MODULE IV
LE CAMEROUN DE LA FIN DU XVI SIECLE AU DEBUT DU XXe SIECLE : UN ESPACE EN
e
CONSTRUCTION
Famille de situations : L’intégration nationale.
Catégorie d’actions : La promotion de l’intégration nationale.
CHAPITRE V : LE CAMEROUN A LA VEILLE DE LA COLONISATION
LECON 14 : LES MOUVEMENTS MIGRATOIRES DES PEUPLES
Exemple de situation : Dans ta classe, tes camarades refusent de collaborer avec les élèves venus des autres
régions du pays.
Exemple d’action : Lutter contre le tribalisme/promouvoir le vivre ensemble.
Justification de la leçon : Cette leçon va permettre à l’apprenant d’installer les ressources pour promouvoir
le vivre ensemble et l’intégration nationale.
INTRODUCTION
L’homme a habité le Cameroun depuis la préhistoire. On pense aux pygmées installés dans la zone
forestière et aux Sao autour du Lac Tchad. Mais le peuplement actuel est le fruit des longs mouvements
migratoires commencés au XVIe siècle et qui se sont poursuivis jusqu’au XIXe siècle.
I – LA VAGUE DU NORD
La partie Nord du territoire camerounais était peuplée des Soudanais qu’on peut regrouper en trois vagues :
les paléo soudanais, les néo soudanais et le groupe Arabe Choa et les Peuls.
1-Les paléo soudanais
Ils constituent la première vague d’immigrants qui s’installent au Cameroun à la fin du Moyen-Age. Il s’agit
notamment des Mandara, des Mofou, des Kapsiki, des Guiziga, des Guidar, les Matakam. Ils venaient
de l’Ouest et du Sud-ouest de l’Afrique. Une grande partie d’entre eux s’est retranchée dans les monts
Mandara.
2-Les néo soudanais
C’est la 2e vague d’immigrants qui s’installe au Nord Cameroun. Il s’agit des Mousgoum, des Kotoko, des
Massa, des Bornouans-Kanouris qui occupent la vallée du Logone. Cette vague migratoire comprenait
aussi les Mboum, les Dii, les Koutine, les Mbere qui se sont installés dans l’Adamaoua. Enfin, les
Toupouri, les Moundang, les Fali qui occupent les plaines du Nord venaient de l’Est.
3-Les Arabes Choa et les Foulbé
Venus du Darfour au XVIIe siècle, ces peuples vont trouver refuge dans le pourtour du Lac Tchad.
Les Arabes Choa, éleveurs nomades du groupe sémite, se sont installés dès le XVIIe siècle dans les plaines
du Tchad et dans le Nord de celle du Diamaré. Derniers venus, les Foulbé ou Peuls, du groupe hamite, sont
des éleveurs, les uns sédentaires, les autres (Bororo) nomades. Les Foulbé ont commencé à s’installer dans
les régions du Nord au XVIIIe siècle. Cela se fit sous l’influence du Djihad lancé par Ousman Dan Fodio et
son disciple Adama qui vont soumettre ces peuples à l’Islam.
II – LA VAGUE DU SUD
Le Sud Cameroun abrite les Bantou et les Semi-Bantou dont le peuplement s’est effectué en deux vagues
successives.
1-La première vague des Bantou
HISTOIRE PREMIERE ESG MODULE IV PAR ACHOFOR A MAGHO YANNICK PLEG 1
Cette vague, appelée « Bantou du Sud » s’était installée entre le XVIIe et le XVIIIe siècle. Originaires du
bassin du Congo, les Douala auraient atteint le Sud du Cameroun en progressant le long du grand fleuve,
puis en suivant la côte atlantique. Ils rejoignirent les Bassa déjà installés sur les rives de l’estuaire du Wouri
et dans son arrière-pays. Au Nord de ce dernier secteur peuplé des Bassa, se sont établis au XVIIIe siècle les
Banen issus de la vallée du Noun, les Bafia et les Yambassa venus eux du pays Babimbi.
2-La deuxième vague des Bantou
Encore appelé groupe du Nord, cette 2e vague serait venue de la Vallée du Nil. Il s’agissait de :
Les Fang, les Béti et les Bulu qui vont occuper le Sud forestier. Repoussés par les Babouté eux-mêmes
refoulés par les Foulbé vers le XIXe siècle, les Pahouin vont migrer chez les Bafia dans le Mbam et
poursuivirent ce mouvement plus au Sud dans la zone de la forêt dense.
Les Semi-Bantou : ils comprenaient les Bamiléké, les Bamoun et les Tikar. Les Bamiléké, venus du
haut Mbam (pays Tikar) se sont d’abord installés dans l’actuel pays Bamoun. Puis sous l’influence de ce
dernier peuple, ils ont franchi le Noun pour prendre place dans leur territoire actuel au XVIIIe siècle. Les
Bamoun, venus eux aussi du pays Tikar, se sont fixés sur leur territoire actuel au XVIIIe siècle. Les
Tikar quant à eut sont issus de la région de Ngaoundéré, et ont commencé à migrer vers le Sud et
l’Ouest au XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, pressés par les Foulbé, ils se sont dispersés en plusieurs
groupes dont les plus importants sont ceux de Bamenda et de Ngambe dans le Haut Mbam.
CONCLUSION
Le peuplement du Cameroun s’est fait par de nombreuses migrations donnant lieu à une mosaïque de
groupes ethniques. Nous devons être tolérants pour préserver notre diversité culturelle.
LECON 15 : LA FORMATION DES PREMIERES ENTITES POLITIQUES
Exemple de situation : Dans ta localité, les populations ne connaissent pas le pouvoir au sein de leur
structure traditionnelle d’où la difficulté de trancher les litiges.
Exemple d’action : Organiser la société/structurer
Justification de la leçon : Cette leçon va permettre à l’apprenant d’installer les ressources pour mieux
organiser la société et assurer une vie harmonieuse dans mon pays.
INTRODUCTION
A la veille de la colonisation, la mosaïque de peuples qui occupent le Cameroun à la suite des grands
courants migratoires avait constitué les premières entités politiques qui existent encore de nos jours. Il s’agit
notamment de deux formes d’organisations : les structures politiques hiérarchisées et les structures
politiques acéphales.
I – LES STRUCTURES POLITIQUES HIERARCHISEES
Elles sont constituées autour des lamidats foulbé et les sultanats kotoko au Nord, les chefferies
grassfields, tikars et le sultanat Bamoun.
1-La structure politique d’un lamidat
Grâce à l’arrivée des Peuls, les peuples soudanais se sont constitués en principautés indépendantes appelées
lamidats dotés d’une administration centralisée. A la tête d’un lamidat se trouve un souverain puissant, le
lamido, appelé « baaba ». Il est élu à vie parmi les membres de la famille régnante. Il est à la fois un chef
politique et un chef religieux. Comme chef politique, il administre le lamidat, il rend la justice. Comme
chef spirituel, il est Iman, c’est-à-dire celui qui conduit la prière à la mosquée
Le lamido est assisté d’un conseil de 12 ministres appelé « Fada ». C’est ce conseil qui désigne le
successeur au trône. Parmi ces ministres, on a le Galdima (Premier Ministre), le Sarki Sanou (chef des
troupeaux), l’Iman (ministre du culte chargé de la mosquée), l’Alkali (le juge), le Wajiri (ministre), le
HISTOIRE PREMIERE ESG MODULE IV PAR ACHOFOR A MAGHO YANNICK PLEG 2
Kaigama (premier des dignitaires du palais)), le Sarki Yaki (ministre de la guerre…Le lamido est
représenté dans les quartiers par les Djaouro et parfois les Dougaris (esclaves du lamido).
2-La structure politique grassfield : les chefferies bamiléké
La société bamiléké se compose de plusieurs villages indépendants les uns les autres. L’unité politique est la
chefferie dirigée par un chef appelé Fo ou Fong. Personnage religieux et politique, son autorité s’étend sur
tout : sur les biens, les personnes et la terre de son domaine. La reine mère appelée « la Mafo » est un
personnage très important qui a une grande influence dans le royaume.
Autour du roi et de la reine mère se trouvent les dignitaires, membres de plusieurs conseils de notables
dont le plus important est celui des neuf notables. Il reçoit la désignation du successeur au trône après avoir
prêté serment d’en garder le secret jusqu’à la mort du chef.
II – LES STRUCTURES POLITIQUES ACEPHALES
Elles comprennent les entités politiques du Sud forestier (Fang-Béti) et de la Côte (Douala, Bassa).
1-Une structure sociopolitique du Sud forestier : les Fang-Béti
L’organisation politique des Fang-Béti n’est pas solide comme celle des peuples de la savane. L’autorité est
patriarcale, c’est-à-dire assurée par les anciens du clan ou de la tribu. Le chef est celui que l’on suppose
être héritier du fondateur du clan, ou celui que les anciens ont désigné pour jouer ce rôle. Il a pour rôle de
trancher de manière démocratique les palabres en rassemblant tous les membres du clan sous un arbre.
L’organisation sociale repose sur la famille (Nda-bot) qui s’étend au clan ou lignage (mvog) puis à la tribu
ou à l’ethnie appelée « ayong ». C’est au sein du clan que s’organise la vie politique et socioculturelle. Les
liens de parentés y sont très respectés. Par exemple, les le mariage n’est pas possible entre les personnes
d’un même clan.
2-Une structure sociopolitique de la Côte : les Douala
Tout comme les peuples du Sud forestier, les Douala forment une société égalitaire à base clanique. A la
tête du clan se trouve le roi ou king. Il est entouré d’un conseil de sages qui l’assiste. La succession du roi
est héréditaire mais son autorité n’est pas prise en considération. Deux grands dominent la côte : le clan
Akwa et le clan Bell. Il existe des familles secondaires appelées Bona qui sont placées sous l’autorité d’un
descendant du fondateur du clan.
Chez les Douala, l’ordre social est centré sur la famille fondée par Sango A Mboa (fondateur du clan). Le
Ngondo, assemblée traditionnelle du peuple Douala fut institué au XIXe siècle pour défendre les intérêts
économiques des peuples de la côte et régler les conflits entre eux. C’est donc le symbole de l’unité du
peuple Douala.
CONCLUSION
Avant la colonisation, le Cameroun abritait des entités politiques indépendantes et bien organisées. Les
peuples de la savane ont bâti des sociétés hiérarchisées symbolisées par les lamidats, les sultanats et les
chefferies traditionnelles. Quant aux entités du Sud forestier et de la côte, elles étaient regroupées en clans.
Seulement, ces sociétés seront influencées par le colonisateur.
TD 01 : L’ORGANISATION D’UNE CHEFFERIE OU SE TROUVE L’ETABLISSEMENT
Exemple de situation : Dans ta classe, tes camarades refusent de collaborer avec les élèves venus des autres
régions du pays.
Exemple d’action : Lutter contre le tribalisme/promouvoir le vivre ensemble.
Justification de la leçon : Cet exercice va permettre à l’apprenant d’installer les ressources pour promouvoir
l’intégration nationale et le vivre ensemble dans son pays.
ACTIVITES D’ENSEIGNEMENT-APPRENTISSAGE
HISTOIRE PREMIERE ESG MODULE IV PAR ACHOFOR A MAGHO YANNICK PLEG 3
Document 1a : Les chefferies bamilékés : l’organisation politique et sociale
D’après leur langue, les Bamiléké se rattachent au groupe Bantou. La société est structurée autour du chef,
les notables, les srviteurs et le peuple.
Le chef
La vie politique et sociale tourne autour du chef appélé Fo ou Fong. Il est le roi de la communauté. C’est un
descendant des chefs qui ont fondé le village. Personnage religieux et politique, son autorité s’étend sur
tout : sur les biens, les personnes et la terre de son domaine. La mère du chef ou reine-mère (la Mafo) est un
personnage très important qui a une grande influence dans le royaume. Le successeur du chef est un des
enfants mâles, désigné par le chef lui-même avant sa mort.
Les notables
Autour du roi et de la reine-mère se pressent les dignitaires, membres de plusieurs conseils de notables. Le
conseil le plus important est celui des neuf notables. Il reçoit la désignation du siuccesseur au trône après
avoir prêté serment d’en garder le secret jusqu’à la mort du chef.
Le titre de notable est héréditaire. La classe des notable comprend les sous-chefs (fonte), les frères du chef
(wambo), les fils du chef (sab), les serviteurs auxquels le chef accorde certains privilèges (ndambu).
Les serviteurs
On distingue les Tchinda qui sont attachés au service de la chefferie, et les wala qui exécutent ou font
exécuter les ordres du chef dans les domaines les plus divers : religieux, politique, administratif, juridique.
Le peuple
Le reste de la population d’une chefferie s’organise en sociétés religieuses ou professionnelles. Chaque
société a des insignes et une hiérarchie. Elle décide de ses activités propres.
R.P. Engelbert Mveng, D. Beling-Nkoumba, Histoire du Cameroun, Yaoundé, CEPER, 1978, pp.134-
135.
Document 1b : Les activités culturelles
Les Grassfields sont monothéistes et croient en un seul Dieu « Nsi ». En plus, ils vouent un culte aux
ancêtres à travers les sacrifices aux crânes. Ils sont aussi animistes (croyant aux éléments de la nature). Leur
culte est partout représenté par l’art à travers les masques et les sculptures.
La plupart de ces sociétés célèbrent de nos jours leur identité culturelle à travers l’organisation des festivals
culturels dont les plus connus sont : le Ngoung chez les Bamoun, le Nyang-Nyang chez les Fussep, le Ngou
Ngoung chez les Baleng, le Nekou chez les Bamendjing, le Mtsem Todjom chez les Bandjoun, la fête du
kola chez les Balatchi…
Lonmene Tchinda M., Monkam Feuzing U., Histoire 5e, Le Cameroun et le Monde, Yaoundé, Acipec,
2018, p.25.
Document 1c : Les rites traditionnelles chez les Bamiléké
HISTOIRE PREMIERE ESG MODULE IV PAR ACHOFOR A MAGHO YANNICK PLEG 4
Activité 1: 1-Qui se trouve à la tête d’une chefferie Bamiléké ? Quel est le titre qu’il porte ? Qui le
désigne ? Comment ? Quel est le rôle du chef ? D’où vient son pouvoir temporel ? Et son pouvoir
spirituel ?
2-Qui sont ceux qui assistent le chef ? Quel est leur rôle ? Qui est « mafo » ? Quelle est sa place dans la
chefferie ?
3-Qui sont les serviteurs de la chefferie ? Quel est leur rôle ? Comment s’organise le reste du peuple dans
la chefferie ?
4-Relève et explique les faits de la vie culturelle des Bamiléké.
Enquêtes : 1-Dans quelle ère culturelle se trouve ton établissement ? Comment appelle-t-on chef
traditionnelle dans la localité ? Comment devient-on chef ? Quel est le rôle du chef ?
2-Le chef est-il assisté dans son rôle ? Si oui, comment appelle-t-on ces personnes qui l’assistent ? Quel
rôle jouent-ils ?
3-Le chef a-t-il des serviteurs dans son palais ? Comment les appelle-t-on ? Quel rôle jouent-ils ?
4-Quels sont les symboles du pouvoir du chef ? Comment la société est-elle organisée ? Quels sont les faits
majeurs de la vie culturelle des peuples de la localité ?
TD 02 : LE PATRIMOINE CULTUREL DU TERROIR DE L’APPRENANT
Exemple de situation : Tes camarades refusent de participer aux activités de la journée de la langue
maternelle dans ton établissement.
Exemple d’action : Sensibiliser sur l’importance de la culture/Valoriser ses valeurs culturelles.
Justification de la leçon : Cet exercice va permettre à l’apprenant d’installer les ressources afin de
préserver son patrimoine culturel.
ACTIVITES D’ENSEIGNEMENT-APPRENTISSAGE
Document 1 : Le patrimoine culturel
Le patrimoine culturel est l’ensemble des biens matériels et immatériels d’une civilisation. Il est constitué
des œuvres artistiques, mais aussi toutes les traditions issues de la culture populaire qui nous viennent des
siècles passés.
Le patrimoine culturel d’un peuple représente une grande partie de son identité. Il fournit des références
communes à un même groupe d’individus et renforce pour chacun leur appartenance à ce groupe.
La langue parlée dans une région ou dans un pays est l’une des composantes principales de son patrimoine
culturel. On range également dans cette catégorie de nombreux autres types d’expressions comme les
hymnes nationaux, des chansons, des productions artisanales et gastronomiques, des danses, des fêtes, des
célébrations et tout ce qui appartient au folklore. Les contes et légendes populaires, mais aussi les poèmes et
les œuvres des grands écrivains occupent une grande place au sein du patrimoine culturel. Celles-ci
englobent également les œuvres architecturales mais aussi toutes les œuvres artistiques…
Source : Microsoft Encarta 2009
Activité 1: 1-Définis : patrimoine culturel, terroir. Relève les éléments constitutifs du patrimoine culturel.
Documents 2 : Quelques éléments matériels du patrimoine culturel des peuples du Cameroun.
Course des chevaux sur la cour
du lamido La peinture chez les Peuls
HISTOIRE PREMIERE ESG MODULE IV PAR ACHOFOR A MAGHO YANNICK PLEG 5
Instrument du Mvet chez les Béti L’art Mboum
Symbole royal chez les Bamilékés La fête du Ngondo chez les Douala
Activité 2 : Recherche les éléments matériels et immatériel du patrimoine culturel de ton terroir et
complète le tableau suivant :
Architecture
Patrimoine artistique Artisanat
Musique
Cuisine
Patrimoine
linguistique
Patrimoine rituel
Patrimoine religieux
Eléments du résumé
Les différents peuples du Cameroun sont dotés d’un riche patrimoine culturel qui est malheureusement
très peu valorisé. Il est urgent de préserver toutes ces richesses.
LECON 16 : LE CAMEROUN AU CENTRE DES INTERETS EUROPEENS
Exemple de situation : De plus en plus on note la recrudescence des replis identitaires dans ton
environnement.
Exemple d’action : Echanger/Promouvoir le vivre ensemble.
Justification de la leçon : Cette leçon va permettre à l’apprenant d’installer les ressources pour lutter contre
les replis identitaires et promouvoir le vivre ensemble dans son environnement.
Eléments du résumé
INTRODUCTION
Le Cameroun avant de devenir un protectorat allemand a reçu la visite de nombreux Européens dont les
Portugais, les Hollandais, les Espagnols, les Français, les Anglais, les Allemands. Ils étaient représentés
sur la côte dès la fin du XVe siècle à travers les commerçants, les missionnaires, les explorateurs et les
administrateurs.
I – LES COMMERCANTS
HISTOIRE PREMIERE ESG MODULE IV PAR ACHOFOR A MAGHO YANNICK PLEG 6
Leur présence sur la Côte fut marquée par d’intenses échanges commerciaux avec les peuples locaux.
1-Les Portugais et les Hollandais
Ce sont les Portugais qui remontent l’estuaire du Wouri en 1472 qu’ils baptisent « Rio dos Camaroes ». Dès
lors, les commerçants portugais créent des capitaineries près de la Côte où ils y pratiquèrent le commerce
des esclaves avant d’être repoussés par les Hollandais en 1578. Ceux-ci ont fondé la compagnie des Indes
occidentales qui pratiquait la traite.
2-Les Anglais
Les marchands anglais dominent la côte camerounaise en 1840 à travers de nombreux accords commerciaux
qu’ils ont signés avec les chefs Douala. C’est le cas du traité de mars 1840 avec les rois Akwa et Bell, celui
de février 1844 avec le roi William de Bimbia. Par ailleurs, ils ont créé la cour d’équité le 14 janvier 1856
pour réglementer les affaires commerciales entre les commerçants indigènes et les surveillants de cargaison
d’une part et entre les agents du commerce d’autre part. Ces relations commerciales rentables avec les chefs
côtiers ont poussé ces derniers à solliciter la protection de leur territoire par le gouvernement britannique à
travers l’envoi de plusieurs lettres (lettre du roi Akwa datée le 7 août 1879, lettre conjointe de Akwa et
de Bell en novembre 1881).
3-Les Français et les Allemands
Les marchands français sont également présents sur la côte dans la seconde moitié du XIXe siècle. Ils ont
obtenu de nombreux accords commerciaux notamment dans le Grand-Batanga.
Arrivés tardivement en 1868, les Allemands sont représentés par les grandes firmes commerciales
Woerman et Johannes Thormählen de Hambourg. Profitant des hésitations de la Grande Bretagne, les
commerçants allemands font pression sur le gouvernement pour annexer le territoire. Un accord commercial
est signé entre les chefs Akwa et la firme Woerman le 30 janvier 1883. Le 12 juillet 1884, Edouard
Schmidt et Edouard Woerman signent avec les chefs Douala, le traité Germano-douala. Ce traité est
confirmé par le gouvernement allemand le 14 juillet 1884 quand Gustave Nachtigal, Consul général
d’Allemagne débarque à Douala et fit hisser le drapeau allemand sur le plateau Jos.
II – LES MISSIONNAIRES
Plusieurs congrégations missionnaires sont présentes sur la côte camerounaise au XIXe siècle.
1-Les missionnaires protestants et Baptistes
Ils sont représentés par :
Joseph Merrick : il arrive à Douala en 1843 et fonde la mission de Cameroons, dans le quartier de Bell
Town. Il ouvrit une école à Bimbia, apprit les langues locales, traduisit la Bible en Isubu…
Alfred Saker : il arrive au Cameroun en 1844 et s’installe à Douala où il vécut pendant plus de trois
décennies. Il a entrepris de nombreuses œuvres : l’ouverture des écoles et des missions à Bethel,
Victoria, la traduction de la Bible en langue douala.
Jackson Füller : il arrive à Douala en 1858 pour seconder Saker. Celui-ci l’ordonne pasteur en 1859.
Ainsi, il fonda les missions de Deïdo et de Bonabéri.
2-Les missionnaires catholiques
Les Pères Pallotins étaient des missionnaires catholiques d’origine allemande. Ils arrivent en 1890 et
s’installent sur les rives de la Sanaga. Leur première mission est Marienberg (1890) sur les bords de la
Sanaga.
Bref la période de missionnaire au Cameroun a été très riche en rapports culturels. Mais elle avait surtout
pour mission de préparer l’entreprise de la colonisation future.
III – LES EXPLORATEURS
HISTOIRE PREMIERE ESG MODULE IV PAR ACHOFOR A MAGHO YANNICK PLEG 7
Animés par un esprit scientifique, les explorateurs allemands, français et anglais vont se ruer au Cameroun
au XIXe siècle.
1-Les Allemands
Ils ont ouvert la voie de la pénétration européenne au Nord-Cameroun. Il s’agit de :
Barth et Overweg : accompagnés d’une mission de la Société Royale de Géographie en 1849, ils
parcoururent la Bénoué, le Lac Tchad et l’Adamaoua en 1849.
Gustav Nachtigal : il explore les bords du Lac Tchad en juin 1870 avant d’entrer dans la capitale du
Bornou en juillet.
Flegel : il explore la Bénoué en 1879 et en 1882, il relie Iri à Kontcha. C’est à partir de là qu’il suit le
cours de la rivière Déo jusqu’à son embouchure dans le Faro.
2-Les Anglais
L’explorateur anglais Clapperton arrive au Lac Tchad en 1823 et visite Sokoto tandis que Laird et les
frères Lander remontaient la Bénoué entre 1832 et 1833.
3-Les Français
Ils sont nombreux à avoir exploré le Cameroun. Parti de Yola en 1891 et 1892, Mizon remonte la Bénoué.
En passant par Ngaoundéré et Batouri, il rejoint Savorgnan de Brazza dans l’Oubangui. La même année,
Maistre part de Bangui et refait le voyage en sens contraire. Il arrive à Garoua.
IV – LES ADMINISTRATEURS
Au XIXe siècle, on note également la présence des administrateurs européens au Cameroun. Ils négociaient
et signaient les accords et les traités avec les chefs locaux. On a par exemple le roi William qui a signé un
traité de commerce avec les chefs de Bimbia en 1860. Côté français, le capitaine Godin signe un traité de
protection avec le roi Mukoko des Malimba en 1883. Les Allemands vont également envoyer leurs
administrateurs pour les mêmes raisons. C’est le Consul Gustav Nachtigal qui fut envoyé au Cameroun
pour confirmer le traité Germano-douala et l’annexion du Cameroun par l’Allemagne.
CONCLUSION
En définitive, les commerçants, les missionnaires, les explorateurs et les administrateurs européens bien
qu’ayant réalisé quelques œuvres au Cameroun, ont préparé le passage effectif du territoire sous la
domination étrangère.
LECON 17 : LA CONSTITUTION DE L’ENTITE TERRITORIALE ‘’CAMEROUN’’ AU XXe
SIECLE
Exemple de situation : Dans ton établissement, la communication lors de la cérémonie de la levée des
couleurs se fait uniquement en langue anglaise au mépris des élèves de la section francophone.
Exemple d’action : Promouvoir le bilinguisme/Sensibiliser/Instaurer une cellule de traduction.
Justification de la leçon : Cette leçon va permettre à l’apprenant d’installer les ressources pour promouvoir
l’intégration des toutes les communautés dans son pays.
Eléments du résumé
INTRODUCTION
Après la signature du traité Germano-Douala le 12 juillet 1884, le territoire « Kamerun » devenu
protectorat allemand sera reconstitué à travers les discussions et les négociations faites avec l’Angleterre et
la France. Dès lors, la conquête militaire du territoire est entamée par l’Allemagne.
HISTOIRE PREMIERE ESG MODULE IV PAR ACHOFOR A MAGHO YANNICK PLEG 8
I-LES ACCORDS ET TRAITES
Les frontières du Cameroun furent fixées à la suite d’accords conclus par l’Allemagne avec l’Angleterre et
la France.
1-Les accords anglo-allemands
Les négociations entre l’Angleterre et l’Allemagne ont permis de reconstituer la partie occidentale du
« Kamerun ». Il s’agit de :
Le traité de 1885 : entre le 29 avril au 16 juin 1885, il y eut entre les deux gouvernements, un échange
de lettre fixant la frontière Sud à Rio Del Rey et la frontière Nord aux rapides de la Cross-River à
Mamfé.
L’accord de 1886 : une deuxième série de négociations entre le 27 juillet et le 02 août a permis
d’étendre la frontière Nord jusqu’à la ville de Yola.
L’accord du 15 novembre 1893 : il étendait la frontière Nord de Yola jusqu’au Lac Tchad.
2-Les accords franco-allemands
Les accords franco-allemands ont permis la reconstitution des frontières Est et Sud du territoire
« Kamerun ». Il s’agit de :
L’accord du 24 décembre 1885 : conclus entre les deux puissances à Berlin, il fixe la frontière Sud et
Est entre les possessions françaises et allemandes.
L’accord du 05 mars 1894 : conclu à Berlin, cet accord étend la frontière Sud jusqu’au Lac Tchad.
L’accord du 4 novembre 1911 : par cet accord, la France cède à l’Allemagne une partie du Congo
français. Le Cameroun s’agrandit de 275.000 km2, touche à l’Oubangui et au Congo. En retour,
l’Allemagne abandonne à la France, entre le Logone et le Chari, une pointe de terrain qui fut appelée
« bec de canard »
HISTOIRE PREMIERE ESG MODULE IV PAR ACHOFOR A MAGHO YANNICK PLEG 9
II – LES ACTIONS MILITAIRES
Une fois les frontières du Kamerun fixées, l’Allemagne organise des expéditions militaires pour soumettre
les mouvements de résistance.
1-La conquête de la partie Sud
Cette première étape de la pénétration à l’intérieur fut marquée par plusieurs expéditions militaires :
L’expédition KUND-TAPPENBECK : partie de Kribi et de Grand-Batanga le 15 octobre 1887, cette
expédition passe par le pays Ngoumba et la vallée du Nyong. Elle atteint Yaoundé à la fin de 1887 et
permit au major Hans Dominik de se fixer à Yaoundé en 1894. Il y installe un poste militaire qui sera le
point de départ vers l’Est et vers le Nord.
L’expédition VON GRAVENREUTH : lancée en 1891 contre la tribu Bakweri, elle a abouti à la mort
de l’officier allemand. C’est ainsi qu’une seconde expédition est organisée en 1894 pour mettre fin à la
résistance des Bakweri.
L’expédition HANS DOMINIK et SCHLOSSER : elle permit de soumettre le pays Maka et Njem à
l’Est en 1907.
L’expédition VON STETTEN : elle permit de conquérir le pays Bamiléké et Bamoun en 1902.
D’autres expéditions militaires ont été organisées chez les Baya en 1900, chez les Babouté en 1901, chez les
Bafia en 1905 et 1911. Le poste de Bafia est créé en 1911.
2-La conquête du Nord
La conquête de cette partie du territoire fut marquée par des expéditions spectaculaires :
L’expédition ZINTGRAFF : partie de Yaoundé en 1888, elle est stoppée par le Lamido de Tibati.
L’expédition VON MORGEN : celle-ci est également repoussée par le lamido de Tibati en 1893.
L’Adamawa-Wute-Expedition : dirigée par VON KAMPTZ elle réussit à mettre fin à la résistance de
Nguila, puis à celle de Tibati en 1899.
L’expédition « Kamerun-Komité » : partie de Yola sous la direction du Dr. SIEGFRIED
PASSARGE, elle affronte la résistance de Bouba-Ndjida en novembre 1894 et arrive à Maroua le 23
décembre. En 1902, le lieutenant Radke écrase la résistance de Rey Bouba. La même année, les
troupes de Hans Dominik s’emparent des lamidats de Maroua et de Mora, assurant ainsi la jonction
avec le Tchad.
CONCLUSION
En définitive, les Allemands ont délimité les frontières du Cameroun à travers des négociations faites avec
l’Angleterre et l’Allemagne. En 1913, le triangle « Kamerun » était soumis à l’autorité allemande grâce
aux expéditions militaires qui ont mis fin aux résistances camerounaises.
LECON 18 : LES CAMEROUNAIS FACE A UNE ADMINISTRATION ETRANGERE
Exemple de situation : Dans ton établissement, la communication lors de la cérémonie de la levée des
couleurs se fait uniquement en langue anglaise au mépris des élèves de la section francophone.
Exemple d’action : Promouvoir le bilinguisme/Sensibiliser/Instaurer une cellule de traduction.
Justification de la leçon : Cette leçon va permettre à l’apprenant d’installer les ressources pour promouvoir
l’intégration des toutes les communautés dans son pays.
Eléments du résumé
INTRODUCTION
HISTOIRE PREMIERE ESG MODULE IV PAR ACHOFOR A MAGHO YANNICK PLEG 10
Après la signature du traité Germano-Douala le 12 juillet 1884, les Allemands installent leur
administration au Cameroun. Dès lors, ils vont entreprendre des grandes œuvres qui s’accompagnent des
conséquences socioculturelles considérables.
I – UNE NOUVELLE ORGANISATION DU TERRITOIRE
Les Allemands ont appliqué deux systèmes d’administration au Cameroun.
1-L’administration de la partie Nord
L’administration était indirecte dans cette partie car le territoire fut divisé en trois résidences à savoir :
Banyo, Garoua et Mora. Ces résidences avaient à leur tête les chefs de résident qui s’appuyaient surtout
sur les lamibés pour administrer le territoire.
2-L’administration de la partie Sud
Dans cette partie, les Allemands pratiquaient une administration directe. Le territoire était divisé en 28
circonscriptions administratives placées sous l’autorité des chefs de circonscription.
Au niveau central, l’autorité suprême du Cameroun était le gouverneur. Ainsi, de 1885 à 1916, le
Cameroun a connu six gouverneurs : Von Soden (1885-1891), Von Zimmerer (1891-1895), Von
Puttkamer (1895-1907), Théodor Seitz (1907-1910), Otto Gleim (1910-1912), Karl Ebermaier (1912-
1915). La capitale du Cameroun sera fixée à Douala (1885-1901), puis à Buea (1901-1909) et enfin à
Yaoundé (depuis 1909).
II – L’EXPLOITATION ECONOMIQUE
Dès 1885, les Allemands vont entreprendre la mise en valeur du territoire et les Camerounais seront victimes
de nombreux abus.
1-Les expropriations et l’exploitation des matières premières
Pour installer leur administration à Douala, les Allemands vont exproprier les populations sur le plateau Jos.
Par ailleurs, les terres indigènes furent aussi expropriées pour la création des grandes plantations dans la
région côtière, sur les pentes du Mont Cameroun, dans le Moungo ainsi que dans les forêts du Sud. On y
cultivait le café, le cacao, l’hévéa, le palmier à huile, le Tabac.
L’exploitation forestière et minière accompagne l’agriculture. En fait, les Allemands exportaient l’acajou,
l’ébène et l’ivoire. La prospection du pétrole de Logbaba près de Douala était aussi entamée.
Les Allemands vont également entreprendre des grands travaux comme la construction des chemins de fer
pour relier les zones d’exploitation minières et agricoles à la côte. Exemple, le chemin du Moungo qui
reliait Douala et les plantations de la région.
2-Les impositions
Les Camerounais payaient de lourds tributs dans le cadre de l’exploitation coloniale. L'impôt de case payé
par famille fut introduit par l’administration coloniale. Par ailleurs les Camerounais étaient soumis aux
travaux forcés et aux corvées. Ils étaient recrutés dans le cadre de la construction des chemins de fer où ils
travaillaient dans des conditions inhumaines et beaucoup en ont payé de leur vie.
III – LES IMPACTS SOCIO-CULTURELS
1-Les aspects positifs
Sur le plan social et culturel, l’action allemande était axée dans les secteurs comme l’éducation, la santé et
les emplois.
HISTOIRE PREMIERE ESG MODULE IV PAR ACHOFOR A MAGHO YANNICK PLEG 11
Dans le domaine de l’enseignement, de nombreuses écoles ont été construites. En 1886, Théodor
Christaller ouvre la première école publique à Deïdo. En 1910, une école d’agriculture était ouverte, puis
un centre artisanal. Par ailleurs, des bourses d’études étaient accordées aux jeunes Camerounais. C’est le cas
de Rudolph Douala Manga Bell et de Martin Paul Samba qui ont continué leurs études en Allemagne.
Dans le domaine de la santé, des centres médicaux ont été créés pour lutter contre la maladie du sommeil.
Des hôpitaux modernes sont construits à Victoria et à Douala.
Dans le domaine de l’emploi, les Allemands encourageaient les populations locales à travailler pour leur
propre compte à travers l’apprentissage des métiers comme la maçonnerie, menuiserie…Des
investissements économiques offraient aux jeunes des emplois salariés.
2-Les aspects négatifs
Le passage des Allemands au Cameroun s’est accompagné de nombreux bouleversements socio-culturels.
On note le bouleversement des structures traditionnelles et l’abandon des us et coutumes. En fait, la
politique de « germanisation » a entrainé l’abandon des valeurs culturelles locales. Les Allemands vont
appauvrir le Cameroun à travers le pillage des ressources naturelles.
CONCLUSION
L’œuvre coloniale allemande au Cameroun a été grandiose, mais elle fut davantage un moyen
d’exploitation abusive des ressources humaine et naturelles du Cameroun. Les Camerounais de cette
époque ont subi de nombreux abus. Alors que l’avenir s’annonçait radieux, les Allemands sont obligés de
quitter le Cameroun à cause de la Première Guerre Mondiale.
LECON 19 : LA PARTITION DU CAMEROUN : UNE CONSEQUENCE DE LA PREMIERE
GUERRE MONDIALE
Exemple de situation : La pratique du tribalisme par les élèves de ton établissement.
Exemple d’action : Dénoncer cette pratique/Sensibiliser les élèves sur le vivre-ensemble.
Justification de la leçon : Cette leçon va permettre à l’apprenant d’installer les ressources pour promouvoir
l’intégration nationale et le vivre-ensemble dans son environnement.
Eléments du résumé
INTRODUCTION
La Première Guerre Mondiale n’a pas seulement été confinée en Europe. Comme dans d’autres colonies
allemandes africaines, le Cameroun a été le théâtre des opérations militaires entre l’Allemagne et les alliés.
Cette guerre qui s’achève en 1916 aura une grande répercussion sur le territoire camerounais.
I – LES CAUSES DE LA GUERRE AU CAMEROUN
Lorsque l’Allemagne déclare la guerre à la France et à l’Angleterre le 03 août 1914, elle ne sait pas encore
qu’elle va en découdre avec ces puissances au Cameroun. En effet, les alliés attaquent l’Allemagne au
Cameroun pour plusieurs raisons :
Le désir de la vengeance des Anglais qui estiment que les Allemands leurs avaient arrachés le Cameroun
en 1884.
La volonté de la France de récupérer ses territoires cédés en 1911 contre sa volonté à l’Allemagne pour
avoir la main libre sur le Maroc.
La volonté des alliés d’empêcher le Cameroun d’être une base arrière pour l’Allemagne pendant la
guerre.
HISTOIRE PREMIERE ESG MODULE IV PAR ACHOFOR A MAGHO YANNICK PLEG 12
II – LE CAMEROUN : THEATRE DES OPERATIONS MILITAIRES
La Première Guerre Mondiale débute au Cameroun par l’attaque de Bonga et Zinga par les troupes
françaises du Congo le 5 août 1914. Dès lors, les opérations militaires vont se dérouler sur quatre principaux
fronts.
1-Sur le front Nord
Les alliés enlèvent Kousseri le 20 septembre 1914, mais ne parviennent pas à atteindre la forteresse de
Mora. C’est ainsi que le colonel Brisset laisse sur place un détachement et s’élance vers le Sud avec les
troupes. Maroua capitule le 19 décembre 1914 et Garoua le 10 juin 1915. La voie du Sud est alors
grandement ouverte aux troupes alliées. Ngaoundéré, Tibati, Banyo et Yoko, évacués par les Allemands,
sont occupés successivement.
2-Sur le front Est
Après la prise de Bonga, et Zinga, les troupes françaises rencontrent une vive résistance à Mbaïrou. Le
colonel Hutin atteint Mouloundou le 22 décembre 1914, Yokadouma le 30 janvier 1915 et retrouve Lomié
abandonné. Retranchés à Nguelemenduga, les Allemands contre-attaquent, mais sont repoussés par
Aymérich. Ils réculent vers Yaoundé sous l’ordre du colonel Zimmermann.
3-Sur le front Sud
Il fut marqué par la riposte supérieure des troupes allemandes à celle des Alliés jusqu’au 10 février 1916.
Les Alliés ne parvenaient pas à traverser le Ntem.
4-Sur le front maritime
Le 26 septembre 1914, un corps expéditionnaire ouvrait le feu sur Douala qui se rendait le jour suivant. Le
13 et le 14, les Anglais occupèrent Victoria et Buea. Zimmermann fait sauter le pont sur la Dibamba, se
réfugie à Edéa qui tombe le 30 octobre 1915. De la Guinée Espagnole où il s’est réfugié, Ebermaier fait
savoir au gouvernement allemand que le Cameroun dans sa totalité était tombé. Mais la forteresse de Mora
résistait encore. Elle ne se rendit que le 20 février 1916 marquant la fin des hostilités au Cameroun.
III – LA PARTITION DU PAYS ET L’INTERNATIONALISATION DU PAYS
Après avoir vaincu les Allemands, les Alliés vont se partager le Cameroun qui va passer sous le régime
international à la fin de la grande guerre en Europe.
1-La partition du Cameroun
Le 6 mars 1916, le Général Dobell, au nom de l’Angleterre, et le Général Aymérich au nom de la France,
vont partager le Cameroun en deux zones d’influence. L’Angleterre prend une bande de 85 000 km2 à
l’Ouest et le reste est occupé par la France. Le 16 mars 1916, le Général Aymérich restitue à l’AEF les
territoires cédés en 1911 au Cameroun Allemand.
2-L’internationalisation de la partition du pays
A la fin de la guerre, les puissances se réunissent à Versailles en 1919 pour la conférence de paix. Le traité
de Versailles signé le 28 juin 1919 enlève à l’Allemagne ses anciennes possessions qui deviennent les
territoires sous mandat de la Société des Nations.
Sur le plan international, le Cameroun sortit définitivement du régime colonial et le mandat fut confié à la
France et à l’Angleterre suivant l’accord de mars 1916. Cet accord fut précisé dans la déclaration de
Londres, signé le 10 juillet 1919.
HISTOIRE PREMIERE ESG MODULE IV PAR ACHOFOR A MAGHO YANNICK PLEG 13
CONCLUSION
En définitive, l’aventure de l’Allemagne s’achève au Cameroun avec la Première Guerre Mondiale. La
principale conséquence a été le partage et l’internationalisation du Cameroun.
LECON 20 : LA VIE DES CAMEROUNAIS DANS LE TERRITOIRE SOUS ADMINISTRATION
FRANCAISE
Exemple de situation : La pratique du tribalisme par les élèves de ton établissement.
Exemple d’action : Dénoncer cette pratique/Sensibiliser les élèves sur le vivre-ensemble.
Justification de la leçon : Cette leçon va permettre à l’apprenant d’installer les ressources pour promouvoir
l’intégration nationale et le vivre-ensemble dans son environnement.
Eléments du résumé
INTRODUCTION
Après le Première Guerre Mondiale, le Cameroun est passé sous le régime international de mandat.
Selon l’accord de partage confirmé de 1916 confirmé par la SDN, la France avait reçu le mandat
d’administrer le Cameroun oriental d’une superficie de 452 000 km2. Cette administration sera marquée par
l’exploitation économique et de nombreuses mutations socioculturelles.
I – L’ADMINISTRATION
L’administration du Cameroun sous mandat français était à la fois centrale et régionale.
1-L’administration centrale
Comme dans l’ensemble de ses colonies, la France a pratiqué au Cameroun un système d’administration
directe. Le territoire était dirigé par gouverneur appelé commissaire de République Française qui était
HISTOIRE PREMIERE ESG MODULE IV PAR ACHOFOR A MAGHO YANNICK PLEG 14
chargé de faire appliquer les décisions prises directement à Paris. Par ailleurs, il assurait la sécurité et
l’ordre, la promotion et le développement économique et social. Entre 1920 et 1945, le Cameroun sous
mandat français a connu plusieurs commissaires entre autres : Jules Gaston Carde (1920-1923), Théodore
Paul Marchand (1923-1932), Paul Auguste François Bonne-Carrère (1932-1935), Jules Repiquet
(1935-1938), Pierre Boisson (1938-1939), Philippe Leclerc (1939-1940)…
2-L’administration régionale
Sur le plan régional, le Cameroun était divisé en circonscriptions administratives ou régions placées sous
la direction des chefs de circonscription. Elles comprenaient plusieurs subdivisions dirigées par les chefs de
subdivision. Les subdivisions comprenaient à leur tour les chefferies indigènes dirigées par les chefs
traditionnels. Ces derniers étaient les auxiliaires de l’administration coloniale, les courroies de
transmission entre l’administration centrale et la masse indigène.
II – L’EXPLOITATION ECONOMIQUE
Pendant le mandat, l’administration coloniale a procédé à une exploitation à outrance des ressources du
territoire.
1-L’exploitation des matières premières et le pillage des richesses naturelles
Le Cameroun était une source d’approvisionnement de la métropole en matières premières. C’est ainsi que
les plantations allemandes ont été reprises et développées (plantations d’hévéa et de palmier à huile, de
caoutchouc, de cacaoyer). Par ailleurs, l’exploitation forestière et minière avait été intensifiée. On assista
aussi au pillage des ressources forestières (le Cameroun produisait chaque année en moyenne 31 000
tonnes de bois en grume et 14 700 de bois débités)
Pour atteindre son objectif, la France a poursuivi l’œuvre infrastructurelle à travers la construction des
nouveaux axes routiers, l’achèvement du chemin de fer du centre entre 1922 et 1927, l’aménagement du port
de Douala.
2-Les impositions
L’exploitation économique du Cameroun était aussi marquée par de nombreuses impositions de la
métropole. En effet, les droits de douanes furent institués sur le territoire ainsi que des impôts (impôt de
capitation prélevé sur chaque habitant du territoire) et diverses autres taxes.
III – LES ASPECTS SOCIAUX
La période du mandat français a également été marquée par une importante œuvre éducative et sanitaire,
mais aussi de nombreux bouleversements sociaux seront observés.
1-L’œuvre éducative et sanitaire
L’éducation et la santé avaient connu des progrès remarquables avec la création des écoles de formation
(école d’aides-soignants d’Ayos, école primaire supérieure de Yaoundé, l’école professionnelle de
Douala).
L’œuvre sanitaire était marquée par la création des services d’hygiène à Douala en 1925, des hôpitaux dans
chaque région et des dispensaires dans les villages importants. Par ailleurs, la maladie du sommeil fut
combattue par le Docteur Eugène Jamot.
2-De nombreux bouleversements sociaux
La période de mandat français fut marquée par l’introduction de la langue française et les langues locales
ont été reléguées au second plan et oubliées. On a aussi assisté au bouleversement des structures
HISTOIRE PREMIERE ESG MODULE IV PAR ACHOFOR A MAGHO YANNICK PLEG 15
traditionnelles car le pouvoir des chefs traditionnel a été négligé, réduit par l’administration coloniale. Par
ailleurs, le système de l’indigénat institué en 1924 était caractérisé par des brimades, des travaux forcés,
des corvées, des sévices corporels (bastonnades) dont les Camerounais étaient victimes.
CONCLUSION
En définitive, la période de mandat français au Cameroun ressemble à une continuation de ce que les
Allemands avaient initié. Dans la pratique, l’administration française a commis trop d’abus et d’exactions à
travers le portage, la corvée, les sanctions physiques humiliantes. L’objectif était donc l’exploitation
économique du Cameroun.
LECON 21 : LA VIE DES CAMEROUNAIS DANS LE TERRITOIRE SOUS ADMINISTRATION
ANGLAISE
Exemple de situation : La pratique du tribalisme par les élèves de ton établissement.
Exemple d’action : Dénoncer cette pratique/Sensibiliser les élèves sur le vivre-ensemble.
Justification de la leçon : Cette leçon va permettre à l’apprenant d’installer les ressources pour promouvoir
l’intégration nationale et le vivre-ensemble dans son environnement.
Eléments du résumé
INTRODUCTION
L’accord de partition franco-britannique de 1916 avait attribué 85 000 km2 à l’Angleterre. En 1919, régime
de mandat international confia officiellement ce territoire à l’Angleterre qui lance alors son administration.
I – L’ADMINISTRATION
L’administration britannique était caractérisée par de nombreuses particularités axées sur l’esprit de la
décentralisation.
1-Les particularités de l’administration britannique
La Cameroun sous mandat anglais était administré comme une partie intégrante du Nigéria. L’administration
était indirecte, car elle s’appuyait sur les chefs traditionnels ou Natives authorities.
2-L’organisation administrative
Le Cameroun sous mandat anglais était divisé en deux grandes parties distinctes :
Le Northern Cameroons : il était constitué de deux régions, Bornou qui avait pour capitale Dikwa et
l’Adamaoua avec pour capitale Yola.
Le Southern Cameroons : son chef-lieu était Buea. Il comprenait quatre circonscriptions à savoir
Victoria, Kumba, Mamfé et Bamenda placées sous l’autorité du Divisional Officer.
II – L’EXPLOITATION ECONOMIQUE
La Grande-Bretagne avait réduit la Cameroun à un espace d’exploitation économique. Ainsi, la vie
économique était liée à celle du Nigéria. On note cependant la réalisation des infrastructures de
communication comme l’agrandissement du port de Tiko. Par ailleurs, les grandes plantations allemandes
ont été récupérées dans le Southern Cameroon. Les populations payaient aussi les taxes, les impôts auprès
des Native Treasuries qui les reversaient au résident.
III – LES ASPECTS SOCIAUX DE L’EXPLOITATION
HISTOIRE PREMIERE ESG MODULE IV PAR ACHOFOR A MAGHO YANNICK PLEG 16
Sur le plan social, la Grande-Bretagne ne fit presque pas d’efforts de développement social, les décisions
étant prises à Lagos.
Dans le domaine de l’éducation, les enfants allaient à l’école au Nigéria, car aucune infrastructure scolaire
d’importance n’avait été construite au Cameroun britannique.
Dans le domaine de la santé, les structures étaient également inexistantes et les le personnel de santé venait
du Nigéria pour soigner les maladies comme la malaria, la rougeole, la lèpre.
CONCLUSION
En définitive, les Anglais ont accordé très peu d’intérêt au Cameroun occidental d’où les souffrances des
populations. Toutefois, le système d’administration britannique permis l’émergence des mouvements
nationalistes qui revendiquent l’autonomie du territoire.
HISTOIRE PREMIERE ESG MODULE IV PAR ACHOFOR A MAGHO YANNICK PLEG 17