Université Moulay Ismail
Ecole Nationale d’Arts et Métiers ENSAM-Meknès
Département d’Energétique
Cours de Thermodynamique Classique
Cycle Préparatoire
Niveau 1ère année
Année universitaire : 2019/2020 Pr. EL MGHOUCHI Youness
Sommaire
❑ Chapitre 0 : Rappels mathématiques
❑ Chapitre 1 : Introduction à la Thermodynamique
❑ Chapitre 2 : Premier principe de la thermodynamique
❑ Chapitre 3 : Deuxième principe de la thermodynamique
❑ Chapitre 4 : Machines thermiques
❑ Chapitre 5 : Changement de phases
Thermodynamique
Chapitre 1
Introduction à la Thermodynamique
➢ La thermodynamique?
a) La thermodynamique est une science qui s’intéresse
aux échanges d’énergies (chaleur, travail) entre un
système et le milieu extérieur.
b) Exemples d’application: moteur Diesel, machine
frigorifique, climatiseur, etc.
Introduction à la Thermodynamique
1.1- Système thermodynamique
Frontière
Ext. Int. Surface
Un système est une quantité de matière (solide, liquide ou gaz) séparée
du milieu extérieur par une surface appelée frontière à travers laquelle se
fait un échange d’énergie (chaleur Q, travail W) et de matière.
Introduction à la Thermodynamique
Exemples: un ballon de baudruche, une machine frigorifique, un moteur à
combustion, un climatiseur, l’atmosphère, les océans,...
Introduction à la Thermodynamique
Ballon de baudruche: le système est le gaz enfermé dans le ballon
Introduction à la Thermodynamique
Réfrigérateur: le système est le fluide frigorigène
Introduction à la Thermodynamique
On fait appel à la thermodynamique des milieux continus pour traiter les
échanges de la matière: problème difficile.
Introduction à la Thermodynamique
Seul le système fermé est considéré dans ce cours
Introduction à la Thermodynamique
Introduction à la Thermodynamique
Introduction à la Thermodynamique
Introduction à la Thermodynamique
Résumé
➢ Système ouvert : échange d’énergie (sous forme de travail W ou de chaleur
Q) et de matière avec le milieu extérieur.
➢ Système fermé : échange d’énergie seulement avec le milieu l’extérieur.
➢ Système isolé : aucun échange d’énergie ni de matière avec le milieu
extérieur.
1.3. Etat d'un système thermodynamique
➢ Définition:
la caractérisation d'un système à un instant donné définit son état. Les
variables qui le décrivent sont appelées variables d'état. Une variable
d'état prend la même valeur en tout point du système.
1.3.1. Etat microscopique:
caractérisé à l'échelle atomique par des propriétés telles que:
la vitesse ou la position des particules, les forces d'interactions
entre elles ou encore leur structure électronique
Le point de vue microscopique fait l'objet de la physique statistique.
1.3.2 Etat macroscopique
décrit par des variables d'état directement mesurables, telle
que la température T, la pression P, le volume V etc.
le système est supposé comme un milieux continu.
Introduction à la Thermodynamique
➢ Caractère intensif ou extensif des variables d'état
Introduction à la Thermodynamique
les variables intensives
Elles sont indépendantes de la quantité de matière
contenue dans le système étudié ( exemple: P, T, ).
les variables extensives
Elles dépendent de la masse du système (exemple: n, V, ).
Exemple
m1 masse m2 masse m1 + m2 masse
n1 moles n2 moles n1 + n2 moles
V1 volume V2 volume V1 + V2 volume
P, T P, T P, T
Introduction à la Thermodynamique
Introduction à la Thermodynamique
➢ Etat d’équilibre d’un système thermodynamique
Introduction à la Thermodynamique
➢ Etat d’équilibre d’un système thermodynamique
Introduction à la Thermodynamique
➢ Transformations thermodynamiques
C’est le passage d’un état d’équilibre initial (1) à un état d’équilibre final (2) au cours
duquel au moins une variable d’état est modifiée.
➢ Transformations thermodynamiques
Transformation quasi-statique : C’est une transformation qui fait passer un
système d’un état d’équilibre à un autre par une succession d’états d’équilibres.
Transformation infinitésimale : Elle s’agit d’une transformation qui fait
passer le système d’un état d’équilibre vers un autre infiniment voisin.
Transformation réversible : Une transformation réversible est une
transformation quasi-statique qui peut évoluer en sens inverse (transformation
inversable) et passe exactement par les mêmes états d’équilibre intermédiaires
aussi bien pour le système que pour le milieu extérieur.
Transformation irréversible : Si au cours d’une transformation, qui fait
passer le système d’un état d’équilibre (1) à un état d’équilibre (2), les états
successifs intermédiaires ne sont pas des états d’équilibre, la transformation
est dite irréversible. Notons que toutes les transformations réelles sont
irréversibles.
➢ Transformations particulières :
Transformation isotherme : transformation à température constante.
Transformation isochore : transformation à volume constant.
Transformation isobare : transformation à pression constante.
Transformation adiabatique : transformation qui s’effectue sans
échange de chaleur avec le milieu extérieur.
Transformation fermée (cyclique) : transformation à la fin de laquelle le
système revient à son état initial.
Pression et température
1. Pression d'un fluide
Déf. Fluide dF
dF
P =
dS n
S
Unités: dS = dS n
P = N m2 ou Pascal ( Pa ) en ( S . I )
P = atm 1 atm = 76 cm Hg = 1, 01325 . 105 Pa
Remarques :
➢ 1 Pa correspond à une pression très faible
➢ On utilise couramment le bar : 1bar = 105 Pa
➢ La pression atmosphérique de l’air varie ordinairement de 0.9 à
1.2 bars.
➢ Sa valeur moyenne à la surface de la Terre est 1.01325 bar = 1 atm
➢ autre unité utilisée : 1.01325 bar = 760 mmHg ou Torr
1-2 Notion de pression
➢ Forces de pression sur des surfaces
-Le calcul de ces forces joue un rôle capital dans le
dimensionnement des retenues d’eau et des barrages.
- On sait que dF = − p. n .dS
est la force de pression élémentaire
s’exerçant sur la surface élémentaire dS.
- La force totale : F = − p. n .dS
S
27
1-3 Equation fondamentale de la statique
→
dz g
(x,y,z)
dx
dy
L’équilibre de ce volume se traduit par (P.F.D)
→
F représente les forces qui s’exercent sur cet élément de volume.
→ → → →
dF = dFx e x + dFy e y + dFz e z
28
→ →
n = ez
→
z − p ( z + dz ) dxdy e z
→
y dz g
(x,y,z)
x →
p( z )dxdy e z dx
→ →
dy n = −ez
→
P.F.S : F = 0 p
g z − =0
z
p
g − =0
Par analogie :
x
x
g y − p = 0
y
→ → →
Fv − grad( p ) = 0 Forme vectorielle 29
1-4 Equation fondamentale de l’hydrostatique
dP = − gdz
• Application aux fluides
incompressibles :
P + gz = cte
Equation fondamentale de l’hydrostatique
• Application aux fluides compressibles
:
g
− z
➢ Cas d’un gaz parfait : P = P0 e rT
ln (1 + 0 gz )
1
➢ Cas d’un gaz quelconque : P = P0 −
30
➢ Mesure de la pression
- Baromètre à mercure : Le baromètre à mercure constitue une application
simple de la relation de l’hydrostatique. On fait le vide au point M (si le
tube était ouvert les deux surfaces serait au même niveau). Le baromètre à
mercure est constitué d’un long tube rempli de mercure et retourné sur une
cuve contenant aussi du mercure.
Ce dispositif permet de connaître la pression atmosphérique à l’altitude de la
surface libre de mercure par la lecture de h . La pression atmosphérique au
niveau de la mer correspond à une dénivellation de 760mm de mercure.
31
➢ Mesure de la pression
- Manomètre: Sur le même principe, il est possible de réaliser des
manomètres à colonne liquide. Le dispositif est constitué d’un tube
en U dont l’une des sections est reliée au compartiment dont on veut
mesurer la pression. L’autre section est à l’air libre.
La relation montre que la connaissance de p et de h permettent de
mesurer la pression du système gazeux.
32
2. Température
Du point de vue microscopique, la température est une mesure de
l’agitation moléculaire (énergie cinétique moyenne) de la substance : plus
le mouvement des molécules est important plus la température est élevée.
Du point de vue macroscopique, la température est une valeur numérique
qui caractérise le degré d’échauffement de la substance et permet de
prédire le sens du transfert de chaleur.
On définit la température T par la relation :
1 3
mv = KT
2
2 2
Température et Thermométrie
1.1 Notion de température
Définition :
la température est une grandeur physique
qui mesure la sensation physiologique de
la chaleur.
34
CONCEPT PHYSIQUE DE TEMPERATURE
La température traduit l’énergie
d’agitations moléculaires.
Augmenter la température d’un corps
revient donc à augmenter l’agitation
moléculaire.
On peut admettre des vitesses très faibles ou
nulles correspondant au zéro absolue..
35
Unités :
- Système MKS (ou SI), l’unité de la
température est en degré [K],
2. Phénomènes Thermométriques
La température est déterminée par,
l’intermédiaire d’un phénomène physique
accompagnant les variations de température.
36
Exemples :
Dilatation d’un liquide:
thermomètre à alcool, ou à mercure;
Variation d’une résistance:
thermomètre à résistance;
Emission d’un rayonnement
pyromètres optiques;
37
▪ On appelle le coefficient thermométrique le
coefficient K tel que :
X = X 0 (1 + k )
avec
X : est la grandeur thermométrique
θ : est la température.
38
▪ La construction d’ une échelle de
température nécessite:
✓. Une relation liant la température à la grandeur
thermométrique X
✓. Des points fixes constituant des repères
thermométriques.
39
3. Echelles thermométriques
3.1 Echelles centésimales :
Le degré thermométrique est la centième partie de la
distance entre le terme de la glace fondante et celui de
l’eau bouillante sous la pression atmosphériques
normale,
soit :
- deux points fixes :
❖ 0°C (glace fondante)
❖ 100°C (eau bouillante)
40
- Une relation linéaire :
θ = a X+ b
Θ : température
X : grandeur thermométrique
a et b : constantes à déterminer
41
on peut écrire
Si θ=0 a X0 + b = 0
Si θ = 100 a X100 + b = 100
La résolution du système donne:
1 − 100 X 0
a = 100 et b=
X 100 − X 0 X 100 − X 0
1 X0
donc = 100 X − 100
X 100 − X 0 X 100 − X 0
42
3. 2 Echelle Celsius
est une échelle centésimale construite sur un
phénomène thermométrique particulier de pression
d’un gaz parfait à volume constant.
Le degré Celsius est noté « °C ».
On repère par :
▪ 0 °C : la température d’un mélange eau-glace sous
une pression de 1 atm.
▪ 100 °C: la température de l’eau en ébullition sous une
pression de 1atm.
43
3.3 Echelle de Fahrenheit
Cette échelle, créée en 1717, est très répandue
en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, et puis
progressivement délaissée.
On repère par :
▪ 32 °F : la température d’un mélange eau-glace sous une
pression de 1atm.
▪ 212 °F : la température de l’eau en ébullition sous une
pression de 1amt.
44
3.4 Echelle Kelvin ou absolue
Cette échelle considère que la limite inférieure
d’agitation des molécules est située à – 273,15 °C soit 0
°K.
dans cette échelle on utilise le symbole T.
T (k ) = t (C ) + 273 ,15
❖ T = 0 ° K (-273,15 ° C) : agitation minimale des
atomes
❖ T = 273, 15 ° K (0,01 ° C) Point triple de l’eau :
coexistence de trois phases : liquide, solide, et vapeur
(Pression est 612 Pa). 45
3.5 Echelle Rankine
L’échelle Rankine est une échelle de
température proposée en 1859 par le
physicien écossais William John Macquorn
Rankine.
La valeur du zéro Rankine est la même que celle du
zéro Kelvin.
Par contre les graduations des degrés Rankine sont celle
des degrés Fahrenheit.
R (degrés Rankine)= F (degrés Fahrenheit) +460
46
3.6 Comparaison des échelles de température
commentaire Kelvin Celsius Centigrade Fahrenheit Rankine
Zéro absolue 0 - 273,15 -459,67 0
Plus basse température sur 184 -89 -128,2 331,47
la surface de la terre
Température de fusion de 273,15 0 0 32 491,67
l’eau (pression atm)
Température moyenne à la 288 15 59 518,67
surface de la terre
Température moyenne du 309,95 36,8 89,24 557,91
corps humain
Plus haute température sur 331 58 136,4 596,07
la surface de la terre
enregistrée à Al’Aziziyah en
Libye le 13 septembre 1922.
Température d’ébullition de 373,125 99,975 100 212 671,67
l’eau (pression atm)
Température de la surface 5800 5526 9980 10440
du soleil
47
Gaz Parfaits
Du point de vue microscopique, un gaz parfait satisfait aux
conditions suivantes :
o les molécules de gaz ont des dimensions très petites
devant les distances qui les séparent et elles sont de ce
fait assimilables à des points matériels ;
o les forces d’interaction à distance entre les molécules de
gaz sont nulles, ce qui signifie que ces molécules se
comportent indépendamment les unes des autres.
Gaz Parfaits
• Loi de Boyle et Mariotte : à température constante T, la variation
de pression P d’une masse donnée m de gaz est inversement
proportionnelle à celle de son volume.
• Loi de Gay-Lussac : à pression constante P, le volume V occupé
par une masse donnée m de gaz est proportionnel à sa température
T.
• Loi d’Avogadro et Ampère : des volumes V égaux de gaz de
nature différente, pris dans les mêmes conditions de température T
et de pression P, renferment la même quantité de matière.
Gaz Parfaits
PV = n R T
Exercices d’applications
Exercice 1 :
Dans l’échelle Fahrenheit, la température de la glace fondante est 32–F,
celle de l’eau
bouillante est 212–F.
1. Ecrire la relation exprimant la température en Celsius en fonction des
degrés Fahrenheit, sachant que cette relation est linéaire.
2. Quelle est la température repérée par le même nombre dans les
échelles Fahrenheit et Celsius ?
3. Calculer en Fahrenheit la température du corps humain. Qu’en pensez-
vous ?
Exercice 2 :
Un piston de masse 5Kg et d’aire 10-²m²ferme un récipient dans lequel
est contenu un gaz.
Quelle est la pression de ce gaz.
51
Exercices d’applications
Exercice 3 :
Pour le dioxyde de carbone (« gaz carbonique »), les cœfficients a et b
de l’équation d’état de Van der Waals ont pour valeurs respectives 0, 366
kg.m5.s−2.mol−2 et 4, 29.10−5 m3.mol−1. On place deux moles de ce gaz
dans une enceinte de volume V = 1 L à la température de T = 300 K.
Q : Comparer les pressions données par les équations d’état du gaz
parfait et du gaz de Van der Waals.
La valeur exacte étant P = 38, 5 bars.
Exercice 4 :
Deux réservoirs contiennent de l’eau de
masse volumique ρ = 1000 kg.m-3 séparés par
un piston de section S=0,3*0,3 m². Le piston
étant en équilibre et son poids est égal à
25N. Déterminer la pression PA et PB de l’air
emprisonné dans les chambres A et B.
52
Exercices d’applications
Exercice 5 :
Afin de prendre en compte les interactions qui s’exercent entre les
molécules qui constituent un gaz réel, Johannes van der Waals a proposé
en 1873 le modèle d’équation d’état suivant :
2
p + a (V − nb) = nRT
n
V
1. Comparer cette équation d’état à celle d’un gaz parfait. Quelle est la
signification physique des termes supplémentaires ?
pVm
2. On définit le facteur de compression d’un gaz par : Z=
RT
où Vm est le volume molaire du gaz.
a. Que vaut le facteur de compression pour un gaz parfait ?
b. Estimer le volume molaire du dioxyde de carbone à 500 K et 100 atm
en le considérant comme un gaz de van der Waals (a = 3,592
atm.l2.mol-2, b = 4,267 10-2 l.mol-1).
c. Calculer le facteur de compression du CO2 pris dans ces conditions et
comparer le à celui du gaz parfait. 53