Du behaviorisme aux sciences cognitives
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Sous l'influence du positivisme logique, le behaviorisme devient la tendance
dominante de la psychologie aux États-Unis pendant toute la première moitié
du XXe siècle, critiqué par un renouveau de la philosophie du langage et de l'esprit, il
fut supplanté par le modèle des sciences cognitives. Celles-ci font rejoindre autour
d'un même objet d'étude, le fonctionnement du cerveau et de l'esprit, un ensemble
de disciplines hétérogènes, telles que les mathématiques ou la philosophie.
Neutralité axiologique en sociologie
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Outre le positivisme, c'est le principe de neutralité axiologique, formulé par Max
Weber dans Le Savant et le politique (1919), qui préside à l'ambition scientifique de
la sociologie. Ce principe, qui rejoint partiellement la distinction faits-
valeurs (théorisée en particulier par Alfred Ayer dans Langage, Vérité et Logique,
1936), est le réquisit (le présupposé) de l'objectivité des sciences humaines et
sociales. Cependant, la compréhension française de la notion de neutralité
axiologique serait issue d'après Isabelle Kalinowski d'une erreur de traduction de la
part de Julien Freund, sur les conseils de Raymond Aron. Elle propose une relecture
du concept en expliquant que cette traduction était liée à un environnement anti-
marxiste, et que le concept de Weber a été déformé.
Weber soutenait en fait que le sociologue devait être conscient de ses
propres jugements de valeur, ce qui permettait d'aller vers un idéal de neutralité
axiologique permettant de réduire les biais dans l'étude des phénomènes sociaux:
Comme le souligne H. Albert,« cette prise de position en faveur de la neutralité
axiologique « n’a jamais conduit Weber à affirmer que la science serait en tant que
telle “indépendante à l’égard des valeurs” au sens où les jugements de valeur,
normes et idéaux ne joueraient aucun rôle dans le processus de la connaissance.
Les critiques du principe de l’indépendance à l’égard des valeurs semblent lui
attribuer de telles conceptions de diverses manières pour rendre leurs attaques
plausibles. Que la science ait été pour lui une entreprise de la société, un domaine
défini institutionnellement et en cela régi par des normes, où les jugements de valeur,
les idéaux et les décisions ont une importance essentielle, voilà qui ne devrait guère
faire de doute pour qui connaît ses travaux sur la question » (Albert, 1987, p. 98) »6 .[ ]
Weber ne prônait pas un non engagement public de la part du scientifique, ou que le
scientifique s'empêche de toucher à un sujet sensible, mais seulement qu'Il soit
conscient que lui aussi porte des jugements de valeurs, et qu'il doit veiller à éviter de
le faire dans son travail scientifique.
Retour à une certaine « subjectivité » dans la méthode ?
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Depuis la fin du XXe siècle, la subjectivité retrouverait-elle droit de cité dans les
sciences humaines et sociales ?
En histoire, l'éditeur Pierre Nora a introduit la notion d'"Égo-histoire" (1987), qui
permet aux historiens de se faire les « historiens d'eux-mêmes »7 . [ ]
Le chercheur Ivan Jablonka a proposé la notion de « je de méthode » pour faire de la
subjectivité du chercheur un outil épistémologique, accroître la réflexivité et introduire
dans le texte une dimension littéraire 8 .
[ ]