BCEAO/DCCSB
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P ROJET D’ APPUI A LA
REGLEMENTATION SUR LES MUTUELLES
D’ EPARGNE ET DE CREDIT – UMOA
_______________
AVENUE ABDOULAYE FADIGA - B.P. 3108 - DAKAR (SENEGAL)
_____________
TEL. : 23.10.42 - POSTE 5136
REGLEMENTATION SUR LES MUTUELLES
D’EPARGNE ET DE CREDIT - UMOA
CONDE NS E S
Dakar, juillet 1995
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB - DID
CONDENSES N° 1 à 26
Réglementation sur les mutuelles
d’épargne et de crédit - UMOA
P RESENTATION DES CONDENSES
_____________________
LE PROJET PARMEC/UMOA
Initié par la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest en juin 1992, le
Projet d'Appui à la Réglementation sur les Mutuelles d'Epargne et de Crédit dans l'UMOA
(PARMEC/UMOA) a pour objectifs, tout en faisant appel à la participation des principaux
intervenants concernés par une telle réglementation :
• d'apporter aux Etats un appui pour l'élaboration d'une loi-cadre et des décrets
y afférents ;
• de contribuer à la diffusion des informations sur la réglementation et les
mécanismes de contrôle :
• d'œuvrer à la mise en place et à l'application de la loi-cadre et des décrets y
afférents, en apportant en particulier un appui aux ministères de tutelle pour
leur permettre de jouer pleinement leur nouveau rôle.
Le projet bénéficie de l'assistance technique de Développement international
Desjardins (DID), composante du Mouvement Desjardins du Canada. L’Agence Canadienne
de Développement International (ACDI) participe au financement du projet. Ce projet
s'échelonne sur une période de Quatre ans s'achevant en août 1996.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSES 1 à 26
LES CONDENSES DE LA REGLEMENTATION
Les textes des projets de loi portant réglementation des institutions mutualistes
ou coopératives d'épargne et de crédit ainsi que de son décret d'application ont été adoptés
par le Conseil des Ministres de l'UMOA lors de sa réunion du 17 décembre 1993. Ils ont
ensuite été soumis aux instances nationales pour adoption et insertion dans l'ordre juridique
de chacun des Etats membres. Des prototypes de statuts et de règlement intérieur ont été
mis à la disposition des intervenants pour faciliter leur adaptation au nouveau cadre
juridique.
En vue de favoriser la connaissance et la mise en place de la réglementation en
question, PARMEC/UMOA offre aux intervenants une série de condensés présentant les
principaux thèmes et éléments de cette réglementation.
En effet, en dépit des efforts de simplification, la réglementation sur les mutuelles
d'épargne et de crédit paraît relativement abondante et complexe.
Aussi est-il apparu indiqué, d'un
e part, d'en préciser certains éléments et, d'autre
part, d'en présenter des pans importants sous une forme condensée, presque schématique,
pour en faciliter la compréhension et l'utilisation.
Ainsi, l'article 2 du décret pré
cise l'objet de la tenue d'une assemblée générale
constitutive. Or, le cadre juridique ne mentionne nulle part les modalités relatives à la
convocation de cette assemblée, ni le contenu de son ordre du jour, ni les étapes de son
déroulement pas plus que les exigences requises en ce qui concerne son procès-verbal.
Par ailleurs, certaines dimensions du fonctionnement des organes d'une mutuelle
par exemple se retrouvent à la fois dans la loi, dans le décret, dans les statuts et le
règlement intérieur. Il y a lieu alors d'en présenter une synthèse, mais sous une forme
condensée, compte tenu de l'ampleur du sujet.
La démarche retenue est de coller, autant que faire se peut, aux textes
réglementaires afin d'éviter toute distorsion d'interprétation. Pour ce faire
, sont mentionnées
aussi souvent que cela est possible, les références des textes pour en faciliter le repérage.
Les condensés sont des textes explicatifs de la réglementation: aussi ne
peuvent-ils, en aucun cas, infirmer une quelconque disposition des textes officiels dûment
adoptés par les instances appropriées.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSES DE 1 à 26
Les principaux éléments de la réglementation ont été regroupés autour de
thèmes axés sur l'évolution d'une mutuelle (mise en place, fonctionnement, regroupement en
réseau, contrôle, etc.).
En fonction de l'ordre précité, il a été attribué à chaque condensé un numéro
dont la liste figure ci-après.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSES 1 à 26 3
CONDENSES DE LA REGLEMENTATION
SUR LES MUTUELLES D’ EPARGNE ET DE CREDIT
_____________________
R EGLEMENTATION SUR LES MUTUELLES D’ EPARGNE ET DE CREDIT
1. Origine et champ d'application
2. Composantes du cadre juridique
3. Avantages de la réglementation
4. Principes de base -Règles d'action de la mutuelle
MISE EN PLACE D'
UNE MUTUELLE
5. Préalables
6. Assemblée générale constitutive
7. Adoption des statuts et du règlement intérieur
8. Choix et formation des dirigeants
9. Agrément
F ONCTIONNEMENT D'
UNE MUTUELLE
10. Organes de la mutuelle: identification, composition et interrelations
11. Fonctions propres aux organes
12. Fonctionnement des organes
13. Membres de la mutuelle d'épargne et de crédit
14. Membres des organes de la mutuelle
15. Règles de gestion financière
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSES DE 1 à 26
16. Règles de déontologie
17. Fonctions de vérification et de contrôle
18. Mécanismes de contrôle et suivi des opérations
19. Information des autorités de contrôle
STRUCTURATION EN RESEAU
20. Avantages, constitution et fonctionnement du réseau
21. Fonctions propres aux différents niveaux d'institutions et interrelations
22. Organe financier
A UTORITES DE CONTROLE
23. Rôle du Ministre de tutelle
24. Rôle de la Banque Centrale et de la Commission Bancaire
25. Administration provisoire et sanctions
STRUCTURES OU ORGANISATIONS NON CONSTITUEES SOUS FORME MUTUALISTE OU
COOPERATIVE
26. Assise juridique -avantages et contenu de la convention-cadre
Dans les présents condensés, les références à la «Loi» sont celles de la Loi
portant réglementation des institutions mutualistes ou coopératives d'épargne et de crédit.
Les références au « décret» sont celles du Décret d'application de ladite loi. Les références
aux « statuts types» et au « règlement intérieur type» sont celles des prototypes de statuts et
de règlement intérieur proposés par le PARMEC pour faciliter la tâche des intervenants.
L EGENDE DES SIGLES UTILISES
L : Loi portant réglementation des institutions mutualistes ou coopératives d'épargne et de
crédit
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSES 1 à 26 5
D : Décret d'application de la loi portant réglementation des institutions mutualistes ou
coopératives d'épargne et de crédit
S : Statuts types mis à la disposition des intervenants
R : Règlement intérieur type mis à la disposition des intervenants
PARMEC/UMOA
Dakar, juin 1995
6 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSES DE 1 à 26
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 1
Réglementation sur les mutuelles
d’épargne et de crédit
ORIGINE ET CHAMP D’ APPLICATION
_____________________
ORIGINE DE LA REGLEMENTATION
La crise du système bancaire dans les pays membres de l 'Union Monétaire
Ouest Africaine (UMOA) a notamment conduit à la disparition de la plupart des institutions
nationales de financement du développement, compromettant ainsi le financement de
l'investissement et de la production, en particulier dans le secteur rural et le domaine des
petites et moyennes entreprises.
Par ailleurs, il a été relevé que les ménages et les secteurs tels que l'agriculture,
l'élevage et la pêche, de même que certaines petites et moyennes entreprises avaient
difficilement accès aux sources conventionnelles de financement, compte tenu de
l'inadaptation des mécanismes d'intervention des banqu
es et établissements financiers à
leurs besoins. ,
Face à une telle situation, les Autorités de l'UMOA ont convenu de procéder, au
cours de l'année 1989, à une réforme de la politique de la monnaie et du crédit. Au rang des
priorités définies, figurait la diversification du paysage bancaire, en favorisant l'émergence et
le développement des institutions mutualistes ou coopératives d'épargne et de crédit, pour
pallier la défaillance des institutions nationales de financement du développement.
En effet, le modèle mutualiste appliqué aux institutions d'épargne et de crédit a
connu depuis ces dernières années un engouement marqué dans certains Etats de la sous-
région.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 1
Cette croissance pressait les autorités monétaires à concevoir un meilleur
système de contrôle, d'autant plus que les flux financiers générés par ces initiatives tendent
à croître constamment.
Depuis quelques années, plusieurs études et séminaires sur la problématique
des mutuelles d'épargne et de crédit et la mobilisation de l'épargne ont étérganisés
o dans
les pays de la sous-région. Le constat fut général: insuffisances marquées, particulièrement
au chapitre de l'environnement juridique, financier et fiscal, qui freinaient le développement
de ces institutions.
D'une manière toute particulière
, l'absence de réglementation spécifique aux
activités d'épargne et de crédit a été mise en exergue à plusieurs reprises au cours de ces
séminaires et des nombreuses consultations réalisées à cet effet.
Il devenait de plus en plus impérieux de mettre à la disposition des mutuelles
d'épargne et de crédit une réglementation qui tienne compte à la fois des exigences
spécifiques liées à l'activité bancaire et des normes originales d'organisation et de
fonctionnement de ces institutions.
Par ailleurs, le Traité de l'Union, en son article 22, stipule que <des Etats
membres conviennent d'adopter une réglementation uniforme dont les dispositions seront
arrêtées par le Conseil des Ministres de l'Union concernant notamment :
• […] l'organisation générale de la dist
ribution et du contrôle du crédit ;
• les règles générales d'exercice de la profession bancaire et des activités s'y
rattachant, […]».
C'est donc conformément à ces dispositions que la réglementation a été
élaborée, adoptée par le Conseil des Ministres de l'Union au cours du mois de décembre
1993, puis proposée aux instances nationales en vue de son adoption et de son insertion
dans l'ordre juridique de chacun des Etats membres.
A l'instar de la loi
-cadre portant réglementation bancaire, les Gouvernements des
Etats de l'Union sont donc convenus d'adopter une réglementation uniforme pour les
mutuelles d'épargne et de crédit. Cette réglementation a toutefois un caractère particulier au
regard des autres textes en ce qu'elle origine des dispositions du Trait
é constituant l'Union
Monétaire Ouest Africaine.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 1
CHAMP D’APPLICATION
La réglementation relative aux institutions mutualistes ou coopératives d'épargne
et de crédit a clairement établi son champ d'application dans les articles 3 à 8 de la loi
-cadre.
Essentiellement, comme le prévoit son article 3, cette loi s'applique aux
institutions mutualistes ou coopératives d'épargne et de crédit exerçant leurs activités sur le
territoire, à leurs unions, fédérations ou confédérations.
Par delà la dimension territoriale, en l'occurrence le pays où est promulguée la
loi, il s'agit donc de l'institution définie à l'article 2 de la loi comme étant «un groupement de
personnes, doté de la personnalité morale, sans but lucratif et à capital variable, fondé sur
les principes d'union, de solidarité et d'entraide mutuelle et ayant principalement pour objet
de collecter l'épargne de ses membres et de leur consentir du crédit».
Il existe par ailleurs des «groupements d'épargne et de crédit» à caractère
coopératif ou mutualiste qui, sans remplir les conditions exigées pour être reconnus comme
des institutions de base, effectuent des activités d'épargne et/ou de crédit en s'inspirant des
règles d'action mutualistes ou coopératives. Ces groupements sont exclus du champ
d'applicationde la loi en tant que tel, sans être interdits d'activités, puisqu'ils peuvent
solliciter leur reconnaissance auprès du Ministre (1.4).
Quant aux «structures» ou «organisations» non constituées sous forme de
mutuelles ou de coopératives et ayant pour objet la collecte de l'épargne et/ou l'octroi de
crédit, elles demeurent régies par la loi bancaire à moins qu'elles ne conviennent de
dispositions particulières avec le Ministre (L. 6).
Pour leur part, les organes financiers, bien que visés à quelques reprises dans la
loi (v.g. l'obligation d'être agréés selon les conditions prévues aux articles 13 et 46; la
nomenclature des pouvoirs qui leur sont reconnus à l'article 56; la possibilité de mise sous
administration provisoire les concernant, etc.), ne sont pas moins régis, sauf dérogations, par
les dispositions de la loi bancaire (art. 55), notamment en ce qui concerne le contrôle et les
règles de gestion.
Enfin, les banques et établissements financiers sont, pour leur part, régis par la
réglementation bancaire spécifiquement conçue pour eux et ne sont absolument pas
concernés par la réglementation sur les mutuelles d'épargne et de crédit.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 1 3
Précisons que, sauf dispositions contraires de la loi-cadre, la loi sur les
coopératives ainsi que la loi portant réglementation bancaire ne s'appliquent pas aux
institutions mutualistes ou coopératives d'épargne et de crédit (L. 8).
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 1
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 2
Réglementation sur les mutuelles
d’épargne et de crédit
COMPOSANTES DU CADRE JURIDIQUE
_____________________
IDENTIFICATION ET PARTICULARITES DES COMPOSANTES
Le cadre juridique mis en place pour régir les institutions mutualistes ou
coopératives d'épargne et de crédit comporte quatre instruments juridiques, à savoir: la loi
-
cadre, son décret d'application, les tsatuts et le règlement intérieur.
Ces composantes du cadre juridique contiennent des dispositions qui parais-
sent similaires dans la mesure où elles renferment toutes des règles juridiques qui régissent
la vie associative des institutions visées. En dépit de ces similitudes, ces différents textes ont
une portée différente.
Ainsi, l'adoption de la loi relève de la compétence du pouvoir législatif dénommé
selon les pays, Assemblée nationale, Parlement ou Assemblée des députés du Peuple. Le
décret d'applica
tion est par contre du ressort du pouvoir exécutif; il émane selon le cas de la
Présidence de la République, du Conseil des Ministres voire même d'un Ministre.
Pour leur part, les statuts et le règlement intérieur sont établis par des personnes
physiques ou morales, principalement dans le cadre des assemblées générales.
Le décret revêt une certaine importance, particulièrement lorsqu'il s'agit d'une- loi
cadre, toutefois il présuppose l'existence d'une loi qui en détermine l'étendue et le contenu.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 2
De leur côté, les statuts et le règlement intérieur voient fixer l'étendue de leur
autonomie par les dispositions de la loi et du décret d'application. Ainsi, en aucun cas, les
statuts et le règlement intérieur ne peuvent infirmer la moindre disposition de la loi ou du
décret d'application.
Au plan de la hiérarchie des textes juridiques, la loi se situe au premier rang en
ce sens qu'elle constitue l'assise du décret.
Le décret vient en deuxième rang et contribue à expliciter certaines dispositions
de la loi pour en faciliter l'application.
Les statuts et le règlement intérieur se situent, pour leur part, à un niveau
inférieur dans la mesure où ils ne peuvent régir que les domaines qui ne sont pas déjà
réglementés par la loi ou le décret d'application, àmoins que ne soit prévue expressément
une réglementation dérogatoire.
La loi
En somme, la loi, particulièrement dans le cas d'une loi
-cadre, énonce les
principes généraux, établit les grands axes et laisse le soin au décret de préciser les
modalités d'a
pplication.
Les principaux modules de la loi-cadre portent essentiellement sur :
• son champ d'application ;
• l'organisation et le fonctionnement des institutions de base ;
• la constitution des réseaux ;
• la surveillance et le contrôle des institutions.
Le décret
Pour sa part, le décret s'appesantit notamment sur les éléments suivants :
• la procédure de constitution ;
• les caractéristiques du capital social ;
• le mode de constitution, les pouvoirs et le fonctionnement des organes ainsi
que leurs interrelations ;
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 2
• les procédures d'agrément, de reconnaissance ainsi que de retrait d'agrément
et de reconnaissance ;
• les exceptions au régime de l'affiliation ;
• les règles et normes de gestion.
Les statuts
De leur côté, les statuts constituent l'acte constitutif, la charte de l'institution dont
ils fixent les règles de fonctionnement. Ils regroupent normalement l'ensemble des règles qui
régissent directement la vie de l'institution et ses rapports avec ses membres. Les statuts
constituent donc en quelque sorte la loi interne de l'institution.
Concernant la réglementation sur les mutuelles d'épargne et de crédit, les statuts
portent principalement sur les éléments suivants:
• l'identification de l'institution: constitution, objet, lieu du ège
si social,
dénomination, zone d'intervention, etc. ;
• les membres: la qualité de membre et les diverses situations des membres
par rapport à l'institution ;
• le capital social, sa composition et ses caractéristiques ;
• les modalités de constitution et de fonctionnement des organes; le statut et les
responsabilités de leurs membres ;
• les règles de déontologie ;
• les modalités de contrôle et les règles de gestion financière ;
• les dispositions diverses; règlement des différends, dissolution, liquidation,
tenue de livres et registres, etc.
Le règlement intérieur
Quant au règlement intérieur, il vient de son côté expliciter et prolonger les
statuts de l'institution, les compléter particulièrement en leurs éléments les plus ponctuels,
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 2 3
les plus individuels et les plus sujets à modifications. C'est le cas des tarifs par exemple, des
modalités d'accès aux services ou, encore, des pouvoirs et devoirs des principaux dirigeants.
Le règlement peut occuper une place importante par rapport aux statuts. De
même les statuts peuvent compléter le règlement intérieur .Le règlement intérieur et les
statuts ne contribuent pas moins à prolonger la loi et son décret d'application et à compléter
ainsi le cadre juridique.
Il ressort de cette présentation l'importance que revêtent les diverses
composantes de la réglementation dans la vie de l'institution. En effet, elles cristallisent tout
à la fois, ses objectifs, déterminent la nature de ses activités, précisent les pouvoirs de ses
organes et établissent les balises de son fonctionnement.
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 2
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 3
Réglementation sur les mutuelles
d’épargne et de crédit
A VANTAGES DE LA REGLEMENTATION
_____________________
CARACTERE SOUPLE ET HABILITANT DE LA REGLEMENTATION
En vue de favoriser l'accès de nombreuses populations à l'épargne et au crédi
t
tout en assurant la sécurité des déposants, le législateur a voulu promouvoir l'émergence
d'un mouvement financier mutualiste significatif fondé sur des entités crédibles et fiables.
Pour ce faire, il a été convenu, au terme du processus de concertation avec les intervenants,
de mettre en place un cadre juridique spécifique ayant un caractère souple et habilitant.
Au rang des nombreux avantages que le cadre juridique offre aux principaux
intéressés, on peut mentionner ceux qui suivent.
LA LEGALISATION DES ACTIVITES D'EPARGNE ET D
E CREDIT
Les institutions mutualistes d'épargne et de crédit qui existaient avant l'entrée en
vigueur de la réglementation de même que celles qui verront le jour par la suite évolueront
dorénavant dans la légalité.
En effet, la loi portant réglementation bancaire interdit à toute personne d'exercer
des activités d'épargne et de crédit sans être au préalable agréée et inscrite sur la liste des
banques ou des établissements financiers. Or, il est pratiquement impossible pour les
mutuelles de satisfaire les exigences requises pour être agréées comme banques ou
établissements financiers.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 3
En effet, le capital minimum requis pour être agréé comme banque est de un
milliard de francs CF A. Pour la création d'un établissemen
t financier, les sommes exigées
s'élèvent à 300 millions en Côte d'Ivoire, 200 millions au Sénégal et 100 millions de francs
CF A dans les autres pays.
Les institutions mutualistes par contre ne sont pas astreintes à ces normes. En
effet, en vertu de l'ar
ticle 9 de la loi qui les régit, dès lors qu'elles sont reconnues ou agréées
elles peuvent exercer des activités de collecte de l'épargne et d'octroi de crédit.
PERSONNALITE MORALE CONFEREE PAR L'AGREMENT
Comme le précise l'article 16 de la loi, les inst
itutions acquièrent la personnalité
morale dès leur agrément. Cette disposition présente un avantage certain en ce sens qu'elle
assouplit les formalités de constitution de l'institution lorsqu'on les compare à celles
prescrites par la loi bancaire. Cette législation en effet subordonne l'agrément à une
inscription préalable au registre du commerce.
En d'autres termes, cette exigence signifie l'obligation d'acquérir la personnalité
morale préalablement à l'agrément Qui devient une autorisation d'exercer.
AGREMENT OU RECONNAISSANCE D'OFFICE DES INSTITUTIONS OU
GROUPEMENTS EN ACTIVITE ET AGREES AVANT L'ENTREE EN VIGUEUR
DE LA LOI
Les mesures transitoires prévues à l'article 81 de la loi sur les mutuelles
d'épargne et de crédit offrent un avantage non néglige
able aux institutions et groupements
en activité et dûment agréés avant l'entrée en vigueur de ladite loi. Ils sont en effet
considérés comme agréés ou reconnus d'office sur simple déclaration au Ministre.
Ils disposent alors d'un délai de deux ans, à par
tir de l'entrée en vigueur de la loi
pour se conformer à ses dispositions.
PROTECTION DE LA DENOMINATION SOCIALE
La dénomination sociale des mutuelles d'épargne et de crédit est protégée du fait
de la reconnaissance ou de l'agrément, comme le précise l'a
rticle 10 de la loi qui prévoit des
sanctions pour le non-respect de cette prescription.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 3
Ainsi les institutions régies par la loi sont prémunies contre les éventuelles
utilisations abusives de leur dénomination par des structures opérant en marge du cadre
réglementaire. Ce faisant, les institutions reconnues ou agréées sont davantage fiabilisées.
EXONERATION FISCALE
L'exonération fiscale des mutuelles d'épargne et de crédit et, dans une certaine
mesure, celle de leurs membres, en permettant d'alléger leu
rs charges d'exploitation,
constituent un incitatif de taille pour l'émergence de ces institutions.
En effet, en vertu de l'article 30 de la loi, «les institutions sont exonérées de tout
impôt direct ou indirect, taxe ou droit afférents à leurs opérations de collecte de l'épargne et
de distribution du crédit »,
Pour leur part, <des membres de ces institutions sont également exonérés de
tous impôts et taxes sur les parts sociales, les revenus tirés de leur épargne et les paiements
d'intérêts sur les crédi
ts qu'ils ont obtenus de l'institution» (L. 31).
FACULTE DE CREER UN ORGANE FINANCIER
La loi offre la faculté à tout réseau de mutuelles d'épargne et crédit de se doter
d'un organe financier. Outre le caractère facultatif de cette mesure, il est prévu de
s
dérogations en faveur des organes financiers qui sont régis par la loi bancaire (1.55).
Il est donc accordé à ces organes qui ont statut de banque ou d'établissement
financier la faculté d'exercer leurs activités concurremment avec les banques et
établissements financiers et dans les mêmes conditions que ces derniers.
En outre, l'assujettissement des organes financiers à la loi bancaire, en
permettant un contrôle aussi rigoureux que celui exercé sur les banques et établissements
financiers, leur confère un label de fiabilité.
IMPORTANCE DES STATUTS ET DU REGLEMENT INTERIEUR
Le caractère souple de la réglementation est mis en exergue par l'importance
accordée par le cadre juridique aux statuts et au règlement intérieur qui régissent
effectivement la vie de l'entreprise.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 3 3
La loi-cadre énonce les principes généraux et établit les grands axes que vient,
dans une certaine mesure, préciser le décret. Ainsi, une large place est laissée à la
réglementation interne des institutions, soit aux statuts, soit au règlement intérieur, qui
viennent définir les règles de fonctionnement en tenant compte de leurs spécificités et de
leurs particularités.
Ces instruments sont vraiment les textes des institutions. Ils sont adoptés et
ultérieurement modifiés par elles. Ils sont l'expression de leurs préoccupations sous la seule
réserve de ne pas être en contradiction avec les dispositions de la loi-cadre et du décret
d'application.
RECOURS DES DECISIONS DU MINISTRE
L'article 84 de la loi sur les m
utuelles d'épargne et de crédit prévoit que les
décisions du Ministre peuvent faire l'objet d'un recours devant la juridiction compétente. Le
législateur vise ainsi à prémunir les institutions contre les risques d'arbitraire. Aussi, l'autorité
de tutelle est-elle tenue de motiver ses décisions sous peine de les voir éventuellement
remettre en cause devant les tribunaux. Le recours peut être initié devant n'importe quelle
juridiction dès lors que celle-ci peut être reconnue comme compétente dans l'affaire tr
aitée.
EXCEPTION AU REGIME D'AFFILIATION
En principe, un réseau d'institutions se constitue de manière progressive, au fur
et à mesure du développement des activités et des besoins ressentis en matière de services
communs. Ainsi, des institutions de base se regroupent en union, plusieurs unions à leur tour
se regroupent en fédérations, et les fédérations à leur tour se regroupent en une
confédération.
Il est donc logique de concevoir qu'une institution donnée ne saurait s'affilier qu'à
une autre de rang immédiatement supérieur. Le respect des dispositions de la loi exige du
reste cette évolution par étapes. Cependant, les articles 41 et 44 de la loi disposent
respectivement que, dans certains cas d'exception, une institution de base peut s'affilier
directement à une fédération et qu'une union peut s'affilier directement à une confédération.
Aussi, les articles 46 et 47 du décret précisent-ils de leur côté que ces cas
d'exceptions prévalent lorsque, dans la zone géographique de l'institution concernée, il
n'existe pas d'institution de rang immédiatement supérieur affiliée à la structure faîtière.
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 3
Ainsi, plutôt que d'être privée des avantages liés à l'appartenance à un réseau,
une institution de base ou une union peut se prévaloir de ce régime d'exception usqu'à
j ce
que soit constituée une union dans le premier cas ou une fédération dans le second.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 3 5
6 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 3
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 4
Réglementation sur les mutuelles
d’épargne et de crédit
P RINCIPES DE BASE – R EGLES
D’ ACTION DE LA MUTUELLE
____________
INSERTION DANS LA LOI-CADRE
Souscrivant au vœu persistant et unanime exprimé par les intervenants des sept
pays membres de l'UMOA, lors de la concertation sur la réglementation des mutuelles
d'épargne et de crédit, le législateur a enchâssé ces règles d'action dans la -loicadre portant
réglementation des institutions mutualistes ou coopératives d'épargne et de crédit pour en
souligner l'importance et en assurer le respect.
Ces règles apparaissent donc à l'article II reproduit ci
-après
«Les institutions sont régies par les principes de la mutualité et de la coopération.
Elles sont tenues de respecter les règles d'action mutualiste ou coopérative, notamment les
suivantes :
1°) l'adhésion des membres est libre et volontaire ;
2°) le nombre de membres n'est pas limité ;
3°) le fonctionnement est démocratique et se manifeste notamment dans les
institutions de base, par le principe selon lequel chaque membre n'a droit
qu'à une seule voix, quel que soit le nombre de parts qu'il détient :
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 4
4°) le vote par procuration n'est autorisé que da
ns des cas exceptionnels et
dans les limites prévues par le règlement ;
5°) la rémunération des parts sociales est limitée
6°) la constitution d'une réserve générale est obligatoire. Les sommes ainsi
mises en réserve ne peuvent être partagées entre les membres ;
7°) les actions visant l'éducation économique et sociale des membres de
l'institution sont privilégiées.»
CARACTERISTIQUES DE L’INSTITUTION VISEE PAR CES REGLES D’ACTION
Il convient d'examiner ces règles à la lumière de la définition que le lég
islateur a
retenue de l'institution mutualiste ou coopérative d'épargne et de crédit apparaissant au
paragraphe 1°) de l'article 2 de la loi :
« un groupement de personnes, doté de la personnalité morale, sans
but lucratif et à capital variable, fondé sur les principes d'union, de
solidarité et d'entraide mutuelle et ayant principalement pour objet de
collecter l'épargne de ses membres et de leur consentir du crédit ; ».
Cette définition permet d'identifier les principales caractéristiques de cette
institution :
• il s'agit d'abord d'un
"groupement de personnes" réunies par un intérêt
économique commun qui possèdent et contrôlent démocratiquement une
institution de services financiers. L'institution se distingue donc de la société
de capitaux qui constitue avant tout un regroupement de personnes ayant
pour motivation première la rentabilité de leurs capitaux. Rappelons que les
membres de la mutuelle ne sont pas de simples clients; ils se caractérisent
par le fait qu'ils sont à la fois copropriétaires de lamutuelle et usagers de ses
services.
• Ils sont les seuls détenteurs du capital social; ce qui fait de la mutuelle une
institution privée et autonome au sens le plus strict et une propriété collective
inaliénable.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 4
• il s'agit d'un groupement
"doté de la personnalité morale"; c'est à dire un
groupement qui peut ester en justice, contracter, avoir un nom propre, un
patrimoine distinct de celui de ses membres dont la responsabilité est limitée,
généralement au montant ou à un multiple du montant de leur part sociale ;
• il s'agit d'une institution
"sans but lucratif', en ce sens que les membres
aspirent prioritairement à se doter de services communs et non à gérer
l'exploitation d'un commerce ;
• il s'agit d'une institution
"à capital variable" en ce sens que le capital est
fonction du nombre de membres. Il augmente avec l'adhésion de nouveaux
membres et diminue par suite de démission, de retrait ou d'exclusion de
membres ;
• il s'agit, au surplus, d'un groupement
« fondé sur les principes d'union. de
solidarité et d'entraide mutuelle » ; c'est la source même de cette entreprise
ou projet commun. Le profit ne constitue pas une fin en soi mais plutôt un
moyen pour favoriser l'épanouissement des membres ;
• il s'agit, enfin, d'un groupement à caractère
essentiellement financier puisqu'il
a pour objet de s'adonner "presque exclusivement" à la collecte de l'épargne
de ses membres et à l'octroi de crédit à ces derniers;
• L'utilisation du terme "presque exclusivement" fait référence à la faculté pour
l'i
nstitution d'entreprendre toute autre activité jugée utile pour l'intérêt de ses
membres pour un volume n'excédant pas 5% des risques de l'institution (L.28
et D. 48).
COMMENTAIRES SUR LES REGLES D'ACTION
Compte tenu de la nature et des particularités de l'institution mutualiste ou
coopératives d'épargne et de crédit, ces règles d'action peuvent être assorties des
commentaires suivants :
a) en premier lieu, il est précisé que "l'adhésion des membres est libre et
volontaire". Liberté d'y entrer, liberté d
'en sortir: c'est le principe de 'porte
la
ouverte" ou l'attitude d'ouverture à l'égard de toutes personnes qui en
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 4 3
acceptent les statuts et les règlements, sans discrimination de race, de
nationalité, de sexe, de religion ou d'opinion politique. Elle est ovlontaire en
ce sens qu'elle est la manifestation d'un choix qui se matérialise sans
contrainte d'aucune sorte.
b) il est ensuite indiqué que "Le nombre de membres n'est pas Limité";c'est
pratiquement le corollaire du principe de la "porte ouverte" et du "capital
variable". Il se n'agit donc pas d'un club
-fermé, mais d'une organisation qui
évolue au rythme du dynamisme de ses membres.
c) "le fonctionnement est démocratique et se manifeste, notamment dans les
institutions de base, par le principe selon lequel chaque membre n'a droit
Ce
qu'à une seule voix, quel que soit le nombre de parts qu'il détient",
principe est essentiel en ce sens qu'il permet de faire la différence avec les
sociétés de capitaux où le nombre d'actions détenues détermine le nombre
de voix.
En vertu de ce principe les membres de la mutuelle participent à la prise de
décision sans considération du montant de leur compte d'épargne ou du
volume de leurs transactions.
d) "le vote par procuration n'est autoriséque dans des cas exceptionnels et
dans les limites prévues par le règlement". L'objectif ainsi visé est de
s'assurer de la présence effective des membres aux réunions, sauf raisons
de force majeure afin que le contrôle de la mutuelle ne soit pas confisqué
par quelques personnes qui profiteraient de l'absence ou d'un certain
désintérêt de la part des membres.
e) "la rémunération des parts sociales est limitée" : Ce principe est le
corollaire du fait que le profit n'est pas l'objectif premier des membres et
qu'il s'agit d'une institution sans but lucratif. La limitation de la rémunération
des parts sociales sur la base des excédents dégagés permet d'affecter
une partie du surplus à la bonification des taux d'intérêt ou la prestation
d'autres services au prof
it des membres.
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 4
f) "la constitution d'une réserve générale est obligatoire. Les sommes ainsi
mises en réserve ne peuvent être partagées entre les membres". Le
caractère obligatoire de la réserve vise à assurer la stabilité financière de
l'institution. Ce
tte réserve constitue en effet les ressources permanentes
par opposition au capital variable.
Quant au principe de l'indivisibilité de la réserve, il est la manifestation du
principe de la solidarité entre les membres et de la' dévolution de leurs
patrimoines à la faveur des générations de participants. Cette contrainte
est donc associée à un souci d'équité pour l'ensemble des membres et des
générations de membres.
g) "les actions visant l'éducation économique et sociale des membres de
l'institution sontprivilégiées". Il s'agit là d'indiquer l'importance que revêtent
les activités de formation en regard du caractère social et économique des
mutuelles d'épargne et de crédit.
Ces activités sont particulièrement marquées en ce qui concerne la
satisfaction des besoins des membres et l'insertion de la mutuelle dans son
environnement.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 4 5
6 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 4
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 5
Réglementation sur les mutuelles
d’épargne et de crédit
P REALABLES
__________
Il n'est pas envisagé de couvrir toutes les étapes préalables àl'implantation d'une
mutuelle d'épargne et de crédit comme par exemple, la sélection des sites d'implantation et
l'étude du milieu ou la sensibilisation des populations. Il ne sera évoqué ici que les éléments
implicitement ou explicitement visés par les dispositions réglementaires.
CONTEXTE FAVORABLE
Il est tout d'abord nécessaire d'instaurer un contexte favorable à la mise en place
de la mutuelle d'épargne et de crédit afin d'établir des relations de confiance à tous les
niveaux.
A la faveur d'une déma
rche participative et de prise de conscience du milieu, il
importe que les intéressés s'approprient la notion et les principes d'action de la mutualité,
qu'ils développent un sentiment d'appartenance au projet et affinent leur expérience
associative dans la sérénité car, s'il est un secteur où l'improvisation et la précipitation
doivent être proscrites, c'est bien celui de l'épargne et du crédit.
A telle enseigne que, dans les lois sur les coopératives de plusieurs pays, il a été
jugé opportun de prévoir la création de groupements pré-coopératifs, généralement pour une
période déterminée variant le plus souvent entre un et trois ans, qui peut être assimilée en
quelque sorte à une phase probatoire.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 5
Cette dimension, au terme de la concertation qui a accompagné la préparation
de la loi-cadre, n'a pas été retenue par le législateur en tant que telle. Il n'en demeure pas
moins par ailleurs que l'article 5 de la loi prévoit que les structures ou organisations non
constituées sous forme mutualiste, peuvent exercer leurs activités d'épargne et/ou de crédit
sous le couvert d'une convention signée avec le Ministre. Quant aux groupements d'épargne
et de crédit, à caractère coopératif ou mutualiste, s'ils sont exclus du champ d'application de
la loi, ils ne sont pas interdits d'activités puisqu'ils peuvent solliciter leur reconnaissance
auprès du Ministre (L. 4).
Sans faire référence explicitement à cette phase probatoire, les dispositions en
question peuvent faciliter ce cheminement pour les personnes qui le désirent.
COMITE ORGANISATEUR OU BUREAU PROVISOIRE
Lorsque les intéressés décident de créer une mutuelle d'épargne et de crédit, un
comité de concertation composé d'un groupe restreint de personnes issues du milieu et
souvent aidé par une équipe d'encadrement, s'e
mploie à identifier les personnes
susceptibles de constituer le noyau dur, le comité directeur ou le bureau provisoire qui
assurera la mise en place proprement dite de la mutuelle. Il s'agit généralement de
personnes ayant un intérêt à ce que la mutuelle voie le jour, de personnes jouissant d'une
excellente réputation et bien enracinées dans le milieu pour y être profondément impliquées
depuis un bon moment.
Le rôle du comité organisateur s'avérera capital pour la sensibilisation des
membres potentiels aux principes de la mutualité et à la vie associative et, particulièrement,
pour la préparation de l'assemblée générale constitutive. Cette dernière devra en effet
adopter des pièces maîtresses pour la vie et le fonctionnement de l'institution. Mentionnons
les statuts, le règlement intérieur, la politique de crédit, le budget, les règles de procédures
comptables et financières et, le cas échéant, les conditions d'adhésion de l'institution à
l'Union.
Il est important de relever que les fonctions exercées par les membres du comité
organisateur ne sont pas rémunérées. Les frais engagés par les membres de ce comité,
dans l'exercice de leurs fonctions, peuvent être remboursés, dans les conditions que fixera
l'assemblée générale de l'institution, une fois constituée
.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 5
LIEN COMMUN
La mise en place d'une mutuelle d'épargne et de crédit repose essentiellement
sur le partage, par les membres fondateurs, d'une vision, d'un projet commun. Un tel projet a
d'autant plus de chance de réussir qu'il s'adresse à un groupe relat
ivement homogène dont
émane une certaine affinité. Il importe donc pour le groupe fondateur ou le bureau provisoire
de bien identifier le commun dénominateur qui rassemblera les membres de l'institution.
C'est pour traduire cette affinité, pour fixer ce o
cmmun dénominateur, que la
réglementation a retenu le « lien commun ». Il en fait même une condition d'adhésion à
l'institution, comme le prévoit l'article 19 de la loi que vient expliciter l'article 10 des statuts
types.
Au sens de la loi, « le lien commun s'entend de l'identité de profession,
d'employeur, du lieu de résidence, d'association ou d'objectif » (art. 20). On peut remarquer
le souci du législateur de s'assurer que les membres fondateurs puissent mettre en place
l'institution qui correspond leplus étroitement à leurs préoccupations spécifiques.
On observe le plus souvent la mise en place de mutuelles d'épargne et de crédit
sur une base territoriale (paroisse, quartier, département, etc.), mais il s'en trouve qui
retiennent comme lien commun le secteur d'activités professionnelles des membres. Ainsi se
créent des institutions mutualistes d'épargne et de crédit d'artisans, de commerçants, de
pêcheurs, voire même de retraités, pour ne mentionner que celles-là.
Le fait en effet d'évoluer dans un m
ême milieu, ou encore, d'exercer une même
activité, place les opérateurs devant un même type de difficultés, rend plus facile la
recherche de solutions et offre plus de chances d'entente et d'harmonisation.
CAPITAL SOCIAL
Etant donné que l'une des conditions d'adhésion du membre à la mutuelle est la
souscription et le paiement d'au moins une part sociale et que, par ailleurs, les statuts
peuvent fixer un nombre minimum de membres pour la constitution d'une mutuelle, la
constitution du capital social apparaît comme un préalable à la mise en place d'une mutuelle.
Cette opinion est renforcée du fait que, lors de l'assemblée générale constitutive, il y aura
lieu d'établir la liste des souscripteurs au capital social puisque seuls ces derni
ers auront
alors droit de vote (D. 3).
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 5 3
Par ailleurs, le lien entre la qualité de membre et la contribution minimum au
capital social explique le caractère variable du capital en corrélation avec le nombre variable
de membres. Ce lien rend également plus difficile la cession de la part sociale qui requiert
généralement l'accord du conseil d'administration.
Ces considérations permettent d'entrevoir la composition et les caractéristiques
du capital social telles que prévues par les articles 21 et 22 des statuts types.
Outre la détermination de la valeur nominale des parts sociales qui doivent être
entièrement libérées, l'article 21 ajoute qu'elles sont nominatives, individuelles, non
négociables et non saisissables par les tiers. Elles ne sont remboursables aux membres
démissionnaires ou exclus, ou aux ayant-droits des membres décédés, qu'après apurement
du solde des créances et dettes à l'égard de la mutuelle et dans le délai et selon l'ordre de
priorité prescrit par le règlement. Les parts sociales ne sont cessibles qu'après approbation
du conseil d'administration. Elles peuvent être rémunérées dans les limites fixées par
l'assemblée générale.
En corollaire, l'article 22 précise que le capital social peut augmenter avec
l'adhésion de nouveaux membres, l'émis
sion de nouvelles parts sociales ou l'augmentation
de la valeur nominale de la part sociale. Il peut diminuer par suite de démission, de décès ou
d'exclusion de membres.
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 5
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 6
Réglementation sur les mutuelles
d’épargne et de crédit
A SSEMBLEE GENERALE CONSTITUTIVE
_____________________
CE QU'ELLE EST
L'Assemblée générale constitutive est la réunion de création officielle de
l'institution. Elle est généralement précédée de plusieurs réunions et rencontres d'in
-
formation et de sensibilisation destinées le plus souvent à assurer la mise en place d'un
"comité organisateur" ou" bureau provisoire" qui détermine la marche à suivre et assure le
leadership qui s'impose.
Il s'agit d'une assemblée générale qui regroupe au moins le minimum de
membres que prévoit le projet de statuts et qui ont souscrit et libéré au moins une part
sociale. Ils constituent les membres fondateurs pour avoir été reconnus comme membres
par le comité organisateur.
MEMBRES FONDATEURS
Outre les membres du comité organisateur, sont considérés comme membres
fondateurs toute personne physique ou morale acceptée par ce dernier et répondant aux
conditions suivantes que viendront éventuellement consacrer les statuts de l'institution :
1°) partage du lien commun tel que déterminé par le comité organisateur ;
2°) jouissance de ses droits civils
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 6
3°) souscription au capital social en acquittant au moins une part sociale dont
le montant est fixé par le comité organisateur
4°) engagement à respecter les statuts et les règlements de l'instit
ution ;
5°) acquittement du droit d'adhésion lorsque le comité directeur en a fixé un.
CONVOCATION
L'Assemblée constitutive est généralement convoquée par le comité
organisateur. La tenue de cette assemblée est d'ailleurs prévue à l'article 2 du décret
d'application de la loi
-cadre. L'avis de convocation indique le lieu, la date et l'heure de
l'assemblée ainsi que les questions inscrites à l'ordre du jour.
OBJET DE L'ASSEMBLEE CONSTITUTIVE
Cette assemblée doit notamment Il statuer sur l'objet de l'instit
ution, la
dénomination et le siège social" (D. 2).
L'assemblée "doit en outre établir la liste des souscripteurs au capital social,
approuver le projet de statuts et procéder à l'élection des membres des organes" (D. 2).
Il s'agit là des exigences réglem
entaires minimales. L'assemblée procède
également à:
• l'approbation du projet de règlement intérieur ;
• 'adoption des états prévisionnels pour la première année d'activité ;
• l'adoption des règles de procédures comptables et financières ;
• la nomination d'un commissaire aux comptes, le cas échéant ;
et, dans certains cas,
• la définition de la politique de crédit ;
• .l'établissement des conditions d'adhésion à l'union.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 6
DEROULEMENT DE L’ASSEMBLEE CONSTITUTIVE
L'assemblée constitutive se dé
roule selon les règles généralement reconnues
des assemblées délibérantes et dans le plus grand respect de la démocratie.
On suit l'ordre du jour suivant
a) - élection du président et du secrétaire de l'assemblée et acceptation de
nouveaux membres (fondateurs) :
b) - rappel des démarches effectuées depuis l'amorce de la mise en place de
l'institution ;
c) - établissement de la liste des souscripteurs au capital social ;
d) - étude et adoption des statuts ;
e) - étude et adoption du règlement intérieur ;
f) - élection des membres des organes ;
g) - définition de la politique de crédit, s'il y a lieu ;
h) - adoption des états prévisionnels pour la première année d'activité ;
i) - adoption des règles de procédures comptables et financières ;
j) - nomination d'un commissaire aux comptes, si l'institution n'est pas affiliée ;
k) - conditions d'adhésion à l'union, s'il y a lieu.
Seuls les membres fondateurs sont appelés à voter et à se porter candidats aux
différents postes électifs au sein de l'institu
tion.
PROCES-VERBAL
Les documents qui émanent de l'assemblée générale constitutive,
particulièrement le procès-verbal, revêtent une importance capitale pour la mutuelle
d'épargne et de crédit en ce sens qu'en plus d'établir la preuve de la constitution
e cette
d
dernière, ils serviront d'assises en quelque sorte au dossier de demande de
"reconnaissance" ou "d'agrément".
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 6 3
En effet, une fois constituée, la mutuelle ou coopérative d'épargne et de crédit ne
pourra exercer ses activités sans avoir été, au préalable, "agréée" ou "reconnue" par le
Ministre. Ainsi les noms des membres fondateurs doivent figurer au procès-verbal de même
que les résultats des scrutins suite à l'élection des membres des organes (S. 1 et R. 15).
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 6
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 7
Mise en place d’une mutuelle
d’épargne et de crédit
A DOPTION DES STATUTS ET DU REGLEMENT INTERIEUR
_____________________
NOTE LIMINAIRE
Dans le condensé N° 2, les statuts et le règlement intérieur ont été situés comme
instruments juridiques par rapport à la loi-cadre et à son décret d'application. Les modalités
de leur adoption et de leur modification seront précisées. De même les principales rubriques
des statuts et du règlement intérieur seront évoquées.
Dans le présent texte, les références à la loi sont celles de la Loi portant
réglementation des institutions mutualistes ou coopératives d'épargne et de crédit. Les
références au décret sont celles du Décret d'application de ladite loi. Les références aux
statuts types et au règlement intérieur type sont celles des prototypes de statuts et de
règlement intérieur proposés par le P ARMEC pour faciliter la tâche des intervenants.
ADOPTION ET MODIFICATION
LES STATUTS
Les statuts de la mutuelle sont approuvés par l'assemblée générale constitutive,
comme le précise le deuxième alinéa de l'article 2 du décret d'application de la loi portant
réglementation des institutions mutualistes ou coopératives d'épargne et de crédit.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 7
L'article 18 de la loi prévoit, pour sa part, que les statuts doivent être établis en
un nombre d'exemplaires àdéterminer (selon la pratique de chacun des pays) et déposés au
greffe de la juridiction compétente. Ils sont accompagnés de la liste des administrateurs et
directeurs avec l'indication de leurs profession et domicile.
Par ailleurs, un certain nombre d'ex
emplaires des statuts, dûment signés par
chacun des membres fondateurs de la mutuelle, est annexé à la demande d'agrément
adressée au Ministre.
Les statuts ne peuvent être modifiés, après leur adoption, que par l'assemblée
générale, comme le précise l'art
icle 8 du décret et ce par décision prise à la majorité des
deux tiers des voix exprimées par les membres présents ou dûment représentés (S. 78).
L'article 18 de la loi prévoit en outre que toutes modifications des statuts ou de la
liste précitée sont soumises à une obligation de dépôt au greffe et de déclaration écrite au
Ministre dans un délai d'un mois à compter de la date de l'assemblée générale ayant statué
sur ces modifications. Copies de ces documents sont également transmises à l'Union à
laquelle la mutuelle est affiliée.
LE REGLEMENT INTERIEUR
Le règlement intérieur et ses modifications sont, pour leur part, adoptés par
l'assemblée générale par décision prise à la majorité des deux tiers des voix exprimées.
Lorsque la mutuelle est affiliée à une Union, copie du règlement intérieur ou de ses
modifications doit être transmise à cette dernière dans les trente jours de leur adoption (8.
30).
Précisons qu'en ce qui concerne l'adoption ou la modification d'un règlement,
l'avis de convocation de l'assem
blée générale doit alors être accompagné d'une copie ou
d'un résumé du projet de règlement ou de ses modifications inscrits à l'ordre du jour.
Enfin, toute modification au règlement entre en vigueur dès son adoption, sauf si
l'assemblée générale décide d'
en retarder l'entrée en vigueur.
CONTENU DES STATUTS TYPES ET DU REGLEMENT INTERIEUR
Dans la mesure où les statuts et le règlement intérieur fixent les règles internes
de fonctionnement de la mutuelle selon les spécificités de cette dernière, il parait difficile
d'imaginer un texte uniforme pour toutes les institutions.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 7
Toutefois, dans une recherche de standardisation, il peut être élaboré un texte
type qui permette des adaptations en regard de nombreuses dispositions. Dans ce cadre, les
dispositions minimales que devraient normalement contenir les statuts et le règlement
intérieur d'une mutuelle sont rappelées ci
-après.
♦ Les statuts types comportent les rubriques suivantes :
Chapitre I Constitution d'une mutuelle: dénomination sociale, zone d'intervention,
siège social, lien commun et affiliation, nombre minimum de membres,
objet et opérations, règles d'action, durée
Chapitre II Membres : adhésion, perte de la qualité de membre, apurement du solde,
motifs de suspension et d'exclusion, modalités de la suspension et de
l'exclusion, prise d'effet de la suspension et de l'exclusion, effets de la
suspension et de l'exclusion ou de la démission, responsabilité des
membres, droits des membres, devoirs des membres, membre auxiliaire
Chapitre III Capital social : composition et caractéristiques, variation du capital social
Chapitre IV Assemblée générale : composition, compétences, délégation de pouvoirs,
convocation, quorum, représentation, vote, règlements, assemblées de
secteur, assemblée générale annuelle, assemblée générale extraordinaire,
convocation
Chapitre V Dispositions communes au conseil 'administration a comité crédit et au
conseil de surveillance : organes et mandat des membres, conditions
d'éligibilité
, responsabilité des membres des organes, dé- mission,
suspension, destitution, vacance au sein d'un organe, gratuité de la
fonction, quorum, décisions et résolutions
Chapitre VI Dispositions spécifiques au conseil d'administration: rôle, composition,
réunion
Chapitre VII Dispositions spécifiques au comité de crédit : rôle, composition, appel des
décisions, rapport d'activités
Chapitre VIII Dispositions spécifiques au conseil de surveillance : rôle, plaintes des
membres et règles de déontologie, pouvoir du conseil, composition,
obligations, rapport d'activités
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 7 3
Chapitre IX Gérance et dirigeants : gérance, dirigeants d'une institution, secret
professionnel, conflits d'intérêts
Chapitre X Dispositions financières : exercice social, rapport annuel, vérification et
contrôle, inspection et contrôle, rapport sur les anomalies constatées,
réserve générale, exercice d'activités autres que celles d'épargne et de
crédit, maximum de risques, couverture des emplois à long et moyen
termes, maximum des risques sur un seul membre, prêts aux dirigeants,
liquidité
Chapitre XI Dispositions diverses : règlement des différends, dissolution, liquidation,
affectation de l'excédent, livres et registres, règlements intérieurs, dépôt et
modification des statuts, adoption des statuts
Annexe «A» Comité de déontologie
♦ Le règlement intérieur comporte les rubriques suivantes :
Chapitre I Préambule : objet du règlement
Chapitre II Membres : adhésion des membres, services réservés aux membres,
rémunération des services, extraits et copies certifiés, démission d'un
membre
Chapitre III Assemblées de secteurs : objet et modalités
Chapitre IV Vote par procuration : conditions d'exercice
Chapitre V Procédure d'élection: président et secrétaire, réception des candidatures,
scrutin secret, modalités de vote, décompte des voix, communication des
résultats, proclamation des résultats définitifs
Chapitre VI Renouvellement des mandats des membres des organes : modalités de
renouvellement
Chapitre VII Rapport d’activités : présentation à l'assemblée générale
Chapitre VIII Remboursement des parts sociales : modalités de remboursement
Chapitre IX Organes : nomination au sein des organes, pouvoirs et devoirs du
président, du vice-président et du secrétaire
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 7
Chapitre X Gérance : pouvoirs et devoirs
Chapitre XI Recours des décisions du comité de crédit : procédure de recours
Chapitre XII Règlement des différends : rôle du conseil d'administration, rôle de
l'assemblée générale, recours des décisions de l'assemblée générale,élai
d
de traitement de la plainte
Chapitre XIII Livres, registres et extraits : contenu du registre, autres documents, livres
ou registres, accès des membres aux registres et obtention d'extraits
Chapitre XIV Dispositions finales : entrée en vigueur du règlement, entrée en vigueur
des modifications
Certificat du président et du secrétaire
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 7 5
6 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 7
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 8
Mise en place d’une mutuelle
d’épargne et de crédit
CHOIX , FORMATION ET
RESPONSABILITE DES DIRIGEANTS
_____________________
QUI SONT LES DIRIGEANTS ?
Au sens de la loi-cadre, "sont considérées comme dirigeants d'une institution,
toutes personnes exerçant des fonctions de direction, d'administration, de contrôle ou de
gérance de cette institution" (art. 26). Dès lors on peut classer dans cette catégorie les
membres des organes d'une institution et ceux qui, sans être membres d'organes, n'exercent
pas moins des fonctions de gestion ou de contrôle, c'est la cas par exemple du gérant et du
commissaire aux comptes.
Les statuts types précisent que les dirigeants sont les «mandataires» de
l'institution ; ils agissent donc au nom de cette dernière (art. 57).
Il est par conséquent fait obligation aux dirigeants d'agir avec soin, prudence et
diligence comme le ferait en pareilles circonstances une personne raisonnable. Ils sont en
outre astreints aux règles de déontologie notamment en ce qui concerne la conclusion de
contrats avec la mutuelle, les conditions du crédit qui leur est consenti de même que la
protection des renseignements à caractère confidentiel que la mutuelle détient sur ses
membres (S. 51).
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 8
CHOIX DES DIRIGEANTS
Les membres des organes sont élus au cours de l'assemblée constitutive de
l'institution, alors que le gérant est nommé ultérieurement par le conseil d’administration (D.
2 et S. 56). Le règlement intérieur de l'institution prévoit la procédure d'élection pour la
désignation des membres des organes.
Le commissaire aux comptes est également nommé au cours de l'assemblée
constitutive et, ultérieurement, par l'assemblée générale annuelle. Le e
srvice
d'inspection/vérification de l'Union peut assumer cette fonction pour les institutions affiliées.
Par ailleurs, cf. est au décret qu fil revient de préciser certaines des conditions
que doit remplir le candidat à un poste de membre d'un organe. Enplus d'être membre de
l'institution, ce candidat doit avoir la nationalité du pays concerné ou celle d'un pays membre
de l'UMOA, sauf dérogation du Ministre. Il doit en outre jouir d'une bonne moralité et n'avoir
jamais été condamné à une peine d'emprisonn
ement par suite d'infractions portant atteinte
aux biens ou pour crimes de sang. Il doit enfin n'exercer aucune activité rémunérée au sein
de l'institution ou du réseau (D. 18).
Bien sûr, d'autres critères de choix s'imposeront, principalement basés surne
u
sensibilisation des membres au rôle et à l'importance des dirigeants. Ainsi s'avéreront
indispensables la confiance et la crédibilité du milieu. L'expérience devrait également être
favorisée; de même que le fait que le candidat soit représentatif des aspirations des
membres. Enfin, certains postes comme ceux de secrétaire, de trésorier, de gérant ou de
commissaire aux comptes supposent nécessairement l'alphabétisation.
FORMATION DES DIRIGEANTS
Sauf exception, les premiers dirigeants d'une mutuelle, cho
isis au cours de
l'assemblée générale constitutive, n'ont souvent qu'une connaissance limitée de l'institution
et de son fonctionnement.
Il s'avère donc impérieux de mettre à la disposition des nouveaux dirigeants un
programme de formation qui leur permette d'appréhender le plus rapidement possible les
rudiments de la mutualité et le fonctionnement de la mutuelle.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 8
Il importe surtout que tous perçoivent cette formation comme un processus
continu d'accompagnement des dirigeants par les promoteurs du [Link] se souvient
qu'un des principes de base de la mutualité consiste justement en ce que les actions visant
l'éducation économique et sociale des membres de l'institution soient privilégiées au sein de
la mutuelle (L. II). A fortiori doit-il en être ainsi des dirigeants, surtout quand il s'agit du
fonctionnement de la mutuelle.
Il importe donc de sensibiliser le plus rapidement possible les dirigeants à leur
rôle de responsables, de représentants des membres, de leaders et de promoteurs de la
mutuelle. Nous avons en effet évoqué au départ que, au sens des statuts types, les
dirigeants sont les mandataires de la mutuelle. Ils ne doivent donc pas se considérer comme
les "chefs" des membres de la mutuelle. En outre, ils jouent un rôle de promoteurs de
l'institu
tion auprès des membres et dans le milieu.
Au cours des premières semaines d'opération, une deuxième étape devrait
s'organiser afin de permettre aux dirigeants de se familiariser et suivre régulièrement les
opérations de la mutuelle.
Enfin, il y a lieu de songer, par la suite, à des sessions de formation qui se
tiendraient, au moins une fois par mois, sur les thèmes qui les concernent le plus
directement.
La plupart des thèmes abordés dans les condensés devraient normalement les
intéresser et faire l'obj
et d'un examen en profondeur de même que la stratégie de promotion
de la mutuelle, les déterminants de la rentabilité, la vie associative ainsi que le rôle social et
économique de la mutuelle dans le milieu.
Ce ne sont là que des indications, les spécificités du milieu et le degré de
préparation des dirigeants pourront déterminer les priorités et, bien sûr, les thèmes les plus
indiqués. Quoiqu'il en soit, il y aune règle à ne pas perdre de vue: la formation des dirigeants
s'inscrit dans un processus contin
u.
RESPONSABILITE DES DIRIGEANTS
C'est par le biais de leur statut de membres des organes de l'institution que la
responsabilité des dirigeants est précisée dans la réglementation. Le condensé N° 14 sur les
"Membres des organes de la mutuelle" est plus explicite à ce chapitre.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 8 3
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 8
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 9
Mise en place d’une mutuelle
d’épargne et de crédit
A GREMENT
__________
NOTION D' «AGREMENT»ET DE «RECONNAISSANCE»
Le projet de loi est formel quant à l'obligation pour les institutions mutualistes ou
coopératives d'épargne et de cré
dit d'être préalablement reconnues ou agréées pour exercer
des activités d'épargne et de crédit (art. 9). De même la dénomination sociale ou la raison
sociale de certaines structures ne peut contenir des appellations comme «coopératives» ou
«mutuelles d'ép
argne et de crédit» sans une reconnaissance ou un agrément préalable (art.
10). Des sanctions sévères, pouvant aller jusqu'à l'emprisonne
- ment en cas de récidive,
sanctionnent le non-respect de cette prescription (art. 78).
Dès lors, on réalise l'importa
nce que revêtent les procédures de reconnaissance
et d'agrément. Elles constituent une condition sine qua non à l'exercice des activités
d'épargne et de crédit. Dans le cas de l'agrément, l'acquisition de la personnalité morale offre
en outre aux institutions visées des avantages non négligeables (L. 16). En effet, la
personnalité morale permet entre autres à ces institutions d'ester en justice, de contracter,
d'avoir un nom propre, un patrimoine distinct de celui de leurs membres dont la
responsabilité est limitée.
Il a été mentionné la différence importante qui existe entre l'agrément et la
reconnaissance puisque cette dernière ne confère pas la personnalité morale. Par
ailleurs, si l'institution de base affiliée à un réseau a le choix entre lareconnaissance et
l'agrément, l'institution de base non affiliée à un réseau se doit, pour sa part, de solliciter
l'agrément (L. 13).
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 9
D'un autre côté, la loi en son article 2 (par. 1°), définit l'institution
« » comme
« un groupement de personnes, doté de la personnalité morale, ... » ; c'est dire que, pour
répondre aux exigences d'une «institution » au sens de la loi, ce groupement doit se doter
de la personnalité morale.
CONSTITUTION DU DOSSIER D'AGREMENT
Suite à la tenue de l'assemblée générale const
itutive (réf. condensé N° 6),
l'institution dépose une demande d'agrément auprès du Ministre. L'article 28 du décret
présente une nomenclature des documents qui doivent accompagner cette demande; il s'agit
des documents suivants :
1°) - le procès-verbal de l'assemblée générale constitutive ;
2°) - (...) exemplaire(s) des statuts dûment signés par chacun des fondateurs
de l'institution ;
3°) - les pièces attestant des versements effectués au titre des souscriptions
au capital ;
4°) - les noms, adresses, professions des membres des organes
d'administration et de gestion ou de contrôle avec l'extrait de leur casier
judiciaire ;
5°) - l'évaluation des moyens humains, financiers et techniques au regard des
objectifs et des besoins ;
6°) - les états prévisionnels, pour la première année, des opérations de
l'institution, de l'actif et du passif ainsi que du résultat ;
7°) - les règles de procédures comptables et financières.
Si le procès-verbal ne fait pas état du mode de convocation de l'assemblée
générale constitutive, on y annexe généralement un avis à cette fin.
Précisons que, dans le cas d'une institution en voie d'affiliation à un réseau ou en
cours de constitution au sein d'un réseau, la demande d'agrémenteut
p être introduite par le
réseau (D. 29). Dans le cas des organes financiers, la demande est nécessairement
introduite par le réseau (D. 30).
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 9
Enfin, dans le cas des unions, fédérations et confédérations, il doit en outre être
joint à la demande d'agrémen
t toute pièce attestant de la reconnaissance ou de l'agrément,
selon le cas, des institutions affiliées (D. 28).
PROCEDURE D'AGREMENT
Le dépôt du dossier d'agrément donne lieu à la délivrance par le Ministre ou son
représentant habilité à cet effet d'un écépissé
r daté et gratuit. La date mentionnée sur le
récépissé tient lieu de date de réception pour le calcul du délai de trois mois à l'issue duquel
l'agrément est réputé avoir été accordé si un refus motivé n'a pas été notifié dans
ce délai (L. 46 et D. 28).
L'instruction du dossier d'agrément peut, par délégation du Ministre, être confiée
à d'autres structures ou personnes dans les conditions précisées par arrêté (D. 31).
L'agrément donne lieu à l'inscription de l'institution sur le regis
tre des institutions.
La décision d'agrément est publiée au Journal Officiel (à défaut, dans un journal d'annonces
légales) et enregistrée au greffe de la juridiction compétente (D. 32).
Le rejet de la demande d'agrément doit pour sa part être motivé et ê
tre notifié par
écrit au requérant par lettre recommandée avec demande d'avis de réception (D. 34).
Lorsque l'agrément résulte d'un défaut de réponse au terme du délai de trois
mois déjà évoqué, le Ministre est tenu, sur requête de l'institution, de procé
der à l'inscription
de cette dernière dans un délai d'un mois à compter de la date de réception de la
requête (D. 33).
RETRAIT D'AGREMENT
L'article 36 du décret détermine les cas où peut intervenir le retrait d'agrément, à
savoir
1°) - à la demande expresse de l'institution ;
2°) - lorsque le démarrage des activités n'intervient pas dans l'année qui suit la
décision d'agrément ou lorsque l'institution n'exerce aucune activité
depuis plus d'un an ;
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 9 3
3°) - à la cessation des activités de l'institution ;
4°) - à la dissolution de l'institution ;
5°) - en cas de fusion ou de scission ;
6°) - en cas de manquements graves ou répétés aux dispositions de la loi.
La décision de retrait d'agrément est notifiée à l'institution. Elle doit éciser
pr le
motif et la date d'effet de la décision. Le Ministre procède à la publication de la décision du
retrait d'agrément au Journal Officiel ou dans un journal d'annonces légales et fait procéder à
son enregistrement au greffe de la juridiction compétente (D. 35).
DOSSIER ET PROCEDURE DE RECONNAISSANCE
Une grande similitude caractérise, tant le contenu du dossier que la procédure de
reconnaissance d'une institution, par rapport au dossier et à la procédure d'agrément. Il
convient donc de se référer aux commentaires relatifs à l'agrément et aux articles 37 à 45 du
décret, particulièrement à l'article 41 qui prévoit que la décision de reconnaissance doit
préciser <des conditions d'intervention de l'institution de base, notamment les modalités de
leur contrôle et les opérations autorisées»,
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 9
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 10
Fonctionnement d’ une mutuelle
d’épargne et de crédit
ORGANES DE LA MUTUELLE : IDENTIFICATION,
COMPOSITION ET INTERRELATIONS
_____________________
LES ORGANES D'UNE MU
TUELLE
La réglementation sur les mutuelles d'é
pargne et de crédit prévoit la constitution,
au sein de chaque mutuelle, de quatre organes distincts. Ils sont énumérés à l'article 5 du
décret; il s'agit de l'assemblée générale, du conseil d'administration, du comité de crédit et
de l'organe de contrôle,souvent appelé conseil de surveillance.
Toutefois, cette énumération statutaire des organes n'empêche pas l'institution
de se doter de toute autre structure qu'elle peut juger utile conformément à l'article 8 du
décret.
En principe, selon les dispositions réglementaires, les mêmes organes se
retrouvent au niveau des unions et des fédérations, bien que, suivant le partage des
attributions au sein d'un réseau prévu à l'article 54 de la loi, il peut apparaître des différences
dans la répartition des attributions entre les organes, voire même quant à leur existence
même dans certains cas. Ainsi, le comité de crédit peut ne pas exister au niveau d'une Union
alors qu'on peut créer un comité de déontologie au niveau de la Fédération.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 10
COMPOSITION DES ORGANES
L'assemblée générale est constituée de l'ensemble des membres de l'institution,
convoqués et réunis à cette fin (D. 6).
Pour sa part, le conseil d'administration est constitué de membres élus par
l'assemblée générale parmi les membres de la mutuelle (S. 44
).
Les membres du comité de crédit sont élus par l'assemblée générale parmi ses
membres. Ils peuvent toutefois être désignés parmi les membres du conseil d'administration
lorsque les dispositions statutaires de l'institution le prévoient (D. 14).
Quant aux membres du conseil de surveillance, ils sont élus par l'assemblée
générale parmi les membres de l'institution (S. 53).
Le nombre de membres siégeant au sein des différents organes, la durée de leur
mandat de même que les modalités de renouvellement sont prévus aux statuts (art. 35, 44,
47 et 53) ainsi qu'au règlement intérieur (art. 16). Il convient de se référer à cet égard au
condensé N° 8 sur le choix et la formation des dirigeants.
RELATIONS ENTRE LES ORGANES
La réglementation impose une démarcation très nette entre les fonctions
dévolues aux divers organes. Parmi les objectifs visés par cette disposition, il y’a notamment
la volonté d'empêcher la mainmise d'un groupe restreint de personnes sur la mutuelle. Il
s'agit également d'éviter les situatio
ns de conflit d'intérêt dans lesquelles des personnes
nommées au sein d'un organe de contrôle seraient appelées à apprécier le bien
-fondé de
certaines mesures prises par l'organe de gestion dans lequel elles
-mêmes siégeraient.
Ainsi, l'article 23 de la lo
i prévoit-il qu'au sein d'une même institution, les
fonctions de gestion et de contrôle sont exercées par des organes différents.
L'article 21 du décret va dans le même sens en précisant qu'une même personne
ne peut être membre d'organes d'administration
et de gestion ou d'un organe de contrôle de
plusieurs institutions d'un même réseau ou d'organes financiers d'un même réseau à
l'exception du comité de crédit.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 10
Il est prévu une exception pour le comité de crédit qui, en vertu de l'article 14 du
décret, peut voir ses membres désignés parmi les membres du conseil d'administration
lorsque les dispositions statutaires le prévoient. La règle générale stipule que « les membres
du comité de crédit sont élus par l'assemblée générale parmi ses membres » (D. 14).
L'
exception prévue pour le comité de crédit est une adaptation de la réglementation à des
situations en vigueur dans certaines institutions.
Cette préoccupation d'éviter les conflits d'intérêt dépasse même le cadre
d'institution d'un même niveau lorsqu'on
e réfère
s aux termes de l'article 18 du décret qui
précise que, pour être élu membre d'un organe, le membre de l'institution concernée ne doit
exercer aucune activité rémunérée au sein de l'institution ou du réseau, On ajoute même que
cette interdiction s'a
pplique également aux personnes liées aux candidats aux postes de
membres de l'organe de contrôle (art. 19 du décret),
Cette préoccupation se manifeste également par l'obligation qui est faite à la
fédération de définir, à l'usage de ses membres et, s'il
y a lieu, de l'organe financier, les
grandes orientations d'un code de déontologie (L. 42). Pour faciliter la tâche de la fédération
et des institutions, les statuts types proposent la création d'un comité de déontologie (annexe
"A") qui fait l'objet du co
ndensé N° 16.
Ces précautions, d'un point de vue organique, n'empêchent toutefois pas les
rapprochements et la collaboration entre les divers organes. La réglementation est ainsi
faite, qu'elle peut susciter une synergie entre les organes tout en s'assura
nt que chacun
d'entre eux joue pleinement son rôle dans le cadre de ses attributions.
Ces relations se manifestent de diverses façons. Ainsi, en vertu des articles 49 et
55 des statuts types, le comité de crédit et le conseil de surveillance transmettent leur
rapport d'activités au conseil d'administration et le présentent lors de l'assemblée générale
annuelle de la mutuelle.
Pour le règlement des différends par exemple, à l'exclusion des différends
pouvant résulter du rejet d'une demande de prêt, tout di
fférend entre un membre et la
mutuelle est soumis au conseil de surveillance avant son examen par le conseil
d'administration. Le membre non satisfait de la décision de ce dernier peut soumettre le
différend à l'arbitrage de l'assemblée générale de la mutu
elle et, ultérieurement, s'il n'est pas
satisfait de la décision de cette dernière, au conseil d'administration de l'union. Dans ce
dernier cas, c'est au Ministre qu'on s'adressera en définitive, en l'absence d'un réseau
(S.72).
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 10 3
Pour ce qui concerne les décisions du comité de crédit en regard d'une demande
de prêt, un membre peut faire appel devant le conseil d'administration de la mutuelle (S.48).
Enfin, pour l'application des règles de déontologie, interviennent :
• la fédération, pour :
- définir les grandes orientations d'un cadre de déontologie (L. 42) ;
- constituer un comité de déontologie, le cas échéant ;
• le conseil d'administration
, pour :
- adopter les règles de déontologie ;
- recevoir le rapport du conseil de surveillance et du comité de déontologie ;
• le comité de déontologie (dans le cadre d'un réseau), pour :
- élaborer les règles de déontologie ;
- recevoir les rapports des conseils de surveillance ;
- transmettre son rapport au conseil d'administration et le présenter à
l'assemblée générale annuelle;
• le conseil de surveillance, pour :
- adopter les règles de déontologie (en l'absence d'un réseau) ;
- assurer le respect des règles de déontologie ;
- faire rapport au comité de déontologie (dans le cadre d'un ré
seau) des cas
de non-respect des règles de déontologie.
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 10
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 11
Fonctionnement d’une mutuelle
d’épargne et de crédit
F ONCTIONS PROPRES AUX ORGANES
_____________________
Chacun des organes de la mutuelle se voit confier par la réglementation des
attributions spécifiques. Toutefois, il s'en trouve qui sont partagées, d'autres qui peuvent être
déléguées alors que certaines sont exclusives.
Il s'avère donc opportun d'examiner les principales fonctions qui relèvent de
chacun des organes.
L'ASSEMBLEE GENERALE
L'assemblé
e générale constitue l'instance suprême de la mutuelle (D. 6)
Les fonctions de l'assemblée générale sont prévues à l'article 8 du décret; elle a
notamment compétence pour :
1°) - s'assurer de la saine administration et du bon fonctionnement de
l'institu
tion ;
2°) - modifier les statuts et le règlement ;
3°) - élire les membres des organes de l'institution et fixer leurs pouvoirs;
4°) - créer des réserves facultatives ou tous fonds spécifiques, notamment un
fonds de garantie ;
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 11
5°) - approuver les comptes et statuer sur l'affectation des résultats;
6°) - adopter le projet de budget ;
7°) - fixer, s'il y a lieu, le taux de rémunération des parts sociales ;
8°) - définir la politique de crédit de l'institution ;
9°) - créer toute structure qu'elle juge utile ;
10°) - traiter de toutes autres questions relatives à l'administration et au
fonctionnement de l'institution.
Il est loisible à l'assemblée générale de déléguer certaines de ses attributions
atout autre organe de l'institu
tion, à l'exclusion des dispositions relatives aux modifications
des statuts, à l'élection des membres des organes, à l'approbation des comptes et à
l'affectation des résultats (D. 9).
L'assemblée générale peut également être saisie d'un différend sur leq
uel le
conseil d'administration a statué mais dont la décision ne satisfait pas le membre (S. 72).
LE CONSEIL D'ADMINIS
TRATION
Le conseil d'administration a pour mandat général de veiller au bon
fonctionnement et à la bonne gestion de la mutuelle.
Pour y parvenir, il est notamment chargé :
1°) - d'assurer le respect des prescriptions légales, réglementaires et
statutaires ;
2°) - de définir la politique de gestion des ressources de l'institution et de
rendre compte périodiquement de son mandat à l'ass
emblée générale,
dans les conditions fixées par les statuts et le règlement intérieur ;
3°) - de veiller à ce que les taux d'intérêt applicables se si tuent dans la limite
des plafonds fixés par la loi sur l'usure;
4°) - et, d'une manière générale, de m
ettre en application les décisions de
l'assemblée générale (D. 13).
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 11
Le conseil d'administration a également compétence pour examiner et se
prononcer sur les différends que peut éventuellement lui soumettre le conseil de surveillance
(R. 25).
A cet égard, il appartient au conseil d'administration de l'institution à laquelle est
affiliée la mutuelle de statuer sur le différend entre la mutuelle et l'un de ses membres
lorsque ce dernier n'est pas satisfait de la décision déjà rendue par l'assemblée générale
de
la mutuelle à propos de ce différend.
C'est enfin au conseil d'administration qu'il appartient de rendre une décision en
appel des décisions du comité de crédit (S. 48).
LE COMITE DE CREDIT
Le comité de crédit a la responsabilité de gérer la distribution du crédit
conformément aux politiques et procédures établies en la matière (D.14)
LE CONSEIL DE SURVEILLANCE
Le conseil de surveillance est chargé de la surveillance de la régularité des
opérations de l'institution et du contrôle de al gestion (D. 15). L'article 50 des statuts types
ajoute que le conseil de surveillance doit s'assurer notamment :
1°) - qu'une vérification de l'encaisse et des autres éléments de l'actif est faite ;
2°) - que les opérations de la mutuelle sont effectuées conformément aux
dispositions réglementaires ;
3°) - que l'administration et la gestion font régulièrement l'objet d'une
inspection ;
4°) - que la mutuelle se soumet aux ordonnances et aux instructions écrites en
vertu de la loi et de son décret d'application ;
5°) - que les règles de déontologie sont respectées.
Le conseil a en outre pour fonction de recevoir les plaintes des membres,
de les soumettre, le cas échéant, aux autres organes de la mutuelle et de répondre
au plaignant (S. 51).
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 11 3
Le conseil de surveillance adopte également les règles relatives à la protection
des intérêts de la mutuelle et de ses membres, en somme, les règles de déontologie dont il
est Question dans le condensé N° 16.
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 11
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 12
Fonctionnement d’une mutuelle
d’épargne et de crédit
F ONCTIONNEMENT DES ORGANES
_____________________
L'article 5 du décret prévoit que les statuts et le règlement intérieur de l'institution
précisent les règles de fonctionnement des organes de cette demi ère. L'article 12 de la loi
avait déjà du reste confié au décret le soin de déterminer le rôle des organes de l'institution
ainsi que l'étendue, les limites et les conditions d'exercice de leurs pouvoirs.
L'ASSEMBLEE GENERALE
L'assemblée générale se réunitau moins une fois par an. Dans les six mois qui
suivent la clôture de l'exercice financier de l'institution, elle se réunit en vue notamment:
1°) - d'adopter le rapport d'activités de l'exercice ;
2°) - d'examiner et d'approuver les comptes de l'exerc
ice ;
3°) - de donner quitus aux membres des organes de gestion ;
4°) - de nommer un commissaire aux comptes, le cas échéant
Si l'étendue du territoire d'intervention le justifie, il est possible de tenir des
assemblées générales de secteur (D. 7). On peut, ce faisant, diminuer les frais liés à la
tenue des assemblées générales dans les institutions qui comptent de nombreux membres
disséminés sur un territoire étendu.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 12
L'assemblée générale est généralement convoquée par le conseil
d’administration qui transmet aux membres un avis de convocation précisant le lieu, la date
et l'heure de l'assemblée ainsi que les questions devant y être débattues (S. 26).
La réglementation permet également aux membres des organes de gestion et de
contrôle ou encore à une proportion des membres de l'institution de requérir la tenue d'une
assemblée générale extraordinaire (D. II). La tenue de ce type d'assemblée, quiconstitue
une procédure de nature exceptionnelle, permet de résoudre une question spécifique
présentant un certain caractère d'urgence.
Les décisions prises par l'assemblée générale n'ont valeur légale que lorsque le
quorum prévu aux statuts est atteint. L'article 27 des statuts types prévoit en effet que «
lorsque le quorum n'est pas atteint, l'assemblée est ournée.
aj Une deuxième réunion peut
être convoquée. A cette réunion, les membres présents constituent le quorum et seules les
questions inscrites à l'ordre du jour de la première réunion peuvent y être débattues ».
On veut ainsi s'assurer du respect de la d
émocratie au sein de l'institution tout en
favorisant la recherche de solutions aux problèmes. Ainsi, en prévoyant qu'à la deuxième
réunion les membres présents constituent le quorum, la réglementation se donne comme
objectif de veiller, à ce qu'une soluti
on soit toujours trouvée au sein de l'institution.
Cependant, pour éviter que certains membres puissent être lésés dans leurs droits par les
décisions de cette assemblée, il est prévu que seules les questions figurant à l'ordre du jour
de la première réunion puissent faire l'objet de débats à cette réunion.
Il faut également noter que la convocation de cette deuxième réunion n'est pas
obligatoire. Il peut en effet arriver que les raisons ayant prévalu à la convocation de la
première réunion ne soient plus d'actualité, rendant ainsi inutile la tenue de la deuxième
réunion.
Si, le plus souvent, les décisions prises par l'assemblée générale le sont à la
majorité des membres présents, la réglementation prévoit, dans certains cas, une majorité
qualifiée. Ainsi, lors de la dissolution d'une institution, la décision doit être prise à la majorité
des trois-quarts des membres (L. 33). De même, l'article 30 des statuts types propose que le
règlement intérieur de l'institution soit adopté par l'assemblée générale à la
majorité des
deux tiers. Au vu de l'importance de ces questions, on comprend aisément les raisons qui
ont motivé la fixation d'une majorité qualifiée.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 12
Généralement, le vote se déroule selon les modalités retenues par chaque
institution sauf pour l'électi
on des membres des organes alors que, aux termes de l'article 29
des statuts, « les décisions sont prises à la majorité des voix exprimées par les membres
présents ou dûment représentés. En cas de partage des voix, le président de l'assemblée à
voix prépondérante ».
LE CONSEIL D'ADMINIS
TRATION
Le conseil d'administration siège aussi souvent que nécessaire et se réunit sur
convocation du président ou d'un nombre d'administrateurs prévu aux statuts (art. 45). Dans
le cas d'une institution affiliée, le conse
il d'administration de l'institution faîtière peut
également convoquer une réunion du conseil d'administration.
La convocation est adressée par écrit dans le délai fixé par les statuts et doit
indiquer le lieu, la date et l'heure de la réunion, ainsi queles questions inscrites à l'ordre du
jour.
A sa première réunion suivant l'assemblée générale constitutive et, par la suite,
après l'assemblée générale annuelle, le conseil d'administration désigne parmi ses membres
un président ainsi qu'un vice
-président. Il nomme également un secrétaire qui n'est pas
obligatoirement membre du conseil d'administration. A défaut de nommer un secrétaire, le
gérant de l'institution en assume les fonctions (R. 19).
Le quorum requis pour les réunions du conseil d'administrati
on est la majorité de
ses membres (S. 41).
Les décisions du conseil d'administration sont prises à la majorité des voix
exprimées par les membres présents. En cas de partage des voix, le président de la réunion
a voix prépondérante (S.42).
Les décisions écrites, signées par tous les membres du conseil d'adminis
-
tration, ont la même valeur que si elles avaient été adoptées au cours d'une réunion. Ces
résolutions sont conservées avec les procès-verbaux des délibérations du conseil
d'administration(S. 42).
Le conseil d'administration rend compte de son mandat et présente le rapport
annuel de l'institution lors de l'assemblée générale (R. 17).
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 12 3
LE COMITE DE CREDIT
Le comité de crédit se réunit aussi souvent que nécessaire pour mener à bien sa
tâche de gérer le crédit conformément aux politiques et procédures définies en la matière par
l'assemblée générale (S. 24).
A sa première réunion suivant l'assemblée générale constitutive et, par la suite,
après l'assemblée générale annuelle, le comité de cré
dit choisit parmi ses membres, un
président. Le comité nomme également un secrétaire qu'il peut ou non choisir parmi ses
membres. A défaut de nommer un secrétaire, c'est le gérant qui en assume les fonctions.
Le quorum requis pour les réunions du comité de crédit est la majorité de ses
membres et les décisions sont prises à la majorité des voix exprimées par les membres
présents. En cas de partage des voix, le président de la réunion a voix prépondérante (S.42).
Une exception toutefois à la règle de prise de décisions à la majorité des
membres; c'est le cas des prêts consentis aux dirigeants d'une institution et aux personnes
dont les intérêts ou les rapports avec l'institution sont susceptibles d'influencer les décisions
de cette dernière. La décision doit alors être prise à la majorité qualifiée prévue aux statuts
(L. 26).
Les décisions du comité de crédit peuvent faire l'objet d'un appel auprès du
conseil d'administration de la mutuelle conformément à la procédure prévue à l'article 24 du
règlement intérieur type (S. 48).
Les résolutions écrites, signées par tous les membres du comité habilités à voter
ces résolutions, ont la même valeur que si elles avaient été adoptées au cours d'une
réunion. Ces résolutions sont conservées avec les procès-verbaux des délibérations du
comité de crédit (S. 42).
Le comité de crédit transmet, à la fin de l'exercice financier de la mutuelle, le
rapport de ses activités au conseil d'administration et le présente dans le cadre de
l'assemblée générale annuelle (S. 49).
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 12
LE CONSEIL DE SURVEILLANCE
L'importance accordée par le législateur au contrôle interne de l'institution de
même qu'à l'auto
-contrôle au sein du réseau nous incite à examiner le fonctionnement du
conseil de surveillance, à quelque niveau qu'il se situe dansla structure du réseau.
Pour assurer valablement ses fonctions, le décret autorise l'organe de contrôle à
entreprendre toute vérification ou inspection des comptes, des livres ou opérations de
l'institution. Il peut même demander la constitution de toute
s provisions nécessaires sur les
créances, il peut faire appel à tout expert et a accès à tous renseignements et pièces qu'il
juge utiles (D. 16).
Le secret professionnel ne peut par conséquent être opposé aux membres des
organes de contrôle dans l'exerci
ce de leur mission (L. 58).
Au sens de l'article 58 de la loi, le contrôle et la surveillance portent sur tous les
aspects touchant à l'organisation et au fonctionnement des institutions et des organes
financiers, en rapport avec les textes législatifs, réglementaires, les statuts et les règlements
qui les régissent.
Le contrôle doit notamment permettre de procéder à l'évaluation :
1°) - des politiques et pratiques financières ;
2°) - de la fiabilité de la comptabilité ;
3°) - de l'efficacité du con
trôle interne ;
4°) - des politiques et pratiques coopératives.
Les anomalies constatées doivent faire l'objet d'un rapport, assorti de
recommandations, adressé au conseil d'administration de l'institution concernée et à
l'institution àlaquelle elle est affiliée. Dans les trente jours de sa production, copie de ce
rapport est transmise au Ministre et, dans le cas de l'organe financier, également à la
Commission Bancaire et à la Banque Centrale (L. 60).
L'article 54 des statuts explicit
e de son côté certaines obligations du conseil de
surveillance. Ainsi, il est tenu d'aviser par écrit le conseil d'administration et l'union ou la
fédération, selon le cas, de tout manquement constaté dans le fonctionnement de la
mutuelle.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 12 5
S'il estime quele conseil d'administration et l'union ou la fédération, selon le cas,
tardent à prendre les mesures qu'appelle la situation, le conseil de surveillance convoque
une assemblée générale extraordinaire.
Si, au terme de cette assemblée, le conseil de surveillance estime que la
situation n'a pas été corrigée, ilen fait rapport au Ministre dans les meilleurs délais.
Le conseil de surveillance fait également rapport au Ministre ou, dans le cas
d'une mutuelle affiliée, au comité de déontologie de l'union ou de
la fédération, selon le cas,
des cas de non-respect des règles de déontologie.
A l'instar du conseil d'administration et du comité de crédit, le conseil de
surveillance choisi t, parmi ses membres, un président. Il nomme également un secrétaire
qu'il peu
t ou non choisir parmi ses membres. A défaut de nommer un secrétaire, le gérant en
assume les fonctions (R. 19).
Le quorum requis pour les réunions du conseil de surveillance est la majorité de
ses membres. Les décisions sont prises à la majorité des voix exprimées par les membres
présents et, en cas de partage des voix, le président de la réunion a voix prépondérante (S.
42).
Les résolutions écrites, signées par tous les membres du conseil habilités à voter
ces résolutions, ont la même valeur que si elles avaient été adoptées au cours d'une
réunion. Ces résolutions sont conservées avec les procès-verbaux des délibérations du
conseil de surveillance (S. 42).
Le conseil de surveillance présente annuellement à l'assemblée générale son
rapport sur la régularité et la sincérité des comptes et des opérations au sein de l'institution
(D. 17).
6 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 12
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 13
Fonctionnement d’une mutuelle
d’épargne et de crédit
MEMBRES DE LA MUTUELLE
D’ EPARGNE ET DE CREDIT
______________
Le statut de membre de la mutuelle d'épargne et de cré
dit se caractérise par sa
double fonction au sein de l'institution, comme membre du groupe mutualiste et comme
usager des services de l'institution. Comme membre de la mutuelle, il doit détenir une
participation au capital social de l'institution et il a a
ccès aux services que cette dernière
dispense.
Il est donc à la fois propriétaire et usager de la mutuelle, ce qui entraîne des
droits et obligations que définissent les statuts de la mutuelle (D. 4).
ADHESION DES MEMBRES
L'article 10 des statuts énumè
re les conditions auxquelles doit se conformer une
personne (physique ou morale) pour obtenir le statut de membre d'une mutuelle.
Il lui faut partager le lien commun que prévoient les statuts de la mutuelle, en
somme, un ou plusieurs des éléments que propose l'article 20 de la loi, à savoir: "l'identité de
profession, d'employeur, du lieu de résidence, d'association ou d'objectif'.
Il lui faut également jouir de ses droits civils et s'engager à respecter les statuts
et les règlements de l'institution.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 13
Il lui faut enfin souscrire et libérer au moins une part sociale et s'acquitter, s'il y a
lieu, du droit d'adhésion.
Au sens de l'article 2 du règlement intérieur type, pour être admis comme
membre par le conseil d'administration ou la personne habilitée àcette fin, une demande doit
en outre avoir été formulée à cet effet.
Précisons que la qualité de membre est constatée par l'inscription au registre des
membres tenu au siège social de la mutuelle sur instruction du conseil d'administration.
MEMBRES AUXILIAIRES
L'article 20 des statuts types apporte une certaine souplesse à la définition des
membres d'une institution en prévoyant une autre catégorie. Il s'agit des personnes
physiques ou morales qui ne remplissent pas les conditions déjà évoquées pour l'ad
hésion
des membres mais qui peuvent être admises en qualité de membres auxiliaires.
Ces personnes bénéficient alors d'un statut différent en ce sens que, si elles
peuvent assister aux assemblées de la mutuelle, elles n'ont pas droit de vote et ne sont
éligibles à aucun poste au sein de l'institution. Par ailleurs, elles ont généralement accès aux
services de l'institution à l'exception de ceux relatifs à l'obtention de prêt.
DROITS DES MEMBRES
Les droits des membres de la mutuelle sont définis à l'articl
e 18 des statuts
types. Chaque membre a le droit de :
1°) - participer aux assemblées générales avec droit de vote ;
2°) - se porter candidat aux divers postes de membres des organes de la
mutuelle ;
3°) - consulter dans le registre de la mutuelle, les documents prévus au
règlement ;
4°) - réaliser avec la mutuelle toutes les opérations prévues en regard de
l'objet et des attributions de cette dernière.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 13
Il appartient alors au règlement intérieur type de préciser les modalités d'accès
des membres aux services de la mutuelle et de fixer les tarifs pour la rémunération de
certains services (art. 3 et 4).
OBLIGATIONS DES MEMBRES
En contrepartie, certaines obligations sont dévolues aux membres de l'institution
(S. 18). Ils doivent :
1°) - respecter les statuts et le règlement ;
2°) - se conformer aux décisions de l'assemblée générale, du conseil
d'administration et de tous les autres organes de la mutuelle ;
3°) - effectuer régulièrement des dépôts auprès de la mutuelle ;
4°) - participer aux assemblées générales.
RESPONSABILITE DES MEMBRES
Chaque membre est responsable des obligations de la mutuelle jusqu'à
concurrence du montant fixé dans les statuts; généralement un multiple du montant de la
part sociale.
Le membre qui démissionne ou est exclu demeure responsable, pendant un
certain temps que fixent les statuts, envers les membres et envers les tiers, des
engagements existants au jour où sa démission ou son exclusion devient effective (S. 17).
PERTE DE LA QUALITE DE MEMBRE
Par ailleurs, la qualité de membre se perd par la démission notifiée par écrit au
conseil d'administration, par l'exclusion prononcée par le conseil d'administration, par le
décès du membre ou la dissolution de l'institution (S. II).
Précisons que la perte de la qualité de membre donne lieu à l'apurement du
solde des créances et dettes du membre concerné à l'égard de la mutuelle dans le délai et
selon l'ordre de priorité prescrit par le règlement (S. 12 et 21).
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 13 3
SUSPENSION ET EXCLUSION D'UN MEMBRE
Les statuts types prévoient que le conseil d'administration puisse suspendre ou
exclure un membre, par décision motivée, dans les cas suivants :
1°) - s'il ne respecte pas les statuts et règlements de la mutuelle ;
2°) - s'il n'honore pas ses engagements env
ers la mutuelle ;
3°) - s'il est déclaré en faillite;
4°) - s'il ne partage plus le lien commun ;
5°) - s'il pose des actes ou adopte des comportements dont la gravité est de
nature à porter atteinte à la réputation de la mutuelle (art. 13).
Certaines précautions sont alors prises par le législateur dans un souci de
transparence et pour protéger le membre contre des décisions arbitraires.
Mentionnons que le procès-verbal de la séance du conseil d'administration au
cours de laquelle un membre est suspendu ou exclu doit mentionner les raits qui ont motivé
cette décision.
La mutuelle transmet, par écrit, au membre, dans les 15 jours de la décision, un
avis motivé de sa suspension ou de son exclusion (S. 14).
La suspension ou l'exclusion d'un membre end
pr effet à compter de la date de la
décision du conseil d'administration. La suspension d'un membre ne peut lui faire perdre sa
qualité de membre (S. 15).
Sous réserve des recours prévus pour le règlement des différends, le membre
suspendu, exclu ou dont la démission a pris effet, perd le droit d'être convoqué aux
assemblées de la mutuelle, d'y assister et d'y voter ainsi que celui d'exercer toute fonction au
sein de la mutuelle.
La suspension d'un membre ne peut uil faire perdre ces droits que pour une
durée maximale de six mois (S. 16). 7
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 13
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 14
Fonctionnement d’une mutuelle
d’épargne et de crédit
MEMBRES DES ORGANES DE LA MUTUELLE
__________________
Le condensé N° 12 relatif au fonctionnement des organes a examiné les
modalités de nomination des membres du conseil d'administration, du comité de crédit ainsi
que du conseil de surveillance. Il convient de préciser que le président, le vice- président et
le secrétaire du conseil d'administration sont respectivement président, vic
e- président et
secrétaire de la mutuelle.
FONCTIONS DU PRESIDENT, DU VICE-PRESIDENT ET DU SECRETAIRE DE LA
MUTUELLE
Seules les fonctions du président, du vice-président et du secrétaire de la
mutuelle sont décrites dans le présent condensé. Les fonctions des membres des autres
organes relèvent généralement des activités liées au fonctionnement de l'organe dont ils ont
la responsabilité.
LE PRESIDENT
Premier dirigeant de l'institution dont il est le représentant, le président exerce
son autorité sous le contrôle du conseil d'administration et, à ce titre, il veille à la réalisation
des objectifs de l'institution et s'assure de l'exécution des décisions du conseil.
Il préside en outre les assemblées générales et les réunions du conseil
d'administration e
t est membre d'office de tous les comités formés par le conseil
d'administration, sauf décision contraire de ce dernier. Il s'acquitte de tous devoirs attachés à
sa charge ou qui lui sont spécifiquement confiés par le conseil (R. 20).
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 14
LE VICE-PRESIDENT
En cas d'empêchement du président, le vice
-président le supplée dans ses
fonctions (R. 21).
LE SECRETAIRE
Le secrétaire de l'institution assure le secrétariat de l'assemblée générale et du
conseil d'administration, et il est chargé de la garde des procès
-verbaux du conseil
d'administration et de l'assemblée générale (R. 22).
CONDITIONS D'ELIGIBILITE
Pour être élu membre de l'un des organes de la mutuelle, il faut d'abord être
membre de la mutuelle puis remplir les conditions suivantes prévues à l'articl
e 18 du décret :
1°) - avoir la nationalité du pays concerné ou celle d'un pays membre de
l'UMOA, sauf dérogation du Ministre ;
2°) - jouir d'une bonne moralité et n'avoir jamais été condamné à une peine
d'emprisonnement par suite d'infractions portant
atteinte aux biens ou
pour crimes de sang ;
3°) - n'exercer aucune activité rémunérée au sein de l'institution ou du réseau.
Pour ce qui concerne l'organe de contrôle ou le conseil de surveillance, l'article
19 du décret en exclut les membres du conseil d'administration et du comité de crédit ainsi
que les personnes recevant, sous une forme quelconque, un salaire ou une rémunération de
la mutuelle, de ses structures ou du réseau.
L'article précise même que ces interdictions s'appliquent également aux
personnes liées à l'une des personnes visées à l'article 19 en question.
Quant aux personnes liées à l'une des personnes exclues par l'article 19, l'article
20 du décret nous en produit la liste :
1°) - le conjoint, les parents au premier degré ou les parents au premier degré
du conjoint ;
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 14
2°) - la personne à laquelle elle est associée ou la société de personnes à
laquelle elle est associée ;
3°) - une personne morale qui est contrôlée, individuellement ou
collectivement, par elle, par son conjoint ou par leurs parents au premier
degré ;
4°) - une personne morale dont elle détient au moins 10% des droits de vote
rattachés aux actions qu'elle a émises ou au moins 10% de telles actions
.
Dans ce cas, la limite de 10% vise à éviter la situation de conflit d'intérêt que
pourrait représenter un contrôle exercé au sein de la personne morale par la personne
exclue par l'article 19 du décret.
MANDAT DES MEMBRES DES ORGANES
La durée du mandat des membres des organes est déterminée par les statuts qui
prévoient le plus souvent trois ans. Toutefois, il revient à chaque mutuelle de retenir la
période qu'elle considère la plus appropriée. Il en est de même pour les modalités de
renouvellement des mandats des membres (S. 35 et R. 16). Le cadre réglementaire,
notamment les statuts et le règlement intérieur 1 ne prévoit aucune disposition expresse afin
de permettre aux membres de choisir les critères Qui leur conviennent le mieux.
Même après l'expira
tion de son mandat, un membre d'un organe demeure en
fonction jusqu'à ce qu'il soit réélu ou remplacé.
La réduction du nombre de membres d'un organe ne met pas fin au mandat de
ceux qui demeurent en fonction (S. 37).
En cas de vacance d'un poste au seind'un organe, sauf pour une vacance
survenant à la suite d'une destitution, les membres de l'organe concerné peuvent nommer
un remplaçant pour la durée non écoulée du mandat. Cette nomination doit être entérinée
par l'assemblée générale. Toutefois, si aucun
e action n'est entreprise avant l'assemblée
générale suivante, celle-ci peut alors décider de pourvoir le poste vacant.
Lorsque la vacance d'un poste survient à la suite de la destitution d'un membre
d'un organe, il peut être prévu le remplacement de ce m
embre lors de l'assemblée où la
destitution a lieu si l'avis de convocation à cette assemblée mentionne la possibilité de
l'organisation d'une telle élection (S. 39).
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 14 3
CUMUL DES FONCTIONS
La réglementation tente de réduire la concentration de responsabilités entre les
mains d'une seule personne. Sauf pour le comité de crédit dont les membres peuvent être
désignés parmi les membres du conseil d'administration, une même personne ne peut être
membre de plusieurs organes de plusieurs institutions d'un même niv
eau (D. 14 et 21).
Cette précaution apparaît aussi souhaitable pour le cumul de fonctions avec des
postes de responsabilité dans le milieu, en particulier les postes administratifs. Il est
important que tous les membres prennent conscience du fait que l'i
nstitution ne doit pas être
confondue avec les autres institutions du milieu (associations de production ou de
commercialisation par exemple).
CONFLITS D'INTERETS
Le cumul de fonctions place le plus souvent le membre d'un organe en situation
de conflits d'intérêts. Aussi, la réglementation ne permet pas à un membre d'un organe
recevant une rémunération de l'institution d'être membre d'un organe de cette
dernière (D. 18).
Les membres des organes se voient en outre interdire, en vertu de l'artic
le 53 de
la loi, d'user des informations dont ils ont connaissance dans l'exercice de leurs fonctions,
pour en tirer un profit personnel ou en faire bénéficier des tiers, sous peine de s'exposer à
des sanctions prévues au Titre VI de la loi. Cette interdiction n'est toutefois pas exclusive aux
membres des organes puisqu'elle vise toutes personnes qui concourent à la direction, à
l'administration, au contrôle, à la gérance ou au fonctionnement des institutions.
De même, la réglementation prévoit l'élaborati
on de règles de déontologie et
introduit la notion de personnes liées pour minimiser les risques. Le condensé N° 16 sur les
règles de déontologie dans le cadre du «Fonctionnement d'une mutuelle» est consacré à
cette question.
GRATUITE DE LA FONCTION
Les fonctions exercées par les membres au sein des organes ne sont pas
rémunérées.
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 14
Toutefois, les frais engagés par les membres des organes dans l'exercice de
leurs fonctions peuvent leur être remboursés, dans les conditions fixées par décision de
l'assembléegénérale (D. 22).
RESPONSABILITE DES MEMBRES DES ORGANES
Les membres des organes sont pécuniairement responsables, individuellement
ou solidairement, des fautes commises dans l'exercice de leurs fonctions (D. 23 et S. 37).
Lorsque la faute peut être imputée à un membre déterminé d'un organe et à lui
seul, les autre membres étant alors étrangers à cette faute, la responsabilité est alors
individuelle.
En revanche, la responsabilité est solidaire lorsqu'il s'agit d'une faute commune,
en ce sens qu'
elle est l’œuvre de l'organe tout entier et non pas celle de tel ou tel membre
pris isolément.
Une institution peut atténuer l'impact de cette responsabilité à l'endroit des
membres des organes en souscrivant une assurance responsabilité à leur endroit.
Evidemment, une telle assurance ne couvre pas la responsabilité du défaut d'agir avec
honnêteté et loyauté. D'où l'importance pour les personnes visées, d'agir dans les limites des
pouvoirs qui leur sont conférés. Il leur importe donc d'agir avec soin, prud
ence et diligence
comme le ferait une personne raisonnable en pareilles circonstances. Ces personnes, en
pratique, sont réputées avoir agi ainsi si elles sont de bonne foi et qu'elles fondent leurs
décisions sur l'opinion ou le rapport d'un expert lorsque
la situation l'exige.
Dans le cas, par exemple, où un membre d'un organe désapprouve une
résolution adoptée par ce dernier et qu'il souhaite que sa responsabilité soit dégagée, il doit
demander avant ajournement de la réunion, que sa dissidence soit consignée au procès-
verbal.
La responsabilité personnelle des membres des organes pourra donc être
retenue s'ils ne respectent pas leurs obligations et devoirs ou s'ils commettent une faute
lourde (violation de la loi, négligence), une fraude ou une faute personnelle qui n'a rien à voir
avec l'exercice de leurs fonctions et que ces actes entraînent, par voie de conséquence, un
préjudice à un tiers.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 14 5
Il appartient donc aux membres des organes de veiller étroitement à éviter les
conflits d'intérêt, de respecter el caractère confidentiel des renseignements obtenus dans
l'exercice de leurs fonctions, de respecter les règles de déontologie qui leur sont applicables,
en somme, d'être bien renseignés sur la nature et l'étendue de leurs pouvoirs et obligations
et, bien sûr, sur le fonctionnement de l'institution et la réglementation concernée.
DEMISSION, SUSPENSION, DESTITUTION
Il est prévu que tout membre d'un organe puisse démissionner de ses fonctions
sous réserve de le notifier par écrit à l'organe dont il est memb
re.
Un membre d'un organe peut être suspendu ou destitué pour faute grave,
notamment pour violation des prescriptions légales, réglementaires ou statutaires. Il ne peut
être destitué que par l'assemblée générale (D. 25 et S. 38).
La destitution d'un memb
re d'un organe entraîne la perte du droit d'exercer toute
fonction au sein de l'institution pendant une période de cinq ans alors que la suspension
n'entraîne la perte de ce droit que pour une période ne pouvant excéder six mois (S. 38).
LA GERANCE
Le choix de son gérant ou de son directeur revêt une importance particulière pour
la mutuelle, il s'agit de la personne clé de l'institution chargée de son bon fonctionnement.
Le gérant de la mutuelle est nommé par le conseil d'administration qui en fixe la
rémunération. Il peut ou non être choisi parmi les membres de l'institution et il exerce ses
fonctions sous l'autorité du conseil d'administration (S. 56).
Le gérant est principalement chargé de contrôler l'ensemble des activités de
l'institution et de veil
ler à l'exécution et au suivi des décisions des organes et d'assurer la
gestion des ressources humaines de l'institution.
Il doit également présenter au conseil d'administration les états financiers, les
budgets et le rapport annuel de l'institution. Le g
érant doit enfin assurer la conservation des
registres et collaborer avec le président à la représentation de l'institution (R. 23).
6 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 14
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 15
Fonctionnement d’une mutuelle
d’épargne et de crédit
R EGLES DE GESTION FINANCIERE
__________________
Toute entreprise, pour être viable et se développer en harmonie avec son
environnement, doit s'astreindre au respect d'un minimum de règles de gestion financière.
D'une manière générale, ces rè
gles devraient lui permettre d'atteindre les objectifs de
préservation et de développement de son patrimoine de même que la sauvegarde des divers
intérêts en jeu dans les opérations effectuées tant auprès de ses membres ou usagers qu'à
l'égard des tiers.
Même si la nature et l'envergue des mutuelles d'épargne et de crédit peuvent
militer en faveur d'une souplesse de ces règles, ces structures ne sauraient en être
exemptées, d'autant plus qu'il y va de la sécurité des déposants et de la protection des
utilisateurs de services de ces institutions, voire même de la crédibilité du secteur.
Le processus de concertation des intervenants dans le cadre d'élaboration de la
réglementation sur les mutuelles d'épargne et de crédit à du reste nettement mis en exergue
la préoccupation des populations du milieu à cet égard.
Les principales règles retenues par le législateur pour assurer la rigueur dans la
gestion financière des mutuelles d'épargne et de crédit seront identifiées et leur bien fondé
ainsi que les modalités de leur application rappelés.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 15
REGLES DE GESTION FINANCIERE DE LA REGLEMENTATION
Le principe du maintien de l'équilibre de la structure financière des mutuelles
d'épargne et de crédit est reconnu dans la loi, à l'article 51 qui stipule que :
«Les unions, fédérations ou confédérations doivent veiller à maintenir l'équilibre
de leur structure financière ainsi que celui des institutions qui leur sont affiliées et, s'il y a
lieu, de leurs organes financiers.
A cet égard, elles doivent respecter les normes édictées par décret.»
Le Titre IV du décret, soit les articles 48 à 56, sont consacrés à la définition de
ces normes que certains appellent ratios prudentiels.
LA RESERVE GENERALE
L'article 49 du décret prévoit que la réserve générale est alime
ntée par un
prélèvement annuel de 15% sur les excédents nets avant ristourne de chaque exercice,
après imputation éventuelle de tout report à nouveau déficitaire.
L'article II de la loi, relatif aux principes de la mutualité, fait une obligation aux
institutions de constituer une réserve générale et prévoit que les sommes ainsi mises en
réserve ne peuvent être partagées entre les membres de la mutuelle. L'existence de ces
réserves conforte en effet la situation financière de la mutuelle et est un gage de sa
pérennité.
Il convient également de mentionner que la réserve générale doit figurer au bilan
de manière distincte et ne peut être incorporée ni au capital social, ni aux autres fonds de
réserve susceptibles d'être affectés aux membres ou incorporés au a
cpital social.
LA LIQUIDITE
L'ensemble des valeurs disponibles, réalisables et mobilisables à court terme
d'une institution doit représenter en permanence au moins 80% de l'ensemble de son passif
exigible et de l'encours de ses engagements par signatureà court terme (D. 54).
Il s'agit donc d'un rapport entre, d'une part, les disp9nibilités, les valeurs
réalisables et les valeurs mobilisables à brève échéance et, d'autre part, tous les éléments
constituant le passif immédiatement exigible.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 15
Il convient de noter qu'au sein d'un réseau, un niveau de la liquidité insuffisant
dans une institution peut être compensé ponctuellement par un excédent d'une autre
mutuelle. Dans de pareils cas, la liquidité globale du réseau constitue en définitive le critère
le plus important.
LE RATIO DE DIVISION DES RISQUES
L'article 53 du décret prévoit qu'une institution ne peut prendre, sur un seul
membre, des risques pour un montant excédant 10% des dépôts, à l'exclusion des risques
pris sur ressources affectées dont le risque incombe au bailleur de fonds.
On obtient le ratio de division des risques en question pour un membre donné en
rapportant le total des risques pris sur ce membre au total des dépôts de l'institution.
La notion de risque, il faut le reconnaître, est assez large et peut donner lieu à
plusieurs interprétations. Il importe de retenir, dans le cadre de 1 factuelle réglementation,
que cette notion englobe entre autres les prêts et engagements par signature en cours.
Par ailleurs, pour les dépôts, il convient d'entendre l'ensemble des fonds
apportés par les membres de l'institution (notamment les dépôts proprement dits et les
cotisations) à l'exception du capital social, de la réserve générale et des fonds affectés à des
opérations dont la gestion du risque n'
incombe pas à l'institution.
LIMITATION DES FRETS AUX DIRIGEANTS
L'article 27 de la loi établi t que l'encours des prêts accordés par l'institution aux
dirigeants et aux personnes dont les intérêts ou les rapports avec l'institution sont
susceptibles d'influencer les décisions de cette dernière ne peut excéder une fraction de ses
dépôts fixée par décret. Cette dernière a été fixée par l'article 52 du décret à 20% des dépôts
de l'institution, à l'e
xclusion des risques pris sur ressources affectées dont le risque incombe
au bailleur de fonds.
Pour apprécier le niveau atteint par cette catégorie de prêts, il y a lieu d'établir le
rapport entre le total de l'encours de ces prêts et les dépôts de l'ins
titution. Cette disposition
vise à empêcher les dirigeants de tirer profit de leur situation dans l'institution pour s'octroyer
en priorité les ressources de la mutuelle.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 15 3
COUVERTURE DES RISQUES
L'article 50 du décret précise que les risques portés par un
e institution, à
l'exclusion des risques pris sur ressources affectées dont le risque incombe au bailleur de
fonds, ne peuvent excéder le double des dépôts de l'ensemble des membres.
Ce coefficient correspond en somme au rapport du total des dépôts des
membres aux risques en cours au bilan et hors bilan.
Ce coefficient constitue un maximum qui doit permettre aux institutions de
pouvoir répondre, dans certaines circonstances, à une forte demande de prêt des membres.
Cette norme qui paraît élevée s'expliquepar la spécificité des pratiques en vigueur dans ces
institutions qui assurent un bon dénouement des crédits accordés. Cependant, les
institutions ont la latitude de convenir d'un rapport inférieur à la norme réglementaire.
COUVERTURE DES EMPLOIS
L'arti
cle 51 du décret fait obligation aux institutions mutualistes d'épargne et de
crédit de maintenir, à tout moment, une couverture adéquate de leurs emplois à long et
moyen terme par leurs ressources stables.
En considérant que, font partie des opérations à moyen et long termes, celles
dont le dénouement se situe au delà d'une échéance de douze mois, le coefficient de
couverture des emplois à long et moyen termes par les ressources stables doit se calculer
par le rapport des éléments suivants :
Soit : • le capital, les différentes réserves et fonds spéciaux, les provisions non
affectées, les résultats excédentaires et les provisions à caractère de
réserves, nets des pertes et non valeurs ;
• les dépôts, cotisations, emprunts, dons et toutes autres ressources de
durée initiale supérieure à 12 mois
Sur : • les valeurs immobilisées, nettes des amortissements et provisions ;
• les prêts, concours, effets et titres, dont l'échéance initiale ou la durée
initiale de remboursement excède 12 mois ;
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 15
• des prêts en retard ou présentant des difficultés de rembourse- ment,
non couverts par des provisions ;
• tous autres actifs dont la mobilisation, le recouvrement ou le
dénouement est affecté d'une durée initiale excédant 12 mois.
RESTRICTIONS A L'EXE
RCICE D'ACTIVITES AUTRES QUE CELLES
DE COLLECTE DE L'EPARGNE ET D'OCTROI DECREDIT
L'article 48 du décret, requiert l'autorisation du Ministre lorsque les sommes
engagées au titre des opérations autres que celles de collecte de l'épargne et d'octroi de
crédit atteignent 5% des risques de l'institution, déduction faite des risques pris sur les
ressources affectées dont le bailleurs de fonds assume les risques.
L'importance de l'enveloppe financière consacrée à de telles activités peut être
mesurée en rapportant le montant des sommes ainsi engagées au total des risques en cours
au bilan et hors bilan.
Par cette disposition, le législateur a voulu empêcher les institutions qui ont pour
vocation première de collecter de l'épargne et d'octroyer du cré
dit, d'affecter une partie
significative de leurs ressources à des activités autres que celles pour lesquelles l'agrément
a été accordé.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 15 5
6 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 15
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 16
Fonctionnement d’une mutuelle
d’épargne et de crédit
R EGLES DE DEONTOLOGIE
__________________
Après examen de leurs fondements juridiques, les principaux éléments que
doivent contenir les règles de déontologie seront précisés. De même, les personnes visées
par ces règles seront identifiées et le processus de leur adoption ainsi que le rôle des
organes concernés rappelés. Enfin, quelques précisions seront apportées sur la constitution
du comité de déontologie.
ASSISE JURIDIQUE
Dans le cadre d'un réseau, la loi, en son article 42, détermine les fonctions de la
fédération qui se trouve « notamment chargée : 6°) de définir, à l'usage de ses membres et,
s'il y a lieu, de l'organe financier, les grandes orientations d'un code de déontologie
».
Par ailleurs, l'article 50 des statuts types fait obligation au conseil de surveillance
de « s'assurer Que les règl
es de déontologie sont respectées ».
Toujours à l'intérieur d'un réseau, le conseil de surveillance doit donc s'assurer
que les règles de déontologie sont respectées, dans le cadre des orientations définies par la
fédération.
Pour les institutions non affiliées par contre, il appartient au conseil de
surveillance d'adopter les règles relatives à la protection des intérêts de la mutuelle et de ses
membres, conformément à l'article 51 (deuxième alinéa) des statuts. Et le troisièm
e alinéa
du même article précise l'objet de ces règles.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 16
Enfin, l'article 58 des statuts types fait obligation aux dirigeants de ne
communiquer des renseignements sur la mutuelle ou ses membres que dans les limites
fixées par les règles de déontologie. Les dirigeants au sens de cet article sont astreints au
secret professionnel.
CONTENU DES RÈGLES DE DÉONTOLOGIE
Essentiellement, les règles de déontologie visent la protection des intérêts de
l'institution et de ses membres. L'objectif est de s'assurer que
les transactions effectuées par
une institution avec certaines personnes soient à l'abri de toute préférence ou avantage pour
ces personnes qui se feraient au détriment de l'institution en question.
Comme le prévoit l'article 51 des statuts types, ces règ
les portent notamment sur
les formalités applicables à la conclusion de contrats avec les dirigeants, sur les conditions
de crédit qui leur est consenti et sur la protection des renseignements à caractère
confidentiel que la mutuelle détient sur ses membres.
L'utilisation dans la rédaction du terme "notamment" indique qu'il ne s'agit pas
d'une énumération exhaustive; d'autres éléments pourraient y être intégrés comme, par
exemple, l'obligation de déclaration des intérêts qu'un dirigeant pourrait détenir da
ns une
entreprise faisant affaire avec son institution.
PERSONNES VISÉES PAR LES RÈGLES DE DÉONTOLOGIE
Les règles de déontologie visent essentiellement les dirigeants tels que les définit
l'article 26 de la loi qui stipule: "sont considérées comme dirige
ants d'une institution toutes
personnes exerçant des fonctions de direction, d'administration, de contrôle et de gérance de
cette institution".
Il s'agit en somme des personnes dont les décisions ou dont la participation aux
décisions de la mutuelle sont susceptibles d'orienter, dans une certaine mesure, le cours du
fonctionnement de cette dernière.
Font partie de cette catégorie les membres des organes d'une mutuelle et ceux
qui, sans être membres d'organes, n'exercent pas moins des fonctions de gestion
ou de
contrôle; il s'agit notamment du gérant et du commissaire aux comptes.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 16
Par ailleurs, lorsque le secret professionnel est concerné, l'article 52 de la loi va
plus loin, en visant "les personnes qui concourent à la direction, à l'administration, au
contrôle, à la gestion ou au fonctionnement des institutions", sous réserve des exigences de
la surveillance et du contrôle (art. 58, 66 et 68 de la loi),
Les mots « qui concourent à » de même que le mot "fonctionnement" revêtent un
sens plus large que celui de l'article 26 précité de la loi puisque les personnes qui
concourent au fonctionnement peuvent fort bien être des employés de l'institution qui ne sont
engagés ni dans la gérance ni dans le contrôle en tant que tels, mais qui ne seraient pas
moins en mesure de livrer des informations tant sur la mutuelle que sur ses membres. Outre
les dirigeants au sens de l'article 26 en question, sont donc également assujetties au secret
professionnel et, partant, visées par les règles de déontologie, toutes personnes de
l'institution qui de par leurs fonctions au sein de la mutuelle peuvent être appelées à fournir
des informations sur cette dernière et ses membres.
PROCESSUS D'ADOPTIONDES RÈGLES DE DÉONTOLOGIE
Normalement, lorsqu'il s'agit d'institutions non affili
ées, comme le prévoit l'article
51 des statuts types, le conseil de surveillance adopte les règles de déontologie et les
soumet à l'approbation du conseil d'administration de l'institution. Dans les trente jours de
leur approbation, copie de ces règles est transmise au Ministre. Il revient au conseil de
surveillance de veiller par la suite à ce que ces règles soient respectées au sein de
l'institution (art. 50).
En ayant recours au conseil de surveillance dans le cas d'une institution non
affiliée, on évite de créer un autre organe et de mobiliser indûment les ressources
normalement plus restreintes que lorsqu'il s'agit d'un réseau.
Dans ce dernier cas en effet, même si la réglementation n'en fait pas une
obligation, il nous apparaît souhaitable qu'un comi
té de déontologie soit créé, conformément
à l'annexe «A» des statuts types qui, précisons
-le, constitue une option dans le cas d'un
réseau.
Dans un tel cas de figure, le comité de déontologie élabore les règles de
déontologie en respectant les orientations définies par la fédération et les soumet à
l'approbation du conseil d'administration de son institution. Dans les trente jours qui suivent
leur approbation, copie de ces règles est transmise au Ministre. Il va de soi que les
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 16 3
institutions affiliées à l'in
stitution qui constitue un tel comité de même que l'institution à
laquelle cette dernière est elle-même affiliée doivent également être pourvues d'une copie de
ces règles.
CONSTITUTION D'UN CO
MITÉ DE DÉONTOLOGIE
Il est suggéré la constitution d'un comitéde trois membres élus par l'assemblée
générale parmi les représentants des membres de l'institution du niveau concerné. Ces
membres seront élus selon la même procédure retenue pour les membres des autres
organes, même si ce comité ne constitue pas un organe au sens strict du terme selon la
réglementation.
Les membres du comité de déontologie seraient également considérés comme
des dirigeants au sens de l'article 26 de la loi. Il nous apparaît en outre normal que ne
puissent faire partie de ce comité les membres du conseil d'administration, du comité de
crédit et du conseil de surveillance de l'institution concernée de même que les personnes
recevant, sous une forme quelconque, un salaire ou une rémunération de l'institution
concernée, de ses structures ou de ses membres.
Même les personnes liées à celles ci-dessus mentionnées, devraient faire l'objet
des mêmes interdictions. Le condensé N° 14 définit la notion de personnes liées au sens de
l'article 20 du décret.
PRODUCTION DE RAPPORTS
L'article 54 des tsatuts types fait obligation au conseil de surveillance de produire
un rapport au comité de déontologie de l'institution appropriée lorsque l'institution visée est
affiliée, ou au Ministre, si elle ne l'est pas. Ce rapport fait état des cas de non
- respect des
règles de déontologie.
Le comité de déontologie, dans le cadre d'un réseau, reçoit également le rapport
des observations que les conseils de surveillance font à leur conseil d'administration
respectif et doit être avisé des cas où les règles de déontologie n'ont pas été respectées.
A la fin de l'exercice social de l'institution, le comité de déontologie transmet son
rapport d'activités au conseil d'administration et le présente lors de l'assemblée générale
annuelle.
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 16
Ce rapport, comme le précise l'ar
ticle 4 de l'annexe «A» des statuts types,
indique notamment les situations de conflit d'intérêts et de transactions avec les personnes
intéressées pour lesquelles le comité de déontologie a été avisé, de même que les cas où
les règles de déontologie n'ontpas été respectées.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 16 5
6 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 16
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 17
Fonctionnement d’une mutuelle
d’épargne et de crédit
F ONCTIONS DE VERIFICATION
ET DE CONTROLE
__________________
De même que le statut de membre de la mutuelle est caractérisé par la double
fonction de membre du groupe et d'usager desservices de la mutuelle, de même les intérêts
du membre sont également doubles. Il s'agit d'une part de la garantie à long terme de la
viabilité économique de la mutuelle et d'autre part de l'obtention de cette dernière d'un
maximum de services de qualité.
Le contrôle de la mutuelle doit être assez étendu pour englober cette double
dimension de la qualité de la gestion et de la solidité financière de la mutuelle.
Il importe surtout de ne jamais perdre de vue que le contrôle d'une institution
financière constitue un préalable à la confiance qui est à la base même de tout système
financier. Confiance des membres qui y déposent leurs épargnes, confiance des autorités
administratives et coutumières, confiance des acteurs économiques que l'on souhaitera y
voir transiger, confiance du milieu enfin où l'institution voudra s'impliquer, à fortiori lorsqu'elle
en émane.
LES NOTIONS DE VERIFICATION ET D'INSPECTION
La réglementation fait appel à deux termes qu'il nous apparaît opportun de bien
distinguer; il s'agit dela vérification et de l'inspection.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 17
La vérification consiste à examiner les livres et états financiers d'une institution
selon les normes généralement reconnues et conformément aux exigences de la loi aux fins
de produire aux membres un rapport comportant l'opinion du vérificateur sur la fidélité et la
sincérité des états financiers.
De son côté, l'inspection consiste davantage en une opération inopinée ayant
pour objet un examen attentif du fonctionnement d'une institution aux fins de produire aux
dirigeants un rapport comportant des constatations, une évaluation ainsi que des avis sur la
façon dont les prescriptions légales, réglementaires et statutaires sont appliquées et
respectées. La procédure d'inspection comporte une analyse des procédés et mesure
s
internes accompagnée d'un constat des corrections apportées à la suite de rapports
antérieurs.
L'inspection dresse donc un bilan administratif de l'entreprise alors que la
vérification en dresse un bilan financier. Les deux fonctions s'avèrent un excell
ent moyen de
surveillance et de contrôle de l'application et du fonctionnement, au sein de la mutuelle et du
réseau, des mécanismes de contrôle sur les différents risques.
A QUI SONT DEVOLUES LES FONCTIONS DE VERIFICATION, D'INSPECTION
ET DE CONTROLE AU SEIN DE LA MUTUELLE ?
Le règlement intérieur type, en son article 23, confie comme première
responsabilité, au gérant, le contrôle de l'ensemble des activités de la mutuelle et le suivi de
la mise en œuvre des décisions des différents organes. Ainsi, de par les importantes
fonctions qui lui sont assignées et le rôle stratégique qu'il est appelé à jouer au sein de la
mutuelle, le gérant est le premier concerné par la vérification et le contrôle.
Par ailleurs, le conseil de surveillance, souvent désigné dans les textes
réglementaires sous le nom d'organe de contrôle, se voit confier par l'article 15 du décret un
rôle primordial en matière de surveillance et de contrôle, «L'organe de contrôle, y lit
-on, est
chargé de la surveillance de la régularité des opérations de l'institution et du contrôle de la
gestion»,
Enfin, au sein d'un réseau, le service d'inspection/vérification a une fonction
essentielle à jouer pour appuyer et compléter les actions entreprises par le conseil de
surveillance. En l'ab
sence de réseau c'est le commissaire aux comptes qui peut être appelé
à exercer ces fonctions.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 17
CONTROLE INTERNE ET CONTROLE EXTERNE
La réglementation sur les mutuelles d'épargne et de crédit fait une large place
aux mécanismes de contrôle interne de l'in
stitution et à l'auto
-contrôle au sein du réseau. Il
en résulte que le contrôle externe revêt un caractère supplétif par rapport au contrôle interne.
Contrôle interne
Le décret fait obligation à chaque institution de se doter d'un organe de contrô
le
(art. 5). Ce dernier se voit confier des moyens assez importants pour exercer ce contrôle
(D. 16), sans que le secret professionnel ne lui soit opposable dans l'exercice de sa mission
(L. 58). Le condensé N° Il est consacré au fonctionnement du conseil de surveillance.
De surcroît, parmi les attributions dévolues aux unions il est précisé qu'elles
agissent en qualité d'organisme de surveillance, de contrôle et de représentation des
institutions qui leur sont affiliées. Pour les fédérations, on prévoit qu'elles sont chargées
d'exercer un contrôle administratif, technique et financier sur leurs membres, les institutions
affiliées à leurs membres et, s'il y a lieu, les organes financiers. On ajoute qu'elles sont
également chargées d'inspecter leurs membre
s, les institutions affiliées à ces membres et,
s'il y a lieu, les organes financiers (L. 39 et 42).
Par ailleurs, l'article 57 de la loi fait obligation à toute union, fédération ou
confédération d'assurer le contrôle sur pièces et sur place, des opérati
ons des institutions qui
lui sont affiliées. Elle est même tenue de procéder, au moins une fois l'an, à l'inspection des
institutions qui lui sont affiliées et de ses organes financiers.
C'est donc une consécration, le mot n'est pas trop fort, de l'auto
-contrôle au sein
du réseau dont l'article 58 de la loi détermine les tenants et aboutissants. Vu son importance
dans le cadre de la surveillance et du contrôle des institutions, nous reproduisons l'article en
question: « Le contrôle et la surveillance portent sur tous les aspects touchant à
l'organisation et au fonctionnement de ces institutions et des organes financiers, en rapport
avec les textes législatifs, réglementaires, les statuts et les règlements qui les régissent. Le
contrôle doit notamment permettre de procéder à l'évaluation :
1°) - des politiques et pratiques financières ;
2°) - de la fiabilité de la comptabilité ;
3°) - de l'efficacité du contrôle interne ;
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 17 3
4°) - des politiques et pratiques coopératives.
Les organes chargés de la surveillance et du contrôle ont droit, dans le cadre de
cette mission, à la communication, sur leur demande, de tous documents et informations
nécessaires à l'exercice de leurs fonctions, sans que le secret professionnel ne leur soit
opposable ».
Et l'article 59 aj
oute que ces organes peuvent recourir à toute assistance
technique en vue de les aider à accomplir efficacement leur mission. Leurs agents peuvent
être admis, à leur demande ou sur l'initiative des dirigeants, à participer à des réunions des
organes de l'i
nstitution.
Contrôle externe
L'examen par les autorités de tutelle et de contrôle des rapports d'activités de
l'institution constitue une première forme de suivi et de contrôle.
Ainsi, chaque union, fédération ou confédération doit produire, au terme de
chaque exercice social, un rapport annuel sur une base consolidée. Obligation est
également faite à l'organe financier et à l'institution de base non affiliée de produire un
rapport annuel (L. 62).
Ce rapport comprend, en sus des informations sur les activités de l'institution, les
états financiers approuvés par l'assemblée générale et établis selon les normes déterminées
par instructions de la Banque Centrale et de la Commission Bancaire (L. 62).
Le rapport annuel doit être communiqué au Ministre au plus tard six mois après
la clôture de l'exercice social et, dans le même délai, il doit en outre être communiqué à la
Banque Centrale et à la Commission Bancaire par les confédérations, les fédérations et les
organes financiers (1. 63).
Les rapports internes de vérification ou d'inspection sont également adressés au
Ministre et, dans le cas des organes financiers, à la Banque Centrale et à la Commission
Bancaire qui peuvent, en cas d'infractions aux dis
positions légales ou réglementaires ou de
pratiques préjudiciables aux intérêts des déposants et des créanciers, exiger la mise en
œuvre de mesures appropriées de redressement et prendre des sanctions (L. 65).
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 17
Nous sommes encore ici en présence d'une autr
e forme de contrôle externe à
l'institution et au réseau.
Ajoutons que le Ministre, en vertu de l'article 66 de la loi, peut procéder ou faire
procéder à tout contrôle des institutions.
De leur côté, la Banque Centrale et la Commission Bancaire peuvent, de leur
propre initiative ou à la demande du Ministre, procéder à des contrôles sur place des
organes financiers et de toutes sociétés sous le contrôle de ces derniers (L. 67).
Le condensé N° 25 concernant l'administration provisoire et les sanctions qui
peuvent être prises de même que le condensé N° 18 relatif au suivi comptable et aux
mécanismes de contrôle traitent des autres aspects de la vérification et du contrôle.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 17 5
6 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 17
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 18
Fonctionnement d’une mutuelle
d’épargne et de crédit
MECANISMES DE CONTROLE
__________________
Le condensé N° 17 a porté sur les notions de vérification et d'inspection, de
contrôle interne et de contrôle externe, et présenté les personnes et services responsables
de ces activités. Le présent condensé examine les mécanismes de contrôle, leur nature et
leur fonctionnement en tant qu'instruments de suivi des opérations des mutuelles d'épargne
et de crédit.
INPORTANCE DU SUIVI ET DES MECANISMES DE CONTROLE
Le suivi d'une institution revê
t une importance capitale au point qu'il pourrait
s'avérer aléatoire de lancer une institution sans avoir la profonde conviction d'en assurer le
suivi ; en d'autres termes, d'être en mesure de l'accompagner, de la guider et d'offrir tous les
mécanismes de contrôle qui en favorisent une évolution harmonieuse et une croissance
saine.
Ce suivi et ce contrôle sont d'autant plus indispensables qu'il s'agit d'institutions
d'intermédiation financière dont les biens échangés sont des biens monétaires qui
supposent, par voie de conséquence, une crédibilité et une sécurité à toute épreuve.
MECANISMES DE CONTROLE PREVUS DANS LA REGLEMENTATION
Plusieurs éléments de con trôle et de surveillance sont prévus dans la
réglementation aux fins de protéger l'institution cont
re les risques auxquels elle est exposée,
qu'il s'agisse des risques endogènes, ceux qu'elle peut contrôler, ou des risques exogènes,
ceux sur lesquels elle n'exerce aucun contrôle.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 18
Ces éléments de contrôle prennent les formes suivantes :
• des contrôles sur place
• des instructions
• des règles
• des normes
• des manuels de procédure
• des rapports dont les états financiers
• des avis
• des états statistiques et autres documents.
Contrôle sur place
Le contrôle sur place peut être exercé par le Ministre à tous les niveaux
d'intervention (institution de base, union, fédération ou confédération) en vertu du pouvoir qui
lui est conféré par l'article 66 de la loi.
La Banque Centrale et la Commission Bancaire peuvent également, de leur
propre initiative ou à la demande du Ministre, procéder à des contrôles sur place des
organes financiers et de toutes sociétés sous le contrôle de ces derniers (L. 67).
Les unions, fédérations ou confédérations peuvent également assurer le contrôle
sur place des opérations des institutions qui lui sont affiliées comme le prévoit l'article 57 de
la loi.
Il en est de même du contrôle que peut exercer l'organe de contrôle ou le conseil
de surveillance pour réaliser sa mission conformément aux dispositions de l'article 15 d
u
décret.
Instructions
L'article 55 du décret prévoit que les éléments pris en compte dans le calcul des
ratios prudentiels ou des normes de gestion ainsi que les modalités de calcul sont précisés
par instructions de la Banque Centrale.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 18
Au surplus, le décret, en son article 58, établit que les règles particulières de
gestion financière, de politique de la monnaie et du crédit applicables aux organes financiers
sont précisées par les instructions de la Banque Centrale.
En outre la Banque Centrale et la Commission Bancaire sont habilitées à émettre
des instructions sur les normes de préparation du rapport annuel des institutions et des
organes financiers (L. 62).
Enfin, l'article 83 de la loi prévoit que des instructions de la Banque Centrale et
de la Commission Bancaire déterminent, en tant que de besoin, les dispositions applicables
dans leurs domaines de compétences
Règles
Les articles 48 à 56, le titre IV, du décret établissent le contenu et la portée des
règles de gestion financière ou ratios prudentiels dont certains peuvent faire l'objet de
dérogations du Ministre.
Si la fédération se voit confier le rôle de définir, à l'usage de ses membres et, s'il
y a lieu, de l'organe financier, les grandes orientations d'un code de déontologie (L. 42), il
revient au conseil de surveillance de s'assurer que les règles de déontologie sont respectées
(S. 50). C'est également le conseil de surveillance qui adopte les règles de déontologie, en
l'absence de réseau, pour les soumettre au conseil d'administration de'institution
l pour
approbation (S. 51).
La fédération, en vertu de l'article 43 de la loi, est habilitée à définir les règles
applicables, aux plans administratif, comptable et financier, à ses membres et, s'il y a lieu, à
l'organe financier.
Enfin, l'art
icle II de la loi que reproduit l'article 8 des statuts types fait état des
règles d'action mutualiste ou coopérative qui s'avèrent un excellent guide des institutions.
Normes
L'article 62 de la loi assujettit la préparation des rapports annuels des inst
itutions
et des organes financiers aux normes déterminées par la Banque Centrale et la Commission
Bancaire.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 18 3
De même, les manuels de procédures que peuvent édicter les unions,
fédérations ou confédérations doivent être conformes aux normes édictées en la matière par
la Banque Centrale et la Commission Bancaire (L. 57).
Manuels de procédure
Pour assurer le contrôle sur pièces et sur place des opérations des institutions
qui lui sont affiliées et des organes financiers, l'union, la fédération ou la confédér
ation peut,
en vertu de l'article 57 de la loi, édicter tous manuels de procédure, sous réserve qu'ils soient
conformes aux normes édictées en la matière par la Banque Centrale ou la Commission
Bancaire.
Rapports
Outre les rapports annuels exigés par l'a
rticle 62 de la loi et les états financiers
qui en sont une composante, les institutions doivent produire au Ministre et, dans le cas des
organes financiers, à la Banque Centrale et à la Commission Bancaire, les rapports internes
de vérification et d'inspe
ction, en cas d'infractions aux dispositions légales ou réglementaires
ou de pratiques préjudiciables aux intérêts des déposants et des créanciers (L. 65).
Il convient également de ne pas omettre l'obligation qui avait été faite au comité
de crédit et au conseil de surveillance, comme mentionné au condensé N° 12, de
transmettre, à la fin de l'exercice financier de la mutuelle, le rapport de leurs activités au
conseil d'administration et de le présenter dans le cadre de l'assemblée générale (S. 49 et
D.17).
Le conseil d'administration doit également rendre compte de son mandat et
présenter le rapport de l'institution lors de l'assemblée générale (R. 17).
Doivent également faire l'objet d'un rapport, assorti de recommandations,
adressé au conseil d'administ
ration de l'institution concernée et à l'institution à laquelle elle
est affiliée, les rapports des anomalies constatées dans le cours des opérations de
surveillance et de contrôle (L. 60).
Le conseil de surveillance doit en outre faire rapport au Ministre de tout
manquement constaté dans le fonctionnement de l'institution qui n'a pas été corrigé suite à
une assemblée générale extraordinaire. Il fait également rapport au comité de déontologie
et, selon le cas, au Ministre, des cas de non-respect des règles de déontologie (S. 54).
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 18
L'ensemble de ces dispositions vise à organiser l'information des membres et
responsables de l'institution ainsi que celle de l'autorité de tutelle sur le fonctionnement de
l'institution.
Avis
L'agrément des organes financiers e
st assujetti à l'obtention d'un avis conforme
de la Commission Bancaire (L. 46) dans la mesure où ces institutions relèvent du régime de
la loi portant réglementation bancaire.
Les cas de fusion et scission d'institutions requièrent l'avis de l'institutio
n à
laquelle elles sont affiliées (D. 26 et 27). Par ce biais, il est recherché une association de ces
dernières à la prise de décision.
États statistiques et autres documents.
L'article 64 de la loi prévoit que le Ministre et, s'agissant des organes anciers,
fin
la Banque Centrale et la Commission Bancaire, sont habilités à demander communication de
tous documents, états statistiques, rapports et tous autres renseignements nécessaires à
l'exercice de leur mission.
TABLEAU DE BORD1
Le survol des mécanismes de contrôle intégrés à la réglementation permet de
réaliser les efforts consentis pour assurer une bonne maîtrise de la gestion des institutions et
un suivi fiable donnant la possibilité aux responsables de ces dernières de disposer d'outils
permettant d'atteindre le plus rapidement possible l'autonomie de gestion.
Parmi ces outils clefs dans la maîtrise de la gestion d'une institution figure le
tableau de bord.
Définition du tableau de bord
Le tableau de bord est un outil de gestion constitué d'informations synthétisées
ayant trait aux différents aspects des fonctions d'une institution. Il présente, sous forme de
faits saillants, des informations relatives à l'ensemble des fonctions de l'institution.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 18 5
En effet, la mise en place d'un système de u
sivi permet en premier lieu aux
dirigeants de se faire une idée générale sur l'état de santé de leur institution par l'analyse
des principaux indices qu'il contient.
En second lieu, à la suite de l'identification des points faibles, seront identifiés les
principales actions à prendre pour corriger les éventuels problèmes.
Enfin, le tableau de bord permet aux dirigeants de suivre les résultats obtenus
lors de la mise en place des actions correctives.
Il est également nécessaire de mentionner que les informations dont disposeront
les administrateurs, grâce aux tableaux de bord, leur permettront d'obtenir des informations
nécessaires à l'élaboration du plan de travail annuel.
Fréquence de production des tableaux de bord
La fréquence de la production des tableaux de bord est tributaire d'un certain
nombre de critères tels que l'importance des activités, l'environnement dans lequel évolue
l'institution, etc. S'il n'existe pas à proprement parler de fréquence idéale, il demeure évident
que la capacité de réaction des dirigeants à une situation donnée est directement liée à la
fréquence de la production d'états de la situation. Avec une périodicité trimestrielle, par
exemple, les problèmes pourraient être rapidement identifiés pour être résolus avec célérité.
Il est cependant possible que tous les indices ne puissent être disponibles selon la
périodicité fixée. Dans ce cas, on pourrait envisager la production de tableaux de bord sur
une base trimestrielle qui pourraient être «allégés» alors qu'annuellement l'inst
itution pourrait
produire un relevé plus complet.
Utilisation des tableaux de bord
Le tableau de bord permet aux utilisateurs, par le biais d'un système de cotation,
de déterminer l'état de santé d'une institution. Ce système facilite, par ailleurs, la
classification des institutions. Cette catégorisation aura un impact sur la gestion de
l'institution et permettra de définir entre autres le niveau de supervision et d'autonomie
décisionnelle de celle-ci.
La cotation de l'institution est établie en fonctio
n d'indicateurs
-clés de la santé
économique et financière d'une institution de base. Ces indicateurs sont choisis afin de
permettre de couvrir l'ensemble des fonctions remplies, à savoir :
6 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 18
• l'autonomie financière ;
• l'épargne ;
• le crédit ;
• la présence de l'institution dans le milieu.
Il importe de noter que le choix des indicateurs peut varier considérablement d'un
réseau à un autre en fonction des orientations choisies par les dirigeants de ces réseaux.
Chaque indicateur se voit attribuer une note maximale. La note obtenue par
l'institution pour un indice est fonction des résultats obtenus par le calcul des facteurs.
Ainsi les dirigeants peuvent disposer de façon régulière des éléments relatifs à
l'état de santé de leur institution.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 18 7
8 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 18
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 19
Fonctionnement d’une mutuelle
d’épargne et de crédit
I NFORMATION DES AUTORITES DE CONTROLE
__________________
Pour s'acquitter adéquatement de leur rôle, les autorités de tutelle et de contrôle
doivent forcément pouvoir disposer d'une information complète e
t fiable sur l'institution.
DEVOIR D'INFORMATION. DESTINATAIRES ET SANCTIONS
Cette information est utile aussi bien pour le contrôle interne que pour le contrôle
externe. En effet, cette information servira en premier lieu à l'organe de contrôle ou au
conseil de surveillance de l'institution, puis au service d'inspection
-vérification du réseau.
Pour le contrôle externe, elle s'adressera au Ministre, puis à la Banque Centrale et à la
Commission Bancaire.
L'article 58 de la loi, comme mentionné dans le con
densé N° 12, établit l'étendue
et la nature du contrôle de même que le droit des organes de contrôle d'exiger la
communication de tous documents et informations nécessaires dans l'exercice de leur
fonction, sans que le secret professionnel ne leur soit opposable.
L'article 16 du décret est plus explicite s'agissant des attributions du conseil de
surveillance de l'institution mentionnées dans le condensé N° 11.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 19
Pour ce qui concerne le réseau, la loi précise en son article 57, que toute union,
fédération ou confédération est chargée d'assurer le contrôle sur pièces et sur place, des
opérations des institutions qui lui sont affiliées et de ses organes financiers. A cet effet, elle
peut édicter tous manuels de procédures, sous réserve que ceux-ci soient conformes aux
normes édictées en la matière par la Banque Centrale ou la Commission Bancaire. Elle est
tenue de procéder, au moins une fois l'an, à l'inspection des institutions qui lui sont affiliées
et de ses organes financiers.
L'article 62 de la loi qui fai
t également obligation à l'union, à la fédération ou à la
confédération de produire un rapport annuel sur une base consolidée. C'est dire que ces
deux derniers articles supposent que les structures faîtières disposent d'une information
adéquate de la part de leurs membres.
Pour leur part, les articles 63, 64 et 65 de la loi désignent formellement le
Ministre, la Banque Centrale et la Commission Bancaire comme destinataires des
informations.
Enfin, la réglementation prévoit des sanctions pour tout défaut de communication
aux destinataires des statistiques et des informations, pour communication de documents ou
renseignements sciemment inexacts ou falsifiés ou pour opposition aux contrôles auxquels
tant le Ministre que la Banque Centrale ou la Commission Bancaire veulent procéder (L. 76
et 79).
NATURE DES INFORMATIONS DESTINEES AUX AUTORITES DE CONTROLE
L'information des autorités de contrôle consiste, en premier lieu, en des rapports
et états financiers annuels qui sont communiqués au Ministre périodiquement alors que ceux
des confédérations, des fédérations ou des organes financiers le sont, en outre, à la Banque
Centrale et à la Commission Bancaire (L. 63).
Il en est de même des rapports assortis de recommandation, à la suite
d'anomalies consta
tées dans les opérations de surveillance et de contrôle des institutions.
Copie de ces rapports est transmise au Ministre et, dans le cas de l'organe financier,
également à la Commission Bancaire et à la Banque Centrale (L. 60).
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 19
En second lieu, il s'agit de documents qui peuvent être exigés, de manière
ponctuelle, à l'occasion d'une quelconque opération de vérification ou de contrôle. En vertu
de l'article 64 de la loi, il est mentionné, que le Ministre et, s'agissant des organes
financiers,
la Banque Centrale et la Commission Bancaire, sont habilités à demander communication de
tous documents, états statistiques, rapports et tous autres renseignements nécessaires à
l'exercice de leur mission.
Enfin, l'article 65 prévoit que les apports
r internes de vérification ou d'inspection
sont adressés au Ministre et, dans le cas des organes financiers, à la Banque Centrale et à
la Commission Bancaire qui peuvent, en cas d'infractions aux dispositions légales ou
réglementaires ou de pratiques préjudiciables aux intérêts des déposants et des créanciers,
exiger la mise en oeuvre de mesures appropriées de redressement et prendre des
sanctions.
CONTENU DU RAPPORT ANNUEL
L'obligation de produire un rapport annuel au terme de chaque exercice socia
l
est faite à toute union, fédération ou confédération sur une base consolidée. L'organe
financier et l'institution de base non affiliée à un réseau doivent également produire un
rapport annuel (L. 62).
Le deuxième alinéa dudit article précise pour sa part le contenu du rapport
annuel. Ce rapport comprend, en sus des informations sur les activités de l'institution, les
états financiers approuvés par l'assemblée générale et établis selon les normes déterminées
par instructions de la Banque Centrale et de la Commission Bancaire.
Le rapport annuel peut ainsi comporter deux volets: les activités de l'institution et
les états financiers.
Informations sur les activités
Il s'agit en somme d'apporter des précisions sur les activités de l'institution, au
moins en ce qui concerne :
• l'environnement économique de l'institution ou de l'organe financier, au cours
de l'exercice concerné ;
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 19 3
• l'évolution dans les pratiques mutualistes, la vie du réseau et le
développement de la gamme des activités (économiques, sociales) ;
• l'exposé des agrégats généraux caractéristiques de l'évolution: sociétariat,
adhésions, retraits, naissance d'institutions, dépôts, crédits, épargne
individuelle moyenne, caractéristiques de dispersion, etc. ;
• les généralités sur la gestion (financière, humaine) et les rapports avec les
autorités de tutelle et de contrôle ;
• les changements intervenus dans l'organisation du réseau ;
• les difficultés rencontrées.
Les états financiers
Quant aux états financiers, ils concernent certains documents indispensables à
une appréciation normale de la gestion de l'institution, notamment :
• le bilan ;
• le compte de résultat ;
• l'état synoptique des ratios internes et des ratios réglementaires à la date
d'arrêté des comptes ;
• l'état des amortiss
ements et provisions à l'ouverture et à la clôture de
l'exercice ;
• l'état des engagements hors
-bilan, reçu ou donnés ;
Le condensé N° 18 fournit plus de détails sur cette question.
Nature des instructions édictéesl2ar les autorités de contrôle
Certaines dispositions de la réglementation sur les mutuelles d'épargne et de
crédit portent sur des procédures ou des aspects qui font appel à des instructions édictées
par les autorités de contrôle en raison de leur caractère technique.
Ainsi, l'article55 du décret détermine que les éléments pris en compte dans les
calculs des ratios prudentiels prévus au décret (art. 48 à 54) ainsi que les modalités de calcul
sont précisés par instructions de la Banque Centrale.
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 19
Egalement, pour les fins du contrôle et dans un souci d'harmonisation des
procédures, est-il prévu à l'article 57 de la loi, la possibilité pour toute union, fédération ou
confédération d'édicter tous manuels de procédures sous réserve que ceux
-ci soient
conformes aux normes édictées en la matière par la Banque Centrale ou la Commission
Bancaire.
De même, l'article 62 prévoit la détermination de normes, par instructions de la
Banque Centrale et de la Commission Bancaire, pour la préparation des états financiers.
L'article 58 du décret prévoitégalement que des instructions de la Banque
Centrale précisent les règles particulières de gestion financière, de politique de la monnaie et
du crédit, applicables aux organes financiers.
Enfin, dans les dispositions finales du texte de loi, il est indiqué que des
instructions de la Banque Centrale et de la Commission Bancaire, déterminent, en tant que
de besoin, les dispositions applicables dans leurs domaines de compétence. Il consacre, en
quelque sorte, le principe général des prérogatives respectives de ces autorités de contrôle
en matière d'instructions (art. 83).
CONSERVATION DES ETATS FINANCIERS
Les délais imposés pour la conservation de données financières comptables
relèvent de dispositions de lois générales ou du Code de commerce et peuvent couvrir
souvent de longues périodes. L'obligation de conservation de ces données est donc
réaffirmée par l'article 50 de la loi.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 19 5
6 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 19
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 20
Structuration du réseau
A VANTAGES, CONSTITUTION ET
FONCTIONNEMENT DU RESEAU
__________________
AVANTAGES DU RESEAU
La réglementation sur les mutuelles d'épargne et de crédit offre toute la latitude
aux mutuelles de se structurer en réseau.
Il s'agit d'une orientation tout à fait facultative, conforme sans doute au principe
de la «porte ouverte». Les articles 38, 41 et 44 de la loi consacrent ce principe et reflètent
fidèlement ainsi les attentes exprimées par les intervenants au cours du processus de
concertation sur le projet de réglementation.
Plusieurs dispositions visent à favoriser le maillage des institutions et beaucoup
d'autonomie est laissée au réseau en termes d'auto
-contrôle notamment.
Ainsi, les institutions de base non affiliées à un réseau se voient assujetties à
l'application d'une série de dispositions qui relèveraient autrement de
la compétence de
l'institution faîtière. C'est le cas des prescriptions prévues à l'article 29 de la loi dont les
institutions de base affiliées se voient naturellement dispensées.
Il en est de même de l'obligation faite aux articles 62 et 63 de la loi d
e préparer et
de transmettre au Ministre un rapport annuel. Cette disposition ne s'applique pas aux
institutions de base affiliées à une union. Obligation est faite par ailleurs à l'union de produire
tel rapport sur une base consolidée (L. 62).
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 20
Il en résulte que ces dispositions doivent se lire à la lumière des attributions
relevant des structures faîtières en matière de surveillance et de contrôle. Les précautions
ainsi prises par le législateur dispensent donc l'autorité de tutelle de joindre directement
l'institution de base affiliée, bien qu'elle puisse toujours le faire par son obligation générale
de contrôle de l'article 66 de la loi où il est prévu que le Ministre peut procéder ou faire
procéder à tout contrôle des institutions.
La préférence accordée à la structuration en réseau s'explique par le fait qu'elle
est de nature à permettre à la plupart des institutions de prendre un essor significatif, voire
même de franchir un seuil de rentabilité respectable.
Le regroupement des institutions en réseau leur permet en effet :
• de s'offrir des services et des outils communs accessibles grâce aux
économies d'échelle; c'est entre autres le cas pour le service d'inspection
-
vérification, le service de formation, celui d'assurances, de caisse centrale
etc. :
• d'affirmer et de renforcer leur autonomie dans leurs représentations auprès
de l'Etat, des partenaires et des bailleurs de fonds ;
• de s'entraider, en périodes difficiles, en permettant de recourir à
l'interfinancement grâce à une surface financièreplus importante ;
• d'échanger et de partager des expériences, des outils et des stratégies;
• d'accroître leur indépendance face aux autorités de contrôle par le biais du
renforcement de l'auto
-contrôle ;
• de renforcer leur solidarité financière.
L'a
rticle 2 de la loi, en son paragraphe 8°), définit le réseau comme «un
ensemble d'institutions affiliées à une même union, fédération ou confédération» .On peut
immédiatement observer la grande souplesse laissée aux intervenants pour que le réseau
réponde vraiment aux institutions qui le créent. Il se présentera des situations où une union
suffira, alors que d'autres cas de figure atteindront le troisième niveau, voire même la mise
en place d'une confédération.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 20
CONSTITUTION DU RESEAU
Il en est de la constitution proprement dite d'une union, d'une fédération et d'une
confédération sensiblement comme celle d'une institution de base en ce sens qu'elles sont
constituées, à l'instar des institutions de base, conformément aux articles 16 à 22 de la loi
ainsi qu'aux articles 2 à 4 du décret, sauf quelques dérogations.
Le condensé N° 6 relatif à la tenue d'une assemblée générale constitutive fournit
des informations sur la procédure de mise en place de ces structures sous réserve d'y
apporter des adaptations.
Ainsi, l'agrément est une condition sine qua non à l'exercice d'activités d'une
union, d'une fédération ou d'une confédération (L. 46). Il n'est pas question de
reconnaissance dans leur cas. Une précision toutefois, dans le cas d'une confédération
regroupant des fédérations de plus d'un pays de l'UMOA, l'agrément est alors accordé par le
Ministre du pays où la confédération à son siège social.
Les modalités d'octroi et, le cas échéant, de retrait d'agrément sont déterminées
aux articles 31 à 36 du décret et sont identiques à celles prévues pour les institutions de
base.
Evidemment, le rôle de l'institution de base s'exercera différemment par rapport
au réseau selon que son existence est antérieure ou postérieure à la constitution du réseau.
Dans le premier cas, elle devient membre fondateur et joue le même rôle que le membre
fondateur pour la mise en place d'une mutuelle. Dans le second cas, l'institution de base,
conformément aux termes d'une convention d'affiliation, adhère à l'union et s'engage à en
respecter les textes constitutifs et, le cas échéant, ceux de la fédération à laquelle cette
dernière est elle-même affiliée.
Les deux cas de figure sont susceptibles de se présenter pour l'adhésion des
unions à une fédération et, ultérieurement, des fédérations à une confédération.
La loi précise en outre qu'une institution de base, une union ou une fédération ne
peut réciproquement être membre de plus d'une union, d'une fédération ou d'une
confédération ayant la même vocation.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 20 3
Précisons que, exceptionnellement, une institution de base peut s'affilier
directement à une fédération et qu'une union peut s'affilier directement à une confédération
lorsque dans la zone géographique de l'institution ou de l'union concernée, il n'existe pas
d'institution de rang imm
édiatement supérieur affiliée à la structure faîtière (D. 46 et 47).
Dans de tels cas, plutôt que d'être privée des avantages liés à l'appartenance à
un réseau, l'institution de base ou l'union peut se prévaloir de ce régime d'exception jusqu'à
ce que soit constituée une union dans le premier cas ou une fédération dans le second.
FONCTIONNEMENT DU RESEAU
Quant au fonctionnement de ces structures, il ne diffère guère de celui des
institutions de base, si l'on se réfère au rôle des organes, à leur composit
ion, à leurs
interrelations et à leur fonctionnement.
Il en est de même pour les exonérations fiscales de même que pour les
conditions et modalités de fusion, de scission, de dissolution et de liquidation (L. 30 à 37).
Ces structures peuvent également, comme les institutions de base, faire l'objet
de mesures de redressement et être mises sous administration provisoire par le Ministre (L.
65 et 69).
Là où des différences substantielles surgissent, c'est au chapitre des fonctions
dévolues aux unions, aux fédérations et aux confédérations, en particulier en matière de
surveillance et de contrôle, de représentation au plan national et international, de prestation
de services, etc.
Ces différences sont toutefois plus ténues en regard des institutions de base qui
ne sont pas affiliées à un réseau étant donné que ces dernières assument en pratique les
fonctions que l'union et, éventuellement, la fédération sont appelées à exercer à l'endroit de
leurs membres. Le condensé N° 21 définit l'étendue de ces particular
ités propres aux
différents niveaux du réseau.
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 20
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 21
Structuration du réseau
F ONCTIONS PROPRES AUX DIFFERENTS
NIVEAUX D’ INSTITUTIONS ET INTERRELATIONS
__________________
FONCTIONS PROPRES AUX DIFFERENTS NIVEAUX
Les différents cas de figure susceptibles de se présenter dans la sous-région, ont
incité à une certaine similitude entre les fonctions des unions, celles des fédérations et,
parfois, celles des confédérations. Il importe qu'un réseau qui se limiterait à deux nivea
ux
puisse se développer de la même manière que celui qui compte trois, voire quatre niveaux.
Il suffit en effet de rapprocher le contenu des articles 39, 40 et 42 de la loi pour
observer ces ressemblances. A l'article 42, s'agissant de la fédération, ilste indiqué une
fonction additionnelle qu'est celle de «définir, à l'usage de ses membres et, s'il y a lieu, de
l'organe financier, les grandes orientations d'un code de déontologie»,
A l'article 39 il est mentionné que la mission des unions est «de protég
er et de
gérer les intérêts de leurs membres, de leur fournir des services de tous ordres, notamment
administratif, professionnel et financier en vue de concourir à la réalisation de leurs
objectifs».
On ajoute qu'elles «agissent en qualité d'organisme de
surveillance, de contrôle
et de représentation des institutions de base qui leur sont affiliées».
A l'article 40, on énumère les principales opérations d'une union, à savoir
:
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 21
« 1°) - apporter à ses membres et, s'il y a lieu, à l'organe financier, une
assistance technique notamment en matière de gestion, de comptabilité,
de finances, d'éducation et de formation ;
2°) - vérifier et contrôler les comptes et les états financiers de ses membres
ainsi que, s'il y a lieu, de l'organe financier :
3°) - inspecter les institutions de base et, s'il y a lieu, l'organe financier ;
4°) - promouvoir des institutions de base ;
5°) - représenter ses membres auprès de la fédération à laquelle elle est
affiliée et, si elle ne l'est pas, aux plans national et interna
tional »
Quant à l'article 42, il détermine les fonctions de la fédération. Cette dernière
« assure des fonctions techniques, administratives et financières au bénéfice de ses
membres. Elle est notamment chargée :
1°) - de fournir une assistance technique à ses membres et, s'il y a lieu, à
l'organe financier notamment en matière d'organisation, de fonctionnement,
de comptabilité, de formation et d'éducation ;
2°) - d'exercer un contrôle administratif, technique et financier sur ses membres,
sur les institutions affiliées à ces membres et, s'il y a lieu, les organes
financiers ;
3°) - d'inspecter ses membres, les institutions affiliées à ces membres et, s'il y a
lieu, les organes financiers ;
4°) - d'assurer la cohérence et de promouvoir le dé
veloppement du réseau: en
favorisant la création d'unions et d'institutions
;
5°) - de représenter ses membres auprès de la confédération, aux plans
national et international ;
6°) - de définir, à l'usage de ses membres et, s'il y a lieu, de l'organe ncier,
fina
les grandes orientations d'un code de déontologie».
S'agissant de la confédération il est précisé, à l'article 45 de la loi qu'elle «assure
toutes fonctions que lui confient ses membres». C'est dire que, selon les cas, il se peut que
ses attributions se rapprochent de celles de l'union et de la fédération également.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 21
Cette souplesse se manifeste également par le pouvoir de délégation qui est
accordé à la fédération et à la confédération à l'endroit des unions et des fédérations
réciproquement en ce qui concerne certains de leurs pouvoirs de contrôle et de surveillance.
Par ailleurs, pour éviter les doubles emplois et les chevauchements inutiles au
sein d'un réseau, le législateur prévoit, à l'article 54 de la loi, la possibilité d'un partage des
attributions communes à plusieurs institutions de niveaux différents du réseau.
Ainsi, précise-t-on, « lorsque plusieurs institutions d'un réseau se voient confier
par la loi une même attribution, il leur appartient de déterminer, par règlement, laquelle
d'
entre elles doit exercer cette attribution».
Enfin, les statuts et les règlements de l'union, de la fédération et, le cas échéant,
de la confédération, établissent les modalités de fonctionnement ainsi que l'étendue, les
limites et les conditions d'exerci
ce des pouvoirs de chacun de leurs organes (L. 12 et D. 5).
Ce survol des fonctions propres aux différents niveaux d'institutions nous permet
d'observer l'importance accordée, au sein d'un réseau, aux fonctions de surveillance et de
contrôle qui sont traitées dans les condensés N° 17 et 18.
INTERRELATIONS ENTRE LES INSTITUTIONS DE DIVERS NIVEAUX
La force d'un réseau repose essentiellement sur la nature et la fréquence des
interrelations qui animent ses diverses composantes tant au plan horizontal (d'un m
ême
niveau) que vertical (inter-niveaux). Il est souhaitable que cette synergie favorise un maillage
serré des institutions et assure l'unité de pensée, la poursuite d'objectifs communs et un
partage harmonieux des responsabilités.
Par ailleurs, le condensé N° 20 indique que la réglementation sur les mutuelles
d'épargne et de crédit favorise nettement ce maillage.
Il apparaît opportun de faire état de quelques exemples d'interrelations au sein
d'un réseau.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 21 3
a) - A l'occasion d'événements importan
ts dans la vie des institutions
• Demande d'agrément
La demande d'agrément, dans le cas des unions, des fédérations et des
confédérations, est accompagnée de toute pièce attestant de la reconnaissance
ou de l'agré
ment, selon le cas, des institutions affiliées (D. 28).
Dans le cas d'une institution en voie d'affiliation à un réseau ou en cours de
constitution au sein d'un réseau, la demande d'agrément peut être introduite par
le réseau (D. 29).
• Cas de fusion et de scission
Dans le cas de fusion et de scission, on requiert l'avis de l'institution à laquelle
l'institution concernée est affiliée (D. 26 et 27).
• Opérations de liquidation
Les unions, fédérations et confédérations peuvent être, par la décision de
dissolution, associées à la conduite des opérations de liquidation des institutions
qui leur sont affiliées ou de leurs organes financiers (L. 35).
• Administration _provisoire
La décision de mise sous administration provisoire peut être prise également à la
demande d'un organe d'une institution à laquelle l'institution visée est affiliée ou à
la demande du réseau qui à créé l'organe financier (L. 69).
• Assemblées Générale
L'avis de convocation à l'assemblée générale doit également être adressé à
l'inst
itution à laquelle l'institution concernée est affiliée (S. 26).
L'assemblée générale extraordinaire peut se tenir à la demande du conseil
d'administration de l'union, de la fédération ou de la confédération, selon le cas
(S. 33).
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 21
• Modifications des statuts et des règlements
Copie des statuts, des règlements et de leurs modifications doit être trans-
mise par l'institution affiliée à l'union, à la fédération ou à la confédération, selon
le cas (S. 78).
• Destitution d'un membre d'un organe
L'institu
tion concernée par la destitution d'un membre d'un organe doit
transmettre copie de la décision, dans les quinze jours de cette dernière, à
l'institution à laquelle elle est affiliée.
b) - En matière de contrôle et de surveillance
• Inspection annuelle
Toute union, fédération ou confédération est tenue de procéder, au moins une
fois l'an, à l'inspection des institutions qui lui sont affiliées et de ses organes
financiers (L. 57).
En regard de cette obligation d'inspection, l'union, la fédération ou la
confédération a droit à communication de tous documents et informations
nécessaires à l'exercice de leurs fonctions, sans que le secret professionnel leur
soit opposable (L. 58).
• Délégation de pouvoirs
La fédération peut déléguer certains de ses pouvoirs de contrôle et de
surveillance aux unions membres. Il en est de même de la confédération à
l'égard de ses membres.
c) - En matière de conflits d’intérêt
• Condition d'éligibilité des membres des organes
L'une des conditionsprévues à l'article 18 du décret consiste à n'exercer aucune
activité rémunérée au sein de l'institution ou du réseau.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 21 5
• Cumul des fonctions au sein des organes
A l'exception du comité de crédit, une même personne ne peut être membre
d'organes d'adminis
tration et de gestion ou d'un organe de contrôle de plusieurs
institutions d'un même niveau ou d'organes financiers d'un même réseau (D. 21).
• Code de déontologie
L'article 42 de la loi confie à la fédération la tâche de définir, à l'usage de ses
membres et, s'il y a lieu, de l'organe financier, les grandes orientations d'un code
de déontologie.
d) - En matière de règlement des différends
Le réseau est également impliqué lorsqu'un membre non satisfait de la décision
de l'assemblée générale de son insti
tution décide de soumettre le différend à l'arbitrage du
conseil d'administration de l'institution à laquelle son institution est affiliée (S. 72 et R.27).
e) - En matière de partage des attributions
L'article 54 de la loi précise que « lorsque plusieursinstitutions d'un réseau se
voient confier par la loi une même attribution, il leur appartient de déterminer, par règlement,
laquelle d'entre elles doit exercer cette attribution ».
6 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 21
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 22
Structuration du réseau
ORGANE FINANCIER
______________
QU’EST CE QU’UN ORGANE FINANCIER ET QUELLE EST SA PLACE DANS LA
REGLEMENTATION ?
L'article 2 de la loi définit l'organe financier comme «une structure créée par un
réseau et dotée de la personnalité morale dont l'objet principal est de centraliser et de gérer
les excédents de ressources des membres du réseau».
Dans le condensé N° 1 relatif à l'origine et au champ d'application de la loi, il a
été indiqué que les organes financiers, bien que mentionnés à quelques reprises dans la loi,
sont régis en ce qui concerne leur contrôle et leurs règles de gestion par les dispositions de
la loi bancaire sous réserve de certaines dérogations.
Le législateur ne fait pas obligation au réseau de se doter d'un organe financier, il
s'agit d'une décision facultative (L. 55). L'idée d'int
roduire cette possibilité dans la loi, trouve
son origine dans le souci du législateur de permettre aux réseaux qui le jugent opportun de
se doter d'une structure de gestion appropriée pour prendre en charge un volume
relativement important d'excédents deressources et d'opter pour le statut de banque ou
d'établissement financier. Ce faisant, l'organe financier, est à même d'effectuer pour le
compte des membres de l'institution toutes les transactions que peuvent réaliser les
banques.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 22
L'article 55 de la loimentionne que l'organe financier est constitué sous forme de
société à capital variable obéissant aux règles d'action mutualiste ou coopérative. Il a le
statut de banque ou d'établissement financier et est régi par la loi bancaire sous réserve de
dérogations. L'organe financier est donc une entité autonome au plan juridique.
L'objectif visé par les dispositions afférentes à l'organe financier est de permettre
aux institutions mutualistes qui le souhaitent, d'accéder au statut de banque ou
d'établissementfinancier sans pour autant renoncer aux principes mutualistes. Il convient de
relever qu'auparavant ce statut était uniquement réservé aux sociétés constituées sous
forme de société anonyme ou à responsabilité limitée. Ce faisant, il est attendu une possible
diversification du paysage bancaire.
OBJET ET FONCTIONS DE L'ORGANE FINANCIER
En vertu de l'article 56 de la loi, l'organe financier a principalement pour objet de
centraliser et de gérer les excédents de ressources des institutions qui l'ont créé.
Dans le cadre de l'exercice de ses fonctions, il peut :
• exercer un rôle d'agent de compensation des institutions et assurer le
refinancement, dans les conditions prévues par les statuts ;
• contribuer à assurer la liquidité des institutions membres et assurer leur
solidarité financière interne ;
• mobiliser des financements extérieurs ou une assistance technique au profit
de ses membres ;
• recevoir, dans les conditions définies par les statuts, des dépôts du public et
contribuer au placement des ressources mobilisées ;
• effectuer tous dépôts et consentir tous prêts ;
• gérer des fonds de liquidité ou des fonds de garantie, et procéder à des
investissements.
On ajoute également au même article que, pour réaliser leurs objectifs, les
organes financiers peuvent émettre des titres et réaliser des emprunts, dans les conditions
prévues par les législations en vigueur.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 22
Le fait d'avoir le statut de banque accorde à l'organe financier la faculté
d'exécuter de
s ordres de virement et de gérer des dépôts disponibles par chèque pour le
compte de sa clientèle, ce que l'article 24 de la loi interdit aux simples institutions, à
l'exclusion des ordres de paiements internes au profit exclusif des membres ou de
l'instit
ution.
L'article 57 du décret ajoute, pour sa part, que lorsqu'il est constitué sous forme
d'établissement financier, l'organe financier est habilité à recevoir des dépôts de fonds du
public, dans les conditions précisées dans la décision d'agrément. L'or
gane financier peut en
outre négocier les lignes de crédit et, d'une manière générale, mobiliser tous financements
extérieurs. Ses emplois peuvent consister en opérations de crédit, de placements ou en
investissements. Par ces dispositions, il est aménagé des avantages en faveur des
institutions mutualistes en ce sens que le régime de droit commun interdit aux
établissements financiers de recevoir des dépôts du public.
Toujours en raison de son agrément en qualité de banque ou établissement
financier, l'organe financier peut disposer d'un compte dans les livres de l'institut d'émission,
bénéficier du refinancement de la Banque Centrale et avoir accès au marché monétaire de
l'UMOA. De ce fait, les institutions mutualistes d'épargn
e et de crédit qui le souhaitent
peuvent s'affranchir de la tutelle du système bancaire traditionnel et acquérir une relative
autonomie dans la gestion de leurs ressources.
MODALITES DE CREATION DE L'ORGANE FINANC
IER
La loi et le décret ne s'appesantisse
nt pas sur les modalités de création de
l'organe financier. Seuls quelques éléments, du reste déjà évoqués, aux articles 2 et 55 de la
loi, puis à l'article 58 du décret, permettent d'en avoir une idée.
En somme, préalablement à leur demande d'agrément qu
i sera instruite et
donnera lieu à une décision selon les mêmes procédures que pour les banques et
établissements financiers, les membres d'un réseau (institutions de base, unions, ou
fédérations, selon le cas) se réuniront en assemblée constitutive. A cette étape, devraient
prédominer des procédures spécifiques au caractère mutualiste des institutions. Ainsi la
constitution de l'organe financier (qui est avant tout une structure mutualiste) devrait s'opérer
selon les mêmes modalités que celles prescrites aux institutions du réseau.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 22 3
Les fondateurs de l'organe financier auront ensuite à transmettre au greffe du
tribunal de commerce, pour enregistrement, les documents exigés à cet effet, issus de
l'assemblée constitutive.
La demande d'agrément pourra ensuiteêtre transmise au ministre des finances,
avec un dossier comportant les pièces requises, pour être instruite conformément à l'article 8
de la loi bancaire.
Ainsi, les étapes de l'enregistrement et de l'agrément correspondraient à des
formalités analogues à celles du système bancaire classique.
FONCTIONNEMENT DE L'
ORGANE FINANCIER
L'organe financier ayant été créé par le réseau, son assemblée générale ne peut
être que celle constituée par les institutions membres de la structure faîtière suprême dudit
réseau, à moins que par règlement, une autre structure ne soit indiquée en vertu de l'article
54 de la loi.
S'agissant en revanche du conseil d'administration de l'organe financier, il
pourrait être constitué de membres choisis au sein de l'assemblée généra
le, et partant,
distinct du conseil d'administration de l'institution faîtière.
Etant donné la nature de l'organe financier et l'envergure de ses activités, il serait
inopportun de prévoir la création d'un comité de crédit. Il semble plus indiqué d'envisa
ger la
mise en place de structures techniques chargées des différentes fonctions identifiées, sous
la direction du conseil d'administration.
Le contrôle interne de l'organe financier pourrait être assuré par l'organe de
contrôle de la structure faîtière. Ce dernier aura la possibilité de recourir aux prestations de
cabinets d'experts ou de structures privées d'audit. La certification des comptes devra être
assurée par un commissaire aux comptes, conformément aux dispositions de la loi bancaire.
Quant au contrôle externe, l'article 67 de la loi prévoit que la Banque Centrale et
la Commission Bancaire peuvent, de leur propre initiative ou à la demande du Ministre,
procéder à des contrôles sur place des organes financiers et de toutes sociétés sous le
contrôle de ces derniers, sans préjudice du contrôle prévu par la loi bancaire auquel ils sont
assujettis en leur qualité de banques ou établissements financiers.
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 22
Ajoutons que, en vertu de l'article 75 de la loi, les sanctions disciplinaires prises à
l'encontredes organes financiers sont prononcées par la Commission Bancaire.
NATURE DES RELATIONS AVEC LE RESEAU ET AVEC LES AUTORITES DE
TUTELLE
Relations avec le réseau
Les relations entretenues par l'organe financier avec le réseau sont
essentiellement des relations d'assistance en termes d'opérations financières. Comme il a
été souligné plus haut, l'organe financier élargit la gamme des activités menées par le
réseau. Ainsi, l'organe financier est habilité, aux termes de l'article 56, 4ème alinéa de la loi,
à effectuer des placements pour le compte du réseau. Ce dernier peut également confier à
l'organe financier la gestion de fonds de garantie ou de fonds de liquidité, ainsi que le rôle
d'agent de compensation.
Relations avec les autorités de tutelle
Les relations existant entre l'organe financier, d'une part, et le ministre chargé
des finances, le Conseil des Ministres de l'UMOA, la Banque Centrale et la Commission
Bancaire, d'autre part, sont des rapports de tutelle découlant non pas des textes régissant
les institutions financières coopératives, mais de la loi bancaire. C'est en vertu de cette
dernière que le ministre des finances, sous réserve de dérogations :
• peut donner ou refuser l'agrément à un organe financier sans être soumis à la
procédure de l'a
vis motivé assorti de délai (art. 8 de la loi bancaire):
• est compétent pour donner son autorisation préalable à l'organe financier à
l'occasion des changements des conditions d'exploitation (modification de la
forme juridique, transfert du siège social, fusion, absorption, dissolution
anticipée. etc. (art. 29 de la loi bancaire} :
• suspendre temporairement les activités des opérations de l'organe financier
(art. 60 de la loi bancaire), décider de nommer à sa tête, un administrateur
provisoire, ou un liquidateur (art. 61 et 62 respective- ment de la loi bancaire).
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 22 5
En vue de tenir compte de la spécificité des institutions mutualistes, il a été prévu
des dérogations comme le mentionne l'article 58 du décret; il s'
agit d'une dérogation aux
dispositions relatives au capital minimum pour être agréé comme banque ou établissement
financier dans le cadre de la loi bancaire. C'est l'article 23 de la loi portant réglementation
bancaire en effet qui fixe actuellement à un milliard de francs CF A pour une banque et, pour
un établissement financier, à 300 millions de francs CF A en la Côte d'Ivoire, à 200 millions
de francs CF A au Sénégal et à 100 millions de francs CF A pour les cinq autres pays
membres de l'UMOA, le montantdu capital minimum.
C'est également en vertu de la loi bancaire que le Conseil des ministres de
l'UMOA, la Banque Centrale et la Commission Bancaire peuvent exercer sur l'organe
financier leurs prérogatives en matière de contrôle (art. 39 à 42.44.45).
Pour sa part, l'article 58 du décret prévoit que les instructions de la Banque
Centrale précisent les règles particulières de gestion financière et de politique de la monnaie
et du crédit applicables aux organes financiers.
NATURE DES RAPPORTS DEVANT ETRE PRÉSENTES PAR L'ORGANE
FINANCIER
L'organe financier étant, par nature, créé en vue de remplir des fonctions
spécifiques pour le compte du réseau, il lui revient de produire, selon la périodicité et les
formes requises, des rapports sur l'exercice desditesfonctions.
Par ailleurs, dans le cadre du contrôle auquel il est soumis, l'article 62 de la loi
requiert de l'organe financier la production d'un rapport annuel. Ce rapport contient des
informations sur les activités de l'organe financier ainsi que les é
tats financiers établis selon
les instructions de la Banque Centrale et de la Commission Bancaire et approuvés par
l'assemblée générale.
Ce rapport est destiné au Ministre de même qu'à la Banque Centrale et à la
Commission Bancaire (L. 63).
6 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 22
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 23
Autorités de contrôle
R OLE DU MINISTRE DE TUTELLE
__________________
CHOIX DU MINISTRE DE TUTELLE
Le choix du Ministre chargé des Finances comme autorité de tutelle des
institutions mutualistes ou coopératives d'é
pargne et de crédit (article 15 de la loi) est motivé
par plusieurs raisons. Les principales sont les suivantes :
En premier lieu, les mutuelles d'épargne et de crédit sont d'abord des institutions
financières et partant des institutions jusque là assujetties à la loi portant réglementation
bancaire, en raison de leurs activités de collecte de l'épargne et d'octroi du crédit. Or cette loi
relève précisément du Ministre chargé des Finances.
En deuxième lieu, le Ministre chargé des Finances, fort de son expérience dans
le secteur bancaire, dispose des ressources compétentes pour assurer un suivi approprié de
la gestion financière des mutuelles d'épargne et de crédit. 7
Par ailleurs, le choix du Ministre chargé des Finances assure l'unicité de la tutelle
et permet d'éviter les chevauchements, les doubles emplois et les lourdeurs administratives.
Les coûts liés à l'exercice de plusieurs tutelles sont ainsi minimisés.
Au regard de la réglementation, le Ministre intervient au cours des principaux
événements qui marquent la vie des mutuelles d'épargne et de crédit, tels l'agrément et, le
cas échéant, la reconnaissance, ainsi que les cas de fusion, de scission, de dissolution et de
liquidation.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 23
Il est en outre habilité à intervenir dans l'application des règles d
e gestion
financière, notamment pour accorder certaines dérogations (D. 56).
Il joue un rôle de premier plan dans les opérations de surveillance et de contrôle
de ces mutuelles. Dans ce cadre, il est autorisé à recevoir une information appropriée sur le
fonctionnement de ces institutions.
Les axes dans lesquels doit s'exercer la tutelle du Ministre, à la lumière des
dispositions de la loi, du décret ainsi que des statuts et du règlement intérieur type, se
présentent comme ci-après.
AGREMENT ET, SELON LE CAS, RECONNAISSANCE DES INSTITUTIONS
En vertu de l'article 13 de la loi, les institutions de base affiliées à un réseau ne
peuvent exercer leurs activités dans le pays visé sans avoir été, au préalable, agréées ou
reconnues par le Ministre. Une institution de base non affiliée à un réseau doit solliciter
l'agrément du Ministre. L'agrément et la reconnaissance sont prononcés par décision du
Ministre.
Il en va de même pour les structures faîtières en vertu de l'article 46 de la loi qui
précise qu'aucune uni
on, fédération ou confédération ne peut exercer ses activités dans le
pays visé sans avoir été au préalable agréée et inscrite sur le registre des institutions tenu
par le Ministre.
RETRAIT DE L'AGREMEN
T ET, SELON LE CAS, DE LA RECONNAISSANCE
Le retrait de l'agrément et de la reconnaissance est prononcé par arrêté du
Ministre, comme en matière d'agrément et intervient dans les cas précisés par les articles 36
et 45 du décret (L. 47).
FUSION ET SCISSION D'INSTITUTIONS
Lorsque deux ou plusieurs institutions de même niveau se regroupent pour
fusionner et former une nouvelle institution ou, à l'inverse, lorsqu'une institution se scinde en
deux ou plusieurs institutions, l'autorisation du Ministre est requise dans le souci d'assurer la
protection des intérêts des membres et des tiers (L. 32 et D. 26 et 27).
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 23
DISSOLUTION ET LIQUIDATION D'UNE INSTITU
TION
Lorsque la dissolution d'une institution est volontaire, l'article 33 de la loi précise
que le Ministre doit en être informé dans les huit jours de la date de la prise de décision et il
peut alors prendre des mesures conservatoires.
La dissolution peut, par ailleurs, résulter d'une décision du Ministre, il s'agit alors
de la dissolution forcée.
Dans l'un ou l'autre cas, la dissolution entraîne la liquidationssortie
a de la
nomination d'un ou de plusieurs liquidateurs. Cette nomination se fait par l'assemblée
générale extraordinaire, lorsque la dissolution est volontaire et, par le Ministre, si la décision
de dissolution émane de ce dernier (L. 34).
INFORMATION DE L’AUTORITE DE TUTELLE
Dans l'exercice de son rôle de tutelle des mutuelles d'épargne et de crédit, le
Ministre est habilité à recevoir :
• les rapports et états financiers annuels des institutions (L. 63);
• les rapports internes de vérification ou d'inspection (L. 65) ;
• les rapports sur les anomalies constatées dans les opérations de surveillance
et de contrôle (L. 60).
Le Ministre peut en outre demander communication de tous documents, états
statistiques, rapports et tous autres renseignements nécessaires à l'exercice de sa mission
(L. 64).
Le condensé n° 19 consacré à l'information des autorités de contrôle fournit les
détails relatifs à l'information du Ministre.
OPERATION DE SURVEILLANCE ET DE CONTROLE
Le Ministre se voit doter par la loi de plusieurs moyens dans l'exercice de son
rôle de surveillance et de contrôle des institutions.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 23 3
D'abord, l'article 66 de la loi établit le principe que le
« Ministre peut procéder ou
faire procéder à tout contrôle des institutions », alors que l'article 68 précise que le secret
professionnel ne lui est pas opposable.
Dans la même voie, le Ministre peut demander à la Banque Centrale et à la
Commission Bancaire de procéder à des contrôles sur place des organes financiers et de
toutes sociétés sous le contrôle de ces derniers (L. 67).
Il va de soi que le Ministre peut exiger la mise en rouvre de mesures appropriées
de redressement et prendre des sanctions suite aux rapports internes de vérification ou
d'inspection, en cas d'infractions aux dis
positions légales ou réglementaires ou de pratiques
préjudiciables aux intérêts des déposants et des créanciers (L. 65).
Il peut également prendre des sanctions disciplinaires, à l'encontre des dirigeants
ou des institutions, qui peuvent aller jusqu'à ladestitution dans le premier cas et au retrait
d'agrément, dans le second (L. 74).
De même, la dissolution de l'institution peut résulter d'une décision du Ministre, à
la suite du retrait d'agrément par exemple (L. 33).
Enfin, le Ministre peut mettre sous administration provisoire une institution
lorsque sa gestion met en péril sa situation financière ou les intérêts de ses membres ou à la
demande de certaines instances CL. 69). Il peut alors décider de la mise en œuvre du
processus de liquidation lorsque la situation de l'institution concernée l'exige (L. 72).
RECOURS DES DECISIONS DU MINISTRE
La réglementation prévoit enfin une procédure de recours à l'encontre des
décisions du Ministre aux fins de protéger les institutions et leurs membres contre le risque
d'éventuelles décisions arbitraires de la part de l'autorité de tutelle.
Ce recours est prévu à l'article 84 de la loi qui se lit comme suit: « Les décisions
du Ministre peuvent faire l'objet d'un recours devant la juridiction compétente.»
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 23
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 24
Autorités de contrôle
R OLE DE LA BANQUE CENTRALE ET
DE LA COMMISSION BANCAIRE
__________________
LA BANQUE CENTRALE
La Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'OuestBCEAO)
( est l'Institut
d'Emission commun aux Etats membres de l'Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA).
Créée par le Traité du 12 mai 1962 revu en novembre 1973, l'UMOA résulte de la volonté
des Etats membres d'assurer le progrès de leurs économies national
es par une coopération
au sein d'un même espace monétaire.
La Banque Centrale jouit du privilège exclusif de l'émission monétaire et prête
son concours aux économies nationales dans les conditions définies par le Traité insti- tuant
l'UMOA et par ses Stat
uts. Ses opérations se rattachent à l'organisation et à la gestion du
système bancaire, monétaire et financier des Etats membres de l'UMOA.
Le rôle de la BCEAO a été renforcé dans le sens d'une gestion monétaire et
financière plus rigoureuse ainsi que d'u
ne intégration plus poussée des économies
nationales. La BCEAO assure également la gestion des avoirs extérieurs de l'Union, en
dehors du privilège de l'émission monétaire.
En relation avec la Commission Bancaire-UMOA créée en 1990, la Banque
Centrale veille à l'application de la réglementation bancaire et du crédit. L'une de ses
fonctions consiste également à surveiller la distribution du crédit et à contrôler la position
extérieure en francs et en devises des établissements bancaires et financiers.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 24
Par ailleurs, la Banque Centrale exerce auprès du Fonds Monétaire International,
la fonction d'agent financier des Etats de l'Union et peut prêter son concours aux
Gouvernements dans l'exécution de leurs relations financières et dans la négociation de
leurs emprunts ou la gestion de leur dette. En particulier, elle établit la balance des
paiements des pays de l'Union et participe à l'élaboration des textes de leurs
réglementations des changes.
Enfin, au cours de ces trois dernières années, la BCEAO a été amenée à jouer
un rôle actif dans le renforcement du processus d'intégration des Etats membres concrétisé
par la signature du Traité Constituant l'Union Economique et Monétaire de l'Afrique de
l'Ouest (UEMOA).
LA COMMISSION BANCAIRE
La constante préoccupation des Autorités monétaires est d'assurer une
intermédiation financière de qualité, saine et solide au service du financement de l'économie
tout en garantissant les intérêts des déposants. Ces préoccupations ont conduit à la création
en 1990 de la Commission Bancaire- UMOA.
Entrée en activité le 1er octobre 1990, la Commission Bancaire, dotée d'une
totale indépendance, a pour mission d'exercer le contrôle de l'activité bancaire dans tous les
pays de l'UEMOA. A cet effet, elle possède les pouvoirs les plus é
tendus en matière
d'investigation sur pièces et sur place, sans que le secret bancaire lui soit opposable. Elle
dispose par ailleurs de prérogatives larges, pour prendre des mesures administratives et des
sanctions disciplinaires, exécutoires de plein droit sur l'ensemble des territoires des pays
membres. Par ailleurs, elle donne non seulement son avis sur toute question relative à la
réglementation bancaire mais contribue également à l'élaboration des textes réglementaires.
ROLE DE LA BANQUE CENTRALE ET DE LA COMMISSION BANCAIRE DANS
L'APPLICATION DE LAREGLEMENTATION
Le condensé N° 1 a souligné le bien fondé de l'intervention de la Banque
Centrale, par le biais du Traité de l'Union, dans la préparation et la mise en rouvre de la
réglementation sur les mutuelles d'épargne et de crédit. Aussi, le présent condensé se
limitera-t-il à évoquer brièvement le rôle que sont appelées à jouer la Banque Centrale et la
Commission Bancaire aux termes de ladite réglementation.
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 24
A l'exception de quelques attributions spé
cifiques à chacune de ces institutions,
la plupart des attributions prévues dans la réglementation les concernant sont communes.
Attributions spécifiques à la Banque Centrale et à la Commission Bancaire
Les articles 55 et 58 du décret ne concernent que la Banque Centrale. L'article
55 stipule que les éléments pris en compte dans le calcul des ratios prudentiels ainsi que les
modalités de calcul sont précisés par les instructions de la Banque Centrale.
L'article 58 indique que les règles particuliè
res de gestion financière et de
politique de la monnaie et du crédit applicables aux organes financiers sont précisées par
instructions de la Banque Centrale.
Par ailleurs, les articles 46 et 47 de la loi assujettissent l'octroi de l'agrément des
organes financiers de même que son retrait, le cas échéant, à un avis conforme de la
Commission Bancaire.
C'est également à la Commission Bancaire qu'incombe la responsabilité de
prononcer les sanctions disciplinaires à l'encontre des organes financiers (L. 75).
Attributions communes à la Banque Centrale et à la Commission Bancaire
Quant aux attributions communes à la Banque Centrale et à la Commission
Bancaire, elles ont particulièrement trait à la mise à la disposition des institutions mutualistes
d'instructio
ns favorisant l'application de la réglementation. Ces attributions portent également
sur l'obligation pour les mutuelles de communiquer des informations aux autorités de
contrôle. Enfin, elles indiquent certains moyens susceptibles de faciliter l'exercicede leur rôle
de surveillance et de contrôle.
Appui aux réseaux
En vue de faciliter la tâche des unions, fédérations ou confédérations en ce qui
concerne le contrôle sur pièces et sur place de leurs membres et de leurs organes
financiers, ces dernières sont habilitées à élaborer des manuels de procédure, sous réserve
que ceux-ci soient conformes aux normes édictées en la matière par la Banque Centrale et
la Commission Bancaire (L. 57).
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 24 3
Il en est de même pour la préparation des états financiers de l'instit
ution qui
doivent être « établis selon les normes déterminées par instructions de la Banque Centrale
et de la Commission Bancaire » (L. 62).
Enfin, il est prévu à l'article 83 de la loi que des instructions de la Banque
Centrale et de la Commission Bancaire, déterminent, en tant que de besoin, les dispositions
applicables dans leurs domaines de compétence.
Information des autorités de contrôle
Dans le cadre des opérations de surveillance et de contrôle des organes
financiers, il est requis que copie des rapports constatant des anomalies soit adressée à la
Commission Bancaire et à la Banque Centrale (L. 60).
En outre, doivent être communiqués à la Banque Centrale et à la Commission
Bancaire les rapports et états financiers annuels des unions, fédérations ou confédérations
ainsi que des organes financiers (L. 63).
S'agissant des organes financiers, la Banque Centrale et la Commission
Bancaire sont habilitées en vertu de l'article 64 de la loi, à demander communication de tous
documents, états statistiques, rapports et tous autres renseignements nécessaires à
l'exercice de leur mission.
Enfin, toujours dans le cas des organes financiers, les rapports internes de
vérification ou d'inspection sont adressés à la Banque Centrale et à la Commission Bancaire
(L. 65).
Rôle de surveillance et de contrôle
Suite aux rapports internes de vérification ou d'inspection visés par l'article 65 de
la loi, la Banque Centrale et la Commission Bancaire peuvent, en cas d'infractions aux
dispositions légales ou réglementaires ou de pratiques préjudiciables aux intérêts des
déposants et des créanciers, exiger la mise en œuvre de mesures appropriées de
redressement et prendre des sanctions.
Pour sa part, l'article 67 de la loi établit le pouvoir, pour la Banque Centrale et la
Commission Bancaire, de procéder à des contrôles sur place des organes financiers et de
toutes sociétés sous le contrôle de ces derniers. Elles peuvent exercer ce pouvoir de leur
propre initiative ou à la demande du Ministre.
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 24
Précisons que le secret professionnel n'est opposable ni à la Banque Centrale ni
à la Commission Bancaire dans l'exercice de leur mission de surveillance du système
financier (L. 68).
Enfin, l'article 80 de la loi habilite la Banque Centrale et la Commission Bancaire
à présenter des requêtes pour l'engagement par le Ministère public de poursuites pénales
dans le cas d'infractions commises par les organes financiers.
En effet, le défaut de communiquer des statistiques et des informations destinées
à la Banque Centrale et à la Commission Bancaire de même le fait de leur communiquer des
documents ou renseignements sciemment inexacts ou encore de s'opposer au contrôle
qu'elles veulent exercer sur place des organes financiers et de toutes sociétés sous le
contrôle de ces derniers sont passibles de pénalités qui sont plus amplement décrites dans
le condensé N° 25 relatif à l'administration provisoire et aux sanctions (L. 76 et 79).
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 24 5
6 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 24
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 25
Autorités de contrôle
A DMINISTRATION PROVISOIRE ET SANCTIONS
__________________
La mise d'une institution sous administration provisoire est souvent assimilée à
tort comme une sanction. En fait, il s'agit d'une mesure conservatoire ou préventive visant à
sauvegarder la pérennité de l'institution concernée et par conséquent les intérêt
s de ses
membres.
L'initiative de cette mesure peut revenir soit à un organe de l'institution visée, soit
à une institution faîtière lorsque les dirigeants ne sont pas en mesure de relever le défi
auquel l'institution affIliée est confrontée, soit enfin àl'autorité de tutelle.
MISE SOUS ADMINISTRATION PROVISOIRE
Au sens de l'article 69 de la loi, la mise sous administration provisoire par le
Ministre peut intervenir :
• de sa propre initiative :
- lorsque la gestion de l'institution met en péril sa sit
uation financière ou les
intérêts de ses membres ;
• à la demande :
- soit de l'un des organes de l'institution ;
- soit d'un organe de l'institution à laquelle l'institution concernée est affiliée ;
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 25
- soit du réseau qui l'a créé, lorsqu'
il s'agit d'un organe financier.
La décision du Ministre doit être motivée. Par cette disposition, on veut protéger
les institutions contre des décisions arbitraires.
EFFET DE LA MISE SOUS ADMINISTRATION PROVISOIRE ET NOMINATION DE
L’ADMINISTRATEUR PROVISOIRE
La mise sous administration provisoire entraîne la suspension des pouvoirs des
dirigeants de l'institution qui sont transférés en partie ou en totalité à l'administrateur
provisoire (L. 70).
L'étendue des pouvoirs et des obligations de l'administra
teur provisoire de même
que la durée de son mandat sont précisées par la décision de nomination de l'administrateur
provisoire (L. 71).
Le Ministre peut mettre fin avant son terme ou proroger la durée du mandat de
l'administrateur provisoire (L. 72). Le h
coix de ce dernier peut se porter sur un représentant
de l'institution à laquelle l'institution concernée par la mesure est affiliée.
Cette situation se justifie surtout lorsque la demande de mise sous administra-
tion provisoire émane du réseau lui-même. On contribue ainsi à minimiser les coûts, sans
compter la connaissance du dossier dont dispose déjà le représentant en Question.
Lorsque la situation de l'institution l'exige, l'article 72 de la loi précise entre autres
que le Ministre peut décider de la mise en œuvre du processus de liquidation.
Quant à la procédure proprement dite de la liquidation, elle s'effectue
conformément aux règles relatives à la liquidation des sociétés commerciales (L. 37).
MESURES DE REDRESSEMENT
La mise sous administration provisoire peut donc être assimilée à une mesure
conservatoire en ce sens qu'un ultime effort est tenté pour rétablir la situation. Aussi
s'accompagne
-t-elle souvent de mesures de redressement quand elle ne vient pas pallier la
non réalisation d'un plan deredressement comme le recommandent les dispositions de
l'article 65 de la loi :
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 25
« Les rapports internes de vérification ou d'inspection sont adressés au Ministre et, dans le
cas des organes financiers, à la Banque Centrale et à la Commission Bancaire qui peuvent,
en cas d'infractions aux dispositions légales ou réglementaires ou de pratiques préjudiciables
aux intérêts des déposants et des créanciers, exiger la mise en oeuvre de mesures
appropriées de redressement et prendre des sanctions».
SANCTIONS
Catégories de sanctions
L'article 73 de la loi établit les catégories de sanctions applicables en cas
d'infraction, à savoir: les sanctions disciplinaires, pécuniaires ou pénales, selon les cas.
Les sanctions disciplinaires et pécuniaires visent les institutions elles-mêmes et
leurs dirigeants alors que les sanctions pénales proprement dites s'adressent à toute
personne, qu'il s'agisse des institutions ou de toutes autres personnes à l'origine d'infractions
visées aux articles 78 et 79 de la loi.
Sanctions disciplinaires
Les sanctions disciplinaires sont prises par le Ministre et revêtent un caractère de
graduation en fonction de la gravité des infractions commises. Par ordre d'importance,
l'article 74 de la loi prévoit les sanctions suivantes :
• l'averti
ssement :
• le blâme ;
• la suspension ou l'interdiction d'une partie ou de toutes les opérations de
l'institution ;
• la suspension ou la destitution des dirigeants ;
• le retrait d'agrément.
Dans tous les cas, les sanctions disciplinaires sont prises sans préjudice des
sanctions pénales de droit commun (L. 77). Ainsi, la suspension d'un dirigeant «indélicat»
n'enlève pas à une institution ou à un tiers, le droit de recours devant les tribunauxde droit
commun pour obtenir compensation pour le préjudice subi.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 25 3
Pour éviter les décisions arbitraires, la loi exige que chaque sanction soit motivée
et que l'intéressé ou son représentant, assisté éventuellement de tout défenseur de son
choix, soit entendu ou dûment convoqué ou invité à présenter ses observations par écrit (L.
74).
Rappelons qu'en vertu de l'article 84 de la loi, des décisions du Ministre peuvent
faire l'objet d'un recours devant la juridiction compétente.
De leur côté, les sanctions disciplinaires prises à l'encontre des organes
financiers sont prononcées par la Commission Bancaire (L. 75) du fait de leur
assujettissement à la loi bancaire.
Sanctions pécuniaires
Les sanctions applicables aux institutions peuvent également être d'ord
re
pécuniaire en cas de défaut de communication de statistiques ou d'informations au Ministre,
à la Banque Centrale ou à la Commission Bancaire (art. 76 de la loi). Le produit de la
pénalité est recouvré pour le compte du Trésor public.
Sanctions pénales
Deux types d’infractions sont sévèrement sanctionnées par le législateur au
chapitre des sanctions pénal est à savoir :
• l'utilisation abusive des appellations de «coopératives d'épargne et de crédit»
ou ((mutuelle d'épargne et de crédit» et autres prév
ues à l'article 10 de la loi,
sans avoir reçu la reconnaissance ou l'agrément ou même l'apparence d'être
une institution dans cette situation :
• la communication au Ministre, à la Banque Centrale ou à la Commission
Bancaire des documents ou renseignements sciemment inexacts ou falsifiés,
ou l'opposition à ce que le Ministre procède à tout contrôle des institutions, ou
encore, que la Banque Centrale et la Commission Bancaire procède à des
contrôles sur place des organes financiers et de toutes sociétés sous le
contrôle de ces derniers (L. 78 et 79).
Dans le premiers cas, l'auteur de l'infraction est passible d'une amende de
500.000 francs à 5 millions de francs. En cas de récidive, il est passible d'un emprisonne
-
ment de deux à cinq ans et/ou d'une amendede 10 à 15 millions de francs (L.78).
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 25
Dans le second cas, la personne coupable est passible d'un emprisonnement
d'un à six mois et d'une amende de 500.000 à 5 millions de francs ou de l'une de ces deux
peines seulement (L. 79).
Les poursuites pénales sont engagées, par le ministère public sur saisine du
Ministre ou de tout autre plaignant. Cependant, dans le cas d'infractions commises par les
organes financiers, les poursuites peuvent aussi être engagées sur requête de la Banque
Centrale ou de la Commission Bancaire (L. 80).
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 25 5
6 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 25
PARMEC/UMOA
BCEAO - DCCSB
CONDENSE N° 26
Structures ou organisations non constituées
sous forme mutualiste ou coopérative
A SSISE JURIDIQUE - AVANTAGES ET
CONTENU DE LA CONVENTION-CADRE
__________________
ASSISE JURIDIQUE DE LA CONVENTION-CADRE
La loi portant réglementation des institutions mutualistes ou coopératives
d'épargne et de crédit précise en son article 5 que les structures ou organisations, non
constituées sous forme mutualiste ou coopérative et ayant pour objet la collecte de l'épargne
et/ou l'octroi de crédit, ne sont pas considérées comme institutions mutualistes ou
coopératives d'épargne et de crédit.
L'article 6 précise que, pour exercer les activités d'épargne et/ou de crédit, ces
structures ou organisations demeurent régies :
• soit par les dispositions de la loi portant réglementation bancaire;
• soit par les dispositions particulières convenues avec le Ministre chargé des
Finances.
L'article 7 de la loi apporte certaines pré
cisions sur le contenu de cette
convention. Elle doit définir les conditions d'exercice des activités ainsi que les modalités de
reconnaissance des structures ou organisations. La convention détermine également les
règles de fonctionnement des structures et les modalités de leur contrôle.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 26
AVANTAGES DE LA CONVENTION-CADRE
En signant une convention avec le Ministre, la structure ou organisation bénéficie
d'avantages appréciables.
Cet acte permet, en premier lieu, à ces structures ou organisations d'exercer
leurs activités de collecte de l'épargne et/ou d'octroi de crédit en toute légalité au regard de
la loi portant réglementation bancaire qui interdit à toute personne d'exercer des activités
d'épargne et de crédit sans être agréée et inscrite sur la liste des banques ou des
établissements financiers. Ce faisant, elles concourent à une meilleure protection de leurs
membres ou usagers.
En second lieu, les membres ou usagers de ces structures ou organisations sont
protégés par cette convention qui assure un certain suivi et contrôle de la part du Ministre.
En effet, dans le cadre de la convention-cadre, la structure ou organisation s'engage à
respecter certaines règles et à se soumettre au contrôle du Ministre portant sur ses activités
de collecte de l'épargne et/ou d'octroi de crédit.
Enfin, les promoteurs de projets peuvent être impliqués dans la convention pour
exercer une opération de parrainage à l'endroit des structures ou organisations. Ils
pourraient, dans une certaine mesure, jouer un rôle d'instance faîtière, auprès de ces
structures ou organisations, comme au sein d'un réseau.
CONTENU DE LA CONVENTION-CADRE
Le projet de convention-cadre adopté par le Conseil des Ministres de l'UMOA
contient les dispositions minimales qui doivent figurer dans cette autorisation d'exercer.
Le préambule définit les structures ou organisations visées dans le cadre de la loi
sur les mutuelles d'épargne et de crédit et précise l'objet de la convention
-cadre de même
que les principaux avantages qu'elle offre.
Les principales dispositions de la convention s'articulent autour de trois titres
relatifs aux :
- conditions d'exercice de l'activité
- relations avec les autorités monétaires
- dispositions finales
2 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 26
I - Conditions d'exercice de l'activité
L'article premier du projet de convention présente la structure ou organisation
partie à la convention à savoir: le type d'organisation, à but ou sans but lucratif, son objet:
collecte de l'épargne et octroi de crédit ou l'une ou l'autr
e de ces activités seulement.
Il importe de noter, en ce qui concerne l'objet de la structure, qu'il est fait
référence «aux conditions prévues par les textes organiques» .En effet, en règle générale ce
sont les textes constitutifs de la structure qui, en plus d'établir son objet, précisent ses règles
de fonctionnement ainsi que les conditions selon lesquelles seront réalisées ses activités.
L'examen de ces textes permet donc d'identifier les points sur lesquels le contenu de la
convention doit être précisé.
En retenant l'option de ne pas imposer une organisation particulière aux
institutions sollicitant le bénéfice de la convention, l'autorité de tutelle reconnaît la diversité
des expériences pouvant intervenir dans ce domaine. Cependant, lorsque les dispositions
des textes organiques ne paraissent pas assurer une protection suffisante des déposants
ainsi que le bon fonctionnement de la structure, il s'avère nécessaire de prévoir des mesures
additionnelles dans la convention.
Parmi les critères requis pour exercer, le Ministère des Finances attache une
certaine importance à la formation et à l'éducation des dirigeants et, selon le type de
structure, aux membres ou aux usagers. L'objectif visé est de favoriser la pérennisation des
institutions en mettant l'
accent sur le recours à un personnel local compétent {alinéa 2 de
er
l'article 1 ).
L'article 2 rappelle que seul l'exercice de l'activité d'épargne et/ou de crédit est
régi par la convention. Il en résulte que la structure ou organisation, sauf disposition
expresse de la convention, demeure assujettie aux autres obligations réglementaires dont
elle relève de par ses textes constitutifs. Au rang de ces prescriptions légales figure
notamment le respect de la loi sur l'usure qui fixe le plafond à ne pas dépass
er en matière de
taux d'intérêt pratiqués.
En contrepartie de l'autorisation d'exercer, la structure doit pouvoir informer
l'autorité de tutelle sur les transactions qu'elle réalise. La fiabilité de ces informations
nécessite la tenue d'une comptabilitéreflétant la situation réelle de la structure {article 3). Il
convient de relever qu'il n'est toutefois pas requis de produire les documents comptables
usuels.
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Les renseignements à communiquer sur la structure ou l'organisation figurent
dans le rapport annuel arrêté au 31 décembre de chaque année (article 4). La transmission
de ce rapport à la Banque Centrale et au Ministère des Finances s'effectue selon une
périodicité qui est convenue entre les parties lors de la signature de la convention.
Les principaux éléments que doit comporter ce rapport sont également indiqués.
Il s'agit entre autres: du montant de l'épargne collectée, des prêts accordés, du nombre et du
montant des prêts en retard, du nombre de membres ou d'usagers {selon le type de
structure), des taux d'intérêt pratiqués et, s'il ya lieu, des commissions perçues. Cette liste
n'est pas exhaustive, puisque l'énumération est précédée du terme «notamment».
Le deuxième alinéa du même article prévoit que la structure doit en outre fournir
au Ministre et à la Banque Centrale une situation de ses opérations, sur la base de l'année
civile, selon la période qui sera définie dans la convention (trimestrielle, semestrielle ou
autre),
II - Relations avec les autorités monétaires
L'article 5 du projet prév
oit, une fois la convention signée, l'inscription de la
structure sur le registre des structures ou organisations non constituées sous forme
mutualiste ou coopérative et tenu à jour par le Ministère des Finances. Ce faisant, l'autorité
de tutelle dispose d'un répertoire à jour sur ces institutions qui doit faciliter leur suivi.
L’article 6 du projet oblige la structure à se soumettre au contrôle du Ministre ce
qui concerne ses activités de collecte de l'épargne et/ou d'octroi de crédit, selon le cas. Il
s'
agit essentiellement de protéger les épargnants de même que les bénéficiaires de prêts,
notamment contre les pratiques usuraires dans le second cas.
Pour réaliser ce contrôle, la structure s'engage en outre à répondre à toute
requête du Ministre relative à la communication d’informations par exemple.
Enfin, le troisième alinéa de l'article 6 autorise le Ministre à déléguer se~
pouvoirs, pour la réalisation du contrôle, à toute autre personne ou institution qu'il juge
compétente. Cette souplesse vise à favoriser l'auto
-contrôle notamment lorsque le promoteur
du projet est associé à la convention avec le Ministre ou éventuellement faire intervenir un
autre département ministériel pour accroître l'efficacité de la surveillance un autre
département ministériel pour accroître l’efficacité de la surveillance de l’Autorité de tutelle.
4 PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 26
L'article 7 du projet, en son premier alinéa, prévoit le cas où la conventior peut
être abrogée, à l'initiative du Ministre, soit en cas de manquements graves Ot répétés aux
dispositions réglementaires et/ou aux termes de la convention même. l s'agit en l'occurence
d'une décision ayant pour objet de préserver l'intérêt général Toutefois, afin d'éviter les abus
éventuels du Ministère des Finances, le second alinéa dt même article subordonne cette
décision à une audition préalable de la structure qui pour la circonstance, peut se faire
assister de tout défenseur de son choix ou être invitée à présenter ses observations par
écrit.
L'article 8 du projet indique les conséquences de l'abrogat
ion de la convention.
Cette dernière entraîne l'arrêt des activités d'épargne et/ou de crédit de la structure et sa
radiation du registre du ministère.
Aux termes du second alinéa du même article, il est prévu que la décision du
Ministre soit notifiée à la structure par lettre recommandée avec demande d’avis de
réception. Elle doit, en outre, préciser le motif de la décision de l’abrogation de la convention
de même que la date d’effet de la décision. Ces dispositions visent à s’assurer de
l’information effective de la structure sur la procédure en cours et à limiter les éventuelles
pratiques arbitraires du Ministère des Finances.
Ces mêmes préoccupations se retrouvent à l’article 9 qui permet à l’une ou à
l’autre des parties à la convention, sous réserve du respect d’un préavis de trois mois, de
dénoncer la convention. Cette dénonciation doit toutefois être motivée et est susceptible de
recours devant la juridiction compétente.
Le second alinéa du même article établit le mode de notification qui doit être faite
à l’autre partie à la convention : par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.
L’article 10 du projet prévoit que, dans l’un ou l’autre cas prévu aux articles 7 et 9
où il est mis fin à la convention, les dispositions doivent être prises par la structure et, le cas
échéant, par le promoteur du projet, pour protéger les dépôts ainsi que les modalités de
remboursement des prêts qui ont été accordés aux membres ou aux usagers, selon le type
de structure.
Par ailleurs, l’article 11 stipule que le Ministre peut, par décision motivée, mettre
sous administration provisoire la structure lorsque sa gestion met en péril sa situation
financière ou les intérêts de ses membres ou usagers, selon le cas, ou lorsqu’elle ne se
conforme pas aux dispositions de l’article 10.
PARMEC/UMOA - BCEAO/DCCSB / CONDENSE N° 26 5
Cette mise sous administration provisoire entraîne, au sens de l’article 12, la
suspension de pouvoirs de dirigeants de la structure et leur transfert, en partie ou en totalité,
à l’administration provisoire.
Les prescriptions figurant aux articles 10 à 13 constituent des mesures
conservatoires ayant essentiellement pour objet de poursuivre les activités de la structure
afin de préserver les intérêts des membre ou usagers ainsi que des tiers.
En vertu de l’article 13 du projet, la décision de nomination de l’administrateur
provisoire précise l’étendue de ses pouvoirs et obligations ainsi que la durée de son mandat.
Ce mandat, aux termes de l'article 14, il peut y être mis fin avant son terme ou sa
durée être prorogée par décision du Ministre. Ce dernier peut également décider de la mise
en rouvre de la procédure de liquidation lorsque la situation de la structure l'exige. Cette
procédure de liquidation s'effectue conformément aux règles relatives à la liquidation des
sociétés commerciales.
De son côté, l'article 15 du projet oblige la structure à maintenir l'équilibre de sa
structure financière et à respecter les normes établies par le Ministre qui doit à cet égard
obtenir l'avis de la Banque Centrale. Il s'agit de dispositions visant à s'assur
er de la viabilité
de la structure et partant à promouvoir sa pérennité. L'intervention de la Banque Centrale
s'inscrit dans une perspective d'harmonisation des normes non seule
- ment au sein d'un
pays mais également au niveau de la sous-région.
III - Dispositions finales
L'article 16 du projet incite les parties à régler à l'amiable les différends pouvant
résulter de l'application de la convention. Faute de règlement à l'amiable, le différend sera
alors soumis à l'arbitrage de la ou des personnes dontconviendront les parties. A défaut
d'entente sur le choix d'un arbitre, le différend fera l'objet d'un recours devant la juridiction
compétente.
Pour sa part, l'article 17 du projet accorde à la structure qui a déjà exercé des
activités d'épargne et/ou d
e crédit avant la date de signature de la convention un délai, à
convenir entre les parties à la convention, pour se conformer aux dispositions de la loi. Par
cette disposition, on veut favoriser une adaptation progressive de la structure au nouveau
cadre juridique.
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Conformément aux dispositions de l'article 7 de la Loi portant réglementation des
institutions mutualistes ou coopératives d'épargne et de crédit, il est précisé à l'article 18 du
projet de convention que sa durée ne peut excéder cinq ans pour compter de la date de
signature. Le même article ajoute que la convention "peut être reconduite selon les modalités
à convenir entre les parties".
Le délai de 5 ans s'inscrit dans la perspective d'une évaluation, à terme, du
programme d'actions convenu en
tre les parties lors de la signature de la convention. Les
conclusions de cette évaluation doivent permettre au Ministère des Finances d'apprécier
l'opportunité d'une reconduction ou non de la convention au regard des objectifs initialement
arrêtés.
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