0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
25 vues5 pages

Document Sans Titre

Le document présente quatre poèmes d'Arthur Rimbaud et de Charles Baudelaire, chacun explorant des thèmes variés tels que la beauté, la guerre, la nature et l'imaginaire. 'Vénus anadyomène' dépeint une vision grotesque du corps féminin, tandis que 'Le Dormeur du val' évoque la paix troublée par la guerre à travers l'image d'un soldat endormi. 'Ma Bohême' et 'Parfum exotique' expriment des rêves d'évasion et de sensations exotiques, illustrant la quête de beauté et de liberté.

Transféré par

iyadsfia2008
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
25 vues5 pages

Document Sans Titre

Le document présente quatre poèmes d'Arthur Rimbaud et de Charles Baudelaire, chacun explorant des thèmes variés tels que la beauté, la guerre, la nature et l'imaginaire. 'Vénus anadyomène' dépeint une vision grotesque du corps féminin, tandis que 'Le Dormeur du val' évoque la paix troublée par la guerre à travers l'image d'un soldat endormi. 'Ma Bohême' et 'Parfum exotique' expriment des rêves d'évasion et de sensations exotiques, illustrant la quête de beauté et de liberté.

Transféré par

iyadsfia2008
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

« Vénus anadyomène »

Vénus anadyomène

Comme d’un cercueil vert en fer blanc, une tête

De femme à cheveux bruns fortement pommadés

D’une vieille baignoire émerge, lente et bête,

Avec des déficits assez mal ravaudés ;

5
Puis le col gras et gris, les larges omoplates

Qui saillent ; le dos court qui rentre et

qui ressort. Puis les rondeurs des reins

semblent prendre l'essor ; La graisse

sous la peau paraît en feuilles plates ;

L’échine est un peu rouge, et le tout sent un goût

10
Horrible étrangement ; on remarque surtout

Des singularités qu’il faut voir à la loupe.

Les reins portent deux mots gravés :

Clara Venus ; — Et tout ce corps

remue et tend sa large croupe Belle

hideusement d’un ulcère à l’anus.


Parcours « Émancipations créatrices »

TEXTE 2 : Arthur RIMBAUD (1854-1891), Les Cahiers de


Douai (1870), « Le Dormeur du val »

Le Dormeur du val

C'est un trou de verdure où chante une rivière,

Accrochant follement aux herbes des haillons

D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,

Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

5 Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

10 Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Octobre 1870
Parcours « Émancipations créatrices »

TEXTE 3 : Arthur RIMBAUD (1854-1891), Les Cahiers de


Douai (1870), « Ma Bohême »

Ma Bohême (Fantaisie)

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;

Mon paletot aussi devenait idéal ;

J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;

Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

5 Mon unique culotte avait un large trou.

– Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course

Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.

– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,

10 Ces bons soirs de septembre où je sentais

des gouttes De rosée à mon front, comme un

vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,

Comme des lyres, je tirais les élastiques

De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !


Parcours « Émancipations créatrices »

TEXTE 4 : Charles BAUDELAIRE (1821-1867), Les Fleurs du Mal, 1857, section «


Spleen et Idéal », « Parfum exotique »

Parfum exotique

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,

Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,

Je vois se dérouler des rivages heureux

Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;

5 Une île paresseuse où la nature donne

Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;

Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,

Et des femmes dont l'œil par sa franchise étonne.

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,

10 Je vois un port rempli de voiles et de mâts

Encor tout fatigués par la vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers,

Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,

Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

Vous aimerez peut-être aussi