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Déterminants du taux de change en RDC

Le document analyse les déterminants des fluctuations du taux de change en République Démocratique du Congo (RDC), soulignant l'impact de la dépendance aux matières premières, des politiques monétaires et des crises politiques sur la stabilité du franc congolais. Il établit des objectifs de recherche pour identifier ces facteurs et évaluer leurs conséquences sur l'économie congolaise, tout en justifiant l'importance de cette étude pour la gestion économique et politique du pays. Enfin, il décrit les méthodes et techniques de recherche employées pour mener cette analyse.

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Déterminants du taux de change en RDC

Le document analyse les déterminants des fluctuations du taux de change en République Démocratique du Congo (RDC), soulignant l'impact de la dépendance aux matières premières, des politiques monétaires et des crises politiques sur la stabilité du franc congolais. Il établit des objectifs de recherche pour identifier ces facteurs et évaluer leurs conséquences sur l'économie congolaise, tout en justifiant l'importance de cette étude pour la gestion économique et politique du pays. Enfin, il décrit les méthodes et techniques de recherche employées pour mener cette analyse.

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INTRODUCTION

0.1. MISE EN CONTEXTE

De nos jours, le taux de change occupe une place centrale dans l'économie de tout pays,
influençant directement la compétitivité des entreprises, le pouvoir d'achat des ménages et la
stabilité macroéconomique. En République Démocratique du Congo (RDC), où l'économie
repose en grande partie sur les exportations de matières premières et les importations de biens
de consommation, les fluctuations du taux de change ont des répercussions profondes sur les
acteurs économiques.

Dans les économies en développement comme celle de la RDC, la volatilité du taux de


change est souvent exacerbée par divers facteurs, notamment la dépendance aux ressources
naturelles, l'instabilité politique, les flux de capitaux et les politiques monétaires. Cette
situation entraîne des incertitudes économiques qui freinent les investissements, réduisent le
pouvoir d’achat des populations et compliquent la gestion des finances publiques.

Face à ces défis, plusieurs chercheurs se sont penchés sur l'analyse des déterminants des
fluctuations du taux de change. Par exemple, Mavakala et Munganga (2015), dans leur étude
sur « Impact des exportations minières sur le taux de change en RDC », soulignent que la
forte dépendance du pays aux exportations de cuivre et de cobalt rend son taux de change
extrêmement vulnérable aux chocs des prix internationaux des matières premières. De même,
Kalala et Nsingi (2018), dans leur recherche intitulée « Influence des politiques monétaires
sur la stabilité du taux de change en RDC », montrent que les décisions de la Banque Centrale
du Congo, notamment en matière d’émission monétaire et de réserves de change, jouent un
rôle prépondérant dans la stabilité du franc congolais.

Dans la même optique, Mukendi et Bisimwa (2021), dans leur article « Facteurs structurels et
instabilité du taux de change en RDC », mettent en évidence le rôle des déficits budgétaires,
de la faible diversification économique et de la dollarisation de l'économie congolaise comme
éléments aggravant la volatilité du taux de change.
Ainsi, en s'inscrivant dans cette logique et en tenant compte des réalités spécifiques de
l'économie congolaise, notre étude vise à analyser les principaux déterminants des
fluctuations du taux de change en RDC, en mettant un accent particulier sur les facteurs
économiques, financiers et politiques qui influencent cette dynamique.

0.2. PROBLÉMATIQUE

Le taux de change constitue un élément central dans la stabilité économique d’un pays,
influençant directement le pouvoir d’achat, l’inflation et la compétitivité des entreprises. En
République Démocratique du Congo (RDC), la volatilité du taux de change est une
préoccupation majeure, marquée par une instabilité chronique du franc congolais (CDF) face
aux principales devises, notamment le dollar américain (USD).

Selon MUNDELE K. (2012), l’instabilité du taux de change en RDC est fortement liée à la
structure de l’économie congolaise, qui repose principalement sur l’exportation des matières
premières. Cette dépendance aux revenus miniers rend la monnaie nationale vulnérable aux
chocs extérieurs, notamment aux fluctuations des prix des matières premières sur le marché
international.

En outre, MABIALA B. (2015) souligne que la gestion monétaire en RDC est marquée par
des interventions irrégulières de la Banque Centrale du Congo (BCC), qui peine à stabiliser la
monnaie face aux pressions inflationnistes et à la forte dollarisation de l’économie. Cette
situation est aggravée par un déficit chronique de la balance commerciale et une faible
diversification de l’économie, ce qui limite la capacité du pays à générer des devises
étrangères de manière stable.

Pour BOYENGE T. (2018), d’autres facteurs tels que les crises politiques, la spéculation sur
le marché des changes et la confiance limitée des investisseurs contribuent également aux
fluctuations du taux de change. Ces différents éléments rendent difficile la mise en place
d’une politique monétaire efficace et durable pour stabiliser le franc congolais.
Ainsi, face à cette instabilité persistante, il est important de se poser les questions suivantes :

 Quels sont les principaux facteurs qui influencent les fluctuations du taux de change
en RDC ?

 Quelle est l’ampleur de l’impact de ces fluctuations sur l’économie congolaise ?

0.3. OBJECTIFS DE L’ÉTUDE

Les objectifs de recherche permettent de structurer une étude en définissant clairement les
aspects à analyser et à explorer. Selon Babbie (2020), une recherche bien formulée repose sur
des objectifs précis qui orientent la collecte des données et l’analyse des résultats, garantissant
ainsi la pertinence et la rigueur scientifique de l’étude.

À travers ce travail, nous nous fixons les objectifs suivants :

0.3.1. Objectif général

L’objectif général de cette étude est d’analyser et d’identifier les principaux déterminants des
fluctuations du taux de change en République Démocratique du Congo (RDC), en mettant en
évidence les facteurs économiques, financiers et politiques qui influencent cette instabilité
monétaire.

0.3.2. Objectifs spécifiques

De manière spécifique, cette étude se propose de :

 Identifier les principaux facteurs économiques, financiers et politiques influençant les


fluctuations du taux de change en RDC ;

 Analyser l’impact de ces fluctuations sur l’économie congolaise, notamment sur


l’inflation, le pouvoir d’achat et la compétitivité des entreprises ;
 Examiner le rôle des politiques monétaires et budgétaires dans la régulation du taux de
change ;

 Proposer des recommandations pour une meilleure gestion du taux de change et une
stabilité macroéconomique durable en RDC.

0.4 HYPOTHÈSES

Les hypothèses de recherche sont des suppositions ou des réponses provisoires aux questions
soulevées dans la problématique. Elles servent de base à l'analyse et permettent de structurer
la collecte et l'interprétation des données (Quivy et Van Compenhoudt, 2017).

Dans le cadre de cette étude portant sur les déterminants des fluctuations du taux de change en
RDC, nous formulons les hypothèses suivantes :

1. Les fluctuations du taux de change en RDC sont principalement déterminées par la


dépendance aux matières premières, la politique monétaire de la BCC, la
dollarisation de l’économie et les crises politiques.

2. L’instabilité du taux de change en RDC entraîne une hausse de l’inflation, une


réduction du pouvoir d’achat et une baisse de la compétitivité des entreprises.

0.5 INTÉRÊT ET JUSTIFICATION DU CHOIX DU SUJET

0.5.1 Intérêt du sujet

L’étude des fluctuations du taux de change en RDC revêt une importance capitale tant sur le
plan scientifique qu’économique et politique.

 Intérêt scientifique

Cette recherche contribue à l’enrichissement des connaissances sur les déterminants du taux
de change dans une économie en développement fortement dépendante des matières
premières. Elle permet également d’évaluer l’efficacité des politiques monétaires et
budgétaires dans un contexte de forte instabilité économique.

 Intérêt économique

Le taux de change influençant directement l’inflation, le pouvoir d’achat et la compétitivité


des entreprises, cette étude apporte un éclairage sur les mécanismes à l’origine de sa volatilité.
Elle est utile aux entreprises, aux investisseurs et aux décideurs économiques pour anticiper
les impacts des fluctuations monétaires et ajuster leurs stratégies.

 Intérêt politique et social

Une meilleure compréhension des causes de l’instabilité du franc congolais peut orienter les
autorités vers des politiques monétaires et budgétaires plus adaptées. La stabilisation du taux
de change pourrait améliorer le niveau de vie des populations en réduisant l’inflation et en
favorisant un climat économique propice aux investissements.

0.5.2 Justification du choix du sujet

Le choix de ce sujet se justifie par l'importance du taux de change dans l'économie congolaise
et par les défis majeurs qu’implique son instabilité. L'absence d’une maîtrise efficace de cette
variable économique freine la croissance et aggrave les inégalités. Cette étude vise donc à
identifier des pistes de solutions pour une meilleure gestion du taux de change en RDC.

0.6 METHODES ET TECHNIQUES

Pour bien mener notre travail, nous avons utilisé les méthodes et techniques suivantes :
0.6.1 MÉTHODES

1. Méthode descriptive

Cette méthode permet d’analyser et d’expliquer les fluctuations du taux de change en RDC à
partir des faits et données disponibles. Elle repose sur l’observation des tendances
économiques et monétaires du pays.

2. Méthode analytique

Elle sert à examiner les causes des variations du taux de change en se basant sur des études
économiques, des rapports financiers et des analyses statistiques.

3. Méthode comparative

Comparer la situation de la RDC avec d’autres pays aux contextes économiques similaires
permet d’identifier les différences et similitudes dans la gestion du taux de change.

0.6.2 TECHNIQUES

1. Revue documentaire

Consiste à collecter des informations à partir de livres, articles scientifiques, rapports


économiques (Banque Centrale du Congo, FMI, Banque Mondiale), thèses et mémoires
portant sur la question.

2. Analyse des données statistiques

Utilisation des bases de données économiques (Banque Centrale du Congo, Institut National
de la Statistique, sites spécialisés) pour examiner les tendances du taux de change.
3. Entretiens avec des experts (optionnel mais utile)

Discuter avec des économistes, professeurs, ou experts financiers permet d’obtenir des avis
professionnels et d’enrichir l’analyse.

4. Observation des tendances économiques

Analyser l’évolution du taux de change à travers les journaux économiques, les bulletins
financiers et les publications officielles.

0.7 DÉLIMITATION SPATIO-TEMPORELLE

Cette étude porte sur la RDC et analyse les fluctuations du taux de change entre 2010 et 2024.
Elle examine les facteurs économiques, financiers et politiques influençant cette volatilité. La
période choisie permet d’évaluer l’impact des variations des prix des matières premières, des
politiques monétaires et des crises économiques.

0.8 SUBDIVISION DU TRAVAIL

En dehors de l’introduction et de la conclusion générale, ce travail est structuré en trois


chapitres :

 Le premier chapitre est consacré à la revue de littérature sur les concepts clés de
l’étude.

 Le deuxième chapitre présente le cadre de l’étude ainsi que la méthodologie adoptée.

 Le troisième chapitre expose, analyse et interprète les résultats obtenus.


CHAPITRE PREMIER : REVUE DE LA LITTÉRATURE

Ce chapitre vise à faire une revue de la littérature en distinguant l'analyse théorique des
fluctuations du taux de change (section 1) et les études empiriques menées sur cette question
(section 2).

SECTION 1 : ANALYSE THÉORIQUE

L’étude des fluctuations du taux de change repose sur plusieurs théories économiques qui
expliquent comment et pourquoi une monnaie varie en valeur par rapport à une autre. Cette
section présente les différentes approches qui ont été développées pour analyser les
mouvements du taux de change.

1.1. Définition et types de taux de change

Le taux de change représente le prix d’une monnaie exprimé en une autre monnaie. Sa
variation influence directement les échanges commerciaux, l’inflation et les décisions
économiques des agents.

1.1.1. Différents types de taux de change

Taux de change nominal : Il exprime la valeur d’une monnaie en termes d’une autre sans
ajustement pour l’inflation. Par exemple, si 1 USD vaut 2 500 CDF, ce taux de change est
nominal.

Taux de change réel : Il prend en compte les différences de niveaux de prix entre deux pays. Il
est calculé comme suit :

𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑒 𝑐ℎ𝑎𝑛𝑔𝑒 𝑛𝑜𝑚𝑖𝑛𝑎𝑙 ∗ 𝑛𝑖𝑣𝑒𝑎𝑢 𝑑𝑒𝑠 𝑝𝑟𝑖𝑥 𝑑𝑜𝑚𝑒𝑠𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒


𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑒 𝑐ℎ𝑎𝑛𝑔𝑒 𝑟 =
𝑛𝑖𝑣𝑒𝑎𝑢 𝑑𝑒𝑠 𝑝𝑟𝑖𝑥 à 𝑙 ′ é𝑡𝑟𝑎𝑛𝑔𝑒𝑟
1.1.2. Régimes de change

Le régime de change adopté par un pays influence directement la manière dont sa monnaie
fluctue :

Régime de change fixe : La valeur de la monnaie est ancrée à une autre monnaie (ex : le franc
CFA est lié à l’euro).

Régime de change flottant : La monnaie varie librement en fonction de l’offre et de la


demande sur le marché des changes (ex : le dollar américain, l’euro).

Régime intermédiaire : Il combine des éléments des deux systèmes, avec des interventions
ponctuelles de la banque centrale pour stabiliser la monnaie.

1.2. Théories explicatives des fluctuations du taux de change

Les économistes ont développé plusieurs modèles pour expliquer les variations du taux de
change en fonction des conditions économiques, monétaires et financières.

1.2.1. La théorie de la parité du pouvoir d’achat (PPA)

Développée par Gustav Cassel (1918), cette théorie repose sur l’idée que le taux de change
entre deux monnaies doit être déterminé par le rapport des niveaux de prix entre ces pays. Si
l’inflation dans un pays est plus élevée que dans un autre, sa monnaie devrait se déprécier
pour maintenir l’équilibre.

Formule de la PPA :

𝑃𝑑
𝐸=
𝑃𝑓

 E est le taux de change,


 Pd est le niveau des prix domestique,

 Pf est le niveau des prix étranger.

1.2.2. La théorie de la parité des taux d’intérêt

Formulée par Keynes (1923), cette théorie postule que les différences de taux d’intérêt entre
deux pays influencent le taux de change. Si un pays offre des taux d’intérêt plus élevés, il
attirera plus d’investisseurs, ce qui renforcera la valeur de sa monnaie.

Il existe deux variantes de cette théorie :

Parité des taux d’intérêt couverte : elle suppose que les arbitrages financiers permettent
d’annuler tout gain sur les fluctuations monétaires futures.

Parité des taux d’intérêt non couverte : elle repose sur des anticipations spéculatives
concernant l’évolution du taux de change.

1.2.3. Le modèle monétaire du taux de change

Développé par Dornbusch (1976), ce modèle intègre l’offre de monnaie et l’inflation dans
l’analyse des variations du taux de change. Il suggère qu’une augmentation excessive de la
masse monétaire entraîne une dépréciation de la monnaie nationale à long terme.

1.2.4. L’approche de la balance des paiements

Selon Meese et Rogoff (1983), le taux de change dépend de la balance des paiements d’un
pays. Un excédent commercial (exportations supérieures aux importations) entraîne une
appréciation de la monnaie nationale, tandis qu’un déficit commercial provoque une
dépréciation.

1.2.5. La théorie des anticipations rationnelles et l’impact des spéculations


Dans les années 1980, Muth (1961) et Lucas (1972) ont développé l’idée selon laquelle les
agents économiques forment leurs anticipations en fonction de toutes les informations
disponibles. Ainsi, la spéculation joue un rôle clé dans la volatilité du taux de change. Une
forte demande spéculative pour une devise entraîne son appréciation, tandis que des
anticipations négatives peuvent causer sa chute.

1.2.6. La théorie des flux de capitaux et des investissements étrangers

Selon Mundell et Fleming (1960), les flux de capitaux étrangers influencent le taux de
change. Une augmentation des investissements étrangers dans un pays renforce sa monnaie,
tandis qu’un retrait massif des capitaux entraîne une dépréciation.

1.3. Facteurs influençant le taux de change en RDC

1.3.1. Dépendance aux exportations des matières premières

La RDC est fortement dépendante des exportations minières (cuivre, cobalt, or). La chute des
prix des matières premières réduit les entrées de devises, ce qui affaiblit le franc congolais.

1.3.2. Inflation et politique monétaire

Une inflation élevée réduit la confiance dans la monnaie nationale et pousse les agents
économiques à se tourner vers le dollar américain. La Banque Centrale du Congo (BCC) tente
de limiter cette dépréciation en ajustant les taux d’intérêt et en intervenant sur le marché des
changes.

1.3.3. Dollarisation de l’économie

En raison de la forte instabilité du franc congolais, une grande partie des transactions en RDC
se fait en dollars. Cela limite l’efficacité de la politique monétaire nationale et rend la
monnaie locale plus vulnérable aux fluctuations du taux de change.

1.3.4. Facteurs politiques et institutionnels


L’instabilité politique et les crises institutionnelles augmentent le risque perçu par les
investisseurs, ce qui entraîne une fuite des capitaux et une dépréciation du franc congolais.

1.3.5. Spéculation et confiance des agents économiques

Les attentes des investisseurs et des entreprises influencent la demande de devises étrangères.
En période d’incertitude, la population préfère convertir ses économies en devises fortes, ce
qui accentue la dépréciation du franc congolais.

SECTION 2: ETUDES EMPIRIQUES

Cette section présente les études empiriques menées sur la RDC et d'autres pays africains,
mettant en évidence les principaux facteurs expliquant les variables du taux de change.

2.1 Études empiriques sur la RDC

Plusieurs chercheurs ont étudié les déterminants du taux de change en RDC.

Kisimba Numbi (2016) dans son travail sur l’analyse des déterminants du taux de change en
RDC part du constat selon lequel le taux de change congolais est fortement influencé par des
facteurs internes et externes. L’économie congolaise, souvent caractérisée par une forte
instabilité politique et économique, est sujette à des fluctuations des prix des matières
premières qui affectent les balances commerciales et les réserves de change.

Il a posé les interrogations suivantes : Quel est l'impact des principaux déterminants
économiques sur le taux de change en RDC ? Et Comment les variables macroéconomiques,
telles que l'inflation et les exportations, influencent-elles la stabilité du taux de change sur une
longue période ?

Les résultats de son étude, réalisés par la méthode du modèle VAR (Vector Autoregressive),
montrent que l'inflation, les exportations, les importations, les réserves de change et la masse
monétaire ont un impact significatif sur le taux de change. Les fluctuations des prix des
matières premières, telles que le cuivre et le pétrole, ont également un effet majeur sur la
monnaie congolaise, accentuant sa volatilité.
Kabeya Lobo Richard (2017) a étudié les effets du taux de change sur les prix des biens de
consommation en République Démocratique du Congo. Dans cette étude, il met en évidence
les conséquences des fluctuations du taux de change sur l'inflation et le pouvoir d'achat des
consommateurs. L'étude repose sur l'analyse empirique des variables macroéconomiques, en
particulier la relation entre la dépréciation de la monnaie nationale et l'augmentation des prix
des biens de consommation.

Il s'interroge sur comment les fluctuations monétaires modifient la structure des prix dans
l’économie congolaise?

À travers l'application des méthodes analytiques et économétriques, les résultats indiquent


qu'il existe une relation positive entre le taux de change et les prix des biens de
consommation; les variations du taux de change expliquent de manière significative
l’évolution des prix des biens importés. La dépréciation du franc congolais est directement
liée à une augmentation des prix des produits importés, ce qui entraîne une hausse de
l'inflation. En conséquence, la baisse du pouvoir d'achat des consommateurs et la réduction du
bien-être économique sont les effets pervers des fluctuations monétaires sur la performance
économique en RDC.

Serge Kasereka K (2013) a étudié les déterminants de l'offre de la monnaie dans l'économie
congolaise. Cette recherche vise à identifier et analyser les facteurs qui ont influencé l'offre de
la monnaie en RDC.

Il s'interroge sur comment les politiques monétaires et budgétaires, ainsi que la dollarisation
de l'économie, influencent l'évolution de la masse monétaire ?

En appliquant la méthode analytique, ses résultats montrent que la création monétaire pour
financer le déficit public a provoqué une augmentation de la masse monétaire, entraînant de
l'inflation. La dollarisation de l'économie a limité l'efficacité de la politique monétaire,
réduisant son impact. Une relation positive entre l'offre de monnaie et l'inflation, soulignant
que cette dynamique est plus faible en raison de la dollarisation.
Matiti Lukwesa et Benemunga.B (2016) dans leurs articles sur l'analyse de la corrélation entre
la politique monétaire et le niveau général de prix.

L'étude cherche à comprendre comment la politique monétaire influence le niveau général des
prix en RDC ?

En recourant à la méthode analytique, les résultats montrent que le financement du déficit


public par la Banque Centrale du Congo a entraîné une augmentation de la masse monétaire,
provoquant une hausse de l’inflation. La dollarisation de l’économie a réduit l’impact des
instruments de politique monétaire, rendant difficile la régulation des prix. La relation entre la
masse monétaire et l’inflation est positive, mais atténuée par la forte utilisation du dollar dans
l’économie.

Mbuyi Allegra. K & Matadi Déborah (2019) dans leur article sur les fluctuations du taux de
change et croissance économique en RDC.

Les chercheurs s'interrogent sur comment les fluctuations du taux de change influencent-elles
la croissance économique en République Démocratique du Congo (RDC) ?

À travers l'application sur la méthode des Moindres Carrés Ordinaires(MCO). Les résultats
démontrent que le niveau des réserves internationales peut couvrir actuellement que la
constitution des réserves budgétaires et le relèvement fluctuations du taux de change ont un
effet négatif sur la croissance économique.

Daniel Mandala (2022) dans son travail intitulé : Impact du taux de change sur l'inflation en
RDC de 2000 à 2020, constate que la dépréciation du franc congolais augmente l’inflation à
cause de la dépendance aux importations. Il souligne que la dollarisation de l’économie
accentue cette situation, car les prix réagissent vite à la baisse du taux de change. Cependant,
lorsque la monnaie nationale s’apprécie, les prix restent élevés. Il recommande la
diversification de l’économie et une meilleure gestion monétaire pour réduire l’impact du taux
de change sur l’inflation en RDC.

Sa principale question de recherche est la suivante : Quel est l'impact du taux de change sur
l'inflation en RDC ?
Il a utilisé la méthode économétrique de cointégration et un modèle VAR (Vector
Autoregressive), ses résultats montrent que le taux de change a un impact direct et significatif
sur l'inflation, en particulier à cause de la dollarisation de l'économie. La dépréciation du franc
congolais entraîne une hausse des prix, tandis que l'appréciation de la monnaie n’a pas un
effet réciproque sur la baisse des prix. Cela indique une forte transmission de l'inflation via les
variations du taux de change.

Franck Kazadi (2022) a étudié l'impact de la variation du taux de change sur l'inflation en
RDC, il démontre que la dépréciation du franc congolais entraîne une inflation élevée en
raison de la dépendance aux importations. L'inflation en RDC est principalement importée,
avec une transmission asymétrique du taux de change aux prix. La Banque Centrale du Congo
peine à stabiliser la monnaie, aggravant les pressions inflationnistes. Son étude montre que les
périodes de forte volatilité du taux de change coïncident avec une accélération de l’inflation,
soulignant la nécessité d’une meilleure gestion monétaire et d’une diversification
économique.

Sa principale question de recherche est : Quel est l’impact de la variation du taux de change
sur l’inflation en République Démocratique du Congo ?

En utilisant le modèle VAR et de cointégration, il a conclu que la dépréciation du franc


congolais augmente l'inflation, principalement en raison des importations. L'effet du taux de
change sur l'inflation est asymétrique : la dépréciation accélère l'inflation, mais une
appréciation n'a pas le même impact. La politique monétaire de la Banque Centrale du Congo
est insuffisante.

Mitton (2006), Chatterjee et al. (2010), et Takashi Hanagaki et Masahiro Hori (2015) dans
leur étude académique portant sur l'impact de la volatilité du taux de change sur la
performance des entreprises, ils ont constaté que la volatilité du taux de change a un impact
négatif sur la rentabilité des entreprises, notamment celles exposées aux fluctuations
monétaires. Elle affecte également les décisions d'investissement, incitant les entreprises à
adopter des stratégies de couverture pour limiter les risques. Les entreprises exportatrices et
importatrices, plus vulnérables, voient leur compétitivité internationale réduite. Enfin, la
volatilité complique la planification financière et la prise de décision en raison de l'incertitude
sur les coûts et les revenus futurs.

Leur question de recherche est : Comment la volatilité du taux de change influence-t-elle la


rentabilité, les décisions d’investissement et la stabilité financière des entreprises, en
particulier celles opérant sur les marchés internationaux ?

Ils ont utilisés un modèle VAR pour analyser l’impact dynamique du taux de change sur la
rentabilité des entreprises, un modèle GARCH pour mesurer la volatilité et son effet sur la
stabilité financière, ainsi que des régressions panel dynamiques pour évaluer les impacts à
long terme sur l’investissement et la compétitivité. Leurs résultats montrent que la volatilité
du taux de change réduit la rentabilité, freine les investissements et crée une incertitude
financière accrue, surtout pour les entreprises exportatrices et importatrices. Cependant, celles
qui adoptent des stratégies de couverture parviennent à mieux atténuer ces effets négatifs.

2.2. Comparaison avec d’autres pays africains

Les recherches menées dans d’autres pays africains permettent d’identifier des tendances
similaires et des stratégies de stabilisation du taux de change.

Pays dépendants des matières premières : Saka et al. (2019) ont constaté que les pays comme
l’Angola et le Nigeria subissent également une forte volatilité de leur monnaie en raison de
leur dépendance aux exportations de ressources naturelles.

Comment la dépendance aux exploitations de matières premières influence-t-elle la volatilité


du taux de change dans des pays comme l'Angola et le Nigéria ?

Pour répondre à cette question, un modèle VAR et un texte de causalité de Grangers ont été
utilisés afin d'analyser les interactions entre les prix des matières premières et les taux de
change. L'étude révèle qu’une hausse des prix des ressources apprécie la monnaie, tandis
qu’une baisse provoque une dépréciation rapide, rendant ces économies vulnérables aux chocs
extérieurs.
Stabilité monétaire dans les économies diversifiées : Coulibaly (2017) a démontré que les
économies diversifiées, comme la Côte d'Ivoire et le Rwanda, connaissent une meilleure
stabilité monétaire.

Les économies plus diversifiées, comme la Côte d'Ivoire et le Rwanda, connaissent-elles une
meilleure stabilité monétaire que celles dépendantes des matières premières ?

L'étude repose sur une analyse comparative et un modèle de cointégration, permettant


d'identifier les facteurs favorisant la stabilité monétaire. Les résultats démontrent que la
diversification économique réduit l’impact des fluctuations des matières premières et favorise
une résilience accrue face aux chocs externes.

CONCLUSION PARTIELLE DU PREMIER CHAPITRE

Cette revue de la littérature met en évidence que les fluctuations du taux de change en RDC
sont influencées par des facteurs structurels, économiques et politiques. L’analyse empirique
révèle l’importance de la gestion monétaire et de la diversification économique pour stabiliser
le taux de change. L’expérience d’autres pays africains montre que des politiques monétaires
cohérentes et une gouvernance économique efficace contribuent à limiter cette volatilité. Une
meilleure coordination entre les politiques budgétaire et monétaire serait également essentielle
pour renforcer la résilience du franc congolais.
Bibliographie

Ouvrages et articles

Chatterjee, A., Hori, M., & Hanagaki, T. (2010). "Exchange Rate Volatility and Firm
Performance: Empirical Evidence from Emerging Markets." Journal of International
Economics, 85(2), 256-274.

Coulibaly, I. (2017). "Diversification économique et stabilité monétaire en Afrique: le cas de


la Côte d'Ivoire et du Rwanda." Revue Africaine d'Économie, 12(1), 45-68.

Kisimba Numbi, J. (2016). "Analyse des déterminants du taux de change en RDC." Revue
Congolaise d'Économie, 5(1), 78-102.

Kabeya Lobo, R. (2017). "Effets du taux de change sur les prix des biens de consommation en
RDC." Cahiers Congolais d'Économie, 4(3), 59-84.

Kazadi, F. (2022). "Impact de la variation du taux de change sur l'inflation en RDC." Revue
Congolaise de Politique Monétaire, 7(2), 102-129.

Mandala, D. (2022). "Impact du taux de change sur l'inflation en RDC de 2000 à 2020."
Revue d'Économie et de Finances Africaines, 15(1), 89-113.

Matiti Lukwesa, & Benemunga, B. (2016). "Corrélation entre la politique monétaire et le


niveau général des prix en RDC." Revue des Sciences Économiques du Congo, 8(2), 112-137.

Mitton, T. (2006). "Exchange Rate Uncertainty and Corporate Investment Decisions." Journal
of Economic Perspectives, 20(3), 39-58.
Mbuyi Allegra, K., & Matadi, D. (2019). "Fluctuations du taux de change et croissance
économique en RDC." African Economic Review, 14(2), 77-98.

Saka, J., et al. (2019). "Commodity Price Shocks and Exchange Rate Volatility in Resource-
Dependent African Economies." Journal of African Financial Studies, 11(3), 165-190.

Serge Kasereka, K. (2013). "Les déterminants de l'offre de la monnaie dans l'économie


congolaise." Revue Congolaise de Politique Monétaire, 3(1), 45-71.

Takashi Hanagaki, & Masahiro Hori. (2015). "Impact of Exchange Rate Volatility on Firm
Profitability and Investment Decisions." International Journal of Economics and Finance,
10(1), 121-147.

Mémoires et Travaux de Fin d'Études

Malangu, M. (2020). "Biens échangeables et croissance économique en RDC." Université de


Mbuji-Mayi, Licence.

Mbemba, F. (2008). "Indice du commerce international sur le développement économique de


la RDC." Université Chrétienne Cardinal Malula, Mémoire de Licence.

Mukuna, M. (2020). "Commerce international et croissance économique en RDC 1990-2020."


Université Protestante au Congo, Graduat en administration des affaires et sciences
économiques.

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