Propriété Intellectuelle
Propriété Intellectuelle
Propriété intellectuelle
Lois importantes :
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Siwar Ben Rezgui – M2 Droit des Affaires – Droit de l’Entreprise
DROIT DE LA PROPRIETE LITTERAIRE ET ARTISTIQUE : MR. WALID MOKRANI
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A. Caractère exclusif :
B. Caractère temporaire :
C. Caractère intellectuel :
Enfin, toutes les propriétés dites intellectuelles le sont parce qu’elles portent sur
des biens intellectuels comme la propriété immobilière a pour objet un bien
immobilier.
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Le bien intellectuel constitue un bien immatériel créé par l’esprit peu importe
qu’il s’agisse d’œuvre ou d’invention tant qu’ils proviennent d’une activité de
l’esprit.
Ainsi, la propriété intellectuelle porte sur des biens immatériels, incorporels,
lesquels sont de pure abstraction envisagée indépendamment de leur support
physique ; en d’autres termes, le bien est immatériel qu’il soit attaché par un
objet corporel tel qu’une œuvre musicale gravée sur un CD ou qu’il ne le soit
pas lorsque par exemple l’œuvre musicale en format audio est enregistrée dans
un fichier numérique.
- Article 1 de la loi de 1994 : « Le droit d'auteur couvre toute œuvre
originale littéraire, scientifique ou artistique quelqu' en soit la valeur, la
destination, le mode ou la forme d'expression, ainsi que sur le titre de
l’œuvre. Il s'exerce aussi bien sur l’œuvre dans sa forme originale que sur
la forme dérivée de l'original [..] ».
Résumé :
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C’est de la loi française de 1791 et des lois qui l’ont modifié mais également des
principes généraux dégagés par la jurisprudence en la matière pendant le 19ème
siècle que s’est inspiré le décret beylical tunisien du 15 juin 1889 sur la propriété
littéraire et artistique.
Quant à la protection des dessins et modèles industriels, elle a fait l’objet d’un
décret beylical datant du 25 février 1911.
Mais l’évolution technologique remarquable qu’a connu le 20ème siècle
caractérisé par l’apparition de la télévision, des magnétophones et des
magnétoscopes a posé des problèmes juridiques qui ont incité le législateur à
modifier ces textes ; c’est ainsi que le décret du 15 juin 1889 précité qui été un
texte succin et court a été abrogé par la loi n° 66-12 du 14 février 1966 relative à
la propriété littéraire et artistique.
Ce sont des considérations semblables relevant entre autres de la nécessité de
tenir compte de l’évolution technologique due à l’apparition des logiciels, par
exemple qui ont motivé la promulgation de la loi n° 94-36 du 24 février 1994
relative à la propriété littéraire et artistique.
Les textes concernant la propriété industrielle n’ont pas connu un meilleur sort
puisqu’elles ont été abrogées à leur tour et remplacées par des textes que nous
examineront dans le cadre des sources du droit de la propriété intellectuelle,
mais force est de constater que ces différents textes se referrent à la « Propriété »
qu’elle soit littéraire et artistique ou industrielle.
Le problème est de savoir si l’expression de propriété doit être prise au pied de
la lettre, il est par conséquent indispensable de vérifier la nature juridique de la
propriété intellectuelle.
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Droits
Résumé :
Par conséquent, ni la qualification de droit intellectuel (première théorie),
ni celle de droit de clientèle (deuxième théorie) ne reflètent la nature
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En reprenant les arguments avancés par les auteurs qui ont dénié à la propriété
intellectuelle la qualification de propriété, on se rend compte que ces arguments
ne résistent pas à la critique.
D’autant plus que la propriété intellectuelle satisfait les caractères et les attributs
du droit de propriété (jouissance, usus, fructus, ..), mais compte tenu du
caractère immatériel du bien sur lequel elle porte, la propriété intellectuelle
présente un caractère spécial.
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Aussi, la propriété intellectuelle constitue une propriété, mais est-ce qu’elle peut
être assimilée à la propriété régie par le code du droit réel.
La propriété intellectuelle porte sur des biens immatériels incorporels si bien que
le législateur l’a soumise à des régimes spéciaux. La spécificité de l’objet de la
propriété intellectuelle est de nature à rendre insusceptible toute maitrise
naturelle d’une œuvre de l’esprit ou d’une invention contrairement aux choses
corporelles (on ne peut pas parler d’une possession). Une maitrise privative ne
peut résulter alors que d’une loi particulière précisant les conditions d’octroi, la
teneur et les limites du droit. Ainsi, toute atteinte à un droit de propriété
intellectuelle est qualifiée de contrefaçon et non pas de vol car celui-ci suppose
une soustraction qui est impossible dans notre cas.
La même définition de la contrefaçon est retenue pour presque tous les droits de
propriété intellectuelle.
Exemple : L’article 8 - paragraphe 3ème de la loi de 1994 :
« Sauf exceptions légales, nul n’a le droit de communiquer au public ou
reproduire une œuvre appartenant à un tiers sous une forme ou dans des
circonstances qui ne tiennent pas compte des droits moraux et patrimoniaux de
l’auteur».
La particularité de la contrefaçon tient donc au droit de propriété intellectuelle
qui en est l’[Link] propriété intellectuelle se distinguant des autres droits de
propriété, la contrefaçon présente des traits propres qui en justifiaient la création
d’une action spécifique, à savoir l’action en contrefaçon.
En outre, la procédure de saisie-contrefaçon est distincte de celle de la saisie
portant sur un immeuble ou sur un meuble corporel.
En raison de l’objet de la propriété intellectuelle, le législateur a aménagé un
système équilibré d’appropriation privée des créations dans le respect de
l’intérêt général ; ainsi s’explique notamment la limitation des droits de
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propriété intellectuelle dans le temps (sauf pour les marques qui s’opposent à la
propriété).
La création doit pouvoir être utilisée ou exploitée par tous au bout d’un certain
délai, elle tombe alors dans le domaine public ; par conséquent, la propriété
intellectuelle ne peut pas être assimilée à la propriété de droit commun, elle est
spéciale, mais la spécificité de la propriété intellectuelle apparait également en
étudiant ses sources.
A. La constitution :
Quant aux conventions internationales ratifiées par la Tunisie, elles peuvent être
classées en fonction des institutions internationales qui les ont administrées. Ces
institutions sont de l’ordre de deux :
• L’organisation mondiale de la propriété intellectuelle : OMPI : l’une
des agences de l’organisation des nations unies.
• L’organisation mondiale du commerce : OMC.
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Cette institution est créée en 1967, c’est l’une des agences des nations unies et
elle a son siège à Genève. Elle regroupe aujourd’hui 184 Etats membres. Elle a
pour mission officielle : « De promouvoir la protection de la propriété
intellectuelle à travers le monde par la coopération des Etats ».
La Tunisie a ratifié la convention de Stockholm instituant l’OMPI le 28
aout 1975. Cette institution administre des traités internationaux dont
deux d’entre eux sont sectoriels plusieurs fois révisés.
Ainsi la convention de Paris de 1883 dite CUP (convention d’union de
Paris) porte sur la propriété industrielle. La Tunisie est devenue partie à
cette convention le 7 juillet 1884.
La convention de Berne adoptée en 1886 toujours en vigueur pour la
protection des œuvres littéraires et artistiques : Elle pose un standard
minimum des droits d’auteur et des droits voisins que l’on appelle « Le
minimum de Berne ». La Tunisie a adhéré à cette convention le 5
décembre 1887.
D’autres traités établissent une classification internationale commune
comme l’arrangement de Nice pour les marques datant de 1957. La
classification de Nice établie un catalogue de produits et services en 45
classes. La Tunisie est devenue partie à cet arrangement le 29 mai 1967.
Des traités organisent enfin l’enregistrement international des titres de
propriété intellectuelle, c’est le cas de l’arrangement de Madrid et de son
protocole pour les marques auquel la Tunisie a adhéré en 1991, elle est
devenue partie au protocole de Madrid le 16 octobre 2013.
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On distingue entre :
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• Le droit d’auteur a pour objet des œuvres de l’esprit ; par exemple des
œuvres littéraires, des œuvres musicales, cinématographiques,
artistiques ou photographique. Il en assure la protection grâce aux
droits patrimoniaux et moraux reconnus à l’auteur.
• Des droits analogues, similaires ont notamment été reconnus aux
artistes interprètes des œuvres, on les nomme droits voisins du droit
d’auteur : Voir l’article d’Henri DESBOIS, « Les droits dits voisins du
droit d’auteur », m »langes offerts à René SAVATIER, Dalloz, Paris,
1965, p. 249 et ss
➔ ceux-ci désignent selon l’article 47bis – paragraphe 1er de la loi du
24 février 1994 « [..] les droits dont jouissent les artistes interprètes
ou exécutants, les producteurs de supports audios ou audiovisuels et
les Organismes de radio et de télévision [..] ».
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Le droit d’auteur porte sur des œuvres de l’esprit, celle-ci constitue par
conséquent l’objet du droit d’auteur.
C’est ainsi que l’article premier de la loi du 24 février 1994 précitée s’est
intéressé aux œuvres investies du droit d’auteur, l’article 1er susvisé comprend 3
alinéas :
• 1er alinéa : il a déterminé un critère permettant de discerner les œuvres
qui donnent prise au droit de propriété littéraire et artistique ; à savoir,
l’originalité.
Il a par ailleurs imposé de procéder à l’élimination de considérations
qui ne doivent pas entrer en ligne de compte dans la détermination des
œuvres investies du droit d’auteur. Il ne faut porter aucune exclusion
en raison du genre auquel l’œuvre appartient ; càd genre littéraire,
scientifique, artistique, une pièce de théâtre protégée comme un
manuel scolaire ou un roman, une composition musicale, etc.
Il faut de même faire abstraction de la forme d’expression (œuvre
écrite ou orale comme les conférences).
Enfin, il importe au moment de décider si une œuvre est ou non
investie des droits d’auteur de ne pas se soucier du mérite (la valeur de
l’œuvre) et de la destination.
Originalité = touche et empreinte de la personne = aspect subjectif
Une question qui a connu un développement : aspect objectif (la question
des logiciel).
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[Link]
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Ainsi, l’alinéa 1er de l’article 1er précité détermine les caractéristiques des
œuvres protégeables. Toutefois, il est de bonne méthode avant d’analyser ces
caractéristiques (Section 2ème), de tenter de cerner la notion d’œuvre de l’esprit
(Section 1ère).
Le législateur n’a pas défini l’œuvre de l’esprit, la doctrine trouve qu’elle est
une notion imprécise voir fuyante, toutefois, elle mérite d’être définie ne serait-
ce que pour englober la notion d’invention industrielle. C’est ainsi que l’œuvre
de l’esprit désigne selon certains auteurs le résultat formel d’une création
intellectuelle par un auteur (V. POLLAUD-DELIAN, Le droit d’auteur,
Economica, Paris, 2005, n° 104).
Traditionnellement, la doctrine définit l’œuvre comme une création de forme
(Paragraphe 1er), ce qui la distingue des idées, des méthodes intellectuelles, des
inventions ou des découvertes notamment (Paragraphe 2ème).
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Mais quand on parle de l’exigence d’une création de forme, on veut surtout dire
que le droit d’auteur ne protège les œuvres que dans la mesure où leur originalité
se situe dans leur forme et que ce n’est pas dans le fond qu’il faut la rechercher.
Pour FICHTE, chacun peut, par un travail de lecture et de compréhension que
rend possible l’achat du livre meuble corporel, s’approprier les idées ou les
découvrir par lui-même. En revanche, nul ne peut s’approprier la forme dans
laquelle l’auteur a exprimé ses idées, forme qui lui est propre et personnelle.
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Par ailleurs, même si les idées ne sont pas protégées par le droit d’auteur ni par
un autre droit de propriété intellectuelle, cela ne signifie pas que l’on puisse les
reprendre systématiquement en toutes circonstances.
En effet, les modalités de la reprise des idées d’autrui peuvent être parfois
critiquées et sanctionnées sur le fondement de la responsabilité civile et plus
particulièrement au titre de la concurrence déloyale.
Il en va ainsi lorsque des circonstances particulières obligent la personne à
laquelle on a confié une idée à ne pas la révéler à autrui.
Ce n’est pas alors un droit privatif que l’on invoque, mais le caractère
fautif ou déloyal de la transmission et de la reprise de l’idée ; c’est le cas
par exemple si une société d’édition musicale à laquelle un auteur a
proposé une chanson en vue de la faire éditer refuse cette chanson et en
communique ensuite l’idée à d’autres auteurs qui composent une autre
chanson sur ce même thème. En révélant cette idée, la société d’édition a
commis une faute et causé à l’auteur un préjudice consistant dans
l’impossibilité d’exploiter utilement sa propre œuvre.
Puisqu’il s’agit de couvrir des créations de forme, le droit d’auteur ne peut servir
à protéger des objets purement utilitaires des formes essentiellement
techniques. Il en va de même du droit des dessins et modèles qui, pour être
destiné à défendre les créations des arts appliqués, ne doit pas être détourné de
sa vocation pour approprier des formes techniques.
L’objet à caractère technique relève pour sa protection du seul droit des brevets
pour autant qu’il remplisse des conditions de brevetabilité ou bien du secret.
Réciproquement, le droit des brevets est radicalement inapplicable aux créations
qui relèvent du droit d’auteur et qui n’ont pas de fonction technique.
L’article 2 de la loi n° 2000-84 du 24 aout 2000 relative aux brevets d’invention
ne considère pas comme invention les : « Les créations purement
ornementales ».
L’invention est définie habituellement comme la réponse technique apportée à
un problème technique par des moyens eux-mêmes techniques. De prime abord,
le domaine respectif des différents droits de propriété intellectuelle semble bien
délimité. Au droit d’auteur revient la protection des créations de forme, et parmi
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celles-ci, sous condition de dépôt, les créations des arts appliquées peuvent
bénéficier en outre du droit des dessins et modèles (charnière entre les deux
aspects artistique et industriel).
En réalité, les choses sont plus compliquées, d’une part, le législateur a introduit
un objet de caractère technique parmi les œuvres de l’esprit ; à savoir le logiciel
(article 1er + article 43 et ss. de la loi de 1994) ➔ protégé par le droit d’auteur.
D’autre part, il arrive fréquemment qu’un même objet comporte simultanément
une création de forme, càd un aspect ornemental (décoratif ou esthétique) et un
aspect technique, une fonction technique ou utilitaire. Or, les deux types de
protections juridiques le droit des brevets et le droit d’auteur sont très différents
quant à leur fondement, leur condition d’octroi, leur durée et leur étendu ; en
d’autres termes, les deux droits ne sont nullement interchangeables ni
équivalents.
Ainsi, l’œuvre de l’esprit est une création de forme, ce qui la distingue des idées,
des méthodes intellectuelles, des inventions ou des découvertes notamment.
Il convient de voir maintenant les caractéristiques des œuvres protégeables.
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A. L’indifférence du genre :
Les œuvres qui peuvent donner prise aux droits d’auteur sont littéraires,
scientifiques ou artistiques, peu importe le genre auquel appartient l’œuvre à
partir du moment où la faveur du législateur n’est pas réservée à une catégorie
bien déterminée.
La distinction entre les œuvres littéraires (exemple : un roman), scientifiques et
artistiques est discutable ; d’abord, parce que les œuvres aussi bien littéraires
que scientifiques communiquent par le vêtement des mots. Ensuite, la catégorie
des œuvres artistiques regroupe des œuvres de natures bien différentes
puisqu’on trouve par exemple les œuvres audiovisuelles et les œuvres d’art
plastique (les sculptures, les dessins d’ornement et les dessins et modèles).
Le qualificatif artistique est d’ailleurs lui-même équivoque (ambigu) en raison
de l’interprétation extensive à laquelle il se prête qui permettrai à la limite
d’englober toutes les œuvres de l’esprit.
Enfin, il y a des chevauchements (regroupements) entre les catégories comme le
montre les œuvres audiovisuelles ou celui des œuvres numériques.
La liste des œuvres sur lesquelles porte le droit d’auteur n’est pas limitative. On
peut classer ces œuvres en 3 catégories :
• Les œuvres qui figurent habituellement dans la détermination de
l’objet du droit d’auteur.
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La liste prévue dans l’al. 2 de l’art. 1er de la loi de 1994 étant précédée par
l’expression « parmi » elle n’est pas limitative.
Il est donc indifférent que l’œuvre ne puisse être rattachée à l’un des cas
énumérés par l’al. 2 de l’art. 1er précité.
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B. L’indifférence de la valeur :
L’art. 1er de la loi de 1994 impose de ne pas tenir compte dans la détermination
des œuvres investies du droit d’auteur de la « valeur de l’œuvre » ; autrement
dit, le juge doit s’interdire de procéder à toute appréciation portant sur le mérite
de la création. Cette interdiction vaut d’abord pour l’opinion formulée sur la
valeur esthétique de l’œuvre. Sous cet aspect, elle se justifie facilement, il n’y
aurait eu aucune sécurité juridique si l’on devait fait dépendre l’application de la
loi du bon vouloir d’un juge érigé en critique.
De façon générale, l’art. 1er exclu tout jugement de valeur sur le contenu de
l’œuvre. Ainsi, la protection légale ne pourra être refusée sur la base de
considérations d’ordre moral naturellement étrangère au droit d’auteur lequel
doit subsister même en cas de censure.
Pas d’avantage il ne devrai être tenu compte de la banalité ou du caractère
contestable des thèses développées dans un ouvrage ce qui va généralement de
soi puisque le monopole ne porte pas sur les idées.
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L’art. 1er al. 2 de la loi de 1994 cite « Les œuvres exprimées oralement, telles que
les conférences, allocutions et autres œuvres similaires ».
Vu le caractère indicatif des œuvres orales, celles-ci peuvent englober les
plaidoiries, les serments comme c’est le cas en droit français.
La forme d’expression peut également s’entendre dans un sens différent
permettant par exemple d’opposer les compositions musicales avec ou sans
paroles et dans le domaine des arts plastiques le dessin, la peinture, la sculpture.
D. L’indifférence de la destination :
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2. Les limites :
L’art. 1er al.3 de la loi de 1994 exclu « Les textes officiels d’ordre législatif,
administratif ou judiciaire et leurs traductions officielles » du champ de la
protection par le droit d’auteur.
DESBOIS trouve l’exclusion comme une dérogation au principe de
l’indifférence de la destination, il justifie cette exclusion par l’idée que « toute
entrave qui serait mise à leur diffusion contrarierai le destin des dispositions qui
y sont contenues ». Pour lui, l’exclusion est en quelque sorte le corolaire
(conséquence) de la règle « Nul n’est censé ignorer la loi ».
L’explication est peut être un peu courte pour les décisions judiciaires qui ne
sont pas visées par la règle de l’art. 545 du C.O.C.
Au-delà des lois, règlements et décisions judiciaires qui sont directement visés
par l’exclusion, peut-on admettre que celles-ci s’appliquent à toutes les œuvres
comportant des dispositions ayant « valeur normative ».
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Dans la première approche, on est porté à étendre l’exclusion à tous les rapports
officiels ce que parait admettre la loi espagnole refendue de 1996 sur le droit
d’auteur en visant de manière générale dans son art. 13 : « Les actes, les
décisions, les délibérations et les rapports des organismes publics ».
Dans la seconde, le droit d’auteur ne devrait être écarté que pour les lois et
règlements.
S’agissant d’une exception qui doit être interprétée d’une façon stricte,
nous trouvons la deuxième interprétation plus convaincante que la
première, ce qui fait que le domaine de l’exclusion se limiterai aux lois,
règlements et décisions judiciaires.
La forme dans laquelle doit s’incarner l’œuvre de l’esprit ne lui permet pas
d’accéder à la protection du droit d’auteur si elle est purement fonctionnelle.
L’exclusion peut prendre appui sur l’exigence d’originalité qui, quelque soit
l’approche retenue, implique une part d’arbitraire. Elle correspond aussi à une
politique législative qui vise à articuler de manière cohérente entre eux les
différents droits de propriété intellectuelle, ici le brevet et le droit d’auteur.
Selon l’art. 2 al. 2 de la loi n° 2001-21 du 6 février 2001 relative à la protection
des dessins et modèles industriels : « [..] si le même objet a été considéré à la
fois comme un dessin ou un modèle industriel nouveau et comme une invention
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L’art. 1er de la loi de 1994 précité exige l’originalité de l’œuvre pour que celle-ci
soit investi du droit d’auteur. La doctrine considère l’originalité comme la seule
condition de protection des droits d’auteur sur cette œuvre voire « La pierre de
touche des droits d’auteur », cette expression est empruntée à DESBOIS.
Malgré son importance, l’originalité n’est pas définie par le législateur. A cette
première difficulté se sont ajoutés deux obstacles :
• premier est relatif à l’approche qui doit être retenue pour appréhender
la notion de l’originalité. En effet, l’extension continue du champ
d’application du droit d’auteur en direction des œuvres utilitaires (les
logiciels) a fait apparaitre les limites d’une approche subjective de
l’originalité. Certains auteurs relèvent que l’originalité est en voie
d’objectivation et souligne sa flexibilité.
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créations ne pouvait pas être assimilée à une création personnelle (originale) qui
donne lieu à l’octroi du droit d’auteur.
Ainsi, la décision précitée a donné à l’originalité une définition négative.
Dans une autre affaire, les juges tunisiens ont eu à se prononcer sur la notion
d’originalité mais cette fois-ci à propos d’un interview. D’après les faits de
l’espèce, une journaliste a pris l’habitude de publier des articles dans une revue
dont le propriétaire est N.B. dans son numéro paru le 19 mai 1999, la journaliste
a publié une interview avec une militante palestinienne ; par la suite, la
journaliste s’est aperçue que le propriétaire de la revue a procédé à la
publication de la même interview à une autre revue en son nom personnel et ce
sans même obtenir une autorisation de la journaliste. Sur ce, la journaliste a
intenté une action en justice pour violation de son droit d’auteur sur la base de
l’article 8 (droit moral) de la loi du 24 février 1994 afin de réclamer la
réparation du préjudice qu’elle aurait subi.
Mais la cour a débouté la journaliste puisqu’elle a estimé que « poser des
questions et reproduire les réponses lors d’une interview ne peut constituer une
œuvre originale au sens de l’article 1er de la loi du 24 février 1994. La
journaliste ne peut se prévaloir des dispositions de l’article 8 de la loi précitée
qui ne saurait s’appliquer à une œuvre dont l’originalité fait défaut ».
Toutefois, dans cet arrêt, la cour n’a pas non plus défini l’originalité puisqu’elle
s’est contentée de la dénier à l’interview en question.
C’est dans un arrêt de la cour d’appel de Tunis en date du 12 février 1997 qu’on
trouve pour la première fois une définition de l’originalité. Selon les faits de
l’espèce, Mr. SLAMA est l’auteur d’un livre intitulé Football : Les règles du jeu
et l’art de l’arbitrage, il s’est rendu compte que le journal hebdomadaire « al
osboua al mousawar » a sciemment publié et reproduit intégralement plusieurs
passages du livre en question dans plus de 56 numéros de ce journal, et ce sans
avoir obtenu l’autorisation de l’auteur ni même mentionné le titre du livre et le
nom de son auteur. L’auteur a assigné le journal en justice réclamant la
réparation de son préjudice moral et matériel subi.
Le tribunal de 1ère instance de Tunis lui a donné gain de cause mais le journal a
interjeté appel par son représentant légal à l’encontre de la décision de la
juridiction du 1er degré. L’appelant a estimé que Mr. SLAMA ne pourrait se
prévaloir d’un quelconque droit d’auteur sur le livre litigieux parce qu’il ne
présente aucun caractère original. L’appelant trouve que l’auteur n’a fait que
reproduire un ensemble de règles juridiques établies par la FIFA.
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« Le droit d’auteur couvre toute œuvre originale [..] ainsi que sur le titre de
l’œuvre ».
Effectivement, le titre d’une œuvre peut être protégé par le droit d’auteur en tant
qu’œuvre de l’esprit à condition que ce titre soit original ; càd qu’il exprime la
personnalité de son auteur, l’originalité du titre doit s’apprécier au jour de la
création de ce titre et non au jour où le juge statue, car un titre qui été original
initialement peut devenir ensuite une expression du langage courant, notamment
en raison du succès de l’
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L’adjectif « relatif » est employé pour indiquer que l’œuvre peut être originale
tout en étant tirée du folklore ou du patrimoine commun architectural ou, plus
généralement, en empruntant à une œuvre antérieure même lorsqu’un tel
emprunt porte sur des éléments donnant prise au droit d’auteur. On parle dans
cette dernière hypothèse d’œuvre seconde ou encore d’œuvre dérivée.
Cette œuvre a été définie par l’art. 5 de la loi de 1994 :
C’est le cas de la traduction d’une œuvre littéraire par un auteur qui a essayé
d’exprimer sa propre personnalité dans la traduction en interprétant le texte en
cherchant des équivalences et en essayant de rendre l’atmosphère et le temps de
l’œuvre initiale. L’œuvre accomplie par le traducteur est originale, mais son
originalité n’est que relative.
Il faut noter que le droit d’auteur s’exerce selon l’art. 1er de la loi 1994 aussi
bien sur l’œuvre dans sa forme « originale » que sur la forme dérivée de
« l’original ». dans cet ordre d’idées, l’art. 6 de la loi précitée dispose que :
« Les auteurs de traductions, d'adaptations, transformations ou arrangements
des œuvres littéraires, scientifiques ou artistiques, jouissent de la protection
instituée par la présente loi, sans préjudice des droits de l'auteur de l'œuvre
originale.
Il en est de même des auteurs de recueils d’œuvres, tels que les encyclopédies ou
les anthologies, des recueils d’expression du folklore ou les bases de données
comprenant de simples faits ou des données, qui par le choix, ou la disposition
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des matières, constituent des créations intellectuelles, sans préjudice des droits
des auteurs des œuvres originelles ».
Certaines œuvres citées par l’art. 6 constituent des œuvres dérivées parce que
leurs auteurs partent d’œuvres préexistantes ; tel est le cas des traductions,
adaptations, transformations ou arrangements.
En revanche, d’autres œuvres citées par l’art.6 se contentent de recenser des
données, càd des informations qui ne sont protégées par le droit d’auteur
(exemple : un annuaire, le calendrier d’un spectacle, etc.). ces bases ou recueils
ne sont pas des œuvres dérivées lorsqu’ils ne partent pas d’œuvres préexistantes.
Ainsi, l’étude du caractère relatif de l’originalité sera menée en faisant la
distinction entre les œuvres dérivées (1) et les recueils ainsi que les bases de
données (2).
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œuvre, ce qui oblige le traducteur à prendre une certaine liberté par rapport à
l’œuvre initiale, d’en ajouter comme d’en retrancher des passages.
La loi n° 2009-33 du 23 juin 2009 modifiant et complétant la loi du 24 février
1994 a ajouté à l’article 6 un deuxième alinéa dans lequel figurent les
anthologies (une anthologie désigne un recueil de morceaux choisis en prose ou
en vers). Quant au recueil, il constitue un ouvrage ou volume réunissant des
écrits et des documents.
La protection des anthologies telles que celles de la poésie française de JIDE
s’inscrit parfaitement dans l’approche subjective de l’originalité.
DESBOIS justifie ainsi la protection par l’idée de la sélection ) (المنتخباتà
laquelle se livre l’auteur de l’anthologie révèle ses préférences, ses conceptions,
son idéologie, et donc, sa personnalité. Mais l’anthologie ne peut donner prise
au droit d’auteur qu’à la condition de résulter d’une véritable activité créative.
Le législateur cite dans l’al.2 ajouté par la loi de 2009 à l’art.6 précité les
recueils et les bases de données. S’agissant des recueils qui rassemblent des
données, càd des informations qui ne sont pas protégées par le droit d’auteur, par
exemple un annuaire ou un catalogue de programme de spectacle, ils ne
constituent pas des œuvres dérivées puisqu’ils ne doivent rien à une œuvre
préexistante. Leur originalité ne réside pas dans les informations mais dans le
choix opéré ou la présentation choisie. D’ailleurs, le législateur a employé deux
critères pour apprécier l’originalité de ces recueils ou bases de données ; à savoir
le choix ou la disposition des matières.
Mais la référence à ces deux critères s’est faite d’une façon alternative. Ainsi, il
suffit que le recueil ou la base comprenne des données qui sont présentées selon
un ordre alphabétique ou chronologique pour le recueil en question remplisse la
condition d’originalité.
La base de données bénéficie de la protection au titre du droit d’auteur sans être
pour autant définie par le législateur. En revanche, le législateur français a, dans
son article 112-3 du code de la propriété intellectuelle, l’a défini comme suit :
« On entend par base de données un recueil d'œuvres, de données ou d'autres
éléments indépendants, disposés de manière systématique ou méthodique, et
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Les titulaires des droits sont les personnes qui bénéficient des droits d’auteur sur
l’œuvre. Mais l’auteur ; càd la personne qui a créé l’œuvre n’est pas toujours
celle qui en est titulaire des droits d’auteur. En effet, l’auteur peut céder tout ou
partie des droits patrimoniaux sur l’œuvre à un exploitant.
En outre, après sa mort, ses héritiers vont devenir titulaires de droits sur son
œuvre. Ainsi, les titulaires de certains droits peuvent ne pas être l’auteur même
de l’œuvre.
Il est donc essentiel de déterminer sur quelle tête naissent les droits d’auteur ne
serait-ce pour conserver en toutes hypothèses à ce titulaire initial l’exercice du
droit moral.
La notion d’auteur est intimement liée à l’acte de création, or celui-ci ne peut
émaner que d’une personne physique qui seule possède une capacité créatrice.
Ainsi, le droit d’auteur ne peut être attribué, en principe, qu’à une personne
physique (section 1ère). Toutefois, des dérogations sont apportées à ce principe
en vertu desquelles le législateur a, dans certains cas admis qu’une personne
morale puisse être investie du droit d’auteur (section 2ème).
La loi du 24 février 1994 précitée ne définit pas l’auteur d’une œuvre de l’esprit.
Toutefois, la doctrine trouve que l’auteur ne peut être que celui qui a créé
l’œuvre.
Le rapport étroit entre la notion d’auteur et l’acte de création se manifeste par la
protection accordée à l’œuvre par l’art.18 – al.1 de la loi du 24 février 1994 :
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« La protection est accordée à l’œuvre du seul fait de sa création quel que soit la
forme et le mode d’expression et même si elle n’est pas fixée sur un support
matériel ».
En effet, seule une personne physique peut exprimer sa personnalité : càd sa
personnalité, son talent, ses idées, dans une œuvre, jamais une personne morale
dont la personnalité juridique artificielle ne recouvre en rien cette aptitude-là.
L’implication de la personnalité du créateur dans la création exclue radicalement
qu’une personne morale puisse être qualifiée d’auteur.
En principe, la création est un fait se prouve par tous moyens, mais dès lors que
la protection légale est accordée du seul fait de la création, l’auteur peut
éprouver quelques difficultés à prouver sa qualité.
C’est pourquoi l’art.4 - al.1er de la loi de 1994 lui vient en aide en établissant une
présomption :
« L'auteur d'une œuvre est sauf preuve contraire, celui sous le nom de qui
l'œuvre est divulguée ».
En d’autres termes, lorsque l’œuvre est présentée ou publiée pour la première
fois avec l’indication d’un nom d’auteur, cette notion est présumée refléter la
réalité.
Il faut noter que la présomption établie par l’art.4 précité jour pour toutes les
œuvres et au profit de tous les auteurs dont le nom a été porté à la connaissance
du public d’une manière quelconque.
Encore faut-il que cette manière soit dépourvue d’ambiguïté tel n’est pas le cas
de la formule « avec le concours de ».
Cette présomption qui désigne l’auteur présumé d’une œuvre ne peut bénéficier
qu’à des personnes physiques puisque, comme on l’a vue, la qualité d’auteur ne
peut pas revenir à une personne morale.
Ne bénéficiant pas de l’art.4, une personne morale qui invoque des droits sur
une œuvre de l’esprit doit donc prouver en principe soit qu’elle a bénéficié de la
cession des droits de l’auteure, soit que l’œuvre relève de la catégorie des
œuvres collectives et qu’elle en est le promoteur au sens de l’art.5 – al.5 de la loi
de 1994 précitée.
Mais la présomption édictée par l’art.4 est simple parce qu’elle admet la preuve
contraire, ainsi le véritable auteur a toujours la possibilité de rapporter la preuve
contraire et de démontrer que l’œuvre est la sienne même si elle a été divulguée
anonymement ou sous un autre nom.
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A. L’octroi des droits d’auteur sur l’œuvre produite par des agents d’une
personne morale au dit agent :
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A. L’attribution des droits d’auteur sur le logiciel créé par des salariés à
l’employeur :
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La règle de l’art.43 – al.1er semble inclure les droits tant patrimoniaux que
moraux parce qu’elle emploi des termes généraux ; à savoir l’organisme
employeur auquel sont dévolus tous les droits reconnus aux auteurs.
Le législateur a voulu favoriser l’employeur qui a investi dans la création de
logiciels en lui attribuant le bénéfice des droits d’auteur.
La solution s’impose dans le cadre d’une politique cohérente d’encouragement
aux investissements dans ce secteur.
Accorder au créateur salarié des droits d’auteur sur son œuvre c’est lui permettre
de faire obstacle à l’exploitation et à la commercialisation du logiciel. Il fallait
donc écarter toutes les contraintes que pourrait subir les entreprises spécialisées
du fait de l’exercice par les salariés des droits d’auteur. Or, l’employeur auquel
sont dévolus les droits d’auteur est généralement une personne morale, ainsi le
législateur a dérogé au principe de l’attribution des droits d’auteur à la personne
physique ayant créé l’œuvre.
L’appartenance des droits d’auteur sur des œuvres collectives ou
cinématographiques au promoteur ou au producteur.
Selon l’art.5 – al.5 de la loi 1994, « est dite collective l’œuvre créée sur
l'initiative d'une personne physique ou morale qui la divulgue sous sa direction
et son nom, et dans laquelle la contribution personnelle des divers auteurs
participant à son élaboration se fond dans l'ensemble en vue duquel elle est
conçue, sans qu'il soit possible, d'attribuer à chacun d'eux un droit distinct sur
l'ensemble réalisé ».
La qualification d’œuvre collective suppose donc la conjonction de 2 éléments ;
d’une part une œuvre créée à l’initiative et sous la direction d’un promoteur,
d’autre part, une fusion des contributions empêchant l’attribution aux
participants de droits distincts sur l’ensemble. D’abord, il n’ y a œuvre collective
que si le promoteur démontre que l’œuvre est due à son initiative et qu’il a joué
un rôle moteur pendant la phase d’élaboration.
La qualification sera par exemple admise pour une histoire de la Tunisie en
bonde dessinée créée par une maison d’édition qui en assure la conception
générale et lui donne son caractère culturel ou pédagogique. C’est le cas aussi
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d’un site web dont la conception et l’élaboration ont été dirigées et coordonnées
par une société.
Il faut ajouter que le promoteur ne doit pas se contenter de prendre l’initiative
car il faut également qu’il divulgue l’œuvre sous sa direction et en son nom.
Ensuite, pour qu’il y est œuvre collective, il faut une fusion des contributions
empêchant l’attribution aux participants de droits distincts sur l’ensemble.
Une œuvre ne peut être dite collective que si elle résulte de plusieurs
contributions, mais cela ne devrait pas exclure l’identification de ces
contributions comme le montre l’exemple d’œuvres qui ont été qualifiées de
collectives ; un dictionnaire, une encyclopédie, un journal, etc.
Tout travail en équipe réalisé sous la direction d’une personne ne donne pas
l’essence à une œuvre collective, il faut encore, précise l’art.5 précité que
l’œuvre ait été créée dans des conditions tel qu’il soit impossible d’attribuer à
chacun des créateurs un droit distinct sur l’ensemble.
Pour ne pas étendre le champ d’application de la notion d’œuvre collective,
DESBOIS suggéré de retenir comme critère le rôle joué par les divers auteurs au
regard de la conception générale de l’œuvre. Selon lui, c’est seulement lorsqu’ils
n’ont pas pris part à cette conception et que leur apport se limite au domaine qui
leur a été assigné, que l’œuvre pourrait être qualifiée de collective faute pour
chacun de pouvoir revendiquer un droit indivis.
Dans les autres cas, il y aurait lieu de s’en tenir à la qualification d’œuvre de
collaboration. Autrement dit, la fusion des contributions ne serait aucunement un
indice en faveur de l’œuvre collective, elle pourrait même si elle passe par un
échange entre les participants, l’exclure.
Quant au droit d’auteur sur l’œuvre collective, il appartient, selon l’art.5 – al.6
de la loi 1994, à la personne physique ou morale qui a ordonné la réalisation et
l’édition de l’œuvre à moins qu’il ne soit prévu le contraire dans un contrat écrit.
Mais en pratique, le titulaire des droits sur l’œuvre collective est presque
toujours une personne morale. Ainsi, l’attribution des droits d’auteur au
promoteur constitue une exception au principe de l’octroi des droits d’auteur à la
personne physique créatrice de l’œuvre.
Dans cet ordre d’idées s’inscrit un arrêt inédit rendu par la [Link]. le 1er octobre
2003. D’après les faits de l’espèce, Mr. Ali est l’interprète de chanson
enregistrée à l’initiative et sous la direction de l’ERTT. Sous prétexte d’enrichir
sa bibliothèque privée, il a présenté une demande au directeur de l’ERTT afin
d’obtenir l’autorisation d’enregistrer les dites chansons qu’il a interprétées et
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que l’ERTT a reproduite. Après avoir donné son autorisation, l’ERTT s’est
aperçu de l’existence d’affiches publicitaires pour des casettes comportant
l’enregistrement de cette chanson lequel l’enregistrement avait été cédé à une
société par l’interprète des dites chansons. Ainsi, l’ERTT a agi en justice sur le
fondement de l’art.32 de la loi de 1994 pour réclamer le retrait de
l’enregistrement litigieux du marché et la réparation du préjudice subi.
La demanderesse a obtenu gain de cause auprès des juridictions du fond.
Quant à la [Link]., elle a commencé par rappeler les dispositions de l’art.5 qui
définisse l’œuvre collective et détermine son propriétaire. Elle a ensuite précisé
que malgré la participation commune du poète et du compositeur de la musique
pour la réalisation de la chanson, leur œuvre reste l’exécution de l’idée de
l’ERTT qui eu l’initiative de la direction et de l’organisation. Cet établissement
s’est chargé en outre de toutes les dépenses de l’enregistrement, des honoraires
des musiciens et de la chorale. La seule interprétation de la chanson ne constitue
pas une œuvre, au contraire, il faut prendre la chanson dans sa globalité ; la
chanson se compose de paroles, de répartitions musicales exécutées et de son
interprétation. La direction de l’enregistrement de tous ces éléments sur la même
cassette créé l’œuvre.
Cette direction a été assurée par l’ERTT qui est devenue de ce fait propriétaire
de l’œuvre.
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Les droits dont jouit l’auteur sur son œuvre sont, d’après l’art.8 de la de 1994,
d’ordre moral et patrimonial. Cette loi a réservé son chapitre deuxième aux
droits de l’auteur.
Les droits d’auteur représentent une propriété incorporelle permettant à l’auteur
par exemple de reproduire son œuvre ou de la divulguer, il mérite d’être
distingué du support dans lequel l’œuvre est incorporée. Il arrive par exemple
qu’un peintre cède son tableau mais cela ne l’empêche pas de rester titulaire du
droit d’auteur. Quant à la propriété du support matériel, à savoir le tableau, elle
revient au cessionnaire.
Ainsi, la distinction entre la propriété incorporelle de l’œuvre et la propriété
corporelle du support se révèle nécessaire et fructueuse pour déterminer l’étendu
du droit de reproduction et s’agissant des prérogatives morales du droit de
divulgation.
D’ailleurs, l’indépendance entre les prérogatives relevant de la propriété
corporelle du support et celles faisant partie de la propriété intellectuelle de
l’œuvre de l’esprit est signalée par la loi de 1994 dans deux dispositions.
• La première est prévue par l’art.18 qui accorde la protection à l’œuvre
du seul fait de sa création « même si elle n’est pas fixée sur un support
matériel ».
• La deuxième est prévue par l’art.23 qui dispose que « La cession du
droit de communiquer l’œuvre au public n'implique le droit de la
reproduire sur un support matériel tel que l'enregistrement sur bande à
titre d'exemple, de même l’œuvre qui est enregistrée sur un support
matériel ne peut être communiquée au public sans l'autorisation de
l'auteur ».
Ce texte de l’art.18 a été appliqué par le tribunal de 1ère instance de Tunis dans
son jugement rendu le 10 janvier 1995 pour trancher un litige qui lui a été
soumis. D’après les faits de l’espèce, Mr. Zied, un peintre a cédé un de ses
tableaux à Mme. Nicole qui, à son tour, l’a cédé à une société d’édition. Celle-ci,
sans avoir obtenu l’autorisation du peintre, a reproduit le tableau en question sur
la couverture d’un livre qu’elle a édité pour son compte sans mentionner ni le
nom ni la signature de l’auteur. Ce dernier a ainsi assigné en justice les deux
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Après cet aperçu sur le rapport entre les droits d’auteur et la propriété corporelle,
il faut examiner le contenue de ces droits en faisant la distinction entre les droits
patrimoniaux (Section 1ère) et le droit moral (Section 2ème).
L’art.9 bis de la loi du 24 février 1994 reconnait à l’auteur « des droits exclusifs
[..] d’exploiter son œuvre » comprenant le droit de reproduction et le droit de
représentation.
A ces deux droits, le législateur a ajouté deux autres dans le même texte, à savoir
le droit de traduction et celui d’adaptation d’une part et la location commerciale
d’autre part.
En plus des droits exclusifs d’exploitation, le législateur reconnait un droit de
suite aux auteurs de manuscrit et d’œuvres plastiques.
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Ce droit consiste non pas dans un monopole mais dans le droit d’exiger un
pourcentage lors des aliénations indiquées par l’art.25 de la loi de 1994. Il n’en
constitue pas moins pour l’auteur un droit de nature patrimonial.
Droits patrimoniaux
Comme on vient de les voir, ces droits sont le droit de reproduction et le droit de
représentation ainsi que les droits de traduction, d’adaptation et le droit de
location commerciale.
Nous allons d’abord analyser en quoi consiste les prérogatives conférées par les
droits d’exploitation de l’œuvre (Paragraphe 1er) pour passer ensuite aux
exceptions relatives à ces droits (Paragraphe 2ème).
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A. Le droit de reproduction :
Aux termes de l’art.9 bis de la loi de 1994 précitée, « Les droits patrimoniaux de
l’auteur représentant des droits exclusifs dont jouit l’auteur de l’œuvre,
d’exploiter son œuvre ou d’autoriser son exploitation par autrui, en
accomplissant l’un quelconque des actes suivants :
a) reproduire l’œuvre par tous procédés et notamment par imprimerie, dessin,
enregistrement audio ou audio-visuel sur bandes magnétiques, disques, disques
compacts ou par tout système informatique et autres moyens ».
on remarque que le législateur a essayé de clarifier la notion de reproduction
moyennant une énumération d’exemples ou de cas. Même si cette énumération a
tenu compte de l’évolution technologique, elle demeure non-exhaustive vue
d’adverbe « notamment » qui l’a précédé.
A partie des divers exemples énumérés pour illustrer la notion de reproduction,
celle-ci peut être définie comme le droit pour l’auteur d’autoriser ou d’interdire
la fixation matérielle de l’œuvre par tout procédés qui permettent de la
communiquer au public d’une manière indirecte.
Le législateur considère la reproduction comme une fixation matérielle peu
importe qu’elle soit réalisée ou non à partir d’une autre fixation. Ainsi,
l’enregistrement d’une œuvre orale relève du droit de reproduction.
La production de disques comportant des morceaux extraits de la musique relève
du droit de reproduction et demeure de ce fait soumis à une autorisation de
l’auteur de la composition musicale.
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C’est dans ce sens que s’inscrit un arrêt rendu par la [Link]. le 16 juin 1998. Il
résulte des faits de l’espèce qu’une société a enregistré tous les morceaux
extraits de la musique du film « le silence des palais » sur des disques et
cassettes audiovisuelles sans obtenir une autorisation du compositeur ; à savoir
Anouar BRAHEM.
Celui-ci a obtenu gain de cause auprès des juridiction du fond qui ont relevé
l’absence d’une autorisation exigée par l’art.32 de la loi de 1994 pour pouvoir
exploiter une œuvre musicale. Elles ont décidé d’interdire la circulation du
disque produit de confisquer et de détruire toutes les copies du disque.
Le pourvoi en cassation formé à l’encontre de l’arrêt de la Cour d’appel a été
rejeté.
B. Le droit de représentation :
1. La notion de représentation :
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Il résulte de l’énumération faite de l’art.9 bis précité que tous les procédés sont
admis pour que l’auteur puisse communiquer son œuvre.
Il n’y a pas lieu d’opérer la moindre distinction selon les moyens techniques
utilisés pour établir la relation entre l’œuvre et le public.
Relève de la représentation d’une chanson ou d’une composition musicale.
Il faut noter que la représentation n’est soumise au monopole que si elle
communique l’œuvre au public.
Bien que la loi e contente d’utiliser la communication, la doctrine s’accorde à
considérer que ce qui compte est « la mise à la disposition du public » de sorte
qu’il est indifférent que la communication ne soit pas effective et qu’il suffit
d’un public potentiel.
DESBOIS observe dans ce sens que la pièce jouée devant une salle vide n’en est
pas moins représentée.
[on ne parle pas de limites mais plutôt d’exceptions car les limites sont plus
générales que les exceptions et nous n’allons pas parler de toutes les limites]
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Le législateur a prévu des cas dans lesquels le droit exclusif d’exploitation est
paralysé ; il s’agit de cas qui constituent des dérogations à l’exclusivité du droit
dont jouit l’auteur.
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Exemple : on peut citer le cas de celui qui recopie un ouvrage entier afin de se
dispenser de l’acheter ou encore le cas de l’étudiant amassant une
documentation pour son travail personnel.
Le législateur fait échapper l’usage privé aux droits exclusifs de l’auteur, mais il
a tenu compte des conséquences néfastes que cette utilisation à titre privé
pourrait avoir sur l’exploitation économique d’une œuvre et notamment du
préjudice subi par l’auteur du fait de la multiplication des reproductions privées.
Il a prévu dans l’art.37 de la loi 1994 une taxe d’encouragement à la création qui
est due à l’importation et localement sur les supports audio et audiovisuels non
enregistrés ainsi que sur les appareils et équipements d’enregistrement et de
reproduction.
Mais au terme de l’art.46 al.1er de la loi de 1994, « est permis sans autorisation
de l’auteur ou son représentant, la réalisation d’une seule copie de sauvegarde
du programme d’ordinateur par le propriétaire de l’exemplaire licite de ce
programme d’ordinateur ».
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L’examen de l’art.11 de la loi de 1994 permet de constater qu’il est possible pour
un auteur de citer dans son œuvre des passages figurant dans une autre œuvre.
• A condition que l’œuvre d’où est puisée la citation soit « déjà licitement
rendue accessible au public ».
Autrement dit, il faut que l’œuvre soit déjà publiée (divulgation de
l’œuvre au public).
• Les citations et emprunts soient conformes aux bons usages
(proportionnalité).
• Qu’elle soit justifiée par un but scientifique, éducatif ou d’information à
atteindre. L’atteinte au monopole de l’auteur trouve sa justification dans la
liberté d’information et de critique ou la diffusion du savoir.
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DROIT DE LA PROPRIETE LITTERAIRE ET ARTISTIQUE : MR. WALID MOKRANI
La notion de revue de presse n’est pas définie par le législateur mais elle
implique selon la [Link]. du 30 janvier 1978, Dalloz, 1979, p. 583 :
« une présentation conjointe et par voie comparative de divers commentaires
émanant de journalistes différents et concernant un même thème ou un même
événement ».
DESBOIS enseigne que la parodie intéresse les œuvres musicales, le pastiche les
œuvres littéraires et la caricature les œuvres d’art.
[faute de [Link]]
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Plus encore que l’exception de citation, l’exception de parodie est fondée sur la
liberté d’expression.
La délivrance de ces licences est de nature à porter atteinte aux droits exclusifs
de l’auteur.
Le nom de l’auteur et titre original de l’œuvre doivent être indiqués sur tous les
exemplaires de la reproduction ou de la traduction publiée en vertu des licences
délivrées. L’auteur bénéficie en contrepartie de la délivrance de ces licences
d’une rémunération équitable.
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L’utilisation permise va beaucoup plus loin que la citation car c’est l’œuvre tout
entière qui peut être reproduite ou communiquée. On trouve dans l’art.10-c de la
loi de 1994 une autre exception du droit exclusif de l’auteur qui consiste dans la
possibilité de reproduire pour l’enseignement ou pour les examens dans les
établissements d’enseignement, les articles isolés licitement publiés dans un
journal ou périodiques, de courts extraits d’une œuvre ou d’une courte œuvre
licitement publiée.
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Ainsi, l’art.10 qui a prévu cette exception pourrait être appliqué pour légitimer la
communication par l’éditeur du manuscrit de l’auteur dans le cadre d’un litige
avec un autre éditeur.
En plus des droits qui font l’objet d’un monopole au profit de l’auteur, d’autres
droits ne lui accorde qu’un pourcentage prélevé sur le prix de vente ; il s’agit du
droit de suite.
§ 2 – Le droit de suite :
Le droit de suite est régi par l’art.25 de la loi du 24 février 1994. Cet art. dispose
que « Les auteurs de manuscrits et d’œuvres plastiques ont, nonobstant toute
cession de l'œuvre originale, un droit inaliénable de participation au produit de
toute vente de cette œuvre faite aux enchères publiques ou par l'intermédiaire
d'un commerçant. Après le décès de l'auteur, ce droit de suite persiste pendant
l'année grégorienne en cours et les cinquante années suivantes, il est prélevé au
bénéfice de l'auteur ou de ses héritiers, cinq pour cent sur le produit de la
vente ».
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On sait bien que l’auteur d’un manuscrit ou d’une œuvre plastique en tire
généralement qu’un maigre profit de l’exercice du monopole de reproduction ou
de représentation et que l’essentiel de ses ressources provient de l’aliénation de
l’objet matériel dans lequel s’incorpore son œuvre. Or, il est fréquent qu’un
artiste qui n’a pas encore connu le succès soit contraint par les circonstances à
céder à bas prix un objet dont la valeur augmentera de façon spectaculaire
lorsqu’il devient célèbre.
Le droit de suite a bien du mal à trouver place dans la palette des droits d’auteur.
En effet, il parait bien y avoir une différence de nature entre le droit privatif qui
permet d’interdire l’exploitation d’une œuvre de l’esprit en tant que telle et le
simple droit de créance qui s’exerce à l’occasion de l’aliénation d’un objet
corporel.
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Henri DESBOIS objecte que le droit de suite présente au même titre que le droit
de reproduction ou de représentation la particularité de restreindre la propriété
corporelle ; càd le support matériel.
Mais, outre que la restriction n’affecte pas directement les prérogatives des
propriétaires, l’observation est de portée limitée et ne permet pas en tout cas de
déduite l’identité de nature.
Reste que le droit de suite est destiné à compléter dans le domaine des arts
graphiques et plastiques la panoplie des droits patrimoniaux traditionnels et qu’il
est lié à la qualité d’auteur.
• Le bénéficiaire.
• Les œuvres qui donnent prise au droit de suite.
• Les ventes qui donnent lieu à l’exercice du droit de suite.
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Le droit de suite a pour objet le support matériel, càd l’objet corporel qui donne
lieu à l’exercice de ce droit. Celui-ci ne s’applique qu’aux manuscrits et aux
œuvres plastiques tels que les tableaux et les peintures.
L’art.25 précité vise « l’œuvre originale » ; càd l’œuvre créée par l’artiste lui-
même. L’originalité ne renvoie pas ici à l’œuvre mais seulement au support
matériel.
Cette formule a une longue portée, il faut inclure non seulement des reventes
dans la négociation desquelles un commerçant intervient comme intermédiaire
ou encore mandataire de l’une des parties mais aussi celles dans lesquelles il a
qualité de vendeur. Seules sont donc soustraites au droit de suite les ventes
originaires, càd les ventes qui ont été faites par l’auteur lui-même et celles dont
l’initiative est prise par l’artiste lui-même.
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Le montant est distrait du prix de vente pour être versé aux intéressés.
L’art.8 de la loi du 24 février 1994 précitée classe les droits de l’auteur en droits
patrimoniaux et moraux. Le législateur précise les caractères des droits moraux
dans l’al.2 de l’art.8 précité.
Quant aux attributs des droits moraux ; à savoir le droit de divulgation, le droit
de retrait, le droit à la paternité et le droit au respect de l’œuvre, ils sont
déterminés par l’art.9 de la même loi.
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Mais cette opposition ne suffit pas à justifier l’inclusion du droit moral dans la
catégorie des droits de la personnalité. Un tel rattachement ne rend pas compte
de la richesse de la notion laquelle apparait mieux si la perspective se déplace
vers les droits patrimoniaux de l’auteur.
Le droit moral n’existe en effet qu’à travers une œuvre de l’esprit, ce qui lui
donne une spécificité qu’on doit se garder (s’empêcher) de sous-estimer.
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Il porte ensuite sur un bien incorporel ayant une existence autonome et donnant
prise à un monopole d’exploitation et non sur un attribut intrinsèque de son
titulaire.
Le droit moral est d’abord et avant tout un droit d’auteur au même titre que le
monopole d’exploitation.
L’opposition entre droit moral et droits patrimoniaux rend compte d’une réalité
Elle n’exclut pas toutefois les chevauchements ; on sait bien que le droit moral
est parfois exercé en pratique à des fins patrimoniales. Mieux, l’exercice du droit
moral peut commander l’exercice des droits patrimoniaux comme nous le
verrons pour le droit de divulgation.
La frontière entre les deux types de prérogatives se révèle alors difficile à tracer.
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Art.8 – al.2 de la loi du 24 février 1994 dispose que « Les droits moraux sont
imprescriptibles, ne peuvent faire l’objet de renonciation et sont inaliénables. Ils
sont toutefois transmissibles par voie de succession ou par testament ».
Ensuite, c’est un droit inaliénable ; càd qu’il ne peut pas être cédé.
Les attributs du droit moral énumérés par l’art.9 de la loi de 1994 sont de l’ordre
de quatre ; il s’agit du droit de la divulgation, du droit du retrait, du droit à la
paternité et du droit au respect de l’œuvre.
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A. Le droit de la divulgation :
1. La notion de divulgation
La divulgation doit donc s’entendre d’un fait matériel comme la publication qui
en est une des manifestations. Ainsi, l’œuvre est divulguée lorsqu’elle est rendue
accessible pour la première fois au public.
La divulgation d’une pièce de théâtre par exemple ne doit être faite qu’avec le
consentement préalable et écrit de l’auteur.
Tel est l’enseignement qu’on peut tirer d’un arrêt rendu en référé par la Cour
d’Appel de Tunis n° 1945 le 24 octobre 1994.
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B. Le droit de retrait :
Le droit de retrait permet de tenir en échec la force obligatoire des contrats afin
de respecter les scrupules (volonté) de l’auteur ; en quoi il se distingue du droit
qu’a celui-ci (l’auteur) de nier sa paternité.
Ainsi, le droit de retrait qui suppose que l’œuvre a été divulguée au public
permet à l’auteur de mettre fin à son exploitation.
Le droit de retrait tient en échec la force obligatoire du contrat qui lie l’auteur à
l’exploitant ; l’auteur doit payer une juste indemnité à l’exploitant autorisé ayant
subi un préjudice.
A. Le droit à la paternité :
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L’auteur ou ses ayants droit seront donc fondés à rétablir la vérité en cas
d’usurpation ou d’omission ou d’erreur dans l’orthographe.
DESBOIS observe à juste titre qu’il s’agit là d’un « droit inné » qui se relie à
l’acte de création intellectuel.
Dans cet ordre d’idées s’inscrit un jugement rendu par le TPI Tunis le 19 mars
2007. D’après les faits de l’espèce, MONCEF DHOUIB a créé en 1995 une
pièce de théâtre intitulée « FLOUS » ou encore « TELVZA JEYA » puis une
convention a été conclue avec l’acteur LAMINE NEHDI par laquelle ce dernier
reconnait que MONCEF DHOUIB est l’auteur de ladite pièce. Celle-ci fut
enregistrée par l’auteur à l’office tunisien de protection des droits d’auteur le 29
octobre 2001 sous le titre de « TELVZA JEYA » mais il s’aperçu que LAMINE
NEHDI a procédé sans son autorisation à la représentation de la pièce sous un
autre tire « FI HEK EL SARDOUK NRAYCHOU » et qu’il l’a enregistré en son
nom à l’office tunisien de protection des droits d’auteur « OTPDA » sous le
même titre le 30 janvier 2001.
Le TPI de Tunis s’est référé au contrat conclu entre les deux parties au litige et
dans lequel le défendeur reconnait que le demandeur est titulaire du droit
d’auteur. Puis, le tribunal a examiné les correspondances adressées par le
directeur du festival de Hammamet en 1997 et par le représentant légal d’une
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société algérienne en 1998 qui révèle que le demandeur est considéré comme
l’auteur de la pièce litigieuse.
Il faut noter que toute atteinte au nom de l’auteur ne peut pas être sanctionnée
sur le fondement du droit à la paternité. En réalité, le droit à la paternité comme
tous les autres attributs du droit moral n’est en cause qu’à travers une œuvre de
l’esprit, notamment, il n’a pas pour objet de protéger l’auteur contre des atteintes
à l’honneur ou à la réputation.
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1. Les principes :
L’auteur doit établir une atteinte à son honneur ou à sa réputation comme l’exige
l’art.6 bis de la convention de Berne. L’auteur est seul juge de l’opportunité de
modifier son œuvre quelque soit l’importance de cette modification.
Par la force des choses, on s’attachera alors à rechercher si cette modification est
compatible avec l’esprit de l’œuvre.
Ainsi, il a été jugé (arrêt inédit- [Link] le 3 novembre 1999) que l’insertion
d’une préface dans le livre par la maison d’édition et l’adjonction des termes
« poème en prose » au titre initial sans avoir obtenu l’autorisation préalable de
l’auteur constitue une violation du droit moral portant sur l’œuvre et son titre.
2. Les limites :
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Ainsi, l’art.45 de la loi du 24 février 1994 précitée dispose que « Sauf stipulation
contraire, l'auteur ne peut s'opposer à l'adaptation du logiciel par des tiers dans
la limite des droits qu'il leur a cédés ».
A titre de rappel, « le logiciel » comme terme est employé par le législateur dans
la loi de 1994 qui malgré ça elle ne l’a pas défini.
Il est généralement admis que le terme « logiciel » revêt une signification plus
large que ceux « programme d’ordinateur ».
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De ce point de vue, le logiciel présente encore une fois une particularité par
rapport aux œuvres de droit commun étant donné qu’une certaine modification
est autorisée par la loi.
Ainsi, la citation est par définition une atteinte à l’intégrité de l’œuvre, elle a
pourtant toujours été tolérée.
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Les droits moraux sont imprescriptibles selon l’art.8 de la loi de 1994. En effet,
l’œuvre survit à son auteur tout en restant marquée de l’empreinte de sa
personnalité.
Quant aux droits patrimoniaux, ils ont une durée limitée. Ainsi, la propriété
littéraire et artistique est limitée dans le temps contrairement au droit de
propriété qui est perpétuel.
Le législateur a dû tenir compte de ce que « Les droits exclusifs sont exercés aux
dépends de la société tout entière » (DESBOIS) ; ce qui impose un compromis.
Le législateur a limité la durée de protection des droits patrimoniaux dans
l’art.18 de la loi de 1994. Celui-ci comprend une durée de droit commun prévue
par son al.2 et des cas particuliers voire des dérogations contenues dans les
al.3,4 et 5 du même texte et dans les art.19, 42 bis et 47 de la même loi.
Nous analyserons le principe ; càd la durée de droit commun (Section 1ère) avant
de voir les dérogations apportées à ce principe (Section 2ème).
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La durée post mortem qui est de 50 ans correspond au délai prévu par l’art.7 –
al.1er de la convention de Berne.
Mais en droit français, cette durée a été portée à 70 ans. L’allongement a été
justifié par l’idée que la volonté de faire bénéficier deux générations d’héritiers
des droits patrimoniaux objectif que le délai de 50 ans ne permettait plus
d’atteindre compte tenu de l’augmentation de la durée de vie moyenne.
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(Article : Pr. Hajer FATNASSI : ،2009 "قانون الملكية األدبية والفكرية على ضوء قانون
.) وما بعدها65. ص،2010 نوفمبر،مجلة القضاء والتشريع
Pour certaines œuvres, la durée du monopole est calculée en fonction non pas de
la date du décès de l’auteur mais du jour de la publication ou de la
représentation publique voire de la réalisation.
A leur égard en effet, il serait impossible de se révéler au décès ou tout au moins
une telle référence conduirait à un résultat inacceptable ; tel est le cas des œuvre
anonymes ou pseudonymes (A), des œuvres cinématographiques (B) et des
œuvres photographiques (C).
L’art.18 - al.4 de la loi de 1994 dispose que « Quant aux œuvres anonymes ou
portant un pseudonyme, la protection dure cinquante années à compter du
premier janvier de l’année suivant celle de la première publication de l’œuvre ».
C’est par nécessité de la date du décès que la date du décès de l’auteur n’a pas
été prise en considération. Les œuvres pseudonymes présentent la particularité
d’être divulguées sans mention de la paternité.
Cette substitution a le plus souvent comme conséquence d’abréger la durée de la
protection en comparaison avec le calcul qui est établi par rapport à la date du
décès.
Concernant le calcul de la durée de 50 ans prévue par l’art.42 bis pour protéger
les droits portant sur des œuvres cinématographiques, le législateur fait la
distinction entre l’œuvre qui a fait l’objet d’une représentation publique et celle
qui ne l’a pas été.
Dans la première hypothèse, le délai commence à courir « de la première
représentation publique licite de l’œuvre ». Ce mode de calcul est de nature à
abréger la durée de la protection en comparaison avec le calcul qui est établi par
rapport à la date du décès.
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DROIT DE LA PROPRIETE LITTERAIRE ET ARTISTIQUE : MR. WALID MOKRANI
La durée de protection des droits portant sur des œuvres photographiques qui est
de 50 ans est comptabilisée de la date de leur réalisation. Ce mode de calcul
entraine à son tour une abréviation de la durée de protection en comparaison
avec le calcul qui est établi par rapport à la date du décès.
Concernant le délai de 50 ans prévu pour la protection des droits portant sur des
œuvres de collaborations, ce délai commence à courir du « du premier janvier de
l’année suivant celle du décès du dernier auteur collaborateur ou de la date
retenue par le jugement déclaratif de décès, en cas d’absence ou de
disparition » (art.18 – al.4).
Il serait en effet inéquitable de traiter différemment les droits respectifs des co-
auteurs selon les hasards de la vie et de la mort et d’admettre que le délai
commencerait à courir séparément pour chacun à partir de son décès.
La collaboration qu’exprime sur le plan juridique le régime de l’indivision
implique que l’œuvre n’aurait pu voir le jour tel qu’elle a été publiée si tous les
co-auteurs n’avaient coordonné leurs efforts créateurs.
La participation de chacun ayant été une condition nécessaire du résultat, il
convient d’instaurer un régime égalitaire entre tous et par conséquent de
n’ouvrir pour tous le court du délai qu’au décès du dernier auteur.
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DROIT DE LA PROPRIETE LITTERAIRE ET ARTISTIQUE : MR. WALID MOKRANI
Les droits moraux sont, d’après l’al.2 de l’art.8 de la loi de 1994, sont
transmissibles par voie de succession ou par testament.
Cependant, la loi de 1994 n’a pas réservé de textes spéciaux à la transmission du
droit moral. Celle-ci s’effectue par conséquent selon els règles du droit commun.
Ainsi, la transmission du droit moral ne présente pas de particularité.
En revanche, la dévolution des droits patrimoniaux revêt certaines spécificités
qu’on peut relever dans quelques textes prévus par la loi de 1994. En effet, cette
dernière comprend :
• d’une part des dispositions régissant la dévolution des droits patrimoniaux
portant sur des œuvres divulguées du vivant de l’auteur.
• elle comprend d’autre part des dispositions relatives à la dévolution des
droits portant sur des œuvres divulguées après la mort de l’auteur.
C’est ainsi que nous allons nous concentrer sur la dévolution successorale des
droits patrimoniaux en faisant la distinction entre les œuvres divulguées du
vivant de l’auteur (Section 1ère) et celles qui sont divulguées après sa mort
(Section 2ème).
Section 1ère : La dévolution des droits portant sur des œuvres divulguées du
vivant de l’auteur :
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DROIT DE LA PROPRIETE LITTERAIRE ET ARTISTIQUE : MR. WALID MOKRANI
être fondée sur l’idée que les héritiers ou légataires doivent respecter les droits
que les cessionnaires tiennent des contrats passés avec le de cujus.
Indépendamment des règles relatives à la dévolution proprement dite, c’est tout
le droit successoral qui a vocation à s’appliquer y compris pour le
fonctionnement de l’indivision sauf à observer que le partage en nature n’est
guère concevable en pratique même en faisant abstraction du droit moral et que
l’évaluation présente par la force des choses un caractère quelque peu arbitraire.
Il faut noter que la dévolution des droits patrimoniaux d’auteur est indépendante
de la dévolution des objets corporels qui constituent le support matériel de
l’œuvre ou dans lesquels ladite œuvre s’incorpore.
Ceci suive normalement le même sort que tous les autres meubles sous réserve
de l’application éventuelle des règles dérogatoires relatives aux souvenirs de
famille.
Section 2ème : La dévolution des droits portant sur des œuvres divulguées
après la mort de l’auteur :
Les droits de publication après la mort de l’auteur qui sont régis par l’art.18 – al.
dernier de la loi de 1994 procède non pas de l’acte de création d’une œuvre de
l’esprit mais de la divulgation réalisée après le décès du créateur.
Le législateur les a institués afin de stimuler la publication d’œuvres qui
risqueraient de demeurer inconnues du public si elles n’avaient pas été
aménagées.
Prenons le cas d’une œuvre littéraire que l’auteur n’a pas publié de son vivant
mais qu’il n’a pas interdit de divulguer après sa mort. 50 années s’écoulent sans
que la publication ait lieu, plus tard, il est à craindre qu’elle ne demeure à jamais
inédite. Personne en effet n’osera assumer les frais de la publication si une
protection adéquate n’est aménagée contre une menace de concurrence.
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DROIT DE LA PROPRIETE LITTERAIRE ET ARTISTIQUE : MR. WALID MOKRANI
Cette œuvre étant au moment même où elle aura été publiée absorbée par le
domaine public. D’autres éditions pourront impunément voir le jour et celui qui
aura la témérité de courir les risques de la publication initiale perdra le fruit de
ses efforts, ses concurrents peuvent profiter du succès qu’il a rencontré pour
suivre son exemple.
Pour éviter ce péril et décider ses appréhensions, l’institution d’un monopole
apparu opportun au profit de celui qui prend l’initiative de la divulgation
posthume.
Il convient de le mettre à l’abri de la concurrence tout au moins pendant un
certain délai. Ainsi, les droits d’auteur et les droits de publication posthumes
diffèrent essentiellement par leurs fondements et leurs raisons d’être. Ils ne sont
donc pas de même nature.
Le droit de publication posthume n’est pas un droit d’auteur transmis à cause de
mort mais un droit propre naissant après le décès de l’auteur. Il mérite cependant
d’être analysé dans le cadre de l’étude de la dévolution successorale des droits
patrimoniaux de l’auteur parce que le bénéfice en est parfois réservé par la loi
aux héritiers ou aux légataires de l’auteur.
Nous allons étudier les droits de publication après la mort de l’auteur an
analysant les conditions de leur existence (Paragraphe 1er) et les effets de la
publication posthume (Paragraphe 2ème).
L’art.18 – al.6 de la loi de 1994 dispose que « Quant aux œuvres publiées après
la mort de leur auteur, la protection dure cinquante années à compter du
premier janvier de l’année suivant celle de la première publication de l’œuvre,
le droit d'auteur est exercé dans ce cas par les héritiers et les légataires, dans
les limites indiquées dans la loi en vigueur ».
Ce texte exige la publication de l’œuvre après la mort de l’auteur sans tenir
compte de la nature de l’œuvre objet de la publication.
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DROIT DE LA PROPRIETE LITTERAIRE ET ARTISTIQUE : MR. WALID MOKRANI
Le législateur ne précise pas si toutes les œuvres publiées après la mort de leurs
auteurs bénéficient de l’application de l’art.18 précité ; il s’est contenté
d’employer l’expression « œuvres publiées après la mort de leurs auteurs » sans
la concrétiser. Mais la généralité des termes employés par le législateur incite à
considérer que toutes les œuvres artistiques, littéraires ou musicales relèvent du
champ d’application de l’art.18 précité.
L’œuvre publiée après la mort de l’auteur est celle qui n’a pas été divulguée de
son vivant par l’auteur lui-même ; autrement dit, si l’œuvre a été publiée du
vivant de l’auteur, le droit de publication posthume ne peut plus naitre.
Mais le problème se pose à propos de l’expression de publication prévue par
l’art.18 précité. La doctrine enseigne que la publication doit s’entendre dans le
sens le plus large incluant toute communication au public par un moyen
quelconque. Il suffit que, sous une forme quelconque de communication directe
ou indirecte au public, l’œuvre soit divulguée après la mort de l’auteur pour que
les droits de publication posthumes entrent en scène.
Ainsi, les notions de divulgation et de publication doivent être tenues ici pour
synonymes. Mais le droit de publication posthume ne peut, d’après la doctrine,
récompenser qu’une divulgation respectant le droit moral de l’auteur.
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