Style romanesque classique
Par une nuit sans lune, les collines dormaient sous le voile paisible de la
brume. Au loin, la vieille demeure de pierre semblait veiller sur les souvenirs
d’un temps révolu. Marguerite avançait lentement sur le sentier, sa lanterne
dessinant des ombres dansantes sur les troncs d’arbres. Le silence régnait,
interrompu seulement par le froissement discret des feuilles.
Depuis des années, elle revenait ici, là où son histoire avait commencé. Là où
le regard de Julien, ce jour-là, avait changé sa vie. Leur amour avait fleuri comme
les roses du jardin, avant que le vent du destin ne les sépare. Chaque pierre,
chaque craquement du bois semblait murmurer son nom.
Elle ouvrit doucement la porte, comme on entrouvre un secret. L’odeur du bois
ancien, des livres oubliés, de la cire fondue, emplit ses narines. Dans le grand
salon, le piano attendait toujours. Elle y posa ses doigts, hésitants, puis joua
une note. Une seule. Mais elle résonna comme un souvenir revenu d’entre les ombres.
Et alors, dans cette nuit immobile, elle comprit : il n’était jamais vraiment
parti. Il était là, partout. Dans les murs, dans les airs, dans le silence. Et
peut-être, juste peut-être, dans la musique aussi.