Catalyse Hétérogène - Mode Action Catalyseurs
Catalyse Hétérogène - Mode Action Catalyseurs
: J1250 V2
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réaction chimique
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Catalyse hétérogène
Mode d’action des catalyseurs
par Michel GUISNET
Professeur à l’Université de Poitiers
Laboratoire de Catalyse en Chimie Organique (UMR CNRS 6503)
et Claude NACCACHE
Directeur Émérite CNRS
Institut de Recherches sur la Catalyse, CNRS, Villeurbanne
1.4 Commentaires.............................................................................................. — 5
2. Propriétés physiques des catalyseurs ................................................ — 5
2.1 Mesure de la surface spécifique Sg ........................................................... — 5
2.2 Caractérisation de la porosité..................................................................... — 5
3. Chimisorption et activité catalytique ................................................ — 6
3.1 Force d’adsorption et activité catalytique. Principe de Sabatier ............. — 6
3.2 Classification des catalyseurs..................................................................... — 6
3.3 Dénombrement des sites actifs [3] [10] ..................................................... — 7
4. Propriétés catalytiques et leur caractérisation ............................... — 7
4.1 Méthodes de caractérisation ...................................................................... — 7
4.2 Mesure de l’activité en réacteur isotherme à lit fixe ................................ — 8
4.3 Sélectivité [11] .............................................................................................. — 9
4.4 Stabilité. Durée de vie d’un catalyseur ...................................................... — 10
5. Équations cinétiques des réactions de catalyse hétérogène ...... — 10
5.1 Vitesse des étapes élémentaires ................................................................ — 11
5.2 Équation de la vitesse de la réaction ......................................................... — 11
6. Préparation et mise en œuvre des catalyseurs ............................... — 12
6.1 Choix du catalyseur ..................................................................................... — 12
6.2 Élaboration des catalyseurs........................................................................ — 12
6.3 Réacteurs catalytiques industriels [2] [3]................................................... — 13
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. J 1 250
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1. Caractéristiques générales
Énergie potentielle
1.1 Qu’est-ce qu’un catalyseur ?
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Es
Le catalyseur ouvre donc à la réaction un chemin nouveau, plus
facile (l’activation nécessaire est plus faible (figure 1 a)), cycle inin- Ea
terrompu d’étapes élémentaires de combinaison catalyseur-réactifs, A ∆Ha
de transformation des espèces produites et de régénération du cata- ∆Hr
B
lyseur (figure 1 b). AS Ed
∆Hd
■ Cette définition appelle quelques commentaires.
BS
● Le catalyseur ne figurant pas dans l’équation stœchiométrique
de la réaction qu’il accélère ne modifie pas ses caractéristiques ther-
modynamiques. Il ne peut donc rendre possible une réaction ther-
modynamiquement impossible dans les conditions choisies. Une États du système
autre conséquence importante du point de vue pratique est qu’un
catalyseur de l’étape directe d’une réaction réversible est aussi a Évolution de l'énergie potentielle du système réactionnel
catalyseur de l’étape inverse (un catalyseur d’hydrogénation est
aussi catalyseur de déshydrogénation, etc.).
● Dans les conditions opératoires choisies, le (ou les) réactif(s)
peut(vent) fréquemment subir plusieurs transformations thermody- A AS
namiquement possibles.
1 A+S AS Chimisorption
Exemple : l’isopropanol pourra se déshydrater en propène, se dés-
hydrogéner en acétone, etc.
S 2 AS BS Réaction superficielle
Un catalyseur n’augmente pas la vitesse de toutes ces transfor- B 3 BS B + S Désorption
mations mais spécifiquement l’une d’entre elles : BS
Exemple : un catalyseur acide tel que l’alumine favorisera la dés-
hydratation de l’isopropanol, un métal tel que le cuivre sa déshydrogé- b Cycle catalytique
nation.
Cet effet orienteur est souvent aussi important que l’effet accélé- S : site actif
rateur. AS, BS : réactif A et produit B chimisorbés
● Bien que le catalyseur n’apparaisse pas dans les produits Ea, Es, Ed, Er : énergies d'activation de la chimisorption de A,
finaux, sa durée de vie n’est pas illimitée ; en effet, comme on le de la réaction superficielle, de la désorption de B et de la réaction
verra plus loin (§ 4.4), il peut être altéré physiquement ou chimique- thermique
ment, perdant plus ou moins rapidement son activité. ∆Ha, ∆Hd, ∆Hr : enthalpies de chimisorption de A, de désorption de B
et de la réaction de réarrangement
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Film de gaz
Les réactions catalytiques sont classées en deux grandes catégo-
ries selon que le catalyseur est soluble dans le milieu réactionnel
(catalyse homogène) ou ne l’est pas (catalyse hétérogène). Dans ce
dernier cas, le catalyseur est généralement solide, le milieu
réactionnel gaz ou liquide et la réaction catalytique se produit sur la Phase gaz
surface du solide. C’est pourquoi les étapes chimiques du cycle cata- homogène
lytique prennent des dénominations spécifiques : 3
2 4
1
— chimisorption ou adsorption chimique pour la combinaison
réactif(s) catalyseur (étape 1, figure 1 b) ; 5 6
— réaction superficielle pour la transformation des espèces
chimisorbées (étape 2, figure 1 b) ;
— désorption du produit avec régénération du catalyseur 7
(étape 3, figure 1 b).
1. Diffusion de A à travers la couche gazeuse qui stagne
La chimisorption étant une véritable réaction chimique, seules autour d'un grain (diffusion externe).
certaines espèces présentes à la surface du solide catalyseur pour- 2. Diffusion de A dans les pores du grain (diffusion interne).
ront, de façon adéquate, chimisorber les molécules de réactif ; ces 3. Chimisorption de A sur les sites actifs.
4. Transformation de l'espèce chimisorbée (réaction
espèces sont appelées sites actifs. superficielle).
La vitesse de la réaction (ou l’activité du catalyseur) qui s’exprime 5. Désorption de B des sites actifs.
6. Diffusion dans les pores de B jusqu'à la frontière du grain
en quantité de réactif transformé par unité de masse du catalyseur (diffusion interne).
et par unité de temps (exemple : mol · s−1 · g−1 au laboratoire ou
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Si les constantes de vitesse de diffusion sont grandes devant la ■ Adsorption chimique ou chimisorption
constante de vitesse de la réaction, il n’y aura aucun gradient de Il s’agit d’une véritable réaction chimique : il y a formation entre
concentration : les molécules et les sites actifs de surface, de liaisons identiques à
celles des liaisons chimiques dans les molécules. Ses caractéristi-
Cint = Cext = Cb
ques sont donc identiques à celles des réactions : grande spécificité,
chaleur d’adsorption et énergie d’activation élevées. La chimisorp-
La transformation catalytique est limitée par l’acte chimique
tion est une étape essentielle de la réaction catalytique : l’adsorption
(régime chimique), les caractéristiques cinétiques (ordre de réac-
chimique d’au moins l’un des réactifs est une condition nécessaire
tion, énergie d’activation) étant celles de celui-ci.
de l’activité catalytique (postulat de Taylor).
Si au contraire, la constante de vitesse de la réaction est grande Schématiquement, on distingue deux types de chimisorption
devant l’une ou l’autre des constantes de vitesse de diffusion, la selon que les molécules à adsorber sont saturées ou insaturées.
transformation catalytique est limitée par la diffusion interne ou
● Dans le premier cas, la chimisorption est dissociative, c’est-à-
externe (régime diffusionnel). Les caractéristiques cinétiques sont
alors différentes : ainsi l’énergie d’activation mesurée sera proche dire qu’elle se fait avec dissociation de la molécule, les fragments
de zéro si la réaction est limitée par la diffusion externe ou de la moi- formant des liaisons avec les sites actifs de la surface.
tié de l’énergie d’activation de l’acte chimique si elle est limitée par Exemple : chimisorption de l’hydrogène ou des alcanes sur le
la diffusion interne. En régime diffusionnel, la concentration au voi- platine :
sinage des sites actifs Cint est inférieure à la concentration en phase H
fluide Cb et la vitesse est donc plus faible que si les sites opéraient à H 2 + Pt ⎯ Pt ! 2
la concentration Cb. Pour quantifier l’effet des limitations diffusion- Pt
nelles, on introduit le coefficient d’efficacité, rapport entre la vitesse
mesurée et celle attendue pour Cint = Cb. H3 C
Les réactions étant généralement exo- ou endothermiques, des H
limitations au transport de chaleur peuvent se superposer aux limita- CH 3 ⎯ CH 3 + Pt ⎯ Pt ! H 2 C +
Pt
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tifier. Les méthodes de la chimie organique : marquage isotopique, am la surface occupée par une molécule adsorbée,
effets de structure permettent d’obtenir des informations essentiel-
les. VM le volume d’une mole d’adsorbat mesuré dans
les mêmes conditions que le volume adsorbé,
Exemple simple : il s’agit de celui des isomérisations de position et
cis trans des butènes. Les informations obtenues en utilisant du m la masse de solide catalyseur utilisé pour
butène-2 cis deutérié en position allylique (D6) ou en position vinylique l’adsorption.
(D2) : L’adsorbat utilisé est généralement l’azote, la température
d’adsorption étant 77 K c’est-à-dire sa température d’ébullition sous
CH ⎯
⎯CH ( D6 ) CD ⎯
⎯CD ( D2 ) pression atmosphérique (P0), et am est égal à 0,162 nm2.
CD 3 CD 3 CH 3 CH 3
Les isothermes d’adsorption ont été classées par Brunauer et al.
[7] en cinq groupes caractéristiques [5]. Pour le premier groupe qui
à savoir échange (ou non) de deutérium entre le réactif et le catalyseur, correspond à des solides microporeux, la physisorption se limite à
effet isotopique et leur position (allylique ou vinylique) ont permis d’éta- une monocouche (isotherme de Langmuir) et Vm est aisément tiré
blir les mécanismes d’isomérisation sur divers oxydes : alumine, silice- de l’isotherme V en f(P/P0). Pour les autres isothermes, la physisorp-
alumine, magnésie etc. [6]. tion ne se limite pas à la monocouche. La méthode développée par
Enfin les méthodes de la chimie théorique permettent de préciser Brunauer, Emmet et Teller (méthode BET), qui tient compte de
le mécanisme de réactions simples de catalyse hétérogène. l’adsorption multicouche, conduit à l’équation suivante :
P
------------------------- = ( 1 ⁄ c V m ) [ 1 + ( c – 1 )P ⁄ P 0 ]
1.4 Commentaires V ( P0 – P )
du solide catalyseur ; cette surface doit donc être très grande, ce que à l’inverse de la somme α + Or.
l’on obtient par création de pores lors de la préparation du cataly-
seur. Outre les étapes chimiques, le cycle catalytique comprend des
étapes de transfert de matière et de chaleur de la phase fluide à la
surface et inversement. La limitation éventuelle de la réaction par 2.2 Caractérisation de la porosité
ces étapes a un effet important et souvent négatif sur l’activité, la
sélectivité et la stabilité du catalyseur.
La catalyse hétérogène est caractérisée par une grande spécificité La porosité des catalyseurs solides est caractérisée par leur
dans l’interaction des molécules de réactif et de produit avec le volume poreux et par la distribution en taille de leurs pores. Les
solide : leur chimisorption sur les sites actifs. La compréhension de pores sont classés en trois catégories :
la réaction catalytique requiert entre autres : — micropores (rayon r < 1 nm) ;
— de bien connaître la surface du catalyseur et plus particuliè- — mésopores (1 nm < r < 25 nm) ;
rement les caractéristiques du système poreux et des sites actifs ; — macropores (r > 25 nm).
— d’identifier les espèces adsorbées intermédiaires ce qui peut
se faire directement (méthodes spectroscopiques) ou indirectement
(marquage isotopique des réactifs ou de leur surface...) ;
2.2.1 Mesure du volume poreux
— d’établir un modèle cinétique de la réaction.
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3. Chimisorption et activité Des courbes de type volcan ne sont pas trouvées pour toutes les
réactions et tous les catalyseurs ; cela peut être dû à une gamme
catalytique trop limitée de stabilité des espèces chimisorbées ne permettant
d’observer que le versant montant (stabilités trop faibles) ou des-
cendant (stabilités trop élevées) de la courbe volcan, aux impréci-
sions dans la mesure des activités des catalyseurs neufs dues à leur
désactivation, etc.
3.1 Force d’adsorption et activité
catalytique. Principe de Sabatier
3.2 Classification des catalyseurs
La chimisorption des molécules, et en particulier leur chimisorp-
tion dissociative diminue la hauteur de la barrière d’activation de la
réaction et constitue une étape clé de la catalyse hétérogène. Des Une première classification des catalyseurs a été proposée par
corrélations entre activité catalytique et propriétés d’adsorption Roginskii qui divise les solides actifs en deux grandes catégories
(force notamment) sont donc attendues. [1] :
— les conducteurs du courant électrique : métaux, semi-conduc-
Le principe de Sabatier [8] permet de rationaliser le maximum
teurs qui sont actifs dans les réactions d’oxydoréduction. Leur
parfois obtenu dans les diagrammes représentant l’activité catalyti-
action catalytique peut être liée à un rôle de réservoir d’électrons
que en fonction d’une grandeur représentant la stabilité des inter-
qu’ils peuvent fournir ou retirer aux réactifs ;
médiaires adsorbés (courbe volcan). Cette grandeur peut être la
chaleur d’adsorption d’un des réactifs, la chaleur de formation de — les isolants qui catalysent des réactions généralement attri-
composés massiques similaires aux espèces chimisorbées, une pro- buables aux acides ou aux bases en catalyse homogène : isomérisa-
priété électronique du catalyseur (exemple pourcentage de tion, déshydratation, craquage, etc. L’action catalytique est reliée
caractère d des métaux) ou plus simplement encore la position de aux propriétés acido-basiques de leur surface.
l’élément catalytique dans la classification périodique. L’exemple
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différentes faces cristallines d’un cristal métallique montrent sou- liques présents en surface. L’utilisation de CO est plus délicate car
vent des activités catalytiques différentes. plusieurs modes de chimisorption peuvent coexister.
Les séries des métaux de transition (tableau 1) dont les couches d Exemple : dans le cas du nickel métallique, les formes Ni ⎯ CO ,
se remplissent d’électrons avec le nombre atomique du métal for- Ni2CO et Ni(CO)2 existent.
ment avec l’hydrogène des liaisons covalentes M ⎯ H de moins en
moins fortes. Les métaux du début de chaque série formeront des La chimisorption d’oxygène est également utilisée, notamment
liaisons M ⎯ H fortes et en accord avec le principe de Sabatier, ces dans la méthode de titration hydrogène-oxygène. Cette méthode,
métaux sont peu ou pas actifs dans les réactions d’hydrogénation. sensible et simple, fait intervenir des étapes de chimisorption
Les métaux en fin de série à couche d presque pleine d’électrons d’hydrogène, d’oxygène, de titration de l’oxygène adsorbé en sur-
(exemple : Ni, Pd, Pt) forment des liaisons M ⎯ H moins fortes et face par l’hydrogène :
sont d’excellents catalyseurs.
(0) Pt s ⎯ O + 3 ⁄ 2 H 2 → Pt s ⎯ H + H 2 O
5d Hf Ta W Re Os Ir Pt Au D = 6vm/(amd)
liaison est N2 < H2 < CO < C2H4 < C2H2 < O2.
4. Propriétés catalytiques
3.2.2 Exemple 2. Solides acides et leur caractérisation
La surface des oxydes métalliques contient des groupes M ⎯ OH
qui sont ionisés en M ⎯ O – H + ce qui génère une acidité protonique
H+, ou en M+OH− générant une basicité. La surface des oxydes pré- 4.1 Méthodes de caractérisation
sente parfois des ions métalliques à couche d’électrons incomplète
qui adsorbent les bases par liaison de coordination dative. Ces ions
sont des sites acides de Lewis. Les oxydes acides les plus utilisés La qualité d’un catalyseur est définie par son activité, sa sélecti-
sont dans l’ordre d’acidité décroissante de leurs sites protoniques : vité et sa stabilité.
les silices, les alumines, les silices-alumines, les zéolithes. Souli- Pour les fabricants et les utilisateurs de catalyseurs, l’objectif est
gnons que l’acidité des silices et des alumines peut être fortement d’évaluer leur qualité par des tests représentatifs du procédé
augmentée par fluoration ou chloration. Ainsi les alumines forte- industriel. La mise en œuvre de ces tests doit être facile et rapide.
ment chlorées sont des acides très forts capables de catalyser à Un compromis doit donc être trouvé entre ces conditions
basse température (100 ˚C en dessous des zéolithes les plus acides) nécessairement antagonistes, ce compromis étant d’autant plus
l’isomérisation des alcanes légers. Il existe d’autres solides forte- difficile que les transformations sont complexes et les conditions
ment acides : la zircone sulfatée SO 42– ⁄ ZrO 2 , l’oxyde de tungstène opératoires sévères ; c’est notamment le cas pour les procédés du
supporté sur zircone WO3/ZrO2, les hétéropolyacides H3PW12O40, raffinage pétrolier. Ainsi, le test standard développé pour évaluer
H3PMo12O40. les catalyseurs de craquage (ASTM D3907-03 [13]) approche assez
bien les conditions opératoires du procédé (charge, température,
etc.), mais pour des raisons de simplicité, il est mis en œuvre dans
un réacteur différent du réacteur industriel (réacteur à lit fixe au
3.3 Dénombrement des sites actifs [3] lieu du réacteur à lit fluide entraîné). Pour d’autres procédés tels
[10] que les hydrotraitements, le reforming, etc., le réacteur et les con-
ditions opératoires (pression d’hydrogène élevée, conversion éle-
vée, etc.) du test d’évaluation sont identiques à ceux du procédé
La concentration en sites superficiels potentiellement actifs d’un industriel, mais on cherche à remplacer la charge complexe par
catalyseur est une information particulièrement importante. Elle des réactifs modèles.
permet notamment de déterminer la fréquence de rotation, c’est-à- Au laboratoire, l’approche est quelque peu différente. Il s’agit sou-
dire l’activité des centres actifs. Les principales méthodes vent de corréler propriétés physico-chimiques et propriétés catalyti-
employées pour dénombrer les sites actifs sont présentées ci-après ques et d’établir ainsi un guide pour la synthèse de nouveaux
sur l’exemple des catalyseurs métalliques. matériaux catalytiques efficaces, sélectifs et stables. Les catalyseurs
à caractériser sont généralement en poudre et disponibles en faible
La concentration superficielle en sites métalliques est souvent quantité, ce qui impose l’utilisation de microréacteurs. De nom-
déterminée par chimisorption spécifique d’un gaz. La chimisorption breux types de réacteurs peuvent être utilisés : réacteurs fermés
dissociative de H2 est le plus souvent utilisée : (exemple : autoclave), réacteurs continus à lit fixe ou à lit fluidisé,
réacteurs chromatographiques pulsés, etc., pour mesurer l’activité,
2 Pt + H 2 → 2 Pt ⎯ H la sélectivité et la stabilité des catalyseurs. Le réacteur à lit fixe iso-
therme, peu coûteux et de mise en œuvre facile est très fréquem-
À partir du nombre de molécules de H2 chimisorbé par gramme ment choisi ; ce réacteur peut être utilisé à faible conversion
de métal, on calcule la concentration d’atomes métalliques de sur- (réacteur différentiel) ou sur une très large gamme de conversion
face et la dispersion D, définie comme la fraction d’atomes métal- (réacteur intégral).
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Conversion
constantes dans toute section droite normale à l’écoulement, ne 1
dépendant que d’un seul paramètre d’espace mesuré axialement
dans le sens de l’écoulement [2] [3].
L’équation caractéristique du réacteur piston se tire du bilan
matière effectué sur une tranche de lit fixe contenant une masse dm
de catalyseur (figure 4 a). Soit par exemple, la transformation d’un XA
réactif A. En régime permanent, le bilan pour ce réactif s’écrit : Pente dXA / dτ = rA / MA
∫
X AS
m dX A
--------- = ----------- = τ ′ (3) ou :
F A0 0 rA X AS
τ = M A ----------- (7)
rA
avec τ′ proportionnel au temps de contact réactif-
catalyseur.
La vitesse spatiale horaire peut aussi être exprimée par le rap-
Si le taux de conversion en sortie XAS est faible (inférieur à 10 %), port du débit volumique et du volume de lit catalytique (VVH).
la concentration de A donc la vitesse rA peuvent être considérées
comme quasi constantes dans tout le réacteur et l’équation (3)
s’écrit : Dans la pratique, on trace fréquemment la courbe donnant XA en
f(τ) pour des conditions de température et de pression définies
m X AS (figure 4 b). Les tangentes à cette courbe permettent d’obtenir la
τ ′ = --------- = ----------- (4) vitesse de réaction pour chaque valeur de la conversion. La partie
F A0 rA initiale de la courbe généralement linéaire représente le fonctionne-
ment du réacteur en régime différentiel ; la tangente à l’origine
soit : donne la vitesse dite initiale.
Si l’évolution de la vitesse avec les concentrations des réactifs
X AS F A0 X AS (ordres de réaction, etc.), donc avec le taux de conversion XA, est
rA = ----------- = --------------------- (5) connue, on peut intégrer l’équation (6), exprimer XA en fonction du
τ′ m temps de contact τ et déduire des résultats expérimentaux la valeur
de la constante de vitesse de la réaction. Au laboratoire, l’activité
La vitesse de réaction (ou l’activité du catalyseur) peut donc être des catalyseurs est souvent caractérisée par cette constante de
obtenue très simplement avec ce réacteur différentiel. vitesse et son évolution avec la température.
Dans les expressions (3) et (4), on remplace fréquemment le débit Par exemple, soit la réaction en phase gaz A ! B mise en œuvre
molaire de A par son débit massique. Le rapport de ce débit massi- à température et pression constante (Pt) dans un réacteur à lit fixe.
que horaire et de la masse de catalyseur est appelé PPH (vitesse A est introduit pur dans le réacteur (Pt = PA0) avec un débit molaire
spatiale horaire) et son inverse souvent appelé temps de contact τ FA0. La réaction se faisant sans changement du nombre de moles, le
(exprimé en h, en réalité en h · kg catalyseur · kg−1 réactif). Pour les débit global F = FA + FB est constant dans tout le réacteur et égal à
réacteurs intégral [équation (6)] et différentiel [équation (7)], on a : FA0. Pour obtenir l’expression de XA en f(τ), il faut remplacer rA dans
l’équation (6) par une fonction de XA, ce qui impose de connaître les
ordres de réaction. Supposons ceux-ci égaux à l’unité. L’équation de
∫
X AS
dX A
τ = MA ----------- (6) vitesse s’écrit :
0 rA
rA = k 1 P A − k 2 P B (8)
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!
A
!
I
Figure 5 – Évolution de la conversion avec le temps de travail TOS.
Valeurs de la conversion choisies pour obtenir l’activité du catalyseur — et/ou par transformation des produits désirés (réactions
neuf (N) et l’activité en régime (R) successives) :
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A ! D ! I
où PA = Pt(1 − XA) et PB = PtXA Les deux types de réaction peuvent coexister (réactions mixtes).
soit :
Outre qu’elles diminuent le rendement en produits désirés, ces
rA = Pt[k1(1 − XA) − k2XA] (9) réactions indésirables imposent la mise en œuvre de procédés de
séparation très coûteux, économiquement et écologiquement. C’est
Si on soustrait de l’équation (9) la vitesse d’équilibre thermodyna- pourquoi la sélectivité devient souvent le premier critère de choix
mique (rA)e = 0, on obtient : d’un catalyseur.
rA = Pt[k1 + k2](XAe − XA) (10) La sélectivité d’une transformation (ou d’un catalyseur utilisé
pour celle-ci) est chiffrée simplement : par S1 le rendement en
où k1 + k2 peut être remplacé par : produit désiré par rapport au réactif transformé ou encore par S2,
le rapport des rendements en produit désiré et en produit secon-
k1(K + 1)/K
daire.
avec K la constante d’équilibre thermodynamique. Exemple : pour une conversion de A de 60 % dont 57 % en D et
L’introduction de rA dans l’expression (6) et son intégration con- 3 % en I, la sélectivité S1 sera de 57/60 = 0,95 ou 95 % c’est-à-dire que
duit à : 95 % de A transformé l’a été en produit désiré.
La sélectivité S2 sera égale à 57/3 = 19 montrant que A s’est trans-
k1 1 + K formé 19 fois plus en produit désiré qu’en produit secondaire.
ln X Ae ⁄ ( X Ae – X A ) = --------- ------------- τ (11)
MA K S1 et S2 sont liées par la relation :
La pente de la droite lnXAe /(XAe − XA) en f(τ) permet donc d’obte- 1/S2 = 1/S1 − 1
nir la valeur de k1 (et celle de k2).
Pour améliorer la sélectivité d’un catalyseur, il est essentiel de
L’expression de X en f(τ) est généralement plus compliquée ; en connaître l’origine des produits indésirables, en particulier de savoir
effet, les réactions sont souvent bimoléculaires, l’un des réactifs s’ils sont cinétiquement primaires ou secondaires, c’est-à-dire s’ils
étant utilisé en excès ; elles peuvent se faire avec variation du nom- résultent ou non de la transformation directe du réactif. Cette infor-
bre de moles ce qui complique l’expression des pressions d’actifs Pi mation se déduit de la pente des tangentes à l’origine des courbes
(réactifs, produits) en fonction de X ; les ordres de réaction changent de rendement en produit (ou conversion partielle du réactif en pro-
avec les pressions partielles (§ 5.2) ce qui conduit à des expressions duit) en fonction du temps de contact (exemple figure 6). Si la
plus compliquées de rA en f(Pi). courbe part avec une tangente nulle, cela signifie que le produit est
Une remarque importante concerne l’effet du temps de travail sur cinétiquement secondaire, si la tangente est positive, le produit est
l’activité (§ 4.4). Dans le cas général, une désactivation rapide du cinétiquement primaire. Les courbes de rendement en fonction de la
catalyseur est observée initialement suivie d’une désactivation conversion peuvent aussi être utilisées, mais la précision est sou-
beaucoup plus lente et quasi linéaire (figure 5). L’activité d’un cata- vent plus faible.
lyseur peut donc dépendre beaucoup du temps de travail choisi
■ Une remarque essentielle est que la sélectivité dépend générale-
pour sa détermination. Très fréquemment, l’activité est estimée à
ment du taux de conversion. Cela est particulièrement évident lors-
partir des valeurs de conversion obtenues par extrapolation à temps
que le schéma réactionnel est successif (exemple figure 6 a) :
zéro de la partie linéaire de la courbe (figure 5) ; cette activité dite
activité en régime ne correspond pas à l’activité du catalyseur neuf : — à faible conversion, la sélectivité S1 est voisine de 100 % (la
elle ne prend pas en compte l’activité des sites actifs les plus sensi- sélectivité S2 infinie) ;
bles à la désactivation. Par ailleurs, le temps zéro est souvent pris — à taux de conversion élevé, S1 devient plus grande pour les
comme le temps auquel est démarrée l’injection du mélange produits indésirables que pour les produits désirés.
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k1 ϕ = At /A0
k1 k2 D
a A D I b A
k2 I rapport des activités au temps t et au temps zéro en f(t), par exemple
ϕ = exp−αt.
Évolutions des pourcentages en réactif A, produit désiré D et produit La détermination des activités étant difficile, le rapport At /A0 est
indésirable I dans le mélange A, D, I en fonction du temps de contact τ souvent remplacé par le rapport des conversions Xt /X0 ; cette appro-
(courbes du haut). che de la stabilité d’un catalyseur est très imparfaite, car, pour un
Évolutions des pourcentages de D et I et de la sélectivité S1 avec la même catalyseur, le rapport Xt /X0 dépend beaucoup du domaine de
conversion de A (XA) (courbes du bas).
conversion considéré. En effet, la relation activité-conversion
Pour les deux réseaux réactionnels, on a choisi :
dépend du niveau de conversion ; ainsi la formation de coke et la
k1/k2 = 2.
désactivation correspondante peut être secondaire, donc plus mar-
quée à forte qu’à faible conversion, etc.
Figure 6 – Réactions irréversibles consécutives a et parallèles b Par ailleurs, la variable temps n’est pas représentative car
l’importance des phénomènes responsables de la désactivation
évolue avec le temps de travail. Ainsi la désactivation de la forma-
tion de coke est généralement très rapide. C’est pourquoi la fonc-
Dans le cas très particulier où le schéma réactionnel est constitué tion de désactivation n’est plus exprimée en f (t), mais en f (% C), la
de réactions parallèles irréversibles d’ordre identique, la sélectivité teneur en coke, et que deux fonctions de désactivation sont
ne dépend pas du taux de conversion. Ainsi pour l’exemple de la définies, l’une pour la réaction principale, l’autre pour la formation
figure 6 b, la sélectivité S1 en produit désiré est toujours égale à de coke [11].
66,7 % (2/3), la sélectivité S2 à 2. Mais la plupart des schémas réac-
tionnels parallèles comportent des réactions réversibles et/ou
d’ordre différent et la sélectivité dépend alors du taux de conver-
sion. Il est donc essentiel de comparer les sélectivités des cataly-
seurs pour des taux de réaction identiques. Il faut d’ailleurs noter 5. Équations cinétiques
que cette comparaison devrait être réalisée pour diverses valeurs de
taux de conversion, des réactions indésirables non observées à fai- des réactions de catalyse
ble ou moyenne conversion pouvant apparaître aux taux de conver-
sion élevés auxquels opèrent généralement les réacteurs hétérogène
industriels. Une solution plus élégante consiste à établir le schéma
réactionnel complet et à estimer les valeurs des constantes de
vitesse de toutes les réactions. La sélectivité d’un catalyseur peut On montre ici comment, sur la base d’un mécanisme réactionnel,
alors être quantifiée par le rapport des constantes de vitesse des c’est-à-dire de la succession des étapes élémentaires du cycle cata-
réactions désirées et indésirables. Cette méthode ne peut toutefois lytique, l’étape cinétiquement limitante étant connue, on établit
être utilisée que pour des schémas réactionnels simples. l’équation cinétique de la réaction r = f(Pi). La comparaison aux
résultats expérimentaux obtenus en absence de limitations diffu-
sionnelles (régime chimique) permet de valider le mécanisme si
celui-ci est connu ou de déterminer le(s) mécanisme(s) le(s) plus
4.4 Stabilité. Durée de vie d’un catalyseur probable(s). La première approche est la plus fréquemment suivie,
la référence aux mécanismes de catalyse homogène, la caractérisa-
tion directe ou indirecte des espèces intermédiaires chimisorbées
La désactivation des catalyseurs provient principalement : permettant souvent de proposer un (ou quelques) mécanisme(s) de
— de leur dégradation thermique (exemple, frittage) ; réaction.
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A + S ! AS avec :
La vitesse de l’étape directe (adsorption) est proportionnelle à la r s = k s θ A1 θ B2 – k s′θ C1 ( 1 – Σ θ i2 )
pression de A (P) et à la fraction de surface libre (1 − θ), la vitesse de
l’étape inverse (désorption) à la fraction de surface occupée par A Remarquons que dans les deux cas, la réaction superficielle ne
(θ = θA) et la vitesse nette d’adsorption s’écrit : peut se produire que si les sites d’adsorption sont adjacents ; les
constantes de vitesse contiennent donc non plus la concentration
ra = kaP(1 − θ) − kdθ (12)
totale en sites, mais la concentration en paires de sites adjacents.
où ka = ka0 exp[− Ea /RT] et kd = kd0 exp[− Ed /RT] La réaction superficielle peut aussi ne faire intervenir qu’une des
espèces A ou B chimisorbées, l’autre venant de la phase gaz :
avec Ea et Ed les énergies d’activation pour l’adsorption et la
désorption, AS + B ! CS
ka0 et kd0 proportionnels à la concentration des sites actifs. avec :
Pour une surface énergétiquement homogène (sites identiques), r s = k s θ A P B – k s′ θ C
les énergies d’activation et l’enthalpie d’adsorption − ∆Ha = Ed − Ea
sont indépendantes de la couverture de surface θ. À l’équilibre
d’adsorption, ra est nulle, ce qui conduit à l’équation de l’isotherme
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Dans le cas d’une réaction monomoléculaire A ! B , la réaction Les étapes d’adsorption et désorption étant pratiquement équili-
s’écrit : brées, les fractions de surface occupées par A et par B s’écrivent :
k1 θA = KAPA/(1 + KAPA + KBPB)
AS ! BS
k2
et :
sa vitesse étant égale à : θB = KBPB/(1 + KAPA + KBPB)
r s = k s θ A – k s′ θ B
ks KA PA k s′K B P B
Pour une réaction bimoléculaire telle que A + B ! C , la réaction r = ---------------------------------------------- – ---------------------------------------------- (15)
superficielle peut faire intervenir les deux espèces chimisorbées 1 + KA PA + KB PB 1 + KA PA + KB PB
(mécanisme de Langmuir Hinshelwood). Ces deux espèces peuvent
être chimisorbées sur des sites identiques : Le premier terme correspond à la vitesse de la réaction directe, le
second à celle de la réaction inverse. Si le produit B est très forte-
AS + BS ! CS + S ment adsorbé (KB très grand), le dénominateur devient égal à KBPB
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5.2.2 Exemple 2. Réaction bimoléculaire Il existe souvent une diversité de méthodes et de matières pre-
A+B ! C mières pour la préparation des produits complexes que sont les
catalyseurs industriels. Fort heureusement, des étapes identiques
On se limitera ici au cas d’une réaction superficielle limitante. dites opérations unitaires se retrouvent dans les méthodes utilisées
Quatre mécanismes sont possibles selon que la réaction superfi- [2]. L’ordre des opérations unitaires dépend du type de catalyseur
cielle fait intervenir A et B chimisorbées sur les mêmes sites (a), ou préparé :
sur des sites différents (b) ou que seul A (c) ou B (d) sont — catalyseurs massiques (exemple : chromite de cuivre utilisé en
chimisorbées, l’autre réactif venant de la phase fluide. Des équa- hydrogénation des huiles végétales) et supports (alumines, silices,
tions cinétiques différentes sont trouvées pour chacun des silice-alumines, zéolithes) ;
mécanismes (voir ci-dessous pour les vitesses initiales r0) : — catalyseurs imprégnés sur supports préformés ; le premier
rôle du support est de disperser la phase active (exemple : cataly-
k s K A K B P A0 P B0 seurs d’hydrogénation) ; toutefois dans certains procédés (exemple
a) r 0 = ----------------------------------------------------------2- reforming), les sites acides du support jouent un rôle catalytique et
( 1 + K A P A0 + K B P B0 ) les réactions se produisent par catalyse bifonctionnelle.
La préparation des catalyseurs est illustrée ci-après par des exem-
k s K A K B P A0 P B0 ples choisis dans les deux catégories de catalyseurs.
b) r 0 = -----------------------------------------------------------------
( 1 + K A P A0 ) ( 1 + K B P B0 )
6.2.1 Oxydes métalliques massiques
k s K A P A0 P B0
c) r 0 = ---------------------------------- Les oxydes métalliques sont obtenus par décomposition thermi-
1 + K A P A0
que de l’hydroxyde correspondant (opération unitaire de calcina-
tion). L’hydroxyde M(OH)n résulte de la précipitation d’une solution
k s K A P A0 P B0 du sel métallique MnXm par une solution basique :
d) r 0 = ----------------------------------
1 + K B P B0 Mn+ + n (OH)− → M(OH)n
La comparaison de ces expressions mises sous forme linéaire : r0 Au cours de la précipitation se forment des particules colloïdales
en f(PA0) à PB0 constant (ou inversement) permet de choisir le qui seront chargées positivement à pH faible et négativement à pH
mécanisme qui rend le mieux compte des résultats expérimentaux. élevé. La vitesse de condensation qui dépend du pH contrôle la
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dimension des grains de l’hydroxyde. La préparation d’oxydes mix- 6.3 Réacteurs catalytiques industriels [2]
tes SiO2-Al2O3, NiAl2O4 procède de la même méthodologie.
Néanmoins, il faut s’assurer que la précipitation des deux hydroxy-
[3]
des se produit simultanément. La technique sol-gel est bien adaptée
à la préparation d’hydroxydes simples ou mixtes. Elle consiste à
hydrolyser, dans des conditions appropriées, une solution d’un 6.3.1 Choix du type d’écoulement
alcoxyde métallique :
Les réacteurs industriels utilisés pour les transformations par
Si(OR)4 + 4 H2O → Si(OH)4 + 4 ROH catalyse hétérogène sont généralement continus. Deux cas idéaux
de réacteurs continus ont été définis [4] : réacteur à écoulement pis-
ton et réacteur parfaitement agité ; dans le premier décrit au
Il y a alors formation d’une solution colloïdale limpide par paragraphe 4.2 sur l’exemple d’un réacteur isotherme à lit fixe, le
condensation tridimensionnelle de l’acide orthosilicique. Par mélange réactionnel progresse dans le réacteur par tranches paral-
agglomération des micelles, cette solution colloïdale limpide se lèles et indépendantes ; en régime permanent, le temps de traver-
transforme en gel. Le séchage du gel dans des conditions ordinai- sée du réacteur (c’est-à-dire le temps de contact τ réactif/catalyseur)
res (formation d’un xérogel) rapproche les particules constitutives est le même pour chacune des ces tranches. Dans le second, l’agita-
diminuant par conséquent le volume poreux intersticiel. Un tion est si efficace que les molécules de réactif introduites se retrou-
séchage à température supérieure à la température critique de vent immédiatement à un endroit quelconque du réacteur, y
l’eau (formation d’un aérogel) permet de conserver une porosité compris à sa sortie ; certaines molécules sortent donc immédiate-
plus importante. ment τ = 0, d’autres restent indéfiniment dans le réacteur τ = ∞. Par
ailleurs, la concentration des réactifs chute brutalement de sa valeur
La calcination à l’air est généralement réalisée à une température d’entrée à celle de sortie. Ce réacteur est donc moins efficace que le
supérieure à celles de la réaction catalytique et de la régénération. réacteur piston ; il est également moins sélectif. C’est pourquoi la
Cette calcination permet d’obtenir la structure souhaitée : ex. pas- plupart des réacteurs industriels essaie d’approcher le comporte-
sage successif avec la température de calcination de l’alumine η ment d’un réacteur à écoulement piston. Notons toutefois l’intérêt
(cubique) à l’alumine θ (monoclinique) et à l’alumine α (hexago-
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La mise en forme du catalyseur peut être réalisée en même temps Le réacteur à lit fixe est le réacteur catalytique le plus utilisé. Dans
sa forme la plus simple, il est constitué d’un tube rempli de grains
que le séchage par les techniques de coagulation en goutte (oil
de catalyseurs disposé en lit fixe à travers lequel les réactifs gazeux
drop) ou par atomisation (spray-drying) ou après traitement thermi-
ou liquides s’écoulent. Différents types de grain peuvent être
que plus ou moins poussé (pastillage, extrusion).
utilisés : pastilles, extrudés, billes, etc. Les diamètres moyens vont
de 2 à 10 mm, le diamètre minimal étant limité pour éviter des per-
tes de charge trop importantes, le diamètre maximal pour éviter les
6.2.2 Métaux supportés limitations au transfert de matière et de chaleur. Pour la purification
catalytique des gaz (d’échappement automobile ou de cheminées),
les problèmes de pertes de charges ont conduit à l’introduction de
L’objectif est d’obtenir une concentration élevée en sites actifs catalyseurs de type monolithes avec des canaux parallèles.
sur la surface donc une dispersion très grande du métal. La pre- Si le catalyseur se désactive par cokage, on peut le soutirer en
mière étape est l’imprégnation du support par une solution d’un continu du lit de catalyseur pour le régénérer et le réinjecter en
précurseur de l’espèce active. L’imprégnation peut se faire sans entrée. Si la désactivation n’est pas trop rapide des réacteurs à lit
interaction ou avec interaction (ex. échange d’ions), l’interaction mobile lent sont utilisés (exemple : reforming régénératif). Si la
conduisant à une meilleure dispersion du précurseur [2]. Suivant désactivation est très rapide (exemple : craquage catalytique), un
le précurseur et le support, les réactions d’échange sont du type réacteur à lit entraîné est alors choisi ; le catalyseur sous forme de
acide-base, acide-sel, base-sel ou sel-sel. Les trois dernières réac- fines particules sphériques (≈ 60 µm de diamètre) est entraîné par le
tions, qui sont équilibrées, conduisent à une meilleure distribu- mélange réactionnel et circule du réacteur au régénérateur et vice et
tion du précurseur dans les grains de catalyseurs. Ainsi versa.
l’introduction du platine dans les zéolithes (Z) se fait générale-
ment par échange de leur forme ammoniée par des cations com-
plexes [Pt(NH3)4]2+ : 6.3.2 Thermicité de la réaction et choix du réacteur
ka
Les réacteurs à lit fixe peuvent être adiabatiques ou non adiabati-
[ Pt ( NH 3 ) 4 ] s2+ + 2 NH 4+ Z ! [ Pt ( NH 3 ) 4 ] Z2+ + 2 NH 4+ s
ques. La température ayant un effet exponentiel sur la vitesse de
réaction, les réacteurs adiabatiques ne seront utilisés que pour des
La concentration des cations complexes dans la solution (s) réactions faiblement endothermiques ou exothermiques. Ces réac-
n’étant pas nulle, le platine migre peu à peu vers le centre du grain. teurs sont constitués d’un lit fixe uniforme de catalyseur entouré
Cette migration peut être accélérée par l’addition d’ions d’une jaquette extérieure isolante. Ils sont souvent utilisés en série,
ammonium dans la solution qui fait régresser l’équilibre (effet de des échangeurs étant placés entre chaque réacteur pour chauffer ou
compétition). refroidir le mélange réactionnel jusqu’à la température optimale de
fonctionnement.
L’échange de la zéolithe est suivi de la décomposition des cations Pour les réactions très exothermiques ou très endothermiques
complexes par calcination. Le choix des conditions de calcination (surtout si l’énergie d’activation est élevée), des échangeurs sont
(débit d’air, programme de température) est particulièrement disposés directement dans le lit fixe. L’arrangement le plus usuel est
important, de mauvaises conditions de calcination conduisant à la le réacteur multitubulaire à lit fixe ; les tubes remplis de catalyseur
formation d’espèces labiles du Pt et, par conséquent, à son agglo- sont réchauffés ou refroidis par le fluide caloporteur qui circule
mération. La calcination est suivie d’une réduction ; les conditions autour de ces tubes. Pour des réactions exothermiques, des systè-
opératoires de cette activation influent assez peu sur la dispersion mes autothermiques comprenant un réacteur à lit fixe couplé à un
du platine. échangeur à contre-courant peuvent être réalisés.
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P
O
U
Catalyse hétérogène R
Mode d’action des catalyseurs E
par Michel GUISNET N
Professeur à l’Université de Poitiers
Laboratoire de Catalyse en Chimie Organique (UMR CNRS 6503)
Claude NACCACHE
et
Directeur Émérite CNRS
Institut de Recherches sur la Catalyse, CNRS, Villeurbanne
S
A
V
Données économiques O
I
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(0)
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