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Développement cognitif de la mémoire

Cet article examine le développement cognitif et cérébral de la mémoire de l'enfance à l'âge adulte, en mettant l'accent sur les systèmes de mémoire, tels que la mémoire procédurale et autobiographique. Il explore comment d'autres fonctions cognitives, comme le langage et les fonctions exécutives, contribuent à ce développement, ainsi que les modifications structurelles et fonctionnelles de l'hippocampe et du cortex préfrontal. Les résultats montrent que la maturation cérébrale est essentielle pour le développement progressif des capacités mnésiques tout au long de l'enfance et de l'adolescence.

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Thèmes abordés

  • Flexibilité mentale,
  • Évolution des connexions neuro…,
  • Trajectoire de développement,
  • Hippocampe,
  • Rappel,
  • Mémorisation,
  • Cortex préfrontal,
  • Encodage,
  • Développement des compétences,
  • Modèles multisystémiques
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Développement cognitif de la mémoire

Cet article examine le développement cognitif et cérébral de la mémoire de l'enfance à l'âge adulte, en mettant l'accent sur les systèmes de mémoire, tels que la mémoire procédurale et autobiographique. Il explore comment d'autres fonctions cognitives, comme le langage et les fonctions exécutives, contribuent à ce développement, ainsi que les modifications structurelles et fonctionnelles de l'hippocampe et du cortex préfrontal. Les résultats montrent que la maturation cérébrale est essentielle pour le développement progressif des capacités mnésiques tout au long de l'enfance et de l'adolescence.

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  • Flexibilité mentale,
  • Évolution des connexions neuro…,
  • Trajectoire de développement,
  • Hippocampe,
  • Rappel,
  • Mémorisation,
  • Cortex préfrontal,
  • Encodage,
  • Développement des compétences,
  • Modèles multisystémiques

Biologie Aujourd’hui, 209 (3), 249-260 (2015)


c Société de Biologie, 2016
DOI: 10.1051/jbio/2015026

Le développement cognitif et cérébral de la mémoire :


de l’enfance à l’âge adulte
Fanny Dégeilh1,2,3,4 , Francis Eustache1,2,3,4 et Bérengère Guillery-Girard1,2,3,4
1
Inserm, U1077, Caen, France
2
Université de Caen Normandie, UMR-S1077, Caen, France
3
École Pratique des Hautes Etudes, UMR-S1077, Caen, France
4
Centre Hospitalier Universitaire, U1077, Caen, France
Auteur correspondant : Bérengère Guillery-Girard, [Link]@[Link]

Reçu le 14 novembre 2015

Résumé – Le développement cognitif repose en grande partie sur des phénomènes de


maturation cérébrale. Cet article propose une revue des connaissances actuelles sur
le neurodéveloppement de la mémoire. Nous décrirons tout d’abord le développement
de la mémoire selon une approche multisystémique, de la mémoire procédurale à la
mémoire autobiographique. Nous discuterons notamment comment la mise en place
progressive d’autres fonctions cognitives, comme le langage, l’attention, les fonctions
exécutives (inhibition, mise à jour et flexibilité), ou encore la métamémoire, participe
au développement mnésique. Dans une seconde partie, nous présenterons comment
les modifications structurales et fonctionnelles de deux régions cérébrales essentielles
à la mémoire, l’hippocampe et le cortex préfrontal, sous-tendent le développement
progressif de la mémoire tout au long de l’enfance et l’adolescence.

Mots clés : Mémoire / développement cognitif / maturation cérébrale / hippocampe / cortex


préfrontal

Abstract – Cognitive and brain development of memory from infancy to early


adulthood.
Cognitive and brain development are closely linked from infancy to adulthood. The
purpose of this article is to review the current state of knowledge on behavioral and
brain substrates of memory development. First, we will review cognitive development
of different memory systems, from procedural to autobiographical memory. We will
discuss how the development of other cognitive functions (language, attention, execu-
tive functions and metamemory) participates in memory development. Second, we will
describe how structural and functional changes in two core brain regions of memory,
i.e. the hippocampus and the prefrontal cortex, impact the protracted development of
memory throughout childhood.

Key words: Memory / cognitive development / brain maturation / hippocampus / prefrontal


cortex

1 Introduction peut être abordé comme un concept multisystémique


et, en ce sens, il ne fait pas référence à une fonction
La mémoire est au cœur des apprentissages et, au-delà, cognitive unitaire, mais à un ensemble de systèmes en
est essentielle à la construction de l’individu. Elle est partie indépendants et interactifs. La première distinc-
le fondement de son histoire, de son identité et as- tion portait sur mémoire à court terme (ou aujour-
sure le sentiment de continuité. Le terme (( mémoire )) d’hui mémoire de travail) et mémoire à long terme,

Article publié par EDP Sciences


250 Société de Biologie de Paris

distinction reposant sur la base du nombre d’informa- 2.1 Développement de la mémoire de travail
tions pouvant être mémorisées et sur la durée de main-
tien en mémoire. Des modèles de mémoire à long terme La mémoire de travail est un espace de stockage à
ont été proposés comprenant un système d’action, court terme et de manipulation d’une petite quantité
la mémoire procédurale, mais aussi des systèmes de d’informations. Elle est impliquée dans de nombreux
représentation mentale tels que les mémoires percep- comportements et apprentissages (par exemple, pour
tives, sémantique, ou encore, la mémoire épisodique. effectuer un calcul mental). Elle intervient notamment
Toutes ces formes de mémoire seront définies dans ce dans la lecture, l’écriture, les mathématiques (Monette
document. et al., 2011).
Le modèle multisystémique de Tulving (1995),
Baddeley (2000) propose un modèle de la mémoire
adapté par Eustache & Desgranges (2008, 2012), est
de travail composé de quatre sous-systèmes : un
utile dans le contexte développemental car il s’ap-
administrateur central qui coordonne l’activité des
puie notamment sur des données phylogénétiques mais
systèmes satellites que sont la boucle phonologique,
aussi ontogénétiques (figure 1). Aussi, nous ferons
le calepin visuo-spatial et le buffer épisodique. La
référence à ce modèle pour décrire le développement
boucle phonologique est constituée d’un stock pho-
des différents systèmes de mémoire : en partant de la
nologique passif et d’un système de récapitulation
mémoire procédurale jusqu’au système le plus élaboré,
actif (répétition subvocale). Elle a pour objet de
la mémoire épisodique, qui se met en place le plus tar-
transformer une information verbale, perçue en mo-
divement chez l’enfant. Nous aborderons également le
dalité visuelle ou auditive, en un code phonolo-
rôle d’autres fonctions cognitives comme le langage,
gique. Elle met donc en jeu les processus cognitifs
l’attention, les fonctions exécutives (inhibition, mise à
nécessaires à la perception et à la production du lan-
jour et flexibilité) ou encore la métamémoire dans le
gage. Le calepin visuo-spatial, décrit par analogie à
développement de ces systèmes de mémoire.
la boucle phonologique, est composé également d’un
Ce développement de la mémoire repose en grande
système de stockage et d’un système de récapitulation.
partie sur l’évolution structurale et fonctionnelle du
Le calepin est impliqué dans le maintien à court
cerveau qui mènera à la mise en place de réseaux
terme et la manipulation de l’information visuelle ou
neuronaux efficients à l’âge adulte. La maturation
spatiale ainsi que dans la planification de l’action.
cérébrale et le développement cognitif se produisent
Il permet l’exécution de mouvements, la poursuite
de concert. La mise en place et le perfectionnement
perceptivo-motrice, la génération et la transformation
d’une fonction cognitive coı̈ncident avec la maturation
d’images visuo-spatiales. Le buffer épisodique sous-
de la ou des région(s) cérébrale(s) sous-tendant cette
tend la création de traces multimodales, c’est un es-
fonction (Casey et al., 2000, 2005). Les neurosciences
pace tampon entre la mémoire de travail et la mémoire
cognitives cherchent à comprendre comment les mo-
épisodique (décrite plus loin). En ce sens, il est in-
difications anatomiques et physiologiques du cerveau
dispensable à l’encodage et à la restitution de souve-
avec l’âge sont liées à la maturation des habiletés cog-
nirs épisodiques. Enfin, le système superviseur ou ad-
nitives. Aussi, dans une seconde partie, nous illustre-
ministrateur central renvoie également au concept de
rons le neurodéveloppement de la mémoire en nous
fonctions exécutives. Il coordonne les trois systèmes
focalisant sur deux régions clés de la mémoire, qui su-
satellites, focalise l’attention, change le foyer atten-
bissent des modifications structurales et fonctionnelles
tionnel, active les représentations en mémoire à long
tout au long de l’enfance : l’hippocampe et le cortex
terme, contrôle la planification et les stratégies de
frontal.
récupération.
Une augmentation des performances de mémoire
2 Le développement de la mémoire de travail est observée jusqu’à environ 15 ans (Lee
et al., 2013). L’organisation décrite par Baddeley
Dès les premiers mois de vie, il est possible d’ob- (boucle phonologique, calepin visuo-spatial et buf-
server chez les enfants des comportements tradui- fer épisodique) est retrouvée dès l’âge de 6 ans. Le
sant leurs capacités mnésiques. Par exemple, le temps développement des capacités de stockage passif, dans
de fixation visuelle d’un bébé sur un objet diminue la boucle phonologique et le calepin visuo-spatial,
lorsque cet objet est présenté de façon répétée. Cette s’observerait principalement jusqu’à 8 ans avec une
diminution, caractéristique des paradigmes d’habi- évolution plus modérée jusqu’à 12 ans (Gathercole,
tuation, traduit le désintérêt du bébé pour un ob- 1998). Par exemple, l’empan auditivo-verbal, qui
jet déjà vu et dont il garde une trace en mémoire. se définit par le nombre d’unités verbales (chiffres,
Il existe également d’autres paradigmes de psycho- lettres. . . ) que nous pouvons maintenir en mémoire,
logie expérimentale qui permettent de mettre en augmente entre 3 et 13 ans passant de 2 à 7 items (per-
évidence d’autres compétences mnésiques, ce que nous formances de l’adulte). Concernant le calepin visuo-
détaillerons dans les paragraphes ci-dessous. spatial, il semble que la mémorisation de localisations
Neurodéveloppement de la mémoire 251

Fig. 1. Modèle NEoStructural InterSystémique de F. Eustache et B. Desgranges dans (( Les Chemins de la mémoire )),
Le Pommier, 2012. 
c Inserm U1077.

spatiales émerge vers l’âge de 6 mois. L’empan visuo- cognitive à une autre, à se désengager d’une tâche pour
spatial, c’est-à-dire le nombre de localisations spa- en traiter une autre. Enfin, la mise à jour implique de
tiales que nous pouvons maintenir en mémoire, at- modifier le contenu de la mémoire de travail en te-
teint le niveau adulte vers 11 ans. En revanche, les nant compte de l’information entrante plus récente.
capacités de manipulation, mises en évidence dans Ces trois composantes semblent encore indifférenciées
des tâches qui nécessitent de réorganiser le matériel à l’âge de 3 ans et deviennent très progressivement
tel qu’une suite de chiffres à redonner dans l’ordre indépendantes. Il semble que, jusqu’à 11 ans, l’inhi-
inverse, évoluent encore jusqu’à la deuxième partie bition et la flexibilité mentale ne soient pas claire-
de l’adolescence. Enfin, même si de récents travaux ment dissociées, alors qu’entre 11 et 14 ans s’opère
mettent en évidence l’existence de capacités associa- une période de transition où se distinguent progres-
tives dès 6 mois (Oakes et al., 2011 ; Ross-Sheehy sivement les trois composantes qui seront clairement
et al., 2011), le buffer épisodique suit une trajectoire spécifiques à 15 ans. Ce n’est qu’au milieu de l’ado-
développementale continue jusqu’à l’âge adulte (Wang lescence que ces fonctions pourront être sollicitées
et al., 2015). séparément pour un fonctionnement optimal.

Les fonctions exécutives, regroupant notamment


les processus d’inhibition, de mise à jour et de flexibi- 2.2 Développement de la mémoire procédurale
lité, sont particulièrement sollicitées par la mémoire de et des mémoires perceptives
travail. Comme la mémoire de travail, la maturation
des fonctions exécutives est progressive tout au long La mémoire procédurale est le système de stockage des
de l’adolescence. L’inhibition se traduit par la capa- règles de fonctionnement permettant la mémorisation
cité à supprimer, ou à mettre à l’arrière-plan, les infor- des savoir-faire. Elle est constituée d’automatismes
mations qui ne sont pas pertinentes pour réaliser une sensorimoteurs qui sont récupérés de façon incons-
tâche en cours. La flexibilité mentale se définit comme ciente et non verbalisable lors d’actions (faire du
la capacité à passer alternativement d’une opération vélo) ou de procédures cognitives complexes (résoudre
252 Société de Biologie de Paris

une équation). Ainsi, la mémoire procédurale est le de la période préverbale, le bébé détaille progressi-
socle du développement des fonctions cognitives et vement ses connaissances, de la catégorie aux exem-
des apprentissages. La mise en place de la mémoire plaires. Dès l’âge de 7 mois, le nourrisson est capable
procédurale est précoce. Elle est efficace dès les pre- de différencier des catégories telles que les animaux
miers mois du bébé et son développement est rapide et les véhicules. Vers l’âge de 8 mois, la conscience
entre 0 et 3 ans. noétique se met en place. L’enfant devient progressive-
Le paradigme de conditionnement opérant, qui ment conscient de son environnement et est capable de
consiste en l’acquisition de la relation entre un com- créer et manipuler des représentations mentales d’ob-
portement et sa conséquence dans l’environnement, jets sans qu’ils soient présents autour de lui. À partir
est utilisé pour étudier la mémoire procédurale chez le de 16 mois environ, l’enfant est capable de généraliser
bébé. Ce paradigme est mis en jeu, par exemple, dans ses connaissances et de faire des inférences.
la tâche du mobile (Rovee-Collier et al., 1980). Dans Langage et mémoire sémantique sont intimement
cette tâche, le pied du bébé est attaché à un mobile par imbriqués et se développent de concert. La mémoire
une ficelle ; ainsi, l’enfant va apprendre que le mouve- sémantique est associée à la constitution des réseaux
ment de son pied entraı̂ne le mouvement du mobile. lexico-sémantiques qui permettent le stockage et la
Pour tester la mémorisation de l’association, le mobile récupération des mots avec leur signification. Le lan-
est présenté à nouveau à l’enfant avec un délai variable gage ou la verbalisation dans les interactions sociales
après la phase d’apprentissage. Il a ainsi été mis en favorise l’intégration des connaissances mais aussi
évidence que, dès 2 mois, les nourrissons sont capables structure les souvenirs autobiographiques.
d’apprendre cette procédure et de s’en souvenir après
un délai de 24 h. À 3 mois, le délai de rétention de cet
apprentissage est de plusieurs semaines. La mémoire 2.4 Développement de la mémoire épisodique
procédurale continue à évoluer avec l’âge en lien avec
d’autres fonctions cognitives, permettant à l’enfant de La mémoire épisodique est la capacité d’encoder,
réaliser des procédures de plus en plus complexes. stocker et de récupérer les souvenirs conscients
De la même façon les mémoires perceptives, mobi- d’événements personnellement vécus, situés dans leur
lisées généralement de façon automatique et liées aux contexte spatial et temporel d’acquisition (Tulving,
différentes modalités sensorielles, se mettent en place 1984). Elle offre à l’individu la capacité de (( voyager
très tôt chez le bébé. Elles constituent les fondations mentalement dans le temps )), de revivre mentalement
de compétences plus complexes, telles que le langage, les expériences passées mais aussi de se projeter dans
et interviennent dans la formation de représentations l’avenir (Tulving, 2002). La conscience autonoétique,
mnésiques élaborées comme les concepts. Même si associée au rappel des souvenirs épisodiques, donne à
elles émergent précocement, les capacités perceptives l’individu la possibilité de prendre conscience de sa
vont continuer à se développer tout au long de propre identité (sentiment d’identité) dans un temps
l’enfance et avoir un impact sur le fonctionnement subjectif et lui permet la reviviscence consciente de
mnésique, sémantique mais aussi épisodique permet- l’événement et du contexte d’encodage (lui permet-
tant de créer des représentations mnésiques de plus en tant de dire (( je me souviens ))).
plus détaillées. Vers 18 mois, la conscience de soi se met en place.
Par exemple, l’enfant commence à reconnaı̂tre son re-
flet dans le miroir comme étant le sien. Avec l’ap-
2.3 Développement de la mémoire sémantique parition du langage, entre 2 et 4 ans, l’enfant com-
mence à rapporter des événements personnellement
La mémoire sémantique regroupe l’ensemble des vécus, mais ces souvenirs sont encore décontextualisés.
connaissances que nous avons sur le monde. L’état de Il ne rappelle généralement pas la source de son sou-
conscience noétique accompagne le rappel en mémoire venir (comment il a appris ce qu’il sait) qui est la
sémantique et permet d’accéder à l’ensemble des marque d’un souvenir épisodique. Ce n’est que vers
connaissances générales sans se souvenir du contexte 5 ans que la mémoire épisodique se met en place. La
dans lequel elles ont été encodées ((( je sais ))). La capacité à rappeler des souvenirs épisodiques riches
mémoire sémantique est centrale dans le fonctionne- et élaborés connaı̂t un développement important du-
ment cognitif, elle est essentielle à la mémoire auto- rant la seconde partie de l’enfance (Brainerd et al.,
biographique et fondamentale pour la production et 2004 ; Ghetti & Angelini, 2008). Ce développement se
la compréhension du langage. traduit dans des tâches de laboratoire par une recon-
Le développement des connaissances sémantiques naissance d’items isolés assez précoce contrastant avec
repose en grande partie sur un traitement percep- l’apparition plus tardive de la capacité de mémoriser
tif chez le jeune enfant. Deux périodes peuvent être des associations comme une liste d’objets associés à
distinguées : les périodes préverbale et verbale. Lors la couleur de l’arrière-plan de présentation (Piolino
Neurodéveloppement de la mémoire 253

et al., 2007 ; DeMaster & Ghetti, 2013). Le type d’as- sur sa propre vie permettant la représentation de soi).
sociation est également un facteur important. Les L’interaction des deux composantes de la mémoire au-
paradigmes impliquant des associations spatiales ou tobiographique permet le maintien de la cohérence
temporelles mettent en avant une évolution différente du sentiment d’identité et de la représentation de soi
des performances en fonction du type d’association au fil du temps de telle façon que les souvenirs res-
(Picard et al., 2012 ; Guillery-Girard et al., 2013) : tent en accord avec les aspirations, buts, désirs et
les performances de restitution d’associations intra- croyances actuels de l’individu (Conway, 2005). Les
domaines (deux photos ou deux dessins) plafonnent souvenirs épisodiques autobiographiques seraient une
très rapidement avant 10 ans alors que les associations sélection parmi les nombreux souvenirs épisodiques
spatiales progressent de façon linéaire et les associa- formés chaque jour. Seuls les souvenirs suffisamment
tions temporelles évoluent de façon plus tardive avec constitutifs de la représentation actuelle de soi seraient
une amélioration marquée entre 9 et 10 ans. maintenus en mémoire (Conway & Pleydell-Pearce,
D’autres tâches visent à évaluer le type 2000).
d’expérience subjective qui accompagne la restitution Certains travaux se sont penchés sur les sou-
du souvenir, un sentiment soit de familiarité soit venirs d’enfance rappelés par des adultes pour
de recollection (Ghetti & Angelini, 2008). La fa- étudier le développement de la mémoire autobio-
miliarité (reconnaissance sans rappel du contexte, graphique (Bruce et al., 2000 ; Newcombe et al.,
c’est-à-dire (( je sais que j’ai vu l’item mais je n’ai 2007). Les résultats de ces travaux montrent qu’il est
pas de détails sur le moment où je l’ai vu ))) et la extrêmement rare que les adultes rapportent des sou-
recollection (rappel du souvenir dans son contexte, venirs d’événements s’étant déroulés durant les deux
(( je me souviens d’avoir vu cet item et il était placé premières années de vie. Généralement, les souvenirs
en début de liste ))) sont dissociables vers 5 ans les plus lointains correspondent à l’âge de 3 ans. Ainsi,
(Riggins, 2014). Le sentiment de familiarité augmente il a été proposé que la difficulté à rappeler des souve-
remarquablement entre 2 et 6 ans puis se stabiliserait nirs des premières années de vie puissent correspondre
vers l’âge de 8 ans (Billingsley et al., 2002 ; Piolino à deux périodes développementales : l’amnésie infan-
et al., 2007 ; Ghetti & Angelini, 2008). En revanche, le tile (absolue) avant 2 ans se traduisant par une ab-
sentiment de recollection, sous-tendu par la capacité sence complète de souvenirs datant des deux premières
de se remémorer le contexte d’encodage, suit un années de vie et l’amnésie de l’enfance (relative) de 2
développement lent jusqu’à l’âge adulte (Ghetti & à 5 ans, les souvenirs de cette période sont peu nom-
Angelini, 2008). breux mais augmentent graduellement jusqu’à 5 ans
Le développement des processus métacognitifs, y (Hayne & Jack, 2011). Selon ces travaux, un fonction-
compris de la métamémoire, semble jouer un rôle nement de la mémoire autobiographique relativement
important dans l’augmentation des performances de semblable à celui de l’adulte apparaı̂trait vers l’âge de
mémoire épisodique. En effet, la capacité à réfléchir 7 ans.
sur son propre fonctionnement et à adapter ses Les composantes épisodique et sémantique de
stratégies mnésiques en fonction de la situation évolue la mémoire autobiographique semblent se mettre
encore tardivement au cours de l’adolescence. Ainsi, en place à un âge différent avec une trajectoire
la meilleure utilisation de stratégies mnémoniques développementale plus longue et plus tardive pour
au cours du développement de l’enfant participe- la composante épisodique (Piolino et al., 2007 ;
rait à l’amélioration des capacités de stockage et de Picard et al., 2012 ; Willoughby et al., 2012). Le
récupération de l’information. Progressivement, les en- développement de la mémoire épisodique autobiogra-
fants présentent une meilleure capacité à aller re- phique avec l’âge est dépendant de la mise en place
chercher l’information en mémoire de façon volontaire de la mémoire sémantique autobiographique, ainsi que
(Paz-Alonso et al., 2009). de l’amélioration des capacités de mémoire épisodique
et des fonctions exécutives (Picard et al., 2012).
2.5 Développement de la mémoire Ainsi, la mémoire autobiographique se développerait
autobiographique selon un modèle hiérarchique (Mishkin et al., 1997)
avec le développement premier et plus rapide de la
La mémoire autobiographique regroupe un ensemble composante sémantique fournissant un fondement au
de connaissances et de souvenirs particuliers à un in- développement plus tardif et plus lent de la compo-
dividu, accumulés depuis son plus jeune âge, et qui sante épisodique.
lui permettent de construire un sentiment d’identité Howe & Courage (1993, 1997) proposent que
et de continuité. Elle est constituée d’une compo- l’émergence de la mémoire épisodique autobiogra-
sante épisodique (souvenirs épisodiques autobiogra- phique et la fin de la période d’amnésie infantile cor-
phiques) et d’une composante sémantique autobiogra- respondent au développement de la conscience de soi
phique (ensemble de connaissances générales sur soi et et à l’acquisition des premières connaissances de soi
254 Société de Biologie de Paris

durant les premières années de vie. Le développement Ce phénomène de régulation neurologique permet la
de la conscience de soi permet aux enfants de re- sélection des synapses en grande partie sur la base de
connaı̂tre que le soi est continu dans le temps, ainsi que leur fonctionnement : les connexions neuronales sous-
d’organiser et d’intégrer les événements passés comme utilisées sont supprimées alors que les connexions neu-
personnellement vécus. Ainsi, le développement de la ronales actives sont renforcées (Huttenlocher, 1979).
conscience de soi semble être un préalable important Cela permet le traitement plus efficace et com-
pour l’émergence de la mémoire épisodique autobio- plexe de l’information et participe à la mise en
graphique chez l’enfant. La maturation cérébrale est place de réseaux fonctionnels par la réorganisation de
un autre facteur conditionnant le développement de la connexions inter-régionales.
mémoire.

3.2 Substance blanche


3 La maturation cérébrale Contrairement à la substance grise, le volume de sub-
stance blanche augmente linéairement tout au long du
Dès les années 1990, les premières études de neuroi- développement jusqu’à l’âge adulte (Reiss et al., 1996 ;
magerie développementale décrivent le profil général Giedd et al., 1999 ; Gogtay et al., 2004 ; Sowell et al.,
des modifications structurales du cerveau au cours de 2004 ; Lenroot et al., 2007). De façon similaire à la
l’enfance et de l’adolescence (pour revue, Casey et al., substance grise, le développement des fibres de sub-
2000) : (1) le volume cérébral total atteint 90 % de stance blanche est plus tardif dans les régions frontales
sa taille maximale vers l’âge de 5 ans (Giedd et al., que dans les régions postérieures (Lenroot et al., 2007 ;
1996 ; Reiss et al., 1996), (2) le volume de substance Lebel et al., 2008 ; Mabbott et al., 2009, figure 2).
grise augmente chez l’enfant puis diminue au cours de L’augmentation du volume de substance blanche
l’adolescence (Jernigan et al., 1991 ; Giedd et al., 1996 ; serait principalement le reflet de la myélinisation neu-
Reiss et al., 1996) alors que (3) le volume de substance ronale et de la croissance axonale. Le processus de
blanche augmente jusqu’à l’âge adulte (Jernigan et al., myélinisation correspond à la création d’une gaine de
1991 ; Pfefferbaum et al., 1994 ; Giedd et al., 1996 ; myéline autour des axones, augmentant la conduc-
Reiss et al., 1996). tance des axones et donc la vitesse de transmission des
signaux électriques véhiculés. Ce processus démarre
au cours de la vie intra-utérine et se poursuit jusqu’à
3.1 Substance grise l’âge adulte (Yakovlev & Lecours, 1967). La progres-
sion postéro-antérieure de la myélinisation au cours
Le volume de substance grise augmente chez le jeune du développement semble parallèle à la mise en place
enfant puis diminue après la puberté suivant un profil des fonctions sensorielles puis des fonctions motrices et
en U-inversé (Jernigan et al., 1991 ; Wilke et al., 2007 ; enfin des fonctions intégratives complexes. Cela laisse
Shaw et al., 2008). Le profil de maturation varie en supposer que l’amélioration de la conductance axonale
fonction des régions cérébrales (figure 2). La matura- par la myélinisation permettrait un traitement plus ef-
tion corticale semble progresser de l’arrière vers l’avant ficace et optimal de l’information qui participerait au
du cerveau. Avec l’âge, on observe une décélération développement cognitif de l’enfant.
de la diminution du volume de substance grise dans
les régions corticales postérieures et une accélération
dans les régions frontales (Tamnes et al., 2013). La 3.3 Développement des réseaux fonctionnels
diminution du volume de substance grise apparaı̂t en
premier au niveau du cortex sensori-moteur primaire, Au cours du développement, les connections courtes
puis dans les aires secondaires et enfin dans les aires (proximales) tendent à disparaı̂tre alors que les
associatives polymodales (Gogtay et al., 2004 ; Sowell connections longues (distales) sont renforcées (Fair
et al., 2004). et al., 2007, 2009). Le traitement local de l’infor-
Les modifications du volume de substance grise au mation, observé chez le jeune enfant, progresse vers
cours du développement reflèteraient, en partie, la pro- un traitement intégratif mettant en jeu des régions
lifération synaptique première suivie de l’élagage sy- cérébrales éloignées (Supekar et al., 2009).
naptique (Pfefferbaum et al., 1994). La prolifération Le nombre de régions recrutées au cours d’une
synaptique correspond à la formation importante de tâche diminue avec l’âge de façon à n’activer que les
connexions synaptiques (synaptogenèse) qui a com- régions spécifiques à la tâche (Casey et al., 2008). Les
mencé avant la naissance et qui continue durant régions dont l’activité ne corrèle pas avec les perfor-
les premières années de vie (Changeux & Danchin, mances sont de moins en moins recrutées avec l’âge.
1976). Cette phase aboutit à un excès de synapses Il est aussi possible d’observer l’activation de la même
qui est éliminé lors de l’élagage synaptique qui suit. structure lors de deux tâches cognitives différentes
Neurodéveloppement de la mémoire 255

Fig. 2. Évolution des volumes de substance grise et de substance blanche chez les garçons (courbes bleues) et les filles
(courbes rouges) de 4 à 18 ans (inspiré de Brain Development Cooperative Group, 2012).

chez l’enfant le plus jeune, alors que cette région n’est rales (le volume de substance grise par exemple) ren-
recrutée que pour l’un des deux processus chez l’en- seigne sur les régions cérébrales dont les modifications
fant le plus âgé (voir par exemple Dégeilh et al., 2015). structurales sous-tendent le développement du type
Ces phénomènes illustrent la spécialisation fonction- de mémoire étudié. Par exemple, Sowell et al. (2003)
nelle des régions cérébrales avec l’âge. montrent une association entre la maturation struc-
turale du cortex préfrontal et le développement de la
mémoire. En revanche, l’imagerie fonctionnelle d’ac-
4 Hippocampe et cortex préfrontal : tivation, qui consiste à enregistrer l’activité cérébrale
pendant la réalisation d’une tâche cognitive, permet
substrats cérébraux du développement d’identifier les régions cérébrales donc l’activité évolue
mnésique au cours du développement pour une fonction cogni-
tive particulière.
Les études neurodéveloppementales utilisent les tech- L’hippocampe et le cortex frontal sont des régions
niques d’imagerie cérébrale pour explorer le lien entre clés de la mémoire et leur maturation semble par-
maturation cérébrale (structurale et fonctionnelle) ticulièrement impliquée dans la mise en place de la
et développement cognitif. L’analyse de corrélations mémoire de travail, de la mémoire épisodique et de
entre performances mnésiques et mesures structu- la mémoire autobiographique. L’hippocampe mature
256 Société de Biologie de Paris

rapidement pendant les deux premières années alors nirs épisodiques, il est associé à l’activation de l’hip-
que le cortex préfrontal mature progressivement tout pocampe antérieur chez les adultes et à l’activation de
au long de l’enfance et de l’adolescence. En parallèle, l’hippocampe postérieur chez les enfants de 8 à 11 ans
les fonctions mnésiques dépendantes des régions fron- (DeMaster & Ghetti, 2013). La partie antérieure
tales se développeraient plus lentement que les fonc- de l’hippocampe sous-tendrait l’encodage et le rap-
tions hippocampo-dépendantes. Ainsi les trajectoires pel des représentations flexibles de l’événement alors
développementales de ces composantes de la mémoire que l’hippocampe postérieur serait impliqué dans la
seraient dissociables : (i) la composante stratégique de création et la récupération d’une représentation per-
la mémoire, dépendante des régions frontales, suivrait ceptive plus stricte de l’événement (Giovanello et al.,
une maturation prolongée alors que (ii) la composante 2009). Cela concorde avec les observations comporte-
associative impliquant les hippocampes serait mature mentales montrant que le rappel épisodique des en-
plus tôt (Shing et al., 2008, 2010). fants est moins flexible que celui des adultes et plus
dépendant de la répétition exacte de l’événement et
de son contexte d’encodage.
4.1 L’hippocampe

L’hippocampe, structure du lobe temporal médian, 4.2 Le cortex préfrontal


joue un rôle essentiel dans la formation, la consoli-
dation et le rappel des souvenirs épisodiques (Squire, Le cortex préfrontal latéral est une région essentielle
1992). Les études lésionnelles montrent que les pa- à la mémoire de travail. Plus précisément, le cortex
tients dont l’hippocampe est endommagé présentent préfrontal ventro-latéral est engagé lors du maintien
un déficit de mémoire épisodique épargnant en de l’information et le cortex préfrontal dorso-latéral
grande partie la mémoire sémantique (Tulving & est recruté lors de sa manipulation (D’Esposito et al.,
Markowitsch, 1998 ; Maguire, 2001 ; Addis & Schacter, 1999).
2008). La fin de l’enfance (10–12 ans) est une période
La maturation de l’hippocampe est rapide pendant critique pour le développement des capacités de pla-
les deux premières années puis ralentit et se poursuit nification, de flexibilité et de mémoire de travail.
lentement tout au long de l’adolescence (Utsunomiya Cette période coı̈ncide avec le pic d’augmentation de
et al., 1999). Cette maturation semble coı̈ncider avec l’épaisseur et du volume du cortex préfrontal latéral
la mise en place de la mémoire relationnelle, rapide (Sowell et al., 2001 ; Lenroot & Giedd, 2006).
entre 0 et 2 ans puis plus lente durant les quatre années Dès l’âge de 8 ans, les régions préfrontales sont
suivantes (Olson & Newcombe, 2013). L’amnésie in- engagées lors de tâches de mémoire de travail (Casey
fantile, relative aux deux premières années de vie, et al., 1995). Cependant, à cet âge, l’activation est
est associée à l’immaturité de l’hippocampe à cet âge inférieure à celle observée chez l’adulte et continue
qui entraı̂nerait un défaut d’encodage et de stockage d’augmenter tout au long du développement. Les ca-
des détails associés à un événement spécifique (Bauer, pacités de contrôle et de manipulation de l’information
2006 ; Newcombe et al., 2007). augmentent pendant la deuxième moitié de l’enfance
Entre 4 et 25 ans, le volume de la partie (Gathercole et al., 2004) et cette évolution est associée
antérieure de l’hippocampe diminue alors que ce- au recrutement plus important et plus sélectif du cor-
lui de l’hippocampe postérieur augmente (Gogtay tex préfrontal, particulièrement du cortex préfrontal
et al., 2006 ; Insausti et al., 2010), ce qui aura dorso-latéral (Crone et al., 2006).
un impact sur le développement de la mémoire Le développement de la mémoire de tra-
épisodique (Paz-Alonso et al., 2008 ; Ghetti & Bunge, vail s’accompagne d’un désengagement des régions
2012). Les études en IRM fonctionnelle apportent postérieures au profit d’une augmentation du recrute-
des données complémentaires sur le rôle de cet axe ment de régions antérieures plus efficaces pour traiter
antéro-postérieur sur le développement de la mémoire l’information. Une étude longitudinale chez l’adoles-
épisodique, suggérant que l’hippocampe antérieur de- cent montre que le réseau impliqué dans la mémoire
vient fonctionnellement spécifique pour l’encodage et de travail devient de plus en plus spécialisé avec l’âge :
le rappel en mémoire épisodique au début de l’adoles- au début de l’adolescence, les participants recrutaient
cence. Chez les adultes et les enfants de 14 ans, l’hip- à la fois le cortex préfrontal latéral et l’hippocampe
pocampe antérieur est spécifiquement associé à l’en- pour réaliser une tâche de mémoire de travail alors
codage en mémoire épisodique : son activité prédit la que, trois ans plus tard, ils recrutaient uniquement le
récollection des items. Chez les enfants de 8 ans, l’ac- cortex préfrontal latéral (Finn et al., 2010).
tivité de l’hippocampe antérieur prédit la reconnais- Les régions préfrontales sont également impliquées
sance ultérieure des items mais pas leur récollection dans la mémoire épisodique et leur maturation semble
(Ghetti et al., 2010). Concernant le rappel de souve- jouer un rôle dans le développement de ce système
Neurodéveloppement de la mémoire 257

mnésique. En effet, l’encodage de l’information qui Bien que dans cette revue nous ayons souvent
sera ensuite correctement rappelée est associé à l’ac- précisé l’âge auquel telle ou telle compétence mnésique
tivation des régions du cortex préfrontal chez l’adulte émerge, il est important de rappeler que ces âges sont
(Brewer et al., 1998) comme chez l’enfant (Ofen et al., indicatifs et correspondent à un âge moyen. Chaque
2007 ; Ghetti et al., 2010 ; Ofen, 2012). Au cours du enfant a un développement singulier et mieux com-
développement, le cortex préfrontal est de plus en prendre cette variabilité interindividuelle sera un des
plus recruté lors de tâches de mémoire épisodique enjeux majeurs de ces prochaines années de recherche
(Ofen et al., 2007). Le cortex préfrontal joue également afin de s’adapter à chaque enfant mais aussi de pouvoir
un rôle critique dans la mémorisation des aspects repérer le plus précocement possible des anomalies de
contextuels (rappel de la source) associés au souve- développement nécessitant une prise en charge.
nir épisodique (Janowsky et al., 1989). L’activation
du cortex préfrontal corrèle également avec l’augmen-
tation des performances de recollection des détails Références
d’un souvenir, mesurées par une tâche de rappel de
la source, entre les âges de 8 et 24 ans (Ofen et al., Addis, D.R., and Schacter, D.L. (2008). Constructive
2007). episodic simulation: temporal distance and detail of
La maturation lente de la connectivité entre les past and future events modulate hippocampal engage-
régions sous-tendant la mémoire épisodique condi- ment. Hippocampus, 18, 227–237.
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d’action, qui est la mémoire procédurale, vers le 22, 1–12.
système de représentation mentale le plus complexe, Brainerd, C.J., Holliday, R.E., and Reyna, V.F. (2004).
la mémoire épisodique. Ainsi, la mise en place plus Behavioral measurement of remembering phe-
précoce des processus et des systèmes mnésiques les nomenologies: So simple a child can do it. Child Dev,
plus élémentaires servirait de socle au développement 75, 505–522.
des systèmes plus complexes. Brewer, J.B., Zhao, Z., Desmond, J.E., Glover, G.H., and
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souvent avec la maturation de la ou des régions
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cérébrales impliquées dans cette fonction. Il en est
prefrontal cortex in children during a nonspatial work-
ainsi pour l’hippocampe et le cortex préfrontal dont ing memory task with functional MRI. Neuroimage, 2,
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