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présentation
MR BOUASRIA SALIM
CHEF DE SERVICE: DIRECTION REGIONALE DE L’ARTISANAT & ECO SOC & SOLIDAIRE
REFERENT REGIONAL RNA/DR ARTISANAT & ECO SOC ET SOLIDAIRE FES
DOCTORANT ERMOT: INTELLIGENCE TERRITORIALE ET VALORISATION TOURISTIQUE
CIVIL
ENGINEERING
HISTORIQUEÀ
TRAVERS LE TEMPS
01 Antiquité 02 Moyen Âge
Révolution
03 Renaissance 04 industrielle
(XVIIIe – XIXe
siècles)
05 06 XXIe siècle
XXe siècle
XXe siècle Le béton
Moyen Âge armé est devenu un
matériau clé, et les
Antiquité technologies de
construction ont XXIe siècle
considérablement
évolué.
le colisée
AV 2000
Années 1990-2000
AV 2000
Années 1990-2000
GENÈSE ET
ÉVOLUTION
Énergies Renouvelables et
Systèmes Énergétiques UTILE AU PATRIMOINE
Le patrimoine culturel
matériel
des monuments,
des œuvres d'art,
INTRODUCTION
Le patrimoine culturel
Immatériel
des traditions,
des savoir-faire
ancestraux
Recettes
2. QU'EST-CE QUE LE PATRIMOINE ?
Le patrimoine est un ensemble de biens,
matériels et immatériels, qui ont une importance
historique, culturelle, artistique ou scientifique et
qui sont transmis de génération en génération. Il
peut inclure des monuments historiques, des
œuvres d'art, des traditions, des langues, des
savoir-faire et des paysages naturels.
2. QU'EST-CE QUE LE PATRIMOINE CULTUREL ?
Le patrimoine culturel désigne les artefacts, les
monuments, les groupes de bâtiments et sites, les
musées qui se distinguent par leurs valeurs diverses, y
compris leurs significations symboliques, historiques,
artistiques, esthétiques, ethnologiques ou
anthropologiques, scientifiques et sociales.
Il comprend le patrimoine matériel (mobilier,
immobilier et immergé), le patrimoine culturel
immatériel (PCI) intégré dans la culture et les
artefacts, sites ou monuments du patrimoine naturel.
la Valorisation du Patrimoine--->
Développement économique local en attirant des touristes et en
créant des emplois.
le renforcement de l'identité culturelle et la transmission des
traditions aux générations futures
LA VALORISATION DU PATRIMOINE :
INSTITUTIONS ET RÔLES
:
Systèmes embarqués et
conservation du patrimoine
Technologies Appliquées au Patrimoine
Le terme “artisanat” ou en arabe sinâ’a taqlîdiyya a suscité nombre de questions chez les
chercheurs, que ce soit au Maroc ou dans d’autres pays arabes.
Type d’artisans
1. Organisation des métiers : En Afrique du Nord, du Maghreb extrême à la Libye, les métiers se
sont développés et structurés en groupes distincts, chacun portant un nom spécifique selon son
activité.
2. Essor sous les Phéniciens : Les Phéniciens, en s’associant aux Amazighs, ont contribué à une
civilisation florissante où les métiers ont connu un développement notable, notamment dans
l’architecture, l’ameublement et les moyens de transport primitifs.
3. Diversité des métiers : Parmi les métiers en essor figuraient la menuiserie, la ferronnerie, la
marbrerie, l’orfèvrerie, l’argenterie, la fabrication des roues en pierre puis en bois, des
embarcations, des rameaux, des filets de pêche, des charrettes manuelles et des charrettes tirées
par les chevaux.
4. Invention de l’écriture : L’écriture, introduite au Maroc à l’époque phénicienne, est une avancée
majeure qui a favorisé la transmission et l’expansion des connaissances.
5. Fondation de Tanger : Les Phéniciens ont érigé au Ve siècle av. J.-C. la colonie de Tanger, qui
existait auparavant sous forme de petites agglomérations, en en faisant un site clé de leur
civilisation.
- L'ère carthaginoise
1. Développement du mode de vie et commerce : À l’époque carthaginoise (814-146 av. J.-C.), le mode
de vie au Maroc s’est considérablement développé, avec une économie dominée par le commerce. Le
pays importait du marbre, du cuivre, des perles, du lin, du coton, des minerais, du bois précieux, des
pierres précieuses, de l’ivoire et des parfums.
2. Exportations et artisanat : Le Maroc exportait des tissus, des armes, des ustensiles en verre et des
métaux précieux. Des manufactures regroupaient de nombreux artisans spécialisés dans la confection
d’habits, le travail du verre, la teinturerie et la décoration textile.
3. Influence phénicienne et carthaginoise : Les Phéniciens et les Carthaginois ont laissé plusieurs sites
urbains importants, notamment Lixus, Tingis, Russadir, Meleta, Sala (Challah), Acra et Caricon
(Essaouira-Mogador).
4. Fondation de Ceuta : Ceuta fut construite avant Carthagène, marquant l’importance stratégique et
commerciale de la région.
5. Influence artistique : L’art carthaginois au Maroc s’inspire fortement des styles grec et égyptien,
notamment dans l’architecture et la fabrication d’objets utilitaires.
1. L'agriculture était l'activité principale, avec le développement
- L'époque romaine des mines, carrières, pressoirs à huile et artisanat.
2. Les Romains ont amélioré les infrastructures : canaux
d'irrigation, aqueducs, routes et citernes.
3. L'artisanat prospérait avec la fonderie, la ferronnerie, le
tissage, la fabrication de meubles et objets de luxe.
4. L'architecture romaine se distinguait par les fresques, statues
et matériaux variés (pierres, briques, mosaïques).
5. Sous les Vandales et Byzantins, l'influence romaine persistait,
avec de nouvelles fortifications à Ceuta.
2. les métiers au Maroc post-islamique
- La civilisation sous les Idrissides
- Développement des métiers sous les Almoravides
- La prospérité des métiers sous les Mérinides
- Les Wattassides
- Artisanat et architecture à l'époque des Saadiens
- Signes de l'épanouissement de l'artisanat sous les Alaouites
présentation
HISTOIRE & PATRIMOINE
De 789 à 978
DYNASTIE IDRISSIDE
La dynastie Idrisside, dont le fondateur était Idriss 1er qui a fait de Volubilis
(Walili) sa capitale, a été la première à conquérir le Maroc pour plus d’un siècle.
De 789 à 978, la dynastie Idrisside a dominé une bonne partie du Maghreb,
dont l’Afrique du Nord du Maroc actuel. Fondateur de la première dynastie
Royale au Maroc, les Idrissides ont pu à travers le temps, bâtir de nouvelles
villes dont celle de Fès, devenue capitale après Volubilis pendant le règne du
fils successeur Idriss II et de ses successeurs. Plusieurs monuments
témoignent jusqu’à présent des œuvres architecturales et religieuses de cette
dynastie comme : la mosquée Al-Qarawiyine qui est une des plus importantes
mosquées du Maroc et dont l’architecture est un réel chef d’œuvre artistique.
Après plusieurs années de règne, la dynastie a chuté laissant place aux
Almoravides.
De 789 à 978
DYNASTIE IDRISSIDE
Sous les Idrissides, le Maroc a connu un essor culturel
et économique marqué par l’apparition et le
développement de nouveaux métiers, notamment la
frappe de la monnaie.
Les premiers dirhams furent frappés sous Idriss II en
181 H, après des frappes précédentes sous Idriss Ier à
Toudra en 174 H.
L’architecture s’est enrichie avec la menuiserie, la
ferronnerie, la gravure sur pierre, le dallage et la
marbrerie.
De grandes villes furent bâties, comme Fès, Basra et
Jirawa, ainsi que des forteresses et des hammams
publics.
L’Université Al Qarawiyyine fut fondée par Fatima Al
Fihri en 245 H, devenant un centre majeur du savoir.
La construction de l’université mobilisa des artisans de
diverses origines : Arabes, Berbères, Juifs et Andalous.
De 789 à 978
DYNASTIE IDRISSIDE
• Université AlQarawiyyine
Cette université fut bâtie par Fatima Bent Mohammed Ibn Abdellah Al Fihri en 245 H. Les
artisans avaient extrait sur place les matériaux nécessaires pour les travaux de
construction et même l'eau fut puisée d'un ancien puits qui existait auparavant. Au
début, la mosquée était composée de quatre travées et de douze nefs (nef= surface
comprise entre quatre colonnes dans le sanctuaire d'une mosquée). A l'époque de
Abderrahman AnNaser, le minaret actuel fut construit avec des pierres taillées. Sous le
règne de Youssef Ibn Abdelhaq, la petite chambre des muezzins fut édifiée. On rapporte
que, lorsque Fatima AlFihriyya avait décidé d'entamer la construction de l'Université
AIQarawiyyine, elle a fait appel aux services des meilleurs artisans de l'époque, qui étaient
Arabes, Berbères, Juifs et Andalous.
1060-1147
DYNASTIE ALMORAVIDE
Après les Idrissides, une nouvelle dynastie a commencé à régner et se
procurer des parts du terroir Maghrébin: e les almoravides. Détruisant le
règne africain avant de s’attaquer au nord, les almoravides ont fondé
Marrakech en 1062. Ils sont parvenus à régner sur tout le Maghreb et sur
l’Al-Andalus et nommèrent Marrakech comme capitale. Après cet
exploit, la deuxième ville impériale devint le centre de commerce et le
trait d’union reliant l’Afrique subsaharienne et le Maghreb. Ils y ont édifié
plusieurs œuvres religieuses à savoir les mosquées comme celle de la
Koutoubia, dont ses constructions ont commencé pendant le règne
Almoravide, les médersas coraniques, les remparts et les palais. De plus,
ils ont aussi construit un centre d’irrigation pour servir d’eau à toute la
région.
1060-1147
DYNASTIE ALMORAVIDE
Sous les Almoravides, le sucre du Souss était un produit phare d’exportation vers l’Andalousie et le
Soudan, aux côtés du cuivre, des habits en laine, des parfums et des outils en fer.
L’artisanat prospéra, notamment dans la confection d’habits richement décorés et brodés, inspirés du
style abbasside.
L’architecture almoravide privilégiait la solidité des constructions plutôt que l’ornementation, avec une
forte influence andalouse.
Youssef Ibn Tâchfîne fit venir des artisans de Cordoue pour construire fondouks, hammams et
fontaines à Fès.
Marrakech, fondée par les Almoravides, devint leur centre politique et militaire, entourée de murailles
pour se défendre des Almohades.
Les Almoravides bâtirent de nombreuses mosquées, dont Ali Ibn Youssef à Marrakech et Achcha'ba à
Salé, et agrandirent Al Qarawiyyine.
Ils furent les premiers à édifier des médersas au Maroc, comme celle d’Aglou (aujourd’hui disparue).
De nombreuses forteresses furent construites, notamment à Meknès, Tlemcen et dans le Haut Atlas,
utilisant pierres taillées et pisé.
L’ingénierie almoravide excella aussi dans la construction de ponts, comme celui de Tensift, long de
400 mètres avec 21 arcades.
La dynastie fit appel aux meilleurs artisans locaux et andalous pour façonner une architecture
défensive et urbaine durable.
1060-1147
DYNASTIE ALMORAVIDE
PENDANT LA MÊME ÉPOQUE, IL Y AVAIT D'EXCELLENTS ARTISANS
POUR CONFECTIONNER DES HABITS BIEN DÉCORÉS ET
MERVEILLEUSEMENT BRODÉS. LES ALMORAVIDES IMITAIENT LES
ABBASSIDES DANS LEUR FAÇON DE S'HABILLER ; ILS COUVRAIENT
LEURS VISAGES AVEC DES VOILES, PORTAIENT DES TURBANS AVEC
DES TRESSES EN FIL. ILS PORTAIENT ÉGALEMENT DES ÉPÉES
DÉCORÉES ET INCRUSTÉES DE PIERRES FINES ET ORNEMENTALES.
LES SULTANS ALMORAVIDES AVAIENT PORTÉ UNE ATTENTION
PARTICULIÈRE À L'ÉDIFICATION DES MOSQUÉES, DES PORTS, DES
FORTERESSES ET DES PALAIS. LES ARTISANS ÉTAIENT TRÈS
COMPÉTENTS ET CONSTRUISAIENT DES ÉDIFICES SOLIDES, CE QUI
CONSTITUE UN SIGNE DISTINCTIF DE L'ARCHITECTURE DES
ALMORAVIDES DE FAÇON GÉNÉRALE, PUISQU'ELLE VALORISAIT LA
SOLIDITÉ DES CONSTRUCTIONS PLUTÔT QUE L'ORNEMENTATION.
1145-1248
DYNASTIE ALMOHADE
Les Almohades ont conquis le Maroc en renversant la dynastie
Almoravide. Guidés en premier temps par Îbn Toumert, les Almohades
déclarent la guerre contre les Almoravides sous prétexte religieux. Leur
nom arabe, impliquant l’unicité “Attawhid”, était l’objet de leur
proclamation. L’architecture et la culture qui ont fait deux piliers
phares de cette dynastie, sont toujours ancrées dans les monuments
emblématiques de la ville de Marrakech la capitale Almohade, à travers
le remaniement de la mosquée Koutoubia dont l’architecture est
calquée sur celle de Giralda à Séville. La dynastie almohade a régné
ainsi un demi-siècle et s’est affaiblit suite à une défaite contre les
chrétiens en 1212.
1145-1248
DYNASTIE ALMOHADE
1. Les Almohades ont reconnu l'importance des artisans et les ont intégrés à la cour du sultan en tant
que conseillers pour les grands projets architecturaux.
2. Sous Yacoub Al Mansour, d'importants monuments furent édifiés, comme la tour Hassan, la
Koutoubia, la Giralda, la grande mosquée de Marrakech et la muraille de Rabat.
3. La construction navale s’est développée avec une flotte de 400 navires et des arsenaux spécialisés,
comme Dâr Assinâ’a à Masmouda et près de Oued Fès.
4. L’exploitation des ressources minières s’intensifia : fer à Tlemcen, cuivre du Souss, mercure de
Cordoue et argent près de Meknès.
5. La papeterie se développa à Fès, Sebta et Kairouan, tandis que le textile connut un essor notable.
6. La métallurgie et la fabrication d’armes furent prioritaires : catapultes, épées, lances, boucliers et
navires de guerre équipés de lance-flammes.
7. L’activité économique prospéra, notamment à Fès, qui comptait 9082 boutiques, 86 tanneries, 12
ateliers de cuivre et 113 teintureries.
8. Des villes stratégiques comme Taza, Rabat et Mahdia furent édifiées ou agrandies, et des
infrastructures clés furent construites, comme la mosquée Tinmel et le pont reliant Rabat à Salé.
9. Les Almohades développèrent des réseaux d’approvisionnement en eau, construisant des khattarat
(canaux souterrains) et des fontaines.
10. Rabat et Salé furent reliées par un aqueduc, et Fès bénéficia d’un approvisionnement en eau à partir
de Bab Al Hadid pour le quartier Adouat Alandalous.
1248-1465
DYNASTIE MÉRINIDE
Fondée par le Chef Berbère Abou Yahia, ayant pour capitale Fès, la
dynastie mérinide a renversé les Almohades en les chassant du
Maghreb. Leur règne ne dura pas longtemps, les mérinides ont été
battus par les Portugais qui se sont attaqué au littoral en passant par
Ceuta et le détroit de Gilbraltar. Motivés par la transmission des valeurs
religieuses, les mérinides édifièrent plusieurs Zaouias, mosquées et
médersas coraniques comme celle de Salé. Plusieurs réalisations et
fondations caractérisent cette dynastie, les décors en bois et en stuc, les
toits avec des tuiles vernissées, la céramique émaillée, etc. La nécropole
de Chellah, se trouvant à Rabat, abrite en elle des vestiges qui
témoignent de la richesse de cette dynastie en termes de culture,
d’histoire, d’architecture et d’institutions religieuses.
1248-1465
DYNASTIE MÉRINIDE
1. Sous les Mérinides, le développement politique et économique était étroitement lié, avec Asila
comme centre économique prospère et des échanges commerciaux avec l'Europe.
2. Chaque région avait sa spécialisation Le développement politique et économique fut
concomitant sous le règne des Mérinides. Asila fut le centre économique le plus prospère à
cette époque; on y vendait le mlef (=tissu de bonne qualité d'origine italienne de la ville
d'Amelfi), le lin et les épices. Dans les régions avoisinantes de Salé, on cultivait le coton et on
fabriquait le lin. Quant à Anfa, elle s'est spécialisée dans les fruits et les céréales, et Marrakech
dans les huiles qui étaient pressées de façon traditionnelle. Sijilmâssa (ancienne ville dans le
sud marocain, inexistante aujourd'hui) était un grand centre de fabrication des bijoux et de
joaillerie traditionnelle, grâce à l'abondance de l'or qui provenait du Soudan.
3. L’artisanat s’ouvrit à l’international en développant des échanges avec Venise, Montpellier,
Gênes et Marseille pour les textiles, les armes, le cuir et la poterie.
4. La production du sucre et la fabrication des norias s’intensifièrent, notamment à Marrakech qui
comptait 40 unités de production.
5. Les Mérinides laissèrent un héritage architectural impressionnant, avec la construction de
villes, forteresses et monuments, dont Fès al-Jadid et al-Mansourah près de Tlemcen.
1248-1465
DYNASTIE MÉRINIDE
6- L’art mérinide se distinguait par sa finesse et sa richesse, avec des techniques
comme la sculpture sur bois et plâtre, le vernissage, le cuivre plaqué d’or et
l’ornementation des phares en zellige.
7- La construction des ponts, norias, tours et ports était soigneusement planifiée par
des architectes et exécutée avec précision et esthétisme.
8- De nombreuses medersas furent érigées à Fès, Salé et d’autres villes, notamment la
medersa al-Attarine, la medersa Bou Inania et la medersa as-Saffarine, admirée par Ibn
Khaldoun.
9- Les Mérinides contribuèrent aussi aux avancées technologiques avec l’invention des
premières horloges hydrauliques par Mohammed Ibn Elhabbak et Abderrahman El
Loujaï.
10- Les infrastructures publiques, comme les systèmes d’irrigation, les ponts, les ports
et les maristans (hôpitaux), témoignent du raffinement et de l’innovation de cette
dynastie.
1471-1554
DYNASTIE WATTASSIDES
1. Déclin économique : Sous les Wattassides, l’activité économique s’effondra, impactant l’architecture et
l’entretien des infrastructures.
2. Désertification urbaine : Marrakech perdit une grande partie de son architecture, Rabat fut presque
abandonnée et les fondouks de Fès se vidèrent.
3. Fès, centre artisanal résilient : Malgré la crise, Fès maintint son statut de pôle artisanal avec 400 moulins, 120
ateliers textiles et un souk pharmaceutique.
4. Spécialisation régionale : Haskûra excellait dans le cuir, Tadla dans la bijouterie et Jazoula dans la métallurgie.
5. Commerce international : Les Wattassides commerçaient avec l’Angleterre, échangeant textiles, armes et
métaux pour l’artisanat militaire.
6. Salé, carrefour artisanal : Ville cosmopolite avec artisans européens, son port était l’un des plus actifs du
Maroc.
7. Taroudant, ville prospère : Avec 80 000 habitants, elle produisait outils agricoles, ustensiles de cuisine et
articles en cuir.
8. Organisation artisanale : Les porteurs (zarzaya) formaient une corporation structurée sous la direction d’un
amine.
9. Développement urbain : Les Wattassides fortifièrent Chefchaouen, Tétouan et Debdou, et rénovèrent des
infrastructures clés.
10. Infrastructures éducatives et hydrauliques : Ils bâtirent des médersas et un barrage sur l’oued Fès, détruit
plus tard par les Saadiens.
1554-1659
DYNASTIE SAADIENS
La dynastie Saadienne avait renversé celle des mérinide en les chassant du pouvoir et
ont eu au départ Fès comme capitale puis l’ont transféré à Marrakech. Ils avaient
déclaré la guerre contre les Portugais et ont récupéré plusieurs villes notamment la ville
d’Agadir. Les Saadiens ont pris comme allié l’Espagne pour se protéger contre les
menaces turques. Durant tout le règne des Saadiens, le Maroc a connu des années de
gloire. Il fût à son apogée en termes de culture, de savoir et de richesse. Les Saadiens
s’étaient dotés de l’or du Soudan après avoir vaincus l’empire Africain de Songhaï. Ils
ont canalisé leurs exploits en construisant plusieurs œuvres artistiques. À Fès, ils
édifièrent les Borjs et offrirent une cure de jouvence à la mosquée Al Qarawiyine. À
Marrakech, ils édifièrent les tombeaux des Saadiens, la medersa Ben Youssef et le
Palais El Badiî.
1554-1659
DYNASTIE SAADIENS
1. Rôle clé des Andalous : Après leur exode, les Andalous ont contribué à la relance économique en
enseignant de nouvelles techniques agricoles et artisanales.
2. Amélioration de l'agriculture : Les ruraux andalous ont introduit des méthodes avancées d'irrigation,
installé des moulins hydrauliques et favorisé l'abondance des récoltes.
3. Impact sur l’artisanat : Les artisans andalous ont dépassé en nombre les locaux, formant ces derniers à
des techniques plus raffinées.
4. Suppression des restrictions commerciales : Al-Mansour a levé les taxes douanières aux ports et aux
portes des villes pour stimuler le commerce.
5. Relations commerciales avec l’Angleterre : Les Anglais ont obtenu des privilèges et monopolisé le
commerce extérieur, notamment celui du sucre.
6. Importation d’étoffes de qualité : Les tissus anglais comme le barnâta et le baryâ ont été utilisés pour
confectionner djellabas, caftans et burnous.
7. Introduction du mlef dans la mode marocaine : Al-Mansour a imposé un nouveau costume, l’al-
mansouriyya, toujours présent dans la culture vestimentaire marocaine.
8. Rôle des intermédiaires andalous et juifs : Dans les mellahs et fondouks, ils facilitaient les échanges avec
les commerçants étrangers.
9. Organisation économique ferme : Al-Mansour a mis en place un cadre économique solide, favorisant la
prospérité intérieure et extérieure.
10. Privilèges fiscaux pour les élites : Les notables et chourafa bénéficiaient d’exemptions d’impôts sur leurs
commerces et infrastructures économiques.
1666-PRESENT
DYNASTIE ALAOUITE
Les Saadiens ont été détrônés, par la dynastie Alaouite. Originaire de
Tafilalt, la dynastie alaouite chassa les Saadiens pour s’emparer du
pouvoir royal. Elle a eu au départ pour capitale Fès, puis a été déplacée à
Meknès sous le règne du sultan Moulay Ismail, pour enfin être transférée
à Rabat, qui est la capitale actuelle du Maroc depuis 1912. C’est grâce à
cette dynastie que la ville de Fès a eu une cure de jouvence, embellissant
ainsi toute la ville et créant des murailles protectrices comme la fameuse
porte de Bab El-Mansour. La dynastie poursuivit son règne jusqu'au jour
d’aujourd'hui. Mohammed VI est le vingt-troisième souverain de cette
succession, veillant ainsi à l’unification du Royaume et la transmission de
toutes les valeurs religieuses.
1666-PRESENT
DYNASTIE ALAOUITE
1. Origine de la dynastie alaouite
a. Moulay Mohammed Ibn ach-Charîf fut le premier sultan alaouite, descendant du prophète.
b. Les Alaouites sont issus des chourafâ du Hijâz, descendants d’Ali Ibn Abi Talib.
2. Lignée des Alaouites et implantation au Maroc
a. L’ancêtre direct des Alaouites est Moulay Ali ach-Charîf, dont les descendants ont pris le pouvoir
au Maroc.
b. Moulay Mohammed, Moulay Rachid et Moulay Ismail furent les premiers sultans Alaouites.
3. Moulay Ismail et la construction de Meknès
a. Il fit de Meknès sa capitale, supervisant personnellement sa restauration et son extension.
b. Construction de la mosquée verte et de nombreuses infrastructures défensives et militaires.
4. Infrastructures économiques sous Moulay Ismail
a. Création d’un énorme grenier pour le stockage des céréales et d’une grande étable pour 12 000
chevaux.
b. Construction du palais Al-Mansour, décoré par des artisans spécialisés.
5. Les avancées architecturales sous les sultans Alaouites
a. Bâb Mansour Laâlaj, les avenues rectangulaires et les portes monumentales de Meknès
témoignent de ce développement.
b. Les sultans successifs ont poursuivi les constructions dans plusieurs villes marocaines.
1666-PRESENT
DYNASTIE ALAOUITE
1. Économie marocaine aux XVIIe et XVIIIe siècles
a. Apparition des grandes compagnies étrangères et concurrence commerciale accrue.
b. La théorie économique du mercantilisme domine, prônant une balance commerciale
excédentaire.
2. Impact du développement industriel sur l’artisanat et l’agriculture
a. Blocage de ces secteurs face à la montée des grandes industries européennes.
b. Les idées d’Adam Smith sur la non-intervention de l’État commencent à se diffuser.
3. Les convoitises étrangères sur les richesses du Maroc
a. Les puissances européennes cherchent à obtenir l’autorisation de conquêtes militaires.
b. Objectif : contrôler le commerce maritime et les ressources naturelles du Maroc.
4. Les sultans réformateurs du XVIIIe et XIXe siècles
a. Moulay Abdellah, Sidi Mohammed Ben Abdellah et Moulay Suleyman ont restauré diverses
villes et industries.
b. Développement de l’architecture, du commerce et de l’artisanat.
5. Fès, centre de l’artisanat marocain
a. Production du haïk, des tarbouches rouges, des babouches, des ustensiles en cuivre et de
la poterie.
b. Fabrication de bijoux et tapis réputés dans tout le pays.
1666-PRESENT
1. Rôle économique de Larache et Sefrou
DYNASTIE ALAOUITE
a. Larache exporte la laine, le cuir et des denrées alimentaires.
b. Sefrou se spécialise dans la sériciculture (élevage des vers à soie et production
textile).
2. Tétouan, centre industriel et militaire
a. Approvisionnement du Makhzen en tentes et habits militaires.
b. Fabrication de tissus (kamkha), de fers à chevaux et de clous vendus dans tout le
Maroc.
3. Le commerce artisanal et les grandes routes commerciales
a. La ligne Tétouan-Fès-Tafilalt permet l’échange d’articles artisanaux contre or, ivoire
et gomme.
b. La route Tafilalet-Tombouctou favorise le commerce avec l’Afrique subsaharienne.
4. Les différents types d’artisanat à Tétouan au XIXe siècle
a. Production d’ustensiles en poterie, de zellige et de briques.
b. Expansion de la cordonnerie avec exportation de babouches vers l’Algérie et
l’Égypte.
5. Le rôle des corporations artisanales
a. Organisation des artisans en corporations (hinta) supervisées par un amine.
b. Transmission des savoir-faire de génération en génération.
1666-PRESENT
DYNASTIE ALAOUITE
1. La sériciculture et l’industrie textile
a. Élevage des vers à soie chez certaines tribus (Beni Arous, Beni Hassan, Ghomara).
b. Importation de fils d’or et d’argent de Barcelone pour la broderie et la confection textile.
2. L’orfèvrerie et la bijouterie
a. Les artisans juifs dominent la joaillerie et la fabrication d’ornements en argent et en or.
b. Les juifs marocains sont aussi actifs dans la frappe de la monnaie et le travail des métaux
précieux.
3. L’industrie du bois et des objets manufacturés
a. Fabrication de meubles, portes, fenêtres et accessoires en bois.
b. Fabrication et exportation de nattes et de tissus muraux décoratifs.
4. La fabrication des armes à Tétouan
a. Environ 200 artisans spécialisés dans la confection de fusils traditionnels.
b. Différentes catégories d’armuriers assurent la production locale d’armes à feu.
5. Le rôle des artisans juifs dans l’économie marocaine
a. Contribution majeure aux métiers du textile, de la bijouterie, du tissage et de la médecine
traditionnelle.
b. De nombreuses familles juives ont conservé le nom de leur métier, même après avoir migré.
Influence des civilisations ayant occupé le Maroc sur son patrimoine/
Urbanisme / Génie Civil
1. Les Phéniciens et les Carthaginois (XIIe - IIe siècle av. J.-C.)
Infrastructure portuaire : Création de comptoirs commerciaux comme Lixus,
Mogador et Chellah.
Matériaux et techniques : Utilisation de la pierre taillée pour la construction
de quais et d’entrepôts.
2. L'Empire Romain (Ier - Ve siècle apr. J.-C.)
Urbanisme et architecture : Fondations de villes comme Volubilis, avec des
forums, thermes et aqueducs.
Voirie : Construction de routes pavées facilitant le commerce et la
communication.
Techniques avancées : Usage du béton romain (opus caementicium) pour
renforcer les structures.
3. Les Dynasties Islamiques et Berbères (VIIIe - XIXe siècle)
Les Idrissides (VIIIe - Xe siècle) : Fondation de Fès avec un réseau complexe de
canalisations et de fontaines.
Les Almoravides et Almohades (XIe - XIIIe siècle) :
Développement des fortifications et kasbahs.
Techniques avancées en brique crue et pierre taillée.
Les Mérinides (XIIIe - XVe siècle) :
Conception de madrasas et hammams avec des systèmes hydrauliques
sophistiqués.
Les Saadiens (XVIe - XVIIe siècle) :
Apogée des jardins irrigués et des infrastructures hydrauliques comme les
khettaras.
Les Alaouites (XVIIe - XIXe siècle) :
Modernisation des infrastructures routières et aménagements hydrauliques.
4. La Colonisation Française et Espagnole (1912 - 1956)
Modernisation des infrastructures : Routes, ports et voies ferrées à grande
échelle.
Urbanisme réglementé : Création de la ville européenne avec une
architecture en béton armé.
Systèmes d'assainissement modernes : Construction de réseaux d'eau
potable et d'égouts.
5. Le Maroc Moderne (1956 - aujourd'hui)
Grands projets d'infrastructure : Autoroutes, barrages, ports (Tanger Med).
Urbanisation durable : Intégration de la durabilité et de la modernisation
dans le bâtiment et les transports.
Ce parcours historique montre que chaque civilisation a laissé une empreinte
durable sur le développement des infrastructures au Maroc, influençant son
évolution jusqu'à aujourd'hui.
6. ÉTUDE DE CAS: METIERS EN VOIX DE DISPARITION
6. ÉTUDE DE CAS: LABEL DU PATRIMOINE AU MAROC
Le Maroc dispose d’un patrimoine culturel
matériel et immatériel de très grande valeur.
De l'artisanat aux savoir-faire traditionnels en
passant par la gastronomie, la couture, les
arts, les traditions orales, l'inventaire du
patrimoine immatériel respire, depuis belle
lurette, la richesse et la diversité. Pour
protéger et promouvoir ce patrimoine, le
Maroc, sous l'impulsion de S.M. le Roi, a
entrepris de nombreuses initiatives qui ont
porté leurs fruits.
7. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
Le patrimoine culturel et artistique marocain est
un élément fondamental de l’identité nationale et
un moteur du développement économique et
touristique.
Sa préservation passe par une reconnaissance
accrue, une éducation adaptée et une
modernisation maîtrisée. En favorisant
l’intelligence artistique chez les étudiants, nous
assurons la transmission et l’évolution de ce
patrimoine pour les générations futures.
Artisanat du Maroc, Marie
Pascale Rausier, Ed Herme, 2004
Histoire du Maroc, Bernard L'Artisanat au Maroc : Militantisme, Culture et Économie
Lugan, Ed Ellipses, 2023 Sociale" est un ouvrage bilingue (français-anglais) publié
en 2006 par Abdelilah Kabbaj
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