Développement cognitif de la mémoire
Thèmes abordés
Développement cognitif de la mémoire
Thèmes abordés
c Société de Biologie, 2016
DOI: 10.1051/jbio/2015026
distinction reposant sur la base du nombre d’informa- 2.1 Développement de la mémoire de travail
tions pouvant être mémorisées et sur la durée de main-
tien en mémoire. Des modèles de mémoire à long terme La mémoire de travail est un espace de stockage à
ont été proposés comprenant un système d’action, court terme et de manipulation d’une petite quantité
la mémoire procédurale, mais aussi des systèmes de d’informations. Elle est impliquée dans de nombreux
représentation mentale tels que les mémoires percep- comportements et apprentissages (par exemple, pour
tives, sémantique, ou encore, la mémoire épisodique. effectuer un calcul mental). Elle intervient notamment
Toutes ces formes de mémoire seront définies dans ce dans la lecture, l’écriture, les mathématiques (Monette
document. et al., 2011).
Le modèle multisystémique de Tulving (1995),
Baddeley (2000) propose un modèle de la mémoire
adapté par Eustache & Desgranges (2008, 2012), est
de travail composé de quatre sous-systèmes : un
utile dans le contexte développemental car il s’ap-
administrateur central qui coordonne l’activité des
puie notamment sur des données phylogénétiques mais
systèmes satellites que sont la boucle phonologique,
aussi ontogénétiques (figure 1). Aussi, nous ferons
le calepin visuo-spatial et le buffer épisodique. La
référence à ce modèle pour décrire le développement
boucle phonologique est constituée d’un stock pho-
des différents systèmes de mémoire : en partant de la
nologique passif et d’un système de récapitulation
mémoire procédurale jusqu’au système le plus élaboré,
actif (répétition subvocale). Elle a pour objet de
la mémoire épisodique, qui se met en place le plus tar-
transformer une information verbale, perçue en mo-
divement chez l’enfant. Nous aborderons également le
dalité visuelle ou auditive, en un code phonolo-
rôle d’autres fonctions cognitives comme le langage,
gique. Elle met donc en jeu les processus cognitifs
l’attention, les fonctions exécutives (inhibition, mise à
nécessaires à la perception et à la production du lan-
jour et flexibilité) ou encore la métamémoire dans le
gage. Le calepin visuo-spatial, décrit par analogie à
développement de ces systèmes de mémoire.
la boucle phonologique, est composé également d’un
Ce développement de la mémoire repose en grande
système de stockage et d’un système de récapitulation.
partie sur l’évolution structurale et fonctionnelle du
Le calepin est impliqué dans le maintien à court
cerveau qui mènera à la mise en place de réseaux
terme et la manipulation de l’information visuelle ou
neuronaux efficients à l’âge adulte. La maturation
spatiale ainsi que dans la planification de l’action.
cérébrale et le développement cognitif se produisent
Il permet l’exécution de mouvements, la poursuite
de concert. La mise en place et le perfectionnement
perceptivo-motrice, la génération et la transformation
d’une fonction cognitive coı̈ncident avec la maturation
d’images visuo-spatiales. Le buffer épisodique sous-
de la ou des région(s) cérébrale(s) sous-tendant cette
tend la création de traces multimodales, c’est un es-
fonction (Casey et al., 2000, 2005). Les neurosciences
pace tampon entre la mémoire de travail et la mémoire
cognitives cherchent à comprendre comment les mo-
épisodique (décrite plus loin). En ce sens, il est in-
difications anatomiques et physiologiques du cerveau
dispensable à l’encodage et à la restitution de souve-
avec l’âge sont liées à la maturation des habiletés cog-
nirs épisodiques. Enfin, le système superviseur ou ad-
nitives. Aussi, dans une seconde partie, nous illustre-
ministrateur central renvoie également au concept de
rons le neurodéveloppement de la mémoire en nous
fonctions exécutives. Il coordonne les trois systèmes
focalisant sur deux régions clés de la mémoire, qui su-
satellites, focalise l’attention, change le foyer atten-
bissent des modifications structurales et fonctionnelles
tionnel, active les représentations en mémoire à long
tout au long de l’enfance : l’hippocampe et le cortex
terme, contrôle la planification et les stratégies de
frontal.
récupération.
Une augmentation des performances de mémoire
2 Le développement de la mémoire de travail est observée jusqu’à environ 15 ans (Lee
et al., 2013). L’organisation décrite par Baddeley
Dès les premiers mois de vie, il est possible d’ob- (boucle phonologique, calepin visuo-spatial et buf-
server chez les enfants des comportements tradui- fer épisodique) est retrouvée dès l’âge de 6 ans. Le
sant leurs capacités mnésiques. Par exemple, le temps développement des capacités de stockage passif, dans
de fixation visuelle d’un bébé sur un objet diminue la boucle phonologique et le calepin visuo-spatial,
lorsque cet objet est présenté de façon répétée. Cette s’observerait principalement jusqu’à 8 ans avec une
diminution, caractéristique des paradigmes d’habi- évolution plus modérée jusqu’à 12 ans (Gathercole,
tuation, traduit le désintérêt du bébé pour un ob- 1998). Par exemple, l’empan auditivo-verbal, qui
jet déjà vu et dont il garde une trace en mémoire. se définit par le nombre d’unités verbales (chiffres,
Il existe également d’autres paradigmes de psycho- lettres. . . ) que nous pouvons maintenir en mémoire,
logie expérimentale qui permettent de mettre en augmente entre 3 et 13 ans passant de 2 à 7 items (per-
évidence d’autres compétences mnésiques, ce que nous formances de l’adulte). Concernant le calepin visuo-
détaillerons dans les paragraphes ci-dessous. spatial, il semble que la mémorisation de localisations
Neurodéveloppement de la mémoire 251
Fig. 1. Modèle NEoStructural InterSystémique de F. Eustache et B. Desgranges dans (( Les Chemins de la mémoire )),
Le Pommier, 2012.
c Inserm U1077.
spatiales émerge vers l’âge de 6 mois. L’empan visuo- cognitive à une autre, à se désengager d’une tâche pour
spatial, c’est-à-dire le nombre de localisations spa- en traiter une autre. Enfin, la mise à jour implique de
tiales que nous pouvons maintenir en mémoire, at- modifier le contenu de la mémoire de travail en te-
teint le niveau adulte vers 11 ans. En revanche, les nant compte de l’information entrante plus récente.
capacités de manipulation, mises en évidence dans Ces trois composantes semblent encore indifférenciées
des tâches qui nécessitent de réorganiser le matériel à l’âge de 3 ans et deviennent très progressivement
tel qu’une suite de chiffres à redonner dans l’ordre indépendantes. Il semble que, jusqu’à 11 ans, l’inhi-
inverse, évoluent encore jusqu’à la deuxième partie bition et la flexibilité mentale ne soient pas claire-
de l’adolescence. Enfin, même si de récents travaux ment dissociées, alors qu’entre 11 et 14 ans s’opère
mettent en évidence l’existence de capacités associa- une période de transition où se distinguent progres-
tives dès 6 mois (Oakes et al., 2011 ; Ross-Sheehy sivement les trois composantes qui seront clairement
et al., 2011), le buffer épisodique suit une trajectoire spécifiques à 15 ans. Ce n’est qu’au milieu de l’ado-
développementale continue jusqu’à l’âge adulte (Wang lescence que ces fonctions pourront être sollicitées
et al., 2015). séparément pour un fonctionnement optimal.
une équation). Ainsi, la mémoire procédurale est le de la période préverbale, le bébé détaille progressi-
socle du développement des fonctions cognitives et vement ses connaissances, de la catégorie aux exem-
des apprentissages. La mise en place de la mémoire plaires. Dès l’âge de 7 mois, le nourrisson est capable
procédurale est précoce. Elle est efficace dès les pre- de différencier des catégories telles que les animaux
miers mois du bébé et son développement est rapide et les véhicules. Vers l’âge de 8 mois, la conscience
entre 0 et 3 ans. noétique se met en place. L’enfant devient progressive-
Le paradigme de conditionnement opérant, qui ment conscient de son environnement et est capable de
consiste en l’acquisition de la relation entre un com- créer et manipuler des représentations mentales d’ob-
portement et sa conséquence dans l’environnement, jets sans qu’ils soient présents autour de lui. À partir
est utilisé pour étudier la mémoire procédurale chez le de 16 mois environ, l’enfant est capable de généraliser
bébé. Ce paradigme est mis en jeu, par exemple, dans ses connaissances et de faire des inférences.
la tâche du mobile (Rovee-Collier et al., 1980). Dans Langage et mémoire sémantique sont intimement
cette tâche, le pied du bébé est attaché à un mobile par imbriqués et se développent de concert. La mémoire
une ficelle ; ainsi, l’enfant va apprendre que le mouve- sémantique est associée à la constitution des réseaux
ment de son pied entraı̂ne le mouvement du mobile. lexico-sémantiques qui permettent le stockage et la
Pour tester la mémorisation de l’association, le mobile récupération des mots avec leur signification. Le lan-
est présenté à nouveau à l’enfant avec un délai variable gage ou la verbalisation dans les interactions sociales
après la phase d’apprentissage. Il a ainsi été mis en favorise l’intégration des connaissances mais aussi
évidence que, dès 2 mois, les nourrissons sont capables structure les souvenirs autobiographiques.
d’apprendre cette procédure et de s’en souvenir après
un délai de 24 h. À 3 mois, le délai de rétention de cet
apprentissage est de plusieurs semaines. La mémoire 2.4 Développement de la mémoire épisodique
procédurale continue à évoluer avec l’âge en lien avec
d’autres fonctions cognitives, permettant à l’enfant de La mémoire épisodique est la capacité d’encoder,
réaliser des procédures de plus en plus complexes. stocker et de récupérer les souvenirs conscients
De la même façon les mémoires perceptives, mobi- d’événements personnellement vécus, situés dans leur
lisées généralement de façon automatique et liées aux contexte spatial et temporel d’acquisition (Tulving,
différentes modalités sensorielles, se mettent en place 1984). Elle offre à l’individu la capacité de (( voyager
très tôt chez le bébé. Elles constituent les fondations mentalement dans le temps )), de revivre mentalement
de compétences plus complexes, telles que le langage, les expériences passées mais aussi de se projeter dans
et interviennent dans la formation de représentations l’avenir (Tulving, 2002). La conscience autonoétique,
mnésiques élaborées comme les concepts. Même si associée au rappel des souvenirs épisodiques, donne à
elles émergent précocement, les capacités perceptives l’individu la possibilité de prendre conscience de sa
vont continuer à se développer tout au long de propre identité (sentiment d’identité) dans un temps
l’enfance et avoir un impact sur le fonctionnement subjectif et lui permet la reviviscence consciente de
mnésique, sémantique mais aussi épisodique permet- l’événement et du contexte d’encodage (lui permet-
tant de créer des représentations mnésiques de plus en tant de dire (( je me souviens ))).
plus détaillées. Vers 18 mois, la conscience de soi se met en place.
Par exemple, l’enfant commence à reconnaı̂tre son re-
flet dans le miroir comme étant le sien. Avec l’ap-
2.3 Développement de la mémoire sémantique parition du langage, entre 2 et 4 ans, l’enfant com-
mence à rapporter des événements personnellement
La mémoire sémantique regroupe l’ensemble des vécus, mais ces souvenirs sont encore décontextualisés.
connaissances que nous avons sur le monde. L’état de Il ne rappelle généralement pas la source de son sou-
conscience noétique accompagne le rappel en mémoire venir (comment il a appris ce qu’il sait) qui est la
sémantique et permet d’accéder à l’ensemble des marque d’un souvenir épisodique. Ce n’est que vers
connaissances générales sans se souvenir du contexte 5 ans que la mémoire épisodique se met en place. La
dans lequel elles ont été encodées ((( je sais ))). La capacité à rappeler des souvenirs épisodiques riches
mémoire sémantique est centrale dans le fonctionne- et élaborés connaı̂t un développement important du-
ment cognitif, elle est essentielle à la mémoire auto- rant la seconde partie de l’enfance (Brainerd et al.,
biographique et fondamentale pour la production et 2004 ; Ghetti & Angelini, 2008). Ce développement se
la compréhension du langage. traduit dans des tâches de laboratoire par une recon-
Le développement des connaissances sémantiques naissance d’items isolés assez précoce contrastant avec
repose en grande partie sur un traitement percep- l’apparition plus tardive de la capacité de mémoriser
tif chez le jeune enfant. Deux périodes peuvent être des associations comme une liste d’objets associés à
distinguées : les périodes préverbale et verbale. Lors la couleur de l’arrière-plan de présentation (Piolino
Neurodéveloppement de la mémoire 253
et al., 2007 ; DeMaster & Ghetti, 2013). Le type d’as- sur sa propre vie permettant la représentation de soi).
sociation est également un facteur important. Les L’interaction des deux composantes de la mémoire au-
paradigmes impliquant des associations spatiales ou tobiographique permet le maintien de la cohérence
temporelles mettent en avant une évolution différente du sentiment d’identité et de la représentation de soi
des performances en fonction du type d’association au fil du temps de telle façon que les souvenirs res-
(Picard et al., 2012 ; Guillery-Girard et al., 2013) : tent en accord avec les aspirations, buts, désirs et
les performances de restitution d’associations intra- croyances actuels de l’individu (Conway, 2005). Les
domaines (deux photos ou deux dessins) plafonnent souvenirs épisodiques autobiographiques seraient une
très rapidement avant 10 ans alors que les associations sélection parmi les nombreux souvenirs épisodiques
spatiales progressent de façon linéaire et les associa- formés chaque jour. Seuls les souvenirs suffisamment
tions temporelles évoluent de façon plus tardive avec constitutifs de la représentation actuelle de soi seraient
une amélioration marquée entre 9 et 10 ans. maintenus en mémoire (Conway & Pleydell-Pearce,
D’autres tâches visent à évaluer le type 2000).
d’expérience subjective qui accompagne la restitution Certains travaux se sont penchés sur les sou-
du souvenir, un sentiment soit de familiarité soit venirs d’enfance rappelés par des adultes pour
de recollection (Ghetti & Angelini, 2008). La fa- étudier le développement de la mémoire autobio-
miliarité (reconnaissance sans rappel du contexte, graphique (Bruce et al., 2000 ; Newcombe et al.,
c’est-à-dire (( je sais que j’ai vu l’item mais je n’ai 2007). Les résultats de ces travaux montrent qu’il est
pas de détails sur le moment où je l’ai vu ))) et la extrêmement rare que les adultes rapportent des sou-
recollection (rappel du souvenir dans son contexte, venirs d’événements s’étant déroulés durant les deux
(( je me souviens d’avoir vu cet item et il était placé premières années de vie. Généralement, les souvenirs
en début de liste ))) sont dissociables vers 5 ans les plus lointains correspondent à l’âge de 3 ans. Ainsi,
(Riggins, 2014). Le sentiment de familiarité augmente il a été proposé que la difficulté à rappeler des souve-
remarquablement entre 2 et 6 ans puis se stabiliserait nirs des premières années de vie puissent correspondre
vers l’âge de 8 ans (Billingsley et al., 2002 ; Piolino à deux périodes développementales : l’amnésie infan-
et al., 2007 ; Ghetti & Angelini, 2008). En revanche, le tile (absolue) avant 2 ans se traduisant par une ab-
sentiment de recollection, sous-tendu par la capacité sence complète de souvenirs datant des deux premières
de se remémorer le contexte d’encodage, suit un années de vie et l’amnésie de l’enfance (relative) de 2
développement lent jusqu’à l’âge adulte (Ghetti & à 5 ans, les souvenirs de cette période sont peu nom-
Angelini, 2008). breux mais augmentent graduellement jusqu’à 5 ans
Le développement des processus métacognitifs, y (Hayne & Jack, 2011). Selon ces travaux, un fonction-
compris de la métamémoire, semble jouer un rôle nement de la mémoire autobiographique relativement
important dans l’augmentation des performances de semblable à celui de l’adulte apparaı̂trait vers l’âge de
mémoire épisodique. En effet, la capacité à réfléchir 7 ans.
sur son propre fonctionnement et à adapter ses Les composantes épisodique et sémantique de
stratégies mnésiques en fonction de la situation évolue la mémoire autobiographique semblent se mettre
encore tardivement au cours de l’adolescence. Ainsi, en place à un âge différent avec une trajectoire
la meilleure utilisation de stratégies mnémoniques développementale plus longue et plus tardive pour
au cours du développement de l’enfant participe- la composante épisodique (Piolino et al., 2007 ;
rait à l’amélioration des capacités de stockage et de Picard et al., 2012 ; Willoughby et al., 2012). Le
récupération de l’information. Progressivement, les en- développement de la mémoire épisodique autobiogra-
fants présentent une meilleure capacité à aller re- phique avec l’âge est dépendant de la mise en place
chercher l’information en mémoire de façon volontaire de la mémoire sémantique autobiographique, ainsi que
(Paz-Alonso et al., 2009). de l’amélioration des capacités de mémoire épisodique
et des fonctions exécutives (Picard et al., 2012).
2.5 Développement de la mémoire Ainsi, la mémoire autobiographique se développerait
autobiographique selon un modèle hiérarchique (Mishkin et al., 1997)
avec le développement premier et plus rapide de la
La mémoire autobiographique regroupe un ensemble composante sémantique fournissant un fondement au
de connaissances et de souvenirs particuliers à un in- développement plus tardif et plus lent de la compo-
dividu, accumulés depuis son plus jeune âge, et qui sante épisodique.
lui permettent de construire un sentiment d’identité Howe & Courage (1993, 1997) proposent que
et de continuité. Elle est constituée d’une compo- l’émergence de la mémoire épisodique autobiogra-
sante épisodique (souvenirs épisodiques autobiogra- phique et la fin de la période d’amnésie infantile cor-
phiques) et d’une composante sémantique autobiogra- respondent au développement de la conscience de soi
phique (ensemble de connaissances générales sur soi et et à l’acquisition des premières connaissances de soi
254 Société de Biologie de Paris
durant les premières années de vie. Le développement Ce phénomène de régulation neurologique permet la
de la conscience de soi permet aux enfants de re- sélection des synapses en grande partie sur la base de
connaı̂tre que le soi est continu dans le temps, ainsi que leur fonctionnement : les connexions neuronales sous-
d’organiser et d’intégrer les événements passés comme utilisées sont supprimées alors que les connexions neu-
personnellement vécus. Ainsi, le développement de la ronales actives sont renforcées (Huttenlocher, 1979).
conscience de soi semble être un préalable important Cela permet le traitement plus efficace et com-
pour l’émergence de la mémoire épisodique autobio- plexe de l’information et participe à la mise en
graphique chez l’enfant. La maturation cérébrale est place de réseaux fonctionnels par la réorganisation de
un autre facteur conditionnant le développement de la connexions inter-régionales.
mémoire.
Fig. 2. Évolution des volumes de substance grise et de substance blanche chez les garçons (courbes bleues) et les filles
(courbes rouges) de 4 à 18 ans (inspiré de Brain Development Cooperative Group, 2012).
chez l’enfant le plus jeune, alors que cette région n’est rales (le volume de substance grise par exemple) ren-
recrutée que pour l’un des deux processus chez l’en- seigne sur les régions cérébrales dont les modifications
fant le plus âgé (voir par exemple Dégeilh et al., 2015). structurales sous-tendent le développement du type
Ces phénomènes illustrent la spécialisation fonction- de mémoire étudié. Par exemple, Sowell et al. (2003)
nelle des régions cérébrales avec l’âge. montrent une association entre la maturation struc-
turale du cortex préfrontal et le développement de la
mémoire. En revanche, l’imagerie fonctionnelle d’ac-
4 Hippocampe et cortex préfrontal : tivation, qui consiste à enregistrer l’activité cérébrale
pendant la réalisation d’une tâche cognitive, permet
substrats cérébraux du développement d’identifier les régions cérébrales donc l’activité évolue
mnésique au cours du développement pour une fonction cogni-
tive particulière.
Les études neurodéveloppementales utilisent les tech- L’hippocampe et le cortex frontal sont des régions
niques d’imagerie cérébrale pour explorer le lien entre clés de la mémoire et leur maturation semble par-
maturation cérébrale (structurale et fonctionnelle) ticulièrement impliquée dans la mise en place de la
et développement cognitif. L’analyse de corrélations mémoire de travail, de la mémoire épisodique et de
entre performances mnésiques et mesures structu- la mémoire autobiographique. L’hippocampe mature
256 Société de Biologie de Paris
rapidement pendant les deux premières années alors nirs épisodiques, il est associé à l’activation de l’hip-
que le cortex préfrontal mature progressivement tout pocampe antérieur chez les adultes et à l’activation de
au long de l’enfance et de l’adolescence. En parallèle, l’hippocampe postérieur chez les enfants de 8 à 11 ans
les fonctions mnésiques dépendantes des régions fron- (DeMaster & Ghetti, 2013). La partie antérieure
tales se développeraient plus lentement que les fonc- de l’hippocampe sous-tendrait l’encodage et le rap-
tions hippocampo-dépendantes. Ainsi les trajectoires pel des représentations flexibles de l’événement alors
développementales de ces composantes de la mémoire que l’hippocampe postérieur serait impliqué dans la
seraient dissociables : (i) la composante stratégique de création et la récupération d’une représentation per-
la mémoire, dépendante des régions frontales, suivrait ceptive plus stricte de l’événement (Giovanello et al.,
une maturation prolongée alors que (ii) la composante 2009). Cela concorde avec les observations comporte-
associative impliquant les hippocampes serait mature mentales montrant que le rappel épisodique des en-
plus tôt (Shing et al., 2008, 2010). fants est moins flexible que celui des adultes et plus
dépendant de la répétition exacte de l’événement et
de son contexte d’encodage.
4.1 L’hippocampe
mnésique. En effet, l’encodage de l’information qui Bien que dans cette revue nous ayons souvent
sera ensuite correctement rappelée est associé à l’ac- précisé l’âge auquel telle ou telle compétence mnésique
tivation des régions du cortex préfrontal chez l’adulte émerge, il est important de rappeler que ces âges sont
(Brewer et al., 1998) comme chez l’enfant (Ofen et al., indicatifs et correspondent à un âge moyen. Chaque
2007 ; Ghetti et al., 2010 ; Ofen, 2012). Au cours du enfant a un développement singulier et mieux com-
développement, le cortex préfrontal est de plus en prendre cette variabilité interindividuelle sera un des
plus recruté lors de tâches de mémoire épisodique enjeux majeurs de ces prochaines années de recherche
(Ofen et al., 2007). Le cortex préfrontal joue également afin de s’adapter à chaque enfant mais aussi de pouvoir
un rôle critique dans la mémorisation des aspects repérer le plus précocement possible des anomalies de
contextuels (rappel de la source) associés au souve- développement nécessitant une prise en charge.
nir épisodique (Janowsky et al., 1989). L’activation
du cortex préfrontal corrèle également avec l’augmen-
tation des performances de recollection des détails Références
d’un souvenir, mesurées par une tâche de rappel de
la source, entre les âges de 8 et 24 ans (Ofen et al., Addis, D.R., and Schacter, D.L. (2008). Constructive
2007). episodic simulation: temporal distance and detail of
La maturation lente de la connectivité entre les past and future events modulate hippocampal engage-
régions sous-tendant la mémoire épisodique condi- ment. Hippocampus, 18, 227–237.
tionne son développement. Par exemple, le faisceau Baddeley, A. (2000). The episodic buffer: A new compo-
unciné reliant l’hippocampe antérieur et le cortex nent of working memory? Trends Cogn Sci, 4, 417–423.
préfrontal achève sa maturation après 25 ans (Lebel Bauer, P.J. (2006). Constructing a past in infancy: a neuro-
et al., 2008 ; Lebel & Beaulieu, 2011). Mabbott et al. developmental account. Trends Cogn Sci, 10, 175–181.
(2009) ont montré que cette maturation était corrélée Billingsley, R.L., Smith, M. Lou, and McAndrews, M.P.
à de meilleures performances en mémoire épisodique. (2002). Developmental patterns in priming and famil-
iarity in explicit recollection. J Exp Child Psychol, 82,
251–277.
5 Conclusion Brain Development Cooperative Group (2012). Total
and Regional Brain Volumes in a Population-Based
Le développement de la mémoire semble se produire en Normative Sample from 4 to 18 Years: The NIH MRI
partie de façon hiérarchique, d’un système mnésique Study of Normal Brain Development. Cereb Cortex,
d’action, qui est la mémoire procédurale, vers le 22, 1–12.
système de représentation mentale le plus complexe, Brainerd, C.J., Holliday, R.E., and Reyna, V.F. (2004).
la mémoire épisodique. Ainsi, la mise en place plus Behavioral measurement of remembering phe-
précoce des processus et des systèmes mnésiques les nomenologies: So simple a child can do it. Child Dev,
plus élémentaires servirait de socle au développement 75, 505–522.
des systèmes plus complexes. Brewer, J.B., Zhao, Z., Desmond, J.E., Glover, G.H., and
Le cerveau connaı̂t une maturation importante et Gabrieli, J.D. (1998). Making memories: brain activity
progressive tout au long des vingt premières années that predicts how well visual experience will be remem-
de vie. La maturation se traduit par des modifications bered. Science, 281, 1185–1187.
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gressant des régions sensori-motrices primaires vers les the transition from childhood amnesia to the recall of
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souvent avec la maturation de la ou des régions
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cérébrales impliquées dans cette fonction. Il en est
prefrontal cortex in children during a nonspatial work-
ainsi pour l’hippocampe et le cortex préfrontal dont ing memory task with functional MRI. Neuroimage, 2,
la maturation semble essentielle au développement 221–229.
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