses en facteurs, déterminer les quantités de facteurs K et L
qui vont maximiser sa production ainsi que le niveau de celle-ci ?
2ème programme : Lorsque la firme dispose d’informations sur les prix du bien et des facteurs et
que son objectif consiste à réaliser un niveau de production donné pour répondre à une certaine
demande à un moindre coût, alors elle va maximiser son profit à travers la minimisation des
coûts de production étant donné le niveau de production Y qu’elle veut produire.
Graphiquement, étant donné l’isoquant, elle va chercher à se situer sur la droite d’isocoût la plus
basse.
73
Analytiquement, le programme consiste à :
Pour résoudre ce programme de minimiser sous contrainte, on écrit le lagrangien comme suit:
min� �, �, � = � � + � � + � � − �(�, �)
Les conditions nécessaires de minimisation des coûts sous contrainte du niveau de production
�� �� ��
sont telles que �� = �� = = � . Ce qui nous donne le système de trois équations à trois
��
inconnues suivant :
��� �, �
−�=�
��
��� �, �
−�=�
��
Y = f (K,L)
Y = f (K, L)
La résolution de ce système de deux équations à deux inconnues K et L nous donne les fonctions
de demande des facteurs de w, r et Y.
K = K (w, r, Y)
L = L (w, r, Y)
74
producteur désire produire Y = 4 unités. Déterminer les quantités de facteurs optimales et le
niveau de dépenses correspondant ?
L’équilibre du producteur suivant ces trois versions permet d’obtenir des fonctions de demande
des facteurs de production. Ces fonctions dépendent des prix des facteurs et du niveau de
dépense ou bien du niveau de production selon la nature du problème étudié. Par ailleurs, à
l’équilibre les facteurs de production sont toujours rémunérés à leur productivité marginale.
On passe d’un équilibre à un autre suite au changement du niveau de dépense totale en inputs
CT.
TMSTKàL = α L / β K = r /w
K = (α w / β r) L
Ce sentier est linéaire, passe par l’origine et il correspond à une intensité capitalistique K /L =
cste. Cela implique que lorsqu’elle augmente son échelle de production, la firme change les
quantités des facteurs de production selon une proportion fixe, sans substituer un facteur à un
autre. Toutefois, ceci est valable uniquement pour les fonctions de type Cobb-Douglas, mais ce
n’est pas toujours le cas.
Un sentir d’expansion non linéaire traduit la non séparabilité entre les décisions de substitution
et les décisions relatives à la variation de l’échelle de production.
75
Les graphiques ci-dessous illustrent respectivement le cas d’une expansion de la production qui
s’effectue simultanément avec une substitution du capital au travail et le cas où l’expansion de la
production s’accompagne d’une substitution du travail au capital.
D’abord, la firme minimise le coût de production d’un niveau donné d’output, ce qui permet de
dégager une fonction de coût total qui dépend du niveau de production. Ensuite, la firme
détermine le niveau de production qui correspond au profit maximum.
Dans cette section nous allons déterminer les caractéristiques de la fonction de coût total. La
fonction de coût total est définie comme le coût minimum de production d’un niveau donné
d’output. Pour dégager cette fonction, on doit distinguer le court terme et long terme.
Supposons qu’à court terme, le capital est fixe. La fonction de coût à court terme est par
conséquent définie par :
Dans le cas de deux facteurs, le problème de minimisation est facile à résoudre. En effet, il suffit
de trouver la plus petite quantité du facteur variable L telle que : f (�, L) = Y.
76
La fonction de demande du travail à court terme n’est rien d’autre que la quantité de travail qui
minimise le coût de production. De façon générale, elle dépend des prix des facteurs w et r et de
la quantité du facteur fixe de sorte que nous écrivons les demandes de facteurs de court terme
comme suit :
L = L (w, r,�, Y)
K=�
CT (Y,�) = w L (w, r, K, Y) + r �
Comme les prix des facteurs sont donnés, de même pour le stock de capital, la fonction de coût
total a une composante fixe, indépendante du niveau de production, et une composante variable,
dépendante du niveau de production. Elle s’écrit désormais comme suit :
CT (Y) = CV (Y) + CF
Attention, la fonction de coût total de court terme dépend des prix des facteurs, du niveau de
production et du stock des facteurs fixes.
La forme générale d’une fonction de coût total de court terme peut être illustrée par le
graphique suivant.
77
La courbe de coût variable met en évidence la caractéristique suivante : le coût variable
commence par croître moins vite que la production, il marque un point d’inflexion et s’engage
dans une évolution selon un rythme plus élevé que la production. La courbe du coût total est
celle du coût variable translatée d’une longueur égale au coût fixe.
A partir de la fonction de coût de court terme, on peut dégager les fonctions de coût moyen et le
coût marginal de court terme.
La fonction de coût moyen, notée CM, mesure le coût par unité d’output. Elle a pour expression
l’équation suivante :
�� (�) �� (�) ��
CM (Y) = �
= �
+ �
= CVM (Y) + CFM (Y)
où CVM (Y) = CV (Y) / Y est le coût variable moyen et CFM (Y) = CF / Y est le coût fixe moyen. Le
coût fixe moyen tend à diminuer lorsque la production augmente, et il tend vers l’infini lorsque la
production tend vers zéro. Cela implique que l’augmentation de la production permet d’atténuer
le poids du coût fixe.
De l’autre côté, le coût variable moyen CVM (Y) ) w L /Y = w/PML. Ainsi, le coût variable moyen
est inversement proportionnel au produit moyen, étant donné le taux de salaire w. On sait qu’à
court terme, la productivité moyenne du travail augmente ensuite diminue. Par conséquent, le
coût variable moyen diminue ensuite augmente.
La fonction de coût marginal, notée Cm, correspond à ce que coûte la dernière unité produite et
il a pour expression :
Cm (Y) = ���/��
A court terme, le coût marginal ne peut correspondre qu’à la dépense occasionnée par l’effectif
des travailleurs engagés pour produire la dernière unité (car le travail est le facteur variable), en
d’autre termes :
= ���/�� + ���(�)/��
= ��� � /��
= �(��)/��
= w ��/��
= w /PmL
On sait qu’à court terme, la productivité marginale croit ensuite décroît. Par conséquent, le coût
marginal décroît ensuite croit.
78
Le coût variable moyen atteint son minimum lorsque le coût marginal est égal au coût moyen. En
effet, la différentiation totale du coût variable moyen implique :
Le graphique suivant nous donne une illustration de l’allure des coût moyen et marginal de court
terme. On dit qu’elles sont des courbes en U.
Compte tenu de la baisse du coût fixe moyen, le minimum du coût total moyen correspond à un
niveau de production plus élevé que celui qui rend minimum le coût variable moyen.
Nous avons déjà résolu ce programme en utilisant le lagrangien. Les conditions nécessaires de
minimisation des coûts nous donnent les fonctions de demande de tous les facteurs de
production en fonction des prix des facteurs et du niveau de production. On a en effet :
79
L = L (w, r, Y)
K = K (w, r, Y)
Si on remplace les fonctions de demande des facteurs, dans la fonction de coût total, on obtient :
Ainsi, à long terme, la fonction de coût total dépend uniquement du niveau de production que
l’entreprise désire produire et des prix des facteurs.
L’expression du coût total de long terme indique simplement que les coûts minimum sont les
coûts que l’entreprise supporte en utilisant les combinaisons de facteurs qui minimisent les coûts.
A partir de la fonction de coût de long terme, on peut dégager les fonctions de coût moyen et de
coût marginal de long terme.
Le coût moyen de long terme, noté CM (Y) correspond à la dépense par unité produite et il est
égal à :
CM (Y) = CT (Y) / Y
Cm = ��� /��
La courbe de coût total de long terme et les courbes de coût moyen et marginal de long terme
peuvent être obtenue de deux autres façons supplémentaires et différentes. Soit à partir du
sentir d’expansion, soit en tant qu’enveloppe à la structure des coûts de court terme.
Rappelons que le sentier d’expansion c’est la courbe reliant tous les points d’équilibre dans
l’espace des facteurs de production. A partir de chaque position d’équilibre on relève le niveau
de coût total et de production qu’on porte dans un plan où la production est portée en abscisse
et le coût total dans l’axe des ordonnées.
80
Exemple : Considérons la fonction de production Cobb-Douglas : Y = AKαLβ
CT = w L + r K = w [1 + α/β] L
Supposons que nous somme à court terme et que le capital est fixe. Supposons également que le
capital ne peut prendre que trois valeurs K1, K2 et K3 et que la firme doit décider de la quantité de
capital qu’elle doit utiliser.
A chaque niveau de capital Ki est associé un coût moyen de court terme noté CMi, comme on
peut le voir sur le graphique suivant :
81
Si le niveau de production que la firme veut produire est inférieur à Y1, alors la firme a
intérêt d’utiliser le niveau de capital K1 plutôt que le niveau de capital K2 ou K3, parce que
K1 permet de produire à moindre coût.
Si le niveau de production est compris entre Y1 et Y2, alors la firme doit engager un niveau
de capital K2 parce que si elle continue à utiliser le niveau de capital K1, son coût va être
plus élevé.
Si le niveau de production est supérieur à Y2, la firme trouvera plus avantageux d’utiliser
le niveau de capital K3.
En définitive, pour différents valeurs possibles de T, la firme doit choisir le stock de capital de
plus faible associé à chaque niveau de production. Dans la mesure où à long terme la firme peut
ajuster son stock de capital, le coût total de long terme n’est rien d’autre que le coût total de
court terme correspondant au stock de capital le plus faible. Et le coût total de long terme est
obtenu en minimisant le coût total de court terme par rapport au stock de capital. Ce qui revient
à choisir le stock de capital fixe en fonction du critère suivant :
La courbe en gras, sur le graphique ci-dessus, représente le coût moyen de long terme. Les
niveaux de production Y1 et Y2 rendent compte du fait que la firme doit changer son stock de
capital.
Dans le cas général, si on considère une succession infinie de courtes périodes, les points
anguleux de la courbe en gras vont disparaître et la courbe de coût moyen de long terme notée
CMLT va apparaître comme une courbe enveloppe à plusieurs courbes de coût moyen de court
terme.
Chaque courbe de coût moyen de court terme est tangente à la courbe enveloppe en une
position bien déterminée,
82
Le coût marginal de long terme coupe la courbe de coût moyen de long terme au
minimum du coût moyen de long terme,
Le coût marginal de long terme coupe chaque coût marginal de court terme lorsque le
coût moyen de court terme correspondant est tangent au coût moyen de long terme.
Exemple :
� 1/β
Le coût total de court terme est: CT (Y) = r � + w �
Le coût total de long terme implique l’ajustement de � de façon à minimiser le coût total de
courte terme :
���(�) � �� β/α+β
��
=0 → r - � w Y1/β �-α+β/β = 0 → � = ( ��
) Y1/α+β
�� α/α+β 1/α+β
et L = ( ��
) Y
Cette expression de L est identique à celle obtenue dans le cas du sentier d’expansion. Si on
remplace l’expression de � dans la fonction de coût total de court terme, on obtient la fonction
de coût total de long terme :
83
� −� 1
�� ��
CTLT (Y) = [ � �� �+� + � �� �+� ] ��+�
Pour finir nous parlons de la relation entre les rendements d’échelle et la fonction de coût
moyen de long terme.
Les rendements d’échelle sont constants, lorsque li coût moyen de long terme est
constant avec la production, c’est le cas lorsque le CMLT (Y) = CmLT (Y)
Les rendements d’échelle sont croissants, lorsque le coût moyen de long terme est
décroissant avec la production, ceci implique que CMLT (Y) > CmLT (Y)
Les rendements d’échelle sont décroissants, lorsque le coût moyen de long terme est
croissant avec la production, ceci implique que CMLT (Y) w CmLT (Y)
5. La fonction d’offre individuelle de l’entreprise
Nous avons déjà dit que problème de maximisation du profit peut être décomposé en deux
étapes. D’abord, la firme minimise le coût de production d’un niveau donné d’output, ce qui
permet de définir une fonction de coût total. Ensuite, dans une deuxième étape la firme choisit
le niveau de production qui maximise son profit, étant donné la fonction de coût dégagée dans la
première étape. On a donc :
π (Y) = p Y – CT (Y)
Le profit devient ainsi fonction du niveau de production Y. Dans l’expression du profit ci-dessus,
le coût total CT (Y) désigne le coût de court terme ou le long terme selon l’horizon temporel
considéré.
Le niveau de production qui maximise le profit est tel qu’il y a égalité entre le prix et le coût
marginal. Cette propriété a une interprétation simple. Supposons que le coût marginal soit
inférieur au prix de vente p. Dans ce cas, une unité de production supplémentaire engendre un
supplément de coût inférieur à la valeur de vente de cette unité. Augmenter la production
conduit alors à augmenter le profit. Inversement, si le coût marginal est supérieur au prix, alors
réduire la quantité de production d’une unité permet d’augmenter le profit. Lorsque le profit est
à son niveau maximum, le coût marginal est donc nécessairement égal au prix de vente. La
condition de deuxième ordre pour que le profit soit maximum est telle que a dérivée seconde est
négative, elle s’écrit :
��
� �� � � �−��(�) ���(�)
��
��
= ��
= ��
=- ��
≤0
84
���(�)
Cela veut dire que le profit est maximum lorsque
��
≥ 0 ou encore le coût marginal est
croissant avec la production.
Supposons qu’on est dans le court terme et que la fonction de coût s’écrit :
CT (Y) = CF + CV (Y)
Si l’entreprise décide de ne pas produire, son coût variable sera nul mais elle doit cependant
payer les coûts fixes et son profit sera égal à :
π = p Y – CF – CV (Y) → π = - CF
Dans ce cas, si la firme ne produit pas, son profit sera négatif et elle perdra tous les frais fixes
engagés. L’entreprise ne décidera donc de produire que si le profit est au moins supérieur à CF,
soit la condition :
π (Y) = p Y – CF – CV (Y) ≥ - CF
ou encore :
��(�)
p≥ �
→ p ≥ CVM (Y)
A court terme, l’entreprise ne produit donc une quantité strictement positive que si le prix de
vente est supérieur au coût variable moyen. Si le prix est inférieur au coût variable moyen, la
firme a intérêt de quitter le marché, car cela signifie que les recettes provenant de la vente ne
couvrent même pas les coûts variables de production.
Cette discussion indique qu’à court terme, seule la partie de la courbe de coût marginal située au
dessus de la courbe de coût variable moyen constitue des points possibles pour la courbe d’offre.
Si le point pour lequel il y a égalité entre le prix et le coût marginal est situé au dessous de la
courbe de coût variable moyen, la choix optimal de l’entreprise consiste à ne rien produire. Nous
disposons maintenant d’une représentation graphique de la courbe d’offre comme cela est
illustré ci-dessous :
85
Le trait en gras représente la courbe d’offre de court terme de la firme.
La courbe d’offre de long terme de l’entreprise à long terme indique la quantité que celle-ci
produit de façon optimale, si elle peut ajuster la quantité de facteur fixe à court terme.
p = CmLT (Y)
La condition de deuxième ordre pour maximiser le profit est telle que la dérivée seconde est
négative et donc que le coût marginal est croissant et sa dérivée première est positive.
A long terme, la firme peut notamment choisir de rester ou non dans le secteur d’activité.
Puisqu’à long terme l’entreprise peut toujours réaliser un profit nul en quittant le marché, le
profit qu’elle réalise à l’équilibre de long terme doit être positif ou nul, càd :
π = p Y – CT (Y) ≥ 0
Ce qui signifie que le prix doit être supérieur au coût moyen de long terme :
p ≥ CMLT (Y)
La partie pertinente de la courbe d’offre de long terme est la partie croissante de la courbe de
coût marginal située au dessus de la courbe de coût moyen de long terme, comme on peut le
voir par la portion en gras du graphique ci-dessous :
86
Le seuil de rentabilité correspond à la quantité de production telle que :
Une fois que nous avons déterminé la fonction d’offre individuelle, on peut définir l’élasticité prix
de l’offre.
��
�� �
es = �
�� = �� �
�
L’élasticité d’offre n’est définie que pour un prix supérieur au seuil de fermeture, de sorte que le
niveau de production est positif.
p = Cm (Y)
dp = Cm’ (Y) dY
et donc :
�� �
=
�� ��' (�)
87
Si on remplace l’expression ci-dessus dans l’élasticité d’offre, on obtient :
��(�) �
es = = ���(�)/��(�)
���' (�)
��/�
88