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Leçon D Économie TSECO

Le document présente des instruments d'analyse statistique essentiels pour comprendre les données économiques, tels que le coefficient multiplicateur, les indices simples et les taux d'accroissement. Il aborde également l'interprétation des unités et la technique de dissertation économique avec des documents. Enfin, il définit la croissance économique et son lien avec le développement durable, tout en soulignant l'importance de la mesure de la croissance.

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Leçon D Économie TSECO

Le document présente des instruments d'analyse statistique essentiels pour comprendre les données économiques, tels que le coefficient multiplicateur, les indices simples et les taux d'accroissement. Il aborde également l'interprétation des unités et la technique de dissertation économique avec des documents. Enfin, il définit la croissance économique et son lien avec le développement durable, tout en soulignant l'importance de la mesure de la croissance.

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Mouhamed B DIARRA-Macroéconomiste du développement– COURS TS ÉCO 2016-2017

RAPPELS

CHAPITRE I : LES INTRUMENTS D’ANALYSE STATISTIQUE

Les instruments d’analyse statistique sont au nombre de 4 : les indices simples, les taux
d’accroissement, le coefficient multiplicateur et la part.

L’analyse de ces instruments permet de comprendre le langage des chiffres d’où une allusion à
leurs interprétations ou à leurs significations.

I-LE COEFFICIENT MULTIPLICATEUR (m)

Il exprime le nombre de fois par lequel une grandeur est multipliée sur une période donnée

m= ;m= ou encore m =

N.B. : Si m 1, cela signifie qu’il y a une diminution de la grandeur ; si m 1, cela signifie une
augmentation de la grandeur ; si m = 1 alors il y a une stabilité de la grandeur.

II-LES INDICES SIMPLES

Ils permettent d’interpréter l’évolution d’une grandeur. Ils sont obtenus à partir du rapport entre 2
valeurs d’une même grandeur. Les indices simples sont calculés en fonction de l’année de référence ou
l’année de base.

Par convention on affecte toujours l’indice 100 à l’année de base


1
It1/t0 = alors I =

N.B. : Le choix de l’année de base se fait de 5 façons : le début de la période, la fin de la période,
l’année médiane, l’année précédente et l’année suivante.

REMARQUES

Bien qu’il soit multiplié par 100, l’indice n’est pas exprimé en %. Il retrace une évolution mais ne
donne ni le volume ni le niveau ; autrement dit à partir des seuls indices, on ne peut pas apprécier
l’importance d’une grandeur par rapport à une autre.

En ce qui concerne l’année de base, les 3 premiers choix demeurent fixes alors que les 2 derniers
varient chaque année.

III-LES TAUX D’ACCROISSEMENT

On les appelle encore taux de croissance ou taux de variation. Il y a lieu de distinguer absolument 2
taux d’accroissements véritablement différents.

1-Le taux d’accroissement global (TAG ou T)

Il enregistre une évolution entre 2 périodes de référence. TAG =

2-Le taux d’accroissement annuel moyen (TAAM ou T’)

1
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Exprimé en %, il enregistre une évolution fictive (imaginaire) entre 2 périodes de référence fictive
car les taux effectivement constatés sont différents des taux annuels moyens obtenus :

TAM = ( -1) x100 ou encore TAAM = ( -1) x100

m= ; mg = m1 x m2x…… x mi et n = nombre d’années sur la période

Pour trouver une population à travers un TAAM, on utilise : P1 = P0 * m avec m =

Calcul d’un TAG ou d’un TAAM à partir d’un tableau en TAG :

Années 1980-1990 1990-2000 2000-2010 2010-2013


Grandeur en % m1 = +1 m2 = +1 m3 = +1 m4 = +1

mg = m1 x m2x…… x mi et n = nombre d’années sur la période

Calcul d’un TAG ou d’un TAAM à partir d’un tableau en TAAM :

Années 1980-1990 1990-2000 2000-2010 2010-2013


Grandeur en % m1=( m2=( m3=( m4=(
m1=( m2=( m3=( m4=(

mg = m1 x m2x…… x mi et n = nombre d’années sur la période

Lorsque les années se répètent (exemple 1990-1990) on fait + 1an à la première sous période
2
uniquement ; si et seulement si les années se répètent.

REMARQUES

a-On ne peut compenser une baisse par une hausse équivalente.

b-On ne peut ni additionner ni soustraire les taux d’accroissement. On ne peut que les multiplier ou
les divisés entre eux. Pour cela il faut au préalable les transformer en coefficient multiplicateur.

c-On utilise une formule (issue de la 1ère) pour calculer le TAG si les chiffres au départ sont
exprimés en %. Le taux d’accroissements TAG = (mg - 1) x 100.

d-Quand un taux d’accroissement diminue mais en restant positif, il y a ralentissement de la


grandeur si elle continue d’augmenter mais faiblement. Si le taux ne cesse d’augmenter, il y a
accélération.

Il y a diminution si et seulement si le taux d’accroissement est négatif sur une période.

e-Le TAAM se calcule toujours à partir des coefficients multiplicateurs (mg). Pour obtenir le
résultat on procède à l’extraction de la racine nième ou énième à partir d’une calculatrice à double
fonction comme ci-dessous :

Introduire dans la machine la valeur n (ou le nombre d’année) ; appuyer sur la touche 2nde fonction,
INV ou shift selon les machines ; appuyer sur la touche y (puissance) ou x (radical) ; introduire dans la
machine le nombre à extraire (ou valeur sous radical) ; appuyer sur =.

2
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IV-LA PART

Elle mesure l’importance ou le poids d’une grandeur dans un ensemble donné.

P= ; la somme des parts est toujours égale à 100%.

V-INTERPRÉTATION DES UNITÉS

Interpréter une unité revient à donner sa signification dans une phrase à travers un chiffre. Dans
cette phrase n’apparaît plus le nom de l’unité. Cela permet de comprendre tout le contenu d’un tableau
statistique.

Pour interpréter l’indice, on le transforme tout d’abord en TAG ou en coefficient multiplicateur (m)
par rapport à l’année de base. On fait ensuite une phrase avec l’une de ces valeurs ainsi calculées.

S’agissant du TAAM, il s’interprète de la manière suivante « de telle année à telle année, la


grandeur a augmenté ou diminué de X% en moyenne chaque année ».

La part s’interprète en fonction de sa formule et commence toujours par 100 (l’ensemble) et se


termine par le chiffre à interpréter (sous ensemble).

CHAPITRE II : RECONNAISSANCE ET INTERPRÉTATION DES UNITÉS

Nous distinguons plusieurs unités telles que les indices, le % du taux d’accroissement, le % de la
part, le million d’habitants, le milliard d’€. Parmi toutes ces unités seules les 1ères nécessitent
généralement une interprétation. 3
I-RECONNAISSANCE DES UNITÉS

Dans un tableau statistique, l’unité se reconnait à travers le titre qui l’accompagne et se trouve
souvent dans les parenthèses ou à l’intérieur du tableau.

-pour le cas spécifique de l’indice, l’unité est déterminée à partir de l’année de base qui est donnée
dans le tableau ;

-pour la part désignée le plus souvent par la proportion, la colonne ou la ligne du tableau donnant un
total de 100% permet d’identifier cette unité. En ce qui concerne le TAAM, on le désigne dans le titre
du tableau statistique par l’expression variation annuelle moyenne ou en % par an.

II-INTERPRÉTATION DES UNITÉS

Interpréter une unité revient à donner sa signification dans une phrase à travers un chiffre. Dans
cette phrase n’apparaît plus le nom de l’unité. Cela permet de comprendre tout le contenu d’un tableau
statistique.

Pour interpréter l’indice, on le transforme tout d’abord en TAG ou en coefficient multiplicateur (m)
par rapport à l’année de base. On fait ensuite une phrase avec l’une de ces valeurs ainsi calculées.

S’agissant du TAAM, il s’interprète de la manière suivante « de telle année à telle année, la


grandeur a augmenté ou diminué de X% en moyenne chaque année ».

La part s’interprète en fonction de sa formule et commence toujours par 100 (l’ensemble) et se


termine par le chiffre à interpréter (sous ensemble).

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CHAPITRE III : ANALYS E DES DIFFÉRENTS TYPES DE DOCUMENTS

Plusieurs types de documents accompagnent les sujets de dissertation économique dont notamment
les textes, les tableaux statistiques et les graphismes. Chacun de ces documents renferme des
informations nécessaires à la compréhension du sujet de dissertation.

Leur analyse consiste donc à tirer le contenu essentiel selon une technique qui diffère en fonction
de la nature du document.

I-ANALYSE D’UN TEXTE

Elle se fait de deux façons :

1. On note les mots clés ou importants du texte à partir desquels on essaie de construire des phrases
cohérentes.

2. On note plusieurs idées du texte et on essaie de tirer l’idée maitresse.

N.B. : Les expressions ou mots importants du texte peuvent aussi être retenus comme idée.

II-ANALYSE D’UN TABLEAU STATISTIQUE

Devant un tableau statistique, on doit se poser 3 questions :

1. Quel est le titre ?

2. Quelle est l’unité utilisée ? 4


3. Par où commencer l’étude des nombres dans le tableau ?

•Si le titre existe, il facilite la compréhension et guide dans l’analyse. S’il n’existe pas, il faut en
trouver à partir des informations marginales c’est-à-dire celles qui sont contenues dans les lignes et
colonnes du tableau.

•L’unité est soit explicitement ou implicitement donnée (confère ; reconnaissance et interprétation


des unités).

i. On décrit en partant du général au particulier. L’idée générale est contenue dans la


ligne ensemble (ou moyenne) ou la colonne totale. Le cas particulier concerne le
détail du plus petit au plus grand chiffre.
ii. On explique ce qu’on a décrit auparavant.
iii. On oppose les cas extrêmes.

III-ANALYSE D’UN GRAPHIQUE

Elle est identique à celle d’un tableau statistique.

4
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CHAPITRE IV : TECHNIQUE DE DISSERTATION ECONOMIQUE AVEC DOCUMENTS

Elle comporte 2 phases : la phase d’élaboration du sujet ou phase préliminaire et la phase de la


rédaction.

La 1ère phase consiste à rassembler et ordonner les idées à partir des documents qui accompagnent
le sujet. Cette phase se fait entièrement sur un brouillon.

La 2nde phase permet de rédiger les 3 éléments fondamentaux d’une dissertation (introduction,
développement et conclusion) à partir des idées préalablement sélectionnées.

Cette technique se résume en quelques points ainsi qu’ils suivent :

1. Lire plusieurs fois le sujet afin de cerner, définir le contenu ; bref le comprendre (au moins 5
minutes).
2. Dégager les principales parties du sujet en leur donnant des titres provisoires à chacune d’elles.
3. Prendre connaissance des documents qui accompagnent le sujet. Il s’agit de s’imprégner
brièvement du contenu de chacun des documents.
4. Analyser un à un les documents qui accompagnent le sujet. Cela doit se faire dans un tableau
comme suit :

N° du document Titre du document Contenu Place dans le Connaissances personnelles


essentiel sujet

1. Regrouper les documents ainsi analysés, pour cela il faut se référer à la 4ème colonne du tableau
5
d’analyse des documents. Ce regroupement permet de se faire une idée sur les différentes sous
parties et paragraphes du plan.
2. Etablir le plan détaillé. Cela revient à éclater les deux principales parties du sujet en sous parties
et paragraphes (au nombre de 3 au maximum chacun).
3. Rédiger l’introduction et la conclusion en respectant leurs rôles.
4. Rédiger le développement à partir du plan détaillé.

N.B. : Les points 1 à 6 constituent la phase d’élaboration du sujet et se font sur brouillon. Les points 7
et 8 concernent la phase de rédaction.

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UNITÉ D’APPRENTISSAGE 1

CHAPITRE I : LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE ET LE DÉVELOPPEMENT

I-DEFINITION ET MESURE DE LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE

Définition

1-La croissance économique

Selon François PERROUX, la croissance économique est l’augmentation soutenue pendant une
ou plusieurs longues périodes d’un indicateur de dimensions pour une nation, le produit global net en
termes réels. Autrement dit la croissance économique est l’augmentation soutenue sur le long terme de
la production d’un pays.

Le terme croissance économique revêt un aspect quantitatif.

2-Le développement économique et développement durable ?

Selon François PERROUX, le développement économique est la combinaison des changements


mentaux, économiques, sociaux d’une population qui la rend apte à faire accroître cumulativement et
durablement son produit réel global. En d’autres termes, le développement économique est l’ensemble
des transformations économiques, sociales, démographiques et culturelles qui accompagnent la
croissance économique.

Le développement économique revêt un aspect qualitatif.


6
La croissance et le développement économique sont deux phénomènes liés. Ils sont à la fois cause
et conséquence l’un pour l’autre.

En effet il peut y avoir croissance sans qu’elle s’accompagne d’un développement (comme c’est le
cas au Mali qui a certes connu une croissance économique mais n’est pourtant pas un pays développé.
Il ne peut jamais y avoir développement économique sans qu’il y ait au préalable une croissance
économique.

Le développement durable est une forme de développement économique ayant pour objectif
principal de concilier le progrès économique et social avec la préservation de l'environnement, ce
dernier étant considéré comme un patrimoine devant être transmis aux générations futures.
La Commission Mondiale pour l'Environnement et le Développement de l'ONU (WCED), dite
"Commission Brundtland" en a donné en 1987 la définition suivante :

"Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans
compromettre la possibilité, pour les générations à venir, de pouvoir répondre à leurs propres besoins."

3-L’expansion économique

Elle se définit comme étant la phase ascendante du cycle économique caractérisé par
l’augmentation du volume de la production et de la demande pendant une courte ou moyenne période.
Elle se définit également comme une croissance économique à court termes.
4-Les progrès économiques

Il y a progrès économique que si on note une amélioration du niveau de quelque chose ou


lorsqu’une collectivité se rapproche des objectifs qu’elle s’est fixée.

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La mesure de la croissance économique

Pour mesurer la croissance économique, on retient les indicateurs suivants : le PIB ou PNB évalué
à prix constant. Dans le cadre de leur évaluation, on rencontre les problèmes suivants : le choix d’une
unité monétaire, du taux de change.

L’unité monétaire est soumise aux variations des prix alors que le taux de change est soumis aux
fluctuations de la demande de monnaie.

Lorsqu’on rapporte les agrégats au nombre d’habitants, cela donne une indication plus juste de la
richesse réelle d’un pays mais ce n’est qu’une moyenne qui ne tient pas compte de la répartition réelle
des richesses. Par ailleurs dans l’utilisation du PIB comme indicateur de croissance, un certain nombre
d’habitants aussi important n’est pas pris en compte pour suivre l’évolution réelle du bien-être de la
population. Il s’agit en premier lieu de l’économie souterraine (économie invisible et secteurs
informels) qui se définit comme l’ensemble des activités qui sont dissimulées, ignorées de la
comptabilité nationale. Ces activités non déclarées sont faites pour échapper aux impôts.

Elles représentent pour certains pays un élément important de l’activité économique : 8% du PNB
en G.B, 10% en Suède, 20% en Italie ; elles emploient 78,6% de la population active du Mali, 75%
en Mauritanie, 74,9% en Guinée, 70% au Burkina.

Il se pose également le problème des désutilités. En effet un certain nombre de phénomènes dont
l’influence est considérable sur le bien être des individus ne sont pas pris en compte.

Il s’agit spécialement :
7
• des procédés de fabrication (dont l’utilisation s’accompagne de nombreux gaspillage sur la nature)

• des problèmes de déchets industriels

• des problèmes de pollution et de dégradation des conditions de vie

Tous ces éléments négatifs sont appelés les « déséconomies externes » ou de « externalités
négatives » qui entrainent des coûts pour la société. La prise en compte de ces coûts se traduit par une
diminution du PIB ou du moins de l’existence d’effet négatif fait que l’augmentation du PIB peut
s’accompagner d’une baisse du bien-être de l’individu.

Le fait qu’une augmentation du PIN n’entraine pas obligatoirement celle du bien-être social à
pousser certains tel que le club de Rome à remettre en cause la croissance économique ou même à
préconiser la croissance zéro (qui n’est pas suivie d’une dégradation de l’environnement).

Faut-il effectivement remettre en cause la croissance économique ? Ne faut-il pas rechercher un


nouveau type de croissance économique qui serait mesuré par de nouveaux indicateurs (sociaux)
qui prennent en compte les phénomènes quantitatifs et qualitatifs ?

Ces recherches ont conduit le PNUD à découvrir l’IDH (indice de développement humain) en
1990. L’IDH est composé de 3 éléments considérés comme essentiels pour le développement humain,
il s’agit de la longévité, du savoir et du niveau de vie.

L’IDH n’a pas la prétention de refléter tous les aspects de l’espérance humaine mais vise à donner
un moyen d’évaluer les propres accomplissements dans les domaines jugés prioritaires ainsi qu’à
permettre des comparaisons entre pays.

7
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Chaque variable ressort une note de 0 à 1. Le mode de calcul de l’IDH se fait de la façon suivante :
pour chaque pays on fait la moyenne des 3 variables spécifiques, la valeur 0 pour l’une ou l’autre de
ces variables qui composent l’IDH correspond à la valeur minimale (observée au cours des 30 années
précédentes) et maximale (30 ans suivant). Aucun pays n’atteint donc ces valeurs maximales.

L’indice de longévité : La variable en est l’espérance de vie à la naissance, la valeur minimale est 25
ans et la valeur maximale 85 ans. On attribue à la valeur minimale la note 0 et à la valeur maximale la
note 1.

En réalité ces notes vont de 0,885 en Islande à 0,290 en Sierra Leone. Pour la France, l’espérance
de vie moyenne étant de 76,6 ans, le calcul de la note attribuée à la longévité se fait de la façon
suivante : = 0,860

L’indice du savoir : Il est calculé à partir de deux variables : le taux d’alphabétisation des adultes
(comptant sur ) et le nombre moyen d’années d’études ( ). Les valeurs extrêmes sont 0% et 100%
pour le taux d’alphabétisation, les valeurs extrêmes sont 0,99 (pays les plus industrialisés) et 0,19
(Djibouti).

Pour le nombre moyen d’études : 0,83 (E.U) et 0,01 (Niger et B.F). Pour la France, le taux
d’alphabétisation est de 0,99 ; le nombre moyen d’années d’études est de 12 ans. La note attribuée à
l’indice du savoir : taux d’alphabétisation = = 0,990 ; le nombre d’années d’études = =
0,800. La note attribuée au savoir = (0,990* ) + (0,800* ) = 0,926.

L’indice du niveau de vie : Il est calculé à partir du PIB réel par habitant exprimé en $, lui-même 8
calculé pour égaliser les pertes de pouvoir d’achat (PPA). Les valeurs minimales et maximales sont
200$ et 5385$.

Pour la France, à partir d’un PIB ajusté de 5349$, la note attribuée à l’indice du niveau de vie est :
= = 0,993.

En définitive l’IDH de Panama est le suivant : = 0,927.

Ainsi le classement des pays suivant l’IDH se fait de la façon suivante :

-0,800 IDH 1 : Pays à développement humain élevé ;

-0,500 IDH 0,799: Pays à développement humain moyen ;

-0 IDH 0,500 : Pays à développement humain faible.

En 1994, l’IDH a été calculé pour 173 pays répartis le long d’une échelle.

Bien que nettement supérieur aux autres indicateurs (PIB, PNB), l’IDH fait l’objet de critique :
Certains pays classés dans les économies à faible revenus ont un IDH nettement supérieur, ce qui
traduit une mobilisation des ressources en direction des besoins d’éducation et de santé (coût de
l’homme). C’est le cas de la Chine, l’Indonésie, la Colombie, le Cuba, le Viet Nam.

D’autres pays au contraire disposant de revenus, sont placés dans les économies intermédiaires
mais ils ont un IDH comparativement faible. Ce qui traduit un usage des ressources de la croissance
moins tourné vers la couverture des coûts de l’homme. C’est principalement le cas des pays
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producteurs de pétrole : le Qatar, les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, l’Oman, également des
pays africains comme le Gabon, le Cameroun, la Namibie qui se caractérisent par de bas indices
d’espérance de vie.

En plus l’IDH ne tient compte que d’un nombre limité d’indicateurs dans sa construction.
Finalement, l’utilisation du taux d’alphabétisation comme instrument de mesure de la connaissance, du
savoir d’une population est fort discutable. En effet, surtout dans les pays en développement, les
connaissances sont de plus en plus transmises oralement de générations en générations.

Ces connaissances se rapportent à l’environnement naturel et à la manière de s’en servir pour vivre.
Ce qui n’est nullement négligeable. Malgré les progrès réalisés par l’IDH, il n’existe pas un bon indice
de développement car ce dernier reste ouvert aux composantes multiples et orientées vers les hommes.

Les 10 pays ayant l’IDH le plus élevé et les 10 pays ayant l’IDH le plus faible sont représentés
comme suit :

10 pays ayant le plus élevé IDH 10 pays ayant le faible IDH


Pays IDH Pays IDH
1-Canada 0,932 1-Guinée Conakry 0,191
2-Suisse 0,931 2-Burkina 0,203
3-Japon 0,929 3-Afghanistan 0,208
4-Suède 0,928 4-Sierra Leone 0,209
5-Norvège 0,928 5-Niger 0,209
6-France 0,927 6-Tchad 0,212

9
7-Australie 0,926 7-Mali 0,214
8-USA 0,925 8-Gambie 0,215
9-Pays bas 0,923 9-Somalie 0,217
10-Royaume uni 0,919 1-Guinée Bissau 0,224

II-LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

1-Le facteur naturel ou le milieu naturel

L’existence des ressources naturelles d’un pays constitue un stimulant important, un élément
favorable pour son développement. Cependant leur mise en valeur requiert d’énormes investissements
de la part du pays par contre l’absence de ressources naturelles représente un frein pour la croissance
néanmoins surmontable. Des pays immensément riche en ressources naturelle (Guinée, RDC) ont du
mal à décoller tandis que certains totalement dépourvus (Japon) connaissent un rythme de croissance
assez soutenue.

2-Le capital

Il s’agit du capital au sens technique c’est-à-dire un ensemble de biens reproductibles que par le
détour de la production permettant d’accroitre la productivité du travail (efficacité du facteur travail).
Il s’agit à la fois du capital fixe et du capital circulant. L’acquisition et le remplacement du capital
globalement se font au moyen d’investissements qui sont financés grâce à l’épargne intérieure et
extérieure.

3-Le facteur humain ou le travail

Il s’agit essentiellement d’éléments liés à la population active et à la productivité du travail. La


population active est considérée comme un facteur de production dans la mesure où elle facilite la

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spécialisation des activités économiques, facteur de gains de productivité. Les périodes de forte
croissance ont coïncidé avec une augmentation de la population active.

La contribution du facteur travail à la croissance dépend de la productivité qui subit l’influence de


nombreux facteurs tels que :

-l’âge de la population active, le secteur d’activité, la durée du travail et plus généralement les
conditions de travail, le niveau de qualification ;

-la plus part de ces facteurs sont parfois désignés sous le terme de « capital humain ».

III-LES PRINCIPES DE MULTIPLICATION, D’ACCELERATION ET D’OSCILLATION

Le principe de multiplicateur d’investissements ou multiplicateur keynésien

Une augmentation de l’investissement (variable autonome) entraine une variation amplifiée des
revenus nationaux (variable induite). Exemple l’Etat décide d’injecter dans l’économie un
investissement initial de 100, la propension marginale à consommer (PmC= ) est de 0,8. Etablir le
tableau du multiplicateur d’investissements.

Période
1 100 100 80 20
2 80 64 16
3 64 51,2 12,8

10
4

= variation ; I = investissement ; C = revenu ; E = épargne

PmC = 0,8

Somme de revenus générés au cours du processus de multiplication =

100 + 80 + 64 + …= 100(100 + 0,8) + (100 + 0,8²) + … ;

Somme des n premiers termes d’une suite géométrique : S =

a = 1er terme de la suite ; r = raison ou PmC

S= = 500

= coefficient multiplicateur

REMARQUE

*Pour Keynes comme pour les classiques, l’épargne est égale à l’investissement (I=E), cependant
cette égalité s’établit ex ante pour les classiques c’est-à-dire que l’investissement s’ajuste à une
épargne préalable alors que pour keynésiens c’est l’épargne qui s’ajuste ex post au cours du processus
de multiplication du revenu à l’investissement initial.

*La valeur du multiplicateur est d’autant plus grande que les fuites (épargnes, importations) sont
d’autant moins importantes.

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*Au fur et à mesure que l’effet du multiplicateur diminue, on procède à de nouvelles injections
d’investissement dans l’économie.

Conclusion

Le multiplicateur d’investissement est utilisé par Keynes dans son explication des crises :

Si le multiplicateur joue positivement (le facteur de création de revenus et d’emplois) il favorise la


reprise économique ; s’il joue négativement, il engendre la récession. On peut avoir un effet
multiplicateur négatif si la variation initiale de l’investissement est une contraction : =k( )

Le phénomène d’accélérateur

Dans le principe du multiplicateur d’investissement, il arrive un moment où la capacité de


production existante ne peut plus répondre à l’augmentation de la demande de biens de consommation.
Dès lors il faut investir à nouveau pour satisfaire cette demande additionnelle. Cet investissement est
appelé « investissement induit », il traduit l’action de la demande sur l’investissement. C’est à ce
niveau qu’il faut situer le phénomène d’accélération.

L’investissement supplémentaire est donc engendré par une augmentation de la demande. Pour que
le principe d’accélération puisse fonctionner convenablement, les conditions suivantes doivent être
réunies :

*La saturation de la capacité de production c’est-à-dire que l’appareil de production est utilisé à pleine

11
capacité.

*Il n’existe pas de stock de biens et services sur le marché

*Les prix restent constants.

Le processus d’oscillation

Si l’on approche le processus de multiplication (influence des modifications de l’investissement sur


le produit national) avec le principe d’accélération (influence des modifications de la demande sur
l’investissement), on peut déterminer l’interaction des deux phénomènes sur les fluctuations du
produit national, des revenus nationaux.

Ce principe d’accélération est appelé oscillateur. Ce raisonnement suppose les hypothèses


suivantes :

•On raisonne sur une économie fermée.

•L’ouverture n’aura pas d’influence.

•On raisonne sur la même période.

Conclusion

Le phénomène d’oscillation indique comment les renversements de tendances dans les évolutions
du revenu national s’expliquent par le facteur contenu dans le processus cyclique lui-même.

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CHAPITRE II : LA CROISSANCE DEMOGRAPHIQUE ET CONSÉQUENCES

I-L’EVOLUTION DE LA POPULATION MONDIALE

En 1700 le monde comptait 680 millions d’habitants et 6122 millions d’habitants en 2000. La
population mondiale, au fil des siècles, n’a donc cessé d’augmenter. Cependant le rythme de
croissance de cette population n’est pas uniforme.

1-Evolution globale

De 1700 à 1950, l’évolution de la population mondiale a été assimilée à une accélération. De 1700
à 1900, il n’a fallu que 2 siècles pour que la population mondiale double. 35 ans pour qu’elle
enregistre à nouveau un doublement.

Depuis 1960 à 1970, on assiste à un ralentissement de la population mondiale.

2-Evolution par région

De façon générale, le poids démographique des P.E.D est élevé alors que celui des P.D est faible.
L’Asie a toujours été le continent le plus peuplé mais son poids diminue dans la population mondiale
(63,4% en 1970) pour ne représenter que près de la moitié en 2100 (49,5%).

L’Afrique connaît la plus forte croissance démographique et elle devrait représenter 25% de la
population mondiale en 2100. Les PD voient leur part diminuer après avoir connu un maximum en
1950 (29,3%).

II-LES MECANISMES DE L’EVOLUTION DEMOGRAPHIQUE


12
1-La transition démographique

a-Définition

La transition démographique est le processus au cours duquel une société passe d’un régime
équilibré de taux de natalité et mortalité élevés (régime démographique traditionnel) à un régime de
basses natalités et mortalités (régime démographique moderne).

La transition démographique se traduit par 2 phases :

-dans la 1ère phase, la mortalité chute brutalement alors que la natalité reste constante. Cela est à
l’origine d’un important accroissement démographique appelé « implosion ou inflation
démographique » ;

-dans la 2ème phase, la natalité à son tour diminue et rejoint ainsi la mortalité mais tout en lui restant
supérieure. Dans ce cas, on note un ralentissement de la population ou même une dépopulation. En
définitive, nous pouvons dire que les P.D ont achevé leur transition démographique. Alors que la
plupart des P.E.D seraient en pleine phase transitoire.

Cependant, dans ce 2nd groupe de pays, certains n’ont pas encore entamé leur transition (Afrique
subsaharienne), tandis que d’autres (la Chine, l’Inde) à l’image des P.D ont achevé ou presque achevé
leur transition.

b-Schéma de la transition démographique

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13
2-La baisse de la mortalité

Plusieurs facteurs expliquent la baisse de la mortalité.

Dans les P.D, elle est due au progrès de l’hygiène, au développement de l’instruction, au
développement économique qui a permis d’accroitre le niveau de vie de la population (à travers
particulièrement la révolution agricole). Les progrès de la médecine auraient davantage joué sur la
réduction de la mortalité s’ils n’étaient pas postérieurs aux 1ères baisses significatives.

Dans les P.E.D, les progrès de la médecine qui sont un facteur exogène ont beaucoup contribué à la
baisse de la mortalité. À cela il faut surtout ajouter une certaine efficacité économique qui a permis de
lutter contre les grandes famines.

L’une des conséquences de la baisse de la mortalité est l’augmentation de l’espérance de vie que
l’on constate partout dans le monde bien qu’elle augmente beaucoup plus vite dans les P.D que dans
les P.E.D où elle y est encore faible.

3-La baisse de la fécondité

Plusieurs facteurs sont à l’origine de la baisse de la fécondité :

-la baisse de la mortalité infantile : La mortalité infantile ayant baissé, pour garder un certain
nombre d’enfants, on en fait moins. C’est ainsi que le comportement de la natalité va s’adapter à celui
de la mortalité ;

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-l’accroissement du niveau de vie : Les revenus étant suffisants, les couples songeront à faire moins
d’enfants ;

-la multiplication des biens et services a changé les mentalités. Les ménages font désormais un
choix entre faire des enfants ou posséder certains biens ;

-les stratégies d’ascension sociale : Faire peu d’enfants pour leur permettre d’accéder à un statut
social supérieur (voyages, études supérieures) ;

-la diffusion des moyens contraceptifs : Partout dans le monde nous constatons une baisse de la
fécondité qui devient ainsi un fait universel. Cependant elle demeure encore élevée dans les P.E.D
pour les raisons suivantes : les obstacles religieux des 2 grandes religions monothéistes à une
quelconque réduction ou limitation des naissances, le rôle productif de l’enfant dans nos sociétés,
l’assurance vieillesse, etc.…

La combinaison de ces différents facteurs a conduit à une baisse de la fécondité partout dans le
monde.

Ainsi de 1950 à 1985, le nombre d’enfants par femme est passé de 6,2 à 4,1 dans les pays en
développement et de 2,8 à 2 dans les pays développés.

L’écart entre les pays développés et les pays en développement s’est réduit de 3,4 enfants à 2,1
enfants au cours de la même période.

L’Afrique intertropicale est la seule région qui a enregistré une augmentation de la fécondité de
1950 à 1985. 14
L’explication d’une telle situation réside dans la persistance de la pauvreté et de l’ignorance dans
cette partie du monde.

De nos jours le niveau de la fécondité demeure toujours élevée en Afrique intertropicale.

La baisse de la fécondité reste conditionnée à l’amélioration des conditions matérielles d’existence


de la population.

III-LES INDICATEURS DEMOGRAPHIQUES

1-L’indice synthétique de fécondité

Il est encore appelé indicateur conjoncturel de fécondité. Il est obtenu en additionnant les différents
taux de fécondité par âge et il reflète la fécondité du moment.

L’indicateur conjoncturel de fécondité est le nombre moyen d’enfants qu’une ou 100 femmes
mettraient au monde, si l’année considérée elle(s) passai(ent) par tous les stades de la vie féconde.

L’indice synthétique de fécondité est le nombre d’enfant d’une femme fictive (ou d’une génération
fictive de 1000 femmes) qui se comporterait tout au long de sa vie féconde comme les femmes
observées l’année considérée c’est-à-dire qu’elle aura la même fécondité que ces femmes à chaque
âge.

Exemple

En 2005 on dispose des informations suivantes :

14
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*100 femmes de 15 ans ont donné naissances à 2 enfants : TF = = 0,02

*100 femmes de 16 ans ont mis au monde 4 enfants : TF = =0,04

*100 femmes de 17 ans ont donné naissance à 5 enfants : TF = = 0,05

*100 femmes de 18 ans ont donné naissance à 6 enfants : TF = = 0,06

L’indice synthétique de fécondité est 0,02 + 0,04 + 0,05 + 0,06 = 0,17.

0,17 signifie qu’en 2005 une femme âgée de 18 ans donnent naissance à 0,17 enfants.

Une autre manière d’apprécier l’évolution démographique d’un pays consiste à calculer la
descendance finale.

2-La descendance finale

La descendance finale est le nombre moyen d’enfants qu’une femme (ou une génération de 1000
femmes) a effectivement mis au monde au cours de sa vie féconde. Elle n’est calculée qu’après la fin
de la vie féconde.

3-Le taux de reproduction

Le nombre de filles qui serait mise au monde par une génération fictive de 100 ou 1000 femmes est
le taux de reproduction. On l’obtient en multipliant l’indicateur de la fécondité par 48,78% (la part des
filles parmi les naissances). Le taux net de reproduction (qui tient compte du taux de mortalité
15
jusqu’aux années fécondes) permet de se faire une idée sur le seuil de remplacement ou de
renouvellement des générations. Ainsi le renouvellement des générations est assuré à 2,1 enfants par
femmes dans les P.D et 2,6 dans les P.E.D.

4-La table de mortalité et l’espérance de vie

La table de mortalité permet de calculer les probabilités de survie entre deux âges dans les
conditions de mortalité observées au cours d’une année donnée. Ce qui permet de déterminer
l’espérance de vie à chaque âge.

L’espérance de vie est le nombre moyen d’années restant à vivre pour un individu d’une
génération.

On calcule plus généralement l’espérance de vie à la naissance qui est le nombre moyen d’années
qu’aurait à vivre les nouveaux nés d’une même génération si la mortalité était la même que celle de
l’année considérée.

5-La natalité

Elle désigne le rapport entre le nombre des naissances et celui des habitants d’une région pendant
un temps donné.

6-Le taux brut de natalité (TBN)

15
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C’est le nombre de naissances vivantes pour 1000 habitants. Les enfants morts nés ne sont pas
comptés. TBN‰ =

7-Le taux brut de fécondité ou fécondité générale (TFG)

C’est le nombre de naissance pour 1000 femmes en âge de procréer c’est-à-dire les femmes de 15 à
49 ans.

TFG‰ =

8-Le taux de fécondité par âge ou par groupe d’âge

Ce taux mesure le nombre de naissances issues des femmes d’un certain âge pour 1000 femmes
ayant le même âge.

TFx‰ =

9-Le rapport de masculinité à la naissance (RMN)

C’est le nombre de naissances de garçon pour 100 naissances de fille, ce rapport est généralement
de l’ordre de 105.

RMN =

10-La mortalité 16
Elle désigne l’ensemble des décès survenu dans un espace de temps.

a-Le taux de mortalité

C’est le nombre d décès pour 1000 habitants.

TBM‰ =

b-Le taux de mortalité par âge et par sexe

C’est le nombre de décès de personnes d’un groupe donné pour 1000 habitants de ce groupe.

TMx‰ =

c-Le taux de mortalité infantile

C’est le nombre de décès d’enfants de moins d’un an pour 1000 naissances vivantes (on ne compte
pas les enfants morts nés). Ce taux permet d’évaluer le niveau de santé et le niveau des conditions de
vie d’un pays.

TMI‰ =

16
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CHAPITRE II : LE VIEILLISSEMENT DEMOGRAPHIQUE DANS LES P.D

I-L’EVOLUTION DEMOGRAPHIQUE

1-Natalité et mortalité

De l’après-guerre (fin 2ème guerre mondiale) jusqu’au milieu des années 1960, une reprise subite et
prolongée de la natalité et de la fécondité va toucher l’ensemble des P.D (Baby-boom) qui durera près
de 25 ans et fournira la main d’œuvre importante des années 70-80.

Ce comportement démographique s’explique par la fin de la guerre c’est-à-dire les retrouvailles des
couples après la guerre, la reprise économique, les similitudes sociales et familiales propices.

A partir de 1965, la natalité et la fécondité connaissent un net recul tandis que la mortalité stagne.
Dans la plupart des pays capitalistes développés, le remplacement des générations n’est plus assuré par
exemple en 1933 la fécondité était de 1,5 enfants par femme (qui est qualifié de championne des
naissances en Europe) avec 2,0 enfants en Grande Bretagne, 1,25 en RFA.

2-La structure par âges

Le poids des personnes âgées de 65 ans et plus augmente régulièrement dans les pays capitalistes
développés depuis 1960 (9,7%) et pourrait représenter 20 à 25% de la population mondiale en 2025.

Certains pays comme la Suisse et la RFA devraient compter plus de 28% de personnes âgées au
21 siècle. Le vieillissement se définit comme l’augmentation de la part des personnes âgées de 60
ème

ou 65 ans et plus dans la population totale. Deux facteurs sont à l’origine de ce phénomène : 17
-la baisse de la fécondité : Les jeunes étant moins nombreux, la base de la pyramide se rétrécit. C’est
le vieillissement par le bas de la pyramide ;

-la baisse de la mortalité : Elle entraine le vieillissement si elle est enregistrée aux âges les plus
élevés. C’est le vieillissement par le haut de la pyramide.

II-LES CONSÉQUENCES DU VIEILLISSEMENT DÉMOGRAPHIQUE

1-Un bouleversement politique

Le vieillissement démographique de nos jours est une réalité dans les P.D. Leur population pourrait
diminuer pour ne représenter que 10% de la population mondiale au 21ème siècle. Ainsi la suprématie
politique et économique de ces pays risque de se trouver remis en question. Une telle évolution peut
ainsi engendrer de nouveaux flux migratoires en provenance des pays du sud.

2-Le bouleversement des systèmes de protection sociale

A court terme, la baisse de la fécondité peut avoir des effets positifs tels que la diminution des
allocations familiales, amoindrissement des dépenses d’éducation. Cependant à long terme deux
problèmes se posent :

a-Le financement des retraites : Il existe 2 systèmes de financement des retraites :

-le système de répartition : Dans ce système les cotisations sociales versées par les actifs financent
les retraités du moment, c’est le système le plus répandu ;

17
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-le système de capitalisation : Chaque individu finance sa propre retraite en plaçant une partie de son
salaire avec l’aide d’organismes spéciaux (entreprises d’assurance).

De nos jours, de plus en plus, on se dirige vers un système mixte. Le système de capitalisation est
souvent présenté comme inégalitaire.

En effet, seules les personnes aisées peuvent se permettre d’adhérer à ce système.

Le système de répartition présente 2 inconvénients :

1. Il est aussi injuste car la mortalité frappe différemment les individus selon leur catégorie
socioprofessionnelle.
2. Il n’est plus adapté à la nouvelle structure de la population. En effet le rapport se
dégrade car il y a de plus en plus de retraités et de moins en moins de cotisants. Par exemple en
1950 aux USA, on comptait 5 actifs pour un retraité contre 4 pour 1 en 1985 ; au Japon en 1985
6 pour 1 contre 4 pour 1 en 2000 ; en France en 1975 on comptait 2,5 pour 1 contre 2 pour 1 en
2010.

De plus les pensions de retraite doivent être régulièrement réévaluées et versées de plus en plus
longtemps avec l’augmentation de l’espérance de vie.

Avec la dégradation du nombre , le système de répartition est rendu difficile. Plusieurs


solutions douloureuses sont envisageables :

-retarder l’âge de la retraite (65 ans pour les hommes et 70 ans pour les femmes); 18
-augmenter le montant des cotisations versées par les actifs ;

-augmenter la durée de paiement des cotisations sociales ;

-diminuer le montant des pensions de retraites ;

-développer le système de capitalisation.

b-Les dépenses de santé


L’entretien des personnes âgées coûte énormément cher à la société que celui des jeunes d’où un
conflit de génération. En effet ces personnes âgées nécessitent plus de soins médicaux et doivent se
faire hospitaliser très souvent.

3-La société nouvelle


Une société dans laquelle le poids du 3ème âge devient de plus en plus élevé, peut-être moins
productive (la productivité est ascendante et descendante avec l’âge) de plus certains marchés sont
délaissés (jouets, vêtements, pédiatrie…) et réorienté (loisirs, vacances organisées).

Le vieillissement démographique peut aussi développer le travail au noir, le secteur associatif ainsi
que le secteur de l’aide personnalisée aux personnes âgées (emplois d’infirmières, de lecteurs de
journaux pour les personnes âgées dans les maisons).

18
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CHAPITRE III : CROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE ET DÉVELOPPEMENT

I-LA CROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE : OBSTACLE AU DÉVELOPPEMENT

1-La thèse Malthusienne

Thomas Robert Malthus (1766-1834) est un pasteur anglais et économiste classique. Il publie des
ouvrages tels que « essaie sur le principe de la population en 1798 » ; « principes d’économie
politique en 1820 ».

Selon Malthus, Il y a donc un décalage entre la croissance de la population et celle des


subsistances : tous les 25 ans la population varie selon une progression géométrique alors que les
subsistances varient selon une progression arithmétique, obéissant ainsi à la loi des rendements non
proportionnels (l’exploitation excessive rend la terre moins productive). Il en résulte misère et
pauvreté.

Cet état de chose provoque la disparition des plus pauvres : l’Etat ne doit pas intervenir pour aider
les pauvres. Les individus ne doivent procréer que s’ils peuvent subvenir aux besoins de leur famille.

2-Les arguments antinatalistes

C’est à partir des années 1960 que l’exceptionnelle augmentation de la population des pays du tiers
monde est apparue, selon les antinatalistes, comme un obstacle au développement économique.

L’argumentaire retient les propositions suivantes : la croissance démographique identifiée à travers


une fécondité qui demeure élevée : 19
-mène à l’épuisement des ressources naturelles ou à leur exploitation à un coût supérieur ;

-accroit le rapport de dépendance ;

-aggrave l’inégalité de la répartition des revenus ;

-absorbe une grande partie du capital en augmentant les investissements sociaux (les logements, les
hôpitaux) destinés à maintenir le niveau de vie.

Ces investissements sociaux concurrencent ceux directement productifs.

II-LA CROISSANCE DEMOGRAPHIQUE : MOTEUR DU DEVELOPPEMENT

1-Les effets sur la demande des biens et services

Une population trop nombreuse provoque un accroissement des besoins donc une augmentation de
la dépense nationale pour satisfaire cette demande supplémentaire.

Les entreprises sont incitées à produire davantage pour le marché intérieur qui voit ainsi sa taille
s’élargir. On assiste également à la création de nouveaux revenus et à la création de nouveaux emplois
par les mêmes entreprises.

La pression démographique selon Ester Boserup (économiste nord-américain) génère une


productivité et une capacité d’innovation accrue (la pression créatrice).

2-Les effets sur l’offre de travail

19
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Une population jeune et nombreuse permet de fournir une main d’œuvre bon marché, disponible
pour les productions industrielles. Par ailleurs les jeune générations sont souvent mieux formées et
instruites, leur productivité plus élevée.

Les prédictions de Malthus semblent avoir été démenties par les faits : grâce au progrès de
l’agriculture, les subsistances (la production alimentaire) à l’échelle mondiale n’ont cessé de croitre et
suffisent à nourrir la population mondiale.

Ainsi il semble qu’il n’y ait donc pas de relation bien définie entre croissance démographique et
croissance économique. Un atout jusqu’à un certain seuil au-delà duquel elle devient un handicap. Il
existe alors un optimum de population en fonction des ressources d’un pays, d’une région. Le plus
intéressant serait donc de déterminer cette population optimale.

III-LES POLITIQUES DÉMOGRAPHIQUES

1-Les politiques natalistes

Les politiques menées dans les P.D sont largement incitatives : l’Etat favorise les naissances en
accordant des réductions d’impôts ou des primes (allocations familiales). Parallèlement le
développement de la contraception et la légalisation de l’avortement permettent une plus grande liberté
de l’individu, une attitude favorable à la natalité.

2-Les politiques anti-natalistes

20
La plupart des P.E.D suivent des politiques anti-natalistes.

Les mesures sont plus ou moins autoritaires et vont de simples campagnes de sensibilisations et
d’informations, de diffusions des moyens contraceptifs aux sanctions financières et sociales (le cas de
la Chine avec la politique de l’enfant unique).

L’augmentation des revenus et par conséquent celle du niveau de vie semble être le meilleur moyen
de réduire la natalité.

Les instruments d’analyses statistiques (indices simples, taux d’accroissement, coefficient


multiplicateur, part) : calculs et interprétations.

Dissertation économique avec documents

-Etude ou analyse des types de documents accompagnant les sujets de dissertation (textes,
tableaux statistiques, graphiques…)

-Rôle des trois éléments fondamentaux d’une dissertation économique (introduction,


développement, conclusion)

20
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UNITÉ D’APPRENTISSAGE 2

2ème PARTIE : LES TRANSFORMATIONS ECONOMIQUES ET SOCIALES DANS LES PAYS


INDUSTRIALISES CAPITALISTES

CHAPITRE I : NAISSANCE ET ESSOR DU CAPITALISME

Le capitalisme se définit comme un système dans lequel les moyens de production sont privés. Il
repose sur la concurrence et la recherche du plus grand profit.

I-LES DEBUTS DU CAPITALISME

1-Les économies précapitalistes

Les économies qui ont précédé le capitalisme avaient les caractéristiques suivantes :

*L’agriculture est dominante, elle génère 50 à 75% du revenu national et emploie 75 à 80% de la
population active. Elle est peu productive avec la pratique de la jachère et la précarité alimentaire était
la règle.

La possession de la terre était un signe de richesse et de puissance. Cela provoque une


accumulation des terres et empêche d’investir dans d’autres activités surtout industrielles.

*Les économies vivent en autarcie : les moyens de transport ne sont pas développés, les capitaux, les
hommes, les marchandises et les idées circulent peu.

*Le secteur artisanal se transforme : on passe du domestic system au factory system. 21


*La production faisait l’objet d’auto consommation : il n y a avait pas d’excédent, de surplus donc pas
d’échange.

2-La révolution industrielle (R.I)

a-Définition

Le terme révolution industrielle(R.I) désigne la période durant laquelle on passe d’une société
traditionnelle à une société où prédomine l’activité industrielle. Le terme révolution est abusif puisque
les changements dans les pays occidentaux est le fruit d’une longue maturation plus qu’une
transformation brutale. De plus la révolution n’est pas seulement industrielle mais aussi agricole,
technique, démographique et politique.

L’histoire a connu 3 types de révolutions industrielles :

*La 1èrerévolution industrielle se caractérise par la dominance de l’industrie. Elle s’est déroulée vers la
2nde moitié du XVIIIe siècle en Angleterre et la 1ère moitié du XIXe siècle en France.

*La 2èmerévolution industrielle est celle de l’énergie et des transports illustrés par le moteur à
explosion, l’électricité, le téléphone, la radiodiffusion.

*La 3èmerévolution industrielle est celle de l’informatique et des télécommunications.

b-Les origines de la révolution industrielle

La 1èrerévolution industrielle s’explique par la conjonction de différents facteurs tels que :

21
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-L’antériorité de la révolution agricole (R.A)

Le mouvement des enclosures, la suppression de la jachère et de la nouvelle rotation des cultures va


provoquer une augmentation importante de la productivité agricole. Cela va permettre de dégager un
surplus de main d’œuvre agricole qui va fournir des bras aux nouvelles activités industrielles.

La hausse des revenus agricoles va stimuler la demande de biens de consommation (textile) et de


biens de production (outillage agricole) mécanisation.

-L’accumulation du capital : Primitif par le commerce maritime

Le commerce triangulaire va être à l’origine du capital primitif orienté vers l’implantation de


l’industrie et non l’achat de la terre. Cela a été possible grâce à l’émergence d’une nouvelle race
d’entrepreneur prêt à prendre des risques.

-La révolution des techniques :

La révolution industrielle doit beaucoup à une succession d’inventions ou d’innovations.

Dans le textile

La navette de John Kay (1733), le métier à tisser de Edmund Cartwright (1785) ; ces inventions
ont été à l’origine d’innovations liées à la machine à vapeur de Watt (1774).

Dans la métallurgie : Le convertisseur de Bessemer (1856), le four martin (1864).

Le chemin de fer (1814) 22


Le rôle de l’Etat

L’Eta a souvent mis en place les infrastructures (chemin de fer), il a pu également créer ses propres
entreprises et les revendre plus tard aux privées. Développer la formation, accorder des subventions ou
des avantages à certaines entreprises privées, protéger le marché intérieur de la concurrence étrangère.

c-L’enchainement structurant

Des interactions vont se développer entre l’agriculture et les différentes branches industrielles
(textile et métallurgie par exemple), l’accroissement de la production de l’une entrainera celle de
l’autre. Il s’agit en fait de l’apparition de branches motrices à effet d’entrainement sur les autres
branches.

3-L’analyse de Rostow

Pour Walt Whitman Rostow (1916-2003), la révolution industrielle qui s’est déroulée dans les pays
occidentaux n’est qu’une étape nécessaire qui s’inscrit dans un processus plus global. Pour lui, pour se
développer, chaque société doit passer par 5 étapes (stades) :

1. La société traditionnelle : Elle est agricole et peu mobile c’est-à-dire fermé au progrès.
2. Les conditions préalables au décollage : L’agriculture devient plus productive, la population
devient plus nombreuse, fournissant une main d’œuvre et des consommateurs. Les transports
s’organisent, les Etats se développent, une catégorie d’individus capables de prendre des risques
apparaît.

22
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3. Le démarrage ou take off : Le taux d’investissement double et passe de 5 à 10% voire 15% ; il
y a l’apparition de branches motrices. C’est l’étape de la Révolution industrielle.
4. Le stade de maturité : Les progrès techniques se diffusent à l’ensemble de l’économie, les
anciennes branches motrices sont remplacées par de nouvelles.
5. Les biens sont standardisés : C’est-à-dire produit à grande échelle et identique, les économies
sont socialisées (la sécurité sociale s’étend à l’ensemble de l’économie).

II-L’EXPANSION DU CAPITALISME

1-La transformation des entreprises

Les 1ers mouvements de concentration

Les phases de la concentration des entreprises sont au nombre de 3 :

*Une phase involontaire (phase d’élimination des plus faibles).

*Une 2nde phase volontaire qui correspond au renforcement des plus forts pour résister à la crise.

*Une 3ème phase qui est celle d’un début de multinationalisation. Dès le XIXe siècle des géants de
l’industrie et des finances font leurs apparitions : Schneider, Dupont de Nemours, Rockfeller,
Rothschild, Krupp, Ford.

La financiarisation ou l’apport de capitaux aux entreprises capitalistes

La création des sociétés de capitaux (en particulier les S.A) va permettre de drainer plus de
capitaux vers l’industrie en réduisant les responsabilités. Le financement de l’économie va aussi être
23
facilité avec l’émergence de grandes banques d’affaires souvent à l’origine de la création d’une
société.

2-Les crises économiques

a-Définition

Au sens large, la crise est une rupture de l’équilibre entre l’offre et la demande des biens et services
qui provoquent la dépression de l’activité économique.

Au sens strict, elle est le retournement brutal de la conjoncture (situation économique à court
terme), une phase de dépression succède à une phase d’expansion.

b-Les différents types de crises

Les crises précapitalistes : Les sociétés précapitalistes se caractérisent par 2 types de crises :

*Les crises d’ancien régime qui sont celles de sous productions ayant pour origine les mauvaises
récoltes. Elles disparaissent à la suite de bonnes récoltes.

*Les crises mixtes, elles touchent à la fois la production agricole (s’étendent un peu plus tard en ville)
et la production industrielle.

Les crises modernes et les cycles économiques : Elles sont des crises de surproduction (krachs
boursiers), de faillites bancaires. Elles reviennent régulièrement et c’est ainsi que les analystes ont
mis à jour des cycles économiques réguliers.

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*Un cycle court ou aussi Kitchen, il a une durée de 2 à 3 ans et est lié au stockage et au déstockage
(problème lié à la gestion des stocks).

*Un cycle majeur ou cycle Juglar : Il a une durée de 8 ans en moyenne et il décompose l’activité
économique en 4 phases :

-une phase d’expansion qui se caractérise par la hausse de tous les indicateurs économiques
(production, profit, investissement, salaire, prix) sauf le chômage ;

-une crise d’alerte qui est souvent déclenchée par une faillite retentissante qui sème la panique ;

-une phase de dépression : Tous les indicateurs sont à la baisse à l’exception du chômage ;

- La reprise de l’activité : Les mesures de restructuration prises au niveau des entreprises conduisent
à l’assainissement de la situation des entreprises et permettent à l’activité économique de répartir sur
de nouvelles bases solides.

*Un cycle long ou Kondratieff : Il a une durée moyenne de 50 ans. Il se décompose en 2 phases :

-une phase A ou d’expansion pendant laquelle l’activité est à la hausse ;

-suivie d’une phase B ou de dépression qui se caractérise par un retournement de l’activité sur le
long terme. Le trend (tendance) de la productivité est orienté à la hausse.

Le rôle des crises

Pour les libéraux, l’économie est toujours en équilibre et les fluctuations sont passagères. 24
Pour les marxistes, la crise est inhérente au capitalisme, elle en est sa respiration et lui permet de
répartir de plus belle jusqu’à la crise ultime qui lui sera fatale.

III-LES TENDANCES RÉCENTES DU CAPITALISME

1-L’évolution des secteurs d’activité

Le secteur est l’ensemble des entreprises qui exercent la même activité principale. On distingue
principalement 3 secteurs d’activité économique : le primaire (agriculture), le secondaire (industrie)
et le tertiaire (services).

Tous les pays développés ont connu la même évolution de leurs secteurs d’activité avec cependant
quelques décalages. La part de l’agriculture diminue dans la production totale pour ne représenter que
3 à 4% du PIB ou de la valeur ajoutée : c’est le déclin de l’agriculture.

L’industrie, dans un 1er temps, a pris le relais du secteur primaire mais depuis les années 70-80, sa
part décroit dans la production totale passant de 40 à 35% du PIB : c’est le déclin de l’industrie ou la
désindustrialisation.

Les services à leur tour connaissent un développement continu. Leur part représente 66% de la
production totale et emploie 70% des actifs : c’est la tertiairisation.

2-Les facteurs explicatifs de l’évolution des secteurs d’activité

L’évolution sectorielle s’explique par l’accroissement de la productivité. En effet, les gains de


productivité d’abord obtenu dans l’agriculture ont permis de libérer la main d’œuvre agricole et

24
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d’élever les revenus agricoles. Il y a donc eu transformation de la main d’œuvre agricole vers le
secteur industriel.

Le même phénomène s’est reproduit dans le secondaire quand les gains de productivité y sont
apparus. La désindustrialisation s’explique par l’augmentation des revenus agricoles qui a entrainé une
augmentation et une diversification des produits industriels (loi d’Engel), le développement des
services à l’entreprise c’est-à-dire le recentrage ou la redéfinition des activités et Certaines activités
jadis exercées par les entreprises de services, il s’agit de la publicité, la gestion, l’entretien, le
gardiennage.

3-La concentration des entreprises depuis la fin de la guerre

Les modalités et les stratégies de concentration

Les techniques de concentration

Pour augmenter leur taille, les entreprises ont recours aux techniques suivantes :

*La fusion : 2 entreprises s’associent et donnent naissance à une nouvelle firme.

*L’absorption : Une entreprise avale une plus petite et la fait disparaître.

*La prise de capital ou participation : Une entreprise détient une partie du capital d’une autre
entreprise. Si le montant du capital détenu par l’entreprise est strictement inférieur à 10%, c’est un
placement. S’il est supérieur à 10%, c’est une participation. S’il est strictement supérieur à 51%, c’est
une prise de contrôle. 25
Les stratégies de concentration

Elle peut augmenter sa taille soit :

*par croissance interne, dans ce cas les bénéfices sont investis.

*par croissance externe, il s’agit de rachat d’une entreprise.

Ainsi plusieurs stratégies sont envisageables :

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STRATEGIES DEFINITIONS AVANTAGES INCONVENIENTS


Concentration Regroupement •Elimination de la •Risque (l’existence
horizontale d’entreprises fabricant concurrence, d’un seul créneau, pas
le même bien (groupe •économie d’échelle de position de repli en
de biens) (en répartissant les cas de crise), difficulté
taches entre les •harmonisation des
établissements) politiques de chaque
•accroissement du établissement
pouvoir de négociation
auprès des fournisseurs
Concentration Regroupement •Sécurité des Risque de goulets
verticale d’entreprises fabricant débouchés et de d’étranglement
des biens l’approvisionnement (ralentissement de
complémentaires à des •possibilité de l’activité suite à une
stades successifs du recentrage sur une rupture de stock)
processus de activité (qui n’est pas
production touché par la crise),
meilleure maitrise des
coûts et des prix,
suppression des
intermédiaires)
Diversification ou Regroupement Limites les risques « ne Image de marque floue
Concentration d’entreprises fabricant pas mettre tous ses
conglomérat des biens disparates œufs dans le même
panier »

26
4-Les relations entre les petites et moyennes entreprises et les grandes entreprises

Après un fort mouvement de concentration, on revient, depuis la crise des années 1970, aux vertus
des petites et moyennes entreprises et le processus de concentration s’est quelque peu ralenti. En effet,
la petite taille semble plus flexible et permet une adaptation rapide à la conjoncture (small is
beautifull) : la structure est plus légère, l’ambiance plus conviviale, les nouvelles technologies
n’imposent plus la grande taille.

Au Japon, c’est surtout la qualité des relations entre grandes et petites entreprises qui assure la
solidarité du tissu industriel. Les petites et moyennes entreprises et les grandes entreprises (Zaibatsu
en Japonais) sont complémentaires, elles ont une structure pyramidale.

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CHAPITRE II : LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE DANS LES PAYS INDUSTRIALISÉS


CAPITALISTES (PIC)

I-LES 30 GLORIEUSES

De 1945 à 1973, les principaux pays capitalistes développés ont connu une croissance de la
production et de la productivité sans précédent. En moyenne, le taux de croissance du PIB était de 5%
par an. C’est surtout le Japon et la RFA, les vaincus de la 2ème guerre mondiale, qui ont connu la
croissance la plus vigoureuse avec respectivement 9,7% et 6,0%. C’est ainsi que l’on parle de
« miracle Allemand ».

Cette période faste (prospère) est appelée les « 30 glorieuses » selon l’économiste Français Jean
Fourastié.

La croissance va ainsi s’accompagner dans tous les P.I.C d’un réel développement et d’une
amélioration des conditions de vie.

II-INVESTISSEMENT ET PROGRÈS TECHNIQUE

1-Définition

Il est l’acquisition des moyens de production permettant de maintenir la capacité de production.

2-Les différents types d’investissements

On distingue principalement 3 types d’investissements :


27
a- L’investissement de remplacement : C’est l’équivalent de l’amortissement. Il s’agit de
remplacer le matériel usé par l’identique.
b- L’investissement de capacité : Il s’agit d’acquérir de nouveaux matériels en vue d’augmenter
le stock de capital fixe existant.
c- L’investissement de productivité : Il s’agit d’apporter le capital fixe qui incorpore plus de
progrès technique.

3-Les déterminants de l’investissement

4 raisons poussent les entreprises à investir :

a- La demande anticipée : Si l’entreprise prévoit une augmentation durable de ses commandes,


elle serait alors incitée à augmenter ses capacités de production, donc investir. C’est ce principe
de l’accélérateur qui est ainsi évoqué car l’investissement va être très sensible à toutes les
variations de la demande. Cependant toute variation positive de la demande ne se traduit pas
forcement par un investissement supplémentaire. Cela dépend :
-du taux d’utilisation des capacités de production ;
-des stocks existant sur le marché ;
-de la solvabilité de cette demande.
b- La rentabilité escomptée : L’investissement doit être rentable et rapporter plus qu’il ne coûte.
On utilise parfois « l’indicateur de profitabilité ». Ainsi le taux de rentabilité des
investissements doit être supérieur au taux réel des emprunts effectués par l’entreprise ; celle-ci
est alors incitée à emprunter pour investir : c’est l’effet levier de l’endettement, c’est-à-dire les
conditions favorables à l’endettement.

27
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c- La situation financière ou le rôle du profit : Elle correspond à la réalisation des profits par
l’entreprise qui se trouve ainsi dans une situation financière saine. Plus les profits sont
importants, plus l’entreprise a recours à l’autofinancement, plus sa capacité d’emprunt est
importante (car les banques lui font confiance).

D’où la célèbre citation du chancelier Allemand Helmut Schmidt : « les profits d’aujourd’hui
font les investissements de demain et les emplois d’après demain ». L’entreprise peut aussi
utiliser ses profits pour rembourser ses dettes (ou se désendetter), elle peut également faire la
spéculation financière en plaçant ses profits sur le marché financier où ils sont bien rémunérés.

d- Le coût relatif du travail et du capital : Si le coût du travail est relativement plus élevé que
celui du capital, l’entreprise décidera alors d’acheter de nouvelles machines que d’embaucher
des travailleurs.

4-L’investissement et croissance économique

L’investissement occupe une place prépondérante dans l’activité économique puisse qu’il
transforme les conditions de l’offre des biens et services et qu’il est une des composantes de la
demande à court et long terme.

a-Une composante de la demande

On peut assimiler l’investissement à une demande de bien de production (ou bien d’équipement).
Quand l’investissement augmente, la demande globale augmente ainsi que la production et le revenu.
Selon le principe du multiplicateur d’investissement, le revenu national va augmenter plus que
proportionnellement à l’augmentation initiale de l’investissement. 28
b-La transformation des conditions d’offre

Les investissements de productivité intègre les dernières nouveautés du progrès technique.


L’innovation est une source du progrès technique et elle peut prendre plusieurs formes : l’innovation
du produit, celle du procédé de fabrication, celle de l’organisation.

Pour Joseph Aloïs Schumpeter, l’innovation serait à la base de la croissance économique et du


cycle (Nikolaï) Kondratiev car elle permet de réaliser des gains de productivité important.

Ainsi les innovations importantes arriveraient par vagues ou par grappes. Elles peuvent être le fruit
du hasard mais elles sont de plus en plus faites de longues et coûteuses recherches.

Plusieurs étapes se succèdent dans le processus de recherche :

-la recherche fondamentale : L’apparition de nouvelles connaissances (exemple mathématique) ;

-la recherche appliquée : Dans ce cas elle est orientée vers un objectif ;

-le développement expérimental : On se lance dans la réalisation nouvelle.

La dépense intérieure de recherche développement (DIRD) permet de mesurer l’effort de recherche


développement (RD). Dans les PD on consacre de plus en plus une partie importante du PIB aux
dépenses de recherche. La nature des recherches dépend d’un pays à l’autre. On distingue des
recherches civiles ou militaires, privées ou publiques.

5-Investissement, progrès technique et emploi

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La nature de l’investissement va influer sur l’emploi :

•l’investissement de remplacement a un effet nul ou neutre sur l’emploi

•l’investissement de capacité a un effet positif

•l’investissement de productivité a des effets ambigus : à court terme il y a suppression d’emplois.

A long terme il y a création d’emplois grâce à la baisse du prix de vente des produits (réalisation
des économies d’échelle), mais les emplois créés nécessitent plus de qualifications.

De façon générale, pour connaître l’influence du progrès technique sur l’emploi, il faut comparer
les taux de variation de la production et de la productivité.

III-LE MARCHÉ DU TRAVAIL

1-Définition

Il est le « lieu » où se confrontent l’offre et la demande de travail, l’offre et la demande d’emploi.

•L’offre de travail (ou demande d’emploi) émane des ménages.

•La demande de travail (ou offre d’emploi) émane des entreprises.

2-Les déterminants du marché de travail

a- L’offre de travail : La population active permet de se faire une idée sur l’offre de travail.
Plusieurs facteurs agissent soit négativement ou positivement sur la population active : la
29
démographie pure c’est-à-dire la natalité et la mortalité, la scolarité (à travers l’âge d’aller à
l’école et la durée des études), le solde migratoire, le taux d’activité surtout des femmes (qui, de
plus en plus, arrivent massivement sur le marché du travail), l’âge de la retraite.
b- Les transformations de la population active : Dans les pays capitaliste développés, la
population active ne cesse d’augmenter mais elle est sujette à de multiples fluctuations. Elle a
connu les transformations suivantes :
*La féminisation : De plus en plus, les emplois se féminisent pour diverses raisons, le
développement de la fonction publique qui offre une garantie, l’évolution du statut de la femme.
*La salarisation : Il s’agit de l’augmentation du taux de salarisation c’est-à-dire la proportion
des salariés parmi les actifs (70 à 80%) dans tous les pays capitalistes développés excepté le
Royaume Uni. Cela s’explique par le déclin du secteur primaire, de l’artisanat, de la
concentration des entreprises, du développement de la fonction publique, d’un désir accru de
sécurité.
*La tertiairisation : Le développement des services a permis de créer des emplois qui sont la
plupart du temps occupés par des femmes (commerce, secrétariat, santé).
c- La demande de travail : Dans les pays capitalistes développés, seuls le Japon et les USA
créent régulièrement des emplois de 1974 à 1988. Quant à la France et la RFA, le niveau de
leurs emplois reste stable. Les emplois ainsi crées sont du tertiaire. C’est encore le Japon et les
USA qui créent des emplois industriels durant la même période.
La création d’emplois par les entreprises dépend spécialement du niveau de la demande des
biens et services et celui du coût salarial c’est-à-dire le salaire et les charges salariales.

3-Les analyses traditionnelles du marché du travail

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a-La vision libérale

Pour les économistes libéraux, le travail est une marchandise comme une autre. L’offre et la
demande de travail sont fonction du niveau de salaire.

Le marché du travail est toujours en équilibre ou revient automatiquement à l’équilibre (si toutefois
elle est rompue) en laissant fluctuer le salaire.

Le chômage résulte ainsi d’un salaire trop élevé que les rigidités empêchent de baisser (l’influence
des syndicats, l’institutionnalisation des salaires…).

Pour ces mêmes libéraux, le chômage est en grande partie volontaire.

b-La vision keynésienne

Le salaire ne détermine pas le niveau d’emploi, celui-ci est fonction de la demande globale prévue
c’est-à-dire la demande effective.

Pour les keynésiens, s’il y a chômage c’est que la demande est insuffisante voire faible. Il faut donc
augmenter les revenus. Sous cet angle, la solution préconisée par les libéraux ne fait que détériorer la
situation du marché du travail. La baisse des salaires entraine celle de la demande des biens et
services.

4-Les nouvelles analyses du marché du travail

a-La théorie de répartition


30
Le niveau du salaire est le résultat d’un rapport de force entre patronat et salariat qui veulent
chacun s’approprier une part importante de la valeur ajoutée. Cependant une seule répartition de cette
valeur entre les profits et les salaires est à mesure d’assurer une meilleure création d’emplois.

b-La théorie d’équilibre

Quand les prix ou les salaires sont rigides, le chômage classique et le chômage keynésien peuvent
coexister.

Marché des biens

Excès d’offre Excès de demande

Marché du Excès d’offre Chômage keynésien Chômage classique


travail
Excès de Stockage Inflation
demande

c-L’école de la régulation

L’état du marché de travail dépend du rapport salarial qui caractérise les relations entre salariés et
détenteurs du capital. Ce rapport salarial évolue avec le temps jusqu’en 1929. L’Etat intervenait très
peu et le salaire fluctuait librement (la régulation concurrentielle). Durant les 30 glorieuses il intervient
et réglemente pour soutenir la demande des biens et services à travers l’indexation, le salaire minimum
(SMIC), les prestations familiales.

30
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5-Les effets de la crise sur le marché du travail

a-La montée du chômage

Le taux de chômage ne cesse d’augmenter dans les pays capitalistes développés et avoisine les 10% au
plus profond de la crise des années 70. Cependant le Japon reste proche du plein emploi avec un taux
de chômage sensiblement égal à 2,9%.

Les 2 chocs pétroliers ont eu une influence bien marquée. Depuis lors la situation s’améliore ou se
stabilise. Devant le chômage certaines couches ou catégories sont plus exposées ou vulnérables que
d’autres, il s’agit :

•des femmes qui font l’objet de discrimination à l’embauche car elles sont moins organisées dans les
syndicats, exercent des emplois précaires, touchent des salaires d’appoint et elles se caractérisent par
l’absentéisme.

•des jeunes qui n’ont pas assez d’expérience.

•des moins diplômés car ils ne sont pas assez polyvalents, c’est pourquoi de nos jours il y a une course
aux diplômes.

b-La segmentation du marché du travail

Le marché du travail serait en fait fractionné en segment :

*le segment primaire et le segment secondaire


31
-le marché primaire (ou central) rassemble la main d’œuvre indispensable à la bonne marche de
l’entreprise. C’est aussi la main d’œuvre stable, elle est qualifiée et syndiquée, touche des salaires
élevés et bénéficie d’avantages sociaux importants (plan de carrière) ;

-le marché secondaire (ou périphérique) a les caractéristiques inverses. Sur ce segment la main
d’œuvre est composée de jeunes, de femmes et d’immigrés qui jouent le rôle d’amortisseurs aux
fluctuations de l’activité.

*Le marché interne et le marché externe

-la distinction porte sur les modalités de recrutement et de promotions : le marché interne concerne les
emplois offerts à la main d’œuvre déjà employée par l’entreprise ; le marché externe concerne les
emplois pourvus par recrutement sur le marché du travail.

Types de marché Avantages Inconvénients


Marché interne *Les cadres connaissent tous les rouages Formation longue et coûteuse
*Promotions possibles (motivantes)
Marché externe *Choix plus large pour l’entreprise *Proportion faible
*Formation plus élevée *Méconnaissance de l’entreprise

c-La précarisation de l’emploi

A partir des années 1970 dans les P.I.C, la nature de l’emploi va évoluer. C’est pourquoi on passe
de l’emploi typique qui s’est développé lors des 30 glorieuses a une multitude d’emploi atypique :

31
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*l’emploi typique, normal ou total a les caractéristiques suivantes : un seul lieu de travail, un seul
employeur, un contrat à durée indéterminée (CDI), une bonne qualification, des salaires élevés, des
possibilités d’avancement dans la carrière, d’affiliation à un syndicat, le bénéfice de la sécurité sociale.

*l’emploi atypique, précaire ou instable a les caractéristiques contraires à celles de l’emploi typique. Il
est à l’origine de l’apparition des formes particulières d’emploi (FPE) tels que le travail à temps
partiel, le travail temporaire (intérimaire ou intérim), le contrat à durée déterminée (CDD), les stages
(les TUC ou les SIVP), l’apprentissage.

• TUC (travaux d’utilités publiques) sont des stages effectués dans l’administration publique.

• SIVP (stage d’insertion à la vie professionnelle) est effectué dans les entreprises privées.

Le stage donne droit au paiement d’un salaire minimum. A l’issue des stages dont le but est
d’acquérir l’expérience, 30% des jeunes trouvent un emploi stable (typique).

d-La flexibilité du travail

Selon certains analystes, l’important volume de chômage constaté est imputable à l’existence de
rigidité qui empêche le marché du travail de fonctionner correctement. Ces rigidités sont salariales
(salaires trop élevés), réglementaire (poids du syndicat, de l’Etat) ou concernent la gestion des
sureffectifs (lenteur de l’ajustement de l’emploi effectif à l’emploi désiré).

Pour revenir au plein emploi, il faut rendre au système productif une certaine flexibilité afin que
celui-ci s’adapte à moindre coût aux variations de l’activité.

La flexibilité du travail se définit comme l’ensemble des mesures permettant à l’entreprise


32
d’adapter l’effectif de ses travailleurs aux fluctuations de l’activité économique (ou de
l’environnement). On peut distinguer plusieurs types de flexibilité :

Types de Objectifs visés Moyens utilisés Exemples


flexibilité
*Quantitative *Répondre aux -temps partiel (chômage -lois de Delebarre et
-interne fluctuations du volume partiel) Séguin
-externe de l’activité -heures supplémentaires -CDD, intérim,
-faire varier la durée -aménagement du temps de autorisations
du travail travail administrative de
-faire varier les -licenciement licenciement
effectifs -formes particulières de
l’emploi
-l’externalisation (sous
traitance)
*Qualitative *Répondre aux -retour sur le salaire minimum -robot programmable
-main d’œuvre variations de la -rogner l’influence syndicale -usine flexible
capital composition de la -désagrément de l’Etat
demande
-accroitre la
polyvalence
*Salariale *Réduire les coûts Retour au SMIG, réduire -TUC, SIVP
salariaux l’insuffisance des syndicats, -retraite privée
-réduire les salaires et désengagements de l’Etat -grèves aux USA et au
les cotisations sociales Royaume uni

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6-L’organisation du travail

Tout long de l’histoire du capitalisme, l’organisation du travail va être à l’origine des gains de
productivité. Depuis le XVIIIe siècle, Adam Smith avait mis l’accent sur le principe de la division du
travail qui rendait le travail plus efficace.

a-Le taylorisme

Les principes du taylorisme :

Frederic Winslow Taylor (1856-1915) va être à l’origine de l’organisation scientifique du travail


(OST) basée sur les principes suivants :

-la parcellisation des taches : La fabrication d’un produit est décomposée en une multitude
d’opérations élémentaires de production (chaque travailleur est spécialisé dans une tache et une seule
qu’il doit répéter en permanence). Ainsi le travail qui relève des ingénieurs est méthodiquement séparé
du travail d’exécution qui est l’appalachien des ouvriers, des manœuvres, des contre maitres ;

-le chronométrage : On recherche le « one best way » c’est-à-dire la meilleure façon de faire en
décomposant les mouvements, en éliminant les gestes inutiles, les flâneries. L’application de ces
principes a permis d’augmenter fortement la productivité, mais le travail est déqualifié c’est-à-dire
qu’il a perdu tout son contenu.

Les principes du Fordisme :

Ils ont été adoptés aux USA en 1918, en Europe après la 2ème guerre mondiale. Henri Ford va
ajouter aux principes du taylorisme plusieurs améliorations :
33
-le convoyeur pour la chaîne de montage : Les produits se déplacent vers les travailleurs à une
cadence plus ou moins élevée ;

-les pièces sont standardisées et produites en grande série : Ce qui se traduit par une diminution du
coût unitaire ;

-le salaire des travailleurs est augmenté : Ils gagnent en effet 5$ par jour (five dollars per day).
Ainsi les travailleurs deviennent les principaux débouchés de leurs productions. Ford a donc distribué
le pouvoir d’achat.

Partout dans les P.I.C le fordisme a été à la base des 30 glorieuses.

b-Un modèle en crise

Les symptômes de la crise :

A partir des années 1970, les gains de productivité vont connaître un ralentissement. Les
travailleurs vont de plus en plus manifester leur refus de l’organisation taylorienne du travail. Les
manifestations de cette crise sont les suivantes :

-l’absentéisme des travailleurs augmente ;

-le taux de turn over devient de plus en plus fort, les malfaçons augmentent.

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Ces révolutions ont reflété le manque d’intérêt du travailleur pour son emploi. En plus
l’automatisation et la diversification du goût du public ou consommateur expliquent aussi cette crise.

Les aménagements apportés :

Plusieurs formules ont été développées pour « remotiver » le travailleur, pour lui donner quelques
responsabilités :

-la rotation des postes : Le but est de lutter contre la monotonie ;

-l’élargissement des taches : Le nombre de taches effectué par ouvrier augmente ;

-l’enrichissement des taches : Il s’agit de donner plus de responsabilités à l’ouvrier ;

-le travail en équipe : Il s’agit de donner plus de responsabilité à une équipe ;

-le cercle de la qualité : Il repose sur le volontariat des ouvriers. Ce sont des conseils lors d‘une
assemblée générale des ingénieurs et des patrons ;

-la participation ou le partenariat : C’est le fait d’intéresser le travailleur aux résultats de


l’entreprise.

c-Les nouvelles organisations du travail : le TOYOTISME

Taüchi Ohno a introduit les nouvelles méthodes de production dans la firme de construction

34
automobile TOYOTA. Ce qui a permis le passage du taylorisme au toyotisme.

La méthode Toyota a été conçue pour s’adapter à un contexte de croissance lente qui a débuté en
1973 et aux conditions de diversification de la production.

Elle repose, selon Ohno, sur 2 principes essentiels :

-la production juste à temps : Elle accorde la priorité à l’aval sur l’amont. En effet dans le système
Toyota, la logique part des commandes adressées à l’entreprise pour remonter vers l’amont. L’objectif
visé est de produire les quantités visées par le marché et seulement cette quantité ou « zéro stock » ;

-l’auto activation : Elle consiste à doter d’une certaine autonomie les machines et les salariés des
ateliers afin d’activer les mécanismes d’arrêt de la production lorsque des anomalies sont constatées.

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CHAPITRE III : LES CRISES DES ANNEES 70-80 ET LES POLITIQUES ANTI CRISES

I-LES CARACTERISTIQUES DE LA CRISE DES ANNEES 70-80

Les 30 glorieuses ont laissé la place aux 20 moroses (20 ans de morosité ou de difficultés
économiques) qui se caractérisent par :

1-Le ralentissement de la croissance économique

Les pays de l’OCDE voient leur taux de croissance diminuer de moitié (1,5 à 2% en moyenne).
Malgré cela le PIB continue à augmenter (à la différence de la dépression des années 30).

La crise est surtout ressentie dans le domaine industriel, la production mondiale diminuant en 1975
et en 1982. Ce ralentissement affecte tous les pays du monde.

2-La flambée des prix (inflation)

On passe d’une moyenne de 4% d’inflation sur la période 1963-1972 à une inflation à 2 chiffres : 2
pics sont mis en évidence, 1974-1975 (1er choc pétrolier) et 1980-1981 (2ème choc pétrolier).A partir
de 1981, on assiste à un mouvement de désinflation (différent de la déflation).

3-La montée du chômage

Jusqu’en 1973, l’OCDE connaissait une situation de plein emploi. Depuis lors le taux de chômage
ne cesse d’augmenter mais reste néanmoins fluctuant.

Avec les chocs pétroliers apparaît une nouvelle situation « la stagflation » c’est-à-dire la 35
coexistence d’une faible croissance (stagnation) et d’une forte inflation.

4-Les déséquilibres

a-Les déficits extérieurs

Jusqu’en 1974-1975, les balances des paiements courants sont à peu près équilibrées ; par la suite
on distingue 2 catégories de pays : le Japon et la RFA qui sont largement excédentaires et les autres
avec surtout les USA qui sont déficitaires. Ainsi le déficit des USA atteint des proportions énormes à
la fin des années 1980 (154 milliards de $ en 1987).

b-Les besoins de financement des administrations

La crise va perturber les comptabilités publiques surtout en 1975 et en 1982. Les déficits
budgétaires vont devenir la règle, tout comme la montée de l’endettement (en 1982 la dette des USA
s’élevait à 3000 milliards $ contre 1200 milliards pour les pays du tiers monde).

En pourcentage (%) du PIB 1961-1973 1983


USA -0,4% -4%
Japon +3,7% -3,7%
RFA +0,4% -3%
France -0,5% -3%

II-LES FACTEURS EXPLICATIFS DE LA CRISE

1-Une explication conjoncturelle

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La faute au pétrole ?

Les 2 chocs pétroliers vont venir bouleverser l’économie mondiale :

*En 1973, la guerre du kippour aboutit à la multiplication par 5 du prix du baril de pétrole.

*En 1978-1979, la révolution en Iran, puis la guerre en Irak entrainent un doublement du prix du
pétrole de 1979 à 1980.

-les conséquences sont les suivantes : L’augmentation du prix de l’énergie a alourdi le prix des
consommations intermédiaires et les hausses des prix se répercutent à l’ensemble de l’économie. Les
ressources énergétiques augmentent, les revenus disponibles pour les autres consommations et
l’investissement se contractent (entrainant une diminution de la demande nationale et mondiale).

Ainsi le ralentissement de la demande provoque la stagnation de la production et la hausse du


chômage. Malgré tout, les chocs pétroliers n’expliquent pas tout même s’ils ont provoqué la crise. Le
prélèvement pétrolier (ou la fortune pétrolière) n’aurait représenté qu’1% du PIB. Beaucoup
d’indicateurs se sont détériorés avant 1973 : la productivité, la rentabilité du capital…

2-Les causes profondes de la crise

a-La crise de l’innovation

La crise des années 70-80 marquerait le retournement au cycle Kondratiev et verrait la fin des
innovations porteuses des années 50 (automobiles). Les nouvelles technologies seraient moins
nombreuses et moins créatrices d’emplois. 36
b-La crise de l’intervention de l’Etat

Pour les libéraux, l’Etat intervient trop mal dans l’économie :

*les prélèvements obligatoires paraissent excessifs. En 1985, Ils représentaient 45,6% du PIB en
France ; 29,2% aux Etats-Unis ; 28% au Japon. Ils découragent alors l’initiative privée et le travail, ils
favorisent la fraude fiscale et le travail au noir.

*les dépenses de l’Etat sont inefficaces et créaient la bureaucratie. Ainsi les dépenses de relance
« keynésiennes » ne font que remplacer le mal en favorisant l’inflation.

c-La crise du fordisme

La crise de l’organisation scientifique du travail provoque le ralentissement de la productivité alors


que sur la même période les besoins en capitaux augmentent. Les gains de productivité sont dès lors
insuffisants pour assurer le financement de l’investissement et l’augmentation du salaire réel (le
beurre et l’argent du beurre).

d-La crise monétaire

L’effondrement du système monétaire international (SMI) hérité de Brettons Wood (1945) suite à
la non convertibilité du dollar en or déclarée par Nixon en 1971 va entrainer la désorganisation
monétaire internationale.

III-LES REMEDES PROPOSÉS

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1-Les instruments de la politique économique

On distingue deux types de politique : la conjoncturelle (court terme) et la structurelle (moyen


ou long terme).

POLITIQUES ECONOMIQUES INSTRUMENTS OBJECTIFS


*Le budget de l’Etat -relancer la demande
(dépenses) peut être de l’emploi ;
utilisé dans le cadre -ralentir l’activité,
d’une politique : combattre l’inflation
POLITIQUE -de relance : les
BUDGETAIRE dépenses publiques
augmentent, les impôts
diminuent, on utilise
les déficits
budgétaires ;
POLITIQUE -de rigueur : on
CONJONCTURELLE diminue les dépenses
OU KEYNÉSIENNE de fond, on augmente
les prélèvements.
-le taux d’escompte -Politique
dans le cadre de la expansionniste
relance ; (soutenir la demande) ;
POLITIQUE -l’encadrement des -politique restrictive :
MONÉTAIRE crédits, quantité de refroidir la machine

37
monnaie, le volume économique, lutter
des crédits ; contre la hausse des
-les réserves prix ;
obligatoires diminuent,
le taux d’escompte ;
-l’open market ;
POLITIQUE -un Etat peut choisir -obliger les entreprises
EXTERNE (TAUX d’avoir une monnaie à faire des efforts de
DE CHANGE) forte ; productivité : anti
-il peut dévaluer. inflation ;
-relance des
exportations.
PLANIFICATION -le plan (indicatif) Orienter les décisions
d’investissements des
entreprises privées ;
-subventions ; - Orienter les décisions
-les nationalisations ; d’investissements des
POLITIQUE entreprises privées ;
POLITIQUE INDUSTRIELLE -contrôler les secteurs
STRUCTURELLE clés, lutter contre le
monopole, « constituer
une vitrine sociale »,
orienter les
investissements.
-la fiscalité augmente Corriger certaines
POLITIQUE DE la part des salaires et inégalités, redistribuer
REVENUS des profits dans la de manière plus
valeur ajoutée ; efficace.
-prix : certains prix
peuvent être contrôlés ;
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Des politiques mixtes peuvent être menées (à la foi budgétaire et monétaire). Des politiques
agissant en sens inverse peuvent se succéder « stop and go » (c’est-à-dire la politique de relance
suivie d’une politique de rigueur ou d’austérité).

2-Deux exemples de politique économique

a-La relance keynésienne

*les mesures prises en France

-L’Etat réévalue 9 fois le SMIC de juin 1981 à mars 1983 (40%), augmente les prestations sociales
(dépenses de santé), les allocations de chômage ;

-le gouvernement créé également 240 000 emplois publics de 1981 à 1983 et nationalise les grandes
entreprises et les banques. Au total, la relance entraine 80 millions de francs français.

*les résultats

La relance aboutit à une augmentation de la production en 1981-1982 (+2,5% en 1982) alors que
les autres pays sont en récession. Par contre, l’effet inflationniste est prononcé et le différentiel
d’inflation avec les pays partenaires s’élève. Le taux de chômage se stabilise.

Dès 1983, le déficit extérieur se détériore (100 milliards de francs en 1982 contre 50 milliards en
1981) et le déficit budgétaire atteint les 3% du PIB.

*la mise en place de l’austérité


38
La relance s’est heurtée à la contrainte extérieure : la production augmente plus fortement en
France qu’ailleurs ce qui entraine l’augmentation des importations. Les prix augmentent plus
fortement qu’ailleurs ce qui se traduit par une baisse des exportations.

Pour combattre le déficit extérieur, le franc est dévalué 3 fois de suite de 1982 à 1983 les salaires
sont gelés (bloqués), on réduit le volume du crédit, on augmente les prélèvements, on freine les
dépenses.

b-La politique Américaine sous Ronald Reagan (1980-1988)

*les principes

La politique économique de Ronald Reagan est bornée sur les théories monétaristes et sur celles de
l’économie de l’offre.

*le monétarisme

Pour Milton Friedman (1912-2006), il existe un taux naturel ; toutes tentatives pour diminuer ce
taux n’aboutit qu’à augmenter le niveau des prix. La seule politique économique consiste à surveiller
la quantité de monnaie générant de l’inflation.

*l’économie de l’offre ou « supply side economy » (Arthur Laffer)

Pour ce courant de pensée économique, « trop d’impôts tue l’impôt » : Une trop forte imposition
diminue les rentrées fiscales en décourageant l’activité (le travail) et en encourageant la fraude (le

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travail au noir). La diminution des impôts peut donc relancer l’activité sans pour autant générer les
baisses de recettes pour l’Etat et donc sans provoquer le déficit budgétaire.

*les mesures : On distingue 2 phases : 39


De 1980 à 1982 :

-la politique budgétaire : Le programme ERTA (Economic Recorvery Tax Act) prévoit de fortes
diminutions d’impôts. Les dépenses civiles sont aussi diminuées contrairement aux dépenses
militaires. Un fort mouvement de déréglementation sur le plan de l’emploi et de la concurrence
accompagne cette politique (surtout au niveau des compagnies aériennes) ;

-la politique monétaire : Paul Volcker, président de la FED (Federal Reserve Board System),
contrôle la croissance de la masse monétaire, ce qui se traduit par l’envolée des taux d’intérêt de 5 à
14% voire 15% qui va empêcher toute reprise économique et plonger les USA et le reste du monde
dans la récession. Fin 1982, il y a 12 millions de chômeurs et un déficit budgétaire de 200 milliards de
$.

De 1983 à 1988 :

A partir de 1983, le gouvernement Américain semble faire marche arrière. Le programme TEFRA
augmente les impôts, la banque centrale relance sa politique monétaire entrainant la chute des taux
d’intérêt qui va relancer la consommation et l’investissement. Avec ces nouvelles mesures l’économie
Américaine connaît une forte reprise qui se caractérise par : la désinflation, la baisse du chômage
(5,5% en 1989), la création de 6 millions d’emplois de novembre 1982 à juin 1984. Cependant cette
reprise va se traduire par une dégradation des échanges externes (avec la flambée du dollar :
1$=10FF en 1985).

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4ème PARTIE : LA MONDIALISATION DE L’ÉCONOMIE

CHAPITRE I : LE COMMERCE INTERNATIONAL

I-STRUCTURE DE L’ÉCHANGE INTERNATIONAL

1-L’évolution du commerce mondial

Dans une perspective historique longue, depuis 1800, le commerce mondial (exportations et
importations) a été multiplié par 300. Seules les années 1930-1945 se sont traduites par un recul des
échanges.

Dans une perspective plus récente, de 1950-1988, le commerce mondial a décuplé pour atteindre
3000 milliards $. Les 2 chocs pétroliers ont particulièrement marqué le commerce mondial. Ce qui a
fait qu’il a connu un recul en 1975 et en 1981-1982.

La croissance des exportations sur la période a été plus forte que celle de la production montrant
ainsi le développement du commerce international.

Depuis 1960, la plupart des pays se sont ouverts sur l’extérieur (à partir d’un taux d’ouverture ou
taux d’exportation = ).

Ainsi à l’époque, les pays Européens étaient plus ouverts car ils consacraient 25% de leurs

40
productions aux exportations. Par contre les USA et le Japon demeurent relativement fermés (avec
un taux d’ouverture sensiblement égal à 10%).

2-Les produits échangés

Part dans les échanges courants 1963 1997


Produits agricoles 29 11
Produits minéraux 16 13
Produits manufacturés 52 73

La part des produits primaires ou produits de base (produits agricoles ou minéraux) diminue
passant de 45% à 24% alors que celle des produits manufacturés augmente pour représenter 73% en
1997.

Cette dernière situation s’explique par le nouvel ordre économique international ou redistribution
de la carte mondiale avec la spécialisation de certains pays du tiers monde dans les produits
manufacturés.

De nos jours on parle d’une nouvelle division internationale du travail (DIT) par opposition à la DIT
traditionnelle (spécialisation dans les produits de base).

3-La géopolitique de l’échange

Le commerce mondial est concentré entre les mains d’une minorité. Les USA, l’Allemagne et le
Japon assurent à eux seuls le tiers des exportations et des importations mondiales. Ils sont suivis

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par la France, la Grande Bretagne, le Canada, l’Italie, les Pays Bas ; ces derniers réalisant 59,5% des
exportations et 58% des importations.

Depuis les années 1970, on assiste à l’avènement des NOEI (Nouvel Ordre Économique
International) avec l’entrée d’un groupe de pays en développement qui joue un rôle important dans
le commerce international. Il s’agit des nouveaux pays industrialisés (NPI) qui comprennent les 4
pays d’Asie du sud (Hong Kong, Corée du sud, Singapour et Taïwan) ainsi que 2 pays de l’Amérique
latine (le Brésil et le Mexique).

Les années 1980 ont vu à leur tour surgir un second groupe de PED exportant des produits
manufacturés. Il s’agit essentiellement d’autres pays asiatiques comme la Thaïlande, la Malaisie,
l’Indonésie. Les seuls pays d’Asie restant encore en retard par rapport aux autres étant la Birmanie
et la Mongolie (le chef de file pour la locomotive étant le Japon).

II-LES THÉORIES DE L’ÉCHANGE INTERNATIONAL

1-Les fondements de la DIT

a-La théorie des avantages absolus « Adam Smith »

Chaque pays doit se spécialiser dans la productiondes biens où il est le plus performant et
importer les autres biens pour lesquels il ne détient pas un avantage absolu.

41
Chacun des participants à l’échange y gagne, la communauté a intérêt à échanger avec l’extérieur.

b-La théorie des avantages comparatifs

Pays A (Angleterre) Pays B (Portugal)


1 pièce de drap 100 hommes par an 90 hommes par an
Vin 120 hommes par an 80 hommes par an

Le pays B a un avantage absolu dans les 2 productions. Chaque pays va alors se spécialiser dans la
production de la marchandise pour laquelle il est relativement plus performant. Ainsi pour le drap, la
productivité du pays A est 90% de celle du pays B alors que pour le vin la productivité n’est que de
67% de celle du pays B. Le pays A est relativement meilleur dans la production de drap.

Drap = x 100 = 90% ; Vin = x 100 = 67%

Au niveau de l’ensemble de la collectivité, si chacun des pays se spécialise, on obtiendra un gain


de production.

Total des hommes disponibles Pays A : 220 hommes ; une pièce de drap est obtenu avec 100
hommes, avec 220 hommes on obtient 2,2 pièces de drap.

DRAP 100 1

220 X Alors X = = 2,2

Total des hommes disponibles pays B : 170 hommes ; le vin est obtenu avec 80 hommes donc avec
170 hommes on obtient 2,125 fois plus de vin.

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VIN 80 1

170 X Alors X = = 2,125

c-La théorie de la dotation factorielle

Chaque pays doit se spécialiser dans la fabrique du produit qui incorpore le facteur de production
le plus abondant et importer les produits nécessitant le facteur de production le plus rare (théorie
H.O.S = Heckscher-Ohlin-Samuelson). Elie Heckscher, BertilOhlin et Paul Anthony Samuelson.

2-La remise en cause de l’échange international

Pour certains analystes (principalement les marxistes ou tiers mondistes), le commerce


international ne profite pas équitablement à tous les participants.

a-L’échange inégal : Théorie développée par Samir Amin et Arghiri Emmanuel

Les pays du « centre » exploitent ceux de la « périphérie » : les salaires étant plus faibles dans les
PED et les spécialisations peu avantageuses. Les PD peuvent obtenir plus de travail qu’ils n’en offrent
en échangeant les marchandises.

b-L’impérialisme : Rosa Luxembourg, Lénine

Les profits diminuant dans les PD, les capitalistes vont exploiter les pays « arriérés » dans lesquels
les perspectives de profits sont plus élevées. Cette exploitation va d’abord prendre la forme
d’exportations de capitaux (investissements étrangers) ou de manière plus violente de création de
42
colonies.

c-Les effets de domination : François Perroux

Les échanges internationaux résultent des rapports de force et de pouvoir. Il y a des pays qui ont
des monopoles sur certaines technologies ou qui les maitrisent tandis que d’autres n’y ont pas accès.

Ainsi les PED qui veulent rentrer sur le marché international se voient contrer par les PD qui ont
une certaine avancée technologique.

3-Le libre échange ou le protectionnisme

Le libre échange est l’ensemble des mesures permettant d’assurer la libre circulation des
marchandises à travers la réduction ou la suppression des barrières douanières.

Le protectionnisme est l’ensemble des mesures permettant de protéger les produits nationaux
contre la concurrence étrangère. Il revêt 2 formes :

•le protectionnisme tarifaire : Il s’agit de l’application des droits de douanes pour empêcher
l’entrée des produits étrangers sur le marché national.

•le protectionnisme non tarifaire : Il s’agit des obstacles ou barrières douanières non tarifaires
pour empêcher l’entrée de produits étrangers. On distingue :

°la réglementation sanitaire, la sécurité, la pollution ;

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°l’instauration des normes ;

°les quotas, les contingents ;

°le contrôle tatillon, les détails, les formulaires ;

°les subventions.

On cherche à empêcher l’entrée des produits étrangers pour soutenir les activités en difficultés,
garder son indépendance pour encourager l’émergence, la restructuration de nouvelles activités : ce
sont les fondements du protectionnisme.

L’économiste Allemand Fréderic Listlégitimise le recours au protectionnisme sous certaines


conditions. Cette protection doit être sélective et temporaire, elle doit permettre de former la main
d’œuvre, de maitriser les techniques et d’acquérir une taille minimum (c’est la théorie du
protectionnisme éducateur).

Le recours au protectionnisme comporte des risques. L’adoption des mesures protectionnistes


engendre souvent des mesures de rétorsions, l’insuffisance ou le surcoût des produits fabriqués
localement. De plus la réduction de la taille du marché ne permet plus la réalisation des économies
d’échelle et la coupure des technologies développées à l’étranger peut rendre l’appareil productif
obsolète. La concurrence extérieure est éliminée.

43
III-LES FACTEURS DE LA MONDIALISATION

La multiplication des Etas indépendants, les progrès des transports n’expliquent qu’une partie du
phénomène de la mondialisation. La multinationalisation des firmes et les rapports internationaux
jouent également un rôle primordial. La mondialisation est l’interpénétration des économies, la
conception d’un produit à l’échelle mondiale. Avec la mondialisation, l’économie est devenue un
village planétaire.

La globalisation : En plus de la mondialisation elle comporte la mobilisation internationale des


capitaux et le développement de la distribution.

1-Le rôle des firmes multinationales (F.M.N)

a-Définition

La multinationale est une entreprise qui a implanté une ou plusieurs filiales dans plusieurs pays
avec une stratégie et une organisation conçue à l’échelle mondiale (on les repère quantitativement
grâce à l’IDH).

Les multinationales sont de types différents : primaires (exportations des ressources naturelles),
de la stratégie productive (avantage de la DIT, salaire, productivité), à la stratégie commerciale
(marchés importants).

b-Les facteurs de la multinationale

*La contrainte d’approvisionnement : Il s’agit de la maitrise de l’exportation des ressources


naturelles et du contrôle de leurs distributions.

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*Contourner les réglementations : La production sur place évite les barrières douanières et les
quotas. La multinationalisation permet de profiter des « paradis fiscaux ».

*Augmenter ses parts de marché : La dimension internationale permet d’accéder à des économies
d’échelle, l’existence d’une présence en face des principaux concurrents.

*La réduction des risques : Cela se fait à travers la diversification géographique.

*Abaisser les coûts de production : Cela consiste à diminuer les coûts de transports (quand on se
rapproche du consommateur), les coûts salariaux.

c-Les conséquences de la multinationalisation

Avantages Inconvénients
•Création d’emplois •Pillages des ressources naturelles
•Relance de la croissance •Concurrence possible des productions locales
•Réduction possible des •Rapatriement des bénéfices
importations •Emplois peu qualifiés
•Apport de capitaux •pollution
•Apport de technologies et de •Acculturation (nouvelles normes de consommation)
techniciens •Instabilité : la stratégie de la F.M.N est globale
•Distribution de salaires •Poids pour les finances publiques (engagement de la part de l’Etat
•rentrées fiscales d’implanter des infrastructures)
•La mise en œuvre de techniques capitalistes entraine une
dépendance et des importations massives
•Abus de pouvoir (les F.M.N imposent leurs politiques à l’Etat) 44
Les conséquences sur le commerce international

Une grande partie du commerce mondial échappe aux lois du marché. Le commerce intra firme ou
le marché captif (le tiers du commerce mondial) fonctionne selon une logique propre : fixation de
prix de transfert, majoration ou minoration de factures pour échapper à des taux d’impositions
prohibitifs ou aux droits de douanes, transferts de fonds plus discrets que le rapatriement des dus.
Les chiffres du commerce mondial dépendent alors de la stratégie des F.M.N.

2-Les accords et les organismes internationaux

Plusieurs traités ou institutions se sont donnés pour objectif de faciliter les échanges que se soit
au niveau mondial ou à un niveau plus raisonnable.

a-Les accords du GATT (General Agreement on Tariff and Trade)

Le GATT est un traité signé pour la 1ère fois en 1947 par 23 pays et qui, depuis, a vu se succéder
plusieurs « négociations commerciales multilatérales » (NCM) avec plus de 100 signataires mais
moins la Chine.

En octobre 1994, le GATT contient 124 pays signataires dont le Mali.

En janvier 1995, le GATT devient l’organisation mondiale du commerce (OMC) dont l’objectif est
de développer le commerce mondial et le libre-échange.

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*Les principes de base du GATT :

-la non-discrimination entre produits nationaux et étrangers encore appelée « clause de la nation la
plus favorisée » (tous les pays doivent bénéficier du meilleur traitement accordé) ;

-l’élimination des restrictions quantitatives : Interdiction des contingentements, des obstacles non
tarifaires ;

-Interdiction du « dumping » et des subventions à l’exportation.

Ces principes sont, dans les faits, souvent accomplis ; l’objectif du GATT étant avant tout d’éviter
l’affrontement commercial (possibilité de quotas) en cas de déficits grave de la balance commerciale
(préférence tarifaire accordée aux PED, création de zones de libre-échange).

*Les différents cycles de NCM :

-le Dillon round (1961-1962) : Réduction de 20% du TEC (Tarif Extérieur Commun), diminution des
droits de douanes ;

-le Kennedy round (1964-1967) : Baisse de 35% des tarifs douaniers ;

-le Tokyo round (1973-1979) : s’attaque aux obstacles non tarifaires ;

-l’Uruguay round (1986-1993) : bloquait les produits agricoles, la CEE s’opposant aux USA, les
propriétés intellectuelles (logiciels), les échanges de services (les assurances, les banques et le
tourisme).
45
b-La création de zones d’échanges privilégiés

Il existe plusieurs étapes dans le processus d’intégration économique :

-zones de libre-échange (baisse des droits de douanes) ;

-union douanière (baisse des droits de douanes plus TEC) ;

-marché commun (baisse des droits de douanes, du TEC, plus la libre circulation des capitaux et des
personnes) ;

-union économique (baisse des droits de douanes, du TEC, la libre circulation des capitaux et des
personnes, harmonisation des politiques économiques) ;

-intégration économique (baisse des droits de douanes, du TEC, la libre circulation des capitaux et
des personnes, harmonisation des politiques, plus autorités supranationale).

Quelques exemples

La CEE (1957) : 15 pays ; l’AELE (Association Européenne de Libre Echange en 1955) : 19 pays ;
l’ASEAN ; le pacte Andin (1969) : 5 pays ; l’ALENA (Accord de Libres Echanges Nord Américain en
1992) : USA, Canada, Mexique ; l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africain en 1994) 8
pays.

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