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Texte Commentaire Corrigé

Le document analyse le thème de la prison dans l'œuvre de Jean Marie Adiaffi, mettant en lumière la cruauté des régimes dictatoriaux en Afrique post-indépendance. À travers une description poignante des conditions de vie des prisonniers, l'auteur dépeint la déchéance physique et morale de ces derniers, soulignant leur déshumanisation. La force de la description permet de comprendre l'absence de compassion et de dignité réservée aux détenus dans de tels contextes.
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Texte Commentaire Corrigé

Le document analyse le thème de la prison dans l'œuvre de Jean Marie Adiaffi, mettant en lumière la cruauté des régimes dictatoriaux en Afrique post-indépendance. À travers une description poignante des conditions de vie des prisonniers, l'auteur dépeint la déchéance physique et morale de ces derniers, soulignant leur déshumanisation. La force de la description permet de comprendre l'absence de compassion et de dignité réservée aux détenus dans de tels contextes.
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©Révision.2.

0/ Littérature
©La Terminale en ligne
©Classe Télégramme

Séance : Réussir le commentaire composé


Bleu : L’amorce générale
Vert : Présentation du texte
Rouge : Annonce du plan
Introduction
Le thème de la prison a été un thème prédilection pour plusieurs écrivains africains
d’après les indépendances. Ils abordent la plupart de fois ce thème pour dénoncer les régimes
dictatoriaux, qui ont fleuri dans les Etats africains nouvellement indépendants. C’est notamment
dans cet ordre d’idées que s’inscrit, l’écrivain ivoirien Jean Marie Adiaffi, qui nous présente
ce thème dans cet extrait intitulé ‘’La cellule’’, tiré de son roman La carte d’identité, publié en
1980, aux éditions Hatier à Paris. Dans ce texte descriptif, avec une tonalité pathétique et
satirique, le romancier critique les nouveaux chefs d’état, en dénonçant les conditions
misérables dans lesquelles vivent les prisonniers. Ainsi, nous analyserons d’abord, la précision
artistique avec laquelle l’auteur peint la cruauté du régime en place et montrerons ensuite, la
déchéance du prisonnier.

Développement des centres d’intérêt


Dès début du texte, le romancier présente les conditions défavorables dans lesquelles le
prisonnier se trouve, en utilisant un vocabulaire émaillé de figures, traduisant la cruauté du
régime en place. Cela est visible dans la première phrase ‘’ Avec sa tignasse pouilleuse, sa
maigre famélique (…) ses yeux exorbités’’. Avec cette énumération des adjectifs qualificatifs,
l’écrivain présente le régime dans toute sa cruauté. En effet, la description de la cellule dans
laquelle le prisonnier séjourne, est une belle manière pour l’auteur de peindre avec précisions
les conditions délicates du condamné. Pour ce faire, il utilise de l’hyperbole à la ligne n°1 ‘’
ses joues que les larmes’’ afin de laisser voir un prisonnier véritablement torturé. On remarque
également de l’oxymore à la troisième ligne ‘’ cadavre ambulant’’. Cet oxymoron permet à
l’auteur de présenter Mélédouman comme un prisonnier qui a subi toute la colère des geôliers.
Pour donner assez d’exactitude dans cette description de l’attitude sanguinaire du régime
en place, le romancier emploie des adjectifs dépréciatifs qui font du prisonnier un homme
dangereux ‘’ Rebelle, mauvais esprit’’. Ainsi, qualifié tel, le régime devient plus sévère envers
lui. C’est pourquoi il est incarcéré dans ce ‘’ cagibi’’. Une cellule exiguë, qui ‘’empestait’’,
aucune hygiène n’est réservée pour ce ‘’mauvais génie’’. Le choix de ce mot ‘’cagibi’’, un mot
soutenu, n’est pas fortuit. Il permet à l’auteur de donner au lecteur une idée sur l’insensibilité
du régime envers le prisonnier. En plus d’être dans une prison inconfortable, exiguë, le
prisonnier, est victime davantage des tortures morales et physique. Il sera privé de toute
visite, exceptée celle de sa petit fille Ya, âgée d’à peine sept ans. Si le romancier, nous donne
avec précision l’âge de l’enfant, c’est pour laisser voir le degré de la cruauté du régime, qui
n’éprouve aucune pitié envers le prisonnier et de son enfant : c’est une torture morale à
laquelle il assiste. A cela s’ajoute l’emploi de l’antithèse dans la phrase ‘’ Cellule de vérité’’
(ligne 11-12). D’une manière ironique, le romancier montre du doigt des hommes qui
maltraitent sévèrement les prisonniers, en leur mettant ‘’ des chaines aux pieds, menottes aux
poignets’’. Cette énumération, traduit l’ultime cruauté du régime. Le détenu ne bénéficie
d’une indulgence. Il est privé de tout mouvement. Il en est de même au niveau de la ligne 11 à
12, lorsque l’auteur utilise de l’antithèse (vérité… mort), qui permet de susciter l’étonnement
du lecteur sur l’emprisonnement du prisonnier. On constate dès lors que pour donner une image
plus claire de la cruauté du régime en place, le romancier fait recours à plusieurs champs
lexicaux qui caractérisent cette dernière comme l’indique le passage ‘’ ni s’asseoir, ni rester
débout… son dos zébré par les fouets ‘’ (ligne 13-14). Le pluriel utilisé à ce mot ‘’ fouets’’,
témoigne que le prisonnier a été fouetté et maltraité à plusieurs reprises. Ainsi, le romancier,
nous présente de manière claire, un régime qui n’a qu’un seul langage à employer envers son
peuple : celui de la torture.

En dehors de ce tableau sombre traduisant la cruauté du régime en place, le narrateur


présente également la déchéance du prisonnier. Cette décadence du prisonnier se voit à
travers la phrase ‘’ Mélédouman était méconnaissable’’, donc un prisonnier meurtri par les
conditions précaires de la prison. L’hyperbole utilisée à ce niveau sciemment par l’écrivain est
un signe qui marque la décrépitude du prisonnier. Cela se confirme davantage au niveau de
la ligne dix-sept ‘’…laissé pourrir son cagibi. Cet objectif était atteint (…)’’, ce qui fait du
détenu un homme désespéré. Sa déchéance était double, tant physique que morale. Sans doute
à cause de la torture dont il a été objet et qui lui fait perdre tout espoir de se voir un jour
libre. De son corps, il ne reste plus rien, comme l’indique ‘’ sa maigre famélique’’. Son état
était dégradé, voir pénible, il était devenu ‘’un cadavre ambulant’’. Et cela laisse voir, l’état
d’un prisonnier qui ne profite d’aucun de ses droits. Au niveau de la ligne-vingt-un et deux, la
gradation employée à travers les termes ‘’ vers et cafards, pou, blattes…’’, fait du prisonnier
un homme déshumanisé. Il est avili sur tous les plans. Pire, encore, il est animalisé, et traité
comme un animal qui doit ‘’ tout faire sur place’’ et dormir également dans une ‘’maison de
caca’’. Cela se justifie à l’aide du champ lexical de la déchéance employé par l’écrivain.
Mélédouman, était visiblement fini : un homme vieillissant, à statut dégradé,
déshumanisé, et vivant dans une disgrâce totale, en prison.

Conclusion
En définitive, il ressort clairement de ce texte que le prisonnier a été sévèrement
torturé. La cruauté du régime est sans appel. Il a subi une torture physique et morale, sans
aucune allégeance. Ce qui a provoqué sa déchéance totale : il s’est vu déshumanisé. Ce qui est
marquant dans cet extrait, c’est la force de la description. Cela nous a permis de comprendre
que sous les régimes dictatoriaux, les prisonniers n’étaient plus considérés comme des êtres
humains, qui méritent de la compassion, mais plutôt, des ‘’mauvais esprits’’, envers qui, la
pitié n’est pas sollicitée. On leur ôte leur dignité : ils vivent une vie d’enfer carcéral. Tout
comme, Jean Marie Adiaffi, l’écrivain malien, Ibrahim Ly, dans son roman, Toiles d’araignée,
évoque également les conditions humiliantes dans lesquelles vivent les prisonniers.

©Révision.2.0/ Littérature
L’examinateur

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