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Protection du patrimoine à Casablanca

L'association Casamémoire propose un plan d'urgence pour protéger le patrimoine architectural moderne de Casablanca, en réponse à sa dégradation et à sa disparition. Ce plan se divise en quatre volets : technique, mise en valeur, sensibilisation et communication, visant à instaurer des mesures de protection, améliorer l'espace public, sensibiliser la population et impliquer les acteurs privés et publics. Créée en 1995, Casamémoire œuvre pour la sauvegarde du patrimoine architectural du XXe siècle au Maroc, en valorisant la spécificité de Casablanca et le tourisme culturel.

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Protection du patrimoine à Casablanca

L'association Casamémoire propose un plan d'urgence pour protéger le patrimoine architectural moderne de Casablanca, en réponse à sa dégradation et à sa disparition. Ce plan se divise en quatre volets : technique, mise en valeur, sensibilisation et communication, visant à instaurer des mesures de protection, améliorer l'espace public, sensibiliser la population et impliquer les acteurs privés et publics. Créée en 1995, Casamémoire œuvre pour la sauvegarde du patrimoine architectural du XXe siècle au Maroc, en valorisant la spécificité de Casablanca et le tourisme culturel.

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Casamémoire : Propositions de l’association

La mise en place d’un plan patrimoine

La dégradation, la disparition du patrimoine architectural et urbain moderne de Casablanca, reconnu


et référencé scientifiquement, sont ressenties comme une agression par les Casablancais d’une part
(démolitions : Théâtre Municipal, Arènes, cinéma Vox, villas Mokri, Benazeraf, etc., altérations des
quartiers et ensembles Gautier, Racine, boulevards d’Anfa, Moulay Youssef, Massira Khadra), et
comme un gaspillage de richesses par les visiteurs étrangers d’autre part.

Il est nécessaire de mettre en place, en urgence, une politique de protection efficace et ambitieuse.

La vision du développement futur de la ville ne peut faire l’économie d’un vrai plan patrimoine
considéré comme un des grands travaux prioritaires à mettre en œuvre.

Ce plan se divise en quatre volets principaux.

I. TECHNIQUE
Dans l’immédiat et dans l’attente de l’application des lois de protection :

 indiquer sur les fiches de renseignement délivrées par l’Agence Urbaine les réserves
concernant le patrimoine ;
 instaurer une sorte de moratoire sur les nouvelles autorisations de construire dans le centre
ville ;
 surveiller les autorisations de démolir. La législation actuelle de protection type « monument
historique » n’est pas adaptée au patrimoine casablancais : les propositions de classement de
bâtiments isolés ne peuvent répondre à la préservation de ceux-ci. Au contraire, le
classement est perçu comme une pénalisation par les investisseurs qui, faute
d’accompagnement, n’ont pas d’autre alternative que de laisser se dégrader leur propriété
jusqu’à disparition.
 Création de zones protégées : permettant des aménagements plus souples, voire « ZPPAUP
» : zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager ( législation française).
 Montage du dossier d’obtention de classement de la ville au patrimoine mondial du XXe siècle
auprès de l’UNESCO. Casablanca, selon les experts internationaux, réunit tous les critères
exigés.
 Mesures fiscales : encourageant et aidant les initiatives d’entretien et de restauration.
 Dérogations et facilités accordées : transferts de C.O.S.
 Identification, inventaire, enquêtes.
 Etablissement de cahiers des charges : assistance à des réhabilitations cohérentes et
obligatoires.
 Etudes du prochain schéma directeur en cours : intégrer comme priorité le thème de la
protection du patrimoine, revenir sur le « rapport justificatif » de celui élaboré par le cabinet
Pinseau en 1986 qui insiste sur la qualité de l’urbanisme du centre ville : recommandation
sans suite ces vingt dernières années.
 Classer, réorganiser les archives de la ville concernant les dossiers de permis de construire
depuis 1915, et les mettre à la disposition des historiens, des chercheurs, des étudiants,…
Pour l’étude et l’exécution de ce volet, l’agence urbaine est l’outil existant le mieux adapté. Sa
compétence peut être renforcée par des formations spécifiques de son personnel.

II. MISE EN VALEUR


L’application des mesures de protection est inefficace si elle n’est pas accompagnée de la mise en
valeur du patrimoine et de son environnement, en premier lieu la requalification de l’espace public.

 Résolution des problèmes de circulation automobile, source de pollution et d’encombrements.


 Transports publics : l’option « tramway » qui semble se concrétiser est la plus adaptée.
 Création de rues piétonnes.
 Création et entretien d’espaces verts, parcs, squares, arbres d’alignement, protection des
jardins privés.
 Eclairage public : entretien, choix cohérent et vérifié, mise en lumière de bâtiments et
d’ensembles.
 Assainissement, nettoyage, ramassage des ordures.
 Régulation des enseignes et des espaces publicitaires.
 Signalisation cohérente et complète.

III. SENSIBILISATION
Généraliser l’initiation au patrimoine de leur ville auprès des écoliers, des étudiants et des habitants :

 Conférences, expositions, publications, visites guidées et films documentaires.


 Donner à la ville une image attirante pour le tourisme culturel, déjà existant : ville classée au
patrimoine du XXe siècle.
 Créer des labels encourageant les initiatives privées.

IV. COMMUNICATION
Mener et exposer une politique dynamique auprès des acteurs privés et publics expliquant l’intérêt à
long terme de l’investissement dans la réhabilitation et la mise en valeur du patrimoine.

 PUBLICS : impliquer toutes les institutions, inciter les divers ministères à répertorier,
entretenir, faire connaître leur patrimoine immobilier (éducation nationale, transports, armée,
santé, etc.).
 PRIVES : démontrer l’adéquation entre la vision futuriste représentée par le patrimoine du XXe
siècle et les projets actuels de développement. Mettre en lumière l’implication des grands
groupes internationaux dans l’environnement, la culture et ses retombées à long terme en
termes d’image.
 Donner l’exemple : investir des bâtiments appartenant à la ville en attente d’affectation (église
du Sacré Cœur, abattoirs, aquarium, …).
 Ouvrir au public : journées portes ouvertes, visites guidées.
Tous les volets esquissés d’un tel plan patrimoine sont indissociables les uns des autres. Pour
la réussite de ce projet, il est nécessaire d’assurer une parfaite coordination des interventions,
et éventuellement de créer un organisme centralisateur des études et des décisions, relayé au
niveau communal, piloté par la Municipalité et la Wilaya, dans lequel on devra trouver comme
acteurs principaux : l’Agence Urbaine, le ministère de la Culture, le ministère du Tourisme et
la société civile représentée par des associations. Son rôle doit être légitimé et effectif. Il doit
être considéré comme un des outils principaux participant au développement futur de la ville,
sans limites de territoire ou d’activités.

Sa création
Créée en 1995, Casamémoire est une association marocaine à but non lucratif de sauvegarde du
patrimoine architectural du XXe siècle au Maroc. Elle a vu le jour suite à la démolition de la villa Mokri
de l’architecte Marius Boyer. Elle regroupe des membres réunis autour de valeurs communes :
préservation de la spécificité de Casablanca, valorisation du patrimoine architectural, du tourisme
culturel et de la mémoire collective.

Les Présidents successifs :


1995-1998 : Amina Alaoui, architecte
1998-2003 : Rachid Andaloussi, architecte
2003-2006 : Mustapha Chakib, architecte
2006-2009 : Abderrahim Kassou, architecte

Les membres de son bureau :


Président: Abderrahim Kassou, architecte
Vice-Président: Mohamed Tanji, collectionneur
Trésoriere: Dounia Benslimane, médecin
Secrétaire: Fatem Chantar, ethnolinguiste
Assesseurs: Amine Boushaba, journaliste
Assesseurs: Aicha El Beloui, architecte

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