PROPOS SUR L'&MIGRATION RURALE
Patrick GUBRY
Une politique de population comprend différentes étapes, qui sont
généralement les suivantes:
une réflexion sur les problèmes :
la définition d'objectifs à atteindre ;
le choix des mesuresà prendre ;
* l'élaboration de stratégies de mise en application ;
une évaluation.
Nous nous situonsici uniquementau niveau de la première étape
et à l'intérieur de cette étape,au niveau de ce que l'on peut appeler le
"discours public".
Le "discours public" sur les problèmes démographiques doit être
suivi avec une grande attention pour comprendre la genèse des poli-
tiques depopulation, car celles-ci accompagnent Ie discours avec u n
certain décalage dans le temps et dans lesmodalités retenues (1):
Par "discours publk", il faut entendreévidemment Tes déclarations
politiques des responsables o€ficiels. mais également les idCes qui
sont échangées sur la scène publique, dans les médias, et qui finis-
sent. par influencer I'opinion publique et les positions officielles.
Emanant de "l'intelligentsia", ces idées influencent les positions 'offi-
cielles &autant plus directement que l'ïntelligentsia est numérique-
ment peu nombreuse.
Même si généralement existe un hiatusentre [Link] réalité,il
importe précisément que le contenu du discours soit analysé pour
Ctre confronté ultérieurement, d'une part avec les politiques réelles
mises en oeuvre, d'autrepart avec lesrésultatsdestravaux de
recherche et les réalités du "terrain"., Enfin, l'exanien de l'évoIution
(1) Le plus souvent le discours annonce ou prépare une action politique. Parfois, il
suit l'action lorsque celle-ci apparaït 'délicate" mais "nécessaire", voire dans certains
cas franchement 'inavouable".
333
du discours est d'un grand intéret pour dc5celer remergence d'une
volonté d'agir, une t5ventuelle modification de politique ou tout
simplement l'évolution des idées ou des moeurs.
Au Cameroun, en matiëre de politique dCmographique, la lutte
contre l'exode rural est le souci le plus constant affiche par les auto-
rites, dès lespremiëres années de l'Indépendance. Nous nous
sommes livres 5 cet Cgard B une collecte des principaux "discours
publies" sur ce thème, en distinguantentre les dCclarations offi-
cielles. c'est-&-dire Cmanant du président de la Republique ou d'un
membre du gouvernement, et lesautres opinions exprimees en
public. Nous nous limiterons ici & une pCriode couvrant onze annees
recentes (1976-1986)(2).
Ce travail ne se veut donc pas une étude exl1austive de tous les
aspects des politiques migrato&es au Cameroun. 11 se place simple-
ment au niveau de lagenèse de celles-ci.
Les déclarations
ayant servi 5 la gresente
analyse figurent en 1
annexe. On constate quesi les modalitésde l'mode rural ne sont qu'à
peine Cvoquées, ce qui n'etait d'ailleurs pas l'objet de ces declara-
tions. on peut en tirer en revanche de très nombreuses informations
sur sesCauses, ses conséquences etsur lespolitiques qui sont preco-
nisées pour freinerle phenomè,ne.
Les différentes causes relevées sont regroupees dans le tableau ci-
apres. selon leur origine (3):
La grande majorité des dedarations proviennent ici des "autres
opinions", lesdiscours officiels s'accomodant mal decetype
d'analyse, bien qu'ilfaille bien évidemment analyserlescausesdu I.
phénomène si l'on veut s'y attaquer.
(2) Documents exploitês :
*AHIDJO [Ahmadou), 1980 - Anthologie des discours, 1957-1979. Dakar : Les
Nouvelles Editions Africaines, 4 tomes, AX€I + 2300 p.
* BWA [Paul), 1984 - Le message du Renouveau. Discours et interviews du président
Paul Biya [navembre 1982- novembre 1983)/ The New Deal Message. Speeches and
Interviews of President Paul Biya(November 1982- November 1983). Yaoundé :
SOPECAM. SociCtC de Presse et dEdition du Cameroun, 528 p.
* BrYA (Paul), 1986 - Pour le libéralisme communautaire. Lausanne : Pierre-Marcel
Favre, Paris : ABC, 158 p.
* QuoMien Cameroun Tribune 1980-1986.
(3) Les croix indiquent la fréquence de la cause mcntionnCe.
334
Patrick GUBRY
CAUSE DECLARATIONS AUTRES
OFFICIELLES OPINIONS
Chômage rural ++++++
Système éducatif + +++++
Univers oppressant +++++
Difficultés d'accès à la terre +++
Conflits de générations +++
Manque d'infrastructures + ++
Diff. des revenus entreville et campagne ++
Difficulté du travail de la terre ++
Manque de distractions ++
Affaiblissement de l'autoritétraditionnelle ++
Désagrégation de la cellule familiale +
Bouleversement du mode de production +
Fascination de laville +
Absence de perspective +
Méthodes de travail archaïques +
Difficulté d'accès au crédit agricole +
Congés annuels des salariés en ville +' ,
Nécessité de s'acquitter-de [Link] +
Manage +
Le chômage est la première des causes évoquées dans le phéno-
mène d'exode rural. Il ne s'agit pas de "chômage" à proprement parler
dans le milieu rural, maisplutôt de la recherched'un emploi. Ceciest
à rapprocherdes "différences de revenusentrela ville et la
campagne" : on migre le plus souvent dans l'espoir d'augmenter son
revenu. Ce phénomène est conforme aux analyses les plusfréquem-
ment développées en lamatière (parexemple les travaux deTodaro et
Harris). Il nefautcependantpas exclure u n "sous-emploi" rural,
notamment pendant la morte saison agricole, surtout sensible en
zone soudano-sahéliennedans le nord du pays. Ce sous-emploi
saisonnier entraîne des déplacements temporaires, notamment à la
recherche de travaux rémunérateurs enville, qui par leurrépétition
ont souvent tendanceà devenir définitifs.
Le rôle du système éducatif apparaît double : à la fois comme
moteur de l'émigration des jeunes en échec scolaire (qui partent
"tenter leur chance enville") et des jeunes qui ont réussi leurs études
et qui nepeuvent trouver u n emploi en milieu rural correspondant à
leursaspirationset à leur qualification. L'école véhicule en effet
335
l'image d'un mode de vie que le milieu rural ne satisfait pas actuelle-
ment. Le systeme scolaire exerce une autre action plus directe sur
l'émigration rurale, qui n'est pas mentionnee ici et que l'on peut
appeler la migration scolaire. Il s'agit de l'ensemble des clCplacements
de plus ou moins longue duree qui sont effectues par les eli?ves qui
sont amenesà frCquenter u n etablissement scolaireen ville, d'autant
plus éloigné de leur domicile que leur niveau d'etudes est plus dev&
Ces dCplaeements sont sans doute d'autant plus im~versibles que
leur dur& s'est prolongée. A ce niveau intervient Cgalement le coiit
des études, qui est souvent pris en charge par un membre de la
famille demeurant en ville, qui assure également Thebergement de
I'enfant.
Lx caractère"oppressant" de Yunivers villageois est Cvoqu$ à
travers la sorcellerie, la [Link], la [Link]
haine et lescoflits familiaux. Ceci est 5 rapprocher de la dCsagrega-
tion de la cellule familiale et des conflits de génerations. qui provien-
nent de l'évolution rapide des moeurs et d'un ^decalage croissant"
entre les conceptions des parents et celles de leurs enfants, plus
ouverts s u r le monde edxtêrieur,par lascolarisation, lesmedias ou les
simples deplacements. Certains ne craignent pas de presenter lavie
au village c o r n une Vie d'enfer" pour c e w qui savent ce qui se
passe ailleurs et quisont de plus enplus nombreux.
Les difficultks d'accks à la terre sontu n facteur important d'exode
rural. DifErents éléments apparaissent : le manque cIe terres {c'est ici
qu'on aurait pu &uxper la "pression clCrnographique") et donc leur
coGt, les regles d'hkritage e t l'accaparement par une mhoritC.
Le manqued'infrastructures. parfois désigné par "manque de
confort" ou plus judicieusement peut-Ctre, mais de maniere plus
abstraite, par "favoritisme urbain", exprime le besoin gEnera1 d'Cqui-
pements variCs qui n'existent souvent qu'en ville : eau courante,Cfec-
tricité, equipements de loisirs ... Nulle mention n'est faite des infra-
structures sanitaires, donton connaît le besoin pressant exprimé par
aiHeurs
les par populations. . ..
Le manque d'Cquipements de loisirs se retrouve dans le "manque
de distractions", souvent exprimi: par "l'ennui" de la vie rurale ou
encore par la"monotonie" du travail agricole.
Le mode de production a été bouleversé par l'inuption des cultures
de rente, qui ont rendu le monde rural dependant du marche et ont
fragilisé sa sécurité ahentaire.
336
Patrick CUBRY
L'exode rural apparait ainsi comme le résultat d'un faisceau de
causes, souvent imbriquées les unes aux autres et par conséquent
conune un phénomène social dune grande complexité, dont on peut
prhoir desconséquences aussi diverses.
LES-CONSfiQUENCESDE L'EXODE RURAL
Dans l'évocation des conséquences de l'exode rural, les déclara-
tions officielles prennent Ie dessus, car c'est avec les conséquences
du phénomène que les autorités sontconfrontées.
CONSÉQUENCE DÉCLARATIONS AUTRES
OFFICIELLES
OPINIONS
Problèmes d'urbanisation
et d'urbanisme ++++++ ++
Dgpeuplement des campagnes +++ +++
Vieillissement ou féminisation
de lapopulation rurale ++ +++
Délinqu-anceurbaine ++++ +
Baisse de la production agricole +++ +
Chômage urbain +++
Parasitisme familial ++
Prostitution ++
Ouverture des esprits en ville ++
Déracinement +
Baisse du rendement fiscal
à la campagne +
Perte par le milieu mral du "contrc3le
de sondevenir" +
L'urbanisation est la première des conséquences citées avec u n
développement rapide, hypertrophique et anarchique des villes, leur
surpeuplement et leurcontr6le rendu très difficile.
Les probIëmes d'urbanisme sont longuement évoqués : manque et
cherté des logements, insuffisance des infrastructures, dégradation
de l'environnement, problèmes domaniaux.. . C'est avec I'urbanisa-
tion que Ie pouvoir est le plus directement confronté, le problème le
plus Voyant" et celui qui risqued'accroître l'instabilité sociale et poli-
tique.
337
Une des consëquences importantes de l'urbanisation sur le milieu
Ccologique. le dCboisement des zones p&i-urbahes. parfois .sur de
grandes distances, aurait sans doute mëriti: di?-trecitée en tant que telle.
Le depeuplement des campagnes n'est t?voqut?qu'en ternes géne-
raux, certaines de ses consequenees, plus indirectes. étant tds diffi-
ciles S percevoir. La const3quence la plus prCoccupmte à cet égard est
le risque de baisse de la production agricole et la diminution de
I'autosuffismce alimentaire. Cette baisse est liCe 5 la dirninutisnn des
actifs agricoles, qui entraîne3 la fois une baisse directe de la produc-
tion et u n vieillissement des plantations pérennes. 806 une baisse
des rendements. Le dCpeuplement des campagnes demande 8impor-
tants efforts pour augmenter la productivité agricole d a m le but de
maintenir laproduction.
Le vieillissement de la population rurale entraîne une baisse du
dynamisme des zones rurales. videes sélectivement de leursClements
les plus entreprenants. Une consStquence secondaire est le vieillisse-
ment des imposables et une baisse correspondante du rendement
fiscal en zone rurale.
Si le sous-emploi rural est unedes causes de l'exode rural, le
chbmage urbain en est une de ses consequemes, I'Cconomie m o d m e ne
pouvant absorber l'arrivée massive dune population en 2ge de travailler.
Les problt5messociaux liësà l'urbanisation et 2 la situationCcono-
mique du migrant sontsouvent Cnoncés : délinquancejuvénile.
criminalité et hsécuritC, prostitution, immoralité. oisivete, vagabonn-
dage. On touche à ce niveau au parasitisme familial qui met les
migrants sans occupation à la charge d'un membre de leur famille
Ctabli en ville. Il existe cependant aussi un "parasitisme 2 rebours",
non cite ici, qui consiste à venir s'approvisionner régulierement au
village, lorsque celui-ci n'est pas trop eloigne, et qui est surtout
pratiqué parles couches aisées de la société.
Parmi les problemes sociaux, le "déracinement" n'a pas éte oubliéo
La villeprovoque une certaine elCshumanisation, due notamment à
l'anonymat qui y règne. on parle aussi de "dCtidbaPisation", dont on
constate parfois qu'elle n'est pas aussi effective qu'on aurait pu le
penser.
La "détribalisation" est gCnéralement présentée sous un jour
positif. Il serait peut-etre plus rCaliste de parler d'un "brassage" de
population. qui n'existe évidement pas à la campagne. Ceci fait
partie de l'ouverture sur le monde extérieur, de "l'ouverture des
esprits" dont il est fait mention. Cette ouverture peut avoir des effets
ambivalents, mais comme elle paraît inéluctable, m i e u x vaut sans
doute en exploiter resolument le c6té positif, que nul ne sauraitnier.
338
Patrick GUBRY
L'ouverture s u r le monde extérieur est en l'occurrence la seule
conséquence positive mentionnée concernant l'exode rural et l'urba-
nisation. Il y en a beaucoup d'autres (parexemple, s u r le plan écono-
mique, les économies déchelleréalisables paruneplusgrande
concentration géographique des investissements), mais ces analyses
entrent mal dans u n discours destiné à attirer l'attention sur les
problèmes posés par le phénomène. Ces conséquences négatives -
faut-il le souligner ? - sont d'ailleurs dues plus â la brutalité du
phénomène, qu'à sa natureelle-même.
Cependant,d'autres effets négatifs, de caractère macro-écono-
mique, comme l'augmentation du déficit budgétaire ou la détériora-
tion de la balancedes paiements et certainseffets inflationnistes par
exemple, auraient sans doute mérité d'ëtre aussi examinés. Par
ailleurs, l'urbanisation génère sans doute des problèmes sanitaires
spécifiques.
L'analyse des causes et des conséquences de l'émigration rurale,
et le constat globalement négatif qui s'en dégage, conduit logique-
ment à la définition d'une politique destinée à enrayer le phénomène.
LES POLITIQUES DE RÉTENTION DE LA POPULATIONEN MILIEU
RURAL
L'augmentation de la rétentionde la population en milieu rural est
u n des objectifs fondamentaux de la politique .du gouvernement
camerounais en matière de politique démographique: C'est donc à ce
niveau que les déclarationsofficielles sont les plus nombreuses.
Un ensemble trèsimportant de mesures préconiséesvisent à
"améliorer les conditions devie" à la campagne : il s'agit en somme de
multiplier les infrastructures, de manière à réduire l'écart dans ce
domaine entre milieu rural et milieu urbain. C'est une idée voisine,
mais u n peu plus large, qui est exprimée par le mot d'ordre de "revi-
talisation des communautésvillageoises" et même par le "développe-
ment intégré des'zones urbaines et rurales".
Le relèvement du prix desproduits agricoles est sans doute
l'instrument privilégié de cettepolitique, qui comprendaussi la diver-
sification de la production et la revalorisation des produits vivriers.
Le rôle des caisses de stabilisation, fondamental dans ce domaine,
n'a pas été détaillé.
L'agro-industrie (dont les entreprisesforestières) retient certes des
travailleurs en milieu rural, mais ceux-ci proviennent génëralement
de régions -fort éloignées de leur lieu de travail. Leur déplacement a
ainsi desconséquencesde même nature que l'émigration rurale
339
proprement dite dans leur milieu d'origine. Pl ne s'agit donc pas lé%
d'une action à même d'enrayer le phénombe sur le plan national.
ACTION
Amélioration des conditions de vie
villageoises. infrastmctures ++++++++ ++++++
Rel&mnent du prix
des produitsagricoles ++++++ +++
Revitalisation des
e o m u n a u t é s villageoises +++++++ +
so-industrie + +++
Développement agricole,
Révolution verte +++
Aides à lïmtallation des jeunes +++
Activités communautaires dans
u n cadre coopératif ++
Développement intégré des zones-
urbaines et rurales ++
Indust;[Link] ++
Service civique national de
participation au développement t +
Ruralisation de renseignement + +
@reditagricde +
AmSiorafioxr des circuits de
c9~lmercin!isa?io~ f
Educatisn populaire et civique +
Uniformisation des salaires +
Chcangement des mentalites + 1.
Parmi les aides ii l'installation des jeunes, les plus importantes
sont celles qui facilitent leur accès 5 la propriété foncicre. IX
problème reste difficilement soluble dans les regions à forte densité
de population,
Le problème de la ruralisation de l'enseignement rejoint celui de
l'adéquation entre la formation et l'emploi, de 1% réhabilitation du
travail manuel, de l'agriculture. de l'elevage et de l'artisanat. Ces
preoccupations sont aussi celles du service civique national de parti-
cipation au développement. Une politique dans ce domaine pose la
question des aspirations individuelles, de I'égalitC sociale devant
l'enseignement
et,
concernant le service civique, des effectifs
340
Patrick G?JBRY
concernés, le coût du système interdisant son extension sur une
grande échelle. . '
L'industrialisation est évoquée trè[Link] fait, le
problème des emplois dans le secteursecondaire de l'économie
mérite certainement d'être posé de manière spécifique. notamment
celui despetites etmoyennes entreprises,car on peut se demander si
une action portant au total presque exclusivement s u r le secteur
primaire suffit à répondre aux objectifs fixés.
On note que cet ensemble de mesures vise à diminuer l'émigration
rurale, c'est-à-dire à augmenterlarétention de la population en
milieu .rural. Ces mesures sont complémentaires d'une politique de
canalisation des mouvementsmigratoires, par .le développement des
centres secondaires, qui permet elle de diminuer les conséquences
néfastes de l'exode rural et quin'a pas ététraitée ici.
, ." . . .
. I . . , .
CONCLUSION
L'analyse du "discours publie" sur l'émigration rurale au Cameroun
permet de constater que' ce discours autorise un bilan relativement
complet tant au niveau des causes du phénomène, que de ses consê-
qvekces et des actions politiques'préconiséespour le freiner.
' .
Trois niveaux d'analyse
. .
ultérieure. juste effleurés ici, peuvent être
dégagés :
Au niveau' d~ discdurs lui-même : des discordances apparaissent
entre certaines des causes repérées et les solufions préconisées
pour y ,remedier. II en est ainsi de la recherche d'un emploi.
inenfionrié 'comme ' la cause principale de l'exode rural, dont an
perçoit malquelessolutions envisagées puissentrésoudre. le
problème. ,Daris ce,domaine 'crucial, outre des moyens approprih,
une idagination certaine sera nécessaire, notamment pour tenter
de dëvelopper le secteur secondaire de l'économie en milieu rural.
Au niveau de l'application des mesures préconisées : les actions
envisagées sont-elles réellement appliquées '? Peuvent-elles l'être et
dans quelle mesure ? Quel est leur coût par rapport à l'ensemble
des dépenses publiques?
*Au niveau de la pertinence des actions préconisées : dans quelle
mesure ces actions augmentent-elles effectivement la rétention de
la population en milieu rural ? Ces. actions répondent-elles réelle-
ment, auX souhaits de lapopulation en la matiere? Les résultats de
la recherche sontd'ores et dêjà à même de .répondre en partieà ces
questions. Il convient de développer plus encore les recherches s u r
ces questions, cruciales pour développement.
le
341
* %5/$/%976: Discours du chef de l'Et& devant les parlementaires
réunis en session extraordinaire :
les &@érentes op&[Link] pourle wloppement ~ u m l
ett'amélioration de lu quulité de la vie & lu ugnen'ont pas
encore pleinement ' ne2 lesrésultatsescomptes. c'est que I'e2cole
continue de semis- de vecteur pour le passage mssij"des jeunes de
la campagne h la ville. Les villes se d&veloppentuinsi deficon mcé-
lér& et peu ordonnée &nmnt lieu & Ia prol$ération des quadiers
somma&mmt Iotid'.
* 18/11/ 1977 : Discours presidentiel à l'occasion du III" cornice
agFo-pastoral a Bdoussana :
"Cefaisant. nous estimons que te moment est venu de donner une
impuLs&nirr&versible a m secteurs agricole et pmtorul (...). C'est
dans cette perspectiue que le gouvernement nient d'instuurer des
aides publiques pour l'installation des jeunes agriculteurs et leur
insertion e3ectiueduns les circuits de production afm, dsitne part de
redonner vieet dynamisme Q nos campagnes,d e lutter contre I'mode
rural et le vieillissement des plantations etdes planteurs et, d'autre
part de donmr & ces jeunes les moyens elehmntleur permet&e
d'amt2biorer leurs conditions d'e8cisfence".
.16/2/P978 : Message du chef de ]t'Et&5 %ajeunesse à l'occasion de
1" fete de la jeunesse :
Z'instalEaCisn progressive, rationnelle et hannonieuse de ces pion-
niers du progr& dans nos villuges contribuera nonseulment & ri?@-
n&er nos cumpagnes. muis aussi & enrayer ce$&au que constitue
Z'ex0d-c rupzrl et ses egets d a m nos uggbmérutims urbaines. h
savoir Ia d&lhquunceguvCnile et le parasitisme familial*.
* 6 / 1%/1978 : Discours du PrCsident à l'ouverture de la conférence
nationale des jeunes de l'UN@ à Yaoundk :
"C'est ensuite la progression du phénomthe d'urbanisation, génkra-
teur de ce fléuu qu'est l'exode rural, qui entraîne en campagne le
vieillissement des plantatbns et des planleurs et en ville t'uglux
d'une population jeune vivant plus ou moins en étuf d'oisiveté, de
pmusitisme et de&linquunce".
342
* 28/2/1980 : Rapport de politique générale du président
national de
l'WC au IIIe congrès ordinairedu parti à Bafoussam :
Y...) le processus de lutte contre l'exode rural et l'eflortlepour dé=
loppement maximum de l'espace national restent subordonnésà la
mise en oeuvre d'un certain nombre de .mesures qui permettent :
d'assurer au sein des campagnes, le développement des activités
communautaires dans un cadre coopéraflf :de garantir une juste
rémunération des produits agricoles :de promouvoir l'organisation
.du cadre de la vie dans les campagnes en vue de les rendre plus
attrayantes :de garantir l'octroi des facilités pour l'installationdes
jeunes et leur acc& à la propriété :mettre en oeuvre une meilleure
organisation des circuits d'écoulement et de commercialisat@ndes
produits :d'encourager la diversîfZcationdes produits agricolesdans
le sens delarevalorisation des produitsvwriers L..). Dansce
contexte, notre intime convictionest que tant que la structure de base
qu'est le village n'aurapas 6té revitalisée, il sera dfffrcilede parvenir
à nos objectgs politiques et socio-économiques de transformation du
monde rural, d'encadrement et d'insertion massive. desjeunes dans
les circuits de production".
* 17/5/1980 : Interviewduchefde 1'Etat à la revue "Marchés
Tropicaux" :
"Forceest cependant de constater que face à la croissance rapidede
par l'attrait qu"elles exercent sur
la population, les grandes villes. les
citoyens des campagnes,nepeuvent pas accueillirtous les
Camerounais. Le problème de l'exode rural demeure donc préoccu-
pantet des solutionssontpréconiséesafmde l'enraya Tout
d'abord, ilfaut créer des aspirations et éveillerdes énergies au sein
des masses rurales en assurantau sein des campagnes le debelop-
pement des activités communautaires dans un cadre coopératif : il
faut aussi garantir une juste rémunération des produits agricoles :
améliorer I'organisation du cadre de vie dans les campagnes en vue
de les rendre plus attrayantes, garantir l'octroi des facilités pour
l'installation desjeunes et leur acc& à ta propriété. En dejhitive, il
s'agit de faire en sorte que la communauté villageoise constitue. à
l'échelle humaine, une réalité vivante quiofle un cadre d'aménage-
ment équilibré".
* 5/6/1981 : Discours duprésidentdelaRépubliquedevant
l'Assemblée nationale réunieen session ordinaire :
"L'accroissement fulgurantde la population urbaine, les probl2mes
domaniaux, de 2'urbanisme et de Z'environnement qui en &coulent,
ont misàjour la nécessité d'une stratégie globale dans ces domaines
vitaux où se mesure l'amélioration du bien-être des populations en
même temps quese concrétise notre politique dejustice sociale".
343
* 4/ P P / 198P : Cornunication du chef de YEtat 3 1
nale pour presenter le V phan quinquennal :
“Lesproblemesque soub&vent ces perspectives d&mographiegues.
&nt j’ai rappel& la grauit& au cours du congr& de Bafoussam,
peuvent être regroupt5s autour de cinq gran& axes h savoir :t’&qui-
libre entre ks villes et les campagnes :l’amt5lioration du cadre de vie,
aussi bien en milieu l u m l qu’enmilieuurbain : le probErne de
l‘emploi avec san aspect sous-sousjacent. l‘ad&qerationformation-
emploi :la redistribution des revenus ;a t m et surtout,tes probl&mes
dimentaires qu’entraînerait une urbanisation rapide, se traduisant
en termes d’&crérnagepermanent du milieu w a l de sesforces vives
f...) S’agissant de l‘éducation populaire et civique, le ‘ve plan pour-
suivra les actions engagées dont le but est (...)de lutter contrel’exode
rural”.
* 18/16/1982 : Discours de M. F. T B W MBOG, ministre de 1
culture. 3 l’installation du nouveaudirecteur gêneral du Fonds
national de dkveloppernent rural (FBNADER) :
‘Xussi,s’agitd d e relever le d&J de l’an 2000, c’est-&-dired’t2b-e en
mesure d e contfnuer h atteindrenotreobjectif&autosuffisance
alimentaire h cette & c ~ a n c eCar
. si h 1‘kut-e actuelle (où le
Cmeroun compte 2.4 millions de citadins), un mral nounit moins de
Ia moitg d’un citadin, au début des am&s 20OQ (où nous serons
environ 14 millions avec 7 millions de citadins], un mral nourrira d e
I 138 citadins. fl s’agit donc d‘augmenter la productivite?
de l’agricul-
ture de 5 5% par an 2t 40 %, selon le rythme de l’exode rural Ce qui
est &nome et pratiquement impossible. C’est pour rem&di@rh cet
étgt de choses qu’il avait éte di”& dam le cadre de L’actuel Fplan
quinquennal de développment. d e mettre l’accent h la fois sur des
actionssusceptibles de jï-einer le phénom&nede l‘exode w a l
(arniinagement des campagnes,augmentation des revenus aux
producteurs), et cellesvisant l’augmentationde la production et & la
uctivitk. Bans un programme d‘une telle importance, le
ITINADER est appel&c i jouer un r6Ee de tout premier plan dans sa
réalisation, h la fois par le jhancement des actions sp~cfques et
l‘octroi des crédits” (Compte-rendu par
J. M E N A NLOMO).
* 19/1P/1982 : Discours d‘ouverture par le chef de 1’Etat du
Conseil national de ’t’Union nationale camerounaise A YaoundC :
“Banscet ordre d’idees, notre option de dkveloppement hannonieux
du pays, quiimpliquel’&quilibreet la justice sociale,commande
qu’en même temps qu’une attention soutenueest port& au dévelop-
pement urbain, un égal intiirêt soit accord&c i l’am&liorationde la
qualiti. de la vie dans nos campagnes, afh de contenir l’exode rural,
344
Patrick GUBRY
de maintenir la production agricoleà un nweau satisfaisant Tel est
l’enjeu du projet de dynamisation des communautés villageoises.
l’une des grandes optionsdu congrès de Bafoussam”.
* 19/11/1982: Exposé de M. V. ANOMAH NGU. secrétaire-adjoint à
la jeunesse ducomité central au Ve Conseil national de I’UNC :
“Onpeut citer [parmi les causes indirectes
de l’immoralité]le phéna-
mèneurbainquiprovoqueledéracinementetcrée un sentiment
d’anonymat et d’insécurité, la faiblesse des infiastructures swio-
éçonomiques dans les villages, facteur d’exode ruraL du dépeuple-
ment des campagnes etde la défection des paysans (...)”.
* 21/ 11/1982 : Résoluiion de politique économique et financière de
Ve Conseil national de I’UNC :
“Le Ve Conseil national de l’WC, réuni à Yaoundé du 19 au 21 no-
vembre 1982 (...) demande au gouvernementde veiller à la mise en
œuvre de l’option de dynamisation des communautés villageoises
par l‘amélioration de l’encadrement et la poursuitede la modernisa-
tion des villages, l’accroissementde la production,de,la productivité
et des revenus .des paysans, gràce à l’action renforcée des orga-
nismes d’intervention en milieu Gral et notamment: du Service du
développement [SCNPD). S’agissant de cedernierService, il est
recommandé le renforcementde son actionde manière à lutter eflca-
cementcontrel’[Link] à favoriser lerajeunissement
progressif des agents économiques ruraux”.
* l8/1/ 1983 : Interview d u p.résident de la République accordée à la
presse :
“ljc’VrVC doit] devenir toujours davantageun parti de développement
’ participant plus activement aux tâches qui concourent au bien-être
despopulations, surtout des populations ruralesdans le cadrede la
dynamisation des communautés villageoises”.
...
* 9/2/ : Discours du’chefde I’Etat à Bamenda a l’occasion de sa
1983
visite officielle dans laprovince du Nord-Ouest :
“Leprojet de la communauté villageoise .de Bafut,de même que les
projets susmentionnés et d’autres qui vont bientôt êfre dans
lancésle
Nord-Ouest,constituentlacontribution des pouvoirspublics aux
efforts quevous déployez pour combattre et réduire l’exode rural”.
* 16/2/ 1983: Déclaration du président de la République au Conseil
national du patronat français à Paris :
“A cet effet, la créationde complexes agro-industrielss’estpoursuivie
avec plus de rigueur;afin que ces structuresjouent également un rôle
345
plus important d m s notre politique de plein-emploi et d'm&nage-
ment de l'espace rural, et contribuent ii limiter E'
c&mqe".
* Mai-juin 1983 : Interview accordCe par le chef de I'Etat au péris-
digue Le Coumer :
''Par ailleurs, la ir&herbilitationdu travail manuel clans les &des et ka
politique de promotion et de revitalisation des communaut&s villa-
geoises. qui met un accent partieulier .wr l'am&lioratbndes csndi-
tiow de vie en milieu rural, participent de notre volont&de r&duire
l'exode rural, d'accroître la production et la productivih? dam les
secteurs agricole et pastoral et d'assurer un d&veloppemnt et un
équilibre harmonieuxdes villes etdes campames".
* 23-24/9/1984 : Interview de Mme E. TmEUEU, vice-ministre du
plan ii Cameroun Tribune. après laconfCrencemondiale sur la
popdation de Mexico :
1 1 a kté recommandk que lespolitiques de r&partfthn& la popula- I
tion et Cee migration soient int&gr&esaux politiques &conorniques et
sociales, de manikre h promouvoir un d&velsppernent&quilibs&de
toutes les rkgiom et des zones urbaines et purales 1...1. A titre
d'exemple9 certains points de vue d&fenduspar notre pags se retrou-
vent dans cette d&claration:(...) le &veloppement int&gr&des zones
rurales et urbainescomme mesure de luttecontre l'exode rural".
* 22/3/1985 : Discours de politique g&éraIe du président national
du parti au IVe congrp-esordinaire de l'UN@:5 BarnenaBa :
v
"61 est par com&quentpEus que ssuhaitabie que ie VF plan quin-
quennal de d&veloppernentm pr¶tionrende amplement compte
d e cette exigence impkrieuse de modernisation agricole, comme
condition n&cessaire d ta dynamisation des cornmunaut&s villa-
geoises, dont nous attendons qu'elle vienne m&liorerk s conditims
d'existence h la campagne,favorisant l'installation des Jeunes agpi-
culteurs,freinant l'exode rural".
;ii 22/ 10/ 1985 : D&cIaration deM. ABDOULA'YE B B a E , ministre de
l'Urbanisme et de l'Habitat. 2 l'ouverture de la lèreassemblee géne-
rale des urbanistes duCameroun :
"Ainsi,en dehors eles villes. leur milieu de prédilection, le ministre de
l'Urbanisme et de l'Habiiat Q également requis la contribution des
urbanistes tfi l'organisation de nos villages afi de rendre agrkable la
vie dans nos campagnes, et partant, limiter l'exode rural" (Compte-
rendu parM. MINKA MYEMI).
346
Pairick GLïBRY
* Janvier 1986 : P. BIYA : Pour le libéralisme communautaire :
“L’un des phénomènes les plus déplorables. en particulier; est la
gigantesque excroiisance des métropoles urbaines au détriment du
monderural Cedéséquilibreentrelaville et lacampagne,la
premièreengloutissantlesressources de laseconde sans réelle
contrepartie, constitue manifestement une injustice scxiale qu’il est
urgent de réparer par la revalorisation des prix des produits agri-
coles, la relance de notre révolution verte et surtout la revitalisation
des communautés villageoises”.
* 23/7/1986 : Allocution du chef de 1’Etat devant l’Assemblée natio-
nale pour présenterle VIe plan quinquennal :
“Nos ambitions bien sûr sont toujours plus grandes, mais les d&fs
qui mus attendent daris les années à venir le sont tout autant-:la
démographie galopante, la désertion des campagnes, l‘hypertrophie
des villes,’ la demande croissante d’emploi, la dégradation progres-
sive de l’environnement. pour ne citer cesqueproblèmes majeurs(...1.
Nous devons aussi accélérerlamodernisation des zones rurales,
afrn de juguler autant que possible l’exode rural. A l’inverse, nous
devons parvenir à maitrisel- le développement de nos villes, pour
éviter qu’elles ne deviennent, au détriment des campagnes qui se
vident chaque jour; des mégalopoles surpeuplées, incontrôlables et
déshumanisées”.. . .
Autres opinions exprimbes en public
* 9/4/1980 : Pour une politiquede population au Cameroun
(E. N G W ) : ,
“Lu croissance urbaine apparaît comme l’un des. aspects préoccu-
pants de la répartition spatiale de la population au Cameroun. (...)
L‘ampleur de cette croissance urbaine dépend, pour une large part,
des migrations et en particulier de L‘exode rural[...).LQ limitation de
la croissance urbainepasse par le [Link] l’exode rural, certes,
cependant cette réduction de l’exode rural ne saurait être coercitive
mais découlera de l’amélioration des conditions de vie villageoise,
objectif prioritaire de la politique camerounaise de développement
rural”.
* 7/5/1980 : “L’exode agricole” : un frein au développement écono-
mique (L.R. AMBASSA K I K I ) :
‘L’exode agricole concerne exclusivement les actifs agricoles. C’est la
migration de la campagne vers la ville de jeunes[oude moinsjeunes)
cultivateursetouvriersagricolesdirectementimpliqués dans la
production [Link] notion d’exode ruralest plus englobante, car
347
elleinclut non seulement les aetiJsagricoles. mais amsi les
travailleurs non agricoles, y compris les agents de I’Etat que les
cmpagnes n’attirent pas forcement et quin’g sont que dtgfJkilment
retenu. Dam tous les cas etquelque soit te type el‘ trois
causes profonLdes en perpétuent le pf&toPnhe : k syst&meeducatif.
l‘&art crobsant entre les revenus rurau et urbains et Ze famritisme
urbain en g&néral(...). Il peut Etre trouv&des solutions, la racine d u
mal $tant connue. La mralisation de l‘enseignement en est une
approche timide et ineffr@ace, le véritable problgme se situant au
niveau des infrastructures sociales (ou des infimb-uctures tout court)
et du revenu des act$s agricoles et auires s a l d s , seuls &Emmts
capables d’attireret de retenir lesjeunes dans la campagne“.
$’ %9/1/1981 : Cexode mral et le développement, theme d‘une table
ronde organisCe à l’universitk de Yaoundk (M. MINKA MI) :
‘‘Qui&serte la campagne pourla ville 7 D’abord, il faut compter les
jeunes, Q partir de 9 5 m s d’oge. ceux ayant acquis une certaine
formation les destinant Q certaines professions, h laqueted’un
emploi Il y a cewc chassés par les conflitsde g&nérationsou décou-
lant des heurts entre le iraditionnalisme etle modernisme f...). Il y a
enfm e e u n’ayant aucune qucrlifi@ertionquis’envont tenter leur
chance en ville. L‘exode rural cr6é dam nos campagnes une @nurie
de ~ ~ ~ a i n - d ‘agricole r e se traduitpar une stagnation, une
~ ~ ~ vqui
baisse de la production t...). L a plus grande solution est la P-ktention
des jemes en campagne par la crkation des groupes industriels et
des en&eprisesforesii6res(...).La principale cause de ce mmvment
migratoire est l’attrait de la ville quifascine lesjeunes. L‘autre came
in% -apwtarLte est ta d&t&rioration des m i k s rwmux qui se situe B
trois niveaux : une atmosph&re de haine et d e jalousie, un climat
permanent d e suspicion qui hante les campagnes et un aflaiblisse-
ment de l’autorite traditionnelle (...). Par ailleurs, la monotonie du
travail dont le gain ne permet pas a m ruraux de supporter te coût de
la vie constitue également un facteur h ne pas négl@er(...).Quefaire
pour r&sorberl’exode rural ? Ilfaut rendre la campagne attrayante,.
ajln que les jeunes irouvent des raisons d’y restm Ce qui sous-
entend la revitalisaiion des communautks villageoises qui a kt& l’un
des mots d’ordre du congr2s de Z‘WUC d Bafoussam. Ilfaut @r&r des
aciiviiés &conorniques nouvelles permettant aux jeunes de gagner
décemment leurvie (...).Les solutions 7 L’autoritk &a&tionnelle7 EUe
est en dgclin. Les égrises 7 Elles n’ont pas travaillé elans ce sens (...).
L’klite ? Elle a tr& mal inierprkté le”d&veloppement autocentr&”, pour
elle c’est l’individualisme et l’égocentrisme (...). Les pouvoirs
publics 7 Leurs eflorts sont louables. le Service civique national de
participation au dkveloppement (SCNF‘D) en est une preuve tangible
348
Patrkk GUBRY
L.3. L’exode m a l n’est toutde même pas une calamité(...).Bien que
dépeuplant nos campagnes, il oJre des possibilités d’ouverture :
ouverture de l’esprit et des aspirations, sans oublier le large éventail
de loisirs qu’il ofle. L‘unique handicap est l’inadéquation des s h c -
hues d’accueil Pour enrayer l’exode w a l lorsqu’il est vu du côté
négats il faut plutôt chercherà maintenir lesjeunes qui sontencore
au village, que d‘y faire revenir ceux qui s’en sont &happés. Les
solutions : c’est l’unijiormisation des salaires, le développement de
l’agro-industrie et l’amélioration des conditions de vie en campagne”.
* 4/6/1981 : Démographie : pas de solutions simplistes (D. EVEZOO
BILOUNGA) :
Y...] ce qui apparaît préoccupant aussi bien pour lesplanfikateurs
que pour les pouvoirs publics, c’est la proportion
dans laquelle tendà
s’accroîtrelapopulationurbaine,vidantlacampagne de force
motrice et desa masse laborieuse”.
* 29/7/ 1981 : Ndé : l'exode rural cause labaisse du rendement fiscal
à Bazou (C. HESSI) :
“Les baisses enregistréesd’années en annéesproviennententre
autres du Vieillissement des imposables, du reste sédentaires,et de
l’exode rural très poussé enregistrédans l’arrondissement”.
* 20/5/1982 : Un cadre de vie agréable (A. AHANDA) :
” L e Cameroun a dû se rendre & l’évidence :si lesjeunes désertent la
campagne, c’est parce quela vie n’y ofie encore aucune commodité.
E t la ville pour ceux qui ont entrepris l’exode ce n’est
p a s seulement
le rêve d’un emploi mais surtout la certitude de fuir l’ennui et de
trouverleconfortreprésenté par l’eaucourante,L‘électricité, les
cinémas”.
* 26/10/1982 : L‘organisation actuelle des communes camerou-
naises (E. MBARGA) : ’
‘%’impactde la civilisation occidentale a créé et laissera persister
pendant longtemps peut-être un dualisme social où coexistent les
centres urbains cosmopolitesplus détribalisés etplus modernisés et
les campagnesoù sévissent au demeurant l’exode rural etle vieillis-
sement des populations”.
* ‘5/2/ 1983 : Victimes et bourreaux aussi (C. B. KINGUE) :
“Parce qu’iln’est pas de jour où les jeunes agriculteurs n’abandon-
nent la campagne pour une aventure urbaine, l’exoderural appurait
comme ce. qui metirait nos villages à mort, si l’on n’y prend garde.
Aussi n’est-il pas exagéré de le tenir pour un ennemi public (...).
349
Seulement, parait-il, certaines de ROSpropres campagnes ne seraient
pcc3 étrang&res èrcela : &s coutumes encore de saison l&-bas pous-
seraient des jeunes à s’installer en ville. Comment en effet reste-
raient-ils d’enthoustisme dans tel villczge où pour eulttver un loptn de
terrain iis doivent le louer h prix fort ? Ou [Link] c&fe village où
leur père a legué toutes ses terres ~3un seul h&itier, condtxnn7arnt les
neutres enfants à se d&brouiUer ‘? Ou o2ms tel arutre villczge encore où
la sorcellerte (ou ce qui est tenu pouï- teO est pmttque courcmte ?De h
sorte, nos campagnes, ces victimes, ne sont-elles pets pix$ois leurs
propres bourreaux ?”
$530/8/1984 : Séminaire vilIa@ois de Nkoabang : “Il existe une
sorceIIerie positive et une autre négative” soulignent les partici-
pants (F. MEME MPEIVIBI) :
Wcrgisscmt des principales causes de l’exil urbertn, l’op-ateur CLet@ :
le trcux2l en ville et le régtme des congés annuels, le chôm%rge, le coût
des études et de la formation, la prostitution et le prox&[Link]~ le
mariage, la sorcellerie et la superstition, les conjlits familiaux, enfm
les complexes divers”.
‘i 22/9/1984 : L’exode rural dans le Noun : une solution globale
s’impose (1. NJIFBKUE) :
%.@Jez-vous des jeunes qui renfrent des villes avec toutes les appa-
rences de la reussite. Ce ne sont que des sadiques qui masquent
habilement leurs echecs dans l’espoir que des jeunes ruraux céde-
ront eux-aussi 1.2 lct tentation de l’aventure”. (C’est un) jeune qui,
cv-n@ de SQ double exp&ience de campagnard devenu etudiani,
pmiait atnsi h ia permanence du parti h Fournban L.J. Si *un jeune
fou tout un chacun) se laisse entrctïner par le phenomene de l’exode
rural, ça ne devrait pas être par mcmque de terre cà cultiver comme
c’est le CCCG ailleurs C...).AMs qu’on ne s’y méprenne pas. Il existe bel
et bien un problème des terres On peut en manquer soit parce que
les terres fertiles sont mal réparties dcms l’espace, soit parce qu’une
tradition rétrograde permet & une minorité d’en confïquer de vastes
etendues [...). Dufait scms doute de l’étendue du depev-tement et de
la dispersion des villages, les écoles sont trop eloignées les unes des
autres. VO~!& qui explique échecs et abandons qui permettent de
constituer le bataillon des candidctts t2 l’exode (..J. $1 la ftn des
échanges de vue qui ont suivi l’exode rural dcms le lUoun apparaît
comme un mal dû Lï un faisceau de causes à la fois propres h toutes
les sociétés et spéciftques Li ce département. D’où la thérapeutique
globale préconisée, allctnt du changement des mentctlités à l’amélio-
ration du cadre villageois, en passant par la modernisation de l’agri-
culture et surtout la nécessité de lui assurer sa juste rémunércation’:
350
Patrick GUBRY
* 8/11/1984 : Mënoua : La CDC de Dschang bientôt opérationnelle
[F-TEMKENG CHEKOL) :
“Enplus de leur travail à l’usine, (les travailleurs) se livrent aussi à
des activités agricoles, ce qui leur procureun surplus d’argent et de
nourriture. Leur situationest si enviable qu’informés,certainsjeunes
de la ville sont rentrés les imiter. Plus
que tout autre remède donc, la
création dans les villages de société comme la CDC est un véritable
frein à [’exoderural”.
* 24-25/2/1985 : Les problèmes des jeunes ruraux et les
possibilités
desolutionspréconisées par les équipes mobiles de I’OIWD
(M. MINKA MAYEMI). :
“Des40 % dejeunes âgés de 1.5 à 19 ans et 48 % de 20 à 24 ans qui
se déphcent de la campagne vers les villes, 61 % sont de jeunes
femmes. A Endom, onnote
l’importance de la paysannerie
vieillissanteféminine. Les principales raisons de leur déserfion :le
manque de loisirs, l’absencede perspective de promofionau village,
la proximité des grands centres urbains, le manque d’information et
d e formation, le manquede méthodes d‘organisation scienfifrquedu
travail, la production essentiellement artisanale et astreignante. la
pratique de la sorcellerie, les dzgicultés d k c è s au crédit agricole
l2es aux probt$mes fonciers. Mme Ebanda a en outre souk& un
problime de fond à la base de t‘exode rural:la désagrégation de la
cellule familialef...). Le mariage qui étaitune obligation & laquelle les.
parents devaient s’acquitter vis-à-visde leursfds devenus majeurs,
s’est iransjormé en une chargeà laquelle t’adolescent doit faire face
par ses propresmoyens. Or lapossibilitéd‘acquisition de ces
moyens apparaissentà la fois aEatoires etd1@cciles”.
* 3-4/3/ 1985 : L’ëchec scolaire au Cameroun. Quelles causes, quelle
interprêtation ? (OXE OTTOU) :
“(...] ceux qui échouent et qui constituent le gros de la troupe, sont
€ivrescorps et âme à la bénédiction du fameuxadage boulou :“N’Ki
ônga ben sikô, lô nwô 6nga bée rnimbée“(latête qui a refusé l’école
doffporferlesfardeaux :sacs de cacao, café, ciment palmiste ...) (...).
L’auteur énumère ensuite le cortège des maux qui sont autant de
conséquences de l’échec scolaire : [.J I‘exode rural (on préfère vivre
au petitbonheur sa chance en ville,car “la vieappartient au
débrouillard ‘3.
* 24/4/1985 : Education et liberte([Link]):
“L’éducation en AJique’ Q dépeuplélescampagnes de leurs
(personnes) valides.L’exode rural si d é d consti€ue la réponse
des
35 1
jeunes aux systemes &ducati& qui refusent de prendre”k chemin
des vil1ages“pourvaloriser le travail de la terre et vebpper les acti-
vités agricoles,pastordes, piscicoles et artisanaleslocales”.
3/8/1985 : L’inadaptation sociale des jeunes. Un sujet présenté à
I’INJS (C. DATCHOUA SOUPA) :
*@es f l é a u s’appellent eiklinquance juv&nile,hcivisme, indiscipline,
vagabondage, oisivete, prostitution, exode w d ,malphiab&t&me ...m.
361 11/ 1985 : Semaine culturelle du comitC de d&ehppement de
Baham ( W J E TEGUM) :
‘Versles m k e s 70 malheureusement, on constate LUI certain essoufle-
ment de cette populabn un eJet c m b i n k d‘un exode w d e$’?th+ et
d’un vieillissementacc&lér&de la population L a popuhtion autochtone
perd ainsi son rôle de princiyal acteur de d&veloppemenide Baham”.
* 8/2/ 1986 : Exode rural : la lepre des campagnes (J.M. FJZEROUE) :
“1...) le pht2nom&ne est loin d’êh-e spontané. 11 y a h l’origine des
causes historiques et sociales. Les premi&res sontlees directement
au bouleversement (com&cutifh la colonisatiod du mode de produc-
tion [Link] l’irruption des cultures de rente (et l’atomisationde la
paysannerie) on assistera ci un déplacement massif des populations
rurales vers les villes peu dispos&s dl les accueillir (.,.).Les causes
sociales de l’exode rural tiennent d m s une Zarge mesure h [’inad&-
quation entre i’&volution rapide des moeurs -particuli&rernentchez les
jeunes- et les contraintes figkes du cadre villageois (...1. Pow des
~ens”~L?oluQs‘pa~aitement au fait de ce qui se passe ailleurs, il I~
s’agit l& d‘une vie d’enfer : une vie pour parias. pour lcr&s~s-psw-
compte (...A Cet univers”0ppressant “tournk versle passe n’a vrai-
ment pas de quoi fasciner les jeunes qui veulent se lib&rer de .
l’emprise des vieux et de certaines pratiques n&fclstes telles que la
jalousie et la sorcellerie. Si on ajoute dl ceci le cl&soeuvrernentpersis-
tant, on se rend compte que d m s l’esprit du jeune rurd l’unique
planche de salut reste le départ pourla ville L.3. Pow3einer 19exde
rural, il faudrait que le village cesse d’e2h-e un monde h part ; w ildi
de pauvret6 et de dépendance dans une société relativement pros-
p&reet autosufismte”.
* 4/7f 1986 : Les anges dans nos campagnes (P. ETBUNDI M N M ) :
‘Y...) les vacances scolaires sont bel etbien lh. Mais puisque nous ne
voulons plus que nos enfmts, ces anges sans faute ni reproche,
ail1ent”se salir en brousse”, c’est la grande ville qui a accueilli la
majorité des jeunes vacanciers [...). Reviendront-ilsjamais, grands
352
Patrick GUBRY
dieux ! ces temps heureux où des anges aussi adorables que nos
enfants s’en allaient entonner dans nos campagnes, au milieu des
grands-parents et oncles agriculteurs, le
chantjoyeux des labours 7”
* 16/7/ 1986 : Lutte contre l’exode rural â Efok (B.C.M.) :
‘‘L..) une centaine dejeunes désoeuvrés viennentde se regrouper au
sein d’uneamicale, afin detrouverlesvoiesetmoyenspouvant
limiter l’exode rural”.
353