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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010
Thème I :
Développement agricole et perspectives
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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010
Parler de géographie agraire du désert parait un paradoxe. Par définition, le désert n'est-il pas
un lieu où l'activité agricole parait impossible ? En fait, la culture est possible même dans les
déserts absolus et ce, grâce à l'irrigation. Le Sahara perçu par certains comme étant un
territoire inculte et répulsif. La réalité est tout à fait autre car cet espace aride est un milieu qui
grouille de vie à travers des paysages paradisiaques rencontrés ça et là, juxtaposant de
multiples systèmes de production. C’est à travers une géométrie agraire inouïe que ces
derniers ont traversé l’histoire de ces régions et se sont distingués par une parfaite adaptation
aux conditions de vie et de climat saharien.
L'immense espace saharien se réveille aujourd’hui par l'existence de divers systèmes de
production. La violence du contraste qu'offrent ces derniers avec les étendues arides sont bien
là pour attirer l'attention. L’émergence de nouveaux systèmes de production inédits sont
venus se plaqués sur cet espace et promus par la même à faire jaillir des richesses multiples !
? S’étant fait sentir, depuis fort longtemps, mais faiblement, pareille action s’est maintenant
étendue et amplifiée en raison des moyens mécaniques et chimiques gigantesques mis en
œuvre. C’est ce qui a d‘ailleurs amené certains spécialistes à répliquer et à dire : «produire,
c’est détruire, mais à détruire pour produire plus, les hommes épuisent ce qui les fait vivre et
les dégâts de leur activité menacent aujourd’hui les conditions même de la vie sur terre. Ils
doivent apprendre à gérer leurs destructions aussi bien que leur production ».
Quelles situations vit actuellement le monde agricole saharien ? Désormais, des systèmes
multiséculaures et ingénieux sont confrontés à des systèmes inédits venus en prédation.
Complémentarité ou dualité ? Renouveau ou déclin ? Viabilité ou résurrection ?
Recomposition ou mutation sociale ? Ce à quoi la présente étude tente d’apporter quelques
éléments de réponses et par la même de dresser des trajectoires d’actions raisonnées et
fécondes.
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Présentation de la Structure
Le Commissariat au Développement de l'Agriculture des Régions Sahariennes (CDARS) est
un établissement public à caractère administratif (EPA) Créé par décret n° 86-222 du 02
Septembre 1986 ayant pour champ d’intervention les neuf wilaya du sud.
Principales missions
Veiller à l'application de la politique nationale en matière de développement intégré de
l’agriculture dans les régions sahariennes,
Mener des études, recherches, explorations et tous les autres travaux nécessaires à la
connaissance du milieu et de l'agriculture des régions sahariennes,
Procéder à l’identification et à la délimitation des zones d’intervention en fonction de
leurs caractéristiques agropédologique,
Élaborer et proposer les programmes de mise en valeur fondés sur les évaluations
quantitative et qualitative de la ressource en eau et sol,
Harmoniser et coordonner les actions arrêtées dans les programmes de mise en valeur
et veiller à leur réalisation,
Proposer toute réglementation intéressant l’agriculture des régions sahariennes,
Encourager l’intensification de l’agriculture et élargir la surface agricole utile par la
Mise en valeur,
Contribuer à la valorisation du patrimoine existant par des actions appropriées.
En matière de prévention de lutte contre les calamités agricoles, le commissariat
participe conjointement avec les collectivités locale* à la détermination des actions à
engager.
Le commissariat a pour mission de promouvoir les productions agricoles, notamment
:
En initiant et/ou en orientant les programmes de développement et
d'amélioration des productions végétale et animale et de valorisation
des produits et sous-produits,
En s'assurant, en concertation avec les services concernés, de la
protection sanitaire, des élevages et de la mise en place d'un système de
prévention,
En matière d'actions sociales, le commissariat est chargé :
de participer avec les organismes intéressés à l'élaboration des plans de
formation, d’enseignement et de vulgarisation inhérents au
développement agricole,
d'initier et de concourir à l'organisation des manifestations techniques
et scientifiques, expositions, séminaires et colloques ayant trait à son
domaine d'activité,
Bilan d’activités du CDARS
Depuis sa création, le CDARS a inscrit 33 opérations d’équipement pour une AP dépassant la
barre de 12 milliards de DA, ce qui est énorme pour une structure caractérisée par un sous
effectif réel en encadrement technique, situation rendue plus problématique par les
déperditions au profit des autres départements ministériels.
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Ces opérations ont permis de mener un certain nombre d’actions répondant dans une large
mesure aussi bien à ses principales missions qu’aux préoccupations majeures du
développement agricole en régions sahariennes. Parmi ces acquis, nous citerons :
La connaissance du milieu et préservation des ressources naturelles :
La réalisation d’une étude agropédologique sur 45.000 ha en zones sahariennes
répartis comme suit :
Ouargla : 10.000 ha
El-Oued : 5.000 ha
Adrar : 25.000 ha
Ghardaïa : 5.000 ha
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Jusqu’à un passé récent l’Agriculture Saharienne a été une activité vivrière assurant la
stabilité des établissements humains malgré l’hostilité du milieu naturel.
Présentement cette agriculture connaît une série de contraintes à savoir : une demande sans
cesse croissante, un marché de plus en plus exigeant, une mutation brusque par l’implantation
de nouveaux systèmes de production etc.
Certes, des résultats concrets sont enregistrés (augmentation des superficies irriguées,
approvisionnement des marchés …). Toutefois les caractères fragiles du milieu n’ont pas
tardé à surgir (salinisation des périmètres, érosion génétique, pollution …).
Ce qui traduit en partie l’insuffisance de transfert des résultats de la recherche et/ou
l’inadéquation entre les programmes de recherche et programmes de développement.
Ainsi, au 3ème millénaire il s’impose à nous de redresser la situation afin de contribuer à la
performance de l’Agriculture Saharienne tout en veillant sur la préservation du milieu
nourricier.
Et ce, à travers une Recherche / Développement servant d’appui à cette agriculture devant
faire face à une pression socio-économique et environnementale de plus en plus marquée
(économie de marché, changements climatiques, etc.)
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ZAHROUNA A.
ANRH Ouargla
Le projet SASS est initié par l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) pour promouvoir
une gestion concertée et optimale des aquifères, il a pour objectif :
Les ressources en eaux souterraines du Sahara septentrional sont contenues dans deux
immenses aquifères qui sont le continental intercalaire (CI) et le complexe terminal (CT).
Durant les trente dernières années, les prélèvements par forages y sont passés de 0,6 à 2,5
milliards de m3/an. Cette exploitation se trouve aujourd'hui confrontée à de nombreux
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risques : fortes interférences entre pays, salinisation des eaux, tarissement des exutoires
naturels, etc...
Le Continental Intercalaire est un réservoir d’eau qui s’étend sur 600 000 km 2, sa température
dépasse les 60°C, son alimentation est relativement faible et se fait par ruissellement à la
périphérie du réservoir. Le complexe terminal se localise, quant à lui, dans le Sahara
occidental et s’étend sur une superficie de 350 000 km2. Les potentialités en eau de ces
aquifères sont de l’ordre de 156 m3 /s, soit environ 5 milliards de m3 par an jusqu’à l’horizon
2040, selon le modèle ERESS 1985. La situation est montré que l’exploitation de ces
aquifères atteint un seuil alarmant et constitue un risque majeur, non seulement pour le Sahara
algérien mais aussi pour plusieurs pays voisins. Selon les constatations du plan directeur
général des régions sahariennes, l’évolution des différents termes du bilan en eau de la nappe
sur la période 1957-1998 montre que, pour faire face à l’augmentation des prélèvements, la
nappe réduit le débit de ses sorties naturelles mais surtout déstocke énormément avec une
tendance à la réduction progressive du débit des foggaras. C’est pour remédier à cette
situation que l’Algérie, la Tunisie et la Libye ont mis en place dernièrement un modèle
mathématique appelé Système aquifère du Sahara septentrional (SASS), qui a commencé à
fonctionner en 2006.
Les simulations conduites sur le Modèle SASS ont permis d'identifier les secteurs les plus
vulnérables et de dresser la carte des risques encourus par le système aquifère. Les trois pays
concernés par le devenir du SASS sont amenés à rechercher ensemble une forme de gestion
commune du bassin : la mise en place d'un mécanisme institutionnel de concertation s'avère
nécessaire, sa mise en œuvre devant se faire d'une manière progressive.
Les nouvelles simulations ont permis de préciser les débits additionnels susceptibles d’être
prélevés encore dans les zones actuellement en exploitation ou nouvellement identifiées soit
un volume total de 5 Milliards de mètres cube par an dont 4 Milliards dans le Continental
Intercalaire et 1 Milliard dans le Complexe Terminal.
Elles ont aussi permis d’identifier de nouvelles zones de prélèvement pour un volume de 3
Milliards de mètres cube par an soit au total un volume exploitable de 6,11 Milliards (1, 35
Milliard actuels et 4,77 Milliards additionnels).
2,4
2,1
1,8
1,5
LIBYE
TUNISIE
1,2 P>R
ALGERIE
0,9
0,6
0,3
0
1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000
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Introduction :
Les oasis à Palmiers Dattiers sont considérées comme étant des îles continentales semi
naturelles créées et entretenues par l’activité anthropique (Selmi & Boulinier, 2009).
Cet agro-système insulaire constitue un ensemble complexe capable d’intégrer les avantages
et les contraintes d’un milieu caractérisé par une rigueur climatique exceptionnelle et par la
dépendance absolue des ressources en eau mobilisables pour l’irrigation (Ferry & Toutain,
1990).
Cet équilibre agro-écologique fragile par nature se trouve fragiliser d’avantage par des
pratiques agricoles et agro-phoenicicoles parfois inadaptées. Cela a engendré des situations de
déséquilibre et de perturbation de l’ensemble de la biocénose oasienne. Cette communication
vise la présentation d’un nouvel outil de diagnostic complet de la palmeraie, en vue de dresser
un état des lieux mais également d’adopter une méthode de préhension des problèmes de mise
en valeur durable en milieu saharien.
Approche expérimentale :
Pour mener à bien ce travail, deux types de palmeraies seront pris en considération : la
palmeraie traditionnelle et la palmeraie moderne. L’évaluation consistera à calculer des
indicateurs choisis pour leur pertinence. Pour ce faire, des enquêtes et des prospections sont
prévues.
Cette étape, de diagnostic, est primordiale. Le résultat final va orienter la réflexion à mener
dans les programmes de réhabilitation et de mise en valeur des palmeraies. Selon Toutain
(1979), l’équilibre agro-socio-économique et écologique à atteindre est de 22 ares pour 22
Palmiers Dattiers et 3740 m3 d’eau par an et par homme (à adapter en fonction de l’ETP et de
la salinité des eaux). En deçà de cette norme on assiste à une évolution régressive. Au dessus,
une surexploitation des bioressources est à craindre. Tout se joue au niveau de cette équation
pour la maintenir en parfaite équilibration par :
- La reproduction d’une haute fertilité du sol par adjonction de fumier issu d’élevage et
une diversification des cultures notamment les légumineuses.
- La bonne conduite culturale du Palmier Dattier telles les opérations de toilettage,
d’ajustement des frondaisons, de diversification des cultivars, d’entretien des rejets...
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- L’adoption d’un mode de gestion économe en eau grâce au calcul des doses
d’irrigation et en évitant les pertes de charges tout en se préoccupant du bon état de
fonctionnement des drains de colature.
Un intérêt sera porté à la zone dite tampon située à la périphérie des oasis. Elle constitue une
réserve pour les auxiliaires qui y trouvent refuge.
Zone d’étude :
Les grands bassins phoenicicoles concernent les oasis de Tozeur, Dégache et Djérid… en
Tunisie, le Souf, les Zibans, Oued Righ, Oued M’ya, et la Chébka du M’zab en Algérie et la
vallée du Dra, le Tafilalet. au Maroc. Oasis connues pour leur production de dattes à haute
valeur marchande.
Dans un premier temps et pour un premier diagnostic expérimental, notre choix s’est porté sur
le pays d’Ouargla situé dans la vallée de Oued M’ya et une oasis tunisienne (Tozeur). Ces
oasis sont situées sur un « v » sud-ouest algérien / nord-est tunisien. Elles sont réputées pour
la qualité de leurs dattes Deglat-nour. Ce choix repose tout simplement sur les contacts en
vigueur (le département d’agronomie saharienne à Ouargla en Algérie et la faculté des
sciences naturelles à Gabès en Tunisie).
Enseignements et perspectives :
Les enseignements du passé montrent qu’il est possible de produire sans dégrader les milieux.
Les travaux de Toutain depuis les années 70 sont aujourd’hui, plus que jamais, d’actualité. Il
s’agit du concept des Unités phoenicicoles familiales (UPF). En effet, à l’époque l’équilibre
agro-écologique et socio-économique étaient déjà des notions acquises dans les démarches de
mise en valeur oasienne. Malgré cela, l’état des lieux qui ressort aujourd’hui révèle une
situation alarmante et un mauvais état de santé de la palmeraie maghrébine. Il ne s’agit pas de
trouver un responsable mais tout simplement d’attirer l’attention sur la nécessité de réhabilité
ce concept d’UPF qui consiste à raisonner l’utilisation de l’espace oasien.
D’autre part, pour maintenir cet équilibre susmentionné, la mise en place d’un observatoire
de la durabilité de l’agro-système oasien pourrait constituer une bonne approche. Il aura
pour objectif d'établir et de mettre à jour un « tableau de bord » à partir du suivi
d’exploitations phoenicicoles de référence. Ce recueil de données permettra de suivre
l'évolution des pratiques pour orienter les études, le conseil agro-phoenicicole et les actions à
mener d’une manière concertée et ordonnée. Il permettra également de prendre du recul,
d'avoir une vue d'ensemble de la durabilité du territoire afin de pointer les axes de travail
futur. Enfin, il permettra de repérer les prémices d’un déséquilibre avant d’atteindre des stades
critiques qui nécessite le plus souvent beaucoup de moyens…
Conclusion :
Au terme de ces quelques lignes présentatrice du projet envisagé, nous insistons sur le fait de
tirer des enseignements des erreurs du passé comme en témoigne les actes des journées
scientifiques de l’INRAA en 1999 à Touggourt, concernant la situation agronomique du site
de Gassi touil, vers Hassi Messaoud : une salinisation irréversible suite à un manque de
rigueur dans la gestion de l’eau ainsi que d'autres incohérences d’ordres socio-économiques
(Ferry & al, 1999).
Cette idée d’observatoire de la durabilité n’émane donc pas du hasard d’autant plus qu’elle
permettra de mobiliser une équipe pluridisciplinaire.
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Références bibliographiques :
Ferry (M.), Bedrani (S.) & Greiner (D.) 1999; Agroéconomie des oasis. Edition : Cirad-
Gridao, 230 pages.
Ferry (M.) & Toutain (G.) 1990 ; Concurrence et complémentarité des espèces végétales dans
les oasis. Option méditerranéennes, Sér.A/ n°11- Les systèmes agricoles oasiens.
Selmi (S.) & Boulinier (T.) 2009 ; Oases. Proofs encyclopedy: pp 686-689
Toutain (G.) 1979.- Eléments d'agronomie saharienne, de la recherche au développement.
Paris INRA-GRET, 270 pages
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La GCP s’articule autour d’un cycle où tous les aspects et toutes les étapes du projet sont pris
en compte, de la conception du projet à son évaluation finale en passant bien sûr par sa mise
en œuvre. Ainsi, les projets auront plus de chance de réussir et, par voie de conséquence
d’obtenir des résultats durables.
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Les anciennes systèmes de gestion des l’eau dans les oasis : patrimoine à
préserver
HAMDI-AISSA B.*, HARIZ A.** et MANSOURI S.**
*Laboratoire de Biogéochimie des Milieux Désertiques
Département des Sciences Agronomiques
Université Kasdi Merbah, BP. 511, Ouargla 30000
e-mail : [email protected]
**Association pour la Sauvegarde du Patrimoine de Guerrara
Problématique
Dans de nombreux pays, des systèmes de gestion des terres et des ressources naturelles,
notamment de la biodiversité et de la ressource en eau, ont créé des paysages remarquables;
parmi eux en zones arides les systèmes "Oasis" (y compris les systèmes traditionnels
d’irrigation et de gestion de l’eau) classés par le programme international Globally Important
Agricultural Heritage Systems GIAHS (FAO, 2005). Résultat d’une combinaison ingénieuse
de modes de gestions et des techniques basés sur un savoir ancestral, les systèmes
traditionnels remarquables d’irrigation et de gestion de l’eau (i.e. ouvrages hydrauliques
traditionnels) sont le témoignage de la capacité des êtres humains à composer avec les
contraintes naturelles du milieu dans un processus évolutif conjoint êtres humains/nature.
Les nouvelles exigences des programmes de développement des régions arides, la complexité,
la spécificité, l’étendue et la fragilité du milieu saharien, et en référence à la politique
nationale (nouvelle Schéma Nationale d’Aménagement du Territoire SNAT), ayant trait au
développement socio-économique des régions arides, devant le développement de notre
région, particulièrement en matière de population oasienne, plusieurs perspectives s'ouvrent à
l’oasis de Guerrara. Dans le cadre des nouvelles mutations territoriales nationales et le
développement économique la région offre des potentialités agricoles très prometteuses d’où
la nécessité de sauvegarde du patrimoine physique (matériel) de l'oasis, notamment les
ouvrages hydrauliques traditionnels, ceux qui exigent le plus le savoir faire et la cohésion
sociale.
Objectif
L’objectif du présent film documentaire de 16 minutes est de maître en évidence l’importance
agronomique, écologique culturelle et économique des ouvrages hydrauliques traditionnels
des ancienne oasis (cas de Guerrara, Mzab) et les actions menés par l'Association de
préservation du patrimoine et de monuments historiques pour la sauvegarde de ce patrimoine
culturel.
Site d’étude
L'oasis de Guerrara (32°50' Nord et 4°30' Est, et 303m d’altitude) est classé dans l'étage
bioclimatique méditerranéen hyper aride (saharien) à hivers doux. L’oasis de Guerrara est le
septième et le dernier Ksar du Mzab après El-Afouf, Melika, Beni-Izguen, Ghardaïa,
Bounoura et Berriane), fondée depuis les années quarante de dix-septième siècle, au fond
d’une grande dépression qui occupe le lit de l’oued Zegrir.
L'ancienne oasis
L'ancienne oasis couvre une superficie de 400 ha, sur le lit de l'Oued Zegrir où les sols sont
quasiment alluvionnaires. Deux sources d'eau sont utilisées pour l'irrigation:
- la nappe phréatiques : alimenté par les crues occasionnelles de l'Oued Zefrir; elle est captée
dans des puits à profondeurs variables, on recense 1300 puits dans l'ancienne oasis.
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- La nappe de Continental intercalaire (Albien): l'ancienne oasis est irriguée depuis 1959 par
un forage Albien 'El-foussaa', l'eau est acheminé par un réseau d'irrigation installé pour cet
effet. Actuellement on constat un déficit considérable en eaux de cette nappe, le débit globale
est de 49l/s (forage de Bahaddi et une partie de forage de Laamied). Ils est à souligné qu'en
raison de salinité élevée des eaux de cette nappe (salinité de 1,5 à 2 mmho/cm) et en l'absence
d'un système de drainage efficace, des symptômes de salinisation des sols et de dégradation
de la biodiversité sont observés dans l'ensemble de l'ancienne oasis.
Conclusion
L'ancienne oasis est en déclin cette situation a conduit à une réduction des emplois et à
l’immigration des jeunes non seulement vers le nord de l’Algérie mais aussi vers les pays
développés. Pour faire face à cette situation, avant de penser à de nouvelles solutions il faut
corriger d’abord les erreurs du passé. Il faut donc restaurer l’ancienne oasis, lui restituer son
système hydraulique (canaux d’irrigation et de drainage), et, lui assurer un vrai
développement durable.
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Thème II :
Les agrosystèmes sahariens : expériences et enseignements
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L’Algérie est l’un des principaux pays phoenicicoles dans le monde. Il est classé cinquième à
l’échelle mondiale avec une production annuelle d’environ 500000 tonnes et une superficie de
155000 ha (FAO, 2008).
L’évolution des surfaces progresse d’une année à une autre ; mais celle de la production ne
suit pas l’évolution de ces surfaces. En effet, les rendements par arbre varie de 19.1 kg à
Tamanrasset à 69.6 kg à Biskra et une moyenne nationale de 47 kg / arbre (DSA, 2008).
La recherche scientifique doit contribuer d’une façon ou autre au développement du secteur
phoenicicole. Le département des sciences agronomiques de Ouargla, en collaboration avec
les autres départements et les autres structures de formation, de recherche ou de
développement, fait un grand effort pour développer quelques axes de recherche, malgré les
difficultés qui sont posées à différents niveaux.
Parmi les axes développés, nous citons :
- valorisation des dattes et des produits du palmier dattier
- biologie du palmier
- pratiques culturales
- économie et socio économie, liées au palmier
- protection du palmier
- irrigation et drainage
A moyen et à long terme, ces axes seront de plus en plus développés, d’autres axes sont à
entreprendre ; principalement ceux liés :
- au développement de nouveaux produits à base de dattes
- consommation des dattes et place des dattes dans les régimes alimentaires des
populations
- problèmes liés aux ennemis du palmier et des dattes en particulier
- biologie et physiologie du palmier dattier
- commercialisation des dattes
Une meilleure collaboration et une complémentarité entre les différentes structures de
recherche sur le palmier dattier reste l’unique moyen pour aboutir à des résultats qui auront un
impact sur le terrain.
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La prise en charge des ressources génétiques s’avère de plus en plus une nécessité pour la
promotion des programmes d’amélioration et de sauvegarde de la biodiversité. Parmi les
catégories des ressources génétiques du palmier dattier celles des cultivars traditionnels et à
partir des populations issus de graines les chercheurs peuvent contribuer à la sauvegarde et à
l’amélioration de la culture du palmier dattier en Algérie. Ces deux voies sont accessibles aux
agriculteurs et aux chercheurs sans beaucoup de difficultés, mais nécessitent l’adoption d’une
stratégie de gestion qui s’impose de plus en plus avec un caractère d’urgence.
Depuis les propos de Harlan dans les années 1970, de nombreux auteurs ont montré la
nécessité de s’occuper des cultivars locaux inventés et adoptés par les agriculteurs eux-
mêmes. Pour le cas du palmier dattier les noms donnés par les agriculteurs pour distinguer les
variétés traditionnelles constitue une réalité, même si parfois l’aspect des appellations est
controversé. Les appellations constitue une source inestimable de gestion du matériel
génétique, car celui-ci devient reconnaissable à travers des critères de morphologie simple et
donne accès aux critères d’adaptation aux contraintes environnementales. Les variétés
traditionnelles sont aussi évaluables dans leur productivité et résistance aux stress
environnementaux. A travers leurs appellations et leurs traits caractéristiques elles constituent
donc un indicateur de la diversité.
Si nous avons eu l’habitude d’annoncer l’inventaire de plus d’un millier de cultivars locaux,
nous devrions reconnaitre que seulement 600 ont été caractérisés sur la base de critères
ethnobotaniques et morphologiques. Très utile comme travail de base, mais trop dépassé par
les évènements et les besoins de diffusion et de continuité. Même si pour pas mal de cas il y a
un encouragement à la promotion des variétés locales, la situation dans certaines palmeraies
est devenue désastreuses pour probablement ne plus retrouver les cultivars recensés. Certes, il
y a eu un effort de caractérisation plus approfondi dans certaines régions comme celle de l’Est
en Algérie et une sensibilisation plus soutenue dans les oasis du Mzab, mais on ne peut plus
ignorer le délaissement des oasis anciennes dans toutes les régions. A travers le vécu des
missions de prospections et au vu de l’état actuel des tendances il y a de nombreuses et
sérieuses menaces sur la biodiversité des palmiers dattier en Algérie. La sécheresse,
l’ensablement, le Bayoud et les autres ravageurs (comme la feuille cassante), le vieillissement
des oasis et du système de captages des eaux, l’urbanisation, la mobilisation des ressources
hydriques vers les pivots et les nouvelles options agricoles, la modernisation du mode de vie
des populations sahariennes, les forces du marché, la monoculture, le morcèlement des terres
et la perte des traditions constituent de véritables obstacles qui freinent les agriculteurs à ne
multiplier qu’un petit nombre de variétés de dattiers. Nous pensons que la mise en place d’un
système d’information peut contribuer à freiner la perte de ressources génétiques du palmier
dattier. Et si l’on se met en réseau de chercheurs et amateurs au tour de ce système il est
possible de définir alors une stratégie de sauvegarde de la diversité des palmiers dattiers et des
écosystèmes oasiens. C’est ainsi qu’une plateforme institutionnelle du réseau palmier dattier
est proposée.
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Différentes actions, pour supprimer les obstacles qui s'opposent à la lutte contre
l'amenuisement de la diversité, sont possibles.
Elles ont été menées dans le cadre d’un projet PNUD/FEM/IPGRI/INRAA intitulé : « Gestion
participative des ressources génétiques du palmier dattier dans les oasis du Maghreb ».
Nous présenteront la méthodologie adoptée et les résultats obtenus dans les belles oasis de
Ghardaïa (Algérie), Tozeur (Tunisie) et (Maroc).
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Parmi les maladies inféodées au palmier dattier, nous citerons essentiellement : Un organisme
nuisible de quarantaine Fusarium oxysporum f.sp.albedinis, agent causal de la maladie du bayoud ;
d’autres maladies telles que le khamedj ou pourriture des inflorescences et enfin la pourriture des
fruits causée par divers organismes phytopathogènes tels que : Alternaria sp. , Aspergillus sp. , etc.
Un phénomène qui commence à prendre de l’ampleur dénommé "maladie des feuilles cassantes"
dont les symptômes sont associés à un déséquilibre nutritionnel, particulièrement en manganèse.
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L’importance économique des différents bio-agresseurs du palmier dattier diffère d’un problème à
un autre. Depuis son apparition au cours du 19 ème siècle, le Bayoud a causé la mort de plus de 18
millions de palmiers dattiers en Afrique du nord. En Algérie, l’avancée du Bayoud est évidente à
l’intérieur des wilayate contaminées et le front actuel de progression de la maladie se situe au
niveau de la wilaya de Ghardaïa. Les effets de la maladie sont néfastes et surtout irrémédiables et
c’est l’ensemble du patrimoine phoenicicole mondial qui est menacé et son avenir sérieusement
compromis.
Les pertes de récoltes occasionnées par les autres maladies et ravageurs sont importantes, elles
peuvent atteindre un seuil cumulé alarmant allant parfois jusqu’à 40% des prévisions de
productions brutes totales, et parfois même dépasser ce seuil.
Par ailleurs, l’impact économique et social de ces bio agresseurs est évidemment très préoccupant,
cependant peu d’études ont été réalisées sur ce thème.
Un travail de réflexion est nécessaire pour situer les priorités et les urgences et surtout choisir et
adapter à la phoeniciculture les différents concepts de prévention et de lutte, économiquement
intéressants, techniquement efficaces, surs en matière de préservation de l’équilibre des différents
écosystèmes oasiens (concepts de l’I.P.M).
La recherche scientifique exerce un rôle de 1 er plan dans ce domaine. Certains résultats obtenus et
publiés sont là ; leur adaptation aux réalités du terrain permettrait de consolider et d’arrêter
l’érosion des savoirs faire phoenicicoles et assurerait aux productions dattières, un saut quantitatif
et qualitatif certain. En outre, d’autres axes de recherche doivent être pris en charge par les
différents acteurs de la Recherche et ceux du Développement ; nous essaierons d’en faire le point.
Mots clés : Phoeniciculture, profondes mutations, la datte produit stratégique, le milieu agricole
oasien, prolifération de certains bio-agresseurs, l’importance économique des bio-agresseurs,
concepts de l’I.P.M, La datte oasienne produit bio de terroir.
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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010
La zone agricole d’El Ghrous a connu depuis la fin des années quatre vingt, un dynamisme
particulier en matière de production maraîchère. La superficie de ces cultures sous abri est
passée de 258 ha en 1990 à 639 ha en 2006 . Trois systèmes de production sont dominants dans
cette zone : un système de production phoenicicole, un système maraîcher et un système mixte
phoenicicole maraîcher. Les systèmes de production agricole mis en place vont-ils durer dans
le temps ? Quels sont les éléments qui sous-tendent cette dynamique et quel sera le devenir de
l’agriculture dans cette Zone ? En retraçant les trajectoires d’évolution des différents types
d’exploitation, nous essayerons de saisir les conditions de reproduction des systèmes de
production agricoles et de comprendre les processus qui sont à la base de leur évolution. Ceci
nous permettra de projeter les perspectives d’évolution et de porter un jugement sur la
durabilité des systèmes de cultures.
Sur les huit périmètres de mise en valeur agricole délimités (El Amri, Draa El amri, El
Marhoum, El Kaitha, Bessibes, El Gataa, El Ghrous et El Ferdja) et sur un total de 689
exploitations, dont près de la moitié se situe au niveau du périmètre d’El Marhoum. Nous
avons procédé à des enquêtes au niveau de 70 exploitations afin d’identifier les différents
systèmes de production et de saisir leur fonctionnement. Ces enquêtes nous ont aussi permis
d’identifier les trajectoires de leur évolution et les éléments qui déterminent la dynamique
d’évolution de l’agriculture dans la zone.
Pour mieux saisir l’évolution de l’agriculture dans la zone, nous nous sommes intéressés à
l’évolution des périmètres agricoles à travers les critères suivants : l'évolution de l’occupation
du sol, la spéculation la plus pratiquée, l’évolution des techniques agricoles. Dans une
deuxième étape, nous avons essayé de retracer les mutations des trois systèmes de production
dominants à travers les trajectoires d’évolution des types d’exploitations agricoles.
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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010
Les anciens périmètres qui représentent 40% de la superficie agricole totale de la zone, sont
constitués d’anciennes exploitations de petite taille qui ont atteint leur saturation en matière
d’exploitation des terres particulièrement par la phoeniciculture. Par contre, les nouveaux
périmètres de mise en valeur représentent environ 60% des terres agricoles dans la zone qui ne
sont pas totalement exploitées et ce sont sur ces périmètres que nous observons une
dynamique plus remarquable.
L’orientation des systèmes de cultures est guidée en premier lieu par le fait que le maraîchage
sous serres permet une accumulation rapide des capitaux par cette spéculation. Mais la chute
de fertilité des sols, le pullulement des maladies, des ravageurs et des mauvaises herbes
(envisagée par les agriculteurs) et l’augmentation des prix des intrants sur le marché a poussé
les agriculteurs à réorienter leur système de culture vers la phoeniciculture qui est mieux
maîtrisée, garantit plus ou moins un revenu régulier et consomme beaucoup moins d’intrants
agricoles. Au niveau des paysages des périmètres agricoles nous assistons donc dans le temps
à une plantation préalable et partielle par le palmier dattier suivie d’installation de serres. Cette
situation évolue après une certaine période par un déplacement de ces serres vers les nouveaux
périmètres et leur remplacement par des plantations phoenicicoles. Cette orientation, sauf
événements conjoncturels, aura tendance à se généraliser et l’on assistera progressivement à
une régression importante du maraîchage sous serres dans la zone.
La régression des systèmes de production autres que le système phoenicicole qui se généralise
lentement dans la région d’El Ghrous confirme son inévitable domination. Cette étude
confirme aussi l’hypothèse d’une meilleure durabilité de ce système dans toute sa diversité.
Cette évolution a été aussi observée dans la région de Ouargla où des tentatives d’introduction
de systèmes de production céréaliers sous pivots ont connu un échec. Les exploitations qui ont
pratiqué ce système de production (céréalier) ont été abandonnées pour certaines ou ont subi
une reconversion en système phoenicicole pour d’autres.
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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010
Le secteur agricole dans les régions sahariennes a connu des mutations importantes ces
dernières années, la loi 83/18 portant Accession à la Propriété Foncière Agricole (APFA) est à
l'origine de cette nouvelle dynamique agricole. Elle s'est matérialisée par la création de
périmètres de mise en valeur dans les vastes étendues sahariennes et par conséquent de
nouvelles exploitations agricoles généralement hors oasis.
La céréaliculture sous centre pivot a connu un certain développement au niveau de quelques
régions sahariennes essentiellement au niveau de la région d’Adrar et de Ouargla. Plusieurs
considérations ont aboutis à cette initiative, il s’agit plutôt de toute une conjoncture socio-
économique et politique dont les principales conditions sont les suivantes :
- Une demande nationale en produits céréaliers de plus en plus importante
- Une production nationale fluctuante, peu prévisible, car elle dépend
essentiellement d’un facteur climatique discriminant à savoir la pluviométrie
- Un ancien souci, considéré comme stratégique : la sécurité alimentaire
- Des expériences encourageantes de culture céréalière sous pivot dans des pays aux
mêmes caractéristiques climatiques
- Existence d’une vaste étendue saharienne à fortes potentialités de ressources
hydriques
Les résultats obtenus étaient très significatifs au début et ont connu une régression en matière
de rendements mais aussi en matière d’emblavures : le rendement moyen obtenu d’environ 30
Qx/ha est bien inférieur au seuil minimum de rentabilité. Ainsi l’on constate actuellement une
reconversion des soles céréalières au profit d’autres cultures essentiellement la
phoeniciculture.
Les causes de cet « échec » sont diverses et relèvent de problèmes socio-économiques,
d’ordre technique et de choix des sites de mise en valeur.
Par ailleurs, l’impact de l’introduction de la céréaliculture dans les espaces sahariens
sur le milieu agro-écologique est caractéristique et peut conduire à des conséquences
importantes sur les ressources naturelles.
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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010
ADAMOU A.
Université de Ouargla. Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie.
Département des Sciences Agronomiques
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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010
Cet animal, appelé à juste titre le vaisseau du désert, est l'animal le mieux à même de produire
dans un milieu caractérisé par des conditions de vie d’une rigueur excessive toute une gamme
de biens (viande, lait, poil) et de services (bât, selle, course).
Mais malgré sa polyfonctionnalité, l'élevage camelin est resté longtemps marginalisé et
souffre de nombreuses contraintes dont la principale reste l'alimentation avec la persistance de
la sécheresse et le désengagement de l'Etat.
. Pour la réhabilitation et le développement des élevages dans les régions sahariennes,
plusieurs mesures doivent être entreprises, nous en citerons les principales:
- La réorganisation du circuit d'approvisionnement en intrants par la réalisation
d'investissement en amont.
- La diminution du coût de l'aliment par la valorisation des sous produits locaux notamment
phoenicicoles où la culture du palmier dattier offre annuellement un tonnage appréciable de
sous produits (plus de 67000 tonnes de rebuts de dattes, 500 tonnes de pédicelles et 13500
tonnes de palmes sèches pouvant être intégré dans l’alimentation des animaux (notamment
bovins)
- La mise en place d'un programme de formation et de vulgarisation approprié.
- Le lancement de campagnes de sensibilisation pour l’organisation de la profession
permettant le regroupement des éleveurs à des fins techniques et économiques.
- l'encouragement de la recherche sur des thématiques ayant trait aux spécificités des régions
sahariennes telle l’élaboration de méthodes rationnelles d’élevage en milieu saharien.
L'Etat en accordant une priorité au développement industriel (secteur des hydrocarbures) dans
les régions sahariennes a occulté quelque peu la dimension agricole de ces territoires, l'Etat
doit donc s'impliquer:
- dans sa politique d’appui aux investissements privés dans le secteur de la production
animale (appui à la création de couvoirs, de mini-laiteries…)
- dans l’aide directe aux éleveurs en cas de sécheresse par une alimentation
complémentaire.
Pour la réussite de tout programme de relance, l'Etat doit associer à toute réflexion, les
premiers concernés que sont les éleveurs car ils ont toujours raison de ce qu'ils font (en
fonction de leurs objectifs et des contraintes du milieu).
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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
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