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Minéralogie et chimie des sols expliquées

Le document traite de la minéralogie et de la chimie des sols, en mettant l'accent sur les différents types de minéraux, en particulier les argiles, et leurs structures cristallographiques. Il aborde également les substances minérales solubles, la matière organique et les microstructures du sol, soulignant l'importance de la composition minérale et de l'histoire géologique dans les caractéristiques des sols. Enfin, il explique comment ces éléments interagissent pour influencer la cohésion et la densité des sols.

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Minéralogie et chimie des sols expliquées

Le document traite de la minéralogie et de la chimie des sols, en mettant l'accent sur les différents types de minéraux, en particulier les argiles, et leurs structures cristallographiques. Il aborde également les substances minérales solubles, la matière organique et les microstructures du sol, soulignant l'importance de la composition minérale et de l'histoire géologique dans les caractéristiques des sols. Enfin, il explique comment ces éléments interagissent pour influencer la cohésion et la densité des sols.

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Amélioration des sols

Chapitre I

Rappels sur la minéralogie et la chimie des sols

1
Dr. GHERIS .A
1.1. Les minéraux
Les sols sont constitués de particules de minéraux regroupées en agrégats. Ces minéraux sont
stables ou en train d’évoluer dans les conditions thermobarométriques et climatiques de la surface
de la terre. Généralement y sont rencontrés:
le quartz
les argiles
les feldspaths (potassiques et plagioclases)
les micas
les carbonates (calcite et dolomite)
les oxydes et hydroxydes métalliques dont l’hématite, la goethite et la limonite pour le fer.

Ces minéraux se présentent généralement dans les sols sous forme :


de grains polygonaux plus ou moins réguliers dont la taille se situe entre quelques microns
et quelques millimètres.
de lamelles pour les argiles dont la plus grande dimension ne dépasse pas quelques microns
d’agrégats correspondant à des fragments de roches. Leurs formes résultent de la
morphologie des minéraux les constituants.

Les propriétés physiques et mécaniques du sol dépendent de la nature des assemblages minéraux.
Ainsi les minéraux granulaires (quartz, carbonates) n’ont pas de cohésion propre. Seules les argiles
présentent une cohésion, qui résulte d’interactions spécifiques avec l’eau.

Les argiles
Il est nécessaire de présenter les structures cristallographiques des différentes familles d’argile
(communes) pour mieux comprendre les relations entre l’eau et l’argile.
Les argiles ainsi que les micas font partie de la famille des phyllosilicates. Le réseau
cristallographique des phyllosilicates est basé sur un réseau de tétraèdres SiO4 (Figure 1-1). Chaque
tétraèdre SiO4 partage 3 sommets avec les tétraèdres voisins ; l’ensemble des sommets partagés
constitue un assemblage plan hexagonal. Le sommet du tétraèdre qui n’est pas dans le plan, est
partagé avec un octaèdre AlO6 (Figure 1-2).
C’est l’association de couches tétraédriques (T) et de couches octaédriques (O) qui constitue le
motif du réseau cristallin de chaque argile.

La minéralogie de chaque argile est définie par un motif que l’on appelle feuillet (Figure 1-3) :
Amélioration des sols

la structure T O : le feuillet est constitué d’une couche de tétraèdres surmontée d’une couche
d’octaèdres. Son épaisseur est de 7Å. Chaque feuillet est relié à un autre feuillet par
l’intermédiaire des liaisons labiles de type hydrogène. La propriété de cette liaison est de
permettre la cohésion du cristal tout en laissant la possibilité de clivage des différents feuillets.
La kaolinite est de ce type. Sa composition chimique est Al2Si2O5 (OH)4.

Figure 2-1 : Structure du tétraèdre SiO4


Les 4 atomes d’oxygène forment un tétraèdre. L’atome de silicium est au centre de cette
structure. Le réseau est formé par l’arrangement hexagonal des tétraèdres. Ce motif hexagonal
se reproduit à l’infinie dans le plan hexagonal.

Figure 2-2 : Structure de l’octaèdre Al2O6


Les 6 atomes d’oxygène forment un octaèdre. L’atome d’aluminium est au centre de cette
structure. Le réseau est formé par l’arrangement linéaire des octaèdres.

la structure T O T : elle correspond à une couche d’octaèdres encadrée par deux couches de
tétraèdres. L’épaisseur du feuillet est de 10 Å. Les couches tétraédriques peuvent soit contenir
des atomes de silicium et d’oxygène (groupe du talc), soit présenter une substitution partielle des
atomes de silicium par des atomes d’aluminium. Dans ce cas, les feuillets présentent un déficit
en charges positives (substitution Si4+ par Al3+). Par compensation, des cations sont introduits au
sein du réseau cristallin des phyllosilicates :
- groupe de la smectite : une partie des atomes d’aluminium de la couche octaédrique est
remplacée par des atomes de magnésium voire de fer. La compensation des charges négatives
excédentaires s’effectue par l’introduction dans l’espace interfoliaire (espace séparant deux
triplets consécutifs T O T) d’un cation (Ca2+, Na+).
Ces cations interfoliaires ont la particularité de pouvoir être solvatés par des molécules d’eau qui
provoquent le gonflement du cristal : l’espace interfoliaire passe de 14 à 17 Å en présence de

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Dr. GHERIS .A
Ca2+ et de 13 Å jusqu’à l’infini pour Na+. Il existe plusieurs minéraux argileux dans le groupe
des smectites, entre autres, la montmorillonite :
(Al1.67Mg0.33) Si4O10 (OH)2

- groupe de la vermiculite : il existe des substitutions au niveau des octaèdres entre l’aluminium, le
fer et le magnésium et au niveau des tétraèdres entre le silicium et l’aluminium. La minérale
vermiculite a donné son nom à ce groupe :
(Mg,Ca)0,7 (Mg,Fe3+,Al)6 [(Si,Al)8O20] (OH)4, 8H2O

- groupe de l’illite : un quart des atomes de silicium dans les tétraèdres est remplacé par des atomes
d’aluminium. La compensation des charges négatives s’effectue par l’introduction dans l’espace
interfoliaire d’un cation : K+. Le cation interfoliaire lie les feuillets les uns aux autres. Cette
structure confère au cristal d’illite une plus grande rigidité que celle du cristal de kaolinite. La
composition minéralogique de l’illite est :
K2-x (Al, Fe)4-y (Fe, Mg)y (Si6+x Al2-x)O20 (OH)4

Structure du feuillet de la
kaolinite : une couche de
tétraèdres SiO4 (T) surmontée
Structure du feuillet de l’illite, de la smectite et
par une couche d’octaèdres
de la vermiculite : deux couches de tétraèdres
SiO4 (T) encadrant une couche d’octaèdres AlO6
(O). Le cation interfoliaire lie deux feuillets
consécutifs.

Figure 1-3 : Structure cristallographique des argiles

Comme on peut le constater le terme d’argile est générique. Il regroupe des minéraux chimiquement
et physiquement différents. Dans un sol, une argile peut avoir deux origines : détritique
Amélioration des sols

(transportée) ou chimique (diagénétique = cristallisée « sur place » ou d’altération d’une formation


existante).
Si elle a une origine chimique, le gisement est homogène tant que la chimie du site est homogène et
que les réactions de cristallisation et/ou d’altération sont identiques. Deux grands modes
d’altération existent:
l’altération superficielle liée à l’infiltration des eaux de surface affectant tout le massif et
dont l’ampleur est en relation directe avec la proximité de la surface
l’altération hydrothermale, liée à la circulation de fluides (liquides ou gazeux), qui reste un
phénomène local.
Si les argiles ont une origine détritique, le gisement peut receler une hétérogénéité dans la nature de
ces argiles (autant que de sites d’érosion).
La présence, la nature et la teneur en argile dans un sol donné sont donc directement liées à
l’histoire géologique de la région.
D’autres caractéristiques telles que la présence d’éléments chimiques solubles ou de matière
organique ou encore la microstructure du sol découlent aussi de l’histoire géologique.

1.2 Les substances minérales solubles


Certaines roches sont naturellement plus riches que d’autres en minéraux accessoires tels que le
gypse, la pyrite. La pyrite, FeS2, est observable, entre autres, dans les marnes du Callovien ou du
Toarcien. Dans les conditions de surface, elle s’altère rapidement et forme des oxydes métalliques
et des sulfates. Le gypse, Ca SO4, 2H2O, peut également être présent initialement (par exemple
dans les formations tertiaires du Trias) ou provenir de l’altération de pyrite. En milieu aqueux, le
gypse est soluble à la concentration de 2,4 g/l à 20°C. Les eaux séléniteuses apportent du sulfate
dans des formations qui peuvent en être dépourvues.
Selon les conditions d’altération, les substances issues de l’hydrolyse des minéraux (entre autres les
oxydes de silicium, d’aluminium et de fer) se combinent sous la forme de silicates et/ou de gels
amorphes de silice.
D’autres substances ont une origine extérieure au sol : ce sont par exemple les engrais utilisés pour
l’agriculture. Les apports en fertilisants chimiques et organiques modifient la chimie du sol. Les
agriculteurs apportent quelquefois en excès les nutriments nécessaires aux plantes et une partie de
ces produits se minéralise dans les sols. Les engrais chimiques les plus employés sont :
-le nitrate d’ammonium, NH4NO3 appelé couramment « ammo-nitrate » qui constitue un apport
azoté aux végétaux. La solubilité de l’ammo-nitrate est importante : 1183 g/l à 20°C.

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Dr. GHERIS .A
- le « superphosphate » qui est un mélange de phosphate monocalcique et de sulfate de calcium. Les
plantes ont besoin de phosphate pour leur croissance. La solubilité du dihydrogéno-phosphate de
calcium hydraté (Ca (H2PO4)2, H2O) est de 18 g/l à 20°C.
Dans le sol, ces sources sont naturellement présentes en faible quantité. Elles proviennent de la
décomposition de la matière organique fraîche.

1.3 La matière organique


Dans les sols, le terme de matière organique regroupe tous les produits constitués de molécules
carbonées. Cette matière organique peut avoir deux origines : une origine récente liée au
développement d’un sol pédologique ou une origine ancienne dont la formation est associée à la
genèse de la roche (par exemple, les imprégnations bitumineuses, la présence de lignite voire de
charbon).
Dans le sol pédologique, dans le cycle du vivant, la dégradation de la matière organique est longue
et se termine par la minéralisation (Figure 1-4). Une des étapes est la transformation en humus.

Figure 1-4 : Décomposition de la matière organique fraîche : humification et minéralisation


Schématisation de la décomposition de la matière organique fraîche en substance minérale (CO2,
SO42- …) au sein du sol.

La décomposition de la matière organique est réalisée par la biomasse microbienne (microflore :


bactéries, champignons et micro-faune). Celle-ci utilise la matière organique comme source de
nutriments. Parmi les composés néoformés produits par la biomasse microbienne, nous pouvons
citer :
• les composés humiques au sens strict, acides fulviques, acides humiques et les humines
évolués. Ils sont stables plusieurs années.
• les polysaccharides, composés peptidiques et acides gras. Ils sont rapidement minéralisés
(quelques mois) dans les conditions de surface. Ils peuvent se conserver plus longtemps dans
des conditions anaérobies, par exemple, dans les tourbières.
Ces substances humiques sont partiellement solubles dans l’eau interstitielle du sol et peuvent
migrer selon les battements de la nappe phréatique vers d’autres formations (sol pédologique, roche
Amélioration des sols

poreuse). Ce phénomène n’est pas limité aux acides humiques et fulviques car les substances
humiques ont la particularité de pouvoir constituer des complexes avec les oxydes et hydroxydes
métalliques.
Ces complexes deviennent alors eux-mêmes solubles dans l’eau interstitielle du sol.

1.4 Les microstructures du sol


La granulométrie du sol est l’un des paramètres les plus importants de sa caractérisation.
En réalité, les grains ne sont pas indépendants les uns des autres : ils peuvent s’assembler en
agrégats. Ces assemblages sont contrôlés, entre autres, par la composition minéralogique et la
présence de matières organiques. Les particules d’argiles ont une tendance naturelle à s’associer
selon des géométries bien précises correspondant à un accolement par les faces ou les côtés des
feuillets. Cette tendance est accentuée par la présence des acides humiques. Ensemble, ils forment
alors des agglutinats atteignant une taille de l’ordre de 50 µm.
D’autres types d’assemblages existent tels que l’enrobage des grains de grandes tailles (quelques
dizaines de micromètres de quartz ou de calcite par exemple) par les argiles ou des amas orientés de
particules argileuses.
Ce type de géométrie est souvent hérité de structures géologiques :
• d’origine sédimentaire ; les conditions de sédimentation sont diverses et se traduisent par
des assemblages minéralogiques et microstructuraux distincts. Par exemple, un dépôt
d’estuaire est marqué par la floculation sous forme d’agrégats de particules fines apportées
par le fleuve.
• d’origine diagénétique ; parmi les processus physico-chimiques qui ont lieu lors de la
diagénèse, la compaction des matériaux favorise la multiplication des contacts entre grains.
Les feuillets d’argiles s’orientent préférentiellement.
• d’altération ; l’altération chimique se traduit par la croissance de nouveaux minéraux aux
dépens d’anciens minéraux. Il peut s’agir de réarrangements dans le réseau cristallin (micas
ou argiles) mais aussi de néoformation. Dans le premier cas la texture macroscopique ne
change guère mais dans le deuxième cas la texture du sol/roche est entièrement modifiée.

D’une façon générale, on doit à ces microstructures les caractéristiques naturelles telles que la
densité et la cohésion des sols en place.

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Dr. GHERIS .A

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