COURS:
LECTURE MÉTHODIQUE DES TEXTES
LITTÉRAIRES
Prof. Raoui
▪Lecture : 2ème sens : action de lire avec finesse, en faisant attention aux
détails.
▪Méthodique : suivre une démarche précise.
▪Le texte : un appareil linguistique mettant en place une parole
communicative.
▪Littéraire : qui se rapporte à la littérature, soit l’ensemble des œuvres
écrites.
DESCRIPTIF DU COURS
Un texte littéraire diffère d’un texte ordinaire en cela qu’il fournit des
signes généralement difficiles à intercepter.
Ainsi, afin de mieux lire, comprendre et interpréter un texte littéraire, tout
étudiant doit se baser en amont sur une grille de lecture qui va lui
permettre de réaliser cette tâche.
Dans cet ordre de pensée, les théoriciens de la littérature comme Gérard
Genette, Mikhaïl Bakhtine, Roland Barthes, etc. ont conçu des méthodes
élaborées pour faciliter cette mission de lecture et d’analyse.
Le but de ce cours est de jeter la lumière sur ce que Genette appelle la
‘narratologie’, c’est-à-dire la science qui étudie les techniques de la
narration.
Qu’est-ce qu’un genre littéraire ?
Un genre littéraire correspond à un ensemble d’œuvres
qui partagent des caractéristiques communes au niveau
du contenu et de la forme.
Il faut savoir que la tâche qui consiste à classer les
œuvres littéraires n’est pas toujours facile parce-que les
frontières entre les différents genres sont parfois
poreuses. Ex. Le roman graphique.
Les différents genres
littéraires
Genres Les romans, Les contes La poésie Biographie Théâtre …
les
nouvelles, …
Sous-Genre Policier, Merveilleux Le sonnet Autobiographie, Comique
Fantastique, Philosophiques Les bergeries, autofiction Tragique,
Aventure, … etc. etc.
NOTIONS CLÉS
1. Narration : le fait de relater, dans le cadre d’un récit, une histoire avec un
début et une fin.
2. Narrateur : celui qui raconte – personnage ou simple voix imaginaire -, qu’il
ne faut pas confondre avec l’auteur.
3. Narrataire : c’est celui à qui s’adresse le discours énoncé. Si le narrateur ne
se confond pas avec l’auteur, le narrataire se distingue lui aussi du lecteur.
4. Intrigue : enchainement des actions et des événements retenus dans l’histoire
pour en faire un récit.
LES TYPES DE TEXTES : QU’EST-CE QUE C’EST ?
- Le texte descriptif : a pour but de décrire un phénomène.
- Le texte argumentatif : centré sur des prises de position.
- Le texte injonctif : incite à l’action.
- Le texte explicatif : fait comprendre les événements en expliquant les
causes.
Les types de textes renvoient à différents actes de communication
Théorie de la narratologie
Les théories de Gérard
Genette s’inscrivent dans
la continuité des
recherches allemandes et
anglo-saxonnes.
Selon Genette, il faut
établir une grille de
Gérard Genette (1930-2018) lecture pour lire un texte
littéraire.
COMMENT LIRE UN TEXTE SELON GÉRARD GENETTE
Gérard Genette regroupe sous
l’appellation paratexte, l’ensemble
Le paratexte des éléments entourant le texte
proprement dit, qui constituent une
première lecture.
Titres, maisons d’édition et
épigraphes par exemple
TITRES
▪ Les titres thématiques ▪ Les titres rhématiques
Renferment des informations
Donnent des informations sur sur la forme de l’œuvre (Petits
le thème de l’œuvre, ils Poèmes en prose [Charles
présentent un personnage Baudelaire]), sur le genre
(Madame Bovary [Gustave dans lequel il s’inscrit (Les
Flaubert]) ou un lieu (Les Confessions [Jean Jacques
Antiquités de Rome [Joachim Rousseau]), sur un projet
du Bellay]). philosophique (Candide ou
l’optimisme [Voltaire]).
Le titre thématique
Le titre rhématique
LE TEXTE : LE CONTENU
LA PONCTUATION
▪ La syntaxique ▪ L’énonciative
- Virgule et point-virgule
concourent à la - Les deux points et les
segmentation de la phrase.
guillemets signalent
les différents types de
- Points d’exclamation et discours.
d’interrogation indiquent
les modalités de la phrase.
LA PROGRESSION TEXTUELLE
▪ La règle de répétition : ▪ La règle de progression :
Elle assure la marche en avant du
Elle assure la reprise d’éléments
texte et a pour but communicatif
récurrents nécessaires à la
de fournir des informations
progression de l’information.
nouvelles au lecteur.
EXEMPLE DE RÉPÉTITION : L’ANAPHORE
C’est un procédé de
reprise qui suppose
qu’un référent a déjà été
nommé précédemment
dans le texte.
▪ Elle peut être pronominale : ▪ Elle peut être nominale :
Elle peut être nominale, un terme
peut être repris à l’identique :
Les pronoms anaphoriques Exemple :
sont les pronoms personnels
de troisième personne (il, elle, Rome, l’unique objet de mon ressentiment,
Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant !
ils, elles, …). Rome, qui t’a vu naitre et que mon cœur adore !
Rome, enfin que je hais parce qu’elle t’honore !
Corneille, Horace.
➢ Questionner la progression textuelle :
Comment s’établissent la continuité et la
progression ? Quels types d’anaphores sont à
l’œuvre ? Quels effets induisent-ils ?
LES CONNECTEURS LOGIQUES
▪ Les articulations de la pensée et du ▪ Les articulations chronologiques :
raisonnement :
Liens de causalité, de conséquence,
d’opposition, de justification, de
conclusion, d’addition. D’abord, ensuite, enfin.
Ex. Je mange car j’ai faim.
LES RELATIONS SÉMANTIQUES
▪ L’hyperonyme et l’hyponyme :
C’est un mot général qui s’unit à l’hyponyme qui est un mot particulier.
Fleur est l’hyperonyme de la série d’hyponymes (Marguerite, rose,
tulipe, …).
▪ Synonymie : ▪ L’antonymie
C’est la relation d’équivalence Elle désigne les unités de sens
entre deux ou plusieurs unités opposés.
lexicales.
Ex. Vivant / Mort
Ex. Montrer / Afficher
LE CHAMP LEXICAL
Il s’établit en collectant des unités
(noms, adjectifs, verbes) qui expriment
une même idée et une même notion.
Le champ lexical permet parfois
d’identifier le thème d’un texte.
IDENTIFIEZ LE OU LES CHAMP(S)
LEXICAL/LEXICAUX DANS L’EXTRAIT SUIVANT
:
« L’une des raisons pour lesquelles Maya adorait son
frère, en admettant qu’elle ait besoin d’une raison, est
qu’il discutait avec elle de tout; politique, économie,
société, culture… Depuis un an, elle avait dû, à regret,
arrêter ses études car elle est née femme », p. 9, Loubna
Serraj, Pourvu qu’il soit de bonne humeur.
EXEMPLE DE RÉPONSE :
Dans cet extrait du roman Pourvu qu’il soit de bonne humeur,
Loubna Serraj met en avant deux champs lexicaux. Elle aborde,
d’une part, la question du statut social de la femme dans le
passage « elle est née femme » (ligne 5) et, d’autre part, le thème
du savoir et de la connaissance lorsqu’elle parle de « politique,
économie, société et culture » (ligne 3 et 4).
LES STRUCTURES DE L’ÉNONCIATION
• L’énonciation littéraire est différente d’un échange ordinaire.
• C’est un récit investi d’une recherche esthétique.
• Elle est le lieu d’une construction d’échanges et de voix.
• Elle construit des mondes divers dans lesquels la parole est donnée à des
personnages, des êtres imaginaires, des animaux, des objets ou des plantes.
« Le pot de fer proposa
Au pot de terre un voyage.
Celui-ci s’en excusa,
Disant qu’il ferait que sage,
De garder le coin du feu :
Car il lui fallait si peu … » (La Fontaine, Fables)
DICHOTOMIE DISCOURS VS RÉCIT
▪ Le monde du discours
« Si vous prenez quelques
intérêts à la mienne [vie],
Il a pour caractéristiques la
écrivez-moi souvent. Je mérite
présence de la première personne, bien que vous preniez quelque
le choix du temps verbal qui est le soin de m’apprendre l’état de
présent de l’énonciation et les votre cœur et de votre
fortune ».
déictiques (c’est-à-dire les
(Guilleragues, Lettres Portugaises)
éléments spatio-temporels).
DICHOTOMIE DISCOURS VS RÉCIT (SUITE)
▪ Le monde du récit:
« Calypso ne pouvait se consoler du
départ d’Ulysse. Dans sa douleur, elle
Il a pour caractéristiques l’usage de la
se trouvait malheureuse d’être
troisième personne (il/elle) et les temps
immortelle. Sa grotte ne résonnait plus
organisateurs sont le passé simple et
de son chant » (Fénelon, Les Aventures
l’imparfait.
de Télémaque).
Il faut comprendre le discours et le récit en termes
de dominante. Car, il est tout à fait possible que le
cadre du discours abrite des micro-récits, et,
inversement, que le récit contienne des paroles.
LES FONCTIONS DU LANGAGE
Un énoncé met en jeu divers paramètres différemment.
• La fonction conative : • La fonction expressive :
Elle vise le pôle de Elle met l’accent sur le pôle
l’allocutaire pour lui intimer du locuteur pour son
un ordre. émotion, son
Ex. Sortez ! investissement dans le
discours.
• La fonction référentielle :
Révèle la valeur purement informative de
certains énoncés. Elle permet de renvoyer au
contexte :
« Paris est aussi grand qu’Ispahan. Les maisons
y sont si hautes qu’on jugerait qu’elles ne sont
habitées que par des astrologues ».
Montesquieu, Lettres Persanes.
• La fonction phatique : • La fonction poétique :
A pour rôle d’accentuer le contact et
de vérifier que l’information circule
Met l’accent sur le message lui-
bien entre les interlocuteurs. S’y
même. Elle concerne le choix et
rattachent les apostrophes (Pierre),
l’agencement des mots.
les appellatifs (Madame), les appuis
du discours (allô, hi, …)
DISCOURS ET REPRÉSENTATION
D’un point de vue linguistique énonciatif, La Recherche du temps
perdu de Marcel Proust, l’Etranger de Camus ou les Rêveries de
Rousseau sont considérés comme de (longs) discours.
Le repérage des déictiques ne pose aucun problème et ne révèle
aucune confusion dans ce cas.
SCÉNOGRAPHIES
On désigne la situation d’énonciation propre à un énoncé, son
contexte.
C’est la corrélation de l’espace (topographie) et du temps
(chronographie) qui dessine le contexte (ou situation) à
l’intérieur duquel se positionne le sujet parlant.
EXEMPLE DE SCÉNOGRAPHIE :
LE RÉCIT DE GUY DE MAUPASSANT
Chacun des dix-sept récits réunis par Maupassant dans son recueil
intitulé Contes de la Bécasse (1883) doit être ramené à la scénographie
matricielle (de mère) du tout premier texte, La Bécasse.
La Bécasse présente une assemblée de bons vivants à qui le baron des
Ravots demande, autour d’un repas bien arrosé, de raconter des histoires.
Chacun des récits est un discours tenu par un individu particulier, à des
auditeurs particuliers, dans une situation d’écoute et d’attente
particulière.
Le cadre scénographique est donc ici explicite.
▪ Extrait :
▪ Jocelyne Laâbi, La liqueur d’aloès,
▪ éd. Marsam, Rabat, 2004
▪ Elle a sept ans. Elle habite une maison avec un étage, tout au fond d’une impasse qui se termine par une petite place
ronde. A Lyon, aux Brosses. (…). Un jardin entoure la maison, et il y a un lilas mauve dans le jardin. Au-delà c’est la campagne.
Quand le soleil le permet, et sa mère, elle va se perdre dans les blés plus hauts qu’elle, en grignote le grain fade, pâteux. Elle
rapporte des bouquets de bleuets, de marguerites et de ces coquelicots si fragiles qu’il faut les tenir bien droit, sans jamais
courir, sinon les pétales se détachent, tombent, et il ne reste plus qu’un gros bouton noir. Jamais une couleur ne manque : on lui
a dit que bleu-blanc-rouge, c’est la France, et que la France, c’est son pays.
▪ Les bouquets, elle les offre à sa mère qui sait lui chanter de si jolies chansons, des chansons très tristes qui lui font
verser des larmes mais qu’elle réclame sans se lasser. Celle des deux petits enfants qui s’en vont sur la mer, bien loin, tout seuls
dans une barque, bien sûr ils ont désobéi à leurs parents alors ils se noient, et le refrain à chaque fois la fait sangloter : « Petits
enfants, prenez garde aux flots bleus, qui font semblant de céder à vos jeux ». Ou l’histoire d’Adèle, encore une qui a désobéi.
Elle est partie danser sous le pont du Nord avec son frère, en barque elle aussi, et elle s’est noyée, et même le frère, parce que le
pont du Nord s’est effondré. Elle, elle ne se risque pas à désobéir.
POLYPHONIE
Pour Mikhaïl Bakhtine, la polyphonie n’est pas la simple réunion de
discours pluriels. Par exemple, on ne peut pas dire qu’un roman épistolaire
comme Les Liaisons dangereuses soit un roman polyphonique sous prétexte
que plusieurs personnages y prennent la parole épistolaire et que l’auteur
ordonne cette diversité.
La prise en charge de discours pluriels est fondue dans une représentation
homogène.
LA QUESTION DES IDENTITÉS
La littérature du XXème siècle n’a cessé de jouer sur ces effets de
confusion poétique.
Ex. Marcel Proust, Samuel Beckett, Nathalie Sarraute.
Mais qui parle à qui ?
Impossible de dire qui parle, de l’individu ou du collectif : la
réunion, la superposition des deux discours, discours de l’un,
discours de l’autre, peut s’imbriquer (se mélanger, se combiner,
fusionner).
LE ROMAN : UN GENRE PROTÉIFORME
Aristote distingue :
1. La mimésis : l’imitation de l’homme en action.
2. La diégésis : le récit des actions.
➢ Le domaine de la mimésis est le théâtre.
➢ Le domaine de la diégésis est celui des genres narratifs.
Les deux caractéristiques du genre narratif
romanesque:
1. Il suppose la présence d’une instance qui se
charge de raconter une histoire.
2. Il aborde la question de la représentation du
« réel » dans la sphère de la fiction.
Histoire ou narration ?
L’histoire :
Elle renferme des personnages qui évoluent
dans un lieu et un temps donnés, qui vivent des
événements face auxquels ils réagissent.
Ils sont dotés d’une psychologie, de caractères
et d’émotions.
La narration :
Elle concerne trois éléments complémentaires qui sont :
• Le fait de relater des événements auxquels participent
les personnages.
• Le fait de relater les paroles ou les pensées des
personnages.
• Elle abrite des descriptions qui montrent les objets ou
les personnes.
COMMENT RECONNAITRE LES SOUS-
GENRES ROMANESQUES ?
1. Le cadre de l’intrigue : constitue un premier critère qui définit
le contexte dans lequel se déroule l’intrigue, il permet de
sélectionner, par exemple, le roman pastoral, le roman
historique, le roman picaresque, …
2. La nature de l’action : elle montre la condition sociale des
personnages, on pense, par exemple, aux romans policiers,
aux romans noirs, aux romans d’aventure, …
3. La technique narrative : où l’auteur effectue des choix :
✓ Enonciatifs : première ou troisième personne.
✓ Esthétiques : le romancier s’inscrit dans ou contre une école
ou un mouvement littéraire, par exemple le romantisme, le
réalisme, le nouveau roman, …
✓ Formels : qui permettent de distinguer, par exemple, le
roman par lettres, comme Les Lettres persanes de
Montesquieu ou le faux journal intime tel La Symphonie
pastorale d’André Gide.
LES VOIX NARRATIVES
1. Narrateur vs narrataire :
A l’intérieur de l’espace de la fiction, deux instances
fictionnelles correspondent au pôle du locuteur et à celui
de l’allocutaire prennent en charge la narration.
• Le narrateur : c’est un énonciateur interne, c’est lui qui raconte
l’histoire dans le texte.
« Julien, étonné de n’être pas battu, se hâta de partir. Mais à peine
hors de la vue de son terrible père, il ralentit le pas. Il jugea qu’il
serait utile à son hypocrisie d’aller faire une station à l’église. Ce mot
vous surprend ? Avant d’arriver à ce terrible mot, l’âme du jeune
paysan avait eu bien du chemin à parcourir » Stendhal, Le Rouge et le
noir.
Le narrateur raconte l’histoire de Julien dont il connait les tenants
et les aboutissants.
• Le narrataire : qui ne se confond pas avec le lecteur,
est l’instance symétrique du narrateur. Il écoute ou
lit.
« Voilà le moment le plus terrible de ma vie : car
songez bien, Monsieur, que j’ignorais absolument sous
quelles couleurs on m’avait peinte aux yeux de cet
ecclésiastique » (Denis Diderot, La Religieuse).
Le destinataire de la longue lettre de l’infortunée religieuse est
le marquis de Croismare.
LA RELATION DU NARRATEUR A L’HISTOIRE
Elle permet de savoir si le narrateur est présent dans l’histoire
en tant que personnage ou en tant que simple voix.
• Le narrateur est présent dans l’histoire :
Il existe dans l’espace spatio-temporel.
Gérard Genette le baptise « homo-diégétique ».
Il s’agit des cas où l’écrivain a fait le choix de faire raconter
l’histoire par l’un des personnages.
Ex. « Longtemps, je me suis couché de bonne heure » A La
Recherche du temps perdu.
• Le narrateur est absent dans l’histoire :
L’écrivain a choisi de faire raconter l’histoire par
un narrateur anonyme ou ne prenant pas part à
l’histoire.
Le narrateur de Madame Bovary est anonyme,
omniscient, extérieur à l’histoire d’Emma. Gérard
Genette le nomme « hétéro-diégétique ».
Autre cas, le récit n’est pas unique mais multiple et ménage des
enchâssements de récits confiés à d’autres narrateurs.
Le cas extrême est celui des Mille et une nuits, où Shéhérazade
qui raconte des contes au Sultan pour sauver sa vie, est elle-
même l’objet d’un récit produit par un autre narrateur.
Ce type de narrateur est dit « intra-diégétique ».
❖Questionner les voies narratives :
1. Qui raconte ?
2. Est-ce un personnage principal ou secondaire ?
3. Quelle relation entretient-il avec l’histoire ?
MODES DE VISION
C’est la question des points de vue ou de la focalisation.
Autrement dit, qui voit ?
Trois types de champs visuels sont envisageables :
• La focalisation zéro :
Correspond à un point de vue omniscient du
narrateur.
Celui-là sait tout et voit tout.
Le narrateur ne pratique aucune restriction de champ.
« Le lendemain fut pour Emma une journée
funèbre. Tout lui parut enveloppé par une
atmosphère noire qui flottait confusément sur
l’extérieur des choses » Flaubert, Madame
Bovary.
• La focalisation interne :
Le narrateur fait le choix de suivre le point de vue
de l’un de ses personnages.
Il y a coïncidence entre ce que perçoit le
personnage et ce que relate le narrateur.
« Enfin, en prêtant l’oreille, Meaulnes crut
entendre comme un chant, comme des voies
d’enfants et de jeunes filles, là-bas » Alain
Fournier, Le Grand Meaulnes.
La focalisation interne accroît le suspens
• La focalisation externe :
Le narrateur ne connait que l’aspect extérieur
de l’histoire.
L’histoire est racontée de façon neutre.
« Le troisième, qui est un siège pliant de toile
tendue sur des tiges métalliques, occupe lui
une position nettement en retrait, entre le
quatrième et la table. Mais, c’est celui-là,
moins confortable, qui est demeuré vide ».
Alain Robbe-Grillet, La Jalousie.
Récapitulation
• La focalisation zéro donne souvent une vision
surplombante.
• La focalisation interne permet l’accès à la
psychologie des personnages.
• La focalisation externe est neutre et objective.
L’UNIVERS ROMANESQUE
▪ LA CARACTERISATION LEXICALE : ▪ LES FONCTIONS DU NARRATEUR :
LA FONCTION DU NARRATEUR :
principale fonction.
L’AXIOLOGIE : jugements de valeurs
émis par le narrateur. LA FONCTION DE REGIE : le narrateur
prend en charge l’organisation de
l’histoire et sa progression.
LA NON-AXIOLOGIE : l’absence de
l’application sentimentale du
narrateur. LA FONCTION TESTIMONIALE : renvoie
au rapport affectif que le narrateur
entretient avec le personnage.
LE TEMPS DU RÉCIT ET LE TEMPS DE
L’HISTOIRE
▪ LE MOMENT DE LA NARRATION : ▪ LA VITESSE DE LA NARRATION :
LA SCENE : fait correspondre les deux
vitesses.
LA NARRATION SIMULTANEE : quand le
narrateur raconte l’histoire au moment de
son déroulement.
LA PAUSE : se trouve dans les
commentaires et les descriptions.
LA NARRATION ULTERIEURE : raconte
l’histoire après son déroulement.
LE SOMMAIRE : représente le résumé
d’une longue histoire en quelques mots.
LA NARRATION ANTERIEURE : narre les
événements avant qu’ils ne se produisent.
L’ELLIPSE : omission d’un ou plusieurs
épisodes.
LES PERSONNAGES DE L’HISTOIRE
NOTIONS A RETENIR : LES FONCTIONS DU PERSONNAGE :
▪ ADJUVANT : le bras droit du héros.
UN ELEMENT DECORATIF : personnages
secondaires.
▪ ANTI-HEROS : personnage sans valeur.
UN AGENT DE L’ACTION : l’intrigue
▪ HEROS : sorte de demi-dieu.
repose sur le personnage qui va mener
l’action.
▪ PERSONNAGE : créature de fiction.
LA PSYCHOLOGIE DES PERSONNAGES
▪ LE HEROS PROBLEMATIQUE :
DANS UNE FICTION, LE RECOURS A
LA PSYCHOLOGIE EST NECESSAIRE
POUR ANALYSER LA VIE INTERIEURE
DES PERSONNAGES. Se dit du héros qui avance tout seul
contre toutes les forces qui font obstacle
à son épanouissement. En revanche,
PARFOIS, LE PERSONNAGE EST AUX persévérant et audacieux, il finit par
PRISES AVEC SES PARADOXES ET triompher et par mettre fin à ses
DOIT LUTTER POUR ASSOIR SES incertitudes.
PRINCIPES
LES CHAMPS MODAUX
LES CHAMPS MODAUX INSCRIVENT LES ACTIONS DES PERSONNAGES DANS
LE VOULOIR, LE POUVOIR ET LE SAVOIR :
▪ LE POUVOIR : définit la compétence ou l’incompétence du personnage.
▪ LE VOULOIR : fait état du désir ou du refus du personnage.
▪ LE SAVOIR : désigne le niveau de connaissance que le personnage a de son
entourage.
LES AVATARS DU PERSONNAGE ROMANESQUE
LE RÔLE DU PERSONNAGE ROMANESQUE A CONNU UNE EVOLUTION
CERTAINE AU COURS DE L’HISTOIRE :
- Au XIXe siècle, apparaît la notion de ‘personnage-type’ qui a tous les caractères
d’une classe sociale. L’histoire tourne autour de lui et donne raison à ses actions.
- A partir du XXe siècle, le personnage est représenté ‘tel un numéro de
matricule’ par la littérature moderne qui tourne en dérision les schémas
traditionnels. Le Nouveau Théâtre, par exemple, remplace les patronymes par
les initiaux. Ex.‘N’ est le personnage principal de La Parodie d’Arthur Adamov.
LA DESCRIPTION
▪ LES TYPES DE DESCRIPTIONS :
✓ LA TOPOGRAPHIE : description d’un lieu.
✓ LA CHRONOLOGIE : description d’une époque.
✓ LA PROSOGRAPHIE : description de l’aspect extérieur d’un être animé.
✓ L’ETHOPEE : description d’un être animé.
Honoré de Balzac, Eugénie
Grandet
Au physique, Grandet était un homme de cinq pieds,
trapu, carré, ayant des mollets de douze pouces de
circonférences, des rotules noueuses et de larges
épaules ; son visage était rond, tanné, marqué de
petite vérole ; son menton était droit ses lèvres
n’offraient aucune sinuosité, et ses dents étaient
blanches (…). Ses cheveux jaunâtres et grisonnants
étaient blanc en or, disaient quelques jeunes gens qui
ne connaissaient pas la gravité d’une plaisanterie faite
à M. Grandet.