Chapitre I : Référentiel international
Section 1. Structure du référentiel international
1.1 Architecture du référentiel international
L'architecture du référentiel international pour les missions d'assurance et les services
connexes se présente comme suit :
Schéma n° 1. Architecture du référentiel international
L'International Auditing and Assurance Standards Board (IAASB) publie les normes
Suivantes :
- Norme Internationale de Gestion de la Qualité (International Standard on
Quality Management ISQM 1) s'applique aux :
o Missions d'audit et ;
o D’examen limité d'informations financières historiques et ;
o Autres missions d'assurance et services connexes ;
- Normes Internationales d'Audit (International Standards on Auditing : ISA
200...ISA 810) s'appliquent aux :
o Missions d'audit d'informations financières historiques ;
- Normes Internationales d'Examen Limité (International Standards on Review
Engagements : ISRE) s'appliquent aux :
o Missions d'examen limité d'informations financières historiques (audit des
situations intermédiaires : N° 2000 à 2699) ;
- Normes Internationales de Missions d'Assurance (International Standards on
Assurance Engagements, ISAE) s'appliquent aux :
o Missions d'assurance relatives à des sujets autres que des informations
financières historiques (audit des informations financières
- Normes Internationales de Services Connexes (International Standards on
Related Services : ISRS) s'appliquent aux :
o Missions de compilation
o Missions comportant la mise en œuvre des procédures convenues sur des
informations financières ;
o Autres missions de services connexes
NB : 1/ Le cadre conceptuel (CC) international de l'IFAC ne couvre pas la mission de
compilation, ainsi que les missions convenues qui n'aboutissent pas à l'émission d'une
assurance (§ 12 CC). Cependant, l’exécution de ces missions connexes doit respecter
le code international de déontologie par les experts comptables et les normes
internationales de contrôle qualité (ISQC).
2/ Le principe fondamental d'indépendance n'est exigé que dans les missions
d'assurance. +++++
3/ Selon la norme ISQM 1, il existe 8 éléments du système de gestion de la qualité :
- Processus d'évaluation des risques du cabinet ;
Nouveauté
- Gouvernance et leadership ;
- Règles de déontologie pertinentes
- Acceptation et maintien de relations clients et de missions spécifiques ;
- Réalisation de mission
- Ressources
- Informations et communications
- Processus de suivi et de prise de mesures correctives.
1.2. Application
TAF : Précisez la nature de la mission confiée à Mr Salem, ainsi que le cadre normatif
(norme) applicable à l'acceptation de la mission, son déroulement et son contrôle.
Enoncé : la société TCOM est une société SARL, créée au début de l'année 2019, elle
est spécialisée dans la fourniture, l'installation, la maintenance et le développent de
logiciels et l'intégration dans le secteur des technologies de la communication et de
l'internet et de l'informatique. La majorité de son capital est détenue par son gérant, Mr
Kamel. Pendant les deux premières années, elle a engagé des activités de recherche et
de développement. En 2021, elle a commencé à réaliser ses premières ventes et
installations à ses clients. TCOM utilise un système informatisé complexe dans le
cadre de suivi des prestations clients et pour la comptabilité analytique. Les EF de
l'exercice 2020 ont été audités par le CAC de la société TCOM.
Pour poursuivre le développement de ses activités, TCOM a sollicité un emprunt
bancaire de 8 millions de dinars. La banque a exigé un rapport d'examen limité des EF
et de maintenir un fonds de roulement minimum de 500 mille dinars. MR Kamel a
sollicité l'aide de son ami, Mr Salem, expert-comptable membre de l'OECT, pour la
réalisation de la mission d'examen limité des états financiers semestriels arrêtés au
30/06/2021.
Réponse :
- ISRE 2400
- Code d'éthique de I'IFAC (partie 4 A)
- ISQCI
Section 2. Missions d'assurance
2.1. Généralités sur les missions d'assurance
2.1.1. Définition
D'après le CCIMA (cadre concep inter des MA), la mission d'assurance (MA) : « est
un engagement par lequel un professionnel exprime une conclusion, destinée à
accroitre la crédibilité auprès des utilisateurs autres que la partie responsable de
l'élaboration et la diffusion de l'information, conformément à des critères. »
2.1.2. Objectif d'une mission d'assurance
L'objectif d'une MA confiée à un professionnel est d'apprécier la fiabilité d'une
information fournie, pour lui permettre de faire une idée sur le degré de confiance qu'il
peut porter dans la crédibilité de l'information.
2.1.3. Eléments d'une mission d'assurance +++++
5 éléments :
1) Relation tripartie,
2) Objet considéré,
3) Critères,
4) Éléments probants suffisants et appropriés
5) Rapport.
Il s’agit donc par un rapport écrit qui doit clairement exprimer l'avis du professionnel
sur l'information présentée.
NB : Le CC ne préconise pas un format de rapport, ni les points essentiels qui doivent
être contenus dans le rapport.
2.1.4. Typologie ++++++
Selon le §11 CC 2008 : le professionnel en exercice est autorisé à réaliser 2 types de
mission d'assurance :
- MA raisonnable : a pour objectif de ramener le risque de MA (ses composantes : RI,
RLC et RND) à un niveau suffisamment faible, compte tenu des circonstances de la
mission, pour permettre l'expression d'une assurance sous forme positive dans la
conclusion du professionnel en exercice ;
- MA limitée : a pour objectif de ramener le risque de mission d'assurance à un niveau
acceptable, compte tenu des circonstances de la mission, mais plus élevé que dans le
cas d'une mission d'assurance raisonnable, pour permettre l'expression d'une assurance
sous forme négative dans la conclusion du professionnel en exercice.
2.2. Missions d'assurances menées en respect du cadre conceptuel
TABLEAU p7
2.2.1. Examen limité
Principales techniques : cet examen est limité et ne comprend pas l'évaluation des
systèmes comptable et de contrôle interne, il consiste essentiellement à effectuer des
procédures analytiques, des demandes d'informations et de confirmations externes.
L'opinion d'examen limité se traduit par l'expression d'une assurance négative qui est
différente de la certification. Le niveau d'assurance est inférieur à celui fourni par une
mission d'audit.
En Tunisie, la mission d'examen limité n'est pas normalisée. Les normes
internationales ISRE 2400-2410 constituent l'unique référence dans ce domaine.
2.2.2. Mission d'assurance des informations prévisionnelles
Les informations financières prévisionnelles comprennent aussi bien des prévisions
(basées sur des hypothèses ou estimations les plus plausibles) que des projections
(basées sur des hypothèses théoriques).
La direction est responsable de la préparation et de la présentation des informations
financières prévisionnelles ainsi que de l'identification de la description des hypothèses
sur lesquelles elles reposent. L'auditeur peut être appelé à examiner et à présenter un
rapport sur les informations financières prévisionnelles afin de renforcer leur
crédibilité, qu'elles soient destinées à des tiers ou à un usage interne. L’auditeur n'est
donc pas en mesure d'émettre une opinion quant à la réalisation des résultats ressortant
des informations financières prévisionnelles ($7 ISAE).
De plus, compte tenu du type d'éléments probants disponibles pour évaluer les
hypothèses sur lesquelles les informations financières prévisionnelles reposent,
l'auditeur peut parfois avoir des difficultés pour parvenir à un niveau d'assurance
suffisant pour exprimer une opinion positive sur le fait que ces hypothèses sont
exemptes d'anomalies significatives. Par conséquent, dans cette norme, lorsque
l'auditeur émet une opinion sur le caractère raisonnable des hypothèses retenues par la
direction, cette dernière ne peut fournir qu’un niveau d'assurance modérée. Toutefois,
lorsque l'auditeur estime avoir atteint un niveau d'assurance suffisant, l'auditeur peut
exprimer une opinion positive sur les hypothèses (87 ISAE).
Section 3. Services connexes
3.1 Examen sur la base des procédures convenues
L’auditeur met en œuvre des procédures d'audit définies d'un commun accord avec
l’entité auditée et les tiers concernés et communique les constatations résultant de ses
travaux.
Principales techniques : demande d'informations, inspection observation,
confirmation externe, contrôles arithmétiques (des comparaisons ainsi que d'autres
vérifications d'exactitudes)
NB : indépendance n'est exigée sauf obligations des normes ou réglementation
nationale.
Il déclare dans son rapport. Les destinataires du rapport tirent leurs propres
conclusions à partir des travaux de l'auditeur.
L'auditeur ne fournit aucune assurance pour les utilisateurs des EF mais un simple
constat car l'auditeur n'a pas été libre dans le choix et la mise en œuvre des procédures
de vérification.
Ce rapport s'adresse exclusivement aux parties concernées, car d'autres parties,
ignorant les raisons qui ont motivé leur mise en œuvre risqueraient de mal interpréter
les résultats.
3.2. Mission de compilation ou de présentation
Cette mission consiste essentiellement à utiliser des compétences comptables et non
celles d'audit à l'effet de recueillir, classer et faire la synthèse d'informations
financières sans être tenu par l'obligation de contrôler les déclarations sur lesquelles
s'appuient ces informations (ex : préparation d'un tableau de bord, établissement d'un
tableau de flux de trésorerie.), et aussi à préparer des EF (complets ou non).
Cette mission ne fournit aucune assurance pour les utilisateurs des EF car l'auditeur
utilise ses connaissances en matière comptable sans aucun jugement. Toutefois, les U
des informations financières compilées bénéficient du travail du comptable car elles
ont été préparées par un professionnel ayant la compétence requise.
TABLEAU p 11
Chapitre II : Présentation du code d'éthique de l'IFAC et de
l'approche conceptuelle
- En Tunisie, le code d'éthique de l'OECT (CDP) fixe les règles de déontologie
professionnelle et constitue la source réglementaire nationale en matière d'éthique.
- Ce code prévoit dans son article 39 que : « les règles d'éthique professionnelles
généralement admises s'appliquent aux professionnels inscrits au tableau de l'ordre au
cas où elles n 'ont pas été prévues par le présent code. »
Parallèlement, l'article 40 du CDP prévoit : « au cas où le professionnel est amené
intervenir en dehors du territoire tunisien, il est tenu d'observer les règles d'éthique du
pays hôte. Dans le cas contraire, il doit observer les règles d'éthique de la fédération
internationale des comptables. »
- En conséquence, la dernière version en vigueur du code d'éthique de l'IFAC cst
explicitement applicable aux professionnels inscrits au tableau de l'ordre, sans besoin
d'aucune adoption.
Section 1. Présentation du code international de déontologie pour les experts
comptables « CIDEC »
1.1 Présentation générale du code
Le Board de l'IFAC mis en place le comité éthique de l'IFAC (International Ethics
Standards Board for Accountants IESBA) chargé d'élaborer et de publier, sous sa
propre autorité, des normes d'éthique et d'autres textes complémentaires de qualité
élevée à l'usage des professionnels comptables du monde entier.
Le conseil de l'IFAC a adopté en avril 2018, sur proposition de son comité d'éthique,
un projet d'amendement du code d'éthique de I'IFAC. La date d'entrée en vigueur est le
15/06/2019.
1.2. Applicabilité du code face à la réglementation interne
Les organisations membres de PIFAC ou les cabinets ne doivent pas appliquer des
règles moins strictes que celles qui figurent dans ce code.
Toutefois, si un organisme membre ou un cabinet ne peut se conformer à certaines
parties de ce code du fait de la loi ou de la réglementation, ils doivent néanmoins
appliquer toutes les autres parties de ce code.
Certains pays peuvent avoir en place des règles et des recommandations différentes de
celle de ce code. Les professionnels comptables intervenant dans ces pays devront être
informés de ces différences et se conformer aux règles et recommandations les plus
strictes, sauf si la loi ou la réglementation applicable le leur interdit (la règle du plus
restrictif).
1.3. Objectifs du nouveau code
- Le code énonce les principes de déontologie fondamentaux des experts comptables,
reflétant la reconnaissance par la profession de sa responsabilité d'agir dans l'intérêt
général. Ces principes de déontologie établissent la norme dé comportement attendue
d'un expert-comptable. Les principes fondamentaux sont : L’intégrité, l'objectivité,
la compétence et la diligence professionnelles, la confidentialité et le
comportement professionnel.
- Le code fournit un cadre conceptuel que les experts comptables doivent appliquer pour
identifier, évaluer et traiter les menaces qui pèsent sur la conformité aux principes
fondamentaux. Le code définit les exigences et les matériels d'application sur divers
sujets pour aider les comptables à appliquer le cadre conceptuel à ces sujets.
- Ce qui concerne les audits, les assurances et les autres missions d'assurance, le code
énonce des normes internationales d'indépendance établies à travers l'application du
cadre conceptuel aux menaces pesant sur l'indépendance liées à ces missions.
1.4. Structure du code
PARTIE 1 : DE LA CONFORMITE AU CODE, AUX PRINCIPES
FONDAMENTAUX ET AU CADRE CONCEPTUEL (tous les experts
comptables -sections 100 à 199), qui inclut les principaux fondamentaux et le cadre
conceptuel et qui est applicable à tous les experts comptables.
PARTIE 2 : DES EXPERTS COMPTABLES SALARIERS (sections 200 à 299),
qui contient des informations supplémentaires qui s'appliquent aux experts-comptables
salariés qui exercent des activités professionnelles. Les experts comptables salariés
comprennent les experts comptables employés, salariés ou engagés à titre exécutif ou
non, dans, par exemple : (le commerce, 1'industrie ou le service, le secteur public,
l’éducation, le secteur à but non lucratif et les organismes de réglementation ou
professionnels).
La partie 2 s'applique également aux personnes qui sont des experts comptables
travaillant en cabinet qui exercent des activités professionnelles dans le cadre de leurs
relations professionnelles avec le cabinet, qu'ils soient sous-traitants, employés ou
propriétaires.
PARTIE 3 : DES EXPERTS COMPTABLES EXERCANT EN CABINET
(sections 300 à 399), qui contient des informations supplémentaires qui s'appliquent
aux experts comptables exerçant en cabinet lorsqu' ils fournissent des services
professionnels.
PARTIE 4 : DES NORMES INTERNATIONALES D'INDEPENDANCE, qui
énonce des éléments supplémentaires qui s'appliquent aux experts comptables exerçant
en cabinet lorsqu'ils fournissent des services d'assurance, comme suit :
Partie 4A (sections 400 à 899) : de la sauvegarde de l'indépendance dans le
cadre des missions d'audit et d'examen limités, qui s'applique lors des missions
d'audit ou d’examen ;
Partie 4B (sections 900 à 999) : de la sauvegarde de l'indépendance dans le
cadre des missions d'assurance autres que les missions d'audit et d'examen
limités, qui s'applique lors de l'exécution de missions d'assurance qui ne sont
pas des missions d'audit ou d'examen.
Section 2. Présentation de l'approche conceptuelle
Les contextes dans lesquels interviennent les experts comptables peuvent donner lieu à
des menaces risquant de compromettre le respect des principes fondamentaux. Il est
impossible de définir toutes les situations qui donnent lieu à ces menaces et de
recenser toutes les mesures à mettre en œuvre. En conséquence, le cadre conceptuel
spécifie une approche conceptuelle aux experts-comptables.
Lors de l'application du cadre conceptuel, l'expert-comptable doit :
Que doit faire l’expert-comptable lors de l’application du cadre conceptuel ? ++++
Exercer un jugement professionnel10 ;
Rester attentif aux nouvelles informations et aux changements de faits et de
circonstances ;
Utiliser le test du tiers raisonnable ct éclairé (informé)11,
10
.Le jugement professionnel (JP) implique l'utilisation de la formation, des connaissances,
des compétences et de l'expérience professionnelles adaptées aux faits et circonstances, y
compris la nature et la portée des activités professionnelles particulières, ainsi que les intérêts
et les relations en jeu.
L'exercice du JP repose sur un haut niveau d'éthique comptable et un très haut sens de
responsabilité
11
Ce test consiste pour l'expert-comptable à déterminer si une autre partie est susceptible de
tirer les mêmes conclusions que lui. Cette tierce partie n'est pas obligée d'être un comptable,
mais elle possède les connaissances et l'expérience requises pour comprendre et évaluer le
bien fondé des conclusions de l'expert-comptable de manière impartiale (120.5 A4).