Conscience/inconscience
La conscience caractérise notre rapport au monde et à nous-même. Propre à
l’homme, elle est l’interface entre les choses extérieures et notre for intérieur.
L’homme dispose d’une conscience de soi : il peut prendre du recul par rapport à
lui-même. Selon un effet de miroir, il est capable de réfléchir et de se réfléchir. Au
contraire, les animaux et les choses de la nature n’existent que dans l’immédiateté
de l’en-soi, pour reprendre la distinction de Hegel (Esthétique). La conscience donne
à l’homme une place à part dans le monde.
Qu’est-ce que la conscience ?
Étymologiquement, la conscience comporte l’idée d’une connaissance (du latin
scire qui signifie « savoir »). En ce sens, il y a, d’une part, la perception immédiate du
monde qui m’entoure et, d’autre part, la conscience réfléchie de mes états psychiques
internes (pensées, sentiments…) ou la « conscience de soi » que j’atteins par l’intros-
pection où je me prends moi-même pour objet. Ces deux consciences sont étroi-
tement liées. On ne peut avoir conscience des choses extérieures sans avoir conscience
de soi comme un être percevant et distinct du monde perçu. Toute conscience est
toujours « conscience de quelque chose », nous disent Husserl et la phénoménologie.
Autrement dit, on ne peut abstraire et saisir la conscience de soi indépendamment
de tout objet visé. Elle est ce qui nous met toujours déjà en relation avec le monde.
Précisément, c’est cette « intentionnalité » qui la défi nit.
Nous croyons être une conscience par laquelle nous percevons le monde tel
qu’il est, mais si tout cela n’était qu’un rêve ? Et si nous étions dans l’incertitude
la plus totale sur les choses qui nous paraissent les plus familières et y compris sur
nous-mêmes ? « Car la vie est un songe un peu moins inconstant » selon Pascal
(Pensées). Ce doute peut aller jusqu’à provoquer une bouffée d’angoisse : c’est ce que
ressent Alice, de l’autre côté du miroir de Lewis Carroll, son identité personnelle étant
perpétuellement remise en cause par ses multiples métamorphoses. Souvent, notre
conscience peut nous induire en erreur au point d’ébranler fortement toutes nos
certitudes. Certaines expériences-limite le prouvent (mirages, troubles psychiques,
drogue, alcool…). Comment alors être sûr de ne pas être toujours dans l’erreur ?
On ne saurait sortir de sa conscience pour le vérifier. Le thème de la vie comme
illusion a beaucoup inspiré le mouvement baroque et notamment La vie est un songe
de Calderón. Sigismond est fait alternativement, et à son insu, prince et prisonnier.
À son réveil, il doute de la réalité de ce qu’il croit n’avoir vécu qu’en songe.
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Or, le doute le plus hyperbolique fi nit par se détruire de lui-même : celui qui
doute ne peut douter qu’il doute. Du fait même que je doute, et donc que je pense, je
peux déduire mon existence, au moins à titre d’âme ou de « chose pensante ». « Je
pense donc je suis » nous dit Descartes dans le Discours de la méthode. La conscience,
assimilée alors à la pensée, est saisie immédiatement, dans une indubitable intuition.
Cette évidence s’impose alors comme un critère de vérité.
Suis-je transparent à moi-même ?
Est-il si évident de respecter la maxime inscrite sur le temple d’Apollon :
« Connais-toi toi-même », chère à Socrate ? La conscience connaît des degrés. Il
existe des cas extrêmes où il y a perte de conscience, comme le coma, ou interruption,
lors du sommeil profond : « Il suffisait que, dans mon lit même, mon sommeil fût
profond et détendît entièrement mon esprit ; alors celui-ci lâchait le plan du lieu où je
m’étais endormi, et quand je m’éveillais au milieu de la nuit, comme j’ignorais où je
me trouvais, je ne savais même pas au premier instant qui j’étais » témoigne Proust
dans À la recherche du temps perdu. Le récit de la chute de Rousseau montre à quel point
il est possible de perdre tous ses repères (1 TEXTE). Cela n’anéantit pas pour autant
notre moi et, selon Leibniz, de telles intermittences montrent que l’on ne saurait être
attentif à toutes nos perceptions et pensées. Contre Descartes, le philosophe allemand
met en évidence des « petites perceptions » que l’on ne peut distinguer clairement,
comme le montre l’exemple du bruit de la mer : « Pour entendre ce bruit, comme
l’on fait, il faut bien que l’on entende les parties qui composent ce tout, c’est-à-dire le
bruit de chaque vague, quoiqu’un chacun de ces petits bruits ne se fasse connaître que
dans l’assemblage confus de tous les autres ensemble » (Nouveaux Essais sur l’enten-
dement humain). N’y a-t-il pas une partie de moi qui reste obscure à ma conscience,
compromettant mes prétentions à me connaître entièrement tel que je suis vraiment ?
Certains phénomènes psychiques comme les lapsus, les actes manqués ou les
rêves nous échappent. Ils font l’objet de la psychanalyse, fondée par Freud. Prendre
un mot pour un autre, faire un geste maladroit, par exemple, ne sont pas les purs
produits du hasard. Il s’agit là de symptômes conscients d’importance en ce qu’ils
traduisent une part que l’on aimerait laisser secrète de notre vie intérieure. Notre
inconscient est pétri de désirs refoulés et renvoie aux profondeurs abyssales du moi.
C’est ce qui pétrifie Dorian Gray face à son saisissant portrait, reflétant la part la plus
sombre de son être. À ces expériences s’ajoutent la portée symbolique des rêves et
toutes les idées qui nous viennent à la conscience, sans savoir pourquoi. Tous ces
phénomènes concourent à poser l’hypothèse de l’inconscient à leur origine. Selon
Freud, « ce n’est qu’au prix d’une prétention intenable que l’on peut exiger que tout ce
qui se produit dans le domaine psychique doive aussi être connu de la conscience »
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(Métapsychologie). La pratique de la psychanalyse consiste précisément à élucider,
par la parole, cette partie immergée de l’iceberg de notre moi, responsable de toutes
nos pathologies psychiques, et dont il est fort à parier qu’elle dépasse très largement
la partie visible avec laquelle elle entre en confl it. C’est une véritable « tempête sous
un crâne » qui se joue au quotidien, pour reprendre la métaphore de Victor Hugo
(1 TEXTE). Ainsi, la parfaite connaissance comme la parfaite maîtrise de soi serait
illusoire : le moi n’est seulement « pas maître dans sa propre maison », nous dit
Freud (Introduction à la psychanalyse). L’homme, déjà vexé de ne plus être au centre
du monde, depuis Copernic, ni au sommet du vivant, depuis Darwin, doit désormais
également renoncer à être le « maître dans sa propre maison ».
La conscience morale
« Morale », la conscience est également ce qui rend compte à nous-mêmes de
nos actes et émet sur un jugement de valeur. Elle dicte ce qui est bien ou mal. Elle
est souvent comparée à une voix intérieure ou un œil dont le regard inquisiteur et
menaçant nous fi xe sans relâche. Dans le poème « La Conscience » de Victor Hugo,
cet œil poursuit jusque dans sa tombe Caïn, coupable biblique du meurtre de son
frère Abel (1 TEXTE). La conscience devient alors un témoin à qui il nous faut rendre
des comptes comme devant un tribunal inflexible. Selon son jugement, nous avons
bonne ou mauvaise conscience, autrement dit nous vivons en paix avec nous-mêmes
ou nous sommes rongés par les remords, tel Oreste persécuté par les Érinyes. En ce
sens, la conscience prend le relais du regard de Dieu dont le Jugement dernier décidera
de notre sort. Doté d’une conscience, l’homme est le seul animal lucide sur sa propre
condition. « La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable »
nous dit Pascal (Pensées). Mais la conscience est aussi ce qui permet à l’homme seul
de penser et de philosopher. Elle le constitue en tant que sujet et personne, respon-
sable de ses actes.
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Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire,
« Deuxième promenade » (1776)
Il était presque nuit quand je repris connaissance. Je me trouvai entre
les bras de trois ou quatre jeunes gens qui me racontèrent ce qui venait de
m’arriver. Le chien danois n’ayant pu retenir son élan s’était précipité sur mes
deux jambes et, me choquant de sa masse et de sa vitesse, m’avait fait tomber
la tête en avant : la mâchoire supérieure portant tout le poids de mon corps
avait frappé sur un pavé très raboteux, et la chute avait été d’autant plus violente
qu’étant à la descente, ma tête avait donné plus bas que mes pieds.
Le carrosse auquel appartenait le chien suivait immédiatement et m’aurait
passé sur le corps si le cocher n’eût à l’instant retenu ses chevaux. Voilà ce que
j’appris par le récit de ceux qui m’avaient relevé et qui me soutenaient encore
lorsque je revins à moi. L’état auquel je me trouvai dans cet instant est trop
singulier pour n’en pas faire ici la description.
La nuit s’avançait. J’aperçus le ciel, quelques étoiles, et un peu de verdure.
Cette première sensation fut un moment délicieux. Je ne me sentais encore que
par là. Je naissais dans cet instant à la vie, et il me semblait que je remplissais
de ma légère existence tous les objets que j’apercevais. Tout entier au moment
présent je ne me souvenais de rien ; je n’avais nulle notion distincte de mon
individu, pas la moindre idée de ce qui venait de m’arriver ; je ne savais ni qui
j’étais ni où j’étais ; je ne sentais ni mal, ni crainte, ni inquiétude. Je voyais
couler mon sang comme j’aurais vu couler un ruisseau, sans songer seulement
que ce sang m’appartînt en aucune sorte. Je sentais dans tout mon être un
calme ravissant auquel, chaque fois que je me le rappelle, je ne trouve rien de
comparable dans toute l’activité des plaisirs connus.
On me demanda où je demeurais ; il me fut impossible de le dire. Je
demandai où j’étais, on me dit, à la Haute-Borne, c’était comme si l’on m’eût
dit au mont Atlas. Il fallut demander successivement le pays, la ville et le quartier
où je me trouvais. Encore cela ne put-il suffi re pour me reconnaître ; il me
fallut tout le trajet de là jusqu’au boulevard pour me rappeler ma demeure et
mon nom.
2 Notion : Existence
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Hugo, « La Conscience », La Légende des Siècles (1859)
Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Échevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l’homme sombre arriva
Au bas d’une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fi ls hors d’haleine
Lui dirent : Couchons-nous sur la terre, et dormons.
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres
Il vit un œil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l’ombre fi xement.
Je suis trop près, dit-il avec un tremblement.
Il réveilla ses fi ls dormant, sa femme lasse,
Et se remit à fuir sinistre dans l’espace.
Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.
Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,
Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,
Sans repos, sans sommeil. Il atteignit la grève
Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.
Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.
Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes.
Et, comme il s’asseyait, il vit dans les cieux mornes
L’œil à la même place au fond de l’horizon.
Alors il tressaillit en proie au noir frisson.
Cachez-moi ! cria-t-il ; et, le doigt sur la bouche,
Tous ses fi ls regardaient trembler l’aïeul farouche.
Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont
Sous des tentes de poil dans le désert profond :
Étends de ce côté la toile de la tente.
Et l’on développa la muraille flottante ;
Et, quand on l’eut fi xée avec des poids de plomb :
Vous ne voyez plus rien ? dit Tsilla, l’enfant blond,
La fi lle de ses fi ls, douce comme l’aurore ;
Et Caïn répondit : Je vois cet œil encore !
Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs
Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,
Cria : Je saurai bien construire une barrière.
Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.
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Et Caïn dit : Cet œil me regarde toujours !
Hénoch dit : Il faut faire une enceinte de tours
Si terrible, que rien ne puisse approcher d’elle.
Bâtissons une ville avec sa citadelle,
Bâtissons une ville, et nous la fermerons.
Alors Tubalcaïn, père des forgerons,
Construisit une ville énorme et surhumaine.
Pendant qu’il travaillait, ses frères, dans la plaine,
Chassaient les fi ls d’Énos et les enfants de Seth ;
Et l’on crevait les yeux à quiconque passait ;
Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.
Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,
On lia chaque bloc avec des nœuds de fer,
Et la ville semblait une ville d’enfer ;
L’ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;
Ils donnèrent aux murs l’épaisseur des montagnes ;
Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d’entrer. »
Quand ils eurent fi ni de clore et de murer,
On mit l’aïeul au centre en une tour de pierre.
Et lui restait lugubre et hagard. Ô mon père !
L’œil a-t-il disparu ? dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit : Non, il est toujours là.
Alors il dit : Je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien.
On fit donc une fosse, et Caïn dit : C’est bien !
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre
Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,
L’œil était dans la tombe et regardait Caïn.
2 Notion : Morale
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Hugo, Les Misérables, I, livre VII, chapitre III, « Une tempête sous
un crâne » (1862)
Nous avons déjà regardé dans les profondeurs de cette conscience ; le
moment est venu d’y regarder encore. Nous ne le faisons pas sans émotion et
sans tremblement. Il n’existe rien de plus terrifiant que cette sorte de contem-
plation. L’œil de l’esprit ne peut trouver nulle part plus d’éblouissements ni
plus de ténèbres que dans l’homme ; il ne peut se fi xer sur aucune chose qui
soit plus redoutable, plus compliquée, plus mystérieuse et plus infi nie. Il y a
un spectacle plus grand que la mer, c’est le ciel ; il y a un spectacle plus grand
que le ciel, c’est l’intérieur de l’âme.
Faire le poème de la conscience humaine, ne fût-ce qu’à propos d’un seul
homme, ne fût-ce qu’à propos du plus infi me des hommes, ce serait fondre
toutes les épopées dans une épopée supérieure et défi nitive. La conscience,
c’est le chaos des chimères, des convoitises et des tentatives, la fournaise des
rêves, l’antre des idées dont on a honte ; c’est le pandémonium des sophismes,
c’est le champ de bataille des passions. À de certaines heures, pénétrez à travers
la face livide d’un être humain qui réfléchit, et regardez derrière, regardez dans
cette âme, regardez dans cette obscurité. Il y a là, sous le silence extérieur, des
combats de géants comme dans Homère, des mêlées de dragons et d’hydres et
des nuées de fantômes comme dans Milton, des spirales visionnaires comme
chez Dante. Chose sombre que cet infi ni que tout homme porte en soi et
auquel il mesure avec désespoir les volontés de son cerveau et les actions de
sa vie !
[…]
Rentré dans sa chambre il se recueillit.
Il examina la situation et la trouva inouïe ; tellement inouïe qu’au milieu de
sa rêverie, par je ne sais quelle impulsion d’anxiété presque inexplicable, il se
leva de sa chaise et ferma sa porte au verrou. Il craignait qu’il n’entrât encore
quelque chose. Il se barricadait contre le possible.
Un moment après il souffla sa lumière. Elle le gênait.
Il lui semblait qu’on pouvait le voir.
Qui, on ?
Hélas ! ce qu’il voulait mettre à la porte était entré ce qu’il voulait aveugler,
le regardait. Sa conscience.
Sa conscience, c’est-à-dire Dieu.
Pourtant, dans le premier moment, il se fit illusion ; il eut un sentiment de
sûreté et de solitude ; le verrou tiré, il se crut imprenable ; la chandelle éteinte,
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il se sentit invisible. Alors il prit possession de lui-même ; il posa ses coudes
sur la table, appuya la tête sur sa main, et se mit à songer dans les ténèbres.
– Où en suis-je ? – Est-ce que je ne rêve pas ? Que m’a-t-on dit ? – Est-il
bien vrai que j’aie vu ce Javert et qu’il m’ait parlé ainsi ? – Que peut être ce
Champmathieu ? – Il me ressemble donc ? – Est-ce possible ? – Quand je pense
qu’hier j’étais si tranquille et si loin de me douter de rien ! – Qu’est-ce que je
faisais donc hier à pareille heure ? – Qu’y a-t-il dans cet incident ? – Comment
se dénouera-t-il ? – Que faire ?
Voilà dans quelle tourmente il était. Son cerveau avait perdu la force de
retenir ses idées, elles passaient comme des ondes, et il prenait son front dans
ses deux mains pour les arrêter.
De ce tumulte qui bouleversait sa volonté et sa raison, et dont il cherchait
à tirer une évidence et une résolution, rien ne se dégageait que l’angoisse.
Sa tête était brûlante. Il alla à la fenêtre et l’ouvrit toute grande. Il n’y avait
pas d’étoiles au ciel. Il revint s’asseoir près de la table.
2 Notion : Liberté
Arts
Johann Heinrich Füssli, Le Cauchemar (1781)
Francisco de Goya, Le rêve de la raison engendre des monstres (1799)
Vincent Van Gogh, Autoportrait à l’oreille coupéee (1889)
Edvard Munch, Le Cri (1893)
Giorgio De Chirico, Le Rêve transformé é (1913)
Max Ernst, La Forêt (1927) ; L’Œil du silencee (1943)
Salvador Dali, Rêve causé par le vol d’une abeille (1931)
René Magritte, Décalcomanie (1966)
Lucian Freud, Reflection (self-portrait) (1985)
Films
Robert Wiene, Le Cabinet du docteur Caligarii (1920)
Luis Buñuel, Un chien andalou u (1929)
Fritz Lang, M le Maudit (1931)
Alfred Hitchcock, La Maison du docteur Edwardess (1945)
Joseph Mankiewicz, Soudain l’été dernierr (1959)
Alfred Hitchcock, Pas de printemps pour Marnie (1964)
John Huston, Reflets dans un œil d’or (1967)
Films d’animation
Ari Folman, Valse avec Bachirr (2008)
Bandes dessinées
Larcenet, Blast,
t Dargaud (2009)
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