45-ELORF - TORT Sic
45-ELORF - TORT Sic
Lazhar EL ORF
Chargé de cours à l’EDHEC de Lille
Doctorant en sciences de gestion
Chaire de CFA, CNAM de Paris
44, rue Manin 75019 Paris
Tél : + (336) 16 03 51 58
Email : [email protected]
Eric TORT
Expert comptable diplômé
Docteur en sciences de gestion
GREGOR, IAE de Paris
8, rue Claude Jusseaud 69110 Sainte Foy – les – Lyon
Tél : + (336) 83 05 80 33
Email : [email protected]
Résumé
Ce papier part du constat qu’il existe un décalage significatif entre les travaux sur les SIC et
les pratiques opérationnelles des entreprises dans le domaine des systèmes d’information
comptables. En effet, d’un côté, l’état des lieux met en évidence une concentration des
recherches comptables sur deux axes principaux qui sont la complexité des systèmes de
données comptables (SDC) et la modélisation comptable à partir essentiellement de la théorie
événementielle et de l’approche multidimensionnelle. D’un autre côté, les pratiques
comptables tenant aux SIC se caractérisent par deux caractéristiques principales avec d’une
part, la diversité des besoins en information comptable en réponse aux changements du
contexte organisationnel de l’entreprise et d’autre part, l’intégration des systèmes comptables
par les progiciels ERP, véritable concrétisation de la théorie événementielle.
Ce constat débouche sur deux nouvelles pistes de recherche avec la différenciation des
systèmes d’information comptables (SIC) et l’intégration des SIC.
Mots clés
Système d’information comptable (SIC), systèmes de données comptables (SDC),
comptabilité événementielle, approche multidimensionnelle, ERP, théorie de la
différenciation et de l’intégration, paradigme.
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Association Francophone de Comptabilité Tunis 2006
Abstract
This paper is based on the significant difference observed between researches on accounting
information systems and the firm’s operational practices in the same field. Actualy, on one
hand, accounting researches focus on accounting data systems (ADS) and the accounting
modelling linked to the event theory and the multidimensional approach. On the other hand,
the accounting practices are characterised by a diversification of the accountancy information
needs, as an answer to the organisational changes in the context of the firm and the
accountancy system integration by the enterprise resource planning, as a real achievement of
the event theory.
Both of the differentiation of the accounting information systems (AIS) and their integration
can be considered as two new researches paths advanced by the above comparaison. This
paper tries to present a research paradigm allowing scholars to have a new vision based on a
specific typologies as modelling-integration and data-information.
Keywords
accouting information systems (AIS), accounting data systems (ADS), event theory,
multidimensional approach, ERP, differenciation and integration theory, paradigm.
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Association Francophone de Comptabilité Tunis 2006
Pour le chercheur en sciences de gestion, l’étude des systèmes comptables présente un intérêt
majeur, tant du point de vue organisationnel qu’informationnel, accentué par une actualité
marquée dernièrement par des changements sensibles dans les réglementations comptables
(IFRS, convergence du PCG vers les normes comptables internationales) et des évolutions
technologiques et organisationnelles essentielles apportées par les TIC (ERP, Data warehouse
EAI…). Notre propos vise ici à faire une synthèse des recherches françaises portant sur les
systèmes d’information comptable (SIC) sous forme d’état des lieux et d’esquisser des pistes
de recherche pour les années à venir dans des domaines non encore explorés ou dignes
d’intérêt pour le chercheur en sciences de gestion.
Plus précisément, l’objectif de cet article est de répondre à trois besoins principaux :
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Association Francophone de Comptabilité Tunis 2006
Au cours de la période 1990-2005, les travaux de la recherche comptable française ont donné
lieu à de nombreuses synthèses avec, notamment, Scheid (1989, 1990 et 1991), Evraert
(1992), Teller (1992), Dupuy (1994), Beneteau (1994), Colasse (1995 et 1996), Gensse et
Dupuy (2002) et Bessire (2004) dont la plupart d’entre-elles ont fait l’objet d’une présentation
lors des journées nationales des IAE qui se tiennent tous les deux ans. Depuis 1995, la
rubrique « revue des thèses » de CCA donne également une bonne idée de l’intérêt porté par
les jeunes docteurs aux pratiques et systèmes comptables qui représentaient sur la période
1999-2002 près de 24 % des thèses soutenues en comptabilité financière (Gensse et Dupuy,
2002, précité).
Parmi les recherches réalisées au cours des années 1980 à 2000 sur l’étude des SIC, il ressort,
en substance, deux catégories principales de travaux :
Plus récemment, des réflexions très porteuses ont été initiées sur la problématique de la
différenciation - intégration des SIC (§. 1.3.).
1.1. LES TRAVAUX SUR LES SYSTEMES DE DONNEES COMPTABLES DANS LA PME
1
A propos des travaux ayant trait à la détermination de cadre de recherche en comptabilité, voir notamment, les
contributions de J.L. Malo (1989), B. Colasse (2000) et J.G. Degos (2002).
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1.1.1. Une concentration des thématiques sur les SDC de la PME selon des
méthodologies assez homogènes
– Les thématiques des recherches sur les SDC des PME : sur la période 1990-2005, il
apparaît, au total :
d’une part, une concentration des thèmes étudiés dans le cadre des travaux relatifs
au système des données comptables (SDC) sur le pilotage et le contrôle de gestion
des PME non cotées (cf. tableau 1) ;
d’autre part, une forte déconnexion des recherches propres à l’information
financière des sociétés cotées échappant, en tant que telles, au courant des
recherches spécifiques relevant strictement de l’étude des SIC2.
Tableau 1 : principales recherches universitaires portant sur les systèmes des données
comptables3
Souvent basées sur une approche contingente, les travaux sur les SDC tendent à évaluer des
éléments assez variés comme l’indique le tableau 1, à savoir : le niveau de complexité des
systèmes comptables de la PME (Chapellier, 1993-94), l’impact de l’évolution des systèmes
de production sur le SDC (Abdou, 1991), le degré d’utilisation de l’information comptable
par les dirigeants dans le cadre du système de décision de la PME (Lacombe-Saboly, 1994-
95), ou encore le niveau d’intégration des nouvelles normes dans les pratiques comptables des
PME (Bac-Charry, 1994).
2
Sur les aspects traitant de l’information financière proprement dite des sociétés cotées, les travaux
universitaires (non repris ici) sont très nombreux avec des problématiques souvent centrées sur les liens entre la
diffusion des informations financières et les marchés financiers comme, par exemple, les travaux de F. Pourtier
(1994) et F. Depoers (1999).
3
Les développements concernant les travaux de B. Bac-Charry (1994), C. Michailesco (1999), B. Lavigne
(1999) et M. Bollecker (2001) s’appuient partiellement sur la rubrique « Revue des thèses » des revues CCA de
mars 1995, mars 1999, mars 2000 et novembre 2002.
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1.1.2. Les travaux traitant du pilotage des SDC et du rôle du dirigeant de PME
Dans ce domaine, on peut citer les travaux de B. Lavigne (1999 et 2002) dans le
prolongement de ceux de l’ « école de contingence de Montpellier » avec, notamment, P.
Chapellier (1994) et M. Lacombe-Saboly (1994). Sur la base d’une approche contingente du
SDC déterminée par des facteurs de contingence structurelle et comportementale, B. Lavigne
s’est intéressé aux objectifs des états financiers dans les PME à partir de trois enquêtes de
terrain menées auprès d’entreprises québécoises (analyse de 120 états financiers, entretien
d’un soixantaine de dirigeants et exploitation de 300 réponses à un questionnaire). Son travail
indique notamment le rôle central du dirigeant dans les choix comptables se traduisant par une
centralisation de la diffusion des données comptables au sein de la direction générale au
détriment des autres acteurs internes et externes (Lavigne, 2002). En outre, les résultats
obtenus tendent à montrer un niveau de sophistication substantielle des SDC de la PME.
Au milieu des années 1990, P. Chapellier a étudié, de manière approfondie, la thématique du
système d’information du dirigeant de PME dans le cadre d’une recherche doctorale. L’objet
de son travail a visé à décrire les pratiques comptables et les facteurs de contingence associés
dans le cadre d’une étude de terrain auprès de 113 dirigeants de PME indépendantes ayant un
effectif compris entre 10 et 110 personnes. Les résultats obtenus ont permis de confirmer la
pertinence des données comptables dans le système d’information du dirigeant du PME dont
le rôle est dominant en matière de pratiques comptables (pratiques également influencées par
des facteurs contextuels et notamment le profil des comptables).
Sur une thématique assez proche portant sur les liens entre produits comptables et leurs
déterminants organisationnels, on trouve également les travaux de M. Lacombe-Saboly (1994
et 1995) visant, plus particulièrement, le rôle des acteurs comptables et celui des dirigeants
sur la base d’une étude empirique réalisée auprès de 391 entreprises françaises de plus de dix
salariés. Les résultats convergent vers une confirmation du rôle central du dirigeant en tant
que décideur comptable au niveau des moyens des SDC tels que le recours à un expert-
comptable et la structuration de la fonction comptable. En outre, il est démontré ici que la
taille et l’appartenance à un groupe influent significativement sur l’organisation comptable en
termes d’externalisation et d’autonomie et sur la qualité des produits comptables du point de
vue des délais, de la fréquence et de l’utilisation des données comptables.
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Très liées aux études précédentes sur le rôle du dirigeant, d’autres recherches se sont
intéressées plus spécifiquement aux thématiques des SDC du point de vue du contrôle de
gestion.
En particulier, les travaux de C. De Montgolfier (1994) ont traité de la différenciation des
données pour le contrôle de gestion sur la base d’une étude empirique qui a mis en évidence,
en particulier, la complémentarité des données comptables et non comptables pour le contrôle
de gestion et, au niveau de son échantillon, la faible influence des facteurs classiques de
contingence sur la structuration du systèmes de données (y compris SDC). Dans le même
courant issu de l’ « école de contingence de Montpellier », H. Bergeron (1996) a étudié la
différenciation des systèmes de données comptables liées au contrôle de gestion à partir des
tableaux de bord, des systèmes de coût et des outils budgétaires. Ces résultats indiquent une
forte différenciation des tableaux de bord, en tous les cas, supérieure à celle des autres outils
composant le SDC et une influence significative des facteurs de contingence sur les systèmes
de coût et les outils budgétaires.
Plus récemment, dans un contexte de systèmes d’information différenciés, M. Bollecker
(2001) a étudié, quant à lui, les systèmes de données comptables en soulignant l’utilisation
pertinente des données financières et non financières par les services de contrôle de gestion
pour le contrôle des services opérationnels. Sur le plan méthodologique, l’auteur a mis en
œuvre une étude quantitative par voie de questionnaire complétée par une analyse qualitative
conduite par entretien téléphonique.
Au-delà du thème du pilotage et du contrôle dans la PME, citons, d’autres travaux couvrant
des domaines sensiblement différents comme, par exemple :
Au total, il ressort que les travaux réalisés sont le plus souvent centrés sur une problématique
spécifique ou dominante (contrôle de gestion et pilotage) et exclusivement dans les PME
familiales ou indépendantes à partir d’enquêtes assez souvent locales (sociétés régionales). En
définitive, il n’existe pas, à notre connaissance, de recherche portant spécifiquement sur les
systèmes de données comptables dans les grandes entreprises ou encore dans les sociétés
cotées.
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En matière de modélisation comptable, on ne peut passer ici sous silence l’ensemble des
travaux de D. Boussard (1997) qui a donné lieu, d’ailleurs, à un ouvrage de compilation
portant sur la modélisation et dont une des contributions phares est celle reprise d’une
publication précédente dans la revue Economie et sociétés (série sciences de gestion) intitulée
« La comptabilité comme image de l’entreprise : un modèle faible » (Boussard, 1984). A
croire que les chercheurs français ont été sensibles à cette analyse puisque, pendant la période
décennale subséquente (1985-1995), de nombreux travaux ont porté sur des modélisations
comptables issues essentiellement de la théorie événementielle de Sorter (1969) avec des
investigations autour des approches multidimensionnelles et évènementielles de la
comptabilité. Au début des années 2000, les travaux se sont plutôt concentrés sur les
problématiques d’intégration comptable avec notamment les PGI/ERP, des applications
sectorielles et le cas de la moyenne et grande entreprise (cf. tableau 2). Plus généralement, il
est à noter ici que ces travaux font référence explicitement ou implicitement aux approches
systémiques (Melèse, 1979 et 1991 ; Le Moigne, 1973 et 1984 ; Peaucelle, 1999 ; Reix, 2002
…).
N.B. Des travaux ont été également réalisés dans le cadre de mémoires d’expertise comptable comme
ceux de C. Hirzel (1991) et P. Robin (1993) sur l’intégration comptable et la comptabilité intégrée.
4
Sur le thème de la modélisation comptable, on pourra lire avec intérêt l’article de J.G. Degos et D. Leclère
(1999) et les chapitres 1 et 2 de l’ouvrage de R. Teller et J. Lebraty (1994).
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Partant des transactions élémentaires comme base de structuration du système comptable, ces
modèles s’inscrivent, le plus souvent, dans le cadre de la théorie événementielle de Sorter
(1969) qui se fonde sur le concept d'événement défini comme une unité élémentaire
correspondant à un événement économique.
Ces approches proposent fondamentalement de construire un modèle comptable, conservant
dans une base intégrée, les données sous leur forme élémentaire de sorte que celles-ci puissent
rester disponibles à tout moment pour les utilisateurs du fait de la neutralité de l'information,
c’est-à-dire, en raison de l’absence de transformation ou de retraitement préalable 5. Du point
de vue conceptuel, les limites des modèles événementiels tenant à la compatibilité entre
données élémentaires et approches macro-économiques ont été discutées par Johnson (1970).
5
On pourra lire avec intérêt le débat théorique portant sur les comptabilités multidimensionnelles et
événementielles suscité par P. Gensse (1983) et G. Augustin (1985).
6
A noter que, dans son travail doctoral, G. Meylon (1990) traite du système d’information comptable et du
second marché boursier.
7
La distinction entre critère et dimension est toute relative même si certains considèrent la dimension comme
plus large et fondamentale que le critère (cf. Stepniewski, 1987).
9
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Dans le domaine des comptabilités en partie multiple (affectation multiple, et non plus
uniquement en partie double, des opérations), les travaux à l’étranger ont été également
sources d’enrichissement de la recherche française avec, par exemple, les propositions
conceptuelles sur la comptabilité en partie triple formulées par Ijiri (1986) et reprises par J.L.
Malo (1987)8 visant à compléter le modèle comptable classique de la partie double par une
troisième dimension.
- Les comptabilités « parallèles » et matricielles : dans le même temps, il a aussi germé l’idée
d’élargir le champ du système comptable par l’intégration de données nouvelles (physiques,
ratios, etc.) soit, dans une comptabilité parallèle (écologique, par exemple), soit de manière
extra-comptable, par extension de la comptabilité statutaire (bilan social, notes annexes, etc.)
(Colasse, 1995). A la limite du champ de la comptabilité, on retrouve ainsi des contributions
variées, non reprises dans le tableau 2, portant sur les comptabilités sociales,
environnementales et sociétales (Cf. par exemple, Oxibar, 2003).
Parmi les approches multidimensionnelles, il est aussi à signaler les contributions tenant à
l’utilisation de techniques matricielles avec :
d’une part, des présentations matricielles comme, par exemple, les tableaux à
double entrée du système croisé (CNC, 1989), le tableau carré de la comptabilité
intégrée (Dormagen, 1990) et la restitution visuelle des enregistrements en partie
double en comptabilité générale ;
d’autre part, des travaux spécifiques portant sur la tenue comptable basée sur des
calculs matriciels (Degos et Leclère, 1991 et 2000 ; Degos, 1992) et, plus
généralement, des modélisations matricielles des données économiques en matière
budgétaire et analytique (Stepniewski, 1987, op. cité).
8
En France, ces travaux ont fait l’objet d’une présentation par J.L. Malo (1987). Dans son article, ce dernier
expose le cadre conceptuel de cette comptabilité en partie triple qui est substantiellement fondé sur un système à
triple entrée temporelle basé sur les flux permettant notamment d’améliorer les comptes prévisionnels et de
procéder à des modélisations économiques.
9
Comme le souligne J. richard (1992), il existe des obstacles techniques entre comptabilité générale et
analytique, en matière d'évaluation, de niveau de précision des données, de classification des charges et des
produits, de confidentialité et de contrôle.
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être en mesure de satisfaire les besoins spécifiques des différents acteurs économiques
(administration, bailleurs de fonds et investisseurs). Selon G. Augustin (1992), cette forme de
normalisation multidimensionnelle de la comptabilité (pluralité des bilans) pourrait être une
alternative au référentiel unique privilégiant un type de finalité ou comprenant des options
multiples. A l’inverse, B. Olivéro (1986) prône la mise en place d’un système comptable à
images partielles fidèles différenciées en fonction des besoins des utilisateurs. Fonctionnant
comme une base de données, ce système assurerait ainsi un niveau élevé de différenciation
des données associée à une normalisation adaptée par domaine en vue d'atteindre l'objectif
global d'image fidèle.
- Les origines avec la comptabilité intégrée et le système croisé : le système croisé a fait
l’objet d’un groupe de travail du Conseil National de la Comptabilité (CNC) en 1989 animé
par J.P. Lagrange. Sur le principe, le système croisé vise à concilier les approches analytiques
et financières dans un système comptable unifié à vocation externe et interne en combinant les
classifications par nature et par fonction (comptes de jonction) et dans le respect de la partie
double. Il permet la production d’un tableau carré matriciel apportant une vision synthétique
différenciée suivant les deux approches (globale et analytique), l’utilisation de standards
permettant une analyse d’écarts sur coûts préétablis et la prise en compte de traitements
spécifiques en fonction des besoins des utilisateurs (Lagrange, St Ferdinand, 1987, 1989 ;
Cohen-Scali, 1993). Signalons ici l'approche voisine de la comptabilité intégrée développée
par J.C. Dormagen (1990), ancien directeur comptable du groupe L’Oréal, basée sur un
enregistrement comptable enrichi par son objet permettant une intégration comptable poussée
jusqu’à, par exemple, la production automatisée de tableaux de trésorerie.
En outre, cette intégration comptable a donné lieu à la mise au point de l'écriture dite
"triadique" qui consiste en un enregistrement en partie triple des opérations comptables sur la
base d’une troisième dimension portant sur la nature même de l’opération (RFC, 1998) dont
les apports sont nombreux dans la PME (Stolowy et Touron, 1998). Elle permet
principalement un enregistrement des éléments du compte de résultat par destination (activité,
produit, etc.), une décomposition des flux de trésorerie selon les cycles « exploitation,
investissement, financement » et l’établissement d’états synthétiques de pilotage et de
trésorerie dans le cadre d’une intégration des comptabilités générales, analytiques et
financières (Cohen-Scali, 1990).
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autonomes à des systèmes intégrés (Grenier et Bonnebouche, 1998, op.cité et Grenier, 2000)
avec, plus récemment, le développement des ERP et des Datawarehouse dont l'accès n'est
désormais plus réservé aux seules grandes entreprises mais également aux PME (Tort, 2001 ;
Bidan, 2003 ; Equey et Rey, 2004).
Dans ce domaine, les travaux d’E. Tort (2000/2001) se sont focalisés sur les pratiques
d’organisation comptable de la grande entreprise en partant de l’idée de l’unicité du système
comptable. Dans ses investigations, une attention particulière a été accordée, en ce sens, aux
problématiques de pilotage et d’intégration comptables sur la base d’enquêtes quantitatives
auprès de grandes entreprises françaises (Tort, 2000 et 2004) et de deux monographies ayant
permis d’étudier les apports de l’implantation d’un PGI : grâce à ces effets structurants au
sein d’une entreprise de BTP dans un environnement fortement décentralisé (homogénéisation
des pratiques) ; par les possibilités de réconciliation de la performance industrielle et de
l’analyse financière chez un équipementier industriel. Plus récemment, E.Tort (2003 et 2005)
a montré que ces technologies ERP permettaient de mettre en œuvre les grands principes des
comptabilités événementielles et multicritères comme la saisie unique des données, la gestion
assistée des inputs grâce aux liaisons prédéfinies entre événements et destinations comptables,
l’archivage sous forme élémentaire et l’existence de générateurs d'états à restitutions
multiples.
Dans le domaine de l’intégration comptable dans la moyenne entreprise, M. Bidan (2003) a
traité des pratiques de fédération et d’intégration des applications du système d’information
de gestion. Il a montré, en particulier, l’importance de l’interfaçage dans le cas des systèmes
fédérés et des ERP dans celui des systèmes intégrés (Bidan, 2005).
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Autrement dit, le système comptable peut soit, occuper une fonction centrale de diffusion de
données auprès des autres systèmes d'information de gestion10, soit avoir un simple rôle de
contrôle et de cohérence des systèmes de gestion différenciés (Dupuy, 1990)11.
A partir du cas du secteur bancaire, les travaux de T. Samara (2004) s’inscrivent dans le cadre
de cette problématique de la multiplicité des utilisateurs et de la pertinence des systèmes
d’information multidimensionnels dans la continuité de travaux plus anciens de C. Veret
(1989) sur la mise en place de comptabilités poly-critères dans la banque. Dans un cadre de
recherche théorique issu de la théorie événementielle (Sorter), multidimensionnelle (Johnson)
et de la théorie de la contingence (Mintzberg), T. Samara montre, sur la base d’études
quantitatives et qualitatives (2 cas) à la fois :
En définitive, on peut dire qu’au cours de ces dernières années, il apparaît une diversité de
problématiques tenant aux systèmes d’information comptable qu'il s'agisse, par exemple, de
leur intégrité et des problèmes de contrôle (Teller et Demolli, 1992), de leur harmonisation et
des difficultés de normalisation, de leur adaptation face à la complexité et l'incertitude (par
exemple, Dupuy, 1994, pp. 17-33.) ou encore de leur structuration en vue de la production de
données comptables pertinentes (Capron 1993). A cet égard, le tableau 3 présente une
typologie possible de la recherche comptable française sur les SIC suivant trois domaines
principaux de rattachement que sont la comptabilité financière avec les travaux de
modélisation comptable, le contrôle de gestion et le pilotage dans la PME avec les études sur
les SDC et les approches systémiques (SI) avec les recherches sur les SIC intégrés.
10
Il s'agit d'un cas assez courant en matière de système intégré. Voir notamment, l'exemple d'Atochem (OEC,
1988) et le cas de PSA Peugeot Citroën (Cardot, 1995) ou encore l’exemple d’un équipementier automobile
(Tort, 2000.2).
11
Fondamentalement différentes, ces deux conceptions systémiques contribuent à une meilleure maîtrise des
phénomènes de décentralisation et de déconcentration en termes de régulation, de collecte des flux et de contrôle
des systèmes de gestion.
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Chaque centre de responsabilité est composé d’un pilote, d’un système opérant et d’un système d’information
(Bouquin, 1998).
13 Termes utilisés par C. Hoarau à la soutenance de la thèse de T. Samara (2004).
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L’enquête précitée d’E. Tort (2000), auprès des directions financières de 400 grandes
entreprises implantées dans l’hexagone, confirme ces deux tendances en révélant deux
mouvements de fond dans l’évolution récente des SIC :
« - une tendance très forte à l’intégration des systèmes sous l’effet notamment de
l’introduction des nouvelles technologies de l’information ;
- la recherche constante d’une meilleure efficacité des systèmes au service de la performance
globale et des besoins individuels des usagers. »
Nous pouvons donc dire que les mécanismes de différenciation et d’intégration tendent à se
reproduire dans le domaines des SIC. Ici, nous rejoignons l’idée selon laquelle « organisation
et information sont des concepts indissociables et il est profondément erroné de les concevoir
et les traiter séparément » (Mélèse, 1979, op. cité).
Comme le disait Koestler (1960)16, « on peut décrire le processus de l’évolution comme une
différenciation de structure, et une intégration de fonction. Plus les parties sont différenciées
et spécialisées, plus il faut de coordination pour former un tout équilibré ». En réaction à ces
propos, J.L. Le Moigne (1973, op. cité) souligne que Koestler « nous livre les deux clefs par
lesquelles la plupart des chercheurs se proposent aujourd’hui de décrire, ou d’analyser, le
processus de l’évolution du système général ».
14
« L’intégration est la maîtrise de l’hétérogénéité » (Bidan, 2003, op. cité)
15
« les ERP apportent une généralisation de cette intégration des systèmes d’information, en utilisant une base
de données centrale commune autour de laquelle gravite les différentes applications fonctionnelles : gestion des
achats, des ventes, de la production, des stocks, gestion financière, reporting et analyse financière. »
Demeestère.
16
Cité par J.L. Le Moigne (1973, op. cité).
16
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2.2. LES DICHOTOMIES ENTRE PRATIQUES ET APPROCHES THEORIQUES SUR LES SIC
A l’instar de tous les autres domaines de recherche en sciences de gestion, la recherche en SIC
doit refléter l’évolution de l’entreprise et de son contexte organisationnel17. A cet égard, on ne
peut que constater un décalage certain entre pratiques et approches théoriques sur les SIC :
- L’état des lieux de la recherche en SIC confirme deux tendances majeures comme indiqué
en partie 1 : une tendance de recherche centrée sur l’étude des SDC (l’offre comptable) et une
tendance centrée sur la modélisation comptable (la théorie événementielle et l’approche
multidimensionnelle).
Sur le plan des pistes de recherche, ce décalage peut être décliné à deux niveaux, à savoir en
termes, d’une part, d’opposition entre offre (SDC) et demande d’information (SIC) et d’autre
part, du point de vue de la concrétisation des modélisations. Au total, deux évolutions sont
potentiellement envisageables en matière de recherche en SIC :
Le tableau 5 illustre notre raisonnement en indiquant les évolutions possibles des pistes de
recherche en SIC.
Tableau 5 : Pistes de recherche en SIC
En définitive, les recherches en SIC ont très certainement vocation à suivre les pratiques
comptables, c'est-à-dire, à se focaliser davantage sur la problématique de différenciation et
d’intégration des SIC en relation avec le contexte organisationnel de l’entreprise.
17
C’est le critère de représentativité relatif à toute activité de modélisation dont la théorie comptable fait partie.
17
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Sur le plan de la recherche comptable, cela se traduit par le fait que la différenciation apparaît,
en quelque sorte, comme le préalable ou un point de départ des travaux sur l’intégration (les
ERP).
18
L’objet de la comptabilité événementielle et de l’approche multidimensionnelle est le traitement de la
différenciation des SIC.
18
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Au plan méthodologique, une approche qualitative et individuelle basée sur l’étude de cas
nous semble particulièrement appropriée pour appréhender la complexité des problématiques
de différenciation et d’intégration des SIC. En ce sens, des observations directes peuvent être
menées pour savoir de quelle manière la comptabilité événementielle traite les besoins des
utilisateurs, par exemple, dans les domaines de la saisie et la restitution des données
comptables. L’étude de cas se justifie aussi par le fait que le SIC, système ouvert sur son
environnement, ne peut pas être traité en dehors de son contexte organisationnel (Yin, 1989).
Nous rejoignons ici l’idée selon laquelle « l’organisation du système d’information comptable
peut être étudiée en elle–même et dans ses relations avec le processus de normalisation,
l’organisation de l’entreprise ou l’environnement » (Malo, 1989, op. cité, p. 395)
Différenciation Intégration
FDC
des SIC des SIC
19
Cette dimension est plus pertinente que celle utilisée pour mesurer la complexité du SDC (Par exemple,
Chapellier utilise le taux d’informatisation, critère un peu vague)
20
Un ERP peut être défini comme étant «un ensemble de modules applicatifs généralement signés par un même
éditeur et travaillant en mode natif sur une base de données unique, au sens logique du terme. » (Antoine,
1995).
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Cette typologie des pistes de recherche se retrouve aussi dans les représentations que les
chercheurs et praticiens ont du SIC. En effet, la synthèse des définitions du SIC proposé au
tableau 4 indique la coexistence des trois représentations majeures suivantes :
- une représentation axée sur la pertinence et la différenciation des SIC21 ;
- une représentation axée sur l’intégration des SIC ;
- une représentation unificatrice traitant à la fois de la différenciation et de l’intégration des
SIC. Elle correspond aux définitions classiques proposées par les auteurs en système
d’information (Davis et Olson, 1985 ; Reix, 2000). A cet égard, cette représentation nous
semble intéressante pour mener une réflexion plus globale sur un possible paradigme
unificateur de la recherche en SIC.
Chapellier « Le SIC est définie comme le système des données comptables pertinentes, c'est-à-dire
(1994) utilisées »
des SIC
intégration au sein d’un système d’information comptable unique des différentes familles
d’outils comptables, jusqu'ici souvent opposées ou divisées : la comptabilité financière,
comptabilité de gestion, la comptabilité des flux, la comptabilité des engagements et des risques
(2) Intégration du système d’information comptable avec le système de gestion de l’entreprise,
avec les systèmes opérants (dits aussi systèmes « amonts »), avec le système d’information de
gestion».
Beauvoir et « L’intégration intervient à deux niveaux : (1) « intégration des différents outils comptables
Flatrès (comptabilité générale, analytique, financière, budgétaire, etc.) » ; (2) « intégration du système
(1995) d’information comptable avec les autres sous – systèmes (amonts et avals) ».
Tort (2003) (1) « l’intégration horizontale pour ce qui concerne le couplage entre les comptabilités
patrimoniales, analytiques et budgétaires » ; (2) « l’intégration verticale s’agissant de la
centralisation différents flux amont ou aval » ; (3) « l’intégration globale qui fait référence ici
aux versions les plus complètes d’intégration de l’information de l’entreprise».
Grenier « l’intégration comptable se trouve concernée à deux niveaux :
(2000) (1) l’intégration des différentes comptabilités (comptabilités auxiliaires, comptabilité financière,
comptabilité de gestion, budgets), (2) l’intégration du système d’information comptable avec les
autres sous systèmes : systèmes opérationnels en amont, systèmes d’aide à la décision en aval».
CNC « L'intégration est le fait de rassembler des unités ou des personnes différentes, en faisant appel à
(2003) des objectifs partagés, à l'utilisation de moyens d'information et de communication ayant recours
à un langage commun et des données uniques ».
21
Cette représentation s’inspire de celle de Mason et Mitroff (1973) : « Tout système d’information concerne en
dernier ressort un individu pourvu d’un profil psychologique, confronté à un problème précis dans un contexte
organisationnel donné ; pour résoudre son problème, cet individu a besoin d’éléments de prise de décision
perçus au travers d’un mode de représentation qui lui est propre …Ce qui est information pour l’un ne l’est pas
nécessairement pour l’autre. Il convient de ne pas imposer à chacun le même type de système d’information ».
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représentation unificatrice
comptable - De saisir, classer, enregistrer des données de bases chiffrées.
(4ème édition, - De fournir après traitement approprié, un ensemble d’informations conformes aux besoins des
p. 7) divers utilisateurs intéressés. »
Ged et Naciri «consiste à collecter, analyser et transmettre de l’information, tant aux managers qu’aux
(SIC)
(1987) partenaires extérieurs, afin de leur permettre de prendre leur décision »
Reix (2000) « un ensemble organisé de ressources : matériels, logiciels, personnel, données, procédures
permettant d’acquérir, de traiter, stocker, communiquer des informations (sous formes de
données, textes, images, sons, etc.) dans des organisations».
Reix et Rowe « Un système d’information est un ensemble d’acteurs sociaux qui mémorisent et transforment
(2002) des représentations via des technologies de l’information et des modes opératoires »
En définitive, cette diversité des axes d’analyse peut constituer le point de départ pour le
développement d’un paradigme de recherche réunissant l’ensemble des tendances et utile à
l’orientation des chercheurs en SIC. Comme le dit J.L. Malo (1989, op. cité), « le
positionnement d’une recherche dans le cadre d’un paradigme présente l’avantage de
sécuriser le chercheur : bonnes questions, limites du domaine, théorie de référence et
méthodes adéquates lui sont suggérés par les travaux des « parrains » du paradigme ».
De ce point de vue, le système comptable est compris comme «un ensemble de modèles »
(CNC, 2003 ; Demeestère, 2004). En ce sens, le modèle comptable n’existe pas
indépendamment de son concepteur, il est, autrement dit, une représentation subjective d’un
réel de l’entreprise (Boussard ; 1997, op. cité). Le concepteur utilise un raisonnement déductif
pour faire découler les principes et les concepts d’une comptabilité à partir d’un objectif
assigné à cette comptabilité (Richard et Colette, 2005, op.cité). Cette démarche débouche sur
des théories normatives qui se traduisent, sur le plan pratique, par des normes comptables
(normes IFRS, par exemple) et des méthodes de conception des SIC (théorie événementielle
et approche multidimensionnelle).
partir des besoins des utilisateurs et essayer de développer des systèmes qui les
satisfassent ; c’est ce qui est généralement prôné dans les approches théoriques des
21
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De ce point de vue, « Le système comptable est alors compris comme un ensemble de données
pertinentes c'est-à-dire effectivement et utilement incorporées aux multiples processus
décisionnels, individuels ou collectifs, conduits dans les organisations » (Dupuy, 1994)22. La
notion d’information est relative à l’utilisateur de sorte qu’une information peut être utile pour
une personne et se limiter à des données brutes non utilisables (exploitables) pour une
autre (Simon, 1974). La donnée est définie ici comme la matière brute nécessaire à la
production d’informations élaborées dès lors que celles-ci sont porteuses d’un message ayant
une valeur sémantique pour son destinataire (Davis et Olson, 1986).
Sur le plan méthodologique, la validation des travaux de recherche portant sur l’utilisation des
données comptables pose la question de la mesure du fait de la subjectivité existante liée à la
notion d’information (les besoins). En l’espèce, une approche fine de type qualitative -
individuelle, basée sur l’étude des cas semble la plus adaptée.
Dans ce cas, le système comptable est considéré comme l’ensemble de données brutes
objectivement disponibles pour la production de l’information (Bergeron, 1996). Ces données
« constituent les sources de faits bruts qui représentent les événements qui ont lieu dans les
organisations ou dans leur environnement physique » (Laudon et Laudon, 2000)23. Les
travaux appartenant à ce paradigme s’inspirent de la théorie de la contingence structurelle et
de l’approche systémique qui considèrent l’entreprise comme un système ouvert sur son
environnement. L’accent est mis ici sur la relation entre la complexité du système de données
comptables et les facteurs de contingence objectifs (taille, environnement, stratégie, secteurs
d’activité). C’est un courant de recherche très riche en termes de volume de travaux, mais très
hétérogène en termes d’indicateurs de mesure de la complexité des données qui peuvent être
globalement regroupés en trois catégories : les indicateurs associés au support logistique des
données, les indicateurs associés à la production des données, les indicateurs associés à la
diffusion des données (Chapellier et De Montgolfier, 1994, op. cité).
L’accent est mis sur la dimension purement technique du système comptable (l’intégration
des applications comptables). Ce courant de recherche est encore en friche (Bidan, 2003 ;
Samara, 2004).). Les travaux y relatifs essayent de mettre en relation les pratiques
d’intégration des systèmes comptables (ERP, EAI, Data Warehouse) et les facteurs de
contingence structurelle (taille, stratégie, secteur d’activité). Ils s’inspirent de l’approche
22
Dupuy Y (1994), « Une lecture des recherches actuelles en comptabilité - contrôle », Annales du management,
XII journées nationales des IAE, Montpellier, 2 et 3 février, p 17-33.
23 Cité par Kefi et Kalika (2004), Evaluation des Systèmes d'Information : Une perspective organisationnelle,
Economica.
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Les pratiques d’utilisation des systèmes Les pratiques d’intégration des SIC
comptable sont déterminées par les sont déterminées par les
caractéristiques de l’utilisateur caractéristiques des organisations
(formation, expérience, style cognitif,…) (taille, environnement, stratégie…)
Utilisateur
Conclusion
L’objectif de ce papier était de faire un rapprochement entre les recherches sur les SIC et les
pratiques opérationnelles dans les entreprises afin de détecter de nouvelles voies possibles de
recherche en SIC. Dans cette étude, les pistes détectées (différenciation et intégration des SIC)
sont représentatives sans prétendre pour autant à l’exhaustivité… Il va de soi, en effet, que
d’autres pistes de recherche restent à explorer, par le chercheur en SIC, comme, par exemple,
une thématique non évoqué ici concernant la confiance et les systèmes comptables intégrés.
Au total, le paradigme proposé se veut différenciateur et unificateur des tendances de
recherche en SIC. Ce faisant, il montre, d’une part, la variété et la richesse de la discipline
tenant aux systèmes d’information comptables et d’autre part, la forte complémentarité
existant entre les différentes approches antérieurement suivies ou nouvellement proposées.
Cette richesse est très certainement de nature à sensibiliser les chercheurs à l’importance de la
diversité des travaux sur les SIC, objet « multipolaire » et « émergent », et à les stimuler, en
ce sens, à engager de nouvelles recherches dans ce domaine et à réfléchir à la nécessité et
l’utilité d’une communauté scientifique homogène en SIC.
24 Markus (2000) a présenté une typologie d’intégration des SI : ERP, Data Warehouse et EAI.
25 Bidan et Rowe (2003), ont montré que l’intégration des SI est contingente : taille, environnement et stratégie.
23
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