Introduction générale
La gestion des déchets, en constante augmentation, représente un défi majeur à l’échelle
mondiale, avec une production annuelle dépassant les 2 milliards de tonnes. Ce problème est
exacerbé par la croissance démographique et l'urbanisation rapide dans de nombreuses régions,
entraînant une pression accrue sur les infrastructures de gestion des déchets. Parmi les régions
les plus concernées, l'Asie de l'Est et le Pacifique se distingue comme le plus grand producteur
de déchets, générant à elle seule environ 468 millions de tonnes chaque année, selon les Nations
Unies [2].
En Tunisie, la situation n’est pas moins préoccupante. D'après l'Agence Nationale de Gestion
des Déchets (ANGED), la quantité de déchets organiques a atteint 3,7 millions de tonnes en
2019, dont près de 30 % sont concentrés dans la région de la Grande Tunisie. Cette
concentration souligne les défis spécifiques des zones urbaines densément peuplées, où les
capacités de traitement des déchets sont souvent insuffisantes pour faire face à l'ampleur du
problème.
Face à l’augmentation préoccupante de la pollution causée par l’activité humaine, deux enjeux
majeurs émergent : la demande énergétique en constante hausse et la raréfaction des ressources
naturelles. Les ressources, principalement fossiles comme le pétrole, le gaz naturel et les
minerais radioactifs, sont épuisables à l’échelle de nos vies. Par ailleurs, leur exploitation génère
des émissions de gaz à effet de serre, notamment le dioxyde de carbone (CO2), qui accélère le
réchauffement de notre planète. La lutte contre la pollution humaine et le passage à des sources
d'énergie plus écologiques se posent ainsi comme l'un des défis les plus cruciaux de notre
époque [2].
. L'objectif de ce travail est de mener une étude approfondie des procédés de purification du
biogaz, en analysant leurs impacts sous les angles énergétique, économique et environnemental.
Cette analyse vise à évaluer l'efficacité, la viabilité et la durabilité de chaque méthode en
fonction de ces critères, afin d'identifier les solutions les plus performantes pour améliorer la
qualité du biogaz, tout en réduisant les coûts et les impacts négatifs sur l'environnement.
L'objectif ultime est de contribuer à l'optimisation des procédés, en tenant compte des enjeux
actuels liés à la transition énergétique et à la gestion durable des ressources.
Ce mémoire sera divisé en 3 chapitres :
Le premier chapitre de ce travail sera consacré à une revue bibliographique détaillée, ayant pour
objectif d'examiner la composition du biogaz ainsi que les impacts des gaz indésirables qu'il
contient. Une attention particulière sera accordée aux diverses méthodes de purification
existantes, en détaillant les mécanismes de ces procédés et les solutions utilisées dans les
applications industrielles.
Introduction
Face à la demande mondiale croissante en énergie, le biogaz apparaît comme une solution
prometteuse et durable, offrant une alternative renouvelable aux sources d'énergie
traditionnelles. Cependant, pour exploiter pleinement son potentiel, il est essentiel de surmonter
les défis liés à sa composition complexe, qui comprend du méthane, du dioxyde de carbone
(CO₂) et d'autres gaz indésirables. C’est dans ce contexte que la purification du biogaz joue un
rôle crucial. Cette étude mettra en lumière l'importance de la purification en tant qu’étape clé
pour améliorer la qualité du biogaz, en réduisant les contaminants et en optimisant sa valeur
énergétique. Elle examinera en détail les différentes méthodes de purification disponibles.
I. État de l'art
I.1 Généralités sur le biogaz
Le biogaz constitue une alternative écologique et durable aux combustibles fossiles, jouant un
rôle clé dans la transition énergétique vers des solutions plus propres et renouvelables. Il s'agit
d'une source d'énergie renouvelable produite par la dégradation anaérobie de matières
organiques, telles que les déchets agricoles, les résidus alimentaires, les boues d'épuration ou
les déchets industriels. Ce processus se déroule en quatre phases distinctes.
Tout d'abord, l'hydrolyse décompose les matières organiques complexes en molécules plus
simples, comme les acides gras, les sucres et les acides aminés, grâce à l'action des bactéries
hydrolytiques. Ensuite, lors de l'acidogenèse, ces produits sont fermentés par des bactéries
acidogènes pour produire des acides gras volatils, de l'alcool, du dihydrogène et du dioxyde de
carbone (CO₂). La phase suivante, l'acétogenèse, convertit les acides gras volatils en acétate, en
hydrogène et en CO₂ grâce aux bactéries acétogènes. Enfin, lors de la méthanogenèse, les
méthanogènes transforment l’acétate, l’hydrogène et le CO₂ en méthane (CH₄) et en CO₂ [3].
Le biogaz obtenu est principalement composé de méthane (CH₄), un gaz à forte valeur
énergétique, et de dioxyde de carbone (CO₂), mais il peut également contenir d’autres gaz
indésirables. La section suivante présentera en détail la composition principale du biogaz, en
soulignant les différents gaz présents et leur impact sur la qualité énergétique du biogaz.
I.2 La composition de biogaz
La composition du biogaz et les pourcentages de ses composants dépendent de divers facteurs,
parmi lesquels la source de production est l'une des plus influentes. En effet, des études ont
montré que la valorisation de différents types de biomasse, comme les déchets agricoles, les
déchets ménagers (MO), les déchets industriels généraux (DIB) ou les résidus organiques,
aboutit à différentes compositions de méthane (CH₄), de dioxyde de carbone (CO2 ), et d'autres
composants tels que le sulfure d'hydrogène (H2S) et l'azote (N2). Des exemples spécifiques
sont présentés dans le premier tableau illustrant la variation de la composition du biogaz avec
différentes sources de biomasse.
Tableau 1: Composition typique de biogaz
I.3 Impacts négatifs des gaz indésirables dans le biogaz
Bien que les impuretés dans le biogaz soient souvent présentes en faible concentration, leur
impact peut être considérable sur les équipements qui en dépendent comme carburant. En
l'absence d'un processus de purification adéquat, ces contaminants peuvent provoquer des
dégradations des systèmes de combustion, compromettant ainsi l'efficacité opérationnelle et
augmentant le risque de pannes imprévues. Mais ce n'est pas tout : les effets néfastes de ces
impuretés s'étendent également à notre environnement. Elles peuvent entraîner des émissions
polluantes, altérant la qualité de l'air et posant des risques pour la santé publique. Dans les
paragraphes suivants, nous explorerons ces enjeux cruciaux en profondeur, afin de mieux
comprendre l'importance d'une purification efficace du biogaz. Le H₂S pose des défis majeurs
en raison de sa toxicité élevée et de son potentiel corrosif. Lorsqu'il est en présence de vapeur
d'eau, il forme de l'acide sulfurique, provoquant ainsi une corrosion sévère des équipements, ce
qui entraîne des coûts de maintenance considérables. De plus, ce gaz est dangereux pour la
santé humaine : il peut provoquer des irritations respiratoires et oculaires, des effets
neurologiques, et, à des concentrations élevées, des impacts mortels. Sur le plan
environnemental, les émissions de H₂S contribuent à la pollution de l'air, favorisent la formation
de pluies acides et entraînent la dégradation des écosystèmes. Ces effets néfastes nuisent
également au bien-être des communautés environnantes, accentuant ainsi les risques pour la
santé publique et l'environnement .
La vapeur d'eau peut se condenser à la surface des équipements, ce qui favorise la corrosion
des parties métalliques. De plus, le fort taux d'humidité du biogaz peut réduire son pouvoir
calorifique, affectant ainsi son efficacité énergétique.
Ces impacts soulignent l'importance de la purification du biogaz, un procédé essentiel pour
améliorer sa qualité et optimiser son usage énergétique. La purification permet d'augmenter la
teneur en méthane, le composant énergétique principal, et d'éliminer ou de réduire les gaz
indésirables comme le H₂S et le CO₂.
II. Technologies de Purification du Biogaz
Plusieurs méthodes ont été développées pour augmenter le rendement en méthane (CH₄) et
éliminer les impuretés dans le biogaz. Chaque méthode présente des avantages et des
inconvénients. Dans la partie suivante, nous mettrons l'accent sur les différentes techniques de
purification.
II.1 Absorption chimique
L'absorption chimique du dioxyde de carbone (CO₂) est un procédé industriel couramment
utilisé pour traiter les fumées des centrales thermiques, qui sont un mélange d'air et de CO₂. Le
gaz à traiter est injecté dans le bas du réacteur, où il entre en contact avec un solvant qui circule
en contre-courant. Ce solvant réagit avec le dioxyde de carbone et permet ainsi son absorption.
À la sortie du réacteur, le gaz purifié, débarrassé de son CO₂, est récupéré, tandis que le solvant
chargé en CO₂ est évacué et envoyé dans une section de régénération. Dans cette section, le
solvant circule en contre-courant avec un flux de vapeur chaude générée par un rebouilleur, ce
qui permet de libérer le CO₂ en rompant les liaisons chimiques grâce à la chaleur, régénérant
ainsi le solvant. Parmi les solvants utilisés, la monoéthanolamine (MEA) est la plus courante
en raison de sa vitesse d'absorption du CO₂ élevée. Toutefois, la chaleur nécessaire à sa
régénération entraîne des coûts élevés, ce qui rend cette méthode peu rentable dans le cadre du
traitement des fumées de centrales thermiques. L'ammoniac (NH₃) est un autre solvant utilisé,
mais sa vitesse d'absorption du CO₂ est plus modérée. Enfin, le carbonate de potassium présente
une vitesse d'absorption relativement faible par mole de solvant, ce qui limite son efficacité. Le
choix du solvant dépend donc de plusieurs critères, tels que la vitesse d'absorption, la
régénérabilité du solvant et le coût associé à la chaleur nécessaire pour sa régénération.
Figure 1: Schéma simplifié d’un procédé de traitement des gaz par absorption chimique
(régénération par strippage).
II.2 PSA (Pressure-Swing Adsorption)
Le procédé de PSA (Pressure Swing Adsorption) permet de séparer le CO₂ du biogaz en
exploitant le phénomène d'adsorption par variation de pression. À haute pression, le CO₂
s’adsorbe dans les solides de la colonne, puis se désorbe à basse pression. Ce procédé permet
d’obtenir un bio-méthane avec des teneurs en H₂O quasi nulles (proches de 0 mg/Nm³), adapté
pour l'injection dans les réseaux. Les adsorbants utilisés dans ce procédé sont généralement des
matériaux solides tels que le charbon actif, les zéolites ou les silices, qui sont choisis en fonction
de leur capacité à adsorber le CO₂ et de leur sélectivité vis-à-vis des autres gaz présents dans le
biogaz. Le choix de l'adsorbant dépend de plusieurs facteurs, notamment la composition du
biogaz, la pression et la température de fonctionnement, ainsi que les spécifications requises
pour la pureté du bio-méthane produit. Selon la littérature, le coût d'investissement pour traiter
100 m³/h de biométhane est estimé à 5400 € et le coût de fonctionnement pour 100 m³/h est de
12,8 €/h.
Ces méthodes de purification exigent une importante quantité d'énergie et présentent certaines
limites, telles qu'une consommation élevée d'eau ou de solvants organiques. En réponse à ces
défis, les recherches actuelles s'orientent vers le développement de techniques plus
économiques et plus efficaces sur le plan énergétique. Parmi ces alternatives, la filtration
membranaire se distingue comme une approche prometteuse largement explorée par de
nombreuses études. Dans les sections suivantes, cette méthode fera l'objet d'une analyse
approfondie
Figure 2: Schéma de principe d’unité PSA
II.3 Filtration membranaire
La filtration membranaire pour purifier le biogaz utilise des membranes semi-perméables pour
séparer ses composants, tels que le méthane (CH₄) et le dioxyde de carbone (CO₂). Basée sur la
différence de perméabilité des gaz, cette technologie permet aux gaz plus perméables (CO₂,
H₂S, humidité) de passer à travers la membrane (perméat), tandis que le méthane, moins
perméable, reste dans le rétentat. Il existe différents types de filtration membranaire, tels que la
filtration à membrane tubulaire, la filtration à fibre creuse, et la filtration à feuilles planes. Parmi
ceux-ci, la filtration à fibre creuse est souvent privilégiée dans la purification du biogaz en
raison de sa haute efficacité, de son coût relativement bas et de sa capacité à traiter de grands
volumes de gaz avec une surface de contact élevée pour l'échange gazeux. De plus, ce type de
membrane permet une configuration compacte et un nettoyage plus facile, ce qui le rend adapté
pour des applications industrielles où l'efficacité et la durabilité sont cruciales.
Figure 3: Filtration membranaire
Conclusion
Il existe plusieurs procédés de purification du biogaz, chacun nécessitant un investissement en
énergie et pouvant entraîner une augmentation des émissions de gaz à effet de serre en raison
de l'augmentation des besoins énergétiques. Afin de choisir un procédé qui respecte les normes
environnementales et économiques tout en restant compétitif en termes de coût, il est essentiel
de réaliser une comparaison approfondie entre les différentes options disponibles. Cette analyse
permettra de déterminer le procédé le plus adapté, équilibrant efficacité, réduction des impacts
environnementaux et rentabilité.
Introduction
Nous allons examiner les simulations des procédés de purification du biogaz et en interpréter
les résultats afin d'optimiser les paramètres permettant d'augmenter la fraction de biogaz purifié.
De plus, nous analyserons ces procédés sous un angle économique et environnemental, afin
d'évaluer leur viabilité et leur impact à grande échelle.
I.1 Conception d’un schéma d’absorption
Le processus d'absorption dans la purification du biogaz repose sur la dissolution sélective des
composants gazeux, tels que le CO2 et le H2S, dans un liquide absorbant. Ce processus est
effectué dans une colonne à packing, où le biogaz brut est introduit par le bas, et une solution
absorbante, généralement de l'eau ou un solvant organique, est injectée par le haut, dans un flux
contre-courant. L'absorption est réalisée grâce aux différences de solubilité des gaz dans le
liquide. Par exemple, le CO2 et le H2S ont une solubilité beaucoup plus élevée dans l'eau que
le CH4, ce qui permet leur séparation efficace. Le processus peut également éliminer d'autres
impuretés en fonction de la solution absorbante choisie. Une fois les gaz absorbés, l'eau ou le
solvant contenant le CO2 dissous est ensuite dirigé vers une colonne de désorption. Dans cette
colonne, le CO2 est libéré de l'absorbant en appliquant une pression réduite ou en utilisant de
la chaleur (vapeur ou air chaud). La désorption permet ainsi de récupérer le CO2 purifié et de
régénérer le liquide absorbant pour une nouvelle utilisation dans le processus. Ce système
permet de produire un biométhane à haute pureté tout en minimisant les pertes et les coûts
d'exploitation.
Figure 4: Processus d'absorption dans la purification du biogaz et de la désorption.
II. Les paramètres des simulations
II.1 Insertion de données de simulation dans Aspen plus
Lorsque nous lançons le programme de simulation (Aspen Plus v11), la première étape consiste
à ajouter tous les composants nécessaires. Dans notre cas, nous avons besoin des composants
suivants : Méthane (CH4), Dioxyde de carbone (CO2), Ammoniac (NH3), le sulfure
d'hydrogène (H2S), La MEA. L’eau (H2O).
II.2 Modèle thermodynamique
Le modèle eNRTL (Non-Random Two-Liquid Electrolyte) est utilisé dans la purification du
biogaz pour simuler les interactions électrolytiques complexes entre les gaz et les solvants,
notamment dans les systèmes où des amines ou autres solvants ioniques sont impliqués. Ce
modèle est adapté pour prédire l’équilibre liquide-vapeur, en tenant compte des effets ioniques
dans des solutions aqueuses, comme celles utilisées pour absorber le CO2 et le H2S. Il permet
d’optimiser les paramètres de processus, d’améliorer l'efficacité de l'absorption et de minimiser
la perte de méthane, tout en prenant en compte les interactions entre les différents composants
gazeux et solvants dans des conditions réelles de purification.
II.3 Conditions opératoires
II.3.1 Flux d'alimentation
Pour lancer le procédé de purification, il est nécessaire de fixer les paramètres du biogaz. Cela
englobe la détermination de la température, de la pression, du débit massique de chaque
composant. Le tableau 1 présente les paramètres de biogaz et de MEA.
Tableau 2: Les paramètres des flux de l’alimentation.
Paramètres Unité MEA biogaz
Température C 25 40
Pression Bar 1 1
Débit massique Kg.s-1 6.5 0.5
Débit molaire Kmol.s-1
Pour chaque flux, il est essentiel de déterminer la fraction massique de ses composants. Le
tableau 15 présente les fractions massiques des différents flux d'alimentation.
Tableau 3: Les fractions massiques des différents flux de l’alimentation.
Compositions Biogaz MEA
CH4 0.64 0
CO2 0.34 0.026
EAU 0 0.864
H2S 0 0
NH3 0.01 0
MEA 0 0.11
II.3.3 Conditions opératoires d’absorption
L'absorbeur à packing est alimenté en biogaz par le bas et en solution ionique (IL) par le haut,
suivant un flux contre-courant. Dans les conditions opératoires données, la solution IL absorbe
le gaz le plus soluble, ici le CO2, laissant en bas de la colonne une solution enrichie en CO2.
Le flux de gaz, appauvri en CO2, sort de l'absorbeur par le haut. La colonne d'absorption a été
modélisée dans AspenPlus à l'aide de la sous-routine RadFrac, qui est adaptée à la modélisation
d'une large gamme de processus de fractionnement vapeur-liquide.
Tableau 4: Les spécifications de la colonne d'absorption.
Specification value
numberof theoretical stage 14
Calculation type rate-based
condenser Non
reboiler Non
Pressure drop (bar) 1
Packing type IMPT
Column diameter(m) 1
Packing height(m) 8
Pour assurer une absorption correcte du CO₂, il est essentiel de prendre en compte les équations
chimiques pertinentes. Le CO₂ est absorbé sélectivement par la solution de MEA en raison de
plusieurs facteurs. Tout d’abord, il réagit chimiquement avec le solvant pour former un
carbamate.
Cette réaction chimique, qui se produit en solution aqueuse, favorise l’absorption du CO₂ dans
la phase liquide. En outre, la solubilité du CO₂ dans l’eau et les solutions d’amine est nettement
plus élevée que celle du CH₄, ce qui facilite son transfert vers la phase liquide. Enfin, étant une
molécule polaire, le CO₂ peut établir des interactions avec le solvant, tandis que le CH₄,
apolaire, n’interagit pas de manière significative avec la MEA. Ces différences expliquent
pourquoi le CO₂ est efficacement capté par la solution de MEA, tandis que le CH₄ reste
principalement dans la phase gazeuse. Ainsi, pour garantir une absorption optimale du CO₂, il
est crucial de contrôler ces réactions et propriétés physiques, en utilisant les équations
nécessaires pour modéliser le processus de manière précise.
Tableau 5: Les équations nécessaires pour l'absorption.
Ces équations sont caractérisées par une réaction d’équilibre et une réaction cinétique. Une
réaction d’équilibre se produit lorsque les taux de réaction directe et inverse deviennent égaux,
ce qui signifie qu'aucun changement net n’a lieu dans les concentrations des réactifs et des
produits. L'absorption du CO₂ atteint un point où la quantité maximale de CO₂ est absorbée par
le solvant. Les réactions d’équilibre sont influencées par la température, la pression et la
concentration des réactifs et des produits. Dans ce contexte, il est essentiel d'atteindre un
équilibre pour maximiser l'efficacité de l'absorption.
Une réaction cinétique décrit le taux auquel les réactifs se transforment en produits. Dans le
cadre d'un processus d'absorption, elle fait référence à la vitesse à laquelle le CO₂ réagit avec le
solvant (par exemple, la MEA) pour former un carbamate. Cette vitesse est influencée par des
facteurs comme la température, la concentration des réactifs et la surface de contact entre les
phases gazeuse et liquide. Tant que les réactifs sont présents, la réaction cinétique progresse,
sans se stabiliser nécessairement à une certaine concentration de produits, contrairement à une
réaction d’équilibre.
II. Conditions opératoire de désorption
Le but du stripper (ou colonne de désorption) dans un procédé de purification de biogaz est de
régénérer la solution absorbante utilisée dans l'absorbeur. Dans ce processus, la solution
contenant le CO2 (et parfois d'autres gaz comme le H2S) dissous est chauffée ou soumise à une
réduction de pression pour libérer les gaz absorbés. Cela permet de séparer le CO2 et autres gaz
de la solution absorbante, qui peut ensuite être réutilisée dans l'absorbeur. Le stripper permet
donc de récupérer le CO2 purifié et de régénérer le solvant pour maintenir l'efficacité du cycle
d'absorption et de désorption.
Tableau 6: Les spécifications de la colonne.
Specification value
numberof theoretical stage 14
Calculation type rate-based
Distillate to feed ratio 0.05
Reboiler duty 1800
Pressure drop (bar) 1
Packing type IMPT
III. Résultats de Simulations
III.1 Résultats de Simulations de l’absorption
Dans cette partie, nous analysons les processus d'absorption et de désorption en tenant compte
d'un bilan massique et énergétique. Le bilan massique permet de quantifier les flux de gaz et de
solvant à chaque étape du procédé, en identifiant les quantités de CO2 et autres gaz capturés
dans l'absorbeur et récupérés dans le stripper. Le bilan énergétique, quant à lui, évalue l'énergie
nécessaire pour réaliser les échanges thermiques dans le stripper, en tenant compte de l'énergie
de chauffage ou de la réduction de pression pour libérer le CO2 de la solution absorbante.
Tableau 7: Les résultats de la simulation d'absorption
Paramètres Biogaz MEA Biogaz 1 MEA+ CO2
Pression 1 1 1 1
Température 40 25 25.046 57.751
Débit massique 1800 23400 690.74 24509.6
Débit molaire 70.177 972.45 42.12 976.701
Dans ce tableau, on observe une diminution du débit massique du biogaz, ce qui peut être
attribué à l’absorption du CO₂ par le solvant MEA. Cette absorption entraîne une modification
de la composition du gaz traité, réduisant ainsi la quantité de biogaz disponible en sortie du
système.
Par ailleurs, l’apparition d’une charge en MEA due au CO₂ indique que le solvant a capté une
partie significative du dioxyde de carbone présent dans le biogaz. Cette interaction chimique
entre le MEA et le CO₂ est essentielle pour le processus de purification, car elle permet
d’améliorer la qualité du méthane en réduisant sa teneur en impuretés.
Pour mieux analyser ces résultats, nous allons détailler les valeurs du tableau, en mettant en
évidence l’évolution des paramètres clés tels que la concentration en CO₂ avant et après
absorption, l’efficacité du solvant, ainsi que l’impact énergétique du procédé.
Tableau 8: Les débits massiques de l'absorption
Paramètres biogaz MEA CH4 CO2+MEA
Ch4 731,16 0 649,814 81,354
CO2 1049,18 0,00013 0,00054 0,18644
MEA 0 3542,79 0,0302 711,873
Eau 0 15532,11 21,398 15493,50
NH3 19,64 0 19,4764 0,1658
MEA+ 0 1655,82 0 3113,29
H3O+ 0 1,4608e-8 0 1,08480 e -6
MEACOO- 0 2622,82 0 5003,422
HCO3- 0 4,8821 0 85,29308
OH- 0 0,170 0 0,0177
CO3-- 0 41,379 0 0,01770
Ces résultats montrent que le CH₄ est purifié. Pour plus de détails, nous allons analyser la
fraction massique.
Tableau 9: Les fractions massiques de l'absorption
Paramètres biogaz MEA CH4 CO2+MEA
Ch4 0,406 0 0,9407 0,00331
CO2 0,5828 0 7,83 e -7 7,60 e -6
MEA 0 0,151 4,3837 e -05 0,127025
Eau 0 0,663 0,0309 0,6321
NH3 0,010 0 0,0281 6.67e-10
MEA+ 0 0,0707 0 -----
H3O+ 0 6,2428203 e -13 0 ----
MEACOO- 0 0,11208 0 ------
HCO3- 0 0,00020 0 --------
OH- 0 7,28 e -6 0 ----------
CO3-- 0 0,0017 0 ----------
Ce tableau montre que le taux de méthane (CH₄) dans le biogaz augmente de 0,406 à 0,94,
tandis que le taux de dioxyde de carbone (CO₂) diminue de 0,58 à 7,83 × 10⁻⁷. L'étape suivante
du processus est l'utilisation d'un stripper. Cette étape est réalisée dans le but de séparer
efficacement le CO₂ du solvant après l'absorption. Le stripper permet de régénérer le solvant en
éliminant le CO₂ capturé, afin qu'il puisse être réutilisé dans le cycle d'absorption, assurant ainsi
l'efficacité continue du processus de purification du biogaz.
III.2 Résultats de stripper
Selon une unité de désorption bien définie, nous allons vérifier l'efficacité de l'unité en
mesurant sa capacité à séparer efficacement le CO₂ du solvant, afin de confirmer son rendement
dans le processus global de purification du biogaz.
À partir de ces unités, nous obtenons un coefficient de performance équivalente de 0,88, ce qui
permet de valider l'opération de désorption en confirmant son efficacité dans le processus.
Cette procédure nécessite un investissement économique très important. C'est pourquoi
l'analyse économique est cruciale. De plus, elle comporte un coût énergétique significatif. Dans
la section suivante, nous allons évaluer les aspects économiques et énergétiques de ce procédé.
IV. Etude économique