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Le document présente l'ouvrage 'Les Philosophies de la Nature' de Michel Ambacher, qui explore les ambiguïtés historiques de la philosophie de la nature et de la philosophie naturelle. Il examine la dualité de la pensée philosophique à travers les âges, en mettant en lumière les contributions d'Aristote et d'autres penseurs. L'auteur propose une confrontation entre les perspectives scientifiques et philosophiques sur la nature, en commençant par le système d'Aristote.

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LES PHILOSOPHIES DE LA NATURE


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« QUE SAIS-JE ? »
LE POINT DES CONNAISSANCES ACTUELLES
N° 1589

LES
PHILOSOPHIES
DE LA NATURE
par

Michel AMBACHER
Maître de Conférences à la Faculté
des Lettres et Sciences humaines de Tunis

PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE


108, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS
1974
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DU MÊME AUTEUR

Méthode de la Philosophie de la Nature, Presses Universitaires de


France, 1961, « Bibliothèque de Philosophie contemporaine ».
Cosmologie et Philosophie, Aubier-Montaigne, 1967, coll. « Présence
et Pensée ».
Marcuse et la civilisation américaine, Aubier-Montaigne, 1969, coll.
«R.E.S. »; édition espagnole, Librairie Acervo, 1970, trad. José
M. AROCA.
Berkeley : Le langage de la Nature, Aubier-Montaigne, 1970, coll.
«La Philosophie en poche ».
La Matière, Aubier-Montaigne, 1972, coll. « Présence et Pensée ».

Dépôt légal. — 1 édition : 4 trimestre 1974


© 1974, Presses Universitaires de France
Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation
réservés pour tous pays
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INTRODUCTION

PHILOSOPHIE DE LA NATURE
ET PHILOSOPHIE NATURELLE

Les raisons historiques d'une ambiguïté


1. La pensée philosophique traverse l'histoire
sans parvenir à se libérer d'une ambiguïté qui lui
fut attachée dès les origines. Onl'interprète souvent
en effet au sens d'une connaissance globale et syn-
thétique. Ainsi Platon dans Philèbe, comme dans
La République, assigne à la sagesse une ampleur en-
cyclopédique qui rassemble les différentes sciences.
Suivant une image célèbre il la compare à l'attitude
d'un portier bousculé et pressé par le flot des
visiteurs (1). Aristote note de son côté, au début
des Métaphysiques, que nous concevons le philo-
sophe «comme possédant, dans la mesure du pos-
sible, la totalité du savoir »(2).
Mais par ailleurs c'est encore Aristote qui intro-
duit une réserve. Il précise que la Philosophie
n'est pas, comme la connaissance sensible, à la
portée de tout le monde. Elle concerne la connais-
sance «de choses ardues et difficiles ». Effectivement
si l'on a pu parler du «miracle grec » c'est parce
que la philosophie, invention grecque par excel-
(1)
(2) Phi
Mélètabe,
phy6s2iquc.es,A2, 982a, 5-10.
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lence, présente une tournure d'esprit spéculative


qui n'offre pas d'équivalent chez les autres peuples.
Ceux-ci possèdent une religion et une morale, une
science et des techniques. Mais ils ne connaissent
rien de comparable au genre de réflexion dont
témoignent les pensées de Platon et d'Aristote. Or
cette dualité inhérente à la recherche philosophique,
on la voit se perpétuer, sous des dehors changeants,
tout au long des siècles. Ainsi Descartes fait sienne
une conception encyclopédique de la philosophie
quand il la compare à un arbre « dont les racines
sont la métaphysique, le tronc la physique, les
rameaux, la mécanique, la médecine et la mo-
rale » (1). Mais d'autre part il y a chez ce même
penseur, une philosophie de la méditation, qui
relève certainement d'un type de savoir beaucoup
plus intériorisé que les mathématiques ou la phy-
sique. De même si au siècle suivant on donne le
nom de « Philosophes » à des écrivains comme
Voltaire ou Diderot, cette appellation paraît alors
peu convenable pour désigner une œuvre aussi éso-
térique que la Critique de la Raison pure. De telle
sorte que la tâche assignée à la Philosophie reste
ambiguë. Et c'est en fonction de cette même ambi-
guïté que l'on a vu plus récemment la phénoméno-
logie husserlienne opposer à l'esprit technique de
la science, la conscience méditative du philosophe,
plus préoccupée de «décrire »que de «produire ».
2. Il paraît donc incontestable que l'histoire de
la pensée occidentale nous fait assister à la création
d'une sorte de vie bipolaire au sein de la conscience
philosophique. Au regard des uns elle se montre
comme une activité essentiellement encyclopédique,
(1) PrincipesdelaPhilosophie,Lettre-Préface,LaPléiade,p.428.
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destinée à rassembler les sciences en une vision


du monde. Tandis que pour les autres l'essentiel
de l'esprit philosophique paraît fait d'une attitude
de désengagement envers les données de la cons-
cience mondaine, de manière à apprendre à vivre,
comme disait Platon, «hors de la caverne ». C'est
précisément une opposition tout à fait parente de
cette attitude que l'on retrouve dans l'antithèse
qui sert de thème à cette étude : celle qui dresse,
l'une contre l'autre, la «Philosophie naturelle » et
sa rivale la «Philosophie de la Nature ».
3. Il est assez habituel en effet que les esprits
scientifiques n'acceptent d'envisager une connais-
sance philosophique de la Nature, qu'au sens où
Galilée et Newton, Comte ou Darwin, ont parlé
d'une Philosophie naturelle. C'est-à-dire sous l'aspect
d'une connaissance globale et objective des diverses
catégories de phénomènes qui composent le monde.
Envisager autrement les choses ne peut conduire,
à les entendre, qu'à se replonger en pleine scolas-
tique avec retour à l'astronomie des épicycles, à
la biologie animiste, à l'alchimie, aux «vertus dor-
mitives ». Ou alors il s'agit d'un savoir romantique,
du genre de la Natur-Philosophie, qui prétendit
empiéter sur le domaine réservé à la physique, à la
biologie ou aux sciences naturelles. On a vu par
exemple Hegel substituer à l'analyse mathématique
de la chute des corps ou de l'attraction newto-
nienne, une étude purement «dialectique » de ces
concepts. De même Friedrich Engels, l'ami de Karl
Marx, a demandé à la Dialectique de la Nature de
lui fournirle moyendeconcurrencervictorieusement
la science traditionnelle. Et c'est en fonction du
mêmeesprit de dénigrement que certains biologistes
en sont venus à dénoncer le verbalisme de la philo-
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sophie bergsonienne. A les entendre il n'y a pas


plus de réalité objective derrière la notion d'Elan
vital, qu'il y en aurait à attribuer le mouvement
d'une locomotive à un « élan locomoteur » (1).
4. Pourtant, face à ces attaques, les tenants des
Philosophies de la Nature ne sont pas demeurés
inactifs. A la longue suite des assertions émanant
de Galilée, de Newton, de Comte ou de Darwin,
sont venues faire antithèse des doctrines comme
celle de Leibniz ou de Berkeley, de Schelling, de
Hegel ou de Bergson. Elles ont tenté de revaloriser,
à l'encontre des représentations mécaniques et
abstraites, une approche qualitative et intuitive
de la Nature qu'elles appréhendent comme un
monde concret, sous-jacent et antérieur, à celui
des sciences et des techniques. C'est ainsi que Hegel
ne veut voir dans la physique mathématique qu'une
Nature soumise « à la torture ». Et tandis que la
Philosophie de la Nature occupe à ses yeux une
place bien définie, qui en fait une charnière entre
la Logique et la Philosophie de l'esprit, Hegel n'a
que peu d'estime pour la philosophie naturelle des
savants. « En Angleterre, écrit-il (2), on entend
par philosophie la science de la Nature. C'est ainsi
par exemple qu'une revue où l'on traite du fumier
s'intitule Philosophie, et que des instruments d'op-
tique, baromètres, thermomètres, etc., sont appelés
instruments philosophiques. »Un peu plus tôt avait
surgi, en Allemagne également, la Natur-Philosophie
de Schelling qui n'est pas sans préfigurer de quelque
façon le bergsonisme en ce sens qu'elle envisage
la Philosophie de la Nature comme une «physique
(1) G..G .SIM
F.P
SO N,ETLh,eLM
çoena1sn8isur
ngofl'hEvolution,MentorBook,p.131.
J.(2)
GIBG
EL W
IN,.N. H
R.E
FG
., t. I,ep. 7-188.istoire dela Philosophie, trad.
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spéculative »destinée à évoquer la «productivité »


de la Nature. Alors que la physique des savants
n'est qu'une «empirie »où l'on ne sait que collecter
des faits (1).
On se propose donc, au cours de cette étude, de
confronter les deux points de vue : c'est-à-dire,
d'une part, la revendication émise par les savants
en ce qui concerne la Philosophie naturelle. Et,
d'autre part, celle qui émane des philosophes pour
ce qui regarde le destin confié aux Philosophies
de la Nature. Et nous allons prendre le point de
départ de l'enquête à l'intérieur du système d'Aris-
tote ; à une époque donc où Philosophie naturelle
et Philosophie de la Nature pouvaient coexister
chez le même esprit, sans s'opposer ni se confondre.
(1) F. W. SCHELLING, Essais. Système de la Philosophie de la
Nature, trad. S. JANKÉLÉVITCH, Aubier, p. 372-373.
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CHAPITRE PREMIER
PHILOSOPHIE DE LA NATURE
ET PHILOSOPHIE NATURELLE
DANS LE SYSTÈME D'ARISTOTE
Au témoignage des doxographes, comme Théo-
phraste ou Diogène Laërce, aussi bien qu'à celui
de Platon et d'Aristote, la pensée grecque s'est
orientée à ses débuts suivant deux directions : la
réflexion morale et les Traités de la Nature. L'Ecole
de Milet tient alors, durant les VII et VI siècles,
une place prépondérante, sous la conduite de «phy-
siciens »tels que Thalès, Anaximandre, Anaximène.
Sans doute leurs idées sont-elles, par bien des côtés,
encore toutes proches des cosmogonies d'inspiration
mythique et poétique. Néanmoins elles laissent
percer un premier effort en vue de rattacher la
production des événements du monde à des forces
naturelles. C'est ainsi que Thalès propose l'Eau
comme l'élément primitif à partir duquel le monde
a pris naissance. Les êtres terrestres flottent sur
l'Océan et s'en nourrissent, tandis que les astres
naviguent sur les eaux d'un monde supérieur. Avec
Anaximandre par contre, il n'est plus question
d'eaux d'en Haut ou d'en Bas. Les astres naissent
du feu et tournent autour de la Terre à la manière
d'une roue. Tandis que chez Anaximène la forme
primordiale de la Nature est l'Air. En se solidifiant
l'Air donne naissance au « Cristallin », sorte de
corps transparent, destiné à servir de support invi-
sible pour les astres. Anaximène admet en outre
qu'il se produit entre terre et ciel de continuels
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échanges sous forme d'évaporation, de pluie, de


grêle ou de neige. Puis à la suite de l'Ecole ionienne,
viennent d'autres naturalistes, parmi lesquels pré-
dominent les deux grandes figures d'Empédocle
d'Agrigente et de Démocrite d'Abdère. C'est avec
Empédocle en effet que prend naissance la célèbre
doctrine des Quatre Eléments qui récapitule et
synthétise de quelque façon les efforts des prédé-
cesseurs, alors qu'avec l'atomisme de Démocrite
et de Leucippe s'affirme une pénétration déjà très
rationnelle des phénomènes de la nature et qu'ainsi
s'achève la réalisation des conditions à partir des-
quelles Aristote va être amené àjeter les fondements
de sa Physique (1).
I. —Place de la Physique dans le système d'Aristote
Sa subdivision en : « Philosophie naturelle »
et « Philosophie de la Nature »
Esprit éminemment systématique, Aristote s'est
donné avant tout pour tâche de procéder à l'orga-
nisation du Savoir. Il le divise en trois domaines :
celui des sciences théoriques qui groupe la Physique,
les Mathématiques et la Philosophie première qui
deviendra la Métaphysique. Ensuite viennent les
sciences pratiques, telles que l'Ethique et la Poli-
tique. Et enfin les sciences productives, qui ont
pour objet la fabrication d'objets utiles oubeaux (2).
Toutefois si l'on tient moins compte de la méthodo-
logie que du catalogue des œuvres laissées par
Aristote, la vue d'ensemble du système devient
assez différente. Cequi se présente alors, en premier
lieu, ce sont les traités qui composent la Logique
(1) Mf.éJean
(2) C taphysBiqRuU
esN
,,ELe1,sprésocrat
1025b. iques, «Quesais-je ?»,n°1319.
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ou Organon. C'est-à-dire tout d'abord des ouvrages


comme les Catégories ou le De Interpretatione qui,
pour une bonne part, prennent la suite des dis-
cussions qui avaient été en vigueur dans l'Académie,
à propos du concept et des propositions. Quant
aux autres traités, qui constituent, à vrai dire, la
partie la plus originale de la logique péripatéti-
cienne, leur intérêt se concentre sur l'étude du
raisonnement. Avec les Premiers Analytiques, Aris-
tote vise en effet à mettre à nu la structure formelle
du syllogisme, tandis que les Seconds Analytiques
s'intéressent au mécanisme des opérations scienti-
fiques telles que l'induction, la définition, la démons-
tration. Et que les Topiques s'adressent aux formes
de discussion et d'argumentation qui, comme la
plaidoirie des avocats, présentent une structure
extra-scientifique ou « dialectique ». Par suite si,
comme nous l'avons constaté, Aristote n'a pas
inscrit la Logique au nombre des sciences théoriques,
c'est parce qu'elle constituait en fait une propé-
deutique, dont on devait posséder les éléments,
avant d'aborder l'étude de la Physique, des Mathé-
matiques ou de la Théologie.
Mais, pendant que les traités de Logique s'assem-
blent ainsi dans le vestibule du savoir, on voit se
grouper, à l'autre extrémité, une collection d'ou-
vrages bien différents. Ce sont les livres de la
Métaphysique. On en a souvent signalé la présen-
tation scolaire et la composition enchevêtrée (1).
A tel point que le titre de Métaphysique lui-même
fait problème ; puisqu'il semble avoir été apposé
d'une manière assez artificielle par Andronicos à
la suite des traités qui se trouvaient placés «après »
ceux de la Physique. Or on peut penser que cette
(1) Cf. P. AUBENQUE,Leproblèmedel'Etre chezAristote, P.U.F.
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1974. — Imprimerie des Presses Universitaires de France. — Vendôme (France)


ÉDIT. N° 33 445 IMPRIMÉ EN FRANCE IMP. N° 24 224
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