Table des matières
INTRODUCTION -1-
I. Revue bibliographique -2-
A. Définition -2-
II. Matériels -3-
a. Phase pré-analytique -3-
b. Phase analytique -3-
c. Phase post-analytique -5-
Introduction
Le terme paludisme trouve son origine du latin paludis signifiant « marais », ou encore le
terme malaria employé dans la littérature anglaise provient du terme italien mal’air qui
signifie « mauvais air ». C’est l'une des maladies infectieuses les plus mortelles. Le paludisme
est une parasitose causée par la présence d’hématozoaires dans l’organisme humain. Son
origine remonte à l’Antiquité ; le parasite responsable de cette pathologie est appelé
Plasmodium; il est transmis par la piqûre de moustique du genre Anopheles qui est l’hôte
définitif ainsi que le vecteur de la maladie. Cette épidémie est généralement recensée dans les
zones tropicales et endémiques, comme l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud et l’Amérique
latine.
D’après le dernier rapport mondial de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le
paludisme, on estime à 263 millions le nombre de cas de paludisme en 2023 dans 83 pays
d'endémie, soit une augmentation de 11 millions de cas par rapport à 2022 (OMS, 2024).
Avec 246 millions de cas et 569 000 décès enregistrés entre 2019 et 2023, la région africaine
est celle qui est le plus touchée, selon l’OMS.
Entre les années 2006 et 2012, la République de Djibouti était un pays où le paludisme
sévissait de manière hypo-endémique et où il était même en phase de pré-élimination (Bouh et
al., 2012). Cependant, depuis 2013, le paludisme a réapparu dans le pays et son incidence ne
cesse d'augmenter d'année en année.
Djibouti-ville est la région la plus touchée, enregistrant à elle seule plus de 90 % des cas.
(Mohamed et al., 2024). Nous nous intéresserons aux deux espèces les plus fréquentes
rencontrées à Djibouti : Plasmodium falciparum et Plasmodium vivax.
Dans le cadre de notre étude, l’objectif sera de déterminer leur prévalence chez les patients du
Centre de Soins 1 en comparant les données récoltées pendant la saison chaude (mai à
septembre 2024) et la saison fraîche (octobre 2024 à mars 2025).
I. Revue bibliographique
A. Définition
Le paludisme est une maladie ancienne, probablement présente bien avant que son agent
pathogène ne soit scientifiquement identifié. Des chercheurs ont émis l’hypothèse que
Toutankhamon, jeune pharaon d’Égypte, serait mort à la suite d'une forme grave de
paludisme. Une analyse ADN réalisée sur sa momie a mis en évidence la présence de
Plasmodium falciparum, le parasite le plus dangereux pour l’humain [1]. L’idée que le
paludisme touche l’humanité depuis des millénaires n’est pas nouvelle. Certains indices
laissent penser qu’il sévissait déjà dans l’Égypte ancienne, peut-être même à l’époque de
Toutankhamon. Dans d’autres civilisations anciennes – en Chine, en Mésopotamie ou en
Grèce – on retrouve la trace de fièvres récurrentes, souvent liées aux zones marécageuses, ce
qui évoque clairement la maladie. Mais ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle que la science
commence à vraiment percer le mystère. En 1880, Charles Louis Alphonse Laveran, médecin
militaire français, observe pour la première fois le parasite responsable dans le sang d’un
patient. Ce fut une avancée majeure : on découvrait enfin que le paludisme était causé par un
parasite. Puis, en 1897, Ronald Ross démontre que la transmission de la maladie se fait par les
moustiques Anopheles. Ces deux découvertes ont profondément changé la compréhension du
paludisme et posé les bases de la lutte moderne contre cette maladie.
B. Cycle parasitaire
II. Matériels
Lieu de stage
Ce stage a été effectué au sein du Centre de Soins 1 de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale
à compter du 1er Mars jusqu’au 27 Mars 2025.
Le service du laboratoire est composé de plusieurs sections, à savoir :
• Bactériologie
• Biochimie
• Hématologie
• Service d’urgence
a. Phase pré-analytique
L’examen biologique en cas de paludisme suspecté se déroule au service d’urgence, nous
recevions les échantillons de tubes de prélèvement sanguin par le biais des infirmier/ères qui
déposaient ces derniers au bout d’une ouverture conçue à cet effet.
Pour faire une prise de sang, les matériels nécessaires sont :
- Gants par mesure de sécurité sanitaire.
- Des tampons alcoolisés afin de désinfecter la zone à piquer (souvent au pli du coude).
- Seringues stériles pour prélever le sang.
- Tubes de prélèvement sanguins vides.
- Garrot pour faciliter l’accès aux veines.
Il est important de respecter l’ordre de prélèvement des différents tubes, on commence par :
1. Les tubes bleus contenants l’additif de citrate de sodium.
2. Les tubes rouges nommés « tubes secs » étant dépourvus d’additif.
3. Les tubes verts possédant l’héparine comme additif.
4. Les tubes violets/lavandes pour l’additif EDTA.
b. Phase analytique
Lors d’une suspicion de paludisme, nous procédons à un examen d’urgence dans le but de
détecter et d’identifier le parasite responsable de la maladie.
Protocole de l’examen de goutte épaisse (GE) :
Matériels requis :
• Lames propres et sèches
• Micro-pipette ou pipette Pasteur
• Tube EDTA contenant du sang
• Lame porte-objet supplémentaire (pour l’étalement)
• Colorants (May-Grünwald-Giemsa (MGG), Wright, ou autre)
• Tampons (eau distillée, solution tamponnée pH 6,8)
• Microscope électronique
1. Préparation de la goutte épaisse
- Prélever une grosse goutte de sang à l’aide d’une micropipette calibrée à 6 µL.
- Déposer et étaler la goutte sur la lame en respectant un rayon de 1 cm² par un
mouvement circulaire permettant de défibriner le sang.
- Laisser sécher la lame sur une plaque chauffante jusqu’à ce que la tâche sèche
(environ 2 minutes).
2. Préparation de la coloration de Giemsa
- Mélanger environ 3 ml d’eau tamponnée avec 1 ml de solution de Giemsa R afin de
diluer la solution colorante.
- Recouvrir la goutte épaisse avec la solution colorante et laisser agir 10 à 15 minutes.
- Rincer délicatement à l’eau distillée et laisser sécher à l’air libre.
Protocole de l’examen de frottis sanguin :
Le principe reste le même que celle de la goutte épaisse mais cette fois-ci la goutte prélevée
est plus mince et le protocole de coloration diffère également.
1. Réalisation du frottis
- Déposer une petite quantité de sang (≈ 3 µL) sur une extrémité de la lame porte-objet.
- Placer une deuxième lame inclinée à environ 45° sur la goutte.
- Faire reculer la lame inclinée jusqu'à toucher la goutte, permettant au sang de s'étaler
par capillarité.
- Avancer rapidement la lame inclinée et étaler rapidement le sang en une fine couche.
- Laisser sécher à l’air libre sans souffler sur la lame.
3. Fixation et coloration (MGG, Wright ou Giemsa)
- Fixer le frottis avec du méthanol pendant 1 à 3 minutes.
- Recouvrir la lame avec le colorant (Giemsa dilué).
- Laisser agir 5 à 10 minutes.
- Rincer délicatement à l’eau distillée.
- Laisser sécher à l’air libre.
3. Observation microscopique
- Examiner sous objectif x10 pour vérifier la qualité du frottis.
- Passer à objectif x40 et x100 à l’huile pour observer les cellules sanguines.
- Analyser la morphologie des globules rouges, globules blancs et plaquettes.
Protocole du Test de Diagnostic Rapide (TDR) :
Le TDR est un test immunologique simple, souvent utilisé pour détecter le paludisme ou
d'autres maladies comme le VIH ou les hépatites. Il donne un résultat en quelques minutes.
Matériels nécessaires :
- TDR paludisme (cassette ou bandelette)
- Tampon de dilution (buffer)
- Notice d’utilisation
c. Phase post-analytique
Une fois les analyses effectuées en laboratoire, le travail ne s’arrête pas là. La phase post-
analytique correspond à tout ce qui suit l’examen technique : la vérification, l’interprétation,
la communication des résultats, et leur utilisation pour guider la prise en charge médicale.
La phase post-analytique est essentielle pour garantir la fiabilité des examens et assurer une
bonne prise en charge du patient. C’est elle qui permet de transformer les résultats en
véritables outils d’aide au diagnostic.
■ Le frottis sanguin
Après la préparation et l’observation de la lame au microscope, le biologiste vérifie
soigneusement les résultats. Il repère les anomalies des cellules sanguines (globules rouges,
globules blancs, plaquettes) ou la présence éventuelle de parasites comme Plasmodium.
Une fois l’analyse terminée :
Un compte-rendu est rédigé de manière claire et structurée.
La lame peut être conservée pour un éventuel contrôle ultérieur.
Les résultats sont transmis au médecin prescripteur, qui les utilisera pour poser un
diagnostic (par exemple, une infection, une anémie ou une leucémie).
■ La goutte épaisse
C’est un examen essentiel pour le diagnostic du paludisme, car il permet de détecter des
quantités très faibles de parasites dans le sang.
Après lecture de la lame :
Le biologiste indique si le test est positif ou négatif.
Il évalue la densité parasitaire et, si possible, identifie l’espèce du parasite.
En cas de résultat positif, les informations sont transmises immédiatement au médecin
pour mettre en place un traitement rapide.
■ Le TDR
Une fois le test effectué :
Le résultat est lu et interprété rapidement selon les indications du fabricant.
Une seconde personne peut confirmer la lecture pour éviter toute erreur.
Le résultat est consigné dans le registre ou le dossier patient.
En cas de résultat positif, le médecin est informé dans les plus brefs délais.
Le dispositif peut être conservé ou photographié pour assurer une traçabilité.