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analyseMAT234 V2

Ce document traite des fonctions de plusieurs variables réelles, incluant des définitions, des exemples de polynômes, et la continuité. Il aborde également la représentation graphique des fonctions de deux et trois variables, ainsi que les dérivées directionnelles et partielles. Enfin, il introduit la notion de différentiabilité et la matrice jacobienne pour des fonctions de plusieurs variables.

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UE MAT234

Notes de cours sur les fonctions de plusieurs variables

1 Fonctions de plusieurs variables réelles


1.1 Définitions générales
1.1.1 Définition
IRn = IR × IR × . . . × IR est l’ensemble des n-uplets de réels x = (x1 , . . . , xn ). De la même
façon que l’on a défini les fonctions d’une seule variable réelle, on peut définir les fonctions
de plusieurs variables réelles :

f : E ⊂ IRn −→ IR
(x1 , . . . , xn ) −→ f (x1 , . . . , xn )

En pratique, on travaillera le plus souvent avec n = 2 ou n = 3. On utilisera parfois dans ce


cas la notation (x, y) ou (x, y, z) plutôt que (x1 , x2 ) ou (x1 , x2 , x3 ).

Exemples :
v
u n
uX
• Longueur (ou norme) d’un vecteur : f (x1 , . . . , xn ) = t x2i
i=1

• Température en un point : c’est une fonction de la position géographique (x, y, z) et


du temps t : T (x, y, z, t)

1.1.2 Polynômes à plusieurs variables


Un polynôme à n variables est une fonction de la forme

ap1 ,...,pn xp11 . . . xpnn


X
P (x1 , . . . , xn ) =
p1 ,...,pn

avec les exposants p1 , . . . , pn entiers et les coefficients ap1 ,...,pn réels.


Le degré total du monôme xp11 . . . xpnn est p1 + · · · + pn .
Le degré partiel par rapport à la variable xi du monôme xp11 . . . xpnn est pi .
Un polynôme est dit homogène de degré p s’il est constitué de monômes dont le degré
total est toujours égal à p.
Le degré total d’un polynôme est le plus haut degré total des monômes qui le composent.
Le degré partiel d’un polynôme par rapport à une variable est le plus haut degré partiel
par rapport à cette variable des monômes qui le composent.

Exemple : P (x, y, z) = x3 y + z 4 − 3x2 z 2 + 7xz 3 est homogène de degré 4. Ses degrés


partiels par rapport à x, y et z sont respectivement 3, 1 et 4.

1
1.1.3 Continuité
La définition de la continuité d’une fonction de plusieurs variables est une généralisation du
cas d’une fonction d’une seule variable.
Soit f : E ⊂ IRn −→ IR. f est continue en a = (a1 , . . . , an ) si et seulement si lim f (x) = f (a).
x→a
Cette définition peut aussi s’écrire de la façon suivante : f est continue en a si et seulement
si pour tout voisinage V de f (a), il existe un voisinage W de a tel que ∀w ∈ W, f (w) ∈ V .

Exemples :

• f (x, y) = xy est continue en (0, 0). En effet : lim f (x, y) = 0 = f (0, 0).
(x,y)→(0,0)

x3 y
• Soit f définie par f (x, y) = si (x, y) 6= (0, 0), et f (0, 0) = 0. f est continue en
x2 + y 2
x2
(0, 0). En effet, 0 ≤ |f (x, y)| ≤ |xy| 2 ≤ |xy|. D’où lim f (x, y) = 0 = f (0, 0).
x + y2 (x,y)→(0,0)

xy
• Soit f définie par f (x, y) = si (x, y) 6= (0, 0), et f (0, 0) = 0. f n’est pas
x2
+ y2
continue en (0, 0). En effet, en choisissant par exemple y = x, on voit que f (x, x) = 1/2,
qui ne tend pas vers f (0, 0) = 0 quand x tend vers 0. Graphiquement, cela se traduit
par une rupture dans le dessin de f au voisinage de (0, 0).

1.1.4 Généralisation : fonctions de IRn vers IRp


On peut généraliser de façon naturelle les fonctions de IRn vers IR et introduire des fonctions
de IRn vers IRp pour p > 1 :

f : E ⊂ IRn −→ IRp
(x1 , . . . , xn ) −→ (f1 (x1 , . . . , xn ), . . . , fp (x1 , . . . , xn ))

où chaque fonction fi est une fonction de IRn vers IR.

Exemple : Une station météo mobile fournit la température T , la pression P , l’humidité


θ et la vitesse du vent (u, v, w). C’est donc une fonction de IR4 vers IR6 :
M (x, y, z, t) = (T (x, y, z, t), P (x, y, z, t), θ(x, y, z, t), u(x, y, z, t), v(x, y, z, t), w(x, y, z, t)).

1.2 Fonctions de deux variables réelles


On considère ici f de IR2 vers IR.

1.2.1 Représentations graphiques


Représentation 3-D : on trace en perspective dans IR3 la surface formée des points
(x, y, f (x, y)).
Représentation par lignes de niveaux : on trace dans le plan les lignes isovaleurs (ou
lignes de niveau) de la fonction. L’isoligne de niveau K est {(x, y)/f (x, y) = K}

2
2 2
√ de niveau K (K ≥ 0) de la fonction f (x, y) = x + y est le cercle de
Exemple : La ligne
centre 0 de rayon K.

1.2.2 Coordonnées polaires


Un point M (x, y) du plan peut aussi être repéré par ses coordonnées polaires (r, θ),
définies par x = r cos θ, y = r sin θ, avec r ≥ 0 et θ ∈ [0, 2π[. r est appelé rayon, et θ angle
polaire ou argument.
Ce changement de coordonnées (x, y) −→ (r, θ) est bijectif de IR2 −{(0, 0)} vers IR∗+ ×[0, 2π[.
√ x y
Le changement inverse est : r = x2 + y 2 , cos θ = √ 2 2
, sin θ = √ 2 .
x +y x + y2

1.3 Fonctions de trois variables réelles


On considère ici f (x, y, z), de IR3 vers IR.

1.3.1 Coordonnées cylindriques


Un point M (x, y, z) de IR3 peut aussi être repéré par ses coordonnées cylindriques
(r, θ, z), définies par x = r cos θ, y = r sin θ, avec r ≥ 0 et θ ∈ [0, 2π[. (r, θ) est donc
l’expression en coordonnées polaires de (x, y).

1.3.2 Coordonnées sphériques


Un point M (x, y, z) de IR3 peut aussi être repéré par ses coordonnées sphériques (r, θ, ϕ),
définies par x = r cos θ sin ϕ, y = r sin θ sin ϕ, z = r cos ϕ, avec r ≥ 0, θ ∈ [0, 2π[ et ϕ ∈ [0, π].
C’est un système de repérage usuel sur une sphère : r est appelé rayon ou distance au centre,
θ longitude, ϕ colatitude (π/2 − ϕ est la latitude).

2 Dérivation d’une fonction de plusieurs variables


2.1 Dérivées premières
Soit f de IRn vers IR, (e1 , . . . , en ) la base canonique de IRn , et a ∈ IRn .

Définition Soit d un vecteur de IRn . On appelle dérivée directionnelle de f au point


∂f
a dans la direction d, notée (a) :
∂d
∂f f (a + αd) − f (a) f (a1 + αd1 , . . . , an + αdn ) − f (a1 , . . . , an )
(a) = lim = lim si elle existe
∂d α→0 α α→0 α
La dérivée directionnelle ∂f /∂d est donc une fonction de IRn vers IR.

3
Exemples :
• La pente d’un relief dans une direction donnée est la dérivée directionnelle dans cette
direction.
√ √
1 3 ∂f 3 3 3
• Soit f (x, y) = x3 y − y et d = ( , ). On a : (x, y) = x2 y + (x − 1).
2 2 ∂d 2 2
• En physique, on parle souvent de dérivée normale et de dérivée tangentielle pour
désigner la dérivée directionnelle en un point d’une courbe ou d’une surface donnée,
dans la direction normale ou tangente à cette courbe ou surface.

Définition On appelle dérivée partielle de f par rapport à la i-ème variable xi la dérivée


∂f
directionnelle de f dans la direction ei . Elle est notée .
∂xi
En pratique on calcule ∂f /∂xi comme une dérivée classique, en supposant x1 , . . . , xi−1 , xi+1 , . . . , xn
constants et en dérivant par rapport à xi .
!
∂f ∂f
Définition Le vecteur (a), . . . , (a) est appelé gradient de f au point a, noté
∂x1 ∂xn
gradf (a) ou ∇f (a).

∂f
Propriété Si ∇f (a) existe, alors (a) = ∇f (a).d
∂d

Définitions f est partiellement dérivable en a si et seulement si ses dérivées partielles


en a par rapport à chaque variable existent.
De plus, f est continûment partiellement dérivable en a si et seulement si chaque
dérivée partielle existe au voisinage de a et est continue en a. On dit aussi que f est de
classe C 1 en a.

Définition On suppose que f est de classe C 1 sur un voisinage de a. On appelle différentielle


de f en a l’application linéaire notée Df [a] définie par
Df [a] : IRn −→ IR
n
X ∂f
h = (h1 , . . . , hn ) −→ Df [a](h) = (a) hi = ∇f (a).h
i=1 ∂xi

Remarque On utilise souvent la notation dxi au lieu de hi .

Exemple Pour f (x, y) = x3 y − y, on a Df [(x, y)](dx, dy) = 3x2 y dx + (x3 − 1) dy.

Propriété On a : f (a + h) = f (a) + Df [a](h) + o(khk) , c’est à dire


f (a + h) − f (a) − Df [a](h)
lim =0
h→0 khk
C’est l’équivalent de la formule des accroissements finis pour les fonctions d’une seule vari-
able.

4
Remarque On a défini ici la différentielle d’une fonction de classe C 1 . Il existe aussi la
définition plus générale suivante :
On dit que f (pas forcément de classe C 1 ) est différentiable en a si et seulement si il existe une
application linéaire notée Df [a] telle que ∀h ∈ IRn , f (a + h) = f (a) + Df [a](h) + o(khk).
Si f est de classe C 1 , on retrouve la définition précédente. Mais il peut aussi exister des
fonctions non C 1 admettant une différentielle.

Définition Soit f de IRn vers IRp : f (x1 , . . . , xn ) = (f1 (x1 , . . . , xn ), . . . , fp (x1 , . . . , xn )).
f est différentiable en a ∈ IRn si et seulement si fi est différentiable en a ∀i = 1, . . . , p.
De plus : Df [a](h) = (Df1 [a](h), . . . , Dfp [a](h)), soit en abrégé Df [a] = (Df1 [a], . . . , Dfp [a]).

Puisque Dfi [a](h) = ∇fi .h, on a, avec des notations en vecteurs colonnes :

∂f1 ∂f1
 

Df1 [a](h)
 [a] · · · [a] 
h1

∂x1 ∂xn
 
 
 ..  
= .. .. ..  .. 

 .   . . . 
 . 

Dfp [a](h) ∂fp ∂fp hn
 
[a] · · · [a]
 
∂x1 ∂xn
soit Df [a](h) = Jf (a).h , où Jf (a) est appelée matrice jacobienne de f au point a.

Exemple On reprend l’exemple du changement de variables en coordonnées polaires x =


r cos θ, y = r sin θ. L’application des résultats précédents donne
! ! !
dx cos θ −r sin θ dr
=
dy sin θ r cos θ dθ

2.2 Dérivation de fonctions composées


Propriété Soit f : E1 ⊂ IRn → IRp et g : E2 ⊂ IRp → IR. On suppose, pour que g ◦ f soit
définie, que f (E1 ) ⊂ E2 . Soit a ∈ E1 . On suppose que f est différentiable en a et que g est
différentiable en f (a). Alors g ◦ f est différentiable en a et D(g ◦ f )[a] = Dg[f (a)] ◦ Df [a].
Matriciellement, ceci est équivalent à Jg◦f (a) = Jg (f (a)) × Jf (a)

Application au changement de variables Soit Φ un changement de coordonnées (x1 , . . . , xn ) →


(y1 , . . . , yn ). Soit f une fonction de classe C 1 et g = f ◦ Φ : g(x1 , . . . , xn ) = f (y1 , . . . , yn ). La
propriété précédente s’écrit
n
∂g X ∂f ∂yk
∀i = 1, . . . , n (x1 , . . . , xn ) = (y1 , . . . , yn )
∂xi k=1 ∂yk ∂xi

Cette formule est parfois appelée formule des dérivées totales.

5
Exemple Soit une fonction f de IR2 vers IR. On note g son expression en coordonnées
polaires g(r, θ) = f (r cos θ, r sin θ) = f (x, y). On a alors :
∂g ∂f ∂x ∂f ∂y ∂f ∂f x ∂f y ∂f

= + = cos θ + sin θ =√ 2 +√ 2


2 2

 ∂r ∂x ∂r ∂y ∂r ∂x ∂y x + y ∂x x + y ∂y

∂g ∂f ∂x ∂f ∂y ∂f ∂f ∂f ∂f





 = + = −r sin θ + r cos θ = −y +x
∂θ ∂x ∂θ ∂y ∂θ ∂x ∂y ∂x ∂y
qui s’inverse en 
∂f ∂g 1 ∂g
= cos θ − sin θ



 ∂x ∂r r ∂θ


 ∂f ∂g 1 ∂g
= sin θ + cos θ



∂y ∂r r ∂θ

2.3 Dérivées d’ordres supérieurs


Soit une fonction f de E ⊂ IRn vers IR.

Définition Soient {i1 , . . . , ik } ∈ {1, . . . , n}k . On dit que f admet une dérivée partielle
d’ordre k au point a ∈ IRn par rapport aux variables xi1 , . . . , xik si et seulement si
! ! !
∂f ∂ ∂f ∂ ∂f ∂f
• , ,..., ··· · · · existent dans un voisinage de a
∂xi1 ∂xi2 ∂xi1 ∂xik−1 ∂xik−2 ∂xi1
! ! !
∂f ∂ ∂f ∂ ∂f ∂f
• , ,..., ··· · · · (a) existe
∂xi1 ∂xi2 ∂xi1 ∂xik ∂xik−1 ∂xi1
∂kf
On note cette dérivée (a).
∂xik . . . ∂xi1

Définition On dit que f est de classe C k sur E si et seulement si toutes les dérivées
partielles de f jusqu’à l’ordre k existent et sont continues sur E.

∂2f ∂2f
Théorème de Schwarz Si f est de classe C 1 sur E, si et existent sur E
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi
∂2f ∂2f
et sont continues en a, alors (a) = (a).
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi
On en déduit que, pour f de classe C k , l’ordre de dérivation dans le calcul des dérivées
partielles n’a pas d’importance.

2.4 Formule de Taylor à l’ordre 2


Soit une fonction f de IRn vers IR, de classe C 2 . Soit a = (a1 , . . . , an ). On a alors pour tout
incrément h = (h1 , . . . , hn ):
n n X n
∂f 1X ∂2f
(a) + o(khk2 )
X
f (a + h) = f (a) + hi (a) + hi hj
i=1 ∂xi 2 i=1 i=1 ∂xi ∂xj

6
Dans le cas d’une fonction de deux variables, cette formule devient :
∂f ∂f
f (x + h, y + k) = f (x, y) + h (x, y) + k (x, y)
∂x ∂y

h2 ∂ 2 f ∂2f k2 ∂ 2f
+ (x, y) + hk (x, y) + (x, y) + o(kh, kk2 )
2 ∂x2 ∂x∂y 2 ∂y 2

On peut aussi l’exprimer sous la forme suivante : il existe θ ∈]0, 1[ tel que
∂f ∂f
f (x + h, y + k) = f (x, y) + h (x, y) + k (x, y)
∂x ∂y

h2 ∂ 2 f ∂2f k2 ∂ 2f
+ (x + θh, y + θk) + hk (x + θh, y + θk) + (x + θh, y + θk)
2 ∂x2 ∂x∂y 2 ∂y 2

3 Optimisation d’une fonction de plusieurs variables


3.1 Extrema des fonctions de IRn vers IR
Soit une fonction f de E ⊂ IRn vers IR.

Définitions
• f admet un minimum local en a si et seulement si il existe un voisinage V de a tel
que ∀x ∈ V , f (x) ≥ f (a).

• f admet un minimum global en a si et seulement si ∀x ∈ E, f (x) ≥ f (a).

• f admet un minimum strict (local ou global) en a si et seulement si on peut


remplacer les inégalités larges par des inégalités strictes dans les définitions précédentes.

• De même pour définir un maximum, strict ou non, local ou global.

• Extremum : minimum ou maximum

Définition On dit que a ∈ E est un point critique si et seulement si les dérivées partielles
premières de f en a existent et sont nulles (c’est à dire ∇f (a) = 0).

Théorème On suppose que les dérivées partielles de f existent en un point a n’appartenant


pas au bord de E. Une condition nécessaire pour que f admette un extremum en a est
que ∇f (a) = 0.

Théorème Si E est un domaine fermé et borné, et si f est continue sur E, alors f admet
un minimum et un maximum globaux sur E.

Théorème Les extrema d’une fonction C 1 sur un domaine fermé et borné sont soit des
points critiques, soit des points du bord de E.

7
3.2 Optimisation des fonctions de IR2 vers IR
Soit une fonction f de E ⊂ IR2 vers IR de classe C 2 au voisinage d’un point critique (x0 , y0 ).
On pose (notations de Monge) :
∂2f ∂2f ∂2f
r= (x0 , y0 ) s= (x0 , y0 ) t= (x0 , y0 )
∂x2 ∂x∂y ∂y 2
• Si s2 − rt < 0 et r < 0 : f admet un maximum local strict en (x0 , y0 )
• Si s2 − rt < 0 et r > 0 : f admet un minimum local strict en (x0 , y0 )
• Si s2 − rt > 0 : f a un point-selle (ni min, ni max) en (x0 , y0 )
• Si s2 −rt = 0 : on ne peut pas donner de conclusion générale. Il faut étudier localement
le comportement de f au voisinage de (x0 , y0 ).

3.3 Méthode d’approximation des moindres carrés


Une question fréquemment rencontrée est celui de la modélisation du lien existant entre deux
variables X et Y . On dispose en pratique d’un ćhantillon de n mesures {(x1 , y1 ), . . . , (xn , yn )}
de ces deux variables. Si le nuage des points (xi , yi ) semble suivre un certain ordre, on peut
K
X
essayer de modéliser la relation entre X et Y sous la forme Y = ak fk (X) + , où les fk
k=1
sont des fonctions élémentaires (xα , ln x, exp x, sin x, cos x, . . . ) et où  est l’erreur entre le
modèle et la réalité. On dit alors qu’“on explique Y par X”, ou encore que Y est la variable
expliquée et X la variable explicative.

K
X
A partir des n relations yi = ak fk (xi ) + i , i = 1, . . . , n, on peut définir une “erreur
k=1
globale” entre le modèle et la réalité:
n n
2i = [yi − a1 f1 (xi ) − · · · − aK fK (xi )]2
X X
E(a1 , . . . , aK ) =
i=1 i=1

La méthode des moindres carrés consiste alors à déterminer les ak qui minimisent cette
erreur. Il suffit pour cela de résoudre le système linéaire de K équations à K inconnues
 n
∂E X
(a1 , . . . , aK ) = −2 f1 (xi ) [yi − a1 f1 (xi ) − · · · − aK fK (xi )] = 0



∂a1


i=1


..

 .
n
∂E


 X
(a , . . . , a ) = −2 fK (xi ) [yi − a1 f1 (xi ) − · · · − aK fK (xi )] = 0

1 K



∂aK i=1

c’est à dire
 n n n n
2
X X X X
a f (x ) + a f (x )f (x ) + · · · + a f1 (xi )fK (xi ) = yi f1 (xi )




 1 1 i 2 1 i 2 i K
i=1 i=1 i=1 i=1


..

 .

 n n n n
2
 X X X X
a f (x )f (x ) + a f (x )f (x ) + · · · + a f (x ) = yi fK (xi )

 1 K i 1 i 2 K i 2 i K i

 K
i=1 i=1 i=1 i=1

8
Lorsque ces valeurs optimales â1 , . . . , âK sont déterminées, l’erreur
v globale E(â1 , . . . , âK )
s
n
1 u1 X
u
est appelée erreur résiduelle, et la valeur E(â1 , . . . , âK ) = t 2 est appelée écart-
n n i=1 i
type résiduel.

K
X L
X
Si l’on souhaite comparer deux modèles de régression Y = ak fk (X) et Y = bl gl (X),
k=1 l=1
on comparera en général leurs écarts-types résiduels.

Cas particulier: la régression linéaire

La relation pressentie entre X et Y est de la forme Y = a X + b.

On détermine â et b̂ en minimisant l’erreur globale E(a, b) = 2i = (yi − a xi − b)2 .


P P

On veut  n
∂E X
−2 xi (yi − â xi − b̂) = 0



 ∂a
 (â, b̂) =
i=1
n
∂E X
− (yi − â xi − b̂) = 0



 ∂b
 (â, b̂) =
i=1
n n
 !
 X X



 xi â + n b̂ = yi
i=1 i=1
soit : n
! n
! n
x2i
 X X X



 â + xi b̂ = xi yi
i=1 i=1 i=1
D’où n
1 X
xi yi − x̄ȳ
n i=1
â = n et b̂ = ȳ − â x̄
1 X
(xi − x̄)2
n i=1
On remarque que cette droite de régression passe par le centre d’inertie (x̄, ȳ) du nuage de
points.

4 Intégrales multiples
4.1 Quelques propriétés
La notion de fonction intégrable pour les fonctions de plusieurs variables est une généralisation
directe de la même notion pour les fonctions d’une seule variable.
n
Pour
Z Zf fonction de IR vers IR intégrable, son intégrale Z sur un domaine D est notée
. . . f (x1 , . . . , xn ) dx1 . . . dxn , ou encore en abrégé f (x) dx.
D D
Soient f et g des fonctions de IRn vers IR intégrables sur un domaine D de IRn . On a les
propriétés suivantes :

9
Z Z Z Z Z
• (f + g) = f+ g et λf = λ f ∀λ ∈ IR (linéarité)
D D D D D
Z Z Z
• Si f ≥ 0 sur D alors f ≥ 0. On en déduit que, si f ≥ g sur D, alors f≥ g.
D D D
Z Z
• Si f est intégrable sur D alors |f | l’est aussi, et |f | ≥ f.
D D
Z
• Si f ≥ 0 sur D, si f est continue sur D, et si f = 0, alors f = 0 sur D.
D
Z 2 Z  Z 
2 2
• fg ≤ f g (Inégalité de Schwarz)
D D D
Z Z Z
On a aussi la relation de Chasles : f= f+ f pour des domaines D1 et D2
D1 ∪D2 D1 D2
dont l’intersection est de mesure nulle (c’est à dire de surface nulle en dimension 2, ou de
volume nul en dimension 3).

Changement de variables Soit Φ un changement de variable bijectif de classe C 1 :


Φ(y1 , . . . , yn ) = (x1 , . . . , xn ). Alors
Z Z
f (x) dx = f (Φ(y)) |detJΦ | dy
D Φ−1 (D)

où JΦ est la matrice jacobienne de Φ (matrice formée des ∂xi /∂yj ).

4.2 Calcul d’une intégrale double


Soit f de IR2 vers IR intégrable sur un domaine D :

• Si D = [a, b] × [c, d], on peut intégrer indifféremment


! par rapport à x! puis à y, ou
Z Z b Z d Z d Z b
l’inverse : f (x, y) dx dy = f (x, y) dy dx = f (x, y) dx dy
D a c c a
Cas particulier : ! !
Z Z b Z d
si f (x, y) = g(x) h(y), alors f (x, y) dx dy = g(x) dx h(y) dy
D a c

• Si D = {(x, y) / a ≤ x ≤ b et ϕ1 (x) ≤ y ≤ ϕ!2 (x)}, où ϕ1 et ϕ2 sont continues sur


Z Z b Z ϕ2 (x)
[a, b] : f (x, y) dx dy = f (x, y) dy dx (théorème de Fubini, sommation
D a ϕ1 (x)
par tranches)

• Si D = {(x, y) / ψ1 (y) ≤ x ≤ ψ2 (y) et c ≤ y !≤ d}, où ψ1 et ψ2 sont continues sur


Z Z d Z ψ2 (y)
[c, d] : f (x, y) dx dy = f (x, y) dx dy (théorème de Fubini, sommation
D c ψ1 (y)
par tranches)

Coordonnées polaires Si Φ est le changement de variables (r, θ) → (x, y) = (r cos θ, r sin θ),
on a : |detJΦ | = r

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4.3 Calcul d’une intégrale triple
Les principes vus dans le cas d’une intégrale double (ordre d’intégration, théorème de Fubini)
s’étendent naturellement au cas des intégrales triples.

Coordonnées cylindriques Si Φ est le changement de variables (r, θ, z) → (x, y, z) =


(r cos θ, r sin θ, z), on a : |detJΦ | = r

Coordonnées sphériques Si Φ est le changement de variables (r, θ, ϕ) → (x, y, z) =


(r cos θ sin ϕ, r sin θ sin ϕ, r cos ϕ), on a : |detJΦ | = r2 sin ϕ

5 Opérateurs aux dérivées partielles


Beaucoup de phénomènes physiques peuvent être traduits par des équations aux dérivées
partielles, dans lesquelles apparaissent quelques opérateurs usuels.

5.1 Opérateurs usuels


Gradient Soit une fonction f de IRn vers 1
! IR de classe C . On a déjà défini le gradient
∂f ∂f
de f au point a : (a), . . . , (a) , noté gradf (a) ou ∇f (a).
∂x1 ∂xn
En tout point a, ∇f (a) est orthogonal à la ligne de niveau f (a).

Divergence Soit une fonction f de IRn vers IRn (on dit aussi “champ de vecteurs”) de
classe C 1 . On note f (x1 , . . . , xn ) = (f1 (x1 , . . . , xn ), . . . , fn (x1 , . . . , xn )). On appelle diver-
gence de f la fonction de IRn vers IR définie par
∂f1 ∂fn
div f = + ··· +
∂x1 ∂xn
Cet opérateur caractérise la convergence ou la divergence ponctuelle d’un champ de vecteurs.

Laplacien Soit une fonction f de IRn vers IR de classe C 2 . On appelle laplacien de f la


fonction de IRn vers IR, notée ∆f ou ∇2 f , définie par

∂2f ∂2f
∆f = + · · · +
∂x21 ∂x2n

On a : ∆f = div (∇f ).
Les fonctions f vérifiant ∆f = 0 sont appelées fonctions harmoniques. Elles interviennent
notamment dans la résolution de l’équation des ondes et de l’équation de la chaleur (voir
plus loin).

On peut aussi étendre la définition du laplacien à des champs de vecteurs: soit f de IRn
vers IRp de classe C 2 : f (x1 , . . . , xn ) = (f1 (x1 , . . . , xn ), . . . , fp (x1 , . . . , xn )). On définit alors
∆f = (∆f1 , . . . , ∆fp ).

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Rotationnel Soit f de IR3 vers IR3 de classe C 1 : f (x, y, z) = (f1 (x, y, z), f2 (x, y, z), f3 (x, y, z)).
On appelle rotationnel de f la fonction de IR3 vers IR3 , notée Rot f et définie par :
!
∂f3 ∂f2 ∂f1 ∂f3 ∂f2 ∂f1
rot f = − , − , −
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y

Cette quantité caractérise le mouvement de rotation du champ de vecteurs f autour de


chaque axe. On note aussi : rot f = ∇ ∧ f
Par abus de langage, on parle aussi parfois du rotationnel d’un champ de vecteurs f de IR2
∂f2 ∂f1
vers IR2 , en le définissant comme la fonction de IR2 vers IR : rot f = −
∂x ∂y

Equations aux dérivées partielles usuelles La plupart des phénomènes physiques peu-
vent être décrits, tout au moins de façon simplifiée, par des équations aux dérivées par-
tielles (EDP) qui traduisent en général des principes tels que conservation de la masse,
de la chaleur, de la quantité de mouvement. . . Les opérateurs précédents interviennent très
souvent dans ces EDP. Par exemple :
∂f
• équation de la chaleur : (x, t) = div (ν(x) grad f ) (x, t) où f est la température et
∂t
∂f
ν la diffusivité thermique. Cette équation devient (x, t) = ν ∆f (x, t) si ν est constante.
∂t
2
∂ f
• équation des ondes : 2
(x, t) = c2 ∆f (x, t) où c est la célérité des ondes.
∂t

5.2 Quelques propriétés


Linéarité Gradient, divergence, laplacien et rotationnel sont des opérateurs linéaires. On
a donc T (f + g) = T (f ) + T (g) et T (λf ) = λT (f ), où T représente n’importe lequel
de ces opérateurs.

Composition d’opérateurs Pour les propriétés qui suivent, f et g sont des fonctions de
IRn vers IR, et u est un champs de vecteurs de IRn vers IRn . Ces fonctions seront de
classe C 1 ou C 2 suivant le contexte, et on supposera n = 3 lorsqu’on fera intervenir le
rotationnel. On a alors :
grad (f g) = f grad g + g grad f
div (f u) = f div u + grad f .u
rot (f u) = f rot u − u ∧ grad f
div (rot u) = 0
rot (grad f ) = 0
rot (rot u) = grad (div u) − ∆u

Expressions en coordonnées polaires


On note (O, i, j) le repère orthonormé cartésien de IR2 . Pour un point M de co-
ordonnées cartésiennes (x, y) et de coordonnées polaires (r, θ), on définit le vecteur

unitaire ur = cos θ i + sin θ j, c’est à dire OM = rur . Soit uθ le vecteur unitaire qui lui

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est directement orthogonal : uθ = − sin θ i + cos θ j.

• Soit f de IR2 vers IR de classe C 1 . On note g son expression en coordonnées polaires :


f (x, y) = g(r, θ). On a alors :

∂f ∂f ∂g 1 ∂g
∇f = i+ j= ur + uθ
∂x ∂y ∂r r ∂θ

• Soit f de IR2 vers IR de classe C 2 . On note g son expression en coordonnées polaires :


f (x, y) = g(r, θ). On a alors :

∂2f ∂2f ∂ 2 g 1 ∂g 1 ∂2g


∆f = + = + +
∂x2 ∂y 2 ∂r2 r ∂r r2 ∂θ2

• Soit f un champ de vecteurs de IR2 vers IR2 de classe C 1 . On note f (M ) =


f1 (x, y) i + f2 (x, y) j = g1 (r, θ) ur + g2 (r, θ) uθ . Alors :

∂g1 1 1 ∂g2
div f = + g1 +
∂r r r ∂θ

Expressions en coordonnées cylindriques


Les expressions du laplacien et de la divergence se déduisent des expressions en co-
ordonnées polaires. Soit f de IR3 vers IR. On note g son expression en coordonnées
cylindriques : f (x, y, z) = g(r, θ, z). On a alors :

∂f ∂f ∂f ∂g 1 ∂g ∂g
∇f = i+ j+ k= ur + uθ + k
∂x ∂y ∂y ∂r r ∂θ ∂z

∂2f ∂2f ∂2f ∂ 2 g 1 ∂g 1 ∂2g ∂2g


∆f = + + = + + +
∂x2 ∂y 2 ∂z 2 ∂r2 r ∂r r2 ∂θ2 ∂z 2
Soit maintenant f de IR3 vers IR3 de classe C 1 . On note (O, i, j, k) le repère orthonormé
cartésien de IR3 . Pour un point M de coordonnées cartésiennes (x, y, z) et de coor-
données cylindriques (r, θ, z), on note f (M ) = f1 (x, y, z) i+f2 (x, y, z) j+f3 (x, y, z) k =
g1 (r, θ, z) ur + g2 (r, θ, z) uθ + g3 (r, θ, z) k. Alors :

∂g1 1 1 ∂g2 ∂g3


div f = + g1 + +
∂r r r ∂θ ∂z
! ! !
∂g2 1 ∂g3 ∂g1 ∂g3 1 ∂(rg2 ) 1 ∂g1
rot f = − + ur + − uθ + − k
∂z r ∂θ ∂z ∂r r ∂r r ∂θ

5.3 Formules de Green


Soit D ⊂ IRn le domaine d’intégration. On note Γ le bord de D, et n le vecteur unitaire
normal à Γ, orienté vers l’extérieur de D. On suppose ici que Γ est de forme “régulière”
(c.a.d. suffisamment lisse). On note ei le i-ème vecteur de la base canonique (correspondant
à l’axe des xi ). On a alors :

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• Pour f de IRn vers IR de classe C 1 :
Z
∂f Z
= f ei .n
D ∂xi Γ

• On en déduit pour g un champ de vecteurs de IRn vers IRn de classe C 1 :


Z Z
div g = g.n
D Γ

• On en déduit, si g est un gradient (g = grad f avec f de IRn vers IR de classe C 1 ) :


Z Z
∆f = grad f .n
D Γ

Z Z
• Dans le cas particulier de la dimension 2, la relation div g = g.n peut s’écrire
D Γ
souvent sous la forme de la formule de Green-Riemann :
!
Z Z
∂Q ∂P
[P (x, y) dx + Q(x, y) dy] = − dx dy
Γ D ∂x ∂y

où P et Q sont de classe C 1 .

Bibliographie
[1] J. Lelong-Ferrand et J.-M. Arnaudiès : Cours de mathématiques - Tome 4 (chapitres 4
et 5), Dunod.
[2] J.-M. Monier : Analyse MP, Dunod, 2004.
[3] W. Rudin et G. Auliac : Principes d’analyse mathématique, Ediscience 1995.

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