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Gestion des déchets : principes et obligations

Le document traite de la gestion des déchets, en soulignant les principes de prévention, de valorisation et de transparence, ainsi que les obligations des producteurs et détenteurs de déchets. Il définit les catégories de déchets, notamment les déchets agricoles, ménagers et industriels, et précise les responsabilités associées à leur élimination. Le cadre législatif est structuré dans le code de l'environnement, qui vise à protéger la santé humaine et l'environnement.

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Gestion des déchets : principes et obligations

Le document traite de la gestion des déchets, en soulignant les principes de prévention, de valorisation et de transparence, ainsi que les obligations des producteurs et détenteurs de déchets. Il définit les catégories de déchets, notamment les déchets agricoles, ménagers et industriels, et précise les responsabilités associées à leur élimination. Le cadre législatif est structuré dans le code de l'environnement, qui vise à protéger la santé humaine et l'environnement.

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PARTIE 1

LA GESTION DES
DECHETS

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3° "Le principe pollueur-payeur, selon lequel les frais résultant des mesures de prévention,
de réduction de la pollution et de lutte contre celle-ci doivent être supportés par le
pollueur;
4° Le principe de participation, selon lequel chacun doit avoir accès aux informations
relatives à l’environnement, y compris celles relatives aux substances et activités
dangereuses."
Ce dernier est explicité à l’art. L.124-1.-I- "Toute personne a le droit d'être informée sur les
effets préjudiciables pour la santé de l'homme et l'environnement du ramassage, du transport,
du traitement, du stockage et du dépôt des déchets ainsi que sur les mesures prises pour
prévenir ou compenser ces effets."

I.2 Obligations pour le producteur/détenteur de déchets


ƒ Prévention : "Toute personne qui produit ou détient des déchets …/… est tenue d'en
assurer ou d'en faire assurer l'élimination conformément aux dispositions de la présente
loi, dans des conditions propres à éviter les effets préjudiciables à la santé de l'homme et
à l'environnement." (Art. L.541-2)
ƒ Valorisation, tri : "L'élimination des déchets comporte les opérations de collecte,
transport, stockage, tri et traitement nécessaires à la récupération des éléments et
matériaux réutilisables ou de l'énergie, ainsi qu'au dépôt ou au rejet dans le milieu
naturel de tous autres produits dans des conditions propres à éviter les nuisances." (Art.
L.541-2)
ƒ Transparence : "Les producteurs, …/…, doivent justifier que les déchets engendrés, …/…
sont de nature à être éliminés dans les conditions prescrites à l'article L.541-2.
L'administration est fondée à leur réclamer toutes informations utiles sur les modes
d'élimination et sur les conséquences de leur mise en œuvre." (Art. L.541-9)
"Les entreprises qui produisent, …/…, éliminent …/…, se livrent à des opérations de
courtage ou de négoce des déchets …/…, sont tenues de fournir à l'administration toutes
informations concernant l'origine, la nature, les caractéristiques, les quantités, la
destination et les modalités d'élimination des déchets qu'elles produisent, remettent à un
tiers ou prennent en charge."(Art. L.541-7)
ƒ Responsabilité : "Au cas où les déchets sont abandonnés, déposés ou traités
contrairement aux prescriptions du présent chapitre et des règlements pris pour son
application, l'autorité titulaire du pouvoir de police peut, après mise en demeure, assurer
d'office l'élimination desdits déchets aux frais du responsable." (Art. L.541-3)
"Toute personne qui remet ou fait remettre des déchets appartenant à certaines catégories
(comme les déchets industriels spéciaux) à tout autre que l’exploitant d’une installation
d’élimination agréée est solidairement responsable avec lui des dommages causés par ces
déchets." (Art. L.541-23)

II. Terminologie

II.1 Qu'est-ce qu'un déchet ?

"Est un déchet au sens du présent chapitre tout résidu d'un processus de production, de
transformation ou d'utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout
bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à l'abandon." (Art. L.541-1.-II)

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LE CONTEXTE GENERAL DE LA
GESTION DES DECHETS
Les dispositions législatives concernant le droit de l'environnement ont été regroupées sous la
forme d'articles numérotés et répartis de façon structurée, au sein d'un même ouvrage officiel,
"le code de l'environnement".
Il a été publié pour sa partie législative en annexe de l'Ordonnance n° 2000-914 du 18
septembre 2000 (JO du 21 septembre 2000).

Ce code précise parmi les principes généraux que :


ƒ Les lois et règlements organisent le droit de chacun à un environnement sain.
ƒ Il est du devoir de chacun de veiller à la sauvegarde et de contribuer à la protection de
l'environnement.
ƒ Les personnes publiques et privées doivent, dans toutes leurs activités, se conformer aux
mêmes exigences.

Les principales lois relatives aux déchets sont codifiées au :


Livre V « Prévention des pollutions, des risques et des nuisances »
ƒ Titre Ier. Installations classées pour la protection de l'environnement :
L.511-1 à 517-2 (Loi n°76-663 du 19 juillet 1976 modifiée).
ƒ Titre IV. Déchets :
- Chapitre Ier : L.541-1 à 50 : Élimination des déchets et récupération des
matériaux. (Loi n°75-633 du 15 juillet 1975 modifiée).
- Chapitre II : L.542-1 à 14 : Dispositions particulières aux déchets radioactifs.
(Loi n°91-1381 du 30 décembre 1991).

I. Objectifs de la gestion des déchets


Le code de l’environnement énonce à l'article L.541-1.-I les grands principes relatifs à
l’élimination des déchets et à la récupération des matériaux.

I.1 Grands principes

Les dispositions du présent chapitre ont pour objet :


1° "De prévenir ou réduire la production et la nocivité des déchets, notamment en agissant
sur la fabrication et sur la distribution des produits;
2° D'organiser le transport des déchets et le limiter en distance et en volume;
3° De valoriser les déchets par réemploi, recyclage ou toute autre action visant à obtenir à
partir des déchets des matériaux réutilisables ou de l'énergie;
4° D'assurer l'information du public sur les effets pour l'environnement et la santé publique
des opérations de production et d'élimination des déchets, …/…, ainsi que sur les
mesures destinées à en prévenir ou à en compenser les effets préjudiciables."
Ces principes s’inscrivent en complément des principes généraux définis à l’article L.110-1.-
II du même code, et notamment :

6
"Est ultime au sens du présent chapitre un déchet, résultant ou non du traitement d'un déchet,
qui n'est plus susceptible d'être traité dans les conditions techniques et économiques du
moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction de son caractère
polluant ou dangereux." (Art. L.541-1.-III)
"Toute personne qui produit ou détient des déchets …/… est tenue d'en assurer ou d'en faire
assurer l'élimination conformément aux dispositions du présent chapitre, dans des conditions
propres à éviter les effets préjudiciables à la santé de l'homme et à l'environnement." (Art.
L.541-2)
"Est réputé abandon tout acte tendant, sous le couvert d'une cession à titre gratuit ou
onéreux, à soustraire son auteur aux prescriptions du présent chapitre et des règlements pris
pour son application." (Art. L.541-3.§4)

II.1.1 Définition
ƒ Juridique : les termes de "bien meuble" et "abandon" font appel à des notions de droit
civil appartenant à la terminologie du droit des biens.
Le terme "abandon" pourrait rattacher juridiquement le déchet "bien meuble" à la
catégorie des "choses sans maîtres", choses volontairement délaissées par leur
propriétaire.
Cependant, la notion de détenteur et la définition de l'abandon renvoient implicitement à
la responsabilité du producteur et/ou du détenteur de déchets.
Aussi, derrière tout déchet surtout générateur de nuisances, se trouve une personne
physique qui le produit ou le détient et qui en est responsable jusqu'à son élimination
finale. Et ce même si le déchet n'est plus physiquement entre ses mains.
ƒ Descriptive : le déchet est caractérisé par son origine, le procédé qui l'a généré et son
utilisation au sens d'usage et de consommation.

II.1.2 Déchet ultime


La définition souligne le caractère relatif du déchet : "La définition précise du déchet ultime
sera fonction des conditions locales." (circulaire du 28 avril 1998)
La notion de déchet ultime évoluera aussi selon les progrès de la connaissance : des procédés
fiables existent aujourd'hui comme la combustion à haute température, la neutralisation, la
séparation de phases, la solidification, la décyanurisation, etc.
Le déchet ultime de l'an 2005 ne sera pas le même que celui de l'an 2001.
"Les déchets ultimes sont essentiellement solides, minéraux, avec un potentiel polluant
constitué de métaux lourds peu mobilisables. Ils sont peu réactifs, très peu évolutifs, très peu
solubles. De plus, ils doivent être stabilisés à court terme.
Un déchet est considéré comme stabilisé quand sa perméabilité à l'eau et sa fraction
lixiviable ont été réduites et quand sa tenue mécanique a été améliorée de façon que ses
caractéristiques satisfassent aux critères d'acceptation des déchets stabilisés fixés au I.2.1 de
l'annexe I ". (Art. 3 des arrêtés du 18 décembre 1992 modifiés relatifs au stockage de certains
déchets industriels spéciaux ultimes et stabilisés pour les installations nouvelles et existantes)
"A compter du 1er juillet 2002, les installations d'élimination des déchets par stockage ne
seront autorisées à accueillir que des déchets ultimes." (Art. L.541-24)
Les trois catégories de décharges traditionnelles, définies en fonction de leurs caractéristiques
hydrogéologiques, accueillant les déchets ménagers et assimilés disparaîtront.

8
II.2 Nomenclature

La Commission Européenne a publié en annexe de la décision du 3 mai 2000, une liste de


déchets appelée Catalogue Européen des Déchets (CED). Cette décision a été transposée par
le décret n° 2002-540 du 18 avril 2002, relatif à la classification des déchets

Toute personne physique ou de droit moral (établissements d'enseignement supérieur et de


recherche) qui est concernée par l'élimination des déchets doit utiliser cette nomenclature.
Elle doit apparaître, entre autres, sur les bordereaux de suivi des déchets industriels (BSDI).

Une méthode de classification des déchets selon la nomenclature est proposée en annexe 2.

III. Catégories de déchets


Les déchets sont regroupés en trois grandes catégories :
ƒ Les déchets agricoles.
ƒ Les déchets ménagers et assimilés.
ƒ Les déchets industriels.

III.1 Les déchets agricoles


Ils ne sont pas traités dans ce référentiel. Toutes les informations concernant la gestion de ces
déchets se trouvent dans le guide de la prévention publié par l'Institut National de Recherche
Agronomique (INRA), intitulé "Rejets et pollution agricole" n° S-08.

III.2 Les déchets ménagers et assimilés


"Les communes ou les établissements publics de coopération intercommunale assurent,
éventuellement en liaison avec les départements et les régions, l'élimination des déchets des
ménages. Ces collectivités assurent également l'élimination des autres déchets définis par
décret, qu'elles peuvent, eu égard à leurs caractéristiques et aux quantités produites, collecter
et traiter sans sujétions techniques particulières". (Art. L. 2224-13 et 14 du code général des
collectivités territoriales, CGCT)
Il faut distinguer :
• Les déchets ménagers (déchets produits par les ménages) qui se composent des :
- Ordures ménagères collectées dans le cadre des tournées de ramassage organisées par les
municipalités.
- Déchets volumineux ou "encombrants" soit collectés en porte à porte, soit réceptionnés
dans une installation mise à la disposition des ménages.
- Déblais et gravats produits par les ménages réceptionnés dans des déchetteries ou des
dépôts réservés aux seuls déchets inertes.
- Déchets ménagers spéciaux (DMS), ne pouvant en raison de leur danger être éliminés sans
risques avec les déchets ménagers. Ils sont réceptionnés dans des déchetteries équipées à
cet effet.
- Déchets végétaux issus de l'habitat pavillonnaire.
- Déchets de l'automobile (huiles, épaves, batteries, pneus, …).
• Les déchets des espaces publics (rues, marchés, égouts, espaces verts) ou des
établissements publics (administrations, écoles, hôpitaux, casernes).
• Les déchets artisanaux et commerciaux.

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• Les "déchets assimilables aux ordures ménagères" synonymes de déchets industriels
banals (DIB), ne sont pas des déchets des ménages mais peuvent être éliminés dans les
mêmes installations que les ordures ménagères.

III.3 Les déchets industriels


Ils sont classés, selon leurs caractères plus ou moins polluants en trois grandes catégories :
ƒ Les déchets industriels spéciaux (D.I.S.) contiennent des éléments polluants en
concentration plus ou moins forte. Ils présentent certains risques pour la santé de l'homme
et l'environnement. Ils sont signalés en raison de leurs propriétés dangereuses par un
astérisque dans la liste des déchets figurant à l’annexe II décret n° 2002-540 du 18 avril
2002. Les propriétés qui rendent les déchets dangereux sont définies à l’annexe I du
présent document.
ƒ Les déchets industriels banals (D.I.B.), appelés quelquefois déchets industriels assimilés
aux déchets ménagers, sont constitués de déchets non dangereux et non inertes. Ils
contiennent effectivement les mêmes composants que les déchets ménagers mais en
proportions différentes.
Le traitement et l'élimination de ces déchets sont couverts par le même plan
départemental ou interdépartemental que celui des déchets ménagers.
ƒ Les déchets industriels inertes sont des déchets non susceptibles d'évolution physique,
chimique ou biologique importante. Ils sont essentiellement constitués de déblais et
gravats et ne doivent pas être mélangés avec d’autres déchets. Les dépôts de déchets
inertes sont souvent à l'origine de décharges sauvages.
Une circulaire du 15 février 2000 sur la mise en place d'une planification de la gestion
des déchets de chantier du bâtiment et des travaux publics précise dans son annexe 3 que
les maîtres d'ouvrage ont "la responsabilité de prévoir de donner aux entreprises et
artisans du bâtiment et des travaux publics (B.T.P.), les moyens, notamment financiers,
mais également en terme d'organisation et de délai, leur permettant de gérer les déchets
de chantier."

IV. Gestion des déchets


Dans le respect des principes définis plus haut à savoir, prévention, réduction, valorisation,
transparence et organisation, le chef d'établissement définit une politique de gestion des
déchets qui implique :
1. Le recensement de tous les produits et matières entrant dans l'établissement.
Une gestion centralisée est primordiale. Les flux de déchets seront d'autant mieux
contrôlés et maîtrisés que les flux entrants de produits et matières sont connus et maîtrisés.

2. L'inventaire exhaustif des différents gisements de déchets, de leur nature et de leur


quantité. Sont également concernés tous les produits pouvant générer des déchets
notamment les produits donnant des déchets industriels spéciaux. Il faut identifier et
caractériser chaque déchet de façon spécifique, notamment en fonction des filières
d'élimination possibles.
Cet inventaire peut être fait par un prestataire de service spécialiste de la gestion des
déchets.

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3. Le choix de la filière de traitement en fonction de l'inventaire, de la réglementation et
des coûts. Les fiches établies par le présent référentiel permettent de connaître la
réglementation et les risques spécifiques à chaque type de déchets, et de choisir les filières
d'élimination, les coûts, les conditionnements.
Il faut respecter les dispositions des plans départementaux d'élimination des déchets
ménagers, les plans d'élimination nationaux pour certaines catégories de déchets et le
plan régional ou interrégional des déchets industriels spéciaux (DIS). (Art.L.541-11 à 14
et 22). Les définitions de ces différents plans se trouvent dans l’annexe n° .
Les déchets industriels banals (DIB) peuvent être remis à la commune ou à l'établissement
public de coopération intercommunal (Art.L.541-21), si ces derniers les acceptent ou,
traités directement dans une installation recevant des déchets assimilables à des déchets
ménagers. Les autres déchets industriels (DIS) sont remis dans un centre d'élimination
ou de valorisation agréé par l'autorité administrative. (Art.L.541-23 et 25)
Il ne faut recourir à l'élimination des déchets par stockage que pour les déchets ultimes.
(Art.L.541-24)

4. L'information et la formation des agents de l'établissement au tri des déchets.


Plus le nombre de personnes informées et formées sera important, plus le tri des déchets
se fera près du producteur, et moins la prestation d'enlèvement sera onéreuse.

5. Les mesures de prévention visant la protection de la santé des agents et la protection du


public et de l'environnement.
Les mesures concernant les agents découlent du code du travail et sont de même nature
que pour la manipulation de produits neufs : port des équipements de protection
individuelle (EPI), étiquetage des emballages de déchets, fiches de données de sécurité,
extincteurs, bacs de rétention, etc…
Les mesures concernant le public et l'environnement découlent des règles générales
d'hygiène fixées par décret en conseil d'État (Code de la Santé publique art. L.1311-1 à
3). En complément ou à défaut, des dispositions particulières destinées à renforcer la
protection de la santé publique sont prises par arrêtés préfectoraux (règlement sanitaire
départemental) et/ou communaux.

6. Les conditionnements des déchets.


Pour les déchets dangereux, les emballages doivent satisfaire aux critères définis par :
ƒ Le code du travail articles L.231-6 et R.231-51 et :
- L'arrêté du 21 février 1990 modifié définissant les critères de classification et les
conditions d'étiquetage et d'emballage des préparations dangereuses.
- L'arrêté du 20 avril 1994 modifié relatif à la déclaration, la classification,
l'emballage et l'étiquetage des substances qui fixe notamment la liste et les
conditions d'emballage et d'étiquetage des substances dangereuses.
ƒ L'arrêté du 5 décembre 1996 modifié relatif au transport des marchandises
dangereuses par route (dit « arrêté ADR ») qui fixe notamment les conditions à
respecter pour la construction, les épreuves, l'agrément, le marquage, les contrôles
périodiques, les conditions d'utilisation et l'étiquetage des emballages, des récipients,
des grands récipients pour vrac (GRV), des conteneurs et des citernes.

7. Les lieux de collecte.


Ils doivent être dégagés, installés le plus près possible des usagers, adaptés à la quantité de
déchets produits, et d'un abord facile pour les prestataires ; ils ne doivent pas générer de
nuisances et être nettoyés fréquemment. Il faut séparer les DIB des DIS, et à l'intérieur de

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ces catégories, séparer chaque type de déchets en fonction de leurs risques propres et de
leur filière d'élimination.

8. Les lieux de stockage sur site.


Ils doivent faire l'objet d'une attention particulière pour éviter qu'ils ne deviennent "une
sorte de décharge" pouvant générer des désagréments et des nuisances :
ƒ Pour les déchets industriels banals, ils doivent être fermés. Il est conseillé de se
référer à l'arrêté type du 2 avril 1997 relatif aux prescriptions générales applicables
aux installations classées pour la protection de l'environnement soumises à déclaration
sous la rubrique n° 2710. Cette rubrique est destinée aux déchetteries des collectivités
aménagées pour la collecte des encombrants, matériaux ou produits triés et apportés
par le public. Bien que les établissements ne soient pas soumis à ces obligations, les
dispositions inscrites dans cet arrêté sont de bonnes références pour mettre en place et
exploiter un lieu de stockage provisoire.
ƒ Pour les déchets dangereux, les stockages temporaires, avant recyclage ou
élimination des déchets spéciaux, sont effectués sur des aires étanches et aménagées
pour la récupération des fuites éventuelles. Il est conseillé de se référer, en fonction de
leurs caractéristiques et de leurs quantités, aux arrêtés types relatifs aux prescriptions
générales applicables aux installations classées pour la protection de l'environnement,
soumises à déclaration.
Exemple : rubrique n° 1190 pour l’emploi ou le stockage de substances ou
préparations très toxiques ou toxiques ou rubrique n° 1432 pour les liquides
inflammables (stockage en réservoirs manufacturés) ou n° 1711 et 1720 pour les
substances radioactives (dépôt ou stockage).

9. Les contrats d'enlèvement avec les prestataires de services.


Ils demandent une grande attention dans leur rédaction pour avoir le prestataire le mieux-
disant. Des conseils pour établir un contrat figurent en document annexe.
ƒ Le transporteur choisi, doit être soumis soit à autorisation de l'autorité
administrative pour le transport de déchets dangereux, soit à déclaration. (Art.L.541-
8)
ƒ Un Bordereau de Suivi des Déchets Industriels (BSDI) doit être obligatoirement établi
pour les DIS. (cf. annexe 4)
ƒ Le centre d'élimination et de traitement indiqué par le transporteur doit être recensé
dans un plan régional des déchets industriels spéciaux et respecter le principe de
proximité.

10. Les protocoles de sécurité lors des chargements de déchets.


Ils doivent obligatoirement être établis pour tous les enlèvements de déchets réalisés par
un prestataire extérieur (Code du travail art.R.237-1 et arrêté du 26 avril 1996). Ces
protocoles ne peuvent pas se substituer au BSDI.

11. Les ressources humaines nécessaires.


ƒ Des agents préalablement formés au transport et au tri des déchets doivent être
affectés à la gestion de la déchetterie et/ou du lieu de stockage des produits dangereux
(s'ils sont mis en place). Du matériel de transport adéquat devra également être prévu.
ƒ Un "gestionnaire des déchets", interlocuteur unique, doit être nommé au niveau de
l'établissement afin d'optimiser la gestion des déchets et d'en assurer la transparence.
Toutes les informations utiles au sujet des déchets et du contrôle des circuits
d'élimination doivent pouvoir être fournies à l'Administration. (Art.L.541-7)

12
ƒ Un conseiller à la sécurité certifié pour le transport des marchandises dangereuses
doit être nommé par le chef d'établissement depuis le 1er janvier 2001. (Arrêté du
17/12/98)
ƒ Un agent formé est désigné pour assurer la responsabilité de chaque lieu de collecte.
ƒ Un interlocuteur unique pour la gestion des déchets doit être désigné dans chaque
service, unité, ou laboratoire.

Attention : Sauf cas exceptionnel, l'établissement d'enseignement supérieur et de recherche


doit s'interdire d'éliminer lui-même ses déchets dans une installation située dans
l'enceinte de l'établissement. Si cette solution est envisagée, l'installation est
soumise aux dispositions des articles L.511-1 à 517-2 du code de
l’environnement.

V. Taxes, redevances et subventions

V.1 Taxes et redevances


Il existe plusieurs taxes liées aux déchets ou aux rejets :
ƒ Pour la collecte et le traitement des DIB par les communes.
ƒ Pour le stockage et l'élimination des DIB et des DIS.
ƒ Pour les rejets dans les eaux.

V.1.1 Collecte et traitement des DIB par les communes


ƒ Redevance générale d'enlèvement des ordures ménagères (REOM) :
Prévue par le CGCT (Art. L.2333-76), cette redevance (non fiscale car correspondant à
un service rendu) est instaurée par certaines communes ou certains groupements pour
financer la collecte et le traitement des déchets (DIB). Les établissements publics
d'enseignement ou de recherche y sont assujettis en fonction de l'importance du service
rendu. L'institution de cette redevance exclue la TEOM.
ƒ Taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) :
Cette taxe prévue par le code général des impôts (donc fiscale) est instituée par certaines
communes qui assurent au moins la collecte des déchets ménagers (Art. 1520). Les
établissements publics d'enseignement ou de recherche n'y sont pas assujettis sauf pour
les logements occupés par les agents (Art. 1521 et 1522). Cette taxe exclue la REOM.
ƒ Redevance spéciale pour l'enlèvement des déchets assimilés ne provenant pas des
ménages.
Les communes qui n'ont pas institué de REOM ont l'obligation de percevoir cette
redevance spéciale (CGCT Art. L.2333-78). Les établissements publics d'enseignement
ou de recherche y sont assujettis pour leurs DIB en fonction de l'importance du service
rendu et, notamment de la quantité de déchets éliminés. Elle peut être forfaitaire pour les
petites quantités.

Les établissements doivent payer :


 Soit la REOM, qui, à l'avenir, devrait être la seule redevance.
 Soit la redevance spéciale. Dans ce cas, les logements de fonction peuvent être
également assujettis à la TEOM .

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V.1.2 Stockage et élimination des DIB et des DIS
ƒ Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP)
Les articles L.151-1 et 2 du code de l'environnement disposent que : "La TGAP est due
(...) par toute personne physique ou morale exploitant une installation de stockage de
déchets ménagers et assimilés (DIB) ou une installation de stockage ou d'élimination de
DIS par incinération, coïncinération, stockage, traitement physico-chimique ou
biologique non exclusivement utilisée pour les déchets que l'entreprise produit.
Elle ne s'applique pas aux installations d'élimination de DIS exclusivement affectées à la
valorisation comme matière."( L'application de la taxe est fixée par le code des douanes
Art. 266 et s.)
Les établissements publics d'enseignement ou de recherche ne sont pas assujettis à la
TGAP ; cependant les exploitants de décharges (ces décharges doivent disparaître au 1er
juillet 2002) peuvent répercuter le montant de la taxe dans leurs tarifs de service.
Remarque : la TGAP peut s'appliquer à d'autres installations soumises à autorisation
(chaufferies par exemple).

V.1.3 Taxes liées aux rejets dans les eaux


ƒ Redevance d'assainissement.
Cette redevance prévue par le CGCT (Art. R.2333-121 et s.) est destinée au financement
des charges du service public d'assainissement. Elle est assise sur la quantité d'eau
consommée et est due par tous les établissements. (Code santé publique L.1331-1 et s.)
ƒ Participation pour service rendu en cas de rejet d'eaux autres que domestiques dans
le réseau.
Cette participation peut être exigée pour l'obtention d'une autorisation de rejet d'eaux
autres que domestiques dans le réseau d'assainissement collectif. (Code santé publique
L.1331-10)
ƒ Redevance pour détérioration de la qualité des eaux (redevance pollution).
Cette redevance est due par certains établissements qui rejettent des eaux chargées de
certaines catégories de polluants.

V.2 Subventions

V.2.1 Aides financières des agences de l'eau


En général, les agences peuvent aider aux dépenses de traitement (dans la limite d'un plafond)
et de transport (base forfaitaire) pour des déchets spéciaux dans les conditions suivantes :
ƒ Le traitement du déchet est aidé par l'agence (les produits chimiques de laboratoires en
font partie).
ƒ Le centre de traitement est conventionné par l'agence.
Cette aide est déduite directement sur la facture établie par le centre de traitement ou le
collecteur conventionné.

V.2.2 Aide à la décision de l’ADEME


L'Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie (ADEME) peut subventionner
des interventions de consultants extérieurs pour des diagnostics ou études de faisabilité sur la
gestion des déchets :
ƒ Prévention à la source de la production de déchets dans les entreprises.
ƒ Organisation collective de la gestion des déchets des entreprises.

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VI. Responsabilités
La législation sur les déchets repose sur la transparence de l'ensemble des opérations (dépôts,
stockage, transport, élimination). Le producteur de déchets doit pouvoir justifier de la
destination de ses déchets et fournir toutes informations aux agents verbalisateurs énumérés à
l'article L.541-44 du code de l'environnement.
La responsabilité pénale des chefs d'établissement et des personnes morales pourra donc être
recherchée en cas de manquement.

VI.1 Responsabilité pénale des chefs d'établissement


Les sanctions pénales sont édictées à l'article L.541-46 du code de l’environnement :
" Est puni de deux ans d'emprisonnement et de 500000F d'amende le fait de :
1° Refuser de fournir à l'administration les informations visées à l'article L.541-9 ou fournir
des informations inexactes;
2° Méconnaître les prescriptions de l'article L.541-10;
3° Refuser de fournir à l'administration les informations visées à l'article L.541-7 ou fournir
des informations inexactes, ou se mettre volontairement dans l'impossibilité matérielle de
fournir ces informations;
4° Abandonner, déposer ou faire déposer, dans des conditions contraires aux dispositions
du présent chapitre, des déchets appartenant aux catégories visées à l'article L.541-7 et
énumérés dans son texte d'application;
…/…
6° Remettre ou faire remettre des déchets à tout autre que l'exploitant d'une installation
agréée, en méconnaissance de l'article L.541-22;
…/…
10° Mettre obstacle à l'accomplissement des contrôles ou à l'exercice des fonctions des agents
prévus à l'article L.541-44."
L'article L.541-48 précise que "l'article L.541-46 est applicable à tous ceux qui, chargés à un
titre quelconque de la direction, de la gestion ou de l'administration de toute entreprise ou
établissement, ont sciemment laissé méconnaître par toute personne relevant de leur
autorité ou de leur contrôle les dispositions mentionnées audit article."

VI.2 Responsabilité des personnes morales


L'article L.541-47 dispose que :
"les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement dans les conditions
prévues à l'article 121-2 du code pénal pour des infractions définies à l'article L.541-46."
Les peines encourues sont soit l'amende (131-38), soit les peines mentionnées à l'article 131-
39 du code pénal.

VI.3 Responsabilité civile


La responsabilité civile des établissements publics peut également être recherchée devant les
tribunaux administratifs pour les dommages ou les nuisances causés aux tiers.

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