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RECHERCHE SCIENTIFIQUE
Institut Supérieur Louis Le Grand de BOUAKE
Enseignant :
M. KANDE Souleymane, Ir/Msc.
Ingénieur agronome zootechnicien / Entomologiste médical et vétérinaire
Souleymane KANDE
Ingénieur Agronome Zootechnicien / Entomologiste Médical et Vétérinaire
Module d’Alimentation des Animaux d’Élevage
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L’alimentation animale étudie les aliments consommés par les animaux et leurs combinaisons
pour en faire des rations capables de satisfaire aux besoins alimentaires réels.
Après avoir établi la différence entre nutrition et alimentation, voyons maintenant quelques
mots clés qui nous seront utiles dans ce module de formation.
o On appelle aliment, toute substance naturelle ou artificielle non toxique qui a des
propriétés nutritives, c’est-à-dire qui apporte à l’organisme l’énergie et la matière qui lui
sont indispensables. Précisons cependant qu’une substance peut être un aliment pour une
espèce et ne pas l’être pour une autre. Un aliment est rarement complet et doit être le plus
souvent associé à d’autres pour constituer une ration capable de couvrir tous les besoins
nutritifs des animaux. En d’autres termes, l’aliment est une substance qui, après ingestion,
est capable d’être digéré, absorbé et assimilé par l’organisme.
o La ration est la quantité journalière (24 H) d’aliment nécessaire pour couvrir les besoins
d’entretien et de production d’un animal. Elle est formée de l’ensemble des aliments
consommés quotidiennement par l’animal.
o Le rationnement est l’action de rationner un animal, qui consiste à satisfaire ses besoins
nutritifs.
o Un nutriment est une substance assimilable par l’organisme.
o La bromatologie est l’étude de la composition des aliments ainsi que les proportions de
ses différents composants.
o L’appétence est l’avidité manifestée par un animal pour un aliment particulier.
o L’appétibilité est l’aptitude d’un aliment à stimuler l’appétence de l’animal.
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o les aliments succulents : ils contiennent plus de 15 % d’eau (jeunes herbes, racines et
tubercules).
o les aliments grossiers : leur teneur en cellulose dans la matière sèche dépasse 15% (foin,
paille).
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II. Composition chimique des aliments
Les différents éléments chimiques (carbone, oxygène, hydrogène, azote, phosphore, calcium,
fer, cuivre, etc.) sont associés au sein des aliments en combinaison plus ou moins complexe,
minéral, organique ou organo-minéral appelés « principes alimentaires ou nutriments »
capables d’être utilisés par l’animal. Après la digestion, les aliments sont transformés en
nutriments qui sont absorbés au niveau de l’intestin.
Les différentes combinaisons alimentaires sont schématiquement représentées dans le
tableau ci-dessous.
Tableau 1 : Composition chimique des aliments
• Macroéléments : Chlore,
Phosphore, Calcium, Souffre)
Matières minérales • Oligo-éléments : Fer, Cuivre, Zinc,
Manganèse, Fluor
Eau
• Glucides cytoplasmiques :
Pentoses, Hexoses (fructose,
Matières organiques glucose), Saccharose, Matose,
Lactose, Amidon
Matière brute • Cellulose
Glucides pariétaux • Hémicellulose
• Lignine
• Glycérides
Lipides • Stérides
• Cérides
• Acides aminés
Matière sèche
• Fibres
Matières azotées protidiques • Combinaisons d’acides aminés
(peptides, polypeptides, protéines)
Matières azotées non • Amines
protidiques • Ammoniac
• Bases azotées
Vitamines liposolubles • A, D, E, K
Vitamines hydrosolubles • B, C
II.1. Eau
C’est le constituant cellulaire qui véhicule les substances minérales et organiques. Elle figure
en première place parmi les éléments dont un être vivant a besoin. Une déshydratation de
10% de l’organisme détermine de graves troubles.
II.2. Glucides
Les glucides constituent des substances énergétiques de réserve et de soutien. Un (1)
gramme (1 g) de glucide libère 4,1 Kcal. Ils sont composés de trois groupes :
• les estérides : ce sont des glucides simples (glucose) ;
• les hétérosides : ils sont hybrides en plusieurs « oses ». Lors de cette hydrolyse, ils libèrent
un ou plusieurs oses et une méthode étrangère ou aminée.
On distingue :
• les diholosides : lactose ;
• les triholosides ;
• les polyholosides (amidon).
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II.3. Lipides
Ce sont des esters d’acides gras et d’alcool, insolubles dans l’eau mais solubles dans les
solvants organiques. Ils se divisent en :
o Lipides simples :
o Triglycérides : Glycérol + Acides gras (estérification) ;
o Stérides : cholestérol + acides gras (estérification).
o Lipides complexes :
o ce sont des esters d’acides gras liés à des molécules liés à des molécules protidiques. Les
lipides ont une fonction énergétique très importante (1g de lipide libère 9,3 Kcal). En outre,
ils fournissent des acides gras qui entrent dans la composition des tissus et produisent
certains acides gras appelés « essentiels » qui ne peuvent être synthétisés par la plupart
des animaux et doivent gras apportés par l’alimentation. Chez les jeunes bovins qui
utilisent très mal les sources d’énergie sous forme de glucides, l’apport de lipides est
essentiel. Dans les aliments poussins et poulets de chair, l’addition de lipides (huiles
végétales) accroît la vitesse de croissance en diminuant l’indice de consommation.
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Les méthodes d’analyse utilisées doivent être simples et capables de fournir des résultats
pouvant être interprétés dans un système alimentaire pour l’établissement des rations.
L’analyse chimique ou bromatologique est divisée en 3 groupes de détermination :
o l’analyse classique ;
o les analyses complémentaires ;
o et les analyses particulières.
III.1. Analyse classique
Elle a été mise au point en 1860 par HENNERBERG et STOHMAN et comprend les
déterminations suivantes :
III.1.1. Détermination de la teneur en eau et en matière sèche
La teneur en eau des aliments est conventionnellement la perte de masse qu’ils subissent en
étant maintenus dans des conditions déterminées de dessiccation variant avec leur nature.
Ces conditions concernent la température, la pression et la durée.
Les céréales, les sous-produits de meunerie peuvent être séchés pendant deux (2) heures à
130°C.
La plupart des aliments simples sont séchés à une température de 103°C pendant quatre ((4)
heures. Les aliments riches en sucre sont séchés à 80-95°C.
Exemple : soit X le poids de l’aliment frais et A son poids après séchage. La quantité d’eau
évaporée (Y) = X – A.
Le pourcentage (%) d’eau de cet aliment est Y %= X-A/X-100
Le pourcentage (%) de matière sèche est égal à 100 – Y.
Exercice n°1 d’application :
Calculer le pourcentage de matière sèche d’un aliment de 125 g qui après séchage a donné
87,5 g.
Solution :
X = 125 g ; A = 87,5 g ; Y = X – A
Y = 125 g – 87, 5 g
Y = 37,5 g
Y% = 37,5/125 x 100
Y% = 30 donc MS% = 100 – 30 = 70
Le pourcentage de MS est 70 %.
Exercice n°2 d’application :
On dispose de fanes de niébé dont la teneur en MS est de 90%. Quelle est la quantité de MS
contenue dans 350 kg de cet aliment ?
Solution :
100 kg 90 kg de MS
350 kg ? Kg de MS
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90/100 X 350 = 315 kg
La quantité de MS est de 315 kg.
MAT ou BP = N x 6,25
L’insuffisance de cette méthode réside dans le fait qu’elle exprime des substances azotées de
nature différente (protides, amines et sels ammoniacaux). Signalons par ailleurs que la formule
sus citée sous-entend que la teneur moyenne des protéines en azote est de 16%.
Ceci n’est pas toujours vérifié car certaines légumineuses ont moins de 16% d’azote, d’autres
plus (exemple de la protéine de l’arachide qui contient 18,29% d’azote (N)).
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M : facteur de correction
Ainsi la méthode de Van SOEST permet de séparer les glucides solubles contenus dans les
cellules et les constituants des parois cellulaires.
Méthode de TILLEY et TERRY : cette méthode consiste en une incubation in vitro du
fourrage en deux temps. En un premier temps l’échantillon broyé est soumis à une
digestion anaérobie en présence du jus de rumen et de salive artificielle. Le résidu obtenu
est soumis dans un deuxième temps à une digestion par la pepsine en milieu acide. Ainsi
on peut déterminer les pourcentages de matières séchées digérées. L’insuffisance des
méthodes de Van SOEST et TILLEY et TERRY réside dans le fait qu’elles font abstraction
de l’animal. Cependant elles donnent des résultats plus concordants que la cellulose brute
de WEENDE.
MM= MS-MO
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III.3. Analyses particulières
Ces analyses se font pour détecter la présence de substances toxiques pour les animaux.
Il s’agit :
o des Alcaloïdes dans les légumineuses ;
o du Gossypol dans les graines et tourteaux de coton ;
o de l’Acide cyanhydrique dans les jeunes pousses de sorgho et de manioc ;
o des Moisissures sur les aliments.
Les altérations :
o Présence d’ammoniac dans les farines d’origine animale ;
o Oxydation dans les produits riches en lipides ;
o Impuretés diverses.
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Chapitre II : Digestion chez les animaux d’élevage
La digestion est l’ensemble des transformations physiques mécaniques et chimiques que
subissent les aliments au cours de leur passage dans divers secteurs du tube digestif. Elle a
pour but la réduction des aliments en substances simples (nutriments) capables de passer
dans le sang. Autrement dit c’est l’ensemble des transformations imposées aux aliments pour
en extraire les principes nutritifs et les rendre assimilables par absorption dans le tube digestif.
Elle regroupe des phénomènes physiques, chimiques, microbiologiques et physiologiques qui
aboutissent à la dégradation des aliments et à leur assimilation par l’animal.
Quelques mots clés à retenir dans ce chapitre :
o Ingestibilité : quantité d’aliment ingérée lorsqu’il est distribué seul et à volonté.
o Digestibilité : mécanisme par lequel une partie de l’aliment ingéré par l’animal est
transformée par la digestion en produits assimilables par le sang.
o Digestibilité apparente: proportion d’un constituant alimentaire ingéré qui disparaît
apparemment au cours du transit digestif.
o Appétit : disposition physiologique d’un animal qui manifeste le désir de manger.
o Appétibilité : côte donnée par un animal à un aliment suivant ses caractéristiques.
o Satiété : sensation éprouvée par l’animal lorsqu’il a satisfait son besoin nutritionnel. On dit
qu’il est rassasié.
o Appétence : avidité manifestée par un animal pour un aliment particulier. Ainsi, quand des
troubles digestifs perturbent le comportement alimentaire, ils entraînent de l’inappétence.
o Digestibilité réelle : proportion de la quantité ingérée qui disparaît réellement dans le tube
digestif, sachant que les fèces contiennent aussi des substances endogènes ou
microbiennes. C’est aussi la quantité d’un aliment ou d'un nutriment absorbée après la
digestion qui est appelée la partie digestible et le terme de digestibilité indique le degré
d’utilisation de cet aliment ou de ce nutriment. On utilise le terme de coefficient de
digestibilité (CD) ou de coefficient d’utilisation digestive (CUD) pour exprimer la proportion
des divers constituants d’un aliment qui est retenue par l’organisme.
o Le CUDa exprime un bilan global.
(Matières ingérées – Matières excrétées)
CD/[Link] = x 100
Matières ingérées
I-F
[Link] = x 100
I
Dans la pratique, on trouve dans les fèces totaux des fèces endogènes (F.e) qui proviennent
de l’organisme (débris cellulaires, résidus de sécrétions glandulaires, corps microbiens) dont
il convient de tenir compte pour évaluer exactement la digestibilité.
o Le C.U.D réel (CUDr) est donc calculé avec une différence très faible du CUDa.
I - (F-Fe)
C.U.D r = x 100
I
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Les aliments ingérés sont des substances complexes, ne peuvent sous cette forme être
absorbés par le sang. Les actes de la digestion vont transformer ces substances en produits
de composition plus simples, qui seront absorbés par les muqueuses digestives.
L’alimentation des animaux domestiques est donc un problème majeur de l’élevage qu’on ne
saurait aborder sans la connaissance des phénomènes de la digestion.
Il faut retenir que : Aliments + Digestion Nutriments
La digestion fait appel à deux principaux processus qui sont : les processus physiques et les
processus sécrétoires.
(1) Processus physiques ou mécaniques de la digestion
Ces processus ont pour but d’acheminer les substances ingérées à travers tout le tube digestif.
Ce sont successivement :
o la préhension des aliments qui est la prise des aliments (les aliments solides sont prélevés
par les lèvres chez le cheval, la langue chez le bœuf, le groin chez le porc, le bec chez les
oiseaux etc.) ;
o la mastication qui est l’acte par lequel les aliments sont divisés et écrasés. Elle est absente
chez les oiseaux ;
o la déglutition est l’action par laquelle le bol alimentaire est transféré de la bouche vers
l’estomac ;
o les phénomènes moteurs du tube digestif qui se manifestent au niveau de l’estomac et des
intestins ;
o la défécation qui a pour but d’expulser les excréments ou matières fécales.
(2) Processus sécrétoires de la digestion
Ces processus assument l’ensemble des phénomènes chimiques qui transforment les
aliments pour que l’organisme les utilise ou les assimile.
Ces phénomènes chimiques sont sous la dépendance de substances sécrétées par les
glandes annexées au tube digestifs, et dénommées diastases.
Les aliments subissent l’action des sécrétions suivantes :
o la sécrétion salivaire (salive : la ptyaline) ;
o la sécrétion gastrique (suc gastrique : la pepsine, la présure, la lipase) ;
o la sécrétion pancréatique (suc pancréatique : le trypsinogène, l’amylase, la lipase
pancréatique) ;
o la sécrétion biliaire (bile) ;
o la sécrétion intestinale (suc intestinal : une maltase, une lactase, l’invertine, une lipase
l’érepsine et de l’entérokinase).
I. Anatomie de l’appareil digestif
Bien que, suivant le même schéma général, la digestion diffère selon les espèces animales,
par suite des particularités anatomiques de leurs appareils digestifs. Chez toutes les espèces,
le tube digestif est divisé en trois secteurs.
I.1. Premier secteur
Dans ce secteur qui comprendra bouche, le pharynx et l’œsophage, les aliments sont broyés
et insalivés au cours de la mastication.
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I.1.1. Chez les ruminants
Ce n’est qu’au cours d’une seconde mastication dite merycique, que les aliments s’imprègnent
de salive. La salive des ruminants est riche en bicarbonates et en phosphatase qui servent à
la neutralisation des acides organiques formés au cours de la fermentation rumenale. Ainsi la
salive évite une grande acidification du contenu du rumen à laquelle les micro-organismes ne
pourraient résister.
I.1.2. Chez les oiseaux
La mastication est remplacée par le broyage des aliments dans le gésier grâce à la présence
de petits cailloux dans cette poche. L’imprégnation salivaire se fait dans le jabot.
I.2. Deuxième secteur
L’estomac est composé d’un seul compartiment chez les monogastriques (cheval, lapin, chien,
chat, porc) ou de plusieurs chez les polygastriques (bovins, ovins, caprins).
I.2.1. Chez les monogastriques
Le séjour des aliments dans l’estomac est de courte durée, car le volume de la ration dépasse
largement sa capacité. Les aliments broyés et insalivés sont soumis à l’action du suc gastrique.
o L’acide chlorhydrique sécrété par l’estomac déclenche la sécrétion du suc pancréatique. Il
joue également un rôle antiseptique en limitant l’action microbienne.
o La pepsine s’attaque aux protéines ;
o La présure (abondante dans l’estomac des jeunes) coagule la caséine du lait …
On doit contrôler le volume et le rythme des repas pour permettre un séjour normal des
aliments dans l’estomac et y faciliter ainsi leur digestion.
Chez le cheval, la présence d’un sphincter étroit (cardia) à l’entrée de l’estomac, ne permet
pas normalement le vomissement et empêche l’élimination des gaz. Ceci peut provoquer son
éclatement chez des sujets consommant rapidement une grande quantité d’aliments broyés
fermentescibles.
I.2.2. Chez les polygastriques
L’estomac volumineux comporte quatre parties : le rumen, le réseau, le feuillet et la caillette.
On estime qu’un ruminant passe quotidiennement six heures à manger et huit heures à
ruminer. Chaque fois qu’il a satisfait son appétit, il cherche un endroit tranquille pour ruminer.
La rumination se fait en plusieurs temps. Dans un premier temps, la partie liquide du bol est
rapidement avalée, les gaz de fermentation expulsés et les solides sont de nouveau mastiqués
et ensuite déglutis. Quelques secondes plus tard une nouvelle régurgitation a lieu. Les
aliments peuvent ainsi subir plusieurs aller-retour de l’estomac à la bouche jusqu’à ce qu’ils
soient finement broyés pour être incorporés à la masse homogène du rumen. La rumination a
pour rôle de provoquer une salivation intense (plus de 150l/j chez la vache) afin d’assurer une
utilisation satisfaisante des aliments. Elle est soumise aux conditions suivantes :
o remplissage suffisant mais non excessif du rumen ;
o ingestion d’aliments grossiers ;
o quantité d’eau suffisante dans le réservoir gastrique ;
o repos de l’animal ;
o et bon état de santé.
Dans le rumen et le réseau : les aliments subissent une dégradation importante sous l’action
de nombreuses espèces de bactéries. Ils y séjournent pendant 30 à 72 heures. Par des
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contractions déphasées du rumen et du réseau les aliments fluides passent d’un réservoir à
l’autre.
Dans le feuillet et la caillette : les aliments subissent une dernière trituration entre les lames
du feuillet puis passent dans la caillette véritable estomac des ruminants. Là, ils sont soumis
à l’action des sucs gastriques (lipase et pepsine).
Chez les jeunes ruminants non sevrés, les trois premiers réservoirs gastriques sont peu
développés et ne contiennent pas de micro-organismes. Seule la caillette joue un rôle dans la
digestion gastrique. L’activité du ruminen commence avec la consommation d’aliments
grossiers.
I.2.3. Chez les oiseaux
L’estomac des oiseaux comprend :
o Le proventricule ou ventricule succenturié : sac ovoïde à parois épaisses.
o Le gésier : plus volumineux, à muqueuse épaisse et cornéenne, entourée de muscles
épais dont les contractions broient les aliments.
Le passage du bol alimentaire de la bouche au proventricule est lent : une heure 30 minutes
à 18 heures. Dans le ventricule succenturié, les aliments sont mélangés aux sucs gastriques
(acide chlorhydrique et pepsine).
Dans le gésier ont lieu une véritable digestion pepsique et la dégradation de l’amidon. La
présence de petits cailloux dans cette poche permet le broyage des graines.
I.3. Troisième secteur
Ce secteur comprend l’intestin grêle et le gros intestin.
I.3.1. Intestin grêle
Il reçoit la bile sécrétée par le foie et le suc pancréatique. La bile agit sur les glucides et les
lipides. Le suc pancréatique transforme :
o les protéines en acides aminés,
o les provitamines en vitamines ;
o les glucides en glucose.
Notons que le cheval, l’absence de vésicule biliaire entraîne une mauvaise utilisation des
lipides.
Chez les oiseaux, la sécrétion de suc pancréatique est très importante. Son interruption
entraine la mort de l’oiseau.
I.3.2. Gros intestin
Il comprend le caecum, le colon et le rumen.
Dans ce secteur c’est surtout le caecum qui est riche en microflore.
Chez le cheval, le caecum joue le même rôle que le rumen des ruminants. Toutefois les
protéines microbiennes formées dans cette partie de l’intestin sont assez mal utilisées.
Chez le lapin, la principale caractéristique digestive est un phénomène coprophagie appelée
« caecotrophie ». En effet, dans le caecum du lapin, les glucides membranaires (cellulose)
sont fermentés par les microbes avec formation d’acides gras volatils qui passent dans le sang
et des résidus azotés qui s’entourent de mucus et constituent la « crotte molle » qui est
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réingérée à l’anus par l’animal. La consommation des crottes molles (caecotrophie) par le lapin
lui assure une meilleure utilisation des matières azotées de la ration.
La digestion fournit des principes alimentaires simplifiés qui traversent la paroi intestinale pour
entrer dans la circulation : les sels minéraux, les acides aminés et les sucres, empruntent de
préférence la voie lymphatique.
Ces principes alimentaires sont absorbés au fur et à mesure de leur production :
o le glucose est transformé en glycogène, source d’énergie métabolisable dans les muscles.
o les lipides sont utilisés pour la formation de graisses animales ;
o les acides aminés servent à la fabrication de nouvelles cellules.
o les substances non utilisées sont rejetées dans les matières fécales.
II. Durée du séjour des aliments dans le tube digestif
La nature des aliments influe sur la durée de ce jour.
La mélasse pour les herbivores, un excès de graisse pour les monogastriques accélèrent la
marche des aliments. Un séjour trop court des aliments dans le tube digestif réduit leur contact
avec les sucs digestifs. Les excréments sont alors plus abondants et riches en éléments
nutritifs. Un trop long séjour favorise des fermentations indésirables.
Le tableau suivant résume la durée de séjour des aliments dans le tube digestif :
Tableau 2 : Durée moyenne des aliments dans le tractus digestif
Il est à retenir que grâce à sa digestion microbienne, le ruminant est capable d’utiliser pour
satisfaire ses besoins alimentaires des produits (paille, foin) qui ne peuvent pas rentrer dans
les rations humaines. Il est donc complémentaire de l’homme sur le plan de l’utilisation de
ressources alimentaires.
Pour cette raison, l’intensification de l’élevage des ruminants doit être sans nul doute, l’une
des solutions de l’autosuffisance des populations en ressources alimentaires.
Par contre, les volailles et les porcs qui se nourrissent comme l’homme de céréales comme
source d’énergie deviennent des concurrents dans l’utilisation des ressources alimentaires.
Pour ces espèces, la recherche de nouvelles formules alimentaires qui ne concurrenceraient
pas ou le moins possible l’homme devient une impérieuse nécessité.
III. Particularités de la digestion chez les ruminants
Les ruminants (bovins, ovins, caprins, camélins) sont parfois appelés « polygastriques » c'est-
à-dire qu’ils ont un estomac compartimenté en plusieurs cavités (le rumen ou panse, le réseau
ou bonnet, le feuillet et la caillette). Seule la caillette sécrète des diastases. Les ruminants se
nourrissent de fourrages riches en parois végétales. La digestion se déroule principalement
dans le rumen (60-65 %) dont la flore microbienne dégrade la cellulose, constituant de la paroi
cellulaire et synthétise les acides aminés et des protéines: c’est la digestion microbienne,
« une fonction digestive propre aux herbivores ».
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La rumination est l’acte par lequel les aliments sont ramenés des réservoirs gastriques à la
cavité buccale pour une deuxième mastication et une deuxième insalivation. Elle se déclenche
quand le rumen est à peu près plein, l’animal soit tranquille et au repos. Un ruminant de bonne
santé rumine 7h à 12h par jour de façon discontinue avec des interruptions.
Un certain nombre de conditions doivent être remplies pour une bonne rumination :
o remplissage suffisant mais sans excès du rumen ;
o ingestion d’aliments grossiers, rugueux qui stimulent la sécrétion salivaire : l’absence d’une
bonne sécrétion salivaire provoque des météorisations ;
o quantité de liquide suffisante dans les deux premiers réservoirs gastriques ;
o repos de l’animal : la rumination ne s’effectue généralement que chez l’animal couché ;
o bon état de santé de l’animal ;
o milieu du rumen stable (T° 39-40, anaérobie 67 % CO2, PH 6-7) ;
o aliments énergétiques et plastiques ;
o microorganisme/flore microbienne de qualité (microbes et protozoaires).
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Chapitre III : Utilisation digestive des aliments ou digestibilité
Au terme de la digestion, l’aliment ingéré ou « Ingesta » se retrouve soit sous forme de
nutriments prêts à franchir la paroi intestinale, soit sous forme de résidus non digérés, éliminés
au niveau fécal ou sous forme de gaz.
On appelle « Fraction Digestible » d’un aliment la partie des ingesta (I) qui ne se retrouve pas
dans les fèces (F).
En d’autres termes, « c’est le pourcentage de l’aliment retenu par l’organisme ».
Les fèces comportent la fraction indigestible des aliments, des débris cellulaires provenant de
l’érosion du tube digestif et différents résidus des sécrétions glandulaires.
I. Digestibilité apparente et digestibilité réelle
I.1. Digestibilité apparente (D.A)
C’est le rapport de la « quantité d’aliments qui disparait apparemment dans le tube digestif sur
la quantité ingérée ».
D.A = I-F/I
D.R = I-(F-FE)
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II. Facteurs de variation de la digestibilité
La digestibilité d’un aliment varie selon l’espèce, la race, l’individualité et les états
physiologiques et pathologiques de l’animal (facteurs internes) et suivant le volume, l’état
physique, la composition de la ration etc. (facteurs externes).
II.1. Facteurs internes
La digestibilité des aliments varie avec l’espèce animale considérée. Cette variabilité dépend
des particularités des processus digestifs propres à chaque espèce, à leurs besoins
métaboliques.
Les jeunes animaux digèrent mieux les nutriments que les adultes. Par ailleurs, les altérations
de la dentition ou du tube digestif chez les animaux âgés diminuent leur capacité digestive.
Les pathologies du tube digestif (entérites, infections parasitaires) diminuent également
l’utilisation digestive des aliments d’où la nécessité, lors d’expérience « in vivo » d’utiliser des
animaux sains.
II.2. Facteurs externes
La ration alimentaire pour être bien digérée doit présenter un certain volume par rapport au
tube digestif.
Un volume insuffisant entraine des troubles de la motricité gastro-intestinale, un
ralentissement du transit des aliments, de la constipation qui aboutissent à une diminution de
la digestibilité des substances nutritives.
Dans le cas contraire, il se produit une surcharge du tube digestif qui entraîne un gaspillage
des éléments nutritifs. De plus, cette surcharge diminue l’appétit et fait baisser la production
de l’animal.
La forme, la structure et l’état physique d’un aliment ont une influence notable sur sa
digestibilité.
Chez les ruminants, le broyage des fourrages entraine une augmentation des quantités
ingérées et une baisse de la digestibilité.
Le hachage d’un foin est sans effet sur son utilisation digestive.
Dans une ration alimentaire, la digestibilité de chaque aliment est influencée par la proportion
des différents aliments de cette ration. Ce phénomène est appelé « Digestibilité Associative ».
Certaines associations d’aliments ont une digestibilité supérieure à celle de chaque aliment
consommé seul (amidon + cellulose par exemple).
Ainsi la composition de la ration requiert une importance capitale dans la recherche d’une
bonne utilisation digestive des régimes alimentaires.
D’autres facteurs peuvent également influencer la digestibilité.
Ce sont :
o le rythme des repas ;
o l’appétibilité des aliments ;
o les conditions climatiques : une chaleur excessive a une action dépressive sur la
digestibilité. Cet effet est surtout très marqué chez les races importées non acclimatées.
Les races locales ressentent moins les aléas climatiques.
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III. Mesure de la digestibilité
III.1. Méthode in vivo
La mesure de la digestibilité des aliments s’effectue classiquement soit sur des bœufs soit de
plus en plus souvent sur des moutons mâles castrés de 2 à 4 ans, dans des conditions
expérimentales bien précises. Les valeurs obtenues au cours de ces expériences, sont le
résultat d’un bilan réalisé sur les quantités d’aliments ingérés et les fèces.
Les mesures sont effectuées dans des cages de digestibilité qui permettent un contrôle
rigoureux des quantités d’aliments et d’eau consommées et une récolte séparée des fèces et
des urines.
Une modification de cette méthode classique dite directe, consiste à adapter des harnais aux
animaux en pâture libre pour recueillir la totalité des fèces.
III.2. Méthode in vitro
La mesure de la digestibilité sur les animaux étant longue et onéreuse, on a souvent recours
à des méthodes plus pratiques. On peut ainsi utiliser des méthodes basées sur :
Les caractéristiques botaniques des plantes (TILLEY et TERRY) ;
Les méthodes chimiques (cellulose brute de WEENDE, ligno-cellulose au détergent acide de
VAN SOEST.
Des méthodes microbiologiques (digestibilité des sachets de nylon introduits dans le contenu
du rumen par l’ouverture d’une fistule).
III.3. Méthode mathématique
Elle fait appel à des tables de digestibilité (tables Kelner, Morisson, Leroy, Schneider) qui
donnent la composition d’un certain nombre d’aliments et les coefficients des différents
nutriments pour une espèce animale donnée.
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M.B = a.p0,75
a : constante qui varie avec l’espèce et l’âge des animaux. Elle est en moyenne de 75 chez
les bovins et de 55 chez les ovins et les caprins
I.1.2. Dépenses effectives au cours de la nutrition
Ce sont les dépenses du travail de préhension des aliments, de la mastication, de la
rumination, de l’assimilation des aliments, de la régulation thermique de l’organisme.
L’ensemble de ces deux dépenses énergétiques constitue les « Dépenses d’Entretien ».
I.1.3. Dépenses énergétiques de production
Le plus souvent, lorsque l’énergie apportée par les aliments est supérieure aux besoins
d’entretien, l’excès est utilisé pour la croissance, l’engraissement, la gestation, la lactation,
l’effort musculaire, etc. cet excès constitue les « Dépenses de Production ».
I.2. Méthodes de mesure des dépenses énergétiques de l’organisme
I.2.1. Mesure par calorimétrie directe
Cette méthode consiste à placer l’animal dans un calorimètre et à déterminer la chaleur qu’il
dégage, en mesurant par exemple l’élévation de température de l’eau de climatisation du
calorimètre.
I.2.2. Mesure par calorimétrie indirecte
Méthode des échanges gazeux : elle consiste à apprécier la production de chaleur des
animaux indirectement à partir de leur consommation d’oxygène et de leur production de gaz
carbonique en utilisant les équations d’oxydation des nutriments.
Méthode du bilan « Carbone-Azote » : la production totale de chaleur de l’animal est la
différence entre la quantité d’énergie mise à la disposition de l’organisme (Énergie
métabolisable : EM) par l’alimentation et l’énergie fixée par l’animal.
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II. Devenir de l’énergie des aliments dans l’organisme
Les animaux ont besoin d’énergie pour couvrir leurs dépenses d’entretien et de production.
Si l’apport énergétique de la ration est insuffisant, l’animal maigrit et ses productions diminuent
parce qu’il puise dans ses réserves. Lorsque l’apport est excédentaire, l’animal s’engraisse.
La capacité des aliments à couvrir les besoins énergétiques de l’organisme peut être évaluée
à divers niveaux de leur utilisation dans le métabolisme.
II.1. Énergie brute (E.B)
C’est le contenu énergétique de l’aliment ingéré par l’animal. Elle correspond à la quantité de
chaleur (en Kcal) dégagée au cours de la combustion d’un aliment. La combustion de :
o 1 g de matières azotées libère en moyenne 5,6 Kcal
o 1 g de lipides 9,3 Kcal
o 1 g de glucides 4,1 Kcal.
L’énergie brute n’a qu’une valeur relative, car au cours des différentes transformations, les
aliments subissent des pertes considérables d’énergie.
II.2. Énergie digestible (E.D)
C’est l’énergie des nutriments digérés, c’est-à-dire l’énergie brute (EB) diminuée de l’énergie
contenue dans les fèces (EF).
ED = EB – EF
Cette énergie est fonction de la digestibilité des aliments et est soumise aux mêmes facteurs
de variation.
II.3. Énergie métabolisable (EM)
Est égale à l’énergie digestible diminuée des pertes d’énergie sous forme de gaz (EG) et avec
l’urine (EU).
EM = ED – EG – EU
EN = EM – ET
K = EN/EM
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o kl = rapport de l’énergie du lait produit (ELP) par l’EM utilisée pour la lactation
(L=lactation)
o kf = rapport de l’énergie des tissus corporels formés (ETCF) par EM utilisée pour
l’engraissement
(F=engraissement)
km = rapport de l’énergie des tissus corporels épargnés (ETCE) par EM utilisée pour l’entretien
(M=entretien)
Le rendement de l’EM est plus élevé pour l’entretien que pour la lactation ou l’engraissement
et varie avec la composition des aliments.
km > kl> kf
III. Système d’estimation et d’expression de la valeur énergétique des aliments
L’évaluation de l’énergie est primordiale dans l’appréciation de la valeur nutritive d’un aliment.
Il existe deux systèmes d’expression de la valeur énergétique des aliments : le premier groupe
utilise l’énergie digestible (système des TDN) tandis que le deuxième groupe utilise l’énergie
nette (expression en UF).
III.1. Système des TDN (total digestible nutrients)
Ce système a été conçu aux états unis où il est encore utilisé. On estime que la valeur
énergétique d’un aliment dépend uniquement de sa teneur en éléments digestibles, les
caractéristiques de l’aliment et l’état physiologique de l’animal étant négligés.
Total Digestible Nutrients = Matières azotées digestibles + Extractif non azoté digestible +
Cellulose brute digestible + Extractif éthéré digestible x 2,25
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Tableau 3 : Exemple de calcul des TDN
EN = EM – ET = ET + 0,83 à 1,03
Q = (0,4 + 0,15 G) x L
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Q= kg de lait à 4% de m.g (matières grasses)
G= taux butyreux (% de m.g)
L= Production laitière en kg.
III.3.2. Système unité fourragère viande (UFV)
L’UFV est la valeur énergétique nette de 1 kg d’orge de référence utilisée par un animal à
l’engrais. Elle correspond à 1855 kcal d’EN (entretien + engraissement).
La valeur énergétique d’un aliment exprimé en UFV est :
Valeur UFV = ENEV de l’aliment / ENEV de l’orge = ENEV de l’aliment/1855
ENEV : énergie nette d’entretien et de production de viande.
IV. Besoins énergétiques des animaux
Les besoins énergétiques d’un animal se répartissent en besoin d’entretien et en besoin de
production.
IV.1. Besoins d’entretien
Ils correspondent à l’énergie indispensable pour compenser les dépenses dues au
fonctionnement même de l’organisme et à l’activité normale de l’animal. En d’autres termes,
ce sont les « dépenses énergétiques d’un animal pour se maintenir en vie sans aucune
production ».
IV.1.1. Facteurs de variation des besoins énergétiques d’entretien
o Les facteurs climatiques : la lutte contre le froid ou la chaleur nécessite une quantité
d’énergie d’autant plus importante que la différence de température entre le milieu
extérieur et le corps de l’animal est élevée.
o Les activités de l’animal : un animal au pâturage dépense beaucoup d’énergie du fait des
déplacements. Les dépenses sont estimées à 48 kcal/100kg de poids vif (PV)/km ou
environ 0,026 UF/100 kg de poids vif (PV)/km.
o L’alimentation : plus un aliment est fibreux ou riche en protéines, plus importantes sont les
dépenses énergétiques de l’organisme pour son ingestion.
IV.1.2. Quelques données sur les besoins d’entretien des animaux
Tableau 4 : Besoins énergétiques d’entretien des bovins et des ovins
Bovins Ovins
Poids vifs (kg) Entretien (UF) Poids vifs (kg) Entretien (UF)
25 0,5 25 0,5
50 0,8 5 0,18
100 1,2 10 0,26
150 1,6 20 0,38
200 2 30 0,47
250 2,3 40 0,53
300 2,6 50 0,58
350 2,9 70 0,70
400 3,2 80 0,75
450 3,5 - -
500 3,8 - -
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IV.1.3. Besoins énergétiques de production
En élevage, il faut non seulement entretenir les animaux mais aussi les faire produire, ce qui
entraine des dépenses énergétiques liées à la synthèse de muscle, de graisse, de lait, de
fœtus etc. De ces dépenses, on déduit les besoins énergétiques correspondants :
o Croissance ;
o Engraissement ;
o Lactation ;
o Gestation.
Besoins de croissance : il faut s’efforcer d’assurer aux jeunes animaux une croissance
régulière et harmonieuse par une alimentation suffisante et équilibrée.
Tableau 5 : Besoins de croissance des bovins
PV (kg) 10 20 30 60 70
UF/kg de gain 2,1 3,2 3,5 4,0 4,0
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Tableau 8 : Besoins de gestation des bovins
V. Notions d’indices
V.1. Indice de consommation (IC)
On appelle IC la valeur énergétique de la ration nécessaire à l’animal pour produire l’unité de
gain de poids (ou de lait).
IC = UF/kg de gain
UF = UF entretien + UF production
V.2. Indice de transformation (IT)
C’est la valeur énergétique de la ration en plus des besoins d’entretien pour faire produire à
l’animal l’unité de gain de poids (ou de lait). L’indice de consommation (IT) est égal à :
1,4 UF chez les animaux en cours de sevrage ;
2,7 UF chez les animaux de 1 à 1,5 ans ;
3,0 UF chez les animaux de 1,5 à 2 ans ;
3,2 UF chez les animaux de 2 à 3 ans ;
3,4 UF chez les animaux de plus de 3 ans ;
4,5 UF chez les animaux en engraissement.
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Chapitre II : Alimentation azotée
I. Valeur azotée des aliments
I.1. Utilisation des matières azotées
Les matières azotées sont indispensables à la vie car elles assurent le renouvellement et la
formation des cellules et tissus. Ce sont des substances nécessaires à l’entretien de
l’organisme et à l’élaboration des différentes productions. Ainsi, l’œuf de poule contient 52 %
de matières azotées dans sa fraction consommable. Le lait de vache en contient 26 % dans
sa matière sèche.
Le corps des bovins en âge d’abattage contient de 47 à 56 % de matières de la matière sèche.
C’est la raison pour laquelle il faut tenir compte du taux de matières azotées dans l’appréciation
de la valeur nutritive des aliments.
Les constituants azotés des fourrages et des aliments font partie intégrante du contenu
cellulaire. Ceux des fourrages, qu’ils soient de nature protidique ou non, sont généralement
utilisés en presque totalité (95 à 100 %) chez les ruminants du fait d’un séjour prolongé dans
le rumen. Le séjour des aliments concentrés, au contraire est plus bref et une partie plus
nutritionnelle dépend alors de leur composition et de la possibilité qu’ils ont d’être hydrolysés
dans la caillette et dans l’intestin.
I.2. Systèmes d’évaluation de l’utilisation digestive des matières azotées
I.2.1. Système des matières azotées digestibles (MAD)
La teneur en MAD d’un aliment est obtenue en tenant compte des pertes apparentes de
matières azotées dans les fèces.
N x 100/16= N x 6,25
Le système des MAD n’est satisfait que dans le cas de ration présentant un bon équilibre entre
les matières azotées et l’énergie et distribuée à des animaux de production modérée.
(Ration classique : foin + concentré ; ensilage de maïs + ensilage d’herbe)
I.2.2. Système des Protéines Digestibles dans l’Intestin ou (PDI)
La valeur PDI d’un aliment représente la quantité totale d’acides aminés réellement absorbés
dans l’intestin grêle et provenant de l’intestin de cet animal.
Cette valeur est la somme de fractions suivantes :
• les PDIA ou PDI d’origine alimentaire : sont les acides aminés réellement absorbés
provenant des protéines alimentaires non dégradées dans le rumen ;
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• les PDIM ou PDI d’origine microbienne : sont les acides aminés réellement absorbés
provenant des protéines microbiennes nouvellement fabriquées dans le rumen.
De façon approximative le système PDI permet de mieux satisfaire les besoins azotées des
animaux car il estime les rapports réels en acides aminés au niveau du tube digestif en mettant
en évidence le rôle essentiel de la population microbienne du rumen dans l’alimentation azotée
du ruminant.
Cependant il présente des insuffisances du fait de l’utilisation dans les calculs de nombreux
coefficients, dont certains ne sont connus que de façon approximative. Ainsi l’estimation de la
fermentescibilité des matières azotées (au niveau des PDIA) et la prévision de la
protéosynthèse microbienne (au niveau du PDIM) prennent en compte des facteurs de
variation encore mal connus (vitesse du transit digestif, présentation des aliments, niveau
d’alimentation, etc.).
II. Dépenses et besoins azotés des animaux
L’organisme vivant subit continuellement des pertes de matières azotées du fait de l’usure des
constituants cellulaires ou tissulaires. Les voies d’élimination des déchets azotés sont :
• L’urine (voie rénale) : est la voie principale chez les monogastriques (90 % chez l’homme,
80 % chez le porc et 60 % chez les oiseaux) ;
• La voie fécale : est plus importante chez les polygastriques (70-80 %) à cause de la
microflore.
Les pertes de matières azotées créent des besoins correspondants qu’il faut satisfaire pour
maintenir l’équilibre de l’individu et entretenir ses différentes fonctions (besoins d’entretien).
A ces besoins constants, l’élaboration de nouveaux tissus imposée par les diverses
productions animales (lait, viande, œufs, laine) exige des quantités déterminées de matières
azotées.
Exemples :
1 kg de viande de bœuf contient en moyenne 200 g de matières azotées ;
1 litre de lait 30 g ;
1 œuf de poule 8 g.
Ces dépenses azotées complémentaires correspondent aux besoins de production.
Chez la plupart des espèces animales, le besoin azoté est double : qualitatif et quantitatif.
Les besoins qualitatifs : l’utilisation plus ou moins bonne par les animaux des matières azotées
dépend de l’équilibre qui existe entre les divers acides aminés de la ration alimentaire.
Pour satisfaire cet équilibre il ‘a lieu de varier le plus possible les sources de protéines et de
compenser les déficiences d’un aliment par un autre, riche, riche en ces éléments.
Chez les ruminants le besoin qualitatif n’a pas de signification que chez les jeunes animaux
avant le sevrage, la microflore du rumen des adultes pouvant synthétiser les différents acides
aminés.
Les principales sources d’azote alimentaire sont : les farines d’origine animale, les graisses
de légumineuses, les sous-produits de graines d’oléagineux, les tourteaux, les levures, etc.
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Les besoins quantitatifs : sont déterminés par le poids de l’animal et par l’importance de ses
productions. Ces besoins étant satisfaits, il est inutile et même dangereux de dépasser la
quantité à distribuer.
II.1. Dépenses et besoins d’entretien
Quand les besoins énergétiques, minéral et vitaminique sont satisfaits, l’organisme subit une
« dépense azotée minimale proportionnelle au métabolisme de base appelée Dépense
Endogène Spécifique (DES) ». A cette DES s’ajoute la perte azotée métabolique fécale pour
contribuer les dépenses d’entretien.
Tenant compte de la complexité d’évaluation des besoins d’entretien des animaux, une
importante marge de sécurité est généralement prise dans les normes azotées d’entretien. Le
besoin d’entretien constitue un minimum à satisfaire, sans lequel de nombreux troubles
peuvent se manifester : perte d’appétit, amaigrissement, fonte musculaire, etc. pouvant
entrainer la mort des animaux. Les besoins d’entretien sont de l’ordre de 60 g MAD/100 kg de
PV chez les bovins et de 90 – 100g/100 kg de PV chez les ovins.
II.2. Dépenses et besoins de production
II.2.1. Besoins de croissance
L’organisme en croissance doit recevoir en quantité suffisante, les animaux convenables à
partir desquels il effectuera les synthèses et constituera ses tissus nouveaux.
Les besoins azotés par jour et par kg de gain de poids sont très élevés dans les premiers mois
de la vie et décroissent par la suite. Les besoins azotés de croissance sont généralement
exprimés en :
• g de MAD / kg de PV ou en g de PDI / kg de PV ;
• g de MAD / kg de gain ou en g de PDI / kg de gain ;
• g de MAD /UF ou en g de PDI /UF.
Cette dernière façon de faire est très commode pour le rationnement des animaux en
croissance et en embouche, car elle tient compte, à la fois de la variation des besoins
énergétiques d’entretien et celle des besoins azotés en fonction du poids vif.
Tableau 10 : Estimation des besoins en MAD des animaux en fonction de leur poids vif
Par ailleurs on estime que selon l’âge ou le poids vif, 10 – 15 % de l’Énergie Totale de la ration
doivent être apportées par les matières azotées.
II.2.2. Besoins d’engraissement
Au cours de l’embouche, il est nécessaire de maintenir un certain niveau d’azote pour éviter
les dépôts excessifs de graisse. Cependant les besoins azotés restent faibles et ne sont en fin
d’embouche que légèrement supérieurs aux besoins d’entretien. Ils sont de l’ordre de :
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• 60 – 70 g/UF dans la ration totale pour les ovins ;
• 63 g de MAT/1000 kcal pour les poulets de chair à la finition.
• g de MAD/kg de lait produit par jour : on estime qu’il faut 60 g de MAD pour la production
d’1 kg de lait à 4 % de matières grasses.
• g de MAD/UF : une vache laitière a besoin d’environ 150 g de MAD/UF.
Ce mode d’expression des besoins azotés est principalement employé pour la ration
complémentaire de production à apporter à l’animal, lorsque la ration d’entretien est
correctement établie.
II.2.5. Besoins de travail
Les dépenses azotées au cours du travail ne sont pas très bien étudiées. Elles sont
généralement faibles et on suppose qu’une bonne ration d’entretien suffit pour un travail
modéré. Pour des animaux qui effectuent de gros travaux, un léger supplément azoté est
recommandé.
III. Utilisation de l’azote non protidique
L’azote non protidique (ANP) est utilisé uniquement dans l’alimentation des ruminants. Ces
derniers, grâce à leur microflore, sont capables de le transformer en protéines bactériennes
digérées dans la caillette et l’intestin grêle. Les sources d’azote non protidique sont l’urée et
l’ammoniac.
• L’urée peut être incorporée dans des aliments composés (ABH) ou dans des ensilages.
• L’ammoniac gazeux est incorporé dans les ensilages de foin ou de paille. L’ammoniac sert
de source d’azote non protidique et de conservant.
• L’urée retard (ex : phosphate d’urée, biuret) est constitué de molécules qui sont capables
de libérer de l’ammoniac dans le rumen très progressivement et n’a pas les inconvénients
de l’urée et de l’ammoniac purs.
Les sources d’azote non protidique peuvent être incorporées à des aliments liquides apportant
en même temps une source de glucide très fermentescible et permettent d’optimiser la
synthèse microbienne dans le rumen. Ces liquides sont dérivés de la levurerie et le lactosérum.
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Une quantité excessive d’ANP par rapport aux normes fixées, la distribution sur un laps de
temps court, à des animaux non préparés favorisent l’apparition des intoxications (dose
toxique d’ANP = 0,5 – 1g/kg PV).
Rappelons que 3 % d’urée pure à 48 % d’azote apportent : 3 x 48/100 = 1,44 g d’azote soit
1,44 x 6,25 = 9 g de protéines.
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Chapitre III : Alimentation minérale
L’organisme des animaux domestiques renferme de 2 à 6 % d’éléments minéraux,
principalement dans le squelette qui contient 83 % des matières minérales de l’organisme. Les
produits animaux contiennent des quantités très variables de matières minérales.
Exemple :
• 38 g pour 1 kg de gain de poids vif d’un veau de boucherie de 100 à 175 kg.
• 7,5 g pour 1 kg de lait de vache.
Les éléments minéraux jouent deux rôles principaux :
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Elle atteint surtout des animaux à forte production à partir du 3ème vêlage.
Les carences phosphocalciques s’accompagnent d’une perte d’appétit, d’un amaigrissement
et d’une fragilité, surtout des jeunes. Les troubles osseux entrainent un ralentissement de la
croissance pouvant aboutir au rachitisme.
Chez l’adulte, la carence en calcium ou phosphore entraine une « ostéomalacie » (faiblesse
générale du squelette). La carence en phosphore entraine l’arrêt des chaleurs et la chute du
taux de fertilité.
I.2. Magnésium
Le magnésium intervient dans la formation de l’os et modère l’excitabilité neuromusculaire. La
carence en magnésium provoque des chutes de production et un ralentissement de la
croissance chez le jeune. Elle peut perturber l’expulsion du fœtus et augmenter la sensibilité
de l’animal aux infections. Mais la manifestation la plus spectaculaire d’une hypomagnésemie
est la « tétanie d’herbage » qui se manifeste par des difficultés de locomotion, des
tremblements de l’épaule ou de la croupe (premiers symptômes) suivis d’une crise tétanique
typique : contractions générales, pédalage, jeux exorbités, colonne vertébrale arquée en
arrière, membres étendus. Ces symptômes sont dus à une hyperexcitabilité de la transmission
neuromusculaire et à une hypocalcémie due à la carence en magnésium.
La tétanie d’herbage est une maladie des vaches laitières à la haute production et du début
de la lactation. Son traitement est réalisé par des injections intraveineuses de sels de
magnésium associés le plus souvent à des sels de calcium et à du glucose.
I.3. Sodium et chlore
Leur localisation est essentiellement extracellulaire. Le squelette contient environ 35 % du
sodium de l’organisme. Le rôle principal du sodium et du chlore réside dans la régularisation
de la pression osmotique cellulaire, des équilibres électrolytiques.
Les symptômes de carence en sodium et chlore sont : léchage, une diminution de l’appétit et
exceptionnellement la mort de l’animal en cas de carences sévères. Les blocs de pierre à
lécher suppriment ce risque. L’excès de sel peut provoquer des intoxications.
I.4. Potassium
Il est essentiellement localisé dans les muscles. Ses rôles sont les mêmes que ceux du
sodium. En outre, il est l’antagoniste du magnésium et du calcium dans la régulation de
l’excitabilité neuromusculaire.
La carence en potassium ne se rencontre pas la pratique. C’est plutôt des problèmes d’excès
de potassium ou du rapport potassium/sodium trop élevé qui se posent.
II. Oligo-éléments
Les oligo-éléments se distinguent des macroéléments par les caractéristiques suivantes :
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Les symptômes de carence sont l’anémie (muqueuses et conjonctives pâles) et l’inappétence.
Les fourrages apportent des quantités suffisantes de fer et la carence ne se rencontre que
chez les jeunes non sevrés (le lait est toujours pauvres en fer). Chez les veaux de boucherie,
la carence en fer est recherchée afin d’obtenir une viande blanche.
II.2. Cuivre
Il intervient dans de nombreux systèmes enzymatiques. Sa carence est très fréquente. Elle
peut être provoquée malgré un apport de cuivre dans la ration apparemment normale par la
présence d’autres éléments (molybdène, soufre, calcium) qui bloquent l’absorption intestinale
du cuivre (carence induite).
Les principaux symptômes d’une carence en cuivre sont :
• Système locomoteur : elle entraine alors des troubles du déplacement (dos vouté, raideur),
des tremblements des muscles.
• Cœur : entraine la mort en cas de besoins importants.
Le sélénium est un produit toxique ; son taux dans les composés minéraux ne doit pas
dépasser 0,5 pour mille. Les apports peuvent être réalisés par injection de Sélénite de Sodium
au jeune ou à la mère en fin de gestation.
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III. Éléments minéraux dans les aliments : besoins et apports recommandés
III.1. Éléments minéraux dans les aliments
Les teneurs des aliments en minéraux sont très variables.
• On détermine les apports alimentaires stricts qui sont obtenus à partir des besoins nets
(entretien, croissance, gestation, lactation) et du coefficient d’utilisation réel ([Link].) de
chaque élément minéral.
Apports Alimentaires Stricts = besoins nets x 100/[Link]
• On détermine ensuite les apports alimentaires optimums qui sont évalués en faisant
intervenir une marge de sécurité.
III.3. Apports recommandés des minéraux
Les normes alimentaires des minéraux sont expérimentées par kg de matière sèche ingérée
ou en fonction du poids vif de gain de poids. Elles doivent être adaptées aux besoins des
animaux et tenir compte de leur appétit et de l’absorption des éléments minéraux.
III.3.1. Besoins nets journaliers des bovins en éléments majeurs
Tableau 11 : Besoins nets journaliers des bovins en éléments majeurs
Besoins Ca P
Entretien (g/100 kg de PV) 2,5 1,8
Croissance (g/kg de gain) :
De 50 à 150 kg 15 8
De 150 à 600 kg 13 7
Plus de 600 kg 10 5
Production laitière (g/kg de lait) 1,25 0,95
Trois (3) derniers mois de gestation (g/jr) 4-7 2-4
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III.3.2. Seuil de toxicité et apports recommandés des oligo-éléments en mg / kg de MS
Tableau 12 : Limite de carence et apports recommandés des oligo-éléments (mg/kg de MS)
Animaux Cu Mn Zn Sn I
Ovins 15
Bovins 30 1000 250 0,5 8
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Chapitre IV : Alimentation vitaminique
Les vitamines sont des composés organiques nécessaires en de petites quantités pour
assurer le fonctionnement normal de l’organisme. Elles sont généralement très fragiles car
elles sont sensibles à la chaleur, à la lumière et même à l’oxygène.
Au cours du fanage ou séchage du fourrage au soleil, la chaleur combinée à l’action des
rayons ultra-violets (UV) oxydent les vitamines. Il ne reste que 5 à 20 % de vitamine A
originelle. La vitamine D par contre n’est pas sensible à la chaleur et à la lumière.
Les vitamines sont des substances organiques, existant en très faible quantité dans les
aliments et devant être apportées à l’animal. Elles ont un rôle essentiellement catalytique,
raison pour laquelle elles sont aussi essentielles que les nutriments quantitativement plus
importants.
Les vitamines agissent généralement en synergie avec les oligo-éléments. Les carences
partielles de vitamines ont des symptômes peu visibles et se limitent à une diminution du
niveau des performances. Une carence sévère, plus rare, entraine des troubles graves et fait
apparaitre des symptômes facilement décelables.
On distingue deux catégories de vitamines :
o les vitamines liposolubles qui sont solubles dans les graisses et les solvants organiques.
Elles peuvent être stockées dans l’organisme. Il s’agit des vitamines A, D, E et K ;
o les vitamines hydrosolubles qui sont solubles dans l’eau. Il n’y a pas de réserves dans
l’organisme sauf la vitamine B12. Elles doivent de ce fait être apportées tous les jours par
l’alimentation. Il s’agit des vitamines du groupe B et la vitamine C.
I. Vitamines hydrosolubles
Les ruminants ne sont pas tributaires d’un apport de vitamines B et C. La vitamine C est
synthétisée dans les surrénales des animaux domestiques. De même que les ruminants
adultes assurent la couverture de leurs besoins en vitamine B par synthèse microbienne dans
le rumen, les jeunes ruminants sont bien pourvus de vitamines B par le lait et le colostrum.
Cependant, on rencontre chez les jeunes ruminants une maladie, appelée nécrose cérébrale
due à une modification brutale de la ration (sevrage trop brutal).
Les premiers symptômes (agitation, perte d’appétit, météorisation, diarrhée) sont suivis
quelques jours plus tard de troubles graves : troubles de la vue, contractions musculaires
spasmodiques ; l’animal tourne en rond, tombe dans le coma et la mort s’en suit. Le cortex
cérébral est tuméfié avec des foyers de nécrose bien visibles. Le traitement consiste en une
injection de thiamine. La prévention implique un apport journalier de vitamines B1 au cours
des périodes de transition alimentaire. Les apports de vitamines B1, B2 et B5 sont
recommandés dans l’alimentation des poules pondeuses élevées en cage.
II. Vitamines liposolubles
C’est à l’égard des vitamines A, D et E que les ruminants sont les plus dépendants. En ce qui
concerne la vitamine K, elle est synthétisée en quantité suffisante par la flore du tube digestif
des mammifères.
II.1. Vitamines du groupe A (rétinol et caroténoïdes)
Le rétinol ou vitamine A1 : est abondant dans les aliments d’origine animale et absent dans
les fourrages. Il est commercialisé sous forme d’acétate ou de palmitate de rétinol.
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Les caroténoïdes : ont une origine exclusivement végétale. Leur transformation en rétinol se
fait dans la paroi intestinale.
Le rétinol assure la perméabilité des membranes cellulaires, la synthèse du pourpre rétinien,
la synthèse des hormones sexuelles et participe aux phénomènes de désintoxication.
Leur carence provoque un arrêt de croissance, une hyperkératinisation de la peau, une
sensibilité accrue aux infections et des troubles sexuels.
II.2. Vitamines du groupe D (ergocalciferol – D2 et cholecalciferol – D3)
La vitamine D2 est synthétisée dans le fourrages ou cours du fanage. La vitamine D3 est
synthétisée dans la peau sous l’action des rayons ultraviolets. Elle est abondante dans le foie.
La vitamine D qui est considérée comme une véritable hormone stéroïde, augmente
l’absorption intestinale et la fixation dans les os du calcium et du phosphore. Les symptômes
de sa carence sont : le rachitisme chez les jeunes et ostéomalacie chez les adultes. Une
baisse de la calcémie et de la phosphatémie est également observée. Contrairement à la plus
part des vitamines dont les excès sont facilement éliminés, un excès de vitamine D peut
entrainer des troubles sérieux. C’est le cas d’apport prolongé de vitamine D3 aux vaches
laitières (pour prévenir la fièvre vitulaire) qui entraine très souvent une calcification de l’aorte
et des reins.
Le colostrum et le lait sont très riches en vitamines D3. Les céréales, les tourteaux, les racines
et tubercules en sont dépourvus. Les foins fanés au soleil ont des teneurs importantes en
vitamine D2.
II.3. Vitamines du groupe E (tocophérols)
La vitamine E exerce une action stabilisatrice à l’égard des acides gras instaurés, de la
vitamine A, des hormones et des enzymes.
Sa carence se traduit par une myopie, due à une dégénérescence des fibres musculaires. Les
symptômes de la carence en vitamine E et celle en sélénium sont identiques. Cependant si on
peut guérir la carence en sélénium par une administration de cet élément, la carence en
vitamine E provoque une maladie à évolution rapide et irréversible.
Les fourrages verts et les germes de céréales ont des teneurs élevées en tocophérol. Les
fourrages conservés et les céréales ont des teneurs variables.
II.4. Vitamine K
En ce qui concerne la vitamine K, elle est synthétisée en quantité suffisante par la flore du
tube digestif des mammifères. Elle assure la coagulation du sang en cas d’hémorragie chez
l’animal.
III. Normes de vitamines recommandées
Tableau 14 : Normes de vitamines recommandées
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Vaches lactantes 10 U.I
Vitamine E Veaux 50-100 mg d’acétate
par kg de concentré
Vaches laitières 350-500 mg
d’acétate par kg de
concentré
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Chapitre V : Consommation d’aliments
La connaissance de la valeur nutritive d’un aliment n’est pas suffisante. Il faut également
connaitre et pouvoir prévoir s’il sera bien consommé par les animaux.
La capacité d’ingestion des aliments par l’animal est un facteur essentiel de leur valeur qu’il
est nécessaire de considérer dans tous les problèmes de rationnement.
I. Prévision des quantités d’aliments consommés
I.1. Régularisation de la consommation des aliments
Les animaux mangent pour couvrir leurs besoins nutritionnels. Cette nécessité de couvrir les
besoins se traduit par le comportement alimentaire, c’est-à-dire la « réaction de l’animal devant
un aliment ou un régime ».
Lorsqu’un animal éprouve le besoin de manger on dit qu’il a faim, et la sensation qui pousse
à boire est la soif. S’il consomme volontiers un aliment, on dit également qu’il manifeste de
l’appétit. Cette réaction est appelée appétence ou appétibilité pour un aliment. Un animal est
en état de satiété lorsqu’il ne veut ou ne peut plus manger.
Le comportement alimentaire est sous la dépendance d’une régulation neuro-humorale dont
les centres sont situés au niveau de l’hypothalamus.
Chez les ruminants, les centres hypothalamiques commandent les mécanismes qui
déclenchent les sensations d’appétit, de faim et de satiété. Ce sont en particulier l’état de
remplissage du rumen et les taux d’acides gras volatils absorbés par la paroi du rumen qui
conditionnent ces sensations.
Chez les monogastriques, c’est l’augmentation progressive du taux de glucose sanguin qui
provoque la sensation de satiété.
I.2. Ingestion volontaire
L’ingestion volontaire d’un aliment s’exprime généralement en quantité de matière sèche qu’un
animal peut ingérer par jour et par unité de poids (par 100kg de PV ou par le poids
métabolique).
I.2.1. Facteurs de variation de la capacité d’ingestion
Les principaux facteurs qui influencent la capacité d’ingestion sont :
o Les caractéristiques individuelles de l’animal : âge, poids, poids, production, état
physiologique ;
o La digestibilité de l’aliment ingéré.
I.2.1.1. Caractéristiques individuelles
Le poids vif : pour des animaux de même type, la quantité de matière sèche volontairement
ingérée (MSVI) augmente avec le poids vif du fait de l’accroissement des besoins
énergétiques. Elle est permise par l’augmentation de la capacité de l’estomac. Cependant,
rapportée aux 100kg de PV, la quantité de MSVI diminue.
La production : pour des animaux de même poids, la capacité d’ingestion augmente
linéairement avec l’importance de la production.
L’état physiologique : pour des animaux de même poids, la capacité d’ingestion augmente
régulièrement pour atteindre son maximum vers le deuxième mois de lactation. Elle se stabilise
ensuite, puis diminue en fin de lactation.
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La capacité d’ingestion ne varie pas avec la vitesse de croissance des animaux, mais
augmente avec le poids vif et diminue pour 100 kg de PV. En outre, elle diminue quand l’état
d’engraissement augmente.
I.2.1.2. Ingestibilité des aliments
Pour un animal déterminé, les quantités consommées varient en fonction du type d’aliment.
Par exemple, un bœuf de 300 kg peut consommer 8 kg de MS d’une herbe de bonne qualité
et seulement 4 kg de MS d’un foin de qualité médiocre.
o Herbe et foin : on dit que l’herbe a une ingestibilité plus élevée que le foin. Lorsqu’on
ajoute des aliments concentrés à des rations constituées par des fourrages, le niveau de
consommation des fourrages est modifié et la quantité totale de MSVI augmente.
o Fourrages verts et foin : la quantité de matière sèche ingérée diminue au fur et à mesure
que l’âge de la plante augmente. Ainsi l’ingestibilité d’un foin est inférieure à celle du
fourrage sur pied.
o Ensilage : le préfanage et le hachage modéré augmentent la consommation des
ensilages.
o Aliments concentrés : l’addition d’aliments concentrés à une ration de fourrages modifie
l’ingestibilité de cette ration. Cette modification est due à deux phénomènes :
• le temps de séjour de l’aliment concentré est plus bref que celui du fourrage. De ce fait, au
cours d’une journée, l’animal consomme moins de fourrages par rapport à ce qu’il aurait
consommé s’il n’avait pas reçu d’aliment concentré. Les aliments concentrés prennent la
place des fourrages. Pour la plupart des rations, malgré cette substitution l’addition d’un
aliment concentré augmente la MSVI.
• l’addition d’aliments concentrés modifie la composition du contenu du rumen chez les
ruminants. On assiste à une acidification du milieu, qui entrave le travail des bactéries
cellulosiques. La vitesse de dégradation des parois cellulaires diminue ; donc le temps de
séjour des fourrages dans le rumen – réseau augmente. Quand l’apport d’aliments
concentrés devient important, par exemple plus de 60% de MS totale de la ration, des
troubles digestibles peuvent apparaître : acidose, ruminite.
II. Évaluation des quantités d’aliments ingérés (unité et coefficient d’encombrement)
II.1. Encombrement de la ration : (coefficient d’encombrement)
Un animal a besoin d’un minimum de lest (d’encombrement) pour assurer le bon
fonctionnement de son appareil digestif. Les fourrages grossiers remplissent ce rôle.
Un excès de matière sèche surcharge l’estomac et entraine des indigestions chroniques.
Les polygastriques supportent un plus grand volume de matière sèche que les
monogastriques, les omnivores plus que les carnivores, les adultes plus que les jeunes
Lorsque les aliments sont trop concentrés, peu cellulosiques, les capacités digestives de
l’animal sont mal utilisées l’insuffisance de matière sèche dans l’alimentation de manifeste
quelquefois au début de la pâture de saison de pluies. Il est bon de donner un peu de foin aux
animaux durant cette période.
Dans la pratique, il est indispensable d’associer les aliments concentrés peu encombrants à
des aliments grossiers qui apportent le lest. L’animal doit également recevoir un minimum
d’énergie pour compenser ses dépenses. Mais la quantité de matière sèche qu’il peut ingérer
étant limitée, il importe que la ration contienne suffisamment d’énergie par kg de matière sèche
pour satisfaire ses besoins.
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Le coefficient d’encombrement (CE) est le nombre de kg de MS d’un aliment, nécessaire pour
apporter une unité fourragère.
CE= MS/UF
Ainsi, pour éviter l’insuffisance ou l’excès de volume d’une ration correcte en énergie, il
convient de veiller à ce que le coefficient d’encombrement soit adapté à l’animal et à son état
physiologique (voir tableau ci-dessous).
Tableau 15 : Valeur conseillée du CE et du taux de cellulose de la ration
Bovins
Jeunes 0-9 mois 1,4 20
Jeunes 9 mois 1,6 25
Adultes à l’entretien 2-2,3 30-35
Bœuf à l’engrais 1,4-1,5 20-25
10 kg de lait 1,8-2,1 27-30
Vaches laitières 15 à 20 kg de lait 1,5-1,7 25-27
20 kg de lait 1,4-1,5 20-25
1,2-1,4 20-23
Bœufs de travail travail léger 2 25-30
travail lourd 1,5 20-25
Ovins
Jeunes en croissance 1,4-1,5 20
Adultes à l’entretien 1,8 30-35
Adultes à l’entretien 1,5-1,6 20-25
Brebis en lactation 1,6 20
Caprins
Chèvres à l’entretien 2-3 30-35
Chèvres à lactation 1,3-1,7 25-30
Étant donné que les besoins énergétiques des animaux augmentent avec l’intensité des
productions et que la capacité du tube digestif est presque invariable, la couverture des
besoins croissants de production se fait en augmentant la valeur énergétique de chaque kg
de MS.
Pour les vaches laitières grandes productrices, on abaisse autant que possible le coefficient
d’encombrement de la ration.
On utilise de préférence des foins coupés avant la floraison et bien conservés. L’adjonction
d’ensilage est également un excellent moyen d’accroitre la valeur alimentaire de la ration tout
en réalisant le coefficient d’encombrement.
II.2. Systèmes des unités d’encombrement (UE)
Pour exprimer l’encombrement d’un aliment, on se réfère à une unité d’encombrement (UE)
qui est basée sur un aliment étalon dont la valeur d’encombrement est 1. Cet aliment de
référence est une herbe jeune de digestibilité 0,8. L’encombrement de 1kg de MS de cette
herbe est égal à 1 U.E.
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Ainsi l’UE d’un aliment quelconque est déterminée par comparaison des quantités
consommées cet aliment aux quantités consommées de l’herbe de référence.
Les tables de valeur alimentaire, donnent pour chaque aliment deux valeurs d’encombrement :
en Unité d’Encombrement Mouton (UEM) et en Unité d’Encombrement Bovin (UEB).
II.2.1. Unité d’Encombrement Mouton (UEM)
UEM = 75/Q.F.I.M.S
UEB= 122,6/QFIBS
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La fait d’ajouter un aliment concentré diminue la quantité fourrage consommée, il y’a
substitution du concentré au fourrage. Le taux de substitution (S) du concentré au fourrage qui
varie de 0 à 1 est donné par la formule suivante !
S= kg de MS du fourrage consommé en moins / kg de MS du concentré consommé en plus.
Dans notre exemple : S= 7,5 – 6,5/1,5= 0,66
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Chapitre VI : Consommation d’eau par les animaux
Le rôle de l’eau dans l’organisme est varié :
Elle assure le transport des aliments et l’absorption des nutriments dans le tube digestif ;
Elle élimine les déchets de l’organisme sous forme d’urine et de sueur ;
L’eau joue un rôle essentiel dans la régulation de la température corporelle.
I. Facteurs de variation des quantités d’eau consommée
La consommation d’eau varie en fonction de :
o la nature de la ration ;
o la production de l’animal ;
o la température.
I.1. Nature de la ration
La quantité d’eau ingérée quotidiennement, c’est-à-dire l’eau contenue dans les aliments et
l’eau bue par les animaux est proportionnelle à la quantité de matière sèche ingérée.
Ainsi une vache boit environ 2 litres par jour avec une ration composée de fourrage jeune, et
50 litres par jour avec une ration composée de fourrage sec.
I.2. Influence de la production
Selon la nature de la ration de base, la consommation d’eau augmente avec la production.
Une vache en lactation consomme 2 à 3 fois plus d’eau par jour qu’une vache tarie.
I.3. Influence de la température ambiante
Entre 5 et 10°C, la température a peu d’influence sur la consommation d’eau. Au-dessus de
10° C, la consommation d’eau augmente lentement jusqu’à 20 à 25 ° C, puis s’accélère
ensuite.
En définitive, il est souhaité de laisser en permanence de l’eau de bonne qualité à la disposition
des animaux. La période de consommation maximale d’eau se situe à 1-2 heures après la
traite du soir chez la vache et dans l’après-midi chez les bovins à l’engrais.
II. Besoins en eau
Les besoins en eau des animaux se divisent en besoins quantitatifs et besoins qualitatifs.
II.1. Besoins quantitatifs
L’organisme élimine l’eau de façon continue soit sous forme de vapeur par voie respiratoire,
soit sous forme liquide par voies rénale, cutanée ou fécale.
Les pertes d’eau par voie rénale sont les plus importantes et sont influencées par le milieu
(température, hygrométrie) et par le genre d’activité de l’animal. Mais c’est surtout
l’alimentation et l’abreuvement qui sont déterminants.
La quantité d’eau éliminée par l’urine ne peut descendre au-dessous d’un minimum
conditionné par l’importance des déchets à éliminer.
Une alimentation riche en matières azotées entraine la formation d’une grande quantité d’urée
qui provoque une excrétion plus importante d’urine.
Au-dessus de la quantité minimale, l’élimination d’eau par l’urine dépend de l’alimentation, de
l’abreuvement et des pertes subies par les autres voies.
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Les pertes cutanée et pulmonaire d’eau assurent la régulation de la température corporelle et
de l’équilibre thermique de l’organisme. C’est pour cette raison que leur importance dépend
des conditions du milieu extérieur.
La voie digestive est également un mode d’élimination de l’eau. Elle provient de l’eau ingérée
avec les aliments et des sécrétions digestives.
Le bilan de l’eau peut être positif ou négatif :
o l’équilibre est assuré lorsque les pertes d’eau sont compensées par les entrées ;
o le bilan est positif quand les entrées sont supérieures aux pertes : il y’a rétention d’eau.
C’est le cas des animaux en croissance (750 d’eau fixée/kg de croît) des femelles en
gestation ;
o lorsque le bilan est négatif, il y’a déshydratation et si l’équilibre n’est pas établi dans des
délais assez brefs, des troubles peuvent apparaitre pouvant entrainer la mort par suite
d’une perte de poids.
II.2. Besoins qualitatifs
L’eau de boisson des animaux doit être pure et saine. L’eau trop chargée en sels minéraux
peut être mal consommée, voire dangereuse pour la santé des animaux. Le tableau suivant
donne les teneurs en sels à ne pas dépasser et affections susceptibles d’être provoquées par
un excès.
Tableau 16 : Normes de sels dans l’eau de boisson et affectations probables causées par
excès
Une eau stagnante est généralement polluée. Elle renferme de nombreuses formes
parasitaires telles que les douves, les œufs de nématodes et de cestodes (Tænia) ainsi que
des germes de maladies infectieuses (peste bovine, charbon, etc.).
Il convient donc de déconseiller formellement l’utilisation de ces eaux de surface sans
aménagements préalables qui permettent d’éviter la pollution.
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II.2. Période de sevrage
Le sevrage est le passage de l’alimentation lactée à l’alimentation de l’adulte. Certaines
techniques permettent actuellement de supprimer le lait naturel ou artificiel de l’alimentation
des veaux, à des âges très divers allant de 3 mois (sevrage semi-précoce) à 3 semaines
(sevrage précoce) en utilisant des formules alimentaires appropriées.
Le sevrage précoce nécessite le strict respect de certaines règles :
o absorption du colostrum pendant la première semaine ;
o distribution du lait pendant les quatre semaines suivantes, puis diminution assez brusque
de la quantité de lait avec suppression totale à 8-9 semaines.
o distribution dès la 2ème semaine d’un aliment de démarrage très digestible et d’un bon fon
de légumineuse à volonté et un litre pour la consommation d’eau.
D’une manière générale, le sevrage dure 20 jours. Pendant les 10 premiers jours on réduit
progressivement la quantité de lait distribuée et pendant les 10 derniers jours on supprime
totalement le lait.
Les veaux passent cette phase critique d’autant plus facilement que leur consommation
d’aliments concentrés et de fourrages de qualité est importante. Une alimentation de concentré
composé de 77 % de sorgho, 16 % de tourteau, 3 % de mélasse et de 4 % de complément
minéral vitaminé ajouté à un bon foin de légumineuse sera conseillée comme ration de
sevrage.
Le foin a été longtemps considéré comme le seul fourrage à distribuer aux veaux d’élevage.
En fait, l’ensilage de maïs à 30 à 35 % de matière sèche et l’ensilage d’herbe de très bonne
qualité peuvent être distribués au veau dès la 2ème semaine.
II.3. Période de post-sevrage
Pendant cette période, le veau atteint une capacité assez importante et constante d’ingestion
des aliments solides. On a constaté qu’il la conserve jusqu’à l’âge de génisse ou de jeune
bovin.
III. Problème de l’alimentation des veaux en Afrique
En Afrique, l’alimentation des veaux pose des problèmes très difficiles à résoudre. En effet,
les races locales de nos pays ont généralement une très faible production laitière, qui devient
insuffisante pour assurer une croissance normale des veaux. L’allaitement de ces derniers est
naturel et l’éleveur intervient peu, si ce n’est pour le prélèvement qu’il effectue d’une partie du
lait pour ses besoins au détriment des jeunes animaux. Cette concurrence « veau-homme »
est inextricable car beaucoup d’éleveurs ne disposent pas d’autres sources de protéines de
haute valeur biologique. On ne saurait alors interdire ces prélèvements. D’autre part
l’allaitement au moyen de lait de remplacement est difficile à réaliser du fait de la faible
productivité laitière des animaux ne pouvant permettre d’envisager des disponibles en dérivés
du lait, ceux devant donc être importés, ce qui impliquerait un coût très élevé.
Pour surmonter les difficultés de l’alimentation des veaux, le sevrage précoce sera
recommandé car pourra concilier croissance normale des jeunes et utilisation du lait des
vaches par l’homme. Pour ce faire, des formules simples d’alimentation des veaux, au prix le
plus bas possible et à la portée des éleveurs doivent être proposées. Ainsi la formule suivante
utilisée à Cuba peut être utilisée avec succès en Afrique :
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o elle consiste à laisser le veau 15 jours avec sa mère (5 jours de colostrum et 10 jours de
lait). Le veau est ensuite séparé de sa mère et ne lui est ramené que pendant une heure
après la traite du matin.
o il reçoit en plus du lait, du foin à volonté et un mélange de 88 % de mélasse, 10 % de farine
de poisson et 2 % d’urée.
Des variances de cette formule pourront être recherchées pour mieux adapter l’alimentation
aux conditions spécifiques des pays concernés.
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Chapitre II : Alimentation des vaches laitières
Le rationnement des vaches laitières est très difficile, car il dépend de nombreux facteurs :
o poids de l’animal ;
o son âge ;
o importance de sa production ;
o stade de la lactation ;
o besoins d’une éventuelle gestation ;
o variations individuelles, etc.
En outre, les laitières ne peuvent être amenées à une condition satisfaisante de production
que si leurs besoins d’entretien, de croissance et de gestation ont été couverts avant leur
entrée en lactation. La production laitière se prépare de longue date. Les futures laitières
doivent être sélectionnées et bien nourries dès leur jeune âge. C’est seulement dans ces
conditions qu’une bonne ration alimentaire pourrait avoir des effets positifs sur la production
laitière.
I. Facteur de variation du rationnement
I.1. Niveau de consommation
Après une diminution vers la fin de la gestation, l’appétit de la vache s’accroît rapidement dès
les premiers jours après la mise-bas et atteint progressivement son maximum entre le 2ème et
4ème mois de lactation.
I.2. Format de l’animal
Il existe une corrélation positive entre la consommation de matière sèche et le poids vif de
l’animal (jusqu’à 400 kg de PV).
I.3. État physiologique
Généralement des besoins de gestation apparaissent vers la fin de la lactation. Ce phénomène
n’est toutefois pas fréquent chez les races africaines qui donnent des veaux tous les 24 mois.
I.4. Niveau de production
La quantité de matière sèche ingérée par la vache est proportionnelle à la quantité de lait
produite et à la richesse de ce fait en matière grasse.
II. Rationnement pratique de la vache laitière
L’alimentation d’une vache laitière se compose d’une ration de base et d’un complément de
production.
II.1. Ration de base ou ration d’entretien
Elle est constituée à partir des ressources fourragères disponibles (de valeur nutritive très
variable) : pâturage naturel, foin, ensilage, paille, cultures fourragères etc. Cette ration doit
généralement couvrir les besoins d’entretien et même si possible, assurer une légère
production laitière. Elle est distribuée à volonté.
II.2. Complément de production
Il doit apporter les nutriments indispensables à la sécrétion lactée et doit être adaptée à la
production individuelle de chaque vache. Le complément ou ration de production se détermine
en fonction de :
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o L’apport de la ration de base ;
o La capacité d’ingestion des animaux.
II.3. Calcul type d’une ration
Exercice d’application
Établir la ration journalière d’une vache de 3 ans, pesant 300 kg et produisant 10 kg de lait à
40 g (4 %) de matière grasse. On dispose de bon foin, sorgho, de maïs-grain, de tourteau
d’arachide et de son de riz.
Solution de l’exercice
Il faut définir le plan de calcul qui est le suivant :
o Définition des besoins d’entretien et de production de cette vache ;
o Composition (établissement) d’une ration équilibrée ;
o Vérification du coefficient d’encombrement de la ration ;
o Définition de la ration (quantités à distribuée).
Pendant une production laitière, on doit faire, si nécessité il y’a, une correction en énergie au
profit de la croissance. Dans notre cas, 0,1 UF suffira pour couvrir les besoins de croissance
de notre vache qui est de petite taille (300 kg). Ainsi nous avons, en récapitulatif, tous les
besoins de :
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Désignations UF MAD (g) Ca (g) P (g)
Entretien 2,6 180 15 9
Production 3,8 600 30 16
Croissance 0,1 0 0 0
Total 6,5 780 45 25
• Établissement de la ration
Valeur nutritive des aliments disponibles
NB : pour simplifier les calculs nous négligerons le Ca et le P bien qu’ils soient autant
importants que l’UF et les MAD dans l’établissement d’une ration.
Ration de base : la majeure partie des besoins en UF sera satisfaite avec du foin (de
bonne qualité) aliment de lest à bon marché.
Prenons par exemple 10 kg de ce foin. Nous aurons :
UF = 0,5 x 10= 5 UF
MAD=50 x 10=500 g de MAD.
Ration de production : les besoins restants à couvrir sont :
Il nous faut donc constituer un mélange de concentrés de valeur nutritive égale à 1,5 UF et
280 g de MAD, c’est-à-dire ayant 280/1,5= 187 g de MAD/UF.
Les aliments concentrés dont nous disposons sont le sorgho, le maïs, le tourteau d’arachide
et le son de riz. Le tableau ci-après donne la composition de ces concentrés en UF et en MAD.
Concentrés UF/Kg g MAD/Kg
Sorgho 0,91 76
Maïs 1,15 74
Tourteau d’arachide 0,93 426
Son de riz 0,52 55
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Tourteau d’arachide 3 2,79 1278
Son de riz 1 0,52 55
Total 10 9,49 1 783
Ces 10 kg de mélange contiennent 1783 g de MAD et 9,49 UF. Le rapport MAD/UF est alors
de 188, approximativement égale à 187 (besoins de production exprimés de la vache).
La quantité de mélange de concentrés quotidiennement distribuée à la vache devra
correspondre à 1,5 UF. Aussi, la quantité journalière de « concentrés » est déduite par simple
rège de trois :
Si dans 10 kg de « concentrés » 9,49 UF
Dans ? X Kg de « concentrés » 1,5 UF
X= 10 kg x 1,5 UF/9,49 UF = 1,6 kg de « concentrés ».
La ration journalière de notre vache sera constituée de :
10 kg de foin et de 1,6 kg de « concentrés »
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• Conclusion
Malgré un léger déficit en MAD (650 g de besoins), cette nouvelle ration composée uniquement
de foin (13 Kg) serait plutôt recommandée pour l’alimentation de notre vache, car elle couvre
les besoins énergétiques de l’animal et sera bien digérée (bon CE). En outre, elle minimisera
les frais de production.
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Chapitre III : Alimentation des animaux de boucherie
I. Embouche bovine
I.1. Principales techniques d’embouche
o Embouche longue en ranching : des jeunes bovins achetés à 18-24 mois sont engraissés
pendant 2 ans.
o Embouche herbagère : sur pâturages naturels ou améliorés avec distribution de
compléments alimentaires, résidus agricoles ou sous-produits agro-industriels.
o Embouche industrielle ou intensive : en feed-lot ou atelier d’engraissement ; elle se fait sur
pâturages intensifs ou en stabulation. Sa durée n’excède pas 6 mois.
o Embouche paysanne : des agriculteurs engraissent quelques têtes de bétail au moyen de
fourrages de sous-produits qui proviennent de leur exploitation et de quelques aliments
achetés.
I.2. Choix de la technique d’embouche
Plusieurs facteurs peuvent influencer le choix de la technique d’embouche à pratiquer :
I.2.1. Conditions climatiques
o En zone guinéenne : l’embouche herbagère d’animaux trypano-tolérants est conseillée,
les pâturages y étant très productifs. En outre, le disponible en sous-produits peut-être
important et permettre l’embouche intensive en feed-lot.
o En zone soudanaise : l’embouche intensive est possible mais nécessite l’irrigation
pendant une partie de l’année ou la constitution de réserves (foin, ensilage).
o En zone sahélienne : seule l’embouche extensive peut généralement être pratiquée.
Toutefois en bordure de fleuves ou de lacs où l’irrigation est possible on peut penser à une
embouche intensive.
I.2.2. Conditions économiques
La rentabilité de l’embouche dépend du prix d’achat de l’animal maigre et du prix de vente de
l’animal engraissé. L’achat des animaux doit être fait à une période pléthorique et en tenant
compte de la disponibilité alimentaire et de l’époque de commercialisation des animaux.
I.2.3. Conditions alimentaires
Le prix d’achat des aliments (prix nets et frais de transport) a une incidence décisive sur le
coût de l’embouche.
Pour minimiser ce coût, il est conseillé d’intégrer l’embouche à une industrie agro-alimentaire
ou de produire soit même les aliments.
I.3. Techniques d’alimentation
I.3.1. Règles générales du rationnement
Le but de l’embouche est de faire gagner aux animaux le maximum de poids dans le minimum
de temps. Pour atteindre cet objectif les rations alimentaires qui seront composées de produits
localement disponibles et peu coûteux doivent :
o Couvrir les besoins quantitatifs et qualitatifs des animaux ;
o Assurer un apport énergétique optimal.
La consommation énergétique de la ration est surtout capitale en fin d’embouche, car les
besoins en énergie s’accroissent alors que l’appétit des animaux diminue.
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56
Une augmentation progressive du taux de concentré de la ration est recommandée.
Néanmoins une proportion minimale d’aliments grossiers est indispensable afin d’éviter des
troubles digestifs.
Exemples de rationnement : le type de ration capable d’assurer une production intensive de
viande bovine varie selon la technique utilisée, le modèle de carcasse et le gain de poids
quotidien désirés.
Embouche sur pâturage naturel
Soit un animal de 300 kg entretenu sur pâturage naturel de valeur nutritive égale à 0,4 UF/kg
de MS. Sachant que l’animal dépense 0,6 UF/jour (déplacement), calculer la valeur nutritive
du complément à distribuer pour l’obtention d’un gain de poids de 300 g par jour.
Données générales :
Solution
o Évaluation des besoins de l’animal :
• Besoins d’entretien de l’animal : ils sont constitués des besoins d’entretien et des
dépenses que l’animal effectue lors des déplacements :
X = 2,6 UF + 0,6 UF = 3,2 UF.
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Chapitre IV : Alimentation de la volaille
I. Principes de l’alimentation
La ration doit couvrir les besoins d’entretien, de croissance, de production et apporter en
proportions convenables les différents minéraux, acides aminés et vitamines indispensables.
Les besoins énergétiques des volailles sont exprimés en « Kcal d’énergie métabolisable (EM)
par Kg de nourriture (Kcal (EM)/Kg d’aliment) » et non pas en UF, ceci en raison de la
physiologie digestive des oiseaux
Dans la pratique du calcul des rations, après avoir déterminé l’EM, on adapte au niveau
énergétique le « taux de Protéines Totales, de Lysine, de Méthionine, de la somme de
Méthionine et de la Cystine, de Phosphore et de Calcium »
Les oligo-éléments et les vitamines sont habituellement apportés par un concentré commercial
(Supersarb, Alimix, etc.).
II. Alimentation des poussins
L’alimentation des poussins commence très tôt après leur sortie de l’incubateur et leur
installation.
La nourriture leur sera apportée 4-6 fois par jour et à des heures précises. Pendant le premier
mois, chaque 2 heures et pendant le deuxième le mois, chaque 3 heures.
L’alimentation doit tenir compte des exigences particulières des poussins (grande sensibilité
aux carences protéiques, minérales et vitaminiques).
L’aliment poussin ou l’aliment 1er âge, distribué jusqu’à à semaines, doit contenir près de
3000 Kcal d’EM et 20% de protéines brutes.
Tableau 17 : Apport recommandé de protéines pour 3000 Kcal d’EM (g)
Poussins Ca P Na Cl
0-15 1,0 0,40 0,17 0,15
15-30 0,9 0,38 0,17 0,15
Dans la pratique, l’aliment complet pour les poussins est composé comme suit dans le tableau
ci-après :
Tableau 19 : Exemple de formule d’aliment complet pour poussins
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La distribution de verdure hachée est conseillée. La formule suivante peut être recommandée
pour l’alimentation des poulets de chair.
Tableau 20 : Formule alimentaire pour poulets de chair
Éléments Souches
Légère Mi-lourdes
Consommation/jour (g) 90 100 110 120
EM (Kcal/Kg d’aliment) 3200 3100 3000 2900
Protéines (% de l’aliment) 18 16 15 14
Méthionine (% de l’aliment) 0,39 0,36 0,33 0,32
Méthionine + Cystine (% de l’aliment) 0,70 0,65 0,60 0,57
Lysine (% de l’aliment) 0,79 0,72 0,66 0,61
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Tableau 22 : Apport recommandé de minéraux pour pondeuses
Formule 2 :
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Chapitre V : Alimentation des lapins
L’élevage des lapins est très intéressant car elle demande peu de temps pour sa conduite et
une modique mise de fond au départ. En outre les lapins sont très prolifiques et ont une grande
aptitude à utiliser une grande variété d’aliments.
I. Besoins alimentaires des lapins
I.1. Besoins d’entretien
Ils ont de l’ordre de 0,028 UF par Kg de PV.
I.2. Besoins de lactation
2 0,10
3 0,13
4 0,16
II. Rationnement
Les principaux aliments des lapins sont :
• le foin ;
• l’herbe ;
• les racines et tubercules ;
• les concentrés.
Les régimes alimentaires seront établis en respectant les proportions suivantes :
• 65 % de concentrés ;
• 20 % d’aliments grossiers ;
• 15 % d’aliments succulents.
Une ration composée de 300-400 g de foin, 400-500 g d’aliments succulents et 150 g d’un
mélange d’aliments concentrés couvre généralement tous les besoins d’entretien et de
production des lapins. Toutefois, comme pour la volaille, on peut fabriquer des aliments
complets pour les lapins à base de produits locaux et selon des formules préétablies.
Tableau 23 : Exemple de formule d’aliment complet pour lapins
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Tourteau d’arachide 11,5
Farine de poisson 5
Farine de viande 7,5
Farine d’os 5
Coquilles d’huitre 2,5
Sel fin 1
Total 100
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Chapitre VI : Caractéristiques et valeurs nutritives de quelques aliments des
animaux
I. Caractéristiques de quelques aliments
I.1. Aliments grossiers
Un aliment grossier est un aliment volumineux dont la teneur de la matière sèche en cellulose
est supérieure à 15 %.
I.1.1. Paille
Elle est constituée par les tiges et feuilles de graminées dépourvues de leur grain. Elle est
utilisée soit comme litière, soit comme aliment d’appoint dans les périodes de soudure.
Dans le premier cas la production et l’épandage de fumier dérivé de cette utilisation permet la
récupération d’une fraction très importante d’éléments nutritifs exportés par les pailles. Les
pailles sont des aliments de faible valeur nutritive : 0,15-0,30 UF et 0-10 MAD/Kg d’aliment.
Cependant des traitements chimiques comme la macération dans la souche caustique, la
paille traitée à l’urée ou mélasse, peuvent améliorer l’ingestion et la valeur nutritive de cet
aliment.
I.1.2. Balles de céréales
Ce sont les glumes et glumelles enveloppant les grains de céréales en y adhérant de façon
plus ou moins intime selon la nature des grains. Ces résidus sont issus soit du battage, de
l’égrenage ou du décorticage des graines. La valeur alimentaire est faible. Elles présentent
peu d’intérêts en région tropicale.
I.1.3. Rafles et cimes de maïs
Les rafles sont des résidus d’égrenage qui représentent environ 20% de l’épi entier. Elles ont
une valeur alimentaire sensiblement égale à celle des pailles. Elles sont généralement
hachées ou broyées avant d’être mélangées à des aliments concentrés. Quant aux cimes, ce
sont les extrémités des tiges de maïs. L’écimage peut se pratiquer lorsque l’épi est bien formé,
sans affecter le rendement
I.1.4. Foin
Il est constitué par les herbes fauchées et séchées. Il contient environ 20% d’eau et sa valeur
nutritive dépend du stade de développement de la plante. Elle est maximale en début
d’épiaison chez les graminées et au stade de floraison chez les légumineuses. Les
légumineuses sont mieux consommés que les graminées.
I.1.5. Fanes (arachide et niébé)
Elles sont riches en matières azotées (60-80 g MAD/Kg d’aliment). Leur valeur fourragère est
d’environ 0,4 UF au Kg. Récoltées et séchées dans les meilleures conditions, les fanes
peuvent constituer un excellent fourrage équivalent à un bon foin de légumineuses.
I.2. Aliments succulents
Ce sont des aliments volumineux dont la teneur en eau atteint 70-80%. Ce sont les fourrages
verts, les ensilages, les racines et tubercules fraîches, etc.
I.2.1. Fourrage vert
La strate herbacée des pâturages tropicaux est essentiellement composée de graminées
pérennes ou annuelles. Les pâturages naturels constituent les bases de l’alimentation des
animaux en Afrique. Si l’on veut éviter les chutes de production pendant les périodes de
soudure, ou si l’on veut intensifier ces productions, l’amélioration des pâturages naturels et la
pratique de cultures fourragères avec fumure adéquate, irrigation et exploitation au stade
optimal, seront recommandées.
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I.2.2. Ensilage
L’ensilage consiste à conserver du fourrage humide en lui gardant une valeur élevée. Il existe
plusieurs techniques d’ensilage suivant les possibilités d’investissement et le matériel
disponible (silo-fosses, silo meules, etc.).
Pour éviter des fermentations indésirables dans le silo, il convient d’avoir un silo hermétique
et un drainage efficace pour évacuer l’excès d’eau.
L’ensilage est une technique de conservation du fourrage en absence d’oxygène et en milieu
acide. L’acidification est obtenue grâce aux bactéries lactiques présentes dans le fourrage.
C’est un procédé de fermentation ; l’absence d’oxygène empêche la putréfaction et favorise la
fermentation.
En pratique, l’ensilage consiste à placer l’herbe verte hachée (naturelle ou cultivée) dans un
conditionnement sans air (emballage ou silo), ce qui déclenche le processus de fermentation
anaérobie.
Lorsque la fermentation est achevée, le fourrage possède une valeur nutritive stable et
favorable à la production laitière.
L’ensilage présente l’avantage, par rapport au foin, de mieux conserver la valeur alimentaire
de l’herbe, particulièrement en matières azotées.
Les caractéristiques d’un bon ensilage sont :
o l’ensilage réussi dégage une odeur d’acide et d’alcool, typique à l’ouverture du silo. Il est
humide et a généralement une couleur vert sombre ou jaunâtre ;
o il ne doit pas présenter de traces de moisissures ni d’odeur de pourriture.
Un ensilage mal fait peut être à l’origine de maladies graves en production laitière notamment
la listériose (maladie abortive) et peut entraîner, de ce fait, des infections toxiques mortelles
chez le consommateur de lait.
Silo fosse :
o Choisir un terrain qui se draine bien.
o Creuser une fosse rectangulaire de profondeur 1,80-2,5 m et de largeur 3-4 m ; la longueur
est variable.
o Pente de fond vers une extrémité.
Il n’est pas indispensable de cimenter les parois, si le terrain est compact, on creuse
simplement un puisard en bout de fosse pour le drainage des eaux.
L’emplissage de la fosse doit se faire rapidement. L’herbe fauchée est disposée en couche de
15-20 cm d’épaisseur, arrosée avec la solution de conservateur (4-5 kg de sel/tonne de
fourrage ou 4-5 litres de solution d’acide formique / 100 Kg de fourrage). On devra ensuite :
o Tasser fortement (par piétinement, au tracteur ou avec des fûts remplis d’eau).
o Doubler la quantité de conservateur de la dernière couche.
o Recouvrir l’herbe avec une couche de paille de 10-20 cm d’épaisseur.
o Laisser reposer 12 heures et recouvrir d’une couche de terre de 40-50 cm.
Pour l’utilisation, on prélèvera les quantités strictement indispensables pour la journée. La
tranchée sera ensuite recouverte. La valeur nutritive des ensilages dépend de celle des
fourrages d’origine et de l’intensité des fermentations qui se développement dans la masse.
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I.2.3. Racines et tubercules (igname, patate, manioc, pomme de terre)
Ils sont très riches en glucides et pauvres en matières azotées, celluloses et minéraux. Les
racines et tubercules peuvent être employés directement à l’état frais, hachés ou râpés ou
après séchage. Séchés, ils peuvent se substituer aux céréales dans les concentrés jusqu’à 50
%. On évitera, toutefois l’emploi de tubercules de pommes de terre germées ou verdies qui
contiennent un poison, la solanine.
I.3. Aliments concentrés
Les aliments concentrés sont des aliments dont la teneur de la matière sèche en cellulose est
inférieure à 15 % et qui renferment plus de 0,65 UF/Kg de MS. Ils sont utilisés pour compléter
ou équilibrer les rations de base. On distingue :
o Les aliments concentrés simples
o Les aliments concentrés composés.
I.3.1. Aliments concentrés simples
Ils peuvent être :
o Glucidiques (céréales, mélasse)
o Protidiques (urée, tourteaux, graine de légumineuses)
o Minéraux (craie).
Les céréales (maïs, sorgho, paddy) :
o Maïs : contient peu de cellulose et une proportion élevée de matières grasses.
o Sorgho : est moins riche en matières grasses et ont une teneur en cellulose plus élevée
que le maïs.
Ils contiennent des tanins qui limitent leur utilisation digestive.
o Paddy : les enveloppes rendent le riz paddy pauvre en énergie et riche en cellulose et en
silice.
Les tourteaux :
La présence d’aflatoxine dans les tourteaux d’arachide et de gossypol dans les tourteaux de
coton limité très souvent l’utilisation de ces sources peu couteuses de matières azotées.
L’urée :
C’est un des aliments qui apportent le plus d’azote par unité de poids. La production
d’ammoniac résultant de l’hydrolyse de l’urée dans le rumen de ruminants peut engendrer des
risques d’intoxication de l’animal, d’où certaines précautions doivent être prises lors de son
utilisation :
o Apport suffisant de glucides facilement digestibles.
o Limitation du taux d’urée à 30-35 % de l’azote de la ration.
o Stimulation de l’activité microbienne du rumen par apport de minéraux (Ca, P, S, CI).
La mélasse :
Elle provient du traitement de la canne à sucre. Elle est très riche en glucide facilement
fermentescible, en potassium, en calcium et quelques vitamines du groupe B.
Sa valeur énergétique est en moyenne de 0,75 UF/Kg de MS. La mélasse est très pauvre en
MA et en MG.
Sa consommation améliore la digestion de la cellulose. Elle est conseillée dans une ration
contenant de l’urée. Étant particulièrement déficiente en phosphore et NaCl, il convient de
veiller sur l’apport de ces minéraux pour contrebalancer l’excès de potassium dans les rations
mélassées.
La mélasse est très appétée par les animaux et améliore la prise des aliments peu appétés.
Sa consommation exagérée peut causer des diarrhées, des gastroentérites.
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Les quantités recommandées sont :
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6. Racines et tubercules
Manioc 39,9 0,14 0,12 0 19 1,02 3580
Patate 33,7 0,13 0,19 11 - 1,12 3580
7. Sous-produits agro-industriels
Drêches pressées 30,0 0,56 0,46 189 205 - -
Drêches séchées 91,3 0,30 0,50 191 215 0,73 2600
Levures séchées 90,9 0,30 1,66 514 474 1,07 2970
Mélasse 83,3 1,49 0,03 9 - 1,04 -
8. Oléagineux et tourteaux
Tourteau d’arachide 89,8 0,11 0,64 510 461 1,06 3080
Coque d’arachide 92,4 0,20 0,04 14 - 0,08 -
Graine de coton 92,2 0,14 0,61 131 - 1,04 -
Tourteau de coton exp. 91,3 0,18 1,32 331 - 0,94 -
9. Produits d’origine animale
Farine de viande 93,3 14,7 6,12 408 - 1,13 -
Farine de sang 87,5 0,25 0,21 813 707 1,11 3085
Farine d’os calciné 98,3 35,0 15,5 - - - -
Farine de poisson 92,7 5,90 3,28 556 569 1,03 3645
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Chapitre VII : Techniques de rationnement
I. Principes de base du rationnement
I.1. Définition
La ration est un mélange d’aliment pour satisfaire les besoins d’un animal. Elle se compose
de 2 parties :
o la ration de base distribuée de façon uniforme à tous les animaux;
o la ration complémentaire, à base de concentrés dont la quantité distribuée varie selon
l’animal.
Une ration complète est un plat unique équilibré, obtenu en mélangeant au fourrage les
concentrés et les minéraux.
Quel est l’intérêt de formuler une ration ?
La ration doit satisfaire 2 conditions :
o Conditions techniques: énergie, matières azotées et grasses, minéraux, équilibrée,
appétente, adaptée au tube digestif ;
o Conditions économiques: pertes, gaspillage, adaptée au but poursuivi.
Qu’est-ce que formuler une ration ?
C’est juger de la nécessité d’incorporer ou pas un ingrédient ou matières premières, de son
taux d’incorporation dans le régime alimentaire ou ration.
Quels sont les éléments à considérer dans la formulation d’une ration ?
o l’aspect nutritif;
o le coût;
o la disponibilité.
Ces trois éléments doivent justifier la composition finale de la ration.
Qu’est-ce que rationner ?
C’est fournir la quantité d’aliments nécessaire pour couvrir les besoins nutritifs et assurer en
même temps le rassasiement des animaux sans toutefois excéder leur appétit.
I.2. Conditions à réunir pour le calcul d’une ration
o Identifier les animaux concernés c’est à dire l’espèce, l’âge, la race et le poids ;
o Identifier le type de production (lait, viande, œuf) ;
o Identifier les conditions d’alimentation (en stabulation ou en pâturage) ;
o Recenser les produits et sous-produits disponibles pour comparer leurs coûts ;
o Adapter l’utilisation des sous-produits à l’espèce considérée. Par exemple des tourteaux
de coton ne pourraient être donnés à des porcs à volonté (monogastrique) à cause de la
présence du gossypol. Il faut tenir compte de l’influence de ces produits sur la qualité des
productions ;
o Connaître la valeur nutritive des aliments. Cette valeur nutritive des aliments et les besoins
doivent être exprimés dans les mêmes unités.
o À partir des normes définissant les besoins d’entretien et de production déterminer le taux
des constituants à utiliser;
o Terminer par un calcul de rentabilité pour choisir la ration la moins coûteuse. Pour cela il
faut établir deux ou trois rations.
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I.3. Qualités d’une bonne ration
La ration doit :
o Fournir à l’animal une quantité suffisante d’énergie;
o Apporter une quantité suffisante de matières azotées digestibles;
o Apporter des matières grasses en quantité et qualité suffisantes;
o Contenir en quantité suffisante des vitamines;
o Apporter une quantité suffisante d’eau;
o Posséder un volume en rapport avec celui du tube digestif;
o Renfermer et apporter les quantités nécessaires de minéraux assimilables;
o Respecter certains équilibres entre les éléments de la ration;
o Ne pas contenir des substances nuisibles à l’organisme;
o Être économique.
I.4. Rationnement chez les polygastriques (ruminants)
Pour un meilleur rationnement chez les ruminants, il est courant de concevoir une ration de
base et d’un complément.
La ration de base est généralement faite de fourrage qui couvre une partie des besoins de
l’animal et le reste par le complément de concentrés.
En pratique, on détermine dans un 1er temps la quantité de matières sèches que l’animal peut
ingérer par jour (MS = Poids de l’animal x 2,25 %).
Connaissant les apports nutritifs de la quantité de fourrage, on comble les besoins de l’animal
par le complément.
I.4. Rationnement chez les monogastriques
Chez les monogastriques, la ration peut être constituée d’un aliment complet. Le nombre de
matières premières à réunir dans ce cas rend le calcul plus difficile. Il est courant de recourir
à des additifs alimentaires tels que les acides aminés et les sels minéraux pour équilibrer la
ration
II. Méthodes de calcul
II.1. Méthode mathématique ou algébrique
On se base généralement sur un seul nutriment exemple MAT à partir de différentes sources.
Exemple :
Formuler une ration complète de 100 kg dosant 16 % de matières azotées totales (MAT). Cette
ration est composée à partir du maïs qui dose 8,9 % de MAT et de la farine de soja qui dose
36 % de MAT.
Soit X la quantité de maïs et Y la quantité de soja.
On a le système d’équation suivant :
8,9 X + 36 Y = 16
X+ Y = 1
Résultat :
X = 74 % et Y = 26 %
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Vérification :
74 x 9 % = 6,66
26 x 36 % = 9,36
II.2. Méthode du « carré de Pearson »
Cette méthode permet de déterminer les proportions de deux aliments à mélanger pour
constituer un rapport dosant une certaine quantité d’énergie par kg de MS ; une certaine
quantité de MAD/Kg de MS ou encore une certaine quantité de MAD/UF.
Exercice d’application 1 :
On désire formuler un complément dosé à 150 g de MAD/UF. On dispose du maïs dosé à 65
g de MAD/UF et du tourteau d’arachide dosé à 350 g de MAD/UF.
Pour cela, plaçons le rapport MAD/UF de la ration au centre d’une croix et ceux des deux
aliments à gauche et à l’extrémité de chaque branche de la croix.
On place la valeur absolue du résultat de la soustraction des chiffres posés sur une diagonale
à droite et aux extrémités de la croix. Chacune des valeurs obtenues permet de déterminer la
proportion de l’aliment placé en face à gauche.
Exercice d’application 2 :
On dispose de son de maïs à 1,02 UF/Kg de MS et 86 g de MAD/Kg de MS et de tourteau de
coton à 0,82 UF/Kg de MS et de 358 g de MAD/Kg de MS.
On désire constituer une ration de 0,90 UF/Kg de MS et de 200 g de MAD/Kg de MS.
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% MAD maïs
% MAD T. coton
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II.3. Climat de montagne
Dans les régions montagneuses l’altitude atténue les températures de 15 à 20°C. La moyenne
annuelle des précipitations est en général supérieure de 1 500 mm. Une exception cependant
dans les massifs montagneux de l’Afrique orientale au Kenyan, la moyenne des températures
y est de 17°C mais les précipitations sont inférieures à 1500 mm car les vents qui soufflent du
sud-ouest au nord-ouest sont parallèles à la côte et n’amènent pas l’air marin donc humide
nécessaire aux précipitations.
II.4. Climat méditerranéen
Il intéresse l’Afrique du nord et la région du Cap. Il est caractérisé par un été chaud très sec
et ensoleillé, un hiver doux et pluvieux. Pendant l’hiver le climat est tempéré mais parfois la
température peut descendre au-dessous de 0°C ; les pluies tombent d’octobre à avril surtout
sur les régions côtières et leurs montagnes qui reçoivent plus de 400 mm d’eau indispensables
à la culture.
II.5. Climat subtropical des façades orientales
On l’appelle ainsi parce qu’il se situe toujours à l’est des continents. En Afrique il couvre le sud
du Zimbabwe, du Mozambique et les régions est de l’Afrique du Sud. C’est un climat tempéré
les hivers sont doux quoi que coupés de coup de froid et assez pluvieux. Les étés chaud et
très humide rappelant le climat tropical.
III. Notion de saison sèche et de période active des pâturages
Pour vivre et se développer, les plantes nécessitent une température et une humidité
satisfaisante.
La période active des végétaux s’étend sur les mois dont la température moyenne est environ
10°C et généralement en région intertropicale. La température n’est pas un facteur limitant :
seule la période sèche y stocke l’activité des plantes. Il est utile de délimiter cette période
d’arrêt de la végétation ou à l’inverse de préciser la durée de la période active par calcul du
bilan hydrique qui estime la quantité d’eau disponible au niveau des racines pour le couvert
végétal.
Le bilan hydrique réel tient compte des caractéristiques climatiques locales de pluviosité et
d’évapotranspiration des végétaux ainsi que les caractéristiques hydriques des sols,
profondeur et relief compris. L’évapotranspiration réelle exprimée en mm d’eau/jour/mois
correspond à la quantité d’eau puisée dans le sol et rejetée dans l’atmosphère par évaporation
(phénomène physique) et par transpiration (phénomène physiologique). L’évapotranspiration
réelle peut être mesurée expérimentalement mais le plus souvent on estime par calcul une
valeur théorique d’évapotranspiration appelée évapotranspiration potentielle grâce à cela il est
possible de déterminer par période par mois et par décade un bilan hydrique théorique régional
exprimé en mm d’eau où les caractéristiques du sol n’interviennent pas.
IV. Variation interannuelle de la pluviosité
Les variations interannuelles de la pluviosité sont autant plus fréquentes et importantes
lorsque la pluviosité annuelle est faible. Ces variations peuvent être appréciées par le
coefficient de variation exprimée en % et obtenu en calcul statistique CV = Écart-type/moyenne
et le tout multiplié par 100.
En climat sec et semi-désertique les variations de la pluviosité se font sentir sur plusieurs
années avec des séries d’années pluvieuses et d’années sèches dont le cycle et le mécanisme
paraissent encore difficile à établir. Si l’on considère plusieurs années consécutives dont on
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établit la moyenne de pluviosité il est possible de mettre en évidence les périodes sèches et
humides avec des variations de rythme.
V. Variables climatiques
V.1. Contraintes thermiques
En région intertropicale la température n’est pas un facteur limitant pour l’activité des plantes.
V.2. Contraintes pluviométriques
La pluviométrie moyenne annuelle es donnée et qui à l’échelle du pays est en relation directe
avec l’importance de la production des parcours et la nature des formations végétales.
Pratiquement, c’est distribution inter-annuelle et inter-mensuelle des précipitations qui
décident des bonnes et mauvaises années.
La biomasse au cours des années exceptionnelles sèches sera réduite et les animaux
trouveront difficilement leur ration d’entretien.
Si au début de la saison des pluies les précipitations sont normales toutes les plantes germent
mais elles ne se développement que si les pluies régulièrement espacées et d’intensité
suffisante entretiennent l’humidité du sol si non les jeunes pousses se flétrissent et
disparaitront avant d’avoir fleuri pour donner des graines. L’année suivante la couverture des
pâturages en plantes sera pratiquement inexistante d’où pour les animaux la prolongation de
la période de disette de la fin de la saison sèche.
VI. Variables édaphiques
Dans chaque zone bioclimatique la succession de stades de croissance et de développement
de l’herbe est sous la dépendance de facteurs édaphiques. Dans chaque zone le bilan
hydrique des sols dépendra donc de la topographie locale, de la géomorphologie, de la teneur
en matières organiques, et de leur décomposition, de la nature de la formation végétale, de la
profondeur du sol et de la texture du sol.
La présence d’une espèce dans un parcours et son rythme de production dépendent de
l’ensemble de facteurs édaphiques et climatiques.
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Chapitre II : Végétation des pâturages
I. Flore
Les familles de végétaux n’ont pas toutes la même importance pour la production fourragère.
C’est la raison pour laquelle ces familles ont été regroupées en trois grandes catégories : les
graminées, les légumineuses et les arbres fourragers.
I.1. Graminées
Les graminées sont dominantes dans les savanes tropicales, équatoriales et dans les régions
tempérées.
Elles constituent une grande famille définie par une organisation originale et très homogène
de l’appareil végétatif et la structure florale.
La famille des graminées comporte 6000 espèces classées en trois sous-familles et une
cinquantaine de tribus dont environ 20 comprennent des genres fourragers usuels.
La multiplication des graminées se fait surtout par voie végétative (stolons, rhizomes, talles).
Les coupes successives de l’appareil végétatif provoquent chaque fois un nouveau départ des
pousses basales et les talles ; le piétinement en divisant les talles favorise la multiplication et
l’enracinement de nouvelles touffes.
Dans les parcours à végétation ouverte, les espaces libres peuvent s’ensemencer dans la
mesure où certaines inflorescences peuvent se former et murir ; ce qui exige la mise en défens
du pâturage. Si les précipitations sont supérieures à 400 mm, les espèces pérennes se
maintiennent et même se développent facilement. Au cours de son développement, la valeur
alimentaire d’une graminée varie dans de très grandes proportions.
Les principales graminées des régions tropicales sont :
o les Andropogonées : Andropogon gayanus Kunth, Chrysopogon aucheri ;
o les Aristidées : Aristida pungens Desf, Aristida mutabilis Trin et Rupr ;
o les Chloridées : Schoenefeldia gracilis Kunth, Cynodon plectostachyus Pilger ;
o les Eragrostidées : Eragrostis tremula Hoschst, Dactyloctenium aegyptium (L) P.B ;
o les Panicées : Panicum maximum Jacq, Echinochloa stagnina (Retz) P.B.
I.2. Légumineuses
Les plantes de cette famille ont des feuilles stipulées généralement alternes, souvent pennées
ou digitées et sont caractérisées par leur fruit qui est une gousse (appelée aussi légume).
Les légumineuses sont presque toutes bien appréciées par les animaux et sont riches en
protéines parce qu’elles absorbent l’azote de l’air par l’intermédiaire des bactéries
symbiotiques situées dans des excroissances de racines (nodosités).
Cette famille compte environ 14 000 espèces divisées en trois sous-familles.
Dans les prairies et les parcours, les légumineuses constituent des plantes de qualité dont les
graines et le feuillage sont caractérisés par un fort pourcentage de protéines ; par conséquent,
dans les communautés végétales, toutes les plantes ont un effet bénéfique sur les autres
espèces auxquelles elles fournissent indirectement de l’azote.
Les principales légumineuses des régions tropicales sont :
o le genre Crotalaria : exemple Crotalaria atroburens Hochst, Crotalaria microcarpa Hochst ;
o le genre Indigofera : exemple Indigofera oblongifolia Forssk, Indigofera aspera Perr ;
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o le genre Tephrosia : exemple Tephrosia linearis (Wild), Tephrosia bracteolata Guill.
I.3. Arbres fourragers
o les arbres prennent la relève de l’herbe
Pour les éleveurs, les arbres permettent de limiter le surpâturage ou l’achat de fourrage. Car
ils prennent la relève de l’herbe lorsque celle-ci se fait rare, avant sa repousse de fin d’été,
tout en puisant l’eau plus en profondeur que ne le font les herbages. Sans compter le rôle
écologique des arbres, dans la limitation de l’érosion, la régulation du cycle de l’eau,
l’hébergement d’oiseaux ou d’insectes, l’apport d’ombrage. Les arbres fourragers sont aussi
l’occasion de favoriser le bien-être animal et de maintenir une activité dans des zones
défavorisées.
En pratique, les feuilles, ainsi que les jeunes rameaux voire les fruits des arbres, peuvent se
pâturer sur pied, selon une méthode proche du sylvopastoralisme. Ou alors les branches sont
coupées en vue de disposer les rames fourragères au sol. Ce qui laisse place aux trognes ou
arbres têtards (après étêtage) ou aux arbres émondés (avec suppression des branches
latérales).
o les arbres fourragers, pas toujours aimés de la foresterie
À l’apparition de l’élevage, le bétail s’alimentait en partie dans les espaces boisés. Utilisés
depuis le Néolithique et jusqu’au milieu du XXème siècle pour le fourrage d’appoint, les arbres
furent peu à peu devancés par le développement des prairies. Au XVIIème siècle, la forêt se
voit confirmer dans le rôle de pourvoyeuse de bois d’œuvre, pour les navires en particulier.
Mal aimé de la foresterie, l’émondage des arbres commence à être pointé du doigt, à la fin du
XVIIIème siècle, comme une pratique qui nuit à la production de bois. Des voix se sont même
élevées pour demander la condamnation de ceux qui étêtent les chênes. La mécanisation de
la fauche de l’herbe, l’exode rural ou encore le remembrement agricole et le recul des haies,
ont par la suite sonné le déclin des arbres fourragers. Ceux-ci pourraient se vêtir aujourd’hui
d’une meilleure reconnaissance de leurs services écosystémiques.
o les arbres fourragers, une solution d'appoint pour complémenter les bovidés domestiques
En plus de présenter des minéraux intéressants pour les bovins, les arbres fourragers peuvent
permettre de complémenter les animaux durant les périodes sèches.
La moitié des espèces ligneuses ont des valeurs fourragères au moins aussi intéressantes
que les fourrages classiques.
Si les arbres fourragers sont généralement utilisés en appoint, il est possible de les exploiter
plus intensément, durant les périodes sèches par exemple. Le mûrier dispose d’une
dégradabilité théorique de l’azote qui avoisine les 80 %, proche de celle de la luzerne. Le frêne
a, quant à lui, un taux de dégradabilité de l’azote similaire à celui du ray-grass. L’orme, le
châtaigner, le chêne sont également appréciés des bovins.
o les arbres fourragers, pour créer une ambiance fraîche dans les prairies
Les arbres permettent d’abord de créer une ambiance climatique dans la parcelle. Comme ils
puisent l’eau en profondeur, ils restent verts en été et amènent de la fraîcheur aussi bien au
troupeau qu’à la prairie. En plus d’améliorer le pâturage, les arbres fourragers apportent du
tanin aux animaux. Ce dernier manque généralement aux espèces fourragères classiques et
permet de lutter contre le parasitisme.
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II. Structure de la végétation
Les pâturages naturels tropicaux étant constitués souvent par un complexe ou strate herbacé
et strate ligneuse coexistent. Il est nécessaire de compléter la description des pâturages en
précisant la physionomie de la végétation. Afin de disposer de terme simple pour exprimer
l’aspect général de la végétation à un endroit donné ; il a été donné une nomenclature qui
distingue en Afrique tropicale.
II.1. Steppes
Le terme steppe appliquée à la végétation tropicale concerne un type physionomique
caractérisé par un couvert herbacé où les plantes annuelles abondent alors que les plantes
vivaces sont rares et espacées les graminées vivaces lorsqu’elles existent ont des feuilles
étroites, enroulées et repliées.
Le couvert herbacé ne dépasse pas habituellement 80 cm de hauteur.
Une steppe xérophile est caractérisée par la présence des graminées annuelles adaptées à
la sécheresse avec des feuilles étroites pouvant se replier ou s’enrouler.
Une steppe mésophile est caractérisée par l’abondance de graminées annuelles peu adaptée
à la sécheresse avec des feuilles larges et étalées.
Une steppe contractée ne recouvre pas l’ensemble du paysage mais elle est localisée aux
substrats les plus favorables à la végétation.
II.2. Savanes
Le terme savane s’applique à un type de végétation caractérisée par un couvert herbacé d’au
moins 80 cm de hauteur. Les graminées sont en majorité vivaces et la plupart forme des
touffes isolées dont les tiges atteignant leur pleine croissance constituent une couche plus ou
moins continue qui brûle ordinairement chaque année.
Une savane panachée est une formation herbeuse basse de type parsemée de graminées
vivaces à feuilles planes et larges.
La présence et l’importance du couvert ligneux permet de compléter la nomenclature des
formations herbeuses.
Une steppe ou une savane est herbeuse lorsque les espèces ligneuses arbres et arbustes
sont absents ou présentent un couvert inférieur à 2 %.
Pour un arbre dont la surface moyenne est 2 %, quel sera le nombre d’arbres sur un ha (10
000 m2 ?
Une savane est arborée lorsque le couvert des arbres de taille généralement supérieur à 5 m
présente un couvert compris entre 20 à 40 %. La formation végétale devient une forêt claire
lorsque le couvert des arbres reste ouvert bien que supérieur à 40 % et que subsiste sous les
cimes un tapis graminéen lâche et souvent discontinue.
La forêt devient une forêt dense lorsque les cimes sont jointes avec un couvert de la strate
arborée dépassant 90 % et il n’y a pas de tapis graminéen.
III. Productivité des pâturages
Le pâturage produit de la matière végétale dont une partie consommable par un ou plusieurs
herbivores considérés.
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o Biomasse végétale totale (BT) : c’est la quantité totale de MS ou matière verte de tous les
végétaux vivants de l’écosystème exprimée en Kg de MS ou t de MS/ha.
o Biomasse végétale pérenne (BP) : c’est la quantité de MS ou MV correspondante à la
partie pérenne du végétal (en général la partie aérienne) donc l’âge est supérieur à un an.
o Production végétale ou productivité nette apparente (PNA) : c’est l’accroissement
périodique total de la biomasse pérenne. La PNA dépend à l’échelle du parcours, des
conditions édapho-climatiques locales et de la végétation présente, de la nature et du
recouvrement des espèces et de l’intensité des pâturages. À l’échelle du pays, la PNA
dépend des contraintes pluviométriques.
o Quantité consommable sur le parcours (QCA) : c’est la quantité de matière végétale (MS
ou MV) prélévable par les animaux à l’échelle du mois, de la saison ou de l’année. La QCA
dépend de la productivité nette apparente, de la nature des animaux et de leur
comportement vis-à-vis des espèces végétales sur le parcours.
o Quantité consommée sur le parcours (QCE) : la quantité réellement prélevée par l’animal
pendant une période donnée. La QCE dépend de QCA et de la charge :
• si QCE est supérieur à QCA il y’a surpâturage ;
• si QCE est inférieur à QCA il y’a souspâturage.
o Production animale (PA) : c’est la quantité de viande et de lait produite par hectare par an.
Elle dépend de la QCE, de la valeur fourragère des espèces consommées, des facteurs
liés à l’animal, de la nature et de l’importance de la complémentation fourragère.
III.1. Productivité primaire d’un pâturage
Un pâturage naturel tropical offre à l’animal une gamme d’espèces herbacées et ligneuses
dont quelques-unes seulement sont consommées et seules leurs productions doivent être
prises en considération pour l’estimation de la productivité des pâturages.
La productivité d’une plante herbacée est en étroite dépendante avec la période active du
pâturage. La production de matière brute fournie par les plantes est un ensemble constitué
par l’eau physiologique et des matières sèches ; si l’eau physiologique contenue dans les
plantes consommées présente l’avantage de diminuer l’eau nécessaire à l’abreuvement,
seules les matières sèches contiennent les éléments nutritifs et il est indispensable d’estimer
la production du pâturage en matière sèche.
Donc il s’agit de faucher l’herbe ou la paille selon les saisons dans les placeaux de 1 m2 de
surface. Les coupes peuvent être effectuées pour estimer la production en un moment donné
ou pour évaluer la production de repousses successives tout au long de la période active à
des intervalles déterminés (tous les 15, 30, 45, 60, 90 jours par exemple). Cette production
primaire est exprimée en g de MS/m2 ; cette valeur multipliée par le nombre de mètre carré
par hectare donne la production en Kg de MS/ha.
En fin de période active, la coupe de placeaux laissés en défens permet d’évaluer la biomasse
herbacée produit tout au long de la période active et fourni une estimation fondamentale, celle
du potentiel de productivité du pâturage.
III.2. Pluviosité annuelle et production de fourrages
La production végétale des pâturages constitue la base de l’élevage de nos pays. Pour une
meilleure planification de cet élevage, une estimation de cette production est indispensable
par ce que ces productions sont très variables d’une année à l’autre et d’un endroit à l’autre.
La relation entre pluviosité annuelle et la production primaire a été un sujet d’étude pour
plusieurs chercheurs.
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Le Houérou et Hoste (1977) et Breman (1975) ont décrit cette relation dans des formules par
lesquelles on peut calculer la production primaire sur la base de la pluviosité.
La Houérrou et Hoste ont déterminé au sud du Sahara que chaque 100 mm de pluies entre
une pluviosité de 100 – 1000 mm apporte une augmentation de la production biomasse de
260 kg de MS/ha au-dessous du niveau initial de 360 kg de MS/ha à 100 mm de pluie.
Production primaire (PP)= (260 x Pam)/100 + 360.P en kg de MS/ha
Pam= Pluviométrie moyenne annuelle
Exemple : Breman calcule la production primaire pour le mali par la formule suivante :
Pp = (0,9 x Pam) + 720 100 « Pam « 400 mm
Pp= (2,4 Pam) + 150 400 « Pam « 1500 mm
Il est que les formules mentionnées donnent des résultats différents. Les productions
mesurées peuvent être très différentes des productions calculées même dans le cas où on
utilise dans les formules la pluviométrie réelle au lieu de la pluviométrie annuelle.
La relation pluviosité production primaire comme indiquée dans les formules correspond
seulement à une évaluation approximative de la production primaire.
Pour une meilleure gestion des pâturages elle est insuffisante. Il est donc nécessaire
d’approfondir les connaissances des processus tel que la photosynthèse, la transpiration,
l’assimilation qui déterminent la vitesse de croissance. Tels processus sont déterminés par la
disponibilité de l’eau, de l’azote, des minéraux, la radiation solaire, la température, l’humidité
de l’air et les caractéristiques des plantes.
Pour une meilleure planification de l’élevage il ne suffit pas d’avoir seulement une estimation
de la production primaire en quantité parce que seulement une partie peut être utilisée par le
bétail.
IV. Teneur en éléments minéraux des plantes consommées
La teneur en éléments minéraux peut varier avec l’espèce végétale, son stade végétatif ainsi
qu’avec le sol sur lequel se situe le pâturage car la plante assimile et emmagasine
proportionnellement à la richesse du sol des éléments minéraux assimilables (potentiel de la
fertilité des sols).
Mais l’assimilation de la plante peut également varier avec le degré d’humidité du sol voir son
engorgement ou l’importance des inondations.
Par contre les besoins des animaux sont à peu près constants et sont évalués par rapport au
poids vif de l’animal.
o 5 g de Nacl ou 0,5 % de MS.
o 0,8 g de sodium ou 0,08 % de MS.
o 2 g de calcium ou 0,2 % de MS.
o 1,2 g de phosphore ou 0,12 % de MS.
o 2 g de Magnésium ou 0,2 % de MS.
La proportion de ces macroéléments doit par ailleurs être tel que le rapport :
calcium/phosphore compris entre 1 et 1,7 ; potassium/sodium entre 4 et 6, et celui du
calcium/magnésium entre 3 et 4.
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La teneur en calcium est souvent faible pour les graminées des sols inondables, acceptables
pour les graminées en vert et en paille, forte pour les légumineuses herbacées et la plupart
des espèces ligneuses consommées, très forte pour les espèces nitrophiles, occupant les lieux
des stationnements du bétail (anciens parcs abandonnés).
La teneur en phosphore est bonne pour les graminées en végétation ainsi que les repousses
de saison sèche.
Mais elle est en général faible pour les pailles et la carence en phosphore en saison sèche.
A l’exception des graminées des prairies aquatiques à longue inondation, la plupart des
espèces tropicales sont excessivement pauvres en sodium.
Les oligo-éléments sont nécessaires dans la ration mais leur excès comme leur insuffisance
peut provoquer des troubles.
Les fourrages contenant plus de 3 à 4 g de sodium par kg de MS provoquent des intoxications,
alors qu’une carence se traduit par les troubles de la fertilité des animaux.
Les fourrages tropicaux présentent généralement une richesse en sélénium convenable
permettant de couvrir les besoins qui sont de l’ordre de 0,1 ppm.
Le molybdène est toxique lorsque le fourrage en contient plus de 20 – 30 mg/kg MS, mais la
composition habituelle ne dépasse pas 3 à 5 mg.
Les carences en molybdène favorisent l’accumulation du cuivre dans le foie.
Une richesse en cuivre inférieur à 7 mg/kg MS peut provoquer de l’anémie et la stérilité
temporaire.
Les besoins en minéraux des bovins sont estimés à 10 mg de cuivre/kg MS pour assurer une
croissance régulière du bétail.
Il y’a généralement dans les fourrages une corrélation entre la teneur en azote et celle en
cuivre de sorte que les légumineuses ont souvent une teneur en cuivre acceptable.
Par contre la teneur en cuivre est insuffisante dans les graminées dont le temps de croissance
est supérieur à 30 jours et la carence en cuivre est fréquente en saison sèche.
Avec moins de 0,05 à 0,07 mg/kg MS en cobalt les animaux peuvent présenter des symptômes
de carence : amaigrissement, anémie, pelage rude et peau rugueuse ; mais les fourrages
contiennent habituellement entre 0,1 et 0,3 mg/kg MS.
Un excès de magnésium de l’ordre de 700 mg par kg MS peut provoquer la tétanie d’herbage
; mais les carences se traduisent par une chute de la production de lait et diminution de la
fertilité sont rares.
Les fourrages en contiennent habituellement 50 à 150 mg alors qu’un minimum de 40 mg
permet le maintien d’une production laitière.
Les besoins en zinc sont de l’ordre de 50 mg/kg MS, mais augmente avec une trop grande
richesse en calcium.
Les carences en zinc peuvent se traduire par des lésions cutanées (parakératose).
Si la teneur en zinc est satisfaisante pour les jeunes pousses de graminées, elle est
généralement insuffisante pour les graminées âgées ; mais elle est forte pour les
légumineuses herbacées.
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Une carence éventuelle en zinc pourrait se faire sentir au cours de la saison sèche.
L’aluminium ne semble pas être nécessaire à l’animal mais une trop grande richesse
dépassant 400 mg/kg MS gène l’assimilation du cuivre et sera d’autant plus grave que le taux
de phosphore sera faible ce qui est habituellement le cas dans les pâturages tropicaux.
Les besoins en fer sont de 50 mg/j ou 8 mg/kg MS. L’excès de fer n’est pas gênant et les
maladies de carence (anémie) sont rares et liées à celles du cobalt.
Les besoins des bovins en iode sont faibles de l’ordre de 400 à 800 µg/j, mais les carences en
iode provoquent le goitre et des accidents au cours de la gestation.
Les éleveurs traditionnels sont conscients des besoins de leur bétail en éléments minéraux ;
c’est pourquoi la plupart des grandes transhumances passent par un lieu de cure salée où les
troupeaux séjournent de 3 à 5 jours.
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Chapitre III : Gestion des pâturages
I. Valeur pastorale
La valeur fourragère d’un pâturage bien que parfois négligée est aussi importante que
l’examen botanique.
La valeur fourragère d’un pâturage appelée aussi valeur bromatologique est variable au cours
de l’année et dépend de la nature des plantes présentes et de leur stade végétatif.
La valeur d’une espèce pour le pâturage se définit en lui attribuant un indice de qualité
spécifique déterminé sur la base de ses qualités fourragères. Parmi ces qualités on peut citer
la vitesse de croissance, la valeur nutritive, la digestibilité, la période d’appétibilité etc. ; en
outre elle traduit l’intérêt zootechnique de chaque espèce végétale pour une espèce animale
donnée. La valeur ainsi obtenue est aussi appelée indice global ou indice synthétique de
qualité ; il renseigne sur l’importance de fourrage qualité produit dans une unité de milieu
donné et permet de comparer des formations végétales en fonction de types de sol, de la
condition de protection et des périodes (saisons).
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o la valeur énergétique : elle est exprimée en UF. Cette valeur énergétique dépend de la
digestibilité de la matière organique qui à son tour est déterminée par le taux de cellulose
brute.
o la valeur azotée qui est caractérisée par sa teneur en MAD.
La comparaison du cheptel est facilitée par l’emploi d’une unité de valeur constante.
o l’UGB pondérale est équivalente à un bœuf ou une vache de 500 kg de poids vif ;
o l’UGB dans le sens nutritionnel correspond à 3000 UF de besoin d’apport énergétique
d’une vache de 600 kg produisant 3000 kg de lait en 12 mois de lactation.
Le format et la production des animaux tropicaux étant moindres que ceux du bétail des pays
tempérés ; on peut selon les travaux de l’IEMVT, définir l’UBT ou LSU (Unit standard livestock).
L’UBT correspond à un besoin ou un apport énergétique d’une vache de 250 kg produisant
450 kg de lait sur 12 mois (déplacement y compris).
La consommation journalière d’un bovin est habituellement estimée à 2,5 kg de MS pour 100
kg de poids vif. En estimant à 6,25 kg la consommation journalière de l’UBT on en déduit
l’apport d’un kg de MS ingéré afin d’assurer l’entretien de l’animal.
L’exploitation d’une plante fourragère ne peut être donc qu’un compromis entre :
La capacité de charge d’un pâturage est la quantité de bétail que peut supporter ce pâturage
sans se détériorer ; le bétail devant rester en bon état d’entretien voire prendre du poids et
produire du lait pendant son séjour sur le pâturage.
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La valeur énergétique du pâturage est souvent prise exclusivement en considération.
Cette estimation est acceptable lorsqu’il est possible d’apporter un complément azoté au bétail
en période critique.
La capacité de charge peut être donnée en kg PV/ha ou en UBT/ha et ceci pour l’année entière
ou pour la saison considérée.
L’unité bétail adaptée sera l’UBT pour un bovin de 250 kg à l’entretien dont la consommation
journalière de MS sera de 6,25 kg.
Quelle que soit l’expérimentation des résultats adoptée, les essais de charge avec le bétail
sont indispensables et permettent seuls d’améliorer les estimations pouvant être effectuées à
partir des mesures de production en fourrages par fauches, pesées, séchages et analyses de
laboratoire.
Exemple : la production potentielle d’un pâturage est estimée à 400 g de MS/m2 ; sa période
active est de mai- septembre. En admettant que la production consommable est la moitié de
la production potentielle.
Quel est le nombre d’hectares qu’il faudra pour couvrir les besoins d’un animal de 450 kg
pendant toute l’année et quelles sont les charges possibles en période active et en période
sèche (charge en UBT et en kg de PV/ha).
Solution :
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(1) Le nombre d’hectares sera : 4 106,25 /2000 = 2,05 ha / animal/an.
(2) Charge en période active :
Consommation de MS de l’UBT sera de 6,25 x 365 = 2281,25 kg de MS/an.
La valeur pastorale est une donnée, la modification d’un facteur se traduit donc par la variation
d’un autre facteur.
JP=E x T/S
La charge (C) est le nombre de tête par hectare pendant un certain temps.
Exemple : la production de la biomasse potentielle d’une jachère de 5 ans sur sol limoneux
est de 5,52 t de MS/ha, soit 5 520 kg de MS/ha. La production consommable est égale au 1/3
de la production potentielle ; la période active est de 4 mois (juin – juillet – août – septembre).
Quel est le nombre de journée de pâture ; le nombre d’UBT pendant la période active, la
période sèche et l’année ?
Solution :
Consommation de l’UBT en 8 mois (période sèche) sera 6,25 x 245 =1531,25 kg MS.
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IV. Types de pâture
IV.1.1. Espaces libres et faune sauvage : certaines régions sont assez vastes pour qu’il soit
possible de considérer que les animaux sauvages même migrateurs, s’y répartissent
librement : savanes ou steppes ouvertes, grands parcs nationaux, réserves de chasse.
Les savanes humides des parcs bien gérés ne sont mangées qu’à 30, 50 ou 60% de leurs
potentialités. Il n’en est de même lorsque les conditions climatiques deviennent marginales,
soit par un important manque de précipitation soit par des températures très faibles.
IV.1.2. Pâture vaine : dans les régions où le pâturage est extensif en raison d’une production
primaire faible, le bétail parcourt de grandes étendues de terrain pour trouver sa nourriture.
S’il est entièrement livré à lui-même, comme c’est le cas des dromadaires dans le sud algérien,
ou des bovins dans certaines montagnes européennes, le bétail doit pouvoir accéder à des
secteurs où la végétation est suffisante.
Il y’a pâture guidée lorsque dans des régions ouvertes, le berger oriente les parcours suivis
par le troupeau pour le mener paître dans des emplacements plus favorables. C’est le cas des
troupeaux nomades que le berger conduit dans les zones arides, là où des précipitations plus
favorables ont permis à la végétation de se développer, ou dans les régions de cure salée.
C’est le cas de la transhumance au cours de laquelle le troupeau est conduit d’un centre à un
autre en fonction de la saison. C’est le cas, enfin des troupeaux localisés que le berger mène
dans le terroir en lui faisant faire chaque jour un circuit d’alimentation avant de retourner à la
bergerie.
Sur les très grandes parcelles lorsque les enclos sont très grands comme dans les montagnes
ou les ranches, les animaux ont un comportement semi-nomade. Ils établissent spontanément
des circuits qui les amènent périodiquement, souvent à une heure solaire précise, aux mêmes
endroits. L’inconvénient du système est que les meilleurs emplacements sont sur-pâturés et
les moins bons souspâturés. Cela entraine des dégradations sensibles de la qualité de la
végétation même si globalement la charge est convenable.
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Sur les petites parcelles, les animaux ne peuvent rester plus de quelques jours. Le berger
examine, avant de faire manger une parcelle, si elle est en état de fournir l’alimentation dont
son bétail a besoin. Cela suppose une épaisseur d’herbe suffisante que l’on peut estimer à
15-20 cm pour les bovins et à 10 – 15 cm pour les ovins.
Dans les pâturages en bon état, si le feu est situé à des époques adéquates (compte tenu de
la périodicité et de la saison) et judicieusement contrôlé, il constitue un outil de gestion peu
coûteux.
Le feu pastoral est un outil qui remonte aux temps les plus anciens et son usage est
actuellement généralisé dans le monde intertropical. Il s’intègre dans le cycle de la saison
sèche aussi surement que les pluies en hivernage.
Dans les savanes le feu vise en premier lieu à renouveler le pâturage en détruisant une
biomasse importante devenue inconsommable pour le bétail afin d’obtenir de jeunes
repousses de bonne qualité. La pratique a sa place dans les régions (guinéennes et
soudaniennes) où les repousses sont possibles ; par contre elle est à proscrire dans les
régions septentrionales où dominent les annuelles (destruction des semences).
Le feu pastoral est utilisé pour débarrasser les parcours des refus d’herbes. En effet, certaines
espèces de peu de valeur nutritive tendent à proliférer au détriment des meilleures par suite
d’un pâturage sélectif par le bétail ou en raison de charges trop faibles en saison des pluies.
Enfin les feux de brousse interviennent dans l’élevage avec la mise en place des feux contrôlés
et des feux de contre saison.
Une telle gestion assure en permanence aux animaux une herbe de qualité en quantité
suffisante. De plus son usage a un rôle hygiénique en détruisant les larves de cestodes, de
nématodes et d’autres parasites.
o Feu précoce : est pratiqué dès que possible à la fin des dernières pluies. Le bétail trois à
quatre semaines après le passage du feu, broute les repousses durant la plus grande
partie de la saison sèche. En effet au cours de la seconde moitié de la saison des pluies,
la majorité du pâturage est délaissé par le bétail ; il concentre son prélèvement sur une
zone en surpâture constante, d’où une diminution de la production herbacée. Mais
plusieurs années successives de pratique favorisent l’embuissonnement et à la longue la
reforestation ; les feux doivent donc être prohibés pour lutter contre les ligneux.
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o Feu de pleine saison sèche ou feu courant : est utile aux endroits où les repousses sont
encore possibles, c’est-à-dire là où les réserves en eau subsistent dans le sol au niveau
des bas-fonds. Si la teneur en eau du sol est trop faible, le sol reste nu. C’est souvent un
feu de nettoyage de vieux chaumes et des herbes diverses non consommées.
o Feu tardif : est provoqué à la fin de la saison sèche d’une part dans les plaines et d’autre
part sur tous les secteurs où il y’a un début d’embroussaillement. Ce sont des feux
d’entretien qui permettent d’équilibrer le rapport couvert ligneux. Ce type de feu entre dans
les programmes d’exploitation contrôlée des pâturages naturels.
o Feu de contre saison : est pratiqué au milieu de la période pluvieuse, en général. Il est
utilisé en milieu contrôlé.
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les savanes, riches en espèces fourragères indigènes, jusqu’aux cultures annuelles
intensives, irriguées et fertilisées.
Il existe ainsi des parcours dont la flore a été enrichie par sur-semis, des prairies permanentes
entretenues, des pâturages améliorés, des prairies temporaires, etc. Pour chacun de ces
systèmes, on peut rechercher les plantes et les itinéraires techniques adaptés à un contexte
particulier, ainsi que les technologies et les équipements correspondants.
Les situations suivantes révèlent une intensification agropastorale croissante :
o l’amélioration des parcours naturels par enrichissement en cultures fourragères ;
o la création de lignes antiérosives : plantation de ligneux fourragers ou de plantes
fourragères herbacées pérennes à fort enracinement ;
o l’installation de plantes de couverture fourragères en association avec des cultures
annuelles ou des plantations d’arbres pérennes ;
o la création de prairies temporaires en rotation avec des cultures non fourragères ;
o l’installation de plantes fourragères cultivées, le plus souvent pérennes, dans un but de
productions animales.
Conclusion
L’alimentation est un maillon essentiel dans la réussite d’un élevage. D’où son impact positif
nécessite une bonne maitrise des ingrédients constituant une ration de qualité.
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A
Annexes
Annexe 1 : Besoins en matière sèche
Valeurs conseillées du coefficient d’Encombrement et du taux de cellulose de la ration
Désignations Coefficient d’Encombrement (CE) Taux de cellulose (%)
1. Bovins
Jeunes
• de 0-9 mois 1,4 20
• > 9 mois 1,6 25
Adultes à l’entretien 2-2,3 30-35
Bœufs à l’engrais 1,4-1,5 20-25
Vaches laitières
• < 10 kg de lait 1,8-2,1 27-30
• de 10 à 15 kg de lait 1,5-1,7 25-27
• de 15 à 20 kg de lait 1,4-1,5 20-25
• > 20 kg de lait 1,2-1,14 20-23
Bœufs de travail
• Travail léger 2 25-30
• Travail lourd 1,5 20-25
2. Ovins
Jeunes en croissance 1,4-1,5 20
Adultes à l’entretien 1,8 30-35
Adultes à l’engrais 1,5-1,6 20-25
Brebis en lactation 1,6 20
3. Caprins
Entretien 2-3 30-35
Lactation 1,3-1,7 25-30
Entretien
• Bovins
PV (kg) 25 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Entretien 0,5 0,8 1,2 1,6 2 2,3 2,6 2,29 3,2 3,5 3,8
(UF)
• Ovins-caprins
PV (kg) 5 10 20 30 40 50 70 80
Entretien 0,18 0,26 0,38 0,47 0,53 0,58 0,70 0,75
(UF)
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B
Production
• Production laitière
Lait à 4% de Matières Grasses= 0,38UF/kg de lait
• Croissance
Bovins
Ovins-caprins
• Engraissement
Besoins par kg de gain de poids (bovins/ovins)= 3,5 UF
• Gestation
Bovins Ovins
Période (mois) Besoins (UF pour 100 Kg Période (Mois) Besoins (UF pour 100 Kg
de PV de PV
7 Entretien + 0,1 3 Entretien + 5%
8 Entretien + 0,2 4 Entretien + 20%
9 Entretien + 0,3 5 Entretien + 50%
o Besoins d’entretien
• Bovins
BE= 60 g MAD/100 Kg de PV
• Ovins-caprins
BE= 90-100 g MAD/100 Kg de PV
o Besoins de production
• Lactation
BL= 60 g MAD/Kg de lait à 4%
• Croissance
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C
PV (Kg) 100 200 300 400 500
g MAD/UF 135 125 110 90 80
• Engraissement
Espèces Besoins
Bovins 80-120 g / UF de la ration
Ovins 60-70 g / UF de la ration
Poulets de chair 63 g de MAT / 1000 Kcal de la ration
• Gestation
BG (développement du fœtus)= 100 g MAD/UF
Annexe 4 : Besoins minéraux
o Macroéléments
• Besoins nets journaliers (bovins)
Désignations Ca P
Entretien (g / 100 Kg de PV) 2,5 1,8
Croissance (g / Kg de gain)
PV de 50 à 160 Kg 15 8
De 150 à 600 Kg 13 7
Plus de 600 Kg 10 5
Production laitière (g / Kg de lait) 1,25 0,95
Les trois (3) derniers mois de gestation (g/jour) 4-7 2-4
o Oligo-éléments
Ils sont exprimés en mg / Kg de MS de la ration.
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