Devoir Maison 7: Exercice 1: Transformation de Joukovsky
Thèmes abordés
Devoir Maison 7: Exercice 1: Transformation de Joukovsky
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DEVOIR MAISON 7
Vous traiterez au choix : soit les deux exercices, soit le problème.
▶ Exercice 1 : transformation de Joukovsky
C∗ −→ C
On note 𝑓 : 1 .
𝑧 ↦−→ 𝑧 +
𝑧
3−𝑖
1. Résoudre l’équation 𝑓 (𝑧) = .
2
2. a. Déterminer l’image de 𝑓 .
b. Pour 𝑎 ∈ Im 𝑓 , donner le nombre d’antécédents de 𝑎 par 𝑓 .
3. Justifier que Im 𝑓 |U = [−2, 2].
(𝐸 4 ) : 𝑧 4 + 𝑎𝑧 3 + 𝑏𝑧 2 + 𝑐𝑧 + 𝑑 = 0, d’inconnue 𝑧 ∈ C.
13. Soit 𝜆 ∈ C\ 2 . Prouver qu’il existe (𝛼, 𝛽) ∈ C2 tels que pour tout 𝑧 ∈ C, (2𝜆 −𝑝)𝑧 2 −𝑞𝑧 +𝜆 2 −𝑟 = (𝛼𝑧 +𝛽) 2
𝑝
1. Soit 𝑧 ∈ C∗ . Alors
3−𝑖 1 3−𝑖 3−𝑖
𝑓 (𝑧) = ⇔𝑧+ = ⇔ 𝑧2 − 𝑧 + 1 = 0.
2 𝑧 2 2
2
3−𝑖 8−6𝑖 −8−6𝑖
Le discriminant de cette équation est Δ = 2 −4= 4 −4= 4 .
Plutôt que de chercher les racines carrées de Δ, cherchons celles de −8 − 6𝑖, il suffira de les
diviser par 2. Remarque
Soit 𝛿 = 𝑎 + 𝑖𝑏 une racine carrée de −8 − 6𝑖, avec 𝑎, 𝑏 ∈ R. Cette vérification, si elle
Alors 𝛿 2 = 𝑎 2 − 𝑏 2 + 2𝑖𝑎𝑏, si bien que 𝑎 2 − 𝑏 2 = −8 et 2𝑎𝑏 = −6. n’est pas superflue, n’est pas
Par ailleurs, |𝛿 | 2 = | − 8 − 6𝑖 | = 10, et donc 𝑎 2 + 𝑏 2 = 10. indispensable. En effet, nous
Alors 2𝑎 2 = 2, si bien que 𝑎 = ±1, et puisque 2𝑎𝑏 = −6, 𝛿 = 1 − 3𝑖 ou 𝛿 = −1 + 3𝑖. savons que −8 − 6𝑖 étant non
nul il possède exactement
Vérifions : on a bien (1 − 3𝑖) 2 = 1 − 6𝑖 − 9 = −8 − 6𝑖. deux racines carrées, et nous
1 − 3𝑖
Donc une racine carrée de Δ est , si bien que les deux solutions de 𝑧 2 − 3−𝑖
2 𝑧+1=0
venons de dire que celles-ci
2 ne peuvent être que 1 − 3𝑖
sont et son opposé. Ce sont donc
3−𝑖 1−3𝑖 3−𝑖
2 + 2 4 − 4𝑖 − 1−3𝑖 2 + 2𝑖 1 + 𝑖 nécessairement les deux
= = 1 − 𝑖 et 2 2
= = . racines carrées de −8 − 6𝑖.
2 4 2 4 2
2.a. Rappelons que l’image de 𝑓 est l’ensemble des éléments de C (l’espace d’arrivée) qui ont au
moins un antécédent par 𝑓 .
Soit donc 𝑎 ∈ C. Alors 𝑎 ∈ Im 𝑓 si et seulement si il existe 𝑧 ∈ C∗ tel que 𝑓 (𝑧) = 𝑎.
Donc si et seulement si l’équation 𝑧 + 𝑧1 = 𝑎 possède au moins une solution dans C∗ .
Mais 𝑧 + 𝑧1 = 𝑎 si et seulement si 𝑧 2 − 𝑎𝑧 + 1 = 0.
Cette équation possède toujours au moins une solution dans C, et puisque 0 n’en est jamais
solution, elle possède toujours au moins une solution dans C∗ .
Et donc Im 𝑓 = C.
2.b. Soit 𝑎 ∈ C. Alors les antécédents de 𝑎 par 𝑓 sont les solutions de 𝑧 2 − 𝑎𝑧 + 1 = 0. Cette
équation possède un discriminant égal à 𝑎 2 − 4.
Si 𝑎 ≠ ±2, alors le discriminant est non nul, et donc l’équation possède deux solutions
distinctes, si bien que 𝑎 possède deux antécédents par 𝑓 .
1 Dont on a déjà dit qu’elle
Si 𝑎 = ±2, alors le discriminant est nul, et donc l’équation possède une unique solution1 , si
bien que 𝑎 possède un unique antécédent par 𝑓 . ne pouvait pas être nulle, et
donc est bien dans C∗ .
3. Soit 𝑧 ∈ U. Alors on sait que 𝑧1 = 𝑧, et donc 𝑓 (𝑧) = 𝑧 + 𝑧 = 2 Re(𝑧). Ce qui prouve déjà que
𝑓 (𝑧) est un réel.
Par ailleurs, |𝑓 (𝑧)| = 2| Re(𝑧)| ⩽ 2|𝑧| ⩽ 2, et donc 𝑓 (𝑧) ∈ [−2, 2].
Ainsi, on a l’inclusion {𝑓 (𝑧), 𝑧 ∈ U} ⊂ [−2, 2].
Inversement, si 𝑥 ∈ [−2, 2], alors il existe un complexe 𝑧 ∈ U tel que 2 Re(𝑧) = 𝑥, soit
encore Re(𝑧) = 𝑥2 .
√︃
2
En effet, on peut par exemple prendre 𝑧 = 2 + 𝑖 1 − 𝑥4 .
𝑥
1.b. La formule précédente fait apparaître la somme des termes consécutifs d’une suite géomé-
trique de raison 𝜁 𝑟 .
Il nous faut tout de même chercher à quelle condition cette raison vaut 1.
Or
2𝑖𝜋𝑟 2𝜋𝑟 𝑟
𝜁𝑟 = 𝑒 𝑛 = 1 ⇔ ≡ 0 [2𝜋] ⇔ ≡ 0 [1] ⇔ 𝑟 ≡ 0 [𝑛].
𝑛 𝑛
𝑛−1
∑︁
▶ Donc si 𝑛 divise 𝑟 , 𝜁 = 1, et donc 𝑆𝑟 =
𝑟 1 = 𝑛.
𝑘=0
▶ Et si 𝑛 ne divise pas 𝑟 , alors 𝜁 𝑟 ≠ 1, si bien que
𝑛−1
∑︁ 1 − (𝜁 𝑟 )𝑛 1 − (𝜁 𝑛 )𝑟
𝑆𝑟 = (𝜁 𝑟 )𝑘 = = = 0.
1 − 𝜁𝑟 1−𝜁
𝑘=0
𝑛−1
∑︁ 1
2.a. On a donc 𝑇 = 2𝑖𝑘𝜋
.
1−𝑒 𝑛 𝑘=1
Mais pour 𝑘 ∈ ⟦1, 𝑛 − 1⟧, on a
1 1 𝑒 −𝑖 𝑛 1 sin 𝑘𝜋 𝑖 cos 𝑛
𝑘𝜋
1 𝑖
𝑘𝜋
𝑘𝜋 𝑘𝜋 𝑛 𝑘𝜋
= = = cos − 𝑖 sin = + = + cotan .
sin 𝑛 2 sin 𝑛 2 2
2𝑖𝑘𝜋
−2 sin 𝑛𝑘𝜋 𝑛 𝑛 −2𝑖 sin 𝑘𝜋 𝑘𝜋 𝑘𝜋 𝑛
𝑘𝜋
1−𝑒 𝑒 −𝑖 𝑛 − 𝑒 𝑖 𝑛
𝑖𝑘𝜋 𝑘𝜋
𝑛 𝑒 𝑛 𝑛
Et donc
𝑛−1 𝑛−1
1 𝑖 𝑛 − 1 𝑖 ∑︁
∑︁ 𝑘𝜋 𝑘𝜋
𝑇 = + cotan = + cotan .
2 2 𝑛 2 2 𝑛
𝑘=0 𝑘=0
𝑘𝜋
𝜁 𝑘 + 1 = 𝑒𝑖 2 cos
𝑘𝜋
𝑛 .
𝑛
Ainsi,
𝑛 𝑛 𝑛 𝑛
∑︁ 𝑛 ∑︁ 𝑘𝜋 ∑︁ 𝑘 𝑘𝜋 ∑︁ 𝑘𝜋
𝜁𝑘 + 1 = 𝑒 𝑖 𝑛 2𝑛 cos𝑛 = 2𝑛 𝑒 𝑖𝜋 cos𝑛 = 2𝑛 (−1)𝑘 cos𝑛 = 2𝑛𝐶.
𝑘𝜋
𝑛 𝑛 𝑛
𝑘=1 𝑘=1 𝑘=1 𝑘=1
Et donc 𝐶 = 2𝑛−1
𝑛
.
Pour 𝑧 = −1, la question précédente nous donne
𝑛
∑︁ 𝑛
𝜁 𝑘 − 1 = 𝑛 ((−1)𝑛 + 1) .
𝑘=1
𝑘𝜋
𝜁 𝑘 − 1 = 𝑒𝑖 2𝑖 sin
𝑘𝜋
𝑛
𝑛
et donc
𝑛 𝑛
∑︁ 𝑛 ∑︁ 𝑘𝜋
𝜁𝑘 − 1 = 𝑒 𝑖𝑘𝜋 (2𝑖)𝑛 sin𝑛 = 2𝑛 𝑖 𝑛 𝑆.
𝑛
𝑘=1 𝑘=1
+1
(−1)𝑛
On en déduit donc que 𝑆 = 𝑛 .
2𝑛 𝑖 𝑛
On notera que lorsque que 𝑛 est impair, le numérateur est nul, donc 𝑆 = 0.
Et lorsque 𝑛 est pair, (−1)𝑛 + 1 = 2, et 𝑖 𝑛 = (−1)𝑛/2 , si bien que
𝑛
𝑆 = (−1)𝑛/2 .
2𝑛−1
5. On a donc
𝑛−1
∑︁
𝜁 𝑛−𝑘 𝑧𝑘 = |𝑛𝑧 0 | = 𝑛|𝑧 0 |.
𝑘=0
Il y a donc égalité dans l’inégalité triangulaire, si bien que pour tout 𝑘 ∈ ⟦0, 𝑛 − 1⟧, il existe
𝜆𝑘 ∈ R+ tel que 𝜁 𝑛−𝑘 𝑧𝑘 = 𝜆𝑘 𝑧 0 .
Et alors |𝜁 𝑛−𝑘 𝑧𝑘 | = |𝜆𝑘 𝑧 0 | = 𝜆𝑘 |𝑧 0 |.
Or, |𝜁 𝑛−𝑘 𝑧𝑘 | = |𝑧𝑘 | = |𝑧 0 |, et donc 𝜆𝑘 = 1.
2𝜋
Si on note 𝑟 : 𝑧 ↦→ 𝜁 𝑧 la rotation de centre 𝑂 et d’angle 𝑛 , on a donc pour tout 𝑘 ∈ ⟦0, 𝑛−1⟧,
remplacer 𝑣 0 par 𝑣 0 𝑗 2 .
Et si 𝑢 0𝑣 0 = − 3 𝑗 2 , alors 𝑢 0𝑣 0 𝑗 = − 3 𝑗 3 = − 3 .
𝑝 𝑝 𝑝
−𝑞−𝛿
Donc dans tous les cas, quitte à remplacer 𝑣 0 par une autre racine cubique de 2 , on
𝑝
peut bien faire l’hypothèse que 𝑢𝑣 = − 3 .
−𝑞+𝛿 −𝑞−𝛿
2.d. Si (𝑎, 𝑏) ∈ C2 est un couple de complexes tels que 𝑎 3 = 2 et 𝑏 3 = 2 et 3𝑎𝑏 + 𝑝 = 0,
alors 𝑎 ∈ {𝑢 0, 𝑢 0 𝑗, 𝑢 0 𝑗 2 } et 𝑏 ∈ {𝑣 0, 𝑣 0 𝑗, 𝑣 0 𝑗 2 }.
4 Il s’agit de tous les couples
Donc (𝑎, 𝑏) est l’un des neuf4 couples suivants :
formés d’une racine cubique
(𝑢 0, 𝑣 0 ), (𝑢 0, 𝑣 0 𝑗), (𝑢 0, 𝑣 0 𝑗 2 ), (𝑢 0 𝑗, 𝑣 0 ), (𝑢 0 𝑗, 𝑣 0 𝑗), (𝑢 0 𝑗 2, 𝑣 0 ), (𝑢 0 𝑗 2, 𝑣 0 𝑗), (𝑢 0 𝑗 2, 𝑣 0 𝑗 2 ).
−𝑞+𝛿
de 2 et d’une racine
−𝑞−𝛿
cubique de 2 .
Nous savons déjà que, par hypothèse, 3𝑢 0𝑣 0 + 𝑝 = 0.
Donc 𝑢 0 (𝑣 0 𝑗) = − 3 𝑗 ≠ − 3 . Et de même, 𝑢 0 (𝑣 0 𝑗 2 ), (𝑢 0 𝑗) (𝑣 0 𝑗), (𝑢 0 𝑗)𝑣 0 ,(𝑢 0 𝑗 2𝑣 0 ) et (𝑢 0 𝑗 2 ) (𝑣 0 𝑗 2 )
𝑝 𝑝
Plus élégant
𝑝
sont tous différents de − 3 . Les couples qui conviennent
En revanche, (𝑢 0 𝑗) (𝑣 0 𝑗 2 ) = (𝑢 0 𝑗 2 ) (𝑣 0 𝑗) = 𝑢 0𝑣 0 𝑗 3 = 𝑢 0𝑣 0 = − 3 .
𝑝 sont les
𝑘
3. Soit donc 𝑘 ∈ ⟦0, 2⟧, prouvons que 𝑢 0 𝑗 𝑘 + 𝑣 0 𝑗 est solution de (𝐸).
𝑘
On a alors 3𝑢 0 𝑗 𝑘 𝑣 0 𝑗 + 𝑝 = 3𝑢 0𝑣 0 + 𝑝 = 0.
3 𝑘 3
−𝑞+𝛿 −𝑞−𝛿
Et 𝑢 𝑗 𝑘 = 𝑢 03 𝑗 3𝑘 = 𝑢 03 = 2 , et de même 𝑣 0 𝑗 = 2 .
3 𝑘 3
Donc 𝑢 0 𝑗 𝑘 + 𝑣 0 𝑗 = −𝑞, de sorte qu’en reprenant l’équivalence de la question 1 ,
𝑘
𝑢 0 𝑗 𝑘 + 𝑣 0 𝑗 est bien solution de (𝐸).
On a donc Δ = (−1 2
4. √ + 8𝑖) + 32𝑖 = 1 − 16𝑖 − 64 + 32𝑖 = −63 + 16𝑖.
On a alors |Δ| = 16 + 632 = 65.
2
𝑎 2 + 𝑏 2 = 65
Prenons dans la suite 𝛿 = 1 + 8𝑖.
−𝑞+𝛿 −𝑞−𝛿
Alors, avec les notations des questions précédentes, 2 = 1−8𝑖+1+8𝑖2 = 1 et 2 = 1−8𝑖 −1−8𝑖
2 = −8𝑖.
Une racine cubique de 1 est 1, et une racine cubique de −8𝑖 est 2𝑖.
𝑝
Et on a alors 1 × 2𝑖 = − −6𝑖
3 = −3.
Donc on peut prendre 𝑢 0 = 1 et 𝑣 0 = 2𝑖, de sorte que les solutions de l’équation 𝑧 3 −6𝑖𝑧−1+8𝑖
sont 1 + 2𝑖 et
√ ! √ ! √ !
2 1 3 1 3 1 √ 3
𝑗 + 2𝑖 𝑗 = − + 𝑖 + 2𝑖 − − 𝑖 = − + 3 + 𝑖 −1 +
2 2 2 2 2 2
√ !
2 1 √ 3
𝑗 + 2𝑖 𝑗 = − − 3 + 𝑖 −1 − .
2 2
Notons aussi qu’une fois trouvée la racine 4, les autres sont faciles à obtenir à l’aide en
factorisant 𝑧 3 − 15𝑧 − 4 par 𝑧 − 4, ce qui nous ramène à la résolution d’une équation de
degré 2 (qui est 𝑧 2 + 4𝑧 + 1 = 0).
(𝑥 +𝜆) 3 +𝑎(𝑥 +𝜆) 2 +𝑏 (𝑥 +𝜆) +𝑐 = 0 ⇔ 𝑥 3 +3𝜆𝑥 2 +3𝜆 2𝑥 +𝜆 3 +𝑎𝑥 2 +2𝑎𝑥𝜆 +𝑎𝜆 2 +𝑏𝑥 +𝑏𝜆 +𝑐 = 0.
Soit si et seulement si
𝑎
Si on choisit 𝜆 = − , alors cette équation ne possède pas de terme de degré 2, et donc est
3
bien de la forme de la partie I.
−6 − 3𝑖
7. On applique ce qui précède, avec 𝜆 = − = 2 + 𝑖, alors 𝑧 est solution de (𝐸) si et
3
seulement si 𝑥 = 𝑧 − (2 + 𝑖) vérifie
𝑥 3 + 3(2 + 𝑖) 2 − 2(6 + 3𝑖) + 9 + 6𝑖 𝑥 + (2 + 𝑖) 3 − (6 + 3𝑖) (2 + 𝑖) + (9 + 6𝑖) (2 + 𝑖) + 9𝑖 − 9 = 0.
−𝑞+𝛿 −𝑞−𝛿
8. Si Δ ⩽ 0, alors 𝛿 est imaginaire pur, si bien que 2 et 2 ne sont pas réelles, mais sont
conjuguées.
Dans ce cas, pour 𝑧 ∈ C, on a 𝑧 3 = 2 ⇔ 𝑧 3 = 2 = 2 .
−𝑞+𝛿 −𝑞+𝛿 −𝑞−𝛿
−𝑞+𝛿 −𝑞−𝛿
Donc les racines cubiques de 2 sont bien les conjugués des racines cubiques de 2 .
−𝑞+𝛿
9. Commençons par supposer Δ < 0. Par ce qui précède, si 𝑢 0 est une racine cubique de 2 ,
−𝑞−𝛿
alors 𝑣 0 = 𝑢 0 est une racine cubique de 2 , et 𝑢 0𝑣 0 = |𝑢 0 | 2 ∈ R.
Or nous avons vu dans la question 2.d que les seules valeurs possibles pour le produit d’une
−𝑞+𝛿 −𝑞−𝛿
racine cubique de 2 par une racine cubique de 2 sont − 3 , − 3 𝑗 et − 3 𝑗 2 .
𝑝 𝑝 𝑝
𝑝
Seule la première est réelle, donc 𝑢 0𝑣 0 = − 3 .
On en déduit que les solutions de l’équation sont
Donc déjà, ces trois solutions sont réelles, reste à voir qu’elles sont distinctes. Autrement
dit, que les trois nombres Re(𝑢 0 ), Re(𝑢 0 𝑗) et Re(𝑢 0 𝑗 2 ) sont deux à deux distincts.
Prouvons que Re(𝑢 0 𝑗) ≠ Re(𝑢 0 𝑗 2 ), le raisonnement se transpose sans difficultés pour
prouver que toutes ces racines sont deux à deux distinctes. Argument
Notons 𝜃 l’argument principal de 𝑢 0 . Alors 𝜃 + 2𝜋 4𝜋
3 est un argument de 𝑢 0 𝑗 et 𝜃 + 3 est un
2 Rappelons que l’argument
argument de 𝑢 0 𝑗 .. d’un produit est la somme
Puisque |𝑢 0 𝑗 | = |𝑢 0 𝑗 2 |, Re(𝑢 0 𝑗) = Re(𝑢 0 𝑗 2 ) si et seulement si cos 𝜃 + 2𝜋
3 = cos 𝜃 + 4𝜋
3 .
des arguments.
Soit si et seulement si
4𝜋 2𝜋
𝜃+ ≡− 𝜃+ [2𝜋] ⇔ 2𝜃 ≡ 0 [2𝜋] ⇔ 𝜃 ≡ 0 [𝜋].
3 3
−𝑞+𝛿
Soit si et seulement si 𝑢 0 ∈ R. Or, nous avons déjà dit que 𝑢 03 = 2 n’est pas réel. Donc
on a bien Re(𝑢 0 𝑗) ≠ Re(𝑢 0 𝑗 2 ).
Ce que nous venons (laborieusement) de prouver sur les parties réelles est en fait assez facile à
comprendre graphiquement.
Il s’agit de prouver que si 𝑧 ∉ R, alors les deux racines cubiques non réelles de 𝑧 ont des parties
réelles distinctes.
Mais ces trois racines cubiques partagent en trois parties égales un cercle de rayon 3 |𝑧|.
√︁
𝑢0 𝑢0 𝑗 2
𝑢0
𝑢0 𝑗
𝑢0 𝑗 2
𝑢0
𝑢0 𝑗 𝑢0 𝑗
𝑢0 𝑗 2
𝜃 . 0 [𝜋/3] 𝜃≡ − 𝜋3 [2𝜋] 𝜃 ≡ 𝜋 [2𝜋]
Il est assez
facile de se convaincre que deux de ces trois points ont même abscisse si et seulement si
𝜃 ≡ 0 𝜋3 , ce qui est le cas si et seulement 𝑧 3 ∈ R.
Bref, nous venons de prouver que pour Δ < 0, les trois solutions de (𝐸) sont réelles et deux
à deux distinctes.
√ √︃
3 −𝑞+𝛿
√︃
3 −𝑞−𝛿
Si Δ ⩾ 0, alors on peut prendre 𝛿 = Δ. Et alors 𝑢 0 = 2 et 𝑣 0 = 2 vérifient bien
√︂
1 1 2 𝑝3
√︂ √︂
3 3 3 𝑝
𝑢 0𝑣 0 = (−𝑞 + 𝛿) (−𝑞 − 𝛿) = (𝑞 − 𝛿 2 ) = − =− .
4 4 27 3
Et donc les solutions de l’équation sont 𝑢 0 + 𝑣 0, 𝑢 0 𝑗 + 𝑣 0 𝑗 2, 𝑢 0 𝑗 2 + 𝑣 0 𝑗.
La première est évidemment réelle.
Les deux autres sont conjuguées car 𝑗 2 = 𝑗.
Elles ne seront réelles que si elles sont égales. Or en considérant sa partie imaginaire, il est
facile de constater que 𝑢 0 𝑗 + 𝑣 0 𝑗 2 ∈ R si et seulement si 𝑢 0 = 𝑣 0 (car les parties imaginaires Au plus
de 𝑗 et de 𝑗 2 sont opposées). Ceci ne se produit que lorsque 𝛿 = 0 ⇔ Δ = 0. Nous avons dit que les trois
Donc pour Δ > 0, il n’y a qu’une seule racine réelle et deux racines complexes conjuguées. racines trouvées précédem-
ment sont réelles, que les
deux dernières sont égales
Et pour Δ = 0, il y a au plus deux racines réelles. (car conjuguées), mais il se
peut encore que les trois
racines soient égales. En pra-
tique, ceci ne se produit que
Partie IV. La méthode de Ferrari pour l’équation de degré 4.
pour 𝑝 = 𝑞 = 0.
10. C’est le même principe qu’à la question 6, on pose 𝑥 = 𝑧 − 𝜆, et en développant (𝑥 + 𝜆) 4 ,
on fait apparaître un 4𝜆𝑥 3 , qui viendra s’annuler avec le terme 𝑎𝑥 3 (qui provient lui du
développement de 𝑎(𝑥 + 𝜆) 3 ) si et seulement si 𝜆 = − 𝑎4 .
2
11. Si 𝑞 = 0, on se ramène à 𝑧 4 + 𝑝𝑧 2 + 𝑟 = 0 ⇔ 𝑧 2 + 𝑝𝑧 2 + 𝑞 = 0.
Un changement de variable 𝑍 = 𝑧 2 nous ramène à une équation du second degré dont on
sait trouver les solutions (éventuellement confondues) 𝑍 1 et 𝑍 2 .
Ne reste alors qu’à chercher les deux racines carrées de chacune de ces solutions, ce que
l’on sait faire, et qui fournit donc au plus 4 solutions de (𝐸 4′ ).
12. C’est un simple calcul : pour 𝑧 ∈ C,
h i
(𝑧 2 + 𝜆) 2 − (2𝜆 − 𝑝)𝑧 2 − 𝑞𝑧 + 𝜆 2 − 𝑟 = 𝑧 4 +
2𝜆𝑧
2
+ 𝜆2 −
2𝜆𝑧
2
+ 𝑝𝑧 2 + 𝑞𝑧 − 𝜆 2 + 𝑟 .
13. C’est assez classique : un polynôme de degré 2 est le carré d’un polynôme de degré 1 si et
seulement si il est de discriminant nul. 2
En effet, si 𝑎𝑧 2 +𝑏𝑧 +𝑐 est de discriminant nul, alors pour tout 𝑧 ∈ C, 𝑎𝑧 2 +𝑏𝑧 +𝑐 = 𝑎 𝑧 + 2𝑎
𝑏
,
2
et si 𝜇 ∈ C est une racine carrée de 𝑎, alors 𝑎𝑧 2 + 𝑏𝑧 + 𝑐 = 𝜇𝑧 + 𝜇 2𝑎 𝑏
.
Et inversement, si il existe 𝛼, 𝛽 tels que pour tout 𝑧 ∈ C, 𝑎𝑧 2 + 𝑏𝑧 + 𝑐 = (𝛼𝑧 + 𝛽) 2 , alors
𝑎𝑧 2 + 𝑏𝑧 + 𝑐 = 0 possède 𝑧 = − 𝛼 comme unique solution, et donc est de discriminant nul.
𝛽
𝑝3 𝑝2 𝑝
8 − 4𝑝 − 8𝑟 + 4𝑟𝑝 − 𝑞 2 = 0 ⇔ 𝑞 2 = 0 ⇔ 𝑞 = 0.
8 4 2
Or nous avons supposé 𝑞 ≠ 0 (et la preuve de la question 10 prouve que si 𝑞 = 0, alors (𝐸 4′ )
possède au plus quatre solutions.
Avec les notations précédentes, la partie I prouve que (𝐸 3′ ) possède toujours au moins une
6 Et même une solution réelle
solution6 𝜆0 . On a donc, pour tout 𝑧 ∈ C,
dans le cas d’une équation à
2 coefficients réels.
𝑧 4 + 𝑝𝑧 2 + 𝑞𝑧 + 𝑟 = 𝑧 2 + 𝜆0 − (𝛼𝑧 + 𝛽) 2
Et donc 𝑧 est solution de (𝐸 4′ ) si et seulement si 𝑧 est solution d’une des deux équations du
second degré
𝑧 2 + 𝛼𝑧 + 𝜆0 + 𝛽 = 0 ou 𝑧 2 − 𝛼𝑧 + 𝜆0 − 𝛽 = 0.
Or nous savons résoudre ces équations, qui possèdent chacune au plus deux solutions, et
donc (𝐸 4′ ) possède au plus 4 solutions (ce qui se produira si les deux équations ci-dessus
possèdent chacune deux solutions, et que ces solutions sont toutes distinctes).
15. Commençons par appliquer la transformation de la question 10, en posant 𝑧 = 𝑥 + 1. Alors
𝑧 est solution de (𝐸 4 ) si et seulement si
Soit si et seulement si 𝑥 4 + 4𝑥 − 1 = 0.
Nous nous trouvons donc dans le cas où 𝑝 = 0, 𝑞 = 4, 𝑟 = −1.
La cubique résolvante est donc 8𝑧 3 + 8𝑧 − 16 = 0 ⇔ 𝑧 3 + 𝑧 − 2 = 0.
Puisque 1 est solution évidente, prenons 𝜆0 = 1.
√ √ 2
On a alors (2𝜆0 − 𝑝)𝑧 2 − 𝑞𝑧 + 𝜆02 − 𝑟 = 2𝑧 2 − 4𝑧 + 2 = 2(𝑧 − 1) 2 = 2𝑧 − 2 .
Et donc la factorisation obtenue à la question 12 est
√ √ √ √
𝑧 4 + 4𝑧 − 1 = 𝑧 2 + 2𝑧 − 2 + 1 𝑧 2 − 2𝑧 + 2 + 1 .
√ √ √
L’équation 𝑧 2 + 2𝑧 − 2 + 1 = 0 a pour discriminant Δ1 = −2 + 4 2, et donc pour solutions
√ √︁ √ √ √︁ √
− 2+ 4 2−2 − 2− 4 2−2
𝑧1 = et 𝑧 2 = .
2 2
√ √ √
L’équation 𝑧 2 − 2𝑧 + 2 + 1 = 0 a pour discriminant Δ2 = −2 − 4 2 et a donc pour
solutions √ √︁ √ √ √︁ √
2+𝑖 4 2+2 2−𝑖 4 2+2
𝑧3 = et 𝑧 4 = 𝑧 3 = .
2 2
Donc l’ensemble des solutions de (𝐸 4′ ) est :
( √ √︁ √ √ √︁ √ √ √︁ √ √ √︁ √ )
− 2+ 4 2−2 − 2− 4 2−2 2+𝑖 4 2+2 2−𝑖 4 2+2 Rappel
, , , .
2 2 2 2 N’oublions pas que nous
avons effectué le changement
Et donc l’ensemble des solutions de (𝐸 4 ) est : de variable 𝑧 = 𝑥 + 1, et
donc qu’il faut ajouter 1
( √ √︁ √ √ √︁ √ √ √︁ √ √ √︁ √ ) aux solutions de (𝐸 4′ ) pour
2− 2+ 4 2−2 2− 2− 4 2−2 2+ 2+𝑖 4 2+2 2+ 2−𝑖 4 2+2 obtenir celles de (𝐸 4 ).
, , , .
2 2 2 2