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Cours D'économie

cours d'economie

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COURS D’ECONOMIE

Enseignant: Dr Rached Zouhair

Objectifs du cours:

- Initiation aux concepts fondamentaux de l’économie


- Assurer une ouverture des étudiants sur les problèmes économiques et comprendre
les principaux équilibres économiques.
- Analyse des théories de comportement du consommateur et du producteur.
- Expliquer les principes des échanges internationaux et de la libéralisation économique
- Acquisition des bases de l’économie agro-alimentaire (consommation, filières et marchés).

Programme:

Chapitre 1 : Introduction à l’économie : Objet, Définition et Méthodes

Chapitre 2: Introduction à la microéconomie : Mécanismes du marché

Chapitre 3 : La demande, l’offre et le prix


Section 1 : Théorie de la demande
Section 2 : Théorie de l’offre
Section 3 : Equilibre du marché
Section 4 : Intervention de l’Etat en matière de fixation des prix

Chapitre 4 : Le comportement du consommateur


Section 1 : Rationalité et concept d’utilité
Section 2 : Equilibre du consommateur
Section 3 : Courbe de consommation –revenu et courbe d’Engel
Section 4 : Courbe de consommation-prix et courbe de demande
Section 5 : Elasticités

Chapitre 5 : Théorie de la production et des coûts


Section 1 : Théorie de la production
Section 2 : Théorie des coûts

Chapitre 6- L’économie agroalimentaire


Section 1 : Etat des lieux des filières agroalimentaires en Tunisie
Section 2 : Les politiques agroalimentaires en Tunisie

1
Chapitre 1 : Introduction à l’économie : Objet, Définition et Méthodes
de la science économique

Introduction
La science économique se développe réellement à partie du 18ème siècle, elle est considérée
comme une science jeune. Le terme sciences économiques insiste sur le caractère
scientifique de la théorie. C’est une science dans la mesure où elle emploie des techniques
de calcul et d’analyse empruntées à d’autres sciences (mathématiques, statistiques…) et des
méthodes dont la cohérence interne peut faire l’objet de vérifications logiques. L’économie
étudie la forme avec laquelle les individus et la société effectuent les choix et les décisions
pour que les ressources disponibles, toujours rares, puissent contribuer de la meilleure
forme à satisfaire les besoins individuels et collectifs de la société. La discipline économique
a eu depuis ses débuts plusieurs objets et par conséquent plusieurs définitions.

I- Définitions, Objets, et Méthodes


I-1- Objets et définitions

a. L’économie comme science des richesses

L’objet de l’économie consistait alors à apporter des réponses aux questions suivantes :

- Quelle est la nature de la richesse ?

- Quelles sont ses origines ?

- Comment accumule-t-on la richesse ?

Cette définition est retenue par certains économistes du 18ème et du 19ème siècle. Ainsi
[Link], considéré comme le père fondateur de la discipline économique moderne, intitulait
son livre principal en 1776 « Recherche sur les causes de la richesse des nations ».

Jean B. Say, économiste français du début du 19ème siècle définit l’économie politique en
écrivant dans son « Traité d’économie politique » :

« L’économie enseigne comment se forment et se consomment les richesses qui satisfont


aux besoins des sociétés ».

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Ici, richesse est entendue comme richesse matérielle. D’après cette conception, seuls les
biens matériels peuvent conserver la valeur.

Mais on voit immédiatement l’insuffisance d’une telle définition dans la mesure où elle ne
retient pas dans son champ une importance partie de l’activité économique qualifiée par
l’économiste australien Colin Clark de « tertiaire » et qui comprend les activités des banques,
des assurances, de commerce, de tourisme…

Un nouveau critère est alors introduit pour définir la richesse en tant que : « ensemble des
biens et services utiles et rares pouvant faire l’objet d’une appropriation et possédant une
valeur d’échange ».

b. L’économie comme science de l’échange marchand


Reconnaitre que les biens matériels constituent une richesse dès lors qu’ils peuvent avoir
une valeur d’échange, va déplacer l’objet de l’économie. Celle-ci est alors conçue comme
science de l’échange et de la formation des prix (néoclassiques). Un bien n’est pas de valeur
en soi, la valeur n’apparaît que dans l’échange qui s’opère librement sur un marché. Du
résultat de l’échange nait un prix.

Par suite est économique tout (et seulement) ce qui peut se traduire par un prix. Cette
conception devient insuffisante car l’activité économique, tout en se développement,
nécessite de plus en plus une intervention de l’état qui devient acteur au sein des économies
en assurant une production non marchande de biens publics tels les services de santé,
d’éducation, d’infrastructures… Ces biens n’ont pas de prix et leur étude a donné naissance à
ce qu’on appelle l’économie publique (seconde moitié du 20ème siècle).

c. Les définitions de l’économie comme science de choix


L’examen de la définition précédente nous suggère que l’activité économique comprend un
aspect matériel et un aspect immatériel, chaque aspect ayant ses caractéristiques propres.

Si un individu veut obtenir un salaire (aspect matériel de son activité) et des loisirs (aspect
immatériel) et sachant que :

- Il désire obtenir les deux à la fois.


- Il n’a pas assez de l’un et de l’autre pour satisfaire pleinement son désir de chacun
d’eux.
- Il peut passer son temps soit à avoir plus de loisirs soit à avoir plus de revenu.

Alors, on voit que notre individu doit CHOISIR!

Faire des choix représente un aspect essentiel de l’activité économique.

3
Déjà les classiques (Malthus, Ricardo, Say) étaient conscients de problème de la rareté mais
ce sont essentiellement des auteurs néoclassiques (Walras, Robbins, Hicks, Samuelson) qui
ont essayé de délimiter l’objet de l’Economique à partir du constat de la rareté.

La rareté signifie une situation de non-abondance de ressources telle que pour satisfaire les
besoins en biens et services, il faut dépenser un effort de travail ou consentir des sacrifices.

En conséquence de la rareté, [Link] affirme que toute société, quelque soit son
régime politique, quelque soit son niveau de développement économique, doit apporter une
réponse à trois problèmes économiques fondamentaux :

 Quels biens faut-il produire et en quelles quantités ?


 Comment va-t-on produire ces biens ? (Avec quelles ressources et selon quels procédés
techniques).
 Comment répartir le fruit de la production ? (Partage du produit obtenu entre les facteurs
de production, travail et capital).
A la lumière de ces développements, [Link] avance une définition/objet de la
science économique :
« La science économique recherche comment les hommes et la société décident d’affecter
des ressources productives rares à la production de biens et de services divers, à travers le
temps, et de les répartir à des fins de consommation présente et future entre les
différents individus et collectivités constituant le société »

d. L’économie comme science des choix efficaces


Complétant cette définition, l’économiste anglais [Link] va mettre l’accent sur la notion
des choix efficaces.

Dans les réponses à apporter aux trois questions soulevées par [Link], on remarque
que, dans chaque cas, on est amené à faire des choix. Puisque les ressources sont rares, les
choix doivent être efficaces. Choisir est un comportement économique.

[Link] avance une nouvelle définition/objet de l’Economie :

« L’économie est la science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre
les fins et les moyens rares à usage alternatif »

Les fins (Ce sont des données et l’économiste n’a pas à juger si elle sont bonnes ou
mauvaises : elles se basent sur l’échelle d’estimation des différents sujets économiques, ce
qui implique que les individus rangent leur préférences selon un certain ordre ) que nous
poursuivons, sont multiples alors que le temps et les moyens pour les réaliser sont non
seulement limités mais peuvent avoir des usages alternatifs ( alternatif : un moyen peut être
utilisé à des fins différentes : par exemple, le bois peut servir à la fabrication de meubles ou
à nous chauffer…).

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Maintenant que l’objet de l’économie politique est précisé dans le cadre de cette approche,
nous pouvons nous pencher sur les méthodes adoptées, ce qui nous permettra de savoir si
l’économie politique peut avoir le statut de science.

I-2. Science économique et méthode


Toute science se donne pour objectif d’expliquer le fonctionnement d’un réel. La science est
la connaissance exacte, universelle et vérifiable, exprimée par des lois.

En tant que science, la science économique se propose de rendre la réalité économico-


sociale compréhensible. Pour cela, elle observe d’abord ce réel puis cherche à l’expliquer.
Elle y parvient en simplifiant ce réel (abstraction) pour pouvoir établir des liaisons entre les
phénomènes (lois) qui constituent ce réel.

Pour que l’économie soit une science, il faut qu’elle soit une interprétation de la réalité,
cherchant à découvrir des lois qu’on vérifie par l’expérimentation.

La science économique procède à une représentation du réel pour le comprendre et pour


pouvoir agir sur lui. Comment parvient-elle à cette représentation ? Elle y parvient grâce à
une méthode de connaissance scientifique.

a) Définition
La méthode, c’est l’ensemble des démarches adoptées par l’économiste pour élaborer des
lois économiques qui permettent de rentre compte du fonctionnement d’une réalité
économico-sociale.

La démarche méthodologique met en œuvre un certain nombre d’opérations logiques, en


particulier l’induction et la déduction.

La déduction est une démarche qui consiste à déduire des conclusions à partir de prémisses
(argument de départ d’un raisonnement). C’est un raisonnement logique permettant
d’aboutir à des conclusions à partir d’une ou de plusieurs hypothèses. L’induction consiste à
partir de cas particuliers pour parvenir à des conclusions générales.

b) Les étapes de la méthode


La méthode de connaissance proprement dite se déroule selon les étapes suivantes :

1. L’observation des phénomènes économiques, qui est rendue possible grâce à


l’économie descriptive, à la statistique et à l’observation directe.
2. La simplification du réel en distinguant entre les aspects essentiels et les aspects
secondaires, qui est une phase d’abstraction (démarche inductive).
3. La construction théorique afin de parvenir à la connaissance du fonctionnement réel,
qui est une phase déductive et qui comprend :

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- L’élaboration d’une ou de plusieurs hypothèses (déduites du réel qu’on cherche à
interpréter).
- L’élaboration de lois à la suite d’un raisonnement causal, où sont recherchées les
relations entre les phénomènes : la loi ainsi élaborée, articulée à d’autres lois et
concepts, donne naissance à une théorie qui doit être vérifiée pour avoir le caractère
scientifique.
- La vérification de la théorie est indispensable car il faut confronter les enseignements
de la théorie aux faits, c'est-à-dire la réalité : si la théorie explique cette réalité, elle
est acceptée provisoirement sinon elle est rejetée (utilisation de l’outil statistique, de
l’économétrie…).

Les propositions de l’économie sont des déductions à partir d’hypothèses reflétant


précisément les faits de la vie quotidienne : ce qui fait qu’une correspondance est possible
entre, d’une part les hypothèses et les faits et d’autre part les déductions et les faits, étant
donnée la cohérence entre les hypothèses et les déductions.

Les implications sont inévitables dans la mesure, où à partir de postulats, les conséquences
qui s’en suivent ont le caractère de nécessité.

Les lois économiques, ayant le caractère inévitable, ont une valeur prédictive comme le sont
les lois scientifiques.

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Le schéma suivant résume cette démarche :

Hypothèses (lois objectives)

Processus de déduction

Résultats théoriques Modifications

(Propositions ou lois subjectives) Des

Hypothèses

Processus d’observations empirique

Acceptation provisoire Rejet

Les propositions de l’économie sont des déductions à partir d’hypothèses reflétant


précisément les faits de la vie quotidienne : ce qui fait qu’une correspondance est possible
entre, d’une part les hypothèses et les faits et d’autre part les déductions et les faits, étant
donnée la cohérence entre les hypothèses et les déductions.

Les implications sont inévitables dans la mesure, où à partir de postulats, les conséquences
qui s’en suivent ont le caractère de nécessité.

Les lois économiques, ayant le caractère inévitable, ont une valeur prédictive comme le sont
les lois scientifiques.

La science économique s’est dotée d’une analyse et d’un cadre théorique ainsi que d’une
recherche et démarche empirique. La théorie emploie un raisonnement abstrait à même de
tirer des conclusions à partir d’hypothèse initiale, la recherche empirique quant à elle est de
la nature inductive. Ces deux démarches sont concurrentielles dans le sens où la théorie

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constitue un fil conducteur à l’étude empirique alors que cette dernière permet de vérifier la
véracité des postulats.

Chaque théorie s’articule autour de trois composantes, les données, les variables et les
hypothèses et ses conclusions sont toujours ou conditionnelles.

Des conclusions théoriques demeurent relatives et prennent la forme suivante « Que se


passerait-il si ? ». Il en résulte que tous modèles théoriques ne traduisent jamais
parfaitement la réalité.

L’analyse économique fait appel aux lois de la logique d’où l’usage fréquent de
raisonnements mathématiques. Les mathématiques fournissent à l’économiste une panoplie
d’outils souvent utiles et plus expressifs qui permettent de traduire des opérations dans un
langage universel. C’est ainsi que les fonctions mathématiques sont toujours sous jacent à la
plupart des fonctions et théories économiques.

Afin d’illustrer cette démarche, nous proposons l’exemple économique suivant :

Soit une situation dans un pays caractérisée par un grand effort en matière d’exportation
(les journaux en parlent et les discours officiels font de l’exportation l’élément moteur de la
croissance) ; c’est la réalité et l’économiste essaie de la comprendre.

L’économiste commence par l’observation statistique, en constituant une série de données


sur les différents produits exportés et ce sur longue période.

Ainsi il retrace une évolution globale des exportations, X, et l’évolution du produit global, Y ;
ensuite, il fera le rapport des exportations et du produit global, X/Y. C’est une image
simplifiée du lien possible entre deux grandeurs.

Pour comprendre la nature de ce lien, l’économiste avance une hypothèse qui consiste à
admettre que l’activité productive dans le secteur exportateur est plus efficace que le
secteur non exportateur.

Si Y est le produit et L, le nombre d’actifs dans la production (travail), nous obtenons, en


faisant le rapport, Y/L, la productivité moyenne du travail (indicateur d’effort).

Avec cet instrument de mesure, on calcul la productivité moyenne dans le secteur


exportateur, IIₓ ₌ Yₓ ⁄ Lₓ et celle du secteur non exportateur, IINₓ ₌ Y Nₓ ⁄ L Nₓ

La première est plus élevée que la seconde (étude de données statistiques sur le produit et
l’emploi).

Nous en déduisons que la productivité du secteur exportateur a, de par les liens entre les
différents secteurs au sein d’une économie, une influence positive sur la productivité du

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secteur non exportateur. De telle sorte, et c’est une déduction, que la productivité de
l’ensemble de l’économie II, est influencée de façon favorable par l’exportation. De là, plus
un pays est ouvert (degré d’ouverture indiqué ici par X⁄Y), plus sa productivité est élevée.

D’où la loi suivante : « La productivité croît à mesure que les marchés s’élargissent ».

En liant le produit Y aux exportations et en retenant la loi économique dégagée, on parvient


à l’élaboration d’une théorie de la croissance à savoir la théorie de la croissance tirée par
l’exportation.

Nous vérifions si cette théorie est vraie ou non. On peut pour cela construire un modèle
économétrique qui lie l’évolution du produit global sur une longue période à celle des
éléments qui contribuent à sa formation. Ces éléments sont d’une part les facteurs de
production capital, K et travail, L, et d’autre part les exportations d’où

Y = F (K, L, X)

Le test statistique de cette relation nous permet de saisir les contributions respectives de
chaque élément. S’il montre que la contribution des exportations est relativement plus
importante que celle des autres facteurs, alors la théorie est acceptable car celle nous
permet de savoir comment la croissance du pays s’est faite.

La tentative de Robbins et des tenants de l’approche par les lois naturelles consiste à donner
un objet à l’économie, à proposer une méthode et à conclure que l’économie politique est
une science obéissant à des lois naturelles et universelles, lois de fonctionnement des
sociétés qui s’imposent à tout et que les hommes ne peuvent changer (elles ne se limitent ni
à des conditions de temps ni à des conditions de lieu).

II- Branches de l’économie: Micro-économie et Macro-économie

II-1 : La macro-économie
Le préfixe « macro » signifie grand et la macro-économie signifie l’économie des grandes masses.
Le macro-économiste s’intéresse à des problèmes globaux tels que la production totale, l’emploi
et le chômage totaux, le niveau général des prix et son taux de variation, le taux de croissance
économique…

La macro-économie mesure l’activité économique globale et procède par une analyse à deux
niveaux :

- Elle s’intéresse aux groupes sociaux (ménages, entreprises…)


- Elle concerne les variables à l’échelle de l’ensemble du pays, d’un secteur ou d’un groupe
social (consommation nationale, revenu national…)

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Elle poursuit les objectifs suivants :

- Identifier et isoler les variables économiques, production, consommation, offre de


monnaie…
- Etablir les relations les plus pertinentes entre ces variables comme celles existantes
entre consommation et revenu, monnaie et prix ou production et emploi
- Diagnostiquer et analyser les déséquilibres et dysfonctionnements entre ces variables
(chômage et inflation)
- Proposer les instruments et les règles de politique économique pour traiter ces
problèmes.

II-2 La micro-économie
Le préfixe « micro » signifie petit, et la micro-économie est l’analyse économique qui se situe
au niveau des petites unités. Elle a pour fondement le comportement d’optimisation
d’unités individuelles, telles que les ménages et les firmes. Elle traite dans le détail les
décisions individuelles portant sur des biens et des services particuliers et essaie de
reproduire le raisonnement de l’individu dans la société (supposé rationnel).

La micro-économie montre alors que le comportement rationnel des individus bien informés
fait apparaitre pour l’ensemble de l’économie un état d’équilibre optimal de l’offre et de la
demande.

La microéconomie traite donc des comportements individualisés du consommateur et du


producteur. MALINVAUD souligne que l’objet principal de la microéconomie demeure la
détermination simultanée des prix et des quantités produites échangées et consommées.

L’objectif étant l’organisation optimale de la production, de la distribution et de la


consommation en liaisons avec un cadre institutionnels donné.

Entant que branche de l’analyse économique, la microéconomie à pour objet l’étude du


comportement des agents économiques individuels.

Ce comportement résulte à la fois de la diversité des fins, des besoins, de la rareté des
ressources, de l’usage alternatif et ses dernières.

Il se traduit par un Choix qui prend la forme d’un comportement d’optimisation : un


comportement de maximisation ou de minimisation sous contraintes.

Des détendeurs de ressources et de travailleur qui offrent leur service de travaille et


perçoivent une contre partie de ressources de même dans cette catégorie figures les
capitalistes qui louent la faculté d’utilisation de capitale en contre partie d’un intérêt.

La théorie économique s’intéresse essentiellement aux deux premières catégories d’agent.

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Le consommateur et le producteur adapte un comportement de maximisation sous
contrainte. Le premier maximise la satisfaction sous contrainte de revenus alors que le
deuxième maximise sa production (minimise ces coûts) sous contrainte de coût (sous
contrainte d’un niveau désiré).

L’agent économique, qu’il soit producteur ou consommateur est supposé être toujours
représentatif, il adopte sous l’hypothèse de la rationalité le même comportement
d’optimisation.

La théorie du comportement du consommateur traitera des fondements de la formation de


la fonction de demande suite à un ensemble de développement microéconomique.

La théorie du comportement du producteur fournira la fonction de production et des coûts


ainsi que l’équilibre du producteur et la loi des rendements d’échelle décroissants.

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Chapitre 2 : Introduction à la micro-économie : Les mécanismes du
marché

La micro-économie étudie le comportement des agents économiques (consommateurs,


entreprises, banques, assurances, administrations étatiques, etc.) qui poursuivent des objectifs
contradictoires et qui leurs sont spécifiques. Les objectifs des agents économiques consistent à
satisfaire des besoins, exemple maximiser la satisfaction pour le consommateur et le profit pour
le producteur. Toutefois, ils ne peuvent pas atteindre leurs objectifs, sans subir des contraintes,
car les ressources disponibles sont rares.

Deux hypothèses fondamentales précisent la spécificité de la démarche micro-économique.

D’abord, on suppose que les agents économiques sont rationnels. En effet, les agents
économiques sont confrontés à plusieurs choix possibles de biens et de quantités d’un même
bien. Certains ne sont pas réalisables, car leurs ressources ne leur permettent pas de les
atteindre. D’autres sont par contre réalisables, mais ne leur permettent pas de réaliser
nécessairement leur objectifs. Dans la mesure où ils sont rationnels, ils effectueront les
meilleurs choix qui leur permettent d’optimiser (maximiser) la satisfaction de leur besoins, dans
les limites des ressources disponibles.

Si on prend l’exemple du consommateur, il a un revenu constitué par le salaire et/ou autre


revenu, tel que dividendes sur des actions, rentes dégagées de la location d’une maison, d’une
terre, intérêt rémunérant un compte d’épargne, etc. puisqu’il n’a pas de droit de dépenser plus
qu’il ne gagne, ce revenu représente une contrainte. Lors de ses dépenses, il fait également face
aux prix des différents biens sur lesquels il ne peut pas agir.

Etant donné son revenu, et les prix des différents biens, il doit choisir de façon optimale
comment dépenser son revenu ou allouer ses ressources rares entre les différents biens à
consommer afin de tirer le maximum de satisfaction ou d’utilité. Il aura atteint alors ses
objectifs.

De même, un producteur a pour objectif de maximiser sa rentabilité, mais il a une contrainte de


ressources. Etant donné le prix du travail, du capital et des biens intermédiaires, ainsi que la
demande du marché pour son produit et le prix de vente, qui sont tous contraignants, il doit
choisir les meilleures quantités de travail, de capital et de biens intermédiaires à incorporer
dans le processus de production afin de maximiser sa production et son profit.

L’étudiant est aussi un agent économique rationnel. En effet, dans la mesure où il ne travaille
pas généralement en Tunisie, il perçoit tous les mois un argent de poche et⁄ ou une bourse, qui
représentent sa contrainte de ressources. Il fait également face à plusieurs choix possibles de
biens : voiture, moto, livres, cahiers, stylos, CD, CD-Rom, cassettes, cigarettes, vêtements, etc.
Etant donné les ressources dont il dispose tous les mois, et les prix des différents biens qu’on

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vient de nommer, il doit allouer son budget de manière a choisir les quantités de chaque bien
qui maximisent sa satisfaction. De par ce comportement rationnel, il aura atteint son objectif.
Noter que certains biens, tels que voiture et moto, ne sont pas réalisables pour certains
étudiants, bien qu’ils soient désirés. Ils ne les achètent pas, car ils ne sont pas accessibles par le
revenu dont ils disposent.

Le principe de rationalité suppose donc que chaque agent économique ait des objectifs bien
déterminés (maximiser l’utilité ou le profit) que la démarche micro-économique prend comme
point de départ. Elle ne s’interroge pas sur ce qui a déterminé ces objectifs, mais elle analyse
comment les individus ou les organisations agissent pour les atteindre de façon optimale. Par
exemple, on ne se demande pas pourquoi tel individu a une préférence pour les boissons
alcoolisées et on ne porte pas de jugement sur ses préférences, mais on fait ce constat et on
analyse comment il alloue ses ressources entre les boissons alcoolisées et d’autres biens
disponibles.

La deuxième hypothèse fondamentale concerne les modalités avec lesquelles les agents
économiques s’efforcent d’atteindre leurs objectifs. Dans le fonctionnement des sociétés, les
agents économiques peuvent atteindre leurs objectifs de plusieurs manières. Par exemple, ils
peuvent atteindre leurs objectifs par la contrainte, la persuasion, ou même de façon illégale. A
l’inverse l’analyse micro-économique s’intéresse à la manière dont (ou comment) les individus
réalisent leurs objectifs à travers l’échange marchand. Le concept de marché est donc au cœur
de l’analyse micro-économique.

Le marché est défini ici comme le mécanisme qui organise la confrontation des offres et des
demandes pour un certain type de bien ou de service et qui conduit à la détermination d’un prix.
L’objectif des offreurs est d’avoir le prix le plus élevé, tandis que les demandeurs cherchent à
avoir le prix le moins élevé. Ces deux objectifs sont contradictoires et la transaction n’aura lieu
que si les offreurs et les demandeurs se mettent d’accord sur un prix. A ce prix, l’échange est
volontaire et mutuellement avantageux. C’est ce caractère d’avantage réciproque qui fonde
l’échange marchant par opposition avec d’autres types de relations comme le vol ou le don.

Principe de rationalité et priorité accordée à l’échange marchand fondent donc la démarche


micro-économique.

Toute analyse micro-économique repose ainsi sur deux types d’axiomes. Les axiomes qui
définissent les objectifs prêtés aux agents et les axiomes qui décrivent l’organisation des
marchés et le cadre institutionnel dans lequel se développent les échanges. Cette méthode
s’oppose à la démarche macro-économique. En effet, la macro-économie explique comment se
déterminent des quantités agrégées à l’échelle nationale telles que la production, la
consommation, l’investissement et des indices globaux tels que le taux de chômage, le taux
d’inflation. En macro-économie la diversité des comportements et des objectifs est
systématiquement gommée par l’usage du concept d’agent représentatif.

La micro-économie, par ailleurs est à la fois une science positive (ou explicative) et normative.

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Comme science positive, la micro-économie rend compte des comportements des agents et de
l’interaction de ces comportements. Le point de départ de l’analyse micro-économique, c’est
l’explication du comportement des agents économiques : comment les agents économiques
déterminent-ils leurs actions en fonction des signaux que leur envoie le marché ? Ces signaux
sont donnés généralement par le prix.

Les choix d’un consommateur dépendent ainsi des prix multiples des différents biens dont il
peut à priori envisager l’acquisition, des ressources financières présente et future.

De même, les décisions d’embauche ou d’investissements d’une entreprise dépendent des prix
d’achat et de vente auxquels elle peut acheter des matières premières ou de vendre ses
produits et du caractère plus ou moins limité de ses débouchés. Elles dépendent aussi du taux
de salaire horaire qui détermine le coût salarial ou des conditions auxquelles elle peut obtenir
un crédit pour fiancer l’achat d’un nouvel équipement.

L’analyse micro-économique montre aussi comment ces comportements interagissent. Ainsi,


par exemple ce sont les demandes exprimées par les ménages qui définissent les débouchés des
entreprises qui produisent des biens de consommation et inversement ce sont des décisions
d’embauche des entreprises qui déterminent le revenu des salariés. C’est l’analyse du
fonctionnement de l’ensemble des marchés qui permet de comprendre la logique de ces
interactions et expliquer comment simultanément se déterminent les prix et les quantités
échangées.

Comme science normative, la micro-économie étudie les modalités les plus favorables pour
organiser la production, la distribution et la consommation des biens et services. Cet aspect
normatif de l’analyse micro-économique s’applique en premier lieu au fonctionnement et à
l’organisation des marchés, du double point de vue de l’efficacité dans l’allocation des
ressources et de l’équité dans la distribution des richesses. Une économie de marché utilise-t-
elle efficacement les ressources productives disponibles ou induit-elle au contraire des
inefficacités et des gaspillages ? Dans ce cas faut-il réglementer le fonctionnement du marché ?
Comment les préoccupations d’équité doivent-elles interférer avec le souci de l’efficacité dans
l’organisation des échanges ? Les concepts de l’analyse micro-économique sont
vraisemblablement les plus appropriées pour répondre à ces questions.

D’autre part, certaines décisions relatives à la production ou à l’utilisation de biens et de


services (ou les conséquences indirectes et ces décisions) échappent aux lois du marché et il
convient de s’interroger sur les modalités permettant de les infléchir dans un sens jugé
souhaitable. C’est le cas lorsqu’une entreprise est l’origine d’une pollution dont pâtissent les
riverains. Ceci est un exemple de ce qu’on appelle un effet externe, c'est-à-dire une situation où
le bien-être de certains agents économiques dépend des actions prises par d’autres agents
économiques sans que le marché intervienne. On conçoit qu’il y ait place pour une action
correctrice, par exemple en taxant l’entreprise polluante ou en la subventionnant si celle-ci
adopte une technologie moins polluante. De même lorsqu’une administration publique décide

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de construire un pont ou un hôpital, les décisions prises ne sont pas toujours évaluables en
termes de rentabilité. Il faut cependant définir des critères permettant de juger de leur
opportunité.

Le marché d’un bien ou d’un service réalise la confrontation de l’offre et de la demande d’un
bien ou service et conduit à la détermination d’un prix d’équilibre auquel aura lieu la transaction.
Notre objectif consiste à déterminer et à étudier les propriétés de l’équilibre du marché. Nous
commencerons donc par étudier les caractéristiques de la demande, ensuite celles de l’offre
pour enfin mettre en évidence les mécanismes qui aboutissent à l’équilibre du marché.
L’équilibre du marché sera ensuite soumis à des chocs exogènes, dont on analysera les
conséquences.

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Chapitre 3 : La demande, l’offre et le prix

L'objectif de ce chapitre consiste à déterminer et étudier les propriétés de l'équilibre qui


s'établit au niveau de l'échange d'un bien à partir de la confrontation entre la demande et
l'offre du bien en question.

La détermination de l'équilibre du marché permet de mettre en évidence la mécanique du


marché. Ce dernier joue un rôle fondamental dans la régulation de la demande et de l'offre. Il
est qualifié par Adam Smith comme une main invisible capable d'assurer, moyennant une
coopération volontaire, la cohérence d'un nombre très élevé de décisions individuelles à
finalités contradictoires, ce qui permet d'aboutir à une affectation optimale des ressources.

SECTION 1 : LA THEORIE DE LA DEMANDE

1. 1. La demande individuelle d’un bien


1.1.1. Concept de quantité demandée d’un bien
Considérons un consommateur quelconque. La quantité qu’il demande d’un bien explique sa
réaction à un signal sur le prix. A chaque prix, le consommateur est capable d’indiquer la
quantité maximale d’un bien qu’il désire acquérir à un instant donné. Cette quantité
maximale fait référence à une quantité qu’il souhaite acheter et pas nécessairement à celle
qu’il va effectivement acheter. A cet égard, il faut distinguer la quantité demandée de la
quantité effectivement achetée sur le marché, à l’équilibre.

1.1.2. Les facteurs qui influencent la demande individuelle

Le prix du bien en question: Plus le prix d’un bien est élevé, plus la quantité
maximale que le consommateur désire acheter de ce bien est faible, toutes choses étant
égales par ailleurs. La demande individuelle du consommateur peut être ainsi exprimée par
une relation fonctionnelle qui indique la quantité maximale du bien que le consommateur
désire acheter à un instant donné pour différentes valeurs positives du prix.

D’autres facteurs, autres que le prix d’un bien expliquent toutefois la demande individuelle
du consommateur pour ce même bien. L’analyse micro-économique retient les principaux
déterminants suivants :

16
Le revenu : Le revenu du consommateur a un effet sur les quantités demandées d’un
bien. En général, si le revenu augmente, alors les quantités demandées augmentent, toutes
choses étant égales par ailleurs, ou si le revenu diminue, les quantités demandées diminuent,
toutes choses étant égale par ailleurs. Néanmoins, nous allons voir plus tard qu’il y a des
exceptions, c'est-à-dire des cas où lorsque le revenu augmente, la demande diminue.

Les prix des autres biens : Les prix de beaucoup d’autres biens exercent un effet sur
la demande d’un bien donné. De façon sommaire, la théorie économique opère la
classification suivante :

a. Les biens dont les prix n’affectent pas les quantités demandées d’un bien donné
s’appellent des biens indépendants. C’est comme le lait, et les postes de télévisions.
Si le prix du lait change, la demande de télévision reste inchangée.
b. Les biens qui permettent de satisfaire à peu près les mêmes besoins que le bien en
question s’appellent des biens substituts. C’est comme le lait de vache liquide, et le
lait en poudre pour bébés. Si le prix du lait en poudre augmente, les mamans vont
substituer le lait de vache au lait en poudre ; les deux biens sont substituts. La
quantité de lait en poudre va par conséquent diminuer au profit du lait de vache qui
augmente. Le même raisonnement tient pour le thé et le café.
c. Les biens complémentaires, qui sont censés être utilisés conjointement avec le bien
en question pour satisfaire le même besoin. Exemple, le sucre, le café et le lait sont
complémentaires pour les personnes qui ne désirent boire que du café au lait sucré.
Ces trois biens ne sont pas complémentaires par exemple pour les personnes qui ont
une préférence pour le lait pur sans sucre et sans café. Un autre exemple de biens
complémentaires, c’est l’essence et les voitures. On ne peut pas faire rouler une
voiture sans essence. Si le prix d’un des biens complémentaires augmente, sa
demande diminue et celles de tous les biens complémentaires également. Ainsi
l’augmentation du prix d’essence, diminue la consommation de l’essence et
l’utilisation de voiture.

Le goût des consommateurs : Le gout du consommateur véhicule une dimension


qualitative qui transcrit le degré de désidérabilité du bien par le consommateur. Dans un
extrême, indépendamment des mouvements des prix, le consommateur affiche une
neutralité vis-à-vis du bien en question. Un non fumeur n’achète pas de cigarettes, non pas
parce que le prix des cigarettes est jugé trop élevé, mais plutôt parce qu’il ne le désire pas.
Dans un autre cas extrême, le consommateur signifie qu’il ne pourrait pas se passer du bien
en question ; il achèterait alors une quantité donnée indépendamment du prix. C’est le cas
d’un toxicomane qui cherche par tous les moyens à acheté sa dose de drogue
indépendamment du prix et surtout indépendamment de l’illégalité de la situation dans
laquelle il se met. Entre ces deux cas extrême, il y a une diversité des préférences. Pour le

17
moment contentons nous de considérer que le gout du consommateur est une variable
qualitative qui exerce un effet sur la demande d’un bien.

Eu égard à ces différents déterminants de la demande individuelle, celle-ci apparait comme


une fonction à plusieurs variables. Supposons que xdiz la quantité maximale demandée du
bien i par l’individu z, pi le prix de marché du bien i, ps le prix du bien s substitut au bien i, pc
le prix du bien c complément au bien i, Rz le revenu de l’individu z, alors la fonction de
demande de l’individu z peut être écrit de la manière suivante :

Xdiz = f [pi, ps, pc, Rz, goût]

Supposons en plus que la fonction f est linéaire et qu’elle s’écrit de la manière suivante :

Xdiz = a – bpi + cps – dpc + eRz

Où a, b, c, d et e sont des scalaires positifs. Elle indique que lorsque pi augmente, la demande
de l’individu z notée xdiz diminue, toutes choses étant égale par ailleurs, c’est-à-dire ps, pc , Rz
restent inchangés.

Lorsque ps le prix du bien s substitut augmente, la demande individuelle du consommateur z


augmente, toutes choses étant égale par ailleurs, c’est-à-dire pi, ps, Rz restent inchangés.

Lorsque pc le prix du bien c complémentaire au bien i augmente, la demande individuelle du


consommateur z diminue, toutes choses étant égale par ailleurs, c’est-à-dire pi, ps, Rz restent
inchangés.

Lorsque le revenu de l’individu z Rz augmente, la demande individuelle du consommateur z


augmente, toutes choses étant égale par ailleurs, c’est-à-dire pi, ps, pc restent inchangés.

La linéarité de la fonction de demande, ainsi que le sens de variation de la quantité


demandée suite au changement des différents prix et du revenu sont des cas particuliers.
Nous verrons plus loin d’autres cas possibles.

Devant les difficultés liées à la manipulation des fonctions à plusieurs variables et afin
d’isoler l’effet du changement de prix d’un bien sur sa demande, il faut fixer ou considérer
comme exogène les autres variables influençant le demande c’est-à-dire le prix des biens
substituts et compléments ainsi que le revenu, c’est l’hypothèse toutes choses étant égale
par ailleurs. Ainsi, la fonction de demande individuelle du bien i par le consommateur z
devient fonction du prix de ce bien, étant donné le prix des autres biens et le revenu.

1.1.3. La loi de la demande


Sous l’hypothèse toutes choses étant égales par ailleurs, ou Ceteris Paribus en Latin, la
demande d’un bien apparait comme une relation fonctionnelle inverse entre la quantité

18
maximale demandée d’un bien et différentes valeurs possibles de son propre prix. Plus le
prix augment, plus la quantité maximale demandée diminue, toutes choses étant égales par
ailleurs.

La courbe représentative de la fonction de demande est ainsi décroissante (strictement


décroissante ou constante). Son allure descendante s’appelle la loi de la demande. Du point
de vue de la représentation graphique les économistes retiennent la convention suivante
laquelle les quantités demandées sont portées sur les axes des abscisses et les valeurs
possibles du pris sont protées sur l’axe des ordonnées. Evidemment, cette convention est
contraire à ce qui est habituellement initié. Une représentation graphique d’une fonction y =
f (x) porte x et y respectivement sur l’axe horizontal et sur l’axe vertical.

Prenons pour les besoins de l’illustration l’exemple d’une fonction de demande linéaire qui a
la forme suivante :

xdiz = a - bpi

où a et b des scalaires positifs. Cette fonction de demande présente les caractéristiques


suivantes :

- Si pi ≥ a ⁄ b, la quantité demandée est nulle. Le niveau de prix pi = a ⁄ b s’appelle le prix


de réserve. C’est le prix au-delà duquel le consommateur émet une réserve concernant
la consommation du bien.

La fonction de demande est alors définie comme suit :

xdiz = a – bpi si pi < a ⁄ b

xdiz = 0 si pi ≥ a ⁄ b

- Si le prix est nul, la quantité maximale que le consommateur souhaite acheter est xdiz =a

Cette quantité s’appelle la quantité de saturation ; c'est-à-dire même si le produit est


proposé gratuitement, le consommateur ne va pas acquérir une quantité supérieure à xdiz.

Avant de tracer la courbe de demande, il faut déterminer s’il a lieu le prix de réserve et la
quantité de saturation.

19
Représentation graphique de la fonction de demande linéaire

Tout point de la courbe indique une combinaison particulière prix – quantité maximale
désirée. Si le prix du bien change, il y a un déplacement le long de la courbe de demande
individuelle et la quantité maximale demandée change aussi en sens inverse.

1.2. La demande globale d’un bien (la demande du marché)

1.2.1 Définition
Chaque individu se présente sur le marché avec une fonction de demande individuelle, qui
exprime ses désirs. Toutes les demandes individuelles s’additionnent pour constituer la
demande du marché. Une distinction doit ainsi être faite entre les demandes individuelles et
la demande du marché. Une distinction doit ainsi être faite entre les demandes individuelles
et la demande du marché.

La demande du marché d’un bien est la somme des demandes individuelles de ce même
bien. Supposons qu’il y a N individus, la demande du marché du bien i notée XDi est égale à :

XDi= �=1
��i z

Cette définition met clairement en évidence le point de vue selon lequel le comportement
collectif ne peut être obtenu qu’à partir du comportement individuel.

Détermination analytique et représentation graphique de la demande du marché.

La détermination analytique de la demande du marché distingue deux cas selon que les
consommateurs sont identiques ou non.

1er cas : Lorsque les consommateurs sont identiques, c'est-à-dire ils ont les mêmes
fonctions individuelles ou encore prix de réserve, alors la demande du marché pour le bien i
est égale au nombre de consommateurs N du bien i multiplié par la demande individuelle
représentative.

XDi= N x xdi z

20
Où xdi = xdiz . Ce cas trivial est tel que, du point de vue de la représentation graphique, la
courbe de demande du marché coupe la courbe de demande individuelle au point passant
par le prix de réserve , et l’axe des abscisses au point où le prix est nul. Le cas des demandes
individuelles identiques est un cas hypothétique parce que la réalité soutient que les
comportements des individus sont hétérogènes. Toutefois, lorsque l’information exogène
permet de diviser les N consommateurs en sous-groupes homogènes, l’hypothèse de
demandes individuelles identiques à l’intérieur de chaque sous-groupe peut être soutenue
d’où le deuxième cas.

2ème cas : les demandes individuelles sont différentes : Ce cas correspond à des individus
parfaitement distingués du point de vue du prix de réserve et ⁄ ou de la quantité de
saturation. Le degré désirabilité d’un produit est différent d’un individu à un autre. Les uns
peuvent vouloir payer un prix élevé pour ne pas se passer du bien, tandis que d’autre ne
sont pas prêts à payer un prix élevé.

La détermination analytique de la demande du marché s’effectue à partir d’une discussion


en fonction des prix de réserve de chaque sous-groupe, pour dégager les prédispositions de
chacun à acquérir le bien.

Considérons une société fictive composée de deux individus, leur demande est
respectivement égale à :

xd1 = 12 -2pi
xd2= 8-pi

L’individu 1 n’est pas prêt à acheter le bien i, si son prix est supérieur à 6. Tandis que
l’individu 2 n’est pas prêt à acheter le bien i, si son prix est supérieur à 8. Par suit lorsque le
prix est supérieur à 8, la demande des deux individus est nulle et la demande du marché est
également nulle. Mais, lorsque le prix est compris entre 6 et 8, la demande de l’individu 1 est
nulle et celle de l’individu 2 est positive, alors la demande du marché est confondue avec
celle de l’individu 2. Enfin, lorsque le prix est inférieur à 6, les deux individus expriment une
demande positive pour le bien i, et la demande du marché est la somme des deux demandes
individuelles. La demande du marché s’écrit comme suit :

Xdi = 0 si pi≥8
Xdi= 8-pi si 6 ≤ pi≤8

Xdi =20-3 pi si pi≤6

et elle a la représentation graphique suivante.

21
Lorsque les individus n’ont pas la même demande individuelle ou le même prix de réserve, la
demande du marché présente un (ou des coudes). Dans le cas général, lorsqu’on a une
société dont le nombre d’individus est assez élevé, la demande du marché obtenue par
agrégation de demandes individuelles linéaires apparait comme une fonction linéaire par
morceaux ; chaque morceau correspond à l’accessibilité d’un individu donné à la
consommation du bien.

Les déterminants de la demande du marché sont identiques aux déterminants de la


demande individuelle, dans la mesure où la demande du marché est la somme des
demandes individuelle. Néanmoins, l’effectif de la population des consommateurs, et la
répartition des revenus jouent un rôle dans la détermination de la demande du marché.

Apres avoir survolé les caractéristiques de la demande, nous allons voir qu’en est-il pour
l’offre.

SECTION 2 : LA THEORIE DE L’OFFRE (production)

2.1. L’offre individuelle d’un bien


2.1.1. Concept de quantité offerte d’un bien

L’objectif de cette section est de développer un cadre théorique d’analyse du comportement


de l’offre. La théorie de l’offre s’intéresse aux questions comment produire ? et quoi
produire ? en relation avec l’organisation de la production et les caractéristiques techniques,
d’une part et ce que les producteurs désirent produire, d’autre part.

2.1.2. L’offre individuelle d’un bien

La quantité offerte d’un bien exprime la réaction du producteur à un signal sur les prix. Le
producteur est capable d’indiquer la quantité maximale qu’il désire offrir, au cours d’une
période donnée, aussitôt qu’il reçoit une information sur le prix du bien qu’il veut produire.

22
Tout comme la quantité demandée, il s’agit bien de la quantité qu’il souhaite produire et pas
nécessairement qu’il va effectivement produire. On retrouve donc la distinction entre l’offre
notionnelle qui reste au niveau des intentions et l’offre effective qui est une concrétisation
de ces intentions.

L’offre individuelle d’un bien correspond à une relation fonctionnelle qui indique la quantité
maximale que le producteur est disposé à offrir, pendant une période de temps, pour
différentes valeurs possibles du prix du bien. Plus la valeur du prix est élevée, plus la
quantité offerte est élevée, toutes choses étant égales par ailleurs.

2.1.3. Les déterminants de l’offre d’un bien


Prix du bien en question : Plus la valeur du prix est élevée, plus la quantité offerte est élevée,
toutes choses étant égales par ailleurs.

La quantité maximale offerte par le producteur dépend également d’autre facteurs, autres
que le prix d’offre. En effet, l’offre du bien dépend :

Prix des autres biens : Les prix des autres biens ont un effet sur l’offre du bien en question
parce qu’ils obligent le producteur à reconsidérer la profitabilité de son activité. En effet, si
le prix d’un autre bien augmente, le producteur pourrait être tenté de transférer ses
ressources productives pour produire le bien dont le prix a augmenté, dans la mesure où il
considère que sa production est plus profitable. Cela donne à une baisse de la quantité
produite du bien dont le prix relatif a diminué. L’effet croisé est tel que, si le prix d’un autre
bien augmente, alors la quantité offerte du bien en question diminue et inversement. Il est
important de souligner que l’effet croisé implique une mobilité des ressources productives
entre les différentes activités sans cout additionnel. Or la réalité est telle que les machines
sont spécifiques à une activité de production donnée. Des machines dans le textile ne
peuvent pas servir dans l’industrie chimique. Toutefois, une manière de transférer les
ressources serait de vendre la firme en bourse par transfert d’action, mais encore faut-il que
la bourse soit développée. Par ailleurs, la mobilité des ressources est envisageable mais elle
implique un coût de transfert. C’est le cas de la transformation d’un salon de coiffure en un
magasin de prêt à porter moyennant des dépenses d’aménagement. La reconsidérait des
conditions de profitabilité doivent tenir compte des coûts de transfert. L’effet croisé ne sera
pertinent que lorsque la variation du prix de l’autre bien sera suffisante pour éponger le coût
additionnel dû au transfert des ressources.

Les prix des facteurs de production : Les prix des facteurs de production ont un effet sur
l’offre du bien par l’intermédiaire des coûts de production. Si ces derniers sont élevés, le
profit va être plus faible.

D’une façon générale, le prix d’un bien est perçu par le producteur comme un coût unitaire
de production plus une marge. Si le coût unitaire augmente, la marge bénéficiaire va baisser.

23
Ainsi, si le prix d’un facteur de production augmente, alors la quantité offerte du bien
diminue et inversement.

L’effet de la variation du prix d’un facteur de production est d’autant plus important que le
producteur utilise intensivement ce facteur de production. Par exemple, une augmentation
du prix du carburant est plus ressentie par une entreprise de transport que par un cabinet
d’architecture.

La technologie : Ce déterminant correspond à une variable qualitative qui véhicule les


connaissances en matière de procédés de fabrication. La technologie rend compte de deux
phénomènes : L’invention, c'est-à-dire la mise au point d’une méthode nouvelle pour
fabriquer un produit nouveau, et l’innovation, c'est-à-dire la mise au point d’une méthode
nouvelle pour fabriquer un produit déjà existant à un coût plus faible.

Les connaissances technologiques évoluent dans le temps et contribuent à l’amélioration


des conditions d’offre d’un produit.

Le prix propre d’un bien pj, les prix des autres biens pi (j ≠i), la technologie notée T, les prix
de facteurs pf représentent ainsi les principaux déterminants directs et indirects de l’offre
individuelle de la firme f du bien i notée xsif. Cette dernière est une fonction à plusieurs
variables.

Elle est croissante avec le prix propre du bien, car le producteur cherche toujours à avoir le
prix le plus élevé et décroissante avec le prix d’offre des autre biens j ainsi que les prix des
facteurs.

Afin d’étudier l’offre d’un bien i, on tient généralement compte du prix de ce même bien
seulement, on supposant inchangées les autres déterminants de l’offre. C’est l’hypothèse
toutes choses étant égales par ailleurs. Ainsi, l’offre d’un bien i est croissant avec le prix de
ce bien, toutes choses étant égales par ailleurs.

2.1.4. La loi de l’offre :


Sous l’hypothèse toutes choses étant égales par ailleurs, l’offre d’un bien apparaît comme
une fonction croissante entre la quantité maximale offerte d’un bien, à un instant donné, et
différentes valeurs possibles du prix. L’allure ascendante de la fonction d’offre d’un bien
s’appelle la loi de l’offre. Du point de vue de la représentation graphique, on retient la même
convention que la demande, c'est-à-dire les quantités offertes sont portées sur l’axe des
abscisses et le prix est porté sur l’axe des ordonnées.

Retenons à des fins d’illustration, une fonction d’offre linéaire qui a la forme suivante :

24
Où h et k sont deux réels positifs. On remarquera que :

- L’offre est non-nulle si le prix pi > h/k . Elle est nulle si le prix pi≤h/k. Si le prix de vente est
inférieur à un certain niveau, l’activité de production n’est pas intéressante.

-Il n’y a pas de limite supérieure à la production. Tant que le prix augmente, le producteur
est disposé à accroître les quantités qu’il offre.

2.2. L’offre globale d’un bien


L’offre globale d’un bien ou l’offre du marché d’un bien i est la somme des offres
individuelles de toutes les firmes de ce même bien. Supposons qu’il y a M firmes avec f=1,M ,
et notons par XSi l’offre globale de ce même bien. Elle est égale à la somme des offre
individuelles des M firmes, soit :

XSi= �=1
��i f

1er cas : Si les firmes sont identiques, c'est-à-dire lorsqu’elles ont des offres individuelles
identiques ou encore lorsque le prix au-dessous duquel elles n’offrent pas le bien est le
même, l’offre du marché est égale l’offre d’une firme individuelle multipliée par l’effectif des
firmes offrant le bien i, soit :

XSi= M x xsi f

Contrairement à la demande, supposer que les offreurs sont tous identiques est plus
plausible dans la mesure où ils ont accès à la même technologie, ce qui laisse peu de place à
l’hétérogénéité.

Toutefois, l’adoption de technologies de production différentes et le fait que les objectifs


des entreprises ne sont pas identiques, dans le mesure où certaines s’intéressent à la
rentabilité immédiate et vont avoir une fonction d’offre différente de celles qui s’engagent
dans une stratégie de long-terme, certaines exportent d’autres se contentent du marché
local. Le même raisonnement utilisé pour construire la courbe de demande agrégée lorsque
la consommateurs sont différents, se répète.

25
2ème cas : Supposons qu’il y a deux firmes hétérogènes et que vous avez les deux courbes
d’offres individuelles suivantes :

Xsi = -12 +4pi si pi>3


=0 si pi≤3
xsi= -10+pi si pi>10
=0 si pi≤10

Tracez la courbe d’offre du marché ?

Dans le cas général, l’agrégation d’offres individuelles linéaires donne lieu à une offre du
marché linéaire par morceaux ; chaque morceau correspond à l’accessibilité d’un producteur
à l’offre du bien.

Notons au passage que les déterminants de l’offre globale sont les mêmes que les
déterminants de l’offre individuelles. Cependant, il faut tenir compte de l’effet de l’effectif
des producteurs du bien, de leur taille et du degré de diffusion de la technologie.

SECTION 3 : EQUILIBRE DU MARCHE


Cette section combine les considérations relatives à la demande et à l’offre afin d’assurer
leur cohérence. Cette cohérence permet de passer du stade des intentions et désirs, au
stade de la concrétisation effective des intentions par la signature de contrat d’échange (ex :
ticket de caisse). Les demandeurs et les offreurs se présentent sur le marché d’un bien avec
des fonctions d’offre et de demande qui reflètent leurs désirs. La transaction n’aura lieu que
s’ils se mettent d’accord sur le prix d’échange de la quantité maximale à échanger. Le prix
auquel aura lieu la transaction et la quantité échangée à ce prix s’appellent prix et quantité
d’équilibre.

26
3.1. Définition de marché d’un bien
Si l’on doit définir le marché d’un bien, celui-ci consiste en un réseau de transmission
d’informations relatives à l’échange de ce bien. C’est une institution qui réalise la
confrontation entre l’offre et la demande. Il peut s’agir d’un souk, c'est-à-dire un endroit
géographique de rencontre entre les offreurs et les demandeurs du bien en question,
comme il peut s’agir d’une organisation complexe mais fiable au regard des conditions de
l’échange du produit. Dans ce cas les offreurs et les demandeurs ne sont pas nécessairement
en contact physique entre eux.

Les sens courant du terme marché évoque un endroit donné et un jour particulier de la
semaine où les offreurs d’un bien donné s’amènent avec leurs quantités respectives et les
demandeurs viennent munis de leurs ressources financières. Les quantités s’échangent à la
criée, au plus offrant.

Les formes récentes de marché ont évolué suivant deus directions :

i. Il n’est plus nécessaire de ramener la marchandise au marché. Par exemple sur le


marché libre de Rotterdam des quantités colossales de pétrole brut s’échangent
sans que celles-ci soient acheminées au port de Rotterdam.
ii. Il n’est pas nécessaire que les échangistes entrent en contact physique direct. Les
bourses financières mettent en contact les acheteurs et les vendeurs d’actions
par l’intermédiaire des agents de change et à l’aide des moyens les plus
sophistiqués de la télécommunication.
Ces évolutions ont permis d’élargir considérablement la zone géographique de
l’échange du bien, qui passe d’un centre urbain dans un pays donné à la planète
entière pour certains produits.
Indépendamment de la zone géographique couverte, la définition d’un marché
insiste sur les composantes fondamentales suivantes :
i. Le prix du bien est uniforme sur tout le marché
ii. Les échangistes possèdent l’information complète sur le prix et la quantité
du bien
iii. L’effectif des échangistes est très élevé ; ou encore l’offre et la demande
individuelles sont insignifiantes par rapport à l’offre et demande du
marché.

Ces composantes définissent un marché parfait. Or, la réalité exhibe plusieurs


formes de marchés imparfaits. En Tunisie, pour chaque constructeur automobile,
il y a un seul concessionnaire. Le prix des voitures est élevé et le service après
vente laisse à désirer.

Pour l’instant on se limitera au cas des marchés parfaits.

27
3.2. Equilibre du marché
3.2.1. Définition : L’équilibre du marché est une combinaison prix-quantité
globale (pE , XE ) qui se déterminent conjointement lorsque la demande
globale est égale à l’offre globale.

Cette définition de l’équilibre du marché met en évidence la mécanique du marché.


Etant donné les demandes individuelles d’une part et les offres individuelles d’autre part,
on dégage la demande globale et l’offre global du marché. La confrontation entre la
demande globale et l’offre globale permet de déterminer le prix d’équilibre et la
quantité d’équilibre globalement échangée. Etant donné le prix d’équilibre, chaque
consommateur individuel et offreur individuel détermine la quantité qu’il va
effectivement demander.

Le prix d’équilibre permet d’affecter les ressources (ou quantités) disponibles. Ceux qui
ont un prix de réserve inférieur au prix d’équilibre ne vont pas acheter le bien, et ceux
qui ont un prix de réserve supérieur au prix d’équilibre vont réaliser un gain, car ils
étaient prêts à payer pour la même quantité d’équilibre un prix plus élevé. Les
producteurs qui ne sont pas prêt à vendre au prix d’équilibre s’abstiendront d’offrir le
bien. L’échange volontaire est le principe dominant de l’organisation du marché.

3.2.2. Equilibre du marché créateur de Surplus


a- Le surplus du consommateur
Pour acquérir la quantité q*, le consommateur est disposé à payer le prix p*. Si le
consommateur paie chaque unité ce même prix, sa dépense totale sera égale à p*q*, qui est
égale à l’aire (q*Ep*). Maintenant on suppose que le consommateur paie chaque unité le

28
prix qu’il est disposé à payer (le prix de réserve, p1 pour acquérir q1, p2 pour acquérir q2…..),
sa dépense totale sera égale à p1q1+p2q2+p3q3+…..pnqn, qui est égale à l’aire (0q*Epm).

pm
2
3
E
q*

Q
1 2 3 4 q* 5

La différence entre ces deux aires s’appelle Surplus du consommateur (p*Epm). Autrement
dit, le surplus du consommateur est égal à l’aire comprise entre la courbe de la demande et

une droite horizontale de fixation du prix. S C 


P
m 
 P*  q*
.
2

b. Le surplus du producteur
Pour offrir q*, le producteur exige le prix p*. s’il vend chaque unité le même prix, sa recette
sera égale à p*q* qui correspond à l’aire (0q*Ep*). Si le producteur vend chaque unité à part,
c’est à dire au prix correspondant , sa recette totale sera égale à p1q1+p2q2+p3q3+…..pnqn,
correspondant à l’aire (0q*EF). La différence (FEp*) est le surplus du producteur.

SP 
P *

 F  q*
2

29
P

pm E

2
1
F

Q
1 2 q*

3.2.3 Quatre cas particuliers


Il existe deux cas particuliers d’équilibre du marché qui méritent d’être mentionnés parce
qu’on les rencontre fréquemment. Le premier cas est celui d’une offre fixe : La quantité
offerte est un nombre donné, indépendant du prix. C’est-à-dire lorsque les prix augmentent,
la quantité offerte reste fixe et égale à un nombre donné, alors qu’on a l’habitude de dire
que lorsque le prix augmente, la quantité offerte augmente aussi. La courbe d’offre est alors
une droite verticale. Lorsque la courbe d’offre est verticale, elle est dite inélastique. Dans ce
cas, la quantité d’équilibre est totalement déterminée par les conditions d’offre et le prix
d’équilibre est totalement déterminé par les conditions de demande.

La fonction d’offre du bien i a pour fonction XSi = constante. La constante peut être égale à 1,
ou 2, ou 3,…, ou N.

Le cas opposé est celui où la courbe d’offre est complètement horizontale. Si un secteur
d’activité a une courbe d’offre parfaitement horizontale ou parfaitement élastique, il offre
n’importe quelle quantité désirée d’un bien à un prix constant. Dans ce cas le prix d’équilibre

30
est déterminé par les conditions d’offre tandis que la quantité d’équilibre est déterminée
par la courbe de demande. La courbe d’offre a pour équation pi = constante.

La courbe de demande peut être également une droite verticale ou inélastique, cela veut
dire que quelque soit le prix d’équilibre la demande reste inchangée. C’est le cas des
cigarettes pour les fumeurs et l’essence pour les conducteurs de voiture. Dans ce cas la
quantité d’équilibre est déterminée par les conditions de demande et le prix d’équilibre est
déterminé par les conditions d’offre.

Enfin, le dernier cas est celui d’une courbe de demande horizontale ou parfaitement
élastique. A un prix donné, les consommateurs sont prêts à demander n’importe quelle
quantité. Le prix d’équilibre est alors déterminé par les conditions de demande, tandis que la
quantité d’équilibre est déterminée par les conditions de l’offre. Un bien dont la demande
est une courbe horizontale est un bien qui a beaucoup de substituts.

31
3.3 Modification de l’équilibre du marché (statique comparative)
L’équilibre du marché est déterminé dans le plan qui relie les quantités totales maximales
demandées et offertes d’un bien i au prix de ce même bien i. l’équilibre change s’il y a un
déplacement de la courbe de demande du marché, ou s’il y a un déplacement de la courbe
d’offre du marché, ou s’il y a un déplacement simultanée des courbes d’offre et de demande
du marché. Les déplacements des courbes de demande et ⁄ ou d’offre sont expliqués soit par
des changements des déterminants de la demande et ⁄ ou de l’offre autres que le prix
propre du bien, soit par l’introduction des taxes dans l’économie.

L’analyse qui étudie le changement de l’équilibre suite à un changement exogène des


conditions toutes choses égales par ailleurs, ainsi que de la fiscalité s’appelle la statique
comparative. En statique comparative, on compare un équilibre nouveau, obtenu suite à un
changement exogène des conditions toutes choses égales par ailleurs (ou encore des
déterminants de l’offre et de la demande autres que le prix) et la fiscalité, à un équilibre
initial sans se préoccuper de la manière de passer d’une situation à l’autre.

3.4 Les modifications de l’équilibre du marché suite aux


changements des déterminants de l’offre et de la demande
autres que le prix propre du bien
La courbe de demande du marché est tracée dans le plan reliant la quantité et le prix propre
de ce bien. Lorsque le prix de ce bien augmente, il y a une diminution de la quantité
demandée, toutes choses étant égales par ailleurs, et lorsque le prix diminue, il y a un
accroissement de la quantité demandée de ce bien, toutes choses étant égales par ailleurs. A
chaque fois que le prix d’un bien change, il y a un changement de la quantité demandée de
ce bien dans le sens inverse, toutes choses étant égales par ailleurs, et un déplacement le
long de la courbe de demande du marché.

De même, la courbe d’offre du marché est tracée dans le plan reliant la quantité et le prix
propre de ce bien. Lorsque le prix de ce bien augmente ; il y a un accroissement de la
quantité maximale offerte, toutes choses étant égales par ailleurs, et lorsque le prix diminue,
32
il y a une diminution de la quantité maximale offerte de ce bien, toutes choses étant égales
par ailleurs. A chaque fois que le prix d’un bien change, il y a un changement de la quantité
offerte dans le même sens, toutes choses étant égales par ailleurs, et un déplacement le
long de la courbe d’offre du marché.

Toutefois, lorsque l’un des autres déterminants de la demande se modifie, c'est-à-dire il y a


un changement du revenu et ⁄ ou des prix des autres biens et ⁄ ou des goûts des
consommateurs, il y a un déplacement parallèle de la courbe de demande dans le plan
reliant la quantité demandée de bien i et son propre prix. Il y a ainsi des modifications dans
les conditions toutes choses égales par ailleurs du côté de la demande.

Un déplacement parallèle à droite de la courbe de demande dans le plan (Xi , pi) indique une
augmentation du revenu, du prix du bien substitut et ⁄ ou une diminution du prix du bien
complément. Ce déplacement fait état à la capacité d’acquérir une quantité plus élevée du
bien tout en payant le même prix qu’avant le déplacement ou bien la disposition à payer un
prix plus élevé pour acheter la même quantité initialement. Les déplacements à droite
donnent lieu à un prix de réserve et à une quantité de saturation plus élevés.

Des déplacements parallèles à gauche sont également envisageables et les sens de variation
sont inversés.

Le graphique ci-dessous illustre l’effet d’un déplacement à droite de la courbe de demande


sur l’équilibre.

Il est très important de noter que dans ce nouvel équilibre, obtenu suite à un déplacement à
droite de la courbe de demande dû à un croissement du revenu ou du prix du bien substitut
ou à une diminution du prix du bien complément, il y a à la fois un accroissement de la
quantité demandée et du prix. On est tenté de dire que la loi de la demande n’est pas
vérifiée, puisque suite à l’augmentation du prix il y a eu un accroissement de la demande
plutôt qu’une baisse de la demande. Ceci est faux, rappelons que la loi de la demande
stipule que la demande diminue, lorsque le prix augmente toutes choses étant égales par

33
ailleurs. Or, ici le revenu a changé donc on n’a pas respecté la condition toutes chose étant
égales par ailleurs.

De même, lorsque l’un des autres déterminants de l’offre se modifie, c'est-à-dire il y a un


changement des prix des facteurs et ⁄ ou des prix des autres biens et ⁄ ou de la technologie,
il y a un déplacement parallèle de la courbe d’offre dans le plan reliant la quantité offerte du
bien i et son propre prix. Il y a ainsi des modifications dans les conditions toutes choses étant
égales par ailleurs du côté de l’offre.

Un déplacement parallèle à droite de la courbe d’offre s’obtient suite à une diminution des
prix des facteurs et ⁄ ou une diminution du prix des autres biens et ⁄ ou l’entrée de nouvelles
firmes et ⁄ ou changement favorable de la technologie. Inversement, pour un déplacement
parallèle à gauche de la courbe d’offre.

Les modifications du goût des consommateurs et de la technologie donnent lieu


respectivement à un déplacement des courbes de demande et de l’offre accompagné de
modifications de leur allure.

3.5 Les déplacements de l’équilibre dus à l’introduction d’une taxe


L’introduction d’une taxe sur un marché constitue un exercice très intéressant tant du point
de vue de l’analyse de statique comparative que de la politique économique.

En matière de taxation, le point fondamental est que dès qu’une taxe est présente sur un
marché, on doit prendre en considération deus prix : le prix que le demandeur paie (pd) et le
prix que l’offreur reçoit (ps) ou encore le prix toutes taxes comprises (pttc) et le prix hors-
taxes (pht). La différence entre ces deux prix-le prix de demande et le prix de l’offre-est
égale au montant de la taxe.

On peut prélever différents types de taxes selon l’assiette et selon le barème de taxation. Du
côté de l’assiette on distingue la consommation et la production d’une part et le revenu
(salaire, dividende, rentes) d’autre part. Ce qui nous intéresse, c’est la taxe assise sur la
consommation (demande) et la production (offre) d’un bien donné. Du côté du barème de
taxation, on distingue :

34
[Link] taxe d’accise ou spécifique ou unitaire : c’est une taxe d’un montant donné imposée sur
chaque unité vendue indépendamment de son prix. Par exemple le timbre fiscal de 45 DT
que tout résident tunisien doit payer pour sortir du pays. Le montant de la taxe affecte tout
voyageur indépendamment du prix du billet d’avion ou de bateau. La taxe spécifique frappe
le tabac, l’alcool,…

Si on note t la taxe unitaire, le prix toutes taxes comprises pttc=pht+t ou encore pd=ps+t.

[Link] taxe ad valorem ou taxe proportionnelle à la valeur, est une taxe qui affecte le prix de
vente ou d’achat d’un bien. Exemple, la TVA taxe à la valeur ajoutée. Si t est une taxe ad-
valorem, le prix toutes taxes comprises pttc=pht(1+t) ou encore pd=ps(1+t).

[Link] taxe forfaitaire est une taxe d’un montant donné indépendante du prix et de la
quantité. Par exemple, la patente pour les activités commerciales et artisanales.

[Link] taxe sur les bénéfices est une taxe sur les profits que réalisent la firme, elle frappe le
résultat net de chaque exercice.

Les deux premiers types de taxes ont un effet direct sur le prix et quantité, alors que les
derniers sont déconnectes des combinaisons prix-quantité. On se limitera alors aux deux
premier types de taxes, en notant au passage que les subventions de même type (c'est-à-
dire spécifique ou ad-valorem) sont des taxes négatives. Si on note s la subvention, elle est
égale à s=-t.

Considérons l’impact sur un marché quand on prélève une taxe à l’unité. Supposons tout
d’abord que l’offreur soit obligé de collecter la taxe pour le compte de l’Etat, comme dans le
cas de la TVA. La quantité offerte dépend dès lors du montant que l’offreur reçoit
effectivement après avoir payé la taxe à l’Etat, c'est-à-dire du prix de l’offre, tandis que la
quantité demandée dépend du prix de la demande, c'est-à-dire du montant que le
demandeur paie. Le montant que l’offreur reçoit est égal au montant que le demandeur paie
moins la taxe. Notons, XD et XS respectivement la demande et l’offre du marché. La
demande du marché s’exprime en fonction du prix de la demande et l’offre du marché
s’exprime en fonction du prix de l’offre et le lien entre le prix de la demande et le prix de
l’offre se fait en fonction de la taxe.

Cela nous donne les deux équations suivantes :

XD(pd) = XS(ps)

pd – t = ps
En substituant la deuxième équation dans la première, nous obtenons la condition
d’équilibre :

XD(pd) = XS(pd –t)

35
Alternativement, nous pouvons transformer la deuxième équation pour obtenir pd = ps + t
et après substitution on obtient :

XD(ps + t) = XS(ps)
Ces deux méthodes sont correctes ; vous pouvez utiliser l’une ou l’autre selon le cas
particulier que vous considérez pour déterminer la quantité d’équilibre et le prix pd et ps.
Toutefois, l’introduction d’une taxe induit un déplacement de la courbe de demande ou de
l’offre selon qui va collecter la taxe pour le compte de l’Etat. Considérons de cas de la TVA,
celle-ci est collectée par les vendeurs. Lorsque vous achetez les différents biens, vous payez
un prix T.T.C. Donc la transaction a lieu au prix T.T.C, et le prix de la demande pd est
équivalent au prix T.T.C. On a déjà dit que la transaction n’a lieu qu’au prix d’équilibre, par
conséquent le prix d’équilibre c’est le prix de la demande et c’est le prix T.T.C. lorsqu’on
calcule l’équilibre du marché en présence d’une taxe ou subvention et que celle-ci est
collectée par le vendeur, il faut exprimer les fonctions d’offre et de demande en fonction des
prix T.T.C ou des prix de la demande. On a ainsi :

XD(pd) = XS(pd – t)
qui est plus juste. Ceci implique que la courbe de demande reste inchangée, tandis que la
courbe d’offre se déplace, puisque sa pente a changé. Dans le cas d’une taxe, la courbe
d’offre se déplace vers le haut à gauche (Nord - West). Ceci induit un accroissement du prix
payé par les demandeurs de pd0 à pd1, une diminution du prix reçu par les producteurs de
ps0 à ps1 et une baisse de la quantité échangée. Même si les consommateurs ont l’impression
d’être les seuls à payer le TVA, celle-ci est en réalité supportée à la fois par les producteurs
et les consommateurs.

36
Si ce sont les consommateurs qui sont redevables de l’impôt à l’Etat. Exemple, en Tunisie
lorsque vous achetez une maison, vous la payez hors-taxe ensuite vous allez au trésor public
pour payez la taxe. Donc, le prix de la transaction c’est le prix hors-taxe ou prix de l’offre. Il
faut ainsi exprimer les fonctions d’offre et demande en fonction du prix hors-taxe ou prix
d’offre, lorsque ce sont les demandeurs qui collectent la taxe. On utilise ainsi, plutôt :

XD(ps + t) = XS(ps),
pour calculer l’équilibre. La taxe dans ce cas, induit un déplacement de la fonction de
demande vers le bas, puisque sa pente a changé, tandis que la fonction d’offre ne se déplace
pas, puisque sa pente est restée la même. Dans ce cas également, la taxe est supportée par
les offreurs et les demandeurs.

En général, une taxe augment le prix payé par les demandeurs et diminue le prix reçu par les
offreurs. La mesure dans laquelle une taxe peut être transférée dépend dès lors des
caractéristiques de la demande et l’offre.

Section 4- INTERVENTIONS AUTORITAIRES EN MATIERE DE FIXATION DES


PRIX
Une intervention constitue une entorse au libre fonctionnement des mécanismes du marché.
Elle revêt la forme d'une action autoritaire et délibérée pour influencer la combinaison prix-
quantités d'équilibre.

nous considérons quatre types d'intervention: - La taxation, - La subvention, - Le prix plafond,


- Le prix plancher

4 - 1 - La taxation:

Sous cette intervention, le cadre institutionnel rend compte du comportement d'un


troisième agent, l'Etat, à côté des consommateurs et des producteurs. Cet agent institue une
taxe assise sur le volume des quantités échangées. Du point de vue pratique, l'Etat charge le
producteur ou bien le consommateur de collecter la taxe à son profit. Indépendamment de
l'agent désigné pour collecter la taxe, le consommateur paie le prix, toutes taxes comprises,
et le producteur reçoit le prix hors taxe. Il s'ensuit que la principale caractéristique
37
distinctive de cette intervention est que: peu importe si l'Etat collecte la taxe auprès des
acheteurs ou bien auprès des vendeurs.

4.2 La subvention

La subvention constitue une action pour soutenir la consommation d'un bien donné en
permettant à un effectif plus élevé de la population d'accéder à la consommation de ce
produit ou bien d'en acquérir une quantité plus élevée.

4 - 3 - Le prix plafond:

Cette intervention prend la forme d'une action autoritaire qui fixe un prix maximum p., au
delà duquel l'échange sera interdit.. En effet lorsque la pénurie fait son apparition suite à
des problèmes d'approvisionnement ou suite à des difficultés de production, l'offre de ces
biens baisse considérablement en se déplaçant à gauche et le prix d'équilibre sera
excessivement élevé.

Si le prix plafond est supérieur au prix du marché, cette intervention n'aura aucun effet
parce que l'échange suivant le prix du marché est légal.

En revanche, si le prix plafond est inférieur au prix du marché alors il va y avoir un excès de
demande.

4 - 4 - Le prix plancher:

Il s'agit d'une intervention symétrique à la précédente. Elle prend la forme d'une action
autoritaire qui fixe un prix minimum, pi, en dessous duquel l'échange sera interdit.

Si le prix plancher est inférieur au prix du marché alors cette intervention reste sans effet
puisque l'échange suivant le prix du marché est légal. En revanche, si le prix plancher est
supérieur au prix du marché, cette intervention donne lieu à un excès d'offre (Q, – Qd).

38
Chapitre 4 : La théorie Economique du consommateur
La théorie économique du consommateur est très simple. Les économistes supposent que
les consommateurs choisissent le meilleur panier de biens parmi ceux qu’ils sont capables
d’acquérir, étant donné leur moyens. Pour donner un contenu à cette théorie, il convient de
définir avec précision ce que signifie les expressions « le meilleur » et « ceux qu’ils sont
capables d’acquérir étant donné leurs moyens ».

Nous commencerons par préciser ce qu’on entend par « ce qu’il y a de meilleur », ensuite
nous allons définir ce que veut dire « ce qu’ils peuvent acquérir ».

1. Les préférences du consommateur


Le choix du consommateur porte sur un ensemble complet de nombre élevé de biens et
services existant, appelé panier de consommation. Afin d’avoir une représentation
schématiquement simple de la réalité, on utilise souvent le cas de deux biens, l’un des deux
étant un bien composite représentant tous les autres biens. Nous pouvons ainsi étudier
l’échange entre un bien et tous les autres biens et analyser des choix de consommation qui
impliquent de nombreux biens, tout en utilisant des représentations graphiques à deux
dimensions.

On suppose donc que notre panier de consommation est composé de deux biens 1 et 2, que
x1 représente la quantité de bien 1 et x2 la quantité de bien 2. Le panier de consommation
complet sera noté X et représenté par la combinaison (x1, x2).

Nous supposons que face à deux paniers de consommation quelconque des deux biens 1 et
2, notés (x1, x2) et (y1, y2), le consommateur est capable de les classer en fonction de leur
attrait respectif, càd il est capable de déterminer si l’un des deux paniers est strictement
meilleur que l’autre ou s’il est indifférent entre les deux.

Ainsi si le panier (x1, x2) est strictement préféré au panier (y1, y2), càd le panier (x1, x2) est
choisi plutôt que (y1, y2), on notera (x1, x2) > (y1, y2).

Si le consommateur est indifférent entre les deux paniers de biens 1 et 2, nous écrivons (x1,
x2) ˷̴ (y1, y2). L’indifférence signifie que le consommateur atteint exactement le même
niveau de satisfaction qu’il consomme le panier (x1, x2) ou le panier (y1, y2).

Si le consommateur préfère ou est indifférent entre les deux paniers, nous disons qu’il
préfère faiblement (x1, x2) à (y1, y2), et nous écrivons (x1, x2) ≥ (y1, y2).

Les relations de préférence stricte, de préférence faible et d’indifférence ne sont pas des
concepts indépendants. En effet, si (x1, x2) ≥ (y1, y2) et (y1, y2) ≥ (x1, x2), nous pouvons
conclure que (x1, x2) (y1, y2). En d’autres termes, si le consommateur estime que(x1, x2) est
au-moins aussi bien que (y1, y2) et que (y1, y2) est au-moins aussi bien que (x1, x2), alors le
consommateur doit être indifférent entre les deux paniers de biens.

39
De même si (x1, x2) ≥ (y1, y2), mais on sait qu’on n’a pas (x1, x2) (y1, y2), nous pouvons
conclure que (x1, x2) > (y1, y2). Cela signifie simplement que l’individu estime que (x1, x2) est
au-moins aussi bien que (y1, y2) mais qu’il n’est pas indifférent entre les deux paniers, alors il
estime nécessairement que (x1, x2) est strictement préféré à (y1, y2).

1.1. Les hypothèses concernant les préférences


Les économistes font généralement quelques hypothèses en ce qui concerne la
« cohérence » des préférences du consommateur. Par exemple, il est absurde d’avoir une
situation dans laquelle (x1, x2) > (y1, y2) et en même temps (y1, y2) > (x1, x2). Cela signifierait
que le consommateur préfère strictement le panier X au panier Y et vice versa.

Nous posons donc les trois hypothèses suivantes concernant les relations de préférence.

H1. La relation de préférence est une relation complète : cela suppose que toute paire
quelconque de paniers peut être comparée. Càd que pour tout panier X et tout panier Y, on
a soit (x1, x2) ≥ (y1, y2), soit (y1, y2) ≥ (x1, x2), soit encore ces deux relations simultanément
auquel cas le consommateur est indifférent entre les deux paniers.

H2. La relation de préférence est transitive : Si (x1, x2) ≥ (y1, y2) et (y1, y2) ≥ (z1, z2), alors (x1,
x2) ≥ (z1, z2). En d’autres termes, si le consommateur estime que X est au-moins aussi
désirable que Y et que Y est au-moins aussi désirable que Z, alors il estime que X est au-
moins aussi désirable que Z.

Tandis que les deux premières hypothèses sont évidentes, la troisième est plus
problématique. Il n’est pas évident qu’il s’agisse là d’une propriété que les préférences
devraient nécessairement avoir. Cette hypothèse est logique, mais il est difficile de savoir si
la transitivité correspond raisonnablement à la façon dont les individus se comportent. Que
penser d’une personne qui prétend préférer X à Y et Y à Z et en même temps déclarer
préférer Z à X ? Cela paraît étrange. Plus fondamentalement, comment ce consommateur se
comporterait-il s’il était confronté à des choix entre les trois paniers X, Y, Z ? Il lui serait
difficile de choisir le panier qu’il préfère par ce que, quel que soit le panier choisi, il y en
aurait toujours un autre qu’il préfère. Si nous voulons construire une théorie dans laquelle
les individus choisissent « ce qu’il y a de meilleur », les préférences doivent satisfaire
l’hypothèse de transitivité. Car si les préférences ne sont pas transitives, nous pouvons avoir
un ensemble de paniers parmi lesquels il n’y a pas de panier préféré.

1.2. Les courbes d’indifférence


Toute la théorie du choix du consommateur peut en fait être formulée en termes de
préférences satisfaisant les trois hypothèses déjà vues plus quelques autres plus techniques.
Toutefois, on décrit graphiquement les préférences en utilisant une représentation connue
sous le nom de « courbe d’indifférence ».

40
Considérons la figure ci-dessous, où l’axe des abscisses représente la consommation du bien
1 et l’axe des ordonnées la consommation du bien 2.

Prenons un panier quelconque (x1, x2), la zone en gris représente l’ensemble des paniers
faiblement préférés à (x1, x2). Les paniers sur la frontière de cet ensemble --- les paniers pour
lesquels le consommateur est exactement indifférent par rapport à (x1, x2) --- constituent la
courbe d’indifférence. La courbe d’indifférence passant par un panier donné est composée
de tous les paniers qui laissent le consommateur indifférent à ce panier initial.

Lorsqu’on utilise les courbes d’indifférence pour décrire les préférences, ces courbes ne
représentent que l’ensemble de paniers entre lesquels l’individu est indifférent et elles
n’indiquent pas quels sont les paniers préférés et quels sont ceux qui sont moins désirables.

Les courbes d’indifférence constituent une façon de décrire les préférences. Afin de
respecter l’hypothèse de transitivité, deux courbes d’indifférence correspondant à des
niveaux de satisfaction différents ne peuvent pas se croiser.

1.3. Les préférences normales


Dans cette section nous allons formuler quelques hypothèses générales supplémentaires au
sujet des préférences afin de définir des courbes d’indifférence d’allure normale et nous en
préciserons les implications sur l’allure des courbes d’indifférence.

Tout d’abord, on suppose que l’individu préfère consommer toujours plus que moins ; c'est-
à-dire que tous les biens sont des biens désirables. Plus précisément, si (x1, x2) est un panier
de biens et (y1, y2), un autre panier avec au moins autant de chacun des deux biens et
strictement plus d’un des deux, alors (y1, y2) > (x1, x2). Cette hypothèse est parfois connue
sous le nom de « monotonicité des préférence ». La monotonicité des préférences implique
que les courbes d’indifférence ont une pente négative. Si nous partons d’un panier initial (x1,
x2) et nous nous dirigeons vers une position vis-à-vis de laquelle le consommateur est
indifférent, nous devons nous déplacer soit vers la droite et le bas, soit vers le haut à gauche.
Les courbes d’indifférence doivent avoir une pente négative.

41
Nous allons supposer ensuite que les paniers intermédiaires sont préférés aux paniers
extrêmes : Si nous prenons deux paniers de biens (y1, y2) et (x1, x2) sur la même courbe
d’indifférence, c'est-à-dire (x1, x2) ̴ (y1, y2), et que nous considérons une moyenne pondérée
de ces deux paniers, avec t, le facteur de pondération, est compris entre 0 et 1, alors on a :

[tx1 + (1 – t)y1, tx2 + (1 – t)y2] ≥ (x1, x2)

pour tout facteur de pondération t compris entre zéro et un. Cette moyenne pondérée des
deux paniers donne un poids t au panier X et un poids (1-t) au panier Y. la distance entre X et
le panier moyen correspond à une fraction t de la distance séparant X et Y. Ceci implique que
l’ensemble des paniers faiblement préférés à (x1, x2) est un ensemble convexe.

Un ensemble convexe a la propriété suivante : pour toute paire de point appartenant à cet
ensemble, le segment de droite qui relie ces deux points est entièrement inclus dans
l’ensemble. On suppose que les préférences normales sont convexes parce que la plupart
des biens sont consommés ensemble, le consommateur préfère diversifier sa consommation
et consommer une certaine quantité des deux biens, plutôt que de se spécialiser dans la
consommation d’un seul des deux biens.

1.4. Le taux marginal de substitution


Supposons que nous donnions au consommateur une petite quantité marginale Δx1 du bien
1 (avec Δx1 > 0). Afin qu’il garde le même niveau de satisfaction et se situe donc toujours sur
la même courbe d’indifférence, il doit renoncer à des unités du bien 2. La variation de la
quantité du bien 2 est égale à Δx2 (avec Δx2 <0). Le rapport Δx2 ⁄ Δx1 (<0) mesure la pente de
la courbe d’indifférence, qui est ici négative.

Le taux marginal de substitution du bien 1 au bien 2 est définie comme l’opposé de la pente
de la courbe d’indifférence et il est égale à Δx2 ⁄ Δx1 (>0). La TMS, qui est ici positif par
convention mesure le taux auquel le consommateur accepte de substituer le bien 1 au bien
2, afin de garder le même niveau de satisfaction et rester sur la même courbe d’indifférence.

42
Si on l’écrit comme suit :

Δx2 = - TMS1à2 Δx1


le TMS indique que le consommateur est disposé à renoncer à Δx2 unité du bien 2 pour se
payer Δx1 unités du bien 1 ou encore ce que le consommateur est disposé à renoncer à
dépenser en bien 2 afin de consommer un peu plus du bien 1.

Mais il faut faire attention, car le TMS mesure la quantité de bien 2 que vous êtes disposé à
payer pour une augmentation marginale du bien1. La quantité que vous devez payer dans la
réalité pour une consommation supplémentaire donnée du bien 1 peut être différente du
montant que vous êtes disposé à payer. Ce que vous devez payer dépend du prix du bien en
question, tandis que ce que vous êtes disposé à payer ne dépend pas du prix mais est
déterminé par vos préférences.

Le cas des courbes d’indifférence convexes met en évidence un autre aspect du


comportement du TMS. Pour des courbes d’indifférence strictement convexes, le TMS
décroît quand x1 augmente ou encore la pente de la courbe d’indifférence décroît en valeur
absolue quand x1 augment. Les courbes d’indifférence convexes se caractérisent par un TMS
décroissant. Cela signifie que le taux auquel une personne est disposée à échanger du bien 1
contre du bien 2 diminue à mesure que x1 augmente. Plus vous avez d’un bien, plus vous
êtes disposés à en échanger une partie contre l’autre relativement rare.

2. L’utilité
Une fonction d’utilité U est une façon d’attribuer une valeur numérique aux différents
paniers de biens de consommation de telle sorte que les paniers les plus désirables reçoivent
des valeurs supérieures à ceux qui le sont moins. Ainsi (x1, x2) > (y1, y2) si seulement si
U(x1, x2) > U (y1, y2).

La valeur de la fonction d’utilité n’est intéressante que dans la mesure où elle permet de
classer les différents paniers ; la grandeur de l’écart entre les niveaux d’utilité correspondant

43
à deux paniers différent n’a aucune importance. Dans la mesure où on ne se préoccupe que
du classement de l’ordre des différents paniers on dit que l’utilité est un concept ordinal.

Panier U1 U2 U3
A 3 17 -1
B 2 10 -2
C 1 0,002 -3
Trois façons différentes d’attribuer des niveaux d’utilité

Ce tableau présente plusieurs façons d’attribuer des niveaux d’utilité à trois paniers de biens
A, B et C. Chacune établit le même classement entre les paniers. Dans cet exemple, le
consommateur préfère A à B et B à C. nous avons trois fonctions d’utilité qui décrivent les
mêmes préférences puisqu’elles attribuent toutes une valeur plus élevée à A qu’à B et à B
qu’à C.

Comme seuil classement des paniers imposé, il existe une infinité de façons d’attribuer des
niveaux d’utilité aux différents paniers de biens. Toute transformation monotone croissante
f d’une fonction d’utilité U, transforme chaque nombre U en un nombre f (U) de telle sorte
que le classement entre les nombres soit respecté, c'est-à-dire que U1 > U2 implique
∆f f (U1) – f (U2)
F (U1) > f (U2) et ∆� = U1 − U2
>0

Comme exemple de transformation monotone, citons la multiplication par un nombre positif


(par ex. f (U) = 3U), l’addition d’un nombre quelconque (f(U) = U + 17), ou encore le fait de
porter une fonction U à une puissance impaire (par ex ; f (U) = U3).

Toute transformation monotone quelconque f(U) d’une fonction d’utilité U, représente


exactement mêmes préférences que la fonction d’utilité initiale U. elle n’est qu’une
modification des valeurs associées aux courbes d’indifférence.

Noter que lorsqu’on attribue une signification de la valeur du niveau d’utilité à l’écart entre
les niveaux d’utilité associés à deux paniers de biens, on se place au niveau de la théorie de
l’utilité cardinale. De ce point de vue il est important de savoir si on préfère un panier X deux
ou trois fois plus qu’un panier Y. Toutefois pour savoir quel panier est choisi, nous avons
besoin uniquement de savoir lequel est préféré, lequel a l’utilité la plus élevée ; connaître la
grandeur de l’écart n’apporte rien à l’étude des choix. On se limitera par conséquent à une
conception ordinale de l’utilité.

2.1. Exemples de fonctions d’utilité


Dans la section 1.3 nous avons donné quelques exemples de préférences ainsi que les
courbes d’indifférence qui les représentent. Nous pouvons également représenter ces
préférences par des fonctions d’utilité U (x1, x2) et tracer les courbes d’indifférence à partir
d’une fonction d’utilité en indiquent tous les points de coordonnées (x1, x2) tels que U (x1, x2)

44
est égale à une constante. En termes mathématiques, l’ensemble des points (x1, x2) tels que
U (x1, x2) est égale à une constante, s’appelle courbe de niveau et pour différentes valeurs de
la constante on obtient une carte de courbes d’indifférence.

Considérons les courbes d’indifférence représentées par la fonction d’utilité U (x1, x2) = x1 x2.

Nous savons qu’une courbe d’indifférence est simplement l’ensemble des valeurs x1 et x2
telles que k = x1x2 pour une constante k donnée. En exprimant x2 en fonction de x1 nous
voyons qu’une courbe d’indifférence est définie par la formule suivante :
k
x2 = x1

Considérons maintenant la fonction d’utilité v (x1, x2)= x12 x22. On peut vérifier que :

v (x1, x2) = x12 x22 = (x1 x2)2 = [u (x1, x2)]2

La fonction d’utilité v(x1, x2) est donc simplement le carré de la fonction d’utilité u(x1, x2).

Puisque u(x1, x2) ne peut pas être négatif, v(x1, x2) est une transformation monotone de la
fonction d’utilité u(x1, x2). Donc la fonction d’utilité v(x1, x2) doit avoir exactement les mêmes
courbes d’indifférence que u(x1, x2). Toutefois les valeurs associés aux courbes d’indifférence
sont différentes, ainsi l’ensemble des paniers correspondant à v (x1, x2) = 9 est exactement le
même que celui correspondant à u(x1, x2) =3. La fonction d’utilité v(x1, x2) décrit exactement
les mêmes préférences que u(x1, x2) puisqu’elle classe tous les paniers dans le même ordre.

2.1.1. Les substituts parfaits


Deux biens sont des substituts parfaits, si le consommateur est disposé à substituer un bien
à un autre à un taux constant. Lorsque les biens sont des substituts parfaits, les préférences
peuvent être présentées par une fonction d’utilité de la forme :

U (x1, x2) = ax1 + bx2

45
où a et b sont positifs. Les courbes d’indifférence ont dans ce cas une pente constante égale
– a ⁄b.

La fonction d’utilité v (x1, x2) = (ax1 + bx2)2 = (ax1)2 + 2abx1x2 + (bx2)2 représente également les
préférences dans le cas des substituts parfaits. Elle est une transformation monotone de la
fonction u (x1, x2).

2.1.2. Les compléments parfaits


Deux biens sont des compléments parfaits, lorsqu’ils sont toujours consommés ensemble
dans une proportion fixe. Un ensemble type est celui des souliers droits et des souliers
gauches. Un consommateur porte toujours ensemble un soulier gauche avec un soulier droit.
De façon générale, une fonction d’utilité qui décrit les préférences pour des compléments
parfaits s’écrit comme suit :
�1 �2 �1 �1 �2
� �1 , �2 = ��� �
,

= �
��

≤ �

�12 �2 �1

�� �
≤ �

Les paramètres a et b sont positifs, ils indiquent les proportions dans lesquelles les biens
sont consommés. La courbe d’indifférence a une allure en L.

2.1.3. Les préférences quasi-linéaires


Considérons un individu dont les courbes d’indifférence sont des translations verticales les
unes aux autres, comme à la figure ci-dessous.

Cela signifie que toutes les courbes d’indifférence sont obtenues simplement par un
déplacement vertical et parallèle d’une seule courbe d’indifférence. Il s’en suit que
l’équation d’une courbe d’indifférence a la forme x2 = k – v (x2) avec une constante k
différente pour chaque courbe d’indifférence et la fonction d’utilité correspondante est u(x1,
x2) = k = v(x1) + x2. Des valeurs plus élevées de k donnent des courbes d’indifférence
supérieures.

46
La fonction d’utilité u est linéaire par rapport au bien 2, mais éventuellement non linéaire
par rapport au bien 1 ; d’où le nom d’utilité quasi-linéaire.

Des exemples particuliers d’utilité quasi-linéaire sont u (x1, x2) = x1 + x2 et


u(x1, x2) = log(x1) + x2.

2.1.4. Les préférences Cobb-Douglas (des noms de Paul


Douglas et Charles Cobb)
La fonction d’utilité Cobb-Douglas est largement utilisée et a pour fonction l’expression
suivante :

u (x1, x2) = x1c x2d

où c et d sont des nombres positifs qui décrivent les préférences du consommateur. Les
courbes d’indifférence Cobb-Douglas correspondent exactement aux belles courbes
d’indifférence monotones et convexes, que nous avons qualifiées de normales.

Une transformation monotone de la fonction d’utilité Cobb-Douglas représente exactement


les mêmes préférences. Exemple si on considère le Logarithme népérien de u, qui est une
fonction croissante, on a :

v (x1, x2) = Log [u (x1, x2)] = cLog (x1) + dLog (x2)


1
Un autre exemple, si nous portons la fonction u à la puissance � +� on a :


Si on pose� = �+� , on obtient :

w (x1, x2) = x1α x21-α

Cela signifie que nous pouvons toujours prendre une transformation monotone de la
fonction d’utilité Cobb-Douglas qui rende la somme des exposants égale à l’unité.

La fonction d’utilité Cobb-Douglas peut donc être écrite sous diverses formes ; il est utile
d’apprendre à les reconnaître car ce type de préférence est très souvent utilisé dans les
exemples.

47
2.2. L’utilité marginale
Considérons un individu qui consomme un panier de biens (x1, x2). Quelle est la variation
d’utilité de cet individu s’il reçoit un peu plus de bien 1 ? La variation de l’utilité d’un individu
suite à la variation de la consommation du bien 1 d’une unité s’appelle « utilité marginale »
du bien 1. Nous la notons Um1 et nous la définissons sous la forme d’un ratio :

∆� � ��+∆�� , � −�(�� , �� )
U�� =
∆��
= ∆��

qui mesure le taux de variation de l’utilité ΔU découlant d’une petite variation de la quantité
de bien 1 Δx1, pour une quantité du bien 2 maintenue constante.

Cette définition implique que pour calculer la variation de l’utilité consécutive à une petite
variation de la consommation de bien 1, nous pouvons tout simplement multiplier la
variation de la consommation par l’utilité marginale du bien 1 :

ΔU = Um1Δx1

Lorsque la fonction d’utilité est continue, l’utilité marginale du bien 1 n’est autre que la
dérivée partielle de la fonction d’utilité par rapport à la quantité consommée du bien 1,
puisque la quantité consommée du bien 2 est maintenue constante.
��(�� ,�� )
Um1 = ���

L’utilité marginale du bien 2, Um2, est définie de façon similaire : c’est la variation de l’utilité
suite à une variation de la quantité consommée du bien 2, en maintenant fixe la quantité
consommée du bien 1 :

∆� � �� ,�� +∆�� −�(�� , �� )


Um2 = ∆� = ∆��

Nous pouvons évaluer la variation d’utilité consécutive à une modification de la


consommation du bien 2, avec la consommation du bien 1 maintenue constante, par la
formule suivante :

ΔU = Um2Δx2

Lorsque la fonction d’utilité est continue, l’utilité marginale du bien 2 n’est autre que la
dérivée partielle de la fonction l’utilité par rapport à la quantité consommée du bien 2,
puisque la quantité consommée du bien 1 est maintenue constante.
��(�� ,�� )
Um2 = ���

Il est important de réaliser que la valeur de l’utilité marginale dépend de la valeur de l’utilité
ou encore de la mesure particulière adoptée pour l’utilité. Si nous multiplions l’utilité par 2,

48
l’utilité marginale sera également multipliée par 2. Cela implique que l’utilité marginale n’a
en elle-même aucun contenu comportemental. Comment calculer l’utilité marginale à
partie des comportements de choix du consommateur ? En fait ce n’est pas possible. Les
comportements de choix ne fournissent une information que sur la façon dont un
consommateur classe les différents paniers. L’utilité marginale dépend de la fonction
d’utilité particulière adoptée pour traduire le classement des préférences. Sa valeur n’a pas
de signification particulière. Toutefois, elle peut être utilisée pour calculer le taux marginal
de substitution qui a un contenu comportemental.

L’utilité marginale associée à une fonction d’utilité d’allure normale est positive, car plus on
augmente la quantité consommée d’un bien, plus l’utilité augmente. Par ailleurs, elle est
décroissante, car au fur et à mesure qu’on augmente la consommation du bien, le
supplément d’utilité diminue.

2.3. Utilité marginale et TMS


La fonction d’utilité u(x1, x2) peut être utilisée pour mesurer le taux marginal de substitution.
Rappelons que le TMS mesure l’opposé de la pente de la courbe d’indifférence en un panier
donné et il peut être interprété comme le taux auquel le consommateur est disposé à
substituer une petite quantité de bien 1 au bien 2 pour garder le même niveau de
satisfaction.

Cette interprétation nous donne une façon simple de calculer le TMS. Considérons une
variation de la consommation de chaque bien (Δx1, Δx2) qui maintienne l’utilité constante,
c'est-à-dire un changement dans la consommation qui corresponde à un déplacement le
long de la courbe d’indifférence. Nous devons donc avoir :

Um1Δx1 + Um2Δx2 = ΔU = 0

Après réarrangement on obtient :


�� ��
TMS = -��� = ���
� �

Notons que nous avons l’indice 2 au numérateur et l’indice 1 au dénominateur dans le


membre à gauche et l’inverse dans le membre de droite. Attention à ne pas confondre!!

Lorsque nous avons une fonction d’utilité U(x1, x2) continue, et que nous différentions par
rapport à x1 et x2, nous obtenons :
��(�� ,�� ) ��(�� ,�� )
dU = ���
dx1 + ���
dx2

Comme nous maintenons l’utilité constante, dU = 0. Après réarrangement, nous obtenons :


�� ��(�� ,�� )⁄���
- ��� = ��(�� ,�� )⁄���

49
Le TMS peut être mesuré en observant le comportement effectif de l’individu ; il s’agit en
fait du taux d’échange pour lequel l’individu est indifférent entre l’échange et le statu quo.

Tandis que la valeur de l’utilité marginale est dépendante de la valeur de l’utilité, le TMS qui
est le rapport des utilités marginales, est indépendant de la transformation particulière de la
fonction d’utilité choisie.

Prendre une transformation monotone de la fonction d’utilité équivaut simplement à


changer les valeurs associées aux courbes d’indifférence alors que le calcul du TMS est relatif
à un déplacement le long d’une même courbe d’indifférence. Bien que les utilités marginales
soient affectées par les transformations monotones, leur rapport est indépendant de la
représentation particulière des préférences.

Ce que nous avons vu plus haut examine comment le consommateur détermine ce qui est
préférable pou lui. Toutefois, ce qui est préférable ou désirable n’est pas toujours réalisable,
car le consommateur a une contrainte de budget.

3. La contrainte budgétaire
L’ensemble de paniers qu’un consommateur peut (et non pas désire) acquérir est donné par
la contrainte budgétaire.

Nous supposons qu’il existe une certaine gamme de biens parmi lesquels le consommateur
peut choisir, mais pour la facilité de l’exposé et de la représentation graphique on considère
qu’il y a deux biens 1 et 2.

Le panier de biens du consommateur sera représenté par (x1, x2). Il s’agit d’une liste de
quantités de biens 1 et 2 que le consommateur décide d’acheter. Si nous observons les prix
des deux biens (p1, p2), ainsi que le montant total R que le consommateur peut dépenser, la
contrainte budgétaire peut s’écrire de la façon suivante :

P1x1 + p2x2 ≤ R

p1x1 est la somme d’argent que le consommateur dépense pour le bien 1 et p2x2 est la
somme d’argent que le consommateur dépense en bien composite 2. La contrainte
budgétaire signifie que le montant que le consommateur dépense pour les deux biens ne
peut pas excéder le budget total dont il dispose. Les paniers accessibles au consommateur
sont ceux dont le coût est inférieur à R. Nous appelons l’ensemble des paniers accessible
pour des prix (p1, p2) et un revenu R donnés, l’ensemble budgétaire du consommateur.

La droite de budget est l’ensemble des paniers de biens (x1, x2) qui coûtent exactement R :

P1x1 + p2x2 = R

Ce sont les paniers qui absorbent complètement le revenu du consommateur. Nous pouvons
transformer la droite de budget pour obtenir l’expression suivante :

50
� �
x2 = � - �� x1
� �

�1 �
C’est l’équation d’une droite de pente - �2
, ayant une ordonnée à l’origine égale à �2
. Cette
équation nous donne le nombre d’unité de bien 2 que le consommateur peut acquérir pour
satisfaire exactement la contrainte budgétaire s’il consommait x1 unités du bien 1.

Etant donné les prix des biens 1 et 2 et le revenu R ; on trace la droite budgétaire dans le plan
(x1, x2).

La pente de la droite de budget a une interprétation économique intéressante. Elle mesure le


taux auquel le marché est prêt à substituer le bien 1 au bien 2. Supposons par exemple que
l’individu désire accroître sa consommation de bien 1 d’un montant Δx1. Etant donné son
revenu et les prix des deux biens sue lesquels il n’a pas d’influence, de combien doit-il modifier
sa consommation du bien 2 pour respecter sa contrainte budgétaire ?

Soit Δx2 la variation de la consommation de bien 2. La différentiation totale de la contrainte


budgétaire nous donne :

dR = x1dp1 + p1dx1 + x2dp2 + p2dx2

puisque dp1 = dp2 = dR = 0, on a après modification :


�� �
-��� = ��
� �

Cela correspond à l’opposé de la pente de la droite de budget.

3.1. Déplacement de la droite de budget


Quand les prix et les revenus varient, l’ensemble des biens que le consommateur peut
acquérir se modifie également.

51
Un accroissement exogène du revenu augmente l’ordonnée à l’origine mais n’affecte pas la
pente de la droite. Dès lors cet accroissement de revenu se traduit par un déplacement
parallèle et vers le haut de la droite de budget.

Une augmentation du prix p1, le prix p2 et le revenu restant inchangés, ne modifie pas
l’ordonnée à l’origine mais la pente de la droite est plus forte puisque p1 ⁄ p2 s’accroît,
l’abscisse à l’origine se déplace vers la gauche et la droite de budget pivote à l’intérieur :

Si les deux prix augmentent dans la même proportion, ceci équivaut à réduire le revenu dans
cette même proportion et on observe un déplacement parallèle vers le bas de la contrainte
budgétaire. Par conséquent, si nous multiplions tous les prix et le revenu par la même
proportion, la droite de budget reste inchangée.

Les taxes et subventions affectent également la contrainte budgétaire du consommateur.


Une taxe sur le prix augmente le prix que paye le consommateur pour acheter le bien, et la
droite de budget pivote.

Dans le cas d’une taxe forfaitaire, le gouvernement prélève un montant fixe, indépendamment
du comportement de l’individu. Une taxe forfaitaire implique un déplacement parallèle, vers le
bas de la droite de budget, puisque le revenu du consommateur diminue.

52
4. L’équilibre du consommateur
Le consommateur a des désirs exprimés par la fonction d’utilité, qu’il ne peut pas toujours
réaliser car il a une contrainte de ressources financières. Dans cette section, nous allons voir
comment le consommateur alloue ses ressources entre les différents biens de façon
optimale, afin de maximiser sa satisfaction.

4.1. Détermination géométrique de l’équilibre


Le consommateur rationnel choisit le meilleur panier des biens 1 et 2 parmi ceux qu’il peut
acquérir.

Nous traçons dans un même plan l’ensemble budgétaire et plusieurs courbes d’indifférence
d’un consommateur. Nous cherchons à identifier ensuite dans l’ensemble budgétaire le
panier situé sur la courbe d’indifférence la plus élevée. Les préférences étant normales,
c'est-à-dire le consommateur préfère toujours consommer plus, nous pouvons limiter notre
attention aux paniers situés sur la droite de budget de gauche à droite, nous atteignons des
courbes d’indifférence de plus en plus élevée. Nous nous arrêtons lorsque nous atteignons la
courbe d’indifférence la plus élevée qui ne fait que toucher la droite de budget au point (x1,
x2).

Déterminer l’équilibre de consommateur revient à déterminer le panier de biens (x1*, x


2*) qui maximise la fonction d’utilité du consommateur sous la contrainte de que les dépenses ne dépassent
pas le revenu. Nous étudions le cas des équilibres réguliers, ce là veut dire que les courbes d’indifférences sont
strictement convexes et asymptotiques aux axes et la droite budgétaire ne comporte ni rationnement ni
subvention.

Ce panier (x1, x2) constitue le choix optimal du consommateur. Il se situe au point de


tangence entre la courbe d’indifférence et la droite de budget.

L’équilibre du consommateur revient à superposer la série de courbes d’indifférences correspondant à chaque


niveau d’utilité avec la droite budgétaire.
Etant donné le revenu et les prix des deux bien, le consommateur ne peut consommer que le panier qui ne
dépasse pas son revenu et qui lui procure le maximum de satisfaction. En principe le consommateur peut
consommer entre autres paniers, le panier A, B, C, D et E qui se trouvent sur sa droite budgétaire, épuisant

53
donc son revenu et tous les autres paniers se trouvant sous celle ci. Mais il doit choisir entre les paniers cités
auparavant.
Les paniers A et B, se trouvent sur la même courbe d’indifférence, donc ils procurent la même satisfaction et
avec cette consommation il épuise son revenu. D’autres parts, il
peut aussi consommer les paniers C et D, se trouvant sur une
autre courbe d’indifférence et procurant un niveau de
satisfaction supérieur. Logiquement il va préférer consommer
ces deux paniers C et D au lieu des paniers A et B. Mais en contre
partie il ne peut pas consommer un panier se trouvant sur une
autre courbe d’indifférence et procurant une utilité U4, car son
revenu ne permet pas d’accéder à ce panier. Le consommateur
va donc consommer un panier se trouvant sur sa droite
budgétaire et qui lui procure le maximum de satisfaction. Ce
panier est ce lui de la tangence de la droite budgétaire avec la
courbe d’indifférence et dans ce graphique est le panier E (q1*, q2*). Ce panier est le panier d’équilibre pour le
consommateur.

Sur ce point de la courbe d’indifférence on a égalité entre la pente de la droite budgétaire


(-p2/p1) et celle de la courbe d’indifférence (dq1/dq2) et épuisant son revenu.

 dq1 p
  2 U 2' dq1 p2
 dq 2 p1 or    TMS 2 ,donc TMS 2 
R  p q  p q U 1' dq 2 1 1 p1
 1 1 2 2
En définitive l’équilibre du consommateur est caractérisé par
 U 2' p2 U 2' U 1'
TMS 2 / 1  '   
 U1 p1 p2 p1
R  p q  p q
 1 1 2 2

VI. 2. Détermination analytique de l’équilibre


Le problème du consommateur s’écrit:

 MAX U q1 ,q 2 
 (le consommateur doit épuiser son revenu)
Sous la contra int e R  p1 q1  p 2 q 2

Mathématiquement, la maximisation de la fonction d’utilité sous la contrainte R  p1q1  p2 q2 , équivaut à la


maximisation de la fonction  q1 , q2 ,   , appelé le Lagrangien,   0 étant le multiplicateur de Lagrange
q1 , q2 ,    U q1 , q2    R  p1q1  p2 q2  . Le Lagrangien atteint son maximum lorsque
donné par: 
ses dérivées partielles premières s’annulent.

 L U q1 , q 2   '
U   p 
U 1'

 q  0   p1  0  1 1
q1  p 1
 1
 L U q1 , q 2   ' U 2'
CPO   0  p 2  0  U 2  p 2  
 q 2 q 2  p2
 L  0  R  p q  p q  0  R  p1 q 2  p 2 q 2  0
  1 1 2 2 

54
U 1' U 2' U' p
On a donc   ou 1'  1  TMS1 / 2 et R  p1q1  p2 q2
p1 p2 U2 p2

5. Etude théorique de la demande alimentaire


5.1. La courbe de demande en fonction du prix
 Définition
La demande d’un consommateur est la quantité de produit qu’il est disposé à acheter à un
moment donné. La demande totale pour un produit, dans un espace géographique donné, est
égale à la somme des demandes individuelles. Elle traduit les intentions d’achat d’un bien. Elle
permet également de satisfaire les besoins solvables des consommateurs de ce bien.

La demande d’un produit est sous la dépendance de nombreux facteurs socio-économiques (prix
du produit, prix des produits substituables, revenu des ménages, habitudes de consommation,
mode de vie,…).

 Représentation graphique
La courbe de demande en fonction du prix, représentée par le graphique ci-dessous, traduit la
relation qui existe entre le prix et la quantité demandée. Pour cela il faut considérer que seul le
prix agit sur la demande, les autres facteurs de variation (revenu, population…) restant stables.

Q = quantité demandée = la demande

P = prix de marché

Q = f (p) = équation de la courbe de demande.

Quand le prix du produit diminue sa demande augmente et inversement. Cette fonction devrait
être représentée avec la quantité en ordonnée, mais, dans la plupart des ouvrages d’économie,
on représente la courbe de demande en mettant les prix en ordonnées et les quantités en
abscisses.

55
Remarque : généralement la demande est une fonction décroissante de la variable prix. Mais
dans un certains cas, les quantités demandées augmentent lorsque les prix augmentent ; c’est en
particulier le cas en période de pénurie ou de crainte par les consommateurs d’une période de
pénurie.

5.2. Elasticité simple de la demande par rapport au prix


 Définition et expression mathématique (ep = élasticité prix)
Pour un produit donné, le coefficient d’élasticité de la demande par rapport au prix est égale au
rapport de la variation relative (exprimée en pourcentage) de la quantité demandée, à la
variation relative (exprimée en pourcentage) du prix.

Les coefficients d’élasticité sont calculés comme suit :

ΔQ ⁄Q = variation relative de la quantité

ΔP ⁄P = variation relative du prix

Si ΔP > 0 alors ΔQ < 0

Si ΔP < 0 alors ΔQ > 0


∆�⁄�
D’où ep = ∆�⁄�

Comme généralement une diminution des prix entraîne une augmentation de la demande et
qu’inversement une augmentation des prix entraîne une diminution de la demande, le
coefficient d’élasticité (ep) est négatif.

 Exemple
Quel est le ep pour un produit dont la baisse de 1 % du prix provoque une augmentation des
quantités demandées de 2 % ?
+ �%
ep = − �% = -2

5.3. Elasticité croisée


 Définition
L’élasticité croisée est égale au rapport de la variation relative (exprimée en pourcentage) de la
quantité demandée du produit A, à la variation relative (exprimée en pourcentage) du prix du
produit B. Nous faisons l’hypothèse que le prix du produit A ne varie pas. L’élasticité croisée
permet de mettre en évidence les produits concurrents et les produits complémentaires.

∆�� ⁄��
Coefficient d’élasticité croisée =
∆�� ⁄��

56
1er cas : A et B produits substituables ou concurrents ; le coefficient d’élasticité croisée est positif
(>0). Le produit A, dont le prix reste stable, voit sa demande augmenter, tandis que le produit B,
dont le prix augmente, voit sa demande diminuer. La demande du produit A se substitue à la
demande du produit B.

2ème cas : A et B produits complémentaires ; le coefficient d’élasticité croisée est négatif (<0). Le
produit A, dont le prix reste stable, voit sa demande qui diminue, tandis que le produit B, dont le
prix augmente, voit aussi sa demande qui diminue. La demande du produit A évolue dans le
même sens que celle du produit B.

 Exemple
Si une augmentation de 10% du prix de la viande de bœuf provoque une augmentation de 2 % de
la demande de viande de porc, quel est le coefficient d’élasticité croisée ?

Coefficient d’élasticité croisée de la demande de porc par rapport au prix du bœuf :


+�%
+��%
= +0,2

Ces deux produits sont substituables.

Notre exemple peut se schématiser par un déplacement de la courbe de demande de viande


porcine (voir fig.5).

P0 = prix de volailles

Q0 = quantité de volailles demandée pour un prix du bœuf égal à Pb0

Q1 = Q0 + 2% = quantité de volaille demandée pour un prix du bœuf égal à Pb0 + 10%

D0 = courbe de demande de viande de volaille pour Pb0

D1 = courbe de demande de viande volaille pour Pb0 + 10%

5.4. Inélasticité de la demande de produits agricoles par rapport


au prix : effet King
 Définition de la loi de King (ou effet King)

King, économiste anglais du 17ème siècle, a observé qu’au-delà d’une certaine quantité (Q1),
l’augmentation des quantités produites par les producteurs agricoles entraînait une diminution
de la recette totale de ces producteurs.

57
Au 20ème siècle les recherches de J. Milhau et [Link] sur différents produits agricoles
(notamment le marché viticole), ont montré que la production se situait au-delà du volume Q1
(correspondant au maximum de recette) et que ces produits subissaient l’effet King.

Il est la conséquence de l’inélasticité de la demande pour de nombreux produits agricoles (ep >
-1). Au-delà de Q1, il y a diminution de la recette des agriculteurs car la baisse relative des prix
est supérieure à l’augmentation relative des quantités.

Exemple : Supposons Q1 = 100 unités et P1 = 1 D l’unité

R1 = 100 × 1 D = 100 D

Si Q2 = 110 unités et P2 = 0,80 D l’unité

R2 = 88 F
+ 10 %
ep = − 20 % = -0,5 donc supérieur à -1

 Conséquences de l’effet King


1) L’intérêt de l’ensemble des producteurs agricoles d’un produit donné est d’avoir la recette
maximum, donc de produire Q1. Comme les quantités produites sont souvent > à Q1, les
pouvoirs publics peuvent mettre en place des politiques de limitation ou de contrôle des
quantités produites (quotas, retrait du marché d’une partie des quantités offertes, création de
groupements de producteurs et de comités économiques agricoles) qui cherchent à ramener
les quantités vers Q1.
Cet ajustement du niveau de production aux débouchés est d’autant plus nécessaire si les
producteurs ne bénéficient pas de prix garantis ou soutenus.
2) Dans un marché où les prix stagnent ou diminuent ; chaque producteur cherche l’amélioration
de ses recettes en augmentant les quantités qu’il produit. Cette démarche individuelle
d’amélioration des recettes, et donc du revenu, est en contradiction avec l’amélioration de la
recette, et donc du revenu, de l’ensemble des producteurs du produit considéré. En
conséquence, sur le plan collectif, les producteurs doivent :
- Soit faire pression sur le pouvoir politique pour bénéficier de prix soutenus sans limitation
des quantités,
- Soit ajuster le niveau de production à la demande pour tendre vers Q1.
3) L’intérêt des consommateurs et des responsables politiques est d’obtenir des prix alimentaires
bas, ce qui est contradictoire avec l’intérêt des producteurs agricoles.

6. Variation liée au revenu des ménages


Le pouvoir d’achat d’un ménage est déterminé par son revenu. Une variation du pouvoir d’achat
entraîne une modification de la structure des dépenses. Ce phénomène a été étudié pour la
première fois, au 19ème siècle, par un économiste prussien, Ernest Engel (1821-1896).
6.1. Loi d’Engel
58
A partir des budgets d’un échantillon de 153 familles belges, Engel a dégagé trois règles qui
constituent les lois d’Engel. Lorsque le revenu augmente dans un ménage :

- Ses dépenses alimentaires augmentent moins que proportionnellement à l’augmentation


de revenu ;
- Ses dépenses d’habillement et de logement augmentent dans la même proportion que
l’augmentation de revenu ;
- Ses autres dépenses augmentent plus que proportionnellement à l’augmentation de revenu.

Cette loi d’Engel a été vérifiée en comparant :

- à différents moments, la structure des dépenses d’un ménage dont le revenu augmente ;
- au même moment, la structure des dépenses de ménages ayant des revenus différents.

Ce premier utilisateur de la statistique dans l’économie a introduit également la notion


d’élasticité dans l’étude de la consommation.

6.2. Le coefficient d’élasticité de la demande par rapport au


revenu
Le coefficient d’élasticité revenu (er) est égal au rapport de la variation relative (exprimée en
pourcentage) de la quantité demandée, à la variation relative (exprimée en pourcentage) du
revenu. L’INSEE détermine ces coefficients d’élasticité (tableau 1).

ΔQ ⁄Q = variation relative de la quantité

ΔR ⁄R = variation relative du revenu (ou variation relative de la dépense totale)

∆�⁄�
er = ��⁄�

Le coefficient est généralement positif car :

- Si R augmente, alors ΔR > 0 et Q augmente, alors ΔQ >0,


- Si R diminue, alors ΔR<0 et Q diminue, alors ΔQ <0.
6.3. Remarques
 L’élasticité est parfois exprimée par la relation :

�� ⁄�
ec = �� ⁄�

ΔC = Variation de la consommation totale

La consommation totale est alors utilisée comme indicateur de revenu des ménages. On peut
donc considérer que l’élasticité par rapport à la consommation totale est équivalente à
l’élasticité par rapport au revenu.

59
L’élasticité revenu de la demande
Pour mesurer l’impact d’une variation du revenu sur la variation de la demande d’un bien i, on
compare le pourcentage de ces deux variations. Le rapport de la variation proportionnelle de la
consommation d’un bien divisée par la variation proportionnelle du revenu est appelé
l’élasticité-revenu de la demande. En absence d’informations sur le revenu, il est possible de
considérer l’évolution des dépenses totales de consommation, généralement fournies par les
enquêtes de budget.

En posant C = dépenses alimentaires, R = revenu, l’élasticité-revenu s’exprime sous la forme de


l’expression suivante :
�� �� �� �
ȠR = �


= ∆� × �

Les élasticités-revenu sont utilisées pour distinguer les différents types de biens inférieurs ou de
base, normaux et de luxe ou supérieurs, comme le synthétise le tableau suivant :

Signification des Valeur de l’élasticité revenu

Valeur de l’élasticité revenu Classifications des biens


Ƞr > 1 Biens supérieurs de luxe
0 ≤ ƞr ≤ 1 biens normaux
Ƞr < 0 Biens de base ou inférieurs

L’élasticité-revenu est généralement positive, à l’exception des biens inférieurs pour lesquels
suite à une augmentation du revenu leur consommation diminue.

60
Chapitre 5 : La théorie de la production et des coûts
Pour produire un bien, une entreprise a besoin d’utiliser des inputs ; qui sont généralement
classés en trois catégories : le travail, le capital et les matières premières.

Elle a besoin de décider :

 Quelle quantité du bien produire ou offrir


 Quelles quantités d’inputs utiliser ou acheter

Les quantités d’inputs à acheter et d’outputs à produire sont choisies de sorte que l’entreprise
maximise son profit. Celui-ci représente la différence entre les recettes totales de ventes du bien
produit et les dépenses totales en inputs ou le coût total de production.

On suppose que l’entreprise ne décide que de la quantité à produire et des inputs à acheter, les
prix des inputs et le prix de vente de son produit sont donnés pour elle, car ils sont déterminés
sur des marchés régis par les règles de concurrence pure et parfaite et sur lesquels elle n’a
aucune influence.

Notons que les combinaisons d’inputs ne sont pas choisies de façon arbitraire, mais elles sont
limitées par les contraintes technologiques auxquelles font face les firmes. En effet, seules
certaines combinaisons d’inputs permettent de produire une quantité donnée d’output.
L’entreprise doit donc se limiter à des plans de production techniquement réalisables. La façon la
plus simple de décrire les plans de production réalisables consiste à dresser la liste de toutes les
combinaisons d’inputs et d’outputs qui sont techniquement possibles. L’ensemble de ces
combinaisons d’inputs et d’outputs qui sont techniquement possibles. L’ensemble de ces
combinaisons est appelé un ensemble de production. L’ensemble de production diffère selon
qu’on se situe dans le court terme ou dans le long terme. En économie, le court terme est tel que
certains facteurs de production sont fixes tandis que d’autre sont variables. Pour accroître la
production, on ne peut agir que sur les inputs variables. A long terme tous les inputs sont
variables.

1. La théorie de la production à court terme


Considérons une activité de production qui combine deux facteurs (ou inputs) de production (le
capital et le travail ou bien la terre et le travail). Cette section développe une organisation de la
production dans une situation où la quantité disponible d’un facteur (le capital ou bien la terre)
est fixe à court terme. La firme doit alors ajuster sa production en fonction de la quantité de
travail qu’elle va engager, pour une quantité donnée du capital ou de la terre afin de maximiser
son profit. Nous allons donc voir quelles sont les propriétés de la production à court terme, où la
firme ne peut varier que le travail, le capital étant fixe, et comment la firme maximise son profit.

1.1. La production totale ou produit total à court terme

61
La production totale à court terme correspond à la quantité produite pour différentes valeurs
possibles du facteur variable. Elle est parfaitement décrite par une fonction de production de
court terme de la forme :

Y = F (�)�=�

La forme générale d’une fonction de production à court terme peut être illustrée par le
graphique suivant :

L’allure de la courbe représentative du produit total rend compte des considérations suivantes :

1) Le facteur variable est indispensable pour produire, c'est-à-dire F (L = 0) = 0.

2) Au fur et à mesure que la quantité de travail augmente, le capital étant fixe à court terme,

2.a) Le produit total ou la production totale connaît une phase d’accélération, c'est-à-dire une
croissance de la production totale plus élevée que la croissance du travail ou facteur variable.
Cette phase prend fin lorsque la quantité de travail engagée est égale à�.

2.b) La production totale connaît ensuite une phase de freinage, c'est-à-dire une croissance
moins proportionnelle que celle du travail.

2.c) La production totale atteint un maximum lorsque l’effectif des travailleurs engagés atteint
Lmax. Au-delà de ce seuil, la production diminue lorsque l’effectif des travailleurs augment.

1.2. Le produit moyen et le produit marginal


L’analyse de production peut être enrichie en définissant et en interprétant :

62
 La production par travailleur ou produit moyen, qui correspond à la production par unité
de travail engagée. Elle est notée PML, et elle est égale à :
PML = Production totale ⁄ effectif des travailleurs = Y ⁄ L
Il s’agit d’une grandeur moyenne, qu’on appelle productivité moyenne. Elle exprime la
contribution moyenne de chaque travailleur à la production.
 Le produit marginal ou productivité marginale du travail qui correspond au supplément
d’output par unité additionnelle de travail, le capital étant constant. Elle est notée PmL,
où L indique le facteur dont on calcule le produit marginal, et elle est égale à :
� ��
PmL = � (ou encore �� si y est continue)
La production marginale correspond à la production supplémentaire qui résulte du
recrutement de la dernière unité de travail, le capital étant constant.

Lorsqu’on augmente le travail, tout en maintenant constant le capital, l’output total augmente.
Par conséquent, la productivité marginale est positive. Toutefois, on s’attend à ce que l’output
augmente à un taux décroissant. Donc, la productivité marginale d’un facteur diminue à mesure
que la quantité utilisée de ca facteur augmente, l’autre facteur étant constant.

Nous appelons cela, la loi des rendements marginaux décroissants. Il est important de souligner
que la loi des rendements marginaux décroissants ne s’applique que lorsque tous les autres
inputs sont maintenue constants.

On peut également définir la productivité moyenne du capital, qui est égale :

PMK = Y ⁄K

et la productivité marginale du capital qui est égale à :

PmK = ΔY ⁄ ΔK (ou encore dY ⁄dK si y est continue)

Exemple : considérons la fonction de production suivante Y = a L – b L2

PML = Y ⁄L = a – b L

PmL = dY⁄dL = a – 2 b L

Si on décrive la productivité marginale par rapport à L, on trouve que cette dérivée est égale à :
- 2 (négative). Donc, la productivité marginale du travail est décroissante.

1.3. Les phases de production


La forme générale de l’allure des courbes représentatives de la PmL et de la PML peut être
aisément obtenue à partir de la courbe du produit total.

Pour un niveau donné du facteur travail, par exemple L0, la productivité marginale correspond à
la pente de la tangente à la courbe de la production totale au point (L0, Y0) et la productivité
moyenne correspond à la pente de la droite qui part de l’origine et passe par le point (L0, Y0).

63
Ces définitions donnent lieu aux considérations suivantes :

 La productivité marginale commence par croître, atteint son maximum pour L = � (c'est-à-
dire au point d’inflexion de la courbe du produit total). Elle décroît au-delà de ce seuil en
restant positive pour L < Lmax. Ensuite, pour L = Lmax, la productivité marginale est nulle et
au-delà de ce seuil la productivité marginale devient négative.
 La productivité moyenne commence par croître. Elle atteint un maximum pour L = L*. Au-
delà de ce seuil, elle devient décroissante tout en étant toujours positive. La droite qui
passe par l’origine et par le point (L*, Y*) est tangente à la courbe de la productivité
moyenne. Cela implique que la productivité moyenne est égale à la productivité
marginale, lorsque la productivité moyenne est maximale.

Le graphique suivant illustre les différentes propriétés des productivités moyenne et marginale
évoquées ci-dessus :

On remarque que :

 PML < PmL lorsque la productivité moyenne est croissante et sa dérivée première est
positive.
 PML > PmL lorsque la productivité moyenne est décroissante et sa dérivée première est
négative.
 PML = PmL lorsque la productivité moyenne est constante et sa dérivée première est
nulle.

64
Pour démontrer ces trois dernières propriétés, on dérive la productivité moyenne du travail par
rapport au travail.

PML = Y ⁄ L

dPML = (1 ⁄ L) dY – (Y ⁄ L2) dL

dPML ⁄ dL = (1 ⁄ L)*[ dY ⁄ dY - Y⁄L ]

dPML ⁄ dL = (1 ⁄ L)*[ PmL - PML ]

On voit bien que le signe de la dérivée de la productivité moyenne dépend du signe de la


différence entre la productivité marginale et la productivité moyenne.

 Si PmL > PML, alors dPML ⁄ dL > 0 et la productivité moyenne est croissante avec le travail.
 Si PmL < PML, alors dPML ⁄ dL < 0 et la productivité moyenne est décroissante avec le travail.
 Si PmL = PML, alors dPML ⁄ dL = 0 et la productivité moyenne est constante.

L’idée est que si la contribution à la production de la dernière unité recrutée est supérieure à la
production moyenne de l’effectif déjà existant, alors la productivité moyenne calculée en tenant
compte de la contribution de cette dernière unité à la production est supérieure à la productivité
moyenne calculée sans tenir compte de cette dernière contribution, ce qui accroît la productivité
moyenne.

Les courbes représentatives des productivités moyenne et marginale et celle du produit total
permettent d’effectuer la décomposition par zone suivante :

 La distinction entre la zone économique et la zone non-économique : il n’est pas rationnel


d’envisager une activité de production dans la logique de court terme, lorsque l’effectif des
travailleurs engagés est supérieur ou égal à Lmax parce qu’au-delà de ce seuil, la productivité
marginale est négative et la production totale est décroissante. Cela veut dire que lorsqu’on
augmente le travail, le capital étant constant, la production totale diminue. C’est le cas de la
zone III ou zone non-économique.
 La zone économique pour L ∈ ] 0, Lmax[, peut être décomposée en deux sous-zone :
 La première sous-zone est définie en liaison avec un produit moyen croissant et elle
est perçue par le producteur comme une zone d’incitation à la production, puisque
l’engagement d’un travailleur supplémentaire permet d’augmenter la contribution
individuelle de tous les autres. Cette zone s’arrête lorsque la productivité moyenne
atteint son maximum et L = L*. On appelle cette zone la phase I de la production.
 La deuxième sous-zone correspond à une zone centrale où la productivité moyenne
est décroissante et la productivité marginale est positive. Elle commence avec un
produit moyen maximum et s’achève avec une productivité marginale égale à zéro.
Cette zone s’appelle la phase II de la production. Il va sans dire que l’équilibre de
court terme du producteur va nécessairement avoir lieu au sein de cette zone parce
que d’une part, le producteur n’a pas intérêt à arrêter le recrutement du facteur

65
travail dans la phase I et d’autre part, il n’est pas question d’envisager une activité
de production dans la phase III, car une unité supplémentaire de travail implique
une réduction de la production.
2. La théorie de la production à long terme
Dans le cadre d’un horizon de décision de long terme, tous les facteurs de production sont
variables et mobiles. Les principales raisons pour une firme d’abandonner la logique de court
terme tiennent au fait qu’une firme peut substituer un facteur de production par un autre, suite
au changement des prix des facteurs. Lorsque la firme peut ajuster tous ses facteurs de
production, elle peut maximiser son profit en choisissant la combinaison idéale des deux facteurs.

Considérons une activité de production qui combine deux facteurs de production, le travail et le
capital. A long terme, l’organisation de la production suppose une décision sur la proportion des
facteurs de production et une décision sue les quantités engagées des facteurs.

La première décision réglemente la substitution des facteurs de production tandis que la


deuxième décision caractérise l’échelle de production. Contrairement au court terme, où la
production dépend d’un seul facteur de production, à long terme la production varie en fonction
de la quantité engagée des facteurs variables et plusieurs combinaisons de facteurs peuvent
permettre de produire un même niveau de production. Pour des valeurs continues de K et L, on a
la forme générale d’une fonction de production de long terme, Y = f (K, L).

2.1. La notion d’isoquant


L’isoquant c’est l’ensemble des combinaisons de facteurs de production K et L qui donnent lieu
au même niveau de production. Du point de vue représentation graphique, l’isoquant
correspond à l’ensemble des points dans le plan (K, L) qui donnent lieu au même niveau de
production.

Une carte d’isoquant est une juxtaposition de plusieurs isoquants dans un même plan.

 L’isoquant a une pente négative, cela veut dire que pour produire un même niveau de
production, si le producteur décide d’augmenter la quantité engagée d’un facteur, il doit
diminuer la quantité engagée de l’autre facteur de production.
 L’isoquant est convexe, cela veut dire que plus un facteur de production devient
relativement rare, plus la substitution d’une même quantité de ce facteur de production
nécessite une quantité plus grande de l’autre facteur.
 Les isoquants ne se coupent pas, en effet, le processus de production distingué par la
fonction de production est un processus techniquement efficace. A cet égard, si une
même combinaison (K, L) donne lieu à deux niveaux de production différents, le plus
faible niveau sera techniquement moins efficace.

L’isoquant peut prendre l’allure suivante :

66
2.2. Le taux marginal de substitution technique (TMST)
Supposons que la firme opère en un point donné de l’isoquant et qu’elle envisage d’accroître la
quantité de travail qu’elle utilise. Quelle est la quantité de capital à laquelle elle doit renoncer
pour être capable de produire la même quantité d’output ? Cette quantité correspond
exactement à la pente de l’isoquant et le TMST est l’opposé de cette pente. Le TMST mesure le
taux auquel la firme doit substituer un input par l’autre tout en maintenant constante la quantité
de production.

Pour obtenir une expression du TMST, considérons une variation des quantités de facteurs L et K
telle que la production reste constante. La différentiation totale de la fonction de production
Y = f (K, L), nous permet d’écrire :

dY = �f (K,L) ⁄ �L dL + �f (K, L) ⁄ �K dK

= �Y ⁄ �L dL + ��⁄ �� dK

= PmL dL + PmK dK

Dans le mesure où le niveau de production doit rester contant, lors du calcul du TMST, dY doit
être égal à zéro. Ceci implique :

TMSTL à K = - dK ⁄ dL = PmL ⁄ PmK > 0

TMSTK à L = - dL ⁄ dK = PmK ⁄ PmL > 0

67
Le TMST est positif et décroissant. Cela veut dire qu’à mesure qu’on remplace le travail par du
capital, le travail devient abondant et le capital devient rare. Alors, la quantité de capital à
laquelle on est disposé à renoncer diminue au fur et à mesure que celui-ci devient rare.

2.3. Les rendements d’échelle


Envisageons un autre type de modification. Augmentons la quantité de tous les facteurs de
production simultanément et par la même proportion t, et étudions la quantité d’output Y’
résultant de cet accroissement proportionnel de tous les facteurs de production. On doit
envisager trois cas de figure :

 1er cas, la production augmente dans la même proportion que celle des facteurs, càd
d’une proportion t. Si nous augmentons le niveau de tous les facteurs de production
d’une certaine proportion t et que la production augmente dans cette même proportion t,
alors on dit que les rendements d’échelle sont constants. On a :
Y’ = f (t * K, t * L) = t * f (K, L) = t * Y

Des rendements d’échelle constants signifient que l’entreprise est capable de reproduire le
même niveau de production, si elle dispose du double, du triple des facteurs de production.

Notons, qu’il est parfaitement possible qu’une technologie soit caractérisée à la fois par des
rendements d’échelle constants et une productivité marginale décroissante pour chaque facteur.
Car, les rendements d’échelle correspondent à ce qui se passe lorsqu’on augmente tous les
facteurs de production tandis que la productivité marginale décroissante correspond à une
situation dans laquelle on augmente un des facteurs, les autres étant maintenus constants.

 2ème cas : Si on augmente tous les facteurs d’une même proportion t, avec t > 1, et qua la
production est multipliée par une proportion supérieur à t, alors on dit que les
rendements d’échelle sont croissants. Mathématiquement, des rendements d’échelle
croissants signifient que :
Y’ = f (t* K, t*L) > t*f (K, L)
Ou encore, Y’ > t*Y
Ou encore, Y’ – t*Y > 0
Ou encore, Y’ ⁄ t*Y > 1
 3 cas : Lorsqu’on augmente tous les facteurs d’une même proportion t, avec t > 1, et
ème

que la production est multipliée par une proportion inférieure à t, alors on dit que les
rendements d’échelle sont décroissants. Mathématiquement, des rendements d’échelle
décroissants signifient que :
Y’ = f (t* K, t*L) < t*f (K, L)
Ou encore, Y’ < t*Y
Ou encore, Y’ – t*Y < 0
Ou encore, Y’ ⁄ t*Y < 1

68
Exemple : étudier la nature des rendements d’échelle pour les fonctions de production
suivantes :

Y = f (K, L) = K * L – L et Y = f (K, L, S) = ��∝ �� ��

Pour étudier la nature des rendements d’échelle, il suffit de multiplier tous les facteurs par une
proportion t > 1 ensuite comparer la nouvelle production avec l’ancienne. Ainsi, pour le premier
cas nous avons :

Y’ = f (t*K, t*L) = (t*K) * (t*L) – (t*L) = t2 KL – t L

Si on compare Y’ et t Y, nous avons : Y’ – t Y = t2 K L – t L – t K L + t L = t2 K L – t K L = K L (t2 – 1) =


K L t (T – 1)

Comme t > 1, Y’ – t Y > 0 et les rendements d’échelle sont croissants.

En ce qui concerne le deuxième cas, nous avons :

Y’ = f (t*K, t*L) = A (t*K)α (t*L)β (t*S)γ = A tα+β+γ Kα Lβ Sγ = tα+β+γ f (K, L)

Si on compare Y’ et t Y en faisant le rapport, nous obtenons :

Y’ ⁄ tY = tα+β+γ-1

Le signe de ce rapport peut être supérieur, inférieur ou égale à 1, selon que α+β+γ-1 est
supérieur, inférieur ou égale à 0, pour t > 1.

Si α+β+γ-1 > 0 → α+β+γ > 1 → Y’ ⁄ t Y > 1 → les rendements d’échelle sont croissants.

Si α+β+γ-1 < 0 → α+β+γ < 1 → Y’ ⁄ t Y < 1 → les rendements d’échelle sont décroissants.

Si α+β+γ-1 = 0 → α+β+γ = 1 → Y’ ⁄ t Y = 1 → les rendements d’échelle sont constants.

2.4. L’élasticité d’échelle


L’élasticité d’échelle mesure la variation relative de la production suite à la variation relative de
tous les inputs dans une même proportion t. Considérons une fonction de production à deux
facteurs Y = f (K, L). La différentiation totale de cette fonction de production nous donne :

dY = PmL dL + PmK dK

Si on divise à droite et à gauche de l’égalité par Y, on obtient :

dY ⁄ Y = PmL ⁄ Y dL + PmK ⁄ Y dK

Ou encore :
�� ��� � �� ��� � ��

= � �
+ � �

69
�� �� �� �� ��

= ��� + ���
� � � �

Dans la mesure où on multiplie tous les inputs dans une même proportion,

on pose : dL ⁄ L = dK ⁄ K =dt ⁄ t. Si on note l’élasticité d’échelle par et elle est égale à :


��
�� ��
et = �
�� = ��� +���
� �

Si et > 1, les rendements d’échelle sont croissants

Si et = 1, les rendements d’échelle sont constants

Si et < 1, les rendements d’échelle sont décroissants

3. L’équilibre du producteur
Dans les sections précédentes nous avons exprimé comment représenter les choix techniques
auxquels la firme est confrontée à court et long terme. Dans cette section, nous allons présenter
un modèle analysant la façon dont l’entreprise choisit la quantité optimale qu’elle produit et la
méthode de production (càd combinaison des facteurs) qu’elle adopte pour maximiser son profit,
qui est défini par la différence entre la recette totale des ventes de la quantité produite et les
dépenses totales en inputs.

La maximisation du profit diffère selon l’horizon temporel. A court terme, certains facteurs sont
fixes. L’entreprise est alors obligée d’utiliser certains facteurs de production même si elle décide
de ne rien produire. Il est dès lors possible que l’entreprise réalise des profits négatifs à court
terme, car elle doit rémunérer ses facteurs fixes même si elle ne produit rien. Exemple : si une
entreprise a un contrat de location de long terme pour un bâtiment, elle doit payer le loyer au
cours de chaque période même si elle décide de fermer ses portes. A long terme, la firme ne
réalise pas de profits négatifs, car dès que ses recettes des ventes sont inférieures à ses coûts de
production elle peut quitter le marché sans coût.

3.1. La maximisation du profit à court terme


Supposons que le capital est fixe à court terme, la fonction de production de la firme devient

Y = f (�, L) = F (L)
Le problème de maximisation du profit � auquel la firme est confrontée, peut dès lors s’écrire
comme suit :

��� � = p f (�, L) – w L – r �

70
La condition nécessaire de maximisation du profit à court terme est elle que:

�� (�, �) �� (�, �)

��
-w=0 → �
��
= �

càd la valeur de la productivité marginale du travail doit être égale au taux de salaire. Ou si nous
réécrivons la condition nécessaire de premier ordre, nous obtenons :

�� (� , �) �
PmL = ��
=� →

càd la productivité marginale physique du travail est égale au salaire réel w/p. La résolution de
cette équation nous donne la demande de travail de court terme qui maximise le profit de court
terme :

L = f (w, p),
celle-ci est fonction du taux de salaire et du prix du bien.

3.2. La maximisation du profit à long terme


A long terme, l’entreprise est libre de choisir la quantité de tous ses inputs. Dès lors, le problème
de maximisation du profit à long terme peut s’écrire comme suit :

��� � = p f (K, L) – w L – r K
�, �

La condition nécessaire de maximisation du profit qui définit les quantités optimales de K et de L est:

�� (�, �) �
=
�� �
�� (�, �) �
=
�� �
A l’équilibre, la valeur de la productivité marginale de chaque facteur doit être égale à son prix.
La résolution de ce système de deux équations à deux inconnues K et L nous donne les fonctions
de demande des facteurs qui dépendent du prix du bien et des inputs.

L = L (w, r, p)

K = K (w, r, p)

A long terme, l’équilibre du producteur peut également être défini comme une combinaison (K, L)
qui permet soit de réaliser le niveau de production le plus élevé, étant donné un niveau de
dépense donné, soit de réaliser un niveau de production donné au coût le plus faible. Ceci
donne deux programmes qui caractérisent de la même façon la combinaison d’équilibre (K, L).

71
1er programme : La maximisation du profit passe par la maximisation de la production pour un
niveau de dépense donné.

Etant donné l’information dont dispose la firme sur w, r er p et le montant de dépenses CT


qu’elle veut engager, avec : CT = w L + r K.

ici, CT = w L + r K ou encore K = CT / r – w L / r donne l’expression de la droite d’isocoût, càd


toutes les combinaisons K et L qui donnent le même niveau de coût total.

Pour maximiser son profit, la firme doit choisir le niveau de production Y étant donné CT ou
encore :

��� � = � (�, �) S/C CT = w L + r K


�, �

72
Afin de résoudre ce programme d’optimisation sous contrainte, on écrit le lagrangien:

max � (�,L, �) = f (K, L) + � �� − �� − ��

Les conditions nécessaires de maximisation du lagrangien sont telles que : ��/�� = ��/�� =
��/�� = 0. Ce qui nous donne le système de trois équations à trois inconnues suivant :

�� (�, �)/�� − �� =0

�� (�, �)/�� − �� = 0

�� = � � + � �

Les trois équations peuvent être réduites à deux, avec :

TMSTKàL = �� (�, �)/��/��(�, �)/�� =r/w

CT = w L + r K

La résolution de ce système de deux équations à deux inconnues nous donne les fonctions de
demande des facteurs en fonction de w, r, et CT.

K = K (w, r, CT)

L = L (w, r, CT)

A l’équilibre, le producteur choisit K et L qui réalisent le niveau de production le plus élevé, étant
donné le niveau de dépenses, en égalisant le TMST au rapport des prix des facteurs.

Exercice : on a une fonction de production de type Cobb-Douglas : Y = K L, les prix des facteurs de
production sont w = r = 1 et le producteur dispose de 10 u.m. pour acheter les inputs. Ici, le
producteur est contraint par les dépenses en facteurs, déterminer les quantités de facteurs K et L
qui vont maximiser sa production ainsi que le niveau de celle-ci ?

2ème programme : Lorsque la firme dispose d’informations sur les prix du bien et des facteurs et
que son objectif consiste à réaliser un niveau de production donné pour répondre à une certaine
demande à un moindre coût, alors elle va maximiser son profit à travers la minimisation des
coûts de production étant donné le niveau de production Y qu’elle veut produire.
Graphiquement, étant donné l’isoquant, elle va chercher à se situer sur la droite d’isocoût la plus
basse.

73
Analytiquement, le programme consiste à :

minimiser w L + r K S/C Y = f (K, L)

Pour résoudre ce programme de minimiser sous contrainte, on écrit le lagrangien comme suit:

min� �, �, � = � � + � � + � � − �(�, �)

Les conditions nécessaires de minimisation des coûts sous contrainte du niveau de production
�� �� ��
sont telles que �� = �� = = � . Ce qui nous donne le système de trois équations à trois
��
inconnues suivant :

��� �, �
−�=�
��
��� �, �
−�=�
��
Y = f (K,L)

Les trois équations peuvent être réduites à deux, avec :

TMSTKàL = ��(�, �)/�K/��(�, �)/�� = r/w

Y = f (K, L)

La résolution de ce système de deux équations à deux inconnues K et L nous donne les fonctions
de demande des facteurs de w, r et Y.

K = K (w, r, Y)

L = L (w, r, Y)

Si on reprend les données de l’exercice précédent, en modifiant seulement la donnée relative au


coût total par une donnée relative au niveau de production. En effet, on suppose que le

74
producteur désire produire Y = 4 unités. Déterminer les quantités de facteurs optimales et le
niveau de dépenses correspondant ?

L’équilibre du producteur suivant ces trois versions permet d’obtenir des fonctions de demande
des facteurs de production. Ces fonctions dépendent des prix des facteurs et du niveau de
dépense ou bien du niveau de production selon la nature du problème étudié. Par ailleurs, à
l’équilibre les facteurs de production sont toujours rémunérés à leur productivité marginale.

3.3. Le sentier d’expansion


Le sentier d’expansion correspond à l’ensemble des lieux géométriques qui relient différents
points d’équilibre dans l’espace des facteurs de production. Il caractérise le passage d’une
échelle de production à une autre après que les quantités de facteurs de production aient été
ajustées, au sien d’une échelle donnée, pour distinguer la combinaison productive optimale.

On passe d’un équilibre à un autre suite au changement du niveau de dépense totale en inputs
CT.

Considérons une fonction de production Cobb-Douglas Y = AKαLβ. A l’équilibre, on a :

TMSTKàL = α L / β K = r /w

L’expression du sentier d’expansion est donnée par l’équation suivante :

K = (α w / β r) L

Ce sentier est linéaire, passe par l’origine et il correspond à une intensité capitalistique K /L =
cste. Cela implique que lorsqu’elle augmente son échelle de production, la firme change les
quantités des facteurs de production selon une proportion fixe, sans substituer un facteur à un
autre. Toutefois, ceci est valable uniquement pour les fonctions de type Cobb-Douglas, mais ce
n’est pas toujours le cas.

Un sentir d’expansion non linéaire traduit la non séparabilité entre les décisions de substitution
et les décisions relatives à la variation de l’échelle de production.

75
Les graphiques ci-dessous illustrent respectivement le cas d’une expansion de la production qui
s’effectue simultanément avec une substitution du capital au travail et le cas où l’expansion de la
production s’accompagne d’une substitution du travail au capital.

4. Les coûts de production


Si une firme maximise son profit et choisit d’offrir une quantité donnée Y, afin de répondre à une
certaine demande par exemple, elle doit minimiser le coût de production de Y. Le problème de la
maximisation du profit peut alors être décomposé en deux étapes.

D’abord, la firme minimise le coût de production d’un niveau donné d’output, ce qui permet de
dégager une fonction de coût total qui dépend du niveau de production. Ensuite, la firme
détermine le niveau de production qui correspond au profit maximum.

Dans cette section nous allons déterminer les caractéristiques de la fonction de coût total. La
fonction de coût total est définie comme le coût minimum de production d’un niveau donné
d’output. Pour dégager cette fonction, on doit distinguer le court terme et long terme.

4.1. La fonction de coût de court terme


A court terme certains facteurs de production sont fixes, tandis que d’autres sont variables. La
fonction de coût à court terme car par conséquent définie comme le coût minimum de
production d’un niveau donné d’output lorsqu’on ajuste uniquement les facteurs de production
variables. Elle est ainsi scindée en deux composantes ; une composante fixe et une composante
variable.

Supposons qu’à court terme, le capital est fixe. La fonction de coût à court terme est par
conséquent définie par :

CT (Y, �) = minL w L + r � S/C f (� , L) = Y

Dans le cas de deux facteurs, le problème de minimisation est facile à résoudre. En effet, il suffit
de trouver la plus petite quantité du facteur variable L telle que : f (�, L) = Y.

76
La fonction de demande du travail à court terme n’est rien d’autre que la quantité de travail qui
minimise le coût de production. De façon générale, elle dépend des prix des facteurs w et r et de
la quantité du facteur fixe de sorte que nous écrivons les demandes de facteurs de court terme
comme suit :

L = L (w, r,�, Y)

K=�

Si on remplace la fonction de demande du travail dans la fonction de coût, on obtient :

CT (Y,�) = w L (w, r, K, Y) + r �

Comme les prix des facteurs sont donnés, de même pour le stock de capital, la fonction de coût
total a une composante fixe, indépendante du niveau de production, et une composante variable,
dépendante du niveau de production. Elle s’écrit désormais comme suit :

CT (Y) = CV (Y) + CF

où CF = r � représente le coût fixe qui est indépendant du niveau de production et


CV (Y) = wL (w, r, � , Y) représente le coût variable qui dépend et varie avec le niveau de
production.

Attention, la fonction de coût total de court terme dépend des prix des facteurs, du niveau de
production et du stock des facteurs fixes.

La forme générale d’une fonction de coût total de court terme peut être illustrée par le
graphique suivant.

77
La courbe de coût variable met en évidence la caractéristique suivante : le coût variable
commence par croître moins vite que la production, il marque un point d’inflexion et s’engage
dans une évolution selon un rythme plus élevé que la production. La courbe du coût total est
celle du coût variable translatée d’une longueur égale au coût fixe.

A partir de la fonction de coût de court terme, on peut dégager les fonctions de coût moyen et le
coût marginal de court terme.

La fonction de coût moyen, notée CM, mesure le coût par unité d’output. Elle a pour expression
l’équation suivante :
�� (�) �� (�) ��
CM (Y) = �
= �
+ �
= CVM (Y) + CFM (Y)

où CVM (Y) = CV (Y) / Y est le coût variable moyen et CFM (Y) = CF / Y est le coût fixe moyen. Le
coût fixe moyen tend à diminuer lorsque la production augmente, et il tend vers l’infini lorsque la
production tend vers zéro. Cela implique que l’augmentation de la production permet d’atténuer
le poids du coût fixe.

De l’autre côté, le coût variable moyen CVM (Y) ) w L /Y = w/PML. Ainsi, le coût variable moyen
est inversement proportionnel au produit moyen, étant donné le taux de salaire w. On sait qu’à
court terme, la productivité moyenne du travail augmente ensuite diminue. Par conséquent, le
coût variable moyen diminue ensuite augmente.

La fonction de coût marginal, notée Cm, correspond à ce que coûte la dernière unité produite et
il a pour expression :

Cm (Y) = ���/��

A court terme, le coût marginal ne peut correspondre qu’à la dépense occasionnée par l’effectif
des travailleurs engagés pour produire la dernière unité (car le travail est le facteur variable), en
d’autre termes :

Cm (Y) = �(�� + �� � )/��

= ���/�� + ���(�)/��

= ��� � /��

= �(��)/��

= w ��/��

= w /PmL

On sait qu’à court terme, la productivité marginale croit ensuite décroît. Par conséquent, le coût
marginal décroît ensuite croit.

78
Le coût variable moyen atteint son minimum lorsque le coût marginal est égal au coût moyen. En
effet, la différentiation totale du coût variable moyen implique :

d CVM(Y) = d(w L /Y) = (w / Y) dL – (w L /Y2) dY →


d CVM(Y)/dY = (1/Y) [w/PmL – w/PML] + (1/Y) [Cm - CVM]

Ainsi, le coût variable moyen décroît, si Cm < CVM

le coût variable moyen croit, si Cm > CVM

le coût variable moyen est constant, si Cm = CVM

Le graphique suivant nous donne une illustration de l’allure des coût moyen et marginal de court
terme. On dit qu’elles sont des courbes en U.

Compte tenu de la baisse du coût fixe moyen, le minimum du coût total moyen correspond à un
niveau de production plus élevé que celui qui rend minimum le coût variable moyen.

4.2. La fonction de coût de long terme


La fonction de coût de long terme donne le coût minimum de production d’un niveau donné
d’output lorsqu’on peut ajuster tous les facteurs de production. Elle est définie par :

CT(Y) = minK,L wL + rK S/C f(K,L) = Y

Nous avons déjà résolu ce programme en utilisant le lagrangien. Les conditions nécessaires de
minimisation des coûts nous donnent les fonctions de demande de tous les facteurs de
production en fonction des prix des facteurs et du niveau de production. On a en effet :

79
L = L (w, r, Y)

K = K (w, r, Y)

Si on remplace les fonctions de demande des facteurs, dans la fonction de coût total, on obtient :

CT (Y) = w L (w, r, Y) + rK (w, r, Y)

Ainsi, à long terme, la fonction de coût total dépend uniquement du niveau de production que
l’entreprise désire produire et des prix des facteurs.

L’expression du coût total de long terme indique simplement que les coûts minimum sont les
coûts que l’entreprise supporte en utilisant les combinaisons de facteurs qui minimisent les coûts.

A partir de la fonction de coût de long terme, on peut dégager les fonctions de coût moyen et de
coût marginal de long terme.

Le coût moyen de long terme, noté CM (Y) correspond à la dépense par unité produite et il est
égal à :

CM (Y) = CT (Y) / Y

Le coût marginal de long terme, noté Cm correspond à la dépense supplémentaire provoquée


par la production d’une unité additionnelle du bien :

Cm = ��� /��

La courbe de coût total de long terme et les courbes de coût moyen et marginal de long terme
peuvent être obtenue de deux autres façons supplémentaires et différentes. Soit à partir du
sentir d’expansion, soit en tant qu’enveloppe à la structure des coûts de court terme.

1ère méthode : Détermination graphique du coût total à partir du sentier d’expansion

Rappelons que le sentier d’expansion c’est la courbe reliant tous les points d’équilibre dans
l’espace des facteurs de production. A partir de chaque position d’équilibre on relève le niveau
de coût total et de production qu’on porte dans un plan où la production est portée en abscisse
et le coût total dans l’axe des ordonnées.

80
Exemple : Considérons la fonction de production Cobb-Douglas : Y = AKαLβ

Le sentier d’expansion est : K = [α w / β r] L

Si on remplace l’expression du sentier d’expansion dans la fonction de production, on obtient :

Y = [α w / β r]α Lα+β → L = [α w / β r]-α⁄α+β Y1/α+β

Le coût total de long terme est égal à :

CT = w L + r K = w [1 + α/β] L

Si on remplace L par son expression dans le coût total, on obtient :

CT = w [1 + α/β] [α w/β r]-α/α+β Y1/α+β

Le coût moyen de long terme sera égal à :

CM = CT / Y = w [1 + α/β] [α w/β r]-α/α+β Y(1/α+β)-1

Le coût marginal de long terme est égal à :

Cm = Y(1/α+β)-1 (w[1 + α/β] [α w/β r]-α/α+β)/α+β

2ème méthode : La courbe enveloppe

Supposons que nous somme à court terme et que le capital est fixe. Supposons également que le
capital ne peut prendre que trois valeurs K1, K2 et K3 et que la firme doit décider de la quantité de
capital qu’elle doit utiliser.

A chaque niveau de capital Ki est associé un coût moyen de court terme noté CMi, comme on
peut le voir sur le graphique suivant :

81
 Si le niveau de production que la firme veut produire est inférieur à Y1, alors la firme a
intérêt d’utiliser le niveau de capital K1 plutôt que le niveau de capital K2 ou K3, parce que
K1 permet de produire à moindre coût.
 Si le niveau de production est compris entre Y1 et Y2, alors la firme doit engager un niveau
de capital K2 parce que si elle continue à utiliser le niveau de capital K1, son coût va être
plus élevé.
 Si le niveau de production est supérieur à Y2, la firme trouvera plus avantageux d’utiliser
le niveau de capital K3.

En définitive, pour différents valeurs possibles de T, la firme doit choisir le stock de capital de
plus faible associé à chaque niveau de production. Dans la mesure où à long terme la firme peut
ajuster son stock de capital, le coût total de long terme n’est rien d’autre que le coût total de
court terme correspondant au stock de capital le plus faible. Et le coût total de long terme est
obtenu en minimisant le coût total de court terme par rapport au stock de capital. Ce qui revient
à choisir le stock de capital fixe en fonction du critère suivant :

CMLT (Y) = minK CMCT (Y, K)

Ou bien : CTLT (Y) = minK CTCT (Y, K)

La courbe en gras, sur le graphique ci-dessus, représente le coût moyen de long terme. Les
niveaux de production Y1 et Y2 rendent compte du fait que la firme doit changer son stock de
capital.

Dans le cas général, si on considère une succession infinie de courtes périodes, les points
anguleux de la courbe en gras vont disparaître et la courbe de coût moyen de long terme notée
CMLT va apparaître comme une courbe enveloppe à plusieurs courbes de coût moyen de court
terme.

La courbe enveloppe est telle que :

 Chaque courbe de coût moyen de court terme est tangente à la courbe enveloppe en une
position bien déterminée,

82
 Le coût marginal de long terme coupe la courbe de coût moyen de long terme au
minimum du coût moyen de long terme,
 Le coût marginal de long terme coupe chaque coût marginal de court terme lorsque le
coût moyen de court terme correspondant est tangent au coût moyen de long terme.

Exemple :

Considérons une fonction de production de court terme : Y = �α Lβ



A court terme, on a: L = �α
1/β

� 1/β
Le coût total de court terme est: CT (Y) = r � + w �

Le coût total de long terme implique l’ajustement de � de façon à minimiser le coût total de
courte terme :
���(�) � �� β/α+β
��
=0 → r - � w Y1/β �-α+β/β = 0 → � = ( ��
) Y1/α+β

�� α/α+β 1/α+β
et L = ( ��
) Y

Cette expression de L est identique à celle obtenue dans le cas du sentier d’expansion. Si on
remplace l’expression de � dans la fonction de coût total de court terme, on obtient la fonction
de coût total de long terme :

83
� −� 1
�� ��
CTLT (Y) = [ � �� �+� + � �� �+� ] ��+�

Pour finir nous parlons de la relation entre les rendements d’échelle et la fonction de coût
moyen de long terme.

 Les rendements d’échelle sont constants, lorsque li coût moyen de long terme est
constant avec la production, c’est le cas lorsque le CMLT (Y) = CmLT (Y)
 Les rendements d’échelle sont croissants, lorsque le coût moyen de long terme est
décroissant avec la production, ceci implique que CMLT (Y) > CmLT (Y)
 Les rendements d’échelle sont décroissants, lorsque le coût moyen de long terme est
croissant avec la production, ceci implique que CMLT (Y) w CmLT (Y)
5. La fonction d’offre individuelle de l’entreprise
Nous avons déjà dit que problème de maximisation du profit peut être décomposé en deux
étapes. D’abord, la firme minimise le coût de production d’un niveau donné d’output, ce qui
permet de définir une fonction de coût total. Ensuite, dans une deuxième étape la firme choisit
le niveau de production qui maximise son profit, étant donné la fonction de coût dégagée dans la
première étape. On a donc :

π (Y) = p Y – CT (Y)

Le profit devient ainsi fonction du niveau de production Y. Dans l’expression du profit ci-dessus,
le coût total CT (Y) désigne le coût de court terme ou le long terme selon l’horizon temporel
considéré.

L’entreprise choisit de produire la quantité qui maximise le profit π (Y).

La condition de premier ordre de maximisation du profit est telle que :


�� ���(�)
��
=0 → p – ��
= 0 → p = Cm (Y)

Le niveau de production qui maximise le profit est tel qu’il y a égalité entre le prix et le coût
marginal. Cette propriété a une interprétation simple. Supposons que le coût marginal soit
inférieur au prix de vente p. Dans ce cas, une unité de production supplémentaire engendre un
supplément de coût inférieur à la valeur de vente de cette unité. Augmenter la production
conduit alors à augmenter le profit. Inversement, si le coût marginal est supérieur au prix, alors
réduire la quantité de production d’une unité permet d’augmenter le profit. Lorsque le profit est
à son niveau maximum, le coût marginal est donc nécessairement égal au prix de vente. La
condition de deuxième ordre pour que le profit soit maximum est telle que a dérivée seconde est
négative, elle s’écrit :
��
� �� � � �−��(�) ���(�)
��
��
= ��
= ��
=- ��
≤0

84
���(�)
Cela veut dire que le profit est maximum lorsque
��
≥ 0 ou encore le coût marginal est
croissant avec la production.

Au niveau de production optimal, le coût marginal est nécessairement croissant. Si l’égalité du


prix et du coût marginal est vérifiée pour plusieurs niveaux de production (ce qui peut arriver si
la courbe du coût marginal a une forme en U), alors le point optimal est situé dans la partie
croissante de la courbe du coût marginal. Ce raisonnement suppose toutefois qu’il est toujours
dans l’intérêt de la firme de produire une quantité strictement positive. Il est tout à fait possible
que l’entreprise décide d’interrompre sa production et donc de choisir un niveau de production Y
= 0, si le prix de vente est trop bas.

Supposons qu’on est dans le court terme et que la fonction de coût s’écrit :

CT (Y) = CF + CV (Y)

Si l’entreprise décide de ne pas produire, son coût variable sera nul mais elle doit cependant
payer les coûts fixes et son profit sera égal à :

π = p Y – CF – CV (Y) → π = - CF

Dans ce cas, si la firme ne produit pas, son profit sera négatif et elle perdra tous les frais fixes
engagés. L’entreprise ne décidera donc de produire que si le profit est au moins supérieur à CF,
soit la condition :

π (Y) = p Y – CF – CV (Y) ≥ - CF

ou encore :
��(�)
p≥ �
→ p ≥ CVM (Y)

A court terme, l’entreprise ne produit donc une quantité strictement positive que si le prix de
vente est supérieur au coût variable moyen. Si le prix est inférieur au coût variable moyen, la
firme a intérêt de quitter le marché, car cela signifie que les recettes provenant de la vente ne
couvrent même pas les coûts variables de production.

p = CVM (Y) représente donc le seuil de fermeture.

Cette discussion indique qu’à court terme, seule la partie de la courbe de coût marginal située au
dessus de la courbe de coût variable moyen constitue des points possibles pour la courbe d’offre.
Si le point pour lequel il y a égalité entre le prix et le coût marginal est situé au dessous de la
courbe de coût variable moyen, la choix optimal de l’entreprise consiste à ne rien produire. Nous
disposons maintenant d’une représentation graphique de la courbe d’offre comme cela est
illustré ci-dessous :

85
Le trait en gras représente la courbe d’offre de court terme de la firme.

La courbe d’offre de long terme de l’entreprise à long terme indique la quantité que celle-ci
produit de façon optimale, si elle peut ajuster la quantité de facteur fixe à court terme.

La maximisation du profit π = p Y – CT (Y) par rapport à Y, implique :

p = CmLT (Y)

La condition de deuxième ordre pour maximiser le profit est telle que la dérivée seconde est
négative et donc que le coût marginal est croissant et sa dérivée première est positive.

A long terme, la firme peut notamment choisir de rester ou non dans le secteur d’activité.
Puisqu’à long terme l’entreprise peut toujours réaliser un profit nul en quittant le marché, le
profit qu’elle réalise à l’équilibre de long terme doit être positif ou nul, càd :

π = p Y – CT (Y) ≥ 0

Ce qui signifie que le prix doit être supérieur au coût moyen de long terme :

p ≥ CMLT (Y)

La partie pertinente de la courbe d’offre de long terme est la partie croissante de la courbe de
coût marginal située au dessus de la courbe de coût moyen de long terme, comme on peut le
voir par la portion en gras du graphique ci-dessous :

86
Le seuil de rentabilité correspond à la quantité de production telle que :

p = CmLT (Y) = CMLT (Y)

Il correspond au minimum de coût moyen de long terme. En dessous du seuil de rentabilité,


l’offre est nulle.

Une fois que nous avons déterminé la fonction d’offre individuelle, on peut définir l’élasticité prix
de l’offre.

L’élasticité prix de l’offre de l’entreprise est le rapport de la variation relative de la quantité


offerte et de la variation relative du prix de vente, soit en la notant par es, elle a pour expression :

��
�� �
es = �
�� = �� �

L’élasticité d’offre n’est définie que pour un prix supérieur au seuil de fermeture, de sorte que le
niveau de production est positif.

La production optimale de l’entreprise étant définie par les conditions :

p = Cm (Y)

Cm’ (Y) > 0

Si on différentie la première de ces deux conditions, on obtient :

dp = Cm’ (Y) dY

et donc :

�� �
=
�� ��' (�)

87
Si on remplace l’expression ci-dessus dans l’élasticité d’offre, on obtient :

��(�) �
es = = ���(�)/��(�)
���' (�)
��/�

88

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