Régimes Matrimoniaux - Dr.
ADOUKO Bernard
INTRODUCTION
Les régimes matrimoniaux forment avec les libéralités et les
successions, le droit patrimonial de la famille, c’est-à-dire les
relations d’ordre pécuniaire au sein de la famille. Le régime
matrimonial, dans l’ensemble du droit patrimonial de la famille,
désigne l’ensemble des règles organisant les biens ou les
conséquences pécuniaires du mariage (entre époux). Le régime
matrimonial est nécessaire à plus d’un point, laquelle nécessité
s’observe aussi bien au moment du mariage, pendant le
mariage et après le mariage. L’encadrement juridique des
régimes matrimoniaux en droit ivoirien impose de remonter à
l’année 1964, époque d’adoption des premières lois civiles
ivoiriennes consacrées essentiellement au droit des personnes
et de la famille. Plus spécifiquement, il convient de retenir pour
l’essentiel que la première loi sur le mariage n’instituait qu’un
seul régime matrimonial, à savoir celui de la communauté de
biens réduite aux acquêts. La loi du 02 août 1983 a opéré une
reforme ayant consisté à introduire dans les règles organisant
le sort des biens des époux, le régime de la séparation des
biens. Depuis cette date, le droit ivoirien des régimes
matrimoniaux s’est limité aux deux sus-énoncés jusqu’à la
reforme intervenue en 2019.
En effet, alors que le droit ivoirien des régimes matrimoniaux
ne se limitait qu’à deux régimes légaux (c’est-à-dire
soigneusement organisés par la loi, ne permettant aux époux
que d’opérer un choix entre l’un ou l’autre), le législateur a
admis, à l’occasion de la réforme de 2019, le contrat de
mariage (convention par laquelle les époux organisent à leur
convenance, les conséquences pécuniaires de leur mariage).
L’étude des régimes matrimoniaux, à la lumière de la réforme
de 2019, implique nécessairement de consacrer, outre les
régimes légaux traditionnels, des développements à la
convention qu’est le contrat de mariage.
CHAPITRE I : LES REGLES COMMUNES A TOUS LES
REGIMES MATRIMONIAUX
Avant d’exposer à proprement parler ces règles communes, il
importe de consacrer quelques lignes à la diversité des régimes
matrimoniaux que le droit comparé nous offre d’observer.
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Section I : La Variété Des Régimes Matrimoniaux De Par
Le Monde
Une synthèse des différentes façons par lesquelles les époux
organisent leurs rapports pécuniaires, permet de découvrir trois
types de régimes, suivant que le régime admet ou rejette la
mise en commun d’une certaine masse de bien.
- Si cette mise en commun est réalisée, on est alors en
présence d’un régime dit communautaire.
- En revanche, si chaque conjoint conserve l’intégralité de
ses biens en se contentant de contribuer à l’entretien du
ménage, on est en présence d’un régime séparatiste.
- Il est possible d’effectuer une pondération des règles
relevant de chacun des régimes, auquel cas, le régime est
dit mixte.
Paragraphe 1 : Les Régimes Communautaires
Fondés sur l’idée d’une mise en commun d’une masse de
biens, la communauté peut être universelle (tous les biens des
époux sans exclusion deviennent commun), être réduite aux
meubles et acquêts (tous les biens meubles des époux acquis
avant le mariage tombent dans la communauté) ou être réduite
aux acquêts (tous les biens acquis pendant le mariage tombent
dans la communauté).
Paragraphe 2 : Les Régimes Séparatistes
Le point commun des régimes séparatistes est qu’il y a dans
leur conception, une absence de masse commune ; autrement
dit, il n’y a que les biens propres du mari et ceux de la femme.
Trois types de régimes séparatistes peuvent être identifiés à
savoir :
- Le régime sans communauté ou exclusif de communauté.
- Le régime de la séparation des biens.
- Le régime dotal (il existe au Sénégal).
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Paragraphe 3 : Les Régimes Mixtes
Avec la réforme de 2019, l’on peut s’interroger sur le point de
savoir si le système ivoirien admet dorénavant les régimes
mixtes. Une réponse affirmative ne serait aucunement
iconoclaste, dans la mesure où la réforme de 2019 a consisté à
introduire aux côtés des régimes traditionnels que sont la
communauté de biens et la séparation de biens, le contrat de
mariage.
Or, les époux pouvant organiser à leur convenance leurs
rapports pécuniaires, il leur est loisible d’effectuer une
combinaison des règles relevant de chacun des régimes sus-
énoncés. En France notamment, un type de régime mixte est
connu qu’est le régime de la participation aux acquêts (les
époux conviennent fictivement de mettre des biens en
commun).
Section II : Le Choix Du Régime Matrimonial
Conformément à l’article 59 de la loi de 2019 sur le mariage,
les époux bénéficient dorénavant d’une liberté plus grande
dans le choix des règles devant régir leurs rapports
pécuniaires. Aux termes dudit texte, relativement au choix du
régime matrimonial, les époux ont la faculté d’opter pour un
contrat de mariage, pour le régime de la communauté de biens
ou pour celui de la séparation des biens. Ce choix s’exerce lors
de la célébration du mariage. Mais, les époux pouvant négliger
de conclure un contrat de mariage ou même choisir
volontairement d’ignorer cette option, sous quel régime
devront-ils être considérés comme mariés s’ils omettent aussi
de choisir l’un des deux régimes légaux ?
A cette question, le législateur donne plus ou moins une
réponse ambigüe. En effet, à la lecture de l’article 59, à défaut
de contrat de mariage, les époux seront réputés mariés soit
sous le régime de la communauté, soit sous le régime de la
séparation. Le régime de la communauté de biens réduite aux
acquêts ne semble plus jouir de la qualité de régime de
principe que lui reconnaissait la loi de 1983.
Une fois le choix opéré, il se pose en second lieu, la question de
son immutabilité et subséquemment, l’immutabilité du régime
choisi. En d’autres termes, les époux peuvent-ils revenir sur le
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choix exprimé en faveur de l’un ou l’autre des régimes
matrimoniaux ?
Le législateur règle la question dans les articles 61 et 62 de la
loi de 2019. Aux termes de l’article 61, lorsque le mariage est
célébré, il ne peut être apporté de changement au régime
matrimonial adopté par les époux que dans le seul intérêt de la
famille. Précisant la procédure à suivre, l’article 62 enseigne
que « La requête en changement de régime matrimonial peut
être présentée par les deux époux ou par l’un des époux après
deux années d’application du régime adopté… ».
Section III : Le Statut Matrimonial De Base (Régime
Primaire)
Ce statut a été institué depuis la réforme de 1983. Egalement
dénommé statut impératif de base ou régime primaire, il
s’agit d’une série de règles qui s’applique à tous les époux,
quel que soit leur régime matrimonial. En substance, le statut
matrimonial de base comprend des règles applicables à tous
les époux en période normale et des règles applicables aux
époux en période de crise.
Paragraphe 1 : Les Règles Applicables En Période Normale
Ce sont des règles relatives à la contribution aux charges du
ménage, à l’étendue du recours des créanciers et des règles
relatives à l’activité professionnelle des époux. La synthèse
permet de découvrir de ces règles qu’elles assurent soit
l’interdépendance des époux, soit l’indépendance des époux.
A-Les Règles Assurant L’interdépendance Des Epoux
Le mariage, impliquant une communauté de vie, les époux
seront interdépendants quant au choix du logement familial, et
quant à la contribution aux charges du ménages.
1- Le Logement Familial
Sur la question, une évolution est à noter, dans le sens d’une
égalité instituée par le législateur entre le mari et la femme. On
rappellera à cet effet, à titre historique, que le choix du
logement familial a été longtemps (jusqu’en 2013) un droit
exercé exclusivement par le mari. Celui-ci fixait seul le domicile
conjugal, la femme étant tenue de l’y suivre, sauf à obtenir du
juge l’autorisation d’avoir une résidence séparée au cas où le
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domicile choisi par l’époux présenterait des dangers d’ordre
physique et moral pour elle-même et les enfants. Analysant
cette prééminence du mari dans le choix du domicile conjugal,
la femme mariée relevait de la catégorie des personnes ayant
un domicile de dépendance.
A la faveur de la réforme de 2013, le législateur fera du choix
du domicile conjugal un droit exercé conjointement par les
époux. A défaut de leur accord quant à la fixation du domicile, il
appartiendra au juge de le fixer. Il en résulte qu’à partir de la
réforme de 2013, la femme mariée en droit Ivoirien ne relève
plus de la catégorie des personnes assujetties à un domicile de
dépendance (sauf en cas de séparation de corps dans laquelle
la femme mariée possède un domicile propre).
2- Les Règles Relatives Aux Charges Du Ménage
La communauté de vie résultant du mariage entraîne
nécessairement une communauté de dépenses. Par charge du
ménage, on entend les dépenses qui sont nécessaires à
l’entretien du ménage et à l’éducation des enfants.
Relativement aux charges du ménage, l’on fait la distinction
entre l’obligation aux charges du ménage et la contribution aux
charges du ménage. L’obligation aux charges du ménage
répond à deux questions : qui peut contracter au nom du
ménage, sur quel bien les créanciers pourront ils se payer ? la
réponse à ces deux questions était donnée par l’article 65 de la
loi de 1964 modifiée par celle de 1983 qui instituait le mandat
domestique de la femme mariée l’idée étant que seul le mari,
en sa qualité de chef de famille, pouvait engager le ménage, si
la femme effectuait des dépenses d’une telle nature, ce serait
en vertu d’un mandat tacite consenti par son époux. Celui-ci
pouvait révoquer ledit mandat ad nutum (à tout moment),
pourvu qu’il en fasse la publicité dans un journal d’annonces
légales (affaire relais aérien, CA Abidjan). La réforme de la loi
sur le mariage en 2019, notamment en ces dispositions
relatives aux régimes matrimoniaux, a profondément
bouleversé les constances en ce qui concerne le mandat
domestique. En effet, aux termes de l’article 71, « chacun des
époux à pouvoir pour passer seul les contrats ayant pour objet
l’entretien des ménages et l’éducation des enfants. Toute dette
ainsi contractée par l’un oblige solidairement l’autre … »
En ce qui concerne la contribution aux charges du ménage, elle
vise à répondre à la question suivante : dans quelle mesure
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chacun des époux va-t-il supporter de façon définitive les
charges du ménage ? la réponse à cette question était donnée
dans les articles 53 et 59 de l’ancienne loi sur le mariage. En
substance, chacun des époux, selon lesdits articles, devrait
contribuer aux charges du ménage en fonction de ses facultés ;
Etant entendu que lesdites charges pesaient à titre principal
sur le mari, en sa qualité de chef de famille. A la faveur de la
réforme, l’article 52 de la loi de 2019 dispose que : « les époux
contribuent aux charges du ménage à proportion de leurs
facultés respectives. Chacun des époux s’acquitte de sa
contribution sur les ressources dont il a l’administration ou par
son activité au foyer si l’un des époux ne s’acquitte pas de sa
contribution sur les ressources dont il a l’administration, l’autre
époux peut obtenir, par ordonnance du président du tribunal du
lieu de résidence, l’autorisation de procéder à la saisie des
salaires ou rémunération et de percevoir, dans la proportion
des besoins du ménage, une partie du salaire, du produit du
travail ou des revenus de son conjoint. »
B- Les règles assurant l’indépendance des époux tant
dans la vie professionnelle que dans la vie
personnelle
1- L’indépendance Des Epoux Dans La Vie Professionnelle
En ce domaine, c’est surtout le droit reconnu à la femme
mariée qui a connu une évolution remarquable. Pour l’homme
le travail a toujours été considéré comme un droit, mais surtout
comme un devoir. L’exercice d’une activité rémunérée par la
femme a longtemps été considérée comme une simple
tolérance subordonnée à l’accord préalable du mari (situation
qui prévalait sous la loi de 1964). A partir de la réforme de
1983, le législateur a consacré le principe de l’autonomie
professionnelle des époux dans les articles 67 et 68 ; laquelle
autonomie est réitérée dans la réforme de 2019. Sans viser
nommément la liberté ou l’autonomie professionnelle, le
législateur emploie des termes qui la rappellent. Selon l’article
66 de la loi de 2019, « chaque époux à la pleine capacité
juridique, toutefois, ses droits et pouvoirs sont limités par l’effet
du régime matrimonial… ». L’effet principal de la réforme de
2019 vise, au-delà de l’exercice par la femme mariée d’une
profession de son choix, la question de la perception par la
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femme des revenus de sa profession ou de son activité et
subséquemment, la question des biens réservés. Il résulte, de
la lecture des articles 81 et 82 de la loi de 2019 la consécration
d’une égalité parfaite entre les pouvoirs reconnus au mari et à
la femme quant à la gestion (administration) des biens
communs, en disposant que « chacun des époux administre
seul ses gains et revenus provenant de l’exercice de son
activité professionnelle », d’une part, et d’autre part que « les
biens communs autres que les gains et revenus des époux sont
administrés par l’un ou l’autre des époux… », le législateur ne
semble plus reléguer la femme au second plan dans
l’administration des biens communs. Il n’y aurait plus de biens
réservés (par opposition aux biens communs ordinaires) sur
lesquels ses pouvoirs devraient s’exercer. Au même titre que le
mari, elle dispose dorénavant des mêmes pouvoirs pour
l’administration des biens communs autres que les gains et
salaires (voire articles 81 et 82).
2- L’indépendance Des Epoux Dans La Vie Personnelle
Complément normal de l’indépendance professionnelle,
l’indépendance des époux dans la vie personnelle se mesure
notamment dans la consécration de l’autonomie bancaire
reconnue aux époux. Autonomie non reconnue, ou du moins
altérée, dans la loi de 1964, celle-ci sera consacrée à l’occasion
de la réforme de 1983. Contrairement à la loi de 1964, qui
prévoyait, dans son article 66, que l’ouverture d’un compte par
la femme mariée se faisait par représentation de son mari, la
loi de 1983 puis celle de 2019, reconnaissent à la femme
mariée le pouvoir d’ouvrir seule un compte bancaire (compte
de dépôt) et de la faire fonctionner sous sa seule signature. Le
mari n’a donc pas à être sollicité, ni pour l’ouverture du
compte, ni pour son fonctionnement (l’octroi éventuel d’un prêt
par le banquier) ou l’accord d’une facilité de caisse (certains
avantages offerts par la banque à des clients).
Paragraphe 2 : Les Règles Applicables Aux Epoux En Période
De Crise
Le régime de base fonctionne normalement sur un postulat
idéal qui est celui d’un ménage uni dans lequel chaque époux
remplit harmonieusement son rôle. Mais lorsque ce postulat
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n’existe plus, soit parce qu’il y a une procédure divorce ou de
séparation de corps, soit en raison de grave situation, des
solutions doivent être trouvées. Les solutions sont prévues
dans les articles 69 et 70 de la loi de 2019. A la lecture de ces
dispositions, les mesures sont soit d’origine conventionnelle
(mandat réciproque entre époux), soit légale, soit judiciaire.
Quelle que soit leur origine ou leur nature, les mesures
intervenant en période de crise sont soit extensives des
pouvoirs d’un époux, soit restrictives des pouvoirs d’un époux.
Aux termes de l’article 69, « si l’un des époux se trouve hors
d’état de manifester sa volonté, l’autre peut se faire habiliter à
le représenter, d’une manière générale ou pour certains actes
particuliers, dans l’exercice des pouvoirs résultant du régime
matrimonial. Les conditions et l’étendue de cette
représentation sont fixées par le tribunal… ». Si ces premiers
alinéas de l’article 69 reprennent les règles anciennes
définissant les conditions d’extension des pouvoirs des époux,
le dernier alinéa révèle une innovation en la matière. Selon cet
alinéa, sans pouvoir légal, ni mandat, ni habilitation judiciaire,
l’un des époux pourra, si l’autre se trouve hors d’état de
manifester sa volonté, accomplir des actes en représentation
de celui-ci. En ce cas, les actes accomplis produisent effet à
l’égard de l’époux hors d’état de manifester sa volonté suivant
les règles de la gestion d’affaires. Dans le même sens de
l’élargissement ou de l’extension des pouvoirs, l’article 70
précise, en outre qu’un « époux peut être autorisé par la justice
à passer seul un acte pour lequel le concours ou le
consentement de son conjoint est nécessaire, si celui-ci est
hors d’état de manifester sa volonté ou si son refus n’est pas
justifié par l’intérêt de la famille. L’acte passé dans les
conditions fixées par l’autorisation de justice est opposable à
l’époux dont le concours ou le consentement à fait défaut. »
Au titre des mesures restrictives de pouvoir, il est à mentionner
l’article 84 de la loi de 2019 qui dispose, à propos du régime de
la communauté, que : « … si sa (l’époux) gestion de la
communauté ou de ses biens propres met en péril les intérêts
de la famille, l’autre conjoint peut demander au tribunal, soit de
prescrire les mesures de protection prévues par l’article 54 soit
de prononcer le changement de régime matrimonial. »
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CHAPITRE 2 : REGIME DE LA COMMUNAUTE REDUITE AUX
ACQUETS
Régime spécifique en ce qu’il postule la mise en commun de
certains biens, le régime de la communauté de biens (réduite
aux acquêts) est le premier régime à avoir été admis en droit
Ivoirien. Ayant le statut d’un régime appréhendé comme un
effet direct du mariage dans la loi de 1964, ledit statut a évolué
pour faire du régime de la communauté le régime de droit
commun ou de principe à partir de 1983. Cette réforme a eu
pour conséquence d’établir aux côtés du régime de la
communauté celui de la séparation de biens, les époux étant
libres de choisir l’un ou l’autre de ces régimes. A défaut de
choix exprimé par les époux, en faveur notamment de la
séparation des biens, la loi les réputait mariés sous le régime
de la communauté. Le statut dont jouit le régime de la
communauté a connu une évolution à la faveur de la réforme
de la loi sur le mariage intervenue en 2019. Dorénavant, outre
la faculté pour les époux de choisir le régime de la séparation,
le régime de la communauté peut être délaissé au profit d’un
contrat de mariage.
Mieux que l’exposé de ces rapports avec les autres régimes, il
est plus intéressant d’appréhender le régime de la
communauté de biens réduite aux acquêts en exposant non
seulement son contenu, mais aussi en précisant les droits et les
devoirs respectifs des époux dans la mise en œuvre dudit
régime.
Section 1 : La Composition De La Communauté
La communauté est un ensemble de biens et de dettes. La loi
détermine, dans les articles 72 à 74 la composition de l’actif de
la communauté et dans les articles 75 à 80 le passif de la
communauté.
Sous-Section 1: Les Eléments Actifs De La
Communauté
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Seront exposés successivement les biens communs, les biens
propres et la preuve desdits biens.
Paragraphe 1 : Les Biens Communs
La communauté étant réduite aux acquêts, elle ne commence à
se constituer qu’au jour du mariage. A l’intérieur des biens
composant la communauté, l’on distingue les capitaux et les
revenus.
A-Les Capitaux
Selon l’article 72, sont communs, d’une part, les biens acquis à
titre onéreux pendant le mariage et, d’autre part, les biens
légués (à cause de mort) ou donnés (à cause de mort)
conjointement aux deux époux.
1- Les Biens Acquis A Titre Onéreux Par Les Epoux
La communauté s’alimente essentiellement de l’industrie des
époux. Ceux-ci unissent leurs efforts pour mettre en commun le
produit de leur travail et de leur épargne. Entrent dans cette
catégorie les biens acquis pendant le mariage mais aussi ceux
créés par les époux pendant le mariage.
a- Les Acquisitions
Il s’agit des biens acquis grâce aux produits du travail commun
ou de l’épargne commune du couple. Peu importe la nature
mobilière ou immobilière du bien acquis et peu importe
également la personnalité de l’acquéreur (qu’il s’agisse de la
femme ou du mari ou des deux ensemble). Une seule exception
est à noter quant aux acquisitions. En effet, certains biens sont
propres par nature (puisque affectés à l’usage personnel de
l’un des époux, même si dans la communauté les dettes sont
communes), même acquis pendant le mariage. C’est l’exemple
des vêtements et linges à l’usage personnel de l’un des époux,
les actions en réparation d’un dommage corporel ou moral…
b- Les Créations
Elles constituent des biens communs lorsque réalisées pendant
le mariage par l’un des époux, soit qui l’a lui-même fabriqué
(artisan), soit qu’il fonde un établissement de commerce, soit
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qu’il crée une clientèle en tant que membre exerçant une
profession libérale.
2- Les Biens Provenant Des Libéralités Des Tiers
Le principe de l’entrée d’un bien dans la communauté est son
acquisition à titre onéreux. Exceptionnellement, cependant,
dans la chute de l’article 72, le législateur admet que les
libéralités mobilières ou immobilières échues conjointement
aux époux entrent dans la communauté.
B- Les Revenus Des Deux Epoux
Il s’agit, d’une part, des gains et salaires des époux et, d’autre
part, des fruits et revenus des (biens) propres.
1- Les Gains Et Salaires
Ceux-ci constituent des biens communs dès leur perception et
représentent le type même d’acquêts de source, quel que soit
leur nombre, leur importance et les modalités de leur
versement. A ce propos, il convient de noter que chaque époux
peut disposer librement de ses gains et salaires après s’être
acquitté de ses charges du ménage. En conséquence, si à un
moment quelconque il faut fixer les droits de la communauté,
c’est seulement les salaires non dépensés qui sont communs.
2- Les Fruits Et Revenus Des Biens Propres
Par cette expression, il faut entendre les loyers mensuels d’un
immeuble appartenant en propre à un époux, de même que les
récoltes d’une plantation.
Paragraphe 2 : Les Biens Propres
Des développements précédents, il s’infère que tout ce que les
époux n’ont pas gagné, économisé pendant le mariage
demeure des biens propres. Ceux-ci tiennent leur caractère soit
des conditions de leur acquisition, soit de leur nature soit de
leur origine.
A-Les Biens Propres A Raison De Leur Acquisition
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Seront analysés les biens propres par subrogation et ceux par
accessoire.
1- Les Biens Propres Par Subrogation
Aux termes de l’article 73 alinéa 2, sont propres : « les biens
acquis à titre onéreux pendant le mariage, lorsque cette
acquisition a été faite avec des deniers propres ou provenant
de l’aliénation d’un bien propre ». En d’autres termes,
constituent, en droit Ivoirien, par effet de la subrogation réelle,
les biens acquis en échange d’un bien propre, de même que
ceux acquis en emploi ou en remploi d’un bien propre.
a- Les Biens Echangés
Le bien acquis pendant le mariage en échange d’un bien propre
à l’un des époux est lui-même propre.
b- Les Biens Acquis Par Emploi Ou Remploi
Il y a emploi lorsque l’on utilise des deniers propres pour
acquérir un bien en cours de mariage. Il y a remploi lorsque l’on
utilise le prix de vente d’un bien propre pour acquérir un autre
bien. Selon l’article 73 alinéa 2, le bien acquis par emploi ou
par remploi d’un bien propre est lui-même propre. On peut
regretter que le législateur ait gardé le mutisme sur les
conditions de l’emploi et de remploi.
A titre de droit comparé, l’on pourrait s’inspirer des conditions
prévues en droit Français ; lesquelles conditions sont relatives
aux biens et à l’époux qui entend faire l’emploi ou le remploi.
Relativement aux conditions qui tiennent aux biens, il est à
mentionner qu’il ne peut y avoir emploi que s’il y a des deniers
propres à l’un des époux. En cas de remploi, il est
indispensable que les deniers proviennent de l’aliénation d’un
bien meuble ou immeuble propre à l’un des époux. Ne peuvent
donc faire l’objet de remploi les revenus et fruits des propres,
car il s’agit de propres à vocation communautaire.
En ce qui concerne les conditions relatives à l’époux, candidat à
l’emploi ou au remploi, il est nécessaire qu’il manifeste sa
volonté de recourir à ce mode d’acquisition. Cette volonté doit
se manifester expressément lors de l’acquisition. Celle-ci doit
donc être encadrée par une double déclaration de l’époux. Une
première précisant que l’acquisition est faite à l’aide de deniers
propres ou provenant de l’aliénation d’un bien propre ; une
deuxième traduisant sa volonté de réaliser un emploi ou un
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remploi. A défaut de cette double déclaration dans l’acte
d’acquisition, le bien sera réputé commun (solution droit
Français).
2- Les Biens Propres Par Accessoire
L’application du droit commun de l’accession a pour
conséquence de faire considérer comme propre tout ce qui
s’unit ou s’incorpore dans un bien appartenant en propre à un
époux. Exemple : le terrain d’un époux sur lequel est construit
un immeuble pendant le mariage.
B- Les Biens Propres A Raison De Leur Nature Ou De
Leur Origine
1- Les Biens Propres Par Leur Origine
Selon l’article 73 alinéa 1, « sont propres les biens que les
époux possèdent à la date de leur mariage ou qu’ils acquièrent
postérieurement au mariage par succession ou donation… ».
L’analyse de cet alinéa permet de comprendre qu’en raison de
leur origine, certains biens sont propres, tout simplement parce
qu’antérieur au mariage ou propres parce qu’acquis à titre
gratuit pendant le mariage.
2- Les Biens Propres Par Leur Nature
Cette catégorie de biens est prévue par l’article 73 en ses
alinéas 3, 4 et 5. Il s’agit de biens acquis à titre onéreux, mais
qui demeurent propres quels que soient leur date et leur mode
d’acquisition. Ils sont tantôt corporels, tantôt incorporels. Pour
la première catégorie, on peut citer notamment les vêtements,
linges et instruments de travail. Si les linges et vêtements à
l’usage personnel de l’un des époux sont propres à ce dernier
quel qu’en soit le coût, ce n’est pas le cas des instruments de
travail nécessaires à la profession d’un époux ; certes ils
constituent des propres par nature, mais à la différence des
vêtements et linges, la communauté a droit à récompense (car
l’équipement professionnel n’entre pas dans les charges du
ménage). Au titre de cette catégorie, il convient d’évoquer
certains biens à caractère personnel tels que les souvenirs de
famille (photos, décoration, présents honorifiques).
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Une question mérite d’être posée quant aux bijoux lorsqu’ils
n’ont pas été acquis à titre gratuit. On retiendra qu’en l’espèce,
une distinction est faite selon la valeur du bijou. Pour les bijoux
de peu de valeur, à fort caractère personnel, ils doivent être
considérés comme propres à l’époux. Pour les bijoux de grande
valeur acquis à titre de placement, ils doivent être considérés
comme communs aux époux.
En ce qui concerne la deuxième catégorie (les biens
incorporels), elle vise les créances, les biens incorporels à
caractère personnel et les droits exclusivement rattachés à la
personne. Au titre des créances, l’article 73 alinéas 3 précise
que les actions en réparation d’un dommage corporel ou moral,
les créances et pensions incessibles (créances d’aliments,
pension alimentaire, pension de retraite…) sont propres.
Suivent le même régime, au titre des biens incorporels à
caractère personnel, les offices ministériels, les parts d’associés
dans certaines sociétés, les droits de la propriété littéraire et
artistique. Relèvent enfin de cette dernière catégorie, les droits
exclusivement attachés à la personne (actions en révocation
d’une donation pour ingratitude, bénéfice d’une rente viagère
ou d’une assurance sur la vie).
Paragraphe 3 : La Preuve Du Caractère Propre Ou Commun
Des Biens
La question ici est de savoir si tel bien est propre ou commun. Il
existe, à la lecture des articles 72 à 74, de nombreuses
dispositions à l’aide desquelles les époux peuvent faire la
preuve du caractère propre ou commun d’un bien. Ils peuvent à
cet effet, se baser sur la date d’acquisition des biens, sur
l’origine des deniers ayant servi à leur acquisition, sur l’usage
strictement personnel qu’en fait un époux…
Pour épargner ces recherches fastidieuses aux époux, le
législateur a institué une présomption de communauté dans
l’article 74 en ces termes : « Tout bien est présumé commun si
l’un des époux ne prouve pas qu’il lui est propre ».
Quant à sa force, la présomption instituée par l’article 74 est
une présomption simple susceptible de la preuve contraire.
Sous-Section 2: Les Eléments Passifs De La
Communauté
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Les dettes des époux communs en biens sont soit des dettes
communes, soit des dettes personnelles. Il convient donc de
faire la distinction entre l’obligation aux dettes et la
contribution à la dette ; ce qui oblige à faire subséquemment,
le distingo ou le départ entre le passif provisoire et le passif
définitif.
D’abord, l’obligation à la dette conduit à déterminer sur quelle
dette les créanciers de l’un ou l’autre des époux peuvent
poursuivre l’exécution de la dette.
Ensuite, la contribution à la dette, qui vise le passif définitif,
conduit à régler les rapports des époux entre eux. Il s’agit plus
spécifiquement de savoir si la dette sera partagée entre les
deux époux ou si elle restera propre à l’un d’entre eux.
Paragraphe 1 : Le Passif Commun
Il est organisé par les articles 75 à 80. La composition passive
de la communauté impose d’analyser en premier lieu, les
dettes dont la communauté a vocation à assurer la charge
définitive.
A- Les Dettes Dont La Communauté Assure La Charge
Définitive
Passivement, la communauté supporte à titre définitif, les
dettes contractées pour l’entretien du ménage et l’éducation
des enfants. Relativement aux dettes contractées pour
l’entretien du ménage, l’on retiendra que le législateur s’est
contenté de les viser à l’article 75 sans les définir. En
s’appuyant sur les contributions respectives de la doctrine et
de la jurisprudence, on pourrait appréhender les charges du
ménage comme toutes les dépenses indispensables à la vie du
ménage, à son épanouissement (loyers, factures domestiques,
dépenses vestimentaires, dépenses de loisirs, d’éducation, frais
médicaux…). Dès lors qu’une dette est exposée en vue de
satisfaire l’un de ses besoins, son recouvrement peut être
poursuivi, non seulement sur les biens communs, mais aussi
sur les biens propres tant de l’un que de l’autre des époux. A
ces dettes relatives au ménage ou à l’éducation des enfants, il
convient d’ajouter les dettes d’aliments dues aux pères et
mères ou autres parents dans le besoin. En l’absence de toute
Régimes Matrimoniaux - Dr. ADOUKO Bernard
précision législative à leur propos, il convient de considérer que
les dettes d’une telle nature sont des dettes assurées par la
communauté.
B- Les Dettes Nées Du Chef Des Deux Epoux Ou D’un
Epoux
Relativement à ces dettes, l’accroissement ou l’extension des
pouvoirs de la femme mariée a abouti à certaines innovations.
En effet, anciennement, la distinction était faite entre d’une
part, les dettes nées du chef des deux époux et d’autre part,
les dettes nées du chef du mari ou de la femme. Pour les dettes
nées du chef du mari, elles pouvaient être recouvrées sur les
biens communs ordinaires et les biens propres du mari à
l’exclusion des biens réservés et des biens propres de la
femme. Toutefois, si elles avaient été contractées dans le seul
intérêt du mari, il s’agissait de dettes propres et le mari devait
récompense à la communauté. En ce qui concerne les dettes
nées du chef de la femme, elles étaient poursuivies
exclusivement sur les propres de la femme ou les biens
communs réservés, à défaut d’autorisation expresse du mari à
l’acte d’engagement.
Pour les dettes nées du chef des deux époux, il s’agit de
l’hypothèse dans laquelle les créanciers exigent l’accord des
deux époux, soit parce que la dette est contractée dans leur
intérêt commun, soit parce qu’elle est dans l’intérêt d’un seul
époux. Cette dernière catégorie de dettes engageait l’ensemble
des biens des époux, avec la particularité de ne porter sur les
biens propres de la femme qu’à titre subsidiaire.
La réforme de 2019 a réaménagé la question de l’obligation et
de la contribution à la dette comme il suit. Les dettes
contractées par les époux agissant ensemble et de concert,
qu’elles l’aient été dans l’intérêt commun ou de celui de l’un
d’eux seulement, peuvent être poursuivis sur les biens
communs et sur les propres de chacun des époux (article 77).
Pour les dettes contractées par un seul des époux, l’article 76
indique qu’elles peuvent être poursuivies sur les biens
communs et sur les biens propres tant de l’un que de l’autre si
elles portent sur les besoins et charges du ménage. Lesdites
dettes seront poursuivies sur les biens propres de l’époux qui
les a contractés si elles ne portent pas sur les besoins et
charges du ménage et, en cas d’insuffisance, sur les biens
communs.
Régimes Matrimoniaux - Dr. ADOUKO Bernard
Paragraphe 2 : Le Passif Propre
Demeurent propres à chaque époux, les dettes dont il était
tenu le jour de la célébration du mariage. De même que celles
dont se trouvent grevées les successions et donations qui lui
échoient durant le mariage. La communauté n’est pas tenue de
ces dettes.
Section 2 : L’administration Des Biens Dans Le Régime
De La Communauté
Sous la loi de 1964, il existait un lien entre les règles
d’administration des biens communs et celle des biens
propres : c’était le principe de l’unité d’administration. Le mari,
en sa qualité de chef de la communauté, était l’administrateur
des biens propres de la femme dont la communauté avait la
jouissance. Il en résultait une profonde inégalité entre les
époux non seulement relativement à l’administration des biens
communs, mais aussi quant à elle des biens propres. La
réforme de 1983 a amorcé l’idée d’égalité entre les époux. Le
mari, à partir de cette date n’avait que l’administration des
biens communs ordinaires, la femme l’administration des biens
réservés et chacun administrant ses propres. La réforme de
2019 a eu pour effet de parachever le projet d’égalité initié par
la réforme de 1983. Les articles 81 à 86 sont dorénavant
consacrés à la question de l’administration de la communauté.
En substance, ces dispositions énoncent une égalité de droits
et de pouvoirs dans l’administration de la communauté, c’est-à-
dire tant sur les biens communs que sur ceux propres, chacun
des époux pouvant déléguer à l’autre les pouvoirs qu’il détient
relativement à l’administration de la communauté.
Paragraphe 1 : La Promotion De L’égalité Dans
L’administration Des Biens Communs
La femme mariée n’est plus reléguée au second plan dans
l’administration ou la gestion de la communauté. Chacun des
époux, comme le veut le législateur, administre seul ses gains
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et revenus provenant de l’exercice de son activité
professionnelle. Il en découle implicitement que les pouvoirs de
la femme ne sont plus limités à une masse de biens dénommés
« biens réservés ». Comme le mari, ses gains et salaires
participent à la constitution des biens communs, biens sur
lesquels elle a les mêmes pouvoirs que ce dernier. Pour les
biens communs autres que les gains et salaires ou revenus, le
pouvoir de les administrer appartient concurremment aux deux
époux, c’est-à-dire que l’un ou l’autre des époux à lui seul
pouvoir pour les administrer. Par conséquent, les actes
accomplis, soit par la femme, soit par le mari sur cette
catégorie de biens communs sont opposables à l’autre conjoint
dès lors qu’ils ont été accomplis sans fraude. L’une des
conséquences notables de l’égalité affirmée est de permettre
dorénavant à la femme mariée de pouvoir faire des actes de
disposition, au même titre que le mari, sur l’ensemble des
biens communs. Ainsi, son pouvoir d’administration ne se
limitant plus au biens réservés (notion implicitement
abandonnée), son concours est nécessaire pour tout acte de
disposition (que le mari ne peut plus seul faire). Selon l’article
82, « … l’accord des deux époux est nécessaire pour : 1°
aliéner ou grever de droits réels un immeuble, un fonds de
commerce ou une exploitation dépendant de la communauté.
2° aliéner des titres dépendants de la communauté inscrits au
nom du mari ou de la femme. 3° disposer des biens communs
entre vifs à titre gratuit. 4° donner à bail un immeuble
commercial dépendant de la communauté ou passer un bail
excédant trois années sur un immeuble dépendant de la
communauté. 5° cautionner une dette… 6° contracter un
emprunt ». Le non-respect de la nécessité de
l’accord/consentement du conjoint pour les actes sus-énumérés
est sanctionné tantôt par la nullité, tantôt par l’inopposabilité.
(voire article 82).
Paragraphe 2 : La Promotion De L’égalité Des Epoux Dans
L’administration Des Biens Propres
L’égalité instituée entre les époux relativement à
l’administration des biens communs ne pouvait avoir pour
corollaire une égalité entre les époux quant à l’administration
de leurs biens propres. L’article 84 énonce à cet effet, un
Régimes Matrimoniaux - Dr. ADOUKO Bernard
principe d’autonomie et de liberté reconnu à chacun des
époux : « chacun des époux administre ses biens propres et en
perçoit les revenus. » il en résulte que dès lors qu’un époux
détient en pleine propriété un bien, il est investi du pouvoir de
le gérer (décider des actes à accomplir sur ledit bien, qu’il
s’agisse d’actes conservatoires ou d’actes de disposition) mais
aussi d’en percevoir les fruits sans que l’autre conjoint
n’interfère dans l’exercice de ce pouvoir. Ce principe admet
cependant des exceptions qui sont, soit judiciaire, soit
conventionnelles. Au titre des exceptions judiciaires, il convient
de convoquer l’article 84 qui dispose : « si l’un des époux se
trouve hors d’état de manifester sa volonté, ou si sa gestion
(…) de ses biens propres met en péril les intérêts de la famille,
l’autre conjoint peut demander au tribunal, soit de prescrire les
mesures de protection, soit de prononcer le changement de
régime matrimonial ». En ce qui concerne l’exception d’ordre
conventionnel, l’article 85 prévoit que pendant le mariage, l’un
des époux (et non plus seulement le mari) peut confier à l’autre
l’administration de ses biens propres. En ce cas, les rapports
entre les époux sont gouvernés par les règles du mandat.
Autrement dit, l’époux propriétaire des biens propres en cause
à la qualité de mandant, tandis que celui qui gère les biens
propres de l’autre à la qualité de mandataire. Ce mandat peut
être tacite ou exprès. Il sera considéré comme exprès si de
façon explicite ou manifeste l’époux propriétaire des biens
propres concède à l’autre le pouvoir de gestion. Il sera en
revanche considéré comme tacite lorsque l’un des époux
s’immiscera dans la gestion des propres de l’autre sans
opposition de sa part. Dans cette dernière hypothèse de
mandat tacite, les pouvoirs de l’époux mandataire se résument
à de simples actes d’administration.
Section 3 : La Dissolution De La Communauté
La communauté ayant commencé à se constituer entre les
époux au jour du mariage, plusieurs situations sont
susceptibles d’entraîner sa dissolution et de déclencher par
voie de conséquences, sa liquidation et son partage
Sous-Section 1 : Le Mécanisme De La Dissolution
Régimes Matrimoniaux - Dr. ADOUKO Bernard
Evoquer la question du mécanisme de la dissolution, c’est
rechercher non seulement les causes, mais aussi les effets de
la dissolution.
Paragraphe 1 : Les Causes De La Dissolution De La
Communauté
Prévues par l’article 87, les différentes causes de dissolution
surviennent soit du vivant des époux, soit à cause de la mort
certaine ou présumée d’un époux.
A- La Dissolution De La Communauté Du Vivant Des Epoux
Du vivant des époux, la communauté se dissout soit par le
divorce, soit par la séparation de corps, soit par le changement
de régime, soit par la nullité du mariage. Le divorce emporte
dissolution de la communauté et les effets de cette dissolution
remontent au jour de la demande de divorce entre les époux. A
l’égard des tiers, la dissolution ne produit ses effets qu’au jour
de la transcription du divorce sur les registres de l’état civil.
B- La Dissolution De La Communauté A Cause De Mort
Les causes de dissolution à cause de mort sont l’absence, le
décès, la disparition. Le décès de l’un des époux entraine
toujours la dissolution de la communauté qui ne peut continuer
au-delà de la mort de l’époux entre le conjoint survivant et les
héritiers du défunt.
Il en est de même de la disparition. Tout comme, sous l’empire
de la loi ancienne, la disparition provoque la dissolution du
régime de la communauté dès l’intervention du jugement
déclaratif de décès. En ce qui concerne l’absence, son effet sur
le mariage de l’absent a connu quelques évolutions qu’il
importe de mettre en relief. En effet, jusqu’à la réforme de
2019, l’absence entamait le régime de la communauté sans
altérer pour autant le mariage de l’absent. Autrement dit, alors
que le mariage de l’absent demeure valable tant que dure
l’absence, le régime de la communauté de biens sous lequel
est marié l’absent est dissous dès le jugement déclaratif
d’absence pour permettre d’isoler le patrimoine de l’absent afin
de procéder à la répartition de ses biens entre ses héritiers
présomptifs au titre de l’envoi en possession (provisoire ou
définitf). L’innovation apportée par la réforme de 2019 réside
Régimes Matrimoniaux - Dr. ADOUKO Bernard
dans le fait que dorénavant, l’absence est, comme la
disparition, une cause autonome de dissolution du mariage et,
par voie de conséquences, de dissolution de la communauté.
Paragraphe 2 : Les Effets De La Dissolution
Il s’agira de préciser le moment à partir duquel la dissolution
prend effet, mais aussi et surtout la conséquence directe de la
dissolution qu’est l’indivision post-communautaire.
A-La Date De La Dissolution
Pour déterminer la date de la dissolution de la société, il faut
envisager plusieurs hypothèses.
1- Les Hypothèses De Date Unique
Dans trois hypothèses, la communauté est réputée légalement
dissoute tant dans les rapports entre les époux qu’à l’égard des
tiers. Il en est ainsi en cas de décès de l’un des époux
(communauté dissoute à la date du décès). Il en est de même
en cas d’annulation du mariage (date de dissolution fiée à la
date du jugement d’annulation) et en cas d’absence (la date
prise en compte était celle du jour du départ de l’absent, mais
avec la réforme, il convient de la fixer au jour du jugement
déclaratif de décès).
2- Les Hypothèses De Dates Qui Se Dédoublent
Dans trois hypothèses, la date de la dissolution diffère, selon
qu’il s’agisse des rapports entre les époux ou selon qu’il
s’agisse des rapports des époux avec les tiers. Dans les
rapports entre les époux, en cas de divorce, on fait remonter la
date de dissolution de la communauté à la date de la demande
de divorce (article 89). En cas de changements de régime,
l’article 65 précise que la dissolution de la communauté produit
effet entre les parties à partir du jugement autorisant le
changement.
Dans les rapports avec les tiers, la loi relative au divorce et à la
séparation de corps dispose qu’en cas de divorce ou de
séparation de corps, la dissolution de la communauté prend
effet à l’égard des tiers à compter du jour de la mention ou de
la transcription du jugement ou de l’arrêt. A l’égard des tiers
également, l’article 65 relatif au changement du régime
Régimes Matrimoniaux - Dr. ADOUKO Bernard
matrimonial prévoit que la dissolution de la communauté
consécutive au changement du régime matrimonial n’a d’effet
à l’égard des tiers qu’à compter de sa publication dans le
journal d’annonces légales et/ou au registre du commerce et du
crédit mobilier si l’un des époux est commerçant.
B- L’indivision Post-Communautaire
Dès la dissolution du régime de la communauté, les biens
communs se trouvent placés de plein droit en état d’indivision.
Cette indivision prend naissance en principe au jour de
l’évènement qui produit la dissolution de la communauté. A
défaut de règles organisant cette étape, dans les régimes
matrimoniaux, il faut se référer aux règles prévues par le droit
des successions. Selon ce droit, nul ne peut être contraint à
demeurer dans l’indivision, et le partage peut toujours être
provoqué nonobstant prohibition. Il en résulte que l’indivision
post communautaire a vocation à être provisoire, c’est-à-dire
une étape préalable ou préliminaire au partage. Il convient, au-
delà de ces précisions, de s’intéresser à la composition de la
masse indivis.
1- La Composition De La Masse Indivis
Elle a un caractère autonome, c’est-à-dire qu’elle est distincte
des patrimoines des indivisaires. Cette règle de l’autonomie de
la masse indivise est nécessaire car elle facilite la
détermination des éléments actifs et passifs, dont la gestion
incombera aux indivisaires.
Au titre des éléments actifs de la masse indivise, il faut
mentionner tous les biens communs existant, se trouvant à la
dissolution de la communauté, qu’il s’agisse des meubles ou
des immeubles. A cette masse originaire, il faut ajouter les
biens acquis par subrogation, les fruits et revenus des biens
indivis à l’exclusion du produit du travail des époux ou des
revenus des propres.
Au titre du passif de la masse indivise, il convient de
mentionner les dettes nées en cours du régime à la charge de
la communauté et qui n’ont pas encore été acquittées au
moment de la dissolution de la communauté. S’ajoutent à ces
dettes, celles résultant de la conservation ou de la gestion des
biens indivis. Seuls les créanciers de ces deux catégories de
dettes peuvent saisir les biens indivis avant le partage.
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2- La Gestion De La Masse Indivis
Cette gestion est gouvernée par les règles de l’unanimité. En
cas d’entente entre les co-indivisaires, pour surmonter la
lourdeur de l’unanimité imposée par la cogestion, les
indivisaires pourront donner un mandat tacite ou exprès à l’un
d’eux. Celui-ci gèrera seul la masse indivise et les actes qu’il
passera seront opposables à tous les autres indivisaires. En cas
de mésintelligence entre les co-indivisaires, la seule solution à
envisager est le partage.
Sous-Section 2 : Le Règlement De La Communauté
Le règlement de la communauté passe par sa liquidation puis
son partage.
Paragraphe 1 : La Liquidation De La Communauté
Elle se fait soit en vertu des dispositions légales, soit par
convention, depuis la loi de 1983.
A- Les Règles Légales De Liquidation
La liquidation de la communauté intervient lorsque la masse
partageable est définitivement fixée.
1- La Détermination De La Masse Partageable
Il s’agit d’une opération complexe en raison de ce que pendant
le cours de la communauté, il y a eu nécessairement, des
mouvements entre les trois masses de biens. C’est pour cela
qu’il faut établir des comptes prenant en compte, les différents
mouvements intervenus en cours de mariage. L’établissement
de ces comptes est postérieur à la reprise des propres.
a- La Reprise Des Propres
Elle est prévue par l’article 91 aux termes duquel « La
communauté dissoute, chacun des époux reprend en nature les
biens qui lui sont propres… ».
La mise en œuvre de cette règle qu’est la reprise des propres,
soulève en pratique des difficultés quant à la preuve du droit de
propriété exclusif d’un époux sur tel ou tel bien.
Régimes Matrimoniaux - Dr. ADOUKO Bernard
b- La Liquidation De La Communauté
Cette une opération qui se réalise après la reprise des propres,
elle est préalable au partage. Elle a pour objet de déterminer et
d’évaluer la masse partageable dans chacun des éléments. La
première démarche consiste à liquider l’actif existant, la
seconde à liquider le passif.
2- La Liquidation Des Récompenses
Par récompense, il faut entendre soit une dette de la
communauté envers l’un des patrimoines propres des époux,
soit une dette de l’un des époux envers la communauté.
L’objectif des récompenses est de reconstituer les patrimoines
en valeurs, de revenir sur certains mouvements entre les trois
masses de biens, comme s’ils n’avaient jamais existé.
Une fois les récompenses réglées, il s’en suit les opérations de
prélèvement. Selon l’article 93, contrairement à ce qui était
prévu par l’article 98 ancien, définissant une priorité à la
femme au stade des prélèvements, « les prélèvements se font
de commun accord entre les époux ou leurs ayant droits ; en
cas de litige, le tribunal statue à la requête de la partie
intéressée ».
B - Les Conventions De Liquidation Anticipée
Il s’agit de conventions organisées en droit ivoirien à partir de
la réforme de 1983. Par ces conventions, une liberté a été
reconnue aux époux qui leur permet de déroger aux règles
légales. Dans leur contenu, lesdites conventions peuvent viser
aussi bien les questions patrimoniales qu’extrapatrimoniales. Il
est à noter que ces conventions ne sont admises que pendant
l’instance en divorce ou en séparation de corps. Elles doivent
nécessairement être soumises à l’homologation du juge. Si
elles ont un caractère facultatif en cas de divorce pour faute ou
divorce sanction ou même en cas de séparation de corps, la
conclusion de telles conventions devient un impératif en cas de
divorce par consentement mutuel.
Paragraphe 2 : Le Partage De La Communauté
La loi relative au mariage ne comporte aucune disposition
organisant le partage de la communauté. Elle se contente dans
l’article 95 de renvoyer aux règles du partage prévues par le
Régimes Matrimoniaux - Dr. ADOUKO Bernard
droit de succession. Conformément aux règles de la succession,
les ex époux auront à partager l’actif commun et le passif
commun.
A- Le Partage De L’actif Commun
Les biens communs sont partagés équitablement entre les
époux, c’est-à-dire par moitié ou par égalité de lots. Le partage
se fait soit à l’amiable, soit judiciairement.
B- Le Partage Du Passif Commun
C’est l’hypothèse lorsqu’après le partage, certains créanciers
n’ont pas été désintéressés. Aucune disposition ne vise la
question en droit ivoirien. En puisant dans le droit comparé, il
est possible d’y apporter une réponse en distinguant
l’obligation à la dette et la contribution à la dette. Il faut
admettre la possibilité pour les créanciers de poursuivre les
deux époux. Pour ce qui concerne la contribution à ce passif
commun après partage, la solution serait de le répartir par
moitié entre les deux époux, et celui qui aura trop payé
bénéficiera d’un recours contre son conjoint.
CHAPITRE III : LE REGIME DE LA SEPARATION DES BIENS
L’avènement de ce régime en droit Ivoirien remonte à la
réforme de 1983. Il a été repris dans la loi de 2019 en ses
articles 98 à 102. La soumission des époux à ce régime
séparatiste peut résulter d’un choix initial à l’époque du
mariage ou de la manifestation d’un second choix ayant
conduit à un changement de régime en cours de mariage. Au
plan pratique, ce régime présente des avantages et correspond
mieux à l’hypothèse de ménage dans lequel l’un des époux
exerce une profession commerciale ou libérale. Ces avantages
ne sauraient occulter les inconvénients reconnus au régime de
la séparation. On compte, à ce propos, le fait que ce régime
n’associe pas les deux époux au bénéfice des économies
Régimes Matrimoniaux - Dr. ADOUKO Bernard
pouvant être réalisées au cours du mariage par l’un. De même,
la communauté de vie altère nécessairement en pratique la
séparation des biens, ce qui ne manque pas de poser des
problèmes délicats de preuve.
En dépassant ce tableau présentant négativement le régime de
la séparation (dans sa chute), l’on pourrait présenter celui-ci
comme opérant une séparation des intérêts patrimoniaux des
époux. Malgré l’interférence des règles à caractère
communautaire.
Section 1 : La Séparation Des Intérêts Patrimoniaux Des
Epoux
Dans le régime de la séparation de biens, chaque époux
conserve l’administration, la jouissance et la libre-disposition de
ses biens. Il y a donc une séparation active (et passive des
patrimoines et une indépendance des époux dans la gestion de
leurs biens.
Paragraphe 1: La Séparation active Et Passive Des
Patrimoines
La séparation active des patrimoines a pour conséquence de ne
faire exister dans le régime de la séparation de biens que des
biens personnels à l’un ou l’autre des époux. Sont personnels à
chaque époux les biens qu’il possédait avant le mariage, ceux
acquis en cours de mariage (à titre onéreux ou gratuit) gains et
salaires, biens acquis par financement de l’autre époux, les
biens acquis par emploi ou remploi. Ce principe est édulcoré
par l’article 100 aux termes duquel « les biens sur lesquels
aucun des époux ne peut justifier sa propriété exclusive sont
réputés leur appartenir indivisément, chacun pour moitié ».
Cette disposition institue donc une présomption d’indivision.
La séparation passive des patrimoines signifie que toutes les
dettes, en dehors de celles relevant des charges du ménage,
sont personnelles à l’époux du chef de qui elles sont nées.
Chaque époux reste donc seul tenu du passif né de son fait.
Paragraphe 2 : L’indépendance Des Epoux Dans La Gestion
Des Biens
Régimes Matrimoniaux - Dr. ADOUKO Bernard
Elle est signifiée dans l’article 98 qui dispose que « chacun des
époux conserve l’administration, la jouissance et la libre-
disposition de ses biens propres… ».
Section 2 : L’interférence De Règles A Caractère
Communautaire
Nonobstant la vocation séparatiste des patrimoines, sous un
certain angle, le régime de la séparation de biens laisse
émerger quelques règles à connotation communautaire. Celles-
ci résultent de l’application, aux époux séparés de biens, des
règles découlant du statut de base. Il faut y ajouter le sort des
biens acquis en commun par les époux, qui sont des biens
indivis.
Paragraphe 1 : L’application Des Règles Du Statut De Base
Les règles du statut de base qui confèrent une connotation
communautaire au régime de la séparation de biens sont celles
relatives aux dettes exposées en vue de satisfaire les charges
du ménage, l’éducation et l’entretien des enfants. Quoique
mariés sous le régime de la séparation de biens, les époux sont
solidairement débiteurs à l’égard des tiers à propos des dites
dettes.
Paragraphe 2: L’application Des Règles Relatives A
L’indivision
Si l’esprit communautaire du régime de la séparation induit de
l’application des règles du statut de base semble imposé par le
législateur, les époux peuvent volontairement atténuer la
rigueur de la séparation des patrimoines en achetant en
commun des biens. Ces biens acquis ensemble ne sont point
des biens communs. Les époux doivent être vus comme des
coacquéreurs, en situation de copropriété, c’est-à-dire en
indivision de droit commun. Ainsi, pendant le mariage, ces
biens sont soumis au régime ordinaire de l’indivision ; c’est-à-
dire que l’accomplissement des actes sur ces biens (gestion,
administration, disposition…) nécessite l’accord des deux
époux. C’est la règle de l’unanimité. A la dissolution du
Régimes Matrimoniaux - Dr. ADOUKO Bernard
mariage, conformément à l’article 100, leur partage se fait
entre époux par moitié.
Chapitre IV : LE CONTRAT DE MARIAGE
Introduction
- Définition
- Nouveauté et singularité, comparé aux régimes dits
légaux
-
Section 1 : Les controverses autour de sa nature
juridique
Par 1 : La conception lui niant la valeur de régime matrimonial
Fondement : la source des règles
Le régime matrimonial désignerait les effets pécuniaires
légalement organisés
Par 2 : La conception le tenant pour un régime matrimonial
Par 3 : La conception tenant les dispositions des articles 56 à
58 comme admettant uniquement des aménagements des
régimes légaux existants
Section 2 : Formation et prise d’effet du contrat de
mariage
Par 1 : La formation
Par 2 : La prise d’effet
- A la date du mariage
- Caducité si le mariage n’est pas célébré.
Méthodologie du commentaire d’article
Il comporte deux grandes parties :
- L’introduction : elle est importante et nécessite du soin.
Elle doit être faite sur la base de trois questions qui sont :
de quoi vais-je parler (généralité, situation de l’article) ?
Régimes Matrimoniaux - Dr. ADOUKO Bernard
pourquoi dois-je en parler (intérêt, importance du texte,
actualité sur le texte) ? comment dois en parler (plan) ?
- Le développement : doit se faire selon un bon découpage
du texte et comporter une explication et une critique des
éléments textuels en présence.