Formation des enseignants de français en Algérie
Formation des enseignants de français en Algérie
UNIVERSITE DE MOSTAGANEM
INTITULE :
La formation des enseignants de français en Algérie en question : bilan et
perspectives. Cas des PEF à l’ENSET d’Oran et l’ITE de Saïda
PRESENTE PAR :
LABANE Mohamed El Bachir.
MEMBRES DU JURY :
PRESIDENT: M. BRAÏK Saadane.
RAPPORTEUR : Mme HAMIDOU Nabila.
EXAMINATRICE : Mme BENSEKAT Malika.
EXAMINATRICE : Mme MOUKADEM Khedidja.
1. La Professionnalisation :............................................................................................................................ 11
2. Le stage : ..................................................................................................................................................... 54
CONCLUSION : ................................................................................................................................................. 74
ANNEXES : ......................................................................................................................................................... 84
Introduction
Introduction
Pour réaliser leur mission, les enseignants auraient besoin d’un bagage
professionnel solide, alliant compétences scientifiques approfondies et
compétences pédagogiques et didactiques éprouvées.
6
Introduction
C’est à ces questions que nous allons tenter de répondre à travers cette
recherche qui se base sur l’hypothèse principale suivante :
Pour affirmer ou infirmer cette hypothèse, nous avons opté pour trois
types d’enquêtes dans deux villes d’Algérie : l’ITE de Saïda et l’ENSET
d’Oran étayées par des entretiens avec des inspecteurs et des enseignants
auxquels nous avons soumis des questionnaires et à travers aussi des
observations de classe.
7
Introduction
8
Chapitre I
Formation : entre théorie et pratique
Formation : entre théorie et pratique
Les missions fondamentales du métier d’enseignant sont les mêmes depuis très
longtemps : instruire, éduquer, socialiser. Mais les conditions dans lesquelles ces
missions s’exercent, elles, se sont rapidement et profondément modifiées au cours des
dernières années, rendant le métier d’enseignant de plus en plus complexe.
Par ailleurs, nos lectures nous ont permis de constater que la majorité des
chercheurs et des théoriciens insistaient sur ces deux expressions : « la pratique
réflexive » et « le praticien réflexif », P. Perrenoud pense que:
Une démarche de pratique réflexive suppose de porter un regard critique sur son
propre fonctionnement, mais aussi d’effectuer une analyse à la fois individuelle et
collective de ses actions pédagogiques a priori, en cours d’action a posteriori. Ce
regard critique suppose des prises de conscience de ses cohérences et incohérences, de
ses pensées et actions, de ses croyances et pratiques. En outre, une telle démarche ne
peut être entreprise que si elle présume également de la capacité d’être en mesure de se
représenter sa pratique comme étant en constante évolution. Cela veut donc dire que
cette représentation change et qu’elle peut être à réviser en cours de formation à
1
Perrenoud, Philippe. Développer la pratique réflexive dans le métier d’enseignant : professionnalisation et
raison pédagogique. Paris : ESF Éditeur 2006, 3e Ed 2006, p. 21.
10
Formation : entre théorie et pratique
1. La Professionnalisation :
2. Identité professionnelle :
Lorsqu’ils commencent leurs études, les futurs enseignants possèdent tous des
représentations implicites de leur profession. Ils les ont forgées durant leur propre
scolarité en observant leurs propres enseignants. Grâce à des activités de formation
appropriées, ils vont être amenés à prendre conscience de ces représentations, à
analyser les stéréotypes et les préjugés accolés à leur métier pour s’en débarrasser et
11
Formation : entre théorie et pratique
acquérir une image de leur profession plus conforme à sa réalité et à ses exigences. Ils
vont pouvoir alors développer leur identité professionnelle, réfléchir sur leur rôle, sur
l’enseignant qu’ils veulent être, se projeter dans un avenir professionnel. Ce travail,
extrêmement important, doit être mené avec la même exigence dans toutes les études
qui mènent à la formation d’enseignant.
Un référentiel de compétences
Les enseignants sont donc appelés à être actifs et créateurs en classe, dans l’école
et dans l’institution scolaire. Cela implique également que ces enseignants soient
formés à la fois sur la ou les disciplines qu’ils doivent enseigner, mais aussi sur les
méthodes qui permettent de réussir l’appropriation des contenus par les différents
publics rencontrés. C'est-à-dire que la formation à l’enseignement doit être d’aussi
haut niveau et finalement indissociable de la formation à la discipline
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Formation : entre théorie et pratique
6. Faire preuve d’une culture générale importante afin d’éveiller les élèves au
monde culturel.
10. Concevoir des dispositifs d’enseignement, les tester, les évaluer, les réguler.
2
Devenir enseignant : le métier change, la formation aussi. 2 décrets une formation revalorisée pour une
profession d’action et de création. Ministère de la communauté française.
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Formation : entre théorie et pratique
Tout système éducatif repose sur des valeurs. Le décret définissant les missions
prioritaires de l’enseignement précise clairement celles qui fondent le système éducatif
en Communauté française.
14
Formation : entre théorie et pratique
« faites ce que je dis, pas ce que je fais » est incompatible avec un enseignement de
qualité.
Un cours ne peut jamais être établi une fois pour toutes. Professionnels de
l’enseignement, l’instituteur et le professeur doivent remettre régulièrement en
question leurs pratiques et leurs connaissances et les actualiser. Leur formation initiale
va donc leur permettre de s’approprier la démarche scientifique nécessaire pour leur
permettre de construire un dispositif d’apprentissage, le tester, le modifier en fonction
des résultats observés.
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Formation : entre théorie et pratique
On attend des enseignants qu’ils soient capables d’entrer en relation avec tous
leurs élèves. Ceci les engage, comme professionnels, à pouvoir dépasser leurs
réactions spontanées, leurs émotions, leurs préjugés… Cet apprentissage passe par des
cours de psychologie du développement, mais aussi par le travail sur les réactions
spontanées lors des ateliers de formation professionnelle et des séminaires d’analyse
des pratiques.
16
Formation : entre théorie et pratique
D’un autre côté, n’oublions pas que l’un des acteurs majeurs d’une formation à
l’enseignement c’est le formateur ou l’enseignant associé, dont nous allons avancer
quelques traits caractéristiques.
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Formation : entre théorie et pratique
Le formateur devient celui qui aide, qui épaule, dans un rôle de médiation entre
ce qui doit être acquis (savoirs, comportements, compétences, etc.) et l'apprenant. Il
aura également à assurer les fonctions de régulation (aider à dépasser l'obstacle ou
l'erreur) et des fonctions de contrôle (se prononcer sur la conformité et la recevabilité
des productions de l'apprenant). Le formateur est un professionnel spécialiste d'un
savoir et d'une technique. Il doit souvent adapter le contenu de son enseignement à la
demande de ses publics.
C'est pourquoi les acteurs de la formation continue remplissent des fonctions très
diversifiées, liées à la pédagogie ; enseigner une ou plusieurs matières, préparer les
contenus de formation, animer en face à face ou à distance ; évaluer, construire des
ressources éducatives.
Enseignant Formateur
partir d'un programme partir des besoins, des pratiques et des
problèmes rencontrés
3
Perrenoud, Philippe. Op.cit., p. 173.
18
Formation : entre théorie et pratique
19
Formation : entre théorie et pratique
Ce sont bien les stages qui se trouvent au cœur des préoccupations des
contributeurs évoquant l’alternance dans la formation des enseignants. Ces stages
renvoient à différentes caractéristiques qui leur donnent un contenu assez bien défini.
Ce sont des stages qui doivent être conçus et mis en œuvre en fonction des
besoins réels des étudiants stagiaires. Ils correspondent à un véritable exercice
professionnel et ne sont pas organisés dans une logique d’observation passive.
Ils doivent bénéficier d’un accompagnement, sur le lieu de stage, mais aussi par
des formateurs universitaires qui sont à même de leur fournir les outils psychologiques
et pédagogiques leur permettant une meilleure intégration dans le milieu du travail.
Autrement dit, un accompagnement de qualité. De fait la définition de l’alternance est
souvent associée à la typologie des stages qui d’une certaine manière organisent la
progressivité de la rencontre avec l’exercice professionnel :
20
Formation : entre théorie et pratique
21
Formation : entre théorie et pratique
attitude réflexive, voire critique, qui est considérée comme indispensable sur le long
terme. Cette dimension est associée au souci d’éviter « la juxtaposition entre une
approche conceptuelle et réflexive et une formation par imitation et apprentissage ».
C’est la raison pour laquelle cet aspect est souvent mis en avant dans la nécessité de
création d’ateliers d’analyses et de pratiques.
Dans cette perspective, la formation peut être définie comme « une forme
particulière d'activité éducative inscrite dans une perspective contractuelle visant
l'acquisition de compétences spécifiques et se donnant délibérément pour projet la
progression maximale de chaque participant.
Lors des préenquêtes et des entretiens qu’il nous a été donné de mener dans un
premier temps, nous avons pu faire les constatations suivantes :
Première année :
22
Formation : entre théorie et pratique
Deuxième année :
Troisième année :
Quatrième année :
23
Formation : entre théorie et pratique
7. Lecture du programme :
La même constatation a été faite pour la troisième année, où nous avons aussi
remarqué que le nombre des modules est passé à dix et là encore, un seul d’entre eux
est en relation direct avec le métier d’enseignant (psychopédagogie), auquel on a
consacré seulement trois heures.
De plus, nous avons jugé utile de garder en dernier nos constatations concernant
le stage. À ce propos, nous avons remarqué que sur un cursus de quatre années de
formation, seulement trois heures hebdomadaires en dernière année étaient consacrées
aux stages pratiques. Ceci laisse apparaitre le déséquilibre entre la théorie et la
pratique, chose qui va à l’encontre de ce que nous avons dit précédemment dans ce
chapitre, au sujet de l’alternance et son importance dans une formation à
l’enseignement.
24
Formation : entre théorie et pratique
À ce propos, nous avons interrogé des enseignants de l’ENSET d’Oran pour nous
donner leur avis sur ce sujet :
« C’est vrai, nous aurions aimé que nos étudiants bénéficient de plus de pratique
sur le terrain que ce qui est proposé aujourd’hui ». (E2)
« Nous savons tous ce qui l’en est des élèves d’aujourd’hui, même pour un
enseignant expérimenté, il est difficile de les prendre en charge. Qu’en serait-il des
jeunes enseignants qui ont eu malheureusement une formation insuffisante question
pratique ». (E3)
Nous avons constaté que les avis des trois enseignants se rejoignent dans le fait
que le temps imparti à la formation pratique actuellement demeure insuffisant, ils
recommandent l’insertion des stages pratiques dès la première année pour une
meilleure performance sur le terrain.
D’un autre côté, nous avons relevé à travers notre enquête auprès des enseignants
le manque de pertinence dans la formation. En effet cette dernière est en décalage avec
la dure réalité des conditions d’exercice du métier (élèves difficiles et peu motivés,
nombre d’élèves élevé par classe, intégration des élèves en difficultés, matières en
dehors de la formation, etc.) et des défis que cela impose en termes de gestion de
classe et des apprentissages des élèves. À cet égard, c’est toute une désillusion
pédagogique que vivent les nouveaux enseignants :
25
Formation : entre théorie et pratique
« Moi, j'ai vécu ça vraiment comme un choc. […] D'année en année, c'est à
recommencer. Puis d'année en année, je ne sais même pas si je vais me replacer et je
ne sais même pas si je vais travailler ». (E4)
Donc, ce qui est mis en évidence à travers ces propos, c’est que les jeunes
enseignants éprouvent beaucoup de difficultés pour ce qui est du passage du statut de
stagiaire à celui d’enseignant et des responsabilités que cela implique.
« C’est une formation initiale qui vise à donner aux futurs enseignants une
formation théorique pour leur permettre d’une part une maitrise parfaite de leur
discipline et d’autre part, une connaissance des caractéristiques de l’élève et une
connaissance de la didactique. A l’ITE on assure également une formation pratique
pour permettre aux stagiaires une familiarisation avec la profession c'est-à-dire une
initiation à la pratique de la classe » Inspecteur 1.
« Avant les réformes, les ITE formaient des MEF et des PEF en un, deux ans à
partir de la 3 AS ou du bac. La formation était assurée de manière alternée : cours à
caractère général à l’ITE et sortie sur le terrain (stage d’observation, stage intégré
chaque semaine et stage bloqué sur une durée de trois semaines trois fois par an)
depuis quelques années, les ITE forment en trois (3) ans de MEF, bacheliers recrutés
26
Formation : entre théorie et pratique
sur concours. Les ENS ( Constantine, Alger et l’ENSET d’Oran forment des PEM à
l’issue d’une formation de quatre ans ». Inspecteur 2.
Pour ce qui est de la performance de cette formation sur le plan pratique les deux
personnes sollicitées à ce propos ont donné les réponses suivantes :
« Oui elle est plus ou moins performante, mais gagnerait à réviser les
programmes des différents modules pour une meilleure implication dans le
remaniement du système éducatif ». Inspecteur 1.
« Non ! Les programmes ont été revus, mais sans trop de changements. L’aspect
théorique domine beaucoup. Pour des “spécialistes” comme on appelle désormais les
enseignants dans les pays développés, le volet pratique doit être consistant. Certes, il
faut une formation savante avec mise à jour et mise à niveau parfois, mais il demeure
toujours qu’un enseignant doit être un artisan de la pédagogie avant et après tout. On
est loin de la performance ». Inspecteur 2.
Quant à l’aspect de la formation qui doit être pris en compte pour amener les
stagiaires à une meilleure connaissance des outils d’apprentissages les réponses
obtenues nous ont quelque peu éclairé sur ce volet de la formation. Voici les réponses
obtenues :
27
Formation : entre théorie et pratique
Au vu des réponses proposées par les deux inspecteurs, nous avons pu constater
que théoriquement la formation se veut ambitieuse tant sur le plan pédagogique, sur la
qualité et cela concorde avec ce que nous avons énoncé dans l’alternance et sa place
dans la formation. Cependant, sur le plan pratique, on se rend compte qu’effectivement
nous sommes loin de la compétence.
28
Chapitre II
Situations d’enseignement
et outils d’apprentissage
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
Les conditions d’apprentissage des élèves ont également changé. Ils vivent dans
un monde où les connaissances doublent tous les cinq ans. Ils ont accès à tous les
médias de l’information. L’école ne peut donc plus se contenter d’être pour eux le lieu
d’une simple transmission de l’information.
1
Le métissage : désigne le mélange d'influences culturelles distinctes au niveau musical, pictural, sculptural,
vestimentaire, et linguistique.
2
Encyclopédisme : tendance à accumuler systématiquement des connaissances dans plusieurs domaines.
30
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
La craie et le tableau noir restent présents dans les classes. Les manuels scolaires
aussi.
L’école ne pouvait les ignorer. Elle doit au contraire les intégrer à ses outils
d’apprentissage et apprendre aux élèves à s’en servir intelligemment et à ne pas être
asservis par elles. D’ailleurs, les mesures préparées et décidées par le Gouvernement,
puis approuvées par l’Assemblée Populaire Nationale et par le Conseil de la Nation en
juillet 2002 visent des objectifs prioritaires dont
Mais la question qui se pose avec acuité, c’est de savoir quelles sont les attitudes
adoptées par l’enseignant en situation de classe en partant du fait que la formation ne
l’a pas toujours préparé à cette réalité ?
3
Référentiel des programme 2006 p05
4
Ibidem p04
31
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
Or, dans toutes les disciplines enseignées, les situations d’apprentissage sont
souvent compliquées et problématiques et c’est ainsi que nous constatons que
l’enseignement de façon générale à ses exigences et ses contraintes. Cela nous amène
souvent à vivre des situations d’incertitude, de paradoxes et de conflits.
— Celui des élèves tenus de participer activement à cet apprentissage dans des
conditions favorables favorisant et le respect et l’estime des uns et des autres.
Dans ces conditions, il n’est pas toujours aisé pour l’enseignant d’imposer son
autorité face à un auditoire composé d’apprenants aux caractères divers. En effet,
l’enseignant se retrouve livré un peu à lui-même devant un nombre important d’élèves
qui mettent souvent en difficulté la bonne marche d’une leçon. Cela implique de la
part de l’enseignant un savoir-être et un savoir-faire qui installeront nécessairement
l’autorité et un climat propice à l’apprentissage.
Cet état de fait appelle donc une certaine sérénité, beaucoup de sagesse, de bon
sens et de clairvoyance de la part de l’enseignant qui, il faut le reconnaitre, subit
quotidiennement une pression constante liée à son besoin impérieux de bien faire et de
mener à bien sa mission éducative. Ajoutons à cela la pénible tâche des préparations
qui nécessitent beaucoup de sérieux et de concision. Il convient alors de noter que cela
demande beaucoup de psychologie de la part de l’enseignant pour établir des relations
saines dans un climat d’entente et d’apprentissage.
32
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
La situation est très complexe, car l’enseignant doit assurer plusieurs fonctions
en même temps :
A partir de là nous pouvons affirmer qu’enseigner n’est pas sinécure parce que
cela demande une réflexion constante, des remises en question qui se traduisent sur le
terrain par des réadaptations du fait de l’hétérogénéité des niveaux des apprenants et
l’enseignant se voit chaque jour contraint d’adapter son enseignement en fonction de
son auditoire. Donc enseigner n’est pas donné à tout le monde, c’est un travail de
longue halène qui nécessite un engagement et des sacrifices de la part de celui qui a à
charge le devoir de faire apprendre une discipline donnée.
Cependant, l’enseignant est soumis à une situation paradoxale du fait qu’il doit
user de son autorité, impliquant la rigueur dans le travail et d’un autre côté, il doit
installer des conditions harmonieuses dans sa classe et cela n’est pas toujours évident.
C’est pourquoi il convient de permettre aussi à l’apprenant de travailler selon son
rythme qui n’est pas le même pour ses camarades. Cette situation peut provoquer des
tensions enseignants/enseignés qui se vivent parfois de manière dramatique pour
certains enseignants dont la formation n’a pas été complète. Cela nous amène encore
une fois à poser le problème de la formation qui doit prendre en charge ces situations
vécues par de nombreux enseignants. Souvent ces derniers pensent détenir la
suprématie dans le savoir et négligent malheureusement le côté dialogue dans leur
démarche pédagogique.
33
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
Les rapports entre enseignant et enseignés doivent être basés sur un équilibre qui
va leur permettre de s’accepter dans un climat d’entente autrement c’est une situation
de crise qui va régir leur relation et ce sera le perpétuel conflit.
Cet équilibre passe par une sorte de « deal » entre les parties en présence où l’un
est tenu de mener à bien sa mission éducative et l’autre d’en accepter le contenu de la
mission. A cet effet il convient de rappeler que l’enseignement est avant toute chose
une expérience humaine à accomplir dans le désir de guider et d’aider l’autre.
Guider et aider l’autre à mieux apprendre ne va pas sans heurts parce que cela a
des effets souvent contraignants sur les élèves qui doivent faire preuve d’attention,
d’écoute et de volonté. Tout cela exige de lui un effort qu’il n’est pas toujours prêt à
fournir. Ces contraintes constituent un obstacle aux activités d’apprentissage.
L’enseignant est donc appelé à réfléchir sur la manière d’intéresser pour mieux faire
apprendre. En effet, l’élève doit être mis en situation d’apprentissage non pas comme
un simple spectateur, mais comme acteur impliqué dans des activités mobilisant ses
capacités et ses motivations. Cet équilibre passe aussi par le fait que les erreurs
commises par l’élève en cours d’apprentissage soient exploitées de manière à servir à
34
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
l’améliorer plutôt que le punir. Le rôle de l’enseignant ne doit pas se limiter à faire
acquérir des connaissances, mais aussi de faire participer l’élève à sa propre formation.
Cette démarche ne peut aboutir à des résultats positifs si les contenus enseignés
ne répondent pas aux besoins et motivations des élèves. L’enseignant ne doit pas se
soucier uniquement de faire passer un message, mais de savoir aussi concilier
apprentissage, rigueur, motivation et autonomie. La compétence est de ce fait
nécessaire pour permettre à l’élève de construire son apprentissage pour mieux
construire sa personnalité et son appartenance sociale.
Mais paradoxalement, cet équilibre passe aussi par la fonction « diriger » pour
faire apprendre. En effet, l’apprenant ne peut se « construire » que par la médiation
d’un enseignant qui doit être toujours présent et disponible dans la relation éducative
pour doter l’apprenant d’outils lui permettant de s’investir plus tard dans
l’apprentissage.
FAIRE DIRIGER
APRRENDRE
INTÉRESSER CONTRAINDRE
5
Il s’agit là d’un modèle systémique que propose le docteur E. Bernard-Weil, 1988, pour dire que les deux pôles
sont en interaction et qu’en même temps, s’ils sont nécessaires l’un à l’autre, ils s’opposent. Ici, quand c’est la
fonction « DIRIGER », l’élève n’est pas en train d’apprendre et inversement. Mais pour que les élèves
apprennent, il faut bien que cette fonction soit exercée.
35
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
Pour mener à bien cette mission ardue, l’enseignant doit au moins avoir un degré
d’assurance pour jouer pleinement son rôle d’éducateur et de formateur. Cela suppose
bien entendu beaucoup de compétences, une personnalité assez forte lui permettant de
ne pas sombrer dans l’ennui et de faire face aux difficultés qui se présentent à chaque
instant durant toute sa carrière.
Il est alors difficile de travailler dans de telles conditions parce que cela ne va pas
mobiliser de façon effective les énergies des apprenants et émousse leurs motivations.
Nous sommes donc face à une sorte de marasme qui « démobilisera » et l’enseignant
et les apprenants. C’est une confrontation perpétuelle qui s’instaure et qui perdure,
engendrant beaucoup d’incompréhension.
Ce qui va suivre et qui découle d’une enquête pourra mieux nous éclairer et pour
étayer ce que nous avons avancé dans ce chapitre, des observations de classe ont été
indispensables. Notre enquête s’est déroulée à Saïda dans les établissements suivants :
Medjadji Abdelkader, Chaouch Abdelkarim, Khadidja oum al mouminine, Akkal
Mhamed. Nous avons assisté à seize séances, dont dix chez les professeurs
expérimentés et 6 chez les plus jeunes.
36
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
Séance 1 :
1. le vocabulaire du conte.
2. l’imaginaire
Réemploi, appropriation
Évaluer
1. Compréhension orale
2. Compréhension écrite
3. Production orale
3. Production écrite
37
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
- Juste, conséquent
- Partial
Oui Non
38
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
Oui Non
Oui Non
Oui Non
39
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
4. Le déroulement du cours
5. l’atmosphère de la classe :
Calme Bruyant
Séance n° 2 :
Réemploi, appropriation
Évaluer
40
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
1. Compréhension orale
2. Compréhension écrite
3. Production orale
3. Production écrite
- Juste, conséquent
- Partial
41
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
Oui Non
Oui Non
Oui Non
Oui Non
42
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
4. Le déroulement du cours
5. l’atmosphère de la classe :
Calme Bruyante
À travers les réponses données par les élèves, nous avons remarqué qu’en dépit
des efforts fournis par les enseignants et les outils didactiques mis à la disposition de
ces derniers, les élèves semblaient passifs aux motivations et aux stimulations de leurs
professeurs. Ceci dit, il convient de noter que les séances se sont déroulées en fin
d’après-midi ce qui nous a donné à penser qu’il y avait un certain relâchement de la
part des apprenants. Nous avons donc mis cela sur le compte de la chaleur et de la
fatigue. Cependant, de manière générale, il faut reconnaitre que les enseignants ont été
plus au moins performants tant sur le plan relationnel que pédagogique. Ce qui est à
43
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
déplorer c’est la surcharge de l’effectif qui n’a pas permis une meilleure répercussion
des efforts fournis par l’enseignant.
Séance 1 :
44
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
45
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
4. Le déroulement du cours
5. L’atmosphère de la classe :
Calme Bruyante
46
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
Séance 2 :
47
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
48
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
4. Le déroulement du cours
5. l’atmosphère de la classe :
Calme Bruyante
Commentaire :
Par ailleurs, chez les enseignants nouvellement installés nous avons constaté une
certaine peine dans la maîtrise de la classe et ajoutons à cela une mauvaise maîtrise de
la langue d’enseignement. Cela se traduisait très souvent par une incompréhension
enseignant/enseigné. La surcharge des effectifs (réalité vue dans toutes les classes) ne
permettait pas non plus un investissement de la part de l’enseignant qui semblait
débordé et désemparé. D’où une mauvaise formulation des questions qui prêtait à
confusion.
49
Situations d’enseignement et outils d’apprentissage
pour gérer et animer son groupe de façon rapide et efficace. Qu’en est-il alors chez le
jeune enseignant livré à lui-même dans des conditions qui ne lui permettent pas de
s’améliorer et qui ne se « construit » pas dans la solitude où il est confiné ?
Nous pouvons donc dire à ce propos que cet état de fait vient étayer la thèse
selon laquelle la formation demeure toujours insuffisante.
50
Chapitre III
Enseignement et perspectives
Enseignement et perspectives
Bien formé, plein d’idées, désireux de mettre ses connaissances au service d’une
pratique pédagogique de qualité, le jeune enseignant est impatient de prendre en
charge des élèves et trouver sa place dans une équipe éducative.
52
Enseignement et perspectives
7- Il est partagé entre deux modèles : celui reçu durant la formation initiale et
les recettes plus pragmatiques qui ont cours dans le milieu professionnel.
Toutefois, les angoisses peuvent aussi bloquer les pensées et engendrer un besoin
irrépressible de certitudes. Pour accepter qu’il soit nécessaire de réfléchir quand tout
est difficile sans attendre des temps meilleurs, un étudiant doit accomplir un chemin
important. C’est-à-dire, prendre le contrepied du métier d’élève qu’il a pratiqué aussi
longuement et qui lui a réussi… Il ne fera ce chemin que si l’ensemble du dispositif de
formation est conçu dans ce sens, avec cohérence et transparence.
- Ne pas faire « un peu de tout », mais opérer des choix, assumer des
recensements raisonnés.
53
Enseignement et perspectives
- Ne pas ignorer l’angoisse et le peu d’expérience des étudiants qui les conduisent
à dramatiser certains problèmes et à en sous-estimer d’autres.
2. Le stage :
Nos instituteurs et institutrices, nos professeurs nous laissent des souvenirs forts
et contrastés. Certains d’entre eux nous marquent durablement, influencent notre goût
pour telle ou telle discipline, notre personnalité.
Au cours de notre parcours scolaire, nous nous façonnons une représentation
personnelle du métier d’enseignant. Mais nous connaissons fort peu la réalité
complexe de cette profession, les différentes facettes qu’elle revêt, les multiples
compétences qu’elle suppose.
C’est en effet d’un métier complexe et exigeant qu’il s’agit :
1
Le Boterf, G. « Développer la compétence des professionnels », 4e édition revue et mise à jour de
« Compétence et navigation professionnelle ». Dans Molina Enrique Correa, Gervais Collette (dir.), les stages en
formation à l’enseignement : pratiques et perspectives. Québec : Presses de l’Université du Québec, p. 2.
54
Enseignement et perspectives
C'est pourquoi la période de stage pose de grands défis pour les stagiaires, car
celui-ci est l’occasion d’un contact avec le monde réel de la profession enseignante et
avec les différents acteurs qui y évoluent. En effet, le stage permet aux stagiaires de
côtoyer leurs futurs collègues, le directeur de l’école, les parents et évidemment,
d’interagir avec les élèves aux plans cognitif et socioaffectif. Dans ce processus de
socialisation, les stagiaires devront manifester des compétences et des savoirs,
confirmer leur choix de carrière et développer une identité professionnelle.
Cette dernière, en enseignement peut se définir d’une part, en termes d’un
rapport à soi et à sa pratique en tant qu’enseignant et d’autre part, en termes de savoirs
spécifiques qui permettent à un individu de s’identifier à un groupe qui détient et
partage ces savoirs. Cela suppose que le stage porte en soi un contrat stagiaire-milieu
de pratique dont la réalisation ne va pas sans tension.
Lors des stages, les étudiants font face à une tension engendrée par le passage
d’un milieu à un autre avec les exigences et responsabilités que cette alternance
implique. Il s’agit là d’une période charnière, car, comme nous l’avons vu
précédemment, elle constitue un lieu de construction d’identité professionnelle.
Certes, ce n’est pas le seul, mais le stage, en tant que contexte réel de pratique
professionnelle, s’apparente à un « creuset » où divers éléments se conjuguent pour
permettre au futur professionnel de se forger une identité, légitimant son appartenance
à un groupe caractérisé par des savoirs particuliers. En même temps, le stagiaire doit se
sentir autorisé à affirmer sa personnalité propre par rapport au groupe auquel il veut
appartenir.
55
Enseignement et perspectives
Peu assuré, pas toujours bien intégré dans l’équipe enseignante, le jeune diplômé
est parfois découragé : c’est d'ailleurs durant les trois premières années d’entrée en
fonction que le risque de « sortie » des enseignants est le plus élevé. S’il ne se
décourage pas, il est souvent tenté (et parfois invité) de copier le modèle de ses aînés
et il risque alors de céder le pas au conformisme ambiant plutôt que de jouer
pleinement son rôle de vecteur de changement.
Les équipes éducatives qui favorisent le débat entre l’expérience des enseignants
chevronnés et les nouvelles connaissances de l’enseignant débutant ne sont pas les plus
nombreuses. Or, si l’expérience est précieuse, si les années de pratique sont bonnes
conseillères, les connaissances et l’enthousiasme des jeunes diplômés peuvent
également enrichir les enseignants expérimentés. Tout enseignant est et doit rester un
chercheur, un créateur. Il doit dès lors pouvoir imaginer de nouvelles pratiques, les
tester, les perfectionner et les partager du début à la fin de son itinéraire professionnel.
Cependant, la théorie est une chose et la réalité et les attentes du terrain en sont
une autre.
56
Enseignement et perspectives
Ceci nous a mené à faire une enquête à l’aide de questionnaires : nous en avons
distribué 43 aux jeunes et anciens enseignants, malheureusement, seulement 28 ont
répondu à nos questions, parmi eux : 17 enseignants expérimentés et 11 jeunes
enseignants.
2
Continuum pédagogique : parcours scolaire continu, répondant d’année en année au même objectif final.
3
Compétences disciplinaires : référentiel présentant de manière structurée les compétences à acquérir dans une
discipline scolaire.
4
Compétences transversales : attitudes, démarches mentales et démarches méthodologiques communes aux
différentes disciplines à acquérir et à mettre en œuvre au cours de l’élaboration des différents savoirs et savoir-
faire; leur maîtrise vise à une autonomie croissante d’apprentissage des élèves.
57
Enseignement et perspectives
80,00%
60,00%
40,00%
20,00%
0,00%
Pourcentage %
Transmettre un 72,72%
savoir
Autres réponses 27,27%
Commentaire :
Suite aux réponses de ces jeunes enseignants, nous avons constaté qu’ils ont une
idée assez vague de leur propre profession : « une tâche assez noble, mais assez
difficile […], transmettre un savoir, le partager avec des apprenants […], le métier
d’enseignant c’est partager le savoir avec les apprenants [….], le métier d’enseignant
est un métier difficile qui demande beaucoup de patience, et du courage. »
Nous voyons donc qu’ils sont dans l’incapacité de donner une définition plus
précise d’un métier pour lequel ils ont reçu une formation de plusieurs années et qu’ils
vont pratiquer tout au long de leur carrière professionnelle.
100,00%
50,00%
0,00%
Pourcentage %
Oui 81,81%
Non 18,18%
Commentaire :
Nous avons remarqué que la majorité des enseignants ont répondu par oui.
Certains d’entre eux n’ont pas pu expliquer pourquoi ils aiment enseigner, d’autres se
sont contentés de réécrire les réponses de la première question c’est-à-dire (transmettre
des savoirs, etc.) « … j’aime l’interactivité. Cela me permet de découvrir de nouvelles
choses […], car c’est un métier noble, digne pour une femme […], par amour de la
langue française […], pour moi c’est une passion […], transmettre des savoirs […],
instruire est un échange continuel, car on donne et on apprend en même temps. J’aime
les enfants ».
Ceci suscite des questions inquiétantes : celui qui ignore ou ne peut pas justifier
pourquoi il aime enseigner, saurait-il stimuler ou motiver ses élèves ? Quelle attitude
pourrait-il adopter face à ces derniers ?
En outre, une des réponses nous a interpelé : « c’était une obligation et non pas
un choix » ceci voudrait dire qu’il y a plusieurs jeunes enseignants qui partagent ce
sentiment, c’est-à-dire qu’ils ont été « parachutés » dans ce métier malgré eux. C’est
une hypothèse que nous n’avons pas pu vérifier.
Item 3 : Pensez-vous que votre formation vous a réellement préparé aux difficultés
du terrain ?
100%
50%
0%
Pourcentage %
Oui 0%
Non 100%
Commentaire :
Les jeunes enseignants ont répondu unanimement par non : « parce qu’on nous a
enseigné que la théorie, même insuffisante, le terrain est plus dur qu’on l’imagine
[…], ce que nous avons appris c’était un ensemble de connaissances et de théorie,
mais le terrain c’est autre chose et les situations changent selon les apprenants et les
circonstances d’apprentissage […], on a appris à l’université un savoir qui n’a rien
avoir avec la réalité du terrain, ils nous ont transmis un savoir de type théorique sur
la langue qui porte beaucoup plus de la littérature et son histoire […], parce qu’elle
est presque inexistante, il n’y a pas de pratique dans les écoles encadrée par des
professeurs expérimentés […], parce qu’on n’a pas été préparé à affronter la classe,
etc. ».
Selon eux, il s’agissait pour la plus grande partie que de la théorie, comme nous
avons pu le constater dans le programme de formation du profil des Professeurs
d’Enseignement Fondamental.
En outre, certains d’entre eux ont évoqué les difficultés du terrain ainsi que la
question de l’absence de stage supervisé, nous avons parlé dans ce qui précède, de
l’importance du stage et de son rôle dans une formation fondée sur les allers-retours
entre théorie et pratique. Aussi nous avons souligné que le risque de « sortie » des
enseignants en l’absence de tutelle au début de carrière était le plus élevé.
80,00%
60,00%
40,00%
20,00%
0,00%
Pourcentage %
Oui 63,63%
Non 36,36%
Commentaire :
D’après les réponses obtenues, nous constatons que la plupart des jeunes
enseignants ont exprimé le désir d’avoir une nouvelle formation : « … on a besoin de
théorie et de pratique. On doit assister à des cours suivis de débats […], pour avoir
l’opportunité de voir ce qui se passe réellement sur le terrain, ainsi que de pouvoir
bénéficier de l’expérience des autres […], pour être doté de compétences
professionnelles indispensables à l’adaptation aux évolutions du système éducatif
[…], on a besoin de quelque chose de palpable, c’est-à-dire donner des cours avec
l’aide d’encadreurs ».
Selon eux, cette dernière devrait s’articuler sur le plan pratique et dont le seul
but est de les aider à mieux anticiper les difficultés du terrain. Par ailleurs, nous avons
aussi remarqué que certains enseignants ont dit oui à une nouvelle formation, sans
pour autant savoir pourquoi.
Item 5 : Quels sont les points que vous aimeriez améliorer dans une nouvelle
formation ?
60,00%
40,00%
20,00%
0,00%
Pourcentage %
Stage pratique 45,45%
Orientation et 27,27%
assistance
Autres réponses 27,27%
61
Enseignement et perspectives
Commentaire :
Pour leur dernière question, en ce qui concerne les points à améliorer dans une
nouvelle formation, les jeunes enseignants ont opté pour : « le lien entre la théorie et
la pratique […], faire des stages pratiques guidés avant d’enseigner, avoir un contact
avec des enseignants plus expérimentés et assister à leurs cours, avoir une formation
permettant d’aider le futur enseignant à affronter des catégories d’élèves différentes et
des classes surchargées […], consacrer plus d’apprentissages au coté pédagogique et
didactique, ainsi qu’offrir aux futurs enseignants des stages sur le terrain avec un
encadrement adéquat […], réformer le système éducatif, il est en nette régression
année par année, en effet les programmes sont ambitieux et bien conçus, mais ne
trouvent pas preneurs […], les formateurs doivent nous orienter, nous guider, nous
renseigner pour préparer les cours et pour gérer une classe ».
62
Enseignement et perspectives
30,00%
20,00%
10,00%
0,00%
Pourcentage %
Métier noble 29,41%
Transmettre un 29,41%
savoir
Une vocation 11,76%
Autres réponses 29,41%
Commentaire :
Les réponses des enseignants expérimentés ont été plus précises : « C’est plus
qu’un métier c’est une vocation […], instruit, éduque et émancipe […], …être
enseignant c’est être un pédagogue, être un enseignant c’est être un psychologue et la
motivation pour le métier doit être présente […],…activité professionnelle, car ce
n’est pas donné à n’importe qui de l’exercer. C’est un art […], …consiste
essentiellement à faire du savoir savant un savoir-scolarisé […], l’enseignant forme et
informe des générations ».
Selon eux le métier d’enseignant est une activité professionnelle qui nécessite la
mobilisation d’un volume important de connaissances et de diverses compétences au
niveau didactique, pédagogique, psychologique, et éducatif.
63
Enseignement et perspectives
60,00%
40,00%
20,00%
0,00%
Pourcentage %
Oui 58,82%
Non 5,88%
Pas de 35,29%
réponses
Commentaire :
Ce que nous avons constaté suite à ces réponses, c’est que pour les enseignants
expérimentés, le métier d’enseignant est un choix et une vocation ; Il s’agit de pouvoir
aider et contribuer dans la formation des générations. « …c’est un métier que j’ai
choisi par vocation […], je contribue dans la formation des esprits qui seront à
l’avenir les cadres de cette société […], c’était notre fierté de voir la majorité des
générations qui nous ont été confiées réussir […], j’aime enseigner, car je sens que je
sers à quelque chose ».
64
Enseignement et perspectives
60,00%
40,00%
20,00%
0,00%
Pourcentage %
Préparer 58,82%
l’enseignant
De la théorie 17,64%
Autres 23,52%
Commentaire :
Nous constatons que les avis sont partagés, un groupe résume la formation
pédagogique comme de la théorie à « ingurgiter » dans les centres pédagogiques sans
avoir le temps de tout retenir et sans être vraiment prêt à affronter les difficultés sur le
terrain : « rester quelques jours dans un centre pour ingurgiter de la théorie […], la
formation pédagogique nous gave de théorie sans pratique sans contact avec le terrain
réel ».
L’autre groupe a insisté sur le fait que cette formation devrait permettre aux
stagiaires de faire le lien entre théorie et pratique, prendre en considération les besoins
du terrain, d’appliquer les différents procédés et démarches pour réussir leur métier :
« consiste en la connaissance des différentes théories d’apprentissage et de la
psychopédagogie […], elle doit permettre aux stagiaires de faire le terrain avec un
encadrement pour lier les cours théoriques à la pratique de classe […], cette
formation devrait prendre en compte les besoins du terrain et l’aspect psychologique
de l’élève […], construire les prémices de l’enseignement et des repères pour
l’enseignant dans le but d’effectuer sa mission […], procédés, démarches, techniques
et astuces à appliquer pour réussir un métier ».
65
Enseignement et perspectives
36,00%
34,00%
32,00%
30,00%
28,00%
26,00%
Pourcentage %
Suffisante 35,29%
Insuffisante 35,29%
Pas de réponses 29,41%
Commentaire :
Les avis des enseignants sont partagés. Les uns estiment qu’ils ont eu une
formation pédagogique et psychologique suffisante, beaucoup de stages encadrés sur
le terrain : « On a eu une formation pédagogique et psychologique suffisante,
beaucoup de stages sur le terrain […], il y avait la théorie et la pratique dans les
écoles encadrées par des professeurs chevronnés […], j’ai reçu trois ans de formation
à l’ITE. Pendant ce temps nous avions largement le temps d’être forgés sur le plan
théorique et sur le plan pratique ».
Pour les autres, la formation est insuffisante comme toutes les formations, ils
préconisent une réforme en matière d’enseignement qui consacrera plus de temps pour
la formation pratique : « Il faut toute une réforme en matière de formations des
enseignants […], la formation est bien sûr insuffisante, comme toutes les formations
[…], il faut consacrer plus de temps pour la formation sur terrain ».
66
Enseignement et perspectives
Item 5 : Si, pour vous, elle est insuffisante, que doit-on faire ?
40,00%
30,00%
20,00%
10,00%
0,00%
Pourcentage %
Plus de 35,29%
pratique
Plus de 17,64%
formation
Pas de réponses 17,64%
Autres 29,41%
Commentaire :
En effet, ces propositions répondent aux besoins et aux attentes des jeunes
enseignants exprimés dans le questionnaire précédent. Autrement dit, consacrer plus
67
Enseignement et perspectives
de temps aux stages sur le terrain et à la formation en cours d’emploi. En outre, les
enseignants expérimentés ont jugé nécessaire de confier la tâche de supervision et
d’encadrement des stages à des spécialistes. À cet effet, nous avons déjà mentionné
que tout enseignant n’est pas forcément formateur. (Voir chapitre 1 : qu’est-ce qu’un
formateur ?)
Item 6 : Quels sont, d’après vous, les points essentiels qui devraient être ciblés dans
une formation des formateurs ?
50,00%
40,00%
30,00%
20,00%
10,00%
0,00%
Pourcentage %
Plus de pratique 41,17%
psychopédagogi 17,64%
e
Pas de réponses 35,29%
Autres réponses 5,88%
Commentaire :
Nous constatons que les points essentiels qui devraient être ciblés dans une
formation sont : « pédagogie, linguistique, psychologie […], recyclage, réforme et
étude approfondie des programmes d’enseignement […], la maitrise de la langue est
primordiale […], formation pédagogique adéquate et stage pratique de longues
durées […], l’aspect cognitif et l’aspect psychologique […], comment stimuler et
motiver l’élève [...], consacrer plus à la pratique qu’à la théorie ».
Ces compétences nécessitent d’être appuyés par une pratique sur le terrain. De
plus, il y a aussi la maîtrise de la langue qui est de toute évidence capitale. C’est la
première compétence à acquérir pour pouvoir enseigner la langue française. Le fait de
68
Enseignement et perspectives
mentionner la maîtrise de la langue est important parce que d’après les dires des
enseignants expérimentés, le niveau de langue des élèves/étudiant ne cesse de
régresser.
80,00%
60,00%
40,00%
20,00%
0,00%
Pourcentage %
Oui 64,70%
Non 35,29%
Commentaire :
Nous constatons que sur les 17 enseignants interrogés 11 ont répondu oui : « Elle
était assurée par des encadreurs compétents […], vu les performances des deux
générations […], elle l’était grâce aux instituts […], ces derniers fournissaient une
formation plus au moins consistante […], les enseignants avant d’aller enseigner,
bénéficiaient de connaissances théoriques d’abord et puis pratique, après ils étaient
suivis par des professeurs d’applications qui soit les récompensaient, soit les
sanctionnaient quand il fallait […], il n’y a qu’à comparer les niveaux. Le niveau des
élèves ne cesse de régresser […], les résultats l’ont prouvé la différence est grande
entre la formation jadis et celle d’aujourd’hui ».
Selon eux, la formation était plus complète il y a quelques années grâce aux
instituts et aux encadreurs de l’époque. De plus, la différence entre les deux
générations d’enseignants est évidente et que les résultats sur le terrain l’ont prouvé.
69
Enseignement et perspectives
Cependant, les 6 autres enseignants qui ont répondu par la négative estiment
qu’auparavant la qualité de la formation était améliorée par des stages de formation
continue qui aidaient les professeurs à mieux appréhender le terrain : « Elle n’a jamais
été complète […], mais la formation était améliorée par des stages de formation
continue qui permettaient aux enseignants de mieux appréhender l’apprentissage […],
ça va de pire en pire ».
Ainsi la formation ne peut être complète, c’est sa qualité qui lui donne de la
valeur.
Item 8 : Pensez-vous que les enseignants étaient mieux préparés aux difficultés du
terrain par rapport aux jeunes enseignants ?
80,00%
60,00%
40,00%
Oui
20,00%
Non
0,00%
Pourcentage %
Oui 76,47%
Non 23,52%
Commentaire :
Nous remarquons que les avis sont partagés. Pour ceux qui ont répondu oui, ils
prétendent avoir été mieux formés grâce aux stages par rapport aux jeunes enseignants
qui accusent une certaine faiblesse sur le plan de la langue : « Autrefois, il existait les
stages sur le terrain, chose inexistante aujourd’hui […], grâce aux stages bloqués
dans les établissements scolaires […], Le niveau scolaire était appréciable. Un
bachelier actuellement ne peux même pas rédiger une simple lettre administrative tant
en langue arabe que française […], la réalité du terrain nous révèle que les jeunes
enseignants éprouvent des difficultés énormes à enseigner […] sur le plan
70
Enseignement et perspectives
pédagogique surtout […], ils étaient plus consciencieux et ils avaient choisi le métier
par vocation […], les apprenants ne compliquaient pas du tout la tâche de
l’enseignant »..
D’autres enseignants au contraire, pensent que cela n’est pas dû au fait qu’ils
étaient mieux préparés, mais qu’à leur époque il était plus facile d’enseigner, du fait
que les conditions de travail étaient meilleures qu’aujourd’hui : « Les enseignants ne
rencontraient pas trop de difficultés […], l’enseignement était plus facile que
maintenant sur tous les plans ».
45,00%
40,00%
35,00%
30,00%
25,00%
20,00%
15,00%
10,00%
5,00%
0,00%
Pourcentage %
Prise en charge 17,64%
des apprenants
La gestion de 11,76%
classe
Différence de 41,17%
niveau
Autres 29,41%
réponses
71
Enseignement et perspectives
Commentaire :
72
Conclusion
Conclusion
C’est l’un des sujets qui doit faire l’objet d’un débat conscient par les
responsables politiques qui doivent s’interroger sur l’efficacité avec laquelle on est
tenu de préparer les enseignants de demain à s’acquitter des tâches prévues pour
assurer l’apprentissage.
74
Conclusion
Donc l’accent doit être mis sur le caractère professionnel des enseignants qui
doivent pouvoir faire preuve d’une aptitude à dispenser un enseignement revêtant des
formes multiples, à réfléchir à leur tâche et à œuvrer avec d’autres collègues en vue
d’améliorer leurs prestations — ce qui exige l’acquisition d’une solide base de
connaissances et un esprit critique.
Les objectifs de formation ne seront atteints que s’ils préparent bien les nouveaux
enseignants à relever les défis de l’enseignement dans des conditions particulières et
souvent hostiles.
L’objectif n’est pas limité à la « fabrication » d’un bon enseignant, mais d’un
enseignant efficace, compétent, capable de réfléchir, de juger et d’agir dans des
situations diverses et face à des personnes différentes sur le plan socioculturel.
75
Bibliographie
Références bibliographiques :
Ouvrages utilisés :
Merieu, Philippe. Faire l’école, faire la classe. Paris : ESF Éditeur, 2004.
(Collection pédagogies)
Paquay, L., Altet, M., Charlier, É. et Perrenoud, Ph. (dir.). Former des
enseignants professionnels. Quelles stratégies ? Quelles compétences ? [1996].
Bruxelles : De Boeck 3e éd, 2000.
Ouvrages consultés :
DEVELAY, Michel, Peut-on former les enseignants ?, Paris, ESF éditeur, 1994.
(Collection Pédagogies)
77
Références Sitographique :
« www.meirieu.com/OUTILSDEFORMATION/quelleformation.pdf », (consulté
le 07/04/2001).
Articles d’ouvrages :
Vergnioux .A (dir.), 40 ans des sciences de l’éducation, Caen, puc, 2009, p. 65-
70
Articles téléchargeables :
“http://www.expliciter.fr/IMG/pdf/FORMER_L_ENSEIGNANT_REFLEXIF.pd
f”. (Consulté le 13/03/2011).
Dictionnaires et encyclopédie :
78
Documents officiels consultés :
79
Liste des figures
Figure 1 : réponses item 1 : qu’est-ce que pour vous le métier
d’enseignant ?.............................................................................................................58
Figure 5 : réponses item 5 : Quels sont les points que vous aimeriez améliorer dans
une nouvelle formation ?...........................................................................................61
Figure 10 : réponses item 5 : Si, pour vous, elle est insuffisante, que doit-on
faire ?.........................................................................................................................67
Figure 11 : réponses item 6 : Quels sont, d’après vous, les points essentiels qui
devraient être ciblés dans une formation des formateurs ?........................................68
Figure 12 : réponses item 7 : Pensez-vous que la formation des enseignants était plus
complète il y a quelques années ?..............................................................................69
Figure 13 : réponses item 8 : Pensez-vous que les enseignants étaient mieux préparés
aux difficultés du terrain par rapport aux jeunes enseignants ?.................................70
Figure 14 : réponses item 9 : Où se situe la différence ?..........................................71
Annexes
Questionnaire n°I : aux jeunes enseignants.
………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………..
2- Aimez-vous enseigner ?
- Oui
- Non
- Pourquoi ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………..
5- Quels sont les points que vous aimeriez améliorer dans une nouvelle
formation ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………..
Questionnaire n°II : aux enseignants expérimentés.
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………...
2- Aimez-vous enseigner ?
- Oui
- Non
- Pourquoi ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………...
…………………………………………………………………………………...………
………………………………………………………………………...............................
.....................................................................................................
6- Quels sont, d’après vous, les points essentiels qui devraient être ciblés dans une
formation des formateurs ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………..
Oui
Non
Pourquoi ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………..
9- Où se situe la différence ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………..
Modèle d’observation de classe :
1. le vocabulaire du conte.
2. l’imaginaire
Réemploi, appropriation
Évaluer
1. Compréhension orale
2. Compréhension écrite
3. Production orale
3. Production écrite
- Juste, conséquent
- Partial
Oui Non
Oui Non
Oui Non
Oui Non
3. Observations centrées sur les apprenants :
4. Le déroulement du cours
Calme Bruyant
Tables des
matières
Table des matières
INTRODUCTION : .............................................................................................................................................. 6
1. La Professionnalisation :.............................................................................................................................11
CONCLUSION : ..................................................................................................................................................74
ANNEXES : ..........................................................................................................................................................84