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Bruyère AFC

Ce livret technique traite de deux espèces de bruyères, Erica cinerea et Calluna vulgaris, en mettant l'accent sur leur cueillette, leurs usages et les menaces pesant sur leur ressource. Les bruyères sont liées à des pratiques pastorales traditionnelles et leur collecte est soumise à des techniques spécifiques, avec une demande croissante pour leurs propriétés médicinales. Les impacts des activités humaines, notamment l'agriculture et l'aménagement du territoire, menacent leur habitat et leur diversité.

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Bruyère AFC

Ce livret technique traite de deux espèces de bruyères, Erica cinerea et Calluna vulgaris, en mettant l'accent sur leur cueillette, leurs usages et les menaces pesant sur leur ressource. Les bruyères sont liées à des pratiques pastorales traditionnelles et leur collecte est soumise à des techniques spécifiques, avec une demande croissante pour leurs propriétés médicinales. Les impacts des activités humaines, notamment l'agriculture et l'aménagement du territoire, menacent leur habitat et leur diversité.

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LES BRUYÈRES Erica cinerea L.

Calluna vulgaris (L.) Hull.

Version 2 - Avril 2024

lіvrет теснνіquе dе сuеіllетте

Association française des professionnels de la Cueillette de plantes sauvages


LES BRUYÈRES
BRUYÈRE CENDRÉE ET CALLUNE
Erica cinerea L.
Calluna vulgaris (L.) Hull.

lіvrет теснνіquе dе сuеіllетте


ѕоммаіrе

géνérаlітéѕ ет соνѕтатѕ 2
раrтіеѕ réсоlтéеѕ ет dеѕтіνатіоνѕ 2
соνѕтатѕ : uνе rеѕѕоurсе lіéе аu раѕтоrаlіѕме тrаdітіоννеl 4
іνdісатеurѕ dе сuеіllетте 5
рrіνсіраuх імрастѕ dе l'астіvітé нuмаіνе ѕur lа rеѕѕоurсе 6
ѕтатuтѕ dе рrотестіоν ет lіѕтеѕ rоugеѕ 9

dоννéеѕ вотаνіquеѕ 10
іdеνтіfісатіоν 10
dеѕсrіртіоν ет сrітѐrеѕ dе rесоννаіѕѕаνсе 12
соνfuѕіоνѕ роѕѕівlеѕ 14
віоlоgіе 20
dіѕтrівuтіоν géоgrарніquе 26
éсоlоgіе 29

gеѕтеѕ dе сuеіllетте ет
рréсоνіѕатіоνѕ dе gеѕтіоν durавlе 31
рréсоνіѕатіоνѕ géνérаlеѕ dе gеѕтіоν 31
іdеνтіfісатіоν d'uν ѕіте 35
сuеіllетте dе lа јеuνе роuѕѕе 39
сuеіllетте dе lа ѕоммітé flеurіе 42
l'аlтеrνатіvе dе lа міѕе еν сulтurе 49
lа rеѕтаurатіоν dеѕ міlіеuх dégrаdéѕ 49

аννехеѕ 51
dоννéеѕ сомрléмеνтаіrеѕ віотореѕ ет рнүтоѕосіоlоgіе 51
вівlіоgrарніе 53
ѕітоgrарніе 57

сrédітѕ 58
rédастеurѕ 58
іlluѕтrатіоνѕ 58
grарніѕме ет міѕе еν раgе 59
раrтеνаіrеѕ 59

AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


géνérаlітéѕ ет соνѕтатѕ
Ce livret concerne deux espèces de bruyère : la bruyère cendrée, Erica cinerea L., et la callune,
Calluna vulgaris (L.) Hull.
Distinguées par les acheteurs des différentes filières, comme dans la Pharmacopée française1, ces
deux espèces sont collectées séparément par les cueilleurs. Elles peuvent cependant cohabiter
dans le même milieu. Elles se récoltent avec les mêmes techniques et ne sont donc pas dissociées
dans le chapitre concernant les gestes de cueillette.

La callune, plus présente en France métropolitaine que la bruyère cendrée, est plus
communément cueillie. Néanmoins, seule Erica cinerea L. appartient à la liste des 148 plantes
médicinales en vente libre en France2 et il existe donc une demande importante sur cette
ressource également.

раrтіеѕ réсоlтéеѕ ет dеѕтіνатіоνѕ

Les principes actifs recherchés sont : l’acide ursolique, les glucosides flavoniques, la quercétine, la
myricétine et les traces d'arbutine et de tanins.

Parties récoltées Réseaux de distribution Domaines d’usages Produits

• Gélule
• Ampoule
• Phytothérapie • Comprimé
• Laboratoire • Teinture-mère
• Homéopathie
Sommité • Herboristerie • Alcoolature
• Complément
fleurie • Pharmacie • Fleur de Bach
alimentaire
• Vente directe • Macérat huileux
• Teinture3
• Granules
homéopathiques, etc.

•Tisane
• Gélule
• Ampoule
• Comprimé
• Phytothérapie • Teinture-mère
• Laboratoire • Homéopathie • Alcoolature
• Herboristerie • Complément • Fleur de Bach
Fleur alimentaire • Macérat huileux
• Pharmacie
• Vente directe • Cosmétique • Extrait fluide
• Alimentation • Sirop
• Teinture4 • Biscuit
• Savon
• Granules
homéopathiques, etc.

2 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


• Tisane
• Gélule
• Ampoule
• Comprimé
• Laboratoire • Phytothérapie • Teinture-mère
• Herboristerie • Homéopathie • Alcoolature
Fleur et feuille • Pharmacie • Complément • Fleur de bach
• Vente directe alimentaire • Macérat huileux
• Extrait fluide
• Granules
homéopathiques, etc.

• Laboratoire • Macérat de jeunes


Jeune pousse • Herboristerie • Gemmothérapie pousses
• Pharmacie

Partie • Laboratoire • Granules


aérienne • Herboristerie • Homéopathie homéopathiques
fleurie • Pharmacie • Teinture-mère

Parties indiquées dans la Pharmacopée française5 : sommité fleurie pour Calluna vulgaris (L.)
Hull. et fleur pour Erica cinerea L.

La collecte de la partie aérienne fleurie utilisée pour l'homéopathie étant peu pratiquée, elle n’est
pas détaillée dans ce document.
Pour la fleur, avec ou sans la feuille, c’est la sommité fleurie qui est collectée, puis les éléments
sont séparés après séchage. À noter que la sommité fleurie est plus largement demandée.

Ces espèces sont également recherchées pour un usage ornemental. L’AFC ne dispose d’aucune
information sur les prélèvements à cette fin.

3
соνѕтатѕ : uνе rеѕѕоurсе lіéе аu раѕтоrаlіѕме тrаdітіоννеl

Les deux espèces de bruyères traitées dans ce livret sont des plantes sauvages qui s’installent sur
des sols pauvres et acides. Elles sont particulièrement présentes dans les landes, fruits du travail
de l’homme, et y sont associées aux pratiques de pastoralisme et de paysannerie traditionnelle.
Ces landes sont rarement climaciques6, mais représentent un stade intermédiaire dans une
succession végétale qui mène à la forêt. Ainsi, lorsque la lande n’est plus pâturée, la forêt se
réinstalle doucement en passant par différents cycles (fougère, ronce, bouleau, pin sylvestre,
chêne pédonculé, hêtre, puis douglas).

Plus que les pratiques et les volumes de cueillette, ce sont les évolutions actuelles des usages
agricoles et d’aménagement du territoire qui tendent à menacer cette ressource. Ces menaces
sont variables en fonction des territoires et des milieux. Dans les landes sèches ou humides, elles
sont liées à l’abandon du pastoralisme, la fermeture des milieux et l’enfrichement qui en
découlent, l’implantation de la sylviculture (en particulier la monoculture de résineux) et le
défrichement visant à implanter des prairies de fauche. Ainsi, depuis les années 1960-1970, la
ressource a d’abord augmenté suite à l’exode rural et l’abandon des pratiques pastorales
traditionnelles, pour diminuer ensuite avec l’enfrichement de ces espaces, les politiques de
reboisement ou la création de prairies de fauche. Dans les peuplements forestiers, les menaces
sont principalement dues aux changements de pratiques sylvicoles, qui impactent de plus en
plus les milieux et les sols.
Dans certaines landes qui se maintiennent, la myrtille et la callune peuvent cohabiter. Cette
dernière peut alors être perçue comme concurrente de la première, qui est plus recherchée, ce
qui conduit à des pratiques de gestion visant à favoriser le myrtillier et à limiter les bruyères
(pâturage spécifique, écobuage/feu pastoral et gyrobroyage).

Du fait de la variabilité territoriale de ces dynamiques, les cueilleurs ne partagent pas la même
perception des risques qui pèsent sur ces ressources. L’AFC note cependant que les milieux
propices à ces espèces tendent globalement à diminuer sur le long terme. En effet, l’évolution
forestière et le reboisement naturel, ainsi que la diminution des modes de gestion des troupeaux
expansifs nous amènent à des préoccupations sur plusieurs plans : baisse de la diversité variétale
liée à ces milieux (végétaux, animaux, insectes), perte d’un paysage ouvert typique et disparition
d’un héritage culturel.

Il existe une abondante littérature scientifique sur la callune, contrairement à la bruyère cendrée,
ce qui explique une certaine disparité dans les niveaux d’informations pour l’une et l’autre de ces
espèces dans ces livrets. Principalement en langue anglaise, cette littérature concerne en grande
partie la gestion des peuplements dans le cadre du pastoralisme, ainsi que l'absorption des
métaux lourds et des radioéléments. Il existe en français de nombreuses références, le plus
souvent accessibles à tous7, mais qui concernent essentiellement des comptes rendus
d’observation de stations. Les cueilleurs pourront ponctuellement y trouver des renseignements
concernant les populations présentes sur le territoire qu’ils fréquentent.

4 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


іνdісатеurѕ dе сuеіllетте 8

La bruyère cendrée et la callune partagent les mêmes indicateurs de cueillette, à l’exception de


leur distribution sur le territoire métropolitain. Bien qu’elles se rencontrent très souvent sur les
mêmes sites, l’aire de répartition géographique de la bruyère cendrée est plus restreinte que celle
de la callune (voir cartes de répartition p. 28).

6 Point ultime d’une succession végétale au cours du temps. Cela désigne l'état final d'une succession écologique et l'état le plus stable dans les
conditions existantes de terrain et climat.
7 Voir sur le moteur de recherche Google Scholar.
8 Indicateurs établis selon l’expérience des membres du comité de synthèse de l’AFC. Il s’agit de valeurs moyennes qui, pour certaines, peuvent
varier localement. La pression de cueillette représente une évaluation du niveau des prélèvements réalisés sur la ressource par rapport à 5
l’ensemble disponible. La menace représente une évaluation des risques qui pèsent sur la ressource au vu des critères précédents.
рrіνсіраuх імрастѕ dе l’астіvітé нuмаіνе ѕur lа rеѕѕоurсе 9

Le tableau suivant rend compte des principaux impacts des activités humaines, autres que la
cueillette, sur les populations.

Impact Commentaires
sur la ressource

Les cueilleurs constatent qu'un pâturage de faible


intensité favorise les deux espèces en ralentissant le
processus d’évolution vers la forêt. La littérature
Agriculture scientifique10 vient confirmer ce constat.
extensive / Le mouton semble être le ruminant qui est le plus
pâturage ovin compatible avec le développement des bruyères. Son
et bovin piétinement à la période de la montée des graminées
permet la destruction d’une grande partie des crosses
de fougères. Il mange également les jeunes pousses qui
viennent concurrencer la bruyère (genêts nains, etc.).

Utilisation de Lorsque les landes sont envahies de fougères, le


rouleaux agricoles à passage de ce type de rouleau lors de la montée de
forme variable sève permet de les briser, pour limiter leur croissance,
(type cultipacker, voire les faire dépérir. Cela favorise la reprise de site
à rouleau plat ou dans l’optique d’une récolte mécanique.
à cage)

Bien conduit, il favorise les repousses et les juvéniles sur


les populations de bruyères existantes. En revanche, il
peut leur être défavorable s’il est mené trop près du sol
et trop souvent, s’il produit des andains (ce qui ralentit
l’émergence de la plante) ou encore si les lames ne sont
pas bien affûtées (risque de nécrose des pieds si coupe
pas nette).
Gyrobroyage11 Le tondobroyeur (broyeur à marteau ou à lame)
semble, lui, être plus adapté car il possède des lames
plus petites, ne produit pas d’andains et permet une
meilleure gestion de la hauteur de coupe.
D’après certaines observations, un gyrobroyage à ras
du sol peut favoriser la reprise de la myrtille au
détriment des bruyères dans des landes où ces
dernières prennent le dessus12.

Un site de bruyères peut être confronté au feu dans


différents cas : des brûlis réguliers pour « régénérer » le
Brûlage dirigé et pâturage et maintenir des milieux ouverts en lien avec
feu involontaire13 une activité pastorale (écobuage/feux pastoraux), des
feux dirigés dans le cadre de la lutte contre le risque
d’incendie ou encore des incendies d'origine naturelle ou
accidentelle.

6 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


Les impacts d’un feu sont variables selon l’intensité, la
durée de celui-ci et le contexte. Il n’est donc pas possible
de tirer une conclusion généralisable à tous les feux.
Ainsi, selon certaines publications, dans les années
succédant un incendie, la production annuelle de
pousses et de fleurs augmente et la couverture est
restaurée après 4 à 10 ans. Les années suivantes, la
moyenne de production ne diffère pas jusqu'à 40 ans.
Il a également été observé que la multiplication
végétative joue un rôle important dans cette
dynamique. En effet, le feu tue plus ou moins
rapidement les graines14 et favorise les rejets de souche
Brûlage dirigé et (voir schéma sur le cycle de vie de la callune p. 25).
feu involontaire Cependant, le rôle de la chaleur due aux feux sur les
(suite) germinations reste discuté. Pour certains auteurs, le feu
tue rapidement les graines de la banque du sol qui sont
stockées dans les 40 mm supérieurs15. Alors que pour
d’autres, le rétablissement des deux espèces après un
incendie sévère est principalement dû à la germination
des graines qui n’ont pas, ou peu, été détruites et non
au rejet de souche16.
Enfin, selon certains témoignages, le feu peut favoriser
les myrtilles après avoir détruit les bruyères et les
genêts17.
Ces observations, souvent contradictoires, ne
permettent pas de tirer de conclusion généralisable à
l’ensemble des peuplements.

Le surpâturage nuit aux deux espèces.


À noter que selon une étude, l’équilibre entre les deux
espèces semble directement lié à l'intensité de
Surpâturage ovin pâturage18. Cette étude montre que sur un site où les
deux espèces sont présentes, un pâturage moyen
favorise la callune, alors qu’après un pâturage plus
intense, la bruyère cendrée prend le dessus.

Le poids des bêtes peut entraîner l’écrasement des


vieilles bruyères. Selon une étude, dans les landes à
Surpâturage bovin callune, la charge ne devrait pas dépasser 0,5 bovin/
hectare19 pour assurer la préservation de cette ressource.

7
L’arrêt progressif de l’élevage ovin sur parcours et
Intensification l’abandon de races rustiques ovines au profit de la
des pratiques création de prairies plus intensives, se font au détriment
pastorales des formations à callune et à bruyère cendrée, qui sont
défrichées pour ce nouvel usage.

L’abandon du pastoralisme entraîne la dégradation


lente des landes et des sites de cueillette car le milieu
s’enfriche et se ferme peu à peu. Dans des landes
Enfrichement / abandonnées, se développe tout d’abord une succession
déprise agricole d’ajoncs, genêts et fougères qui remplacent peu à peu
les bruyères, puis de bouleaux, genévriers et pins
sylvestres ensuite. Ce phénomène reste très variable
dans la mesure où il dépend d'un équilibre local entre
intensivité et extensivité des interventions.

Le stress de la callune est très visible. Ainsi, les années


très sèches, la plante ne produit quasiment pas de
nectar. Selon les cueilleurs de l’AFC, l’amplification des
périodes sèches entraîne une dégradation importante
Changement au moment de la floraison.
climatique et Sur le long terme, ils observent des plaques entières en
sécheresses plus situation de stress hydrique, qui sont progressivement
fréquentes remplacées par d’autres types de végétation (fougère,
ajonc, genêt, etc.). En conditions contrôlées, la
sécheresse affecte la viabilité des graines de C.
vulgaris20.

Ces deux facteurs favorisent les graminées au détriment


Apport d’azote / des Éricacées (en modifiant les conditions édaphiques)
chaulage car ce sont des plantes acidiphiles strictes.

Des propriétaires n’ayant pas d’usage des landes y


Développement de installent des plantations forestières, ce qui induit la
la sylviculture disparition des bruyères.

L’AFC remarque que sur certains sites, les cueilleurs de


myrtilles éliminent la callune pour favoriser la ressource
Cueillette de la qu’ils cueillent. En effet, les deux espèces apprécient
myrtille souvent les mêmes biotopes et les bruyères peuvent
être perçues comme concurrentes à la myrtille.

8 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


ѕтатuтѕ dе рrотестіоν ет lіѕтеѕ rоugеѕ

Les réglementations peuvent évoluer. Il est recommandé de vérifier ces informations,


notamment sur le site de l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN).

En France : protégée sur l’ensemble des régions Champagne-Ardenne, Nord-Pas-de-Calais,


Picardie et Bourgogne (cueillette et commercialisation de tout ou partie des spécimens sauvages
interdites).

Au niveau départemental : pas d’arrêté préfectoral.

Liste rouge21 (Union internationale pour la conservation de la nature - UICN) :


- niveau mondial, européen et français : préoccupation mineure (LC) ;
- à l’échelle des anciennes régions françaises :
> quasi menacée (NT) en Bourgogne (2015) ;
> vulnérable (VU) dans le Nord-Pas-de-Calais (2016) et la Picardie (2012) ;
> en danger critique (CR) en Champagne-Ardenne ;
> préoccupation mineure (LC) en Aquitaine (2018), Auvergne (2013), Basse-
Normandie (2015), Bretagne (2015), Centre (2013), Haute-Normandie (2015), Île-
de-France (2014), Limousin (2013), Midi-Pyrénées (2013), Pays de la Loire (2015),
Poitou-Charentes (2018) et Rhône-Alpes (2015) ;
> non applicable (NA) en Lorraine (2015).

En France et au niveau européen : pas de protection.

Au niveau départemental : pas d’arrêté préfectoral.

Liste rouge (UICN) :


- niveau européen et français : préoccupation mineure (LC) ;
- à l’échelle des anciennes régions françaises : préoccupation mineure (LC).

NB : cette espèce est considérée comme une espèce exotique envahissante dans la province
Nord de Nouvelle-Calédonie, à Saint-Pierre-et-Miquelon ainsi qu’à la Réunion.

20 Gilbert J.A., 2008.


21 La liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) n’a qu’une valeur indicative.
9
dоννéеѕ вотаνіquеѕ
іdеνтіfісатіоν

Erica cinerea L. Noms vernaculaires22: bruyère cendrée, bréjotte,


bucane, etc.
ÉRICACÉES Bell heather, grey heather, purple heather (anglais) ;
brezo gris, argaña, brezo nazareno (espagnol) ;
Grauheide (allemand) ; scopa cinericcia (italien).

1. Dessin des différentes parties de la


plante.
2. Port de la plante.
3. Tige en fleur.
4. Sommité fleurie.
5. Fleurs en grelots orientées vers le bas
(stade idéal de récolte).
6. Feuilles linéaires.

1 2

3 4 5

10 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


Calluna vulgaris (L.) Hull. Noms vernaculaires23 : callune, béruée, brande,
bruyère commune, bucane, fausse bruyère, grosse
ÉRICACÉES brande, pétérolle.
Heather, common heather (anglais) ; brecina, brezo
común, bruza (espagnol) ; Besenheide, Besenkraut
(allemand) ; brugo, brughiera, calluna (italien).

1. Dessin des différentes parties de la


plante.
2. Port de la plante.
3. Feuilles opposées.
4. Sommité fleurie.
5. Fleurs.
6. Floraison à différents stades sur la
même tige.
7. Fleurs matures, stade de récolte.

1 2

3 4 5

6 7

22 Liste non exhaustive.


23 Liste non exhaustive.

Photographies : Dessins - Flore de l'abbé H. Coste / Port de la bruyère cendrée, Sommité fleurie de la bruyère cendrée, Fleurs en grelots de la
bruyère cendrée - G. Ducerf - promonature.com / Tiges en fleur de la bruyère cendrée, Feuilles linéaires de la bruyère cendrée - CBNPMP - B.
Durand / Port de la callune, Feuilles de la callune, Sommité fleurie de la callune, Fleurs de la callune, Différents stades de floraison de la callune - G. 11
Ducerf - promonature.com / Fleurs matures de la callune - M. Gentet.
dеѕсrіртіоν ет сrітѐrеѕ dе rесоννаіѕѕаνсе

ѕүνтнѐѕе dеѕ dеѕсrіртіоνѕ вотаνіquеѕ 24

Sous-arbrisseau de 20 à 60 cm,
Sous-arbrisseau de 30 à 60 cm jusqu’à 1 m de hauteur.
de hauteur. Glabre, tortueux, diffus, à rameaux
Généralités Glabre avec seulement les jeunes nombreux, effilés, dressés,
pousses poilues. rougeâtres.
Feuillage persistant. Feuillage persistant.

Tiges dressées plus ou moins


Tiges dressées, tortueuses,
Tige ramifiées, cendrées-pubérulentes. tortueuses, ramifiées, à écorce
brun rougeâtre.

Feuilles en aiguilles (4 à 7 mm),


verticillées par 3, vert foncé Feuilles en écailles très petites (2 à
souvent bronze, munies à leur 4 mm), linéaires, sessiles et à deux
Feuilles aisselle de fascicules de feuilles, pointes à la base, opposées
longues de 4 à 6 mm, linéaires- décussées, densément imbriquées
étroites, marquées d'un sillon en sur quatre rangs.
dessous, glabres.

Petites fleurs pourpre pâle, à rose


Fleurs rouges-violacées, magenta, lilas (en fonction du milieu),
comme verticillées, formant des brièvement pédonculées,
grappes composées, allongées, penchées, en grappes minces,
obtuses ; pédoncules égalant à simples et lâches ; calice pétaloïde,
peine les fleurs ; calice à lobes muni à la base de bractées vertes,
Fleurs lancéolés, glabres, égalant le tiers à quatre lobes oblongs ; corolle de
de la corolle ; celle-ci en grelot moitié plus courte que le calice, en
ovale (5 à 6 mm), à dents cloche, à pétales non soudés ; huit
courtes et réfléchies ; étamines plus étamines plus courtes que la
courtes que la corolle, munies de corolle.
deux cornes ; style peu saillant. Les fleurs se flétrissent sans se
détacher.

Capsules velues, globuleuses, à


Fruits Capsules glabres. cloisons opposées aux sutures des
quatre valves.

À noter que dans les milieux enneigés, les plantes forment des peuplements bas25. Les individus
y ont une forme prostrée (20 à 30 cm de haut), plutôt qu’une forme hémisphérique26
observée dans les sites de plus basse altitude.

12 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


сrітѐrеѕ dе rесоννаіѕѕаνсе déтеrміνаνтѕ роur lеѕ сuеіllеurѕ

Démarre sa floraison en début d’été, en Démarre sa floraison plus tardivement en


juin-juillet, en fonction de la région. juillet-août, en fonction de la région.

Sous-arbrisseau plutôt haut, pouvant


Sous-arbrisseau plutôt bas. dépasser les 60 cm.

Fleurs violette/mauve, magenta, plus Forme des tapis, des landes toutes vertes
grandes que celles de la callune. avec les petites fleurs pourpre pâle à rose
lilas.

Feuilles vert pâle, opposées en forme de


Feuilles vert foncé, disposées en aiguille et petites écailles (les unes dans les autres
par trois. comme des feuilles de cyprès ou de thuya).

Pétales soudés en tube (clochette). Pétales non soudés.

рréсіѕіоνѕ ѕur lеѕ déνоміνатіоνѕ 27

Sous-espèces Pas de sous-espèce ou de variété. Calluna vulgaris var. pubescens


et variétés Koch.

Calluna alpestris Gand, Calluna


Erica tenuifolia Bubani, Erica viridi atlantica Seemen, Calluna erica
Synonymes en purpurea Gouan, Ericoides DC., Calluna pyrenaica Gand.,
nomenclature cinereum (L.) Kuntze, Ericoides Calluna sancta Gand.,
humile (Salisb.) Kuntze, Erica
botanique humilis Neck, Calluna vulgaris Salisb., Erica
vulgaris L., Ericoides vulgaris (L.)
Erica mutabilis Salisb. Merino.

Nom en
Erica cinerea. Calluna vulgaris.
homéopathie

24 Coste l'abbé H., 1937 / Rameau J.C. et al., 1989 / Blamey M. et Grey-Wilson C., 1991.
25 Coquillard P. et al., 2000.
26 Coquillard P. et al., 2000.
27 Tax Ref v15 - Se reporter à la fiche espèce de la base de données de l’Inventaire national du patrimoine naturel
13
(INPN). Liens en annexe.
соνfuѕіоνѕ роѕѕівlеѕ

Bien que Flora Gallica28 ne le signale pas, il existe de nombreux hybrides sauvages chez les Erica
européens. E. tetralix est souvent l’un des parents29. Il est probable que certains ne soient toujours
pas identifiés.

Calluna vulgaris (L.) Hull. ne se confond pas avec d’autres plantes, même à l’état végétatif, car
ses feuilles très petites ressemblent à des écailles.

Erica cinerea L. peut se confondre avec d’autres espèces d’Erica : E. ciliaris, E. tetralix et E.
vagans surtout quand il n’y a pas de fleurs.

Plusieurs autres espèces de bruyères sont arborescentes (plus de 60 cm de haut) et peuvent


éventuellement prêter à confusion avec les deux espèces traitées dans ce livret au stade juvénile :
E. lusitanica, E. scoparia, E. multiflora et D. cantabrica.

Erica ciliaris L. (bruyère ciliée)


Fleurs de couleurs voisine d’E. cinerea, mais plus grandes. Elle recouvre une grande
partie de la façade ouest et sud-ouest de la France. Elle est soumise à un statut de
protection intégrale ou à une réglementation sur la cueillette dans les régions Centre,
Basse-Normandie, l’Île-de-France et Midi-Pyrénées. Présente dans les listes de l’ANSM
ou les compléments alimentaires, elle est susceptible d’être cueillie. Il est donc important de
se renseigner sur la réglementation en vigueur avant tout prélèvement.

1 2

3 4 5

14 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


Erica tetralix L. (bruyère à quatre angles, bruyère des marais,
bruyère quaternée, carminet, clarin)

Feuilles ciliées, fleurs de couleur rose pâle. En France, elle est présente dans le nord,
l'ouest et le sud-ouest. Elle est soumise à un statut de protection intégrale ou à une
réglementation sur la cueillette dans certaines régions.

1. Différentes parties de la plante.


2. Port de la plante.
3 et 4. Corolles en cloche.
5. Feuilles ciliées.

1 2

3 4 5

Erica vagans L. (brande, bruyère vagabonde, bruyère voyageuse)


Elle se reconnaît à ses grappes subterminales surmontées d'un bouquet de feuilles et à
ses fleurs rose pâle en grelot arrondi. Lorsqu’elle n’est pas en fleur, la taille de ses feuilles
permet de la distinguer. En France, elle est abondante dans les Pyrénées occidentales et
centrales, ainsi que dans une grande partie du bassin aquitain. Dans certains des
départements où elle est mentionnée, elle est soumise à un statut de protection intégrale
ou une réglementation sur la cueillette. Il est donc important de se renseigner sur la
réglementation en vigueur.

28 Tison J.M. et de Foucault B., 2014.


29 Fagúndez J., 2012.

Photographies : Dessins - Flore de l'abbé H. Coste / Corolle en cloche de la bruyère ciliée, Feuilles de la bruyère ciliée - G. Ducerf - 15
promonature.com / Port de la bruyère ciliée - CBNPMP - C. Bergès / Photographies de la bruyère à quatre angles - G. Ducerf - promonature.com.
1. Différentes parties de la plante.
2. Port de la plante.
3. Sommité fleurie.
4. Corolles en cloche.
5. Feuilles.

1 2

3 4 5

Erica lusitanica Rudolphi (bruyère du Portugal)


Elle peut atteindre 1 à 3 mètres de haut et produit des fleurs blanches de février à mars.
Rare et protégée sur tout le territoire métropolitain, elle est très peu présente en France :
sur la côte ouest du nord des Landes et du sud de la Gironde, un peu à l’extrême ouest
des Pyrénées-Atlantiques. De ce fait, la confusion avec une autre espèce du genre Erica
est peu probable.

1. Différentes parties de la plante.


2. Port de la plante.
3. Sommité fleurie.
4. Corolles en cloche, blanches.
5. Feuilles.

1 2

16 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


3 4 5

Daboecia cantabrica (Huds.) K. Koch (bruyère de Saint-Daboec,


bruyère des monts Cantabriques)

Présente dans le sud des Pyrénées-Atlantiques uniquement, elle est protégée au niveau
national, interdisant tout prélèvement sur le territoire métropolitain.

1. Différentes parties de la plante.


2. Port de la plante.
3. Sommité fleurie.
4. Corolles en cloche.
5. Feuilles.

1 2

3 4 5

Photographies : Dessins - Flore de l'abbé H. Coste / Photographies de la brande - G. Ducerf - promonature.com / Photographies de la bruyère du
portugal - G. Ducerf - promonature.com / Port de la bruyère de Saint-Daboec, Sommité fleurie de la bruyère de Saint-Daboec - CBNPMP - C. Bergès / 17
Corolle en cloche de la bruyère de Saint-Daboec, Feuilles de la bruyère de Saint-Daboec - G. Ducerf - promonature.com.
Erica multiflora L. (bruyère à fleurs nombreuses, bruyère multiflore)
C’est l’une des rares bruyères poussant sur des sols calcaires à légèrement acides. Elle
présente une longue floraison rose ou blanche qui s'étale d'août à décembre. Elle est
présente sur le pourtour méditerranéen.

1. Différentes parties de la plante.


2. Port de la plante.
3. Sommité fleurie.
4. Corolles en cloche.
5. Feuilles.

1 2

3 4 5

Erica terminalis Salisb. (bruyère de Corse)


Elle est présente uniquement en Corse.

1. Différentes parties de la plante.


2. Branches et fleurs.
3. Sommité fleurie.
4. Corolles en cloche.
5. Feuilles.

1 2

18 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


3 4 5

Photographies : Dessins - Flore de l'abbé H. Coste / Photographies de la bruyère multiflore - G. Ducerf - promonature.com / Photographies de la 19
bruyère de Corse - G. Ducerf - promonature.com
віоlоgіе 30

Chaméphytes31. Chaméphytes.
Caractères Sous-arbrisseau de 30 à 60 cm. Sous-arbrisseau de 50 à 100 cm.
biologiques Sempervirente32. Sempervirente.

30 à 45 ans en conditions non


Longévité Pas d’information disponible. perturbées.

Pendant la période de croissance


la plus active (de mai à août), la
production de jeunes pousses est
Croissance Pas d’information disponible. corrélée positivement aux
températures moyennes
journalières et à la pluviométrie
totale33.

De juillet à septembre.
La production de fleurs est
corrélée à la température en avril
lorsque que la croissance débute35.
Sous l’effet de la sécheresse, la
période de floraison est repoussée
de 6 à 10 jours, et ce d’autant plus
lorsqu'elle intervient au début du
processus36.
Selon les cueilleurs, la callune
s’adapte effectivement aux
Période de De juin à août. sécheresses d’été en attendant les
floraison34 pluies et l’humidité du début de
l’automne pour fleurir. Elle peut
sembler sèche et en fin de vie,
mais repart dès que l’eau revient.
Dans le même temps, des
cueilleurs de l’AFC observent
qu’en fonction des régions, la
maturité de la plante est plus
précoce chaque année et ils font le
lien avec l’augmentation générale
des températures.

Annuelle.
Semences matures : début
Période de septembre, la majorité en octobre
et novembre. Pas d’information disponible.
fructification37
Fruits déhiscents38, fin de la
période de déhiscence : début
décembre.

20 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


Les deux espèces peuvent se reproduire de manière végétative et
sexuée.

Le stockage des graines non


traitées à 4 °C pendant 270
jours permet un taux de
germination de 71 %. Un court
traitement des graines à haute
température (110° C, 5 min)
augmente de 25 % la capacité
de germination39.
Des essais de germination40
montrent que des graines
fraîches, stérilisées en surfaces,
semées sous une photopériode
Reproduction de 8 h, à des températures de
10° C ou 15° C ont un taux de
germination de 90 à 93 %.

Sexuée Sexuée
• Pollinisation entomogame et • Pollinisation entomogame et,
autogame avec des fleurs en second lieu, anémogame qui
hermaphrodites (2n=24). est moins efficace41, avec des
La fécondation est fleurs hermaphrodites. La
généralement croisée, les fécondation est généralement
stigmates étant matures avant croisée (les anthères sont
les anthères (protogynie). matures avant les stigmates),
• Dispersion barochore des mais l’autopollinisation est
graines. possible et conduit à un taux
important de graines avortées
(70 %)42.

30 Coste l'abbé H., 1937 / Rameau J.C. et al., 1989 / Tela Botanica / Bannister P., 1965.
31 Une chaméphyte est une plante vivace et rampante plus ou moins ligneuse vivant dans les régions froides et en montagne. Elle possède,
pendant l'hiver, des bourgeons persistants situés à moins de 50 cm du sol. Il s’agit essentiellement d’arbustes à croissance basse, dans lesquels
les bourgeons hivernants sont portés au-dessus du sol mais près de la surface pour minimiser l'exposition au vent.
32 Plante à feuillage persistant.
33 Miller G.R., 1979.
34 Variable selon les territoires, l'altitude et l'orientation de la plante.
35 Miller G.R., 1979.
36 Nagy L. et al., 2013.
37 Variable selon les territoires, l'altitude et l'orientation de la plante.
38 Déhiscence : ouverture spontanée d'organes végétaux clos (anthères, fruits) suivant des zones définies, pour libérer leur contenu (graines,
pollen, spores, etc.).
39 Baskin C.C. et Baskin J.M., 2014.
40 Pereira M.J., Fagundo H., Menezes T. et Couto J., 2014.
41 Baskin C.C. et al., 2014.
42 Bannister P., 1965.
21
• La viabilité des graines peut • Dispersion barochore des
atteindre au moins 33 ans43. graines avec 73 % des semences
Production annuelle de atterrissant à 1 m maximum du
semences estimées à 450 000 pied parent46.
semences potentiellement • La viabilité des graines peut
viables par mètre carré. atteindre au moins 33 ans47.
• Le pourcentage de Les graines sont stockées dans
germination est faible, de l’ordre les 40 mm supérieurs du sol48.
de 30 %44 et indépendant de la Les graines ne sont pas – ou
taille des graines45. légèrement – dormantes49, il n’y
a pas de dormance spécifique
Végétative (elles se réveillent bien).
Reproduction Par rejet de souches et • Le pH optimal pour la
(suite) possibilité de drageonnage. germination est de 450. Le
pourcentage de graines
germées est indépendant de
leur taille.

Végétative
À maturité, les rejets de souche
assurent la majeure partie de la
régénération, mais leur
importance diminue avec
l’âge51. Possibilité de
drageonnage.

Régénération de
la ressource Les deux espèces se ressèment sur place.
(observations
des cueilleurs)

Comme toutes les Éricacées, E. cinerea et C. vulgaris présentent des


endomycorhizes particulières appelées mycorhizes éricoïdes52. Elles
confèrent à C. vulgaris un fort pouvoir allélopathique éliminant la
Mycorhizes concurrence d’herbacées comme Nardus stricta L., et lui permettent
de s’adapter à de nombreux milieux, y compris ceux qui sont
fortement pollués et toxiques, notamment ceux impactés par les
déchets miniers. Les cortèges mycorhiziens diffèrent selon les milieux
ouverts ou fermés53.

• Le potentiel de séquestration
du carbone des landes à C.
En Gironde, dans les plantations vulgaris est important, 3,45 t/
de pins maritimes, la biomasse ha/an, contre 1,6 t/ha/an pour
Biomasse et totale de la bruyère cendrée les landes à graminées qui
séquestration peut représenter 14 % de celle respirent davantage55.
du carbone des pins (moyenne dans 25 • Dans certaines plantations de
parcelles âgées de 11 à 96 pins maritimes, la biomasse
ans)54. totale de la callune représente
18% de celle des pins56.

22 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


Lors de sa décomposition, la
litière de callune libère des
composés phytotoxiques qui ont
un effet allélopathique sur les
espèces concurrentes, ainsi que
sur ses propres germinations. De
très nombreux auteurs ont
soutenu cette théorie. Mais
d’autres montrent que,
généralement, les concentrations
en produits phytotoxiques dans
Allélopathie57 / les litières et les sols sont
phytotoxicité insuffisantes pour avoir un effet.
Ils invoquent d’autres facteurs
de dépérissement tels que la
sécheresse, le rapport rouge/
infrarouge de la lumière sous le
couvert végétal.
Des extraits de litière montrent
en conditions expérimentales
une forte toxicité pour des
champignons mycorhiziens58.
Les composés phytotoxiques
semblent détruits après
incendie59.

Les deux espèces sont mellifères. Il existe ainsi du miel de bruyère.

À noter que les bruyères produisent de la terre de bruyère, une


Autres terre issue de l'accumulation de matière organique peu active qui est
connue pour son pH acide (3,5 à 4,5). Aujourd’hui, la véritable
terre de bruyère ne se récolte plus, elle est fabriquée à partir
d’écorces de pin broyées, de tourbe, de sables et d’engrais.

43 Baskin C.C. et Baskin J.M., 2014.


44 Mahy G., Sloover J.D. et Jacquemart A.L., 1998.
45 Mahy G.G. et al., 1999.
46 Gilbert J.A. et Butt K.R., 2010.
47 Baskin C.C. et al., 2014.
48 Putwain P.D. et al., 1990.
49 Baskin C.C. et Baskin J.M., 2014.
50 Baskin C.C. et Baskin J.M., 2014.
51 Grau-Andrés R. et al., 2019.
52 Leopold D.R., 2016. Voir également les pages Wikipedia consacrées à ces mycorhizes particulières.
53 Britton A.J. et al., 2008 / Genney D.R. et al., 2000 / Mitchell D.T. et Gibson B.R., 2006.
54 Gonzalez M. et al., 2013.
55 Quin S.L.O. et al, 2015.
56 Gonzalez M. et al., 2013.
57 Phénomène par lequel certains végétaux sécrètent des substances qui inhibent la germination des graines ou la croissance d’autres végétaux
présents dans leur voisinage.
58 Coquillard P. et al., 2000.
59 Bonanomi G., Legg C. et Mazzoleni S., 2005.
23
• Les caractères type de fleur,
couleur de fleur et couleur de
Une expérimentation menée au feuille sont génétiquement
pays de Galles60 a démontré indépendants62.
que l'accumulation de fer dans • Présence de phytolithes63
ses tissus peut entraîner des • La hauteur et le rapport
Autres perturbations de l'équilibre hauteur/largeur, le diamètre des
(suite) hydrique qui peuvent aller tiges ligneuses et la quantité de
jusqu’à la mort d'E. cinerea. fleurs et de tiges décroissent
Son degré de sensibilité à la avec l'altitude. La floraison
saturation en eau est dû au taux diminue lorsque l'altitude
de fer disponible dans le augmente, alors que la
substrat61. proportion de pousses vertes
augmente64.

24 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


роur сомрrеνdrе lеѕ dүνаміquеѕ dе régéνérатіоν арrѐѕ uνе таіllе :
lе сүсlе dе vіе dе lа саlluνе 65

La vitalité de la callune et la gestion des peuplements ne peut s’envisager qu’en connaissance de


son cycle de vie. En conditions non perturbées, ce cycle s’étend sur une période d’une
quarantaine d’années. Après une phase pionnière d’établissement (jusqu’à 3 à 5 ans) vient une
phase de croissance (jusqu’à 8 à 15 ans), une jeune phase mature (jusqu’à 15 à 25 ans), une
phase mature âgée (jusqu’à 25 à 40 ans), et enfin une phase de dépérissement et d’extinction
(jusqu’à 30 à 45 ans). Des traumatismes sévères, comme un brûlage dirigé, opérés au cours ou
en fin de phase mature, peuvent permettre, dans certains cas, de régénérer la parcelle et
d’obtenir à nouveau une jeune phase mature.
Les temps mentionnés dépendent des conditions locales et il revient au cueilleur de bien observer
son site pour se repérer dans ce cycle.
Le schéma ci-dessous, reproduit avec l’aimable autorisation des auteurs, représente le cycle de la
callune en conditions non perturbées et ses variantes possibles en fonction de fortes perturbations
intervenant à différents stades. Il permet d’envisager des plans de gestion à long terme pour les
peuplements de callune.
Cycle de vie de la callune66
MA
MJ

C
P
P C MJ

La ligne supérieure représente l’évolution d’une callune en condition non perturbée. La ligne
inférieure illustre cette évolution après de fortes perturbations réduisant la biomasse (indiquées
par des flèches), comme le feu ou le gyrobroyage. Les jeunes plantes matures rejettent
vigoureusement.

P : phase pionnière.
C : phase de construction.
MJ : phase mature jeune.
MA : phase mature âgée.
D : phase dégénérescente.

Les chiffres indiquent les âges approximatifs et x renvoie à l'âge auquel a eu lieu la perturbation.

60 Jones H.E. et Etherington J.R., 1970.


61 Jones H.E., 1971.
62 Behrend A. et al., 2013.
63 Formes variées de concrétion de silice trouvées dans des plantes ou des restes de plantes, éventuellement fossiles.
64 Chapman H.M. et Bannister P., 1994.
65 Schellenberg J. et Bergmeier E., 2022.
66 Figure 6 de l’article de Schellenberg J. et Bergmeier E., 2022.
25
dіѕтrівuтіоν géоgrарніquе 67

моνdе
E. cinerea : présente dans toute l'Europe occidentale et çà et là en Europe centrale.
Carte de répartition Système mondial d'information sur la biodiversité (GBIF)68

Source : ©les contributeurs d’OpenStreetMap, ©OpenMapTiles. Système mondial d'information sur la biodiversité (GBIF).

C. vulgaris : présente en Europe, Asie occidentale, au Maroc, aux Açores et en Amérique boréale.
Carte de répartition GBIF

Source : ©les contributeurs d’OpenStreetMap, ©OpenMapTiles. Système mondial d'information sur la biodiversité (GBIF).

26 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


еurоре
E. cinerea.
Carte de répartition GBIF

Source : ©les contributeurs d’OpenStreetMap, ©OpenMapTiles. Système mondial d'information sur la biodiversité (GBIF).

C. vulgaris.
Carte de répartition GBIF

Source : ©les contributeurs d’OpenStreetMap, ©OpenMapTiles. Système mondial d'information sur la biodiversité (GBIF).

67 Coste l'abbé H., 1937 / Rameau J.C. et al., 1989 / Blamey M.et Grey-Wilson C., 1991.
68 Cette carte a été réalisée à partir de données d’observation, c’est-à-dire indiquant la présence de l’espèce, mises à disposition par un
27
ensemble d’organismes de recherche au niveau international. Liens en annexe.
frаνсе
E. cinerea : assez commune et disséminée à l'ouest d’une ligne Rouen-Troyes-Nîmes (Centre, Sud-
Ouest et Midi, jusqu’aux Cévennes). Présente dans les landes subalpines et maritimes jusqu’à
1500 m d’altitude.

Carte de répartition SI-Flore – données du réseau des Conservatoires botaniques nationaux (CBN)69

Sources : © FCBN 2016, Système d'information national flore, fonge, végétation et habitats, données du réseau des CBN en cours d'intégration et de qualification nationale
© IGN 2013, BD CARTO - © SANDRE 2013, SIE - © Muséum national d'Histoire naturelle 2013, Espaces protégés, TAXEAF V7.0 - © GEOSIGNAL 2013, Carte routière
Date de consultation : 8 avril 2024

C. vulgaris : présente sur tout le territoire jusqu’à 2700 m d’altitude maximum. Elle est souvent en
grandes colonies.
Carte de répartition SI-Flore – données du réseau des CBN

Sources : © FCBN 2016, Système d'information national flore, fonge, végétation et habitats, données du réseau des CBN en cours d'intégration et de qualification nationale
© IGN 2013, BD CARTO - © SANDRE 2013, SIE - © Muséum national d'Histoire naturelle 2013, Espaces protégés, TAXEAF V7.0 - © GEOSIGNAL 2013, Carte routière
Date de consultation : 8 avril 2024

Remarque : C. vulgaris est présente en Corse, bien que les données soient manquantes sur cette
carte.

28 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


éсоlоgіе 70

• Climat à hiver tempéré et • Espèce à large amplitude


humide ; espèce héliophile. thermique ; héliophile ou de mi-
• Humus : moder à mor ; sols ombre.
très pauvres en bases et en • Humus : dysmoder à mor
azote ; pH acide à très acide. (parfois mull acide) ; sols très
• Matériaux : sables, limons, pauvres en bases, pH très
substrats pierreux, siliceux acide.
tourbeux. • Matériaux variés : sableux,
Auto-écologie71 • Sols superficiels ou bien pierreux, limoneux, tourbeux,
drainés : espèce xérophile à parfois argiles de
mésoxérophile. décarbonatation.
• Caractère indicateur : xéro • Sols très secs à mouillés.
acidiphile, héliophile. • Caractère indicateur :
acidiphile héliophile, souvent
• Associée à des sols acides indicatrice de mor (produit une
drainants, sols minéraux avec litière acidifiante podzolisante).
maigre couche humifère72.

• Landes (Ulici-Ericion • Landes, tourbières, lisières


cinereae) ; chênaies claires, forestières, bois clairs, pessières,
Biotope et pineraies ; espèce très sociale, chênaies et hêtraies acidiphiles,
phytosociologie73 très souvent avec C. vulgaris. pineraies, maquis, landes
On peut la trouver sur subalpines, plus rarement en
tourbière haute. pelouses.

69 Il s’agit de données indiquant la présence ou l’absence de l’espèce et non d’une indication de densité des populations. Liens en annexe.
70 Coste l'abbé H., 1937 / Rameau J.C. et al., 1989 / Blamey M. et al., 1991.
71 Se reporter à la fiche espèce sur la base de données Tela Botanica pour plus de précisions. Liens en annexe.
72 Bannister P., 1965.
73 Se reporter à la fiche espèce de la base de données de l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) pour plus de précisions sur les
29
habitats (Cahiers d’habitats, EUNIS, Prodrome). Liens et compléments en annexe.
30 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024
gеѕтеѕ dе сuеіllетте ет
рréсоνіѕатіоνѕ dе gеѕтіоν durавlе
Sauf précision, cette partie est basée sur l‘expérience des cueilleurs. Elle présente une
sélection non exhaustive de bonnes pratiques parmi l’ensemble de celles observées. Les
éléments concernant la qualité sont donnés à titre indicatif et sont le reflet des pratiques
les plus couramment observées. L’exigence de qualité peut en effet varier selon les
commanditaires et l’usage final.

Concernant les principes de gestion, les proportions à prélever ou à laisser, sont données
comme ordre de grandeur. Il est rappelé que la capacité d'une population à se régénérer
est très contextuelle et dépend de multiples facteurs. Il convient donc d'observer
l'évolution de la population du site concerné afin d'adapter si besoin les principes de
gestion indiqués, y compris ces pourcentages. Il est précisé que ces pourcentages ne sont
pas strictement à respecter, mais qu'il s’agit de donner une appréciation globale.

La notion de ressource74 est, dans le cadre de ces livrets techniques, liée à l’activité de
récolte et à l’usage des plantes. Elle désigne la quantité de plantes ou de parties de
plantes (fleur, écorce, racine, etc.) exploitable pour la cueillette dans une population
végétale.

L’ensemble de la ressource présente sur un site de cueillette est appelée « ressource


potentielle ». Il s’agit de l’ensemble des individus exploitables sur la durée de la saison. La
ressource mature au moment de la cueillette est appelée « ressource exploitable », et celle
qui est effectivement cueillie est nommée la « ressource exploitée ».

Pour la définition des termes « zone », « site », « secteur » et « tache », se référer à la partie
générale du Guide de bonnes pratiques.

рréсоνіѕатіоνѕ géνérаlеѕ dе gеѕтіоν

Selon les cueilleurs, les bruyères taillées régulièrement sont plus denses, à condition que cette taille soit
menée correctement et que des périodes de repos adéquates soient mises en place.
Une expérimentation a permis de montrer que les coupes intenses modifient la forme de C. vulgaris
qui prend un port buissonnant dense. Cette forme lui procure un avantage compétitif qui peut
conduire à une modification de l'équilibre démographique dans le peuplement75. Ce phénomène
n’est pas observé sur E. cinerea.

Il existe différentes techniques de prélèvement faisant appel à des outils manuels ou motorisés. La
configuration et le type de sites, ainsi que le volume à collecter, peuvent déterminer ces choix
techniques, qui doivent se coupler à une gestion adaptée.

31
Pour assurer le renouvellement de la ressource, l'AFC préconise pour toutes les techniques et parties
de plantes présentées ci-après de :

Pour les jeunes pousses

Laisser le site au repos au moins une année après un prélèvement, pour


éviter que les jeunes pousses ne rétrécissent les années suivantes.

Pour la sommité fleurie et la fleur uniquement

Mettre en place une rotation des prélèvements sur plusieurs années, à


adapter en fonction des circonstances :
- Technique manuelle (main, ciseau ou faucille) :
> Option 1 : dans des sites aux conditions favorables (au
coeur de l'aire de répartition des bruyères, pluviométrie
suffisante) et pour un prélèvement de la pousse de l’année, il
est possible de revenir tous les ans.
> Option 2 : sur des terrains aux conditions moins favorables
(pluviométrie faible, sites en bordure de l’aire de répartition
des bruyères) ou pour prélever plus bas dans la plante, il est
préconisé de revenir tous les trois ans.

1. Option 1 : trait du haut, option 2 :


trait du bas.

- Technique motorisée (taille-haie, faucheuse auto-chargeuse, etc.) :


le plan de gestion s’adapte au climat et à la nature même de la
lande. D’une manière générale, il est quinquennal (tous les cinq ans),
mais lorsque les années sont assez pluvieuses, il est possible
d’envisager une planification triennale (récolte tous les trois ans).
L’âge des bruyères est également un indicateur : les récoltes sur du
vieux bois nécessitent plus de temps de repos (cinq à sept ans) que
sur du jeune bois (entre trois et cinq ans). Ces techniques induisent
des pollutions sonores et, potentiellement, aux hydrocarbures.
Pour mettre en place cette exploitation raisonnée, il est conseillé
d’établir différents secteurs dans le site de cueillette et d’y organiser
la rotation des prélèvements.
Privilégier des huiles végétales biodégradables pour le graissage.

...
32 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024
...
Ne pas prélever plus de 70 % de la ressource (fleur, sommité fleurie ou
jeune pousse) du site afin de permettre une reproduction sexuée. Ne pas
prélever plusieurs parties de plantes sur le même site la même année ou
s’assurer que le cumul des prélèvements reste en deçà des 70 %.
Par exemple, en laissant les pieds non matures, ceux qui sont déjà à un stade
de floraison trop avancé, ainsi que les plus petits plants et ceux un peu
éloignés du coeur du site, le cueilleur laisse souvent 30 % d’individus (à
évaluer au cas par cas).

Délimiter, dans les secteurs de prélèvement, des espaces qui ne sont jamais
ramassés pour favoriser les abeilles et la vie sauvage, en plus des 30 % non
cueillis. Sur des sites étendus, les espaces non adaptés à la cueillette comme
les périphéries, les terrains éloignés, peu denses ou en friches, peuvent
constituer ces zones de réserve. Sur des sites plus restreints, le cueilleur veille
à bien réserver des espaces à cet usage.

Maintenir des espaces ouverts et entretenus pour éviter l’enfrichement des


sites et donc la régression des bruyères. Cette ouverture peut être maintenue
par différentes techniques : le pâturage bien conduit (chargement adapté),
le gyrobroyage ou éventuellement le feu dirigé sur le long terme. La mise en
place de ces activités implique généralement des partenariats avec d’autres
usagers du territoire (propriétaire, éleveur, gestionnaire d’espaces naturels,
mairie...). Attention, le recours au brûlage dirigé fait aujourd’hui débat,
soulevant de nombreuses questions sur son impact et la bonne conduite de
ces feux76.

Éviter le déracinement (technique manuelle) : les bruyères ont une tige dure
et un enracinement faible. Si elles sont tirées, ou si le cueilleur force un peu
trop, leurs racines sortent assez facilement. Plus elles vieillissent, plus leur
mode d’enracinement et la taille de leur bois les rendent sujettes au
déracinement. Les vieilles bruyères (15 ans et plus) sont reconnaissables à la
taille du bois, plus épais vers la base (à partir de 1 cm de diamètre), à la
présence importante de fougères et d’ajoncs aux alentours (liée à l’évolution
du terrain), ainsi que la possibilité de lichen sur le pied. Le cueilleur adapte
donc son geste à la population récoltée afin d’éviter tout déracinement.

33
ζоом ѕur lа рrатіquе dе régéνérатіоν dеѕ vіеuх ѕітеѕ

D’après l’expérience des cueilleurs, il est possible de régénérer des sites


importants et vieillissants qui n’ont jamais été cueillis. Il faut pour cela
effectuer une coupe basse (ne pas descendre en dessous de 5 cm par
précaution) et attendre de cinq à sept ans avant d’envisager une
cueillette. Cette pratique peut avoir lieu l’été, afin de récolter, tout en
régénérant le site.
Attention, si la coupe est réalisée par gyrobroyage, l’impact du
déchiquetage sur des troncs supérieurs à 5 cm peut être nuisible à la
régénération comparée à une coupe manuelle, plus nette.

À noter qu’il existe une multitude de landes avec leurs particularités


propres et que la régénération des sites dépend à la fois de la nature de
la plante et des caractéristiques du sol.

34 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


іdеνтіfісатіоν d’uν ѕіте

νатurе dеѕ ѕітеѕ dе сuеіllетте


Les peuplements de bruyères se trouvent dans des espaces ouverts par l’homme, liés
ancestralement au pâturage (l’agropastoralisme crée les landes à bruyères), dans les zones
déboisées ou dans des bois clairs, sur sols acides, relativement secs, en terrain siliceux et
caillouteux. Elles se rencontrent dans les landes, les coteaux arides, les bordures de tourbières (le
fond des tourbières est principalement dominé par E. ciliaris), ainsi que les crêtes anciennement
pâturées par les ovins.
D’une manière générale, ce sont des terrains filtrants et granitiques très humifères (les bruyères
sont créatrices d’humus). Elles se trouvent sur de l’humus acidifié et en décomposition.
Dans les zones méditerranéennes, leur présence est assez variable. Elles peuvent se trouver sur
des sites de pleine lumière en coteaux ensoleillés, ou bien sur des zones de chêne vert défrichées
ou clairsemées, peu denses sur terrain siliceux. Elles se rencontrent également dans des secteurs
avec du genévrier cade et même en sous-bois de reconquête à l'ombrage clair, souvent à
dominante de pins maritimes associés à quelques châtaigniers. Enfin, dans les Pyrénées-
Orientales, elles affectionnent surtout les zones ensoleillées de type maquis, entre 400 et 600 m
d’altitude en compagnie de la lavande papillon et de certains cistes.
« Elle aime les beaux paysages. Elle se met là où personne d’autre ne peut se mettre. Dans les
grandes montagnes, c’est la dernière sur la roche nue. »
- Paroles d’un cueilleur de l’Hérault -

1. Site de callune dans les Alpes (05).


2. Site de callune après coupe forestière
(40).
3. Site de callune sur le plateau de
Millevaches (19).
4. Site de bruyère cendrée en Corrèze
(19).

1 2

3 4

35
rерérаgе d'uν ѕіте
Lors de la floraison, les bruyères constituent des tapis assez denses dont la couleur rose violacé
rend le repérage des sites de cueillette assez aisé, même de loin. Il est ainsi assez facile de repérer
un site de bruyères en cherchant par exemple, au sein des massifs acides, des landes ouvertes,
plutôt bien ensoleillées.

Lors du repérage du site77 , il est conseillé de lister les éléments limitants (présence d’autres
plantes envahissantes ou toxiques, de troupeaux traités, de pesticides et de métaux lourds, etc.)
qui entraînent des risques de perturbation sur la qualité finale du produit.

éтат dе роlluтіоν du ѕіте


Comme toutes les Éricacées, les bruyères absorbent les métaux lourds et les éléments radioactifs.
Cette capacité doit être prise en compte lors du choix des sites de cueillette.
Sur les sols pollués par les métaux lourds, et selon les cas, on observe chez C. vulgaris une forte
accumulation d’arsenic et d’antimoine, ainsi qu’une accumulation plus faible de tungstène, fer,
manganèse, cuivre, zinc, plomb et de cadmium78.

Sur les sols pollués par du césium radioactif, C. vulgaris assimile deux fois plus de radioéléments
qu’E. cinerea79, qui a déjà un pouvoir d'accumulation élevé. Dix-sept ans après l’épisode de
pollution, la plante assimile encore le césium 137 radioactif. À noter qu’un apport de potassium
peut réduire fortement cette assimilation (de 60 %)80.

éтат ѕаνітаіrе dе lа рlаνте


Nombreux sont les cueilleurs qui la décrivent comme étant très résistante.
Le feu peut la détruire, bien que des années après, elle puisse repartir des racines et des graines.
Il a tout de même été constaté une mortalité des bruyères dans le cas d’incendies répétés à
cause des sécheresses.
Elle craint également les grosses chaleurs, car les montées en fleur n’aboutissent pas lors de
canicules. Les gels tardifs réduisent également sa productivité.

36 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


ассеѕѕівіlітé du ѕіте ет dе lа rеѕѕоurсе à сuеіllіr
Étant donné que ces plantes peuvent se trouver sur des endroits accidentés et en pente, il s’agit
donc de bien choisir son site pour faciliter la cueillette. Et si la zone est en pente, il est conseillé de
se mettre en contrebas de la plante pour faciliter la cueillette et d'opter pour des contenants
adaptés (éviter les bacs qui glissent dans la pente, par exemple).
Ces récoltes peuvent représenter de gros volumes et des poids importants, il convient donc de
disposer d’un accès à proximité du site.
Les bruyères sont régulièrement sur des landes parsemées de chemins, ce qui facilite le
cheminement du cueilleur.

1. Site coupé par un chemin.

37
38 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024
сuеіllетте dе lа јеuνе роuѕѕе

Pour cette partie de plante, seule Calluna vulgaris (L.) Hull. est demandée à notre connaissance.

1. Talus pour la cueillette des jeunes


pousses en Isère (38).

dіffісulтéѕ ет rіѕquеѕ роur lе сuеіllеur


La callune se trouvant généralement en milieu sec, il existe plusieurs risques pour le cueilleur. Il
convient donc d’être vigilant aux :
- risques de feu ;
- coups de soleil, insolations ;
- présence de vipères (si le sol est rocailleux).
Prévoir de bonnes chaussures et un pantalon long. La plante étant basse, la cueillette peut, à la
longue, faire mal au dos.

défіνітіоν dе lа раrтіе сuеіllіе


Partie tendre verte qui constitue la pousse de l’année. La longueur est comprise entre 4 et 5 cm,
elle dépend du cahier des charges du client.

1. Partie cueillie.

Photographies : Site coupé par un chemin - G. Ducerf - promonature.com / Talus pour la cueillette des jeunes pousses en Isère, Partie cueillie - 39
T. Echantillac.
рérіоdе dе réсоlте
Elle se cueille généralement à la fin du mois de juin (entre mi-mai et mi-juillet selon l’altitude).

ѕтаdе dе dévеlорремеνт
Bien verte et très tendre, la jeune pousse se détache facilement.

1. Partie cueillie.

мéтноdе dе рrélѐvемеνт ет оuтіlѕ


L’AFC constate un manque de recul quant à l’impact du prélèvements des jeunes pousses sur
le long terme. À ce jour, les volumes demandés sont très faibles par rapport à la ressource
disponible.

Cette cueillette manuelle, réalisée à la main ou avec des ciseaux, nécessite peu de mobilité sur le
site. Le cueilleur peut ainsi avancer à quatre pattes et change souvent de position (prévoir un
équipement adapté : pantalon robuste notamment).
À la main, le cueilleur casse la jeune pousse en la pliant tout en la tirant vers lui. Il est possible
d’utiliser les deux mains, contrairement à la récolte au ciseau.

тrі
Il n’y a pas de tri ultérieur, la sélection se faisant pendant la cueillette.

gеѕтіоν dеѕ rіѕquеѕ lіéѕ аu ѕтоскаgе


Les tissus de cette partie de plante étant très jeunes, ils sont gorgés d’eau et craignent donc
l'échauffement.
S’il fait chaud pendant la récolte, il est recommandé de vider son contenant régulièrement pour
éviter le risque de fermentation.
Contenants de collecte
Le seau est couramment utilisé, pratique avec son ouverture large et son anse. L’usage du
panier en osier est également fréquent, accroché à la ceinture ou au sol.

40 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


Stockage sur site
Il est recommandé de peser au fur et à mesure et de vider la récolte directement dans le
solvant. Les contenants privilégiés sont les bonbonnes en verre et les bidons en plastique, parfois
remplis de solvant et fournis par les clients. Il est important de mélanger régulièrement le
contenant pour éviter l’oxydation en surface.
Transport
Si les jeunes pousses sont déjà dans le solvant, le temps de transport n’a pas d’incidence.
De la même manière, si elles ne sont pas dans le solvant et que la récolte n’a pas chauffé
pendant la journée, elle pourra supporter un temps d’attente assez long (cependant, sa masse
diminuera par perte de son eau). Pour cela, il est important de ne pas la tasser. Il est possible, par
exemple, de la stocker dans des sacs filets étalés sur des cagettes plastiques aérées et empilées.

rеνdемеνтѕ іνdісатіfѕ
300 g à 1,5 kg de jeunes pousses par heure et par cueilleur, en fonction de la technique et de la
hauteur de coupe.

41
Photographie : Jeune pousse - T. Echantillac.
сuеіllетте dе lа ѕоммітé flеurіе

La sommité fleurie est récoltée pour tous les produits finis (sommité fleurie, feuilles et fleurs, et
fleurs seules). C’est à l’étape du tri que la sélection se fait.

dіffісulтéѕ ет rіѕquеѕ роur lе сuеіllеur


Identique à la jeune pousse (p. 37).
Lorsqu'elles sont en début de floraison, les bruyères attirent beaucoup d’abeilles. Certains tapent
le bouquet avec la faucille avant de cueillir pour inviter les insectes à s’échapper.
Ce sont des plantes ligneuses, ce qui facilite les dérapages avec la faucille. Le port du gant est
donc conseillé de manière à se protéger des piqûres et des blessures.

défіνітіоν dе lа раrтіе сuеіllіе


La sommité fleurie comprend les feuilles et les fleurs. Certains ne prélèvent que la pousse de
l’année, d’autres la prélèvent plus ligneuse. La hauteur de coupe aura un impact sur la période
de repos (cf. préconisations générales).

рérіоdе dе réсоlте
Erica cinerea L. : juillet.
Calluna vulgaris (L.) Hull. : entre fin juillet et mi-août et parfois jusqu’au mois d’octobre, en
fonction de l’altitude et de l’exposition.

42 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


ѕтаdе dе dévеlорремеνт

Le stade idéal se situe lorsque la fleur est gonflée, ronde et non plus oblongue. Tant qu’elle n’est
pas fécondée, la fleur est ouverte. Après fécondation, elle se ferme pour former un grelot, elle
est alors au bon stade de développement pour une récolte.

La floraison étant étagée le long de la tige, il y a toujours quelques fleurs moins ouvertes au
sommet. La cueillette se pratique quand la floraison est bien avancée, mais qu’aucune fleur n’est
fanée (décolorée), donc quand environ 50 % des fleurs de la tige sont en grelots. Au-delà de ce
pourcentage, les fleurs du bas sont en général déjà fanées. À noter qu’avant ce stade idéal, la
fleur est encore trop petite pour le tamisage, ce qui complexifie le tri.
Pour rappel, le cueilleur ne récolte pas les pieds qui fleurissent en avance ni ceux qui sont assez
tardifs.

Stade 1 Stade 2 Stade 3 Stade 4 Stade 5


Fleurs en boutons. Fleurs ouvertes, encore La fleur, après La couleur des grelots Lorsque le grelot
un peu tôt pour la ouverture, se referme à commence à s'éclaircir, s’ouvre à nouveau avec
récolte. nouveau sous forme de stade limite de récolte. un cœur marron, elle
grelots. Stade idéal de n’est plus récoltable.
récolte.

1. Bruyère cendrée au bon stade de


récolte : la fleur est en plein
épanouissement.
2. La fleur commence à se décolorer et à
faner, les grelots remontent vers le haut.
Arrivée à ce stade, la plante n'est en
général plus ramassée pour la récolte de
la fleur.

1 2

Vigilance : lorsqu’elles sont soumises aux rigueurs climatiques (bruine, pluie ou coup de chaleur),
les fleurs des bruyères se décolorent rapidement. Elles ne sont alors plus cueillies.

43
Pour la cueillette de la fleur seule, le cueilleur est très attentif aux critères visuels et olfactifs qui
sont primordiaux.

1. Fleurs de bruyère cendrée séchées


non tamisées.

мéтноdе dе рrélѐvемеνт ет оuтіlѕ


Prélèvement manuel : à la faucille
La configuration du site n’a pas de réelle importance.
« C’est une cueillette agréable, qui se déroule généralement à la fin de l’été sous une belle
lumière. »
- Paroles d’une cueilleuse de l'Hérault -
Pour la récolte de la fleur, la coupe peut se faire plus haut sur la tige pour sélectionner la partie
fleurie (voir trait du haut sur la photo p.40).

1. Sélectionner les plus belles plantes. Il


est possible de faire plusieurs coupes
en gardant la récolte à la main. Ici, le
cueilleur a déjà une touffe dans la main
qui récolte.
2. Rabattre les fleurs avec la faucille sur
la main qui récolte. C’est le
positionnement de la faucille qui décide
de la hauteur de coupe. Utiliser un gant
pour ne pas se couper et aller plus vite.
3 et 4. Plier la plante sur la faucille et 1 2
tirer dessus en un mouvement de
rotation, en bloquant la main qui tient la
plante. Le geste doit faire une coupe
nette, sans tirer, car il y a des risques de
déracinement et de nécrose, la tige
étant dure et l’enracinement, faible.

3 4

44 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


Bon à savoir

Les deux types de faucilles, lisses ou crantées, peuvent être utilisés.


Un affûtage approprié est important pour ne pas provoquer de nécroses.
Sur de vieilles bruyères, le cueilleur sera d’autant plus vigilant à l'affûtage
de sa faucille car les pieds sont plus sensibles au déracinement. Cet
affûtage est propre à chaque cueilleur, proportionnel à sa taille, son poids
et sa force.
À noter qu’avec la faucille crantée, le cueilleur a moins besoin de tirer sur
la plante pour la couper, limitant ainsi le risque de déracinement. Le
mouvement du poignet doit être plus franc qu’avec la faucille lisse pour
une coupe nette.

Prélèvement mécanique
Certains sites bien denses peuvent être récoltés à la machine pour des prélèvements de gros
volumes. Cette technique implique de collecter la sommité fleurie avec fleurs, feuilles et tiges.
• Taille-haie ou outils de taille mécanique

Ces outils peuvent être utilisés lorsque les bruyères sont suffisamment denses et assez hautes. Il
est plus aisé de pratiquer cette récolte à deux, l’un passant le taille-haie, et l’autre s’occupant du
ratissage. Veiller au bon affûtage des lames.
• Machine tractée ou récolteuse

Ces machines peuvent être utilisées lorsque le site est plat, homogène, peu caillouteux et de
dimension importante (1 hectare minimum). L’exploitation de la ressource sauvage se rapproche
alors d’une mise en culture.
Il est recommandé de travailler avec une lame de faucheuse (lame dite « barre de coupe à
doigt ») avec des sections de coupe latérales qui sont affûtées régulièrement. Cela permet de
sectionner de façon nette sans broyer. La cicatrisation du bois étant plus rapide, cela évite les
nécroses.
« Il est important de conduire une bonne gestion planifiée de la parcelle pour maintenir une
cueillette durable et une pérennité de la lande. »
- Paroles d’un cueilleur de Corrèze -

La récolte avec des produits circulaires de type faucheuse à disque risque de produire
un broyage qui peut dégrader la qualité de la plante.
En fonction des hauteurs de coupe et de la mobilité des lames, il peut y avoir des pieds
arrachés.

45
Photographies : Fleurs de bruyère cendrée séchées - Comptoir d’herboristerie / Gestes à la faucille - M. Gentet.
Préconisations liées au prélèvement mécanique :

Sur des sites de vieilles bruyères, passer les machines au ralenti avec des lames
bien affûtées permet d’éviter les risques de déracinement.

Être attentif aux huiles utilisées : les huiles de synthèse polluent l’environnement
et le produit de la cueillette. Privilégier des huiles végétales biodégradables pour
le graissage.

Il existe des outils et récolteuses électriques sans moteur thermique qui sont plus
respectueux de l'environnement (pas de gaz d'échappement, pas d’huile, etc.).

тrі
Récolte à la faucille : tri sommaire pendant la cueillette pour enlever les indésirables (graminées
et autres) et battage après séchage, puis tamisage avec des tamis de mailles différentes.
Récolte mécanique : tri après séchage par ventilation, tamisage mécanique.
Récolte de la fleur : elle doit être triée pendant la cueillette, et non pas en aval, pour qu’il n’y ait
pas d’herbes dedans. La cueillette est ensuite séchée, séparée et tamisée pour qu’il ne reste que
la fleur.

gеѕтіоν dеѕ rіѕquеѕ lіéѕ аu ѕтоскаgе


Les bruyères sont des plantes peu sensibles à l’échauffement. Malgré cela, il y a tout de même
des conditions à respecter pour préserver la récolte de l’oxydation, qui peut impacter la couleur
de la fleur. Il faut donc maintenir la récolte aérée, d’autant plus si elle a été cueillie en présence
de pluie ou de rosée.
Contenants de collecte
Sont utilisés des draps de dos, paniers, grands baquets en plastique (privilégier les plastiques de
qualité agroalimentaire), des grands sacs en toile de jute, sacs en polypropylène avec un cercle
mécanique pour les maintenir, etc.
La récolte des bruyères peut rapidement donner de gros volumes. Il est possible de les stocker
sous forme de couche de 30 ou 40 cm d’épaisseur au sol. Cependant, il faut tout de même être
vigilant à l'échauffement, et ne pas tasser dans les contenants.
Stockage sur site
Il est réalisé sur des bourras, des draps, des bâches ou à même la végétation, à l’ombre.
Transport
Les bruyères peuvent supporter un temps de transport long car elles contiennent peu d’eau.

46 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


rеνdемеνтѕ іνdісатіfѕ
Rendement de cueillette
Avec une récolte manuelle, le rendement varie entre 5 et 18 kg de plantes fraîches par heure et
par cueilleur, en fonction de la technique utilisée.
La callune étant plus lourde et dense que la bruyère cendrée, son rendement est plus élevé. À
titre d’exemple, un cueilleur, dans les mêmes conditions, peut récolter 15 kg de callune en une
heure contre 8 kg de bruyère cendrée.
Avec une récolte mécanisée, il est possible de collecter 800 kg de callune en moyenne par jour,
en fonction du terrain et de la météo.
Rapport de séchage
• Sommité fleurie

Quelle que soit la technique utilisée, le rapport de séchage est de 3,5 à 4 (1 : 3,5 à 1 : 4), pour
obtenir 1 kg de produit fini sec, il faut cueillir 3,5 à 4 kg frais.

• Fleurs

Récolte des sommités fleuries à destination des fleurs :


- la callune : le rapport de séchage est en moyenne de 4,5 à 6 (1 : 4,5 à 1 : 6), pour obtenir 1 kg
de produit fini sec, il faut cueillir 4,5 à 6 kg frais ;
- la bruyère cendrée : le rapport de séchage est en moyenne de 5,5 (1 : 5,5), pour obtenir 1 kg
de produit fini sec, il faut cueillir 5,5 kg frais.

Ce ratio est variable en fonction de la taille de la sommité prélevée au départ.


Avec la bruyère cendrée, le rendement en poids est moindre.

47
48 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024
l'аlтеrνатіvе dе lа міѕе еν сulтurе

Il existe de nombreux cultivars de bruyère (notamment Erica cinerea L.) pour la culture
ornementale.
Des essais de mise en culture par bouturage ont été réalisés, soit pour la restauration de milieux,
soit pour la production de plantes ornementales. Il en ressort que la meilleure période de récolte
de boutures dans les peuplements sauvages est au printemps et que les meilleurs taux
d’enracinement sont sur des sols provenant de peuplements naturels additionnés de perlite81 ou
d’un mélange 50/50 de tourbe et de perlite82. Cependant, pour d’autres auteurs, l’été reste la
meilleure période de bouturage83.

lа rеѕтаurатіоν dеѕ міlіеuх dégrаdéѕ

Les landes à bruyères sont parfois dégradées à la suite d’incendies, de surpâturage, de


surfréquentation (piétinement) ou par dépérissement (cf. schéma du cycle de vie de la callune
p. 25). De nombreuses études ont porté sur la restauration des populations, en particulier de C.
vulgaris.
La restauration doit commencer par une mise à nu du sol83. La création de petits patchs de sol
nu, l'ensemencement et une faible intensité de pâturage ovin peuvent permettre une installation
rapide de la callune sur des milieux dominés par des herbacées. Même en présence de graines
viables dans la banque du sol, cet ensemencement améliore la reprise de la callune.
Il vaut mieux tenter la restauration l’été car la chaleur favorise la germination85.
Après restauration par ensemencement, il est possible de pratiquer un léger pâturage (0,5 ovin/
ha)86.

Cependant, un cueilleur de l’AFC observe que les pratiques de restauration, souvent plus aisées
pour la bruyère cendrée que pour la callune, représentent un investissement important pour
une faible rentabilité.

ехемрlе d’uν рrојет dе rеѕтаurатіоν d’uνе lаνdе еν аνglетеrrе 87


mené par l’association Royal Society for the Protection of Birds (RSPB)
Les landes de la plaine du Dorset constituent un vestige fragmenté d'un paysage autrefois
étendu (elles couvraient la majeure partie du sud-est du comté au début des années 1800).
Lorsque son exploitation agricole a pris fin, 86 % de ses surfaces ont été perdus. Le projet de
restauration s’est appuyé sur les propriétaires fonciers pour éliminer les espèces de broussailles
envahissantes et rajeunir la bruyère et l'ajonc. Pins, bouleaux et rhododendrons ont été abattus à
la tronçonneuse, puis retirés du site. Ces travaux ont été effectués pendant les mois d'hiver de
façon à ne pas perturber les oiseaux nicheurs. En moins de vingt ans, ce projet a permis la
restauration de 13 km², ce qui était au-delà des objectifs initiaux.

81 Pereira M.J. et al., 2014.


82 Ioan V., 2011.
83 Iglesias-Díaz M.I. et González-Aubuín F., 2004.
84 Mitchell R.J. et al., 2008 / Henning K. et al., 2017.
85 Spindelbock J.P. et al., 2013.
86 Mitchell R.J. et al., 2008.
87 rspb.org.uk/helping-nature/what-we-do
49
воννе сuеіllетте à тоuѕ‚
dаνѕ lе rеѕрест dе lа рlаνте
ет dеѕ міlіеuх.

50 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


аννехеѕ
dоννéеѕ сомрléмеνтаіrеѕ віоторе ет рнүтоѕосіоlоgіе 88

Dans les référentiels européens traditionnellement utilisés, Calluna vulgaris (L.) Hull. est
principalement rattachée aux habitats :

EUNIS : « Landes des dunes côtières » (B1.5), « Tourbières de couverture » (D1.2),


« Landes submontagnardes à Vaccinium et Calluna » (F4.21), « Landes
subatlantiques à Calluna et Genista » (F4.22), « Fourrés à Juniperus
communis » (F3.16), « Landes alpigènes des hautes montagnes à Empetrum et
Vaccinium » (F2.24), « Landes humides septentrionales » (F4.11 ), « Landes humides
méridionales » (F4.12), « Chênaies à Quercus pubescens occidentales et
communautés apparentées » (G1.71 ), « Pinèdes de Pinus uncinata à Rhododendron
ferrugineum » (G3.31), « Pinèdes à Pinus sylvestris mésophiles des Alpes sud-
occidentales » (G3.48), « Maquis bas à Éricacées » (F5.22), « Pinèdes à pin sylvestre
subcontinentales » (G3.421), « Buttes à sphaignes colorées
(bulten) » (D1.1111), « Pinèdes de Pinus pinaster ssp. atlantica et à Quercus suber
aquitaniennes » (G3.712), « Pinèdes à pin sylvestre mésophiles silicicoles
pyrénéennes » (G3.462), « Pinèdes de pin à crochets à rhododendron des
Pyrénées » (G3.313), « Landes hercyniennes à Vaccinium » (F4.213), « Landes
submontagnardes des Alpes à Vaccinium » (F4.214), « Landes subcontinentales à
Calluna et Genista » (F4.222), « Landes campino-flandriennes à Calluna et
Genista » (F4.223), « Landes à Ajonc maritime » (F4.231), « Landes des dunes
côtières françaises à bruyère » (B1.522), « Landes naines franco-britanniques à
ajoncs » (F4.238), « Landes montagnardes à Calluna et Genista » (F4.226),
« Landes à Genista sagittalis » (F4.22A), « Landes anglo-armoricaines à Erica
cinerea et Ulex gallii » (F4.235), « Buttes à callune » (D1.11131), « Pinèdes de pin à
crochets à véronique » (G3.3241).

Cahiers d’habitats : espèce indicatrice de « Chênaies à chêne tauzin et bouleau de


Sologne » (9230-2), « Sapinières-pessières sèches à airelle rouge » (9410-9),
« Peuplements de pin maritime de Provence et Alpes-Maritimes sur substrats siliceux
en basse altitude » (9540-1.2), « Landes acidiphiles subatlantiques sèches à
subsèches » (4030-10), « Landes atlantiques littorales sur sol assez profond » (4030-
2), « Peuplements de pin maritime de Provence et Alpes-Maritimes sur substrats
siliceux à plus de 350 m » (9540-1.3), « Landes humides atlantiques septentrionales à
bruyère à quatre angles » (4010-1), « Landes à genêt purgatif des Pyrénées » (5120-
2), « Prairies ouvertes acidiphiles atlantiques » (6410-7 ), « Landes acidiphiles
montagnardes thermophiles du Massif central » (4030-17), « Landes atlantiques
subsèches » (4030-7), « Pelouses calcicoles mésophiles acidiclines du Massif central et
des Pyrénées » (6210-19), « Suberaies sous pin maritime de l'est landais » (9330-5),
« Landes hyperatlantiques subsèches » (4030-5), « Châtaigneraies cévenoles des
étages mésoméditerranéen supérieur et supraméditerranéen inférieur » (9260-1.1),
« Landes ibéro-atlantiques thermophiles » (4030-1), « Pelouses calcicoles acidiclines de
l'Est » (6210-17), « Peuplements de pin maritime des Corbières » (9540-1.1), « Landes
acidiphiles montagnardes thermophiles des Pyrénées » (4030-18), « Pelouses
mésoxérophiles, acidoclines, des affleurements serpentiniques du Limousin » (6210-25),
« Moliniaies acidiphiles subatlantiques à pré-continentales » (6410-13),
« Châtaigneraies des Pyrénées orientales » (9260-2), « Moliniaies hygrophiles

88 Site de l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) / Flore forestière, 2008.


51
acidiphiles atlantiques » (6410-9), « Végétation dégradée des tourbières hautes
actives, susceptible de restauration » (7120-1), « Yeuseraies acidiphiles à Asplénium
fougère d'âne » (9340-6), « Pessières à Bazzanie à trois lobes des éboulis
siliceux » (9410-2), « Chênaies mélangées du massif landais » (9230-3), « Landes
nord-atlantiques sèches à subsèches » (4030-9), « Landes subalpines secondaires
d'adret des Alpes et des Pyrénées à genévrier nain » (4060-6), « Pelouses acidiclines
subatlantiques hygroclines de l'Est » (6230-2), « Fourrés à Pinus mugo sur landes à
genévrier nain » ((4070 et 4060)-3), « Landes atlantiques fraîches
méridionales » (4030-8), « Éboulis siliceux, collinéens à montagnards, des régions
atlantiques et sub-continentales » (8150-1), « Suberaies mésophiles provençales à
Cytise de Montpellier » (9330-1), « Pineraies acidiphiles de Pin à crochets à véronique
officinale des Pyrénées et du Massif central » (9430-11), « Landes acidiphiles
subalpines des Vosges » (4030-12), « Landes sèches thermo-atlantiques » (4030-4),
« Landes subalpines secondaires d'adret du Mézenc » (4060-8), « Moliniaies
acidiphiles atlantiques landicoles » (6410-15), « Landes atlantiques littorales sur sol
squelettique » (4030-3), « Pelouses acidiclines subatlantiques sèches des
Vosges » (6230-1), « Landes acidiclines subcontinentales de l'Est » (4030-15), «
Végétation des tourbières hautes actives » (7110-1), « Pelouses acidiphiles
montagnardes à subalpines des Vosges » (6230-10), « Peuplements de pin de
Salzmann des Pyrénées orientales » (9530-1.4), « Landes subalpines acidiphiles hautes
à rhododendron ferrugineux » (4060-4 ), « Landes acidiclines subcontinentales du
Sud-Est » (4030-16), « Landes littorales thermophiles et atlantiques à Erica
vagans » (4040-1), « Landes à genêt purgatif du Massif central » (5120-1), « Prés
humides acidiphiles thermo-atlantiques sur sol à assèchement estival » (6410-10), «
Pineraies tourbeuses à Pin sylvestre » (91D0-2), « Pineraies mésophiles sur sols siliceux
en ombrée des Pyrénées » (9430-12), « Pineraies tourbeuses de pin à
crochets » (91D0-3), « Landes acidiphiles montagnardes du Massif central » (4030-
13), « Landes humides atlantiques tempérées à bruyère ciliée et bruyère à quatre
angles » (4020-1), « Landes atlantiques sèches méridionales » (4030-6), «
Peuplements cévenoles méso- et supraméditerranéens de pin de Salzmann sur
silice » (9530-1.5), « Landes acidiphiles montagnardes de l'Est » (4030-11), « Landes
subalpines secondaires des Soulanes des Pyrénées'' (4060-7).

Et pour les passionnés de phytosociologie


Prodrome des végétations de France PVF2
Espèce caractéristique de : Cistion ladaniferi.
Combinaison caractéristique de : Plantagini holostei - Cytisetum oromediterranei,
Polygalo serpyllifoliae - Nardetum strictae, Aveno pratensis - Genistelletum sagittalis,
Adenocarpo complicati - Ericetum, Erico scopariae - Lavanduletum stoechadis,
Calluno vulgaris - Sarothamnetum scoparii, Genisto jordanii - Cistetum laurifolii.
Espèce différentielle de : Epilobion angustifolii, Frangulo alni - Pyrion cordatae,
Oxycocco palustris - Sphagnetea magellanici, Dicrano bergeri - Callunetum vulgaris,
Nardetalia strictae.

Dans les référentiels européens traditionnellement utilisés, Erica cinerea L. est


principalement rattachée aux habitats :

EUNIS : « Maquis bas à Éricacées » (F5.22), « Pinèdes de Pinus pinaster ssp.


atlantica et à Quercus suber aquitaniennes » (G3.712 ), « Landes d'Aquitaine à Erica
et Cistus » (F4.2411), « Landes arides de Gascogne et de Sologne » (F4.2412),
« Landes campino-flandriennes à Calluna et Genista » (F4.223), « Landes campino-
flandriennes à Erica cinerea » (F4.224), « Landes à ajonc maritime » (F4.231),
« Landes anglo-armoricaines à Erica cinerea et Ulex gallii » (F4.235), « Landes

52 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


pyrénéo-cantabriques à Erica mackaiana et Erica cinerea » (F4.236), « Landes des
dunes côtières françaises à bruyère cendrée » (B1.524), « Landes naines aquitano-
ligériennes à ajoncs » (F4.239), « Landes pyrénéo-cantabriques à E. vagans et E.
cinerea » (F4.237), « Landes naines franco-britanniques à ajoncs » (F4.238).

Cahiers d’habitats : espèce indicatrice de « Landes littorales thermophiles et atlantiques


à Erica vagans » (4040-1), « Landes hyperatlantiques subsèches » (4030-5),
« Peuplements cévenoles méso- et supraméditerranéens de Pin de Salzmann sur
silice » (9530-1.5), « Châtaigneraies cévenoles des étages mésoméditerranéen
supérieur et supraméditerranéen inférieur » (9260-1.1), « Chênaies à Chêne tauzin et
Bouleau de Sologne » (9230-2), « Suberaies sous Pin maritime de l'est
landais » (9330-5), « Landes atlantiques littorales sur sol squelettique » (4030-3), «
Landes acidiphiles montagnardes thermophiles du Massif central » (4030-17), «
Pelouses mésoxérophiles, acidoclines, des affleurements serpentiniques du
Limousin » (6210-25), « Végétation dégradée des tourbières hautes actives,
susceptible de restauration » (7120-1), « Landes sèches thermo-atlantiques » (4030-
4), « Landes atlantiques sèches méridionales » (4030-6), « Landes atlantiques
littorales sur sol assez profond » (4030-2), « Chênaies pionnières à Chêne tauzin et
Asphodèle blanche du centre-ouest et du sud-ouest » (9230-1), « Landes à genêt
purgatif du Massif central » (5120-1), « Landes nord-atlantiques sèches à
subsèches » (4030-9), « Arrière-dunes boisées à Chêne pédonculé » (2180-4), «
Landes ibéro-atlantiques thermophiles » (4030-1), « Dunes boisées littorales thermo-
atlantiques à Chêne liège » (2180-3), « Landes atlantiques subsèches » (4030-7), «
Pelouses acidiphiles atlantiques pionnières des affleurements rocheux » (6230-7), «
Landes atlantiques fraîches méridionales » (4030-8), « Peuplements de Pin maritime
des Corbières » (9540-1.1).

Et pour les passionnés de phytosociologie


Prodrome des végétations de France PVF2
Combinaison caractéristique : Calicotomo spinosae - Cistetum ; Cistion ladaniferi.
Espèce différentielle : Agrostion curtisii B. Foucault 1986.

вівlіоgrарніе

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Bibliographie supplémentaire en français et d’intérêt régional pour les curieux :

Clément B., 1987. Structure et dynamique des communautés et des populations


végétales des landes bretonnes. Thèse de doctorat d’État, université de Rennes, France.

56 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


Doche B., 1986. Déterminisme et expression cartographique des successions végétales.
Exemple de l’Aubrac montagnard. Thèse de doctorat d’État, université J. Fournier,
Grenoble, France.
Gueugnot J., Coquillard P., Michelin Y. et Jougla P., 1993. Agro-écologie des landes et
herbages de l’étage montagnard du massif du Sancy (Massif central, France). Bulletin
d’Écologie, 24(2-3-4) : 151-168.

NB : si vous avez du temps, nous vous conseillons également les bases de données
Persée et HAL, des bases d’articles en français où vous pouvez trouver de nombreuses
informations sur les peuplements métropolitains.

ѕітоgrарніе

Agence nationale de la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), 2020.


Liste A des plantes médicinales utilisées traditionnellement. Pharmacopée française, janvier
2020.
ansm.sante.fr/pharmacopee/liste-des-plantes-medicinales-utilisees-traditionnellement#L

Global Biodiversity Information Facility (GBIF).


E. cinerea : gbif.org/species/5333411
C. vulgaris : gbif.org/species/2882482
openstreetmap.org/copyright

Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) (également pour plus de précisions sur la
taxonomie et les habitats).
E. cinerea : inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/96667
C. vulgaris : inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/87501

Royal Society for the Protection of Birds (RSPB)


rspb.org.uk/helping-nature/what-we-do

SI-Flore (également pour plus de précisions sur la répartition géographique).


E. cinerea : siflore.fcbn.fr/?cd_ref=96667&r=metro
C. vulgaris : siflore.fcbn.fr/?cd_ref=87501&r=metro

Tela Botanica (également pour plus de précisions sur l’auto-écologie).


E. cinerea : tela-botanica.org/bdtfx-nn-24745-ecologie
C. vulgaris : tela-botanica.org/bdtfx-nn-12262-ecologie

57
сrédітѕ
rédастеurѕ

Ce livret technique a été réalisé par le comité de synthèse de l’AFC. Nous en remercions
grandement tous ses membres :

• Cueilleurs référents : Sylvie Bornet (Cabaret des oiseaux – Simples), Alexis Brunel
(Sicarappam), Régis Buffière (SCP Rivier-Buffière Plantes Sauvages), Alexandre Dufour
(Sicarappam), Claire Moucot (fondatrice GIE Plante Infuse - Simples), Emmanuel Roisse
(Sicarappam) et Nicolas Thomas (La ferme du Bien-être).
• Scientifiques : Raphaëlle Garreta (ethnologue au Conservatoire botanique national des
Pyrénées et de Midi-Pyrénées), Jean-Paul Lescure (directeur de recherche honoraire à
l’Institut de recherche pour le développement) et Jonathan Locqueville (botaniste et
ethnoécologue).
• Coordinatrices : Maëlle Gentet et Émilie Pascal.

Merci à l’ensemble des cueilleurs qui ont participé aux interviews, aux enquêtes de terrain et à la
relecture de ce document, fruit d’un travail collaboratif : Michaël Arnou, Karine Charlot, Thomas
Echantillac, William Marotte, Miguel Neau, Jean-Louis Rey et Pénélope Rochette.
Merci à Margaux Perchet, chargée d’étude au Conservatoire national des plantes à parfum,
médicinales aromatiques et industrielles, pour son travail de synthèse bibliographique sur les
bruyères.
Nous remercions particulièrement Jean Maison, producteur-cueilleur et fondateur du Comptoir
d’Herboristerie, pour ses relectures et apports.
Merci également à Jean-Pierre Nicolas, ethnobotaniste et fondateur de l’association Jardins du
Monde pour ses apports sur la biologie et l’écologie.

Secrétariat de rédaction : Charlotte Baudry.

іlluѕтrатіоνѕ

• Flore de l'abbé H. Coste.


• Gérard Ducerf (un grand merci pour l’ensemble des photographies mises à disposition de
l’AFC).
• Bruno Durand.
• Maëlle Gentet.
• Christophe Bergès.
• Alexis Brunel.
• Thomas Echantillac.
• Comptoir d’Herboristerie.

58 AFC | Livret technique de cueillette Bruyères | Version 2 - Avril 2024


grарніѕме ет міѕе еν раgе

Daco - www.dacographie.fr

раrтеνаіrеѕ

раrтеνаіrеѕ ѕсіеνтіfіquеѕ

fіνаνсеurѕ

Bien que faisant l’objet de financements extérieurs, l’AFC reste seule responsable du contenu de
ce livret technique de cueillette. Aucun financement ne permet un droit de regard sur les
productions de l’association.
L’existence d’une convention de mécénat avec une entreprise utilisatrice de plantes
sauvages ne garantit pas que son utilisation effective de la ressource soit en accord avec
nos valeurs et notre Guide de bonnes pratiques. Bien que vigilante dans le choix de ses
financeurs, l’AFC ne dispose pas des moyens en interne pour assurer une évaluation et un
suivi de leurs pratiques de façon fine et continue. L'AFC fait donc le pari de la confiance et
de l'ouverture au dialogue. Toute remontée d'informations négatives sur les pratiques de
cueillette des entreprises mécènes entraînerait une révision des accords.

59
Dépôt légal : décembre 2023
аfс
©Association Française des professionnels
de la Cueillette de plantes sauvages
Au CNPMAI - Route de Nemours
91490 Milly-la-Forêt

www.cueillettes-pro.org

Le code de la propriété intellectuelle n'autorisant aux termes de l'article L. 122.2 et a,


d'une part, que « les copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du
copiste en non destiné à une utilisation collective » et, d'autre part, que les analyses et les
courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration « toute représentation ou
reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants
droit ou ayant cause est illicite » (art. L. 122.4). Cette représentation ou reproduction
constituerait donc une contrefaçon, sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du
code de la propriété intellectuelle.

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