Qu’est-ce que le formage des métaux ?
Le formage d’un matériau a pour objectif de lui donner une forme déterminée, en
suivant une série de techniques spécifiques. En métallurgie, ce procédé permet de
remodeler une pièce sans ajout ni retrait de matière. Il peut se réaliser grâce à diverses
techniques. Confronté à de nombreuses demandes, le marché mondial des machines-
outils de formage des métaux devrait atteindre 48,67 milliards de dollars d’ici 2026.
Quels sont les procédés de formage ?
Les opérations de formage se classent généralement en fonction des différences de
stress effectif. Le formage par compression exploite une charge de compression unie
ou multiaxiale et comprend des procédés tels que :
minage, où le matériau passe à travers une paire de rouleaux,
rusion, pendant lequel un orifice le pousse,
atriçage, durant lequel une presse estampe la pièce autour ou sur une matrice,
rgeage, lors duquel des formes de compressions localisées la forment.
oinçonnage, où un outil s’enfonce dans l’objet.
D’autres formages existent, comme :
rmage par traction, par contrainte de traction unie ou multiaxiale (l’étirement, l’expansion,
oncement),
rmage combiné en traction et en compression (emboutissage, traction à travers une matrice, etc.),
ntrage par charge de flexion,
saillement.
Le formage peut s’effectuer à chaud (forgeage, estampage, emboutissage…), à froid
(extrusion, pliage, tréfilage…) ou électromagnétique.
Le procédé d’extrusion des métaux
L’extrusion consiste à façonner un matériau en le pressant à l’aide d’un outil mécanique
ou hydraulique. Il peut s’exécuter à chaud ou à froid, en continu ou en semi-continu. Ce
procédé peut de produire des forces de compression et de cisaillement dans le
matériau de base. Au cours de l’opération, les alliages de métaux subissent une très
grande déformation sans être déchirés. Les objets obtiennent alors un profil en coupe
transversale et sont dédiés à un large éventail d’applications. L’un des principaux
moteurs du marché de l’extrusion de matériaux reste la demande croissante d’aliments
emballés prêts à consommer (pâtes prêtes à l’emploi, céréales, barres de collation,
etc.).
L’aluminium demeure le matériau le plus couramment extrudé, à chaud ou à froid. La
taille du marché de l’extrusion d’aluminium peut croître de 6,76 millions de tonnes de
2020 à 2024. Les produits s’emploient largement dans diverses applications,
notamment pour la couverture des bâtiments préfabriqués. Or, la progression des
secteurs de l’automobile, de la logistique, de l’industrie pharmaceutique, des biens de
consommation et du commerce de détail va encore stimuler cette demande. Le laiton,
quant à lui, s’exploite pour extruder des tiges non corrosives, des pièces automobiles,
des raccords de tuyaux et des pièces techniques.
Le procédé d’estampage
Lors de l’estampage, le métal se déforme par une presse autour ou sur une matrice.
Cet outil est généralement adapté au produit qu’il sert à créer, comme les moules. Les
produits fabriqués à l’aide de matrices vont de simples trombones à des pièces
complexes appliquées dans les technologies de pointe.
Pour le formage des tôles, telles que des pièces de carrosserie automobile, on peut
utiliser deux parties. L’une, appelée poinçon, effectue l’opération d’étirement, de pliage
et/ou de découpe. L’autre, appelée bloc-matrice, serre fermement la pièce et exécute
un procédé similaire d’étirement, de pliage et/ou de découpage.
Le marché mondial de l’estampage des métaux est évalué à 140 300 millions de dollars
en 2020 et devrait atteindre 165 950 millions à la fin de 2026.
Formage et tôlerie
La tôle représente l’une des formes fondamentales utilisées dans le travail des métaux,
et elle peut être coupée et pliée en diverses formes. Le marché mondial de la tôle était
évalué à 265 milliards de dollars en 2018 et devrait afficher un TCAC de 5,0 % de 2019
à 2025. D’innombrables objets de la vie quotidienne sont fabriqués à partir de ce
matériau : carrosseries d’automobiles et de camions, fuselages et ailes d’avions, tables
médicales, toits de bâtiments, etc.
Le formage des tôles peut s’exécuter à l’aide de diverses techniques, telles que :
boutissage au cours duquel le métal est rallongé sur une forme ou une matrice,
pansion qui consiste à découper ou à estamper des fentes en alternance, puis à étirer la feuille en
rdéon. On le destine aux applications où l’on souhaite une circulation d’air et d’eau,
écoupe au laser pendant laquelle le faisceau laser matériau chauffe et brûle le matériel, ce qui
met de découper la tôle.
nage photochimique qui est un processus de corrosion étroitement contrôlé. L’objectif est de
uire des pièces métalliques complexes avec des détails très fins,
rmage par presse-plieuse exploité pour concevoir des objets de tôle longue et fine,
oinçonnage qui est exécuté en plaçant la feuille de métal entre un poinçon et une matrice montés
s une presse.
minage durant lequel une ou plusieurs paires de rouleaux réduisent l’épaisseur de la pièce. On le
que pour uniformiser l’épaisseur,
ampage,
écoupe au jet d’eau pour une érosion contrôlée dans le métal ou d’autres matériaux à l’aide d’un jet
u à haute vitesse et haute pression, ou un mélange d’eau et d’une substance abrasive.
Quel matériau choisir pour le formage
des métaux ?
Le formage des métaux permet de remodeler des pièces à l’aide de techniques
spécifiques telles que l’extrusion, l’estampage ou encore le formage des tôles. Parmi
les métaux les plus exploités, on retrouve principalement l’aluminium, l’acier et le laiton,
mais aussi le cuivre, l’étain, le plomb, le magnésium, le zinc et le titane.
Le choix du matériau pour le formage dépend de la méthode. En fonction de ses
propriétés, il va plus ou moins facilement se traiter. Les métaux ayant une limite
d’élasticité plus élevée et un retour élastique plus important (acier inoxydable, aciers de
construction, aciers HSLA [Haute Résistance Faiblement Alliée], etc.) nécessitent plus
de travail pour être formés. Les matériaux ayant une faible limite d’élasticité et un retour
élastique plus faible (acier doux, aluminium, métaux rouges comme le bronze, le laiton
et le cuivre, etc.) demandent généralement moins de labeurs. Une bande d’acier
inoxydable peut requérir deux fois plus de force que la même longueur d’acier doux.
L’aluminium
L’aluminium a un excellent rapport résistance/poids, une conductivité thermique et
électrique élevée et une protection naturelle contre la corrosion.
Ce métal est privilégié pour le processus d’extrusion, qu’il s’exécute à chaud ou à froid.
L’industrie automobile l’emploie beaucoup, car l’aluminium contribue à la fabrication de
voitures plus écologiques et plus économes en carburant, et donc à la réduction de
l’empreinte carbone des entreprises et de leurs clients. Ce matériau se recycle
facilement et résiste à toute forme de corrosion, ce qui garantit la durabilité du véhicule
à long terme.
Le formage de la tôle utilise aussi principalement cette matière. L’intérêt de cette
technique se trouve dans la déformation à la fois élastique et plastique qu’il provoque.
Le laiton
Le laiton possède une bonne usinabilité et une excellente conductivité électrique. Ce
matériau est donc idéal pour les applications qui nécessitent un faible frottement.
L’architecture y a également recours pour créer des pièces d’aspect doré à des fins
esthétiques.
Le laiton est employé pour extruder des tiges non corrosives, des pièces automobiles,
des raccords de tuyaux et des pièces techniques. Il est aussi choisi dans les procédés
d’estampage qui requiert des métaux d’une dureté douce à moyenne et présentant un
faible coefficient d’écoulement.
L’acier
L’acier inoxydable peut être facilement soudé, usiné et poli. On l’exploite beaucoup
dans les procédés d’estampage. L’acier doux, ou acier à faible teneur en
carbone s’utilise pour la fabrication de pièces de machines, de gabarits et de
montages. Quant à l’acier allié, il contient d’autres éléments d’alliage, en plus du
carbone, ce qui permet d’améliorer la dureté, la ténacité, la fatigue et la résistance à
l’usure.
Si l’acier ordinaire au carbone est préféré pour les processus d’extrusion, l’acier allié et
l’acier inoxydable peuvent également être extrudés.
Le formage de la tôle recourt souvent à ce métal. En 2018, l’acier représentait la plus
grande part en volume du marché de la tôle, soit 91,7 %. Les produits qui en découlent
représentent de fortes demandes des secteurs de l’automobile, la construction et les
industries lourdes (pétrole, gaz), l’agroalimentaire et les produits chimiques. On emploie
des tôles en acier inoxydable dans la fabrication d’ustensiles et de batterie de cuisine,
telles que les éviers, les grils, les cuisinières et les casseroles. On y a également
recours pour les lave-vaisselles, les comptoirs, les réfrigérateurs et les machines à
laver.
Le cuivre
Le formage du cuivre peut s’effectuer par extrusion, pour produire par exemple des
tuyaux, fils, barres, barres, tubes et électrodes de soudage. Le cuivre au béryllium est
aussi choisi dans les procédés d’estampage.
L’étain et le plomb
Le formage de l’étain et du plomb est réalisé pour fabriquer des tuyaux, fils, tubes et
gaines de câbles. Le plomb fondu peut également s’exploiter à la place des billettes sur
les presses à extrusion verticales.
Le magnésium
Ce métal peut être extrudé pour obtenir des pièces d’avion et des pièces de l’industrie
nucléaire. Le magnésium apparaît à peu près aussi extrudable que l’aluminium.
Le zinc
Le formage du zinc permet de façonner des tiges, barres, tubes, composants de
quincaillerie, et des raccords à l’occasion d’une extrusion. Ce métal est aussi choisi
dans les procédés d’estampage.
Le titane
Le titane est extrudé pour réaliser des composants d’avion, y compris les rails de siège,
les anneaux de moteur et autres pièces structurelles.
L’argent, l’or et la platine, mais aussi le nickel sont choisis dans les procédés
d’estampage.
Quelles industries exploitent le formage
des métaux ?
Le formage des métaux est l’un des processus qui permet de remodeler une pièce
sans ajout ni retrait de matériau. Il peut se réaliser grâce à de nombreuses techniques.
L’évolution croissante des fabricants vers une meilleure productivité a favorisé
l’adoption d’outils automatisés au cours des dernières années. Les industries
automobile, aéronautique et spatiale et de construction sont les plus concernées par le
formage des métaux.
L’industrie automobile
Le secteur de l’automobile dispose de la plus importante part du marché des outils de
formage des métaux, que ce soit pour des véhicules de tourisme, commerciaux ou
électriques, et en détenait déjà 43,8 % en 2018. Sa croissance est liée aux progrès
technologiques qui offrent des solutions de conception légères, une connectivité fluide
et une conduite automatisée. Des normes d’émission strictes, la réduction de poids des
voitures et la demande grandissante d’économies de carburant représentent des
éléments qui devraient stimuler le marché de formage des métaux dans les prochaines
années.
L’innovation dans cette industrie dépend des nouvelles technologies. Dès lors, les
logiciels et l’IoT restent des aides précieuses pour le formage des tôles. Par exemple,
en 2018, Audi travaillait sur la conception de rotors et de stators utilisés dans les
moteurs électriques. La possibilité de produire en interne a engendré des économies
de 17,15 à 28,58 dollars par moteur, ainsi qu’une efficacité et une autonomie non
négligeable.
L’industrie aéronautique et spatiale
L’industrie aéronautique et spatiale exige souvent des pièces aux tolérances élevées,
aux géométries complexes et à la densité légère pour les fusées, mais également pour
les avions.
Ce secteur exploite le formage pour :
éléments de structure et panneaux de revêtement, des petites pièces peu profondes aux grandes
es profondes, en alliages d’aluminium, en acier inoxydable et en titane.
composants de moteurs, y compris les pièces embouties, en matériaux à haute résistance et
tants à la chaleur.
L’hydroformage des tôles s’emploie pour le formage économique de pièces en faible
volume et de composants prototypes. L’emboutissage demeure une méthode
privilégiée pour la même raison, et en particulier pour le formage d’alliages résistants
employé pour les composants de moteurs à réaction.
L’industrie de grande consommation
Ce secteur a largement recours au formage des métaux, que ce soit pour les
casseroles, les boîtes de conserve et pour les revêtements en général.
Dans le cas des conteneurs, le formage de la tôle doit non seulement fournir une
qualité normée, mais aussi s’adapter à son application particulière. Par exemple,
certaines nuances d’acier inoxydable, comme le 430, résistent bien aux acides et aux
alcalis doux, mais le sel les corrode facilement. Si le processus de fabrication
alimentaire implique de grandes quantités de sel, l’acier inoxydable 316 est un bien
meilleur choix. Certains équipements plus spécialisés peuvent aussi exiger que les
plateaux ou paniers métalliques soient d’une taille très précise pour garantir un
ajustement cohérent. Le moule métallique devra alors respecter une tolérance de pièce
serrée pendant le formage.
Aujourd’hui, des tests virtuels sont réalisés pour répondre aux besoins de formage sur
mesure. Ce processus d’assurance qualité est produit en quelques minutes et permet
de corriger tout défaut de conception immédiatement.