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Audit externe et qualité financière à Equity-Banque

Cette étude analyse l'impact de l'efficacité de l'audit externe sur la qualité de l'information financière d'Equity-Banque Commerciale du Congo. Les résultats indiquent que les ressources allouées et la familiarité des auditeurs avec l'institution sont des facteurs clés influençant positivement la qualité de l'information financière, tandis que la spécialisation sectorielle des cabinets d'audit est également cruciale. En revanche, la durée de la relation d'audit n'a pas montré d'impact significatif sur la qualité des états financiers.

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Audit externe et qualité financière à Equity-Banque

Cette étude analyse l'impact de l'efficacité de l'audit externe sur la qualité de l'information financière d'Equity-Banque Commerciale du Congo. Les résultats indiquent que les ressources allouées et la familiarité des auditeurs avec l'institution sont des facteurs clés influençant positivement la qualité de l'information financière, tandis que la spécialisation sectorielle des cabinets d'audit est également cruciale. En revanche, la durée de la relation d'audit n'a pas montré d'impact significatif sur la qualité des états financiers.

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UNIVERSITÉ PROTESTANTE DE LUBUMBASHI

FACULTÉ DES SCIENCES ÉCONOMIQUES ET MANAGEMENT


FILIÈRE FINANCE ET BANQUE

EFFICACITÉ DE L'AUDIT EXTERNE ET QUALITÉ


DE L'INFORMATION FINANCIÈRE D’UNE
BANQUE COMMERCIALE

CAS DE EQUITY-BANQUE COMMERCIALE DU CONGO

Mémoire présenté et défendu en vue de l’obtention du grade de Master en


Finance et Banque

NDALA MASANGU Daniel

JUILLET 2024
UNIVERSITÉ PROTESTANTE DE LUBUMBASHI
FACULTÉ DES SCIENCES ÉCONOMIQUES ET MANAGEMENT
FILIÈRE FINANCE ET BANQUE

EFFICACITÉ DE L'AUDIT EXTERNE ET QUALITÉ


DE L'INFORMATION FINANCIÈRE D’UNE
BANQUE COMMERCIALE

CAS DE EQUITY-BANQUE COMMERCIALE DU CONGO

Mémoire présenté et défendu en vue de l’obtention du grade de Master en


Finance et Banque

NDALA MASANGU Daniel

Directeur : Professeur Ordinaire Pascal SEM MBIMBI

ANNÉE ACADÉMIQUE 2023-2024


I

ÉPIGRAPHE

« Révélée, la corruption financière peut être combattue et sanctionnée. La fonction d'audit est
toujours perçue comme une peau à visiter chez le dentiste, tout le monde sait que c'est
nécessaire, mais personne n'aime. »

REED & SWAIN,1997


II

IN MEMORIAM

Hommage à vous, regretté aimable père Gilbert Kumba Kitwa, à vous admirable Monsieur
l’Abbé François Muhongo Nawej ;

Voilà aujourd’hui le fruit de vos souhaitent lequel vous ne consommez pas, je garderai vos
sages conseils et vos bonnes manières.

Que vos âmes reposent éternellement en Paix et que la terre de nos aïeux soit douce et légère.
III

DÉDICACE

À mes, fils Roan Ndala et Rylan Ndala, je vous dédie ce travail en reconnaissance de l'amour,
l’affection surtout votre compréhension que vous m'offrez quotidiennement et votre bonté
exceptionnelle au moment que je m’éloignais de vous.
IV

REMERCIEMENTS

À Dieu éternel et tout puissant de l’univers visible et invisible, mon sauveur personnel, source
de souffle de vie pour sa grâce et miséricorde infinie dont je suis bénéficiaire.

Cette œuvre réalisée avec beaucoup d’enthousiasme est dédiée à ma très chère mère, et aimable
frères et sœurs qui depuis mon cursus maternelle, primaire, secondaire et universitaire m’ont
apporté leur soutien spirituel, moral et financier ; recevez ce mémoire en master comme mon
entière reconnaissance pour tous les efforts consentis à mon endroit.

J’exprime toute ma reconnaissance à mon directeur de mémoire en master complémentaire, le


Professeur Ordinaire Pascal SEM MBIMBI, PhD qui m’a témoigné depuis le commencement
de ce travail de recherche de son soutien infaillible.

Je le remercie pour son appui, son encadrement très constructif et très rapproché. Outre ses
compétences scientifiques, il n’a pas ménagé son temps pour me prodiguer conseils et
assistance. Sa rigueur, son optimisme ainsi que son engagement personnel m’ont beaucoup
touché et m’ont permis d’évoluer dans un environnement stable, serein et discipliné du début
jusqu’à l’achèvement de mes recherches.

Je voudrais exprimer ma gratitude et mes sincères reconnaissances à ma très chère mère Ngoie
Felista qui m’a toujours témoignée de son amour inconditionnel et de son soutien sans faille.

Mes gratitudes et remerciements à Monsieur Kishiba Fitula Gilbert, à défaut d’être un modèle,
je souhaite vous servir d’exemple pour que vous confirmiez que dans la vie, le seul chemin de
la réussite est le travail.

Que tous ceux qui m’ont aidé et qui n’ont pas vu leurs noms sur cette liste trouvent derrière ce
silence toute ma reconnaissance et non l’expression d’ingratitude.
V

TABLE DES MATIÈRES

ÉPIGRAPHE..............................................................................................................................II
IN MEMORIAM........................................................................................................................II
DÉDICACE.................................................................................................................................II
REMERCIEMENTS..................................................................................................................II
TABLE DES MATIÈRES..........................................................................................................II
LISTE DES TABLEAUX..........................................................................................................II
LISTE DES FIGURES ET GRAPHIQUES.............................................................................II
LISTE DES ABRÉVIATIONS..................................................................................................II
RÉSUMÉ.....................................................................................................................................II
INTRODUCTION GÉNÉRALE................................................................................................2
1. CONTEXTE DE L’ÉTUDE......................................................................................................2
2. PHÉNOMÈNE OBSERVÉ.......................................................................................................2
3. REVUE DE LITTÉRATURE....................................................................................................2
3.1. ÉTUDES THÉORIQUES.......................................................................................................2
3.1.1. Approche classique fondée sur le concept auditeur.............................................................2
3.1.2. Approche nouvelle fondée sur le concept service...............................................................2
3.1.3. La qualité de l’audit et ses critères usuels...........................................................................2
3.1.4. Influence de la réglementation sur la qualité de l’audit.......................................................2
3.2. ÉTUDES EMPIRIQUES........................................................................................................2
3.2.1. Les études basées sur l’analyse de la qualité de l’auditeur..................................................2
3.2.2. Les études basées sur l’analyse du processus d’audit..........................................................2
3.3. Théories explicatives..............................................................................................................2
3.4. Particularité de l’étude............................................................................................................2
4. PROBLÉMATIQUE..................................................................................................................2
5. HYPOTHÈSES DE RECHERCHE...........................................................................................2
6. MODÈLE THÉORIQUE EXPLICATIF...................................................................................2
7. OPÉRATIONNALISATION DES VARIABLES....................................................................2
8. OBJECTIFS DE LA RECHERCHE.........................................................................................2
9. MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE....................................................................................2
10. CHOIX ET INTÉRÊT DU SUJET..........................................................................................2
11. DÉLIMITATION DE L'ÉTUDE.............................................................................................2
12. STRUCTURE DU MÉMOIRE...............................................................................................2
CHAPITRE 1 : CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE.................................................2
1.1. INTRODUCTION........................................................................................................................2
1.2. CADRE CONCEPTUEL...............................................................................................................2
1.2.1. L'Audit :...............................................................................................................................2
1.2.2. Audit externe.......................................................................................................................2
1.2.3.1. Définition et rôle de l’audit externe..................................................................................2
a. Importance de l’audit externe....................................................................................................2
VI

b. Les acteurs de l’audit externe....................................................................................................2


1.2.3.2. Les différents types d’audits.............................................................................................2
1. L’audit financier........................................................................................................................2
2. L’audit de conformité................................................................................................................2
3. L’audit opérationnel...................................................................................................................2
1.2.3.3. Le rôle du contrôle interne et de l’audit interne...............................................................2
1. L’audit interne...........................................................................................................................2
2. Internes et externes : une relation complémentaire...................................................................2
3. Efficacité d'audit externe...........................................................................................................2
1.2.3. QUALITÉ DE L'INFORMATION FINANCIÈRE............................................................................2
1.2.4. QUALITÉ DE L’AUDIT...........................................................................................................2
1.2.5. Risques d'audit.....................................................................................................................2
1.2.6. Contrôle interne...................................................................................................................2
1.2.7. Fraude financière.................................................................................................................2
1.2.8. Choix de l’auditeur (spécialisation de l'auditeur)................................................................2
1.2.9. Spécialisation sectorielle des cabinets d’audit.....................................................................2
1.2.10. Durée de la relation d’audit...............................................................................................2
1.3. CADRE THÉORIQUE...........................................................................................................2
1.3.1. Théorie des parties prenantes...............................................................................................2
1. La dimension descriptive...........................................................................................................2
2. La dimension instrumentale.......................................................................................................2
3. La dimension normative............................................................................................................2
1.3.2. Théorie de l'agence..............................................................................................................2
1. Qualité de l’audit et approches de mesures...............................................................................2
2. Approche indirecte de mesure de la qualité de l’audit...............................................................2
1.4. CONCLUSION...........................................................................................................................2
CHAPITRE 2 : CADRE MÉTHODOLOGIQUE....................................................................2
2.1. Introduction.............................................................................................................................2
2.2. Choix épistémologique...........................................................................................................2
2.3. Choix méthodologique............................................................................................................2
2.3.1. Plan de sondage...................................................................................................................2
2.3.1.1. Population statistique........................................................................................................2
2.3.1.2. Échantillonnage................................................................................................................2
2.3.1.3. Taille de l'échantillon........................................................................................................2
2.3.2. Méthode et technique de collecte de données......................................................................2
2.3.2.1. Méthode d’étude de cas....................................................................................................2
2.3.2.2. Technique d’enquête.........................................................................................................2
2.3.3. Méthode et technique d’analyse des données......................................................................2
2.3.3.1. Méthode d’analyse des données.......................................................................................2
2.3.3.2. Analyse factorielle confirmatrice.....................................................................................2
2.4. CONCLUSION...........................................................................................................................2
CHAPITRE 3 : PRÉSENTATION DU CHAMP EMPIRIQUE.............................................2
3.1. Introduction.............................................................................................................................2
3.2. Bref aperçu historique.............................................................................................................2
3.3. Secteur d’activité....................................................................................................................2
3.4. Missions, opérations, et autres activités.................................................................................2
VII

3.5. Organigramme........................................................................................................................2
3.6. Environnement de EQUITY-BCDC.......................................................................................2
3.6.1. Les outils d’analyse de l’environnement.............................................................................2
3.7. CONCLUSION...........................................................................................................................2
CHAPITRE 4 : RÉSULTATS DE LA RECHERCHE............................................................2
4.1. INTRODUCTION........................................................................................................................2
4.2. MODÈLE DE MESURE...............................................................................................................2
4.3. CONTRÔLE DE NORMALITÉ......................................................................................................2
1. Test de normalité.......................................................................................................................2
2. Test de fiabilité de l’échelle de mesure de la variable dépendante............................................2
3. Biais de méthode commun.........................................................................................................2
4. Coefficient de cheminement......................................................................................................2
4.4. RAPPROCHEMENT DES RÉSULTATS ET LES HYPOTHÈSES.........................................................2
Analyse des effets indirects et médiation......................................................................................2
CHAPITRE 5 : DISCUSSION DES RÉSULTATS..................................................................2
5.1. INTRODUCTION........................................................................................................................2
5.2. DISCUSSION DES RÉSULTATS PAR RAPPORT À LA LITTÉRATURE.............................................2
1. Type de cabinet d'audit et appartenance à un réseau international (BIG4)...............................2
2. Spécialisation sectorielle des cabinets d'audit...........................................................................2
3. Durée de la relation d’audit.......................................................................................................2
4. Ressources allouées à l'audit......................................................................................................2
5. Taille de la banque.....................................................................................................................2
5.3. CONTRIBUTION DE L’ÉTUDE....................................................................................................2
5.4. IMPLICATIONS MANAGÉRIALES...............................................................................................2
5.5. CONCLUSION...........................................................................................................................2
CONCLUSION GÉNÉRALE.....................................................................................................2
BIBLIOGRAPHIE......................................................................................................................2
ANNEXES....................................................................................................................................2
VIII

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Indicateurs contextuels externes.................................................................................3


Tableau 2 : Indicateurs de qualité de l'audit externe......................................................................5
Tableau 3 : Indicateurs contextuels internes..................................................................................6
Tableau 4 : Indicateurs de performance financière........................................................................7
Tableau 5 : Opérationnalisation des variables.............................................................................24
Tableau 6 : Typologie des indicateurs indirects de mesure de la qualité de l’audit....................48
Tableau 7 : Analyse SWOT.........................................................................................................72
Tableau 8 : Résumé des tests d’hypothèses.................................................................................81
Tableau 9 : Résumé des tests d’hypothèses.................................................................................85
IX

LISTE DES FIGURES ET GRAPHIQUES

Figure 1 : Présentation synoptique du mémoire..........................................................................31


Figure 2 : Typologie des recherches se rapportant à la mesure de la qualité d’audit..................47
Figure 3 : Modèle de Duff relatif aux dimensions impactant la qualité de l’audit......................51
Graphique 1 : Coefficient de cheminement du modèle structurel PLS des variables latentes sur
la variable dépendante avec effet des variables de modération...................................................78
X

LISTE DES ABRÉVIATIONS

% : Pourcentage
AFC : Analyse factorielle confirmatrice
BCB : Banque du Congo Belge
BCC : Banque Commerciale du Congo
BCZ: Banque commerciale zaïroise
CHAUD : Choix de l'auditeur
DAB : Distributeurs automatiques de billets
DURAUD : Durée de la relation d'audit
EBC : Equity Bank Congo
Equity-BCDC : Equity-Banque Commerciale du Congo
FASB : The Financial Accounting Standards Board
IFRS : International Financial Reporting Standards
LEVR : Endettement
MRL : Multiple Linear Regression
MUSD : Million United States Dollar
PERT : Pertinence des résultats comptables
PESTEL : Politique, économique, sociologique, technologique, environnemental et légal
PLS : Méthode des Moindres Carrés Partiels
PME : Petites et Moyennes Entreprise
PMI : Petites et Moyennes Industries
QAAC : Qualité des accruals
RDC : République démocratique du Congo
ROA: Return on assets
ROE: Return on equity
RSE : Responsabilité sociale des entreprises
SEM : Modélisation par équations structurelles
SMS : Short Message Service
XI

SPEC : Spécialisation des auditeurs


SPSS : Statistical Package for the Social Sciences
SWOT : Force, Faiblesse, Menace, Opportunité
USA: United States of America
USD : United States Dollar
XII

RÉSUMÉ

Cette étude a pour objectif d'analyser l'impact de l'efficacité de l'audit externe sur la qualité de
l'information financière d'Equity-Banque Commerciale du Congo (Equity-BCDC), une des plus
grandes institutions bancaires opérant en République Démocratique du Congo. L’audit externe
est un levier clé pour garantir la transparence et la fiabilité des états financiers, particulièrement
dans le secteur bancaire où la complexité des opérations et la régulation stricte nécessitent des
audits rigoureux. Cette étude explore divers facteurs influençant l'efficacité de l'audit, tels que
la spécialisation sectorielle des cabinets d'audit, la familiarité des auditeurs avec l'institution, les
ressources allouées à l'audit, et la durée de la relation d’audit.

L'approche méthodologique utilisée repose sur la méthode des Moindres Carrés Partiels (PLS),
qui permet de modéliser les relations entre les variables et d'analyser les données collectées
auprès d'Equity-BCDC.

Les résultats montrent que les ressources allouées par le cabinet d’audit et la familiarité des
auditeurs avec l’institution sont les principaux facteurs qui influencent positivement la qualité
de l’information financière. La spécialisation sectorielle des cabinets d'audit s'est également
révélée cruciale pour améliorer l'efficacité des audits, tandis que la durée de la relation d’audit
n'a pas eu d'impact significatif sur la qualité des états financiers, contrairement aux études
antérieures. Par ailleurs, la taille de la banque a montré un impact négatif, suggérant que les
grandes institutions bancaires peuvent rencontrer des difficultés à maintenir une qualité élevée
des informations financières en raison de la complexité accrue de leurs opérations.

Les contributions de cette étude sont multiples. Elle enrichit la littérature académique sur l'audit
bancaire dans un contexte de marché en développement, en soulignant l'importance des
ressources allouées et de la spécialisation sectorielle des auditeurs. Sur le plan managérial, cette
étude fournit des recommandations pratiques pour les banques et les cabinets d’audit : les
banques doivent veiller à allouer des ressources suffisantes pour des audits de qualité et
collaborer avec des auditeurs spécialisés, tandis que les cabinets d’audit doivent renforcer leurs
compétences sectorielles et adapter leurs pratiques aux besoins spécifiques des grandes
institutions financières.
XIII

Mots-clés : Efficacité de l'audit externe, qualité de l'information financière, SmartPLS, PLS,


compétences des auditeurs, indépendance des auditeurs, fiabilité des données, modélisation des
équations structurelles, analyse factorielle confirmatrice.
1

INTRODUCTION GÉNÉRALE

1. CONTEXTE DE L’ÉTUDE

Equity Banque Commerciale du Congo (Equity-BCDC) est née en 2018 de la fusion entre
Equity Bank Congo (EBC), anciennement ProCredit Bank DRCongo, et Banque Commerciale
du Congo (BCDC). Cette fusion a donné naissance à la deuxième plus grande banque de la
République démocratique du Congo (RDC), avec un bilan de 2,5 milliards USD et une présence
nationale de 74 agences, 214 distributeurs automatiques de billets (DAB), 13 bureaux dédiés
locaux, 3 055 agents et une clientèle de près d'un million de personnes (Rapport annuel equity
bcdc, 2022).

L'économie de la RDC a connu des fluctuations importantes dues à divers facteurs, notamment
les conditions globales des marchés financiers et les politiques économiques internes. En 2022,
la Banque Centrale du Congo a ajusté son taux d'intérêt directeur de 7,5 % à 8,25 % pour
stabiliser l'économie face à des pressions inflationnistes mondiales. Le coefficient de la réserve
obligatoire sur les dépôts à vue en monnaie nationale a été maintenu à 0 %, tandis que pour les
dépôts à terme et en devises étrangères, les coefficients étaient respectivement de 13 % et 12 %.
Malgré ces défis, Equity-BCDC a su naviguer dans ce contexte et enregistrer une croissance
notable, soutenue par une stratégie robuste et une gestion prudente des risques.

La banque a développé plusieurs solutions digitales, telles que le transfert d’argent via des
portemonnaies électroniques, l'accès aux comptes bancaires via USSD, et des solutions de
paiement comme Equity-Pay. La banque a maintenu des ratios prudentiels solides, avec un ratio
de solvabilité de base de 11.95 % et un ratio de solvabilité globale de 13.96 %. Sur le plan
micro-économique, Equity-BCDC a mis en place des initiatives stratégiques pour améliorer
l'accès aux services financiers et augmenter l'inclusion financière. Ces initiatives comprennent
la numérisation des services bancaires et une gestion rigoureuse des risques pour assurer la
stabilité financière de l'institution.

La dernière décennie a été une période de transformation et de croissance remarquables pour


Equity-BCDC. La banque a mis en œuvre un certain nombre d'initiatives stratégiques qui ont
contribué à renforcer sa position sur le marché congolais et à améliorer l'expérience client.
2

Le nombre de succursales d'Equity-BCDC a plus que doublé au cours des 10 dernières années,
passant de 32 en 2014 à 74 en 2024. Cette expansion a permis à la banque d'atteindre un plus
grand nombre de clients dans tout le pays, en particulier dans les zones rurales et sous-
bancarisées.

Equity-BCDC a investi massivement dans les technologies numériques afin d'offrir à ses clients
des services bancaires plus pratiques et accessibles. La banque a lancé un certain nombre de
plateformes numériques, notamment une application mobile, un site Web bancaire en ligne et
des services bancaires par SMS. Ces plateformes ont permis aux clients d'effectuer des
transactions bancaires de base, telles que la vérification des soldes, le transfert d'argent et le
paiement des factures, à tout moment et en tout lieu.

Equity-BCDC a élargi sa gamme de produits et services pour répondre aux besoins diversifiés
de sa clientèle. La banque a notamment lancé de nouveaux produits d'épargne et de crédit, des
services d'assurance et des solutions de gestion de patrimoine. Ces nouveaux produits et
services ont contribué à accroître la satisfaction de la clientèle et à stimuler la croissance de la
banque.

Equity-BCDC s'est engagée à avoir un impact positif sur les communautés qu'elle dessert. La
banque a mis en œuvre un certain nombre de programmes de responsabilité sociale des
entreprises (RSE) axés sur l'éducation, la santé et le développement économique. Ces
programmes ont contribué à améliorer la vie de millions de Congolais.(« Equity Banque
Commerciale Du Congo », 2024; Equity Group Holdings, 2024)

En 2022, Equity-BCDC a continué de se concentrer sur l'amélioration de l'expérience client,


l'innovation et l'inclusion financière. La banque a démontré une capacité résiliente à s'adapter
aux défis économiques tout en poursuivant ses objectifs de croissance et de développement
durable. Les efforts de l'Equity Group Foundation pour transformer les vies et les moyens de
subsistance en utilisant des services financiers inclusifs restent un pilier central de la stratégie
de l'institution. La situation actuelle de la banque montre une organisation bien positionnée pour
continuer à croître et à soutenir le développement économique en RDC avec des fonds propres
qui ont atteint 324 millions USD au 31 décembre 2022, une augmentation des crédits de près de
42 % en un an, un total du bilan qui s'élève à 7 178 806 millions CDF (3 560 MUSD) et un
résultat net de 66 741 millions CDF (33 MUSD).

En effet, le contexte externe dans lequel évolue Equity BCDC est marqué par une grande
volatilité économique et politique, ce qui constitue un défi important pour sa gestion des
risques. La variabilité des taux de change, combinée aux incertitudes économiques et politiques,
3

expose la banque à des risques macroéconomiques qui peuvent affecter sa performance


financière. En outre, les non-conformités identifiées suggèrent la nécessité de renforcer les
contrôles internes et les mécanismes de conformité. La banque devra donc s'adapter de manière
proactive à ces conditions extérieures pour maintenir sa stabilité et sa performance.

Tableau 1 : Indicateurs contextuels externes

Source : Rapports d'audit (responsable du contrôle interne) Equity-BCDC, 2024

L’augmentation du cours CDF/USD indique une dépréciation du franc congolais par rapport au
dollar américain, ce qui peut avoir des répercussions défavorables sur les états financiers de la
banque. Cela pourrait entraîner une augmentation des créances en souffrance et avoir un impact
négatif sur la rentabilité. Les fluctuations des taux de change, particulièrement dans des
économies instables, accentuent le risque pour la banque, d'autant plus si elle gère des
opérations en devises étrangères. La stabilité économique et politique est un facteur critique
pour les performances bancaires. La révision du taux d’intérêt directeur et l’inflation signalent
une pression sur l’économie qui pourrait affecter la liquidité et les coûts d'emprunt. Les conflits
ajoutent une dimension de risque politique, rendant la gestion de la banque plus difficile dans
un environnement instable. La capacité de la banque à naviguer ces turbulences économiques et
politiques est essentielle pour maintenir sa performance et la confiance des investisseurs. Une
gestion proactive des risques macroéconomiques est donc nécessaire.

L’identification de 12 cas de non-conformité révèle des insuffisances dans les opérations de la


banque, aussi bien sur le plan local qu’international. Cela pourrait nuire à la conformité
réglementaire et à la transparence financière, impactant négativement la réputation de
l'institution. Ces non-conformités peuvent être liées à des infractions réglementaires ou des
manquements aux normes de gouvernance, ce qui pourrait entraîner des sanctions. Il serait donc
4

crucial pour la banque de renforcer ses mécanismes de conformité pour éviter des répercussions
négatives sur son image et sur sa stabilité financière.

Depuis les scandales retentissants d'Enron, Worldcom et Parmalat au début des années 2000 qui
ont mis en lumière les risques inhérents au métier d'auditeur et les lacunes parfois présentes
dans la pratique d'audit ; ces affaires ont illustré l'ingéniosité déployée par certains dirigeants et
employés pour dissimuler des fraudes d'ampleur. L'adoption du Sarbanes-Oxley Act en 2002,
en réaction au scandale Enron, témoigne de la gravité de ces manquements (Thiery-Dubuisson,
2009).

Cette étude s'intéresse particulièrement à l'efficacité de l'audit externe dans l'amélioration de la


qualité des informations financières publiées par les banques commerciales en RDC. Malgré le
rôle crucial de l'audit externe, des scandales financiers récents ont révélé des faiblesses dans les
structures de gouvernance et ont mis en lumière le rôle ambigu des auditeurs (Hakim et al.,
2009).

2. PHÉNOMÈNE OBSERVÉ

Le phénomène observé, notamment lors de la fusion de Equity Banque et BCDC, est que la
qualité de l'information financière de la banque Equity-BCDC semble souffrir de plusieurs
faiblesses, en particulier en ce qui concerne la gestion des fraudes et la précision des états
financiers. Bien que certains indicateurs, tels que la qualité des accruals, soient relativement
stables, les montants des fraudes et l'ampleur des écarts dans les états financiers posent des
risques importants pour la banque.
5

Tableau 2 : Indicateurs de qualité de l'audit externe

Source : Rapports d'audit (responsable du contrôle interne) Equity-BCDC, 2024

Le taux élevé de détection des fraudes est encourageant (85,71 % des cas détectés), mais il est
noté que certains cas de fraude demeurent non identifiés. Cela met en lumière les limitations
des contrôles internes et de l'audit externe, qui, bien que relativement efficaces, ne permettent
pas de garantir une couverture complète des fraudes.

Les montants importants des fraudes détectées sont préoccupants, surtout en ce qui concerne les
fonds en transit. Cela souligne des faiblesses dans la gestion des fonds et les contrôles internes.
Un examen plus approfondi des procédures liées aux transferts d'argent et aux liquidités
pourrait être nécessaire pour atténuer ces risques à l'avenir. La qualité des accruals est jugée
satisfaisante, et la gestion des résultats financiers semble relativement stable, aussi bien avant
qu'après l'audit. Cependant, cette stabilité ne garantit pas l'absence de problèmes potentiels, d'où
la nécessité d'un suivi rigoureux des accruals afin d'assurer une transparence financière.

Bien que l'audit externe révèle une capacité élevée à détecter les fraudes et à corriger les
erreurs, les montants significatifs des fraudes détectées et les écarts importants dans les états
financiers suggèrent que des faiblesses subsistent dans les contrôles internes et la gestion
financière.
6

Un écart de de plus de 11 millions USD dans les états financiers est un signal d'alarme. Cela
peut éroder la confiance des investisseurs et affecter la perception de la stabilité financière de la
banque. Cet écart semble indiquer des erreurs ou des imprécisions significatives qui nécessitent
des actions correctives immédiates pour restaurer la crédibilité des états financiers de
l'institution.

Tableau 3 : Indicateurs contextuels internes

Source : Rapports d'audit (responsable du contrôle interne) Equity-BCDC, 2024

Bien que la banque semble bien structurée en termes de procédures et reconnaisse l'importance
de la technologie et de la formation, plusieurs améliorations sont nécessaires. La complexité des
procédures internes, le manque de détails sur les investissements technologiques, et une
formation des auditeurs qui pourrait être plus ciblée sur la gestion des risques sont des points
qui devraient être abordés pour améliorer les performances et la sécurité des opérations
bancaires.

Le nombre de procédures internes est très élevé (985), ce qui montre que la banque a mis en
place une structure robuste pour gérer les risques et les opérations. Cependant, un nombre aussi
élevé de procédures peut entraîner des problèmes de complexité et d'application uniforme. Cela
pourrait générer des incohérences dans la mise en œuvre des procédures à travers les différentes
branches ou départements de la banque. Bien que l'investissement en technologie soit reconnu
comme un facteur crucial pour améliorer les contrôles internes et protéger les informations,
l'absence de détails spécifiques sur ces investissements est un point faible. Il est difficile de
mesurer l'impact réel de la technologie sur les performances et la sécurité des opérations de la
7

banque sans ces informations. Une transparence accrue dans ce domaine permettrait de mieux
évaluer l'efficacité des systèmes technologiques mis en place, notamment en matière de
protection contre les fraudes et de gestion des risques.

La banque accorde de l'importance à la formation continue des auditeurs, avec un total de 50


heures, dont 15 heures en présentiel et 35 heures en ligne. Toutefois, il est noté que cette
formation ne semble pas suffisamment axée sur la détection des risques spécifiques. Cette
lacune dans la formation pourrait nuire à l'efficacité des contrôles internes. En augmentant
l'accent mis sur la formation spécialisée dans la détection des fraudes et des risques, la banque
pourrait renforcer la compétence de ses auditeurs et améliorer la qualité de ses contrôles.

Tableau 4 : Indicateurs de performance financière

Source : Rapports d'audit (responsable du contrôle interne) Equity-BCDC, 2024

Sur le contexte interne, trois indicateurs de performance financière internes ont été retenus à la
banque Equity BCDC : le ratio de rentabilité des actifs (ROA), le ratio de rentabilité financière
(ROE) et la croissance du portefeuille crédit. Le ROA montre une certaine variabilité, ce qui
reflète des fluctuations dans la capacité de la banque à générer des bénéfices à partir de ses
actifs. Une baisse de performance après l'audit peut signaler des problèmes dans la gestion des
actifs ou des revenus, nécessitant potentiellement des ajustements dans l'allocation des
ressources ou la stratégie de gestion. Cette variabilité peut également refléter des inefficacités
opérationnelles ou des conditions de marché changeantes affectant les actifs de la banque.

Le ratio de rentabilité financière (ROE), qui mesure la rentabilité par rapport aux fonds propres,
présente des fluctuations notables, mais globalement, il semble conforme aux attentes post-
fusion. Cela indique que, bien que la banque soit encore dans une phase d'ajustement après la
fusion, elle reste capable de générer des bénéfices à partir de son capital. Les variations dans ce
8

ratio pourraient refléter l'intégration continue des opérations et des changements dans les
stratégies post-fusion, ce qui nécessite un suivi pour garantir que la rentabilité reste en ligne
avec les objectifs à long terme. La croissance de 43% du portefeuille de crédit est très
significative et pourrait indiquer une stratégie d'expansion agressive des activités de prêt. Bien
que cela soit encourageant du point de vue de l'expansion, cela peut aussi exposer la banque à
des risques accrus, en particulier si l'octroi de crédit est mal géré ou si les conditions
économiques se détériorent. Il est important de surveiller la qualité de ce portefeuille de crédit
pour s'assurer que cette croissance ne se traduise pas par une augmentation des créances
douteuses, ce qui pourrait affecter la stabilité financière de la banque à moyen et long terme.

Dans ce contexte nous nous interrogeons sur l’efficacité de l’audit externe et son impact sur la
qualité de l'information financière au sein d’Equity-BCDC.

Notre question de départ est la suivante :

Dans quelle mesure l'audit externe est-il efficace pour détecter et signaler les cas de fraude
au sein d'Equity BCDC ?

Cette question met en lumière la nécessité d’explorer la revue de littérature afin de découvrir les
tendances sur l’efficacité d'audit externe en lien avec la qualité finale des états financiers, tout
en mettant en lumière les éventuelles lacunes dans les processus d'audit et leur impact sur la
précision et la fiabilité des informations financières publiées.

3. REVUE DE LITTÉRATURE

La richesse de la littérature en matière de qualité de l’audit souligne le rôle central joué par le
commissaire aux comptes en tant que garant de la fiabilité de l’information financière. Depuis
l’article pionnier de DeAngelo qui définit cette qualité comme « la probabilité conjointe […]
qu’un auditeur donné découvre une infraction dans le système comptable du client et rende
compte de cette infraction », la plupart des recherches sur ce thème mobilisent cette définition
comme cadre d’analyse. Par ailleurs, les dernières modifications réglementaires en matière
d’audit légal ont souligné l’importance de ces caractéristiques intrinsèques à l’auditeur
(compétence et indépendance), tout en renforçant aussi d’autres aspects auxquels cette
9

définition ne fait pas explicitement référence (organisation de l’équipe d’audit, fonctionnement


de la profession, etc.) (Gonthier-Besacier et al., 2012a).

Selon Manita (2008a), les récents scandales financiers ont bouleversé la conception et
l’évaluation de la qualité de l’audit. Ils ont démontré l’incapacité des approches classiques
d’évaluation à appréhender la qualité d’audit. Devant cette situation, les milieux économiques
et juridiques ont réagi en adoptant une nouvelle loi sur la sécurité financière. Celle-ci favorise
une évaluation de la qualité d’audit orientée vers l’analyse du processus d’audit. Cette mission a
été confiée au comité d’audit, vu son accès privilégié à l’information et la place centrale qu’il
occupe dans le processus de contrôle.

En tant que mécanisme de gouvernance, le rôle essentiel de l’audit est de réduire en grande
partie l’asymétrie d’information entre gestionnaires et actionnaires ou tiers contractants. En
garantissant l’image fidèle des informations financières communiquées, l’audit constitue un
facteur clé permettant à ces derniers de prendre leurs décisions propres. Étant donné son
importance pour la prise de décision, les différents utilisateurs des états financiers ont besoin
d’être sécurisés quant à la qualité de cet audit. Cependant l’appréciation ou la mesure de cette
qualité est problématique. Le résultat de la qualité d’audit n’étant pas directement ou
immédiatement visible, le processus d’audit est très complexe et inobservable par les tiers, et le
rapport d’audit (résultat d’un audit) est tellement standardisé dans son contenu et dans sa
formulation qu’il n’offre que peu de possibilités de différenciation. Dans ce sens, un échec
d’audit n’est souvent connu que dans un contexte de faillites largement médiatisé (Taqi et al.,
2021). Il est en effet difficile de connaître le nombre des audits de mauvaise qualité qui passent
inaperçus sans qu’ils soient rendus publics (Manita, 2005).

3.1. ÉTUDES THÉORIQUES

En fonction des intérêts contradictoires des différents utilisateurs des états financiers, l’auditeur
légal appréhende la significativité des anomalies rencontrées dans sa mission de certification
des comptes afin qu’il puisse se forger une opinion sur la sincérité des informations financières
communiquées. Compte tenu de l’importance de l’audit légal pour la prise de décision, les
différentes parties prenantes de l’entreprise telles que les créanciers et les actionnaires ont
également besoin d’être rassurées de sa qualité. Toutefois, la mesure de cette qualité pose
problème étant donné le manque de visibilité du résultat d’audit. Il est, en effet, quasiment
impossible de recenser le nombre d’audits de mauvaise qualité qui passent inaperçus sans qu’ils
10

soient détectés ou publiés. Face à cette complexité du processus d’audit, il a été nécessaire
d’encourager un approfondissement de la réflexion sur le déroulement de ce processus d’audit
légal afin de reconsidérer de nouvelles règles d’évaluation directe.

La majorité des chercheurs en la matière admettent que la qualité d’audit externe nécessite que
deux conditions soient remplies: la compétence et l’indépendance de l’auditeur. Les chercheurs
ont essayé d’appréhender la qualité d’audit externe à travers la qualité de l’auditeur (De
Angelo, 1981 ; Citron et Taffler, 1992, Prat dit Hauret, 2003 ; Tong, 2006). Toutefois, les
derniers scandales financiers et comptables (Enron, Worldcom, Parmalat, …) intervenus aussi
bien aux Etas Unis qu’en Europe et la faillite de l’un des géants d’audit, le cabinet Arthur
Andersen ont montré l’insuffisance de ces deux conditions à appréhender à eux seuls la qualité
d’audit. Ils ont engendré un bouleversement dans la conception de la qualité d’audit, qui
reposait, jusqu’alors, sur des indicateurs exogènes au processus d’audit.

Sur le plan professionnel, la promulgation de nouvelles normes professionnelles et des Lois


édictant de nouvelles règles en matière d’évaluation et de contrôle de la qualité d’audit (Loi «
Sarbanes Oxley Act » aux USA et Loi sur les nouvelles régulations économiques ou Loi de
sécurité financière en France), mettant en évidence l'importance accordée à la fiabilisation de
l'information financière et augmentant, par conséquent, la responsabilité des auditeurs
financiers. En outre, la communauté académique affirme de plus en plus la nécessité de
repenser les règles d’évaluation actuelles et de proposer de nouvelles approches qui tiennent
compte de la complexité des travaux d’audit réalisés (Carcello, 1992 ; Pigé, 2003 ; Brown
2005 ; Chemingui et Manita, 2005).

Mesure de la qualité de l’audit externe :

Il existe deux approches pour mesurer la qualité d’audit externe : la mesure fondée sur la
compétence et l’indépendance de l’auditeur ; et la mesure fondée sur l’adaptabilité des travaux
d’audit à l’entreprise auditée.

3.1.1. Approche classique fondée sur le concept auditeur

En certifiant la sincérité des états financiers, le professionnel de l’audit externe joue le rôle de
garant du respect des caractéristiques qualitatives de l’information comptable et financière à
publier. De Angelo (1981) résume cela en deux conditions : « l’appréciation par le marché de la
11

probabilité jointe qu’un auditeur aille simultanément : découvrir une anomalie ou irrégularité
significative dans le système comptable de l’entreprise cliente ; mentionner et publier cette
anomalie ou irrégularité ». La qualité de l’audit se compose dans cette définition d’une qualité
de détection et d’une qualité de révélation. La première s’assimile à la notion de compétence
technique (qualité de détection) et dépend largement des moyens mis en œuvre et la
compétence globale des auditeurs qui vont réaliser les travaux, et la seconde à la notion
d’indépendance (qualité de révélation) de l’auditeur et fait référence à l’objectivité de l’auditeur
et surtout à son indépendance par rapport aux groupes de pression ne souhaitant pas une forme
de jugement. D’une façon générale, l’indépendance de l’auditeur externe peut être assurée par
sa résistance aux pressions exercées par son client et les autres partenaires de la firme le cas
échéant (Clickemen, 1998 ; Prat dit Hauret, 2003) .

Citron et Taffler (1992) précisent qu’un rapport d’audit sera de qualité s’il est le résultat d’un
processus d’audit techniquement compétent et indépendant. De nombreux chercheurs (Knapp,
1991 ; Flint, 1988 ; Moizer, 1997) ont retenu cette double approche pour définir la qualité
d’audit en distinguant la compétence technique de l’indépendance de l’auditeur. Cette
distinction n’est pas sans conséquence sur la qualité de sa démarche et sur la valeur de son
opinion. De surcroit, cette définition rejoignait celle des normes élaborées par les organismes
professionnels d’audit qui recommande à l’auditeur la combinaison des deux conditions.

La définition de DeAngelo se limite à une vision de «la qualité perçue » par le marché. Elle
suggère que la qualité de l’auditeur reflète «la qualité actuelle de l’audit » réalisé par ce dernier,
ce qui reste à démontrer. De maintes études ont montré que les deux caractéristiques principales
de la qualité de l’audit, que sont la compétence et l’indépendance, étaient, dans les faits,
soumises à des pressions très fortes (Watts et Zimmerman, 1985 ; Fama et Jensen, 1983 ;
Goldman et Barlev, 1974).

Par ailleurs, les récents scandales financiers et la faillite du cabinet Arthur Andersen (Manita et
Chemangui, 2005), ont montré l’insuffisance de ces concepts classiques à expliquer, à eux
seuls, la qualité d’audit externe.

3.1.2. Approche nouvelle fondée sur le concept service

Hormis les conditions de compétence et d’indépendance de l’auditeur en tant que garanties de


la qualité d’audit, plusieurs recherches récentes se sont intéressées directement aux travaux
d’audit réalisés (Hopkins, 1996 ; Behn., 1997 ; Mock et Wright, 1999). Ces études ont traité
aussi bien du champ d’intervention actuel de l’audit ainsi que de l’étendue de ses objectifs. Les
12

objectifs essentiels de ces recherches consistent à évaluer le processus de l’audit (abstraction


faite de la qualité personnelle de l’auditeur), voir la remise en cause de ses objectifs actuels.

La notion d’adaptabilité des travaux d’audit représente la pierre angulaire dans la nouvelle
approche d’évaluation de la qualité de l’audit. L’efficacité a priori d’une technique de contrôle
par rapport à une autre va dépendre largement de sa capacité à détecter, expliquer et proposer
des solutions pertinentes pour remédier aux problèmes et les dysfonctionnements spécifiques
existant au sein d’une entreprise donnée. En prenant l’exemple de la qualité du contrôle interne,
il est évident qu’un mécanisme de contrôle interne qui ne se base pas sur des procédures et
règles adaptées à l’entreprise ne va pas permettre ni la détection ni l’explication d’une erreur. À
partir de cet exemple, nous pouvons juger qu’une technique de contrôle comme peu ou pas
adaptée à la résolution d’un tel problème. En conclusion, mesurer le degré d’adaptabilité des
travaux d’audit, c’est évaluer si les techniques et moyens de contrôle mis en place par les
auditeurs permettront de détecter et d’évaluer la significativité des dysfonctionnements
existants au niveau de l’entreprise compte tenu des besoins des parties prenantes de l’entreprise.

3.1.3. La qualité de l’audit et ses critères usuels

Les notions de compétence et d’indépendance de l’auditeur sont au cœur de l’axe de recherche


traditionnel sur la qualité de l’audit. Face à la difficulté d’évaluer empiriquement le jugement
des auditeurs, nombre de recherches mobilisent la définition de DeAngelo (1981) pour mesurer
l’impact isolé de divers indicateurs sur le niveau de la qualité de l’audit.

La compétence des auditeurs repose sur « des connaissances, une formation, une qualification
et une expérience suffisantes pour mener à bien un audit financier » (Flint, 1988). Cette
dernière notion d’expérience est d’ailleurs souvent retenue comme mesure de la compétence
(Libby et Frederick, 1990 ; Ismail et Trotman, 1995 ; Martinov-Bennie et Pflugrath, 2009).
Bien que Richard (2000) explique que la compétence s’étudie aussi à travers la notion de
compétences relationnelles, la compétence globale de l’auditeur est souvent réduite à une
dimension technique de l’audit.

Néanmoins, certaines études prennent également en compte des dimensions interrelationnelles


(qualité de la délégation et de la supervision, motivation, attitude professionnelle, etc.) (Sutton,
1993 ; Herrbach, 2001). Ces recherches prennent notamment en considération la notion de «
compétence collective » de l’audit, qui souligne que la compétence du seul auditeur « a les
limites de tout travail en équipe et […] exige par ailleurs le concours de l’audité pour
s’exprimer pleinement », (Colasse, 2003). Elles reposent sur les dimensions propres à la
relation auditeurs-audités (Richard, 2006 ; Guénin-Paracini, 2008), l’entreprise auditée étant
13

appréhendée au travers de ses divers acteurs : directeur financier (Richard et Reix, 2002 ;
Gibbins et al., 2007), audit interne (Schneider, 1985), management (Menon et Williams, 2008),
personnel (Cohen, 1994) et comités d’audit (Citron et Taffler, 2004 ; Piot et Janin, 2007 ;
Compernolle, 2009 ; Piot et Kermiche, 2009).

L’indépendance de l’auditeur, quant à elle, est essentiellement analysée à travers la notion


d’incompatibilité ou par le fait de cumuler une mission d’audit légal avec une mission de
conseil (Francis, 2006 ; Robinson, 2008). Le cumul de missions de certification et de conseil
est… Elle est également appréhendée à travers l’étude des honoraires perçus, au titre de l’audit
et/ou d’autres prestations (Wines, 1994). Une approche plus comportementaliste examine les
relations entre le management et/ou les actionnaires de l’entreprise et l’auditeur. Cette vision
identifie les risques de pression exercée sur l’auditeur ou de confusion dans son esprit quant à
l’identité de son véritable client, puisqu’« une des questions obsessionnelles qui hante le public
est de savoir comment l’auditeur peut être indépendant alors qu’il est rémunéré par l’entreprise
qu’il doit auditer » (Prat Dit Hauret, 2000,)

Ainsi, la littérature sur la qualité de l’audit, qui repose sur la définition bidimensionnelle de
DeAngelo (1981), met en évidence un ensemble de critères influençant la compétence et
l’indépendance.

Pour une synthèse détaillée portant sur la qualité de l’audit… Pourtant, celle-ci est bien souvent
mesurée par des ’proxys’ consensuels tels que la taille du cabinet (Watkins et al., 2004 ;
Blokdijk et al., 2006a ; Francis et Yu, 2009), les grandes structures présentant des garanties
supposées supérieures, tant sur le plan de l’indépendance qu’en termes de compétence.

3.1.4. Influence de la réglementation sur la qualité de l’audit

La littérature intègre également des éléments externes à la mission, questionnant plus


généralement l’impact du système de réglementation sur la qualité de l’audit. Au plan
théorique, deux visions s’opposent sur la nécessité d’une forte réglementation. La première
privilégie au cadre légal fort (et coûteux) des « garde-fous de la sphère privée » : si les coûts
implicites de non-qualité sont importants pour l’auditeur et son cabinet, notamment en termes
de litiges ou de perte de réputation, son incitation à fournir une prestation de qualité sera
importante sans recours nécessaire à un cadre réglementaire fort. La seconde vision envisage au
contraire une forte réglementation comme une barrière à l’entrée susceptible de préserver la
qualité générale de l’audit et la perception de son indépendance. Dans cette optique, la
14

réglementation permet de protéger la réputation de la profession, de définir précisément les


normes professionnelles, de produire des informations pertinentes pour le fonctionnement des
marchés et de garantir le respect des règles (Arrunada, 2000).

Bien qu’il soit régulièrement mentionné (Grant et Bricker, 1996 ; Colbert et Murray, 1999), le
lien entre la qualité de l’audit et les éléments de réglementation n’est pas directement mesuré
dans la littérature du fait de la difficulté à mettre en œuvre une méthode de recherche adaptée.
Certaines études traitent de la réglementation au sens large (Arrunada, 2000) et analysent son
impact par le biais des sanctions prononcées (Palmrose, 1997) ou de la nature de la
responsabilité de l’auditeur (Chan et Pae, 1998 ; Latham et Linville, 1998). D’autres travaux
portent sur le mode de fixation des honoraires (Francis et Bin, 2006 ; Higgs et Skantz, 2006) ou
sur l’influence des organismes de supervision de la profession, soit d’une manière générale
(Shafer et al., 1999) soit dans le cadre d’un contexte précis (comme en France avec le H3C,
[Hazgui et al., 2010]). D’autres travaux, enfin, portent sur des éléments spécifiques comme, par
exemple, le co-commissariat aux comptes (Piot, 2003 ; Bennecib, 2004 ; Marmousez, 2008), la
concentration du marché de l’audit et sa spécialisation sectorielle (Piot, 2005) ou la durée du
mandat (Wilson et al., 1988 ; DeFond, 1992).

Le système légal encadrant les auditeurs apparaît donc comme un véritable levier susceptible
d’améliorer la qualité de l’audit. La littérature envisage essentiellement la réglementation
comme un outil de préservation de l’indépendance des auditeurs, son rôle dans la garantie de la
compétence étant moins souvent évoquée. Cependant, un certain nombre de travaux vise
conjointement ces deux dimensions, notamment les études relatives aux organismes de
régulation dont les objectifs portent également sur la définition et le respect des normes.

D’ailleurs, depuis toujours, et notamment depuis les lois SOX (aux États-Unis) et LSF (en
France), les législateurs ont renforcé les règles d’indépendance (rotation des auditeurs, rôle des
comités d’audit, incompatibilités, etc.), mais aussi de compétence (force réglementaire accordée
aux normes d’exercice professionnel, renforcement des obligations de formation, renforcement
du processus de contrôle qualité au sein de la profession, etc.). L’objet de cette recherche est
d’évaluer l’impact sur la qualité de l’audit d’un ensemble de critères, dans le contexte
particulier des renforcements récents de la réglementation.

3.2. ÉTUDES EMPIRIQUES

3.2.1. Les études basées sur l’analyse de la qualité de l’auditeur


15

La qualité de l’audit a été définie par DeAngelo (1981 : 186) comme « l’appréciation par le
marché de la probabilité jointe qu’un auditeur aille simultanément découvrir une anomalie ou
irrégularité significative dans le système comptable de l’entreprise cliente et mentionner et
publier cette anomalie ou irrégularité ». Dans ce sens, Citron et Taffler (1992) précisent qu’un
rapport d’audit sera de qualité s’il est le résultat d’un processus d’audit techniquement
compétent et indépendant. De nombreux chercheurs (Flint, 1988 ; Knapp, 1991 ; Moizer, 1997)
ont retenu cette double approche pour définir la qualité de l’audit en distinguant la compétence
technique (qualité de détection) de l’indépendance (qualité de révélation) de l’auditeur. Dans ce
cadre, plusieurs recherches (Nichols et Smith, 1983 ; Eichenseher et Shields, 1989 ; Kaplan,
1995 ; Reckers, Wheeler et Wong-On-Wing, 1997 ; Lennox, 1999 ; Krishnan et Schauer, 2000)
se sont appuyées sur cette définition de la qualité de l’audit pour identifier des substituts de la
qualité de l’audit perçus par le marché ou liés aux caractéristiques intrinsèques de ces deux
concepts (compétence et indépendance de l’auditeur). En effet, devant la difficulté
d’observation du processus d’audit, la majorité des recherches normatives ou expérimentales
s’est tournée vers une appréciation de la qualité d’audit à travers la qualité de l’auditeur en tant
qu’individu ou groupe d’individus. Ces recherches peuvent être subdivisées en quatre sous-
groupes.

Le premier groupe s’est concentré sur l’identification des indicateurs de qualité perçus par le
marché tels que la taille (Piot, 2004 ; Hay, Knechel et Wong, 2006), les honoraires (Malone et
Roberts, 1996 ; Hay et al., 2006) et la réputation de l’auditeur (Palmrose, 1988 ; McNair, 1991 ;
Davis et Simon, 1992 ; Moreland, 1995 ; Carey et Simnett, 2006 ; Moizer, 1997).
Le deuxième groupe a tenté d’appréhender la qualité en examinant les caractéristiques
organisationnelles de la firme d’audit. Ces études partent du constat que, comme toute
organisation, les cabinets d’audit disposent d’une structure hiérarchique et d’une organisation
de travail qui leur sont propres. Ils disposent aussi des auditeurs (à différents niveaux
hiérarchiques) qui ont des motivations différentes face à l’objectif d’amélioration de la qualité
d’audit (Power, 1995). La qualité du service fourni par les cabinets d’audit va dépendre donc
non seulement de leurs organisations internes, mais aussi de la qualité des efforts rendus par
leurs équipes d’auditeurs (Wotten, 2003).

Le troisième groupe traite des caractéristiques propres aux équipes de travail d’audit. Les
attributs de qualité identifiés se rapportent notamment au niveau d’attention des associés et des
managers aux travaux d’audit, au professionnalisme, persistance et scepticisme de l’auditeur, à
l’expérience avec le client et à l’expérience dans l’industrie (Wooten, 2003). Certains
16

chercheurs se sont intéressés également aux comportements de négligence professionnelle des


collaborateurs qui sont de nature à réduire ou affecter la qualité de la mission de certification
(Chow, Cooper et Waller, 1988 ; McDaniel, 1990 ; McNair, 1991 ; Malone et Roberts, 1996).

Le quatrième groupe a essayé de développer des indicateurs multicritères de la qualité d’audit.


Il s’agit d’identifier les différentes dimensions de la qualité de l’audit qui varieront selon les
auditeurs, utilisateurs ou préparateurs des états financiers. Dans la plupart des cas, ces travaux
ont consisté à dresser, pour chaque groupe d’utilisateurs, des listes d’attributs qualitatifs et à les
administrer par questionnaires. Les attributs identifiés par la littérature sont le plus souvent liés
à la composition, la qualification et l’expérience de l’équipe d’audit, à certaines caractéristiques
de la firme d’audit, au contrôle des travaux d’audit et au processus d’audit lui-même (Mock et
Samet, 1982 ; Sutton et Lampe, 1991 ; Carcello et al., 1992 ; Groveman, 1995 ; Sikka, Puxty,
Willmott et Cooper, 1998).

Cependant, ces recherches, qui ont utilisé une approche plutôt indirecte d’évaluation de la
qualité d’audit, souffrent de plusieurs limites conceptuelles et empiriques. Les approches
d’évaluation fondées sur la compétence et l’indépendance de l’auditeur peuvent être entachées
par les risques de complaisance avec les dirigeants et de sélection adverse (Goldman et Barlev,
1974 ; Fama et Jensen, 1983). Aussi, les indicateurs qu’elles ont identifiés sont très réducteurs
de la complexité des travaux d’audit.
La réalisation d’une mission d’audit se fait dans un…. Ces approches indirectes présentent
également l’inconvénient d’être focalisées principalement sur la qualité perçue sans pour autant
chercher à déterminer ce qui doit être fait pour l’améliorer d’une façon intrinsèque via des
déterminants techniques, procéduraux ou autres. Devant les limites des travaux portant sur la
qualité de l’auditeur, une issue consiste à s’intéresser au processus qui y mène (Carcello et al.,
1992).

3.2.2. Les études basées sur l’analyse du processus d’audit

Peu de recherches ont porté sur l’évaluation de la qualité du processus d’audit. Les premières
études se sont focalisées sur la compréhension des facteurs de contingence de l’environnement
d’audit. Pour ce faire, Gibbins et Wolf (1982) ont examiné le manuel d’audit d’une firme
nationale, les normes et textes d’audit et ont réalisé des interviews avec des auditeurs pour
générer une liste de facteurs pouvant influencer l’environnement d’audit. Cette étude a
débouché sur l’identification d’une série de facteurs généraux qui ont un impact sur les diverses
étapes du processus d’audit.
17

Mock et Samet (1982) ont examiné les différentes étapes du processus d’audit en observant
spécialement les facteurs affectant la qualité d’audit et les différentes mesures qui peuvent leur
être attribuées. Ils ont identifié une liste de 110 facteurs à partir des normes d’audit (SAS) et des
standards de contrôle qualité des firmes d’audit. Cette liste a été ensuite purifiée
individuellement par un petit groupe d’auditeurs. La vérification finale est concrétisée via la
distribution de questionnaires à 34 auditeurs. À l’issue de cette étude, 32 indicateurs de la
qualité d’audit ont été identifiés.

En utilisant, deux groupes d’auditeurs appartenant à deux cabinets internationaux, Sutton


(1993), a tenté de développer et de valider, au profit des auditeurs, une série de facteurs clés
permettant d’appréhender la qualité du processus d’audit ainsi qu’une série de mesures de ces
facteurs de qualité. La méthode de recherche utilisée dans cette étude est fondée sur une forme
spécialisée de techniques du groupe nominal pour identifier des mesures de la qualité d’audit
dans les sociétés de services. Les résultats obtenus conduisent à l’identification tout au long du
processus d’audit (réparti en 4 étapes) de 19 facteurs affectant la qualité d’audit correspondant à
63 mesures.
Néanmoins, si l’analyse du processus d’audit a été effectuée dans une perspective d’évaluation
de la performance d’une mission d’audit pour les cabinets d’audit, elle n’a pas été utilisée pour
le développement d’indicateurs de qualité au profit des administrateurs membres des comités
d’audit. Ces derniers n’ont pas la même perception de la qualité du processus d’audit que celle
des auditeurs.

Foka Tagne et al. (2023) montrent l’effet de la combinaison de l’audit externe et interne sur la
qualité du reporting financier au Cameroun. Les données ont été recueillies auprès de 86
préparateurs des comptes d’entreprises au Cameroun. La méthodologie utilisée a consisté à
l’analyse de classification par la méthode nuée dynamique d’une part, et d’autre part, à la
régression « logit ». Les résultats révèlent premièrement que la probabilité de présentation des
états financiers non conformes est élevée lorsque la durée de collaboration entre l’auditeur
externe et l’entreprise auditée excède 3 ans et lorsque les auditeurs externes perçoivent des
honoraires hors audit. Par ailleurs, le risque de fraudes liées aux états financiers diminue en
présence d’un auditeur externe qui a de l’expérience sur le dossier d’un même client.
Deuxièmement, la probabilité de détection des fraudes liées aux états financiers diminue
lorsqu’il existe au sein de l’entreprise une fonction d’audit interne de qualité. Troisièmement, il
18

existe un effet de synergie de l’audit externe et de l’audit interne sur la réduction du risque de
fraudes liées aux états financiers.

3.3. Théories explicatives

La théorie des parties prenantes offre une typologie des zones de risque dans les entreprises
selon la nature et l’importance des relations d’agence (internes et externes). Cette configuration
peut constituer un cadre conceptuel propice à l’évaluation du niveau d’adaptation des travaux
d’audit aux caractéristiques de l’entreprise. Les relations l’agence, sont génératrices d'un
ensemble de problèmes, ce qui pousse les différentes parties à se prémunir contre celles–ci, par
la mise en place d'un éventail de moyens et de mécanismes, auxquels s'associent des coûts que
l'on désigne "coûts d'agence" (Jensen et Meckling, 1976). Les spécificités de ces relations et
leur niveau d’importance au sein de la firme vont définir la nature des problèmes de contrôle
associés. L’analyse du tissu contractuel de la firme constitue ainsi une mise en évidence
préalable des zones de risque ainsi que des contrôles à mettre en œuvre par les auditeurs. Dans
ce sens, les travaux d’audit adaptés aux relations contractuelles de la firme doivent tenir compte
de deux éléments fondamentaux :

- La nature de la relation d’agence :

Selon le niveau de convergence d’intérêts entre les deux parties, la relation d’agence peut être
conflictuelle ou non conflictuelle. L’identification de la nature de la relation permet de
déterminer les zones de risque prioritaires à contrôler. À titre d’exemple, si on suppose
l’existence d’un conflit d’intérêts entre deux acteurs, la mise en place d’un mécanisme de
contrôle sera nécessaire. Ce dernier doit appliquer un certain nombre de techniques de
surveillance de nature à réduire ce conflit. Cette configuration trouve son fondement dans les
hypothèses classiques de la théorie de l’agence. Depuis les premiers travaux de Jensen et
Meckling (1976), les rôles escomptés de l'audit ont été définis selon l'approche principal-agent
(agent-principal approach). Selon ces auteurs, l’appel à l'audit externe permet d'identifier et de
faire converger les intérêts des dirigeants avec ceux des actionnaires. Par contre, s’il s’avère, tel
que préconiser par la thèse de l’enracinement que le conflit n’est pas systématique dans la
mesure où les deux acteurs peuvent arriver à converger leurs intérêts.

Selon le niveau de convergence des intérêts, la relation d’agence peut être conflictuelle ou non
conflictuelle. Dans cette étude, il est pertinent de déterminer comment les conflits d'intérêts
19

entre les dirigeants et les parties prenantes (comme les actionnaires) influencent la qualité de
l'audit.

- L’importance de la relation d’agence dans le tissu partenarial de la firme

L’importance d’une relation d’agence par rapport aux autres relations qui composent le tissu
contractuel de l’entité varie d’une entreprise à l’autre selon le niveau d’influence et le rapport
de force qui existe entre les différents acteurs et partenaires (Charreaux, 1997). Si on prend
l’exemple d’une firme dont le capital est ouvert à plusieurs actionnaires non dirigeants, les
conflits d’intérêts entre dirigeants et actionnaires seront beaucoup plus importants que ceux
existant au niveau d’une entreprise familiale (confusion entre la fonction de propriété et de
décision). Il en est de même lorsqu’on compare des entreprises de grande taille (avec une
délégation accrue du pouvoir) et des PME-PMI. Ce raisonnement devient de plus en plus
complexe lorsqu’on tient compte des groupes d’intérêts au sein de la firme qui peuvent être en
situation conflictuelle ou non conflictuelle. On peut ainsi être confronté à des alliances et des
stratégies d’enracinement par les dirigeantes destinées à inverser les rapports de force au sein de
la firme.

La répartition et l'importance des relations d'agence au sein d'une entreprise affectent la nature
des risques et la manière dont ils doivent être contrôlés. Cette étude veux analyser comment ces
différences influencent les pratiques d'audit et la qualité de l'information financière.

3.4. Particularité de l’étude

Cette étude aborde une approche holistique et détaillée de l'évolution d'Equity-BCDC, en tenant
compte des transformations stratégiques, des performances économiques, des initiatives
d'inclusion financière, et de la responsabilité sociale. L'utilisation du cadre d'analyse PESTEL
ajoute une dimension contextuelle qui enrichit la compréhension des défis et des opportunités
auxquels la banque est confrontée.

Pour Sem & Cornet (2018a) l’originalité d’une étude se dit de plusieurs manières, cependant
cette étude fera recours à un usage des nouvelles méthodes et techniques de collecte et de
traitement des données afin d’aboutir à des résultats qui éclair l’objet d’étude sur l’efficacité de
20

l'audit externe et qualité de l'information financière dans au sein d'Equity-BCDC et dans le


paysage bancaire de la RDC.

4. PROBLÉMATIQUE

La problématique de cette étude porte sur l'efficacité de l'audit externe dans l'amélioration de la
qualité des informations financières publiées par Equity-BCDC, particulièrement après la
fusion entre Equity Bank Congo et Banque Commerciale du Congo (BCC). Malgré les mesures
de contrôle interne et les réglementations en place, des scandales financiers retentissants ont
démontré des failles potentielles dans la pratique de l'audit. Cette étude vise à explorer la
capacité des audits externes à garantir la transparence et la fiabilité des états financiers dans un
contexte marqué par une transformation organisationnelle et une expansion rapide.

Puisque la question de recherche permet d’agiter le problème sous tous les angles ou aspects
pour l’expliciter et mieux l’appréhender (Sem & Cornet, 2018a), cette question constitue un
facteur essentiel qui nous permettra de faire démarrer l’objet de notre étude. II est donc insensé
de mener une recherche scientifique sans qu'on ait posé la problématique ; sur ceux avons
dégagé une seule question de recherche majeure ci-après :

Quel est l’impact de l’efficacité de l’audit externe sur la qualité de l’information


financière d’Equity-Banque Commerciale du Congo ?
21

5. HYPOTHÈSES DE RECHERCHE

L'hypothèse retenue dans cette étude est la suivante : L’efficacité de l’audit externe a un impact
positif sur la qualité de l’information financière d’Equity-Banque Commerciale du Congo, et
cet impact est amplifié par le choix des auditeurs, la spécialisation sectorielle des cabinets
d’audit, la durée de relation d’audit adéquate et les ressources allouées par le cabinet d’audit.

Plus précisément, les auditeurs spécialisés, les cabinets d’audit ayant une expertise dans le
secteur bancaire, ainsi qu’une durée de relation d’audit optimale, contribuent à une meilleure
détection des risques, à une réduction des erreurs comptables et à une amélioration de la
conformité réglementaire.

De manière spécifique, nous avons expliqué l'hypothèse centrale de la manière suivante :


1. Choix des auditeurs : Les auditeurs ayant une expertise spécifique dans les normes
comptables et financières propres au secteur bancaire sont plus efficaces dans
l'identification des irrégularités et des risques associés aux opérations bancaires. Cette
spécialisation améliore la capacité des auditeurs à proposer des recommandations plus
pertinentes pour la banque, ce qui conduit à une amélioration de la qualité des états
financiers.
2. Spécialisation sectorielle des cabinets d’audit : Les cabinets d’audit spécialisés dans le
secteur bancaire disposent de meilleures compétences pour traiter des problématiques
spécifiques liées à ce secteur, comme la gestion des actifs et passifs bancaires, les
risques de crédit, la réglementation bancaire, et la gestion des liquidités. Leur expertise
sectorielle permet de mieux adapter les processus d’audit aux particularités de la
banque, augmentant ainsi la qualité et la fiabilité de l’information financière.
3. Durée de la relation d’audit : Une durée de relation d’audit raisonnablement longue
permet aux auditeurs de mieux comprendre les opérations spécifiques et les risques de la
banque, ce qui peut améliorer la qualité de leurs évaluations. Cependant, une relation
d’audit trop prolongée pourrait nuire à l’indépendance de l’audit, ce qui pourrait réduire
l’efficacité. L'hypothèse repose donc sur l'idée que la durée optimale de la relation
permet un audit approfondi, sans pour autant compromettre l'objectivité.
4. Ressources allouées par le cabinet d’audit : Les ressources allouées par le cabinet
d’audit ont un impact positif significatif sur la qualité de l’information financière
d’Equity-Banque Commerciale du Congo. Plus précisément, des ressources plus
importantes (en termes de temps, d'honoraires et de personnel dédié à l’audit)
22

permettent d'effectuer un audit plus approfondi, ce qui améliore la précision, la


transparence et la fiabilité des états financiers publiés par la banque. Cette hypothèse
repose sur l'idée que l'investissement dans l'audit, sous la forme de ressources allouées,
est un facteur clé pour garantir la qualité des travaux d’audit et, par conséquent, la
qualité de l'information financière fournie aux parties prenantes.

Donc l’impact positif de l’audit externe sur la qualité de l’information financière d’Equity
BCDC est renforcé lorsque les auditeurs ont fait le choix de se spécialiser, que le cabinet
d’audit possède une expertise sectorielle bancaire, et que la durée de la relation d’audit est
suffisamment longue pour permettre une compréhension approfondie de la banque sans
compromettre l’indépendance de l’audit. Cette hypothèse pourrait être testée en analysant les
états financiers et les résultats d’audit de la banque, en fonction de la spécialisation des
auditeurs et des cabinets, et en évaluant l’impact de la durée de la relation d’audit sur la qualité
de l’information financière, en mesurant des indicateurs tels que la précision des accruals, la
conformité réglementaire et la détection des fraudes.
23

6. MODÈLE THÉORIQUE EXPLICATIF

Variable modératrice
Choix de l’auditeur

Variable dépendante
Variable indépendante
Qualité de l’information
Efficacité de l’audit externe
financière

Variables modératrices
Spécialisation sectorielle
des cabinets d’audit
Durée de la relation d’audit

Source : Élaboré à partir de l’hypothèse

7. OPÉRATIONNALISATION DES VARIABLES

La conceptualisation s’accompagne de l’opérationnalisation qui consiste à rendre observable,


mesurables l’hypothèse à travers les variables et les indicateurs (Sem & Cornet, 2018a).
L'opérationnalisation des variables est une étape cruciale dans toute recherche empirique, y
compris dans cette étude, pour plusieurs raisons essentielles (classification des concepts,
mesurabilité, validité et fiabilité, comparabilité, etc.). En résumé, l'opérationnalisation des
variables est fondamentale pour transformer des concepts théoriques en mesures concrètes et
analysables, assurant ainsi la rigueur, la validité et la fiabilité de l'étude.
24

Tableau 5 : Opérationnalisation des variables

Nature de la variable Indicateurs


Variable dépendante
 Taux de conformité aux normes comptables
 Délai de publication des états financiers
Qualité de l'information financière  Ratio d’erreurs dans les états financiers
 Montant des accruals
 Montant des résultats comptables
Variable indépendante  Taux de détection des fraudes ou des anomalies
financières
Efficacité de l’audit externe
 Respect 1 non-respect 0 des normes d’audit
 Qualité et clarté 1, non qualité et clarté 0 de rapport
d’audit
 Réactivité 1, non réactivité 0 de la direction aux
recommandations
 Respect de délai 1, non-respect de délai 0
Variables modératrices
Choix de l'auditeur  Variable dichotomique prenant la valeur 1 si
l'auditeur appartient à un réseau BIG4 ou se
spécialise, et 0 sinon

 Variable dichotomique prenant la valeur 1 si


Spécialisation des auditeurs
l'auditeur détient une part de marché d'au moins 10
% dans le secteur, et 0 sinon

Durée de la relation d'audit  Nombre d'années consécutives pendant lesquelles


l'auditeur a audité l'entreprise
Variables de contrôle
Taille de l'entreprise  Total des actifs de l'entreprise
 Ratio des dettes totales par rapport aux actifs totaux
Endettement

Source : Élaboré sur base de nos hypothèses

Dans cette étude, nous avons retenu deux variables de contrôle notamment la taille de
l’entreprise et l’endettement.

Le choix de ces variables de contrôle est justifié de la manière suivante : Les grandes banques
ont souvent des opérations plus complexes, plus de produits financiers et des divisions
géographiques variées. Cela augmente la complexité des états financiers et peut rendre la
détection des erreurs ou des fraudes plus difficiles. Une entreprise de grande taille peut donc
nécessiter un audit plus rigoureux et spécialisé pour garantir la qualité de l'information
financière. Les grandes entreprises disposent souvent de mécanismes de gouvernance plus
25

sophistiqués, ce qui peut faciliter l'efficacité de l'audit externe. Par conséquent, la taille de
l'entreprise peut influencer à la fois la qualité des contrôles internes et la capacité de l’audit
externe à améliorer l'information financière.

Les grandes banques ont souvent les moyens de solliciter des cabinets d’audit plus prestigieux
et spécialisés dans le secteur, ce qui pourrait améliorer l’efficacité de l’audit externe. Il est donc
pertinent de contrôler la variable de taille pour isoler son effet.

Dans le cas d'Equity-Banque Commerciale du Congo, la taille de la banque peut influer sur la
complexité de ses opérations financières et sur sa capacité à mobiliser des ressources pour les
audits. En contrôlant cette variable, on peut mieux mesurer l'impact de l'efficacité de l'audit
externe sur la qualité de l'information financière indépendamment de la taille de la banque.

En plus, un niveau élevé d'endettement signifie que la banque est plus exposée aux risques
financiers, notamment le risque de solvabilité, le risque de liquidité et la capacité à rembourser
ses dettes. Une banque fortement endettée doit gérer ces risques avec prudence, et l’audit
externe joue un rôle clé pour s’assurer que les états financiers reflètent fidèlement ces risques.
Une banque avec un niveau d'endettement élevé peut avoir une motivation accrue pour assurer
une transparence maximale dans ses états financiers, car les créanciers et les investisseurs
exigent une information fiable pour évaluer la capacité de l'entreprise à rembourser ses dettes.
Les banques avec un niveau élevé d'endettement peuvent avoir tendance à manipuler les
accruals (comptes à recevoir et à payer) pour présenter une image financière plus favorable.
L’efficacité de l’audit externe devient donc essentielle pour garantir que ces ajustements ne
déforment pas la qualité de l’information financière.

Dans le cas d’Equity-Banque Commerciale du Congo, le niveau d’endettement peut


directement affecter la qualité des états financiers. En contrôlant cette variable, il est possible
d’évaluer l’effet réel de l’efficacité de l’audit externe sans que l'endettement ne biaise les
résultats. Cela permet de mieux comprendre si la qualité de l’information financière est
influencée par l’endettement ou par la qualité de l’audit externe.

8. OBJECTIFS DE LA RECHERCHE

L’objectif principal de cette étude est d’évaluer l’impact de l’efficacité de l’audit externe sur la
qualité de l’information financière d’Equity-Banque Commerciale du Congo. L’étude cherche à
déterminer dans quelle mesure un audit externe rigoureux contribue à améliorer la fiabilité, la
transparence et la précision des états financiers de la banque, tout en prenant en compte divers
26

facteurs modérateurs tels que la spécialisation des auditeurs, la durée de la relation d’audit, et le
choix du cabinet d’audit.

De manière spécifique, nous voulons :

 Analyser la relation entre l’efficacité de l’audit externe et la qualité des accruals


(QAAC) d’Equity-Banque Commerciale du Congo
 Examiner l’influence des ressources allouées, le taux de détection des fraudes et des
anomalies financières sur la qualité de l’information financière
 Examiner l’influence de la durée de la relation d’audit sur l’efficacité de l’audit externe
 Identifier si une relation prolongée entre l’auditeur et la banque améliore la qualité de
l’information financière ou, au contraire, compromet l’indépendance de l’audit.
 Évaluer comment des facteurs tels que la taille de l’entreprise (SIZE) et l’endettement
(LEVR) peuvent affecter la complexité des états financiers et, par conséquent,
l’efficacité de l’audit externe.

En répondant à ces objectifs spécifiques, cette étude vise à mieux comprendre comment les
audits externes peuvent renforcer la qualité des états financiers dans un contexte bancaire et à
identifier les facteurs qui améliorent ou entravent cette efficacité.

9. MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE

La méthodologie de cette étude repose sur un ensemble structuré de variables, de méthodes de


collecte de données et d'outils d'analyse pour explorer l'impact de l'efficacité de l'audit externe
sur la qualité de l'information financière d'Equity-Banque Commerciale du Congo. La variable
dépendante est la qualité de l'information financière, mesurée principalement par la qualité des
accruals (QAAC) et la pertinence des résultats comptables (PERT). Ces indicateurs évaluent
dans quelle mesure les accruals sont gérés de manière transparente et si les résultats comptables
reflètent correctement la réalité économique de l'entreprise. La variable indépendante,
l'efficacité de l'audit externe, est mesurée par des indicateurs tels que le taux de détection des
fraudes ou anomalies, le taux de conformité réglementaire et les écarts post-audit, qui évaluent
la capacité des auditeurs à identifier et corriger les irrégularités dans les états financiers.

Les variables modératrices incluent des facteurs qui influencent la relation entre l'efficacité de
l'audit externe et la qualité de l'information financière. Ces variables comprennent le choix de
27

l'auditeur (CHAUD), la spécialisation des auditeurs (SPEC), et la durée de la relation d'audit


(DURAUD). La spécialisation et l'expertise sectorielle des auditeurs, ainsi que leur
appartenance à un réseau prestigieux comme le BIG4, sont quantifiées à l'aide de variables
dichotomiques pour évaluer si ces éléments affectent la performance de l'audit. De même, la
durée pendant laquelle un auditeur travaille de manière continue avec l'entreprise est prise en
compte, car une relation prolongée peut à la fois renforcer la compréhension des opérations et
soulever des questions sur l'indépendance.

Les variables de contrôle, telles que la taille de l'entreprise (SIZE) et l'endettement (LEVR),
sont intégrées dans l'étude pour isoler l'effet de l'audit externe sur la qualité de l'information
financière. La taille de l'entreprise est mesurée par le logarithme népérien du total des actifs,
tandis que l'endettement est mesuré par le ratio des dettes totales aux actifs totaux. Ces variables
peuvent influencer la complexité des états financiers et les risques auxquels l'entreprise est
confrontée, et elles permettent de mieux cerner les facteurs externes qui pourraient biaiser
l'analyse.

Pour la collecte des données, nous utilisons deux méthodes principales : une enquête via des
questionnaires pour recueillir des données primaires auprès des parties prenantes de la banque,
et une technique documentaire pour collecter des données secondaires à partir des rapports
annuels et états financiers publiés. Les données collectées seront traitées à l’aide de logiciels
statistiques tels que SPSS et SmartPLS, permettant d'effectuer des analyses de corrélation, des
tests de variance et des tests d'hypothèses pour confirmer ou infirmer les relations entre les
variables. La modélisation économique, basée sur les modèles de Dechow et Dichev (2002),
sera utilisée pour mesurer la qualité des accruals, tandis que des modèles de régression
permettront d'analyser la pertinence des résultats comptables et de tester les hypothèses
formulées dans l'étude.

10. CHOIX ET INTÉRÊT DU SUJET

Le choix de ce sujet est motivé par l'importance cruciale de la transparence et de la fiabilité des
informations financières dans le secteur bancaire, un secteur qui repose fortement sur la
confiance du public et des investisseurs. Le cas spécifique d'Equity-Banque Commerciale du
Congo est pertinent car il représente une institution financière majeure dans un pays en
développement, où les enjeux de conformité et de transparence sont particulièrement sensibles.
De plus, l’environnement bancaire congolais est caractérisé par des défis uniques, tels que
l’instabilité économique et politique, qui rendent la qualité de l’audit externe d’autant plus
28

cruciale pour la survie et la performance de l’institution. Ce contexte fournit ainsi un terrain


d’étude riche et pertinent pour analyser l'impact de l'audit externe.

L'intérêt de cette étude réside dans sa capacité à offrir des éclairages pratiques et théoriques sur
un enjeu fondamental : l'amélioration de la qualité de l'information financière à travers des
audits externes efficaces. Les résultats de cette recherche pourront être utilisés par les
régulateurs financiers pour renforcer les politiques d'audit dans le secteur bancaire. Par ailleurs,
l'étude pourrait être utilisée par les banques pour optimiser leurs processus internes et s'assurer
que leurs états financiers sont conformes aux meilleures pratiques internationales. En fin de
compte, cette étude vise à améliorer la gouvernance financière au sein des institutions bancaires
en RDC, ce qui est crucial pour le développement économique du pays et pour attirer des
investissements internationaux.

Trois types de motivation justifient cette étude :

1. Motivation scientifique

Cette étude contribue de manière significative au développement de la littérature existante sur


l'audit externe et la qualité de l'information financière, notamment dans le contexte bancaire. Le
secteur bancaire, en raison de sa complexité et de son importance systémique, nécessite des
états financiers d'une qualité irréprochable. En explorant l'impact de l'efficacité de l'audit
externe sur la qualité des rapports financiers d'une banque commerciale, cette étude enrichit les
travaux sur la gouvernance d'entreprise et les théories de l'audit, comme la théorie de l'agence et
la théorie de la signalisation. De plus, cette recherche aborde un sujet spécifique à la
République Démocratique du Congo (RDC), un marché souvent sous-étudié dans la littérature
académique internationale. Elle permet ainsi de mieux comprendre les dynamiques propres aux
pays en développement et contribue à la recherche empirique dans ce contexte.

2. Motivation individuelle

Sur le plan individuel, cette étude permet aux étudiants et chercheurs de renforcer leurs
compétences dans l’analyse des systèmes d’audit externe et leur impact sur la qualité des
informations financières. Elle donne également l'occasion de développer une expertise dans la
compréhension des interactions entre les auditeurs, les entreprises, et les régulateurs dans un
environnement complexe et fortement réglementé comme celui du secteur bancaire. Ce sujet
offre une opportunité unique de se familiariser avec les normes comptables internationales, les
techniques d'audit modernes, et les enjeux de conformité réglementaire, tous des aspects
essentiels pour une carrière dans la finance, la comptabilité, ou l’audit.
29

3. Motivation managériale

Sur le plan managérial, cette étude a une importance stratégique pour les décideurs bancaires et
les gestionnaires financiers. La qualité de l'information financière est essentielle pour une bonne
gestion des risques, pour attirer des investissements et pour maintenir la confiance des parties
prenantes, y compris les actionnaires, les créanciers et les régulateurs. En démontrant comment
l’efficacité de l’audit externe peut améliorer la qualité des rapports financiers, cette étude offre
des recommandations concrètes aux gestionnaires de banques, en particulier dans le cadre
d'Equity-Banque Commerciale du Congo. Elle montre l'importance d'investir dans des audits
rigoureux, de renforcer la gouvernance d'entreprise, et d'améliorer les mécanismes de contrôle
interne pour assurer une transparence financière accrue.

11. DÉLIMITATION DE L'ÉTUDE

Cette étude est délimitée dans l’espace à l’Equity-BCDC, l'une des principales institutions
financières opérant en RDC. Le choix de cette banque est motivé par son rôle central dans le
système financier congolais et sa position post-fusion, suite à l’acquisition par Equity Group.
En tant qu’institution majeure, Equity-BCDC offre un terrain d’analyse pertinent pour évaluer
l'impact de l'efficacité de l'audit externe sur la qualité de l'information financière, dans un
contexte économique et politique marqué par des défis uniques. L’étude se concentre
uniquement sur cette institution pour garantir la profondeur de l’analyse tout en tenant compte
des spécificités du secteur bancaire en RDC.

Sur le plan temporel, l’étude couvre une période de 2018 à 2024, ce qui permet d’analyser à la
fois l’avant et l’après-fusion entre Equity Group et BCDC, et d’observer les effets à moyen
terme de cette consolidation sur la gestion des audits externes et la qualité de l’information
financière. Ce choix de période est stratégique, car il inclut des moments clés pour la banque,
tels que les ajustements liés à la fusion, l'évolution des pratiques de gouvernance, et les
réponses aux régulations locales et internationales. Cette période suffisamment longue permet
également d’identifier des tendances, d’évaluer les effets continus de l’audit externe et de
collecter des données suffisamment robustes pour en tirer des conclusions significatives.
30

12. STRUCTURE DU MÉMOIRE

Ce mémoire est structuré autour de deux grandes parties, en plus de l'introduction générale et de
la conclusion générale. La première partie est consacrée au cadre théorique et méthodologique
de la recherche. Elle comporte deux chapitres : le chapitre 1, qui présente le cadre conceptuel et
théorique, et le chapitre 2, qui se concentre sur le cadre méthodologique de l'étude. Ces sections
visent à établir les fondements théoriques et les méthodes utilisées pour mener l'analyse de
l'impact de l'audit externe sur la qualité de l'information financière d'Equity-Banque
Commerciale du Congo.

La seconde partie est dédiée au cadre empirique de l'étude et inclut également deux chapitres.
Le chapitre 3 présente le champ empirique de la recherche, à savoir Equity-Banque
Commerciale du Congo (EQUITY-BCDC). Il expose le contexte institutionnel de la banque,
son environnement économique, ainsi que ses pratiques en matière de gouvernance et d’audit.
Ce chapitre vise à fournir une vue d’ensemble du sujet étudié, permettant de mieux comprendre
l’application des concepts théoriques dans la pratique.

Le chapitre 4 se focalise sur l'analyse des résultats de l'étude et leur discussion. Cette section
présente les données collectées, les résultats obtenus, ainsi que les interprétations qui en
découlent. Les relations entre les variables étudiées sont analysées pour valider ou réfuter les
hypothèses de recherche, tout en comparant les résultats aux théories et travaux existants.

Le point suivant présentera le premier chapitre qui porte sur le cadre conceptuel et théorique de
l'étude. Celui-ci exposera les concepts clés, les théories sous-jacentes et une revue de la
littérature pertinente sur l'audit externe et la qualité de l'information financière.
31

Figure 1 : Présentation synoptique du mémoire

INTRODUCTION GÉNÉRALE

ET MÉTHODOLOGIQUE DE LA
FONDEMENT THÉORIQUE
CHAPITRE 1. CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE

RECHERCHE
CHAPITRE 2. CADRE MÉTHODOLOGIQUE

CHAPITRE 3. PRÉSENTATION D’EQUITY-BCDC

CADRE EMPIRIQUE DE LA
RECHERCHE
CHAPITRE 4. RÉSULTATS DE LA RECHERCHE

CHAPITRE 5. DISCUSSION DES RÉSULTATS

CONCLUSION GÉNÉRALE
32

PREMIÈRE PARTIE : FONDEMENT THÉORIQUE ET


MÉTHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE
33

CHAPITRE 1 : CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE

1.1. Introduction

L’efficacité de l’audit externe occupe une place centrale dans la gouvernance financière des
entreprises, en particulier dans le secteur bancaire, où la transparence et la fiabilité des états
financiers sont cruciales pour assurer la confiance des parties prenantes. Dans ce contexte, la
qualité de l’information financière devient un enjeu fondamental pour les banques, dont les
opérations sont complexes et fortement encadrées par des régulations strictes. L’audit externe
intervient comme un mécanisme clé permettant de garantir que les états financiers reflètent
fidèlement la santé économique de l'institution et qu’ils respectent les normes en vigueur.

Ce chapitre a pour objectif de poser les bases conceptuelles et théoriques nécessaires à l’analyse
de l’impact de l’efficacité de l’audit externe sur la qualité de l’information financière au sein
d’Equity-Banque Commerciale du Congo. Il commencera par une définition des concepts
principaux, notamment l’audit externe et la qualité de l’information financière, avant de
s'intéresser aux théories sous-jacentes qui soutiennent cette étude, telles que la théorie de
l’agence et la théorie de la signalisation. Par ailleurs, une revue de la littérature sera menée afin
d’explorer les différentes perspectives sur le rôle de l’audit externe dans l’amélioration de la
transparence et de la pertinence des résultats financiers, en particulier dans le secteur bancaire.

En outre, ce chapitre établira le cadre conceptuel spécifique à cette recherche, en présentant les
principales variables d’étude : la qualité des accruals, la pertinence des résultats comptables, et
l’efficacité de l’audit externe. Ce cadre servira de fondation pour les analyses empiriques qui
seront menées dans la suite du mémoire. Il s’agira également d’explorer les modèles et
indicateurs d’évaluation utilisés pour mesurer l’efficacité de l’audit externe et la qualité de
l’information financière, permettant ainsi de formuler les hypothèses de recherche de manière
rigoureuse.
34

1.2. Cadre conceptuel

Ce chapitre a pour objectif de poser les bases conceptuelles et théoriques nécessaires à la


compréhension de l’étude portant sur l’efficacité de l'audit externe et leur impact sur la qualité
de l'information financière au sein d'Equity-Banque Commerciale du Congo. Dans un contexte
économique marqué par la nécessité d'une transparence accrue et d'une gestion rigoureuse des
ressources financières, l'audit externe joue un rôle crucial en assurant la fiabilité des états
financiers et en renforçant la confiance des parties prenantes.

Ce cadre conceptuel et théorique s'attache à définir les notions clés, telles que l'audit externe,
l’efficacité de l'audit, la qualité de l'information financière, ainsi que les théories sous-jacentes
comme la théorie de l'agence et la théorie des parties prenantes, qui fournissent une perspective
analytique sur les relations entre les acteurs impliqués.

Ainsi, cette démarche vise à établir un fondement solide pour l’analyse empirique qui suivra, en
mettant en lumière les interactions complexes entre les pratiques d'audit, la gouvernance
d'entreprise, et les exigences normatives qui encadrent la production d'une information
financière de qualité.

1.2.1. L'Audit :
L’audit est un mécanisme de gouvernance important qui constitue, selon la théorie de l’Agence,
un outil au service des actionnaires pour discipliner les dirigeants et faire face à l’asymétrie de
l’information. Ainsi, afin de résoudre ces conflits d’intérêts entre actionnaires et dirigeants,
Jensen & Meckling (1976) affirment que mandater un auditeur indépendant pour la certification
des états financiers est essentiel pour assurer une convergence des intérêts des parties prenantes.
Toutefois, ce mécanisme ne peut être considéré en tant que tel que s’il est réalisé dans les règles
de l’art et avec un niveau de qualité requis. Lorsqu’il est de bonne qualité, il contribue dans
l’ensemble, à garantir que l’information divulguée aux parties prenantes est pertinente,
complète et aussi fiable que possible (Ouattara, 2016).

Mais la nature de la prestation de l’audit fait que la qualité de sa réalisation est très complexe à
évaluer pour plusieurs raisons : c’est une prestation multidimensionnelle, qui n’est pas
directement observable et implique des composantes aussi bien humaines que techniques. Cette
complexité est également liée à la difficulté de révéler la non-qualité de la prestation sauf dans
des cas exceptionnels de scandales ou de crises financières. En effet, la complexité technique de
l’évaluation de la qualité d’audit via son processus a toujours représenté un handicap majeur
35

pour les chercheurs qui considèrent le processus d’audit comme une boîte noire complexe et
inobservable, Manita (2008).

1.2.2. Audit externe

1.2.3.1. Définition et rôle de l’audit externe

L’audit externe est un examen indépendant des états financiers d’une entité réalisé par un
auditeur externe ou un commissaire aux comptes. Son objectif principal est de donner une
opinion objective sur la régularité et la sincérité des comptes. En vérifiant la conformité des
opérations de l’entité aux normes comptables en vigueur, l’auditeur externe apporte une
assurance supplémentaire aux diverses parties prenantes (Aurys, 2023).

a. Importance de l’audit externe

L’audit externe joue un rôle déterminant dans la transparence financière. Il aide à créer un
environnement de confiance entre les différentes parties prenantes en attestant de la fiabilité des
informations financières présentées par l’entité auditée. Par ailleurs, l’audit externe est souvent
un prérequis légal pour les grandes entreprises et certaines PME.

b. Les acteurs de l’audit externe


Les principaux acteurs de l’audit externe sont les commissaires aux comptes et les auditeurs
externes. Ils sont indépendants de l’entité qu’ils auditent, ce qui garantit une objectivité totale
dans leur travail.

1.2.3.2. Les différents types d’audits

1. L’audit financier
L’audit financier est le type d’audit le plus courant. Il se concentre sur l’analyse des états
financiers d’une entité et vérifie leur conformité aux normes comptables en vigueur.

2. L’audit de conformité
L’audit de conformité vérifie le respect des lois et des réglementations par l’entité auditée. Il
peut s’agir de lois fiscales, de droit du travail ou de normes environnementales, entre autres.

3. L’audit opérationnel
L’audit opérationnel examine les processus et les systèmes de l’entité afin d’évaluer leur
efficacité et leur efficience. Il peut conduire à des recommandations d’amélioration.
36

1.2.3.3. Le rôle du contrôle interne et de l’audit interne


Le contrôle interne est un ensemble de procédures mises en place par une entreprise pour
assurer l’efficacité de ses opérations, la fiabilité de sa comptabilité et sa conformité aux lois et
règlements. Il est essentiel pour prévenir et détecter les erreurs et les fraudes.

1. L’audit interne
L’audit interne est une fonction qui évalue le système de contrôle interne d’une entité.
Contrairement à l’audit externe, l’audit interne est réalisé par des auditeurs internes, qui font
partie de l’entreprise. Ils peuvent travailler en étroite collaboration avec les auditeurs externes
pour assurer une couverture complète et efficace des risques.

2. Internes et externes : une relation complémentaire


Les auditeurs internes et externes jouent des rôles complémentaires. Alors que les auditeurs
internes se concentrent sur l’évaluation et l’amélioration des processus internes de l’entreprise,
les auditeurs externes apportent un regard indépendant et objectif sur les états financiers.

3. Efficacité d'audit externe


L'efficacité de l'audit externe se réfère à la capacité des auditeurs indépendants à mener des
examens rigoureux des états financiers d'une organisation et à fournir une assurance fiable
quant à leur exactitude et conformité aux normes comptables en vigueur. Un audit externe est
considéré efficace lorsqu'il réussit à atteindre deux objectifs clés :

 Détection des anomalies : L'efficacité de l'audit repose d'abord sur la capacité des
auditeurs à identifier et signaler les erreurs, irrégularités, ou fraudes présentes dans les
états financiers. Cela comprend la vérification de la conformité aux principes
comptables, la gestion des accruals, et l'identification de tout autre élément qui pourrait
fausser la représentation des résultats financiers d'une organisation.
 Indépendance et objectivité : Un audit externe est efficace lorsque l'auditeur agit en
toute indépendance, sans influence indue des dirigeants de l'entreprise audité. Cela
garantit que les conclusions de l'audit sont impartiales et visent à protéger les intérêts
des actionnaires, des investisseurs et des autres parties prenantes.

De manière générale, l'efficacité de l'audit externe permet d'améliorer la qualité de l'information


financière en renforçant la fiabilité, la transparence et la pertinence des états financiers. Des
auteurs comme DeAngelo (1981) ont souligné que cette efficacité dépend à la fois des
compétences techniques de l’auditeur et de son indépendance dans l’exercice de ses fonctions.
37

L’un des auteurs clés sur le concept de l'efficacité de l'audit externe est DeAngelo (1981). Dans
son article intitulé "Auditor Size and Audit Quality", DeAngelo définit l'efficacité de l'audit
externe comme étant directement liée à la capacité des auditeurs à détecter et à signaler les
anomalies dans les états financiers d'une entreprise. DeAngelo soutient que l'efficacité de l'audit
dépend de deux facteurs principaux : la compétence technique de l'auditeur à identifier les
erreurs ou les fraudes et son indépendance dans la communication des résultats, sans influence
de la part des dirigeants de l'entreprise audité.

De plus, Watts et Zimmerman (1983), dans leur ouvrage sur la théorie de l'agence, soulignent
que l'efficacité de l'audit externe est essentielle pour réduire les asymétries d'information entre
les actionnaires (ou les investisseurs) et les dirigeants, car elle assure la crédibilité des rapports
financiers et la transparence dans la gestion des entreprises.

1.2.3. Qualité de l'information financière

La qualité de l'information financière est définie comme la capacité des états financiers à
fournir des informations utiles, fiables et pertinentes aux utilisateurs pour la prise de décisions
économiques. Cette notion a été développée par plusieurs auteurs et institutions dans la
littérature comptable.

Selon Schipper et Vincent (2003), la qualité de l'information financière se mesure par la


capacité des états financiers à refléter fidèlement la performance économique de l'entreprise, à
être compréhensibles et comparables, et à permettre une prise de décision éclairée par les
parties prenantes. Les auteurs soulignent également que des informations financières de haute
qualité minimisent les asymétries d'information entre les gestionnaires et les investisseurs.

La norme IFRS et les travaux de FASB (1980) sur le cadre conceptuel de la comptabilité
financière définissent plusieurs caractéristiques qualitatives de l’information financière :

 Pertinence : L'information doit avoir un impact sur les décisions des utilisateurs.
 Fiabilité (fidèle représentation) : L’information doit être exempte de biais et d'erreurs
importantes.
 Comparabilité : Les informations financières doivent pouvoir être comparées sur
plusieurs périodes et entre différentes entités.
 Compréhensibilité : L’information doit être facilement compréhensible par les
utilisateurs compétents.
38

Dechow et Dichev (2002), quant à eux, se concentrent sur la qualité des accruals (ajustements
comptables) comme une mesure essentielle de la qualité de l'information financière. Selon eux,
une bonne qualité de l’information financière se reflète dans l’exactitude avec laquelle les
accruals prédisent les flux de trésorerie futurs, ce qui est crucial pour une évaluation correcte
des performances économiques.

En somme, la qualité de l’information financière dépend de sa capacité à fournir des données


utiles, transparentes et fidèles aux réalités économiques, permettant ainsi aux investisseurs,
créanciers et autres parties prenantes de prendre des décisions rationnelles et éclairées.

1.2.4. Qualité de l’audit

La qualité de l'audit fait référence à la capacité d'un audit à fournir une assurance raisonnable
que les états financiers sont exempts d'erreurs significatives et qu'ils reflètent fidèlement la
situation financière de l'entité auditée. Elle dépend de plusieurs facteurs, notamment les
compétences et l'indépendance de l'auditeur, ainsi que l'application rigoureuse des normes
d'audit.

Selon DeAngelo (1981), la qualité de l'audit est définie comme étant la probabilité combinée
que l'auditeur découvre une anomalie dans les états financiers (compétence) et qu'il la signale
(indépendance). Ainsi, la qualité de l'audit dépend à la fois de la capacité technique de l'auditeur
à détecter des erreurs et de son objectivité à les signaler.

De plus, Francis (2004) dans son étude "What Do We Know About Audit Quality?" souligne
que la qualité de l'audit est influencée par des éléments tels que la taille du cabinet d’audit (par
exemple, les Big Four), l’expérience des auditeurs, et l'application des normes professionnelles.
Francis ajoute que des audits de haute qualité contribuent à améliorer la transparence et la
crédibilité des informations financières, renforçant ainsi la confiance des investisseurs.

Ces études montrent que la qualité de l'audit repose sur la compétence, l'indépendance, et la
rigueur des pratiques appliquées par les auditeurs.

1.2.5. Risques d'audit

La notion de risque est inhérente à la vie des organisations. En conséquence, ces dernières ont
cherché à maîtriser la part d'incertitude et à la pallier par des contrôles, notamment afin de
protéger le patrimoine de l'entreprise et d'atteindre les objectifs que sont l'économie, l'efficacité,
l'efficience et la sécurité (Becour & Bouquin, 1999).
39

Le risque d'audit est un concept central en matière d'audit financier. Il représente la probabilité
qu'un auditeur émette une opinion inappropriée sur des états financiers qui contiennent des
erreurs significatives. En d'autres termes, c'est le risque que l'auditeur ne détecte pas une
anomalie importante dans les états financiers et émette ainsi une opinion sans réserve alors
qu'elle ne devrait pas l'être.

1.2.6. Contrôle interne

Il existe plusieurs définitions pour le contrôle interne. Cette pluralité de la notion de contrôle
interne s’explique notamment par la divergence des préoccupations et des attentes des différents
intervenants. En effet, le profil, le métier, le secteur d’activité et même les crises rencontrées
peuvent influencer la perception de chaque partie prenante du contrôle. Il est certain que la
vision et l’approche du commissaire aux comptes diffèrent de celles du dirigeant, de l’auditeur
interne ou externe, de celles du consultant en stratégie.

Par ailleurs, les objectifs du contrôle interne sont multiples, tels que la protection et la
sauvegarde des actifs de l’entreprise, la performance des opérations, la fiabilité des
informations, le respect des règles de gestion, l’amélioration des performances, le
développement de la rigueur, la conformité aux différentes réglementations, etc. « Le contrôle
interne est l’ensemble des sécurités contribuant à la maîtrise de l’entreprise. Il a pour but
d’assurer la protection, la sauvegarde du patrimoine et la qualité de l’information, de l’autre,
l’application des instructions de la direction et de favoriser l’amélioration des performances. Il
se manifeste par l’organisation, les méthodes et les procédures de chacune des activités de
l’entreprise, pour maintenir la pérennité de celle-ci.

D’après Khalil et al. (2022) le contrôle interne comprend l’ensemble des systèmes de contrôle,
financiers et autres, mis en place par la direction afin de pouvoir diriger les affaires de
l’entreprise de façon ordonnée et efficace, assurer le respect des politiques de gestion,
sauvegarder les actifs et garantir autant que possible l’exactitude et l’état complets des
informations enregistrées.

1.2.7. Fraude financière


La fraude financière est un acte délibéré visant à tromper autrui pour obtenir un gain financier
illégitime. Elle peut se manifester sous diverses formes, notamment la falsification d'états
financiers, la manipulation de comptes, la dissimulation d'actifs ou de passifs, et la présentation
de fausses informations aux parties prenantes dans le but d'obtenir un avantage économique
indu (Wells, 2014).
40

1.2.8. Choix de l’auditeur (spécialisation de l'auditeur)

Le choix de l’auditeur fait référence à la décision d’une entreprise de sélectionner un auditeur


ou un cabinet d’audit en fonction de ses compétences et de son expertise. La spécialisation de
l'auditeur désigne le fait que l'auditeur possède une expertise approfondie dans un domaine ou
une industrie spécifique, lui permettant de mieux comprendre les risques, les opérations et les
régulations propres à ce secteur. Un auditeur spécialisé est généralement perçu comme étant
plus apte à fournir un audit de qualité, en particulier dans des secteurs complexes comme la
banque ou l'assurance. Le choix d'un auditeur spécialisé renforce ainsi la qualité de
l'information financière, car il est plus à même d'identifier et de corriger des anomalies ou des
irrégularités dans les états financiers de son secteur de spécialisation.

DeFond et Zhang (2014) ont étudié le choix de l’auditeur et la spécialisation des auditeurs dans
leur article "A review of archival auditing research". Ils suggèrent que le choix d’un auditeur
spécialisé améliore la qualité de l’audit et de l'information financière, en particulier lorsque
l’auditeur possède une expertise spécifique dans l'industrie du client.

1.2.9. Spécialisation sectorielle des cabinets d’audit

La spécialisation sectorielle des cabinets d’audit désigne la capacité d’un cabinet d’audit à se
concentrer sur un ou plusieurs secteurs spécifiques, comme le secteur bancaire, manufacturier,
ou de l'énergie, en développant une expertise pointue dans ces domaines. Un cabinet d’audit
spécialisé dans un secteur particulier est en mesure de mieux appréhender les enjeux
comptables et financiers propres à ce secteur, ce qui améliore la qualité de ses audits. Les
cabinets spécialisés bénéficient d’une expérience accumulée et d’une meilleure connaissance
des régulations sectorielles, des pratiques commerciales et des risques spécifiques. Cela les rend
plus efficaces pour fournir des audits de qualité, adaptés aux besoins et aux particularités des
entreprises opérant dans un secteur donné.

Balsam, Krishnan et Yang (2003), dans leur étude intitulée "Auditor Industry Specialization
and Earnings Quality", examinent comment la spécialisation sectorielle des cabinets d’audit
contribue à une meilleure qualité des résultats financiers. Ils concluent que les auditeurs qui se
spécialisent dans des secteurs particuliers ont une meilleure compréhension des risques et des
normes spécifiques à ce secteur, ce qui améliore la qualité des audits et réduit les erreurs dans
les états financiers.
41

1.2.10. Durée de la relation d’audit

La durée de la relation d’audit fait référence au nombre d’années consécutives pendant


lesquelles un même auditeur ou cabinet d’audit audite les états financiers d’une entreprise. Une
durée de relation plus longue permet à l’auditeur de mieux comprendre les opérations, la
structure, et les risques spécifiques de l’entreprise, ce qui peut améliorer la qualité de l’audit.
Cependant, si la relation d’audit se prolonge trop longtemps, cela peut affecter l’indépendance
de l’auditeur et compromettre l’objectivité de son travail, car des liens de familiarité ou de
dépendance peuvent se développer. Une durée optimale de la relation d’audit permet de tirer
parti de l’expérience de l’auditeur sans compromettre son impartialité.

Johnson, Khurana et Reynolds (2002), dans leur étude "Audit-firm tenure and the quality of
financial reports", analysent l'impact de la durée de la relation d’audit sur la qualité des états
financiers. Ils trouvent que des relations d'audit à long terme peuvent améliorer la
compréhension des opérations de l’entreprise par l’auditeur, mais une durée trop longue peut
compromettre l’indépendance de l’auditeur, affectant ainsi la qualité de l’audit.

1.3. CADRE THÉORIQUE

Pour Sem & Cornet (2018) le cadre théorique consiste à faire état de sa propre connaissance du
champ en question et surtout, de ce qui, pris dans ce champ, éclaire, généralise, approfondit,
explique, enrichit... les principales dimensions du problème que l'on traite. C'est à ce stade que
l'on apprécie généralement la culture du chercheur, l'étendue et l’actualité de ses
connaissances dans sa spécialité, ainsi que sa capacité à les appliquer pour l'explicitation,
l'élaboration et en un mot, la théorisation de son sujet.

L’élaboration du cadre théorique de notre cadre théorique s’est appuyée sur les éléments ci-
après :

1.3.1. Théorie des parties prenantes

La notion de partie prenante est généralement utilisée pour désigner un acteur impliqué dont les
attentes sont à prendre en compte par les décideurs privés et publics. Les parties prenantes sont
celles d'une entreprise, autres que ses actionnaires, qui ont un lien avec son activité, la subissant
42

ou ayant une influence sur elle. La référence aux parties prenantes renvoie à une conception de
l'entreprise fondée sur une gouvernance négociée, où la maximisation de la valeur pour
l'actionnaire n'est pas le critère ultime. Dans ce modèle, les enjeux et les intérêts de ceux qui ne
sont pas les actionnaires et les investisseurs sont primordiaux pour la prospérité de l'entreprise,
au-delà de la propriété du capital (Bonnafous-Boucher & Dahl Rendtorff, 2014).

Mais la définition la plus large, et certainement la plus connue et la plus utilisée également, est
celle de Freeman (1984) selon laquelle « une partie prenante dans l’organisation est [par
définition] tout groupe d’individus ou tout individu qui peut affecter ou être affecté par la
réalisation des objectifs organisationnels ». Pourtant, elle est fort souvent attribuée à tort à
Freeman seul dans la mesure où elle n’est que la reprise de la définition proposée dans un
article coécrit un an auparavant avec Reed dans laquelle une partie prenante est envisagée
comme « tout groupe ou toute personne qui peut affecter la réalisation des objectifs
organisationnels ou qui est affecté par la réalisation des objectifs organisationnels » (R.
Freeman & Reed, 1983; Mullenbach, 2007).

La théorie des parties prenantes, nous l’avons évoqué, vise à se substituer à la vision
actionnariale de la firme et ainsi à élargir l’idée que les sciences de gestion se font du rôle et des
responsabilités des dirigeants (Gond & Mercier, 2003; Mercier, 2001). Cependant, si celle-ci
postule qu’il faut prendre en compte les intérêts des partenaires avec lesquels l’entreprise tisse
des liens, elle ne précise pas les fondements c’est-à-dire pourquoi l’entreprise doit le faire.
Certains auteurs tentent de répondre à la question en proposant différentes utilisations de la
théorie des parties prenantes.

Jones (1995) , tout d’abord, parle d’une théorie purement instrumentale au sein de laquelle
seules les conséquences comptent, tandis que Goodpaster (1991) oppose une dimension
stratégique et une dimension éthique découlant de la définition des parties prenantes de
Freeman (1984). Toutefois, dans un article co-écrit avec Wicks et al. (1999), Jones se ralliera
ensuite à cette idée en opposant une dimension managériale et une dimension éthique :
managériale, d’une part, car la théorie propose des actions pour une gestion efficace des parties
prenantes (les intérêts des parties prenantes doivent être pris en compte, car elles peuvent
affecter la performance organisationnelle) ; éthique, d’autre part, car il faut prendre en compte
les parties prenantes en raison de la légitimité de leurs attentes. Donaldson & Preston (1995), en
revanche, opèrent une distinction tripartite de la Stakeholder Theory qui est devenue centrale au
sein de la communauté académique avec une dimension descriptive, une dimension
instrumentale et une dimension normative.
43

1. La dimension descriptive

La dimension descriptive permet de décrire, voire d’expliquer les caractéristiques, les


comportements ainsi que les relations de l’entreprise conçue comme une constellation d’intérêts
coopératifs et concurrents avec son environnement. Les auteurs notent ainsi que la théorie des
parties prenantes a été utilisée pour décrire : la nature de la firme, c’est-à-dire pour décrire
comment les parties prenantes affectent ou sont affectées par les décisions organisationnelles,

la façon dont fonctionnent les processus de management, c’est-à-dire pour décrire la façon dont
les organisations gèrent leur lien avec les parties prenantes, autrement dit, comment les
dirigeants prennent en compte de manière effective les intérêts de ces derniers, la façon dont les
intérêts des parties prenantes sont pris en compte par les dirigeants, car celles-ci, leurs valeurs,
leur influence sont des informations importantes pour anticiper et prédire le comportement
organisationnel, la façon dont certaines entreprises sont aujourd’hui gérées, c’est-à-dire pour
décrire les pratiques des entreprises en matière de responsabilité sociétale des entreprises
(Mullenbach, 2007).

La dimension descriptive est importante dans la mesure où elle permet d’expliquer le passé, le
présent et le futur des relations de l’entreprise avec ses partenaires. Elle permet également
d’expliquer les conditions d’émergence de nouvelles formes organisationnelles prenant
davantage en compte les intérêts de leurs parties prenantes et enfin, elle permet de prédire le
comportement organisationnel (Donaldson & Preston, 1995; Rowley, 1997).

2. La dimension instrumentale

La dimension instrumentale permet de rechercher la nature des connexions potentielles entre la


gestion des relations avec les parties prenantes et la performance organisationnelle. L’idée est
que la prise en compte des intérêts des partenaires de l’entreprise peut être créatrice de valeur
(profit, stabilité, croissance) et donc de montrer que les firmes qui tiennent compte de leurs
parties prenantes s’octroient un avantage compétitif par rapport à celles qui ne le font pas
(Jones, 1995) et obtiennent des performances aussi bonnes sinon meilleures que les autres.

La dimension instrumentale est présente dans une des définitions les plus courantes des parties
prenantes : celle du Standford Research Institute (1963), rappelé par R. E. Freeman (1984), qui
les envisage comme les personnes ou les groupes de personnes « sans le support desquels
l’organisation cesserait d’exister » et qui implique clairement que les dirigeants doivent
coopérer avec celles-ci pour réaliser leurs objectifs puisqu’il en va de la pérennité de
l’entreprise. Dans cette optique, la gestion des relations avec les Stakeholders permet à cette
44

dernière de réaliser ses objectifs ; elle permet aux dirigeants de satisfaire leurs obligations vis-à-
vis de leurs actionnaires et ainsi, elle constitue le moyen, à la fois pour les dirigeants et pour les
actionnaires, d’atteindre leurs propres objectifs (Clarkson, 1995). La théorie des parties
prenantes est ainsi envisagée comme une aide apportée aux dirigeants pour gérer l’entreprise de
façon stratégique et surtout de façon efficace (R. E. Freeman, 1984) grâce à la prescription
d’attitudes, de structures et de pratiques. Pour cette raison, certains auteurs y voient un
élargissement de la théorie de l’agence (Charreaux, 1991; Mercier, 2001; Quinn & Jones, 1995;
Rowley, 1997) ou, plus simplement, « la poursuite méthodique d’un intérêt bien compris à
terme » (Gélinier, 1990). La théorie des parties prenantes se montre également particulièrement
opportune pour l’étude de liens spécifiques de cause à effet comme le lien entre la gestion des
attentes des parties prenantes et la performance de l’entreprise. Cependant, il n’y a pas de place,
dans cette vision instrumentale, pour une quelconque acceptation par l’entreprise de ses
responsabilités sociales, c’est-à-dire pour une dimension éthique, car la prise en compte des
intérêts des parties prenantes ne provient que d’une volonté d’assurer les objectifs de
performance et la survie de l’entreprise. Dans cette optique, la Stakeholder’s Theory est
envisagée comme une relation « donnant-donnant » : c’est parce que l’entreprise a besoin du
soutien de son environnement qu’elle agit en vue de satisfaire ses demandes (Dill, 1981).

3. La dimension normative

Donaldson & Preston (1995) considèrent que le cœur ainsi que les fondements de la théorie des
parties prenantes sont avant tout normatifs puisque cette dernière permet d’identifier les
principes moraux ou philosophiques qui justifient la prise en compte des intérêts des
Stakeholders. En d’autres termes, elle se veut conçue non plus comme une aide apportée aux
dirigeants pour gérer l’entreprise de façon stratégique, mais comme une aide pour le faire de
façon éthique. En cela, l’approche normative lorsqu’elle prescrit de faire (ou de ne pas faire)
quelque chose parce que c’est la bonne (mauvaise) chose à faire n’est pas hypothétique (comme
l’est l’approche instrumentale) : « si vous voulez arriver au résultat X, Y ou Z, alors adoptez
(ou n’adoptez pas) les principes et les pratiques A, B ou C » (Donaldson & Preston, 1995). Elle
prescrit, au contraire, les attitudes, les structures et les pratiques à adopter vis-à-vis des
partenaires de l’entreprise afin d’équilibrer leurs intérêts conflictuels. Les fondateurs de
l’approche normative ne sont pas (Donaldson & Preston, 1995), mais pour Evan & Freeman
(Child & Marcoux, 1999) qui postulent que l’entreprise doit être dirigée au profit de ses parties
prenantes, lesquelles doivent être reconnues et doivent participer aux décisions qui affectent
leur bien-être, d’une part, et que les dirigeants ont une relation fiduciaire avec les parties
prenantes, d’autre part. Ils appuient leur argumentation sur des concepts philosophiques et
45

moraux fondamentaux avec lesquels ils envisagent des connexions : l’impératif catégorique
kantien, par exemple, selon lequel « chaque personne possède une dignité fondamentale qui
commande un respect absolu ». Selon les auteurs donc, la Stakeholder’s Theory permet de
légitimer les intérêts des partenaires non actionnaires de l’entreprise et de dépasser la vision
actionnariale de la firme en reconnaissant à chacune des parties prenantes le droit d’être traité
comme une fin en soi et non comme un moyen, d’où son droit de « participer à la détermination
des directions futures de la firme dans lesquelles il a un intérêt ». Dans sa dimension normative,
la Stakeholder’s Theory reconnaît, en outre, l’importance de l’aspect économique et, en cela,
elle constitue une tentative de réconciliation des logiques éthiques et économiques, ce qui
explique, d’une part, que celle-ci ait trouvé un écho favorable au sein de la communauté
académique et ce qui offre, d’autre part, un débouché privilégié au concept de responsabilité
sociétale de l’entreprise.

1.3.2. Théorie de l'agence

La théorie de l’agence s’inscrit dans le cadre de la nouvelle microéconomie et plus précisément


dans le champ de l’économie de l’information (Chaudey, 2014). Cette théorie place la détention
de l’information et son partage entre contractants au cœur de son analyse de la firme. À
l’origine de cette approche, on trouve la théorie de Berle et Means et plus récemment celle de
Michael Jensen et William Meckling (1976).

La théorie de l’agence tire son nom de la relation d’agence, thème central de cette analyse
théorique. Une relation d’agence a deux caractéristiques principales : c’est une relation de
délégation entre deux agents (ou groupe d’agents) et elle suppose une asymétrie d’information.
Une relation d’agence naît dès lors qu’une personne en engage une autre pour accomplir une
mission nécessitant une délégation du pouvoir de décision.

La théorie de l’agence analyse les contrats par lesquels une entité (le principal) fait appel à une
autre personne (l’agent) pour exécuter, en son nom, une tâche quelconque impliquant une
délégation de pouvoir de décision à l’agent (relation d’agence) (Eisenhardt, 1989; M. Jensen &
Meckling, 1976) . De plus, la relation d’agence est caractérisée par l’incertitude et l’asymétrie
d’informations entre le principal et l’agent. Cette divergence d’intérêts est généralement
formalisée à travers le modèle principal-agent, considéré comme un cas particulier de la théorie
des contrats dont l’objet est d’appréhender les relations d’échanges entre des parties en tenant
46

compte des contraintes institutionnelles et informationnelles dans lesquelles elles évoluent


(Salanier, 1994). En analysant les échanges bilatéraux, ce modèle présente l’avantage d’intégrer
la complexité des comportements stratégiques des agents au sein de liens institutionnels
définissant les possibilités de leurs actions dans le processus contractuel (Fleckinger &
Martimort, 2018; Holmstrom & Milgrom, 1987). Le changement de perspective observé dans
les structures économiques des pays en développement à la fin de la décennie 1990 offre un
cadre propice à l’étude de tels modèles. En effet, le désengagement de l’État dans les
économies de ces pays et l’émergence des partenariats public-privé offrent de nombreuses
opportunités pour le développement de relations d’agence, surtout dans les pays africains.

Dans la littérature, la théorie de l’agence est souvent assimilée à la théorie des incitations, dans
la mesure où cette dernière se caractérise également par des conflits d’intérêts, une asymétrie
d’information et une divergence d’intérêts entre agents. Pour Laffont & Garcia (1977), «
l’économie des incitations peut être décrite comme l’étude de l’élaboration de règles et
d’institutions qui induisent les agents économiques à exercer des niveaux d’effort élevés et à
transmettre correctement toute information privée qu’ils possèdent et qui est socialement
pertinente ».

1. Qualité de l’audit et approches de mesures

Les premières contributions des chercheurs dans ce cadre c’étaient de proposer une définition
pour le concept de la qualité d’audit. La définition la plus courante et qui a été reprise par de
nombreux chercheurs et travaux de recherches est celle donnée par DeAngelo (1981) qui définit
la qualité de l’audit comme « la probabilité conjointe [...] qu’un auditeur donné découvre une
infraction dans le système comptable du client et rende compte de cette infraction » (DeAngelo,
1981).

Par la suite, plusieurs auteurs ont défini la qualité de l’audit en adoptant des visions différentes
de ce concept. Ainsi, Abughazaleh et al. (2015) a axé la définition de la qualité d’audit sur le
niveau d’assurance c’est-à-dire la probabilité que les états financiers ne contiennent aucune
omission ou inexactitude significative. Les niveaux d'assurance correspondent à des services de
meilleure qualité. Une implication importante de cette définition est que l'échec de l'audit (états
financiers avec des omissions/inexactitudes) devienne moins probable avec un service de
meilleure qualité.

De leur côté, Teoh & Wong (1993) se sont inscrits dans le même esprit et ont signalé que la
qualité d’audit s’apprécie par le niveau d’exactitude de l’information financière fournie aux
investisseurs qui leur permet de faire une estimation plus précise de la valeur de l'entreprise.
47

Néanmoins, DeFond & Zhang (2014)présentent une autre vision de la qualité de l’audit. Les
auteurs considèrent les services fournis par les auditeurs comme un bien économique et
soutiennent que la qualité de l'audit est déterminée à la fois par la demande du client et l'offre
d'auditeur.

Ces définitions, notamment celle de DeAngelo (1981), ont été à l’origine des premières
approches pour appréhender la qualité d’audit à travers la qualité de l’auditeur notamment à
travers les deux dimensions : la compétence et l’indépendance. De nombreux chercheurs (Flint,
1988; Means & Knapp, 1991; Wieczynska, 2016), ont retenu cette double approche pour définir
la qualité de l’audit en distinguant la compétence technique (qualité de détection) de
l’indépendance (qualité de révélation) de l’auditeur (Manita, 2008a).

Devant la difficulté de mesurer la qualité de l’audit et l’absence de méthode pour mesurer


directement la qualité de l’audit, les chercheurs se sont servis des substituts de l’audit pour
appréhender sa qualité comme : les honoraires d’audit, le nombre d’heures d’audit, la
réputation, le risque de litige, la taille de l’auditeur et les accruals anormaux (Abughazaleh et
al., 2015). Cette approche d’évaluation de la qualité de l’audit est dite approche indirecte. Cette
approche tente d’extrapoler la « qualité de l’auditeur » en se basant sur des « alternatives » pour
étudier la qualité de l’audit (Chihi & Casta, 2014).

Ainsi, la littérature sur la qualité de l’audit, qui repose sur la définition bidimensionnelle de
DeAngelo (1981), met en évidence un ensemble de critères influençant la compétence et
l’indépendance. Dans ce sens, des corrélations ont été démontrées entre la qualité de l’audit et
des variables comme la taille du cabinet d’audit, sa réputation, les honoraires d’audit, le risque
de litiges et le système légal encadrant les auditeurs.

Figure 2 : Typologie des recherches se rapportant à la mesure de la qualité d’audit


48

Source : Manita (2008b)

Suivant cette typologie, deux approches se distinguent pour mesurer la qualité de l’audit, une
approche indirecte dont les études sont basées sur la qualité de l’auditeur et une approche
directe dont les études sont basées sur le processus de l’audit.

2. Approche indirecte de mesure de la qualité de l’audit


Les recherches qui ont proposé une évaluation de la qualité d’audit à travers la qualité de
l’auditeur peuvent être subdivisées en plusieurs catégories. En se basant sur la classification
donnée par Manita (2008b) et Chihi & Casta (2014), quatre catégories de critères influençant la
qualité de l’audit se dégagent.

Tableau 6 : Typologie des indicateurs indirects de mesure de la qualité de l’audit


Indicateurs de Indicateurs de Indicateurs de Indicateurs liés à
qualité liés à qualité basés sur les qualité basés sur les l’environnement
49

L’auditeur et caractéristiques équipes de travail institutionnel et


perçus par le organisationnelles d’audit gouvernance
marché de la firme d’audit
- La taille - Niveaux - Professionnalisme - Existence de
- Les honoraires hiérarchiques - Persistance et comité d’audit
- La réputation - Processus de Scepticisme de - Prestations de
contrôle qualité du l’auditeur non-audit
cabinet - Expérience avec le - Mandat
- L’expérience du client - Réglementation de
cabinet en audit - Expérience dans l’audit
- La rotation des l’industrie
associés sur le - Comportements de
dossier négligence
professionnelle des
collaborateurs

Source : Ahmad et al. (2022)


Taille : Plusieurs études comme DeAngelo, (1981), Palmrose (2016), Gonthier-Besacier et al.,
(2012b), Abughazaleh et al. (2015), Myers et al. (2003) ont démontré que la taille du cabinet
d’audit influence positivement la qualité de l’audit. En effet, les cabinets d’audit de grande
taille sont moins exposés au risque de perte du client et en même temps préservent leur
réputation en procurant un audit de qualité. Francis & Yu (2009) ont conclu également que les
preuves suggèrent que la qualité de l'audit est supérieure en moyenne dans les grands cabinets
d’audit, mais sans prétendre que la qualité de l'audit est trop faible dans les petits cabinets.

Honoraires : Ils sont perçus par certains chercheurs comme une mesure de la qualité de l’audit.
La relation positive entre les honoraires de l’auditeur et la qualité de l’audit ont été prouvées.
Plus d’honoraires signifient plus de temps et de diligences d’audit et donc plus de qualité
d’audit. Mais les recherches abordant la relation entre honoraires et qualité d’audit ne sont pas
toutes unanimes et sont relativement contrastées.

Palmrose (2016)détermine une relation positive, la qualité croît avec le montant des honoraires.
À l’opposé, Frankel et al. (2002), DeAngelo (1981) et Magee & Tseng (1990) soutiennent que
les rentes économiques associées aux honoraires d’audit créent un lien économique entre
l'auditeur et le client, et donc présentent des incitations pour les auditeurs à permettre la gestion
des résultats. Dans le même sens, Antle et al. (2006) ont constaté, dans le contexte anglais, que
les honoraires d'audit augmentent la gestion des résultats, alors que les honoraires non liés à
l'audit diminuent la gestion des résultats, ceci a été attribué selon les auteurs aux effets
productifs des services non liés à l'audit.
50

Quant à Ashbaugh et al. (2003), ils concluent à l’absence de relation entre les honoraires et la
qualité de l’audit.

Réputation : cet attribut a été admis par plusieurs recherches comme un déterminant de la
qualité de l’audit comme (Palmrose, 2016) et (O’Keefe et al., 1994). Les cabinets bien réputés
se prémunissent contre le risque de perte de réputation et contre le coût des litiges en offrant un
audit de qualité.

Duff (2004) a également développé un modèle multicritère de la qualité d’audit dans le contexte
anglais. Ce modèle mis en exergue 9 dimensions impactant la qualité de l’audit indépendante
les unes des autres à savoir : réputation, capacité, réactivité, indépendance, services de non-
audit, empathie, service Client, savoir-faire et expérience.
51

Figure 3 : Modèle de Duff relatif aux dimensions impactant la qualité de l’audit

Source : (Duff, 2004)

1.4. Conclusion

ce chapitre a exploré les concepts clés et les théories sous-jacentes qui encadrent l'étude de
l'efficacité de l'audit externe et de son impact sur la qualité de l'information financière dans une
banque commerciale, en particulier dans le contexte d'Equity-Banque Commerciale du Congo.
Les concepts tels que l'audit externe, la qualité de l'information financière, la spécialisation des
auditeurs, et la durée de la relation d'audit ont été définis et contextualisés à travers des études
et modèles théoriques pertinents. Des théories comme la théorie de l'agence et la théorie de la
signalisation ont également fourni une base solide pour comprendre l'importance de l'audit
externe dans la réduction des asymétries d'information et l'amélioration de la gouvernance
financière.

Ces éléments conceptuels et théoriques constituent les fondations de cette recherche, permettant
de mieux comprendre la relation entre les variables étudiées. Ils préparent également le terrain
52

pour l'analyse empirique qui suivra, en identifiant les indicateurs et les hypothèses qui seront
testés dans le cadre de l'étude.

Le prochain chapitre se concentrera sur le cadre méthodologique, où seront présentées les


méthodes de collecte et d'analyse des données utilisées pour examiner l'efficacité de l'audit
externe et son influence sur la qualité de l'information financière. Nous y détaillerons les
techniques statistiques, les outils d'enquête et les approches de modélisation qui seront
employés pour valider les hypothèses de cette recherche.
53

CHAPITRE 2 : CADRE MÉTHODOLOGIQUE

2.1. Introduction

Ce chapitre a pour but de présenter les principaux aspects méthodologiques adoptés dans cette
recherche. Nous examinerons successivement le choix épistémologique, le choix
méthodologique, les méthodes et techniques de collecte de données, ainsi que les méthodes et
techniques d'analyse des données. Le cadre méthodologique forme l'ossature de la recherche et
est crucial pour justifier les choix épistémologiques et méthodologiques, car il influence
directement la manière dont la recherche est concrètement menée. La description de cette étape
est essentielle pour garantir un haut niveau de fiabilité dans notre étude. Ainsi, cette section est
dédiée à détailler la démarche méthodologique que nous avons suivie pour mener notre
recherche.

2.2. Choix épistémologique

La définition d'une posture de recherche est cruciale, car l'activité scientifique s'appuie sur des
principes épistémologiques, théoriques, méthodologiques et techniques qui doivent être
explicités, non seulement pour valider les connaissances produites, mais aussi pour examiner
leurs fondements et leur construction. Définir une posture implique de rendre compte des
principes, concepts, méthodes et résultats qui sous-tendent les connaissances générées. Le terme
posture ou position épistémologique fait référence au paradigme de recherche dans lequel
s'inscrivent les choix théoriques et méthodologiques effectués, tels que l'explication, la
compréhension, la description, l'herméneutique, etc.

Il existe trois principaux paradigmes en sciences de gestion qui peuvent être mobilisés au cours
d'une recherche : le positivisme, qui cherche à expliquer la réalité ; l'interprétativisme, qui vise
à comprendre la réalité ; et le constructivisme, qui s'efforce essentiellement de construire la
réalité. Ces trois grands paradigmes épistémologiques offrent des réponses distinctes à la
question de la scientificité des connaissances produites par un travail de recherche(Sem &
Cornet, 2018b).

Notre démarche ici n'est pas de détailler ces différentes approches, mais plutôt de présenter
notre processus de réflexion qui nous a conduits à choisir notre posture, laquelle est le
paradigme positivo-interprétatif. Le choix de ce paradigme dans cette étude se justifie par la
54

combinaison des avantages qu'il offre pour analyser à la fois des aspects objectifs et subjectifs
de l'efficacité de l'audit externe et de la qualité de l'information financière.

Le paradigme positivo-interprétatif s'avère donc le plus adapté à cette étude, car il combine la
rigueur des approches quantitatives pour tester des hypothèses et établir des relations objectives
avec la richesse des approches qualitatives pour comprendre les nuances contextuelles et les
perceptions des acteurs. Cette complémentarité permet de produire des résultats robustes et
nuancés, essentiels pour une évaluation complète de l'impact de l'audit externe sur la qualité de
l'information financière d'Equity-BCDC.

Ce paradigme, qui associe des éléments du positivisme et de l'interprétativisme, permet


d'explorer des phénomènes complexes en intégrant des données quantitatives et qualitatives.

1. Aspect positif : Analyse objective et quantitative

Le paradigme positif permet de mesurer objectivement l'impact de l'efficacité de l'audit externe


sur la qualité de l'information financière à travers des indicateurs quantitatifs, comme le taux de
détection des fraudes, la conformité réglementaire, et les écarts post-audit. Ce cadre est
approprié pour tester des hypothèses spécifiques et établir des relations causales, ce qui est
crucial pour évaluer l'efficacité de l'audit externe de manière mesurable et empirique. Les
méthodes statistiques et les modèles économétriques utilisés (tests de corrélation, régression)
sont typiques d'une approche positiviste qui cherche à obtenir des résultats fiables et
généralisables.

2. Aspect interprétatif : Compréhension des contextes subjectifs

Cependant, la seule quantification ne suffit pas à capturer la complexité des interactions


humaines et organisationnelles dans un environnement aussi dynamique que celui de la banque.
Le paradigme interprétatif est nécessaire pour comprendre les motivations, les perceptions, et
les jugements des parties prenantes impliquées dans l'audit externe (auditeurs, gestionnaires,
régulateurs). Par exemple, la spécialisation sectorielle des auditeurs, la durée de la relation
d’audit, et le choix de l’auditeur sont des facteurs influencés par des considérations subjectives
et contextuelles, qui nécessitent une approche interprétative. Ainsi, cette partie du paradigme
permet d'explorer des aspects qualitatifs par l'analyse d'entretiens, de comportements
organisationnels et de pratiques de gouvernance.

3. Adaptation à l’objet de l’étude : Secteur bancaire et environnement spécifique

Dans le cadre de l’étude sur Equity-Banque Commerciale du Congo, un environnement


caractérisé par des particularités économiques, politiques et réglementaires, ce paradigme offre
55

la flexibilité nécessaire pour examiner des phénomènes à la fois objectifs et contextuels.


L'analyse de la relation entre l'audit externe et la qualité de l'information financière nécessite de
prendre en compte des variables quantitatives mesurables, mais également d'interpréter les
dynamiques spécifiques à la gestion des banques dans un pays en développement comme la
RDC, où les contextes peuvent influencer la pratique de l’audit.
56

2.3. Choix méthodologique


Le choix méthodologique peut être défini comme l'ensemble des méthodes, des procédés et des
règles qui permettent de sélectionner les outils statistiques appropriés pour l'analyse des
données. Cette distinction est reprise dans cette étude, car il est essentiel pour le chercheur de
déterminer comment accéder à l'objet de sa recherche avant de collecter les données, afin de
garantir une certaine validité à ses résultats (Wacheux, 1996).

Dans cette étude, nous commençons par présenter la taille de notre échantillon, puis les
méthodes et techniques de collecte des données, et enfin les méthodes et techniques de
traitement ou d'analyse des données.

2.3.1. Plan de sondage

2.3.1.1. Population statistique

Une population peut être décrite comme l'ensemble des éléments sur lesquels le chercheur
souhaite baser ses analyses. Chaque élément ou composant constitue une unité d'analyse dans
l'étude (Cooper & Schindler, 2014). La définition précise de la population statistique est
cruciale, car elle permet de comprendre non seulement les caractéristiques des unités étudiées
(banques commerciales), mais aussi le contexte interne et externe dans lequel se déroulent les
phénomènes observés (Miles & Huberman, 2003).

Pour cette étude, la population statistique étudiée se composait de 78 individus, soit 57


contrôleurs et 21 auditeurs au sein d’Equity-BCDC.

2.3.1.2. Échantillonnage

Selon Cooper & Schindler (2014), une base de sondage se définit comme une liste regroupant
toute les éléments à partir desquels un échantillon est sélectionné, ces éléments étant
directement reliés à la population. Dans notre étude, après avoir défini la population d’étude,
nous avons choisi de recourir à un échantillonnage aléatoire, garantissant ainsi que chaque
élément potentiel de la population étudiée ait une probabilité égale d'être incluse dans
l'échantillon. Toujours selon Cooper & Schindler (2014), l'échantillonnage aléatoire tend à
réduire l'erreur d'échantillonnage au sein de la population, ce qui améliore la précision de toutes
les méthodes d'estimation utilisées. Les données primaires seront recueillies à l'aide de
techniques d’enquête.
57

2.3.1.3. Taille de l'échantillon

L'étude vise à comprendre l'impact de l’efficacité d'audit externe sur la qualité de l'information
financière. Les individus travaillant dans le contrôle ou l'audit interne sont les plus directement
impliqués dans les processus d'évaluation, de surveillance et de gestion des risques au sein de
l'entreprise. Ils possèdent une connaissance approfondie des mécanismes de contrôle interne,
des normes de conformité et des processus comptables, ce qui les rend particulièrement aptes à
fournir des informations pertinentes et détaillées sur la qualité des états financiers et l'efficacité
de l'audit externe.

Les professionnels du contrôle et de l'audit interne ont une expertise unique qui leur permet
d'évaluer de manière critique les pratiques d'audit externe. Leur expérience quotidienne dans
l'analyse des données financières, la vérification des processus internes et la collaboration avec
les auditeurs externes leur donne un aperçu précieux des interactions entre l'audit interne et
externe. En sélectionnant cet échantillon, nous voulions nous assurer que les réponses obtenues
sont fondées sur une expérience directe et une compréhension profonde des enjeux de l'audit et
de la qualité de l'information financière.

En limitant l'échantillon aux professionnels du contrôle ou de l'audit interne, nous avons visé a
maintenir une certaine homogénéité dans la collecte des données. Cette cohérence est
essentielle pour garantir que les résultats sont comparables et qu'ils permettent d'identifier des
tendances et des relations claires entre les variables étudiées. Un échantillon hétérogène,
incluant des individus sans lien direct avec les processus d'audit, pourrait introduire des biais et
rendre l'interprétation des résultats plus complexe.

Nous avons mené l’enquête sur un recensement de 78 individus qui représente tous les 57
contrôleurs et 21 auditeurs internes au sein de d’Equity-BCDC.

2.3.2. Méthode et technique de collecte de données

2.3.2.1. Méthode d’étude de cas

L’étude de cas est considérée comme l’étude approfondie d’un ou de peu d’objets de recherche,
ce qui permet d’obtenir une connaissance vaste et détaillée de ces derniers (Sem & Cornet,
2018b).

Dans le cadre de cette étude sur l’efficacité de l'audit externe et la qualité de l'information
financière à Equity-Banque Commerciale du Congo, l'utilisation de la méthode d'étude de cas
est particulièrement pertinente. Yin (2017) définit l'étude de cas comme une enquête empirique
58

qui permet d'examiner un phénomène contemporain dans son contexte réel, surtout lorsque les
frontières entre le phénomène et le contexte ne sont pas clairement définies. Cette approche est
essentielle pour comprendre les dynamiques spécifiques à Equity-Banque, où les pratiques
d'audit externe et la qualité de l'information financière sont profondément ancrées dans des
réalités organisationnelles et contextuelles particulières.

Le recours à l'étude de cas est justifié par le besoin d'explorer en profondeur le "comment" et le
"pourquoi" des relations entre l’efficacité de l'audit externe et la qualité de l'information
financière dans un cadre réel et complexe. Dans cette étude, nous ne cherchons pas à manipuler
les variables, mais plutôt à observer les interrelations entre ces variables au sein de
l'environnement spécifique d'Equity-Banque. Cette méthode permet ainsi de dévoiler les liens
causaux qui pourraient ne pas être évidents sans une analyse contextuelle approfondie.

En étudiant Equity-Banque dans son contexte réel, l'objectif est de saisir les particularités de ses
pratiques d'audit externe et leur impact sur la qualité de l'information financière, tout en prenant
en compte les dynamiques internes et externes qui influencent ces pratiques. L'étude de cas
s'avère ici être une méthode enrichissante, car elle permet d'analyser de manière intégrée les
éléments théoriques et pratiques, tout en fournissant des insights sur des événements et des
pratiques réels au sein de l'institution.

Ainsi, en adoptant la méthode d'étude de cas, cette recherche vise à offrir une compréhension
approfondie et contextualisée des défis et des succès liés à l'audit externe et à la qualité de
l'information financière à Equity-Banque, en se concentrant sur les nuances spécifiques de son
contexte organisationnel et économique.

2.3.2.2. Technique d’enquête

Dans le cadre de cette étude portant sur l’efficacité de l'audit externe et la qualité de
l'information financière à Equity-Banque Commerciale du Congo, une approche de recherche
de type descriptif et explicatif a été adoptée pour obtenir des informations sur les perceptions,
les opinions, et les comportements des professionnels impliqués dans le contrôle et l'audit
interne au sein de l'institution. La technique d'enquête par sondage a été choisie pour interroger
un échantillon représentatif de cette population, ce qui permet de collecter des données
systématiques sur le phénomène étudié.

L'enquête, en tant que méthode de collecte d'informations, est ici utilisée pour décrire, comparer
et expliquer les dynamiques en jeu dans l'évaluation de la qualité de l'information financière et
l'efficacité de l'audit d'audit externe. Plutôt que de réaliser un recensement, qui impliquerait
59

l'interrogation de l'ensemble des individus travaillant dans le contrôle ou l'audit interne, un


sondage a été privilégié. Ce choix se justifie par la nécessité d'une approche plus ciblée et
efficace, permettant de modéliser une population réelle à partir d'un échantillon représentatif
(Sem & Cornet, 2018b).

Le sondage sert ainsi de base pour l'étude quantitative, permettant d'estimer les proportions de
différentes caractéristiques pertinentes au sein de la population étudiée, telles que la perception
de l'efficacité des audits externes ou la qualité perçue de l'information financière. Ces
proportions sont calculées avec des marges d'erreur, ce qui garantit que les résultats obtenus
reflètent de manière fiable les opinions et perceptions des individus interrogés, tout en tenant
compte des incertitudes inhérentes à l'échantillonnage.

En sommes, l'utilisation du sondage dans cette étude vise à fournir une représentation fidèle des
perceptions et opinions des professionnels du contrôle et de l'audit interne, tout en permettant
de tirer des conclusions robustes sur l'impact de l’efficacité d'audit externe sur la qualité de
l'information financière à Equity-Banque Commerciale du Congo.

2.3.3. Méthode et technique d’analyse des données

2.3.3.1. Méthode d’analyse des données

Pour le traitement des données dans cette étude sur l’efficacité d'audit externe et la qualité de
l'information financière à Equity-Banque Commerciale du Congo, nous avons opté pour
l’utilisation de la méthode statistique, une approche cruciale pour les études quantitatives tout
en étant également applicable aux recherches qualitatives. La méthode statistique permet de
rassembler des données chiffrées sur une population étendue, puis d'analyser, commenter et
critiquer ces données pour en extraire des informations pertinentes.

La méthode statistique se distingue par sa capacité à allier les démarches qualitatives et


quantitatives, combinant le rationnel et le sensoriel, le construit et l'observe. Elle vise à
quantifier des aspects qualitatifs, rendant ces données accessibles à des traitements
mathématiques rigoureux (Sem & Cornet, 2018). Cette approche est particulièrement adaptée à
notre étude, car elle permet de transformer des perceptions et des opinions sur les pratiques
d'audit externe en données numériques manipulables.

Il existe deux grandes catégories d'analyses statistiques : la statistique descriptive et la


statistique inférentielle.
60

La statistique descriptive est utilisée pour décrire et visualiser les caractéristiques des données
collectées. Elle permet de représenter les données à l’aide de graphiques, d’histogrammes, de
diagrammes circulaires, et de courbes de fréquences. Cette méthode aide à dégager des
paramètres caractéristiques tels que les tendances centrales et les dispersions des données (Sem
& Cornet, 2018). Dans notre étude, nous avons utilisé Excel pour effectuer une description
détaillée des caractéristiques des individus de notre échantillon, telles que l'âge, le sexe et le
niveau d'étude.

La statistique inférentielle, en revanche, repose sur les calculs de probabilités pour faire des
inférences sur une population plus large à partir d'un échantillon représentatif. Elle permet
d'estimer les valeurs pour la population entière avec un certain degré de précision et de tester
des hypothèses à l'aide de divers tests statistiques.

Enfin, nous aborderons les principes théoriques sous-jacents à la validation des instruments de
mesure utilisés pour cette recherche, afin de garantir leur validité empirique et la fiabilité des
résultats obtenus.

2.3.3.2. Analyse factorielle confirmatrice

L'analyse factorielle confirmatrice est utilisée pour tester si la structure factorielle


prédéterminée, basée sur la littérature et/ou l'analyse exploratoire, correspond bien aux données
collectées. Cette méthode, réalisée par la méthode des équations structurelles, permet de vérifier
la validité des modèles de mesure dans notre étude.

Indicateurs de qualité d'ajustement :

 Indices absolus : Évaluent la qualité globale de l'ajustement du modèle aux données. Ils
mesurent si le modèle reproduit correctement les données observées.
 Indices incrémentaux : Comparaison entre le modèle testé et d'autres modèles (par
exemple, modèle nul ou saturé) pour évaluer la qualité relative de l'ajustement.
 Indices de parcimonie : Évitent la surestimation des modèles en tenant compte du
nombre de paramètres. Ces indices aident à choisir un modèle qui équilibre précision et
complexité.

En utilisant ces indicateurs, nous évaluons la qualité de l'ajustement du modèle aux données et
validons si les dimensions l’efficacité de l'audit externe sont correctement mesurées en relation
61

avec la qualité de l'information financière. La sélection d'indicateurs pertinents dans chaque


catégorie assure une analyse complète et robuste du modèle de recherche.

2.3.3.3. La méthode des Moindres Carrés Partiels (PLS)

La méthode des Moindres Carrés Partiels (PLS) est une technique d'analyse statistique
puissante utilisée pour modéliser les relations complexes entre les variables indépendantes et
dépendantes, particulièrement adaptée dans le contexte des études avec des échantillons de
taille réduite ou lorsque les données ne respectent pas les hypothèses de normalité. Dans cette
étude, le PLS est utilisé pour analyser les données concernant l'impact de l'efficacité de l'audit
externe sur la qualité de l'information financière d'Equity-Banque Commerciale du Congo. Le
PLS permet de traiter simultanément plusieurs variables, à la fois latentes et observées, ce qui
est crucial pour évaluer les multiples dimensions de l'efficacité de l'audit (taux de détection des
fraudes, conformité réglementaire, etc.) et leurs effets sur les variables dépendantes comme la
qualité des accruals ou la pertinence des résultats comptables.

La particularité du PLS est qu'il peut modéliser des relations complexes sans exiger une forte
structure théorique préalable, contrairement aux méthodes de modélisation structurelle par
équations simultanées (SEM) qui reposent sur de strictes hypothèses de distribution normale
des données. En utilisant cette méthode, l’étude peut créer un modèle prédictif en tenant compte
de plusieurs variables modératrices et de contrôle (spécialisation des auditeurs, durée de la
relation d’audit, taille de l’entreprise, etc.), tout en s’adaptant à des données potentiellement
hétérogènes ou bruitées. Le PLS s’appuie sur une approche itérative qui réduit les erreurs de
prédiction en maximisant la variance expliquée des variables dépendantes.

Dans cette étude, la méthode PLS est mise en œuvre à travers des logiciels statistiques
spécialisés tels que SmartPLS. Les modèles de régression créés à partir des données permettent
de tester les hypothèses sur les relations entre l'efficacité de l'audit externe et la qualité de
l'information financière. En outre, le PLS est particulièrement utile pour évaluer la robustesse
des relations modératrices, telles que l’effet de la spécialisation des auditeurs ou la durée de la
relation d’audit sur la qualité des états financiers. Ce type d'analyse fournit des résultats fiables
même dans un contexte où la multicolinéarité entre les variables est présente, rendant cette
méthode idéale pour les problématiques complexes abordées dans cette étude.
62

2.3.4. Procédés de validation des instruments de mesure

La validation des instruments de mesure est essentielle pour garantir la rigueur des analyses
multivariées nécessaires à tester notre modèle de recherche sur l’efficacité de l'audit externe et
la qualité de l'information financière à Equity-Banque Commerciale du Congo. Cette étape
implique une démarche en deux temps, d'abord exploratoire, puis confirmatrice, pour tester les
échelles de mesure utilisées dans l'étude.

Démarche exploratoire et confirmatrice : La phase exploratoire permet d'examiner les relations


entre les variables latentes et leurs indicateurs sans hypothèses préalables. En revanche, la
phase confirmatrice teste une structure de mesure prédéterminée, validant ainsi la pertinence
des hypothèses de recherche. Cette double approche assure non seulement l'adéquation des
instruments de mesure aux variables étudiées, mais aussi leur capacité à fournir des résultats
fiables et précis.

Qualité des instruments de mesure : Avant de détailler les démarches exploratoires et


confirmatoires, il est crucial de vérifier la qualité des instruments de mesure, en se basant sur
des critères de validité et de fiabilité.

Validité des instruments de mesure : La validité évalue si l'instrument mesure effectivement ce


qu'il est censé mesurer (Evrard, Pras, & Roux, 2009). Plusieurs formes de validité sont
considérées :

Validité de contenu : Assure que l’échelle couvre toutes les dimensions du phénomène étudié.

Validité faciale (ou de consensus) : Vérifie, à travers des jugements d'experts, que les items de
l’échelle sont pertinents pour le concept étudié.

Validité de construit (ou de trait) : Confirme que l’échelle mesure exclusivement le construit
étudié. Cela implique la validité convergente (les items du construit sont fortement corrélés
entre eux) et la validité discriminante (le construit est faiblement corrélé avec d’autres,
construits).

Validité nomologique : Vérifie la corrélation du construit avec d'autres mesures


intrinsèquement liées.
63

Validité de critère : Évalue si le construit est corrélé avec un critère externe permettant de
mesurer le concept.

Fiabilité des échelles de mesure : La fiabilité évalue la stabilité des résultats de l’échelle de
mesure à travers différents échantillons, moments et tests (Jolibert & Jourdan, 2011). Dans cette
recherche, nous utilisons l'alpha de Cronbach pour mesurer la cohérence interne des échelles,
garantissant ainsi que les items d’une échelle sont homogènes et fiables.

Cette méthodologie de validation assure que les instruments de mesure utilisés pour évaluer
l’efficacité de l'audit externe et la qualité de l'information financière sont robustes, précis et
capables de produire des résultats fiables pour les analyses ultérieures.

L’alpha de Cronbach permet de s’assurer de la cohérence interne de l’échelle de mesure


(Cronbach, 1947). Il se calcule à partir du nombre d’items de l’échelle (k), de la variance de
chaque item et de la variance totale de l’échelle selon la formule suivante :

Le coefficient alpha doit être, au minimum, égal à 0.6.

2.4. Conclusion

Ce chapitre a présenté le cadre méthodologique adopté pour cette étude, permettant d’examiner
l’impact de l’efficacité de l’audit externe sur la qualité de l’information financière au sein
d’Equity-Banque Commerciale du Congo. Nous avons détaillé les outils de collecte de données,
les techniques d'analyse, ainsi que les modèles statistiques qui seront utilisés pour tester les
hypothèses de recherche. Les méthodes quantitatives, telles que les tests de corrélation et de
régression, fourniront des résultats empiriques rigoureux, tandis que les analyses qualitatives
permettront de contextualiser et d’interpréter les dynamiques propres à l'environnement
bancaire en RDC.

Ce cadre méthodologique a été choisi pour assurer une analyse complète et précise, tout en
tenant compte des particularités de l’audit dans le secteur bancaire. L’approche mixte adoptée,
qui combine les données quantitatives et qualitatives, garantit une compréhension approfondie
des relations entre les variables étudiées, en répondant aux exigences à la fois scientifiques et
pratiques de cette recherche.

Le prochain chapitre se focalisera sur le champ empirique, à savoir la banque Equity-BCDC, en


présentant son contexte, son environnement de gestion et les éléments spécifiques qui
influencent ses pratiques d’audit externe et la qualité de ses informations financières.
64

DEUXIÈME PARTIE : CADRE EMPIRIQUE


65

CHAPITRE 3 : PRÉSENTATION DU CHAMP EMPIRIQUE

3.1. Introduction

Ce chapitre est consacré à la présentation du champ empirique de cette étude, qui est la banque
Equity-BCDC. Equity-BCDC est une des plus importantes institutions bancaires opérant en
République Démocratique du Congo (RDC), née de la fusion entre Equity Group Holdings et la
Banque Commerciale du Congo (BCDC). Cette fusion a permis à la banque de devenir un
acteur clé du secteur bancaire congolais, avec un impact significatif sur l'économie locale. Dans
ce contexte, la qualité de l'information financière, renforcée par l'efficacité de l'audit externe,
revêt une importance capitale pour garantir la confiance des investisseurs, des régulateurs, et
des parties prenantes.

L'objectif de ce chapitre est d'explorer les caractéristiques structurelles et organisationnelles


d'Equity-BCDC, afin de mieux comprendre les facteurs internes et externes qui influencent ses
pratiques financières et d'audit. Cette présentation sera complétée par une analyse SWOT
(Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces) qui permettra d’identifier les atouts et les défis
auxquels l’institution est confrontée. L'analyse SWOT offrira une vue d'ensemble des facteurs
qui impactent directement la gestion des audits et la qualité de l'information financière au sein
de la banque.

L'analyse des forces mettra en lumière les avantages compétitifs d'Equity-BCDC, notamment sa
position dominante sur le marché bancaire congolais et sa solidité financière. Les faiblesses
souligneront les défis internes tels que les contraintes liées à l’intégration post-fusion et la
gestion des risques financiers. Les opportunités exploreront les perspectives de croissance et
d’expansion pour la banque dans un marché en développement comme la RDC, tandis que les
menaces mettront en évidence les risques macroéconomiques, réglementaires, et politiques qui
peuvent affecter les opérations et la qualité de l'audit.

Cette analyse SWOT sera cruciale pour comprendre comment ces différents facteurs
influencent non seulement les performances financières de la banque, mais aussi la qualité des
audits externes et l'information financière produite par Equity-BCDC.
66

3.2. Bref aperçu historique

La Banque du Congo belge (BCB) est fondée le 11 janvier 1909 sous l'initiative de la Banque
d'Outremer1. Initialement, le personnel de la banque ne compte que trois personnes, dont
l’administrateur délégué, René Guillaume. La première agence ouvre à Matadi en juin 1909,
puis une autre à Élisabethville quatre mois plus tard et enfin une troisième à Léopoldville en
1910. En 1911, la banque ouvre des bureaux à Boma et à Stanley ville. En octobre 1912, la
banque commence à émettre des billets1.

La banque de Mbandaka (alors Coquilhatville), ouverte pendant la Première Guerre mondiale.


Coupée de son siège en Belgique pendant la Première Guerre mondiale, la banque travaille avec
une succursale créée à Londres. À la suite de la demande du gouvernement belge que la BCB
assure la comptabilité de l'administration coloniale, dix-huit nouvelles agences sont créées sur
tout le territoire1.

Après la guerre, en 1922, outre ses sièges de Bruxelles et de Londres, la banque compte 34
agences au Congo belge, deux sièges au Tanganyika (Kigoma et Dar es Salam) et une
succursale à Anvers2. L'agence de la Banque du Congo belge à Léopoldville, en 1942.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la Banque du Congo belge soutient fortement l'effort de
guerre de la Belgique en fournissant au gouvernement belge installé à Londres1 à peu près 85%
des ressources dont il disposa durant la guerre.

En 1952, six autres banques avec leurs multiples agences et succursales opèrent maintenant sur
le territoire congolais et la banque du Congo Belge, établissement privé ne peut plus remplir les
fonctions de banque centrale. : La Banque Centrale du Congo belge et du Ruanda-Urundi
(BCCRU) reprend en conséquence le privilège d'émission. La BCB redevient un établissement
de crédit privé et peut mener des opérations que son statut de banque émettrice lui interdisait.
La banque commerciale du Congo créée en 1911 pour mener ces opérations perd sa
particularité par rapport à la banque du Congo belge. Les deux conseils d'administration
décident donc une fusion le 19 novembre 1952, afin de former une société congolaise par
actions et à responsabilité limitée, avec un siège social à Léopoldville BCB.

En 1960, lors de l'indépendance du Congo, la banque cède les opérations de ses sièges de
Bruxelles et de Londres ainsi que celles de sa succursale d'Anvers à la Banque belgo-
67

congolaise. La Banque du Congo belge changea alors de nom et devient la Banque du Congo.
Elle subit financièrement la crise du Congo dans les années 19601.

En octobre 1971, le Congo devient Zaïre et, dans la foulée la banque change sa dénomination
sociale en Banque commerciale zaïroise (BCZ) Lorsque le Zaïre prend le nom de République
démocratique du Congo en 1997, la BCZ se renomme Banque commerciale du Congo, nom que
portait l'agence commerciale créée en 1911.

Dans le contexte des guerres civiles que subit le pays entre 1997 et 2003, l'économie congolaise
s'effondre complètement. Cette situation impose à la banque de réduire sa taille à un niveau
compatible avec ses activités3. Bâtiment de la Banque commerciale du Congo à Lubumbashi.

Profitant de l'amélioration du climat sociopolitique et de l'embellie économique consécutive, la


BCDC redéployée son réseau sur l'ensemble du territoire et adapte son organisation
commerciale aux nouveaux besoins de sa clientèle de particuliers, de PME/PMI, de grandes
entreprises et d'institutionnels. La BCDC est aujourd'hui la banque de référence en RDC, active
sur l'ensemble du territoire du pays.

3.3. Secteur d’activité


Présente en RDC depuis 1909, Equity BCDC facilite l'accès aux services bancaires pour tous et
finance les Micros, Petites, Moyennes et Grandes Entreprises, notamment à travers des produits
et services financiers inclusifs qui renforcent socialement et économiquement les
consommateurs, les entreprises et les communautés. La Banque Centrale du Congo est chargée
de définir et de mettre en œuvre la politique monétaire du pays dont l’objectif principal est
d’assurer la stabilité du niveau général des prix. Elle est indépendante dans la réalisation de cet
objectif. À cet effet, la Banque, par son Conseil, en la personne de son Gouverneur ou de tout
autre membre de ses organes de décision, ne doit poser aucun acte de nature à aliéner cette
indépendance.

Sans préjudice de l’objectif principal de stabilité du niveau général des prix, la Banque soutient
la politique économique générale du Gouvernement. La Banque a la capacité de contracter, de
transiger, de compromettre, d’ester en justice, d’acquérir des biens et d’en disposer.

La Banque, ses avoirs, ses biens, ses revenus, ainsi que les opérations et transactions autorisées
par la présente loi sont exemptés de tous impôts, droits et taxes perçus par le Gouvernement et
par les collectivités provinciales ou locales. Le capital de la Banque est détenu en totalité par
l’État congolais. Une loi fixe sa hauteur ainsi que les modalités de son augmentation ou de sa
diminution.
68

3.4. Missions, opérations, et autres activités

Sans préjudice de l’objectif de stabilité du niveau général des prix énoncés à l’article 3, la
Banque accomplit toutes les missions de Banque Centrale, notamment :

• Assurer la stabilité interne et externe de la monnaie nationale.

• Détenir et gérer les réserves officielles de la République.

• Promouvoir le bon fonctionnement des systèmes de compensation et de paiement.

• Élaborer la réglementation et contrôler les Établissements de Crédit, les institutions de Micro


Finance et les autres intermédiaires financiers.

• Édicter les nonnes et règlements concernant les opérations sur les devises étrangères.

• Participer à la négociation de tout accord international comportant des modalités de paiement


et en assurer l’exécution.

• Promouvoir le développement des marchés monétaires et des capitaux.

La Banque est seule habilitée, sur le territoire national, à émettre des billets et pièces de
monnaie ayant cours légal. Les billets et les pièces de monnaie ayant cours légal sont libellés
dans l’unité monétaire de la République Démocratique du Congo, le Franc congolais ou dans
ses sous-unités.

La Banque peut, par avis publié en son nom dans le Journal Officiel de la République
Démocratique du Congo et dans d’autres publications de grande diffusion, déclarer que
certaines coupures ou pièces cessent d’avoir cours légal à partir d’une date déterminée.

La Banque reste tenue d’en assurer, dans un délai de trois ans, l’échange à ses guichets contre
d’autres coupures ou pièces ayant cours légal. Par dérogation à l’article 658 du Livre III Titre
XII du Code Civil congolais, le droit de revendication n’est pas applicable aux billets et pièces
de monnaie ayant cours légal sur le territoire de la République Démocratique du Congo, lorsque
le possesseur est de bonne foi.

Toute autre disposition relative aux titres au porteur perdus ou volés n’est pas non plus
applicable aux billets ayant cours légal. Afin d’atteindre ses objectifs et d’accomplir ses
missions, la Banque peut :
69

• Intervenir sur les marchés des capitaux, notamment en achetant et en vendant ferme, en
prenant et en mettant en pension, en prêtant ou en empruntant des créances et des titres
négociables libellés en monnaies étrangères ou nationale, ainsi que des métaux précieux.

• Effectuer des opérations de crédit avec des Établissements de Crédit et d’autres intervenants
des marchés monétaires ou des capitaux sur la base d’une sûreté appropriée pour les prêts.

La Banque peut, en outre, effectuer notamment les opérations suivantes :

• Émettre et racheter ses propres titres d’emprunts.

• Prendre en dépôt des titres et des métaux précieux, se charger de l’encaissement des titres et
intervenir pour compte d’autrui dans les opérations sur valeurs mobilières, autres instruments
financiers et métaux précieux.

• Effectuer des opérations de placement et de gestion financière de ses avoirs en monnaies


étrangères et en d’autres éléments de réserves externes.

• Obtenir du crédit à l’étranger et à cette fin consentir des garanties.

La Banque exécute les accords de coopération monétaire internationale conclus par la


République Démocratique du Congo, conformément aux modalités déterminées par des
conventions signées entre elle et le Ministère ayant les Finances dans ses attributions. Elle
fournit et reçoit les moyens de paiement et les crédits requis pour l’exécution de ces accords.

L’État garantit la Banque contre toute perte et garantit le remboursement de tout crédit accordé
par la Banque à la suite de l’exécution d’accords ou de sa participation à des accords ou à des
opérations de coopération monétaire internationale auxquels, moyennant approbation du
Gouvernement, la Banque est partie.

La Banque peut, avec l’accord de l’État, aux conditions déterminées par convention ou en vertu
de la loi et sous réserve de leur compatibilité avec sa mission principale de maintien de la
stabilité du niveau général des prix, être chargée de l’exécution des missions d’intérêt public.

A la demande de l’État ou avec son accord, la Banque peut fournir des prestations pour le
compte de celui-ci ou le compte de tiers. Ces prestations sont rémunérées afin de couvrir les
coûts engagés par la Banque.

La Banque peut, en outre, être chargée de la collecte d’informations statistiques à la suite de


l’exécution des accords ou de sa participation à des accords ou à des opérations de coopération
internationale afférentes à toute mission visée aux articles 10 et 11.
70

La Banque peut exécuter toutes les opérations et prester tous les services accessoires aux
missions visées à l’article 11.

La Banque peut confier l’exécution des missions secondaires dont elle est chargée ou dont elle
prend l’initiative à une ou plusieurs entités juridiques distinctes spécialement constituées à cet
effet et contrôlées par elle. Dans ce cas, la direction en est assurée par un ou plusieurs cadres de
la Banque. Ces entités sont soumises au contrôle de la Cour des comptes. Lorsque la mission a
été confiée par la loi à la Banque, celle-ci en tient le Gouvernement informé.

La Banque peut ouvrir en ses livres des comptes pour :

• Le Trésor public.

• Les banques centrales étrangères.

• Les Établissements de Crédit nationaux et étrangers.

• Les organismes financiers internationaux et organisations internationales.

• Tout autre organisme expressément autorisé.

Il est interdit à la Banque :

• De poser des actes de commerce qui ne ressortent pas de son objet social.

• D’acquérir des participations dans des sociétés commerciales.

• D’accepter des parts sociales des sociétés commerciales comme garanties.

• D’accorder des prêts et avances non couverts par une garantie appropriée.

• De garantir les dettes et engagements de l’État, des subdivisions administratives et des


entreprises ou organismes publics.

• D’acquérir des biens immobiliers qui ne sont pas destinés aux besoins de son exploitation.
71

Son objectif est de faciliter l'accès aux services bancaires à tous, financer les Micros, Petites, Moyennes et Grandes Entreprises congolaises, jusqu’à
350.000.000 d’USD, localement.

3.5. Organigramme

Source : Equity-BCDC
72

3.6. Environnement de EQUITY-BCDC

3.6.1. Les outils d’analyse de l’environnement


 Contexte interne : SWOT (forces, faiblesses, opportunités, menaces)

Tableau 7 : Analyse SWOT


FORCES /STRENGHTS FAIBLESSES /WEAKNESSES

 Réputation solide dans le secteur bancaire,


avec une longue histoire et une présence
établie sur le marché.
 Large gamme de produits et services bancaires  Dépendance à l'égard des fluctuations
offerts, y compris des comptes d'épargne, des économiques et politiques, car cela peut
prêts, des services de paiement, etc. affecter la confiance des clients et l'activité
 Réseau étendu d'agences et de distributeurs bancaire globale.
automatiques de billets, offrant une  Besoin d'améliorer continuellement ses
accessibilité pratique à ses clients. mesures de sécurité pour contrer les risques
 Engagement envers l'innovation technologique, de fraude et de vol en ligne.
en fournissant des solutions bancaires en ligne
et mobiles pour une expérience utilisateur
améliorée.

OPPORTUNITÉS /OPPORTUNITES MENACES /THREATS


 Expansion sur de nouveaux marchés émergents,  Réglementations gouvernementales et légales qui
notamment dans les pays voisins, qui peuvent peuvent limiter les activités bancaires et
offrir des opportunités de croissance. augmenter les coûts de conformité.
 Augmentation de la demande de services bancaires  La concurrence féroce des autres banques
numériques, offrant une opportunité d'élargir sa nationales et internationales peut menacer la part
base de clients en ligne. de marché et les marges bénéficiaires d'Equity-
 Croissance de la classe moyenne et des revenus BCDC.
disponibles, ce qui peut conduire à une  Risques croissants de cyber sécurité et de
augmentation des dépôts et des demandes de prêts. protection des données, qui exigent des
ressources supplémentaires pour garantir la
confidentialité et l’information des clients.

Source : Élaboré sur base des rapports d’Equity-BCDC


73

3.7. Conclusion

Ce chapitre a fourni une vue d'ensemble détaillée du champ empirique de cette étude, à savoir
Equity-BCDC, en mettant en lumière son rôle clé dans le secteur bancaire de la République
Démocratique du Congo. Nous avons examiné les aspects structurels, organisationnels et
environnementaux qui influencent la banque, notamment suite à sa fusion avec Equity Group
Holdings. À travers l’analyse SWOT, nous avons identifié les forces, faiblesses, opportunités et
menaces qui définissent le contexte dans lequel la banque évolue. Cette analyse permet de
mieux comprendre les enjeux auxquels Equity-BCDC est confrontée et la manière dont ceux-ci
affectent l’efficacité de l’audit externe et la qualité de l’information financière.

Le chapitre suivant présentera les résultats de l’étude. Il analysera les données collectées et
testera les hypothèses formulées dans le cadre de la recherche, en mettant en évidence les
relations entre l’efficacité de l’audit externe et la qualité de l’information financière d’Equity-
BCDC. Les résultats seront interprétés à la lumière des théories et concepts abordés
précédemment.
74

CHAPITRE 4 : RÉSULTATS DE LA RECHERCHE

4.1. Introduction

Ce chapitre présente et analyse les résultats obtenus à partir des données collectées dans le
cadre de cette étude, qui explore l'impact de l’efficacité de l'audit externe sur la qualité de
l'information financière à Equity-Banque Commerciale du Congo. En s'appuyant sur les
hypothèses formulées et les modèles théoriques discutés dans les chapitres précédents, ce
chapitre examine les relations entre les variables clés, notamment le type de cabinet d'audit, le
niveau de spécialisation, les ressources allouées, et leur influence sur la qualité perçue de
l'information financière. Les résultats sont interprétés à la lumière des théories et des recherches
existantes, offrant ainsi une perspective éclairée sur la validité des hypothèses et les
implications pratiques pour l'amélioration de la qualité des audits dans le secteur bancaire
congolais.

4.2. Modèle de mesure

Dans ce travail, le modèle de mesure joue un rôle crucial en établissant une base pour l'analyse
des relations entre les variables latentes et les éléments observés dans le cadre de l'étude sur
l'impact des stratégies d'audit externe sur la qualité de l'information financière. Ce modèle de
mesure est fondé sur une approche théorique rigoureuse et une analyse statistique approfondie,
visant à confirmer la validité et la fiabilité des variables étudiées. En utilisant le logiciel R et le
package lavaan pour la modélisation par équations structurelles (SEM), nous avons
opérationnalisé douze variables latentes, chacune étant représentée par plusieurs éléments
observés. Cela permet une évaluation plus précise des concepts abstraits, tels que la qualité de
l'audit et la perception de l'information financière, en les reliant à des mesures concrètes
(Rosseel, 2012)

4.3. Contrôle de normalité

Le contrôle de la normalité des données a été un prérequis essentiel avant de procéder à


l'analyse factorielle confirmatrice (AFC). Les tests de normalité, notamment le test de
Kolmogorov-Smirnov pour la normalité multivariée et le test de Shapiro-Wilk pour la normalité
univariée, ont révélé que les données ne suivaient pas une distribution normale. En
75

conséquence, nous avons opté pour la PLS qui est particulièrement adaptée lorsque les données
ne suivent pas une distribution normale, ce qui est cohérent avec nos résultats, afin de garantir
leurs fiabilités. Cette approche statistique rigoureuse a permis de renforcer la validité des
conclusions tirées de ce travail, en assurant que le modèle de mesure soit bien adapté aux
données et aux objectifs de l'étude.

1. Test de normalité

Source : SPSS v29

Les résultats des tests de normalité, notamment le test de Kolmogorov-Smirnov et le test de


Shapiro-Wilk, indiquent que les données ne suivent pas une distribution normale.

1. Rejet de l'hypothèse de normalité : Les valeurs de significativité (Sig.) sont toutes


inférieures à 0,001 pour les deux tests, ce qui implique un rejet de l'hypothèse nulle de
normalité. Cela signifie que les données des variables QIF1 et QIF2 ne suivent pas une
distribution normale.
2. Comparaison des statistiques : Les statistiques des tests de Kolmogorov-Smirnov
(0,365 pour QIF1 et 0,341 pour QIF2) et de Shapiro-Wilk (0,696 pour QIF1 et 0,740
pour QIF2) sont également indicatives d'une déviation significative de la normalité. Ces
résultats confirment que les distributions des données sont loin de la normalité.

2. Test de fiabilité de l’échelle de mesure de la variable dépendante

Source : SmartPLS
Un alpha de Cronbach de 0,744 suggère que les items utilisés pour mesurer la qualité de
l'information financière sont relativement cohérents entre eux. La cohérence interne indique que
les items mesurent bien le construit latente qu'ils sont censés représenter.
76

3. Biais de méthode commun

Dans le cadre de notre étude, nous avons opté pour l'utilisation de la méthode des Moindres
Carrés Partiels (PLS) avec le logiciel SmartPLS, au lieu d'autres méthodes telles que la
Modélisation par Équations Structurelles (SEM) basée sur la méthode de la Vraisemblance
Maximale (MLR). Cette décision est justifiée par plusieurs raisons contextuelles et
méthodologiques.

Premièrement, notre échantillon est composé de 78 individus, réparti entre 57 contrôleurs et 21


auditeurs. Avec un échantillon de cette taille, l'utilisation de la SEM basée sur MLR aurait
nécessité des conditions strictes, notamment une taille d'échantillon plus grande pour garantir la
robustesse et la stabilité des résultats. De plus, les tests de normalité, tels que ceux effectués
avec les tests de Kolmogorov-Smirnov et Shapiro-Wilk, ont révélé que nos données ne
suivaient pas une distribution normale. Cette non-normalité des données pose des défis
supplémentaires pour l'utilisation des méthodes basées sur la vraisemblance maximale, qui sont
sensibles à la distribution des données.

Deuxièmement, nous avons observé un manque de fiabilité de l'alpha de Cronbach pour les
échelles des variables indépendantes et de modération, contrairement à la variable dépendante.
Ce manque de fiabilité remet en question l'aptitude des échelles à représenter adéquatement les
construits latents dans une approche SEM traditionnelle. La PLS, en revanche, est plus adaptée
dans des situations où la fiabilité des mesures est faible ou où les modèles sont complexes et
incluent de nombreux indicateurs par variable latente.

Enfin, la PLS est particulièrement efficace pour les modèles prédictifs, ce qui correspond bien à
notre objectif de comprendre les relations entre l’efficacité de l'audit externe et la qualité de
l'information financière. La flexibilité de la PLS face aux exigences de distribution des données
et aux problèmes de taille d'échantillon la rend plus appropriée pour notre étude, permettant
ainsi d'obtenir des estimations fiables et interprétables malgré les limitations méthodologiques
initiales.

4. Coefficient de cheminement

Le Graphique PLS : Coefficient de cheminement est une représentation visuelle des relations
quantitatives directes entre les variables latentes dans un modèle de Partial Least Squares (PLS)
77

Structural Equation Modeling (SEM). Ce graphique est essentiel pour comprendre l'impact des
variables indépendantes sur les variables dépendantes au sein du modèle (Hair et al., 2019).

Dans ce graphique, les variables latentes sont généralement représentées par des cercles ou des
ellipses, tandis que les relations entre elles sont indiquées par des flèches. Les flèches sont
accompagnées de coefficients de cheminement, qui mesurent la force et la direction des effets
directs des variables indépendantes sur les variables dépendantes (Henseler, Ringle, &
Sinkovics, 2009).

Les coefficients de cheminement, indiqués le long des flèches du graphique, quantifient l'effet
direct d'une variable latente sur une autre. Ces coefficients peuvent être :

 Positifs : indiquant que l'augmentation d'une variable indépendante est associée à une
augmentation de la variable dépendante (Chin, 1998).
 Négatifs : montrant qu'une augmentation de la variable indépendante est associée à une
diminution de la variable dépendante (Hair et al., 2019).

Les valeurs des coefficients de cheminement permettent de comparer les effets directs relatifs
de différentes variables sur la variable dépendante et d'évaluer l'importance de ces relations
dans le modèle global (Henseler et al., 2009).
78

Graphique 1 : Coefficient de cheminement du modèle structurel PLS des variables latentes sur la variable dépendante avec effet des variables de
modération

Source : Élaboré à partir du logiciel SmartPLS


79

Interprétation de l’analyse des coefficients de cheminement modèle structurel

1. Le type de cabinet :

 Familiarité (0,731) : Un effet positif et significatif indique que les cabinets


internationaux ont un impact plus fort sur la familiarité avec l'entreprise,
suggérant que leur expérience et réseau augmentent cette familiarité.
 Ressources allouées (-1,683) : Un effet négatif indique que les ressources
allouées diminuent avec l'appartenance à un réseau international, ce qui pourrait
suggérer une redistribution des ressources vers d'autres priorités.
 Taille de la Banque (0,056) : L'effet est négligeable, ce qui indique que la taille
de la banque n'a pas d'impact significatif sur la relation entre le type de cabinet et
la taille de la banque.

2. Niveau de spécialisation du cabinet :


 Familiarité (-0,230) : Un effet négatif modéré sur la familiarité, suggérant que
la spécialisation peut limiter l'amélioration de la familiarité.
 Ressources allouées (0,854) : Un effet positif important, montrant que les
cabinets spécialisés allouent plus de ressources à l'audit.
 Taille de la Banque (1,307) : Un effet positif très fort indique que les cabinets
spécialisés ont un impact significatif sur la taille de la banque.
3. Nombre d’années d’audit :

 Familiarité (0,120) : Un effet positif, mais modéré, indiquant que la durée de la


relation améliore légèrement la familiarité.
 Ressources allouées (-0,074) : Un effet négatif très faible, suggérant que la
durée de l’audit n’affecte pas significativement les ressources allouées.
 Taille de la Banque (0,113) : Un effet positif modéré sur la taille de la banque,
indiquant une relation limitée, mais significative.

4. Spécialisation sectorielle du cabinet :

 Familiarité (-0,022) : L'effet est très faible, indiquant que la spécialisation


sectorielle a peu d'impact sur la familiarité.
 Ressources allouées (0,329) : Un effet positif modéré, montrant que les cabinets
spécialisés dans le secteur bancaire allouent plus de ressources.
80

 Taille de la Banque (0,402) : Un effet positif significatif, indiquant que la


spécialisation dans le secteur bancaire a un impact notable sur la taille de la
banque.

5. Durée de la relation d’audit :

 Familiarité (0,056) : Un effet positif, mais faible, indiquant une légère


amélioration de la familiarité avec la durée de la relation.
 Ressources allouées (-0,235) : Un effet négatif modéré, suggérant que plus de
temps n'entraîne pas nécessairement une augmentation des ressources allouées.
 Taille de la Banque (0,117) : Un effet positif modéré, montrant que la durée de
la relation a un impact limité sur la taille de la banque.

6. Appartenance à un réseau international (BIG4) :

 Familiarité (0,456) : Un effet positif modéré à élever, indiquant que les BIG4
améliorent significativement la familiarité avec l'entreprise.
 Ressources allouées (-0,155) : Un effet négatif, montrant que les BIG4 ne sont
pas nécessairement associés à une augmentation des ressources allouées.
 Taille de la Banque (-0,302) : Un effet négatif significatif, suggérant que les
BIG4 peuvent être associés à des banques de taille plus petite dans certains cas.

7. Analyse des variables modératrices et de contrôle :

 Familiarité (0,127 avec la qualité de l'information financière) : Effet positif modéré,


indiquant que la familiarité contribue à améliorer la qualité de l'information financière.
 Ressources allouées (0,584 avec la qualité de l'information financière) : Effet positif
fort, suggérant que l'allocation des ressources a un impact important sur la qualité de
l'information financière.
 Taille de la Banque (-0,243 avec la qualité de l'information financière) : Effet
négatif, indiquant que la taille de la banque peut nuire à la qualité de l'information
financière.

En conclusion, les résultats montrent que les ressources allouées par le cabinet d’audit et la
familiarité des auditeurs avec la banque sont les deux facteurs qui influencent le plus la
qualité de l’information financière d’Equity-BCDC. L’efficacité de l’audit est améliorée par
la spécialisation du cabinet et la durée de la relation d’audit, bien que des effets complexes
81

comme la taille de la banque ou l’appartenance à un réseau international puissent modérer


cette influence. Ces résultats illustrent bien l’importance d’un audit externe de qualité pour
garantir des informations financières fiables dans un environnement bancaire.

Tableau 8 : Résumé des tests d’hypothèses

Source : Élaboré à partir du logiciel SmartPLS

Ce tableau est un élément clé de l'analyse des données, car il résume les résultats de manière
concise et aide à interpréter et communiquer les implications de l'étude. Il facilite également la
validation et l'évaluation du modèle théorique, tout en servant de référence pour la discussion
des résultats.
82
83

4.4. Rapprochement des résultats et les hypothèses

Hypothèse 1.1 : Les auditeurs ayant une expertise spécifique dans les normes comptables
et financières propres au secteur bancaire sont plus efficaces dans l'identification des
irrégularités et des risques associés aux opérations bancaires et l’appartenance aux BIG4.

Familiarité avec BIG4 : Coefficient de 0,456 (positif et significatif).

Cette hypothèse est soutenue. Les résultats montrent que Les auditeurs ayant une expertise
spécifique dans les normes comptables et financières propres au secteur bancaire sont plus
efficaces dans l'identification des irrégularités et des risques associés aux opérations bancaires
et l’appartenance à un réseau international améliore la familiarité avec l'entreprise, ce qui
contribue positivement à la qualité de l'information financière.

Hypothèse 1.2 : Les cabinets d’audit spécialisés dans le secteur bancaire disposent de
meilleures compétences pour traiter des problématiques spécifiques liées à ce secteur,
comme la gestion des actifs et passifs bancaires, les risques de crédit, la réglementation
bancaire, et la gestion des liquidités.

Spécialisation sectorielle = Ressources allouées : Coefficient de 0,329 (positif et significatif).

Spécialisation sectorielle =Taille de la banque : Coefficient de 0,402 (positif et significatif).

Cette hypothèse est partiellement soutenue. La spécialisation sectorielle du cabinet est


positivement associée aux ressources allouées et à la taille de la banque, ce qui peut indiquer
que des cabinets spécialisés apportent des bénéfices en termes de qualité de l'information
financière, mais l'effet direct sur la qualité n'a pas été testé directement ici.

Hypothèse 1.3 : La durée de relation d’audit raisonnablement longue permet aux


auditeurs de mieux comprendre les opérations spécifiques et les risques de la banque, ce
qui peut améliorer la qualité de leurs évaluations.

Durée de la relation d’audit = Familiarité : Coefficient de 0,056 (positif, mais faible).

Durée de la relation d’audit = Ressources allouées : Coefficient de -0,235 (négatif, mais


modéré).

Cette hypothèse n'est pas pleinement soutenue. Bien que la durée de la relation d'audit ait un
effet positif faible sur la familiarité, elle n'a pas d'impact significatif sur les ressources allouées,
ce qui limite son effet direct sur la qualité de l'information financière.
84

Analyse des effets indirects et médiation

Familiarité = Qualité de l’information financière

Coefficient : 0,127 (positif, mais modéré).

La médiation par la familiarité est partielle. Une meilleure familiarité contribue légèrement à
améliorer la qualité de l'information financière, soutenant l'hypothèse que des relations plus
solides avec l’auditeur peuvent améliorer la transparence.

Ressources allouées = Qualité de l’information financière

Coefficient : 0,584 (positif et fort).

Cette relation est fortement soutenue. Les ressources allouées par les auditeurs ont un impact
significatif sur la qualité de l'information financière, ce qui confirme que des investissements
plus importants en audit améliorent la précision et la transparence des états financiers.

Taille de la Banque = Qualité de l’information financière

Coefficient : -0,243 (négatif).

Cette relation est négativement significative. La taille de la banque semble avoir un effet
défavorable sur la qualité de l'information financière, ce qui pourrait suggérer des défis
particuliers liés à Equity-BCDC qui compromettent la qualité de ces états financiers.
85

Tableau 9 : Résumé des tests d’hypothèses

Source : Élaboré à partir du logiciel SmartPLS

Les résultats de l'étude sur l’efficacité de l'audit externe à Equity-Banque Commerciale du


Congo révèlent plusieurs conclusions importantes. L'appartenance à un réseau international
(BIG4) améliore significativement la qualité de l'information financière en favorisant une
meilleure familiarité avec l'entreprise, soutenant ainsi l'hypothèse que les grands réseaux d'audit
ont un impact positif. En revanche, bien que la spécialisation sectorielle des cabinets d'audit ait
montré des effets positifs indirects sur les ressources allouées et la taille de la banque, elle n'a
pas été directement mesurée dans son impact. La durée de la relation d’audit, quant à elle, n’a
pas démontré d’impact significatif sur la qualité des états financiers, ce qui contredit
l’hypothèse initiale. Enfin, les ressources allouées à l’audit ont eu une forte influence positive
sur la qualité de l'information financière, tandis que la taille de la banque a eu un effet négatif,
soulignant les défis spécifiques aux grandes institutions financières. Ces résultats soulignent
l'importance des réseaux internationaux et des ressources allouées dans l'amélioration de la
qualité de l'information financière, tout en mettant en lumière les limites de la durée de la
relation d'audit et les défis associés à la taille des institutions.
86

4.4. Conclusion

Les résultats de cette étude ont mis en lumière les relations complexes entre l'efficacité de
l'audit externe et la qualité de l'information financière d'Equity-Banque Commerciale du Congo.
Il ressort que les ressources allouées par le cabinet d’audit jouent un rôle prépondérant dans
l’amélioration de la qualité de l’information financière, suivies par la familiarité des auditeurs
avec l’institution. La spécialisation sectorielle des cabinets d'audit et la durée de la relation
d’audit se sont également avérées être des facteurs déterminants qui renforcent l’efficacité de
l’audit externe. Cependant, certains effets modérateurs comme la taille de la banque ou
l'appartenance à un réseau international ont montré des impacts négatifs sur la qualité de
l’information financière, ce qui souligne les défis spécifiques auxquels les grandes institutions
bancaires peuvent être confrontées en matière de transparence financière.

Ces résultats soulignent l'importance d’un audit externe bien structuré et de l'allocation
suffisante de ressources pour garantir des audits approfondis et pertinents. En somme, cette
étude montre que les audits externes sont plus efficaces lorsqu’ils sont réalisés par des auditeurs
familiers avec la banque et spécialisés dans le secteur bancaire, tout en tenant compte de la
complexité inhérente à la taille de l'institution.

Le chapitre suivant se concentrera sur la discussion des résultats, en mettant en perspective ces
conclusions par rapport aux hypothèses initiales de l’étude et à la littérature existante. Il s’agira
également de tirer des recommandations pratiques et des implications théoriques pour améliorer
encore la qualité des audits et des informations financières dans le secteur bancaire.
87

CHAPITRE 5 : DISCUSSION DES RÉSULTATS

5.1. Introduction

Ce chapitre est consacré à la discussion des résultats obtenus dans l’étude sur l’efficacité de
l’audit externe et la qualité de l’information financière d’Equity-Banque Commerciale du
Congo. Nous examinerons ces résultats à la lumière des théories explicatives abordées dans le
cadre conceptuel et en les comparant aux études antérieures dans le domaine. En particulier,
nous analyserons comment ces résultats confirment ou contredisent les théories de l'agence et
de la signalisation, ainsi que les recherches empiriques sur le rôle des auditeurs spécialisés et
sur la durée de la relation d’audit.

L'une des contributions majeures de cette étude réside dans l'approfondissement de la


compréhension des facteurs spécifiques qui influencent l’efficacité de l'audit externe dans le
secteur bancaire, notamment dans le contexte des pays en développement comme la République
Démocratique du Congo. Cette étude permet de clarifier le rôle des variables comme la
spécialisation sectorielle des cabinets, la familiarité des auditeurs, et les ressources allouées, qui
ont montré un impact significatif sur la qualité de l'information financière. Ces résultats ajoutent
de la profondeur aux recherches antérieures en identifiant des nuances importantes dans les
environnements économiques complexes et régulés.

Ce chapitre discutera également des implications managériales des résultats, en fournissant des
recommandations concrètes aux gestionnaires de banques et aux auditeurs externes. L'allocation
de ressources suffisantes à l'audit et le choix d’auditeurs spécialisés apparaissent comme des
leviers essentiels pour renforcer la qualité de l’information financière. Enfin, les implications
pratiques pour les régulateurs bancaires et les investisseurs seront également abordées, en
soulignant l'importance de promouvoir des pratiques d'audit rigoureuses et adaptées aux
spécificités des institutions financières dans des contextes émergents.
88

5.2. Discussion des résultats par rapport à la littérature

La discussion des résultats de cette étude vise à examiner les relations entre l’efficacité de
l'audit externe et la qualité de l'information financière d’Equity-Banque Commerciale du
Congo, en mettant en relation ces résultats avec les théories et les approches définies dans la
revue de littérature. Les résultats obtenus apportent un éclairage précieux sur l'impact des
différents aspects de l'audit externe, tels que le type de cabinet, la spécialisation sectorielle, et la
durée de la relation d’audit, en comparaison avec les critères définis par les recherches
antérieures (DeAngelo, 1981; Abughazaleh et al., 2015; Teoh & Wong, 1993; DeFond &
Zhang, 2014).

1. Type de cabinet d'audit et appartenance à un réseau international (BIG4)

Les résultats confirment que l’appartenance à un réseau international, comme le groupe des Big
4, influence significativement la qualité de l’information financière, notamment à travers la
familiarité des auditeurs avec l’entreprise. Ce constat corrobore les conclusions de DeAngelo
(1981) et Palmrose (2016), qui soulignent que les grands cabinets d'audit, grâce à leur
réputation et à leurs vastes ressources, ont tendance à fournir des audits de meilleure qualité.
Les résultats montrent cependant un faible impact de la taille de la banque sur la qualité de
l'audit, ce qui contraste avec les études de Francis et Yu (2009), qui suggèrent que les grandes
institutions bénéficient généralement d'audits plus rigoureux en raison de leur capacité à attirer
des auditeurs de renom. Ce contraste pourrait s'expliquer par le fait que dans des
environnements plus complexes, comme celui de la RDC, d'autres facteurs tels que les
ressources allouées jouent un rôle plus crucial que la simple taille de l'institution.

2. Spécialisation sectorielle des cabinets d'audit

L'étude confirme que la spécialisation sectorielle des cabinets d'audit a un effet positif sur la
qualité de l'information financière, principalement à travers les ressources allouées et la taille de
la banque. Cela soutient les conclusions de Teoh et Wong (1993) et DeFond & Zhang (2014),
qui indiquent que les cabinets spécialisés dans un secteur particulier, ici le secteur bancaire,
possèdent une expertise plus approfondie et sont donc en mesure de fournir des audits plus
pertinents. Cependant, un effet négatif a été observé sur la familiarité, ce qui pourrait indiquer
que la spécialisation ne conduit pas nécessairement à une relation plus proche entre l'auditeur et
l'entreprise, comme le prévoyait Duff (2004). Cela pourrait s'expliquer par une séparation claire
entre la rigueur technique et la proximité relationnelle, où la spécialisation ne compense pas le
manque de contact prolongé.
89

3. Durée de la relation d’audit

Contrairement aux études antérieures qui suggèrent qu'une relation d'audit plus longue améliore
la qualité des audits grâce à une meilleure familiarité avec l’entreprise (Abughazaleh et al.,
2015), cette étude a montré que la durée de la relation d'audit n'a pas eu d'impact significatif sur
la qualité de l'information financière. Ce résultat inattendu pourrait indiquer que dans le
contexte d'Equity-BCDC, d'autres facteurs tels que les ressources allouées et la spécialisation
du cabinet d’audit jouent un rôle plus important que la longévité de la relation. Une autre
explication possible est que, dans les environnements complexes et en évolution rapide, la
familiarité liée à la durée de la relation d’audit ne suffit pas à garantir un audit de qualité sans
des ressources et une expertise spécifique.

4. Ressources allouées à l'audit

Les résultats montrent que les ressources allouées par le cabinet d’audit (en termes de temps et
d’honoraires) ont un impact significatif et positif sur la qualité de l’information financière, ce
qui est cohérent avec les conclusions de Palmrose (2016). Cette étude confirme que les
investissements accrus dans l’audit sont essentiels pour garantir un examen approfondi et
améliorer la qualité des états financiers. Cela renforce l’idée que les banques, particulièrement
dans les environnements complexes comme celui de la RDC, doivent allouer des ressources
importantes pour s’assurer de la qualité des audits. Ce résultat est en ligne avec la théorie de
l'agence, qui soutient que la qualité de l'audit est un mécanisme essentiel pour réduire les
conflits d'agence entre les dirigeants et les actionnaires en garantissant la transparence des états
financiers.

5. Taille de la banque

L'effet négatif observé de la taille de la banque sur la qualité de l'information financière


contraste avec les études précédentes (Francis & Yu, 2009), qui suggèrent que les grandes
banques, avec leurs ressources plus importantes, attirent des auditeurs de grande qualité et
bénéficient donc de meilleures pratiques d'audit. Ce résultat pourrait être attribué à la
complexité accrue des grandes institutions bancaires, qui nécessitent des audits plus
sophistiqués et personnalisés pour gérer les multiples risques associés à la taille. Dans ce
contexte, la théorie des parties prenantes aide à expliquer que les grandes institutions bancaires,
en raison de leur impact sur de nombreux acteurs, sont confrontées à des attentes plus élevées
90

en matière de qualité d’audit, mais que des audits standard ne suffisent pas toujours à répondre
à cette complexité.

En résumé, cette discussion montre que l'efficacité de l'audit externe est influencée par divers
facteurs tels que la spécialisation du cabinet, les ressources allouées et la familiarité des
auditeurs avec l’institution bancaire. Ces résultats confirment certaines théories clés, telles que
la théorie de l'agence, tout en révélant des dynamiques propres au contexte des grandes banques
dans les pays en développement.

5.3. Contribution de l’étude

Cette étude apporte plusieurs contributions significatives sur les plans théorique, empirique, et
pratique.

Sur le plan théorique, elle enrichit la littérature sur l'audit externe et la qualité de l'information
financière, en particulier dans le secteur bancaire et dans le contexte des pays en développement
comme la République Démocratique du Congo. Elle approfondit la compréhension des facteurs
qui influencent l'efficacité de l'audit externe, notamment la spécialisation sectorielle des
cabinets, la familiarité des auditeurs avec l'institution, et les ressources allouées à l'audit. En
intégrant les théories de l'agence et des parties prenantes, l'étude offre un cadre analytique qui
examine comment l'audit externe réduit les asymétries d'information et améliore la transparence
financière dans des environnements complexes.

Sur le plan empirique, cette étude fournit des preuves basées sur le cas d'Equity-Banque
Commerciale du Congo, révélant des nuances spécifiques à l'audit dans un contexte bancaire en
développement. Par exemple, contrairement à certaines études antérieures, les résultats
montrent que la durée de la relation d'audit n'a pas eu d'impact significatif sur la qualité de
l'information financière, soulignant ainsi le rôle crucial des ressources allouées et de la
spécialisation sectorielle. L'étude révèle également des défis particuliers pour les grandes
institutions bancaires, où la complexité accrue peut nuire à la qualité des audits si ceux-ci ne
sont pas adaptés à la taille de l'institution.

Sur le plan pratique, cette étude offre des recommandations concrètes aux gestionnaires
bancaires et aux auditeurs. Elle met en évidence l'importance d'investir dans les audits en
allouant des ressources suffisantes pour améliorer la qualité des états financiers. De plus, elle
souligne la nécessité pour les régulateurs de promouvoir la spécialisation sectorielle des
auditeurs, particulièrement dans des secteurs aussi complexes que la banque, afin de garantir
91

des audits de qualité. Enfin, l'étude fournit des insights utiles aux investisseurs et aux parties
prenantes, en renforçant l'idée que des audits externes rigoureux augmentent la confiance dans
la gouvernance et la performance financière des institutions auditées.

5.4. Implications managériales

Les implications managériales de cette étude pour les banques sont centrées sur l’importance
d’allouer des ressources adéquates pour garantir des audits externes de qualité. Les résultats
montrent que plus un audit est bien financé, en termes de temps, d’honoraires et d’expertise,
plus la qualité de l'information financière produite est élevée. Pour les banques, cela signifie
qu'il est essentiel de collaborer étroitement avec les cabinets d'audit et de s'assurer que ces
derniers disposent des moyens nécessaires pour mener des audits approfondis. De plus, les
banques doivent prêter attention à la spécialisation sectorielle des auditeurs choisis, car les
cabinets ayant une expertise spécifique dans le secteur bancaire sont mieux placés pour
comprendre et évaluer les risques financiers propres à ce secteur. En investissant dans des
audits de qualité, les banques améliorent leur gouvernance financière, renforcent la confiance
des investisseurs, et réduisent les risques de non-conformité réglementaire.

Pour les cabinets d'audit, les implications managériales de cette étude soulignent l’importance
de développer une spécialisation sectorielle afin de répondre aux besoins spécifiques des
banques, surtout dans des environnements complexes comme le secteur bancaire. Les cabinets
devraient consacrer plus de ressources à leurs audits dans ces secteurs, non seulement pour
garantir un travail de qualité, mais aussi pour renforcer leur réputation et attirer de nouveaux
clients dans le secteur bancaire. Par ailleurs, cette étude met en lumière l'importance de
maintenir une familiarité adéquate avec les clients tout en garantissant l'indépendance
nécessaire à un audit objectif. Cela implique d'investir dans des équipes spécialisées et de
mettre en place des procédures rigoureuses pour assurer que les audits restent efficaces, même
dans des relations à long terme avec les clients.

5.5. Conclusion

Ce chapitre a mis en perspective les résultats de l’étude sur l’efficacité de l’audit externe et la
qualité de l’information financière d’Equity-Banque Commerciale du Congo. En confrontant
ces résultats aux théories de l’agence et des parties prenantes, ainsi qu’aux études antérieures, il
ressort que des facteurs tels que les ressources allouées par le cabinet d’audit et la spécialisation
sectorielle des auditeurs jouent un rôle essentiel dans l’amélioration de la qualité des états
92

financiers. Par contre, la durée de la relation d’audit, traditionnellement perçue comme un


facteur d’amélioration, n’a pas montré d’effet significatif dans cette étude, ce qui remet en
question certaines hypothèses classiques de la littérature sur l’audit.

L’étude contribue de manière significative à la littérature en explorant le cas spécifique d’une


banque commerciale opérant dans un pays en développement, apportant ainsi de nouvelles
perspectives sur l’audit bancaire dans des contextes complexes. Elle souligne également
l’importance de l’allocation des ressources à l’audit et la nécessité de développer une expertise
sectorielle, des éléments souvent sous-estimés dans les études traditionnelles. Sur le plan
managérial, l’étude fournit des recommandations concrètes pour les banques et les cabinets
d’audit, soulignant l'importance d’investir dans des audits rigoureux et spécialisés afin de
garantir la transparence et la qualité des informations financières.
93

CONCLUSION GÉNÉRALE

Cette étude avait pour objectif principal d'examiner l'impact de l'efficacité de l’audit externe sur
la qualité de l’information financière d’Equity-Banque Commerciale du Congo, une institution
bancaire majeure opérant dans un environnement économique et financier complexe en
République Démocratique du Congo. En se basant sur les théories de l’agence et des parties
prenantes, l’étude a cherché à comprendre dans quelle mesure des facteurs tels que la
spécialisation sectorielle des cabinets d’audit, la familiarité des auditeurs avec la banque, et les
ressources allouées à l’audit influencent la précision, la transparence et la fiabilité des états
financiers. Ces objectifs visaient à éclairer les pratiques d’audit dans un contexte bancaire
particulier, où la qualité des informations financières est cruciale pour maintenir la confiance
des parties prenantes et assurer une bonne gouvernance.

La méthodologie adoptée s’est appuyée sur une approche quantitative avec l’utilisation de la
méthode des Moindres Carrés Partiels (PLS). Cette méthode a permis de modéliser les relations
entre les différentes variables de l’étude, en incluant à la fois des variables modératrices comme
la spécialisation des auditeurs et des variables de contrôle telles que la taille de l’entreprise. Les
données ont été collectées à partir des états financiers d’Equity-BCDC et d’informations sur les
audits externes réalisés entre 2018 et 2024. En combinant ces données avec les résultats issus de
modèles de régression, l'étude a pu tester les hypothèses formulées et établir des relations
significatives entre les variables d’intérêt.

Les résultats obtenus montrent que les ressources allouées par le cabinet d’audit et la familiarité
des auditeurs avec la banque sont les deux facteurs les plus influents sur la qualité de
l’information financière. En outre, la spécialisation sectorielle des auditeurs améliore la qualité
des audits, tandis que la durée de la relation d’audit n’a pas eu d’impact significatif, ce qui va à
l’encontre des résultats des études antérieures. La taille de la banque a également eu un impact
négatif, suggérant que la complexité accrue des grandes institutions bancaires peut poser des
défis supplémentaires aux auditeurs, nécessitant des ajustements dans les pratiques d'audit. Ces
résultats apportent un éclairage sur les dynamiques spécifiques au secteur bancaire dans un
environnement en développement.

Les contributions de cette étude sont multiples. Sur le plan théorique, elle enrichit la littérature
en intégrant des variables spécifiques aux environnements bancaires complexes et en revisitant
94

certaines hypothèses classiques sur l’audit externe. Empiriquement, l’étude apporte des preuves
concrètes sur l’importance des ressources allouées et de la spécialisation sectorielle des cabinets
d’audit dans la qualité des informations financières. Cette étude contribue également à la
recherche sur les pratiques d’audit dans les pays en développement, un domaine souvent sous-
exploré dans les travaux existants. Enfin, sur le plan pratique, les résultats fournissent des bases
solides pour améliorer la gouvernance des institutions financières grâce à un audit externe
renforcé.

Les implications managériales de l’étude sont particulièrement pertinentes pour les banques et
les cabinets d’audit. Les banques, en particulier, doivent allouer des ressources suffisantes pour
garantir des audits de qualité et s’assurer de collaborer avec des auditeurs ayant une
spécialisation sectorielle adéquate. Pour les cabinets d’audit, l’étude montre l’importance de
développer des compétences spécialisées et de maintenir un équilibre entre la familiarité avec le
client et l’indépendance nécessaire pour réaliser un audit objectif. Ces recommandations sont
d'autant plus cruciales dans un contexte économique en développement où les pratiques de
gouvernance et de transparence doivent être renforcées pour assurer la confiance des
investisseurs et des régulateurs.

Toutefois, cette étude présente certaines limites qui doivent être prises en compte.
Premièrement, l’analyse s’est concentrée sur une seule institution bancaire, ce qui limite la
généralisation des résultats à d’autres banques ou secteurs d’activité. De plus, bien que les
données couvrent une période de six ans (2018-2024), les dynamiques à plus long terme ou les
évolutions récentes des pratiques d’audit pourraient ne pas avoir été capturées. Enfin, la
méthodologie basée sur le PLS, bien qu’adaptée pour des échantillons de petite taille, a ses
propres limites en termes de précision des résultats.

Ces limites ouvrent la voie à des perspectives intéressantes pour des recherches futures. Il serait
pertinent d’étendre l’analyse à un plus grand nombre de banques ou d’institutions financières
dans différents pays en développement, afin de tester la robustesse des résultats obtenus. De
plus, une étude comparative entre des environnements économiques stables et ceux en
développement permettrait de mieux comprendre les facteurs qui influencent la qualité des
audits externes dans des contextes variés. Enfin, des recherches supplémentaires pourraient
explorer l’impact des nouvelles technologies sur l’efficacité des audits externes, en particulier
avec l’essor des technologies de l’information et des audits automatisés, qui transforment
progressivement les pratiques traditionnelles d’audit.
95

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103

ANNEXES

QUESTIONNAIRE D’ENQUÊTE SUR L’IMPACT DE L’EFFICACITÉ


D’AUDIT EXTERNE SUR LA QUALITÉ DE L’INFORMATION
FINANCIÈRE

Cher(e) participant(e),

Nous vous remercions de prendre le temps de participer à cette enquête. Cette étude vise à
examiner l'impact des stratégies d’audit externe sur la qualité de l'information financière au sein
de l'Equity-Banque Commerciale du Congo (EQUITYBCDC). Vos réponses seront strictement
confidentielles et utilisées uniquement à des fins de recherche académique.

Veuillez répondre aux questions suivantes en vous basant sur votre expérience et vos
observations concernant les audits effectués pour EQUITYBCDC.

Partie 1 : Informations générales

1. Quel est votre rôle au sein de l'organisation ?

o Auditeur interne

o Auditeur externe

o Responsable financier

o Autre (précisez) : __________


2. Depuis combien de temps travaillez-vous avec EQUITYBCDC ?

o Moins de 1 an

o 1 à 3 ans

o 4 à 6 ans

o Plus de 6 ans

Partie 2 : Caractéristiques des Auditeurs

3. L’audit externe réalisé pour EQUITYBCDC est effectué par un cabinet :

o Appartenant aux BIG4 (Deloitte, PwC, EY, KPMG)


104

o Local

o Autre (précisez) : __________


4. Quel est le niveau de spécialisation du cabinet d’audit dans le secteur bancaire ?

o Haute (Cabinet a plus de 50% de ses clients dans le secteur bancaire)

o Moyenne (Cabinet a entre 20% et 50% de ses clients dans le secteur


bancaire)

o Faible (Cabinet à moins de 20% de ses clients dans le secteur bancaire)

o Non applicable
5. Combien d’années le cabinet d’audit a-t-il audité EQUITYBCDC ?

o Moins de 1 an

o 1 à 3 ans

o 4 à 6 ans

o Plus de 6 ans

Partie 3 : Qualité de l’Information financière

6. Sur une échelle de 1 à 5, comment évalueriez-vous la qualité des informations


financières publiées par EQUITYBCDC ?

o 1 - Très faible

o 2 - Faible

o 3 - Moyenne

o 4 - Bonne

o 5 - Excellente
7. Dans quelle mesure pensez-vous que les erreurs et fraudes détectées par l’audit
externe ont été correctement corrigées dans les états financiers ?

o Pas du tout corrigées

o Peu corrigées
105

o Partiellement corrigées

o Majoritairement corrigées

o Totalement corrigées

Partie 4 : Influence de l’efficacité d’Audit externe

8. Dans quelle mesure la spécialisation sectorielle du cabinet d’audit influence-t-elle


la qualité des informations financières publiées par EQUITYBCDC ?

o Pas du tout

o Peu

o Moyennement

o Fortement

o Extrêmement
9. Quelle est l'influence de la durée de la relation d’audit entre EQUITYBCDC et le
cabinet d’audit sur la qualité des informations financières ?

o Pas du tout influente

o Peu influente

o Moyennement influente

o Fortement influente

o Extrêmement influente
10. L’appartenance du cabinet d’audit à un réseau international (BIG4) a-t-elle un
impact sur la qualité des informations financières ?

o Pas du tout

o Peu

o Moyennement

o Fortement

o Extrêmement
106

Partie 5 : Variables médiatrices et modératrices

11. Dans quelle mesure la familiarité de l’auditeur avec EQUITYBCDC influence-t-


elle la qualité des informations financières ?

o Pas du tout

o Peu

o Moyennement

o Fortement

o Extrêmement
12. Comment évalueriez-vous les ressources allouées à l’audit externe (honoraires,
nombre d’heures) par rapport à l’amélioration de la qualité des informations
financières ?

o Pas du tout adéquates

o Peu adéquates

o Moyennement adéquates

o Adéquates

o Très adéquates
13. La taille de la banque influence-t-elle l’efficacité d’audit externe sur la qualité de
l’information financière ?

o Pas du tout

o Peu

o Moyennement

o Fortement

o Extrêmement

Partie 6 : Commentaires et Suggestions

14. Avez-vous des commentaires supplémentaires sur l’efficacité des audits externes et
leur impact sur la qualité des informations financières chez EQUITYBCDC ?
107

……………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………

15. Quelles suggestions pourriez-vous faire pour améliorer la qualité de l'information


financière chez EQUITYBCDC ?

……………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………..

Merci beaucoup pour votre participation à cette enquête. Vos réponses sont précieuses pour la
réussite de cette recherche.

Tableau 1: Synoptique des réponses auprès des enquêtés


AB
AABC SSCABC FAMBC RESSBC TAILLEB
QIF1 QIF2 CAU SSCA IDRABCDC ACARIBIG RBCDC CD
DC DC DC DC CDC
C
5 5 1 3 4 3 3 5 4 4 4 4 2
4 4 1 3 4 4 4 3 1 4 4 3 3
4 3 1 3 4 4 4 3 1 3 4 2 4
4 4 1 4 3 3 4 3 1 2 4 2 4
5 4 1 4 4 4 4 3 1 4 5 5 5
4 4 1 4 4 5 3 4 3 4 4 5 5
4 4 1 4 4 4 4 3 1 4 5 5 5
5 4 1 4 4 4 5 3 1 3 4 5 5
5 4 1 4 2 5 4 3 4 2 4 5 5
5 5 1 4 3 4 4 5 4 3 5 5 5
5 5 1 4 4 5 4 5 4 4 5 5 5
5 5 1 4 3 4 4 5 4 3 4 5 5
4 4 1 4 3 4 4 3 1 3 3 5 5
4 4 1 4 3 4 4 3 1 3 4 5 5
4 4 1 4 3 4 4 3 1 3 4 5 5
4 4 2 4 4 3 4 5 1 3 4 2 4
4 4 1 4 3 4 4 3 1 3 3 5 5
5 5 1 4 1 5 4 2 1 1 3 5 5
4 4 1 4 4 5 5 4 2 4 4 3 5
4 3 1 3 4 4 4 3 4 4 4 4 5
4 4 1 4 4 5 5 5 2 1 4 3 5
5 5 1 4 4 5 4 3 3 4 4 5 5
5 5 1 4 4 4 4 3 3 3 3 5 5
4 5 1 3 3 5 4 2 4 3 4 5 5
4 4 1 4 4 5 4 3 4 3 4 5 5
4 4 1 3 4 5 4 3 4 4 4 5 5
5 4 1 4 4 4 4 2 4 4 3 5 5
4 4 1 4 4 4 4 3 4 4 4 5 4
4 4 1 4 4 5 3 3 4 4 3 5 5
4 5 1 3 3 5 4 3 4 3 5 5
4 4 1 4 4 4 4 3 4 3 3 5 5
4 4 1 4 4 4 4 3 4 3 4 5 5
108

4 4 1 4 4 4 4 3 4 4 3 5 5
5 5 1 4 4 5 4 4 4 1 4 5 5
5 5 1 4 4 3 3 3 3 4 4 5 5
3 3 1 3 4 3 3 4 3 4 4 3 3
3 5 1 4 3 3 3 4 4 3 4 2 3
5 5 1 3 2 4 4 4 4 3 4 4 1
4 4 1 4 3 4 4 3 4 3 4 5 5
5 5 1 4 4 5 4 3 4 3 3 5 5
5 4 1 4 4 5 4 3 4 3 4 4 5
4 4 1 4 4 5 4 4 1 4 4 5 5
4 4 1 4 4 5 4 4 2 4 4 4 5
4 4 1 3 4 3 3 1 4 3 4 4 4
4 4 1 4 4 5 4 3 4 4 4 5 5
5 5 1 4 3 4 4 5 4 3 4 5 5
4 4 1 4 3 4 4 3 1 3 3 5 5
4 4 1 4 3 4 4 3 1 3 4 5 5
4 4 1 4 3 4 4 3 1 3 4 5 5
4 4 2 4 4 3 4 5 1 3 4 2 4
4 4 1 4 3 4 4 3 1 3 3 5 5
5 5 1 4 1 5 4 2 1 1 3 5 5
4 4 1 4 4 5 5 4 2 4 4 3 5
4 3 1 3 4 4 4 3 4 4 4 4 5
4 4 1 4 4 5 5 5 2 1 4 3 5
5 5 1 4 4 5 4 3 3 4 4 5 5
5 5 1 4 4 4 4 3 3 3 3 5 5
4 5 1 3 3 5 4 2 4 3 4 5 5
5 5 1 3 4 3 3 5 4 4 4 4 2
4 4 1 3 4 4 4 3 1 4 4 3 3
4 3 1 3 4 4 4 3 1 3 4 2 4
4 4 1 4 3 3 4 3 1 2 4 2 4
5 4 1 4 4 4 4 3 1 4 5 5 5
4 4 1 4 4 5 3 4 3 4 4 5 5
4 4 1 4 4 4 4 3 1 4 5 5 5
5 4 1 4 4 4 5 3 1 3 4 5 5
5 4 1 4 2 5 4 3 4 2 4 5 5
5 5 1 4 3 4 4 5 4 3 5 5 5
5 5 1 4 4 5 4 5 4 4 5 5 5
5 5 1 4 4 4 4 3 3 3 3 5 5
4 5 1 3 3 5 4 2 4 3 4 5 5
5 5 1 4 3 4 4 5 4 3 5 5 5
5 5 1 4 4 5 4 5 4 4 5 5 5
5 5 1 4 3 4 4 5 4 3 4 5 5
4 4 1 4 3 4 4 3 1 3 3 5 5
4 4 1 4 3 4 4 3 1 3 4 5 5
4 4 1 4 3 4 4 3 1 3 4 5 5
4 4 2 4 4 3 4 5 1 3 4 2 4

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