Approximation des fonctions
3. Si f est CPM sur [a ,b ] alors elle admet un nombre fini de
Table des matières points de discontinuités et toute subdivision adaptée contient
ces points de discontinuités.
1 Définitions et propriétés 1
1 Fonction en escalier, continue par morceaux,
Propriété 1.3
affine par morceaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Toute fonction CPM sur [a ,b ] est bornée, et l’ensemble
2 Approximation uniforme . . . . . . . . . . . . . . . 1
C PM ([a ,b ], F ) des fonctions CPM sur [a ,b ] est un sev de B ([a ,b ], F )
2 Exemples d’approximation 2
l’espace vectoriel des fonctions bornée de [a ,b ] vers F .
1 D’une fonction CPM par des fonctions en es-
calier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2 Des fonctions continues par des fonctions Preuve
continues affines par morceaux . . . . . . . . . . . 3
f est bornée sur [a ,b ] car elle l’est sur chaque ]a i , a i +1 [ et σ est finie.
3 Des fonctions continues sur [a ,b ] par des Soient f , g deux fonctions CPM sur [a ,b ], σ = (a i )0,..p , σ0 = (a i0 )0,..q deux subdivi-
fonctions polynômiales . . . . . . . . . . . . . . . . 3 sions adaptées respectivement à f et g . posons
σ00 = σ ∪ σ0 = (b k )0,..r . σ00 est une subdivision adaptée en même temps à f et g ,
4 Des fonctions continues sur périodiques par elle le sera aussi pour pour la fonction λf + λ0 g , c’est donc une fonction CPM
des polynomes trigonométriques . . . . . . . . . 3 sur [a ,b ].
En s’inspirant du même principe on montre la propriété suivante.
Soit F un K- espace vectoriel de dimension finie.
Propriété 1.4
1 Définitions et propriétés
f est CPM ssi ses fonctions composantes dans une base donnée de F
sont aussi CPM.
1.1
1 Fonction en escalier, continue par morceaux, affine par mor-
ceaux
Remarque 3
Définition 1.1 Toute fonction en escalier est CPM.
– Une fonction f : [a ,b ] → F est dite en escalier s’il existe une Propriété 1.5
subdivision σ = (a i )0,..p de [a ,b ], tel que : L’ensemble ESC ([a ,b ], F ), des fonctions en escalier sur [a ,b ] est un
∀i ∈ |[0, p − 1]|, f ]a i ,a i +1 [ est constante. sous espace vectoriel de l’ensemble C PM ([a ,b ], F ).
– Si I est un intervalle qlq de R, une fonction f : I → F est dite en
escalier, s’il existe [a ,b ] ⊂ I tel que : f /[a ,b ] soit en escalier et f
nulle en dehors du segment [a ,b ]. Définition 1.3
Une fonction f : [a ,b ] → F est dite affine par morceaux (APM), s’il
Remarque 1 existe une subdivision σ = (a i )0,..p de [a ,b ], tel que :
∀i ∈ |[0, p − 1]|, f ]a i ,a i +1 [ est affine.
−1
pP p
c i χ]a i ,a i +1 [ + f (a i )χ{a i }
P
Une fonction en escalier s’écrit :
i =0 i =0 Remarque 4
Toute fonction APM est CPM.
Propriété 1.1
L’ensemble ESC ([a ,b ], F ) est un sous espace vectoriel de l’espace
Propriété 1.6
vectoriel normé B ([a ,b ], F ) des fonctions bornées de [a ,b ] dans F
L’ensemble APM ([a ,b ], F ) des fonctions APM sur [a ,b ] est un sous
muni de la norme de convergence uniforme.
espace vectoriel de C PM ([a ,b ], F ).
Propriété 1.2 Remarque 5
Toute fonction en escalier sur [a ,b ] admet en tout point de ]a ,b [ une
limite a droite et à gauche et une limite à droite en a et à gauche en Soit f : [a ,b ] → F une fonction APM, σ = (a i )0,..p une subdivision
b. adaptée à f , et supposons en plus que f est continue, alors
t −ai t −ai
∀i ∈ |[0, p − 1]| : f [a i ,a i +1 ] : t 7→ f (a i +1 ) + f (a i )
a i +1 − a i a i − a i +1
Définition 1.2
– Une fonction f : [a ,b ] −→ F est dite continue par morceaux et par conséquent :
(CPM), s’il existe une subdivision : σ = (a i )i =0,..p de [a ,b ], telle f est entièrement déterminée par la donnée des (f (a i ))0,..p .
que : ∀i ∈ |[0, p ]|, f est continue sur ]a i , a i +1 [, et admet une
limite à droite en a i et à gauche en a i +1 . Exercice 1
σ est dite dans ce cas : une subdivision adaptée à f .
– une fonction f : I → F (I intervalle qlq) est dite continue par σ = (a i )i =0..p une subdivision fixée de [a ,b ], on note A σ l’ensemble
morceaux si : ∀ [a ,b ] ∈ I , f est CPM sur [a,b]. des fonctions continues et affines sur chaque [a i , a i +1 ], montrer
que A σ est un espace vectoriel de dimension p + 1 et que la famille
Remarque 2 (ϕi )i =0..p définie par : ϕi (t ) = |t − a i | en est une base.
1. Le fait de dire que : f est continue sur ]a i , a i +1 [, et admet une
limite à droite en a i et à gauche en a i +1 , est synonyme au fait 2.1
2 Approximation uniforme
que : f est continue sur ]a i , a i +1 [, et admet un prolongement
par continuité sur [a i , a i +1 ]. Définition 1.4
2. Si σ est une subdivision adaptée à f sur [a ,b ] alors toute sub- Soient D ⊂ F I et f : I → F .
division σ0 plus que σ (ie σ ⊂ σ0 ) est encore adaptée à f . On dit que f est approchable uniformément par des éléments de D si :
[Link]@[Link]
Approximation des fonctions
Soit t ∈]d − β , d [, il existe x ∈]t , d ] ∩ I donc f est approchable à " près sur [a , x ]
par une fonction g en escalier. Construisons la fonction h définie sur [a , d ] par
∀" > 0, ∃g ∈ D, ∀x ∈ I : k f (x ) − g (x )k < " ∀t ∈ [a , x ], h(t ) = g (t ). ∀t ∈]x , d ], h(t ) = f (d − ). h est en escalier sur [a , d ] et
pour tout t de [a , d ] nous avons k f (t ) − h(t )k ≤ ". Nous en déduisons que d ap-
partient à I .
Remarque 6 Supposons que d < b . f possède une limite en d à droite donc il existe µ > 0 tel
que pour tout t ∈]d , d + µ[ on ait k f (t ) − f (d + )k ≤ ".
La fonction h définie précédemment est alors prolongeable en une fonction dé-
Supposons que : D ⊂ B (I , F ). finie sur [a , d + µ] en escalier qui approche f à " près. d n’est plus la borne
alors " f est approchable uniformément par des éléments de D" se supérieure de I ce qui est contradictoire. Nous en déduisons donc que I = [a ,b ]
c’est à dire :
traduit par le fait que dans (B (I , F ), k k∞ ), f ∈ D ∀" > 0, il existe une fonction en escalier sur [a ,b ] vérifiant k f − ϕk∞ ≤ ".
f est donc réglée.
Propriété 1.7
Soit D ∈ F I , f : I → F Corollaire 1.1
f est approchable uniformément par des éléments de D ssi : il existe Toute fonction f : [a ,b ] → F monotone et bornée est reglée
une suite (g n ) d’elts de D, tel que : (g n ) CVU vers f sur I .
Exemples 1
Preuve
=⇒)" = n1 , ∃g n ∈ D, k f − g n k < n1 .
[0, 1] −→ R
On dispose ainsi d’une suite d’elts de D qui CVU vers f sur I . (
1 1
⇐=) soit " > 0, ∃N , ∀n ≥ N , k f − g n k < ". 1. f : n
si x ∈] n +1 , n1 ] est une fonction ré-
en particulier : k f − g N k < " et g N ∈ D. x →
0 si x = 0
glée non continue par morceaux, parce qu’elle possède une
Définition 1.5
infinité de points de discontinuités.
Une fonction f : [a ,b ] → F est dite réglée si elle est limite uniforme
d’une suite de fonctions en escalier. [0, 1] −→ R (
2. g : sin( x1 ) si x 6= 0 est une fonction non
x →
Propriété 1.8 0 si x = 0
L’ensemble L ([a ,b ], F ) des applications réglées muni de la norme réglée, parce qu’elle n’admet pas de limite à droite en 0.
de convergence uniforme est est un K espace vectoriel de banach.
Proposition 1.1
Preuve Toute fonction réglée sur [a ,b ] admet un nombre dénombrable de
Montrons que L ([a ,b ], F ) des fonctions réglées est un sous espace vectoriel de points de discontinuité.
B ([a ,b ], F ) des fonctions bornées. L ([a ,b ], F ) 6= ;, puisque la fonction nulle en
fait déja partie.
Toute fonction en escalier est bornée et la limite uniforme d’une suite de fonc-
tions bornées est bornée, donc L ([a ,b ], F ) est bien une partie de B ([a ,b ], F ). Preuve
f , g ∈ L ([a ,b ], F ) et λ ∈ K, si (f n ) et (g n ) deux fonctions en escalier qui CVU vers
f , g respectivement, alors (f n + λg n ) est une suite de fonctions en escalier qui f une fonction réglée, soit (ϕn ) une suite de fonctions en escaliers qui CVU vers
CVU vers f + λg , et donc f + λg ∈ L ([a ,b ], F ). f , soit pour tout n , σn l’ensemble des points de discontinuités de ϕn ; on sait
Soit maintenant (f n ) une suite de Cauchy d’éléments de L ([a ,b ], F ), (f n ) véri- que si x 0 est un point de continuité de tous les ϕn , alors par CVU c’est aussi un
fie donc le critère de Cauchy, et puisque F est complet donc il existe une fonc- point de continuité de f . Par conséquent l’ensemble de points de discontuités
tion f : [a ,b ] → F tel que (f n ) CVU vers f sur [a ,b ], montrons que f est dans est au plus ∪n σn , une réunion dénombrable de parties finies est dénombrable,
L ([a ,b ], F ). d’où le résultat.
Soit " > 0, il existe N ∈ N tel que k f − f N k∞ < "2 , f N réglée, donc il existe ϕ en
escalier tel que k f N − ϕk∞ < "2 , on donc k f − ϕk∞ < " et ϕ en escalier, donc
f ∈ L ([a ,b ], F ) 2 Exemples d’approximation
Remarque 7
1.2
1 D’une fonction CPM par des fonctions en escalier
Dans B ([a ,b ], F ), L ([a ,b ], F ) = ESC ([a ,b ], F )
Théorème 2.1
Théorème 1.1 Si f : [a ,b ] → F est CPM, alors f est approchable uniformément par
f : [a ,b ] → F est réglée si et seulement elle admet une limite à droite des éléments de ESC ([a ,b ], F ), autrement dit
et à gauche en tout point de ]a ,b [ et une limite à droite en a et à ESC ([a ,b ], F ) ⊂ L ([a ,b ], F )
gauche en b .
Preuve
Preuve
1)Cas d’une fonction g : [c , d ] → F continue.
=⇒ Soit f une f une fonction réglée définie sur [a ,b ], il existe (f n ) une suite de Soit " > 0, g est continue sur le compact [c , d ] donc uniformémet continue,
fonctions en escalier qui converge uniformément vers f . ∃δ > 0, ∀x , y ∈ [c , d ],
Soit c ∈ [a ,b ]. Chaque fonction f n possède une limite b n en c ( à droite et (ou) à |x − y | < δ =⇒ kf (x ) − f (y )k < ".
gauche) , d’après le théorème de double limite et puisque (f n ) converge unifor- Soit σ = (c i )0,..p une subdivision de [c , d ] dont le pas est < δ, et pointée par la
mément vers f , alors lim b n existe lim f (x ) ( à droite et ou à gauche) existent donnée de (ζi )0,..p −1 , ζi ∈]c i , c i +1 [, et soit finalement h la fonction en escalier
n →+∞ x →c définie par :
et lim f (x ) = l = lim b n . ∀x ∈]c i , c i +1 [: h(x ) = f (ζi ) et ∀i ∈ |[0, p ]|, h(c i ) = f (c i ). montrons que : k f −
x →c n→+∞ hk∞ < ".
⇐= Soit f une fonction définie sur [a ,b ]. Supposons que f possède une limite à Soit x ∈ [c , d ], on a l’une des deux situations suivantes :
gauche et à droite en tout point de ]a ,b [, une limite à droite en a et à gauche en ∃i ∈ |[0, p − 1]|/ x ∈]c i , c i +1 [ ou ∃i ∈ |[0, p ]|, x = c i .
b. Dans le 1er cas et du fait que |x − ζi | ≤ x i +1 − x i < δ, alors
Soit " > 0. Soit I l’ensemble des points c de [a ,b ] vérifiant : la restriction de f à k f (x ) − h(x )k = k f (x ) − f (ζi )k < ".
[a , c ] est approchable à " près ( au sens de la norme infinie) par une fonction en Dans le 2ieme cas : k f (x ) − h(x )k = 0 < ".
escalier. Montrons que l’on a I = [a ,b ]. 2)Cas d’une fonction CPM.
f a une limite ( à droite ) en a , il existe α > 0 tel que Soient " > 0, et σ = (a i )0,..p une subdivision adaptée à f .
∀t ∈]a , a + α], k f (t ) − f (a + )k ≤ ". (On peut supposer que a + α ≤ b ). La fonc- Pour i ∈ |[0, p − 1]| fixé, considérons : f i = f ]a i ,a i +1 [ , on a f i est prolongeable par
tion ϕ définie sur [a , a + α], ϕ(t ) = f (t + ) vérifie les conditions demandées donc
[a , a + α] ⊂ I qui est non vide. continuité en une fonction f˜i : [a i , a i +1 ] → F continue.
I ⊂ [a ,b ] et possède une borne supérieur d ∈]a ,b ]. On applique le 1er cas à f˜i sur l’intervalle [c , d ] = [a i , a i +1 ], ∃h i : [a i , a i +1 ] → F
f possède une limite à gauche en d donc il existe β > 0 tel que pour t ∈ [d −β , d [ en escalier tel que : ∀x ∈ [a i , a i +1 ] on a :
on ait k f (t ) − f (d − )k ≤ ". k f˜i (x ) − h i (x )k < ".
[Link]@[Link]
Approximation des fonctions
Soit h : [a ,b ] → F la fonction en escalier définie par :
∀x ∈]a i , a i +1 [, h(x ) = h i (x ) et ∀i ∈ |[0, p ]|, h(a i ) = f (a i ). Montrons que k f (x ) −
4.2
4 Des fonctions continues sur périodiques par des polynomes
h(x )k < ". trigonométriques
Soit x ∈ [a ,b ].
S’il existe i tel que : x ∈]a i , a i +1 [, alors
k f (x ) − h(x )k = k f i (x ) − h i (x )k < ".
S’il existe i tel que x = a i , alors k f (x ) − h(x )k = 0 < ". Définition 2.1
On appelle fonction polynômiale trigonométrique toute fonction P
Exemple d’application :(Lemme de lebesgue) s’exprimant sous la forme
n
Si f : [a ,b ] → R une fonction CPM, alors : P(x ) =
P
a k cos(k x ) + b k sin(k x )
k =0
Z b
lim f (x ) sin(nx )d x = 0
n →+∞ Théorème 2.4
a
(admis)
On montre la propriété pour les fonctions en escalier, puis on passe par Toute fonction continue sur R, 2π−périondique est approchable uni-
densité. formément sur R par des fonctions polynômiales trigonométriques.
2.2
2 Des fonctions continues par des fonctions continues affines
par morceaux
Théorème 2.2
Toute fonction f : [a ,b ] → F continue est approchable uniformément
par des fonctions continues affines par morceaux.
Preuve
f est continue sur le compact [a ,b ], donc y est uniformément continue, ainsi
∃δ > 0, ∀x , y ∈ [a ,b ], |x − y | < δ =⇒ kf (x ) − f (y )k < ".
Soit σ = (a i )0,..p une subdivision dont le pas est < δ, et soit g : [a ,b ] → F la
fonction définie par : ∀i ∈ |[0, p − 1]|, g [a i ,a i +1 ] est la fonction affine passant par :
(a i , f (a i )), (a i +1 , f (a i +1 )), on a bien g est continue affine par morceaux et
t −a t −a
g [a i ,a i +1 ] (t ) = a −ai f (a i +1 ) + a −ai +1 f (a i ).
i +1 i i i +1
Soit maintenant x ∈ [a ,b ], ∃i ∈ |[0, p − 1]|, x ∈ [a i , a i +1 ],
t −ai t − a i +1
k f (x ) − g (x )k = k f (x ) − ( f (a i +1 ) + f (a i ))k
a i +1 − a i a i − a i +1
x −ai a i +1 − x
=k (f (x ) − f (a i +1 )) + (f (x ) − f (a i ))k
a i +1 − a i a i +1 − a i
x −ai a i +1 − x
≤ "+ "
a i +1 − a i a i +1 − a i
≤"
Remarque 8
Le théorème se traduit par :
C ([a ,b ], F ) ⊂ C APM ([a ,b ], F )
3.2
3 Des fonctions continues sur [a ,b ] par des fonctions polynô-
miales
Théorème 2.3
(Théorème de Weirstrass) Toute fonction continue f : [a ,b ] → F est
approchable uniformément par des fonctions polynômiales définies
sur [a ,b ].
Preuve
admis (voir classiques)
Remarque 9
Une des démonstrations repose sur les polynômes de Bernstein :
Etant donnée une fonction continue g : [0, 1] → F , on montre que
la suite de fonctions polynômiale (Pn ) définie par
n
X
Pn (x ) = x k (1 − x )n−k g (k /n)
k =0
CVU vers g sur [a ,b ], et par un changement de variable la suite Q n :
Q n (x ) = Pn ( bx −a
−a
) CVU vers f sur [a ,b ].
[Link]@[Link]