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Ifraah Ali Aden, une femme enceinte de 30 ans, risque une exécution imminente pour le meurtre de Suad Mohamed Aware, suite à un procès inéquitable. Son jugement a été prononcé rapidement, sans respect des normes internationales concernant le droit à une défense adéquate. Amnesty International appelle à suspendre l'exécution, à garantir son droit à une assistance juridique et à respecter les interdictions d'exécution de femmes enceintes.

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Ifraah Ali Aden, une femme enceinte de 30 ans, risque une exécution imminente pour le meurtre de Suad Mohamed Aware, suite à un procès inéquitable. Son jugement a été prononcé rapidement, sans respect des normes internationales concernant le droit à une défense adéquate. Amnesty International appelle à suspendre l'exécution, à garantir son droit à une assistance juridique et à respecter les interdictions d'exécution de femmes enceintes.

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ACTION URGENTE

DOCUMENT PUBLIC Index AI : AFR 52/003/2009 – ÉFAI

12 mai 2009

AU 123/09 Exécution imminente / Procès inéquitable

SOMALIE Ifraah Ali Aden (f), 30 ans

Ifraah Ali Aden risque d'être exécutée très prochainement pour le meurtre d'une autre femme, Suad Mohamed
Aware, l'une des épouses de son mari. Sa condamnation a été prononcée à l'issue d'un procès inéquitable.
Aucune date n'est fixée par son ordre d'exécution et elle pourrait, semble-t-il, être exécutée à tout moment.

Elle a été condamnée à mort par le tribunal de première instance à Boosaaso, une ville située sur la côte du
Puntland, dans le nord-est de la Somalie. Elle est enceinte de quatre ou cinq mois, selon des sources proches
d'elle. Le tribunal n'a, semble-t-il, ordonné aucune analyse médicale pour confirmer sa grossesse. Le droit
international relatif aux droits humains et les engagements pris en la matière interdisent l'exécution de
femmes enceintes ou mères d'un nouveau-né.

Ifraah Ali Aden est incarcérée en cellule individuelle dans une prison de Boosaaso réservée aux prisonniers
condamnés à mort. Des proches de la femme qu'elle a tuée seraient parvenus à entrer dans la prison, tout
comme des membres des forces de sécurité, afin de la narguer en évoquant son exécution imminente.

Ifraah Ali Aden a été condamnée à mort le 27 avril, moins de vingt-quatre heures après le meurtre de Suad
Mohamed Aware. Elle n'a pas eu le temps de préparer sa défense, comme l'exige pourtant le droit
international. Le jugement indique qu'elle a été assistée par un avocat lors du procès, mais on ignore si elle a
bénéficié d'une assistance juridique appropriée et si elle a été autorisée à former un recours auprès d'une
juridiction supérieure, comme le prévoit l'article 41-5 de la Constitution provisoire du gouvernement régional
du Puntland.

Ifraah Ali Aden et Suad Mohamed Aware étaient, semble-t-il, en conflit depuis quelque temps. Les
informations concernant le meurtre sont contradictoires : selon certaines sources (notamment ses proches),
Suad Mohamed Aware a été attaquée avec un couteau par Ifraah Ali Aden dans un centre médical de
Boosaaso. Selon les proches d'Ifraah Ali Aden, Suad Mohamed Aware et deux autres femmes l'ont défiée, ce
qui a donné lieu à une rixe au cours de laquelle elle a tué Suad Mohamed Aware en état de légitime défense.
Suad Mohamed Aware était enceinte de sept ou huit mois lorsqu'elle a été tuée.

Des proches d'Ifraah Ali Aden ont également déclaré que celle-ci s'était à plusieurs reprises plainte à la police
d'avoir été menacée par Suad Mohamed Aware, notamment une fois au moyen d'une arme à feu, mais que la
police n'avait rien fait. Certains de ses proches, dont ses sept enfants, ont été la cible de manœuvres
d'intimidation de la part de la famille de Suad Mohamed Aware avant cet homicide. Ces agissements se sont
poursuivis après le meurtre. Ils ont alors été contraints de quitter Boosaaso et n'ont pas pu rendre visite en
prison à Ifraah Ali Aden, qui serait en « état de choc ».

INFORMATIONS GÉNÉRALES

La région du Puntland a proclamé son autonomie à l'égard de la Somalie en 1998 et dispose de son propre
gouvernement. Bien qu'il n'existe aucun système d'administration de la justice efficace ou compétent en
Somalie, le Puntland est doté de tribunaux en fonctionnement, qui s'appuient sur trois systèmes juridiques :
le système judiciaire de l'ancien État somalien, la charia (droit musulman) et le droit coutumier, tel qu'il est
traditionnellement administré par les anciens. Le système appliqué dépend de la nature des faits examinés
ainsi que de la région dans laquelle ils ont eu lieu. Plusieurs personnes ont été condamnées à mort au
Puntland depuis que cet État régional existe et au moins l'une d'elles a été exécutée en 2008.

Bien que la peine de mort ne constitue pas en soi une violation du droit international, la tendance
internationale est de plus en plus abolitionniste, et le droit et les normes internationaux posent des limites
strictes à son application dans les États où elle est toujours en vigueur. Ces restrictions sont notamment
l'interdiction d'exécuter des femmes enceintes ou mères d'un nouveau-né, l'obligation de veiller à ce que les
personnes inculpées de crimes passibles de la peine de mort aient droit, au cours de leur procès, au respect
le plus strict de toutes les garanties d'équité exigées par le droit international relatif aux droits humains, et
qu'elles aient le droit de former un recours en grâce ou de demander une commutation de peine.
Amnesty International est opposée en toutes circonstances et de manière inconditionnelle à la peine de mort,
qui constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit, ainsi qu'une violation du droit à la
vie.

ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires
mentionnés ci-après (en somali, en anglais ou dans votre propre langue) :
- engagez les autorités à suspendre immédiatement l'ordre d'exécution d'Ifraah Ali Aden et à lui permettre
d'être examinée sans délai par un médecin afin de confirmer sa grossesse ;
- rappelez que le droit international relatif aux droits humains et les engagements pris en la matière
interdisent l'exécution de femmes enceintes ou mères d'un nouveau-né ;
- exhortez les autorités à veiller à ce qu'Ifraah Ali Aden bénéficie d'une assistance juridique appropriée et à ce
que sa famille puisse lui rendre visite ;
- priez-les instamment de faire en sorte qu'elle puisse former un recours auprès d'une juridiction supérieure
dans le cadre d'une procédure conforme aux normes internationales d'équité, et que son droit à une
assistance juridique et à un délai et des moyens suffisants pour préparer sa défense, de même que son droit
de contester les éléments à charge et de convoquer ses propres témoins, ainsi que de former un recours en
grâce, soient respectés ;
- déclarez-vous opposé à la peine de mort, qui constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui
soit, ainsi qu'une violation du droit à la vie ;
- demandez la commutation de toutes les condamnations à mort et priez les autorités de proclamer un
moratoire sur les exécutions.

APPELS À :
Président du Puntland :
President Abdirahman Mohamed Mohamud (Farole) President of Puntland
Courriers électroniques : [email protected]
[email protected]
Formule d'appel : Dear President, / Monsieur le Président,

COPIES À :
Ministre de la Promotion des femmes et des Affaires familiales :
Mrs Asha Ghele Dirie
Minister of Women Development and Family Affairs
Ministry of Women Development and Family Affairs
Fax : +2525434501
Courriers électroniques : [email protected]
[email protected]
[email protected]

ainsi qu'aux représentants diplomatiques de votre propre gouvernement à Nairobi, au Kenya.

PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 22 JUIN 2009, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE


SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

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