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Recuil 1

Le workshop sur l'agriculture saharienne a abordé divers thèmes liés au développement agricole et aux agrosystèmes dans le Sahara, en mettant l'accent sur les défis et les opportunités de production dans ces régions arides. Des présentations ont été faites sur les systèmes de production, le rôle de la recherche et développement, ainsi que la gestion des ressources en eau, soulignant l'importance d'une approche durable et intégrée. Les discussions ont également mis en lumière les initiatives du Commissariat au Développement de l'Agriculture des Régions Sahariennes pour améliorer les conditions agricoles et la préservation des ressources naturelles.

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Recuil 1

Le workshop sur l'agriculture saharienne a abordé divers thèmes liés au développement agricole et aux agrosystèmes dans le Sahara, en mettant l'accent sur les défis et les opportunités de production dans ces régions arides. Des présentations ont été faites sur les systèmes de production, le rôle de la recherche et développement, ainsi que la gestion des ressources en eau, soulignant l'importance d'une approche durable et intégrée. Les discussions ont également mis en lumière les initiatives du Commissariat au Développement de l'Agriculture des Régions Sahariennes pour améliorer les conditions agricoles et la préservation des ressources naturelles.

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives

Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010

Thème I : Développement agricole et perspectives ................................................................... 2

Les systèmes de production sahariens : déclin ou renouveau ? SENOUSSI A .................. 3


Programme d’investissement du cdars HANNACHI S. ........................................................ 4
Rôle de la Recherche / Développement dans la durabilité et la performance des
agrosystèmes sahariens LAKHDARI F. ................................................................................... 7
Ressources en eau du sahara septentrional ZAHROUNA A ................................................ 8
Aperçu méthodologique de la démarche d’évaluation de la durabilité de l’agro-système
à Palmiers Dattiers dans les oasis du Maghreb AMRANI K. et TOUTAIN G. ................ 10
Rôle des associations dans le développement rural HAMMOUDA M .............................. 13
Les anciennes systèmes de gestion des l’eau dans les oasis : patrimoine à préserver ...... 15
HAMDI-AISSA B.*, HARIZ A.** et MANSOURI S.** ..................................................... 15

Thème II : Les agrosystèmes sahariens : expériences et enseignements ............................. 17


........................................................................................................................................................ 17
La recherche sur le palmier dattier au département des sciences agronomiques de
Ouargla : situation et perspectives BABAHANI S............................................................... 18
Crise de gestion de la diversité des dattiers dans les palmeraies algériennes .................... 19
BENKHALIFA A. .................................................................................................................... 19
Gestion participative des ressources génétiques du palmier dattier (Phoenix dactylifera
L.) dans les oasis du Maghreb BELGUEDJ M ...................................................................... 20
L’état phytosanitaire des palmeraies algériennes, principaux axes de recherche/dévp. . 21
à prendre en charge TIRICHINE ........................................................................................... 21
La dynamique agricole dans la zone d'El Ghrous (Biskra) : entre le boom maraîcher et
la lente généralisation des systèmes de production phoenicicoles ....................................... 23
Bouammar B. * ; Cheloufi H.** et Aouidane L. *** ............................................................. 23
La céréaliculture sous centre-pivot dans les régions sahariennes : cas de la region de
ouargla CHELOUFI H. et BOUAMMAR B............................................................................ 25
Dysfonctionnement des élevages dans les régions sahariennes ADAMOU A. ................. 26
La gestion des potentialités hydriques en regions sahariennes ............................................ 28
SAKER M. L., DADDI BOUHOUN M. et OULED EL HADJ M. D. ................................. 28

1
Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010

Thème I :
Développement agricole et perspectives

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010

Les systèmes de production sahariens :


déclin ou renouveau ?
SENOUSSI A.
Enseignant Chercheur
Laboratoire Bioressources Sahariennes ; Préservation et Valorisation.
Université KASDI MERBAH – Ouargla.
[email protected]

Parler de géographie agraire du désert parait un paradoxe. Par définition, le désert n'est-il pas
un lieu où l'activité agricole parait impossible ? En fait, la culture est possible même dans les
déserts absolus et ce, grâce à l'irrigation. Le Sahara perçu par certains comme étant un
territoire inculte et répulsif. La réalité est tout à fait autre car cet espace aride est un milieu qui
grouille de vie à travers des paysages paradisiaques rencontrés ça et là, juxtaposant de
multiples systèmes de production. C’est à travers une géométrie agraire inouïe que ces
derniers ont traversé l’histoire de ces régions et se sont distingués par une parfaite adaptation
aux conditions de vie et de climat saharien.
L'immense espace saharien se réveille aujourd’hui par l'existence de divers systèmes de
production. La violence du contraste qu'offrent ces derniers avec les étendues arides sont bien
là pour attirer l'attention. L’émergence de nouveaux systèmes de production inédits sont
venus se plaqués sur cet espace et promus par la même à faire jaillir des richesses multiples !
? S’étant fait sentir, depuis fort longtemps, mais faiblement, pareille action s’est maintenant
étendue et amplifiée en raison des moyens mécaniques et chimiques gigantesques mis en
œuvre. C’est ce qui a d‘ailleurs amené certains spécialistes à répliquer et à dire : «produire,
c’est détruire, mais à détruire pour produire plus, les hommes épuisent ce qui les fait vivre et
les dégâts de leur activité menacent aujourd’hui les conditions même de la vie sur terre. Ils
doivent apprendre à gérer leurs destructions aussi bien que leur production ».
Quelles situations vit actuellement le monde agricole saharien ? Désormais, des systèmes
multiséculaures et ingénieux sont confrontés à des systèmes inédits venus en prédation.
Complémentarité ou dualité ? Renouveau ou déclin ? Viabilité ou résurrection ?
Recomposition ou mutation sociale ? Ce à quoi la présente étude tente d’apporter quelques
éléments de réponses et par la même de dresser des trajectoires d’actions raisonnées et
fécondes.

Mots clés : Algérie, Sahara, systèmes de production, situation.

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010

Programme d’investissement du cdars


HANNACHI S.
C.D.A.R.S. Ouargla

Présentation de la Structure
Le Commissariat au Développement de l'Agriculture des Régions Sahariennes (CDARS) est
un établissement public à caractère administratif (EPA) Créé par décret n° 86-222 du 02
Septembre 1986 ayant pour champ d’intervention les neuf wilaya du sud.
Principales missions
 Veiller à l'application de la politique nationale en matière de développement intégré de
l’agriculture dans les régions sahariennes,
 Mener des études, recherches, explorations et tous les autres travaux nécessaires à la
connaissance du milieu et de l'agriculture des régions sahariennes,
 Procéder à l’identification et à la délimitation des zones d’intervention en fonction de
leurs caractéristiques agropédologique,
 Élaborer et proposer les programmes de mise en valeur fondés sur les évaluations
quantitative et qualitative de la ressource en eau et sol,
 Harmoniser et coordonner les actions arrêtées dans les programmes de mise en valeur
et veiller à leur réalisation,
 Proposer toute réglementation intéressant l’agriculture des régions sahariennes,
 Encourager l’intensification de l’agriculture et élargir la surface agricole utile par la
Mise en valeur,
 Contribuer à la valorisation du patrimoine existant par des actions appropriées.
 En matière de prévention de lutte contre les calamités agricoles, le commissariat
participe conjointement avec les collectivités locale* à la détermination des actions à
engager.
 Le commissariat a pour mission de promouvoir les productions agricoles, notamment
:
 En initiant et/ou en orientant les programmes de développement et
d'amélioration des productions végétale et animale et de valorisation
des produits et sous-produits,
 En s'assurant, en concertation avec les services concernés, de la
protection sanitaire, des élevages et de la mise en place d'un système de
prévention,
 En matière d'actions sociales, le commissariat est chargé :
 de participer avec les organismes intéressés à l'élaboration des plans de
formation, d’enseignement et de vulgarisation inhérents au
développement agricole,
 d'initier et de concourir à l'organisation des manifestations techniques
et scientifiques, expositions, séminaires et colloques ayant trait à son
domaine d'activité,
Bilan d’activités du CDARS
Depuis sa création, le CDARS a inscrit 33 opérations d’équipement pour une AP dépassant la
barre de 12 milliards de DA, ce qui est énorme pour une structure caractérisée par un sous
effectif réel en encadrement technique, situation rendue plus problématique par les
déperditions au profit des autres départements ministériels.

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010

Ces opérations ont permis de mener un certain nombre d’actions répondant dans une large
mesure aussi bien à ses principales missions qu’aux préoccupations majeures du
développement agricole en régions sahariennes. Parmi ces acquis, nous citerons :
La connaissance du milieu et préservation des ressources naturelles :
 La réalisation d’une étude agropédologique sur 45.000 ha en zones sahariennes
répartis comme suit :
 Ouargla : 10.000 ha
 El-Oued : 5.000 ha
 Adrar : 25.000 ha
 Ghardaïa : 5.000 ha

 L’élaboration de l’étude du plan directeur général de développement des régions


sahariennes (PDGDRS) qui a permis de définir les orientations stratégiques visant
l’essor de ces espaces, en s’appuyant sur :
 La Modélisation économique
 La Modélisation hydrogéologique
Les orientations stratégiques issues de l’étude
- Une priorité sans ambigüité: une production locale pour une consommation
locale.
- Un monopole de l’Agriculture Saharienne: le palmier dattier
- Possibilité d’émergence d’un pôle céréalier et agroalimentaire.
Recommandations de l’étude
Pour certains aspects n’ayant pas été suffisamment traité dans le détail, ce plan directeur a
recommandé l’élaboration d’études spécifiques pour :
- Approcher le dromadaire et les parcours sahariens ;
- la filière datte ;
- les schémas régionaux.

 La réalisation de l’inventaire variétal de la palmeraie algérienne


- Élaboration de l’inventaire variétal de la palmeraie algérienne permettant de
recenser prés d’un millier de cultivars à travers une quinzaine de régions
phoenicicoles.
- Edition de l’ouvrage intitulé : «Inventaire variétal de la palmeraie
algérienne»
La préservation du patrimoine phoenicicole existant
 La Réhabilitation des anciennes palmeraies sur 60.000 ha
Cette opération vise à redynamiser le rôle socio-économique des oasis à travers la
levée d’un certain nombre de contraintes ayant relation avec : le déficit ou l’excès
d’eau, l’accessibilité et le réaménagement des palmeraies.
Les données chiffrées suivantes permettent de démonter l’envergure de ce
programme :
• Amélioration de 2300 km de réseaux d’irrigation ;
• Réfection de 2746 km de réseaux de drainage.
• Ouverture de pistes et voies d’accès sur prés de 2.000 km.
• Lutte contre les mauvaises herbes et nettoyage de la palmeraie.
• Résorption du chômage à travers la création de 13.200 postes d’emplois
avec regain de l’activité agricole en milieu oasien.

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010

 La valorisation des investissements hydro agricoles sur 5.000 ha


• Réalisation de 41 forages.
• Équipement de 42 forages en transformateurs.
• Équipement de 110 forages en pompes immergées.
• Réalisation de 25 puits.
• Réalisation de 115 km de pistes de désenclavement.
• Réalisation de 295 km d’électrification.
• Réalisation et réfection de 150 km de réseaux d’irrigation.
 Réaménagement des palmeraies de l’Oued Righ sur 3750 ha
L’extension de la sole cultivable
 Mise en valeur agricole en grands périmètres
 Délimitation des périmètres 57.225 ha
 Aménagement hydro agricoles 11.075 ha
• Mobilisation de l’eau par la réalisation de 205 forages
• Électrification des forages sur 308,89 Km
• Amenée d’une ligne électrique HT axe Hassi Messaoud Gassi Touil
• Superficie totale concédés : 5.575 ha
• Superficie en instance de concession : 1.750 ha
• Superficie en cours de concession : 3.750 ha
 Extension des oasis par la création de petites exploitations familiales
L’opération a permis l’identification de 136 périmètres pour une superficie de 6.288 ha, soient
3.144 exploitations familiales de 02 ha répartis sur 67 communes. Les actions menées se
résument comme suit :
• Prospection, aptitude agropédologique, délimitation et levé topographique
• Réalisation de 107 forages
• Électrification des forages
• Étude et réalisation des réseaux d’irrigation et de drainage
• Réalisation de voies d’accès et servitudes
• Plantation de 96.287 plants de Djebbars (820 ha) et fourniture de 6.041.480
palmes sèches pour Brise vent (241 km)
• Fourniture de 3.201 serres tunnels à bords arrondis (130 ha).

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010

Rôle de la Recherche / Développement dans la durabilité et la performance


des agrosystèmes sahariens
LAKHDARI F.
C.R.S.T.R.A., Biskra

Jusqu’à un passé récent l’Agriculture Saharienne a été une activité vivrière assurant la
stabilité des établissements humains malgré l’hostilité du milieu naturel.
Présentement cette agriculture connaît une série de contraintes à savoir : une demande sans
cesse croissante, un marché de plus en plus exigeant, une mutation brusque par l’implantation
de nouveaux systèmes de production etc.
Certes, des résultats concrets sont enregistrés (augmentation des superficies irriguées,
approvisionnement des marchés …). Toutefois les caractères fragiles du milieu n’ont pas
tardé à surgir (salinisation des périmètres, érosion génétique, pollution …).
Ce qui traduit en partie l’insuffisance de transfert des résultats de la recherche et/ou
l’inadéquation entre les programmes de recherche et programmes de développement.
Ainsi, au 3ème millénaire il s’impose à nous de redresser la situation afin de contribuer à la
performance de l’Agriculture Saharienne tout en veillant sur la préservation du milieu
nourricier.
Et ce, à travers une Recherche / Développement servant d’appui à cette agriculture devant
faire face à une pression socio-économique et environnementale de plus en plus marquée
(économie de marché, changements climatiques, etc.)

Mots clés : Agriculture saharienne, Recherche / Développement, Durabilité, Agro-système

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
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Ressources en eau du sahara septentrional

ZAHROUNA A.
ANRH Ouargla

Le système aquifère du Sahara septentrional contient deux grandes nappes importantes à


savoir :
 La nappe du Complexe Terminal
 La nappe du Continental Intercalaire

Le projet SASS est initié par l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) pour promouvoir
une gestion concertée et optimale des aquifères, il a pour objectif :

1) la réalisation d’une base de données commune


2) la construction d’un modèle mathématique du système aquifère
3) la réalisation des simulations exploratoires
4) la réalisation des simulations prévisionnelles
5) la mise en place d’un mécanisme de concertation

Les aquifères du Continental Intercalaire et du Complexe Terminal ont été reconnus et


exploités depuis la fin du dernier siècle (1892).
Depuis, d’autres travaux de reconnaissance ont été menés. Nous citons :

1) Les études générales furent lancées dès 1965 (Géohydraulique) ;


2) Etudes des ressources en eau du Sahara Septentrional (ERESS-UNESCO, 1972,
Algérie et Tunisie) ;
3) Actualisation des ressources en eau du Sahara Septentrional (RAB/80/011/PNUD,
1983) ;
4) Etude (plan directeur général de développement des régions sahariennes PDGDRS,
BRLi 1998) (Algérie-CDARS) ;
5) Le projet SASS qui dispose d’une étude complète et de l’ensemble des données
disponibles dans les trois pays (Algérie, Tunisie, Libye) a procédé à des simulations
dont les résultats sont nettement différents (OSS-UNESCO, 1999).
6) Actualisation du modèle SASS (OSS 2010), en cours.

Les ressources en eaux souterraines du Sahara septentrional sont contenues dans deux
immenses aquifères qui sont le continental intercalaire (CI) et le complexe terminal (CT).

Le Système Aquifère du Sahara Septentrional (SASS), partagé par l'Algérie, la Tunisie et la


Libye, s'étend sur une superficie d’un million de km2, à savoir :

 Algérie 700.000 Km²


 Tunisie 250.000 Km²
 Libye 80.000 Km²

Durant les trente dernières années, les prélèvements par forages y sont passés de 0,6 à 2,5
milliards de m3/an. Cette exploitation se trouve aujourd'hui confrontée à de nombreux

8
Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010

risques : fortes interférences entre pays, salinisation des eaux, tarissement des exutoires
naturels, etc...

Le Continental Intercalaire est un réservoir d’eau qui s’étend sur 600 000 km 2, sa température
dépasse les 60°C, son alimentation est relativement faible et se fait par ruissellement à la
périphérie du réservoir. Le complexe terminal se localise, quant à lui, dans le Sahara
occidental et s’étend sur une superficie de 350 000 km2. Les potentialités en eau de ces
aquifères sont de l’ordre de 156 m3 /s, soit environ 5 milliards de m3 par an jusqu’à l’horizon
2040, selon le modèle ERESS 1985. La situation est montré que l’exploitation de ces
aquifères atteint un seuil alarmant et constitue un risque majeur, non seulement pour le Sahara
algérien mais aussi pour plusieurs pays voisins. Selon les constatations du plan directeur
général des régions sahariennes, l’évolution des différents termes du bilan en eau de la nappe
sur la période 1957-1998 montre que, pour faire face à l’augmentation des prélèvements, la
nappe réduit le débit de ses sorties naturelles mais surtout déstocke énormément avec une
tendance à la réduction progressive du débit des foggaras. C’est pour remédier à cette
situation que l’Algérie, la Tunisie et la Libye ont mis en place dernièrement un modèle
mathématique appelé Système aquifère du Sahara septentrional (SASS), qui a commencé à
fonctionner en 2006.

Les simulations conduites sur le Modèle SASS ont permis d'identifier les secteurs les plus
vulnérables et de dresser la carte des risques encourus par le système aquifère. Les trois pays
concernés par le devenir du SASS sont amenés à rechercher ensemble une forme de gestion
commune du bassin : la mise en place d'un mécanisme institutionnel de concertation s'avère
nécessaire, sa mise en œuvre devant se faire d'une manière progressive.

Les nouvelles simulations ont permis de préciser les débits additionnels susceptibles d’être
prélevés encore dans les zones actuellement en exploitation ou nouvellement identifiées soit
un volume total de 5 Milliards de mètres cube par an dont 4 Milliards dans le Continental
Intercalaire et 1 Milliard dans le Complexe Terminal.
Elles ont aussi permis d’identifier de nouvelles zones de prélèvement pour un volume de 3
Milliards de mètres cube par an soit au total un volume exploitable de 6,11 Milliards (1, 35
Milliard actuels et 4,77 Milliards additionnels).

PRELEVEMENTS TOTAUX DANS LE SASS,


Milliards m3/an
2,7

2,4

2,1

1,8

1,5
LIBYE
TUNISIE
1,2 P>R
ALGERIE

0,9

0,6

0,3

0
1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
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Aperçu méthodologique de la démarche d’évaluation de la durabilité de


l’agro-système à Palmiers Dattiers dans les oasis du Maghreb
AMRANI K. et TOUTAIN G.
Université de Toulouse, France

Introduction :
Les oasis à Palmiers Dattiers sont considérées comme étant des îles continentales semi
naturelles créées et entretenues par l’activité anthropique (Selmi & Boulinier, 2009).
Cet agro-système insulaire constitue un ensemble complexe capable d’intégrer les avantages
et les contraintes d’un milieu caractérisé par une rigueur climatique exceptionnelle et par la
dépendance absolue des ressources en eau mobilisables pour l’irrigation (Ferry & Toutain,
1990).
Cet équilibre agro-écologique fragile par nature se trouve fragiliser d’avantage par des
pratiques agricoles et agro-phoenicicoles parfois inadaptées. Cela a engendré des situations de
déséquilibre et de perturbation de l’ensemble de la biocénose oasienne. Cette communication
vise la présentation d’un nouvel outil de diagnostic complet de la palmeraie, en vue de dresser
un état des lieux mais également d’adopter une méthode de préhension des problèmes de mise
en valeur durable en milieu saharien.

Approche globale du diagnostic de durabilité de l’agro-système oasien :


L’outil proposé a déjà fait l’objet d’une première présentation à l’occasion du séminaire
international sur la protection et la préservation des écosystèmes sahariens qui s’est déroulé à
Ouargla les 13, 14 et 15 décembre 2009. Il s’agit d’une grille offrant une possibilité d’analyse
tridimensionnelle : agro-écologique, socio-territoriale et économique. L’objectif est de déceler
les éventuelles faiblesses de la palmeraie et d’y remédier à travers des mesures appropriées en
parfaite adéquation avec le milieu et ses contraintes. La méthodologie d’approche consiste à
attribuer des notes chiffrées aux indicateurs composant la grille. Le score final obtenu à
l’issue du diagnostic permettra une évaluation précise de la tendance vers l’équilibre agro-
écologique, socio-territorial et économique, et savoir ainsi s’il y a lieu d’intervenir ou pas.

Approche expérimentale :
Pour mener à bien ce travail, deux types de palmeraies seront pris en considération : la
palmeraie traditionnelle et la palmeraie moderne. L’évaluation consistera à calculer des
indicateurs choisis pour leur pertinence. Pour ce faire, des enquêtes et des prospections sont
prévues.
Cette étape, de diagnostic, est primordiale. Le résultat final va orienter la réflexion à mener
dans les programmes de réhabilitation et de mise en valeur des palmeraies. Selon Toutain
(1979), l’équilibre agro-socio-économique et écologique à atteindre est de 22 ares pour 22
Palmiers Dattiers et 3740 m3 d’eau par an et par homme (à adapter en fonction de l’ETP et de
la salinité des eaux). En deçà de cette norme on assiste à une évolution régressive. Au dessus,
une surexploitation des bioressources est à craindre. Tout se joue au niveau de cette équation
pour la maintenir en parfaite équilibration par :
- La reproduction d’une haute fertilité du sol par adjonction de fumier issu d’élevage et
une diversification des cultures notamment les légumineuses.
- La bonne conduite culturale du Palmier Dattier telles les opérations de toilettage,
d’ajustement des frondaisons, de diversification des cultivars, d’entretien des rejets...

10
Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010

- L’adoption d’un mode de gestion économe en eau grâce au calcul des doses
d’irrigation et en évitant les pertes de charges tout en se préoccupant du bon état de
fonctionnement des drains de colature.
Un intérêt sera porté à la zone dite tampon située à la périphérie des oasis. Elle constitue une
réserve pour les auxiliaires qui y trouvent refuge.

Zone d’étude :
Les grands bassins phoenicicoles concernent les oasis de Tozeur, Dégache et Djérid… en
Tunisie, le Souf, les Zibans, Oued Righ, Oued M’ya, et la Chébka du M’zab en Algérie et la
vallée du Dra, le Tafilalet. au Maroc. Oasis connues pour leur production de dattes à haute
valeur marchande.
Dans un premier temps et pour un premier diagnostic expérimental, notre choix s’est porté sur
le pays d’Ouargla situé dans la vallée de Oued M’ya et une oasis tunisienne (Tozeur). Ces
oasis sont situées sur un « v » sud-ouest algérien / nord-est tunisien. Elles sont réputées pour
la qualité de leurs dattes Deglat-nour. Ce choix repose tout simplement sur les contacts en
vigueur (le département d’agronomie saharienne à Ouargla en Algérie et la faculté des
sciences naturelles à Gabès en Tunisie).

Enseignements et perspectives :
Les enseignements du passé montrent qu’il est possible de produire sans dégrader les milieux.
Les travaux de Toutain depuis les années 70 sont aujourd’hui, plus que jamais, d’actualité. Il
s’agit du concept des Unités phoenicicoles familiales (UPF). En effet, à l’époque l’équilibre
agro-écologique et socio-économique étaient déjà des notions acquises dans les démarches de
mise en valeur oasienne. Malgré cela, l’état des lieux qui ressort aujourd’hui révèle une
situation alarmante et un mauvais état de santé de la palmeraie maghrébine. Il ne s’agit pas de
trouver un responsable mais tout simplement d’attirer l’attention sur la nécessité de réhabilité
ce concept d’UPF qui consiste à raisonner l’utilisation de l’espace oasien.
D’autre part, pour maintenir cet équilibre susmentionné, la mise en place d’un observatoire
de la durabilité de l’agro-système oasien pourrait constituer une bonne approche. Il aura
pour objectif d'établir et de mettre à jour un « tableau de bord » à partir du suivi
d’exploitations phoenicicoles de référence. Ce recueil de données permettra de suivre
l'évolution des pratiques pour orienter les études, le conseil agro-phoenicicole et les actions à
mener d’une manière concertée et ordonnée. Il permettra également de prendre du recul,
d'avoir une vue d'ensemble de la durabilité du territoire afin de pointer les axes de travail
futur. Enfin, il permettra de repérer les prémices d’un déséquilibre avant d’atteindre des stades
critiques qui nécessite le plus souvent beaucoup de moyens…

Conclusion :
Au terme de ces quelques lignes présentatrice du projet envisagé, nous insistons sur le fait de
tirer des enseignements des erreurs du passé comme en témoigne les actes des journées
scientifiques de l’INRAA en 1999 à Touggourt, concernant la situation agronomique du site
de Gassi touil, vers Hassi Messaoud : une salinisation irréversible suite à un manque de
rigueur dans la gestion de l’eau ainsi que d'autres incohérences d’ordres socio-économiques
(Ferry & al, 1999).
Cette idée d’observatoire de la durabilité n’émane donc pas du hasard d’autant plus qu’elle
permettra de mobiliser une équipe pluridisciplinaire.

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010

Références bibliographiques :

Ferry (M.), Bedrani (S.) & Greiner (D.) 1999; Agroéconomie des oasis. Edition : Cirad-
Gridao, 230 pages.
Ferry (M.) & Toutain (G.) 1990 ; Concurrence et complémentarité des espèces végétales dans
les oasis. Option méditerranéennes, Sér.A/ n°11- Les systèmes agricoles oasiens.
Selmi (S.) & Boulinier (T.) 2009 ; Oases. Proofs encyclopedy: pp 686-689
Toutain (G.) 1979.- Eléments d'agronomie saharienne, de la recherche au développement.
Paris INRA-GRET, 270 pages

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
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Rôle des associations dans le développement rural


HAMMOUDA M.
ADS-ONGII

L’association, un projet collectif


L'Association est l'expression de la démocratie, mais aussi un relais démocratique. Elle
reconnaît aux citoyens, aux acteurs sociaux, le droit d'intervenir là où les autres catégories
d'acteurs n'interviennent pas suffisamment, ou mal. C'est le principe de la subsidiarité
(subsidiaire : qui s'ajoute au principal, pour le renforcer, le compléter).
Les membres de l’association sont tenus d’identifier clairement les enjeux au sein de la
société, d’élaborer des stratégies d’action dans un environnement complexe et au bénéfice
d’un public pas toujours précisément identifié.

L’association : buts, finalités et valeurs


Permettre aux membres de réaliser leurs projets en tant qu’acteurs
Les membres ont souvent des rêves ambitieux et généreux. Ils sont une chance pour tous, à
condition que ces rêves puissent devenir réalité, et pour cela, ils ont souvent besoin du soutien
de l’autre qui lui fait confiance. Leur permettre de donner corps à leurs projets dans un
véritable partenariat et non pas comme de simples prestataires de services.

Notion de pôle rural de développement


Le pôle de développement est un espace (ensemble, système, pour reprendre une terminologie
scientifique) territorial habité où les évolutions sociales, économiques et résidentielles sont
conduites dans le cadre d’un projet intégré et prospectif de développement. Le pôle rural n’est
pas une entité, une agglomération (bourg structurant, petite ville) mais le territoire rural dans
son ensemble mû par un projet intégré de territoire.
Le projet territorial de développement peut être appréhendé (par analogie avec le monde de
l’entreprise) comme étant le projet d’entreprise du territoire concerné.
- Il détermine les objectifs de résultat à court, moyen et long terme ;
- Il précise les orientations de développement, les moyens humains et matériels pour
atteindre les objectifs de résultat fixés.
D’acception moderne, l’élaboration et la conduite du projet de territoire doivent être
participatifs. La société civile, acteurs publics et privés, doit en être le partenaire
incontournable.

Notion fondamentale du projet


Un projet est un effort complexe pour atteindre un objectif spécifique, devant respecter un
échéancier et un budget.
Il franchit des frontières organisationnelles.
Il est unique et en général non répétitif dans l'organisation.

Définition du cycle de projet


La gestion du cycle de projet (GCP) est le terme désignant le processus de planification et de
gestion de projets, des programmes et des organisations. C'est en 1992 que la Commission
européenne a adopté la «Gestion du Cycle de Projet» (GCP) comme outil de conception et de
gestion des projets, basé sur l'Approche du Cadre Logique.

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010

La GCP s’articule autour d’un cycle où tous les aspects et toutes les étapes du projet sont pris
en compte, de la conception du projet à son évaluation finale en passant bien sûr par sa mise
en œuvre. Ainsi, les projets auront plus de chance de réussir et, par voie de conséquence
d’obtenir des résultats durables.

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010

Les anciennes systèmes de gestion des l’eau dans les oasis : patrimoine à
préserver
HAMDI-AISSA B.*, HARIZ A.** et MANSOURI S.**
*Laboratoire de Biogéochimie des Milieux Désertiques
Département des Sciences Agronomiques
Université Kasdi Merbah, BP. 511, Ouargla 30000
e-mail : [email protected]
**Association pour la Sauvegarde du Patrimoine de Guerrara

Problématique
Dans de nombreux pays, des systèmes de gestion des terres et des ressources naturelles,
notamment de la biodiversité et de la ressource en eau, ont créé des paysages remarquables;
parmi eux en zones arides les systèmes "Oasis" (y compris les systèmes traditionnels
d’irrigation et de gestion de l’eau) classés par le programme international Globally Important
Agricultural Heritage Systems GIAHS (FAO, 2005). Résultat d’une combinaison ingénieuse
de modes de gestions et des techniques basés sur un savoir ancestral, les systèmes
traditionnels remarquables d’irrigation et de gestion de l’eau (i.e. ouvrages hydrauliques
traditionnels) sont le témoignage de la capacité des êtres humains à composer avec les
contraintes naturelles du milieu dans un processus évolutif conjoint êtres humains/nature.
Les nouvelles exigences des programmes de développement des régions arides, la complexité,
la spécificité, l’étendue et la fragilité du milieu saharien, et en référence à la politique
nationale (nouvelle Schéma Nationale d’Aménagement du Territoire SNAT), ayant trait au
développement socio-économique des régions arides, devant le développement de notre
région, particulièrement en matière de population oasienne, plusieurs perspectives s'ouvrent à
l’oasis de Guerrara. Dans le cadre des nouvelles mutations territoriales nationales et le
développement économique la région offre des potentialités agricoles très prometteuses d’où
la nécessité de sauvegarde du patrimoine physique (matériel) de l'oasis, notamment les
ouvrages hydrauliques traditionnels, ceux qui exigent le plus le savoir faire et la cohésion
sociale.
Objectif
L’objectif du présent film documentaire de 16 minutes est de maître en évidence l’importance
agronomique, écologique culturelle et économique des ouvrages hydrauliques traditionnels
des ancienne oasis (cas de Guerrara, Mzab) et les actions menés par l'Association de
préservation du patrimoine et de monuments historiques pour la sauvegarde de ce patrimoine
culturel.
Site d’étude
L'oasis de Guerrara (32°50' Nord et 4°30' Est, et 303m d’altitude) est classé dans l'étage
bioclimatique méditerranéen hyper aride (saharien) à hivers doux. L’oasis de Guerrara est le
septième et le dernier Ksar du Mzab après El-Afouf, Melika, Beni-Izguen, Ghardaïa,
Bounoura et Berriane), fondée depuis les années quarante de dix-septième siècle, au fond
d’une grande dépression qui occupe le lit de l’oued Zegrir.

L'ancienne oasis
L'ancienne oasis couvre une superficie de 400 ha, sur le lit de l'Oued Zegrir où les sols sont
quasiment alluvionnaires. Deux sources d'eau sont utilisées pour l'irrigation:
- la nappe phréatiques : alimenté par les crues occasionnelles de l'Oued Zefrir; elle est captée
dans des puits à profondeurs variables, on recense 1300 puits dans l'ancienne oasis.
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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010

- La nappe de Continental intercalaire (Albien): l'ancienne oasis est irriguée depuis 1959 par
un forage Albien 'El-foussaa', l'eau est acheminé par un réseau d'irrigation installé pour cet
effet. Actuellement on constat un déficit considérable en eaux de cette nappe, le débit globale
est de 49l/s (forage de Bahaddi et une partie de forage de Laamied). Ils est à souligné qu'en
raison de salinité élevée des eaux de cette nappe (salinité de 1,5 à 2 mmho/cm) et en l'absence
d'un système de drainage efficace, des symptômes de salinisation des sols et de dégradation
de la biodiversité sont observés dans l'ensemble de l'ancienne oasis.

Les ouvrages hydrauliques traditionnels


Les anciens bâtisseurs de Guerrara, modestes, patients et forts ont pu domestiquer les rudes
conditions du désert. Ils ont pu faire chanter l’eau dans les rigoles dans leurs jardins grâce à
des ouvrages hydrauliques qu’ils ont réalisés avec un génie incontestable. Ils ont construit un
barrage qui dévie le cours de Oued Zegrir et l’oblige à remonter les lits de deux de ses
effluents (Saguiet El-Ain et Saguiet El Djania). Le barrage et sa digue longue de deux
kilomètre, forcent donc les eaux des crues de Oued Zegrir à remonter une légère pente et
inonder toute la palmerait. De ce fait, ces ouvrages permettent aux eaux de remplir la nappe
phréatique, de déposer les fertilisants ramenés par les crues des oueds, et, grâce aux canaux
d’irrigation de drainer toute l’eau après une certaine période.
Sans passer par les grandes écoles, ces bâtisseurs sont devenus des géologues, climatologues,
pédologues et topographes de terrain, ils ont effectué un bon choix du site qui est
constamment réalimenté par les pluies et les crues si irrégulières soient-elles. Ils ont utilisé
avec précaution leur environnement. Ils ont assuré une gestion pluriséculaire des ressources
naturelles et ils ont protégé leurs petits enfants de cruelles déconvenues dans une région où
l’agriculture n’est possible qu’avec l’irrigation. La construction du barrage et des canaux
d’irrigation a permis d’alimenter une citée de 55000 habitants. Ils ont pu faire face au stresse
des années sèches pendant des périodes allant jusqu'à trois années de sècheresses
consécutives, et ils ont pu éviter l’asphyxie de leur palmerais quand il y a des crues de l’Oued
Zegrir. Les architectes de l’ouvrage soucieux de collecter le maximum des eaux de ce Oued
Zegrir, ont réalisé une digue de déviation au niveau de Daïa de Talemza à une centaine de
kilomètres en amont de Guerrara. Son rôle est d’éviter l’infiltration de l’eau par un
phénomène karstique dans une faille située dans le lit majeur de la rivière.

Conclusion
L'ancienne oasis est en déclin cette situation a conduit à une réduction des emplois et à
l’immigration des jeunes non seulement vers le nord de l’Algérie mais aussi vers les pays
développés. Pour faire face à cette situation, avant de penser à de nouvelles solutions il faut
corriger d’abord les erreurs du passé. Il faut donc restaurer l’ancienne oasis, lui restituer son
système hydraulique (canaux d’irrigation et de drainage), et, lui assurer un vrai
développement durable.

Mots clés : Agrosystème, oasis, Mzab, ouvrages hydrauliques traditionnels, Patrimoine


culturel

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
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Thème II :
Les agrosystèmes sahariens : expériences et enseignements

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
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La recherche sur le palmier dattier au département des sciences


agronomiques de Ouargla : situation et perspectives
BABAHANI S.
Département des sciences agronomiques, Université Kasdi Merbah, Ouargla

L’Algérie est l’un des principaux pays phoenicicoles dans le monde. Il est classé cinquième à
l’échelle mondiale avec une production annuelle d’environ 500000 tonnes et une superficie de
155000 ha (FAO, 2008).
L’évolution des surfaces progresse d’une année à une autre ; mais celle de la production ne
suit pas l’évolution de ces surfaces. En effet, les rendements par arbre varie de 19.1 kg à
Tamanrasset à 69.6 kg à Biskra et une moyenne nationale de 47 kg / arbre (DSA, 2008).
La recherche scientifique doit contribuer d’une façon ou autre au développement du secteur
phoenicicole. Le département des sciences agronomiques de Ouargla, en collaboration avec
les autres départements et les autres structures de formation, de recherche ou de
développement, fait un grand effort pour développer quelques axes de recherche, malgré les
difficultés qui sont posées à différents niveaux.
Parmi les axes développés, nous citons :
- valorisation des dattes et des produits du palmier dattier
- biologie du palmier
- pratiques culturales
- économie et socio économie, liées au palmier
- protection du palmier
- irrigation et drainage
A moyen et à long terme, ces axes seront de plus en plus développés, d’autres axes sont à
entreprendre ; principalement ceux liés :
- au développement de nouveaux produits à base de dattes
- consommation des dattes et place des dattes dans les régimes alimentaires des
populations
- problèmes liés aux ennemis du palmier et des dattes en particulier
- biologie et physiologie du palmier dattier
- commercialisation des dattes
Une meilleure collaboration et une complémentarité entre les différentes structures de
recherche sur le palmier dattier reste l’unique moyen pour aboutir à des résultats qui auront un
impact sur le terrain.

Mots clés : développement - palmier dattier –perspectives – recherche.

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
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Crise de gestion de la diversité des dattiers dans les palmeraies algériennes


BENKHALIFA A.
Laboratoire d’Ecologie et d’Education Environnementale
Ecole Normale Supérieure El-Ibrahimi Kouba Alger
[email protected]

La prise en charge des ressources génétiques s’avère de plus en plus une nécessité pour la
promotion des programmes d’amélioration et de sauvegarde de la biodiversité. Parmi les
catégories des ressources génétiques du palmier dattier celles des cultivars traditionnels et à
partir des populations issus de graines les chercheurs peuvent contribuer à la sauvegarde et à
l’amélioration de la culture du palmier dattier en Algérie. Ces deux voies sont accessibles aux
agriculteurs et aux chercheurs sans beaucoup de difficultés, mais nécessitent l’adoption d’une
stratégie de gestion qui s’impose de plus en plus avec un caractère d’urgence.

Depuis les propos de Harlan dans les années 1970, de nombreux auteurs ont montré la
nécessité de s’occuper des cultivars locaux inventés et adoptés par les agriculteurs eux-
mêmes. Pour le cas du palmier dattier les noms donnés par les agriculteurs pour distinguer les
variétés traditionnelles constitue une réalité, même si parfois l’aspect des appellations est
controversé. Les appellations constitue une source inestimable de gestion du matériel
génétique, car celui-ci devient reconnaissable à travers des critères de morphologie simple et
donne accès aux critères d’adaptation aux contraintes environnementales. Les variétés
traditionnelles sont aussi évaluables dans leur productivité et résistance aux stress
environnementaux. A travers leurs appellations et leurs traits caractéristiques elles constituent
donc un indicateur de la diversité.

Si nous avons eu l’habitude d’annoncer l’inventaire de plus d’un millier de cultivars locaux,
nous devrions reconnaitre que seulement 600 ont été caractérisés sur la base de critères
ethnobotaniques et morphologiques. Très utile comme travail de base, mais trop dépassé par
les évènements et les besoins de diffusion et de continuité. Même si pour pas mal de cas il y a
un encouragement à la promotion des variétés locales, la situation dans certaines palmeraies
est devenue désastreuses pour probablement ne plus retrouver les cultivars recensés. Certes, il
y a eu un effort de caractérisation plus approfondi dans certaines régions comme celle de l’Est
en Algérie et une sensibilisation plus soutenue dans les oasis du Mzab, mais on ne peut plus
ignorer le délaissement des oasis anciennes dans toutes les régions. A travers le vécu des
missions de prospections et au vu de l’état actuel des tendances il y a de nombreuses et
sérieuses menaces sur la biodiversité des palmiers dattier en Algérie. La sécheresse,
l’ensablement, le Bayoud et les autres ravageurs (comme la feuille cassante), le vieillissement
des oasis et du système de captages des eaux, l’urbanisation, la mobilisation des ressources
hydriques vers les pivots et les nouvelles options agricoles, la modernisation du mode de vie
des populations sahariennes, les forces du marché, la monoculture, le morcèlement des terres
et la perte des traditions constituent de véritables obstacles qui freinent les agriculteurs à ne
multiplier qu’un petit nombre de variétés de dattiers. Nous pensons que la mise en place d’un
système d’information peut contribuer à freiner la perte de ressources génétiques du palmier
dattier. Et si l’on se met en réseau de chercheurs et amateurs au tour de ce système il est
possible de définir alors une stratégie de sauvegarde de la diversité des palmiers dattiers et des
écosystèmes oasiens. C’est ainsi qu’une plateforme institutionnelle du réseau palmier dattier
est proposée.
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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010

Gestion participative des ressources génétiques du palmier dattier (Phoenix


dactylifera L.) dans les oasis du Maghreb
BELGUEDJ M.
Attaché de Recherche à l’INRAA de Biskra
[email protected]

La durabilité du système de production oasien résidait dans la grande diversité génétique du


palmier. Entre les trois pays du Maghreb Tunisie, Algérie, Maroc, on dénombre plus de 1500
cultivars et de nombreux khalt. C’est le résultat d’un grand de travail de sélection entrepris
par les agriculteurs tout au long de ces siècles dans les différents terroirs.
Aujourd’hui on est en face d’une régression importante de cette diversité, non mesurée mais
constatée par les phoeniciculteurs eux même et les scientifiques, exprimée par la rareté ou la
disparition de cultivars.
Les causes de cette érosion génétique sont imputables aux maladies, essentiellement le
bayoud, l’urbanisation des palmeraies, les pressions du marché sur un nombre très restreint de
variétés, ce qui a conduit à l’orientation des nouvelles plantations vers uniquement ces
variétés « commerciales », l’exemple de la Deglet-Nour est le plus édifiant. D’autres causes,
moins spectaculaires mais ont leur part dans la régression génétique du palmier dattier :
abandon pour diverses raisons : héritage, exode, les stress abiotiques très marqués dans
certaines régions : ensablement, déficit en eau d’irrigation, salinisation des sols et également
la faible valorisation des dattes non marchandes et de ses rebuts.

Différentes actions, pour supprimer les obstacles qui s'opposent à la lutte contre
l'amenuisement de la diversité, sont possibles.
Elles ont été menées dans le cadre d’un projet PNUD/FEM/IPGRI/INRAA intitulé : « Gestion
participative des ressources génétiques du palmier dattier dans les oasis du Maghreb ».
Nous présenteront la méthodologie adoptée et les résultats obtenus dans les belles oasis de
Ghardaïa (Algérie), Tozeur (Tunisie) et (Maroc).

Mots clés : Palmier dattier – Diversité génétique – Erosion – Méthodologie – Gestion


participative – Maghreb.

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
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L’état phytosanitaire des palmeraies algériennes,


principaux axes de recherche/développement à prendre en charge
TIRICHINE
Ingénieur d’état en Agronomie, Inspecteur phytosanitaire principal, Expert en phoeniciculture et Agriculteur
Ghardaïa

En Algérie, la phoeniciculture connaît actuellement une intense activité et ce depuis plus de


deux décennies ; malgré une situation phytosanitaire jugée parfois préoccupante. En effet,
depuis la promulgation de la loi n° 83-18 du 13.8.83 portant accession à la propriété foncière
agricole, et la mise en œuvre successive d’importants programmes de développement, le
secteur de la phoeniciculture enregistre de profondes mutations. La datte est officiellement
reconnue comme un produit stratégique et la culture du palmier dattier peut être considérée à
juste titre comme une activité de rente.
Actuellement l’Algérie compte parmi les plus importants pays producteurs de dattes dans le
monde. Le patrimoine phoenicicole est actuellement évalué à plus de 18 millions de pieds
avec une production annuelle moyenne de l’ordre de 450 000 tonnes. Notre production
dattière est renommée de par le monde à travers la "deglet-nour", variété noble, excellente
datte de bouche très prisée sur les marchés mondiaux.
Le milieu agricole oasien, de part sa structure et la gamme très diversifiée des espèces
végétales présentes ; constitue un milieu extrêmement favorable à la prolifération de certains
bio-agresseurs (Ravageurs et Maladies). Leur identification, la connaissance de leur cycle
biologique et la maitrise des techniques de diagnostic et de lutte sont d’une importance
particulière pour les cadres techniques chargés de la protection des cultures, les agents du
développement agricoles ; il en est de même et dans une certaine mesure pour les agriculteurs.
Le milieu agricole oasien demeure encore peu pollué compte tenu du faible niveau
d’utilisation des pesticides par les agriculteurs. Les dattes produites au cas où elles sont
indemnes de bio-agresseurs peuvent être assimilées à des produits "bio" de terroir. Cette
situation peut être considérée comme un atout non négligeable, à la condition de maintenir les
interventions phytosanitaires à des niveaux tolérables pour le milieu vivant (végétal, animal
et humain).
Parmi les ravageurs en présence, nous citerons particulièrement : La Pyrale Ectomyelois
ceratoniae Zell, l’acarien Olygonichus afrasiaticus McGr et enfin la cochenille Parlatoria
blanchardi Targ. Leur importance économique varie d’une année à l’autre en fonction des
conditions agro-climatiques et surtout du niveau de prévention et de protection phytosanitaire
assuré.

Parmi les maladies inféodées au palmier dattier, nous citerons essentiellement : Un organisme
nuisible de quarantaine Fusarium oxysporum f.sp.albedinis, agent causal de la maladie du bayoud ;
d’autres maladies telles que le khamedj ou pourriture des inflorescences et enfin la pourriture des
fruits causée par divers organismes phytopathogènes tels que : Alternaria sp. , Aspergillus sp. , etc.

Dans ce contexte, nous n’omettrons pas de signaler :

Un phénomène qui commence à prendre de l’ampleur dénommé "maladie des feuilles cassantes"
dont les symptômes sont associés à un déséquilibre nutritionnel, particulièrement en manganèse.

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
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Un ravageur actuellement présent au niveau de certains pays du bassin méditerranéen (Espagne -


Italie - Maroc), mais non signalé en Algérie ; il s’agit d’un coléoptère de la famille des
Curculionidae : Rhynchophorus ferrugineus Oliv

L’importance économique des différents bio-agresseurs du palmier dattier diffère d’un problème à
un autre. Depuis son apparition au cours du 19 ème siècle, le Bayoud a causé la mort de plus de 18
millions de palmiers dattiers en Afrique du nord. En Algérie, l’avancée du Bayoud est évidente à
l’intérieur des wilayate contaminées et le front actuel de progression de la maladie se situe au
niveau de la wilaya de Ghardaïa. Les effets de la maladie sont néfastes et surtout irrémédiables et
c’est l’ensemble du patrimoine phoenicicole mondial qui est menacé et son avenir sérieusement
compromis.

Les pertes de récoltes occasionnées par les autres maladies et ravageurs sont importantes, elles
peuvent atteindre un seuil cumulé alarmant allant parfois jusqu’à 40% des prévisions de
productions brutes totales, et parfois même dépasser ce seuil.

Par ailleurs, l’impact économique et social de ces bio agresseurs est évidemment très préoccupant,
cependant peu d’études ont été réalisées sur ce thème.

Un travail de réflexion est nécessaire pour situer les priorités et les urgences et surtout choisir et
adapter à la phoeniciculture les différents concepts de prévention et de lutte, économiquement
intéressants, techniquement efficaces, surs en matière de préservation de l’équilibre des différents
écosystèmes oasiens (concepts de l’I.P.M).

La recherche scientifique exerce un rôle de 1 er plan dans ce domaine. Certains résultats obtenus et
publiés sont là ; leur adaptation aux réalités du terrain permettrait de consolider et d’arrêter
l’érosion des savoirs faire phoenicicoles et assurerait aux productions dattières, un saut quantitatif
et qualitatif certain. En outre, d’autres axes de recherche doivent être pris en charge par les
différents acteurs de la Recherche et ceux du Développement ; nous essaierons d’en faire le point.

Mots clés : Phoeniciculture, profondes mutations, la datte produit stratégique, le milieu agricole
oasien, prolifération de certains bio-agresseurs, l’importance économique des bio-agresseurs,
concepts de l’I.P.M, La datte oasienne produit bio de terroir.

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
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La dynamique agricole dans la zone d'El Ghrous (Biskra) : entre le boom


maraîcher et la lente généralisation des systèmes de production
phoenicicoles

Bouammar B. * ; Cheloufi H.** et Aouidane L. ***


Laboratoire de protection des écosystèmes sahariens. Université Kasdi Merbah de Ouargla
*[email protected]
**[email protected]
***[email protected]

La zone agricole d’El Ghrous a connu depuis la fin des années quatre vingt, un dynamisme
particulier en matière de production maraîchère. La superficie de ces cultures sous abri est
passée de 258 ha en 1990 à 639 ha en 2006 . Trois systèmes de production sont dominants dans
cette zone : un système de production phoenicicole, un système maraîcher et un système mixte
phoenicicole maraîcher. Les systèmes de production agricole mis en place vont-ils durer dans
le temps ? Quels sont les éléments qui sous-tendent cette dynamique et quel sera le devenir de
l’agriculture dans cette Zone ? En retraçant les trajectoires d’évolution des différents types
d’exploitation, nous essayerons de saisir les conditions de reproduction des systèmes de
production agricoles et de comprendre les processus qui sont à la base de leur évolution. Ceci
nous permettra de projeter les perspectives d’évolution et de porter un jugement sur la
durabilité des systèmes de cultures.

Sur les huit périmètres de mise en valeur agricole délimités (El Amri, Draa El amri, El
Marhoum, El Kaitha, Bessibes, El Gataa, El Ghrous et El Ferdja) et sur un total de 689
exploitations, dont près de la moitié se situe au niveau du périmètre d’El Marhoum. Nous
avons procédé à des enquêtes au niveau de 70 exploitations afin d’identifier les différents
systèmes de production et de saisir leur fonctionnement. Ces enquêtes nous ont aussi permis
d’identifier les trajectoires de leur évolution et les éléments qui déterminent la dynamique
d’évolution de l’agriculture dans la zone.

Pour mieux saisir l’évolution de l’agriculture dans la zone, nous nous sommes intéressés à
l’évolution des périmètres agricoles à travers les critères suivants : l'évolution de l’occupation
du sol, la spéculation la plus pratiquée, l’évolution des techniques agricoles. Dans une
deuxième étape, nous avons essayé de retracer les mutations des trois systèmes de production
dominants à travers les trajectoires d’évolution des types d’exploitations agricoles.

En finalité, il existe trois systèmes de production agricoles : phoenicicole, maraîcher et mixte.


Dans chaque système on retrouve deux types d’exploitations en fonction de la taille. On sous-
entend par système de production mixte un système qui est à la fois phoenicicole et maraîcher
et où il n’y a pas de prédominance avérée d’un système de culture sur un autre.

La zone d’El Ghrous a connu une dynamique remarquable grâce à l’introduction et au


développement du maraîchage sous serres. Cette situation est le fruit d’une évolution du
système de production qui était majoritairement phoenicicole et a subi des mutations
profondes pour donner naissance à un système de production maraîcher et un système de
production mixte (maraîcher – phoenicicole).

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
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Les anciens périmètres qui représentent 40% de la superficie agricole totale de la zone, sont
constitués d’anciennes exploitations de petite taille qui ont atteint leur saturation en matière
d’exploitation des terres particulièrement par la phoeniciculture. Par contre, les nouveaux
périmètres de mise en valeur représentent environ 60% des terres agricoles dans la zone qui ne
sont pas totalement exploitées et ce sont sur ces périmètres que nous observons une
dynamique plus remarquable.

L’orientation des systèmes de cultures est guidée en premier lieu par le fait que le maraîchage
sous serres permet une accumulation rapide des capitaux par cette spéculation. Mais la chute
de fertilité des sols, le pullulement des maladies, des ravageurs et des mauvaises herbes
(envisagée par les agriculteurs) et l’augmentation des prix des intrants sur le marché a poussé
les agriculteurs à réorienter leur système de culture vers la phoeniciculture qui est mieux
maîtrisée, garantit plus ou moins un revenu régulier et consomme beaucoup moins d’intrants
agricoles. Au niveau des paysages des périmètres agricoles nous assistons donc dans le temps
à une plantation préalable et partielle par le palmier dattier suivie d’installation de serres. Cette
situation évolue après une certaine période par un déplacement de ces serres vers les nouveaux
périmètres et leur remplacement par des plantations phoenicicoles. Cette orientation, sauf
événements conjoncturels, aura tendance à se généraliser et l’on assistera progressivement à
une régression importante du maraîchage sous serres dans la zone.

La régression des systèmes de production autres que le système phoenicicole qui se généralise
lentement dans la région d’El Ghrous confirme son inévitable domination. Cette étude
confirme aussi l’hypothèse d’une meilleure durabilité de ce système dans toute sa diversité.
Cette évolution a été aussi observée dans la région de Ouargla où des tentatives d’introduction
de systèmes de production céréaliers sous pivots ont connu un échec. Les exploitations qui ont
pratiqué ce système de production (céréalier) ont été abandonnées pour certaines ou ont subi
une reconversion en système phoenicicole pour d’autres.

Mots clés : Trajectoires d’évolution- système de production - El Ghrous.

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
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La céréaliculture sous centre-pivot dans les régions sahariennes : cas de la


region de ouargla
CHELOUFI H. et BOUAMMAR B.
Laboratoire de protection des ecosystèmes arides et semi-arides ; université Kasdi Merbah, Ouargla

Le secteur agricole dans les régions sahariennes a connu des mutations importantes ces
dernières années, la loi 83/18 portant Accession à la Propriété Foncière Agricole (APFA) est à
l'origine de cette nouvelle dynamique agricole. Elle s'est matérialisée par la création de
périmètres de mise en valeur dans les vastes étendues sahariennes et par conséquent de
nouvelles exploitations agricoles généralement hors oasis.
La céréaliculture sous centre pivot a connu un certain développement au niveau de quelques
régions sahariennes essentiellement au niveau de la région d’Adrar et de Ouargla. Plusieurs
considérations ont aboutis à cette initiative, il s’agit plutôt de toute une conjoncture socio-
économique et politique dont les principales conditions sont les suivantes :
- Une demande nationale en produits céréaliers de plus en plus importante
- Une production nationale fluctuante, peu prévisible, car elle dépend
essentiellement d’un facteur climatique discriminant à savoir la pluviométrie
- Un ancien souci, considéré comme stratégique : la sécurité alimentaire
- Des expériences encourageantes de culture céréalière sous pivot dans des pays aux
mêmes caractéristiques climatiques
- Existence d’une vaste étendue saharienne à fortes potentialités de ressources
hydriques

Les résultats obtenus étaient très significatifs au début et ont connu une régression en matière
de rendements mais aussi en matière d’emblavures : le rendement moyen obtenu d’environ 30
Qx/ha est bien inférieur au seuil minimum de rentabilité. Ainsi l’on constate actuellement une
reconversion des soles céréalières au profit d’autres cultures essentiellement la
phoeniciculture.
Les causes de cet « échec » sont diverses et relèvent de problèmes socio-économiques,
d’ordre technique et de choix des sites de mise en valeur.
Par ailleurs, l’impact de l’introduction de la céréaliculture dans les espaces sahariens
sur le milieu agro-écologique est caractéristique et peut conduire à des conséquences
importantes sur les ressources naturelles.

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
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Dysfonctionnement des élevages dans les régions sahariennes

ADAMOU A.
Université de Ouargla. Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie.
Département des Sciences Agronomiques

La production des protéines animales en Algérie peine à satisfaire la demande croissante de la


part d’une population de plus en plus urbanisée ce qui engendre un déficit que l’on peut
attribuer pour partie à une faible productivité du cheptel, à des systèmes de production très
extensifs, des cultures fourragères peu développées et des races locales à faible potentialités
bien que bien adaptées au milieu. Cette situation est encore plus marquée dans les régions
sahariennes où le problème de distance, de capacité de stockage, d’accès au marché et de
productivité pastorale fait que les produits animaux sont globalement moins disponibles et
plus coûteux qu’ailleurs. Dans ce contexte, le soutien de l’agriculture oasienne et de l’élevage
dans les régions désertiques devient une des priorités essentielles pour l’Etat soucieux de
développement régional.
A l’instar des autres régions, les zones sahariennes ont vu du reste des sommes considérables
déboursées dans des actions de relance de l’élevage à travers notamment l’achat d’animaux et
l’aménagement des bâtiments. Malheureusement, cette expérience n’a pas apportée les fruits
escomptés et les élevages ont vite connu un déclin voire la disparition de certaines espèces
(aviculture). Les éléments à l’origine de cet échec peuvent être attribués à plusieurs causes :
 problèmes alimentaires :
- Eloignement des centres d’approvisionnement engendrant des frais de transport
supplémentaires et un taux de mortalité plus élevé (poulet de chair).
les charges alimentaires ont été évaluées à 64.25% des charges totales chez les aviculteurs de
la région de Ouargla.
- Le faible éventail des fourrages fait que le souci des éleveurs bovins n’est plus de soutirer
une production mais de maintenir les vaches en vie.
 problème d’adaptation (notamment chaleurs estivales) engendrant un arrêt
prématuré de la production et obligeant à renouveler le matériel biologique avant terme (cas
de la poule pondeuse)
- Les bâtiments d’élevage n’offrent pas les conditions d’ambiance requises dans la mesure où
aucun modèle de bâtiment répondant aux exigences de la spécificité du milieu n’a été proposé
(étable, poulailler)
 non maîtrise des techniques d’intensification des productions animales par
l’agriculture familiale et les nouveaux venus dans l'agriculture saharienne, des entrepreneurs
pour la plupart, n'ont pas conjugué savoir et savoir faire avec les sommes considérables
d'argent qu'ils ont injecté dans un souci de développer les productions animales dans les
régions sahariennes.
Globalement ces échecs peuvent être considérés comme des tentatives de développement de
systèmes de production inadaptés aux conditions climatiques et écologiques locales.
Ces dysfonctionnements ont eu pour conséquence un déclin des effectifs (à titre d'exemple, la
région de Ouargla a vu 70 aviculteurs abandonner leurs élevages en l'espace de 20 ans).
Même, les espèces indigènes ont peu fait l’objet d’attention en dépit de leur adaptabilité aux
conditions locales. Le dromadaire en est le bon exemple.

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010

Cet animal, appelé à juste titre le vaisseau du désert, est l'animal le mieux à même de produire
dans un milieu caractérisé par des conditions de vie d’une rigueur excessive toute une gamme
de biens (viande, lait, poil) et de services (bât, selle, course).
Mais malgré sa polyfonctionnalité, l'élevage camelin est resté longtemps marginalisé et
souffre de nombreuses contraintes dont la principale reste l'alimentation avec la persistance de
la sécheresse et le désengagement de l'Etat.
. Pour la réhabilitation et le développement des élevages dans les régions sahariennes,
plusieurs mesures doivent être entreprises, nous en citerons les principales:
- La réorganisation du circuit d'approvisionnement en intrants par la réalisation
d'investissement en amont.
- La diminution du coût de l'aliment par la valorisation des sous produits locaux notamment
phoenicicoles où la culture du palmier dattier offre annuellement un tonnage appréciable de
sous produits (plus de 67000 tonnes de rebuts de dattes, 500 tonnes de pédicelles et 13500
tonnes de palmes sèches pouvant être intégré dans l’alimentation des animaux (notamment
bovins)
- La mise en place d'un programme de formation et de vulgarisation approprié.
- Le lancement de campagnes de sensibilisation pour l’organisation de la profession
permettant le regroupement des éleveurs à des fins techniques et économiques.
- l'encouragement de la recherche sur des thématiques ayant trait aux spécificités des régions
sahariennes telle l’élaboration de méthodes rationnelles d’élevage en milieu saharien.
L'Etat en accordant une priorité au développement industriel (secteur des hydrocarbures) dans
les régions sahariennes a occulté quelque peu la dimension agricole de ces territoires, l'Etat
doit donc s'impliquer:
- dans sa politique d’appui aux investissements privés dans le secteur de la production
animale (appui à la création de couvoirs, de mini-laiteries…)
- dans l’aide directe aux éleveurs en cas de sécheresse par une alimentation
complémentaire.
Pour la réussite de tout programme de relance, l'Etat doit associer à toute réflexion, les
premiers concernés que sont les éleveurs car ils ont toujours raison de ce qu'ils font (en
fonction de leurs objectifs et des contraintes du milieu).

Mots clés: élevage – régions sahariennes – contraintes – perspectives

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Workshop sur l’Agriculture Saharienne : Enjeux et Perspectives
Université Kasdi Merbah – Ouargla - le 03 mai 2010

La gestion des potentialités hydriques en régions sahariennes

SAKER M. L., DADDI BOUHOUN M. et OULED EL HADJ M. D.


Laboratoire de protection des écosystèmes en zones arides et semi-arides. Université de Ouargla, B.P. 163
Ouargla 30000
[email protected]

Les potentialités hydriques constituent un élément essentiel et conditionnent toute possibilité


de développement dans les zones sahariennes. L’exploitation irraisonnée et la mauvaise
gestion des ressources en eau mobilisées dans les régions sahariennes ont connu une certaine
évolution au cours de la dernière décennie, mais des déboires ont été observés et des résultats
décevants ont été enregistrés.
Tout cela, en dépit des orientations de la politique nationale inhérente au développement de
l’option agronomie saharienne. Elles soulignent la nécessité de développer l’activité agricole
saharienne par la mise en valeur de nouvelles terres dans ces régions. Elles mettent également
l’accent sur une exploitation rigoureuse et une gestion rationnelle des ressources hydriques
mobilisées.
Cette démarche doit accorder la priorité à la mise en place des meilleures conditions
techniques, économiques, sociales et écologiques des programmes utilisés.
La présente communication vise à cerner les principales contraintes posées sur le plan des
ressources en eau, à travers leur exploitation et leur gestion, et apprécier leurs conséquences
sur le niveau de développement des régions sahariennes, particulièrement agricole.
Tout cela doit s’inscrire dans une perspective d’optimisation, de valorisation et de
développement durable des ressources hydriques à travers une application des techniques et
des méthodes de gestion appropriées pour un développement meilleur des régions
sahariennes.

Mots clés : Gestion, potentialités hydriques, régions sahariennes.

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