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Équations Différentielles Linéaires d'Ordre 2

Ce chapitre traite des équations différentielles linéaires scalaires d'ordre 2, en introduisant le théorème de Cauchy-Lipschitz et les propriétés des solutions des équations homogènes et non homogènes. Il présente également la méthode de variation de la constante pour résoudre ces équations lorsque l'on connaît une solution de l'équation homogène. Des exemples illustrent la résolution d'équations spécifiques et les conditions de continuité des solutions.

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Équations Différentielles Linéaires d'Ordre 2

Ce chapitre traite des équations différentielles linéaires scalaires d'ordre 2, en introduisant le théorème de Cauchy-Lipschitz et les propriétés des solutions des équations homogènes et non homogènes. Il présente également la méthode de variation de la constante pour résoudre ces équations lorsque l'on connaît une solution de l'équation homogène. Des exemples illustrent la résolution d'équations spécifiques et les conditions de continuité des solutions.

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CHAP. XXII – ÉQUATIONS DIFF.

LINÉAIRES SCALAIRES D’ORDRE 2 (cours complet) PSI* 22-23

ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES SCALAIRES D’ORDRE 2

Dans ce chapitre, I est un intervalle de R et K désigne R ou C .

I. Le théorème de Cauchy-Lipschitz

Déf 1:
Soient α, β, γ, δ : I → K des applications continues.
On considère l’équation différentielle linéaire scalaire du second ordre :

α(t) x ′′ + β(t) x ′ + γ(t) x = δ(t) ( L)

On appelle solution de (L) sur I toute application f : I → K , deux fois dérivable, telle que

∀ t ∈ I, α(t) f ′′ (t) + β(t) f ′ (t) + γ(t) f (t) = δ(t).

L’équation ( L) est dite homogène si δ = 0 . L’équation homogène associée à ( L) est l’équation :


α(t) x ′′ + β(t) x ′ + γ(t) x = 0 (H)

Prop 1:
1. L’ensemble S ( H ) des solutions de l’équation homogène ( H ) est un sous-espace vectoriel de
l’espace vectoriel D2 ( I, K ) des applications deux fois dérivables de I dans K .
2. Si f 0 est une solution particulière de ( L) (s’il en existe), l’ensemble S ( L) des solutions de
l’équation ( L) est égal à f 0 + S ( H ) = { f 0 + h | h ∈ S ( H )} .

 Démonstration:
1. Immédiat par la caractérisation d’un sous-espace vectoriel : S ( H ) contient la fonction nulle et est stable par combinaisons
linéaires.

2. Si f 0 est solution de ( L ) , alors pour une application f : I → K deux fois dérivable, on a :


f ∈ S ( L ) ⇐⇒ α f ′′ + β f ′ + γ f = δ ⇐⇒ α f ′′ + β f ′ + γ f = α f 0′′ + β f 0′ + γ f 0 ⇐⇒ α( f − f 0 ) ′′ + β ( f − f 0 ) ′ + γ ( f − f 0 ) = 0 ⇐⇒ f − f 0 ∈ S ( H )
ce qui établit le résultat

Remarques
1. Il suffit donc, pour déterminer S ( L) , de connaı̂tre une solution de ( L) et les solutions de ( H ) : si
f 0 est une solution particulière de l’équation complète ( L) , alors la solution générale de ( L) est :
f = f 0 + h où h désigne une solution quelconque de 1‘équation homogène ( H ) .
2. Sans plus d’hypothèse, on ne peut pas prévoir la dimension de S ( H ) , ni garantir que ( L) possède
effectivement une solution sur I , comme on le verra plus loin sur des exemples.
Comme dans tout problème linéaire, on dispose aussi du principe de superposition des solutions :

Prop 2:
Soient δ1 , δ2 : I → K deux applications continues et λ1 , λ2 ∈ K .
Si f 1 est une solution de l’équation α(t) x ′′ + β(t) x ′ + γ(t) x = δ1 (t) et f 2 est une solution
de l’équation α(t) x ′′ + β(t) x ′ + γ(t) x = δ2 (t) , alors λ1 f 1 + λ2 f 2 est une solution de l’équation
α(t) x ′′ + β(t) x ′ + γ(t) x = λ1 δ1 (t) + λ2 δ2 (t) .
n
Rem: Ce résultat se généralise sans problème au cas où le second membre est de la forme ∑ λi δi (t) .
i =1

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CHAP. XXII – ÉQUATIONS DIFF. LINÉAIRES SCALAIRES D’ORDRE 2 (cours complet) PSI* 22-23

 Résolution dans le cas où α ne s’annule pas


Si l’application α ne s’annule pas sur I , l’équation ( L) est alors équivalente à :

β(t) ′ γ(t) δ(t)


x ′′ = − x − x−
α(t) α(t) α(t)
donc on se ramène à une équation sous forme réduite (ou équation résolue) de la forme :

x ′′ = a(t) x ′ + b(t) x + c(t) ( L)


où a , b et c sont des applications continues de I dans K .
Rem: Dans le cas où x est solution d’une telle équation, x est nécessairement de classe C 2 .

Le théorème suivant est admis.

Théorème 1: de Cauchy-Lipschitz
Si a , b et c sont des applications continues de I dans K , pour tout (t0 , x0 , x0′ ) ∈ I × K2 il existe une
et une seule solution f de l’équation différentielle

x ′′ = a(t) x ′ + b(t) x + c(t) ( L)

définie sur I et qui vérifie les conditions initiales : f (t0 ) = x0 , f ′ (t0 ) = x0′ .

Corollaire 1.1: structure de l’ensemble des solutions


Soient a et b des applications continues de I dans K .
L’ensemble S ( H ) des solutions de l’équation homogène linéaire du second ordre :

x ′′ = a(t) x ′ + b(t) (H)

est un K -espace vectoriel de dimension 2 .

 Démonstration:
On a déjà vu que S ( H ) est un K -espace vectoriel. Soit alors t0 ∈ I et ϕ l’application :
(
S ( H ) −→ K 2
ϕ:
f 7 −→ ( f ( t0 ), f ′ ( t0 ))

Il est facile de vérifier que ϕ est linéaire. D’après le théorème de Cauchy-Lipschitz, pour tout ( x0 , x0′ ) ∈ K 2 il existe une et une
seule f ∈ S ( H ) telle que ϕ( f ) = ( x0 , x0′ ) , c’est-à-dire que ϕ est bijective. C’est donc un isomorphisme d’espaces vectoriels.
Il en résulte que S ( H ) est de dimension finie, et que dim S ( H ) = dim K 2 = 2 .

Corollaire 1.2:
Avec les mêmes notations, si f 1 et f 2 sont deux solutions linéairement indépendantes de ( H ) ,
l’ensemble des solutions de ( H ) est :
n o
S ( H ) = λ1 f 1 + λ2 f 2 ( λ1 , λ2 ) ∈ K 2 .

II. Cas où l’on connaı̂t une solution de l’équation homogène


Dans ce cas, on peut appliquer la méthode de variation de la constante (encore appelée méthode de Lagrange).
En voici le principe.
Considérons l’équation différentielle (pas forcément écrite sous forme résolue) :

a(t) x ′′ + b(t) x ′ + c(t) x = d(t) .

Supposons connue une solution x1 de l’équation homogène.


Sur un intervalle J où la fonction x1 ne s’annule pas, on peut chercher une solution quelconque de
l’équation complète sous la forme : x (t) = y(t) x1 (t) (en effet, puisque x1 ne s’annule pas, la fonction
x
y= est bien définie et deux fois dérivable).
x1

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CHAP. XXII – ÉQUATIONS DIFF. LINÉAIRES SCALAIRES D’ORDRE 2 (cours complet) PSI* 22-23

On a alors : 
 x ( t ) = y ( t ) x1 ( t )
x ′ (t) = y′ (t) x1 (t) + y(t) x1′ (t)
 ′′
x (t) = y′′ (t) x1 (t) + 2y′ (t) x1′ (t) + y(t) x1′′ (t)
D’où :
a(t) x ′′ (t) + b(t) x ′ (t) + c(t) x (t) = a(t) x1 (t)y′′ (t) + 2a(t) x1′ (t) + b(t) x1 (t) y′ (t) + a(t) x1′′ (t) + b(t) x1′ (t) + c(t) x1 (t) y(t)
 

Comme a(t) x1′′ (t) + b(t) x1′ (t) + c(t) x1 (t) = 0 , l’équation différentielle devient :
a(t) x1 (t)y′′ (t) + 2a(t) x1′ (t) + b(t) x1 (t) y′ (t) = d(t) .


C’est une équation scalaire du premier ordre pour la fonction y ′ . Il ne reste ≪ plus qu’à ≫ la résoudre pour
trouver y′ , d’où l’on déduit y puis x .

Exemple
Résoudre l’équation différentielle (t − 1) x ′′ + tx ′ + x = 1 , en cherchant une solution de l’équation
homogène sous la forme t 7→ eαt .

 Solution:
On se place sur l’un des intervalles I =] − ∞, 1[ ou I =]1, + ∞ [ . La fonction t 7 → eαt est solution de l’équation homogène si et
seulement si ∀t ∈ I ( t − 1) α2 + tα + 1 = 0 , c’est-à-dire ( α2 + α) t + 1 − α2 = 0 ; la seule possibilité est α = −1 , d’où x1 ( t) = e−t .
Puisque x1 ne s’annule jamais (ouf !), on peut chercher une solution de l’équation complète sous la forme x ( t) = y( t)e−t . On
obtient, après quelques calculs :
( t − 1) y′′ ( t) − ( t − 2) y′ ( t) = et
En posant y′ = z , la fonction z est solution sur I de l’équation scalaire du premier ordre :
( t − 1) z ′ − ( t − 2) z = e t
et
Les solutions de l’équation homogène associée sont z = C , et et est une solution particulière évidente. D’où :
t−1
et
z( t) = et + C1
tZ− 1
et
y( t) = et + C1 dt + C2
tZ− 1
et
x ( t) = 1 + C1 e − t dt + C2 e−t
t−1
(les constantes C1 et C2 dépendant de l’intervalle sur lequel on se place).
et 1
Z
La fonction t 7 → e−t dt tend vers ∞ au point 1 (car t 7 → n’est pas intégrable au voisinage de 1 ). Les seules
t−1 t−1
solutions prolongeables à R sont donc les fonctions de la forme :
x ( t) = 1 + C2 e−t .

Exemple

Résoudre l’équation différentielle : tx ′′ + 2(t + 1) x ′ + 2x = 1 − e−2t , en cherchant une solution de


l’équation homogène sous la forme t 7→ tα .

 Solution:
1
On trouve x = comme solution particulière de l’équation homogène.
t
A la fin de passionnants calculs, on trouve les solutions sur R :

e−2t

D 1
C1
 + 1 + (1 + e−2t ) si t > 0
x (t) = t t 2 .
−2t D
C e
 1
+ 2 + (1 + e−2t ) si t < 0
2
t t 2
Pour que cette fonction soit prolongeable par continuité à droite en 0 , il faut et il suffit que C1 = − D1 et pour qu’elle soit
prolongeable par continuité à gauche en 0 , il faut et il suffit que C2 = − D2 .
Dans ce cas, x s’écrit :   −2t
−1

e 1
 C1 + (1 + e−2t ) si t > 0


t 2
x (t) =  −2t .
−1

e 1
C + (1 + e−2t ) si t < 0

 2
t 2
Il faut alors C1 = C2 pour que cette fonction soit continue en 0 . On a alors :
 −2t
−1

e 1
∀ t ∈ R , x (t) = C + (1 + e−2t ) ( C ∈ R )
t 2

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CHAP. XXII – ÉQUATIONS DIFF. LINÉAIRES SCALAIRES D’ORDRE 2 (cours complet) PSI* 22-23

et ces fonctions sont toutes solutions car elles sont de classe C ∞ sur R . Pour le justifier, il suffit de remarquer que la fonction
e−2t − 1
t 7→ est développable en série entière, de rayon de convergence + ∞ .
t

III. Équations à coefficients constants (rappels de 1re année)


Il s’agit des équations différentielles de la forme :
ax ′′ + bx ′ + cx = d(t) ( L)
où a, b, c sont des scalaires tels que a , 0 , et où d est une application continue de I dans K .

III.1. Résolution de l’équation homogène


Cette équation s’écrit
ax ′′ + bx ′ + cx = 0 ( H ).
On peut alors chercher une solution de cette équation sous la forme t 7→ eλt avec λ ∈ K ∗ . Facilement :

t 7→ eλt ∈ S ( H ) ⇐⇒ aλ2 + bλ + c = 0 .
L’équation ci-dessus s’appelle l’équation caractéristique de l’équation. Notons ∆ son discriminant.
La résolution de l’équation différentielle sera différente selon que K = R ou C .
• 1er cas : K = C .
Il y a alors deux sous-cas à considérer :
 Si ∆ , 0 :
L’équation caractéristique admet alors deux racines distinctes λ1 , λ2 . Il est alors facile de vérifier que
les deux applications t 7→ eλ1 t et t 7→ eλ2 t sont linéairement indépendantes ; on en déduit, d’après le
théorème de Cauchy-Lipschitz, la forme générale des solutions de ( H ) :

∀ t ∈ R , x (t) = C1 eλ1 t + C2 eλ2 t avec (C1 , C2 ) ∈ C2 .


 Si ∆ = 0 :
L’équation caractéristique admet alors une racine double λ . L’application = t 7→ eλt est donc solution
de ( H ) , et un rapide calcul montre alors que l’application t 7→ teλt est aussi solution de ( H ) . Les
deux solutions obtenues étant linéairement indépendantes, on en déduit la solution générale de ( H ) :

∀ t ∈ R , x (t) = (C1 + C2 t)eλt avec (C1 , C2 ) ∈ C2 .

• 2ème cas : K = R .
Si K = R , on est conduit cette fois à distinguer trois cas selon les valeurs du réel ∆ :
 Si ∆ > 0 :
L’équation caractéristique admet deux racines réelles distinctes λ1 , λ2 . On en déduit, comme dans le
cas complexe, la forme générale des solutions de ( H ) :

∀ t ∈ R , x (t) = C1 eλ1 t + C2 eλ2 t avec (C1 , C2 ) ∈ R2 .


 Si ∆ = 0 :
L’équation caractéristique admet alors une racine double λ , et on conclut comme dans le cas complexe :
les solutions de ( H ) sont données par :

∀ t ∈ R , x (t) = (C1 + C2 t)eλt avec (C1 , C2 ) ∈ R2 .


 Si ∆ < 0 :
Puisque les coefficients a, b, c sont réels, l’équation caractéristique admet ici deux racines complexes
conjuguées λ, λ distinctes. Une base de l’espace vectoriel des solutions à valeurs complexes est alors
λt λt
λt λt
 deux fonctions t 7→ e et t 7→ e ou encore par les
formée, d’après les calculs précédents, par les
deux fonctions t 7→ Re e et t 7→ Im e , qui sont encore linéairement indépendantes.
Si l’on note λ = r + iω avec r, ω ∈ R , on a alors eλt = ert eiωt , d’où Re eλt = ert cos ωt et


Im eλt = ert sin ωt , ce qui donne la forme générale des solutions à valeurs réelles :


∀ t ∈ R , x (t) = C1 cos(ωt) + C2 sin(ωt) ert avec (C1 , C2 ) ∈ R2 .




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III.2. Résolution de l’équation avec second membre


Pour résoudre l’équation : ax ′′ + bx ′ + cx = d(t) ( L) , puisque l’on vient de voir comment résoudre
l’équation homogène, il y a toujours, bien sûr, la méthode de variations d’une constante.
Il y a cependant quelques cas particuliers où l’on peut trouver assez facilement une solution particulière de
( L) (nous nous contentons d’énumérer les résultats, pour la démonstration, référez-vous à votre cours de
première année).

 Si le second membre est de la forme d(t) = P(t) , où P est un polynôme, on cherchera (avec des
coefficients à déterminer) une solution particulière sous la forme

 x (t) = Q(t)
 si c , 0
x (t) = tQ(t) si c = 0 et b , 0 avec Q polynôme de même degré que P .
x (t) = t2 Q(t) si b = c = 0

 Notons ( Ec ) l’équation caractéristique de ( H ) , c’est-à-dire l’équation : aλ2 + bλ + c = 0 .


Si le second membre est de la forme d(t) = emt P(t) , où P est un polynôme et où m est un nombre
complexe, on cherchera (avec des coefficients à déterminer) une solution particulière sous la forme

k = 0 si m n’est pas racine de ( Ec )

k mt
x (t) = t e Q(t) où k = 1 si m est racine simple de ( Ec )

k = 2 si m est racine double de ( Ec )

et où Q est un polynôme de même degré que P .

IV. Utilisation de séries entières


Dans certaines circonstances 1 , en particulier lorsque les coefficients de x ′ et de x sont des polynômes, il est
possible de déterminer certaines solutions de l’équation différentielle homogène x ′′ = a(t) x ′ + b(t) x sous
forme d’une série entière.
Pour cela, on procède de la manière suivante :
+∞
1. On se donne une série entière ∑ an tn , dont on suppose le rayon de convergence R > 0 , et l’on
n =0
suppose que sa somme x (t) est solution de l’équation différentielle pour t ∈ ]− R ; R[ .
2. Les résultats du cours permettent d’exprimer facilement x ′ (t) et x ′′ (t) sous forme de séries entières.
On remplace alors x , x ′ et x ′′ dans l’équation différentielle, ce qui permet, en utilisant l’unicité du
développement, d’en déduire une relation vérifiée par les an puis de les calculer en fonction de n .
3. Réciproquement, on vérifie que la série entière obtenue a bien un rayon de convergence strictement
positif. Sa somme sera alors forcément solution de l’équation différentielle, d’après les calculs faits
précédemment.

Exemples :
1. Résoudre l’équation différentielle : ( E) : 4xy′′ + 2y′ − y = 0 .

 Solution:
+∞
• Supposons qu’il existe une série entière de rayon de convergence R > 0 solution de ( E ) sur R . Notons : f ( x ) = ∑ an x n .
=0
Le théorème de dérivation d’une série entière permet d’écrire :
+∞ +∞
∀ x ∈ ]− R ; R[ , f ′ ( x ) = ∑ nan x n−1 et f ′′ ( x ) = ∑ n ( n − 1) a n x n −2 .
n =1 n =2

f est solution de ( E ) sur] − R, R[ si et seulement si :


+∞ +∞ +∞
4x ∑ n(n − 1) an x n−2 + 2 ∑ nan x n−1 − ∑ an x n = 0
n =2 n =1 n =0

+∞ +∞ +∞
d’où, après changement d’indice : ∑ 4(n + 1)nan+1 x n + ∑ 2(n + 1) an+1 x n − ∑ an x n = 0
n =1 n =0 n =0

1. Il s’agit du théorème de Fuchs...

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puis : 2a1 − a0 + ∑+ ∞ n
n =1 ((2n + 2)(2n + 1) a n +1 − a n ) x = 0 . Et par unicité du développement en série entière :
a0 an
a1 = et an +1 = ·
2 (2n + 1)(2n + 2)
a0
On en déduit par récurrence facile : ∀ n ∈ N , an = ·
(2n) !
Ainsi, si ( E ) admet des solutions développables en séries entières, elles forment un espace vectoriel de dimension 1 engendré
par f définie par :

xn
∀ x ∈ ]− R ; R[ , f ( x ) = ∑ ·
n =0 (2n ) !
xn
Puisque, pour tout x ∈ R , lim = 0 , on a R = + ∞ . La fonction f définie ci-dessus est donc de classe C ∞ sur R , et
n →+ ∞ (2n ) !
elle est forcément solution de ( E ) , d’après les calculs faits.
De plus, on sait que :
∞ ∞
x2n (−1) n x2n
∀ x ∈ R , ch x = ∑ (2n) !
et cos x = ∑
(2n) !
n =0 n =0
donc
√ ∞ √ ∞
xn xn
∀ x ∈ R + , ch x= ∑ (2n) !
et ∀ x ∈ R − , cos − x = ∑
( 2n )!
.
n =0 n =0
( √
ch x si x > 0
Ainsi : f ( x ) = √ .
cos − x si x < 0
• Résolution de ( E ) sur ]− ∞ ; 0[ :
Soit y une solution quelconque de ( E ) sur ]− ∞ ; 0[ . Posons y = z f (ce qui est possible car f ne s’annule pas su R + !), et
recherchons une équation différentielle ( E ′ ) vérifiée par z (méthode de variation de la constante). On a : y′ = z′ f + z f ′ et
y′′ = z′′ f + 2z′ f ′ + z f ′′ .
En remplaçant dans ( E ) , on obtient : 4x ( z′′ f + 2z′ f ′ + z f ′′ ) + 2( z′ f + z f ′ ) − z f = 0 , et comme f est solution de ( E ) :
z(4x f ′′ + 2 f ′ − f ) = 0 donc il reste finalement :
f ′ (x)
 
1
4x f ( x ) z′′ + (8x f ′ ( x ) + 2 f ( x )) z′ = 0 soit z′′ + 2x + z′ = 0 .
f (x) 2x

Et comme, sur R ∗+ , on a : f ( x ) = ch x ,on obtient l’équation différentielle du premier ordre en z′ :
 √ 
th x 1
( E ′ ) : z′′ + √ + z′ = 0 .
x 2x
√ √
th x √ 1 C
Une primitive de x 7 → √ est x 7 → 2 ln(ch x) , d’où : z′ ( x ) = Ce−2 ln(ch x)− 2 ln x = √ √ ·
x (ch x )2 x
1 √ √
Une primitive de x 7 → √ √ est x 7→ 2 th x , donc : z( x ) = 2C th x + D .
(ch x)2 √ x √ √ √
Enfin : y( x ) = z( x ) f ( x ) = (2C th x + D ) ch x = 2C sh x + D ch x .
En posant A = D et B = 2C , on obtient finalement la solution générale de E sur R ∗+ :
√ √
y( x ) = A ch x + B sh x .
• Résolution de ( E ) sur ]− ∞ ; 0[ : √
On peut procéder de la même façon, mais c’est un peu plus délicat ici car la fonction x 7 → cos − x peut s’annuler su R − !
Il faut donc faire les calculs sur tout intervalle où cette fonction ne s’annule pas, puis raccorder les solutions. On trouve alors
que la solution générale de ( E ) sur R − est :
√ √
y( x ) = C cos − x + D sin − x .
• Raccords
Soit y une solution sur R .
Continuité de y : y(0+ ) = y(0− ) équivaut à A = C . On a alors y(0) = A . √ √
√ √
A sh x B ch x A sin − x D sin − x
Continuité de y′ : y′ ( x ) = √ + √ si x > 0 et y′ ( x ) = √ − √ si x < 0 .
√ 2 x √2 x 2 −x 2 −x
Ash x A A sin − x A
Or, lim √ = et lim √ = .
x →0+ 2 x 2 x →0− 2 − x 2 √

Bch x D sin − x
Par contre les applications x 7 → √ et x 7 → √ n’admettent de limites en 0 (respectivement à droite et à
2 x 2 −x
gauche) que si B = D = 0 . √ √
On a donc, à ce stade : : y( x ) = A ch x si x > 0 et y( x ) = A cos − x si x < 0 et y(0) = A .
Donc y = A f (où f est la fonction de classe C définie sur R vue au début), et puisque f est de classe C ∞ , y est bien

solution.
• Conclusion :
L’espace vectoriel des solutions de ( E ) sur R est de dimension 1 et :
( √
A ch x si x > 0
y solution de ( E ) ⇐⇒ y( x ) = √ avec A ∈ R .
A cos − x si x < 0

2. Résoudre l’équation différentielle : ( E) : 4tx ′′ − 4x ′ + t3 x = 0 .

 Solution:

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Même principe.
a n −3
Ici la relation de récurrence sur les ( an ) est : an +1 = − , avec a1 = a3 = 0 .
4( n + 1)( n − 1)
 2
t
En prenant a0 = 1 et a2 = 0 , on trouve la fonction t 7 → cos ; en prenant a0 = 0 et a2 = 1 , on trouve la fonction
4
 2
t
t 7 → sin .
4
Cela donne directement une base de solutions.

V. Utilisation d’un changement de variable


Soit l’équation différentielle : α(t) x ′′ + β(t) x ′ + γ(t) x = δ(t) ( L) , avec α, . . . , δ continues de I dans K .
Si ϕ est une bijection de classe C 1 d’un intervalle J sur I , telle que ϕ′ ne s’annule pas sur J (donc
ϕ strictement monotone), on peut alors faire le changement de variable t = ϕ(u) . On aura alors
x (t) = x ◦ ϕ(u) = y(u) . Si x est deux fois dérivable sur I , il en sera de même de y sur J et réciproquement.
Il faut maintenant calculer les dérivées successives de x en fonction de celles de y = x ◦ ϕ , en utilisant la
formule donnant la dérivée d’une fonction composée :
1
y ′ ( u) = ϕ′ ( u) · x ′ ◦ ϕ( u) = ϕ′ ( u) · x ′ ( t) d’où x ′ (t) = · y ′ ( u)
ϕ′ ( u)
y′′ (u) ϕ′′ (u) ′
y′′ (u) = ϕ′′ (u) · x ′ ◦ ϕ(u) + ϕ′ (u)2 · x ′′ ◦ ϕ(u) d’où x ′′ (t) = ′ − y ( u)
ϕ ( u)2 ϕ ′ ( u)3
En remplaçant alors x (t) , x ′ (t) et x ′′ (t) par ces expressions dans l’équation initiale ( L) , on obtient une
équation différentielle du second ordre vérifiée par y . Si l’on sait la résoudre, on obtiendra alors y(u) , d’où
l’on déduira x (t) = y ◦ ϕ−1 (t) .
Exemples
x
1. Résoudre l’équation différentielle : (1 + t2 ) x ′′ + tx ′ − = 0 à l’aide du changement de variable
4
t = sh u .
 Solution:
Le coefficient de x ′′ ne s’annulant pas, on cherchera les solutions définies sur R tout entier.
L’application u 7 → sh u étant une bijection de classe C 2 de R sur R , on peut poser x ( t) = x (sh u ) = y( u ) avec y de classe
C 2 sur R .
On a alors, par dérivation d’une fonction composée :

y′ ( u ) = ch u x ′ (sh u ) et y′′ ( u ) = sh u x ′ (sh u ) + ch2 u x ′′ (sh u )

et puisque ch2 u = 1 + sh2 u , on a y′′ ( u ) = tx ′ ( t) + (1 + t2 ) x ′′ ( t) , de sorte que l’équation proposée est équivalente à
y
y′′ − = 0.
4
Les solutions de cette équation du second ordre à coefficients constants sont donc de la forme :
u u
y( u ) = λe 2 + µe− 2 avec λ, µ constantes.
Il faut ensuite exprimer ces solutions en fonction de t (c’est-à-dire déterminer ϕ−1 ) . C’est ici un exercice classique de Sup :
(
eu − e− u 2t = x − 1x
t = sh u ⇐⇒ t = ⇐⇒
2 x = eu
( ( √
x2 − 2tx − 1 = 0 x = t ± t2 + 1
⇐⇒ ⇐⇒
x = eu x = eu
p
⇐⇒ eu = t + t2 + 1 (seule solution positive).
Les solutions de l’équation initiale sont donc les fonctions de la forme :
q p µ
x ( t ) = λ t + t2 + 1 + p √ avec λ, µ constantes.
t + t2 + 1

2. Résoudre l’équation différentielle : t2 x ′′ + 4tx ′ + 2x = 0 à l’aide du changement de variable t = ±eu .

 Solution:
1 1
On trouve la base de solutions t 7 → et t 7 → 2 (sur R ∗+ ou R ∗− ).
t t

Cours PSI* – © [Link] – Lycée d’Arsonval 7/7 22 mars 2023

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